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                    <text>BURKINA FASO
……………
Unité-Progrès-Justice

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE

SCIENTIFIQUE ET DE L’INNOVATION
………………………………….
UNIVERSITE THOMAS SANKARA
…………………………………..
INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE A DISTANCE

MEMOIRE DE MASTER EN SCIENCES DE L’EDUCATION ET DE LA FORMATION
MENTION : SCIENCES DE L’EDUCATION
SPECIALITE : PLANIFICATION DE L’EDUCATION/GESTION DES STRUCTURES
EDUCATIVES

THEME :

Les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves
déplacés internes dans les structures éducatives formelles de
la commune de Ouahigouya au Burkina Faso

Présenté et soutenu par :

Sous la direction de :

SEBGO Osé

Dr Wendkuuni Désiré POUDIOUGO
Chercheur en science de l’éducation/ andragogie
au MESRSI/CNRST/INSS.

COMPOSITION DU JURY
Président :

Secrétaire général du RACESE

Dr David ILBOUDO
Membres :

Dr Wendkuuni Désiré POUDIOUGO
Dr Bapindié OUATTARA
ANNEE ACADEMIQUE 2022-2023

�SOMMAIRE
SOMMAIRE ............................................................................................................................... i
DEDICACE ................................................................................................................................ ii
REMERCIEMENTS ................................................................................................................. iii
SIGLES et ABREVIATIONS ................................................................................................... iv
LISTE DES TABLEAUX .......................................................................................................... v
LISTE DES FIGURES ET GRAPHIQUES .............................................................................. vi
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 1
PREMIERE PARTIE : ............................................................................................................... 3
APPROCHE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE .......................................................... 3
CHAPITRE I : IDENDIFICATION DU PROBLEME ET OBJECTIF DE LA RECHERCHE4
I-Analyse de la situation de l’éducation au Burkina Faso .......................................................... 4
CHAPITRE II : CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE ............................................. 16
I.

La revue de la littérature ................................................................................................... 16

II- Le cadre de référence théorique .......................................................................................... 24
III- Questions, Hypothèses et indicateurs de vérification ........................................................ 31
II-Population cible .................................................................................................................... 34
III- L’échantillonnage .............................................................................................................. 36
DEUXIEME PARTIE : RESULTATS DE LA RECHERCHE ............................................... 43
CHAPITRE

IV :

PRESENTATION,

ANALYSE

ET

INTERPRETATION

DES

RESULTATS. .......................................................................................................................... 44
II. Analyse et interprétation des résultats. ................................................................................ 45
II. Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya .................. 51
III. Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants ............................................... 53
IV. Vérification des hypothèses ............................................................................................... 55
CONCLUSION ........................................................................................................................ 63
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................... ix
ANNEXES ............................................................................................................................... xii
TABLE DES MATIRES ......................................................................................................... xix

i

�DEDICACE

A notre famille pour ses nombreux soutiens constants.

ii

�REMERCIEMENTS

Nous remercions le bon Dieu pour la vie, la santé et la force de
persévérance dont il nous a fait grâce ;
Nos sincères remerciements vont à l’endroit de tous ceux et toutes celles qui nous ont
assisté tout au long de ces deux années de formation à l’IFOAD (Université Thomas
Sankara), particulièrement à :
▪

A notre Directeur de mémoire, Désiré Wendkuuni. POUDIOUGO, Docteur en
Sciences de l’Education et de la Formation, Chercheur en Andragogie
MESRSI/CNRST/INSS, pour les bons conseils prodigués, ses remarques pertinentes,
sa patience infinie et pour nous avoir soutenu et guidé dans la mise en œuvre de cette
recherche malgré ses occupations multiples ;

▪

Au Docteur Bernadin P.Marie OUEDRAOGO, Directeur de l IFOAD, pour ses
conseils ;

▪

A monsieur Mamadou OUEDRAOGO, CASU/ DEPPENF/Yatenga, chef de service
des Etudes et de la Planification ;

▪

A monsieur Sayouba SAWADOGO, IEPENF dans la CEB Ouahigouya I pour ses
remarques ;

▪

A monsieur Didace Edmond ZIDA, Chef de service TIC et des TICE à la DREPPNF/
NORD et collège pour ses remarques ;

▪

A l’ensemble du personnel Enseignant de la commune de OUAHIGOUYA ;

▪

A l’ensemble du personnel des écoles primaires publiques KAO A et B
particulièrement à monsieur Inoussa OUEDRAOGO, Directeur de l’école Kao A ;

▪

A l’ensemble du personnel de l’IFOAD

▪

A l’ensemble de la 2e promotion des étudiants du MPGSE ;

▪

A nos parents, à nos amis et à nos promotionnaires pour leur soutien multiforme.

▪

A tous ceux qui d’une manière ou d’une autre ont contribué à la réalisation de notre
étude.

Que le Tout Puissant vous le rende au centuple.

iii

�SIGLES et ABREVIATIONS
AAAE

Association Aidons l’Afrique Ensemble

AGR

Activité Génératrice de Revenu

CCEB

Chef de Circonscription d’Education de Base

CEB

Circonscription d’Education de Base

CONASUR

Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation

DPEPPNF

Direction Provinciale de l’Education Préscolaire, Primaire et Non Formelle

EDI

Elève Déplacé Interne

EPT

Education Pour Tous

ETA

Espace Temporaire d’Apprentissage
Ministère de l’Education Nationale de l’Alphabétisation et de la Promotion

MENAPLN

des Langues Nationales

MFSNAH

Ministère de la Femme, de la Solidarité Nationale et l’Action Humanitaire

MPGSE

Master en Planification et Gestion des Structures Educatives

OMD

Objectifs du Millénaire pour le Développement

ONG

Organisation Non Gouvernemental

PDI

Personne Déplacée Interne

SSEZDS

Stratégie de Scolarisation des Elèves des Zones à forts Défis Sécuritaire

ST-ESU

Secrétariat Technique de l’Education en Situation d’Urgence

UNESCO

Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture

UNHCR

Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Refugiés

UNICEF

Fond des Nations Unies pour l’Enfance

UTS

Université Thomas Sankara

iv

�LISTE DES TABLEAUX
Tableau1 : comparaison des ressources avant le déplacement et l’actuel ................................ 21
Tableau n°2 : Ecoles de la ville de Ouahigouya ayant un nombre très important d’ EDI ....... 37
Tableau n°3 : l’échantillon prévisionnel .................................................................................. 39
Tableau n°4: synthèse des instruments de collecte des données .............................................. 40
Tableau 5: Etat général des données collectées........................................................................ 44
Tableau 6 : réponses fournies par les enseignants et DE sur la faible intégration des EDI. .... 46
Tableau 7 : Facteurs liés à la prise en charge des personnes déplacés internes (PDI) ............. 47
Tableau 8 : Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya .... 51
Tableau 9 : Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants .................................. 53

v

�LISTE DES FIGURES ET GRAPHIQUES
Figure 1 : abris de PDI aménagé dans la périphérie ................................................................... 6
Figure 2 : petite maison abritant des PDI ................................................................................... 7
Figure3 : Femmes attendant avec leurs enfants EDI un accompagnement pour mener les
AGR ........................................................................................................................................... 8
Figure4 classe abritant des EDI ................................................................................................ 10
Graphique1 : Besoins majeurs des ménages pour que les élèves puissent continuer à
fréquenter ................................................................................................................................. 20
Graphique 2 : Facteurs liés à la prise en charge des personnes déplacés internes (PDI) ......... 47
Graphique 3 : Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya 51
Graphique 4 : Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignant ............................... 53

vi

�INTRODUCTION
« L’éducation l’arme la plus puissante qu’on puisse utilisé pour changer le monde »
Nelson MANDELA. Toutes les nations dont le niveau de développement suscite admiration
sont celles aussi qui ont su prendre au sérieux leur secteur éducatif. A contrario, la plupart des
pays qui croupissent dans le sous-développement doivent généralement leur état de
dépendance, d’aliénation à la négligence réservée au secteur de l’éducation. Les buts
poursuivis par notre système éducatif témoignent effectivement de cette place prépondérante
de l’éducation dans le processus de développement :
« Le système éducatif poursuit les buts suivants : faire acquérir à l’individu des
compétences pour faire face aux problèmes de la société ; dispenser une formation
adaptée dans son contenu et ses méthodes aux exigences de l’évolution économique,
technologique, sociale et culturelle (...) ; doter le pays de cadres et de personnels
compétents dans tous les domaines et à tous les niveaux » recueil d’instructions
juridiques de l’éducation de base MEBA (2007: 46).
Situé au cœur du Sahel, le Burkina Faso est fortement affecté par une série de crises
multiformes. Depuis 2012, l’insécurité couplée à des violences alimentées par les
vulnérabilités multiples se sont rapidement étendues du Mali aux autres pays du Sahel central
notamment au Burkina Faso, au Niger entrainant une crise sans précédent. Les effets
combinés de toutes ces crises risquent de compromettre les progrès entrepris par l’Etat
Burkinabè pour atteindre les objectifs d’éducation de qualité pour tous.
Depuis les premières attaques terroristes en 2015, le Burkina Faso est la cible
d’attaques terroristes ayant fait de nombreuses victimes et plus de 1,5million de déplacés
internes selon les autorités en mars 2022 en référence au rapport du Conseil National de
Secours d’Urgence et de Réhabilitation(CONASUR). Plusieurs écoles ; plus de 3.683 ont
fermé leurs portes affectant plus de 590.327 élèves et 17.309 enseignants et cela continue
jusqu’ à nos jours. Cette situation engendre de nombreuses conséquences sur l’éducation des
enfants : le non accès à l’éducation, la déscolarisation, les mariages précoces, l’exploitation
des enfants etc.
Le Ministère de l’Education Nationale et de la Promotion des Langues Nationales
(MENAPLN), dans la gestion de cette crise à travers le Secrétariat Technique de l’Education
en Situation d’Urgence (ST-ESU) est vite limité dans ses actions de réponse du fait de la

1

�progression rapide et de la complexité du phénomène d’insécurité. Les efforts se révèlent
insuffisants tant au niveau de l’intégration des Personnes Déplacées Internes (PDI) et Elèves
Déplacés Internes(EDI), tant au niveau des infrastructures, de la formation des acteurs de
système éducatif qu’au niveau de la mobilisation des ressources financières et matérielles.
C’est donc dans l’optique d’apporter notre contribution aux recherches de solutions
pour faciliter l’intégration des EDI aux structures éducatives formelles des villes d’accueil des
PDI que nous avons entrepris de réfléchir sur la question de savoir ,quels sont les facteurs
explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes dans les structures
éducatives formelles dans la commune de Ouahigouya ? Notre objectif général visé dans la
présente analyse est d’analyser les facteurs explicatifs de la faible intégration des EDI dans
les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya.
Aussi, nous nous sommes orienté sur l’hypothèse générale selon laquelle
l’inadéquation de la prise en charge des déplacés, le manque d’infrastructures
éducatives et le manque d’approches pédagogiques expliquent la faible intégration des
EDI dans les structures éducatives.
Afin de mieux traiter de la question, notre travail sera axé essentiellement sur deux
parties. Dans la première à savoir la partie théorique, nous nous intéresserons principalement
et successivement à trois chapitres : l’identification du problème de la recherche, le cadre
théorique de la recherche et la méthodologie de la recherche.
Dans la deuxième partie, nous nous appesantirons sur les aspects pratiques. Le
chapitre 4 sera donc consacré à la présentation des résultats et le chapitre 5, analyse,
interprétation et discussion des résultats.

2

�PREMIERE PARTIE :
APPROCHE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE

3

�CHAPITRE I : IDENDIFICATION DU PROBLEME ET OBJECTIF DE
LA RECHERCHE
I-Analyse de la situation de l’éducation au Burkina Faso
I.1 Brève analyse du système éducatif burkinabè dans un contexte d’insécurité
Situé au cœur du Sahel, le Burkina Faso fait régulièrement face à des aléas climatiques
et d’autres risques récurrents dits « d’origine naturelle ». Plus récemment, le pays fait face à
une crise d’origine humaine de grande envergure. A l’instar de ses voisins de la région du
Sahel central, le Burkina Faso est frappé depuis plusieurs décennies par des catastrophes
naturelles et des épidémies récurrentes avec des effets aggravant la vulnérabilité des
populations et impactant négativement le système éducatif. Le pays fait également face aux
conséquences des aléas climatiques caractérisés par des inondations, des tornades ou des
périodes de sècheresses. Pendant les mois les plus chauds de l’année précédant la saison des
pluies (avril-mai), des vents violents, favorisés par la destruction du couvert végétal, le
réchauffement climatique entraine d’importants dégâts dans les zones habitées. Les tornades
et les cycles d’inondations périodiques des années de forte pluviométrie engendrent
d’importants dégâts en termes de destruction des cultures, du bétail, de l’habitat, des
infrastructures dont les routes et les écoles. L’endommagement des bâtiments scolaires,
l’inondation des cours des établissements ou leur occupation par les familles sinistrées
entrainent souvent des destructions de matériel scolaire et le décalage de rentrée scolaire,
accentuant la réduction du temps scolaire et le besoin de réfection des écoles.
En plus de cela le Burkina est périodiquement exposé à des risques sanitaires. Si le
pays connait depuis quelques années une réduction de leur prévalence, les épidémies
annuelles, la méningite, le paludisme, la dengue, les hépatites et le VIH ont encore un impact
sur la régularité de la fréquentation scolaire et la qualité des cursus des élèves.
A cela s’ajoute la crise sociale interne au système éducatif dont les effets affectent
négativement l’offre et la demande d’éducation. Cette crise sociale moins visible se manifeste
principalement par les grèves d’enseignants qui, entre autres, réduisent le temps
d’apprentissage. Cette perception négative est liée au décalage entre les contenus
d’enseignement et les attentes des familles. Notons également la faible capacité du système
éducatif à installer chez les enfants et les jeunes des compétences utiles à une insertion
économique efficace.

4

�Ce contexte a été aggravé au cours des dernières années par deux crises majeures dont
la nature et l’ampleur des effets constituent des menaces encore plus fortes pour la continuité
des services éducatifs dans le pays : l’insécurité qui s’étend à des zones importantes du
territoire national et la pandémie de Covid-19.

I.2-Contexte des crises et enjeux de l’éducation
Depuis 2015, le Burkina Faso est confronté à une dégradation rapide de sa situation
sécuritaire. Cette situation résulte de la propagation du conflit malien en 2012 et d’une
combinaison complexe de facteurs où se mêlent la monté de l’extrémisme religieux, la
criminalité et le grand banditisme transfrontalier. S’ajoute la résurgence de tensions locales et
de frustrations liées aux inégalités de développement social et économique dans les régions
périphériques. D’autres fléaux, non moins importants, tels que la mauvaise gestion des
ressources, le manque d’éducation et de perspectives des jeunes sont à relever. Le foyer local
de violences circonscrit au départ dans la province du Soum (région du Sahel) s’est
progressivement étendu à une grande partie du territoire national avec une certaine récurrence
dans les régions frontalières du Mali et du Niger (Sahel, Nord, Est, Boucle du Mouhoun) et
celle du Centre-Est, frontalière au Togo. Dans ces zones à fort défis sécuritaires, les attaques
d’abord dirigées contre les forces de défenses et de sécurité et les représentants de
l’administration territoriale se sont progressivement étendues à des élus locaux, des chefs
coutumiers et aussi à la population civile qui ont fait l’objet de menaces, d’enlèvements,
d’assassinat ciblés. L’insécurité croissant a fragilisé la cohésion sociale et produit des impacts
négatifs sur les activités économiques, la sécurité alimentaire et l’accès aux services sociaux
de base. Ces exactions des groupes terroristes se sont intensifiées en 2019.Selon les données
du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés à la date du 31 décembre2020 le
pays comptait 1074993 personnes déplacées (PDI). Au 5 décembre 2020, 2169 établissements
soit 10% de l’ensemble des établissements préscolaires primaires et secondaires étaient
fermés, privant d’éducation de façon durable ou momentanée à 306946 élèves et affectant
12075 enseignants. A la date du 31 mars 2022 le gouvernement par son ministre en charge de
l’éducation affirmait lors du conseil des ministres du 6 mai 2022 que le nombre des
établissements scolaires fermés étaient de 3664.
Mais, malgré tout l’Etat burkinabè continue de promouvoir le droit à l’éducation pour
tous avec des difficultés majeures. L’enjeu est que sans accès à l’éducation, une génération
d’enfants vivant en situation de conflit grandira sans avoir acquis les compétences nécessaires

5

�pour contribuer à l’économie et au développement de leur pays. Et cet état de fait ne fera
qu’aggraver la situation déjà désespérée de millions d’enfants et de leurs familles.

I.3 Les difficultés des élèves déplacés internes dans la commune Ouahigouya
Ouahigouya a enregistré ses premiers déplacés internes à partir de fin 2018 suite à
l’aggravation de la situation sécuritaire de la province du Soum et du Loroum. Depuis lors,
nous constatons dans les rues de la ville plusieurs élèves déplacés ayant des difficultés
majeures impactant négativement leur éducation. En effet, ils rencontrent des problèmes de
logement. Ils sont d’abord accueillis par des proches Où ils sont plusieurs à occuper une
maison. Parmi les PDI, certains y sont arrivés et ont dressé des tentes de fortunes comme abris
en entendant d’avoir un lieu plus sûr.
Figure 1 : abris de PDI aménagé dans la périphérie

Source : https:/www.sidwaya.info/blog/2022/o6/1
L’image illustre le problème de logement des PDI dont leurs enfants vivent les conséquences. A Gourga, certains
déplacés se contentent d’abris de fortune en attendant un site d’accueil de PD

6

�Figure 2 : petite maison abritant des PDI

Source : https:/www.sidwaya.info/blog/2022/o6/1
Cette maison abrite ces femmes PDI.

Ce stress lié au manque de logement ne leur laisse pas le choix de penser à leurs études
scolaires. Certains d’entre eux sont venus à Ouahigouya laissant derrière eux les parents.
Koundaba Omarou et Koundaba Iliassa sont deux frères EDI venus de Djibo sans leur père.
Ils vivent avec leur mère au secteur 15 de Ouahigouya qui a réussi à les inscrire dans une
école proche. Ceux-ci disent « nous sommes à notre troisième maison ; à chaque fois les
propriétaires viennent nous demander de quitter car ils ont des parents déplacés qu’ils
souhaiteraient loger. Plusieurs fois nous pleurions avec notre mère car nous ne savons où
aller ». Les plus ou moins chanceux sont les élèves qui vivent chez des tuteurs ou amis
espérant sur leurs soutiens. Ouédraogo Aminata, une EDI venue de Namsiguya s’exprime
dans le journal infowakat.net/bf en ces termes « j’ai eu la chance de trouver un tuteur mais ce
n’est pas comme chez mes parents. La plupart du temps on arrive en retard à l’école à cause
de la distance et dans les quartiers périphériques il n’y a pas d’électricité. On a des problèmes
d’alimentation car nous devons faire la cuisine nous-mêmes. A cause de l’insécurité, d’autres
parents ont préféré marier les filles »
Selon la même source, Awa DRABO professeur d’histoire –géographie venue de
Namsiguya déclarait : « ça n’a pas été facile l’intégration, on a changé de sites deux fois.
Actuellement on fait la navette entre deux sites…Des mineurs ont été mariées »
7

�Les élèves déplacés internes (EDI) sont également obligés d’abandonner très souvent
les classes pour faire le rang toute la journée, même parfois des jours pour avoir des vivres
distribués par des ONG. Cela n’est pas sans conséquences sur leurs rendements. Par la suite
certains élèves ont dû abandonner les études faute de moyens. Certains qui poursuivent
présentement les cours le font grâce aux revenus issus de leurs activités génératrices de
revenus (AGR) dans lesquelles ils se sont lancés. La plupart de ces EDI se sentent abandonnés
c’est ce que nous relate les Chroniques de la Fondation Hirondelle Burkina Faso.
Figure3 : Femmes attendant avec leurs enfants EDI un accompagnement pour mener les
AGR

Source : www.studioyafa.org/minima/

Faute d'accompagnement, des élèves déplacés internes se

tournent vers les AGR

A cela s’ajoute la distance que bon nombre d’EDI effectue pour rejoindre les
établissements scolaires. Les sites d’accueil étant à la périphérie de la ville, ils sont obligés de
passer toute la journée à l’école sans souvent un minimum alimentaire car certaines cantines
scolaires ne fonctionnent pas à plein temps. Souvent, les hangars abritant les classes sont
exiguës et exposant les enfants aux intempéries.

8

�Nous avons pu rencontrer le responsable chargé de l’éducation, du sport et de la
culture de la commune monsieur Abdou Rasmané OUEDRAOGO qui reconnait les difficultés
des EDI dans les écoles. Dans son propos il évoque la non dotation des écoles en vivres pour
des raisons diverses, l’insuffisance des moyens financiers transférés par l’Etat pour l’achat des
fournitures scolaires. En effet, la part du budget communal allouée au cartable minimum est
restée statique depuis 2018 or la population scolarisable a augmenté bien avant le flux des
EDI ; donc les élèves reçus en cours d’année scolaire doivent se prendre en charge pour tout
ce qui est frais liés aux fournitures. Autre élément évoqué par le responsable aux questions
éducatives est le problème de salles de classes. « En 2021 la commune a bénéficié de l’aide
d’un projet qui construit quinze (15) salles de classes, mais cette année rien » nous ditil. « Cependant, à la date d’aujourd’hui nous avons parmi les PDI plus de soixante-dix mille
trois cent-vingt-un (70321) enfants dont 60% de ceux-ci sont scolarisés. Vous trouverez à
quelques endroits des élèves assis à même le sol pour apprendre par manque de tablesbancs ».
De plus, plusieurs PDI ne disposent pas d’éclairage, de fontaine pour s’approvisionner
en eau et souvent ils leur manquent de toilettes. Tous ces facteurs installent un stress qui
complique la survie et du coup la question de l’éducation de ces EDI est reléguée au second
plan. Ils arrivent souvent à l’école déprimés par les évènements, ils sont victimes de
moqueries de leurs camarades surtout lorsque ceux-ci ne parviennent pas à répondre
correctement aux travaux des évaluations en classe.
Outre cela, certains enseignants exacerbés par la pléthore des élèves en classe dans
leurs pratiques pédagogiques excluent les EDI non pas des murs de la classe mais ne
s’intéressent pas à eux car ils trainent beaucoup d’insuffisances. Plusieurs des EDI se sont
résignés et ont dus abandonnés l’école. C’est ce chapelet de difficultés qui contribuent à
régresser notre système éducatif qui nous pousse à mener une investigation sur la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles.

9

�Figure4 classe abritant des EDI

Source : photo prise par nous-même
Cette image ci-dessus illustre les conditions d’apprentissage difficile d EDI dans un site de
PDI situé au secteur 10 de Ouahigouya.

I.4-Enoncé du problème
Selon un rapport de l’UNESCO publié par franceinfo le jeudi 1er septembre 2022, 98 millions
d’enfants et de jeunes sont privés d’école en Afrique subsaharienne. Ce chiffre est en baisse
selon les statistiques de l’Unesco en 2000 qui livrait 400millions d’enfants dans la même
région.
Les individus vivant dans les pays les plus pauvres ont statistiquement moins de
chances d’accéder à un enseignement scolaire de qualité et la disparité entre les filles et les
garçons s’y ressentent de manière particulièrement forte3. Pourtant, c’est dans les pays qui en
ont le plus besoin à savoir les pays en développement, que l’éducation manque le plus.
C’est dans les situations où elle pourrait joué un rôle crucial qu’elle est le plus difficile
à mettre en place. Affirmer un droit à l’éducation pour tous, c’est essentiellement affirmer le
devoir pour l’humanité d’éduquer ses enfants, quels qu’ils soient et dans quelque situation que
ce soit. Sa mise en œuvre est en construction et nous verrons que les obstacles sont à la
mesure de ses enjeux. Poser un droit universel à l’éducation, c’est dire que toute personne a le

10

�droit de recevoir tous les outils nécessaires à la compréhension du monde qui l’entoure, à son
développement personnel, et à son épanouissement.
Mais l’article 26.2 de la Déclaration Universelle des Droits

de l’Homme de

1948(DUDH) va plus loin, « l’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité
humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des Libertés fondamentales.
» Pour toutes ces raisons notre pays, le Burkina Faso a déjà mis les bases d’une résilience
pour permettre aux élèves de poursuivre leur scolarisation. Déjà plusieurs établissements ont
été délocalisés, des ONG œuvrant dans l’humanitaire, et l’Unicef ont permis à des milliers
d’élèves de se réinscrire. Cependant force est de constater une insuffisance dans le processus
de leur intégration dans le système éducatif. Pour preuve, les enseignants se plaignent des
fréquentes absences des EDI au cours ; les encadreurs pédagogiques en parlent fréquemment
lors des rencontres. Plusieurs parents déplacés ; de tuteurs viennent se rassurer de la présence
de leurs enfants en classe. Alors, pourquoi une telle faiblesse de l’intégration des élèves
déplacés internes (EDI) dans les structures éducatives dans une zone à fort défit sécuritaire
comme la ville de Ouahigouya ?
Dans la suite de notre travail, nous allons nous pencher sur les facteurs explicatifs de
la faible intégration des EDI dans les structures éducatives de la commune de Ouahigouya et
éventuellement proposer des solutions idoines.
I.5-Justification du choix du thème

I.5.1- Pertinence sociale
Notre monde est actuellement agité par de nombreuses crises surtout humanitaires et
sécuritaires. Le Burkina Faso n’est pas épargné par ces crises qui mettent dans un état grave
son système éducatif. Le taux d’accès et les indicateurs de qualité de l’éducation ont reculée
de façon drastique de nos jours. Pourtant nous savons que sans éducation les maux qui minent
notre société actuelle continueront et le développement n’est point certains. L’éducation donc
est une question nationale avant d’être internationale (cela pour dire que même dans les
urgences l’effort de maintenir l’éducation pour tous (EPT) est impérieuse. Le Sommet des
Nations Unies a adopté en septembre 2000 les Objectifs du Millénaire pour le Développement
(OMD). Huit objectifs ont été fixés pour 2015, le but étant de lutter contre la pauvreté au
niveau planétaire. L’un de ces objectifs est l’universalisation de l’enseignement primaire pour
2015. Sur ce point donc, les Nations Unies rejoignent les ambitions de l’EPT. Ce qui est visé

11

�n’est pas seulement la scolarisation de tous les enfants dans le primaire mais l’achèvement
d’un cycle primaire pour tous les enfants. Selon le rapport des Nations Unies de 2005, « ce
qui est sûr c’est que la prévention des conflits, ainsi que la capacité à saisir les opportunités de
reconstruction post conflictuelle pourraient clairement accélérer la réalisation des OMD. A
contrario, un échec dans ce domaine rendrait la réalisation des objectifs fixés plus difficiles. »
les Objectifs du Millénaire pour le Développement, définis en 2000, par les Nations Unies,
disponibles sur : http://www.un.org/french/millenniumgoals.
Paris, Economica, 2005. (Publié par le programme des Nations-unies pour le
développement), p. 163.
Nous voulons par cette étude, montrer en quoi il est plus que nécessaire d’intégrer tous
les enfants déplacés dans le système éducatif. C’est une opportunité pour nous d’analyser les
facteurs qui rendent faible leur intégration et leur maintien dans les établissements de leurs
villes d’accueil. En effet, ils sont nombreux dans leur ville d’accueil à ne pas y avoir de places
dans les établissements déjà débordés d’élèves. Aussi, ce phénomène d’élèves déplacés
internes mérite une attention particulière puisque le droit à l’éducation est relégué au second
plan la société dans les situations d’urgence.
Et pour l’option prise dans le cadre de notre étude, nous avons l’obligation de centrer
nos recherches sur un problème d’actualité fragilisant l’éducation au Burkina pour en déceler
les causes et proposer des suggestions pour en sortir. Ainsi, nous avons choisi d’analyser le
problème de l’intégration des élèves déplacés internes qui, aujourd’hui est un phénomène
récent mettant à mal le système éducatif dans son ensemble et en particulier les enfants des
zones à fort défit sécuritaire ; et que moins de gens s’en préoccupent. Ainsi, ce thème de
recherche nous donne l’opportunité d’apporter notre contribution aussi modeste soit- elle à
l’amélioration de l’efficacité interne et externe de notre système éducatif.
I.5.2- Pertinence scientifique
Sur le plan social, notre système éducatif est inefficace en témoignent les échecs et les
inégalités qu’il créée au fil des années. En effet, tenant ses racines coloniales le système
éducatif demeure sélectif, élitiste, évoluant faiblement dans l’inclusion et le comble il est
inadapté aux réalités socio-économique et politique. Il y forme des chômeurs, l’incivisme
s’accroit dans tous les sphères de la société, pire le vivre-ensemble est hypothéqué.
Aujourd’hui nous constatons que le droit à l’éducation et la réduction des inégalités d’accès à

12

�l’éduction sont des leurres. Or, pour avoir de futurs citoyens loyaux, intègres, travailleurs et
partant incarnant les valeurs du vivre-ensemble nous sommes convaincus que cela passe
forcément par l’implication, l’intégration de toutes les couches sans distinction. De notre
expérience au cours de nos études sociologiques il ressort que les masses toujours,
marginalisées, même minoritaire dans une société provoquera l’asphyxie de cette dernière.
De plus, en tant qu’acteur de l’éducation, tout ce qui participe à ternir l’image de notre
système éducatif, nous répugne. Quand de par leur conduite, des enseignants, les parents, les
autorités administratives et la société entière ternissent l’image de notre système éducatif nous
ne pouvons rester insensibles. En effet à Ouahigouya, plusieurs enfants sont dans la rue,
d’autres vivent péniblement de la vente d’agrégats et certains s’adonnent à la mendicité ;
chose inacceptable pour notre part à l’étape actuel de l’évolution de notre société. La faible
intégration des enfants en général et des déplacés internes en particulier dans les structures
éducatives, et surtout

l’ampleur prise par la crise sécuritaire sont des facteurs qui n’honorent

pas l’éducation burkinabè dont on tirait pourtant fierté dans un passé récent. Avec de
modestes moyens et beaucoup d’engagement, nous estimons que l’éducation pour tous (EPT)
peut se préserver. Or, sur le plan de la gestion des crises plusieurs volets sont vites pris en
compte au détriment de l’éducation. La seule chose dont le Burkina Faso pourrait espérer tirer
fierté à notre humble avis serait le respect du droit à l’éducation pour tous. Les écarts de
planification et de gestion pédagogique et administrative conduisant ipso facto à l’échec
d’innocents que sont les enfants, alimenteraient les prochaines crises.
Sur le plan pédagogique, l’éducation étant dynamique, elle doit être poursuivie même
en temps de crise. C’est pourquoi les acteurs du système éducatif doivent trouver des voies et
moyens pour sa continuité. Nous voulons montrer à travers cette recherche que la non
intégration des élèves déplacés internes devient de plus en plus préoccupante dans bien de
localités contrairement aux exigences des politiques éducatives de notre pays. Le problème
semble plus s’accentuer dans les chefs-lieux des régions touchées par l’insécurité. Dans notre
commune Ouahigouya, les parents, les élèves et les autorités semblent tellement débordés
qu’ils ne s’étonnent plus que des élèves devant continuer leurs scolarités soient exclus du
système éducatif. Les premiers responsables de l’éducation qui s’évertuent à trouver les
moyens pour solutionner la situation voient leurs propositions balayées du revers de la main
au profit d’autres jugées plus urgentes. Les quelques établissements ayant intégré les élèves
déplacés internes n’ont pu absorber toute la demande. Et, pire il manque à ces établissements
des moyens efficaces pour donner une éducation de qualité. Alors plusieurs enfants sont
13

�laissés à eux-mêmes et ceux étant dans les écoles aussi peinent à avoir une éducation
adéquate.
Fort malheureusement, cette réalité a un impact sérieux sur les rendements scolaires en
contribuant à la baisse des indicateurs d’accès, de qualité et d’achèvement. L’éducation en
situation « d’urgence », « de crise » ou de « post-crise » est envisagée à la fois comme un
« outil de protection contre toutes formes d’exploitation » et un dispositif essentiel pour «
répondre aux besoins psycho-sociaux des enfants et véhiculer des messages de paix et de
réconciliation » Margaret SINCLAIR (2003). Dans le milieu éducatif, cette recherche
contribuerait à une prise de conscience de l’ampleur du phénomène et induirait, un
changement chez les enseignants dans le processus d’intégration des élèves déplacés internes
(EDI).
En outre, cette recherche vise à inciter les autorités politiques à s’intéresser audit
phénomène, à ses facteurs explicatifs en vue de trouver des remédiations. Nous voulons attirer
l’attention des dirigeants sur l’ampleur du phénomène afin qu’ils prennent plus au sérieux les
maux qui minent un secteur aussi capital que celui de l’éducation. « Or, il ne fait pas de doute
que l’éducation constitue à l’heure actuelle, la priorité des priorités à laquelle l’Afrique noire
doit faire face » Jean Marc ELA (1971).
Pour nous résumer, nous ne ménagerons aucun effort pour toute entreprise visant à
redorer l’image de l’école. Or la revalorisation de l’image de l’éducation est aussi et surtout
tributaire du sérieux avec lequel chacun des acteurs assume sa mission. Il est donc impératif
que les acteurs de la société et les autorités en charge de l’éducation aient des informations
justes sur les maux qui sont susceptibles de miner le système éducatif : « Ses dirigeants (les
dirigeants de la société) décèleront toute erreur et y porteront remède avant qu’elle ne
s’incruste comme un kyste qui résistera plus tard à tous les bistouris » Philip H. COOMBS,
(1968 :16).
Notre recherche sur les facteurs explicatifs de la faible intégration des EDI mettra en
exergue les difficultés et en proposera des solutions qui certainement changeront la donne.

I.6-Les objectifs de la recherche
A travers notre travail de recherche, nous poserons un objectif principal et trois
objectifs spécifiques.

14

�I.6.1-objectif principal
Cette recherche vise à connaitre les facteurs explicatifs de la faible intégration des EDI
dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya
I.6-2 Les objectifs spécifiques :
De l’objectif général, découlent trois (3) objectifs spécifiques :
✓ Cette recherche permettra d’identifier les facteurs qui expliquent l’insuffisance de
prise en charge adéquate des personnes déplacées internes.
✓ -Elle nous permettra également d’établir une corrélation entre infrastructures
éducatives et la continuité éducative des EDI
✓ -de diagnostiquer les approches pédagogiques qui sont en favorables à l’intégration
des EDI dans les structures éducatives formelles.

15

�CHAPITRE II : CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE
Dans cette partie, il s’agira pour nous de faire une revue de littérature qui permettra
d’éclairer la problématique, les hypothèses, les objectifs et les questions qui feront office de
base pour l’analyse des données recueillies sur le terrain.

I.

La revue de la littérature

Selon R. QUIVY et L. V CAMPENHOUDT (2018 :42) « tout travail de recherche
s’inscrit dans un continuum et peut être situé dans ou par rapport à des courants de pensées
qui le précèdent et l’influencent ». La présente revue de littérature, nous permet de faire l’état
des lieux et mieux orienter le problème de la recherche et la méthodologie utilisée.
Ainsi donc, de nombreux auteurs se sont penchés sur l’intégration des élèves déplacés
internes dans les structures éducatives. Partant de ce constat et pour une meilleure
compréhension de notre thème, nous ferons un aperçu des volets abordés par les différents
auteurs dans leurs écrits.

I.1 De l’effectivité des élèves exclus du système éducatif
Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI) augmente,
tout comme le nombre de réfugiés. À la fin de 2014, les estimations dénombraient 38 millions
de PDI vivant dans 60 pays, soit un accroissement de 15 % depuis 2013.L’Iraq, le Nigéria, la
République arabe syrienne, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud
totalisent 60 % des PDI selon International Deplacement Monotoring Center (IDMC, 2015).
Cette forme de déplacement est majoritairement urbaine, les PDI ayant souvent fui les zones
touchées par un conflit pour rechercher la relative sécurité des villes et bourgades, comme on
le voit en Colombie et dans le nord de l’Ouganda.
Les données relatives aux besoins éducatifs des PDI, en particulier de ceux qui ne sont
pas dans les camps, sont encore plus limitées que pour les réfugiés. Bien que les PDI soient
des ressortissants du pays où ils se trouvent et relèvent de ce fait de la responsabilité de son
gouvernement, les données les concernant sont rarement incluses dans les systèmes
d’information sur la gestion de l’éducation, et le soin de les collecter est laissé aux acteurs
internationaux. Aussi ce groupe demeure-t-il souvent relativement invisible, alors même qu’il
constitue la plus forte population de personnes déplacées de force. Les éléments disponibles
montrent néanmoins que, dans bon nombre de pays touchés par un conflit, le déplacement
interne a mis à rude épreuve une infrastructure éducative déjà inadéquate. C’est ainsi qu’au

16

�Nigéria, les attaques violentes de Boko Haram contre les civils ont depuis 2009 profondément
dévasté le nord-est du Nigéria, où l’on compte approximativement 2 millions de PDI (IDMC,
2014a). Au début de 2016, on estimait à 952 029 le nombre d’enfants d’âge scolaire qui
avaient fui les violences (HRW, 2016). Selon la Matrice de suivi des déplacements de
l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), les enfants n’avaient en juin 2015
aucun accès à des services d’éducation formels ou non formels dans 19 des 42 camps
accueillant les personnes déplacées dans six États (IOM, 2015).
Dans le monde entier, selon un rapport de l’UNICEF(2022), les attaques contre les
enfants se poursuivent sans relâche, à mesure que les belligérants méprisent l’une des règles
les plus fondamentales de la guerre : la protection des enfants. La longue durée des conflits
actuels menace l’avenir de générations entières d’enfants. Sans accès à l’éducation, une
génération d’enfants vivant en situation de conflit grandira sans avoir acquis les compétences
nécessaires pour contribuer à leur pays et leur économie, aggravant ainsi la situation déjà
désespérée de millions d’enfants et de leur famille.
L’UNICEF dans son rapport (2022 :4) Action humanitaire pour les enfants ; dans son
rôle de protection des enfants montre comment les crises, les conflits armés et guerres
impactent sur l’éducation au regard des dommages et déplacements massifs des populations.
Pour nous le HCR (cndhbf.protection des déplacés) et l’UNICEF (rapport 2022) dans leurs
rapports évoquent les raisons des déplacements massifs des populations et des conséquences
qui pourraient subvenir sur l’éducation des enfants sans pour autant relever les facteurs
limitant les actions d’intégrations de ces derniers. C’est le lieu pour nous donc de poursuivre
notre analyse du thème pour en identifier les facteurs qui expliquent la faiblesse de
l’intégration des EDI dans ces circonstances particulières des crises.
Il ressort ici que la faiblesse de l’intégration des PDI est un fait réel, or, pour nous il
faudrait que les autorités administratives recensent, intègrent les données recueillies dans un
système de gestion pour permettre de suivre les besoins d’intégration sans lesquels il n’y
aurait pas de véritable intégration des EDI. Nous estimons dès lors qu’une population ellemême mal intégrée ne peut prétendre à une intégration de ses enfants dans les structures
éducatives formelles devant assurées la continuité de l’éducation.

I.2 De l’attaque contre l’éducation : la fermeture des établissements scolaires
Toutes les crises humanitaires affectent directement l’éducation des enfants. Les
problèmes se multiplient plus lorsqu’ il s’agit de conflits armés entrainant des déplacements
17

�de population en masse et c’est la première fois que le Burkina vit une aussi grave crise
sécuritaire entrainant la fermeture de plusieurs centaines de structures scolaires.
Selon le plan d’Urgence pour l’Education au Burkina Faso (2020-2021 :10) du
MENAPLN, avec l’augmentation des cas d’attaque contre l’éducation la situation sécuritaire
dictent désormais le rythme de fonctionnalité des établissements scolaires dans les zones à
fort défis sécuritaires, ce qui est une entrave au droit à la protection des enfants. Par rapport à
la situation des écoles fermées, les régions les plus touchées sont généralement le Sahel, l’Est
et le Nord. Cette situation affecte à approximativement 13 pour cent des écoles sur l’ensemble
du territoire national. Il faut noter que plutôt que de fermer complètement, certaines écoles ont
tendance à rouvrir temporairement (environ 30 pour cent) avant de refermer encore une fois
pour la même cause. Ceci présente une situation complexe nécessitant une analyse
approfondie avant toute prise de décision de réouverture.
Ce qui reste tout de même rassurant est que plusieurs familles se déplacent carrément
vers des zones plus sûres où les enfants d’âge scolaire sont accueillies dans des écoles hôtes.
Ces dernières sont malheureusement aussi confrontées à une surcharge démographique sans
précédent (on enregistre fréquemment des classes de plus de 70 élèves/enseignants).
Dans beaucoup de zones de déplacement, il existe de dizaines d’écoles qui n'ont pas
pu inscrire les enfants déplacés internes durant les années scolaires 2018-2019 et 2019-2020,
généralement en raison de la surpopulation dans les classes. C’est dans ce contexte parfois de
désespoir que l’UNICEF a développé des approches innovantes pouvant fournir des outils
d’enseignement et d’apprentissage alternatifs et diversifier les options et les possibilités
éducatives. L’expérience a appris à l’UNICEF que si la salle de classe traditionnelle demeure
préférable, elle n’est pas pour autant le seul lieu où des activités d’apprentissage peuvent se
dérouler. Ainsi depuis 2018, par exemple, l’UNICEF et l’association sud-africaine Children’s
Radio Fondation (Childrenofafrica.org) collaborent à la conception et à la mise à l’essai d’un
programme d’enseignement par la radio dans les situations d’urgence. Destiné aux enfants
vivant dans des zones en crise qui ne peuvent pas aller à l’école, ce programme basé sur les
compétences (et non sur le contenu) offre jusqu’à dix mois de cours radiodiffusés
d’alphabétisation et de calcul, et diffuse également des messages essentiels sur la vie dans les
situations de conflit. Selon le contexte, l’UNICEF développe également des programmes
(programme

Safe

School

en

appui

au

Ministère

de

l’Education

burkinabè :

18

�unicefburkina.medium.com) presque similaires dans des espaces d’apprentissage temporaires
à base communautaires avant leur transfert dans le formel ou le non formel.
Ce plan fait ressortir l’insuffisance des établissements d’accueil des élèves déplacés
internes et évoque également la non prise en compte des élèves en situation de handicap ou à
besoins spécifiques. De même il y a la disparité du genre dans l’intégration des élèves
déplacés. En effet, les enfants vulnérables issus de familles à faibles revenus sont confrontés à
des obstacles plus importants pour accéder à l'éducation. Les garçons ont tendance à avoir un
taux de scolarisation plus élevé que les filles au niveau du collège, tandis que le coût de la
scolarisation (uniformes et d’autres frais scolaires divers) exclue automatiquement les enfants
des familles pauvres. Toutefois, l’on note encore des disparités géographiques et des
déperditions importantes au niveau des filles, dont les causes comprennent encore :
✓

les longues distances à parcourir pour rejoindre les établissements scolaires ;

✓

l’insuffisance persistante de l’offre ;

✓

la surcharge des tâches domestiques ;

✓

la vulnérabilité sociale et économique de certaines filles et des parents ;

✓

les mariages et grossesses précoces ;

✓

les violences sexistes à l'école ;

✓

L’inadéquation de l'environnement scolaire aux besoins des filles (par exemple la

gestion de l’hygiène menstruelle).
Les enfants issus de familles pauvres sont plus susceptibles d'abandonner l'école pour
compléter le revenu familial par le travail des enfants. L'analyse des obstacles à la
fréquentation scolaire indique qu'il est nécessaire de se concentrer sur l'intégration des
programmes d'éducation avec les moyens de subsistance et la protection. Selon le Rapport
Mondial de Suivi pour l’EPT (2009 :41) « L’accélération des progrès vers l’EPT ne se fera
pas sans un engagement bien plus vigoureux des gouvernements nationaux et des donateurs
internationaux en faveur d’une éducation fondée sur l’équité ». 10 Ces régions sont
actuellement les plus affectées par la crise sécuritaire 11 Statistiques post-primaire et
secondaire 2018-2019, préscolaire 2018-2019 and primaire 2018-2019 12 Rapport sur les
statistiques de rentrée de l’éducation en situation d’urgence MENAPLN, (2019).

Selon

l’UNICEF, « Prendre des écoles, des élèves et des enseignants pour cible constitue une
attaque contre le droit des enfants à l’éducation et contre leur avenir ». L'éducation des
enfants vivant dans des zones de conflit est de plus en plus menacée. En 2020, 535 attaques

19

�vérifiées contre des écoles ont été recensées soit une augmentation de 17 % par rapport à
2019.

I.3 Les facteurs explicatifs des difficultés d’intégration des PDI
Les personnes déplacées internes sont sujettes à des changements de conditions de vie
qui deviennent généralement plus difficiles. Dans certains cas, elles sont assistées sur le plan
matériel et moral par les acteurs humanitaires, les autorités gouvernementales ou encore les
communautés d’accueil. Les difficultés d’intégration sont souvent liées à l’éducation, la
résilience, la nutrition, l’abri, l’agriculture, l’eau, l’hygiène, l’assainissement et la santé. Ainsi
le rapport de profilage de PDI de la province du Soum réalisé par UNHCR et le
Gouvernement burkinabè entre 2018 et 2019 montre que sur le plan éducatif 43% de ménages
enquêtés avaient des enfants à scolariser à leurs arrivées. Ces élèves représentaient 45% des
enfants âgés de 6 à 17 ans ; cependant la plupart de ces ménages affirment qu’il faut un
environnement stable et des conditions matérielles pour que ses élèves puissent continuer à
fréquenter comme l’indique le graphique ci-dessous.

Graphique1 : Besoins majeurs des ménages pour que les élèves puissent continuer à
fréquenter

Source : enquête profilage des PDI à DJIBO 2019
L’une des difficultés à l’intégration des PDI et des moindres constitue les moyens
d’existence et les besoins prioritaires des ménages. En effet, avant le déplacement, tous les
ménages menaient une activité économique. L’activité principale de 74% des ménages était
l’agriculture, 9% travaillent dans l’élevage, 6% dans le petit commerce et 6% également dans
l’orpaillage.50% des ménages qui exercent encore une activité génératrice de revenu

20

�demeurent concentrés sur des activités à faible revenu. En effet, les ménages exerçant dans le
petit commerce ont augmenté de 5% ET 11% au niveau des ménages exerçant des travaux
journaliers. La perte des terres agricoles demeure la raison de la forte baisse des activités
agricoles. Ce tableau présenté ci-dessous illustre la baisse des revenus des PDI dans le rapport
de UNHCR/Soum 2018-2019.
Tableau1 : comparaison des ressources avant le déplacement et l’actuel
Source de revenu
Avant le déplacement
Actuel
Agriculture
74%
13%
Elevage
9%
1%
Petit commerce
6%
11%
Orpaillage
6%
6%
Artisanat
1%
1%
Travaux journaliers (Présence)
1%
12%
Fonctionnaire
&lt;1%
&lt;1%
Autres
3%
6%
Sans Emploi
0%
50%
Source : enquête profilage PDI dans le SOUM 2019
En plus de ces difficultés, l’intégration des PDI est contrastée par les problèmes
alimentaires et économiques. Un peu partout dans les villes d’accueil les personnes déplacées
éprouvent des difficultés pour se nourrir convenablement. Ainsi, ils sont contraints pour la
plupart du temps à la réduction de la quantité de la ration journalière, voire le nombre de repas
par jours. Pour avoir les vivres, les PDI achètent ou travaillent en échange contre de la
nourriture. Et pour le même rapport du UNHCR sur le profilage des PDI du SOUM, l’achat/le
travail contre de la nourriture concerne 74% des ménages, les dons solidaires des
communautés d’accueil 16% et les dons humanitaire 9%. Cette réalité a contraint plusieurs
ménages à réduire la quantité et par ricochet la possibilité de varier des habitudes
alimentaires.
Au Burkina Faso, les besoins humanitaires en abris augmentent rapidement à mesure
que les conflits et l’insécurité poussent des milliers de personnes à quitter leurs villages.
Certaines familles se sont déplacées à plusieurs reprises et les perspectives de retour immédiat
sont faibles. Les conditions de vie, d’accueil s’aggravent avec l’arrivée massive de ces
populations. En effet les PDI enregistrées au Burkina en 2020 par le Cluster Abris et AME,
laisse entrevoir que le nombre des déplacés a été multiplié par 12 en deux ans passant de
87000 en début 2019 jusqu’ à 1 049767 en novembre 2020.Cependant la couverture d’abris
s’est limitée à seulement 30% de la population ciblée qui est estimée à 65847 personnes. Tout
cela n’a fait que rendre plus vulnérables ces PDI quand on sait qu’il n’existe pas en ville des

21

�ressources naturelles telles, le bois, la paille, le banco et même l’espace pour rapidement un
logement. L’intégration se heurte à la surpopulation des villes car le Cluster Abris et le
CONASUR estiment qu’en 2020 la ville de DJIBO par exemple avait plus de PDI que la
population hôte la ville de Kaya en avait la moitié de sa population comme PDI.
Quand nous nous referons à la situation des PDI de Ouahigouya, un reportage du
journal Sidwaya parut le 1er juin 2022 fait ressortir que la région du Nord est la troisième
région ayant accueilli plus de déplacés après celle du centre nord et du Sahel. Au 31 mars
2022 on y dénombrait 218 695 âmes qui ont fui leurs terres ancestrales du fait de l’insécurité
selon les services humanitaires. Ouahigouya, le chef-lieu est ainsi submergé par un flux
massif de ces personnes en détresse. En plus de la nourriture, l’un des plus grands besoins est
le logement. En effet, ce nombre important de PDI accueilli par les autorités locales est
repartie dans plusieurs sites. Mais leur intégration ne se fait pas sans difficultés. De
l’insuffisance des maisons ou abris occasionnant des surnombres dans ceux-ci, du manque de
moyens financiers pour l’acquisition de terrains du fait de la spéculation foncière, des
difficultés de cohabitation etc. Voilà autant de problèmes vécus par les PDI rendant presque
impossible la bonne intégration de ceux-ci.
Le gouvernement et ses partenaires, les organismes internationaux et les autorités
locales font de leur mieux pour apporter le soutien nécessaire à un meilleur vivre à ces PDI,
cependant nous notons qu’avec l’arrivée massive toujours de déplacés annihile les efforts en
vue d’améliorer les prises en charge.

I.4 De la sauvegarde de l’éducation pendant les situations d’urgence complexes
La vie quotidienne et le bien-être des enfants burkinabè se sont dégradés rapidement et
profondément ces deux dernières années dans certaines régions et plus particulièrement dans
la ville de Ouahigouya qui a accueilli les déplacés internes de plusieurs communes. Cette
situation est directement liée à la violence, à l’enlèvement de personnes, aux restrictions à la
circulation auxquels ils sont chaque jour confrontés sans parler des tueries et des blessés dans
leur propre famille ou parmi leurs amis. La destruction matérielle, frustration et la pauvreté
résultant du blocage des territoires, du couvre-feu et des astreintes à résidence.
Pour apporter une réponse à cette situation le plan d’Urgence de l’Education (20202021 :13) propose de répondre aux priorités stratégiques du PNDES du Burkina Faso,
notamment au niveau de l’Objectif Stratégique 2.2 « accroître l'offre et améliorer la qualité de
l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la formation en adéquation avec les besoins de
22

�l’économie ». La réponse éducative va appuyer 170 000 filles et garçons de 6 à 17 ans ayant
des besoins éducatifs et vivant dans des communautés affectées par la crise dans 6 régions
affectés par les urgences (la Boucle du Mouhoun, le Centre-Nord, l’Est, les Hauts-Bassins, le
Nord et le Sahel) en leur apportant une éducation formelle et non formelle dans un
environnement sûr, inclusif et de qualité. Cela correspond à la vision de la SSZDES et du
HRP du Burkina Faso.
Dans les situations d'urgence que vit le Burkina Faso, la protection de l’enfant est une
opportunité de survie car elle permet d'assurer la normalité quotidienne et met à l'abri les
enfants dans des environnements sains, sécurisés et protecteurs. La protection offre un cadre
qui permet aux enfants d'être protégés, de bénéficier du soutien psychosocial, de se projeter
dans l'avenir et de devenir un agent de changement pour eux-mêmes, pour leur famille et pour
leur communauté.
Les actions de protection de l’enfance s'alignent aux priorités du Ministère de la
Femme, de la Solidarité Nationale et de l'Action humanitaire (MFSNAH), à travers la
collaboration étroite avec les différentes directions en particulier la Direction Générale de la
Famille et de l’Enfant, mandatée pour assurer l'accès aux interventions de prévention de
violences, abus et exploitation et réponses aux besoins des enfants affectés par la crise. La
réponse de protection de l’enfance va appuyer 1 000 filles et garçons de 6 à 17 ans ayant des
besoins de protection spécifiques, ainsi que toutes les écoles ciblées dans le renforcement des
actions Safe School (comportant déjà des aspects de soutien psychosocial et de santé mentale
dans les 6 régions ciblées).
En résumé, l'intervention adopte une double approche combinant un appui à
l’éducation formelle et non formelle avec une composante de protection de l’enfant. Elle
prend en compte la connexion entre les écoles et les cellules communautaires de protection de
l’enfant, ce qui facilitera le renforcement des actions Safe School déjà amorcées dans le cadre
des autres financements sur le terrain avec le soutien de la Suisse, de la Norvège et du Japon.
Nous ne négligeons pas ces différentes réponses à la situation des EDI, cependant, il faut
reconnaitre que sur le terrain l’effectivité de ces actions reste très faible car le nombre de PDI
grossit chaque jour ; la coordination entre les services de l’Etat manque de réponse adéquate
pour l’accueil des PDI et le soutien des ONG s’affaiblit par manque de moyens financiers. Or,
nous savons que des parents et des enfants dont leurs vies sont ravagées par la faim, la
pauvreté et la maladie ne peuvent pas réaliser leur potentiel à l’école. C’est pourquoi nous

23

�estimons bon d’approfondir notre analyse qui permettra d’identifier les facteurs explicatifs de
cette faible intégration des EDI dans les structures éducatives de la commune de Ouahigouya
et d’en trouver des réponses plus adéquates qui prennent en comptes tous les élèves dans le
système éducatif Burkinabè.
A l’issue de cette revue de la littérature, nous estimons que l’ensemble des écrits
exploités nous a été d’une grande utilité dans la mesure où les diverses informations qu’ils
contiennent viennent préciser davantage notre recherche. Notre recherche semble compléter
les travaux qu’effectue la Panification de l’éducation au MENAPLN sur la projection dans les
statistiques dans la mesure où notre étude s’intéresse à l’intégration des EDI dans les
structures éducatives formelles. La rareté d’études antérieures sur l’intégration des EDI Dans
les structures éducatives formelles au Burkina Faso, plus précisément dans la commune de
Ouahigouya justifie donc notre choix pour cette étude.

II- Le cadre de référence théorique
Notre thème de recherche porte sur l’intégration des élèves déplacés internes dans les
structures éducatives formelles dans la commune de Ouahigouya. Il s’inscrit dans le vaste
champ sociologique. Dès lors, nous avons pris comme repère ou référence, la théorie de
besoins de A. H. Maslow, la théorie du socioconstructivisme et la théorie de la pédagogie
différenciée.

II.1. La théorie de la motivation selon la théorie des besoins de A.H. Maslow
La motivation désigne un processus qui est déclenché à l’origine par l’action d’une
force motivationnelle inférieure qui dépend de caractéristiques personnelles comme les
besoins, les pulsions, les traits de personnalités. Les travaux de A.H. Maslow, à partir des
années 1950, permettent de classer les besoins humains par ordre d’importance en cinq
niveaux. Ce classement correspond à l’ordre dans lequel ils apparaissent à l’individu : la
satisfaction des besoins d’un niveau engendrant les besoins du niveau suivant. Sa conviction
est qu’on ne peut agir sur les motivations supérieures d’une personne qu’à la condition
expresse que ses motivations primaires (besoins physiologiques et de sécurité) soient
satisfaites.

II.2 Les besoins physiologiques
Ce sont des besoins directement liés à la survie de l’individu ou de l’espèce. Ce sont
typiquement des besoins concrets (manger, boire, se vêtir, se reproduire, dormir, etc.) A priori
ces besoins sont satisfaits pour la majorité d’entre nous, toutefois nous ne portons pas sur ces
24

�besoins la même appréciation. Cette différence d’appréciation peut engendrer une situation
qui sera jugée non satisfaisante pour la personne et à son tour le besoin à satisfaire fera naitre
une motivation pour cette personne.

II.3 Les besoins de sécurité
Ils viennent du désir de chacun d’entre nous à être protégé physiquement et
moralement. Ce sont des besoins complexes dans la mesure où ils recouvrent une part
objective : notre sécurité et celle de notre famille et une part subjective liée à nos craintes, nos
peurs, et nos anticipations qu’elles soient rationnelles ou non : sécurité d’un abri (logement,
maison) ; des revenus et des ressources ; sécurité physique contre la violence, la délinquance,
les agressions, etc. Sécurité morale et psychologique ; sécurité et stabilité familiale ou, du
moins affective ; sécurité médicale /sociale et santé.

II.4 Les besoin d’appartenance.
Ils correspondent aux besoins d’amour et de relation avec et entre les personnes :
besoin d’aimer et d’être aimé (affection) ; avoir des relations intimes avec un conjoint (former
un couple) ; avoir des amis ; faire partie intégrante d’un groupe cohésif ; se sentir accepté ; ne
pas se sentir seul ou rejeté. Ce sont les besoins d’appartenance à un groupe qu’il soit social,
relationnel ou statutaire. Le premier groupe d’appartenance d’une personne étant la famille.

II.5 Les besoins d’estime.
Ils correspondent aux besoins de considération, de réputation, de reconnaissance ou de
gloire, de ce qu’on est par les autres ou par un groupe d’appartenance. La mesure de l’estime
peut aussi être liée aux gratifications accordées à la personne. C’est aussi le besoin de respect
de soi -même et de confiance en soi.

II.6. Les besoins d’auto-accompagnement.
Les besoins d’auto-accompagnement correspondent aux besoins de se réaliser,
d’exploiter et mettre en valeur son potentiel personnel dans tous les domaines de la vie. Ce
besoin peut prendre des formes différentes selon les individus. Pour certains ce sera le besoin
d’étudier, d’en apprendre toujours plus de développer ses compétences et ses connaissances
personnelles ; pour d’autres ce sera le besoin de créer, d’inventer, de faire ; pour d’autres ce
sera la création d’une vie intérieure. Le processus de motivation peut être déclenché aussi par

25

�une force motivationnelle externe qui dépend de la situation, de l’environnement de travail, de
la nature de l’emploi, du mode de mode de management des supérieurs, etc.
En somme, la théorie de la motivation selon les besoins de Maslow, montre que les
EDI se retrouvent dans les cinq niveaux de cette classification. Ils n’ont pas souvent les trois
repas journaliers et résident la plupart du temps dans les quartiers dépourvus d’eau et
d’électricité. Ils vivent dans des familles atteintes de psychose du fait des attaques terroristes
et ne peuvent être exempts de cette situation. Ces EDI ont dû se séparer de parents proches,
d’amis et de voisins qui leur étaient très chers. Enfin dans cette situation où la valeur des
parents est réduite par leur situation de déplacés précaires, les EDI perdent confiance en euxmêmes et n’ont plus du goût à la vie. Toute chose qui affecte leur éducation.
Nous allons à la suite de la théorie de besoins de Maslow nous référer à la théorie du
socioconstructivisme.
II.6.1 De la théorie du socioconstructivisme.
Le socioconstructivisme encore appelé sociocognitive par rapport au constructivisme
introduit une dimension des interactions, des échanges, du travail de verbalisation, de
construction et co-élaboration Vigotsky, (1985). L’apprentissage dans cette vision est
considéré comme le résultat des activités sociocognitives liées aux échanges didactiques entre
enseignants-élèves et élèves-élèves. Le concept d’une construction sociale de l’intelligence est
la continuité d’une auto-socio construction des connaissances par les interactions sociales
avec d’autres personnes, interactions sociales sur l’apprentissage. Le socioconstructivisme est
un modèle d’enseignement –apprentissage, pour lequel trois éléments sont indissociables pour
permettre le progrès à savoir : la dimension constructiviste qui fait référence au sujet qui
apprend, la dimension socio qui fait référence aux partenaires en présence, la dimension
interactive qui fait référence au milieu. Le socioconstructivisme a introduit un paramètre
déterminant de la méditation de l’autre négligé par Piaget : l’influence du monde extérieur sur
le développement des habilités. La théorie socioconstructiviste a un lien étroit avec notre sujet
de recherche en ce sens que les EDI ont besoin d’un environnement convivial et de paix pour
leurs apprentissages. Cette théorie à un lien étroit avec notre thème de recherche. Les
apprentissages, pour être efficaces et profitables doivent se dérouler dans un climat sain fait
d’entraide, de collaboration et de partenariat entre acteurs.

26

�II.6.2 La théorie de la pédagogie différenciée
Dans une classe, les élèves apprennent à des rythmes différents d’un élève à l’autre. La
pédagogie différenciée elle-même se définit comme étant la pédagogie qui tient compte des
différences

d’acquisition

des

savoirs

par

les

élèves

dans

le

processus

enseignement/apprentissage. Elle vise à résoudre le problème de l’hétérogénéité ou de le gérer
dans les tâches pédagogiques pour le bonheur des élèves.
L’hétérogénéité est donc plus qu’une réalité dans nos écoles de nos jours.
L’enseignement frontal et les exercices stéréotypes, répétitifs ne suffisent plus pour donner à
tout le monde la chance d’acquérir des savoirs ou des compétences plus d’apprentissages. Les
apprenants profitent d’approches pour et cerner un objet d’étude et progresser. Halina
PRZESMYCKI (1991 :10) apporte un éclairage en définissant la pédagogie différenciée
comme : une pédagogie individualisée qui reconnait l’élève comme une personne ayant ses
représentations propres de la situation de formation ; une pédagogie variée qui propose un
éventail de démarches, s’opposant ainsi au rythme identitaire de l’uniformité, faussement
démocratique, selon lequel tous doivent travailler au même rythme, dans la même durée et par
les mêmes itinéraires. Il décrit ainsi la pédagogie différenciée avant tout comme une
pédagogie des processus. Les élèves bénéficient d’un cadre souple dans lequel les
apprentissages sont diversifiés afin que tous évoluent selon leurs savoirs et savoir-faire. Selon
lui, la pédagogie différenciée découle de l’hétérogénéité des élèves d’une même classe et se
fonde sur des différences cognitives (degré d’acquisition des connaissances, stratégies
d’apprentissage, représentations, des modes de pensée, etc.), des différences socioculturelles
(valeurs, croyances, types de socialisation desquels les élèves ont bénéfice) ainsi que les
différences psychologiques (expériences vécues, personnalité, motivation, attention, rythmes,
etc.)Y faire face représente un défi complexe pour l’enseignant.
Selon P. Meirieu (1988 : 106) : « La pédagogie différenciée est une méthode originale
prenant en compte la spécificité du savoir, la personnalité de l’élève et les ressources du
maitre » Il ajoute qu’ il est indispensable de substituer au contrat tacite et unique qui liait le
maitre à toute une classe, des contrats individuels et diversifiés qui engagent chaque élève,
précisant exactement ce que l’on attend de chacun d’entre eux et les soutiens sur il peut
compter (p.156).P. Meirieu complexifie encore : « l’expression de pédagogie différenciée est
un pléonasme, il n y a de pédagogie que différenciée, puisqu’ il n y a de savoir que dans et par
le chemin qui mène »(p.36). Si pour P. Meirieu (1991) c’est une évidence, puisqu’ il n’a pas
d’autre possibilité d’amener un élève à apprendre, pour beaucoup cet ajustement permanent
27

�pour accompagner l’élève est un idéal utopique. Nous pourrions multiplier les définitions de
la pédagogie différenciée. On peut ressortir quelques points qui reviennent dans la plupart des
définitions : l’élève et son activité doivent être au cœur des apprentissages. La différenciation
vise à créer des conditions d’apprentissage optimales pour le plus grand nombre d’élèves
possible au sein du groupe classe en s’appuyant sur le fait que la différence peut être un
enrichissement pour apprendre.
Notre étude aborde la situation d’intégration des élèves déplacés internes (EDI) dans
les structures éducatives formelles. Cela veut dire que la bonne intégration passe
nécessairement par l’usage d’une bonne théorie d’apprentissage. Ces classes sont différentes
des autres à plusieurs niveaux : elles ont d’abord des effectifs larges du fait de leur nombres
limité d’une part aussi par le flux des déplacés qui augmente de jour en jour. Ensuite les
élèves qui composent ces classes viennent des horizons divers et vivent pas souvent les
mêmes réalités. En plus, ils ont des niveaux disparates : certains ayant terminés l’année
scolaire précédente dans les meilleures conditions, d’autres par contre dans les des situations
difficiles, certains n’ont cependant eu de classes. Toutes ses raisons nous confortent à dire que
la démarche pédagogique qui sied pour ses apprenants semble bien être la pédagogie
différenciée.
II.6.3. Raison du choix des théories
Nous avons choisi de nous penser sur ces trois théories pour trois raisons :
❖ -Premièrement il est question dans notre présente étude d’intégration des PDI et des
EDI. En nous référant à la théorie de A. Maslow, cela nous permet de cerner les
dimensions qu’il faut prendre en compte dans les processus d’intégration d’un
individu à un groupe social. En effet, des parents et des élèves ont des besoins
minimums qui garantissent leur personnalité et la liberté afin de prendre des actions
dans leur milieu de vie. Si ces conditions ne sont pas réunies comme l’a développé
Maslow, les personnes déplacées vivant des situations étrangères ne peuvent
accomplir leur devoir de façon correcte envers la société. De plus les EDI s ils sont en
marge de certains droits ne pourront pas s’intégrer à l’école.
❖ -En plus, nous avons invoqué la théorie du socioconstructivisme, puisqu’ il s’agit pour
nous de proposer dans notre étude des suggestions pour l’intégration harmonieuse des
EDI au système éducatif. Ainsi pour cette dernière la réussite des apprentissages dans
nos structures éducatives d é » pendent des approches pédagogiques favorisant

28

�l’interaction des élèves dans la conquête du savoir. Il ne s’agit donc pas d’isoler les
EDI à part dans des écoles fermées à la société d’accueil mais plutôt d’avancer
ensemble

dans

un

système

équitable

prônant

le

vivre-ensemble.

Le

socioconstructivisme est également le terreau favorable d’une construction des valeurs
sociales durables car c’est en son sein qu’à lieu la prise de conscience produit par le
conflit cognitif qui, lui-même est l’origine de l’abandon de l’erreur, les présomptions,
les préjugés et d’accepter ce qui est probant. Nous pensons qu’avec cette théorie il est
possible de préparer les générations afin qu’elles vivent en harmonie dans le futur.
❖ -Pour la théorie de la pédagogie différenciée ici évoquée, nous amène à traduire de
façon pratique le comportement des praticiens de la pédagogie dans des circonstances
particulières des classes accueillant les EDI. En effet, les structures éducatives ont
changé sur divers plans avec les déplacements massifs des populations et pour cela de
nouvelles stratégies de conduites des classes doivent s’appuyer sur des approches plus
productives. Nous estimons qu’en plus des approches dont faisaient usages les
enseignants, nous pourront faire recours à la théorie de la pédagogie différenciée
surtout que les EDI ont subi toute sorte d’instabilité sur le plan apprentissage.
Pour nous résumer, nous dirons que le choix de ces théories va nous guider dans la présente
recherche et nous aidera à atteindre les objectifs visés.
De ces trois théories de référence, nous retenons que l’intégration des EDI dans les
établissements scolaires formelles passe par une intégration qui efface les différences, les
lignes entre PDI et autochtones ; le respect des droits de l’homme source de cohésion sociale.
De cette intégration harmonieuse passe par la satisfaction des besoins des EDI d’où découle la
motivation de l’individu. Cela est un processus comme l’a démontré Maslow dans sa théorie ;
les différents besoins de l’individu. Les élèves ne peuvent avoir la possibilité de fréquenter
l’école si l’un de ces besoins cités par cet auteur lui manque. Aussi, l’apprentissage à l’école
pour être efficace dans la construction des savoirs solides dépend d’une bonne théorie d’où la
théorie du socioconstructivisme. L’intégration des élèves passe également par l’interaction
dans les apprentissages. Il appartient donc aux enseignants d’user des approches
pédagogiques se fondant sur cette théorie pour assurer une bonne intégration des EDI. De plus
la théorie de la pédagogie différenciée est ici citée car la situation de crises sociale a fait naitre
plusieurs types d’élèves défavorisés dans les apprentissages. Pour lutter contre ces différences
l’exploitation d’une démarche pédagogique à même de faciliter l’intégration des EDI par la
prise en compte des différences dans les apprentissages est beaucoup recommandée.

29

�Dans la présente recherche nous allons nous adosser sur la théorie de la motivation de
Maslow car elle a un lien étroit avec notre thème qui traite de l’intégration des EDI dans les
structures éducatives. L’intégration passe par un processus de motivation déclenché par une
force motivationnelle externe.
II.6.4 Le cadre conceptuel
Dans cette partie nous allons nous atteler à expliciter un certain nombre de concepts en
relation avec notre thème de recherche. Ces concepts sont les suivants : les facteurs, faible
intégration, élèves déplacés internes, structures éducatives, formelle, commune.
A. Élèves déplacés internes
Le concept déplacé signifie qui a changé de place de façon courante.
Selon les principes directeurs de 1998 sur les déplacements internes de UNHCR, les
personnes déplacées internes sont des personnes ou groupes de personnes qui ont été forcés
ou contraints à fuir ou à quitter leur foyer ou leur lieu de résidence habituel, notamment en
raison d’un conflit armé, de situations de violence généralisée, de violation des droits de
l’homme ou pour éviter les efforts et qui n’ont pas franchi les frontières internationalement
reconnues d’un Etat. Il y a donc une différence nette entre les réfugiés et les déplacés internes.
Une personne déplacée interne veut donc dire une personne contrainte de quitter son lieu de
résidence habituel, de fuir à l’intérieur de son propre pays. En ce sens, les élèves déplacés
internes sont ceux ayant été déplacés de force à quitter leurs villages avec leurs parents pour
raison d’insécurité, aux conflits armés, aux violences, aux violations de droits humains, de
catastrophes naturelles etc ; et se retrouvant dans les villes à l’intérieur du pays.

B. Faible intégration
En Sociologie, l’intégration peut être vue comme l’assimilation d’un individu, d’un groupe à
une communauté, à un groupe social. Dans notre contexte l’intégration voudrait dire s ajouter,
s’imbriquer pour faire un tout sans distinction.
Dans le domaine de la sociologie, l’intégration est la phase ou les éléments d’origine
étrangères sont complètement assimilés au sein de la nation tant au point vue juridique que
linguistique et culturel, et forment un seul corps social (De GAULLE, Mémoire de guerre,
1959, p.457). Le concept faible est un adjectif qualificatif qui traduit l’état d’une chose qui
n’a pas de force, qui n’est pas d’un niveau élevé, qui est peu considérable. La faible
intégration des EDI dans les structures éducatives signifie qu’il existe peu d’EDI qui
fréquente les écoles où les éléments d’intégration ne sont pas assimilés.
30

�C. Structures éducatives
La structure selon le dictionnaire français L’Internaute consulté sur www.linternaute.fr ;
est une organisation des parties d’un système qui lui donne sa cohérence et en est la
caractéristique permanente. C’est l’organisation complexe du système. Ainsi, les structures
éducatives signifient l’ensemble des établissements (préscolaire, primaire, post-primaire
formel, non formel, informelle et spécifique) qui forme un système d’éducation de façon
articulée. La loi 013-2007 /AN portant loi d’orientation de l’éducation du 30 juillet 2007 au
Burkina Faso, structure les différents ordres de l’éducation comme suit : l’éducation
préscolaire,

l’enseignement

primaire,

l’enseignement

post-primaire,

l’enseignement

secondaire, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle.
D. Formelle
Ce qui est formel se rapporte aux normes et aux règles établies par les institutions reconnues.
Parlant des structures éducatives formelles, selon la loi 013-2007/AN du 30 juillet 2007
portant orientation de l’éducation au Burkina Faso, cela s’entend comme l’ensemble des
activités éducatives, enseignement et formation professionnelle se déroulant dans les
établissements scolaires ou centre de formation reconnus ; dont les contenus sont formalisés et
fonctionnant selon la législation du pays.

III- Questions, Hypothèses et indicateurs de vérification
III-1--Les questions de la recherche
A travers notre travail de recherche, nous poserons une question principale et trois
questions spécifiques
A-Question principale
Quels sont les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes
dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya ?
B- Les questions spécifiques :
De la question principale, découlent trois (3) questions spécifiques :
a) L’insuffisance de la prise en charge adéquate des personnes déplacées internes (PDI)
n’explique-t-elle pas la faible intégration des élèves déplacés internes (EDI) dans les
structures éducatives formelles de Ouahigouya ?
b) L’insuffisance des infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya estelle liée à la faible intégration des élèves déplacés internes ?

31

�c) La faible intégration des élèves déplacés internes dans les structures éducatives
formelles n’est –elle pas liée aux méthodes et techniques d’enseignement utilisées par
les enseignants en classe ?
Pour mieux appréhender les interrogations que suscite notre thème de recherche et
apporter les éléments de réponses, nous avons formulé une hypothèse principale et trois (3)
hypothèses secondaires.

III-2-Les hypothèses
A -Hypothèse principale
L’inadéquation de la prise en charge des déplacés conjuguée à l’insuffisance
d’infrastructures éducatives et aux approches pédagogiques expliquent la faible intégration
des EDI dans les structures éducatives.
B- Hypothèses secondaires
De cette hypothèse principale découlent trois (3) hypothèses secondaires :
➢ Hypothèse n°1 :
L’insuffisance de prise en charge adéquate des personnes déplacées internes ne
favorise pas l’intégration de leurs enfants dans les structures éducatives formelle.
➢ Hypothèse n°2 :
La faible intégration des élèves déplacés internes dans les structures éducatives a un
lien avec le nombre d’infrastructures éducatives formelles.
➢ Hypothèse n°3 :
L’usage des méthodes et techniques d’enseignement par les enseignants est cause de la
faible intégration des EDI dans les structures éducatives formelles.

C- Les indicateurs de vérification des variables
Variables indépendantes
➢ La prise en charge insuffisante des personnes déplacées
-le pourcentage de déplacés internes ayant été enregistrés à l’arrivée par les structures
de l’action sociale ou d’une ONG humanitaire ;
-le pourcentage de personnes déplacées internes relogées en moins de 10 jours après
leur arrivée ;
-le pourcentage de personnes déplacées internes qui ont bénéficié d’aide en vivres

32

�-pourcentage de parents et d’élèves déplacés internes qui ont bénéficié de prise en
charge psycho-sociale de la part des autorités administratives ;
-pourcentage de radios locales ayant fait des sensibilisations sur les possibilités
d’inscription des élèves déplacés ;
➢ Le nombre d’infrastructures éducatives formelles.
-le nombre d’écoles primaires privés ayant accueilli des EDI,
-le nombre d’écoles primaires publics ayant accueilli des EDI,
-nombre de salles de classes des établissements publics et privés de la commune
-nombre de classes temporaires aménagées pour accueillir les EDI
➢ Le nombre d’approches pédagogiques adapté utilisé
-pourcentage d’enseignants ayants bénéficié d’une formation sur les approches pédagogiques
intégratrices
-pourcentage d’enseignants qui met en pratique l’approche inclusive,
-proportion d’enseignant mettant en pratique l’approche de la pédagogie des grands groupes,
-pourcentage des enseignants qui utilisent la pédagogie différenciée dans leurs pratiques
classe
-pourcentage des enseignants qui pratique l’approche pédagogique intégratrice dans leurs
classes
Variable dépendante
La faible intégration des EDI
- proportion de la mauvaise fréquentation des EDI ;
-pourcentage des EDI ayant redoublé à deux reprises de classes,
-proportion d EDI qui présentent des séquelles physiques ou psychologiques dus aux
terroristes, (blessés, troubles psychologiques, menaces, intimidation, stigmatisation…)
- proportion des abandons EDI ;

33

�CHAPITRE III : METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
Dans le but de vérifier les hypothèses émises plus haut, il est nécessaire de circonscrire notre
zone d’étude. Pour ce faire, la population étudiée, l’échantillon choisi, les procédés de
collecte des données, l’approche utilisée et les outils de collecte, d’analyse et de traitement
des données ferons l’objet d’une description dans ce présent chapitre.

I-Population d’étude et échantillonnage
Dans cette rubrique nous nous attèlerons à décrire de façon succincte le site géographique de
la recherche, la population concernée par l’étude et à l’échantillonnage.

➢ Site géographique de l’étude
Le site d’étude choisi se limite aux Circonscriptions d’Education de Base (CEB) de la
commune de Ouahigouya et cela pour plusieurs raisons. D’abord pour des raisons budgétaires
et de temps. Ensuite, parce que nous trouvons que le milieu choisi offre un panorama
intéressant de réalités communes aux chefs-lieux des régions touchées par les attaques
terroristes. La commune de Ouahigouya relève sur le plan éducatif, de la Direction
Provinciale de l’Education Préscolaire, Primaire et Non Formelle (DPEPPNF) du Yatenga
dans la région du Nord et compte deux CEB qui sont : la CEB de Ouahigouya I et celle de
Ouahigouya II.
Pour l’atteinte des objectifs de cette étude, la connaissance des ressources humaines et
matérielles des CEB de la commune est nécessaire. Ainsi, les tableaux suivants présentent des
données relatives aux infrastructures, aux personnels enseignants et élèves.

II-Population cible
Cette étude se base sur une population hétérogène constituée d’élèves (EDI), les PDI,
des enseignants, de directeurs d’écoles, les chefs de circonscriptions d’éducation, du maire de,
la commune de Ouahigouya, le directeur provincial en charge de l’éducation du Yatenga et du
directeur provincial en charge de la solidarité et de l’action humanitaire Yatenga.

II.1 Les élèves et leurs parents
Les élèves déplacés internes inscrits ou non dans les structures éducatives formelles de
la commune sont les principaux concernés dans les difficultés d’intégration. Ils sont de ce fait

34

�les mieux indiqués pour nous fournir des informations ; d’où l’importance de recueillir leurs
opinions dans notre étude. Les parents quant à eux, vivent au quotidien les difficultés
d’intégration de leurs enfants dans les écoles. Ils sont également des personnes pouvant
fournir des informations sur la faible intégration des élèves.

II.2 Les enseignants et les directeurs d’écoles
Les enseignants et les directeurs sont les principaux acteurs de la gestion pédagogique
des classes et des établissements. Ils vivent au quotidien les problèmes liés aux effectifs
élevés dans les classes, le manque de matériel, aux difficultés d’ordre socioculturel,
pédagogique et environnemental de leurs classes ou écoles. Les interroger, c’est leur donner
l’opportunité de faire ressortir les problèmes liés à l’intégration efficiente des EDI inscrits
dans leurs classes.

II.3 Les Chefs de Circonscription d’Education de Base (CCEB)
Les CCEB sont chargés du bon fonctionnement des écoles. Ils veillent sur le
déroulement adéquat des activités administratives, pédagogique et sociales des établissements
de leurs circonscriptions éducatives. Ils sont en mesure de nous situer sur les difficultés
d’intégration des EDI.

II.4 Le Maire
Le Maire est le premier responsable de la commune. A ce titre, l’accueil du flux des
PDI, les questions des sites d’aménagement d’accueil, des infrastructures éducatives, des
fournitures scolaires et des cantines scolaires transférées par l’Etat l incombent. Nous
estimons que les interroger nous permettra de récolter des informations sur la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya.

II.5 Le Directeur provincial de la solidarité et de l’action humanitaire du Yatenga
Le Directeur provincial en charge de la solidarité et de l’action humanitaire par les
politiques de l’Etat gère la situation humanitaire, de crises dans la province. Il
accueil enregistre les PDI, résout avec les partenaires les problèmes alimentaires, sécuritaires
sanitaires et éducatives des populations déplacées. Il est mieux indiqué pour nous renseigner
sur les questions de prises en charge des PDI.
II.6 Le Directeur provincial en charge de l’éducation du Yatenga
Il le responsable provincial en charge de la coordination des activités éducatives et de
la mise en œuvre des politiques éducatives. Nous sommes convaincus qu’il pourra nous
35

�apporter des réponses à nos préoccupations d ou la nécessité de nous entretenir avec lui sur
l’intégration des EDI dans les structures éducatives de la ville.

III- L’échantillonnage
Pour cette recherche nous avons opté pour l’échantillonnage de type probabiliste. Il va
consister à sélectionner simplement au moyen d’une procédure aléatoire tout individu de la
liste de l’échantillon de recherche. C’est ainsi que pour chaque catégorie de participants à
l’étude, nous insisterons beaucoup sur leur bonne foi et leurs expériences afin de récolter de
données dignes d’être traitées et analysées pour en sortir des informations fiables.
L’échantillon
Le tableau suivant présent la composition des structures et de la population cible

36

�Tableau n°2 : Ecoles de la ville de Ouahigouya ayant un nombre très important d’ EDI
Ecoles

Enseignants

Total des

Effectif

Effectif

effectifs par

des

des EDI

école

élèves
non
déplacés

Togzague A

13

1063

760

303

Togzague B

6

590

484

106

Gondologo A

18

1058

792

266

Gondologo B

18

1510

1056

454

Gondologo C

15

696

645

51

Siguivoussé 1

16

1040

686

354

Siguivoussé 2

7

500

379

121

Peela 1

19

791

684

107

Peela 2

16

798

660

138

Peela 3

6

396

371

25

Teegwendé

8

384

323

61

Bangrin 1

17

566

471

95

Bangrin 2

18

700

593

107

Ipala A

20

629

555

74

Tamsin Est A

10

480

221

259

Tamsin Est B

6

259

44

215

Bangrin 3

3

91

50

41

Wendpouiré

26

1041

623

418

Souli B

25

1057

555

502

Gourga B

25

191

112

79

Oufré B

29

1141

589

552

Gourga A

21

732

418

314

Oufré A

15

747

589

158

Wendkonta A

23

955

498

457

TOTAL

380

17415

12158

5257

37

�Source : synthèse faite par nous même à partir des données statistiques des deux CEB de
Ouahigouya / Septembre 2022
Dans la commune il y a 172 écoles formelles. Pour l’échantillonnage de cette
population cible nous allons nous intéresser uniquement aux écoles de la ville qui ont des
effectifs importants d EDI comme le tableau ci-dessus l’indique. Nous procèderons ainsi :
Nous choisirons 10 Directeurs d’écoles dont leurs écoles ont accueilli plus d’EDI sur
les 24 écoles de la ville. Nous nous intéresserons à cet échantillon car les EDI sont
majoritairement inscrits dans les écoles situées en pleine ville. Nous aurons donc 6.89% des
directeurs qui seront représentées dans l’échantillon.
Soixante (60) enseignants des écoles ayant des EDI seront également soumis aux
questionnaires. Ce nombre est choisi pour des raisons objectives car sur l’effectif total des
enseignants de la commune seulement

380 ont des EDI dans leurs classes au regard de la

concentration des déplacés internes dans la ville ; soit un pourcentage de 41.37%.
Des Guides d’entretien seront adressés à trente (30) EDI repartit dans ces différentes
écoles (24) seront soumis à notre guide d’entretien. L’échantillon des EDI représente 20.68%.
Nous avons également pris quarante (40) PDI comme échantillon. Nos entretiens se
dérouleront dans trois sites d’accueil en plus des PDI se trouvant logés chez des parents ; soit
10 pour chaque rubrique. L’échantillon choisi représente 27.58% Nous avons retenu les
personnes ressources ; le Maire, le Directeur provincial en de l’éducation, le Directeur
provincial de la solidarité nationale et de l’action humanitaire chacun d’eux est représenté à
0.68% de l’échantillon et des CCEB OHG1 et 2 pour 1.37%.

38

�Tableau n°3 : l’échantillon prévisionnel
N°
Participants
Nombre Questionnaire

Guide d’entretien

Pourcentage

01

Enseignant(es)

60

X

41.37%

02

Directeur (trice)s

10

X

6.89%

03

CCEB

02

X

1.37%

04

DP éducation

01

X

0.68%

05

Maire

01

X

0.68%

06

DP action sociale

01

X

0.68%

07

EDI

30

X

20.68%

08

PDI

40

X

27.58%

Total

145

100%

Source : réalisé par nous-mêmes à partir de l’ échantillon

III.1. La présentation et la validation des outils de collecte des données
Cette partie est consacrée à la présentation des techniques et instruments de collecte
des données.
III.1.1 Techniques et instruments de collecte des données.
Les techniques suivantes sont employées par la méthode d’enquête : l’entrevue,
l’observation et le sondage ou recensement. Ces techniques sont exploitées soit dans
l’approche quantitative, ou dans l’approche qualitative. Dans notre étude, nous utiliserons les
deux approches avec pour instruments de collecte de données : les questionnaires et les guides
d’entretien.
❖ -Le questionnaire que nous allons utiliser comporte à la fois des questions ouvertes et
des questions fermées. Il sera utilisé pour collecter les données auprès des enseignants
et les Directeurs d’école au regard de sa capacité à faire ressortir l’aspect qualitatif et
quantitatif que nous visons dans cette recherche.
-Les guides d’entretien comportent des questions fermées ou ouvertes élaborées administrées
par nous-mêmes. Ces questions permettront aux enquêtés d’argumenter leurs points de vue à
travers les réponses.

39

�Tableau n°4: synthèse des instruments de collecte des données
N°
Participants
Questionnaire

Guide d’entretien

01

Directeurs

10

00

02

Enseignant(es)

60

00

03

CCEB

00

02

04

EDI

00

30

05

PDI

00

40

06

Maire

00

01

07

DP action social

00

01

08

DP éducation

00

01

70

75

Sous total
Total général

145

Source : synthèse faite par nous-même/septembre 2022

III.1.2 La validation des outils de collecte des données.
Pour la validation des outils, nous avons fait recours au technique pré-test et du jugement. En
effet le pré-test à consister à soumettre un spécimen de nos différents outils à une catégorie de
personnes. Ainsi, le questionnaire adressé aux enseignants et aux directeurs d’école a été
testés dans les écoles, précisément de la ville de Ouahigouya. Cet examen nous a permis de
corriger les imperfections. Pour les opinions nous avons recueillis les jugements de trois
inspecteurs de l’éducation de base, le Coordonnateur de l’association AAAE et par trois
inspecteurs de la Direction provinciale en charge de l’éducation dans le Yatenga
pour la finalisation de tous les outils. C’est à l’issu de la validation des instruments de collecte
que notre enquête sur le terrain a débuté le 19 juillet pour s’achever le 17 aout 2022.Quant à
l’administration des instruments, nous avons avec l’accord des Directeurs distribué le
questionnaire dans chacune des écoles retenues pour l’étude. Pour les personnes concernées
par l’entretien, nous avons fait connaitre à l’avance ce guide puis après un rendez-vous nous
sommes passés pour l’entretien.
III.1.3 Construction d’un plan d’analyse des données
Cette rubrique montre comment les informations collectées seront traitées avant leur analyse.
Au regard de notre échantillon, les techniques d’analyses qualitative et quantitative des
données seront utilisées. Notre plan d’analyse sera comme suit :

40

�✓ présentation et analyse générale des données collectées et description des personnes
enquêtées ;
✓ présentation et analyse des données obtenues par catégorie de participant à l’enquête ;
✓ présentation et analyse des résultats sur les entretiens réalisés d avec les personnes
ressources.
III.1.4 Outils de traitement et d’analyse des données
Comme nous l’avons mentionné plus haut, les outils de traitement et d’analyses quantitative
et qualitative des données seront utilisés dans notre travail.
A. Outils de traitement d’analyse quantitative
Pour ce faire, nous disposons des softwares Microsoft Excel 2016 et Sphinx Plus2 version
5.1.0.4. Ces deux outils sont destinés à faire des analyses statistiques. Les données recueillies
sont saisies dans ces logiciels et des tableaux, des courbes, des diagrammes et des graphiques
seront réalisés, et feront par la suite, l’objet d’analyse et d’interprétation pour tenter de
vérifier nos hypothèses. Nous userons de tous les maniements qui siéent avec ces logiciels
pour présenter clairement les données quantitatives recueillies.
B. Outils de traitement d’analyse qualitative
Cette méthode qualitative bien différente de la précédente, pousse plus en profondeur
l’analyse de l’objet d’étude. Elle s’intéresse plus à l’administration des questions ouvertes
telles que mentionnées dans le questionnaire. C’est donc la possibilité d’argumenter les
réponses par le participant qui est le plus visée. Elle guidera nos pas lors de l’appréciation et
l’interprétation des données qualitatives qui seront collectées.

III.2. Difficultés rencontrées au cours de la recherche
Au cours de notre étude nous avons été confrontés à des difficultés. Il s’agissait de :
-la difficulté de conjuguer nos tâches professionnelles à la collecte des données. En effet,
étant titulaire d’une classe nous devrions allier les tâches pédagogiques aux exigences de
notre étude
-Il nous a été aussi par moment difficile d’obtenir les autorisations de collecte de données
auprès des PDI et EDI. Cela prenait des jours et des personnes qui servent aussi de relais sur
les sites entre déplacés et administration ne facilitent pas les entretiens.

41

�-Il faut ajouter que nous étions déjà en vacances et cela nous a compliqué la distribution des
questionnaires aux enseignants et aux directeurs d’écoles. Certaines personnes dans les
services n’étant pas coopératives, nous ont rendu la tâche difficile dans la collecte des
données.

42

�DEUXIEME PARTIE : RESULTATS DE LA RECHERCHE

43

�CHAPITRE IV : PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION
DES RESULTATS.
Dans ce chapitre, les résultats obtenus à partir des données collectées sur le terrain sont
ainsi présentés. Sur la base de nos indicateurs émanant des variables indépendantes des
variables dépendantes et un état de l’ensemble des données collectées. Nous terminerons par
une synthèse des résultats obtenus.

I Etat général des données collectées
Au cours de notre travail de terrain nous avons eu à collecter des informations. Un état
général sur la collecte de ces données est présenté dans le tableau suivant.
Tableau 5: Etat général des données collectées
Questionnaire
Catégorie de
Nombre prévu

Nombre atteint

personnes

Taux de
couverture

Enseignant(es)

60

60

100

Directeur (tri ces)

10

10

100

Sous-total

70

70

100

PDI

40

40

100

EDI

30

30

100

Personnes

05

05

100

75

75

100

145

145

100

Guide
d’entretien

ressources
Sous-total
Total général
Source : réalisé par nous-même/ aout 2022
Le tableau ci-dessus présente les différents taux de couverture des données collectées
et en fonction des différentes catégories de personnes lors de notre travail de terrain. Ainsi le
taux général de couverture est satisfaisant car il est largement au-dessus de la moyenne. En
effet, le questionnaire adressé aux enseignants fait ressortir un taux de 100%. Au niveau des

44

�Directeurs d’école huit (10) personnes sur les 10 ont répondu à notre questionnaire ; et par
conséquent nous estimons que ces données sont suffisantes pour effectuer des analyses.
Quant aux entretiens, nous avons enregistré un taux de 100% à tous les niveaux :
100% pour les PDI, 100% pour les EDI et 100% pour les personnes ressources. Ceci
s’explique par le fait que les outils ont été administré par nous-même avec tous les soins qu’il
faut. Le taux de recouvrement général est de 100% au niveau des entretiens.
Dans ce chapitre, il sera question de l’analyse des résultats, de la vérification des
hypothèses et de l’émission de suggestions.

II. Analyse et interprétation des résultats.
Nous passerons successivement en revue, les données relatives à l’état des lieux,
l’insuffisance de la prise en charge adéquate des PDI, à l’insuffisance des infrastructures
éducatives formelles de la commune et aux difficultés d’intégration des EDI liées aux
manques d’approches pédagogiques.

I.1.Les données relatives à l’état des lieux.
Des informations recueillies, il ressort que la commune de Ouahigouya compte 8239
EDI pour l’année scolaire 2021-2022 avec au total 860 salles de classe. Une moyenne de 10
élèves déplacés internes par classe. Cependant nous notons que la forte concentration de ces
élèves se rencontre dans la ville surtout les écoles périphériques. L’arrivée de ces nouveaux
élèves dans les écoles déjà surpeuplées n’est pas sans conséquences pour leur intégration. Il
est donc plus que nécessaire que des solutions idoines soient trouvées au risque de voir
plusieurs EDI en marge de l’éducation.

I.2. Les données issues du questionnaire.

45

�Tableau 6 : réponses fournies par les enseignants et DE sur la faible intégration des EDI.
Questionnaire
Enseignants
Total
Pourcentage
adressé aux
enseignants et
DE

Facteurs liés à

Oui

Non

oui

non

total

59

11

70

84,28

15,71

100

60

10

70

85,71

14,28

100

57

13

70

81,42

18,58

100

70

77,14

22,86

100

l’intégration
des PDI
Lien de
l’insuffisance
de
l’intégration
des PDI avec
celle des EDI
Facteurs liés à
l’insuffisance
des
infrastructures
éducatives
Facteurs liés à

54

16

l’insuffisance
d’approches
pédagogiques4
Source : synthèse faite par l’auteur à partir des données recueillies.

46

�I.3.Facteur lié à la prise en charge des personnes déplacées internes (PDI)
Tableau 7 : Facteurs liés à la prise en charge des personnes déplacés internes (PDI)

Facteurs
liés à la
prise en
charge des
PDI
Nombre

ENSEIGNANTS Pourcentage Directeurs
Enseignants

50

83.33%

Pourcentage Pourcentage
Directeurs
Total

10

100%

85,71%

Source : enquête réalisée dans le cadre de notre étude

Graphique 2 : Facteurs liés à la prise en charge des personnes déplacés internes (PDI)

50
50
45
40
35
30
25
20
10

15
10
5

100%

83,33%

0
ENSEIGNANTS

DIRECTEURS
EFFECTIFS

POURCENTAGE

Source : enquête de terrain réalisée du 20 au 30 aout 2022

Ce diagramme illustre les résultats issus du questionnaire. Sur 60 enseignants ,50 confirment
l’insuffisance de l’intégration des EDI donnant 83,33%. Tous les 10 Directeurs questionnés
ont répondu en disant qu’effectivement les PDI éprouvent des difficultés dans leur intégration,
soit un pourcentage de 100%. Cela nous suffit pour conclure les PDI ont des difficultés dans
leur ville d’accueil qui ne facilitent pas l’inscription de leurs enfants à l’école.
Sur la base des données recueillies par le biais de nos questionnaires adressés aux
enseignants et aux directeurs d’école, ce tableau laisse voir que la majorité des enquêtés
affirment qu’effectivement la prise en charge des PDI est insuffisante dans la commune ; soit
un pourcentage de 84,28%. 60 personnes affirment que l’insuffisance de la prise en charge
adéquate des PDI entrave la bonne intégration de leurs enfants dans les structures éducatives

47

�de la ville soit un pourcentage de 85,71%. Il ressort également des différents entretiens avec
les personnes ressources que la prise en charge des PDI à leur arrivée en ville présente des
insuffisances à plusieurs niveaux. Ainsi, pour les deux CCEB les PDI éprouvent des
difficultés dans leur intégration dans la ville de Ouahigouya. En effet, la plupart d’entre eux
n’ont pas de vivres pour faire face aux besoins alimentaires. A cela s’ajoute le problème de
logement. Généralement à leur arrivée ils sont d’abord accueillis par des parents ; puis ensuite
comptent sur les secours d’urgences qui, malheureusement manquent à satisfaire la demande.
Outre ces difficultés, les CCEB ont relevé que les PDI traversent des moments d’extrême
pauvreté car ils n’ont plus d’activités pouvant générer des revenus. Cette situation fait que les
parents déplacés internes n’en font pas de la scolarisation de leurs enfants une priorité. Ceux
aussi ayant inscrits leurs enfants aux premiers instants les retiennent maintenant à la maison
puis les placent dans les ménages afin d’avoir un peu d’argent pour survivre. Le CCEB de
Ouahigouya I à ce propos confie que « lors d’une de nos sorties de terrain dans une école
accueillant plusieurs EDI, nous avons constaté plusieurs absences d’élèves. Nous avons
appelé les parents pour comprendre. Ceux-ci nous ont dit qu’ils préféraient que leurs enfants
aillent travailler afin de leur apporter un peu d’aide. Pour ces parents déplacés l’école devait
donner une ration alimentaire aux enfants qui sont sortis des familles ventre creux ».
Les mêmes difficultés d’intégration ont été relevées par le chef de services chargé de
l’éducation de la culture et du sport de la commune. Traitant de la première question ce
dernier relate que du point de vue cohésion avec la population de la ville les PDI sont bien
intégrés. Cependant, il faut reconnaitre honnêtement qu’ils vivent des difficultés liées au
logement, à l’alimentation, à l’accès à la terre et aux ressources vitales comme l’eau, le bois
etc. Il y a insuffisance dans leur prise en charge car l’Etat, les ONG et les politiques mettent
assez de temps pour traiter les problèmes des PDI chaque fois que les populations se
déplacent. Pour nous, toutes ces difficultés ont un rapport étroit avec la faible intégration des
EDI dans les structures éducatives de la ville. En effet, pour lui, comme les PDI sont acculés
par les nombreuses difficultés l’inscription et le suivi des élèves est le dernier de leurs soucis
d’où la faiblesse de l’intégration EDI dans les structures éducatives.
A la direction de l’action sociale, c’est madame DOULKOUM chef de service de la
solidarité et assistante humanitaire qui s’est prêtée à nos questions. Intervenant sur le premier
point, elle nous renseigne que les PDI sont bien intégrés du point de vue collaboration avec
les populations autochtones de la commune. Cependant, ils vivent des difficultés car les
familles d’accueil sont débordées. Il leur manque de logements, ceux qui ont peu de moyens
48

�louent les maisons, d’autres ont réussi à payer des terrains mains ils n’ont plus d’argent pour
construire. L’accès aux ressources naturelles telles l’eau, le bois de chauffe pour les ménages,
les légumes etc. est un véritable problème pour les EDI.A cause du nombre croissant des
déplacés internes nous sommes confrontés à la cherté et au manque de vivres. Pour tout cela
nous disons que ces difficultés ont bien un lien avec la faible intégration des EDI dans les
structures éducatives de la commune de OHG.
A l’instar des CCEB, le Directeur provincial en charge de l’éducation, répondant à la
première question sur l’intégration des parents des EDI nous renseigne que des efforts sont
faits pour les mettre dans les conditions acceptables. Mais force est de constater que les PDI
sont démunis de matériel : ils n’ont pas d’argent, de vivres, de bouteilles de gaz, etc. ; certains
ayant des handicaps souffrent énormément. Le faible niveau de vie est la cause de la faible
intégration des EDI dans nos structures éducatives car la lutte pour la survie ne laisse aucun
choix de prioriser l’éducation. Aussi, pour le Directeur en charge de l’éducation le (Secrétariat
Technique de l’Education en Situation Urgence (ST-ESU) et d’autres bailleurs tentent de
récupérer les EDI n’ayant pas pu bénéficier d’apprentissages au cours de l’année scolaire mais
le projet connait des difficultés car il est difficile de réunir les EDI tout simplement parce
qu’il manque la cantine pour accompagner le dit projet. Les parents préfèrent retenir les
enfants pour des travaux pouvant leur apporter un peu d’argent. Nous pouvons dire donc que
les difficultés des parents impactent l’éducation de leurs enfants.
Abordant la deuxième question, il nous fait savoir que la commune ne dispose pas
suffisamment d’infrastructures pour accueillir tous les élèves. « Nous avions besoin de cent
vingt-trois (123) Espace Temporaire d’Apprentissage (ETA) mais nous avons reçu seulement
(cinq) 05 pour cette multitude d’EDI » nous confie le directeur provincial en charge de de
l’éducation. Les ONG promettent des réalisations de salles de classes mais cela reste toujours
dans l’attente.
Se prononçant sur les compétences des enseignants à faciliter l’intégration de ces EDI,
le Directeur provincial en charge de l’éducation estiment que ces derniers ont besoins de
formation à plusieurs niveaux : en psychologie, aux approches pédagogiques sur la pédagogie
différentielle, celle du groupe et celle inclusive.
L’entretien d avec les PDI s’est essentiellement porté sur les questions de l’intégration
dans la commune, l’intégration des EDI dans les structures éducatives, des infrastructures

49

�éducatives et de l’accompagnement pédagogique des enseignants dans l intégrations des
élèves.
Se prononçant sur l’intégration des personnes déplacées dans la commune, la quasitotalité des PDI, éprouvent de nombreuses difficultés dans leur ville d’accueil. Ils s
appesantissent dans la plupart du temps sur le manque de logements, de vivres pour
l’alimentation et de l’accès aux ressources naturelles comme l’eau, le bois et aux ressources
forestières non ligneux. Rouamba Ramata une PDI venue de Koumbri à propos du logement
affirme : « Nous louons la maison à 10000f et sommes 10 personnes à la partager. Je vis avec
mes belles filles et mes petits fils.je ne suis pas sûre de pouvoir payer le mois prochain » Une
autre, Belem Azèta ressortissante de Nassigyan a répondu : « nous sommes dans une maison
de 10 tôles sans porte que nous payons à 10000f au secteur 12. Nous sommes 08, mais nos
maris sont ailleurs. Nous sommes en insécurité car nous avons été victimes de vol ». Aussi, il
ressort de leurs interventions le manque de moyen matériel, de moyen financier et surtout
d’activités rémunératrices. Badini Seydou, un PDI venu de Djibo affirme : « je n’ai rien
apporté. Je suis jardinier, ici je n’ai pas eu terrain pour le faire, je cherche du travail mais
rien ». « Pour subvenir à mes besoins, moi et mes enfants rassemblons des graviers aux bords
des voies pour les revendre » se prononce Kodgbéogo Lizèta une PDI plus, ils sont confrontés
aux problèmes d’acquisitions des vivres distribués par l’Etat et les partenaires. En effet pour
en avoir cela prend souvent des jours. Ouédraogo Zara dans son intervention dit : « je suis
arrivée à OHG il y a huit mois, à chaque qu’il y a vivres à nous distribués je passe souvent
deux à trois jours avant d’être servi »
Toutes ces personnes finissent au terme de cette première question en concluant que
leurs difficultés ont un lien étroit avec la faible intégration des EDI à l’école.
Ces entretiens se sont focalisés sur les difficultés vécues par les parents des EDI, de
l’accès à l’école par les EDI, de l’insuffisance des infrastructures éducatives formelles et des
relations d’apprentissage enseignants/élèves.
Tous les EDI interrogés sur la base notre échantillon choisi nous disent que leurs
parents dans la ville de Ouahigouya ont des difficultés. En effet, ils n’ont pas de logements
pour tous les membres de la famille, il n’y a pas à manger et ils n’ont pas aussi d’argent.
Aussi, il est difficile à nos mamans d’avoir de l’eau et le bois pour la cuisson des repas. A
propos de l’accès à l’eau potable Ouarma Neimatou de la classe de CE2 nous confie que : « il
n’y a pas d’eau sur notre site à Gourga, une citerne nous ravitaille chaque trois jours. Nous
50

�faisons le rang et j’aide ma mère pour l’obtenir ». Un autre EDI, Ouermi Loukmane classe
CM1 ajoute que : « mes parents achètent le mil et le maïs pour nous nourrir car ayant tout
abandonné à Koumbri. Chacun mange peu et puis c’est tout. Le grand problème est qu’il n’y a
pas d’eau ici » En plus de ces difficultés, les parents des EDI n’ont pas d’activités dans cette
ville, ils ne comptent que sur l’aide du gouvernement.

II. Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de
Ouahigouya

Tableau 8 : Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya
Facteurs liés
Enseignants
Directeurs
Pourcentage Total
aux
Pourcentage
infrastructures
nombre
49
81,66%
08
80%
81 ,42%
Source : enquête réalisée dans le cadre de notre étude

Graphique 3 : Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya

50%
Directeur

5

81,66%
Eseignants

49

0

10

20

30

Pourcentage

Effectif

40

50

Source : enquête de terrain du 20 au 30 aout 2022

Ce second diagramme nous montre que sur les 60 enseignants enquêtés, 49 estiment que les
infrastructures éducatives sont en nombre insuffisant ; soit un taux de 81,66%. Quant aux
directeurs d’école, 5 d’entre eux affirment l’insuffisance des infrastructures éducatives
formelles dans la commune donnant ainsi un taux de 50%. C’est donc au regard de tout cela
qu’estimons que la mobilisation dans la réalisation des infrastructures éducatives pourrait
faciliter l’intégration des EDI.
51

�Quant au questionnaire de savoir si l’insuffisance des infrastructures éducatives est un
facteur explicatif de la faible intégration des EDI ,57 enseignants ont répondu à l’affirmative
donnant ainsi un pourcentage de 81,42%.
Répondant à la question sur le nombre d’infrastructures, les CCEB indiquent que la
commune manque d’assez de classes pour faire face aux besoins .Pour illustrer leurs propos le
CCEB de OHG I a fait savoir que l’Etat et les partenaires abattent un grand travail sur le
terrain mais le besoin demeure crucial car dans deux des écoles de la CEB (Togzague A et B ,
et Siguin-vousse A) les effectifs dépassent mille deux-cent par école avec souvent plus de
cent quarante élèves dans certaines classes. Selon le CCEB de OHG II, des infrastructures
éducatives est à relativiser car au sein de sa CEB il existe des écoles situées en centre villes
qui ont peu d’effectif. La demande des classes se situe un peu dans la périphérie de la ville
hors nous n’avons pas l’espace pour dresser les ETA.
Se pensant sur la question sur la disponibilité en nombre suffisant d’infrastructures
éducatives de la commune, le responsable à l’éducation nous a confié qu’il manque
énormément de classes pour faire face aux besoins d’inscriptions des élèves. Il déclare que
bien avant la crise sécuritaire il leur manquait beaucoup de classes et cette situation est venue
plongée la commune dans un immense besoin d’école. A certains endroits des élèves sont
assis par terre face directement au tableau ; et de surcroit sans kits scolaires ajoute-t-il.
A la seconde question madame Doulkom, responsable humanitaire dans la direction
provinciale l’Action humanitaire de OHG affirme qu’effectivement la commune manque
d’écoles pour accueillir tous les EDI. C’est cette insuffisance affecte les conditions
d’apprentissage dans les classes.
Abordant la deuxième question, il nous fait savoir que la commune ne dispose pas
suffisamment d’infrastructures pour accueillir tous les élèves. Nous avions besoin de cent
vingt-trois (123) Espace Temporaire d’Apprentissage (ETA) mais nous avons reçu seulement
(cinq) 05 pour cette multitude d’EDI. Les ONG promettent des réalisations de salles de
classes mais cela reste toujours dans l’attente.
Abordant la disponibles en nombre suffisant des établissements scolaires, la grande
majorité des PDI déclarent qu’il manque de classes pour inscrire les enfants. A ce propos un
PDI, a dit : « j’ai été dans plusieurs écoles pour inscrire mes enfants mais les classes

52

�débordent d’élèves. Finalement ils ont été reçus à OUFRE B où ils sont sous un ETA, ce n’est
pas facile »
Quant à la question sur les possibilités d’accès à l’école, les avis des EDI sont
partagés : d’aucuns estiment que leurs parents leurs ont inscrit facilement car ils étaient les
premiers déplacés, d’autres par contre racontent qu’il est très difficile d’avoir une école pour
s’inscrire. La- dessus plusieurs autres élèves sur le site d’accueil de Gourga et Gondologo
disent ne pas être inscrits car ils sont venus en cours d’année scolaire.

III. Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants
Tableau 9 : Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants
Facteurs liés Enseignants
Pourcentage Directeurs
Pourcentage
aux
d’école
approches
pédagogiques
Nombre
49
81,66%
05
50%
Source : enquête réalisée du 20 au 30 aout 2022

Total

77 ,14%

Graphique 4 : Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignant

50%
Directeur

5

81,66%
Eseignants
49

0

10

20
Pourcentage

30

40

50

Effectif

Dans ce diagramme, nous avons les renseignements sur les approches pédagogues
utilisés. Ainsi sur le nombre d’enseignants enquêtés, sur les approches pédagogiques utilisées
81,66% estiment que les approches utilisées actuellement ne favorisent pas l’intégration des
EDI. Les Directeurs d’école reconnaissent qu’il existe des insuffisances dans les approches
pédagogiques utilisées. Au regard de tous ces éléments nous estimons qu’il y a nécessité de
former les enseignants sur les approches intégrant les situations d’urgences pour faciliter
l’intégration des EDI dans les structures éducatives.

53

�Le questionnaire administré aux enseignants et aux directeurs d’école, fait ressortir
également que la majorité de ceux-ci reconnaissent manquer de compétences pour un meilleur
accompagnement des EDI en matière d’enseignement/apprentissage d’où un taux de 77,14%.
Quant à la question de savoir si les enseignants disposent de compétences pour
faciliter l’intégration des EDI, les CCEB répondent à l’affirmative, mais estiment que d’autres
formations sont plus que nécessaires pour ces derniers dans les situations d’urgences. En effet,
une infime partie de leurs personnels enseignants a été formée dans la prise en charges EDI
dans les classes par les ONG SAFE SCHOOL et EDUCO. En somme pour les deux CCEB,
les PDI éprouvent des difficultés qui leur contraignent à ne pas accompagner leurs enfants
dans les écoles qui, d’ailleurs manquent de places et surtout avec des enseignants qui ont
besoin d’être outillés.
Traitant de la compétence enseignante à faciliter l’intégration des EDI dans les écoles
de la commune, le responsable chargé des questions éducatives et de la culturelles de la
Mairie de OHG estime qu’à son humble avis même si ces derniers sont compétents il leur est
très difficiles de résoudre la situation d’apprentissage des élèves. En effet, pour ce
responsable, avec l’arrivée de ces vagues différentes d’EDI, la situation classe change dans
tout son fonctionnement : certains ayant un cursus non perturbé, d’autres ayant été perturbés
et ayant souvent vécus des scènes d’exactions des groupes terroristes etc. Pour toutes ces
raisons, il conclut en disant « qu’ils doivent aborder d’autres modules ».
Répondant à la question portant sur les compétences pédagogiques des enseignants,
madame Doulkoum pense que ces derniers font de leurs mieux pour assurer une éducation à
des classes cosmopolites. Elle estime que pour éduquer efficacement dans les situations
d’urgences les enseignants doivent se doter de connaissances en rapport avec ces situations
diverses.
Se prononçant sur les compétences des enseignants à faciliter l’intégration de ces
EDI, le Directeur provincial en charge de l’éducation estiment que ces derniers ont besoins de
formation à plusieurs niveaux : en psychologie, aux approches pédagogiques sur la pédagogie
différentielle, celle du groupe et celle inclusive.
A la question de savoir si les enseignants sont-ils en mesure de faciliter l’intégration
des EDI, plusieurs intervenants estiment que ces derniers font de leur possible ; mais qu’en
réalité il leur est difficile de mener une bonne éducation dans cette situation. D’après Soro

54

�Salimata : « les enseignants n’ont pas trop de capacités pour enseigner ce grand nombre dans
la classe ; dans celle de mon enfant il y a 120 élèves »
En sommes l’entretien réalisé avec les PDI, nous a renseigné que les déplacés vivent
des situations difficiles qui ne favorisent pas l’intégration de leurs enfants à l’école et que tout
cela est accentué par l’insuffisance des infrastructures éducatives et l’insuffisance
d’approches pédagogiques.
Quant à la question de savoir si les EDI sont bien traités par les enseignants qui les
accueillent dans les classes, ceux qui ont repris les cours disent être à l’aise avec les
enseignants. L’entretien a fait ressortir que les élèves sont bien accueillis, ils partagent un
climat pédagogique intéressant avec les co-apprenants non EDI. Quelques élèves seulement
disent être dans la peur même quand ils sont classe. En effet, les bruits de la ville, les
détonations liées à certaines activités de la ville sèment la panique souvent dans leurs esprits.
De tout ce qui est ressorti de ces entretiens nous convainc à dire que les PDI sont bien traités
dans le processus enseignement/apprentissage.

IV. Vérification des hypothèses
Il s’agit dans cette rubrique de voir comment nos hypothèses se comportent par
rapport aux données recueillies sur le terrain et les analysées. En rappel, l’hypothèse
principale de cette étude est : L’inadéquation de la prise en charge des déplacés, le manque
d’infrastructures éducatives et le manque d’approches pédagogiques sont causes de la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya.
De celle-ci découlent trois hypothèses secondaires qui sont :

Hypothèse n°1 :
L’insuffisance de prise en charge adéquate des personnes déplacées internes ne
favorise pas l’intégration de leurs enfants dans les structures éducatives formelles.
Hypothèse n°2 :
La faible intégration des élèves déplacés internes dans les structures éducatives a un
lien avec le nombre d’infrastructures éducatives formelles.
Hypothèse n°3 :
Le manque d’approches pédagogiques est cause de la faible intégration des EDI dans
les structures éducatives formelles.

55

�IV.1. Relation entre les données et la première hypothèse secondaire.
Il ressort des résultats du questionnaire que 59 des 70 enseignants enquêtés, soit
84,28% reconnaissent qu’il existe des insuffisances dans la prise en charges des PDI dans la
ville de Ouahigouya. Les enquêtés reconnaissent que les difficultés que vivent les parents des
EDI sont les causes de l’insuffisance de de la prise en charge adéquate.
Pour ce qui est des entretiens, toutes les personnes interrogées sont unanimes sur le
fait qu’il y a une insuffisance de la prise en charge des PDI dans la ville d’Ouahigouya. Cette
première hypothèse est confirmée.

IV.2 Relation entre la deuxième hypothèse secondaire et les données.
Des informations obtenues à partir du questionnaire, il ressort que 60 sur 70
enseignants soit 85,70% reconnaissent qu’il manque en nombre suffisant d’infrastructures
éducatives formelles pour accueillir les EDI. Les informations recueillies des entretiens font
ressortir qu’à l’unanimité que le manque d’infrastructures éducatives traduit la faible
intégration des EDI. Cet avis est aussi partagé par toutes personnes ressources. Notre
deuxième hypothèse est confirmée.

IV.3. Relation avec la troisième hypothèse secondaire.
L’examen du tableau sur les données issues du questionnaire confirme notre opinion
selon laquelle les enseignants des classes qui accueillent les EDI ont des insuffisances en
termes d’approches pédagogiques. En effet, 54 des 70 enquêtés soit 77,14% reconnaissent que
les enseignants manquent d’approches pédagogiques efficaces pour l’intégration des EDI. Il
est ressorti également des entretiens que le personnel enseignant manque de stratégies
efficaces pour l’intégration des EDI. Seulement quelques-uns ont été outillés dans la prise en
charge des élèves en situation d’urgences. Nous disons donc que cette dernière hypothèse est
confirmée.
Les trois hypothèses secondaires étant confirmées, nous déduisons de facto que notre
hypothèse principale est confirmée et que des suggestions doivent être faites pour pallier les
difficultés liées à l’intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la
commune de Ouahigouya.
IV.4. DISCUSSION DES RESULTATS
Dans cette rubrique, il s’agira pour nous de confronter les résultats de notre recherche à ceux
d’autres études antérieures similaires que des chercheurs ont eu à réaliser. Le but est de porter
une appréciation sur la validité et les limites de notre étude par rapport à ces études

56

�antérieures. En ce qui concerne notre étude, les résultats espérés sont effectivement en
conformité avec ceux obtenus. Nos hypothèses principales et spécifiques sont confirmées.
Dans une étude de cas menée par des experts en éducation en situation d’urgence dont Jean
Claude Ndabananiye et al.(2020) qui a porté sur l’engagement et le leadership du MENAPLN
au Burkina Faso et l’objectif de l’étude est de contribuer au renforcement du leadership du
Ministère en charge de l’éducation dans la mise en place d’une offre éducative de qualité pour
tous dans le contexte de crise. Cette étude a montré qu’il existe une préparation relativement
faible du MENAPLN dans la gestion de la crise qui secoue l’éducation d’ où la faiblesse de
l’intégration d’EDI dans les structures éducatives. L’étude révèle également qu’il existe une
insuffisance dans la planification au Secrétariat Technique de l’Education en Situation
d’Urgence (ST-ESU) et ce, au niveau de la coordination et du pilotage au niveau déconcentré.
Elle soulève aussi l’insuffisance persistante des dotations en matériel, en infrastructures et
programmes adaptés à la situation d’urgence. Cette étude de cas propre à la gestion de
l’éducation en crise au MENAPLN a tiré l’alarme sur la gestion du personnel de l’éducation
dans cette crise. Pour ces auteurs les insuffisances citées sont en partie des facteurs qui
expliquent la faible intégration des EDI dans le système éducatif. Notre étude se concorde
avec cette dernière seulement nous n’avons pas analysé les facteurs administratifs et l’aspect
de gestion du personnel enseignant dans la crise comme facteurs expliquent de la faible
intégration des EDI.
En rapport toujours avec l’intégration des EDI dans la continuité éducative, nous avons fait un
lien avec le mémoire de fin d’étude de Mitibkièta OUEDRAOGO (2021), inspecteur de
l’enseignement de base dont le thème fut : « Education en situation d’urgence dans la CEB de
Pissila I au Burkina Faso : difficultés rencontrées par les écoles d’accueil des élèves déplacés
internes et perspectives. L’objectif principal de l’étude était de déceler les difficultés
rencontrées par les EDI dans le processus de la reprise des apprentissages. Il ressort de sa
recherche qu’effectivement la fermeture des établissements scolaires suites aux attaques
terroristes a entrainé la déscolarisation de plusieurs élèves et ceux ayant réussi à se réinscrire
éprouvent des difficultés pour s’intégrer. Ces difficultés sont d’ordre matériel, pédagogique et
administratif. Notre étude fait ressortir les mêmes difficultés mais met un accent particulier
sur la relation

d’intégration des PDI aux difficultés que vivent les EDI dans les

établissements d’accueil.

57

�Christophe KIENOU (2021), inspecteur de l’enseignement de base dans son mémoire de fin
d’étude : « La problématique de la gestion des classes accueillant des élèves déplacés internes
(EDI) du fait de la crise sécuritaire dans la commune de Ouahigouya. L’objet de son étude
était d’analyser les problèmes des classes accueillant des EDI. Il est donc ressorti que dans ces
classes, les enseignants sont confrontés à des difficultés environnementales du fait de
l’étroitesse des salles, de la mauvaise aération des classes, de l’insuffisance des latrines, du
manque d’eau potable et la participation faible aux apprentissages par les EDI du fait des
longues distances parcourues par jour. A cela s’ajoute au manque de compétences des
enseignants pour la prise en charge psychosociale des élèves. Notre étude également à fait
ressortir les conditions difficiles d’accueil des EDI dans les écoles, les larges effectifs et les
conditions défavorables des apprentissages. KIENOU, s’est beaucoup appesantit sur les
problèmes de la gestion de la classe, nous, nous avons voulu en sus de cet aspect faire
ressortir les facteurs tels les problèmes d’intégration des PDI à Ouahigouya, les problèmes
d’infrastructures éducatives et surtout l’ insuffisance de la formation des enseignants à gérer
des apprentissages dans ce contexte.

58

�CHAPITRE VI : LIMITES ET SUGGESTIONS
Dans ce dernier chapitre consacré à notre étude, les différentes catégories de personnes
ayant pris part à notre enquête ont eu à énumérer un certain nombre de difficultés et proposer
des tentatives de solutions. Après avoir montré les limites de notre étude et passé en revue ces
difficultés, nous ferons des suggestions pour sortir de cette situation peu reluisante.
I.

Limites
Notre étude a concerné la commune de Ouahigouya. Un rayon que nous avons estimé

peu représentatif et qui, sans doute donne une idée sur la situation globale de l’intégration des
EDI dans les structures éducatives formelles dans les villes accueillant les PDI au Burkina
Faso. Il y a des insuffisances dans notre étude en ce sens que les informations recueillies
auraient pues être plus détaillées (comparer les facteurs d’intégration des EDI, les rendements
de ces derniers par rapport aux élèves non déplacés, l’usage des grilles d’observation dans les
classes accueillant les EDI etc.) mais le temps, les moyens limités et le souci de respecter le
nombre de pages imposées ne nous ont pas permis d’enrichir d’avantage ce document.

II.

Suggestions
Dans cette rubrique, il s’agit de partir des difficultés soulevées par les enquêtés et des

résultats obtenus après analyse des données pour proposer des suggestions pour faire face aux
problèmes qui touchent notre système éducatif dans son ensemble.
II.1. Suggestions à l’endroit de l’Etat pour l’amélioration de la prise en charge des PDI
Des efforts doivent être faits par l’Etat Burkinabè pour améliorer la prise en charges
des PDI et maintenir la qualité de vie dans les villes hôtes. Ainsi, nous suggérons :
•

le regroupement des PDI dans des sites sécurisés.
En effet, il s’agit-là de déterminer des zones d’accueil qui facilitent la réalisation des
logements, de réalisation d’infrastructures socio de base (pompes à eau, écoles,
dispensaire etc.) L’installation de façon disséminée dans la ville ne permet pas aux acteurs
de secours d’urgence d’agir efficacement.

•

se rapprocher plus des déplacés internes.
Pour pouvoir apporter l’aide nécessaire dans le processus de leur intégration dans la
commune, nous proposons aux autorités de créer une proximité d’avec les PDI. Cela
implique la mise en place des structures de proximité, de veille dynamique qui enregistre
les PDI à chaque fois qu’il y a des nouveaux arrivants.

•

Accompagner suffisamment les familles des EDI

59

�Sur le plan alimentaire (en vivres) et les moyens de subsistance, nous suggérons à l’Etat
des efforts pour diminuer la vulnérabilité des familles. Aussi, la formation de ces déplacés
dans divers domaines d’activités pourrait être une source de revenus qui soulagera bon
nombre d’entre eux de la pauvreté.
•

Augmenter les capacités d’accueil des écoles.
Dans les villes d’accueil, les écoles disposent encore d’espace pour de nouvelles classes,
en construisant plus de salles de classes dans ces écoles cela permettra de réduire les
difficultés d’accès aux EDI. En effet, même si ces classes seront dans des abris
temporaires cela contribuera à inscrire plus les EDI.

•

Organiser les enseignants qui ont quitté les zones à défit sécuritaire à continuer leurs
activités dans les sites réservés aux PDI. De plus, l’Etat doit recruter des enseignants
communautaires pour encadrer les EDI qui fuyant les troubles d’insécurité viennent en
milieu d’année scolaire.

•

La prise en charge intégrale des EDI ;
Cela permettra de satisfaire les besoins alimentaires de ces derniers en vue de leur
permettre de réaliser une bonne fréquentation scolaire. En effet, nombreux sont les EDI
qui vivent séparés de leurs parents. Leurs conditions de vie sont précaires et ils n’arrivent
pas à assurer leurs besoins premiers. En plus, les familles d’accueil ne sont souvent
disposées à venir en aide à ces EDI.

•

La formation de tous les enseignants ;
La formation des enseignants s’avère plus que nécessaires car ceux font face à des
situations ponctuelles et complexes dans leurs tâches. Ainsi, ils éprouvent plusieurs
difficultés du fait des grands effectifs et du niveau faible des EDI. Ils doivent pour réussir
les apprentissages être outillés en : pédagogie de groupe, en pédagogie différenciée, en
pédagogie de l’alternance, en gestion de classes sans conflits, au tutorat, à la prise en
charge psycho-sociale des EDI…

•

L’accompagnement psychosocial dans les CEB.
Les EDI et les enseignants affectés directement par l’insécurité doivent être détectés à
temps et pris en charge par des psychologues ou par les assistants humanitaires. Une prise
en charge adéquate de ces élèves et enseignants dans les CEB permettrait de
diagnostiquer à temps les difficultés d’apprentissage liées aux facteurs psychologiques.

•

La dotation des DPEPPNF en fond d’urgence

60

�Ces fonds d’urgence permettront aux directions provinciales en charge de l’éducation
d’être présentes aux premiers moments de l’arrivée des déplacés. En effet, les EDI ont
des besoins pressants qui nécessitent une aide dans la promptitude pour éviter à ces
derniers d’être déscolarisés ; donc si les DPEPPNF disposent de fonds elles pourraient
agir efficacement.
II.2. Suggestion à l’endroit des autorités communales
La gestion des difficultés d’intégration des PDI dans la ville requiert une bonne
organisation. Les autorités communales ont donc un grand rôle à jouer. Pour ce faire, nous
leur suggérons de :
•

Octroyer des espaces aux réfugiés,
A l’arrivée des PDI, les autorités communales pourraient les accueillir et les orienter vers
des sites aménagés à cet effet. Ce geste pourrait soulager et permettrait de regrouper les
PDI chose qui faciliterait leur recensement.

•

Revoir à la hausse le budget alloué à l’éducation
Les plaintes sont fréquentes de la part des enseignants sur l’insuffisance de la
contribution des communes dans l’accompagnement des écoles. Et dépit de nombre élevé
des PDI les budgets sont restés les mêmes sur plus de quatre ans successifs. Pour cette
raison nous suggérons de revoir à la hausse les budgets communaux des villes accueillant
les PDI pour prendre en compte les EDI qui viennent souvent en milieu d’année. Cette
proposition pourrait permettre d’augmenter les salles de classes, de fournir les tablesbancs et de pourvoir au besoin de vivres pour la cantine scolaire.
II.3. Suggestions à l’endroit des ONG
Plusieurs ONG et organismes interviennent actuellement dans les régions à fort défit
sécuritaires mais souvent leurs actions ne sont pas coordonnées. Pour cela nous leur
suggérons de :
•

une organisation par domaine d’intervention

Une remarque plausible traduit la souffrance des déplacés internes malgré la multitude
des ONG sur les sites. En effet, souvent les aides se concentrent dans un domaine tel, la
dotation en matériel de couchage de cuisine, d’abris ; mais sont rares celles fournissant l’aide
alimentaire, la scolarisation des élèves déplacés, l’aide à l’accès à l’eau potable en faisant des
forages. Nous leur suggérons de se réunir en clusters, cela permettra d’analyser les problèmes
afin d’agir efficacement. De plus les ONG devraient prendre en compte les besoins réels des

61

�écoles. A cet effet devraient collaborer directement avec les acteurs directs de l’éducation et
surtout évité de transporter des projets tout qui ne répondent pas aux besoins des EDI et
enseignants.
•

-étendre la couverture des interventions à toutes les écoles
Dans la même ville, il arrive que des écoles ayant des difficultés liées à l’intégration

des EDI, qu’on choisisse d’intervenir dans l’une laissant l’autre. Nous suggérons d’étendre
l’aide, la formation et les secours d’urgence et surtout quand cela concerne les vivres et les
fournitures scolaires dans le contexte d’insécurité à toutes les écoles de la commune. Nous
estimons que cela pourrait permettre aux différents acteurs d’être prêts et d’agir quand le
besoin se fera sentir.

62

�CONCLUSION
Le Burkina Faso, à l’instar des autres pays de la zone sahélo-sahélienne, est la cible de
nombreuses attaques terroristes faisant des milliers de déplacés internes des campagnes vers
les grandes villes. Cette situation a entrainé de façon drastique la déscolarisation de milliers
d’élèves venant des zones les plus touchées. Cependant, nous savons qu’aucun pays ne peut
prétendre au développement durable sans une éducation de qualité en témoignent les efforts
colossaux engagés par plusieurs Etats. Dans la perspective d’apporter une réponse adéquate à
la continuité éducative des élèves le gouvernement Burkinabè par son Ministère de
l’Education Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales
(MENAPLN) a instruit ses structures déconcentrées de recevoir sans condition tout élève
déplacé interne (EDI) d’ où qu’il vienne. Cette mesure aussitôt respectée sera vite contrastée
par le manque d’infrastructures éducatives conduisant à des effectifs très larges dans les
classes d’accueil, à un manque de kits scolaires, de cantine scolaire et surtout par
l’insuffisance formation spécifique à même de faciliter l’intégration des EDI dans le système
éducatif. Dans cette étude, nous avons voulu analyser les facteurs qui expliquent la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya.
Pour ce faire, nous avons fondé notre recherche sur la principale question suivante : « la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya
est-elle due à l’insuffisance de la prise en charge des PDI, à l’insuffisance des infrastructures
éducatives et à l’insuffisance d’approches pédagogiques ? » En vue d’apporter une réponse
appropriée nous avons formulé des hypothèses dont la principale est : « L’inadéquation de la
prise en charge des déplacés, le manque d’infrastructures éducatives et le manque d’approches
pédagogiques sont causes de la faible intégration des EDI dans les structures éducatives ».
Pour mener à bien et à terme notre étude, nous avons d’abord parcouru des
ouvrages relatifs à notre thème de recherche afin de mieux le cerner. Ce sont essentiellement
des ouvrages généraux, des mémoires, des rapports et articles et des textes juridiques. Nous
avons eu recours également à internet. Plusieurs théories de références ont servi ensuite de
bases fondamentales à notre recherche dont la théorie des besoins de A. Maslow, la théorie du
socioconstructivisme et la théorie de la pédagogie différenciée. Notre présente recherche s est
adossée à la théorie des besoins de A. Maslow. Enfin, nous sommes passés par des
questionnaires et des guides d’entretien pour collecter les données auprès de la population
cible à savoir les EDI, les PDI, les Enseignants et les personnes ressources.

63

�Ainsi dans l’analyse des données recueillies, nous avons pu comprendre que les
difficultés d’intégration des EDI sont directement liées à celles même des PDI, de
l’insuffisance des infrastructures éducatives et de nouveaux dynamismes pédagogiques
adaptés aux situations d’urgence. Cependant, bien que nos hypothèses formulées aient été
vérifiées, nous retenons que notre recherche sur la question d’intégration des EDI comporte
des limites. En effet, la complexité de la crise, la rareté des écrits sur la question et le contexte
socio-politique que traverse notre pays n’ont pas permis de toucher tous les contours du
problème.
Au regard de ces nombreuses difficultés, nous avons formulé des suggestions à
l’endroit de l’Etat, de la Mairie de Ouahigouya, aux partenaires et ONG intervenant dans le
domaine de l’humanitaire. Au terme de cette investigation, nous pensons que plusieurs
champs d’investigations en rapport avec l’intégration des EDI peuvent être explorés. Il s’agit
de réfléchir sur le large accès à une éducation de base de qualité dans nos institutions scolaires
en temps de crises sociales d’une part et d’investiguer d’autre part sur les approches
pédagogiques intégrées dans les situations d’intégration des EDI pour éliminer les obstacles
structurels qui tiennent les enfants à l’écart de l’école.

64

�BIBLIOGRAPHIE
I.OUVRAGES GENERAUX
•

Didier ROCHE (2007) : Rédiger et soutenir un mémoire avec succès, Paris : Eryolles,
108 pages

•

Jean M. ELA(1971) : le cri de l’homme africain

•

Margaret SINCLAIR (2003) : Planifier l’éducation en situation d’urgence et de
reconstruction

•

R. QUIVY et L. V CAMPENHOUDT (2018) : Manuel de Recherches en Sciences
Sociales

•

A. H.MASLOW

(1943) : « théorie de la motivation humaine », Psychosocial

Review, 50.
•

Philip H. COOMBS(1968) : La crise mondiale de l’éducation

•

Philippe MEIRIEU (1985) :L’école, d’emploi, des méthodes actives à la pédagogie
différenciée, ESF, p156.)122 Recherche et formation

II.MEMOIRES
•

Arouna KIEMTORE (2019), « Analyse de la dimension genre dans la réponse
humanitaire face à l’afflux de personnes déplacées internes au Burkina Faso »
mémoire pour l’obtention du master2, Institut 2iE.

•

Mitibkièta OUEDRAOGO (2021) : « Education en situation d’urgence dans la CEB
de Pissila I au Burkina Faso : difficultés rencontrées par les écoles d’accueil des
élèves déplacés internes et perspectives ».

•

Salifou BAGA (2018), « Transfert des acquis scolaires en sciences de la vie et de la
terre par les élèves à la fin de l’enseignement post-primaire général : cas du lycée
Philippes Zinda KABORE », mémoire de fin de cycle à l ENAM

•

Christophe KIENOU (2021) : La problématique de la gestion des classes accueillant
des élèves déplacés internes (EDI) du fait de la crise sécuritaire dans la commune de
Ouahigouya ; mémoire de fin de formation IEPENF/ENSK

•

Sayouba SAWADOGO (2014) : « le phénomène de l’inexécution des tâches
pédagogiques ». : mémoire IEPD/ ENS-UK

ix

�•

Daurelles MAGALI,( 2007) : Le droit à l’éducation pour tous face au temps de
l’urgence/ mémoire de Mastzer2 « Droits de l’homme » Département de droit et
sciences politiques/université de Lyon II Lumière.

III RAPPORTS et ARTICLES
•

INEE (2009) : L’éducation dans les situations d’urgence : inclure tout le monde (
p49), guide poche de sur l’éducation inclusive.

•

Chelpi-den Hamer MAGALI et al. (2010 /n°54 :p3 à 22) : Education et conflits, les
enjeux de l’offre éducative en situation de crise.

•

MENAPLN: Plan d’urgence pour l’Education au Burkina (2020-2021 :9-32)

•

MENAPLN : stratégies nationales de scolarisation des élèves des zones à forts défis
sécuritaires au Burkina Faso (SSEZDS), 2019-2024, Burkina Faso

•

Jean Claude Ndabananinye et al. (2020): Education en situation d’urgence :
engagement et leadership du MENAPLN au Burkina Faso (étude de cas réalisé entre
2019 à 2021)

•

Rapport UNESCO 1er septembre (2022)

•

MENAPLN/ESU (2021 :6) : SITREP n°3 du cluster Education du 21 juillet

•

Rapport mondial de suivi sur l’éducation, (2016 :5 ) : document de réference26

•

Rapport mondial de suivi pour l’EPT (2009) : vaincre l’inégalité, l’importance de la
gouvernance (2009 :28)

•

Paul PASQUALI» (2010/3 n°183/pages86 à 105): les déplacés de l « ouverture
sociale »

•

Stratégie du UNHCR (2019) : Education des refugiés 2030 : Stratégies pour
l’inclusion des refugiés.

•

Réunion du Groupe de Pilotage du GP20» (juin 2017) : Déplacement interne au sein de
la ville: Prévention, Protection et Solutions « Les communes urbaines à l’épreuve de
la Prévention et la gestion des personnes déplacées internes au Burkina Faso

IV TEXTES LEGISLATIFS
•

La loi 013-2007 /AN Portant loi d’orientation de l’éducation au Burkina Faso en date
du 30 novembre 2007.

•

La DUDH l’article 26.2

•

Recueil d’instructions juridiques de l’éducation de base MEBA (2007 : 46).

x

�•

Circulaire

n°2019-234/MENAPLN/RND/DREPPNF/DPEPPNF/YTG

du

30

septembre 2019 portant scolarisation des enfants des populations déplacées internes.
V SITES INTERNET CONSULTES
✓ https://www.UNHCR.org/fr/protection, consulté le 25juin 2022
✓ https://www.cndhbf.protection, consulté 18juillet2022
✓ https:// www.unicef.org/Ukraine–plus-de-la-moiti-des-enfants consulté le 10 aout
2022
✓ https://www.un.org/french/millenniumgoals, consulté le 2juin 2022
✓ https:// www.studioyafa.org/minima:consulté le 30 juillet 2022
✓ https://www.universalis.fr: consulté le 8 octobre 2022

xi

�ANNEXES

xii

�Proposition d’outils de collecte de données
Questionnaire adressé aux enseignants et aux Directeurs d’écoles
Madame, Monsieur,
Dans le cadre de mes études en Master professionnel en Planification et Gestion des
Structures Educatives (PGSE) de l’Université Thomas Sankara, je dois produire un mémoire
qui est une exigence de l’université. Pour répondre à cette exigence, j’ai choisi de réfléchir sur
le sujet : « les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes
(EDI) dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya » Cette
étude nécessite la collecte de données auprès d’acteurs divers. C’est pourquoi je vous soumets
le présent questionnaire. Tout en vous remerciant pour votre disponibilité, je vous assure de la
confidentialité et l’anonymat des informations que vous me fournirez
1-Les familles des (EDI) ne sont pas suffisamment prises en charge dans les milieux
d’accueil.
Oui

non
.
*
2-Si oui *, peut-on affirmer que cette insuffisance de prise en charge entrave –t-elle la bonne
intégration
* des EDI dans les structures éducatives formelles de Ouahigouya ?.
*
Oui
non
*
3-La faible intégration des EDI dans notre système éducatif est-elle due à l’insuffisance
d’établissements scolaires ?
Oui

non

4-La faible intégration de nos EDI dans nos écoles s explique –t- elle par le manque de
formation des enseignants pour y faire face à la situation ?
Oui

non

5- Quelles solutions proposez-vous pour une bonne intégration des EDI dans nos structures
éducatives ?

xiii

�…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
Guide d’entretien à l’endroit des élèves déplacés internes (EDI)
1-Vos familles rencontrent- elles des difficultés depuis leur arrivée à Ouahigouya ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
2- Connaissez-vous des élèves qui ont abandonné l’école suite à ces difficultés ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
3-Est – il toujours facile d’avoir la place pour continuer les études quand on arrive en ville
après les rentrées des classes ? Connaissez-vous des élèves qui n’ont pas pu s’inscrire par
manque de places ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
4-Est-ce que vous vous sentez à l’aise avec vos maitres ? Vous traitent-ils bien ? Vous
comprennent-ils ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
5-Que pensez-vous qu’on puisse faire pour que les EDI intègrent tous les écoles et y
travaillent pour la réussite ?
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………….

xiv

�…………………………………………………………………………………………………
Guide d’entretien à l’endroit des parents
1-Etes-vous satisfaits de l’accueil et du sort qui vous a été réservé à votre arrivée en ville ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
2-L’Etat dispose-t-il suffisamment d’infrastructures éducatives pour accueil nos EDI ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
3-Pensez-vous que les enseignants sont suffisamment efficaces face aux phénomènes des
EDI ?
………………………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
4-Que proposez-vous pour la bonne intégration des EDI et leur réussite dans les études ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
Guide d’entretien à l’endroit des CCEB de Ouahigouya 1 et 2
Dans le cadre de mes études en Master professionnel en Planification et Gestion des
Structures Educatives (PGSE) de l’Université Thomas Sankara, je dois produire un mémoire
qui est une exigence de l’université. Pour répondre à cette exigence, j’ai choisi de réfléchir sur
le sujet : « les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes
(EDI) dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya » Cette
étude nécessite la collecte de données auprès d’acteurs divers. C’est pourquoi je vous soumets
le présent questionnaire. Tout en vous remerciant pour votre disponibilité, je vous assure de la
confidentialité et l’anonymat des informations que vous me fournirez

xv

�1- Faut-il se satisfaire de l’intégration des personnes déplacées internes (PDI) dans la
commune ? Quel lien établir entre cette situation et l’intégration des EDI dans les
écoles ?
.............................................................................................................................
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
2-La commune ou votre circonscription disposent- elle suffisamment d’infrastructures
pour combler le manque ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
3-Vos enseignants sont-ils suffisamment outillés pour un accompagnement efficace
des EDI ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………..
4-Quelles suggestions faites-vous pour résoudre efficacement le problème de
l’intégration des EDI ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………….....

Guide d’entretien à l’endroit du Maire de la commune
Dans le cadre de mes études en Master professionnel en Planification et Gestion des
Structures Educatives (PGSE) de l’Université Thomas Sankara, je dois produire un mémoire
qui est une exigence de l’université. Pour répondre à cette exigence, j’ai choisi de réfléchir sur
le sujet : « les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes
(EDI) dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya » Cette
étude nécessite la collecte de données auprès d’acteurs divers. C’est pourquoi je vous soumets
le présent questionnaire. Tout en vous remerciant pour votre disponibilité, je vous assure de la
confidentialité et l’anonymat des informations que vous me fournirez

xvi

�1- Faut-il se satisfaire de l’intégration des personnes déplacées internes (PDI) dans la
commune ? Quel lien établir entre cette situation et l’intégration des EDI dans les
écoles ?........................................................................................................................
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
2-Votre commune dispose-t- elle suffisamment d’infrastructures pour combler le
manque ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
3-Estimez-vous que les enseignants de votre communes sont assez bien formés
pour relever le défi ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
4-Que peut-on proposer pour surmonter ces difficultés ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………….
Guide d’entretien adressé au Directeur provincial de l’action sociale, de la
solidarité et de l’action humanitaire du Yatenga
1-Faut-il se satisfaire de l’intégration des familles des EDI ? Quel lien établissezvous entre cette situation et l’intégration des EDI dans les établissements dans la
commune ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………..
2-Y-a-t-il suffisamment d’infrastructures scolaires pour satisfaire les demandes de
places des EDI ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
xvii

�3-Au regard de la situation qui prévaut dans notre commune, pensez-vous qu’il y a
des modules émergents à faire exploiter pour renforcer les capacités des
enseignants ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………

4-Quelles recommandations faites-vous pour une bonne intégration des EDI dans
les structures éducatives de la commune ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………

xviii

�TABLE DES MATIRES
DEDICACE ................................................................................................................................ ii
SOMMAIRE ............................................................................................................................... i
REMERCIEMENTS .................................................................................................................. ii
SIGLES et ABREVIATIONS ................................................................................................... iv
LISTE DES TABLEAUX .......................................................................................................... v
LISTE DES FIGURES ET GRAPHIQUES .............................................................................. vi
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 1
PREMIERE PARTIE : ............................................................................................................... 3
APPROCHE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE .......................................................... 3
CHAPITRE I : IDENDIFICATION DU PROBLEME ET OBJECTIF DE LA RECHERCHE4
I-Analyse de la situation de l’éducation au Burkina Faso .......................................................... 4
I.1 Brève analyse du système éducatif burkinabè dans un contexte d’insécurité ................... 4
I.2-Contexte des crises et enjeux de l’éducation .................................................................... 5
I.3 Les difficultés des élèves déplacés internes dans la commune Ouahigouya ..................... 6
I.4-Enoncé du problème ....................................................................................................... 10
I.5-Justification du choix du thème ...................................................................................... 11
I.5.1-Pertinence scientifique ............................................................................................. 11
I.5.2- Pertinence sociale .................................................................................................... 12
I.6-Les objectifs de la recherche ........................................................................................... 14
I.6.1-objectif principal ...................................................................................................... 15
I.6-2 Les objectifs spécifiques : ........................................................................................ 15
CHAPITRE II : CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE ............................................. 16
I.

La revue de la littérature ................................................................................................... 16
I.1 De l’effectivité des élèves exclus du système éducatif ................................................... 16
I.2 De l’attaque contre l’éducation : la fermeture des établissements scolaires ................... 17
I.3 Les facteurs explicatifs des difficultés d’intégration des PDI ......................................... 20
I.4 De la sauvegarde de l’éducation pendant les situations d’urgence complexes ............... 22

II- Le cadre de référence théorique .......................................................................................... 24
II.1. La théorie de la motivation selon la théorie des besoins de A. Maslow ....................... 24
II.2 Les besoins physiologiques............................................................................................ 24
II.3 Les besoins de sécurité................................................................................................... 25
II.4 Les besoin d’appartenance. ............................................................................................ 25

xix

�II.5 Les besoins d’estime. ..................................................................................................... 25
II.6. Les besoins d’auto-accompagnement. .......................................................................... 25
II.6.1 De la théorie du socioconstructivisme..................................................................... 26
II.6.2 La théorie de la pédagogie différenciée .................................................................. 27
II.6.3. Raison du choix des théories .................................................................................. 28
II.6.4 Le cadre conceptuel ................................................................................................. 30
III- Questions, Hypothèses et indicateurs de vérification ........................................................ 31
III-1--Les questions de la recherche ..................................................................................... 31
III-2-Les hypothèses ............................................................................................................. 32
CHAPITRE III : METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE ................................................. 34
I-Population d’étude et échantillonnage ................................................................................... 34
II-Population cible .................................................................................................................... 34
II.1 Les élèves et leurs parents.............................................................................................. 34
II.2 Les enseignants et les directeurs d’écoles ...................................................................... 35
II.3 Les Chefs de Circonscription d’Education de Base (CCEB) ......................................... 35
II.4 Le Maire ......................................................................................................................... 35
II.5 Le Directeur provincial de la solidarité et de l’action humanitaire du Yatenga ............ 35
III- L’échantillonnage .............................................................................................................. 36
III.1. La présentation et la validation des outils de collecte des données ............................. 39
Pour la validation des outils, nous avons fait recours au technique pré-test et du jugement.
En effet le pré-test à consister à soumettre un spécimen de nos différents outils à une
catégorie de personnes. Ainsi, le questionnaire adressé aux enseignants et aux directeurs
d’école a été testés dans les écoles, précisément de la ville de Ouahigouya. Cet examen
nous a permis de corriger les imperfections. Pour les opinions nous avons recueillis les
jugements de trois inspecteurs de l’éducation de base, le Coordonnateur de l’association
AAAE et par trois inspecteurs de la Direction provinciale en charge de l’éducation dans
le Yatenga

pour la finalisation de tous les outils. C’est à l’issu de la

validation des instruments de collecte que notre enquête sur le terrain a débuté le 19
juillet pour s’achever le 17 aout 2022.Quant à l’administration des instruments, nous
avons avec l’accord des Directeurs distribué le questionnaire dans chacune des écoles
retenues pour l’étude. Pour les personnes concernées par l’entretien, nous avons fait
connaitre à l’avance ce guide puis après un rendez-vous nous sommes passés pour
l’entretien. ......................................................................................................................... 40
III.1.3 Construction d’un plan d’analyse des données ...................................................... 40
xx

�III.1.4 Outils de traitement et d’analyse des données ....................................................... 41
III.2. Difficultés rencontrées au cours de la recherche ......................................................... 41
DEUXIEME PARTIE : RESULTATS DE LA RECHERCHE ............................................... 43
CHAPITRE

IV :

PRESENTATION,

ANALYSE

ET

INTERPRETATION

DES

RESULTATS. .......................................................................................................................... 44
II. Analyse et interprétation des résultats. ................................................................................ 45
I.1.Les données relatives à l’état des lieux. .......................................................................... 45
I.2. Les données issues du questionnaire. ............................................................................. 45
I.3.Facteur lié à la prise en charge des personnes déplacées internes (PDI) ........................ 47
II. Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya .................. 51
III. Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants ............................................... 53
IV. Vérification des hypothèses ............................................................................................... 55
IV.1. Relation entre les données et la première hypothèse secondaire. ................................ 56
IV.2 Relation entre la deuxième hypothèse secondaire et les données. ............................... 56
IV.3. Relation avec la troisième hypothèse secondaire. ....................................................... 56
I.
II.

Limites ....................................................................................................................... 59
Suggestions ................................................................................................................ 59

II.1. Suggestions à l’endroit de l’Etat. .............................................................................. 59
II.2. Suggestion à l’endroit des autorités communales ..................................................... 61
II.3. Suggestions à l’endroit des ONG .............................................................................. 61
CONCLUSION ........................................................................................................................ 63
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................... ix
ANNEXES ............................................................................................................................... xii
TABLE DES MATIRES ......................................................................................................... xix

xxi

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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>La collection Éducation et formation (EF) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières éducation et formation.</text>
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                <text>Les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya au Burkina Faso</text>
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