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                  <text>MINISTÈRE DE
L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
DE LA RECHERCHE ET DE
L’INNOVATION (MESRSI)
-----------------------------------------------

BURKINA FASO
--------------------------------------La Patrie ou la Mort, nous
Vaincrons

Université Thomas SANKARA (UTS)
----------------------------------------------INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE A DISTANCE (IFOAD)
-----------------------------------------------

MEMOIRE DE FIN DE CYCLE

Pour l’obtention du Master Professionnel en Développement Local et Gestion des
Collectivités Territoriales (M2-DEVLOG)
Promotion 2020-2021

THEME :

Analyse de l’effet de la gouvernance sur l’Exploitation
Minière artisanale (EMA) au Burkina Faso : cas des
communes de Dano et de Méguet.

Présenté et soutenu publiquement par :
TCHIOMBIANO/YARA Jeannine Aïcha

Directrice de Mémoire :
Dr Adeline COULIBALY
Maitre Assistant
Université Thomas Sankara
Mars 2025

Mémoire de Master 2 en DEVLOG

�DÉDICACE

A ma famille

ii

�REMERCIEMENTS
La réalisation de ce mémoire a été possible grâce au concours de plusieurs personnes à qui
je voudrais témoigner toute ma gratitude. Je voudrais commencer par adresser toute ma
reconnaissance à ma Directrice de mémoire, Dr Adeline COULIBALY, enseignante à
l’Université Thomas Sankara de Ouagadougou. Sa disponibilité, sa bienveillance, sa
rigueur académique et ses conseils avisés ont grandement enrichi la qualité de ce travail.
Mes remerciements vont également toute l’équipe de l’Institut de Formation à Distance
(IFOAD) de l’Université Thomas SANKARA (UTS) et des intervenants professionnels
responsables de ma formation, pour avoir assuré la partie théorique de celle-ci.
Mes remerciements chaleureux au Bureau de coopération Suisse à Ouagadougou pour
l’appui financier et pour m’avoir permis d’allier travail professionnel et recherche pour la
réalisation de ce mémoire.
Mes remerciements et encouragements s’adressent aussi aux acteurs du secteur minier
artisanal du Burkina Faso et plus particulièrement ceux des communes de Meguet et Dano,
pour leur collaboration sans faille pendant ma collecte des données.
Je tiens également à remercier les mandataires du projet « orpaillage Responsable »,
Wilfried Lompo, Kabré Saïdou et Klèna Traoré qui ont enrichi mes réflexions et facilité la
collecte des données.
Enfin, je souhaite exprimer ma profonde gratitude à ma famille, mes amis, Dr ZONGO
Tongnoma, SEGDA Catherine et à toutes les personnes qui m'ont d’une façon ou d’une
autre apporté leur appui.

iii

�SOMMAIRE
DÉDICACE ........................................................................................................................ ii
REMERCIEMENTS .......................................................................................................... iii
LISTE DES TABLEAUX................................................................................................... v
LISTE DES FIGURES ....................................................................................................... v
LISTE DES PHOTOS......................................................................................................... v
SIGLES ET ABRÉVIATION ........................................................................................... vii
INTRODUCTION GENERALE ........................................................................................ 1
CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LITTERATURE .................... 7
I.

CADRE CONCEPTUEL ............................................................................................. 7

II. LA REVUE DE LITTERATURE ............................................................................. 10
CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE DE RECHERCHE .... 17
I. LE CADRE DE L’ETUDE............................................................................................ 17
II. LES APPROCHES METHODOLOGIQUES .............................................................. 26
CHAPITRE III : PRESENTATION DES RESULTATS ET ANALYSES ..................... 31
I. LA PRESENTATION DES DONNEES RECUEILLIES............................................. 31
II. L’ANALYSE DES DONNEES ................................................................................... 35
CONCLUSION GENERALE ........................................................................................... 43
BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................ 47
ANNEXES ........................................................................................................................ 51
TABLE DES MATIERES ................................................................................................ 53

iv

�LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Les acteurs et leurs rôles ........................................................................................... 21

Tableau 2 : Analyse des Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces de l’EMA……….35
Tableau 3 : Appréciation des orpailleurs sur les équipements promus par le projet « or
propre »......................................................................................................................................... 41

LISTE DES FIGURES
Figure 1: Ancienneté des artisans miniers enquêtés dans les deux sites de Dano et de
Méguet .............................................................................................................................. 31
Figure 2 : Appréciation des formes de pratiques dans l'activité minière artisanale .......... 32
Figure 3 : Répartition des types de produits chimiques utilisés par les artisans miniers dans
le traitement du minerai .................................................................................................... 33
LISTE DES PHOTOS
Photo 1: Site minier artisanal de Dano ............................................................................. 16
Photo 2 : Broyage du minerai à Meguet ........................................................................... 24
Photo 3 : Système de traitement sans mercure installé à Dano ......................................... 40

v

�RÉSUMÉ
L’Exploitation Minière Artisanale (EMA), bien que pourvoyeuse d’emploi et de revenus
pour la population Burkinabé, semble échapper aux mesures établies par la loi posant ainsi
des défis sociaux, environnementaux, sanitaires et sécuritaires. Son organisation apparaît
donc essentielle pour une exploitation plus responsable. Cette recherche vise à analyser
l’effet de la gouvernance sur l’EMA responsable, en utilisant une méthodologie mixte
combinant la recherche documentaire ainsi que des approches quantitative et qualitative
via des entretiens. Les résultats mettent en évidence les forces de l’EMA, tels que la
réduction du chômage, et le développement local, ainsi que ses faiblesses, notamment la
dégradation environnementale, les risques sanitaires et les conflits. L’analyse des modes
de gestion révèle une volonté étatique d’encadrement face à un secteur largement informel.
Les leçons tirées de deux projets ayant promu des pratiques responsables montrent qu’il
est possible de promouvoir un « or responsable », bien que l’élimination totale des produits
chimiques reste complexe. Cela souligne la nécessité pour les décideurs d’adopter des
mesures renforçant l’encadrement et le respect des droits humains et de l’environnement.
Mots clés : Exploitation Minière Artisanale, gouvernance, exploitation responsable ;
ABSTRACT
Artisanal and Small-Scale Mining (ASM), while providing employment and income for
the Burkinabe population, largely escapes legal regulations, leading to social,
environmental, health, and security challenges. Its organization is therefore essential for
more responsible mining practices. This research aims to analyze the impact of governance
on responsible ASM, using a mixed-method approach that combines documentary research
with both quantitative and qualitative interviews. The findings highlight the strengths of
ASM, such as job creation and local development, as well as its weaknesses, including
environmental degradation, health risks, and conflicts. The analysis of management
practices reveals the state's intent to regulate a largely informal sector. Lessons from two
projects that promoted responsible practices demonstrate that "responsible gold" is
achievable, although the complete elimination of chemical products remains challenging.
This underscores the need for policymakers to adopt measures that strengthen
formalization, and the respect of human rights and environmental standards.
Keywords: Artisanal and Small-Scale Mining, governance, responsible mining
vi

�SIGLES ET ABRÉVIATION
AEA

: Autorisation d'Exploitation Artisanale

AGC

: Artisanal Gold Council

ALT

: Assemblée Législative de Transition

AN

: Assemblée Nationale

ANEEMAS

: Agence Nationale d’Encadrement des Exploitations Minières
Artisanales et Semi-mécanisées

ARM

: Alliance pour une Mine Responsable

BNAF

: Brigade Nationale Anti-Fraude de l'or

BUMIGEB

: Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina

CBMP

: Comptoir burkinabé des Métaux précieux

CGCT

: Code Général des Collectivités Territoriales

CT

: Collectivité Territoriale

DEMAS

: Direction de l’Exploitation Minière Artisanale et Semi-mécanisée

DGCM

: Direction Générale du Cadastre Minier

DGEP

: Direction Générale de l’Economie et de la Planification

DGMG

: Direction Générale des Mines et de la Géologie

ECDPM

: European Centre for Development Policy Management

EMA

: Exploitation Minière Artisanale

EMAPE

: Exploitation Minière Artisanale et à Petite Echelle

FMDL

: Fond Minier de Développement Local

GBM

: Groupe de la Banque Mondiale

INSD

: Institut National de la Statistique et de la Démographie

ITIE

: Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives

OCDE

: Organisation de coopération et de Développement Economique

PARGFM

: Projet d’Appui au Renforcement de la Gestion du Foncier et des Mines

PIB

: Produit Intérieur Brut

PIDESC

: Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels

PAS

: Programme d’Ajustement Structurel

SONASP

: Société Nationale des Substances Précieuses

VMA

: Vision Minière Africaine

vii

�INTRODUCTION GENERALE
Le Burkina Faso est un pays enclavé, dont l’économie repose principalement sur le secteur
primaire. Avec le boom minier de ces quinze dernières années, le Burkina Faso passe d’un
pays à vocation agricole à un pays présentant des potentialités minières aussi importantes
que variées, réparties sur l’ensemble du territoire (SP/ITIE-BF, 2023). Le pays connait
donc un changement de trajectoire de croissance économique qui s’explique d’une part,
par les aléas climatiques (sècheresse) avec ses impacts négatifs sur la production agricole
et d’autre part par le potentiel minier que renferme son sous-sol. En effet, l’or se positionne
comme premier produit d’exportation depuis 2009 du Burkina Faso, détrônant le coton
(Gilles, 2012). Il ressort des conclusions des travaux de conciliation que le secteur extractif
a généré un revenu global net de 589,90 milliards de FCFA en 2022 avec cependant une
baisse de 13,74% du volume d’or industriel produit qui passe de 66,86 tonnes en 2021 à
57,67 tonnes en 2022. Quant à l’or artisanal reporté, on constate une augmentation de 0,214
tonnes passant de 0,27 tonnes en 2021 à 0,484 tonnes en 2022 (ITIE, 2024). Malgré le
contexte sécuritaire difficile que vit le Burkina Faso depuis quelques années, le secteur
extractif occupe une place importante dans son économie. Il contribue à 14,5% du PIB, à
73,3% des exportations du Burkina Faso, et à 20,9% des recettes de l’État et emploie
environ 2,1% de la population active (DGEP, 2024). Au niveau local, le Fond Minier de
Développement (FMD) alimenté par la contribution de 1% du chiffre d’affaires des
compagnies minières et les redevances proportionnelles collectées et perçues par l’État,
s’élève à près de 50 milliards par an est redistribué aux collectivités territoriales.
Le secteur miner au Burkina Faso se caractérise par deux types d’exploitations :
l’Exploitation Minière Industrielle (EMI) et l’Exploitation Minière Artisanale (EMA)
encore appelée « orpaillage ». Pour ce présent travail, nous nous intéresserons à l’EMA.
Les travaux de l’explorateur Binger en 1888 et de l’archéologue Kiethega en 1983 montrent
que l’EMA de l’or est pratiquée au Burkina Faso depuis le XVe siècle. Malgré l’adoption
du code minier en 2003 et révisé en 2015 qui vise à attirer les investisseurs, à renforcer la
protection de l’environnement et à augmenter la contribution des mines au développement
des communautés locales, l’exploitation des sites aurifères estimés à près de 800 selon la
Brigade Nationale Anti-Fraude (BNAF, 2023) reste dominée par l’EMA. Cependant, ce
Mémoire de Master 2 en DEVLOG

�sous-secteur de l’EMA demeure mal connu tant du point de vue du nombre d’emplois que
de celui des quantités d’or produites. Ainsi, Konkobo et Sawadogo (2020) notaient des
disparités entre les estimations faites par l’Assemblée Nationale (AN) et l’Institut National
de la Statistique et de la Démographie (INSD) en 2017. Tandis que l’AN estimait le nombre
d’emplois liés à l’orpaillage à plus d’1 000 000, l’INSD l’établissait à 140 196 orpailleurs.
En 2019, le Ministère des mines estimait à environ deux (02) millions, les personnes qui
pratiquent l’orpaillage pour plus de 800 sites artisanaux (reconnus et non reconnus) et qui
leur procurent des revenus, soit directement, soit indirectement. De même, concernant la
quantité d’or produite par ce secteur, ces auteurs rapportent que la Direction Générale du
Cadastre Minier (DGCM) l’estimait à 0,204 tonnes en 2017 alors que l’INSD l’estimait à
9,5 tonnes, montrant que l’orpaillage générait plus d’emplois et de revenus pour les
populations locales.
Le secteur minier d’une manière générale est réglementé par le code minier, mais l’EMA
semble échapper aux mesures établies par la loi concernant les conditions de production et
de commercialisation. Si l’exploitation industrielle est bien encadrée par la règlementation
minière et la pratique sur le terrain, l’EMA de l’or demeure quant à elle, marquée par une
insuffisance d’organisation et d’encadrement. Présente dans presque toutes les localités du
pays, elle engendre d’énormes défis. En effet sur le plan social et environnemental, l’EMA
entraine des problèmes tels que la prostitution, le travail des enfants, les conflits liés à
l’accès aux ressources et à la consommation de stupéfiants. En outre, elle provoque la
pollution des sols, des eaux et des nappes phréatiques, la déforestation, la destruction des
terres arables et des pâturages (Veiga et al., 2014 ; Bohbot, 2017). D’un point de vue
sanitaire, l’utilisation des produits chimiques tels que le mercure et le cyanure entrainent
des problèmes de santé tandis que les conditions de travail précaires augmentent le risque
d’accidents (Veiga et al., 2014). Ce sous-secteur minier a également des impacts négatifs
sur le plan économique (contrebande de l’or, faible contribution aux budgets de l’État et
aux Collectivités Territoriales, blanchiment d’argent, etc.) et sécuritaire.
L’EMA ayant pris de l’ampleur au fil du temps, le gouvernement burkinabè a décidé de
réguler et contrôler le marché de l'exploitation minière artisanale à travers une entreprise
d’État. Ainsi le Comptoir Burkinabè des Métaux Précieux (CBMP) a été créé et avait le
monopole de la collecte, du traitement et de la commercialisation de l'or (Luning, 2008).
Sous l’égide du CBMP, la production artisanale d'or faisait l'objet d'une tenue systématique

2

�de registres. Des fonctionnaires du CBMP formaient des mineurs à la mise en œuvre de
mesures de sécurité et le CBMP collaborait avec les forces de l’ordre afin de surveiller les
activités artisanales et de poursuivre des infractions (Werthmann, 2017).
En dépit des efforts consentis l’EMA de l’or sera reléguée au second plan, sinon négligée
au profit de l’exploitation industrielle suite aux réformes induites par les différents
Programmes d’Ajustements Structurels (PAS) du Groupe de la Banque Mondiale (GBM)
dans la décennie 90. C’est suite à ces PAS que le CBMP a été démantelé et que les codes
miniers de 1997, 2003, 2015 ont été adoptés (Medinilla et al., 2020). Un nouveau code
minier remplaçant celui de 2015 a été adopté en juillet 2024 avec quelques
adaptations/innovations au profit de l’artisanat minier.
Le sous-secteur de l’EMA est donc resté durant plus d’une décennie sans aucune
surveillance et sans aucun encadrement, ce qui a créé une prolifération de sites sauvages et
tous les problèmes cités plus haut.
Ayant pris conscience de l’importance de l’exploitation artisanale illicite de l’or,
notamment au niveau des pertes fiscales et des enjeux sécuritaires, l’État burkinabè a
décidé de reprendre l’encadrement des EMA qu’il avait abandonné depuis la suppression
du Comptoir burkinabé des Métaux précieux (CBMP) en 1991.
Ainsi, à la faveur de la révision du code minier en 2015, il est créé, l’Agence nationale
d’encadrement des exploitations minières artisanales et semi-mécanisées (ANEEMAS)
avec comme objectif principal, l’encadrement et la surveillance des activités
d’exploitations artisanale et semi-mécanisée de l’or. Cette dernière n’a pas produit les
résultats escomptés en matière d’encadrement et s’est vue mutée en Société nationale des
substances

précieuses

(SONASP)

par

les

décrets

N°2023

1417/PRES-

TRANS/PM/MDICAPE/MEFP/MEMC du 24 octobre 2023 portant création d’une société
d’État dénommée Société Nationale des Substances Précieuses (SONASP), dont les statuts
sont définis par le décret N°2023 1418/PRES-TRANS/PM/MEMC/MEFP/MDICAPE du
24 octobre 2023 portant approbation des statuts de la Société Nationale des Substances
Précieuses (SONASP) qui s’occupera dorénavant de la production, de la commercialisation
et de la transformation de l’or. Les volets encadrement et surveillance des activités
d’exploitations artisanale et semi-mécanisée de l’or reviennent à la Direction Générale des

3

�Mines et de la Géologie (DGMG), à travers la Direction de l’Encadrement des mines
Artisanale et Semi-mécanisée (DEMAS).
Aussi, conscient des effets préjudiciables des produits prohibés dans l'exploitation
artisanale et du grand bénéfice lié à l’organisation des artisans miniers, le MEMC a
entrepris depuis 2019, la mise en place de sites pilotes de traitement mutualisé dans les
communes de Gaoua et de Méguet. Ces sites sont équipés d'unités de traitement
gravimétrique aux normes standards en matière de préservation de l’environnement et
fournissent un environnement sécurisé et adapté aux artisans miniers pour un traitement
efficace et efficient du minerai. En plus de ces sites pilotes initiés par l’agence
gouvernementale, certaines communes telles que Dano, a aussi bénéficié des initiatives de
système de traitement sans mercure avec le soutien des partenaires techniques et financiers
pour promouvoir un « or propre ».
Avec la décentralisation en cours depuis deux décennies, les collectivités territoriales (CT)
à qui revient la gestion des territoires, se trouvent limitées dans la prévention/ gestion des
tensions que l’EMA suscite. En effet, l’implication des CT dans la gestion de l’EMA est
un véritable défi. La dynamique de transfert de certains blocs de compétences aux
collectivités territoriales en cours au Burkina Faso depuis 2009 pour la gestion des affaires
locales n’a pas concerné le secteur de l’extraction aurifère dont la gestion continue de
relever du pouvoir central. La Loi n°055-2004/AN du 21 Décembre 2004 portant Code
Général des Collectivités Territoriales (CGCT), stipule que les collectivités territoriales
disposent d'un domaine foncier propre, constitué par les parties du domaine foncier national
cédées à titre de propriété par l'État. L’article 89 de cette loi dispose que « La commune
urbaine et la commune rurale reçoivent les compétences suivantes : participation à la
protection et à la gestion des ressources en eaux souterraines, en eaux de surface et des
ressources halieutiques, assainissement, lutte contre l’insalubrité, les pollutions et les
nuisances diverses, participation à la conservation et à la gestion de ressources naturelles
renouvelables d’intérêt régional ou national, participation à la protection et à la gestion des
ressources fauniques des forêts classées, protection et gestion des ressources fauniques des
forêts protégées, avis sur l’installation des établissements insalubres, dangereux et
incommodes

de

première

et

deuxième

classes

conformément

au

code

de

l’environnement ».

4

�La faiblesse des prérogatives accordées aux CT dans l’encadrement du secteur de l’EMA
et la faible déconcentration des structures qui détiennent ces prérogatives éloignent les
centres de décision des sites. Les CT sont seulement consultés pour donner des avis sur les
demandes d’Autorisation d’Exploitation Artisanale (AEA) et sont faiblement impliquées
dans la gestion de ce secteur. Néanmoins, le CGCT offre la possibilité aux CT d’élaborer
des documents pouvant contribuer à une gestion apaisée et transparente des ressources sur
leur territoire (ressources naturelles, ressources minières…).
Aussi, le manque d’inclusion de plusieurs acteurs locaux impliqués dans le secteur de
l’EMA (orpailleurs, chefferies traditionnelles, autorités locales, etc.) provoque aussi un
décalage entre les efforts centralisés de l’État et les réalités politiques, sociales et
économiques des zones d’exploitation artisanale. C’est pourquoi, il est essentiel que ce
secteur soit organisé en vue de le rendre « responsable ». D’où la question de recherche :
Quels sont leseffets de la gouvernance sur l’EMA ?
Cette question centrale appelle trois interrogations spécifiques à savoir :
•

Quelles sont les forces et faiblesses de l’EMA au Burkina ?

•

Quels sont les facteurs explicatifs de l’échec de l’encadrement de l’EMA ?

•

Quelles sont les mesures à prendre pour une EMA responsable ?

Pour répondre à ces interrogations, il sied en termes d’objectif global d’analyser l’effet de
la gouvernance sur l’EMA et de façon spécifique, il s’agit de :
•

Examiner les forces et faiblesses de l’EMA au Burkina Faso ;

•

Identifier les facteurs explicatifs de l’échec des tentatives d’encadrement de l’EMA
au Burkina ;

•

Proposer des mesures à prendre pour une EMA responsable

En réponse aux questions de recherche, il a été formulé trois hypothèses secondaires.
Les trois (3) hypothèses secondaires qui en découlent sont les suivantes :
•

Le manque d’inclusion et la non prise en compte des intérêts spécifiques de
plusieurs acteurs locaux impliqués dans le secteur de l’EMA (orpailleurs, chefferies
traditionnelles, autorités locales, etc.), l’informalité, les impacts environnementaux
et sanitaites etc, constituent les faiblesses de l’EMA au Burkina Faso ;
5

�•

L’insuffisance de solutions innovantes aux problèmes causés par l’EMA,
expliquent l’échec des tentatives d’encadrement de l’EMA au Burkina Faso

•

L’amélioration des textes réglementaires en faveur de l’EMA faciliterait son
encadrement.

Ce travail permettra de contribuer aux débats scientifiques sur la problématique de la
gouvernance des ressources minières d’exploitation artisanale au Burkina Faso. Ce
mémoire est structuré en trois chapitres principaux. Le premier chapitre, consacré au cadre
conceptuel et théorique, présente les concepts clés et les théories fondamentales qui soustendent l'exploitation minière artisanale et sa gouvernance, fournissant ainsi une base
analytique pour l'étude. Le deuxième chapitre, dédié à la présentation de l’EMA au Burkina
Faso et à la méthodologie, décrit le contexte géographique de la recherche et détaille les
méthodes employées pour la collecte et l'analyse des données. Le troisième chapitre, enfin,
se concentre sur la présentation des résultats, leur analyse approfondie et la discussion en
lien avec les objectifs de recherche, ainsi que sur des recommandations pratiques
formulées.

6

�CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LITTERATURE
Le présent chapitre sera axé sur la présentation d’un cadre d’analyse des résultats et la
revue de la littérature qui nous permettra d’examiner les auteurs qui se sont déjà intéressés
à notre thématique ou à des thématiques similaires aux fins de voir les différents angles
d’analyses adoptées par ces derniers, les limites observées.
I.CADRE CONCEPTUEL

Le cadre conceptuel fait référence à la clarification des concepts et au cadre théorique
d’analyse des résultats. Afin de lever toute équivoque dans l’interprétation des concepts
utilisés, il s’avère nécessaire de les définir. C'est pourquoi, Durkheim (1986) suggère que
« la première démarche du sociologue doit donc être de définir les choses dont il traite, afin
que l'on sache et qu'il sache bien de quoi il est question ». Vu la pertinence de cette
démarche, les concepts comme Exploitation Minière Artisanale et Exploitation
Responsable de l’or ont été clarifiés y compris le concept de Gouvernance.

I.1

Exploitation minière artisanale (EMA)

L’EMA un terme qui suscite beaucoup de polémiques et d'amalgames du fait de la diversité
des éléments utilisés pour la caractériser. Il revêt ainsi plusieurs définitions selon le
contexte. Il est généralement défini en fonction du nombre d’exploitants, de la capacité de
production, du niveau de mécanisation, du montant des investissements en capital, de la
taille du gisement ou encore bien que de manière plus controversée de la qualité du minerai
extrait (Organisation Internationale du Travail, 1999 ; World Gold Council, 2017).
Tenant compte des réalités du secteur minier burkinabè, au terme de l’article 1er de la loi
N°016-2024/ ALT portant code minier au Burkina Faso, il ressort que : l’exploitation
artisanale de substances de mine est définie comme « l’ensemble des opérations qui
consistent à extraire et concentrer des substances minérales classées en substances de mine
et en récupérer les produits marchands en utilisant des méthodes et procédés manuels et
traditionnels. Toutefois, l’usage d’un minimum de mécanisation (concasseur, broyeur,
concentrateur gravimétrique) et d’énergie électrique est autorisé. Elle n’est pas fondée sur
la mise en évidence préalable d’un gîte ou d’un gisement. »
On distingue deux types d’exploitation dans le domaine de l’artisanat minier : (i)
L’exploitation artisanale dite traditionnelle, qui consiste à extraire et concentrer des
7

�substances minérales et à en récupérer les produits marchands pour en disposer en utilisant
des méthodes et procédés traditionnels et manuels. Elle n’utilise pas d’équipements, ni
d’énergie mécanique et n’est pas fondée sur la mise en évidence d’un gîte ou d’un gisement.
(ii) L’exploitation semi-mécanisée est défini comme toute opération qui consiste à extraire
et concentrer des substances minérales et à en récupérer les produits marchands pour en
disposer en utilisant quelques moyens mécaniques dans la chaîne des opérations.
Dans le cadre de cette étude, nous utiliserons tantôt le concept de l’EMA ou de l’orpaillage
qui renvoient au même contenu. L’EMA regroupe toute forme d’exploitation différente de
l’exploitation industrielle1 et la petite mine2 telles que définies dans le code minier de 2024.
I.2

Exploitation Responsable

Plusieurs termes sont utilisés dans la littérature avec la même perspective. On retrouve des
expressions comme « or propre », « or durable », « or responsable ». Pour Goodland
(2012), le concept de « mine responsable » est basé sur le fait que la mine doit être conçue
pour apporter sur le long-terme un bénéfice net optimal aux populations du pays-hôte avec
un impact social et environnemental minimum.
In (ASIA BRIEF Mars 2013), l’exploitation minière artisanale durable permet de
transformer les ressources minérales en moyen de subsistance pour les populations pauvres
et les générations futures, sans pour autant avoir des conséquences néfastes sur
l’environnement. Ils ajoutent qu’il n’existe pas de définition « officielle » du concept de «
mine responsable ». On peut toutefois considérer que la mine responsable est un ensemble
complet d’activités dans le secteur des minéraux, respectant les droits de toutes les partiesprenantes y compris les communautés locales ; respectueuses de l’environnement ; n’ayant
pas d’effets négatifs sur la santé humaine ; fondées sur les meilleures expériences
internationales ; respectueuses des règles de droit ; et qui contribuent durablement au
bénéfice du pays (Chevrel et al., 2017). Les principes d’une mine responsable comprennent
entre autres, l’assurance d’un engagement de toutes les parties-prenantes, la transparence
et l’ouverture, le soutient à la loi et sa mise en vigueur, la responsabilité de la sécurité des

1

L’exploitation industrielle est définie comme « l’ensemble des opérations qui consistent à extraire et concentrer des
substances minérales et à en récupérer les produits marchants pour en disposer en utilisant des méthodes et procédés
modernes et mécanisées. Elle est fondée sur la mise en évidence d’un gisement ».
2 Exploitation minière de petite taille, fondée sur la justification de l’existence d’un gisement, utilisant selon les règles de
l’art, des procédés semi-industriels ou industriels et dont la production annuelle en régime de croisière n’excède pas un
certain tonnage du produit commercialisable tels que le minerai, le concentré ou le métal

8

�populations et de l’environnement, l’investissement dans le développement futur,
l’assurance d’une productivité fructueuse et efficiente, l’humanité et l’éthique et basés sur
une technologie moderne et avancée.
Pour cette présente recherche, l’exploitation responsable de l’or est une exploitation
réalisée dans le respect de l’environnement, des droits humains et du bien-être des
travailleurs (surtout les femmes et les enfants), qui promeut et utilise des méthodes de
traitements alternatifs à l’utilisation de produits chimiques prohibés (mercure et cyanure)
et offre des retombées pour les localités dans lesquelles elle s’exerce.
I.3

Gouvernance

Le concept de gouvernance s’applique à tous les niveaux d’organisation : privé et public,
local, régional, national, international, mondial. C’est dans ce cadre que la Commission
pour la gouvernance mondiale a défini le concept comme étant « l’ensemble de différents
processus et méthodes à travers lesquels les individus et les institutions publiques et privées
gèrent leurs affaires communes » Milani (1999). Il n’existe pas de modèle unique de
gouvernance qui conviendrait à tous ou à tous les contextes, mais néanmoins les principes
de gouvernance ont une portée universelle. Toutefois, le National Democratic Institute
(2010), stipule que la gouvernance repose sur quatre principes essentiels qui sont : la
responsabilité de tous les acteurs, la transparence dans toutes les actions de développement,
les règles de droit applicables à tous les citoyens et la participation de tous les acteurs.
Pour Isabelle Lacroix et Pier-Olivier St-Arnaud (2012), « La gouvernance est l’ensemble
des règles et des processus collectifs, formalisés ou non, par lequel les acteurs concernés
participent à la décision et à la mise en œuvre des actions publiques. Ces règles et ces
processus, comme les décisions qui en découlent, sont le résultat d’une négociation
constante entre les multiples acteurs impliqués. Cette négociation, en plus d’orienter les
décisions et les actions, facilite le partage de la responsabilité entre l’ensemble des acteurs
impliqués, possédant chacun une certaine forme de pouvoir ». La bonne gouvernance peut
être définie comme le système de valeurs, de politiques, d'institutions grâce auquel une
société organise la prise de décision collective et les actions reliées aux affaires politiques,
économiques, socioculturelles et environnementales à travers l'interaction de l'État, de la
société civile et du secteur privé.

9

�Pour Lacroix et St-Arnaud (2012), l’Organisation des Nations Unies (ONU), par le biais
du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) offre elle aussi une
définition de la gouvernance en anglais, « governance can be seen as the exercise of
economic, political and administrative authority to manage a country's affairs at all levels.
It comprises the mechanisms, processes and institutions through which citizens and groups
articulate their interests, exercise their legal rights, meet their obligations and mediate
their differences». Cette définition traduite en français stipule que « La gouvernance peut
être considérée comme l'exercice de l'autorité économique, politique et administrative
pour gérer les affaires d'un pays à tous les niveaux. Elle comprend les mécanismes, les
processus et les institutions par lesquels les citoyens et les groupes expriment leurs intérêts,
exercent leurs droits légaux, remplissent leurs obligations et règlent leurs différends ».
Dans le cadre de cette étude, la gouvernance est comprise comme l'ensemble des
dispositions et des actions visant à protéger et à améliorer la gestion des ressources minières
aurifères au Burkina Faso par les autorités nationales et locales, en vue d’une gestion
responsable.
II.

REVUE DE LITTERATURE SUR LE LIEN ENTRE LA GOUVERNANCE
ET L’EMA

La problématique de l’exploitation artisanale responsable de l’or a été abordée par plusieurs
auteurs cités par Ouedraogo (2019) qui ont abordé le problème sous l’angle de l’impact sur
l’environnement à travers les problèmes causés par cette activité à savoir : la pollution de
l’air et des cours d’eau, la contribution au réchauffement climatique et les nuisances
sonores. Il faut avouer que beaucoup d’études sont publiées dans le monde sur les impacts
environnementaux et sanitaires de l’utilisation des substances chimiques (mercure et
cyanure) au niveau de l’exploitation minière artisanale (Azapagic, 2004 ; Banchirigah,
2006 ; Kitula, 2006 ; Garvin et al., 2009 ; Aragon and Rud, 2012 ; Arnaldi di Balme and
Lanzano, 2014). Par contre en Afrique de l’Ouest, il n’existe que peu de données,
spécifiquement sur ce thème de l’exploitation responsable de l’Or et la gouvernance.
Toutefois, nous avons pu passer en revue les quelques ouvrages, articles sur le sujet.
Un peu partout en Afrique noire, la gouvernance de l’orpaillage artisanal se caractérise par
des pratiques informelles (Konan, 2022 ; Choquet, 2018). L’importance que revêt ce
secteur dans les économies locales et nationales des pays pauvres, limite toute tentative
10

�tendant à l’endiguer (Medinilla et al., 2020). Bien qu’étant perçue comme illégalité,
l'exploitation minière artisanale ne se fait pas dans un espace vide de gouvernance
(Sangaré et al., 2016). L’orpaillage échappe au contrôle de la législation formelle, poussant
les acteurs à définir des modes de régulation adaptés à la réalité des communautés vivant
autour des sites miniers (Arnaldi di Balme et Lanzano, 2013). Cette adaptation est
aujourd’hui au cœur de la gouvernance de proximité (Gilly et al., 2004) qui,
malheureusement, reste confrontée aux nombreux défis relatifs à sa contribution au
développement local et à la protection des écosystèmes. Par ailleurs, le fait que l’orpaillage
artisanal informel est principalement orienté vers la rentabilité à court terme de quelques
individus rend cette activité dangereuse et précaire au détriment de la durabilité sociale et
environnementale (Kyale et al., 2021 ; Sangaré et al., 2016).

Selon le Secrétariat

international de l’ITIE (2022), une gouvernance transparente et responsable des minéraux
critiques peut contribuer à garantir que les investissements miniers profitent aux citoyens
et à atténuer les impacts environnementaux et socio-économiques. Aussi, la transparence
et le dialogue multipartite peuvent mettre en avant les défis de gouvernance, aider à
identifier des solutions et fournir une plateforme d’action collective dans le secteur des
minéraux critiques.
Selon Ouédraogo (2019), étant donné l’importance de la main d’œuvre qui dépend de
l’orpaillage artisanal, de nombreux auteurs se sont lancés dans la documentation de
plusieurs thématiques liées à cette question. Ces thématiques peuvent être regroupées en
deux catégories. D’une part, les travaux qui décrivent les impacts négatifs liés à ce secteur.
Ceux-ci englobent les effets environnementaux, les effets sociaux, les conflits existant
entre les orpailleurs et les compagnies minières, les conflits entre les communautés locales
et les compagnies minières et les communautés locales et les orpailleurs. D’autre part, les
travaux qui expliquent les impacts positifs tels que la création d’emplois sur les sites
miniers et l’amélioration des conditions de vie des ménages. Au-delà de ces impacts, des
questions diverses telles que la question du genre dans l’extraction artisanale, la durabilité,
les relations entre les différents acteurs (orpailleurs, compagnies minières, communautés
locales et agriculteurs), la responsabilité sociale des compagnies minières et le lien entre
agriculture et extraction artisanale sont abordées.
En effet, Yaro (2013) mentionne que de nombreuses études montrent que l’exploitation
minière à un impact sur l’environnement. Le mercure et le cyanure sont deux produits

11

�chimiques extrêmement dangereux qui ont fait leur apparition sur les sites miniers
artisanaux en Afrique de l’Ouest, particulièrement au Burkina Faso, au Sénégal, au Mali,
ou en Mauritanie. Ces produits constituent non seulement un danger pour les humains, mais
également une source de pollution des cours d’eau, de la faune et de la flore aquatique et
de l’environnement.
Pour Zongo (2020), le caractère volatile du mercure, du cyanure et des acides nitrique et
sulfurique, le manque de maîtrise des réactions chimiques et l’abandon des bacs de
cyanuration sont des facteurs qui amplifient la pollution des eaux, des sols et de l’air soit
par infiltration, ruissellement ou par évaporation. Or le décret

N° 2007-

853/PRES/PM/MCE/MECV/MATD du 26 décembre 2007 portant dispositions
réglementaires environnementales particulières pour l’exercice de l’activité minière au
Burkina Faso détermine les conditions relatives à la protection de l’environnement en
matière de prospection, de recherche et d’exploitation de substances minières. Ce décret
établit que les activités et installations régies par le code minier doivent être conduites dans
le respect de la protection et de la préservation de l’environnement. En ce qui concerne
l’exploitation artisanale de l’or, aucune étude ou notice d’impact environnemental n’est
exigée. Ce manque d’exigence dans l’extraction minière artisanale peut être la cause réelle
de ce manque d’inattention des orpailleurs vis-à-vis de l’environnement. Parmi les risques
pour la santé, l’utilisation généralisée du mercure est la plus connue et la plus redoutée.
Cependant, il existe plusieurs autres problèmes bien méconnus, voire même négligés, tels
que la prévalence de maladies infectieuses et transmissibles, comme le VIH/SIDA, les
fléaux sociaux, la perturbation de la cohésion familiale, la déperdition scolaire, le
banditisme, la prostitution, la criminalité. Aujourd’hui avec les défis d’ordre sécuritaire,
social, environnemental, sanitaire et culturel que posent les activités de l’EMA, il devient
urgent de mettre en place des stratégies adaptées pour prendre en compte ces défis afin de
promouvoir des exploitations responsables. Avec la ratification et l’entrée en vigueur de
la Convention de Minamata, il devient une obligation pour les États de mettre en place des
stratégies de formalisation des EMAPE dans le but de réduire l’utilisation du mercure à
court-terme et de déclarer son interdiction à long terme.
D’un autre point de vue, les travaux de Hien (2019), ont permis de savoir que le secteur
minier constitue depuis ces dernières décennies une composante essentielle dans le
développement économique du Burkina Faso, cela se justifie par le passage de l’or à la

12

�première place des produits d’exportation depuis 2009. L’exploitation minière artisanale
est une source de subsistance directe ou indirecte pour au moins 20% de la population,
Bazillier et Girard (2018) cités dans ECDPM (2020). Il crée de l’emploi (direct, p.ex.
creuseurs, concasseurs etc. ; indirect p.ex. transport etc. ; et induit p.ex. restauration,
coiffure etc.), donne des revenus et stimule l'économie locale. Elle constitue une
opportunité de développement importante qui peut contribuer à améliorer les conditions de
vie et de développement des populations dans les pays miniers d’Afrique de l’Ouest. Bien
qu’il existe de nombreux problèmes sociaux et environnementaux reliés au secteur, il existe
aussi une opportunité réelle de transformer la richesse minérale en développement durable
local, à travers l’application et la mise en œuvre de certaines mesures conservatoires et de
bonnes pratiques qui permettront de minimiser les facteurs de risques, en ce qui concerne
l’hygiène, la santé, la sécurité, la préservation de l’environnement et de bonifier les impacts
socio-économiques positifs attendus.
Zongo (2020), mentionne que de nos jours, le constat sur l’exploitation artisanale de l’or
dans les douze régions du Burkina Faso montre clairement que le bilan de cette activité
n’est pas aussi mauvais que les discours qui l’entourent. Mettre en place une structure
étatique pour la réguler correctement serait une occasion pour booster l’activité, mais
mettre en place un arsenal de mesure pour combattre l’activité d’orpaillage au profit de la
mine industrielle serait contre-productif au Burkina Faso. Même si le secteur minier ne
représente pas le seul poumon de l’économie Burkinabé, la formalisation de l’orpaillage
est une opportunité de taille pour les zones de production. C’est dans ce cadre que Campbell
(2007) estime qu’avec la valorisation des matières premières exploitées, la création de liens
d’entraînements avec les autres secteurs de l’économie peut créer une dynamique de
développement importante.
Au cours des dernières années, une multitude d’initiatives internationales ont été lancées
pour réduire les problèmes sociaux et écologiques ainsi que les violations des droits de
l’homme dans le secteur des matières premières comme le devoir de due diligence, promu
par l’OCDE. Elle propose une définition qui se base sur les "principes directeurs des
Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme", adoptés par l'ONU en
2011, et eux-mêmes rédigés à partir de trois grands piliers que sont l'obligation incombant
à l'État de protéger les droits humains, l'accès par les individus à des mesures de réparation
par des mécanismes judiciaires et non judiciaires et la responsabilité incombant aux

13

�entreprises de respecter les droits humains.Ainsi, le respect des lois nationales et des droits
de l’homme dans tous les processus d’affaires doit être garanti.
En matière de durabilité, il nous apparait important de poser les fondements théoriques de
l’économie des ressources naturelles. Une autre contribution majeure demeure celle de
Hotelling qui développe une théorie sur l’épuisement des ressources naturelles non
renouvelables, Hotelling (1931).
Pour (Impact, 2018), dans de nombreux pays en développement, la capacité des
gouvernements de réglementer le secteur minier artisanal est très restreinte. Un grand
nombre d’exploitantes et d’exploitants miniers artisanaux fonctionnent encore de manière
informelle, faute de cadre juridique ou réglementaire. Ils poursuivent en mentionnant que
plusieurs pays ont mis en place des politiques pour essayer de légaliser et de formaliser
l’activité minière artisanale, mais les résultats sont mitigés.
Pour ECDPM, l’approche du gouvernement vise à transformer le secteur dans son
ensemble, de la formalisation des sites d’extraction minière artisanale à la
commercialisation et à l’exportation de l’or extrait de manière artisanale. D'autres
initiatives ciblent une partie de la chaîne de valeur de l'or artisanal, mais la plupart visent
au moins un des quatre objectifs suivants : (1) la formalisation des opérations artisanales ;
(2) la promotion de nouvelles technologies, moins nuisibles pour l’environnement ; (3)
l’appui à une meilleure gouvernance du secteur artisanal ; et (4) une réorientation de la
commercialisation de l’or artisanal tenant compte des défis fiscaux et sécuritaires du pays.
Selon Zongo (2019), l’émergence vers la fin du XXe siècle des concepts de développement
durable et de responsabilité sociétale a étendu le champ des contraintes liées à
l’approvisionnement en matières premières. Il en résulte une prise de conscience que les
populations locales doivent participer au processus de décisions sur toute activité ayant un
impact potentiel sur la structure sociale, la santé et l’économie et que l’équité
intergénérationnelle doit être prise en compte en matière de production des matières
premières minérales.
La gouvernance locale joue un rôle essentiel dans la capacité de l'EMA à contribuer au
développement durable. Côte (2013) met en évidence l'insuffisance des cadres juridiques
et institutionnels pour réguler le secteur et attire l’attention sur la complexité de la
gouvernance des ressources minérales, situant l’EMA aux marges de l’État, où l’accès à la
14

�richesse minérale est constamment négocié entre un large éventail d’acteurs, y compris les
officiels du gouvernement (local), les mineurs à petite échelle, les communautés d’accueil,
et dans certains cas même les acteurs armés.
Des initiatives ont été menées dans ce sens par le gouvernement Burkinabé en 1986 à
travers la création du comptoir Burkinabé des métaux précieux puis liquidé en 2006 et la
réapparition d’une structure du nom de l’ANEEMAS en 2015. Aujourd’hui, on assiste à la
mutation de l’ANEEMAS en SONASP qui se charge principalement de la
commercialisation, l’encadrement revenant à Direction de l’Encadrement des Mines
Artisanales et Semi-mécanisées. Une stratégie nationale d’encadrement des mines
artisanales est en cours d’élaboration.
En effet, la formalisation de la filière se rapporte à l’acte d’identifier, de répertorier,
d’encadrer et de conduire le secteur minier artisanal à se conformer aux normes
professionnelles d’exploitation et à se doter d’un cadre organisationnel formel et de
structures formelles légales. Ainsi, la formalisation permet le suivi de la filière par l’État
et son intégration appropriée dans l’économie formelle pour une meilleure protection des
droits de toutes les parties-prenantes au processus, y compris les artisans eux-mêmes. Par
ailleurs, selon Zongo (2019), les études réalisées dans beaucoup de pays miniers ouest
africains ont conclu que l’or produit par la filière artisanale manque de traçabilité et de
certification, rendant ainsi difficile la formalisation du secteur. Cette situation justifie et
explique la nécessité de faire évoluer le secteur minier artisanal vers les activités formelles,
selon les normes et formats requis dans les différents pays miniers en Afrique de l’Ouest.

La revue de littérature a montré qu’il existe très peu d’ouvrages abordant spécifiquement
la question des effets de la gouvernance sur l’EMA responsable au Burkina Faso. La revue
de littérature s’est poursuivie durant tout le travail afin de dénicher les nouveaux ouvrages
traitant de ladite thématique.

15

�Photo 1: Site minier artisanal de Dano

Conclusion
Le premier chapitre consacré au cadre conceptuel et à la revue de littérature nous a permis
de définir les concepts clés permettant d’harmoniser leur compréhension et de passer en
revue des ouvrages et articles en lien avec notre thème de recherche. Ce travail de bureau
a été complété par le travail de terrain dans la seconde partie de notre travail de recherche.
En effet, le chapitre II, aborde le cadre de l’étude ainsi que la méthodologie de recherche.

16

�CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE DE RECHERCHE
Le cadre de la recherche est présenté dans ce chapitre à travers un exposé succinct de la
pratique de l’artisanat minier au Burkina Faso ainsi que des textes qui l’encadrent. La
méthodologie de recherche quant à elle, est décomposée en recherche documentaire et en
recherches quantitative/qualitative à travers lesquelles la population à enquêter est
déterminée à partir d’un échantillonnage, les outils de collecte et la technique d’analyse
des données sont fixés.
I. LE CADRE DE L’ETUDE
Le cadre de la recherche est appréhendé à travers la situation actuelle du secteur de
l’exploitation artisanale de l’or au Burkina (cadres juridique et institutionnel) et les acteurs
à tous les maillons de la chaine. Ce cadre physique est abordé en lien avec la problématique
de recherche en mettant en relief notamment la gouvernance de l’EMA.
I.1 Cadre juridique
Le secteur minier artisanal tout comme le secteur minier dans sa globalité est régi par des
textes (engagements internationaux et régionaux et lois nationales). Sur le plan
international, certains engagements internationaux ont été adoptés et ratifiés dans le cadre
de la promotion de la bonne gouvernance dans le secteur des mines et carrières au Burkina
Faso. Il s’agit de : l’adhésion à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries
Extractives (ITIE) en 2008, la signature et ratification de la Convention de Minamata sur
le mercure (respectivement le 10 octobre 2013 et le 28 février 2017) et l’adhésion au Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) auquel le
Burkina Faso a adhéré le 04 janvier 1999.
Au niveau régional et sous-régional, on peut citer, la Vision Minière Africaine (VMA) de
l’Union Africaine ; la directive n°C/DIR3/05/09 du 27 mai 2009 de la CEDEAO sur
l’harmonisation des principes directeurs et des politiques dans le secteur minier et le
règlement n°18/2003/CM/UEMOA du 22 décembre 2003, portant adoption du Code minier
communautaire de l’UEMOA.
Au plan national, beaucoup de réformes sur le secteur minier en général sont en cours, mais
à ce stade, le sous-secteur de l’artisanat minier est principalement régi par deux lois :
17

�•

La Loi n°016-2024/ALT portant code minier du Burkina Faso. Elle est une fusion
de la Loi n° 036-2015/CNT du 26 juin 2015 portant code minier du Burkina Faso
et son modificatif, la Loi n°012-2023/ALT du 25 juillet 2023 et la Loi n°0282017/AN du 18 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l’or et
des autres substances précieuses.

•

La loi n°051-2017/AN du 23 novembre 2017, portant fixation du régime des
substances explosives à usage civil au Burkina Faso et ses textes d’application.

Ainsi, dans le nouveau code minier, une partie traite des aspects relatifs à l’encadrement
du secteur minier et une autre partie sur la commercialisation de l’or et des autres
substances minérales. Selon le gouvernement, la fusion des deux lois vise à disposer d’un
instrument juridique solide et actualisé pour mieux encadrer le secteur minier et générer
davantage de recettes au profit de l’État. Aussi, l’article 95 impose aux bénéficiaires, le
respect des normes de santé publique, de sécurité au travail et de protection
environnementale, ainsi que l’observation des règles relatives à la commercialisation des
produits miniers pour un développement socio-économique durable.
Au titre des autorisations, le code prévoit l’Autorisation d’Exploitation Artisanale (AEA)
des substances de mines pour les acteurs de ce sous-secteur. Cette autorisation est accordée
sous réserve de droits antérieurs aux sociétés coopératives à participation Burkinabé
majoritaire, intervenant dans le secteur minier. Elle est valable pour une période de deux
(02) ans et renouvelable par période de deux (02) ans dans les 6 mois de validité de l’AEA.
Le code minier de 2024 précise en son article 89 que, des zones dénommées « couloir
d’exploitation artisanale » sont réservées à l’exploitation artisanale de substances minérales
et sont fixés par un arrêté conjoint des ministres chargés des mines, de l’administration
territoriale et de l’environnement de concert avec les autorités des CT dont elles sont du
ressort. Les modalités de création et de gestion de ces zones sont précisées par voie
règlementaire. L’AEA confère des droits, mais aussi des obligations établies par la
règlementation.
À titre de droit par exemple, le code précise que les droits liés aux titres miniers sont
cessibles et transmissibles dans les conditions prévues par les textes en vigueur. L’AEA
donne le droit exclusif d'exploitation artisanale des substances minérales sur la superficie
concédée aux conditions qui y sont définies et jusqu'à une profondeur compatible avec la
18

�sécurité des travailleurs telle qu'établie par la réglementation. En termes d’obligation, le
détenteur d’une AEA est tenu de vendre la totalité de sa production à un comptoir établi
sur le territoire national ou à un organisme public d’achat et de vente d’or, en l’occurrence,
la SONASP.
Il est aussi prévu des cartes d’artisan minier. Elles étaient délivrées par l’ANEEMAS
devenue SONASP. Il en existe quatre (04) types :
-

La carte d’artisan minier « exploitant » qui est délivrée aux personnes physiques
qui désirent travailler à l’extraction, au traitement de minerai, au traitement des
rejets et à la vente de leur production.

-

La carte d’artisan minier « collecteur » qui est délivrée aux personnes physiques
qui désirent collecter l’or ou d’autres substances précieuses sur les sites artisanaux
au profit de la SONASP et des comptoirs agréés.

-

La carte d’artisan minier « intermédiaire » qui est délivrée à toute personne
physique désireuse de gérer un site sous contrôle de la SONASP. Elle permet à son
détenteur de conclure une convention de gestion assortie d’un cahier de charges en
vue de gérer un site.

-

La carte d’artisan minier « fournisseur de service » qui est délivrée aux personnes
physiques désireuses de fournir des services nécessaires à l’extraction, aux
traitements de minerai et de rejets. Elle permet à son détenteur d’accéder à toutes
les zones d’exploitation artisanale et d’offrir tout service inhérent aux activités
d’extraction, de concassage, de transformation de traitement de minerai.

I.2 Cadre institutionnel
Le cadre institutionnel de l’EMA comprend deux (02) types de structures : celles
spécifiques au secteur minier (directions centrales et structures rattachées) et celles
générales de l’Administration publique qui interviennent dans le domaine des mines.
Au titre des structures spécifiques, on peut citer :
•

Direction Générale des Mines et de la Géologie (DGMG) qui abrite la
Direction de l’Encadrement des Mines Artisanales et Semi-mécanisées
(DEMAS)

19

�Elle a pour attributions la conception, l'élaboration, la coordination et l'application de la
politique du ministère dans le domaine des mines et de la géologie. Dans le domaine de
l’exploitation minière artisanale, cette direction s’occupe du suivi des activités
d’exploitation.
•

Direction Générale du Cadastre Minier (DGCM)

Cette direction a pour attributions la conception, l'élaboration, la coordination et
l'application de la politique du ministère en matière de gestion des titres miniers et
autorisations. Dans le domaine spécifique de l’EMA, la DGCM reçoit et traite les
demandes d’octroi, de renouvellement, d’amodiation, de transmission et de renonciation
relatives aux AEA.
•

Brigade Nationale Anti-Fraude de l’or (BNAF)

Elle a pour missions la recherche, la constatation et la poursuite des infractions à la
réglementation relative à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses.
Au titre des structures rattachées, on note :
•

Société Nationale des Substances Précieuses (SONASP)

Elle a pour mission de commercialiser l’or et les autres substances précieuses, transformer
les substances précieuses, réaliser des opérations d’affinage d’or, mener des activités
d’exploitation de substances précieuses et des opérations de traitement de minerai et de
résidus miniers.
•

Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina (BUMIGEB)

Il participe aux missions de coulée, de pesée et de colisage. Il assure l’analyse des
échantillons et le contrôle qualité et quantité de l’or.
1.1. Les acteurs de la chaine de production de l’EMA
L’organisation de l’EMA met en interactions plusieurs groupes d’acteurs. Dans les sites,
les exploitants sont organisés dans l’exécution de leurs activités de sorte que sur toute la
chaîne, les acteurs qui interviennent perçoivent une part de la rente aurifère.

20

�Tableau 1 : Les acteurs et leurs rôles
Acteurs

Rôles

•
Responsables de sites qui est •
général le détenteur de l’AEA •
•
Propriétaires terriens

•

Négociation des accords avec les responsables des sites
lors de la cession des terres

•

•

Employés par les responsables de sites comme traceurs,
creuseurs, concasseurs, « caleurs» ou techniciens de
soutènement et des dynamiteurs ou « tempeurs ».
Vente de produits de traitement du minerai et
marchandises diverses
Location de matériel

•

Achat de l’or

Exploitants artisanaux
•
Fournisseurs de services
Collecteurs d’or

Détention de moyens financiers
Distribution de l’espace
Fixation les règles de partage du minerai
Fixation les règles de gestion du site

Organisations
corporatives
• Apaisement des tensions
(syndicats)
et
leaders
• Défense des intérêts des membres
d’opinion
• Autorisation ou interdiction de l’exploitation artisanale
Détenteurs de titres miniers
sur le périmètre de son titre
• Veille au respect du cahier de charges
• Achat d’or
Comptoirs
de
• Organisation des sites
commercialisation de l’or
• Détention de capitaux
• Émission des avis sur les demandes d’AEA
• Contribution à l’organisation des sites
Communes
• Sensibilisation des acteurs
• Perception des taxes
Services déconcentrés en • Préservation de l’environnement
charge de la protection de • Répression en cas d’utilisation des produits chimiques
l’environnement et de la
prohibés
sécurité publique
• Maintien de l’ordre public
• Perception d’une commission sur l’exploitation
Les détenteurs de titres
artisanale menée sur le périmètre du titre
miniers
• Autorisation de l’EMA sur leurs sites
Source : collecte de données, novembre 2024
I.3 Description de l’EMA au Burkina Faso
L’inventaire de la cartographie des sites miniers artisanaux sur le territoire national réalisé
par l’ANEEMAS en 2018 a mis en évidence neuf cent cinquante-six (956) sites dont cinq
cent quatre-vingt-dix (590) actifs et trois cent soixante-six (366) inactifs. Les sites
21

�artisanaux sont des lieux de rencontre de plusieurs milliers de personnes venues de divers
horizons. On y trouve des acteurs investis dans la recherche de l’or et d’autres dans des
activités diverses. La forme d’organisation couramment rencontrée sur les sites met en
présence 2 zones (celle de l’extraction, et la zone commerciale confondu à la zone de
traitement et d’habitation) contrairement aux nouveaux textes (décret d’application du code
minier de 2024) qui prévoient quatre (04) zones que sont :
-

La zone d’extraction du minerai qui tient compte de l’emplacement présumé du
filon. On y retrouve des fosses d’extraction souvent très rapprochée (-2 m) avec
des profondeurs pouvant aller à plus de100 m ;

-

La zone de résidence où on retrouve des habitations plutôt précaires ;

-

La zone commerciale où l’on peut se procurer des produits de première nécessité ;
y compris restauration. Ce regroupement fait partie des mesures de sécurité ;

-

La zone de traitement qui est subdivisée en plusieurs hangars appartenant aux
propriétaires de puits. Ces hangars servent pour le stockage, le concassage et le
traitement de son minerai. C’est aussi dans cette zone qu’une place est aménagée
pour l’achat/vente de l’or.

Pour l’extraction, les artisans miniers exploitent surtout les gites primaires formés de
filons depuis la surface du sol, par des puits et tranchés et en profondeur par des galeries.
On note aussi l’exploitation des alluvions et des éluvions qui se fait par grattage et
vannage.
L’exploitation sous-terraine avec des galeries, se fait suivant plusieurs opérations :
-

La dislocation du massif : elle consiste à séparer le minerai de la roche encaissante,
puis l’abattage du minerai recherché à l’aide d’explosifs selon la nature de la
roche ;

-

L’évacuation des stériles et du minerai : il s’agit de les faire sortir des puits par le
système de poulies à l’aide de sacs vides de 50 kg et de morceaux de bidons de 20
et 25l.

-

Le soutènement : c’est l’ensemble des moyens mis en place pour empêcher
l’obstruction ou les éboulements. Cela se fait essentiellement avec du bois et des
câbles.

22

�Le matériel et les outils d’exploitation sont essentiellement des pioches, pics, pelles, sacs
vides, morceaux de bidons, des cordes ; des compresseurs pour fournir de l’oxygène dans
le puits ou forer la roche à l’aide de marteau piqueur et de fleuret, des motopompes pour
faire l’exhaure de l’eau, des poulies pour faciliter la sortie des stériles et minerai. Il
convient de noter que sur presque tous les sites, les équipements de sécurité et de
protection tels que les casques, les bottes, ou chaussures de sécurité, les masques antipoussières n’existent pas.
Pour le traitement, il se faisait manuellement. Le minerai est extrait et transporté sous
des hangars où il est pilé au mortier, écrasé à la meule et lavé à la main. On note cependant
une certaine mécanisation sur certains sites aurifères avec l’utilisation des
concasseurs/broyeurs et des sluices.
La récupération de l’or se fait par amalgamation manuelle avec du mercure ou par l’acide
chlorhydrique.
Depuis quelques années, un nouveau procédé de traitement a été introduit sur les sites
aurifères. Il s’agit du traitement par le cyanure. C’est un procédé moins pénible et plus
rentable mais très polluant. Le taux de récupération est assez élevé de l’ordre de 90% à
95%. Le traitement du minerai par les produits chimiques constitue un réel danger non
seulement pour les orpailleurs mais aussi pour l’environnement.
La commercialisation de l’or se fait sur le site. Il est vendu à des collecteurs (acheteurs)
locaux qui le sèchent avec du gaz (type), le pèsent et l’achètent (au comptant ou à crédit)
après déduction des dépenses contractées entre eux. Les prix sont fixés en fonction du
cours mondial et de la qualité de l’or.

23

�Photo 2 : Broyage du minerai à Meguet

1.4. Présentation des zones d’études
Commune de Meguet
La commune de Méguet est située à 26 km au Nord de Zorgho, chef-lieu de la province du
Ganzourgou dont elle relève et à 112 km de Ziniaré, chef-lieu de la région du Plateau
Central. Elle est constituée de 22 villages administratifs et couvre une superficie de 402
km2. La population de la commune de Méguet était estimée à 52 253 habitants en 2018 et
caractérisée par une extrême jeunesse.

La commune de Méguet est située sur une

pénéplaine parsemée de collines et de bas-fonds. Ces collines sont en réalité des
affleurements de type latéritique qui forment plus ou moins une chaîne autour de la
commune. On rencontre dans le terroir communal trois types de sols. Ce sont les sols
gravillonnaires, argileux et sablonneux. Le climat de la commune est de type Nordsoudanien caractérisé par une longue saison sèche et une courte saison pluvieuse Selon le
fichier village des résultats du RGPH 2006 avec l’application du taux d’accroissement,
donne une population estimée à 52253 en 2018. Outre l’agriculture, l’élevage et le
commerce, la population pratique également l’apiculture et l’artisanat, mais à très faible
échelle. Ces activités sont principalement destinées à la consommation locale. On y
pratique également l’orpaillage sans autorisation. Tambipélsé est un site minier artisanal et
à petite échelle de la commune de Meguet, sur lequel travaillent des femmes et des hommes
à la recherche de meilleures conditions de vie. L’inventaire des puits donne un nombre
estimatif de cinquante (50) puits fonctionnels.
24

�Les activités sur le site minier ont baissé de rythme due aux activités agricoles et à
l’augmentation des coûts de production sur le site. Pendant les périodes de la fièvre de l’or
on peut dénombrer jusqu’à 3000 personnes sur le site. Actuellement le site compte environ
500 personnes dont les 1/5 sont des femmes. Il est difficile de les retrouver en même temps
sur le site. Nous avons compté environ quarante (40) hommes et une dizaine de femmes.
Commune de Dano
Dano est le chef-lieu de la province du Ioba, dans la région du Sud-Ouest du Burkina Faso.
Elle a une superficie de 669 Km2, compte 24 villages et une population de 46 557 habitants.
Elle est située à une distance de 280 km de Ouagadougou. Le relief de la commune est en
général accidenté. Il est fait d’une succession de collines et la topographie laisse apparaître
des ondulations où se dégage un groupe de collines d’une altitude moyenne de 534 m avec
des pentes et des plateaux de 300 m d’altitude.
Le climat est de type soudanien caractérisé par deux (2) saisons : une saison sèche qui dure
de six (6) à sept (7) mois (d’octobre ou novembre en avril ou mai) et une saison pluvieuse
courte.
Le secteur du travail et de l’emploi est dominé par le secteur informel. Les activités
agricoles, d’élevage, le commerce et l’exploitation artisanale de l’or sont les principales
occupations de la population. Autrefois marginal, l’orpaillage constitue aujourd’hui une
activité économique importante des populations de la commune de Dano. En effet, la
commune abrite un site d’exploitation artisanal dans la localité de Gnikpière, un village
situé à 8 km de Dano. Au moment de l’enquête (fin novembre 2024), le site comptait près
de 2624 artisans miniers dont 961 femmes. Parmi eux, 486 détenaient des cartes d’artisans
minier. Le projet « Planète Gold » a collaboré avec la Coopérative SCOOPS
ZEMSTAABA/AMG.

25

�II. LES APPROCHES METHODOLOGIQUES
L’approche méthodologique adoptée consiste en un ensemble de démarches et outils de
collecte et de traitement de données. Il s’agit essentiellement de la recherche documentaire
ainsi que des approches quantitative et qualitative à base d’un questionnaire d’entretiens
par Google formulaire. Une méthode d’analyse qualitative de contenu, associée à une
analyse descriptive, a été employée pour interpréter les données. Ces analyses ont été
complétées par des traitements réalisés sous Excel pour une meilleure structuration des
résultats.
II.1 Champ d’analyse
Ce mémoire, consacré à l’analyse des forces et faiblesses de l’EMA pour une EMA
responsable dans la commune de Meguet et Dano se structure autour de trois axes majeurs:
-

Analyse des forces et faiblesses de l’EMA :

L’analyse des forces et faiblesses permettra d’identifier le potentiel de l’EMA dans sa
contribution à la lutte contre la pauvreté (retombées économiques, population vivant des
retombées etc), mais aussi les difficultés rencontrées y compris les impacts
environnementaux et sanitaires.
-

Analyse des modes de gestion de l’EMA :

Elle consiste en une analyse des modes de gestion traditionnelles de l’EMA à Meguet et
Dano et des stratégies d’encadrement promues par l’Etat. Une analyse du cadre juridique
et institutionnel est nécessaire. Cette analyse vise à évaluer l’efficacité des stratégies
d’encadrement pour une EMA responsable.
-

Analyse des approches d’EMA responsables promues :

Cette partie apprécie les deux expériences de projets mis en œuvre à Meguet et Dano. Elle
analyse les approches développées, les outils/équipements installés, sonde la perception
des orpailleurs et acteurs étatiques. Les principaux défis seront analysés, et des
recommandations seront formulées pour renforcer l’adoption des pratiques responsables.

II.2 La population

26

�La population c’est l’ensemble des individus ou des objets ou des agents ou des groupes
susceptibles d’être concerné par l’enquête. C’est l’entité sur laquelle les informations
collectées par l’enquête doivent être présentées. En effet, dans le cadre de notre étude, nous
avons considéré trois principaux groupes afin de garantir une analyse globale et
multidimensionnelle.
Le premier groupe cible les structures responsables de l’encadrement et de la formalisation
du secteur minier artisanal aux niveaux central et local, incluant des entités telles que la
Direction Générale des Mines et de la Géologie (via sa Direction des Exploitations
Minières Artisanales et Semi-Mécanisées), la Direction Générale du Cadastre Minier, et la
Société Nationale des Substances Précieuses (SONASP), les délégations spéciales, les
forces de défense et de sécurité et les services de l’environnement. Ces institutions
apportent un appui technique et réglementaire crucial pour la formalisation et la gestion
des activités minières artisanales.
Le second groupe est composé des Partenaires Techniques et Financiers, des organisations
non gouvernementales (ONG), des organisations de la société civile (OSC), qui ont
développé des projets visant la « durabilité » dans l’EMA ou qui font du plaidoyer pour
une meilleure prise en compte de l’EMA.
Le troisième groupe est constitué des faîtières d’artisans miniers (l’Union Nationale des
Artisans Miniers du Burkina (UNAAMB), et le Syndicat National des Exploitants Miniers
Artisanaux du Burkina (SYNEMAB)), des responsables des sites miniers artisanaux, des
coopératives et associations locales.
II.2.1 L’échantillonnage
Pour notre présente recherche, nous avons opté pour un échantillonnage par choix raisonné
qui consiste à sélectionner les intervenants les plus enclins à donner des réponses aux
questions de recherche étudiées.
En ce qui concerne la taille de l’échantillon, la littérature suggère que la population
d’enquête devrait permettre d’atteindre le point de saturation, c’est-à-dire lorsqu’un
entretien supplémentaire n’ajoute aucune information supplémentaire aux données
recueillies ; sachant que dans la pratique ce point est atteint avec une taille d’échantillon
variant entre 21 et 26 individus (Luborsky and Rubinstein, 1995 ; Strauss and Corbin, 1998
; Saldana, 2011). En plus, les contraintes de temps ont été prises en compte.
27

�Pour le premier groupe portant sur les acteurs centraux et locaux, au moins un représentant
par structure (ministère des mines et carrières du Burkina Faso, le ministère en charge de
l’environnement, SONASP et le BUMIGEB) ont été interrogés.
Pour le second groupe, nous avons identifié des ONG qui ont mis en œuvre des projets
visant la durabilité des mines artisanales. Pour notre étude, nous en avons retenu deux, dont
les chargés de projets ont été interviewés :
•

L’Alliance pour une Mine Responsable (ARM), avec ses projets « Appui à la
création d’un orpaillage responsable et légal au Burkina Faso » 2019-2021
financé par l’UE et « SANU KURA » 2019-2021

•

Artisanal Gold Council avec son Projet « Planet Gold » 2019-2023)

•

Le Projet d’Appui au Renforcement de la Gestion du Foncier et des Mines
(PARGFM) 2021-2026 financé par le Banque Mondiale et mis en œuvre par une
Unité de gestion de projet.

•

Le projet « Or propre » financé par la Coopération suisse et mis en œuvre par
Eau vive et ARM

Pour le troisième groupe, nous avons retenu les communes d’intervention des deux projets
« planet Gold » et « Or Propre » qui sont respectivement Dano et Méguet. Les entretiens
ont été réalisés avec les responsables des coopératives et faitières travaillant sur ces sites
et qui ont été impliqués dans les projets et des représentants de chaque maillon de la filière
(creuseur, broyeur, acheteur, propriétaire de trou). Aussi les autorité locales (président de
délégation spéciale, agent de l’environnement, force de défense et de Sécurité) ont été
interviewés. Il convient de mentionner que l’enquête quantitative a concernée 69 artisans
miniers sur les deux sites. Ce choix aléatoire de l’échantillonnage se justifie par le fait que
personne ne connait avec exactitude le nombre des orpailleurs dans les zones concernées
par l’étude.

Aussi, la mobilité des orpailleurs ne nous permet pas d’envisager un

échantillonnage probabiliste.
II.2.2 Les outils de collecte
Les outils de collecte utilisés dans le cadre de cette recherche ont été pour la plupart, un
guide d’entretien et le questionnaire. Ces outils ont été conçus pour chaque catégorie
d’enquêtés selon la technique de collecte utilisée et sur la base des rapports et documents
consultés. Les outils de collecte de données ont été adaptés aux questions d’évaluation
28

�globales. Ceux-ci incluent la pertinence, l’efficacité, l’efficience, l’impact et la durabilité
et surtout la question de réplicabilité et de mise à l’échelle du projet.
II.2.3 Les entretiens
Les responsables des projets ciblés ont mis à notre disposition une importante
documentation comprenant les documents de projet et les rapports techniques de suivi
évaluation. Cette documentation riche et variée nous a permis d’avoir suffisamment
d’informations pour une bonne exécution de cette recherche. En plus de la documentation,
des séries d’entretiens ont été réalisées auprès des partenaires pour compléter les
informations contenues dans la documentation. Il convient de mentionner que des focus
group ont été organisés avec les artisans miniers directement impliqués dans les projets.
II.3 La méthode de collecte et technique d’analyse des données
II.3.1

La méthode de collecte et de traitement des données

La méthode de collecte des données adoptée dans ce mémoire repose sur une combinaison
de techniques modernes et traditionnelles. La plateforme google forms a permis de générer
un questionnaire en ligne permettant ainsi de faciliter le processus de collecte auprès des
acteurs ayant accès au numérique. Cela réduit aussi le cout et permet un gain en temps.
WhatsApp a aussi été utilisé. Aussi, des enquêtes de terrain ont été conduites sur les sites
miniers ainsi qu’auprès des acteurs locaux impliqués dans la gestion de l’EMA.
II.3.2 L’aperçu du modèle d’analyse
En ce qui concerne les techniques d’analyse des données, une approche différenciée a été
adoptée pour les données quantitatives et qualitatives. Les données quantitatives, issues des
questionnaires administrés, ont été exportées sous forme de fichier Excel à partir de google
forms. Elles ont ensuite été analysées à l’aide d’outils statistiques, permettant de produire
des graphiques, des tableaux et d’identifier des tendances significatives. Pour les données
qualitatives, les informations recueillies à travers les entretiens et les focus groups ont été
retranscrites. Le traitement des informations s’est basé essentiellement sur l’analyse du
contenu thématique des témoignages recueillis. Ce processus a permis de regrouper les
réponses en fonction des grandes thématiques de recherche. C’est sous ces différentes
catégories qu’ont été ensuite rangés les contenus des différentes expressions enquêtés, sous
forme d’unité d’information correspondant à des mots, des phrases ou des idées générales

29

�issus des discours transcrits qui sont présentés comme résultats de notre travail en lien avec
les objectifs du mémoire.

Le second chapitre consacré au cadre de l’étude et méthodologique de recherche nous a
permis de circonscrire notre travail de recherche à savoir définir le cadre juridique et
institutionnel de l’EMA, les zones d’étude. Également, les aspects liés à la méthode de
collecte et d’analyse des données de terrain ont été abordés. Ce travail de bureau sera
complété par le travail de terrain dans la seconde partie de notre travail de recherche.
Le troisième chapitre mettra l’accent sur la présentation des résultats et discussions.

30

�CHAPITRE III : PRESENTATION DES RESULTATS ET ANALYSES
Ce chapitre présente les résultats issus de l’analyse des données collectées, mettant en
lumière la gouvernance de l’EMA au Burkina Faso. L’analyse des résultats repose sur les
outils méthodologiques définis précédemment, avec un focus particulier sur les forces et
faiblesses de l’EMA et les mesures à prendre pour une EMA responsable au Burkina Faso.
La première partie expose les principaux résultats, illustrés par des graphiques et tableaux
pour une compréhension claire. La seconde partie offre une interprétation approfondie, en
identifiant les forces, faiblesses, opportunités et menaces pour une exploitation minière
artisanale responsable. Enfin, le chapitre propose des recommandations concrètes pour une
EMA responsable au Burkina Faso et une bonne gouvernance.
I. LA PRESENTATION DES DONNEES RECUEILLIES ET ANALYSES
I.1 La perception de l’EMA telle que pratiquée au Burkina Faso
Les données collectées mettent à nu la problématique de l’exploitation artisanale de l’or
dans ces deux communes du Burkina Faso. Concernant l’ancienneté, il ressort que la
majorité à plus de 20 ans d’ancienneté sur les deux sites d’étude.
I.1.1 Répartition des enquêtés selon leur ancienneté dans l’EMA
Figure 1: Ancienneté des artisans miniers enquêtés dans les deux sites de Dano et de
Méguet
Ancienneté dans l'orpaillage
70,00%
60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%

0,00%
depuis plus de 20 ans

entre 15 à 20 ans

moins de 15 ans

Source : données d’enquête terrain, novembre 2024

31

�La figure n° 1 montre que des 69 creuseurs d’or rencontrés, 66,18% pratiquent l’extraction
artisanale de l’or depuis plus de 20 ans, 22,47% entre 15 et 20 ans et 7,35% moins de 15
ans. L’exploitation artisanale est perçue comme une activité génératrice de revenus par les
artisans miniers et certains d’entre eux (59,42%) la considèrent comme une bonne pratique
comme l’indique la figure n°2. Ce qui pourrait expliquer l’engagement de nombreuses
personnes dans l’activité malgré les risques.
I.1.2. Répartition des enquêtés selon leur appréciation des pratiques de l’EMA
Figure 2 : Appréciation des pratiques dans l'activité minière artisanale

Appréciation des différentes pratiques de l’orpaillage dans les
sites miniers artisanaux
20,01
8,07
59,42

12,5

bien

mauvais

ne peux pas apprécier

autre

Source : données d’enquête terrain, novembre 2024
La majorité des acteurs interviewés reconnaissent que l’EMA est l’un des premiers moteurs
du développement de notre pays avec des millions de personnes qui y bénéficient. Elle
participe à la résilience des populations et à la réduction du chômage des jeunes, cependant,
elle est caractérisée par son informalité de laquelle découle plusieurs autres problèmes. Les
données collectées révèlent en outre que les artisans miniers continuent d’utiliser des
produits chimiques dans le traitement du minerai en vue de l’extraction de l’or.
Un élu local de Méguet rencontré relève que « la circulation des produits chimiques est
interdite par la loi, mais ils sont toujours utilisés de façon frauduleuse par les artisans
miniers de la province du Ganzourgou ». En effet, les creuseurs ayant participé à l’étude
reconnaissent qu’ils utilisent les produits chimiques dans le traitement du minerai.

32

�I.1.3. Répartition des types de produits chimiques utilisés par les artisans miniers
dans le traitement du minerai
Figure 3 : Répartition des types de produits chimiques utilisés par les artisans miniers
dans le traitement du minerai

Répartition des produits que les orpailleurs continuent d'utiliser
dans le traitement de l'or

38%

56%

34%

Mercure

cyanure

autres

Source : données d’enquête terrain, novembre 2024
Selon l’étude réalisée sur le sujet par le SP/CONEDD (2013), l’économie burkinabè perd
chaque année 15,1 milliards de dollars (soit 19,2% du PIB) du fait de l’utilisation des
produits chimiques dans le secteur minier. Les coûts les plus importants relèvent de la santé
humaine et atteignent respectivement 2,1% (production de coton) et 13,6% (extraction de
l’or) du PIB et des dommages causés au capital naturel, notamment le sol et l’eau (6,1%
du PIB).
I.2. L’appréciation du cadre légal régissant l’EMA au Burkina Faso
L’exploitation minière au Burkina Faso, est encadrée par le Code minier et ses textes
d'application en cours d’élaboration/adoption. Le dernier en date a été a été adopté le 18
juillet 2024 par l’Assemblée législative de transition (ALT). Il s’agit de la Loi n°0162024/ALT portant code minier du Burkina Faso. Ce code établit les principes
fondamentaux régissant l'exploitation minière artisanale de substances de mines. Il
distingue deux types de titres miniers et autorisations : l'Autorisation d'Exploitation
Artisanale (AEA), destinée aux coopératives et aux particuliers burkinabè, et le Permis
d'Exploitation Semi-Mécanisée (PESM), réservé aux sociétés de droit burkinabè. Bien que
ces deux titres et autorisations soient distincts le code minier (article 90), prévoit qu’un
33

�titulaire d'une AEA puisse demander un PESM, sous réserve de respecter la réglementation
en vigueur. Cela permet aux exploitants de progresser vers une exploitation plus mécanisée
tout en restant dans le cadre légal. Cependant, l'AEA n'exclut pas les activités de recherche
sur la même surface qu'elle couvre. Si cette superficie est octroyée sous un permis de
recherche, le renouvellement de l'AEA nécessite l'autorisation du titulaire du permis. De
plus, en cas d'attribution d'un permis d'exploitation industrielle pour la même zone, l'AEA
ne peut être renouvelée. Dans un tel cas, le Code minier offre au bénéficiaire de l'AEA
deux options : soit entrer dans le capital social de la société exploitante à hauteur d'au moins
10 %, soit percevoir une indemnisation.
Pour la commercialisation, les détenteurs d’AEA sont tenus de vendre la totalité de leur
production à un comptoir établi sur le territoire national ou à l’organisme public d’achat et
vente d’or qu’est la SONASP.
En termes d’encadrement, il existe aussi un dispositif national dont le mandat repose sur le
suivi-contrôle des activités de la mine artisanale, la sensibilisation, formation/information
des acteurs, l’appui à l’organisation et à la formalisation, mais ces derniers peinent à
réglementer le secteur. Le nouveau code met l’accent sur la formalisation de l’EMA qui
est informelle et non régulée. Cela permettrait de mieux encadrer les pratiques, d'assurer la
sécurité des mineurs et de protéger l'environnement.
Le cadre légal est diversement apprécié par les acteurs rencontrés. Les artisans miniers
trouvent que le cadre légal n’est pas en leur faveur. La mine industrielle est privilégiée par
rapport à la mine artisanale, ce qui entraine des conflits en cas de présence d’artisans
miniers sur un permis de recherche ou d’exploitation. Aussi, les artisans miniers disent ne
pas obtenir de soutien de la part des autorités.
Pour les autres acteurs interviewés (cadres du MEMC, autorités locales), le cadre législatif
est insuffisant, parfois mal interprété ou méconnu, mais des améliorations sont constatées
dans le nouveau code avec par exemple, la disposition en l’article 89 du code minier de
créer des « couloirs d'exploitation artisanale » et les acteurs attendent sa mise en œuvre
pratique sur le terrain. On constate aussi une volonté clairement affichée de l’État
d’encadrer ce secteur sous toutes ses formes d’exploitation.
En somme, le code minier de 2024 pourrait représenter une opportunité pour améliorer la
situation des mineurs artisanaux au Burkina Faso, tout en veillant à la durabilité
34

�environnementale et au développement économique local. Toutefois, son succès dépendra
de l'engagement des autorités et de la coopération des acteurs concernés.
I.3. Les contraintes et défis liés à l’organisation du secteur de la mine artisanale
L’informalité des sites visités n’est pas ainsi due à la passivité des acteurs, mais à plusieurs
facteurs, dont la priorisation des exploitations à grande échelle au mépris des petits
exploitants qui se voient refuser les AEA sur des permis d’exploration ou des permis
industriels, (Geenen, 2012).
Du point de vue des acteurs interviewés, les contraintes et défis liés à l’organisation du
secteur de la mine artisanale sont énormes. Ceux-ci vont de la faible volonté des artisans
miniers à se déclarer et à l’insuffisances des ressources des administrations à couvrir tout
le territoire national. En effet, les artisans miniers sont réticents à se déclarer et organiser
leurs activités car cela sous-entend pour eux de payer des taxes à l’État alors que selon eux,
l’État ne les soutient pas, ne leur apporte pas l’appui financier et technique nécessaire au
développement de leur activité. L’État leur impose aussi de vendre leur production aux
comptoirs agrées ou à la SONASP alors qu’ils sont redevables vis-à-vis de ceux qui
préfinancent l’activité. Aussi, les longues procédures pour la formalisation, le coût de
l’AEA, l’éloignement de l'administration des mines avec les sites MAPE, la corruption ne
sont pas de nature à faciliter la formalisation.
Le code pourrait inclure des dispositions pour garantir les droits des mineurs artisanaux,
leur offrant un cadre légal pour exercer leur activité. Cela pourrait également inclure des
mesures de protection sociale et environnementale et des formations pour améliorer leurs
compétences. Le code pourrait également aborder la question du partage des ressources
entre les grandes entreprises minières et les mineurs artisanaux, favorisant une coexistence
plus harmonieuse et équitable.
Aussi, les insuffisances du cadre institutionnel et réglementaire, le nombre élevé d’acteurs
et de sites disséminés sur tout le territoire, l'aspect dynamique et anarchique des
exploitations minières artisanales, aggravé par l'insuffisance de personnel pour
l'encadrement des activités sur les sites sont de véritables contraintes à une bonne
gouvernance de l’EMA.
II. L’ANALYSE DES DONNEES
II.1. Analyse des forces et faiblesses de l’EMA
35

�Pour cette analyse l’outil FFOM a été utilisée
Tableau 2 : Analyse des Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces de l’EMA
Forces :
•

•
•

Faiblesses :

Capacité à lutter contre le chômage •

Caractère informel de la majorité des

(Selon Zongo (2020), les estimations

sites ;

de la direction des Mines du Burkina •

Nombre élevé et inaccessibilité de

Faso donnent à l’orpaillage 80% de

certains

taux d’insertion des jeunes au moment

publique ;

où ceux de de l’État seraient de l’ordre •

Destruction

de 1 à 10%) ;

l'environnement, l’air et l’eau ;

Importante source de revenus (entre •

Commercialisation frauduleuse ;

150 000 et 2 000 000 fcfa/ mois) ;

Faible voire non contribution aux

Contribution

à

la

résilience

•
des

populations ;

sites

par
et

l’administration
pollution

de

budgets des collectivités territoriales ;
•

Rivalité accrue entre artisans miniers

•

Contribution au développement local ;

•

Existence de textes législatifs ;

•

Existence d’une structure de tutelle ;

orpailleurs ;

•

Existence de faitières d’organisation •

Méconnaissance de la règlementation

défendant les intérêts des orpailleurs ;

accompagnée de son faible respect par

Existence de sites à grand potentiel.

la majorité des acteurs ;

•

pour l'accès à la ressource ;
•

•

Conflits récurrents ou latents entre

Faible application des textes par les
autorités ;

•

Source de problèmes de santé du fait de
la faible protection et de l’inhalation
des produits chimiques utilisés ;

•
Opportunités :
•

Existence

Exploitation des femmes et des enfants.

Menaces :
d’un

soutien

important actuellement

politique •

Concurrence

avec

les

mines

industrielles qui ont plus de pouvoir et
de ressources

36

�•

Nouveau code minier de juillet 2024 •

Règlementations

avec des dispositions plus favorables à

strictes vis-à-vis de l’EMA

l’EMA
•

•

Existence de programmes de formation •

nationales

trop

Conflits/insécurité
Instabilité politique

au profit des artisans miniers
•

Augmentation de la demande en or au
niveau national et international

•

Cours mondiale élevé de l’or

II.2. Les facteurs limitant l’encadrement de l’EMA
Il faut noter qu’environ 2% des sites miniers artisanaux sont officiellement couverts par
des autorisations administratives. La grande majorité des exploitations minières artisanales
ne sont pas couvertes par des Autorisations d’Exploitation Artisanales (AEA) et des
conventions de gestion signés sous l’ancien code minier. Cela contredit le régime de
l’autorisation préalable prévu par l’article 8 du Code minier. Le défaut de formalisation
relevé ci-dessus, fait que les autres dispositions d’encadrement de l’EMAPE prévues dans
le Code minier et ses textes règlementaires ne sont pas respectées par les artisans miniers.
En plus, très peu d’exploitants artisanaux, environ 10 000 sur une estimation de 2 000 000
(SONASP, 2024) sont immatriculés par l’Administration des mines.
L’étude d’identification des meilleures options pour une exploitation minière artisanale et
à petite échelle responsable au Burkina Faso (CAERD, 2021) mentionne les aspects de la
règlementation en déphasage avec les pratiques de l’EMA. L’analyse montre que la crise
de confiance entre les acteurs des mines artisanales et les autorités ou les collectivités
territoriales est née de la réglementation instaurée dans ce secteur, notamment l’interdiction
de l’utilisation de produits chimiques et d’énergie mécanique, l’exigence de l’autorisation
préalable et la formalisation de la pratique n’ont pas été favorablement accueillies par les
artisans miniers. En effet, A Medinilla, P Karkare et T Zongo, (2020), rapportent que selon
les artisans miniers, la règlementation relative à l’organisation de la commercialisation de
l’or serait inadaptée, car élaborée sans tenir compte de la réalité de l’exploitation artisanale.

37

�Selon le CAERD, l’ensemble de ces défauts de formalisation a également entrainé le nonrespect des autres dispositions d’encadrement de l’EMAPE prévues dans le Code minier.
En effet, il ressort que le besoin de contrôle des revenus liés à l’extraction artisanale de l’or
avait conduit à des dérives de la part des comptoirs durant des années, entraînant des
difficultés dans l’exercice du métier d’orpailleur.
On note aussi une concentration des différentes directions du Ministère de l’Energie, des
Mines et des Carrières (MEMC) à Ouagadougou démontrant la faible présence de l’État
sur le terrain. Le MEMC ne dispose que de directions régionales récemment installées
(2023) sans personnel ni infrastructures (seul un directeur régional nommé) et est donc
faiblement représentée auprès des artisans miniers sur le terrain à l’exception de
l’ANEEMAS qui disposait d’une dizaine de bureaux d’encadrement délocalisés et qui
n’existe plus aujourd’hui. Cette situation ne facilite pas le rapprochement et le
renforcement du climat de confiance entre les acteurs de l’EMA et le MEMC. Une des
conséquences de cette absence de l’État est le manque d’accompagnement formel des
orpailleurs au plan financier pour la professionnalisation de la filière.
La concrétisation de l’appui technique de l’État pourrait inciter les acteurs à la
formalisation. Selon les orpailleurs interviewés, l’approche de l’agence pour
l’établissement des documents de propriété est mauvaise. Au lieu de proposer d’abord des
sources de financement, elle impose la manière dont elle achète l’or que les orpailleurs ont
extrait à l’aide de crédits obtenus auprès de leurs patrons.
Le cadre légal devrait plus prendre en compte les réalités actuelles du secteur minier
artisanal et avec une forte volonté politique pour son application. Les insuffisances liées à
la régulation de l’orpaillage résultent de l’État qui n’arrive pas à faire appliquer ses propres
textes et du manque de transparence grandiose dans le secteur de la mine artisanale.
Mettre en place une structure étatique pour la réguler correctement serait une occasion pour
booster l’activité, mais mettre en place un arsenal de mesure pour combattre l’activité
orpaillage au profit de la mine industrielle serait contre-productif au Burkina Faso. Même
si le secteur minier ne représente pas le seul poumon de l’économie Burkinabé, la
formalisation de l’orpaillage est une opportunité de taille pour les zones de production.
C’est dans ce cadre que Campbell (2007) estime qu’avec la valorisation des matières

38

�premières exploitées, la création de liens d’entraînements avec les autres secteurs de
l’économie peut créer une dynamique de développement importante.
Le nouveau code minier de 2024 se veut plus rassurant quant à la ferme volonté des
autorités d’encadrer le secteur plutôt que de l’interdire selon une approche co-construite
par l’ensemble des acteurs.
II.3. Analyse des approches d’EMA responsables promues
Dans le but d’atténuer les impacts négatifs de l’EMAPE et d’accroître sa part contributive
au développement durable, des initiatives pour une exploitation minière artisanale
organisée, encadrée et respectueuse des droits humains au Burkina Faso ont été relevées.
Nous avons retenu 2 projets comme annoncé dans la méthodologie.
•

Planet Gold, 2019-2023

•

Le Projet « Or propre » 2018-2020

II.3.1 Le projet Planet GOLD
Le projet Planet GOLD Burkina Faso (dont le titre complet est : « GEF GOLD :
contribution

à

l’élimination

du

mercure

et

à

l’amélioration

de

la

chaîne

d’approvisionnement en or dans le secteur de l’orpaillage) est mis en œuvre par deux
principaux partenaires que sont l’ONUDI — agence en charge de la mise en œuvre du
projet pour le FEM — et l’organisation de la société civile Artisanal Gold Council (AGC)
— agence en charge de l’exécution du projet pour le FEM. Ces deux partenaires ont
collaboré pour démontrer une approche opérationnelle de l’extraction d’or propre par de
petits entrepreneurs locaux, en combinant la construction d’un site pilote pour l’extraction
d’or sans mercure avec un programme de formation pour les artisans miniers actifs ou
nouvellement installés, ainsi qu’un accès facilité au crédit formalisé pour ces entrepreneurs.
Le site pilote est dans la commune de Dano dans la région du Sud-Ouest, une région où
l’orpaillage mécanisé est en plein essor, et où les problèmes d’insécurité sont moins
présents que dans d’autres régions du pays.

39

�Photo 3 : Système de traitement sans mercure installé à Dano

Source : auteure, collecte des données, novembre 2024
II.3.2 Le projet pilote « or propre »
Le projet pilote « or propre » est une expérimentation technique et sociale d’organisation
de la filière artisanale de l’exploitation aurifère réalisée dans trois communes (Zorgho,
Boudri et Meguet) situées dans la province du Ganzourgou (Burkina Faso) depuis 2018.
Elle consiste notamment à l’expérimentation d’un outil de traitement de l’or par la méthode
gravimétrique. Eau Vive Internationale a bénéficié du concours financier de partenaires
(Grand Reims en France, de l’Ambassade de France au Burkina Faso ainsi que de la
Coopération Suisse) pour conduire ce projet pilote de promotion de pratiques vertueuses
dans l’exploitation artisanale de l’or.
La majorité des artisans miniers qui ont participé aux entrevues ont souligné que les projets
« Or propre » et « Planet Gold » sont pertinents et souhaitent qu’ils soient maintenus sur
les sites d’orpaillage. Un artisan minier de Dano souligne : « le projet tel que je le
comprends est bien. Il répond à nos attentes par rapport à la protection de notre santé, celle
de nos animaux et de l’environnement. Il résout également le problème de la pénibilité du
traitement du minerai et le risque de blessures ».
Il ressort que le projet pilote “Or propre” qui vise l’accompagnement des communes à la
structuration du secteur minier artisanal, à l’organisation des artisans miniers et à la gestion
40

�participative, intégrée de l’exploitation aurifère artisanale cadre avec les priorités des
communes. De plus, le projet “Or propre”, en proposant la centrifugeuse à la place des
produits chimiques pour le traitement du minerai, est soucieux de la santé des populations
et de l’environnement et met l’accent sur la gestion durable des ressources naturelles dans
les communes ciblées pour une amélioration des conditions de vie des artisans miniers et
des populations environnantes.
Cependant, le constat est que malgré l’appréciation positive des deux projets, les mauvaises
pratiques persistent, c’est-à-dire l’usage combiné de la centrifugeuse et des produits
chimiques prohibés. La majorité des acteurs, jusqu’à 75% des creuseurs pensent que la
centrifugeuse ne capte pas tout l’or et 7% d’entre eux n’ont pas du tout confiance à la
machine, et quelque uns n’ont pas accepté ces projets car ils estiment que l’or de la
centrifugeuse est très fin et volatile comparativement à l’or traité avec le mercure qui est
sous forme de boule.
On peut donc en conclure que les artisans miniers apprécient bien la centrifugeuse, mais
préfèrent l’associer aux produits chimiques notamment le cyanure pour la granulation du
métal.
Tableau 3 : Appréciation des orpailleurs sur les équipements promus par le projet « or
propre »
Élément d’appréciation

Proportion des creuseurs

Augmentation des rendements de production versus les 88%
procédés traditionnels
Augmentation probable des revenus
54%
Réduction de l’utilisation du mercure et du cyanure

23%

Réduction du temps et de la pénibilité du travail

94%

Santé humaine et animale ; protection de l’environnement 75%
Effets sur les femmes et les enfants

16%

Réduction des conflits

68%

Source : rapport d’évaluation finale projet OR Propre
Plusieurs leçons ont été tirées de ces expériences pour une mise en œuvre réussie à savoir
la nécessité de maintenir une bonne communication et sensibilisation durant tout le
processus du projet afin d’obtenir

la confiance des artisans miniers, l’application
41

�des « sanctions » contre la vente et/ou l’achat de tout produit chimique (mercure et
cyanure), la mise en place d’un comité de suivi représentatif de toutes les couches sociales
(hommes, femmes, jeunes, personnes âgées ; leaders religieux et coutumiers, élus locaux,
OSC, etc.) afin d’assurer un suivi participatif du processus et pour plus de transparence et
pour renforcer la confiance des bénéficiaires, la prise en compte du genre et la mise à
disposition d’outils de traitement avec des taux de rendements significativement supérieurs
aux procédés traditionnels rendant superflus toute tentative postérieure de traitement avec
le mercure. Des propos des parties prenantes, la communication, la sécurité et la motivation
sont les clés de réussite d’un projet œuvrant pour une « EMA responsable ».
En termes de conclusion partielle, ce troisième chapitre nous a permis d’apprécier les forces
et les faiblesses et l’EMA qui montrent que malgré ses impacts négatifs, ses retombées
économiques sont énormes, d’où la nécessité de l’encadrer plutôt que de réprimer. Le
cadre réglementaire devrait favoriser l’encadrement, la réglementation de l’EMA sans que
les orpailleurs ne le vivent comme la volonté de l’Etat de les contrôler. Des pilotes de
projets promouvant des technologies alternatives à l’utilisation des produits chimiques ont
été mis en œuvre avec des résultats satisfaisants, reste à l’Etat de s’en approprier et
améliorer le processus.

42

�CONCLUSION GENERALE
Ce présent mémoire a exploré les effets de la gouvernance sur l’EMA au Burkina Faso en
se concentrant sur les communes de Dano et Meguet. L’objectif global de cette recherche
d’analyser l’effet de la gouvernance sur l’EMA et de façon spécifique, i. Examiner les
forces et faiblesses de l’EMA au Burkina Faso ; ii. Identifier les facteurs explicatifs de
l’échec des tentatives d’encadrement de l’EMA au Burkina et iii. Proposer des mesures à
prendre pour une EMA responsable. A travers une méthodologie adaptée, ce travail a mis
en relief des résultats significatifs, notamment les forces et faiblesses de l’EMA, les
facteurs explicatifs des échecs des tentatives d’encadrement mais a aussi permis
d’identifier des mesures pour une EMA responsable.
Les analyses montrent que l’EMA, bien qu’informelle présente un potentielle énorme en
termes de contribution au développement local, réduction du chômage, pour peu qu’elle
bénéficie d’un accompagnement conséquent de la part des autorités, d’une bonne
gouvernance. On voit bien que les faiblesses de l’EMA sont fortement liées à la faiblesse
de la gouvernance du secteur par les autorités, cela ayant entrainé son développement
anarchique. Ce point nous permet de faire le lien avec nos hypothèses formulées au départ,
qui pour l’ensemble, se confirment.
Concernant l’hypothèse 1 qui affirme que le manque d’inclusion et la non prise en compte
des intérêts spécifiques de plusieurs acteurs locaux impliqués dans le secteur de l’EMA
(orpailleurs, chefferies traditionnelles, autorités locales, etc.), l’informalité, les impacts
environnementaux et sanitaires etc, constituent les faiblesses de l’EMA au Burkina Faso,
corrobore avec les résultats de nos travaux.
Pour l’hypothèse 2, qui affirme que l’insuffisance de solutions innovantes aux problèmes
causés par l’EMA, expliquent l’échec des tentatives d’encadrement de l’EMA au Burkina
Faso, elle se confirme partiellement à travers l’analyse des deux projets promouvant un
« Or responsable ». Cependant, il faudrait noter aussi que, l’ignorance des orpailleurs qui
ne connaissent que ce qu’ils ont toujours vu faire, utiliser le mercure pour l’amalgamation
et pratiquer la cyanuration pour extraire le maximum d’or.
Enfin, l’hypothèse 3 affirmait que l’amélioration des textes réglementaires en faveur de
l’EMA faciliterait son encadrement est aussi partiellement vérifiée, car nous avons vu

43

�qu’au-delà des textes, le préfinancement de l’activité est nécessaire pour maitriser toute la
chaine, de l’extraction à la commercialisation.
Pour améliorer l’EMA, nous formulons les implications de politiques économiques cidessous.
Implications de politiques économiques
Dans le cadre de la politique minière du Burkina, le pays a fait l’option de la formalisation
des sites miniers artisanaux informels à travers l’octroi d’autorisation ou de permis
d’exploitation en témoigne les innovations du nouveau code minier de 2024. Aussi une
stratégie nationale d’encadrement du sous-secteur est en cours d’élaboration. Ces nouvelles
orientations sont perçues comme une opportunité de soutien politique permettant de
règlementer le sous-secteur. L’approche du gouvernement vise à transformer le secteur
dans son ensemble, de la formalisation des sites d’extraction minière artisanale à la
commercialisation et à l’exportation de l’or extrait de manière artisanale. Suite à notre
recherche nous pouvons formuler plusieurs recommandations dans le sens d’améliorer la
gouvernance pour une EMAPE responsable sur 4 axes repris ci-dessous.
Sur la formalisation des sites qui est la première étape pour intégrer les activités minières
artisanales dans l'économie, elle est loin d’être une solution miracle. Elle doit tenir compte
de la dynamique de pouvoir existante dans et autour d’un site minier. Pour qu'un groupe
de mineurs puisse s'organiser durablement en coopérative, des incitations commerciales et
sectorielles sont donc nécessaires. Les procédures de formalisation doivent être allégées et
suffisamment communiquées aux acteurs.
Sur les alternatives technologiques, il ressort qu’à ce stade, il n’existe pas de solution
parfaite pour remplacer l’utilisation du mercure et / ou du cyanure dans les mines
artisanales. Le concentrateur centrifuge a montré des résultats prometteurs (jusqu’à 6070%) mais Il n’existe pas non plus de solution pour extraire les 30-40% restants sans
traitement chimique, ce qui signifie qu’après le traitement centrifuge, des produits
chimiques seraient toujours appliqués sur le résidu afin d’en extraire la plus grande quantité
possible. D’où la nécessité de contrôler avec la mise en place de centres de traitement
mutualisés qui au-delà des aspects technologiques doivent prendre en compte la
cyanuration contrôlée, mais également présenter une analyse de rentabilisation adaptée et
établir une relation de confiance avec les mineurs, les communautés et les autorités.

44

�Sur la gouvernance du sous-secteur, nous avons vu des tentatives précédentes
d’encadrement de l’Etat (ANEEMAS) que l’éloignement des sites miniers des centres de
décision ne facilite pas l’encadrement de l’activité au vu de la façon dont l’activité s’est
développée. Alors que l'exploitation minière a lieu au niveau local, l'approche adoptée par
l'État est fondamentalement centralisée, avec une implication minimale des collectivités
territoriales, ce qui constitue une lacune importante dans la vision du gouvernement sur
l'exploitation minière. La vaste étendue de l'exploitation minière artisanale dans le pays
signifie qu'une solution rapide est impossible. Pour transformer le secteur, il est nécessaire
d'adopter une approche « bottom-up » commençant au niveau local, qui évoluera d'un cas
à l'autre en fonction des facteurs de l'économie et de la communauté locale (relations avec
les autorités locales, rôle des chefs traditionnels, etc.) ; une approche qui lie les efforts de
formalisation aux objectifs de développement local et rural, ainsi que le renforcement de
la gouvernance locale dans les zones concernées par l'exploitation minière. En considérant
le secteur artisanal, pas simplement comme un problème, mais comme une activité
économique viable dans les zones rurales, des opportunités se présentent pour redéfinir le
secteur de manière à répondre aux défis du développement local. Ceci comprend : - le
réinvestissement des revenus miniers dans les activités économiques locales et le
développement rural - le développement et la promotion de nouvelles formes de services
essentiels aux activités minières artisanales - le renforcement de la gouvernance locale de
l'exploitation minière, y compris la surveillance de l'environnement, les mesures de sécurité
et la fiscalité locale - l’établissement de couloirs d’artisanat minier avec un accès sécurisé
et à long terme - l’appui à une commercialisation à la fois rentable et équitable. La
gouvernance locale est une lacune majeure dans la manière dont la question de
l’exploitation de l'or est abordée au Burkina Faso. Une approche inclusive (bottom-up) est
nécessaire pour habiliter légitimement les autorités locales à jouer un nouveau rôle dans et
autour des opérations artisanales.
Concernant la commercialisation les dernières décisions de l’autorité (reprises dans le
code minier de 2024) sur l’interdiction d’exportation de l’or et l’obligation de vente aux
comptoirs agrées ou à la SONASP est une bonne chose. Seulement, elles doivent
s’accompagner de mesures incitatives (préfinancement de l’extraction, prix d’achat
incitateur supérieur à celui de la contrebande) pour l’orpailleur.

45

�L'exploitation minière artisanale est également un problème fondamentalement régional.
Les frontières poreuses dans la sous-région font que l'or passe d'un pays à l'autre sans trop
d'effort. Les chiffres des importations et des exportations montrent que le commerce de l'or
en Afrique de l'Ouest est aussi opaque qu’élevé. Une harmonisation des politiques dans les
pays de la région sera déterminante pour résoudre le problème de la contrebande.
Pour relever le défi de mettre en place une EMA responsable au Burkina Faso, il est
nécessaire d’adopter et de promouvoir les meilleures pratiques dans les domaines de
l’encadrement, de la formalisation, du respect des droits humains et de l’environnement.
Pour cela, une synergie des actions de l’ensemble des acteurs et parties prenantes dans le
processus d’octroi des autorisations et le suivi de l’EMAPE est nécessaire. Toute tentative
visant à transformer durablement le secteur de l'or nécessitera de prendre en compte les
intérêts, enjeux et les motivations des différents acteurs de la filière.

46

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49

�Zongo, T. (2020). Les techniques d’exploitation artisanale de l’or dans le Sanmatenga au
Burkina Faso. Innovations, enjeux politiques et environnementaux, 419-431.

50

�ANNEXES
I°) Guide d’entretien acteurs étatiques au niveau central : DGMG/DGCM
/DEMAS/DGPE
1. Quelles sont les principales missions et responsabilités de votre institution ou service en
lien avec l’artisanat minier ?
2.1 Que pensez-vous de l’Exploitation Minière Artisanale (EMA) telle que pratiquée au
Burkina ? (Énumérez les forces)
2.2. Que pensez-vous de l’Exploitation Minière Artisanale (EMA) telle que pratiquée au
Burkina ? (Énumérez les faiblesses/difficultés)
3. Quelle appréciation faites-vous du cadre légal qui régit les activités minières, en
particulier celui de la mine artisanale ?
4. Quelles sont les contraintes liées à l’organisation du secteur de la mine artisanale ?
5. Quels sont les principaux défis et contraintes auxquels vous êtes confrontés dans
l’exercice de vos attributions, notamment en matière d’encadrement et de délivrance des
titres liés à l’artisanat minier ?
6. De quels moyens d’action disposez-vous pour le respect de la convention de Minamata
dans le secteur minier artisanal de l’or ?
7. Qu’est ce qui doit être fait pour que l’EMA devienne respectueuse de la convention de
Minamata de façon spécifique et globalement de l’environnement ?
8. Quelles propositions d’actions faites-vous pour une meilleure organisation des
exploitants mineurs et du secteur de la mine artisanale ?
9. Quelles propositions pour une meilleure gouvernance du secteur minier artisanal ?
II°) Guide adressé aux acteurs locaux de la commune (Président de délégation
spéciale, Haut-commissaire, service de sécurité police/gendarmerie, agent de
l’environnement)
1. Quelles sont vos attributions spécifiques dans le cadre de l’exploitation minière
artisanale ?
2. Pouvez-vous nous parler de l’exploitation minière artisanale de l’or dans votre
localité ? (ampleur, forces, faiblesses)
3. Quelle appréciation faites-vous du cadre légal qui régit les activités minières, en
particulier celle de la mine artisanale ?
4.

Quelles sont les contraintes liées à l’organisation du secteur de la mine artisanale ?

5. Quels sont les défis et les contraintes spécifiques que vous rencontrés dans le cadre de
vos attributions ?
51

�6.
Quelles propositions d’actions faites-vous pour une meilleure organisation des
exploitants mineurs et du secteur de la mine artisanale ?
7. Quelles propositions pour une meilleure gouvernance du secteur minier artisanal ?
III°) Questionnaire adressé aux artisans miniers et faitières d’artisans miniers
1. Quelle est votre ancienneté dans l’exploitation minière artisanale ?
/__/ 0 à 5 ans
/__/ 5 à 10 ans
/__/ 10 à 15 ans
/__/ 15 à 20 ans
/__/ Plus de 20 ans
2. Êtes -vous légalement reconnu ? (AEA ? Carte d’artisan minier ou autre ?)
/__/ Autorisation d'exploitation artisanale (AEA)
/__/ Carte d'artisan minier
/__/ Carte de fournisseurs de service
/__/ Carte de collecteur d'or
/__/ Autre :
3. Quelles sont les faitières d'artisans miniers présentes sur le site ainsi que les
coopératives ?
4. Quelle activité faites-vous sur le site ?
/__/ Creuseur
/__/ Propriétaire de trou
/__/ Concassage de minerai
/__/ Broyeur de minerai
/__/ Responsable du site
/__/ Collecteur d'or
/__/ Autre :
5. Que pensez-vous de votre activité ?
6. Quel est votre revenu moyen mensuel (responsable du site, propriétaire du trou, creuseur,
broyeur, concasseur, laveur et dynamiteur) ?
7. Quelle appréciation faites-vous du cadre légal qui régit votre activité ?
8. Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans vos activités ?
9. Quelles sont vos attentes et vos besoins en matière d’accompagnement, de formation,
de financement, etc.
10. Y a-t-il d'autres informations pertinentes que la faitière souhaite partager concernant
ce sujet ?

52

�TABLE DES MATIERES
DÉDICACE ......................................................................................................................................... ii
REMERCIEMENTS ............................................................................................................................ iii
LISTE DES TABLEAUX ........................................................................................................................ v
LISTE DES FIGURES ........................................................................................................................... v
LISTE DES PHOTOS ........................................................................................................................... v
SIGLES ET ABRÉVIATION .................................................................................................................vii
INTRODUCTION GENERALE .............................................................................................................. 1
CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LITTERATURE ....................................................... 7
I.

II.

CADRE CONCEPTUEL ................................................................................................................ 7
I.1

Exploitation minière artisanale (EMA) ............................................................................. 7

I.2

Exploitation Responsable................................................................................................. 8

I.3

Gouvernance.................................................................................................................... 9

REVUE DE LITTERATURE SUR LE LIEN ENTRE LA GOUVERNANCE ET L’EMA .......................... 10

CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE DE RECHERCHE ........................................ 17
I. LE CADRE DE L’ETUDE ................................................................................................................. 17
I.1 Cadre juridique ..................................................................................................................... 17
I.2 Cadre institutionnel .............................................................................................................. 19
I.3 Description de l’EMA au Burkina Faso .................................................................................. 21
1.4. Présentation des zones d’études ........................................................................................ 24
II. LES APPROCHES METHODOLOGIQUES ...................................................................................... 26
II.1

Champ d’analyse ............................................................................................................ 26

II.2

La population ................................................................................................................. 26

II.2.1

L’échantillonnage ................................................................................................... 27

II.2.2

Les outils de collecte .............................................................................................. 28

II.2.3

Les entretiens......................................................................................................... 29

II.3

La méthode de collecte et technique d’analyse des données ....................................... 29

II.3.1

La méthode de collecte et de traitement des données ......................................... 29

II.3.2

L’aperçu du modèle d’analyse ............................................................................... 29

CHAPITRE III : PRESENTATION DES RESULTATS ET ANALYSES ....................................................... 31
I. LA PRESENTATION DES DONNEES RECUEILLIES ET ANALYSES.................................................... 31
I.1 La perception de l’EMA telle que pratiquée au Burkina Faso .............................................. 31
I.1.1 Répartition des enquêtés selon leur ancienneté dans l’EMA............................................ 31
I.1.2. Répartition des enquêtés selon leur appréciation des pratiques de l’EMA ..................... 32
I.1.3. Répartition des types de produits chimiques utilisés par les artisans miniers dans le
traitement du minerai ............................................................................................................... 33
53

�I.2. L’appréciation du cadre légal régissant l’EMA au Burkina Faso .......................................... 33
I.3. Les contraintes et défis liés à l’organisation du secteur de la mine artisanale ................... 35
II. L’ANALYSE DES DONNEES .......................................................................................................... 35
II.1. Analyse des forces et faiblesses de l’EMA .......................................................................... 35
II.2. Les facteurs limitant l’encadrement de l’EMA.................................................................... 37
II.3. Analyse des approches d’EMA responsables promues ...................................................... 39
II.3.1

Le projet Planet GOLD............................................................................................ 39

II.3.2

Le projet pilote « or propre » ................................................................................ 40

CONCLUSION GENERALE................................................................................................................ 43
BIBLIOGRAPHIE .............................................................................................................................. 47
ANNEXES ........................................................................................................................................ 51
TABLE DES MATIERES..................................................................................................................... 53

54

�</text>
                </elementText>
              </elementTextContainer>
            </element>
          </elementContainer>
        </elementSet>
      </elementSetContainer>
    </file>
  </fileContainer>
  <collection collectionId="1">
    <elementSetContainer>
      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
        <elementContainer>
          <element elementId="50">
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            <description>A name given to the resource</description>
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                <text>DROIT - ÉCONOMIE -  GESTION</text>
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                <text>ÉCONOMIE - DROIT - GESTION</text>
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                <text>La collection Droit économie et gestion (DEG) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières droit, économie et gestion.</text>
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      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
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              <text>Analyse de l’effet de la gouvernance sur l’Exploitation &#13;
Minière artisanale (EMA) au Burkina Faso : cas des communes de Dano et de Méguet.</text>
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          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
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              <text>L’Exploitation Minière Artisanale (EMA), bien que pourvoyeuse d’emploi et de revenus pour la population Burkinabé, semble échapper aux mesures établies par la loi posant ainsi des défis sociaux, environnementaux, sanitaires et sécuritaires. Son organisation apparaît donc essentielle pour une exploitation plus responsable. Cette recherche vise à analyser l’effet de la gouvernance sur l’EMA responsable, en utilisant une méthodologie mixte combinant la recherche documentaire ainsi que des approches quantitative et qualitative via des entretiens. Les résultats mettent en évidence les forces de l’EMA, tels que la réduction du chômage, et le développement local, ainsi que ses faiblesses, notamment la dégradation environnementale, les risques sanitaires et les conflits. L’analyse des modes de gestion révèle une volonté étatique d’encadrement face à un secteur largement informel. Les leçons tirées de deux projets ayant promu des pratiques responsables montrent qu’il est possible de promouvoir un « or responsable », bien que l’élimination totale des produits chimiques reste complexe. Cela souligne la nécessité pour les décideurs d’adopter des mesures renforçant l’encadrement et le respect des droits humains et de l’environnement.</text>
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              <text>TCHIOMBIANO/YARA Jeannine Aïcha</text>
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          <name>Date</name>
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              <text>2025</text>
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          <name>Type</name>
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              <text>Mémoire de master</text>
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      <name>Exploitation Minière Artisanale</name>
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      <name>Exploitation responsable</name>
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      <name>Gouvernance</name>
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