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                  <text>MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE
ET DE L’INNOVATION

BURKINA FASO
La Patrie ou la Mort,
nous Vaincrons

=-=-=-=-=-=-=-=-=

UNIVERSITE THOMAS SANKARA
=-=-=-=-=-=-=-=-=
INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE A DISTANCE
=-=-=-=-=-=-=-=-=

Pour l’obtention du master pro Développement Local et Gestion des
Collectivités Territoriales (DEVLOG)
Promotion 2021 – 2022
THEME

ANALYSE DES FACTEURS LIMITANT LA
PARTICIPATION CITOYENNE DANS LA
GESTION DE LA COMMUNE DE PÔ
Présenté par :
SAKANDE Hamado

DIRECTEUR DE MEMOIRE :
Dr Alima Paule Ariane SOUMAÏLA/NAPON
DECEMBRE 2024

�DEDICACE

À ma famille pour leur soutien inconditionnel et leur amour sans limite.

i

�REMERCIEMENTS
« Merci est un petit mot, mais il ne sort de la bouche que sous l’effet d’un acte qui inspire
la gratitude » disait Amadou Hampâté Bâ. Au terme de ce travail, je voudrais exprimer
ma profonde gratitude à toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la réussite de notre
formation. Nous voudrions nous garder de les citer de peur d’en oublier. Néanmoins, nous
sollicitons la compréhension de toutes et de tous pour traduire nos sincères
remerciements à :
-

Docteur Alima Paule Ariane SOUMAÏLA/NAPON, notre directrice de mémoire
pour l’encadrement et pour nous avoir inculqué l’amour de la recherche ;

-

Monsieur Valérie BAMA, Préfet, Président de la Délégation spéciale de la
Commune de Pô ;

-

Monsieur Hamidou ZONGO, secrétaire général de la mairie de Pô, notre maitre
de stage, pour sa précieuse assistance ;

-

Docteur Benjamin SIA, responsable administratif / IFOAD-Université Thomas
SANKARA ;

-

L’ensemble du personnel de la mairie de Pô pour l’accueil chaleureux et les
encouragements ;

-

Tout le personnel et le corps professoral de l’IFOAD-Université Thomas
SANKARA qui n’ont ménagé aucun effort pour nous assurer une formation de
qualité et leur disponibilité ;

-

Tout le personnel de l’AUF/BURKINA FASO pour leur disponibilité à nous
accueillir dans leurs locaux lors de nos passages à Ouagadougou ;

-

Tous les apprenants en DEVLOG de la promotion 2020-2022 pour la bonne
collaboration, l’esprit de camaraderie et pour leur disponibilité ;

-

Tous les enquêtés pour leur disponibilité et leurs contributions combien
importantes dans la collecte des données pour la rédaction de ce mémoire ;

-

Nos parents et amis qui nous ont toujours soutenus et encouragés dans notre
parcours académique et professionnel ;

A tous, daignez trouver en ces mots toute mon admiration et ma reconnaissance.

ii

�SIGLES ET ABREVIATIONS
AN

: Assemblée Nationale

AUF

: Agence Universitaire de la Francophonie

CADHP

: Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples

CADEG

: Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance

CCCO

: Cadre de Concertation Communale

CGCT

: Code Général des Collectivités Territoriales

CGLU

: Cités et Gouvernements Locaux Unis

CPO

: Commune de Pô

COVED

: Comité de Veille et de Développement

CVD

: Conseil Villageois de Développement

CT

: Collectivité Territoriale

DS

: Délégation Spéciale

DUDH

: Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

ENAM

: Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature

ENAREF

: Ecole Nationale des Régies Financières

IFOAD

: Institut de Formation Ouverte A Distance

MATD

: Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation

MEF

: Ministère de l’Economie et des Finances

MESRI

: Ministère des Enseignements Supérieurs de la Recherche et de l’Innovation

NMP

: Nouveau Management Public

OSC

: Organisation de la Société Civile

ONG

: Organisation Non Gouvernementale

PACT

: Programme d’Appui aux Collectivités Territoriales

PCD

: Plan Communal de Développement

PDS

: Président de la Délégation Spéciale

PM

: Premier Ministère

PNKT

: Parc National Kaboré Tambi

RCSD

: Région du Centre Sud

SG

: Secrétariat Général

UTS

: Université Thomas SANKARA

iii

�LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1: Echelle de la participation de Sherry Arnstrein (1969) ................................. 13
Tableau 2 : Présentation de la taille de l’échantillon ...................................................... 26
Tableau 3 : Récapitulatif de l’échantillon d’enquête réalisé ........................................... 30
Tableau 4 : Répartition des enquêtés selon le sexe ......................................................... 33
Tableau 5 : Répartition des enquêtés selon l’âge ............................................................ 33
Tableau 6 : Répartition des enquêtés selon le niveau d’instruction ................................ 34
Tableau 7 : Opinion des répondants sur l’existence des outils/mécanismes institutionnels
facilitant la participation des citoyens à la gestion des collectivités territoriales. .......... 35
Tableau 8 : Opinion des répondants sur l’élaboration du budget communal ................. 36
Tableau 9 : Opinion des interviewés sur l’accessibilité du budget et des comptes
administratifs et de gestion de la commune.................................................................... 37
Tableau 10 : Opinion des répondants sur la participation des citoyens aux sessions du
conseil municipal ............................................................................................................ 37
Tableau 11 : Point de vue des citoyens sur la publication des délibérations et des actes des
autorités communales relatifs au budget ........................................................................ 38
Tableau 12 : Publication du bilan annuel des activités du conseil municipal ................. 39
Tableau 13 : Connaissance des citoyens sur l’existence d’un cadre de concertation
communal (CCCO) fonctionnel ..................................................................................... 40
Tableau 14 : Avis des enquêtés sur l’existence d’autres cadres de concertations ........... 41
Tableau 15 : Appréciation des citoyens de la gestion des autorités communales ........... 41

iv

�LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Participation des citoyens aux débats publics sur les projets et programmes de
la commune .................................................................................................................... 36
Figure 2 : Canaux d’information des activités de la commune aux populations par les
autorités communales ..................................................................................................... 39
Figure 3 : Perceptions des citoyens sur les avantages de la participation citoyenne à la
gestion de la commune ................................................................................................... 42
Figure 4 : Perception des citoyens sur les obstacles qui entravent la participation
citoyenne à la gestion de la commune de Pô .................................................................. 43
Figure 5 : Suggestions pour une réelle participation citoyenne à la gouvernance locale
dans la commune ............................................................................................................ 45

v

�SOMMAIRE
DEDICACE ....................................................................................................................... i
REMERCIEMENTS ........................................................................................................ ii
SIGLES ET ABREVIATIONS ........................................................................................ iii
LISTE DES TABLEAUX................................................................................................ iv
LISTE DES FIGURES ..................................................................................................... v
SOMMAIRE.................................................................................................................... vi
RESUME ........................................................................................................................ vii
ABSTRACT ................................................................................................................... vii
INTRODUCTION ............................................................................................................ 1
CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LITTERATURE ...................... 6
I.1 CADRE THEORIQUE ............................................................................................... 6
I.2. REVUE DE LITTÉRATURE SUR LA PARTICIPATION CITOYENNE À LA
GESTION DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES ............................................... 14
CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE .................................. 18
II.1. PRESENTATION DU CADRE DE L’ETUDE ...................................................... 18
II.2. METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE ........................................................... 22
CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS ET DISCUSSION ............................. 33
III.1. PRESENTATION, ANALYSE ET DISCUSSION DES RESULTATS ................. 33
III.2. SUGGESTIONS .................................................................................................... 47
CONCLUSION .............................................................................................................. 50
IBLIOGRAPHIE ............................................................................................................ 52
ANNEXES ..................................................................................................................... 57
TABLE DE MATIÈRE ................................................................................................... 67

vi

�RESUME
La participation citoyenne est un facteur clé à la réussite de la mise en œuvre de la
politique de décentralisation adoptée par le Burkina Faso. Cependant, après plus d’une
quinzaine d’années après la communalisation intégrale, la problématique de la
participation citoyenne se pose avec acuité dans les collectivités territoriales. C’est dans
ce sens que l’objectif général de cette recherche a consisté à analyser les facteurs limitant
la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô. À travers une approche
mixte combinant méthodes qualitatives et quantitatives, les résultats de la présente
recherche a fait ressortir que plusieurs facteurs tels que la non exploitation effective des
mécanismes de participation, le déficit de communication et l’analphabétisme limitent la
participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô. Face à cela, la mise en place
d’un cadre de concertation communal fonctionnel, l’instauration d’une culture du devoir
de redevabilité et la mise en œuvre d’une stratégie de communication permettront de
garantir une participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô.
Mots clés : participation citoyenne, décentralisation, développement local, collectivité
territoriale, communalisation intégrale et Pô.
ABSTRACT
Citizen participation is a key factor in the successful implementation of the
decentralization policy adopted by Burkina Faso. However, more than fifteen years after
full municipalization, the problem of citizen participation arises acutely in local
authorities. It is in this sense that the general objective of this research consisted of
analyzing the factors limiting citizen participation in the management of the municipality
of Pô. Through a mixed approach combining qualitative and quantitative methods, the
results of this research showed that several factors such as the effective non-exploitation
of participation mechanisms, the communication deficit and illiteracy limit citizen
participation in the management of the commune of Po. Faced with this, the establishment
of a functional municipal consultation framework, the establishment of a culture of duty
of accountability and the implementation of a communication strategy will make it
possible to guarantee citizen participation in the management of the commune of Po.
Keywords: citizen participation, decentralization, local development, territorial
collectivity, integral communalization and Pô

vii

�INTRODUCTION
Au lendemain de l’accession à l’indépendance des pays de l’Afrique subsaharienne, la
majeure partie hérite des frontières de la colonisation et s’engage vers l’édification d’un
État unitaire qui concentre la plus grande partie du pouvoir décisionnel. Ce mode de
gouvernance qui a prévalu pendant les années qui suivirent les indépendances dans
nombre de pays ouest-africains, dont le Burkina Faso, a très vite révélé des limites,
notamment l’absence de participation des populations aux processus de prise de décision
et la non prise en compte de leurs préoccupations réelles. Au regard de cette situation et
à la faveur de l’avènement du mouvement de démocratisation dans les années 1990, il
s’est avéré nécessaire pour les autorités burkinabè de repenser la gouvernance. La
nouvelle constitution adoptée par référendum le 02 juin 1991, outre qu’elle organise les
pouvoirs publics constitutionnels et garantit les droits fondamentaux de la personne
humaine, consacre la décentralisation territoriale comme mode d’organisation du
territoire. En effet, l’article 143 dispose que « le Burkina Faso est organisé en collectivité
territoriale ».
Aussi, pour permettre la participation démocratique des citoyens à la libre administration
des collectivités territoriales telle que prévue par l’article 145 de la constitution du 02 juin
1991, le législateur a adopté la loi n° 055-2004/AN du 21 décembre 2004 portant code
général des collectivités territoriales au Burkina Faso qui détermine l’orientation de la
décentralisation, les compétences et les moyens d’action, les organes et l’administration
des collectivités territoriales au Burkina Faso. L’article 2 dudit code définit la
décentralisation comme étant « le droit des collectivités territoriales à s’administrer
librement et à gérer des affaires propres en vue de promouvoir le développement à la base
et de renforcer la gouvernance locale ». La décentralisation implique une gouvernance
locale participative et exige que le citoyen soit l’acteur de son propre développement.
C’est dans ce sens que le ministère de l’Administration territoriale souligne : « Il faut
cultiver la dimension participative et citoyenne sous peine de perdre en partie ce qui la
fonde, à savoir, l’implication de la population dans le processus décisionnel1».
La participation citoyenne à la gouvernance est encadrée par des instruments
internationaux et nationaux. Au niveau international, il y a la Déclaration universelle des
BURKINA FASO Ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation : État des lieux de la
décentralisation au Burkina Faso 2006-2010 P.51
1

1

�droits de l’Homme, la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, la Charte
africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.
La Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948, en son article 21,
traite de la question de la participation citoyenne. Selon l'alinéa 3 de cette disposition, «
la volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ».
Pour la Charte africaine des droits de l'homme et du peuple, c'est l'article 13 qui traite de
cette question de participation. Son alinéa 1 dispose que « tous les citoyens ont le droit
de participer librement à la direction des affaires publiques de leur pays, soit directement,
soit par l'intermédiaire des représentants librement choisis, ce conformément aux règles
édictées par la loi ».
Quant à la Charte Africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, elle vient
renforcer le dispositif juridique qui encadre la participation des citoyens à la gestion des
affaires publiques. L’alinéa 10 de l’article 2 dispose que « la présente charte a pour
objectif de promouvoir la création des conditions nécessaires pour faciliter la
participation des citoyens, la transparence, l’accès à l’information, la liberté de presse et
l’obligation de rendre compte de la gestion des affaires publiques ».
Au plan national, la participation citoyenne est garantie par la Constitution du 02 juin
1991 et le Code général des collectivités territoriales.
La constitution dispose en son article 12 que « tous les Burkinabè sans distinction aucune
ont le droit de participer à la gestion des affaires de l’État et de la société. » À ce titre, ils
sont électeurs et éligibles dans les conditions prévues par la loi. Et l'article 145 d'ajouter
que « la loi organise la participation démocratique des populations à la libre
administration des collectivités territoriales ».
L'Article 11 du code général des collectivités territoriales confère aux citoyens un droit
de regard sur la conduite des affaires locales. Selon cet article, « les habitants de la
collectivité territoriale ont droit à l'information sur la gestion des affaires locales ». Ce
droit s'exerce par :
-

Leur participation aux débats publics sur les projets et programmes locaux de
développement et sur les grandes orientations du budget local ;

-

La mise à la disposition des personnes physiques ou morales du budget et des
comptes des collectivités territoriales ;
2

�-

L’accès du public aux séances des conseils des collectivités territoriales, à
l’exception de celles tenues à huis clos ;

-

La publication des délibérations du conseil et des actes des autorités locales
relatives au budget ;

-

La publication du bilan annuel d'activités du conseil de la collectivité.

En effet, le droit à l'information des habitants sur les affaires locales s'exerce sous réserve
des dispositions en vigueur relatives notamment à la publicité des actes des autorités
locales et à la liberté d'accès aux documents administratifs.
Malheureusement, après plus d’une quinzaine d’années après la communalisation
intégrale, force est de constater que la problématique de la participation citoyenne se pose
avec acuité dans les collectivités territoriales. En effet, le bilan de la mise en œuvre de la
décentralisation des cycles I et II fait ressortir une mauvaise qualité de la gouvernance
locale et un désintéressement des citoyens à la gestion des affaires locales. Il ressort que
dans la fourniture des services publics, les élus locaux, dans leur majorité, n’informent
pas suffisamment les citoyens et ne les impliquent pas convenablement dans
l’élaboration, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des projets et programmes de
développement local. Ces élus ne se sentent pas redevables envers la population et rendent
donc très peu compte à cette dernière. Parallèlement, les citoyens ne réclament pas leur
participation, ils accordent peu de crédibilité à l’action des élus et paraissent indifférents
aux biens et à l’action publique. Pour le cas spécifique de la commune de Pô, une analyse
des rapports du maire sur l’exécution des activités de la mairie de 2019, 2020, 2021, 2022
et 2023 relèves qu’aucun débat public sur les projets et programmes locaux de
développement et sur les grandes orientations du budget de la commune n’ont été
organisé. Aussi, dans la même période, une analyse des listes de présence aux sessions du
conseil municipal laisse percevoir qu’il n’existe pas de liste de présence de citoyens qui
ont pris part à des sessions de façon volontaire. Cette triste réalité caractérise une faible
participation des citoyens à la gestion des affaires locales.
Pourtant, selon OUEDRAOGO (2016), la participation citoyenne revêt une grande
importance, car les citoyens jouent un rôle primordial dans toute vision ou politique de
développement local et surtout dans un système décentralisé. Dans sa recherche, il met
en exergue les cadres normatifs et institutionnels de la participation citoyenne et note
comme insuffisances les divergences politiques, la faible participation aux prises de
3

�décision, le défi de rendre compte aux citoyens, la faible implication des citoyens aux
sessions du conseil municipal.
Aussi, YAMBRESSINGA (2022), relève que « l’implication des populations à la prise de
décisions reste encore limitée par des obstacles qui sont imputables à l’attitude de la
population qui s’intéresse très peu à la gestion de la chose municipale, mais également au
cadre juridique qui donne peu de marge de manœuvre aux citoyens pour intervenir dans
les instances décisionnelles communales ». Par ailleurs, il note que les mécanismes de
communication et de mobilisation élaborés par les autorités communales pour enclencher
la participation citoyenne n’ont pas donné les résultats escomptés, puisque n’étant pas
adaptés aux diverses réalités des populations.
La question principale de recherche est alors la suivante : « Quels sont les déterminants
de la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô ? ».
De cette question principale se dégagent les questions spécifiques suivantes :
•

Quelle influence les citoyens peuvent-ils exercer sur la gestion des autorités de la
commune de Pô ?

•

Les mécanismes institutionnels facilitant la participation citoyenne à la gestion
des affaires locales sont-ils exploités dans la commune de Pô ?

•

Quels sont les obstacles à la participation citoyenne dans la gestion de la commune
de Pô ?

Partant du postulat que la décentralisation est un processus irréversible et que la
participation citoyenne est un facteur clé pour sa réussite, la présente recherche se fixe
comme objectif général d’analyser les facteurs limitant la participation citoyenne à la
gestion de la commune de Pô. De manière spécifique, il s’agit de :
•

Mettre en exergue l’influence des citoyens sur la gestion des autorités de la
commune de Pô ;

•

Analyser l’effectivité des mécanismes institutionnels facilitant la participation
citoyenne à la gestion des affaires locales dans la commune de Pô ;

•

Identifier les obstacles à la participation citoyenne dans la gestion de la commune
de Pô.

4

�Pour atteindre les objectifs poursuivis par cette recherche et exploiter toute la
problématique soulevée, les hypothèses suivantes sont émises :
H1 : Les citoyens exercent une influence positive sur la gestion des autorités de la
commune de Pô dans le sens de contribuer à une gouvernance plus inclusive des affaires
locales ;
H2 : Les facteurs institutionnels facilitant la participation citoyenne à la gestion des
affaires locales ne sont pas effectivement exploités dans la commune de Pô ;
H3 : l’ignorance, l’analphabétisme, l’absence d’un plan de communication, le non
fonctionnement des cadres de concertation communal limitent la participation citoyenne
dans la gestion de la commune de Pô.
L’intérêt de cette recherche se situe au triple plan académique, personnel et professionnel.
Sur le plan académique, elle renforcera les connaissances théoriques et pratiques sur la
participation citoyenne, le développement local et la gestion des collectivités territoriales.
Sur le plan personnel, cette recherche constituerait un cadre expérimental de renforcement
de nos capacités professionnelles en tant qu’administrateur civil et ayant travaillé ces dix
dernières années dans les collectivités territoriales.
Sur le plan professionnel, les recommandations permettront d’une part aux autorités
municipales d’adapter les objectifs et la mise en œuvre des politiques publiques aux
besoins des citoyens et à l’intérêt général, et d’autre part d’identifier les
dysfonctionnements et les points d’amélioration des mécanismes de mise en œuvre du
droit à l’information des citoyens et d’aller vers une gouvernance plus inclusive.
Cette recherche se limite à l’analyse des déterminants de la participation citoyenne dans
la gestion de la commune de Pô avec un accent particulier sur les facteurs limitatifs de la
participation citoyenne. Elle s’évertue à mettre en évidence les facteurs limitatifs et
propose des pistes de solutions. Ainsi, elle ne prend pas en compte la participation des
citoyens à la désignation de leurs représentants aux sphères décisionnels ni leur
participation financière à la gestion de la commune.
La suite de la recherche s’articule autour de trois (03) chapitres. Le premier chapitre
présente le cadre théorique et la revue de littérature, le deuxième chapitre fait cas du cadre
de l’étude et de la méthodologie et le dernier chapitre s’appesantit sur l’analyse et la
discussion des résultats.
5

�CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LITTERATURE
La rédaction d'un travail scientifique a plusieurs exigences, parmi lesquelles la description
d’un cadre théorique et la revue de littérature. Le premier exercice se veut important dans
la mesure où il permet de fournir une base conceptuelle et analytique pour la recherche.
La revue de littérature, pour sa part, sert de référence scientifique pour la recherche, en
ce sens qu’elle permet de situer la recherche dans le contexte des travaux antérieurs,
aidant à comprendre ce qui a déjà été fait et où se trouvent les zones qui nécessitent
davantage d'investigation.
I.1 CADRE THEORIQUE
Cette partie présente la définition de quelques concepts en lien avec la participation
citoyenne dans la gestion des collectivités territoriales.
I.1.1. Clarification de quelques concepts
Cette partie définit les concepts clés de la thématique. Elle donne une explication des
terminologies suivantes : décentralisation, mécanisme de participation citoyenne,
gouvernance locale, collectivité territoriale et gestion de collectivité territoriale.
Décentralisation
Le terme décentralisation est souvent utilisé de manière générique pour désigner une série
de processus qui, selon les lieux, présentent des traits relativement différents
(déconcentration, territorialisation, dévolution, communalisation, décentralisation,
municipalisation, etc.). C’est dans cette optique que ROCHEGUDE (2001) caractérise la
décentralisation comme un mode d’organisation de l’État consistant à identifier
juridiquement des collectivités territoriales comme personnes morales autonomes,
susceptibles d’exercer des compétences, notamment locales. Ce processus inclut donc
une caractérisation des collectivités territoriales susceptibles d’être reconnues comme
personnes morales de droit public, une énumération des compétences qui leur sont
propres, et la délimitation du territoire d’exercice de ces compétences.
BARA (2005) note que la décentralisation est un système de dévolution du pouvoir de
l’État central vers des structures situées à des échelons inférieurs. Elle constitue un
instrument de renforcement de la démocratie et de la participation citoyenne à la gestion
des affaires locales. Mais avant lui, ROIG (1966) avait été plus clair sur le concept en
soulignant que la notion de décentralisation s’applique à un phénomène général, celui de
6

�la répartition ou de la distribution des compétences et des pouvoirs entre un organe central
ou national et des organes non centraux ou périphériques des collectivités territoriales.
Dans le même sens, SAWADOGO (2001), OLADE ET AL. (2003), TOTTÉ (2003), Y.
OUEDRAOGO (2007) pensent que « la décentralisation est perçue comme un processus
qui consacre le droit des collectivités territoriales à s'administrer librement et à gérer des
affaires propres en vue de promouvoir le développement à la base et de renforcer la
gouvernance locale. » Cette définition a été reprise par l’article 2 de la loi n°055-2004/
AN du 21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales au Burkina
Faso.
En outre, la décentralisation qui est vue comme un déclic du développement de la plupart
des pays de l’Afrique de l’Ouest est confrontée à des difficultés. OUATTARA (2023) note
que « le phénomène du terrorisme a freiné le processus de décentralisation et les efforts
endogènes de développement des communautés de base : les communes sous pression
ont vu l’anéantissement de leurs efforts en matière de gouvernance et d’initiatives pour la
mobilisation des ressources en vue de l’amélioration des conditions et cadres de vie des
populations ». En guise de solution, OUATTARA (2023) estime que « pour une
gouvernance adaptée aux réalités locales et tenant compte de nouvelles aspirations des
populations, il faut aller plus loin dans les principes actuels de définition des collectivités
territoriales et des attributions des représentants de l’État dans les circonscriptions
administratives ».
Citoyen
Selon ROQUEFORT-COOK (2015), le citoyen peut être défini comme toute personne
qui, en plus des droits civils et politiques dont il jouit, participe à la vie de la cité et fait
d’une entité plus grande que lui (État, collectivité territoriale) une priorité devant ses
intérêts particuliers. CONTOGEORGIS (2000) précise que le concept de citoyen désigne
avant tout une origine et un statut, qui déterminent la nature de la relation inscrivant
l’individu dans une entité sociale concrète. La référence à la cité implique que la qualité
de citoyen n’est compatible qu’avec un type de société dont l’existence et l’assise
dépendent de l’individu, lequel est reconnu comme son constituant immédiat et son
hétairos. C'est dans cette logique qu'on peut parler de citoyenneté. Elle renvoie à la
participation citoyenne.

7

�Dans le cadre de cette recherche, le citoyen est un habitant de la cité qui est en règle visà-vis de ses devoirs civiques, c'est-à-dire celui qui paye ses taxes et qui prend part aux
votes. C’est aussi celui qui participe pleinement aux actions de développement de sa
commune. Dans ces conditions, le citoyen n’est pas simplement celui qui dispose de sa
pièce d’identité ou qui réside dans une commune, mais surtout celui qui a un
comportement exemplaire et participe activement à la vie de la société.
Participation citoyenne
Étymologiquement, le mot participation vient du latin participare, qui signifie «
participer, prendre part à, avoir sa part de, partager, répartir ».2 Le concept de participation
citoyenne est pluridisciplinaire. Mais, pour cette étude, il s’inscrit dans le cadre précis de
la gestion des collectivités territoriales. Ainsi, selon FOX et MEYER (1995), la
participation citoyenne/communautaire est « la participation des citoyens à toute une série
d’activités dans la formulation des politiques administratives, y compris la détermination
des niveaux de service, des priorités budgétaires et l’acceptabilité des projets de
construction matériels afin d’axer les programmes du gouvernement sur les besoins de la
communauté, de renforcer l’adhésion du public et d’encourager un sentiment de cohésion
au sein de la société ». BRYNARD (1996) voit la participation citoyenne comme « un
processus dans lequel les amateurs communs d’une communauté influencent les décisions
liées aux affaires générales d’une communauté ». Selon SISSOKO (2008), si elle est
pratiquée correctement, elle permet de juguler les effets néfastes de la démocratie
représentative et le fonctionnement de l’État providence, car les conditions de réalisation
d’une bonne gouvernance locale dans le cadre de la décentralisation dépendent du degré
d’appropriation du processus par les populations et, surtout, la bonne gestion des
instances décentralisées ne saurait prospérer sans cette participation.
Collectivités territoriales
Selon DANTONEL-COR (2020), une collectivité territoriale est une personne morale de
droit public qui exerce des compétences générales sur un territoire donné. Les
collectivités territoriales possèdent un patrimoine, votent des budgets et recrutent des
agents afin d’assurer leurs différentes missions. Les collectivités territoriales se
caractérisent par la détention de prérogatives de puissance publique. Elles ont la
possibilité d’édicter des actes administratifs unilatéraux qui s’imposent aux personnes à

2

https://www.toupie.org/Dictionnaire/Participation.htm

8

�qui ils s’adressent. Elles peuvent ester en justice, signer des contrats et voir leur
responsabilité engagée.
L’article 8 de la loi n°055-2004/AN portant code général des collectivités territoriales au
Burkina Faso, définit la collectivité territoriale comme une subdivision du territoire dotée
de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Elle constitue une entité
d’organisation et de coordination du développement. Les collectivités territoriales sont :
la région et la commune.
Gestion de collectivité territoriale
Étymologiquement, « gestion » vient du latin gestio, ce qui veut dire « action de gérer ».
La gestion correspond, à l'origine, à l'administration des organisations. Elle s'est
développée dans les années 1950 pour englober les questions de management et de
direction. La gestion renvoie à la conduite des organisations : « c'est l'action ou la manière
de gérer, d'administrer, d'organiser quelque chose ».3
DANTONEL-COR4 précise que la gestion des collectivités territoriales repose sur la mise
en œuvre de la décentralisation, permettant aux territoires de bénéficier de services
publics équivalents et de garantir l’égalité des citoyens. Cette définition met en exergue
l’importance de la participation citoyenne dans la gestion des collectivités territoriales.
NADOU ET AL (2020)5 expliquent que la gestion des collectivités territoriales implique
la coordination et la coopération entre divers acteurs territoriaux (publics, privés,
associatifs, citoyens) pour développer des interdépendances stratégiques et génératrices
de développement.
I.1.2. Modèles théoriques de la participation citoyenne
Dans l’optique de mieux cerner les facteurs limitant la participation citoyenne à la
gouvernance locale, la recherche a accordé une importance particulière à la théorie de
l’empowerment, la théorie de la démocratie délibérative, la théorie de la démocratie
directe et la théorie de la participation citoyenne.

3

Introduction à la gestion : qu'est-ce que la gestion ? (aunege.fr) consulté le 18 janvier 2024

Article de revue, L’évolution de la notion de collectivité territoriale au prisme de la recomposition des
territoires locaux, 2018, pages 281 à 297
5
Article de revue, introduction Le Management des territoires, nouvelles alliances et stratégies entre
acteurs, 2020, pages 573 à 590
4

9

�La théorie de l’empowerment
La théorie de l'empowerment, également connue sous le nom de théorie de
l'autonomisation, se concentre sur le processus par lequel les individus ou les groupes
augmentent leur pouvoir, leur contrôle sur leurs propres vies, et leur capacité à prendre
des décisions influençant leur situation personnelle et collective. Selon Simon (1994)
l’empowerment renvoie à des principes, telles que la capacité des individus et des
collectivités à agir pour assurer leur bien-être ou leur droit de participer aux décisions les
concernant, qui guident la recherche et l’intervention sociale auprès des populations
marginalisées et pauvres depuis plusieurs décennies aux États-Unis. Le but principal de
l'empowerment est de permettre aux individus de prendre des décisions autonomes et de
diriger leur propre vie. Cela signifie développer les compétences et les connaissances
nécessaires pour prendre des décisions éclairées. Dans son document, “ pédagogie des
opprimés”, une véritable référence pour l’empowerment, FREIRE (2021) met en lumière
l'importance de l'éducation comme moyen d'autonomisation et de transformation sociale.
Dans cette recherche, la théorie de l’empowerment permet de comprendre l’importance
de l’autonomisation des citoyens.
La théorie de la démocratie délibérative
La théorie de la démocratie délibérative est une approche de la démocratie qui met l'accent
sur la délibération et le dialogue public comme principaux moyens de prise de décision
collective. Dans la démocratie délibérative, les discussions publiques ouvertes et
inclusives sont privilégiées, offrant la possibilité à tous les citoyens de s'impliquer et de
faire entendre leur voix. Jürgen Habermas est l'un des principaux théoriciens de la
démocratie délibérative. Il a développé le concept de "sphère publique" où les citoyens
peuvent discuter librement et rationnellement des affaires publiques. Dans son ouvrage
"Espace public et démocratie délibérative : un tournant" publié en 2023, Habermas
explore comment les discussions publiques sur des questions d'intérêt général peuvent
légitimer les décisions politiques. Aussi, John Rawls dans son ouvrage "Théorie de la
justice" publié en 1971, propose que la légitimité des décisions politiques repose sur un
consensus obtenu par la délibération publique. Pour Rawls, la délibération permet aux
citoyens de parvenir à un accord sur des principes de justice qui régissent la structure de
base de la société. En questionnant la théorie de la démocratie délibérative dans cette
recherche, on peut mieux comprendre comment créer des processus décisionnels plus
inclusifs, qui renforcent la légitimité et la qualité des décisions prises au niveau local.
10

�La théorie de la démocratie directe
La théorie de la démocratie directe repose sur l'idée que les citoyens doivent avoir un
contrôle direct sur les décisions politiques, sans intermédiaires ou représentants. “La
démocratie directe trouve ses racines dans l'Antiquité, notamment à Athènes au VIe siècle
avant Jésus Christ. Les citoyens athéniens participaient directement aux assemblées et
aux décisions politiques, ce qui en faisait l'un des premiers exemples de démocratie
directe6”. HELD (1987) décrit la démocratie directe comme une forme de démocratie où
les citoyens exercent un contrôle direct et continu sur la prise de décision.
Dans son ouvrage "Du Contrat Social" publié en 1762, Jean Jacques ROUSSEAU explore
les principes de la souveraineté populaire et argue que la démocratie directe est la forme
de gouvernement la plus légitime, où le pouvoir politique réside directement dans les
mains du peuple. En effet, Rousseau estime que la démocratie ne peut être que directe en
se fondant sur les droits naturels des êtres humains et sur le pacte social qui les unit.
Cependant, au XVIIe et au XVIIIe siècles, de nombreux penseurs considèrent que la
démocratie directe n'est applicable que dans de petits pays, avec peu d'habitants et ayant
une structure sociale homogène.
Dans le cadre de cette recherche, la théorie de la démocratie directe offre un cadre pour
apprécier l’importance de la participation citoyenne. Les caractéristiques principales de
la démocratie directe peuvent être appréhendé comme des mécanismes de participation
citoyenne dans le contexte de la gouvernance des collectivités territoriales.
La théorie de la participation citoyenne
La théorie de la participation citoyenne se concentre sur l'implication active des citoyens
dans les processus décisionnels et la gestion des affaires publiques. Pour parler de
participation citoyenne effective, il est important de considérer le degré d’implication des
citoyens. La mesure de ce degré d’implication se fait à travers des échelles. Sherry
Arnstein établit, dans son article “A Ladder of Citizen Participation” publié dans Journal
of the American Institute of Planners en 1969, une échelle de participation. Elle y précise
ce qui peut être considéré comme relevant de la participation et ce qui n’en est pas. Plus
de cinquante ans après sa publication, il est encore cité et discuté comme une pierre

6

Démocratie directe – Wikipédia

11

�angulaire des réflexions sur la participation citoyenne. Elle est l’échelle « théorique » la
plus reconnue dans le monde.
L’échelle d’Arnstein classe huit niveaux d’implication qu’elle répartit en trois catégories.
Chaque échelon mesure le pouvoir du citoyen et sa propension à influencer la décision
finale. Les deux premiers échelons sont définis comme étant de la « non-participation »,
ils sont situés respectivement en bas de l’échelle et correspondent à la manipulation et à
la thérapie. La manipulation consiste en une information biaisée utilisée pour « éduquer
» les citoyens en leur donnant l’illusion qu’ils sont impliqués dans le processus de
décision. La thérapie porte sur un traitement annexe des problèmes rencontrés par les
habitants sans aborder les vrais enjeux. Les échelons trois à cinq relèvent de la «
coopération symbolique », c’est-à-dire l’information, la consultation et la réassurance.
L’information et la consultation (3e et 4e niveau) permettent aux citoyens d’entendre,
c’est-à-dire d’avoir accès à l’information, mais sans pouvoir donner leur avis et de se faire
entendre lorsqu’ils sont consultés pour exprimer leur opinion sur les projets prévus. À
travers la réassurance (5e niveau), quelques citoyens sont invités dans les organes de
décision pour y donner des conseils, mais seules les autorités qui ont le pouvoir
conservent le droit inaliénable de décider.
Les trois derniers échelons constituent le « pouvoir effectif des citoyens ». Le premier est
le partenariat. C’est le premier niveau d’implication qui suppose que la prise de décision
se fait au travers d’une négociation entre les pouvoirs publics et les citoyens. La
délégation de pouvoir (7e niveau) part du même principe que le partenariat, à la différence
que les citoyens sont soit en majorité au sein du comité, soit ils bénéficient d’un droit de
veto. Enfin, le dernier niveau de l’échelle est le contrôle citoyen. À ce niveau de l’échelle,
les citoyens ont la responsabilité politique et managériale d’un programme ou d’une
institution.

12

�Tableau 1: Echelle de la participation de Sherry Arnstrein (1969)
8

Contrôle de citoyen

7

Délégation de pouvoir

6

Partenariat

5

Réassurance

4

Consultation

3

Information

2

Thérapie

1

Manipulation

Pouvoir effectif du citoyen

Coopération symbolique

Non-participation

Source : Sherry Arnstein, 1969
Après Sherry ARNSTEIN, THIBAULT, LEQUIN et TREMBLAY (2006) reprennent un
modèle à six échelons pour illustrer la consultation qui se pratique à Montréal au Québec.
Le premier échelon est le niveau passif où les individus sont peu impliqués et délèguent
principalement le pouvoir à d’autres. Le deuxième échelon est le niveau consultatif. À ce
niveau, les individus sont consultés sur les décisions, mais celles-ci restent prises par les
autorités. Le troisième échelon est le niveau collaboratif. Les citoyens collaborent avec
les autorités pour résoudre les problèmes et prendre les décisions. Le quatrième échelon
est le niveau d’engagement. À cette étape, les citoyens sont activement impliqués dans
les processus décisionnels et ont un pouvoir de proposition. Le cinquième échelon est le
niveau de cogestion. Les citoyens participent à la gestion des affaires publiques en
collaboration avec les autorités. Le dernier échelon est le niveau d’autogestion. Les
citoyens prennent en charge la gestion des affaires publiques de manière autonome sans
intervention extérieure majeure.
Cette recherche s'appuie sur la théorie de la participation citoyenne pour analyser la
participation citoyenne à la gouvernance locale. Cette théorie met en avant l'importance
de l'engagement direct des citoyens et leur implication active dans les décisions qui les
concernent, y compris par des mécanismes tels que les consultations publiques, les
budgets participatifs et les assemblées citoyennes dans les processus de décision, au-delà
de la simple participation électorale. En s'appuyant sur la théorie de la participation
citoyenne, cette recherche vise à explorer et à comprendre les logiques citoyennes de
participation ou de refus à la gouvernance locale. La théorie de la participation citoyenne
13

�telle que développée par Sherry Arnstein est pertinent pour comprendre comment les
citoyens peuvent influencer les décisions locales et contribuer à une gouvernance plus
inclusive et efficace. Cette approche théorique fournit un cadre solide pour analyser le
fonctionnement des mécanismes de participation citoyenne et pour identifier les moyens
de renforcer l'implication des citoyens dans les processus décisionnels.
I.2. REVUE DE LITTÉRATURE SUR LA PARTICIPATION CITOYENNE À LA
GESTION DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES
Dans le champ de recherche sur la participation citoyenne, plusieurs recherches ont déjà
été faites. Les travaux suivants ont été passés en revue.
Les populations regroupées au sein de la société civile jouent un rôle capital dans
l’émergence d’une nouvelle citoyenneté dans les collectivités territoriales. Selon
OUATTARA (2007), le processus de décentralisation amorcé au Burkina Faso est un
chantier dont la mise en œuvre connait un nombre de défis dont la méconnaissance des
règles et des rôles par les différents acteurs ainsi que l’insuffisance des capacités. Une
situation qui offre à la société civile l’occasion de marquer sa présence auprès des citoyens
en les sensibilisant par des actions d’éducation à une participation citoyenne effective.
Dans le même centre d’intérêt, SAWADOGO (2008) a mis en exergue le rôle du citoyen
en tant qu'acteur dans le processus de développement de la commune rurale de Sabcé. Il
a fait ressortir le degré de participation des citoyens à l'effort de développement (au niveau
de la mise en œuvre des projets et programmes, au niveau du civisme, dans
l'accompagnement des élus locaux...). Ensuite, il a répertorié les éventuels goulots
d'étranglement à l'expression de la participation citoyenne et proposer des perspectives
d'amélioration de la participation citoyenne. La présente étude s’intéresse également aux
goulots d’étranglement à l’implication des citoyens dans la gestion de leur cité.
Ainsi, MACLEAN (2003) met en exergue l’importance des mécanismes de participation
citoyenne en soutenant que l’exercice effectif de la participation doit s’appuyer sur des
mécanismes opérationnels qui permettent aux citoyens de contrôler effectivement la mise
en œuvre des programmes de décentralisation. Aujourd’hui tous les programmes qui
interviennent dans la promotion de la gouvernance locale sont unanimes à reconnaître
que ces mécanismes de participation conditionnent en grande partie l’impact des
programmes de décentralisation ajoute-t-il dans sa recherche.

14

�Par ailleurs, GUILGA (2022) apporte plus de précision en soulignant que la participation
citoyenne renvoie aux actions, mécanismes et processus mis en place par les citoyens à
titre individuel ou collectif en vue de prendre part à la vie de leur collectivité aux cotés
des élus. Elle ne se limite pas à l’exercice des droits de vote, d’éligibilité et à
l’accomplissement des obligations fiscales, elle se veut surtout une implication effective
des citoyens aux processus décisionnels concernant les affaires locales. L’auteur souligne
qu’à Ouagadougou, cette forme de participation citoyenne tant attendue dans le contexte
de la décentralisation relancée avec les élections municipales du 12 février 1995, ne s’est
pas matérialisée sur le terrain. Les populations ont développé diverses formes de
participation telles que les contributions physiques, financières et matérielles mais dans
l’ensemble elles furent tenues en marge des instances décisionnelles communales en
raison de nombreux obstacles imputables à la législation, aux autorités municipales et aux
populations.
Aussi, ZOUNDI (2016) note que la décentralisation est un instrument de la participation
des citoyens à la gestion des affaires locales et au renforcement de la démocratie. Dans la
démarche méthodologique de sa recherche, l’auteur a fait une analyse de la participation
citoyenne et des recommandations pour une participation plus active de la population de
Koubri. En somme, l’auteur s’est limité à décrire les mécanismes de participation et non
d’analyser les facteurs limitant leur exploitation effective.
C’est aussi le cas de YAMEOGO (2017) qui après avoir noté que la réussite de la
décentralisation passe nécessairement par l’adhésion de tous les citoyens aux projets et
programmes de développement mis en œuvre par l’État et les collectivités territoriales
relève que la décentralisation connait des difficultés liées au bon fonctionnement des
mécanismes de participation citoyenne et de redevabilité prévus par le code général des
collectivités territoriales. Il y a une faible participation des citoyens aux projets de
développement locaux. Il note en conclusion qu’il y a une méconnaissance des
mécanismes de participation citoyenne et de redevabilité, une absence de culture de la
participation citoyenne, l’existence de conflits politiques et d’obstacles à la participation
citoyenne. La présente recherche met à nu les goulots d’étranglements entravant la
participation soulevée par son étude.
En plus, il convient de noter que la faible participation citoyenne dans la gestion des
collectivités territoriale est une réalité hors du Burkina Faso. Selon GUIRIOBE (2018),
la participation citoyenne à la gestion des municipalités en Côte d’Ivoire est faible et
15

�occasionne des effets négatifs sur la politique de décentralisation, la gouvernance locale
et le développement local.
Cependant, il convient de souligner que l’implication des citoyens dans la gestion de leur
cité n’a pas seulement que des avantages mais aussi des déconvenues. ROMBA (2006)
note que la mise en pratique de la participation citoyenne peut entrainer des conséquences
négatives pour les citoyens d’abord et pour les responsables des collectivités. Toutefois,
il relève des avantages qui semblent intéressés le champ d’étude de cette recherche.
Afin de susciter plus de participation des populations à la gestion de la commune de
Pabré, OUEDRAOGO (2016) après avoir fait un état des lieux de la participation
citoyenne dans ladite commune, a suggéré le renforcement des capacités locales à travers
l’amélioration des services sociaux de base, le renforcement des capacités des acteurs
locaux, l’instauration de mécanisme participatif de choix et de gestion participative. En
somme, il convient de noter avec l’auteur que la faible participation des citoyens n’est
pas seulement liée à l’ineffectivités des mécanismes de participation citoyenne mais à
d’autres facteurs tels que les pesanteurs socio-culturelles, la persistance du manque
d’intérêt pour la gestion de la chose publique, la non appropriation des textes. Cela
constitue une ouverture pour cette recherche.
Pour trouver une nouvelle légitimité à l’action publique contemporaine au regard de
l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, ZAZA
(2016) relève que l’entrée du numérique pour l’accompagnement des dispositifs de
participation citoyenne réaffirme le basculement d’un gouvernement à un système de
gouvernance, en provoquant des nouvelles imbrications entre les dimensions spatiale et
politique de la transformation urbaine dans les collectivités territoriales. La présente
recherche s’intéressera au numérique en guise de recommandation.
De la revue de littérature réalisée, il est important de retenir que certains aspects du champ
d’étude de cette recherche ont déjà été éclairées. De fait, la revue fait ressortir
l’importance de la participation citoyenne à la gestion des collectivités territoriales.
Aussi, elle met en exergue les difficultés liées à la non-participation citoyenne à la gestion
de la chose publique nécessaire pour une bonne marche des collectivités territoriale. Cela
est dû par moment à la méconnaissance par les citoyens de l’existence des mécanismes
de participation citoyenne et d’autres facteurs socioculturels.

16

�Tout compte fait, il est nécessaire de remarquer que cette revue de littérature a mis en
exergue les avancées significatives dans la compréhension de l’importance de la
participation citoyenne dans la gestion des collectivités territoriales. Malgré ce progrès,
plusieurs lacunes demeurent notamment l’identification des obstacles qui freinent la
participation des citoyens dans la gestion de leur commune. Aussi, il reste beaucoup à
découvrir dans ce domaine qui est un facteur clé pour la réussite de la décentralisation au
Burkina Faso.
En définitive, ce chapitre a servi de cadre pour éclairer certains concepts ainsi que le cadre
théorique de la recherche. Il a permis également de passer en revue les travaux antérieurs
sur la participation citoyenne dans la gestion des collectivités territoriales.

17

�CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE
Toute recherche scientifique se déroule dans un cadre d’étude choisie suivant une
démarche méthodologique. Ce chapitre comporte deux grands points. Le premier présente
le cadre de l’étude et le second fait cas de la méthodologie de recherche utilisée pour
traiter le thème.
II.1. PRESENTATION DU CADRE DE L’ETUDE
Le cadre de l'étude définit les limites et le contexte dans lesquels la recherche est menée.
Il inclut les éléments tels que le contexte géographique et temporel.
II.1.1. Contexte géographique
Le contexte géographique décrit la zone géographique où l'étude est réalisée. La présente
étude se déroule dans la commune de Pô, province du Nahouri, région du Centre sud.
Ainsi, la commune est présentée à travers son aspect géographique et son évolution
administrative, son aspect économique ainsi que son organisation administrative.
II.1.1.1. Aspect géographique et évolution administrative
Cette partie fait cas de l’aspect géographique et de l’évolution administrative de la
commune de Pô.
Aspect géographique
La commune urbaine de Pô fait partie des cinq communes de la province du Nahouri. Elle
est le chef-lieu de la province du Nahouri. Elle est située au centre de la région du Centre
sud, à 90 km environ de Manga et à 145 km de Ouagadougou sur la route nationale n°5.
D’une superficie de 1642km², la commune de Pô est limitée au Nord par le parc national
Kaboré Tambi (PNKT), à l’Est par les communes de Tiébélé et de Gombousgou, à l’Ouest
par la commune de Guiaro et au sud par la République du Ghana. (voir carte
administrative de la commune de Pô en annexe)
Evolution administrative
Plusieurs dates marquent l’évolution administrative de l’actuelle commune de Pô :
-

Le 06 août 1921, Pô acquit le statut de subdivision et est placé sous l’autorité d’un
chef de subdivision cumulativement avec Léo ;

-

Le 19 aout 1922, Pô fut rattachée au cercle de Ouagadougou ;

18

�-

Le 31 décembre 1956, Pô devint cercle plein par arrêté ministériel n° 11200/API
du 31/12/1956 ;

-

Le 02 juillet 1974, Pô fut érigée en sous-préfecture à la faveur de l’ordonnance
n° 74/045 PRESS/IS/D/ du 2 juillet 1974 ;

-

En 1984, Pô devint chef-lieu de province par ordonnance n° 84/055 CNR/PRESS
du 15 août 1984 ;

-

Enfin, depuis 1995, Pô est une commune de plein exercice gérée par un conseil
municipal. Elle compte administrativement 25 villages et huit secteurs.

Selon les résultats préliminaires du cinquième Recensement général de la population et
de l’habitat (RGPH) publié en 2019, la population de la commune de Pô était estimée à
trente-neuf mille cent neuf (39 109) habitants. À la faveur de la dissolution des conseils
des collectivités territoriales suite au coup d’Etat militaire intervenu en janvier 2022, la
commune est dirigée par une délégation spéciale qui est un organe délibérant de vingt
membres (20) membres et un organe exécutif qui est le président de la délégation spéciale.
Le président est assisté dans sa tâche par un bureau de la délégation spéciale constitué de
deux vice-Présidents et de quatre (04) présidents de commissions permanentes.
II.1.1.2. Aspects économiques
Les principaux leviers de l’économie de la commune de Pô développés dans cette partie
sont l’agriculture, l’élevage et les activités commerciales.
Agriculture
L’agriculture, principale activité des populations de la commune de Pô demeure une
agriculture de subsistance et constitue la base de l’économie. C’est une agriculture encore
pluviale malgré le potentiel hydrographique de la commune et donc une agriculture
tributaire des aléas climatiques.
La production agricole est dominée par les cultures céréalières, auxquelles s’ajoutent les
cultures de rentes et d’autres cultures vivrières. L’agriculture pratiquée est extensive et
consommatrice de l’espace. Il faut dire que, comme dans l’ensemble du pays, le secteur
agricole occupe la grande majorité de la population active. Les sols sont continuellement
cultivés, car la jachère n'est plus pratiquée. Cette surexploitation entraîne un
appauvrissement du sol qui est rarement compensé par l’apport d’éléments fertilisants,

19

�organiques ou chimiques. Les principales cultures saisonnières sont : le maïs, la tomate,
le manioc, le niébé, l’arachide, le coton, le piment, le sorgho et le riz.7
Elevage
L’élevage est une activité qui est associée à l’agriculture à des niveaux divers. L’activité
pastorale est du mode traditionnel extensif avec une dépendance alimentaire liée au
pâturage naturel. Le cheptel est essentiellement constitué de bovins, d’ovins, de caprins,
de porcins, d’asins et de volaille. L’alimentation est essentiellement constituée du
pâturage naturel et des résidus des récoltes. Les filières telles que la pisciculture et
l’apiculture sont aussi pratiquées dans la commune, mais restent embryonnaires alors
qu’elles sont pourvoyeuses d’emploi. La commune compte quinze (15) coopératives des
ressources animales réparties comme suit : huit (8) dans la filière volaille, cinq (5) dans
la filière embouche (bovine, ovine), une (1) dans la filière miel et une (1) dans la
production laitière.8
Activités commerciales
Ce secteur qui était florissant est en nette régression, probablement du fait du transfert du
poste de contrôle de la douane à Dakola, avec pour conséquence la diminution progressive
de nombreux bureaux de transit et de commerce. L’activité commerciale est structurée
autour des principales branches suivantes :
-

Le commerce général, organisé autour de la vente de produits manufacturés
comme les matériaux de construction, les fournitures de bureau, les cycles et
pièces de rechanges, l’alimentation générale, le carburant et les lubrifiants, les
tissus et confections, etc ;

-

Le commerce des produits de l’élevage : la commune dispose d’un marché à bétail
et d’un abattoir de type « traditionnel » ;

-

Le commerce des produits céréaliers et maraîchers : le commerce des céréales est
beaucoup plus pratiqué dans tous les marchés, par contre celui des produits
maraîchers est encore à un stade embryonnaire ;

-

Le commerce des produits de l’artisanat (articles de maroquinerie, de teinture, de
tissage et de la forge) s’effectue sur les marchés locaux.9

7

PCD, Commune de Pô
8
PCD, Commune de Pô
9
PCD, Commune de Pô

20

�II.1.1.3. Organisation administrative de la Commune
L’organisation administrative est présentée à travers une description des organes
communaux et des services de la mairie.
Organes de la commune
Au terme de l’article 219 de la loi 055/2004/AN du 21 décembre 2004 portant code
général des collectivités territoriales (CGCT), les organes de la commune sont le conseil
municipal qui est l’organe délibérant et le maire qui est l’organe exécutif.
Le conseil municipal élit en son sein le maire et les adjoints au maire. Il institue quatre
commissions permanentes, à savoir une commission « Affaires générales, sociales et
culturelles », une commission « Affaires économiques et financières », une commission
« Environnement et développement local » et une commission « Aménagement du
territoire et gestion foncière ». À la faveur de la dissolution des conseils des collectivités
territoriales suite au coup d’État militaire intervenu en janvier 2022, la commune est
dirigée par une délégation spéciale. Elle a les mêmes attributions que le Conseil
municipal. Le tableau suivant donne une description de la Délégation spéciale. (Voir
tableau organisation des structures composant la délégation spéciale de la commune de
Pô avec leurs attributions en annexe)
Organisation de la Mairie
L’organisation de la mairie de Pô est régie par l’arrêté n° 2019- 38 /RCSD/CPO/SG du
18 novembre 2019 portant organisation de la Mairie de Pô. Aux termes de l’article 3 dudit
arrêté, la mairie de Pô est structurée comme suit : les services placés sous l’autorité directe
du maire et les services rattachés au secrétariat général.
Les services placés sous l’autorité du maire sont :
-

Le secrétariat particulier ;

-

Le bureau du protocole ;

-

Le service de la communication et des relations publiques ;

-

La direction de la police municipale ;

-

La personne responsable des marchés publics.

Le Secrétariat Général comprend les services essentiels suivants :
-

Les services du secrétariat général ;

-

La direction des affaires administratives ;
21

�-

La direction des affaires budgétaires et financières ;

-

La direction de l’état civil et du recensement ;

-

La direction de l’informatique et des statistiques ;

-

La direction des matières transférées ;

-

La direction des affaires domaniales et foncières ;

-

La direction de l’action économique ;

-

La direction des services techniques municipaux

Chaque direction est structurée en service et offre diverses prestations aux habitants de la
commune conformément aux attributions qui sont les leurs.
La mairie joue le rôle de maitre d’ouvrage communal. Sur la base d’un plan communal
de développement élaboré chaque quinquennat, la mairie définit sa stratégie
d’intervention. Ce plan communal de développement est décliné en plan annuel
d’investissement et porté à la connaissance des conseillers lors des sessions.
II.1.2. Contexte temporel
La période couverte par cette recherche correspond aux mois d’octobre 2023 à aout 2024.
Le contexte temporel a facilité la planification et la structuration de la recherche, en tenant
compte des périodes de collecte de données et des délais d'analyse. Ainsi, les données ont
été récoltées pendant le mois d’avril 2024, une période pendant laquelle la population
cible est disponible. Le contexte temporel a pris en compte les quatre trimestres à travers
lequel les membres du conseil de la collectivité sont tenus de se réunir en session ordinaire
et a donc permis d’observer le comportement des autorités communales et des citoyens
de la commune.
II.2. METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
Cette partie décrit l’univers de la recherche et le dispositif mis en place pour collecter les
données devant servir à la vérification des hypothèses de la recherche ainsi que les
difficultés rencontrées.
II.2.1. Déroulement de l’étude
L’étude se déroule en trois phases principales à savoir la phase préparatoire, la phase
exploratoire et la phase de collecte des données et d’analyse des résultats.

22

�II.2.1.1. Phase préparatoire
La phase préparatoire a débuté par une revue de la littérature existante comprenant des
thèses, des mémoires, articles et ouvrages portant sur la participation citoyenne dans la
gestion des collectivités territoriales, la décentralisation, la gouvernance locale et le
développement local. Cette analyse approfondie a permis de faire le bilan des recherches
antérieures et d’identifier les domaines peu encore explorés. Sur cette base, les objectifs
de l’étude ont été formulés, les hypothèses définies et la démarche méthodologique
élaborée.
II.2.1.2. Phase exploratoire
La phase exploratoire a consisté en une prise de contact avec les autorités communales,
des présidents de conseils villageois de développement et des agents de la commune.
L’entretien avec les autorités administratives et les agents communaux a contribué à la
redéfinition des objectifs et hypothèse en fonction des observations faites sur le terrain.
La phase exploratoire a permis d’approfondir la compréhension de la problématique. Les
échanges avec les acteurs clés ont non seulement facilité la définition des angles d’étude
et la sélection de l’échantillon à enquêter mais ont également conduit à l’élaboration des
instruments de mesure tels que le questionnaire et le guide d’entretien.
II.2.1.3. Phase de collecte des données et d’analyse des résultats
Les enquêtes terrains se sont déroulées pendant le mois d’avril 2024. Cette phase a
concerné la collecte des données pour tester les hypothèses, à l’aide des questionnaires
finalisés à l’issue de la phase exploratoire. Cette étape a été complété par l’observation
participante et les entretiens réalisés pendant notre stage pratique à la mairie de Pô
pendant la période du 04 juillet au 31 octobre 2022 pour recueillir des informations
qualitatives, cruciales pour approfondir la compréhension de certains aspects du
questionnaire. Les données collectées ont été traitées et analysées permettant la rédaction
du document final.
II.2.2. Population d’étude et échantillonnage
Cette partie met l’accent sur la population d’étude et la méthode d’échantillonnage
utilisée pour déterminer l’échantillon pris en compte.

23

�II.2.2.1. Population d’étude
La population d’étude est un concept clé en statistique descriptive. Selon CRESWELL
(2014) : « la population de l’étude se réfère à l’ensemble des individus ou des objets qui
possèdent les caractéristiques que le chercheur souhaite étudier. Elle constitue le groupe
cible à partir duquel des échantillons peuvent être tirés pour la recherche ». Le public
cible dans le cadre de cette étude est constitué de cinq (05) catégories d'acteurs, à savoir:
-

Les responsables administratifs et politiques de la commune (président de la
délégation spéciale, les adjoints au président de la délégation spéciale, le
secrétaire général, les chefs de services communaux) ;

-

Les personnes ressources (l’ex-maire, les ex-adjoints au maire, les chefs de
services techniques déconcentrés, les partenaires) ;

-

L’autorité de tutelle (le haut-commissaire de la province du Nahouri) ;

-

Les bénéficiaires des actions constitués essentiellement des populations vivant
dans le ressort communal ;

-

Les acteurs chargés de la mise en œuvre du développement local, à savoir les
CVD, les ONG, les associations, les autorités religieuses et coutumières.

Ce choix du public cible répond au souci d'avoir des avis et des opinions assez variés des
acteurs.
II.2.2.2. L’échantillonnage
L’échantillonnage est utilisé pour faciliter la collecte de données et permettre aux
chercheurs d’obtenir des résultats significatifs sans avoir à étudier l’ensemble de la
population. C’est dans ce sens que LANDSHEERE (1978), définit l'échantillonnage
comme étant « le choix d'un nombre limité d'individus ou d'événements dont
l'observation permet de tirer des conclusions (inférences) applicables à la population
entière (univers) à l'intérieur de laquelle le choix a été défini ».
Par principe, la détermination de la taille réelle d’un échantillon d’enquête dépend
essentiellement du niveau de précision recherchée et des contraintes opérationnelles,
comme le temps disponible, les ressources financières etc. Pour atteindre un certain degré
de précision, la taille de l’échantillon doit se fonder sur des facteurs tels que la variabilité
des caractères à étudier, les méthodes d'échantillonnage ou d'estimation et surtout la taille
de la population cible. Dans le cadre de cette recherche, la méthode du choix raisonné et
la méthode de l’échantillonnage aléatoire sont utilisées.
24

�II.2.2.2.1. Méthode du choix raisonné
Cette méthode a été utilisée pour l’identification des autorités communales, les leaders
d’opinion au niveau des villages que sont les chefs de villages et les présidents des
Conseils villageois de développement (CVD). Au niveau des autorités communales il
s’est agi de l’ex maire, du président de la délégation spéciale et du secrétaire général de
la mairie. Le choix de ces personnes se justifient par le rôle qu’elles jouent dans la
gouvernance locale et partant leur implication sur le sujet de la recherche.
II.2.2.2.2. Méthode du choix aléatoire
La méthode aléatoire est employée pour le choix des autres enquêtés en dehors de ceux
identifiés par choix raisonné. Il s’agi dans chaque village du chef du village, des deux
derniers ex conseillers municipaux et du président CVD.
II.2.2.3. Taille de l’échantillon
Dans le cadre de cette recherche, l’enquête se fait sur la base d’un échantillon de 243
personnes pris parmi la population des deux sexes dont l'âge est supérieur ou égal à 18
ans. Ainsi pour assurer une certaine représentativité, les enquêtés sélectionnés sont
repartis dans 10 villages et 8 secteurs avec 10 personnes par village et par secteur de la
commune de Pô. Ils sont composés des leaders d’opinion, des responsables d’OSC, des
présidents CVD, des ex conseillers municipaux, des fonctionnaires municipaux et des
membres de la délégation spéciale de Pô. Des entretiens sont prévus se réaliser auprès du
Président de la délégation spéciale, de l’ex maire et des ex adjoints au maire, du secrétaire
général de la Mairie de Pô, du directeur de la radio communautaire Gulu, du Secrétaire
Général de la province du Nahouri et du haut-commissaire de la province du Nahouri.
(Voir tableau 3 ci-dessous).
Cette approche permet de capturer une diversité géographique et socioéconomique,
garantissant ainsi que les résultats de notre recherche soient équilibrés et comparables
entre les différentes localités. De plus, ce choix de taille de l’échantillon correspond aux
ressources disponibles, au temps impartis pour la recherche et permet d’obtenir des
résultats précis de notre analyse.

25

�Tableau 2 : Présentation de la taille de l’échantillon
Population de l’étude

Le nombre total de sujet par
catégorie

Haut-commissaire de la province du Nahouri

01

Secrétaire général de la province du Nahouri

01

Président de la délégation spéciale

01

Secrétaire général de la mairie de Pô

01

Ex maire de la commune de Pô

01

Adjoint à l’ex maire

02

Leader d’opinion (Chef de village)

10

Responsable d’OSC

05

Président CVD

10

Fonctionnaire municipal

15

Membre de la délégation spéciale

15

Population de la commune de Pô

180

Radio Gulu

01

Total

243

Source : auteur, 2024
II.2.3. Techniques et outils de collecte des données
La technique est une procédure qui est suivie en vue d’atteindre un objectif donné. Parmi
les méthodes les plus couramment utilisées figurent la revue documentaire, l’observation
participante, les entretiens et les enquêtes par questionnaire. Ces techniques sont
accompagnées d’outils tels que la fiche de lecture, la grille d’observation les guides
d’entretien et le questionnaire.
II.2.3.1. Techniques de collecte de données
Cette recherche a utilisé comme techniques de collecte de données, une revue
documentaire et des recherches sur Internet, l’observation participante et une recherche
empirique en adoptant une méthode mixte, c'est-à-dire qualitative et quantitative à la fois.

26

�Revue documentaire
La recherche documentaire est une opération continue qui a couvert toutes les étapes de
l’étude à travers la lecture de quelques ouvrages sur la gouvernance locale, la participation
citoyenne et l’action publique, la décentralisation et le développement local. Il était
question de capitaliser les connaissances théoriques précises pour l’orientation,
l’élaboration et l’exécution de l’étude. Des mémoires, des thèses et des articles en rapport
avec le thème d’étude ont été exploités dans plusieurs centres de documentation
fréquentés au fur et à mesure que se déroulait l’étude. Ainsi, la bibliothèque de
l’Université Joseph KI-ZERBO, la bibliothèque de l’Université Thomas SANKARA, la
bibliothèque de l’École Nationale des Régies Financières (ENAREF) et la bibliothèque
de l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) ont été visitées. La
recherche sur Internet, notamment sur Google Scholar et autres sites, a été d’une grande
contribution.
Observation participante
Selon MALINOWSKI (1922)10 « l'observation participante est une méthode d'étude par
laquelle le chercheur s'immerge dans la communauté qu'il souhaite étudier, partageant
leur vie quotidienne, pour observer directement leurs pratiques et comprendre leur culture
de l'intérieur ». Dans le cadre de cette étude, la période du stage à la mairie a permis
d’observer le comportement des autorités et des citoyens par rapport à la gestion de la
commune.
Questionnaire
D’après SELLTIG (1977), « le questionnaire convient spécialement à l’obtention des
renseignements sur ce que les personnes savent, croient, ressent, attendent, désirent,
projettent ou sur les explications et les motifs qu’ils invoquent à l’appui de chacune des
attitudes qu’ils adoptent ».11 Ainsi persuadé que l’opinion de la population est importante
pour se faire une idée de leur participation dans la gestion de la commune, nous lui avons

10

Bronislaw Malinowski (1884-1942), l'un des pères fondateurs de l'anthropologie moderne, est l'auteur du

célèbre Argonauts of the Western Pacific (1922), ouvrage phare qui fait de l'observation participante un
impératif méthodologique et réinvente l'ethnographie en tant que genre littéraire.
11

Claire SELLTIG, lawrence s. Wrightsman, George I. Balch, Stuart W. Cook, méthodologie de recherche

en sciences sociales, édition HRW, montréal, 1977, P 295.

27

�soumis un questionnaire composé de questions fermées et ouvertes. Le questionnaire a
été élaboré et administré face à face avec les enquêtés pendant le mois d’avril 2024.
Entretien
Quant à l’entretien, il a été fait sous forme d’entrevue semi structurée pour permettre une
certaine flexibilité tout en assurant une certaine structure afin que les données nécessaires
soient recueillies.
Les entretiens ont été réalisés auprès du président de la délégation spéciale, du secrétaire
général de la mairie de Pô, du Haut-commissaire de la province du Nahouri et du
secrétaire général de la province du Nahouri, du directeur de la radio communautaire
Gulu, de l’ex maire et les deux ex adjoints au maire.
II.2.3.2. Outils de collecte de données
Les outils de collecte de données représentent les moyens utilisés pour recueillir les
informations nécessaires à cette recherche. Pour la collecte de données du présent travail,
une grille de lecture, une grille d’observation, des questionnaires et des guides
d’entretiens ont été utilisés.
Grille de lecture
La grille de lecture a été un outil essentiel dans le cadre de la revue documentaire de cette
étude. Elle a permis de consigner les éléments pertinents et les passages des ouvrages
consultés, organisés par catégorie d’acteurs. Cette approche a facilité la référence et
l’exploitation ultérieure de ces informations lors la rédaction du mémoire. La grille de
lecture a permis d’exploiter au mieux la littérature existante sur la participation citoyenne
à la gestion des collectivités territoriales et d’orienter la recherche.
Grille d’observation
Une grille d’observation est selon GUIKAS et AL (2016)12 « un outil méthodologique qui
permet de décrire une situation avec une certaine objectivité en mesurant les
comportements observés. Elle est développée pour analyser les interactions et les
comportements dans un contexte spécifique, comme le milieu scolaire ». La méthode
d’observation adoptée dans cette recherche est l’observation participante, un processus

Guikas, I., Morin, D. &amp; Bigras, M. (2016). Développement d’une grille d’observation : considérations
théoriques et méthodologiques. Revue francophone de la déficience intellectuelle, 27, 163–178.
https://doi.org/10.7202/1043131ar
12

28

�par lequel le chercheur s’immerge dans le contexte de la recherche et participe activement
aux activités et interaction des sujets observés. Pendant, notre stage à la mairie de Pô, une
grille d’observation a été élaborée afin de recueillir systématiquement des informations
sur le comportement des sujets étudiés.
Questionnaire d’enquête
Le questionnaire a été utilisé pour recueillir des données quantitatives sur les mécanismes
de participation citoyenne à la gestion des collectivités territoriales. L’objectif était de
mesurer le niveau de réalisation des hypothèses de recherches en fonction des objectifs
spécifiques fixés dans le cadre de la recherche. Le questionnaire comporte des questions
à choix multiples et des questions fermées. Il a été élaboré et administré face à face avec
les enquêtés.
Guide d’entretien
Des guides d’entretiens ont été conçus pour interviewer les autorités locales, l’autorité de
tutelle rapprochés, les leaders d’opinions et les personnes ressources. Le guide d’entretien
et l’entretien semi -direct pour mieux centrer le discours des personnes interrogées. Le
guide d’entretien est unique mais les différents points ont été abordés lors des entretiens
en fonction du profil de l’interviewé.
II.2.3.3. Déroulement de l’enquête
À l’issue de l’élaboration des questionnaires et des guides d’entretien, nous nous sommes
rendus sur le terrain pour collecter les données en vue de vérifier les hypothèses
précédemment émises auprès des populations et procéder à l’organisation proprement dite
du travail. Ces sorties terrain ont permis d'avoir une appréciation globale de la
participation des citoyens dans la gestion de leur commune. Le nombre total de personnes
touchées lors de l’enquête terrain se répartit conformément aux indications contenues
dans le tableau ci-dessous :

29

�Tableau 3 : Récapitulatif de l’échantillon d’enquête réalisé
Population de l’étude

Echantillons Echantillons
prévus
réalisé

Taux de
réalisation

Haut-commissaire de la province
du Nahouri

01

01

100%

Secrétaire général de la province
du Nahouri

01

01

100%

Président de la délégation spéciale

01

01

100%

Secrétaire général de la mairie de
Pô

01

01

100%

Ex maire

01

01

100%

Adjoints à l’ex maire

02

02

100%

Leader d’opinion (Chef de village)

10

10

100%

Responsable d’OSC

05

05

100%

Président CVD

10

10

100%

Fonctionnaire municipal

15

10

66,66%

Membre de la délégation spéciale

15

10

66,66%

Population de la commune de Pô

180

180

100%

Radio Gulu

01

01

100%

Total

243

233

95,88%

Source : auteur, 2024
À l'analyse du tableau 4, il ressort que toutes les catégories de la population d’étude ont
été rencontrés excepté au niveau des fonctionnaires municipaux et des membres de la
délégation spéciale. Nous n’avons pas pu rencontrer ces acteurs en raison de leur
calendrier très chargé et presque toujours en mission.
En somme, deux cent trente trois (233) personnes ont sacrifié de leur temps à nos
entretiens et seulement dix (10) personnes n’ont pas été disponibles. Parmi les personnes
enquêtées, cinquante six (56) femmes ont été enregistrées. De façon globale, sur une
prévision de deux cent quarante trois (243) personnes à enquêter, deux cent trente trois
(233) ont été touchées, soit un taux de réalisation de 95,88 %.
30

�II.2.4. Analyse des données
L’analyse des données est le processus d’application de techniques statistiques et logiques
pour décrire, résumer et évaluer les données collectées au cours d’une recherche. Elle vise
à transformer des données brutes en informations utiles qui peuvent être interprétées et
appliquées pour comprendre des phénomènes13.

Ainsi l’analyse des informations

qualitatives et quantitatives recueillies a démarré par le dépouillement et la saisie des
données recueillies auprès des enquêtés sur le logiciel Sphinx V5 sans interpréter ni
changer le contenu des réponses. Ainsi, le traitement des réponses s’est fait
automatiquement, question par question et les réponses données à chacune des variables
sont affichées en pourcentage. Ceci a beaucoup facilité la présentation et la discussion
des résultats dans le chapitre suivant. Ensuite, il a été procédé à une exportation des
résultats sous forme de tableaux et de graphiques. Il y a eu enfin une mise en évidence ou
une interprétation des principaux résultats par thématique. Il s’est agi alors de replacer les
observations dans le contexte des hypothèses de départ et de chercher des explications
pour comprendre les facteurs limitant la participation des citoyens à la gestion de la
commune de Pô.
II.2.5. Considérations éthiques
Pour garantir une conduite responsable et respectueuse de la recherche, une importance
capitale a été accordée aux consentements éclairés, à la confidentialité et au respect de la
dignité au cours de la collecte des données sur le terrain. Ces principes ont constitué le
socle de l’interaction avec les personnes ayant accordées un intérêt à l’enquête. Pour
rassurer les participants qu’ils ne courent aucun risque en participant à l’enquête, nous
commençons toujours par décliner notre identité complète ainsi que nos coordonnées.
Ensuite, nous leur donnons une explication claire de la nature de la recherche, des
objectifs et des procédures. Ils ont été également informés qu'ils participent
volontairement et qu'ils peuvent se retirer de la recherche à tout moment sans
conséquence. Aussi, pour protéger l’identité des participants et éviter toute atteinte à leur
vie privée, Les informations recueillies et même les citations ont été anonymisées autant
que possible.

13

Earl Babbie, the practice of social research, 2010, 12 ème édition, 530 pages

31

�II.2.6. Difficultés rencontrées
Comme la plupart des recherches en sciences sociales, la conduite de cette recherche n'a
pas été sans difficultés. En effet, nous avons été confronté à une catégorie de personne ne
parlant que le “kassena14”. Ce qui nous a amené à recourir à des facilitateurs dont la
plupart des cas ont été les présidents des conseils villageois de développement.
. Une autre difficulté est l’indisponibilité de certaines autorités (administratives et locales)
presque toujours en déplacement pour des raisons de service.
Cependant, ces difficultés rencontrées n’ont nullement impacté notre détermination à
mener à bien la recherche et les informations ont été bien collectées.
En résumé, ce chapitre a présenté le cadre de l'étude et la méthodologie adoptée pour cette
recherche. Le contexte géographique et temporel de la recherche a été défini. La
méthodologie de recherche a été détaillée, incluant les méthodes de collecte de données,
les techniques d'échantillonnage, et les outils d'analyse utilisés. Une approche mixte,
combinant des méthodes quantitatives et qualitatives pour obtenir une compréhension
approfondie et nuancée du phénomène étudié a été adoptée. Cela permet d’aborder dans
le chapitre suivant la présentation, l’analyse des données collectées et la discussion.

14

Une langue locale parlée par la famille gourounsi de Pô.

32

�CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS ET DISCUSSION
Dans ce chapitre, il serait question d’analyser et de discuter les données collectées auprès
de l’échantillon de la recherche sous forme de tableau ou graphiques selon les types de
données.
III.1. PRESENTATION, ANALYSE ET DISCUSSION DES RESULTATS
Cette section présente les caractéristiques des enquêtés puis analyse et interprète les
données collectées.
III.1.1. Caractéristiques des enquêtés
Les caractéristiques des enquêtés mis en évidence concerne le sexe, l’âge, et le niveau
d’instruction
Tableau 4 : Répartition des enquêtés selon le sexe
Sexe
Masculin (M)

Effectif
169

Pourcentage
75, 11%

Féminin (F)
Total

56
225

24, 89 %
100%

Source : Enquête terrain, avril 2024
Il ressort du tableau 4 que 169 personnes soit 75, 11 % de nos enquêtés sont du sexe
masculin contre 56 personnes soit 24,89 % du sexe féminin. L’échantillonnage avait prévu
une parité au niveau de la population. Les femmes n’ont pas voulu s’exprimer sur la
gestion de la commune pour ne pas dire qu’elles s’intéressent peu aux questions de
gouvernance dans la commune. Par moment, il a fallu que certains Présidents de conseils
villageois de développement (CVD) qui nos facilitateurs interviennent pour qu’elles
s’expriment.
Tableau 5 : Répartition des enquêtés selon l’âge
Tranche d’âge

Effectif

Pourcentage

15 – 24 jeune adultes
25 – 34 (adultes en âge de travail)

7
33

3, 11%
13, 04%

35 – 44 ans (personnes âgées)
45 – 54

77
89

34,78%
39, 55%

55 et plus
Total

19
225

8, 70%
100%

Source : enquête terrain, avril 2024
33

�Le tableau 5 présente une disparité du nombre des enquêtés suivant les différentes
tranches d’âges. En effet, sur 225 personnes enquêtées, 89 personnes, soit 39,55 %, ont
l'âge situé entre 45 et 54 ans ; 77 personnes, soit 34,78 %, entre 35 et 44 ans ; 33 personnes,
soit 13,04 %, entre 25 et 34 ans ; 7 personnes, soit 3,11 %, entre 15 et 24 ans, tandis que
19 personnes, soit 8,44 %, sont situées entre 55 ans et plus.
Au regard de ces résultats, il s’observe que les citoyens jeunes adultes qui ont l’âge
compris entre 15 et 34 ans et les personnes âgées (55 ans et plus) s’intéressent peu à la
gestion de la commune. Par contre, les adultes en âge de travailler dont l’âge se situe entre
35 et 54 ans manifestent plus d’intérêt pour la gouvernance de la commune.
Tableau 6 : Répartition des enquêtés selon le niveau d’instruction
Niveau d’instruction

Effectif

Pourcentage

Non alphabétisé

50

22,22

Alphabétisé

60

26,66

Primaire

70

31,11

Secondaire

32

14, 22

Supérieure

13

5,77

Total

225

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 6 fait ressortir que sur 225 répondants, 50 répondants soit 22,22 % sont non
alphabétisés, 60 personnes soit 26,66 % sont alphabétisées ; 70 répondants soit 31,11 ont
un niveau primaire, 32 répondants soit 14,22 % ont un niveau secondaire et 13 personnes
soit 5,77 % ont fait l’université.
Ces résultats montrent un taux significatif de citoyens non alphabétisés. Ce qui peut être
à l’origine d’une faible estime de soi et d’un isolement social entraînant, de ce fait, une
faible participation des citoyens à la gestion des affaires locales, réduisant ainsi la
transparence et la responsabilité des autorités communales. Selon une enquêtée, « La
gestion des affaires locales appartient à ceux qui sont allés à l’école. Je n’y suis pas allé
et je ne pourrai pas apporter grand-chose, même si je voulais ».

34

�III.1.2. Analyses et interprétations de l’exploitation des outils/mécanismes
institutionnels facilitant la participation citoyenne
La gouvernance locale implique nécessairement la participation des populations aux
processus de prise de décision. Pour ce faire, les habitants de la collectivité territoriale
ont droit à l’information sur la gestion des affaires locales. Ce droit s’opérationnalise à
travers la mise en œuvre d’un certain nombre de mécanismes et/ou d’outils prévus par le
législateur.
Tableau 7 : Opinion des répondants sur l’existence des outils/mécanismes institutionnels
facilitant la participation des citoyens à la gestion des collectivités territoriales.
Réponse
Oui

Effectifs
18

Pourcentage
8%

Non
Total

207
225

92%
100%

Source : enquête terrain, avril 2024
De l’analyse du tableau 7, il ressort que 207 interviewés, soit 92 %, ignorent l’existence
des outils/mécanismes institutionnels facilitant la participation des citoyens à la gestion
de la commune, tandis que 18 interviewés, soit 8 %, affirment connaitre lesdits
outils/mécanismes. Cela indique un manque évident de sensibilisation et de
communication de la part des autorités locales. Les efforts de diffusion de l'information
sur ces mécanismes semblent insuffisants. Aussi, cette faible connaissance peut expliquer
une faible participation citoyenne dans la gestion communale. Si les citoyens ne sont pas
informés de l'existence de ces mécanismes, ils ne peuvent pas y participer efficacement.
III.1.3. Implication des citoyens dans la gestion de la commune
Le processus de décentralisation dans lequel s’est inscrit le Burkina Faso met le citoyen
au cœur de la gouvernance locale. Il n’est pas seulement un contribuable passif, mais
aussi un acteur actif. Ainsi, son rôle ne se limite pas à participer aux élections pour le
choix des dirigeants, mais aussi à s’impliquer dans la vie locale en participant aux débats,
en proposant des idées, en assistant aux réunions publiques et en faisant entendre sa voix
sur les enjeux qui touchent son ressort territorial. Pour ce faire, les citoyens doivent
exercer un droit de regard, d’évaluation et de sanction sur la gestion politique,
administrative, économique et financière des autorités communales. Ce pouvoir
d’influencer la gestion communale se réalise lorsque certains cadres et organes
fonctionnent pleinement.
35

�Figure 1 : Participation des citoyens aux débats publics sur les projets et programmes
de la commune

2,23%
14,22%
83,55%

Pourcentage

5

Effectifs

0

32

20

40

188
60

80
Souvent

100
Parfois

120
Jamais

140

160

180

200

Source : enquête terrain, avril 2024
La figure 1 fait remarquer que 188 personnes, soit 83,55 %, disent n’avoir jamais eu
l’occasion de participer à un débat sur les projets et programmes. 32 personnes soit 14,
22 % affirment y participer quelques fois et 5 personnes soit 2, 23 % déclarent participer
régulièrement. De ce fait, cela signifie que la population ne joue qu’un rôle limité dans la
mise en œuvre des projets et programmes de développement communaux. Pourtant,
l’implication des populations dans l’élaboration des projets et programmes permet
d’accroitre l’acceptation de ceux-ci, de réussir sa mise en œuvre dans la mesure où elle
alimente chez le citoyen le sentiment que la décision lui appartient en propre.
Tableau 8 : Opinion des répondants sur l’élaboration du budget communal15
Réponse

Effectifs

Pourcentage

Oui
Non

08
197

4%
96%

Total

205

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 8 montre qu’une majorité (96 %) estime ne pas être impliquée dans
l’élaboration des budgets, tandis qu’une minorité (4 %) déclare être impliquée. Il est donc
évident que la population participe faiblement à l’élaboration et à l’exécution du budget
communal. Or, c’est à ce niveau que se prennent les décisions concernant les grands axes

L’échantillon ne prend pas en compte le personnel administratif et les membres de la délégation
spéciale
15

36

�de développement par ordre de priorité des besoins pour l’année. Selon l’ex-maire :«
Impliquer les citoyens dans l’élaboration du budget communal revient à mettre en œuvre
le budget participatif, un mécanisme fastidieux et qui nécessite beaucoup de temps et de
moyens ». Une affirmation qui est du reste partagée par le président de la délégation
spéciale et le secrétaire général de la mairie.
Tableau 9 : Opinion des interviewés sur l’accessibilité du budget et des comptes
administratifs et de gestion de la commune16
Réponse

Effectif

Pourcentage

Oui

21

10, 24%

Non

184

89,75%

Total

205

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
À l’analyse du tableau 9, il ressort que 184 répondants, soit 89,75 % des interviewés,
disent ne pas avoir accès au budget et au compte administratif et de gestion de la
commune, tandis que 21 répondants, soit 10,24 % des interviewés, déclarent avoir accès.
En effet, plusieurs citoyens ne savent pas qu’ils peuvent avoir accès à ces documents. Un
responsable d’OSC déclare : « Nous sommes parfois conviés aux sessions du conseil et,
à la fin, nous avons accès aux documents budgétaires ». Le président de la délégation
spéciale a relevé que « les documents budgétaires sont volumineux et ne peuvent pas être
affichés ; malheureusement, les citoyens demandent rarement des copies ou à les
consulter ».
Tableau 10 : Opinion des répondants sur la participation des citoyens aux sessions du
conseil municipal
Réponse

Effectif

Pourcentage

Oui
Non

13
192

6,34%
93,66%

Total

205

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 10 montre que 192 interviewés, soit 93, 66 %, disent n’avoir jamais pris part
à une session du conseil de la commune contre 13 interviewés, soit 6,34 %, qui affirment
avoir déjà participé à une session du conseil de la commune. Parmi ce lot, 70,31 %
16

L’échantillon ne prend pas en compte le personnel administratif et les membres de la délégation
spéciale

37

�ignorent que les sessions du conseil de la collectivité sont ouvertes au public et qu'elles
peuvent prendre part contre, 29, 69 % qui disent ne pas ignorer ce droit. Dans ce groupe,
37 personnes évoquent l’absence de possibilité de prendre la parole lors des délibérations
du conseil, 11 personnes posent le problème de l'éloignement du chef-lieu du département
de certains villages. Quant aux 09 autres restants, ils pointent du doigt le manque de temps
pour assister aux travaux des sessions. Selon eux, ils n’envisagent pas de laisser leurs
travaux quotidiens pour suivre une session à laquelle ils n'auront aucune motivation
financière. Pour eux, c'est une perte de temps et un manque à gagner en termes de revenu
pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Ces résultats révèlent une très faible participation, voire une quasi-absence des citoyens
lors des sessions du conseil municipal, alors que l’article 240 de la loi n°055-2004/AN du
21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales dispose que « Les
séances du conseil municipal sont publiques ». Les sessions sont des espaces où des
décisions importantes sur la vie de la collectivité sont communiquées et discutées. C’est
lors des sessions que les élus locaux débattent et adoptent les grandes décisions
concernant la vie de la commune. Par conséquent, il est donc indiqué que les citoyens y
soient pour avoir les informations nécessaires sur les sujets inscrits à l’ordre du jour.
Tableau 11 : Point de vue des citoyens sur la publication des délibérations et des actes
des autorités communales relatifs au budget
Réponse

Effectif

Pourcentage

Oui
Non

12
213

5,33%
94,67%

Total

225

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 11 fait constater que 213 répondants, soit 94,67 %, affirment que les
délibérations du conseil communal et les actes des autorités relatifs au budget ne sont pas
portés à leur connaissance, contre 12 répondants, soit 5,33 %, qui disent être informés.
En effet, cette faible diffusion d'information peut décourager la participation citoyenne et
générer un sentiment de méfiance ou d'exclusion parmi la population. Sans accès aux
informations budgétaires, les citoyens ne peuvent pas s'engager de manière significative
dans les processus décisionnels locaux. Aussi, un manque de transparence peut nuire à la

38

�confiance des citoyens envers leurs dirigeants et compromettre la légitimité des autorités
communales.
Tableau 12 : Publication du bilan annuel des activités du conseil municipal
Réponse

Effectifs

Pourcentage

Oui
Non

18
207

8%
92%

Total

225

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Il ressort du tableau 12 que 207 personnes, soit 92 % des répondants estiment que le bilan
d’activités du conseil de la commune n’est pas porté à la connaissance du public, tandis
que 18 répondants soit 8% affirment que le public a connaissance du bilan d’activités du
conseil de la commune.
La diffusion régulière des bilans d'activités favorise un engagement citoyen plus actif et
informé. Cela permet également aux citoyens de mieux comprendre les actions du conseil
et de participer de manière plus significative aux processus décisionnels.
Malheureusement le manque d'information accessible peut réduire la confiance des
citoyens en leurs autorités locales et engendrer un sentiment de distance ou de désintérêt
vis-à-vis de la gouvernance locale
Figure 2 : Canaux d’information des activités de la commune aux populations par les
autorités communales
120
100

48%

80
60

108

25,33%

40
57

20

14,67%

12%

33

27

Crieurs public

Création d’un service de
communication

0
Affichage

Diffusion à la radio
Effectifs

Pourcentage

Source : enquête terrain, avril 2024

39

�La figure 2 montre que 108 personnes, soit 48 %, indiquent l’affichage comme disposition
prise par les autorités pour informer les populations des activités de la commune. 57
personnes, soit 25,3 %, citent la diffusion à la radio. 33 personnes, soit 14,66 %, nomment
le crieur public et 27 personnes, soit 12 %, mentionnent la création d’un service de
communication.
Ces résultats illustrent que les autorités communales utilisent plus l’affichage pour
informer les populations des activités de la commune. Aussi lors de l’entretien avec le
président de la délégation spéciale celui ci affirme : « Nous avons privilégié l’affichage
pour la publication des délibérations du conseil de la délégation, des actes administratifs
et pour informer les citoyens de certaines activités ». En fait, ce choix du Président de la
délégation spéciale est en phase avec l’article 247 de la loi 055-2004/AN du 21 décembre
2004 qui dispose que « les délibérations du conseil municipal sont portées à la
connaissance du public par voie d’affichage dans les locaux de la mairie et en tout autre
lieu approprié ». Mais au regard du taux élevé de l’analphabétisme, il serait judicieux de
prioriser la diffusion à la radio et le crieur public.
Tableau 13 : Connaissance des citoyens sur l’existence d’un cadre de concertation
communal (CCCO) fonctionnel
Réponse

Effectifs

Pourcentage

Oui
Non

114
111

50, 67%
49, 33%

Total

225

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 13 indique que 114 interviewés, soit 50,67 %, déclarent qu’il existe un cadre
de concertation communal fonctionnel, tandis que 111 interviewés, soit 49,33 %,
soutiennent le contraire.
En plus de ces résultats, lors de l’entrevue avec le président de la délégation spéciale et
le secrétaire général de la maire, ces derniers ont affirmé l’existence d’un cadre de
concertation institué par un arrêté du maire. Malheureusement, il n’est pas fonctionnel en
raison de la faiblesse des ressources financières. Selon l’ex-maire, « Nous avons pu tenir
souvent des sessions avec l’accompagnement de certains partenaires tels que le PACT et
le labo citoyenneté ».

40

�Tableau 14 : Avis des enquêtés sur l’existence d’autres cadres de concertations
Réponse
Oui
Non
Total

Effectifs
27
198
225

Pourcentage
12%
88%
100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Il ressort des résultats du tableau 14 que 27 enquêtés, soit 12 %, affirment que les autorités
communales ont institué d’autres organes de concertation en dehors des CCCO, tandis
que 198 enquêtés, soit 88,8 %, disent n’avoir pas connaissance de l’existence d’autres
organes institués par les autorités communales outre les CCCO. En effet, au regard de
l’importance de la concertation, le législateur a prévu au niveau de l’article 12 de la loi
055-2004 du 21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales que «
Le conseil de la collectivité territoriale peut créer des organes de concertation sur toute
question d’intérêt local ». Il s’agit ici, d’autres cadres en dehors des CCCO.
Malheureusement, les résultats montrent que les autorités communales n’exploitent pas
cette opportunité offerte par le législateur pour élargir la concertation dans la commune.
Tableau 15 : Appréciation des citoyens de la gestion des autorités communales
Réponse

Effectifs

Pourcentage

Oui

97

43,11%

Non
Total

128
225

56,89%
100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 15 montre que 97 personnes, soit 43, 11 %, disent que les autorités
communales rendent compte à la population à travers des journées de redevabilité, alors
que 128 personnes, soit 56, 89 %, énoncent que les autorités communales n’organisent
pas des journées de redevabilité pour rendre compte de leur gestion à la population.
Pourtant, l’organisation des journées de redevabilité est un moyen qui permet à la
population de participer à la gestion de leur commune. Elle renforce les liens entre
autorités communales et citoyens en créant un espace où les administrés peuvent poser
des questions. Aussi, elle permet aux autorités communales de faire le bilan des actions
réalisées dans les domaines de compétences transférées (l’éducation, la santé, l’eau et
l’assainissement, etc). Cela permet aux citoyens de comprendre l’impact réel de la gestion
communale sur leur quotidien. Le dernier alinéa de l’article 250 de la loi 055-2004 du 21
41

�décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales dispose : « … le conseil
municipal a obligation de rendre régulièrement compte aux populations de ses activités
et de la vie de la commune ».
III.1.4. Avantages de la participation citoyenne dans la gestion de la commune de
Pô
La participation citoyenne joue un rôle fondamental dans la gouvernance locale. En
permettant aux citoyens de s’impliquer activement dans les décisions qui les concernent,
les autorités communales peuvent améliorer la transparence et renforcer la confiance et
la cohésion sociale. Dans ce contexte, il est crucial de reconnaître et de promouvoir les
avantages de la participation citoyenne pour construire des communautés résilientes et
prospères. De l’avis des enquêtés dans le cadre cette recherche, les bénéfices de cette
participation sont nombreux et variés, allant du renforcement de la démocratie locale à
l’émergence des solutions innovantes pour les défis communaux.
Figure 3 : Perceptions des citoyens sur les avantages de la participation citoyenne à la
gestion de la commune

23,55%
53

22,66%
51

29,33%

24,44%

66

MIEUX
COMPRENDREFACILITE LA PRISE PERMET AUX
DE DÉCISION PAR
LES BESOINS DES
CITOYENS
POPULATIONS LES AUTORITÉS D’INFLUENCER LA
COMMUNALES
GESTION
COMMUNALE
Effectifs

55

RENFORCE LA
DÉMOCRATIE
LOCALE

Pourcentage

Source : enquête terrain, avril 2024
La figure 3 renseigne que parmi les éléments qui illustrent les avantages de la
participation citoyenne à la gestion des communes, 66 personnes soit 29,33 % pensent à
l’influence de la gestion communale par les citoyens, 55 personnes soit 24,44 % indiquent
le renforcement de la démocratie locale, 53 personnes soit 23,55 % soulignent le fait de
mieux comprendre les besoins des populations et 51 personnes soit 22,66 % pointent du
doigt la facilitation de la prise de décision par les autorités communales.

42

�III.1.5. Obstacles entravant la participation citoyenne et suggestions pour une réelle
participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô
Après plus de deux décennies de mise en œuvre de la décentralisation, plusieurs éléments
d’ordre culturel, comportemental, institutionnel limitent la participation des citoyens à la
gestion de leur commune. Dans le cadre de cette recherche, l’avis des interviewés requis
a concerné les facteurs tels que le déficit de communication, l’analphabétisme et
l’ignorance, la pauvreté, l’absence de cadre de concertation et les divergences politiques.
Aussi, ils ont fait des suggestions dans l’objectif de renforcer la participation des citoyens
dans la gestion de leur commune.
Figure 4 : Perception des citoyens sur les obstacles qui entravent la participation
citoyenne à la gestion de la commune de Pô
3,11%
9,33%

Le déficit de communication

24,44%
Absence de cadres de concertation
fonctionnels

22, 60%

L’analphabétisme et l’ignorance

14, 22%

La pauvreté

Les divergences politiques

28%
Autres à préciser

Source : enquête terrain, avril 2024
La figure 4 indique que 63 répondants, soit 28 % des enquêtés, montrent l’analphabétisme
et l’ignorance comme facteurs entravant la participation des citoyens à la gestion de la
commune. 55 répondants soit 24,44 % des enquêtés pointent du doigt le déficit de
communication, 47 répondants soit 22,60 % indiquent la pauvreté, 32 répondants soit
14,22 % citent l’absence de cadres de concertation fonctionnels, 21 répondants soit 9,33
% accusent les divergences politiques, tandis que 7 répondants soit 3,11 % pensent à
autres choses. Ils ont précisé le manque d’intérêt.
Par rapport au déficit de communication, il convient de noter que la communication est
importante dans la gouvernance locale. Elle est un droit accordé au citoyen par le Code
général des collectivités territoriales en son article 11 et non une faveur accordée par les
43

�autorités communales. Selon Michel Le NET17, « la communication constitue pour
l'individu une excellente motivation en ce sens qu'elle suscite chez lui un sentiment
d'appartenance, d'être aimé, d'être écouté, d'être compris et de faire partie d'un groupe,
celui de la communauté ou de la collectivité ». À l’analyse des résultats, il ressort que
dans la commune de Pô, le déficit de communication est réel. C’est d’ailleurs ce que
soutient un interviewé, lorsqu’il dit : « S’ils ne nous disent pas ce qu’ils font comme
activité, il est difficile de s’y intéresser et d’apporter notre contribution ».
Concernant l’analphabétisme et l’ignorance, il est évident qu’ils constituent un frein à la
pleine participation des citoyens à la gestion de la commune. En plus des résultats illustrés
par la présente figure, l’échantillon laisse percevoir un fort taux (28 %) d’analphabétisme.
Nous pouvons en déduire que cela constitue une barrière dans la mesure où le français est
considéré comme la langue de travail. En effet, les résultats de l’enquête.
Quant à la pauvreté, elle peut avoir un impact significatif sur la participation citoyenne à
la gestion des affaires communales. Un nombre significatif des répondants (20,88 %)
affirment que la pauvreté constitue un handicap majeur à la participation des citoyens à
la gestion de la commune. Parmi eux, certains ont confié que le plus important pour eux,
c’est de chercher à améliorer leur condition de vie en cherchant leur gagne-pain que de
vouloir s’impliquer dans la gestion des affaires de la commune.
Pour la divergence politique, au lieu d’être un facteur limitant la participation citoyenne,
elle devrait plutôt les embrasser comme une opportunité d’enrichir la démocratie locale.
Dans la commune de Pô, le jeu politique est agissant. Le conseil municipal dissout était
animé par quatre (4) partis politiques dont le MPP (34 conseillers), l’ADF/RDA (18
conseillers), le CDP (11 conseillers) et l’UPC (06 conseillers). 9,3 % des interviewés
soutiennent que la divergence politique est un facteur limitant la participation des citoyens
à la gestion des affaires communales. Cependant, ils apprécient positivement la gestion
de la commune par la délégation spéciale. Cela traduise une crise de confiance entre
gouvernant et gouverné
Relativement à l’absence de cadres de concertation, il convient de noter que les cadres de
concertation constituent des occasions de partage d’information, d’échanges sur des
questions de développement de la commune. Les cadres de concertations au Burkina Faso

Cité par NUTSUGAN (1998), la communication comme moteur du développement de la future
commune de Comè. ENAM/ UAC
17

44

�sont encadrés par le décret n° 2009-838/PRES/PM/MEF/MATD du 18 décembre 2009
portant création, attributions, composition et fonctionnement de cadres de concertation
pour le développement rural décentralisé. Le cadre de concertation communal se réunit
trois (3) fois par an en session ordinaire sur convocation de son président. Au niveau
communal, le cadre de concertation est constaté par un arrêté du maire. Dans le cas de la
commune de Pô, l’arrêté existe, mais le cadre n’est pas fonctionnel. La non fonctionnalité
tient à l’irrégularité des sessions. La mairie n’arrive pas à tenir au moins deux sessions
par an.
Au-delà des éléments susmentionnés, une minorité de répondant (3,7 %) des interviewés
ont indiqué tout simplement n’avoir pas d’intérêt à participer à la gestion des affaires de
la commune. De fait, les citoyens peuvent ressentir une méfiance ou une désillusion
envers les autorités estimant que leur participation n’aura aucun impact réel sur les
décisions prises. Face à cela, la recherche a requis l’avis des répondants sur un certain
nombre de suggestions.
Figure 5 : Suggestions pour une réelle participation citoyenne à la gouvernance locale
dans la commune
6,22%
36,44%
30,22%
27,11%

Pourcentage

14
82

Effectif

68
61
0

10

20

30

40

50

60

70

80

90

Autre à préciser
La culture du devoir de redevabilité
La mise en place de cadres de concertation
L’instauration d’une stratégie de communication

Source : enquête terrain, avril 2024
La figure 5 indique que 82 interviewés, soit 36, 44 %, proposent la culture du devoir de
redevabilité, alors que 68 interviewés, soit 30, 22 %, suggèrent l’opérationnalisation des
cadres de concertation. 61 interviewés, soit 27,11 %, pensent à l’instauration d’une
stratégie de communication, tandis que 14 interviewés, soit 6,22 %, préconisent autres
choses.
45

�Ces résultats montrent une diversité d'opinions des citoyens sur les moyens d'améliorer
la participation et la gestion des affaires communales. La majorité se concentre sur la
redevabilité, les cadres de concertation et la communication, soulignant l'importance de
la transparence, de l'interaction citoyenne et de l'information pour une gouvernance locale
efficace et inclusive.
En somme, l'analyse des résultats obtenus à travers cette recherche révèle plusieurs
tendances significatives concernant la participation citoyenne dans la gestion des affaires
communales. Il apparaît que la majorité des citoyens ne sont pas informés des outils et
mécanismes institutionnels existants, ce qui pose un défi majeur à la transparence et à
l'engagement citoyen. En outre, les données montrent que la communication des décisions
budgétaires et des bilans d'activités du conseil communal est largement insuffisante, ce
qui pourrait expliquer le faible niveau de participation des citoyens. Ces résultats sont en
lignes avec les observations faites par YAMEOGO (2017) qui relève que la
décentralisation connait des difficultés liées au bon fonctionnement des mécanismes de
participation citoyenne et de redevabilité prévus par le code général des collectivités
territoriales. Cependant, lesdits résultats diffèrent de ceux auxquels sont parvenus
RAYAWENDE (2016) dans une recherche sur la participation citoyenne dans la gestion
de la commune de Pouytenga. Selon lui, les mécanismes de participation citoyenne sont
effectivement exploités. Ainsi, notre deuxième hypothèse selon laquelle les facteurs
institutionnels facilitant la participation citoyenne à la gestion des affaires locales ne sont
pas exploités dans la commune de Pô est donc confirmée.
Par ailleurs, les résultats montrent que les cadres et les organes à travers lesquels les
citoyens peuvent participer et influencer la gouvernance des autorités ne fonctionnement
pas pleinement. Ces résultats rejoignent ceux de OUEDRAOGO (2016) qui avait conclu
dans une recherche sur la participation citoyenne à la gestion de la commune de Pabré
que le contrôle citoyen de l’action des autorités locales n’est pas effectif. C’est aussi la
même conclusion au quelle est parvenue ZOUNDI (2016) dans une recherche sur la même
thématique concernant la commune de Koubri. Ainsi, la première hypothèse qui affirme
que les citoyens exercent une influence positive sur la gestion des autorités de la
commune de Pô dans le sens de contribuer à une gouvernance plus inclusive des affaires
locales est infirmée.
Également, les résultats confirment qu’il existe effectivement des obstacles qui limitent
la participation des citoyens de Pô dans la gestion de leur commune. Ces obstacles ont
46

�été relevés par GUILGA (2022) dans une recherche sur la participation citoyenne à la
gouvernance locale dans la commune de Ouagadougou, de ROMBA (2006) sur la
participation des citoyens au développement des collectivités territoriales et de ZANGRE
(2013) sur la problématique de la participation citoyenne à la gouvernance locale : cas de
l'arrondissement de Bogodogo. Cela confirme notre troisième hypothèse.
III.2. SUGGESTIONS
Pour venir à bout des facteurs limitant la participation citoyenne à la gestion de la
commune de Pô, nous proposons en plus des suggestions sur lesquelles les enquêtés se
sont prononcés, le renforcement des mécanismes de mise en œuvre du droit à
l’information des citoyens, l’introduction de nouveaux mécanismes de participation
citoyenne et le renforcement du dispositif juridique.
III.2.1. Renforcement des organes de participation citoyenne et des mécanismes de
mise en œuvre du droit à l’information des citoyens
Le développement à la base ne peut se faire sans une participation entière des citoyens à
la gouvernance locale. Ainsi, dans le cadre de la gestion des collectivités territoriales, les
citoyens sont les principaux acteurs et bénéficiaires des actions de développement, par
conséquent, ils doivent s’impliquer activement pour jouer pleinement le rôle qui est le
leur. Encore faut-il qu’ils aient l’information pour pouvoir le faire. Ainsi, il parait indiqué
d’adopter une stratégie de communication pour communiquer efficacement avec les
populations ou diffuser à grande échelle l’information auprès du public.
Ensuite, il faudrait utiliser les médias pour faire passer les informations concernant la vie
de la commune. Le service de la communication de la mairie et les médias de masse tels
que la radio Gulu, les réseaux sociaux peuvent être utilisés pour transmettre les
informations aux citoyens et ainsi les inviter à participer aux actions de développement.
Par ailleurs, ces mêmes outils peuvent être mis à contribution pour construire une belle
image de la commune concernant la participation citoyenne.
III.2.2. Renforcement du dispositif juridique de participation citoyenne
Le Code général des collectivités territoriales dispose que les sessions du conseil
municipal sont ouvertes au public. Malheureusement, ces derniers n’ont pas droit à la
parole. Aussi, il reconnait au public le droit de recours contre les délibérations du conseil
municipal sans leur donner le pouvoir de délibérer ou de donner leur avis sur les grandes
décisions de la vie de la commune. En outre, la loi oblige le conseil municipal à rendre
47

�régulièrement compte aux populations de ses activités et de la vie de la commune, sans
préciser les modalités de cet exercice. Pour ce faire, il serait judicieux de permettre aux
citoyens de pouvoir présenter des pétitions pour la tenue d’une session ou de soumettre
directement un projet de délibération au conseil communal qu’il examinera lors d’une
session. À cela, il faut ajouter l’institution d’un référendum local pour contraindre
l’exécutif local à consulter la population sur les projets de grands intérêts pour la
commune. Également, le législateur pourrait préciser les modalités de la reddition des
comptes aux populations, comme se fait la tenue des sessions du conseil municipal.
II.2.3. Renforcement des capacités des citoyens
L’analphabétisme et la pauvreté constituent aussi des facteurs limitant la participation des
citoyens à la gestion de leur commune. Face à cela, la commune gagnerait à mettre en
place des programmes spécifiques pour favoriser leur accès à l’éducation. Cela peut
inclure des cours adaptés à leur culture, des cours d’éducation civique et la réalisation
d’infrastructures éducatives proches de leurs cadres de vie. L’éducation civique peut se
traduire par la publication de manuels expliquant la décentralisation, la citoyenneté, la
gouvernance locale, le développement local et leur traduction dans les langues locales.
Aussi, comme l’ont relevé les résultats de l’enquête, la pauvreté a des répercussions
profondes sur la gestion de la commune. Selon le professeur LOADA (2014), « la qualité
des conditions de vie des citoyens a un impact sur leur engouement pour tout processus
de décentralisation, par ricochet sur leur implication dans la gestion des affaires locales
». Mais pour atténuer ces effets et favoriser un développement endogène, la commune de
Pô pourrait réaliser des sites maraichers modernes dans chaque village de la commune
pour développer les cultures de contre-saison.
En plus, il est souhaitable que la commune mette l’accent sur la réalisation des
infrastructures marchandes et accompagnent les bénéficiaires avec des microcrédits pour
leur permettre de booster leurs activités commerciales. Aussi, la commune pourrait initier
des formations métiers, telles que la réparation des téléphones portables, la couture, la
mécanique auto, etc. au profit des jeunes et femmes désœuvrés. Ces activités généreront
des revenus et aideront les citoyens à améliorer leur qualité de vie, et partant, susciteront
leur participation à la gestion de la commune.

48

�III.2.4. Institutions de nouveaux mécanismes de participation citoyenne
En plus de l’exploitation effective des mécanismes de participation institués par le
législateur, la commune de Pô pourrait envisager la mise en œuvre d’autres mécanismes
pour impliquer au mieux les citoyens dans la gestion de la commune pour un
développement harmonieux. Ainsi, les autorités communales devraient accélérer la mise
en place des comités de veille et de développement dans les villages et secteurs. En effet,
le législateur a institué, en abrogation des articles 222 et 223 de la loi n°055-2004/AN du
21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales, la loi n°0032023/ALT du 25 mars 2023 portant institution de comités de veille et de développement
(COVED). En matière de participation citoyenne, les COVED ont pour rôle d’élargir
l’accès à l’information au profit des populations et de favoriser leur implication à
l’identification, à la planification et à l’exécution des projets publics de développement
dans les quartiers et villages. Il vise l’appropriation par les habitants des questions de leur
propre développement par la concertation citoyenne à la base, au niveau des quartiers et
des villages.
Aussi, les autorités de la commune de Pô gagneraient à instituer un cadre d’échanges
entre le conseil de la collectivité et les organisations de la société civile de la commune
dans l’objectif de les associer à la gestion de la commune. Les organisations de la société
civile (OSC) sont des acteurs engagés dans divers domaines (culture, environnement,
Droits humains, etc.). Elles ont des expertises spécifiques et une connaissance fine des
réalités locales. L’institution d’un cadre de concertation crée un espace de dialogue, de
collaboration et de co-construction entre le conseil communal et les OSC. C’est un levier
puissant pour un développement local inclusif et durable.
En définitive, ce chapitre a permis de présenter les résultats obtenus à partir des données
collectées et de les analyser en profondeur. En confrontant les résultats de l’étude avec
celles précédentes, des points de convergence ainsi que des divergences ont pu été
identifiés. Aussi, des pistes d'action concrètes ont été proposées pour une meilleure
participation des citoyens dans la gestion de la commune de Pô.

49

�CONCLUSION
Le Gouvernement burkinabè a adopté la décentralisation comme mécanisme de
développement à la base, pour que les populations puissent définir, planifier et exécuter
des actions pour satisfaire leurs besoins essentiels. Cette stratégie a permis l'effectivité de
la communalisation intégrale, le transfert de compétences aux collectivités territoriales et
l'accompagnement des entités décentralisées par une déconcentration des services de
l'administration centrale.
Une décentralisation efficace conduit inéluctablement à la transformation des
communautés de base en modèles performants de démocratie et de développement
endogène. Lorsque les populations élisent elles-mêmes des responsables qu’elles jugent
dignes de les représenter, participent à la définition et à la mise en œuvre des projets et
programmes de développement, il ne fait aucun doute qu’il s’agit là d’un véritable
processus de développement qui est enclenché. Mais après plus de deux décennies
d'expérience, le constat est que la problématique de la participation citoyenne à la
gouvernance locale est toujours d'actualité dans la commune de Pô. En effet, les citoyens
ne participent pas assez à la gestion des collectivités territoriales au côté des élus locaux.
Cette triste réalité explique la recherche sur les facteurs limitant la participation citoyenne
dans la gestion de la commune de Pô.
L’analyse du thème a permis de mettre en évidence les déterminants de la participation
citoyenne dans la gestion de la commune de Pô. De façon spécifique, il a été question de
mettre en exergue l’influence des citoyens sur la gestion des autorités de la commune de
Pô, d’analyser l’effectivité des facteurs institutionnels facilitant la participation citoyenne
à la gestion des affaires locales dans la commune de Pô et d’identifier les obstacles qui
entravent la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô.
La démarche méthodologique adoptée a permis de constater que la majorité des citoyens
ne savent pas qu’ils ont les prérogatives de juger ou de demander simplement des comptes
aux autorités communales qu’ils ont donné mandat de les représenter. Cela a pour
conséquence de réduire leur implication dans la gestion des affaires locales, de restreindre
leur pouvoir d’intervention auprès des autorités locales et d’influencer positivement la
gestion des affaires de la commune.
Aussi, elle a révélé que les mécanismes de mise en œuvre du droit à l’information des
citoyens ne sont pas efficacement enclenchés par les autorités communales pour qu’ils
50

�servent au mieux la gouvernance locale. Les citoyens n'exploitent pas les mécanismes
dont ils disposent pour participer à la gestion de leur commune. Ils ne s'informent pas en
consultant les affiches ou les documents administratifs et ne participent pas aux sessions
du conseil de la commune.
Par ailleurs, elle a confirmé l’existence d’obstacles qui limitent la participation des
citoyens à la gestion de leur commune tels que le déficit de communication,
l’analphabétisme, l’ignorance, la pauvreté, l’absence de cadre de concertation et les
divergences politiques.
À terme, la recherche a permis de comprendre l’importance de la participation citoyenne
dans la gestion de la commune de Pô. De nombreux facteurs limitent véritablement la
participation des citoyens de Pô à la gestion de leur commune. Pour améliorer cette
situation, il serait judicieux pour les autorités communales de Pô de mettre l’accent sur
l’implication des populations dans les organes de participation et d’opérationnaliser les
mécanismes de mise en œuvre du droit à l’information des citoyens en vue d’assurer une
participation citoyenne indispensable à la bonne gouvernance locale.
En analysant les facteurs limitant la participation citoyenne dans la gestion de la commune
de Pô, la recherche n’a pas pu aborder tous les aspects de ces différents problèmes. Dans
une certaine mesure, elle aurait pu étudier la problématique de la participation des
citoyens au choix de leurs mandataires dans le contexte de la gouvernance locale. Aussi,
elle aurait pu s’intéresser aux mécanismes mis en place par les citoyens pour participer à
la gestion de leur cité. Toutes ces interrogations pourraient constituer des pistes de
réflexions que notre recherche n’a pas prises en compte de façon précise. Tout compte
fait, nous espérons, à travers cette recherche, avoir participé à la réflexion d’une
thématique dont l’importance s’avère plus que nécessaire et que d’autres recherches
pourraient approfondir davantage.

51

�IBLIOGRAPHIE
I.

Ouvrages

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juridique des textes sur la décentralisation et le foncier en Afrique de l’Ouest et du Centre,
mars 2000, 51 pages ;

52

�ROQUEFORT-COOK Katline, la participation des usagers aux politiques publiques
locales, Une volonté affichée... pour quelle réalité ? Editions l'Harmattan, 2015, 134
pages ;
SAWADOGO Hassane, la gestion administrative communale à l’aune des changements.
L’émergence de nouveaux paradigmes, Imprimerie des Assemblées de Dieu Sarl, mai
2022, 186 pages ;
SAWADOGO Raogo Antoine, Décentralisation et participation citoyenne cycle 4,
Cotonou, 22 mars-02 avril 2004, Cotonou, Institut Fcrham, 2004, 118 pages ;
SAWADOGO, Raogo Antoine, L’Etat africain face à la décentralisation : la chaussure
sur la tête, Editions Karthala, Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, 2001, 278 pages ;
TOTTE Marc, La décentralisation en Afrique de l'ouest : entre politique et
développement, 2003, 412 pages ;
II.

Thèses et mémoires

Ndeye Mariéme Samb, Gouvernance territoriale et participation citoyenne au Sénégal,
thèse de doctorat Géographie. Université Paul Valéry - Montpellier III, 2014, 343 pages ;
OUATTARA Youssouf, Rôle de la société civile dans l'émergence d'une nouvelle
citoyenneté dans les collectivités locales - OUAGADOUGOU : 2007 - Mémoire - A. GENAM 59 pages ;
OUEDRAOGO Moussa, Décentralisation et dynamiques locales de développement
durable au Burkina Faso Etude de cas dans les communes rurales dans la Région de la
Boucle du Mouhoun dans la partie nord-ouest du pays, 2016, thèse, Université Bretagne
Loire/université de Maine, 341 pages ;
OUEDRAOGO Sibiri de Issa, L'implication des citoyens dans la gestion des collectivités
territoriales : cas des communes de Manga et de Kombissiri, OUAGADOUGOU ; 2007
- Mémoire A. G - ENAM – 50 pages ;
OUEDREAGO Lamoussa, La participation des citoyens dans la gestion des Collectivités
territoriales : cas de la commune de Pabré, 2016, mémoire A.G ENAM 59 pages ;
OUEDREAGO Rayawendé Ernest, Participation citoyenne et développement local : cas
de la commune de Pouytenga, 2016, mémoire A.G - ENAM 54 pages ;

53

�ROMBA Abdoul Gafard, Réflexion sur la participation des citoyens au développement
des collectivités territoriales, ENAM, Ouagadougou, 2006, 59 pages ;
SAWADOGO Sayouba, La participation citoyenne au développement local dans le
contexte de la communalisation intégrale : cas de la commune rurale de Sabcé dans la
Province du Barn, OUAGADOUGOU : 2008 - Mémoire A. G- ENAM 61 pages ;
YAMEOGO Wendlassida Josias, Participation citoyenne à la gouvernance locale et
développement des collectivités Territoriales : cas de la région du Centre-Est du Burkina
Faso, 2017, mémoire 2IE, 77 pages ;
ZANGRE Aboulaye, La problématique de la participation citoyenne à la gouvernance
locale : cas de l'arrondissement de Bogodogo -OUAGADOUGOU : 2013. Mémoire A.
G-ENAM 59 pages ;
ZAZA Ornella, La participation citoyenne numérique pour le projet urbain : figures et
pratiques d’un imaginaire, ECLIPS - Participation citoyenne : Expériences et limites d’un
idéal de démocratie, Jun 2016, Tours, France ;
ZOUNDI Landrine 2ème Jumelle, La participation Citoyenne à la gestion des affaires
locales : cas de la commune rurale de Koubri – OUAGADOUGOU : 2016. Mémoire AG
- ENAM 58 pages ;
III.

Articles, Etudes et rapports scientifiques

BREUX Sandra, Les dimensions territoriales de la démocratie participative, Sciences de
la Société, n°69, 2006, pp. 71-85 ;
CGD Info : Participation citoyenne et gouvernance locale, numéro 1-2011, 4 pages ;
CGD Info : La qualité du travail des autorités locales au Burkina Faso, 2010, 7 pages ;
CGD : La gouvernance au Burkina Faso perceptions globales des burkinabé et
expérience concrète dans la commune de Pô, 2009, 34pages ;
ROIG Charles, théorie et réalité de la décentralisation, Revue française de science
politique, 16ᵉ année, n°3, 1966. pp. 445-471.
GUIRIOBE Paumahoulou Jean-Arsène, La faible participation citoyenne à la gestion des
collectivités territoriales en côte d’ivoire : cas de la commune de Bouaké, 2018, Revue
Ivoirienne d’Anthropologie et de Sociologie ;

54

�LAMY Pascal, La gouvernance, utopie ou chimère ? Dans Études 2005/2 (Tome 402),
pages 153 à 162 ;
MacLean, Melissa, Elaboration d’un programme de recherche sur les dimensions genre
de la décentralisation, 2003, CRDI
SCOGNAMIGLIO Typhanie, et CARREL Marion Carrel (Entretien) : la participation :
définitions, méthodologies et état des lieux ;
YAMBRESSINGA Guilga François de Paule, Analyse de la participation citoyenne à la
gouvernance locale dans la commune de Ouagadougou (BURKINA FASO) Juillet 2022,
Université Joseph KI ZERBO Ouagadougou, Burkina Faso p. 400 – 415 ;
IV.

Constitution, textes législatifs et règlementaires

Arrêté 11°2019-203/CO/M/SG/DGR/DRH du 25 septembre 2019 portant organisation
des services des mairies d'arrondissement de la commune de Ouagadougou ;
Constitution du Burkina Faso du 11 juin 1991, édition d'avril 2002, 62 pages ;
Décret n°2022-004/PRES/MPSR du 1er février 2022 portant dissolution des conseils des
collectivités territoriales.
Décret n°2009-838/PRES/PM/MEF/MATD du 18

décembre

2009 portant création,

attributions, composition et fonctionnement de cadres de concertation pour le
développement rural décentralisé ;
Loi n° 055-2004/AN du 21 décembre 2004 portant code général des collectivités
territoriales, promulguée par le décret n° 2005-227 /PRES du 14 avril 2005, y compris
ses différents modificatifs ;
V.

Autres ouvrages

ACT-Consults. 2000. Comment mieux articuler les appuis aux initiatives de
développement à la base et les appuis à la décentralisation ? Paris : Ministère des Affaires
étrangères ;
BURKINA FASO (gouvernement), ministère de l’administration territoriale et de la
décentralisation, 2015 : Citoyenneté et participation citoyenne, Ouagadougou, 70 pages ;
BURKINA FASO. Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation,
décembre 2008. Citoyenneté et Participation citoyenne, réalisé avec l’appui technique et
financier du projet ADEPAC/PNUD, Altesse Burkina Sarl, 70 pages ;
55

�Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (CADHP) du 17 juin 1981 ;
La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH) du 10 décembre 1948 ;
La participation citoyenne : Cahier du Labo'M21. Gironde conseil général, sept. 2014.
La Politique nationale de la bonne gouvernance 2005-2015 ;
La Politique Nationale de la Décentralisation au Burkina Faso : document d’orientation
de la décentralisation ;
Le Lexique des termes juridiques 14e édition DALLOZ ;
L'éveil de conscience des citoyens de la région du plateau Central : secret de la
performance communale de Inades-Formation Burkina ;
Ministère de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation : état des lieux de la
décentralisation au Burkina Faso ;
Quels sont mes droits et mes devoirs en tant que citoyens d'une commune ? Guide
d'information et de sensibilisation sur les droits et les devoirs du citoyen dans la commune
de Inades-Formation Burkina ;
Société civile et participation citoyenne ; le combat des organisations civiles de quatre
régions : Centre, Centre-Nord, Centre-Sud et Plateau Central de Inades-Formation
Burkina.
VI.

Sites internet

André, P. avec la collaboration de P. Martin et G. Lanmafankpotin (2012). « Participation
citoyenne », dans L. Côté et J.-F. Savard (dir.), Le Dictionnaire encyclopédique de
l’administration publique, [en ligne] ;
Introduction à la gestion : qu'est-ce que la gestion ? (aunege.fr) consulté le 18 janvier
2024 ;

56

�ANNEXES
ANNEXE 1 : QUESTIONNAIRE ADRESSE A L’EX MAIRE, AU PDS, AUX
VICES PDS, AUX EX CONSEILLERS ET PERSONNES RESSOURCES DE LA
COMMUNE DE PO.
Je réponds au nom de Hamado SAKANDE, je suis apprenant à l’Institut de Formation
Ouverte à distance/Université Thomas SANKARA. Mes contacts sont : 76 71 71 93/ 70
04 44 05 ; sakandefils@gmail.com
Ce questionnaire est élaboré dans le cadre de la rédaction de notre mémoire de fin de
formation pour l’obtention du master en développement local et gestion des collectivités
à l’IFOAD/Université Thomas SANKARA. Le thème est intitulé : « analyse des facteurs
limitant la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô ». Votre
participation nous sera d’une grande utilité dans le cadre de cette recherche. Vos réponses
seront traitées dans le strict respect de l’anonymat et ne seront exploitées qu’à des fins
académiques.
Merci de votre disponibilité
N° :…………..
I.

Date : …………………..
IDENTITE DU REPONDANT

Nom et prénom : ……………………………………………………………….………..
Sexe : …………………………………………………………………………………….
Niveau d’étude : ………………………………………………………………………….
Profession : …………………………………………………………………………….…
Structure : ………………………………………………………………………………..
Contact : ………………………………………………………………………….………
II.

FONCTIONNEMENT DES FACTEURS INSTITUTIONNELS
FACILITANT LA PARTICIPATION CITOYENNE A LA
GESTION DE LA COMMUNE DE PO

1. Avez-vous connaissances des outils/mécanismes institutionnels facilitant la
participation des citoyens à la gestion de la commune ?
OUI : ☐

Non : ☐

Si Oui citez les ………………………………………………………………….………..

57

�III.

IMPLICATION DES CITOYENS DANS LA GESTION DE LA COMMUNE
2. Avez-vous l'occasion de participer aux débats publics sur les projets et
programmes dans votre commune ?

Jamais ☐
Parfois ☐
Souvent ☐
3. En tant que citoyen, êtes-vous impliqué dans l'élaboration du budget
communal ?
OUI : ☐

Non : ☐

4. Avez-vous accès au budget et compte administratif et de gestion de la
commune ?
OUI : ☐

Non : ☐

Sinon pourquoi ? …………………………………………………………………………
5. Avez-vous déjà participé à une session du conseil de la commune ?
OUI : ☐

Non : ☐

Sinon pourquoi …………………………………………………………………………..
6. Les délibérations du conseil et les actes administratifs des autorités
communales relatives au budget sont-ils portés à votre connaissance ?
OUI : ☐

Non : ☐

7. Les autorités de la commune vous rendent ils comptent de leur gestion à
travers l’organisation de journée de redevabilité ?
Jamais ☐
Parfois ☐
Souvent ☐
8. Le bilan annuel d'activités du conseil de la commune est-il porté à la
connaissance du public ?
OUI : ☐

Non : ☐

9. Quelles dispositions les autorités communales ont-elles prises pour informer
les populations des activités de la commune ?
Affichage ☐
Diffusion à la radio ☐
Crieur public ☐
58

�Création d’un service de communication ☐
10. Les autorités de la commune vous rendent il compte régulièrement de leur
gestion à la population à travers l’organisation de journées de redevabilité ?
OUI : ☐

Non : ☐

11. Existe-t-il un cadre de concertation communal (CCCO) fonctionnel ?
OUI : ☐

Non : ☐

12. Existe-t-il d'autres organes de concertation institués dans la commune en
dehors du CCCO ?
OUI : ☐

Non : ☐

13. Selon vous, quels sont les avantages de la participation des citoyens à la
gestion des affaires de la commune ?
Mieux comprendre les besoins des populations ☐
Facilite la prise de décision par les autorités communales ☐
Permet aux citoyens d’influencer la gestion communale ☐
Renforce la démocratie locale ☒
14. Selon vous, quels sont les obstacles qui entravent la participation des citoyens
à la gestion de la commune ?
Le déficit de communication ☐
Absence de cadres de concertation fonctionnels ☐
L’analphabétisme et l’ignorance ☐
La pauvreté ☐
Les divergences politiques ☐
Autres à préciser ☐
15. De façon générale, que proposez-vous pour une réelle participation citoyenne
à la gouvernance locale dans la commune ?
L’instauration d’une stratégie de communication ☐
La mise en place de cadres de concertation ☐
La culture du devoir de redevabilité ☐
Autre à préciser ☐

59

�ANNEXE 2 : GUIDE D’ENTRETIEN ADRESSE A L’EX MAIRE, AU PDS, AUX
VICES PDS, AUX EX CONSEILLERS ET PERSONNES RESSOURCES DE LA
COMMUNE DE PO.
Je réponds au nom de Hamado SAKANDE, je suis apprenant à l’Institut de Formation
Ouverte à distance/Université Thomas SANKARA. Mes contacts sont : 76 71 71 93/ 70
04 44 05 ; sakandefils@gmail.com
Ce guide d’entretien est élaboré dans le cadre de la rédaction de notre mémoire de fin de
formation pour l’obtention du master en développement local et gestion des collectivités
à l’IFOAD/Université Thomas SANKARA. Le thème est intitulé : « analyse des facteurs
limitant la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô ». Votre
participation nous sera d’une grande utilité dans le cadre de cette recherche. Vos réponses
seront traitées dans le strict respect de l’anonymat et ne seront exploitées qu’à des fins
académiques.
Merci de votre disponibilité
N° :…………..
I.

Date : …………………..
IDENTITE DU REPONDANT

Nom et prénom : …………………………………………………………….…..………..
Sexe : …………………………………………………………………………………….
Niveau d’étude : ………………………………………………………………………….
Profession : …………………………………………………………………………….…
Structure : ………………………………………………………………………………..
Contact : ………………………………………………………………………….………
II.

FONCTIONNEMENT DES FACTEURS INSTITUTIONNELS
FACILITANT LA PARTICIPATION CITOYENNE A LA
GESTION DE LA COMMUNE DE PO

1. Par quels mécanismes les citoyens sont-ils informés de la conduite des affaires
de la commune ?
……………………………………………………………………………………………
III.

IMPLICATION DES CITOYENS DANS LA GESTION DE LA
COMMUNE
2. Les citoyens participent-ils aux débats publics sur les projets et programmes dans votre
commune ?
60

�……………………………………………………………………………………………………..

3. Par quels mécanismes impliquez-vous les citoyens dans l’élaboration des budgets
de la commune ?
…………………………………………………………………………………………….
4. Les délibérations du conseil et les actes administratifs relatif au budget sont-ils
portés à la connaissance des citoyens ?
…………………………………………………………………………………………….
5. Les citoyens participent ils aux sessions du conseil municipal/délégation
spéciale ?
……………………………………………………………………………………………
6. Par quels moyens les populations sont-elles informées des activités de la
commune ?
……………………………………………………………………………………………
7. Des journées de redevabilité sont-elles organisées régulièrement pour rendre
compte de la gestion de la commune à la population ?
…………………………………………………………………………………………….
8. Existe-t-il un cadre de concertation communal fonctionnel ?
…………………………………………………………………………………………….
9. Si oui combien de sessions sont tenues par année ?
…………………………………………………………………………………………….
10. Existe-t-il d’autres organes de concertation institués dans la commune en dehors
du CCCO ?
…………………………………………………………………………………………….
IV.

AVANTAGES,

OBSTACLES

EN

MATIERS

DE

PARTICIPATION DES CITOYENS A LA GESTION DE LA
COMMUNE ET SUGGESTION
11. Selon vous, quels sont les avantages de la participation des citoyens à la gestion
des affaires de la commune ?
…………………………………………………………………………………………….
12. Quels sont les obstacles au bon fonctionnement des cadres de concertation dans
la commune ?
……………………………………………………………………………………………
61

�13. Selon vous, quels sont les obstacles qui entravent la participation des citoyens à
la gestion de la commune
…………………………………………………………………………………………
14. Quelles suggestions pouvez-vous faire pour un meilleur fonctionnement des
organes de concertation dans la commune ?
………………………………………………………………………………………
15. De façon générale, que proposez-vous pour une réelle participation citoyenne à la
gestion de la commune ?
……………………………………………………………………………………………
Merci pour votre disponibilité !

62

�Annexe 3 : Carte administrative de la commune de la Pô

Source : PCD commune de Pô

63

�Annexe 4 : Tableau portant Organisation des structures composant la délégation
spéciale de la commune de Pô avec leurs attributions
Structures

Composition

Attributions/missions

Organe

Définir les grandes orientations en matière de

délibérant de la

développement de la commune ;

délégation

Contrôler l’action du PDS ;
Adopter du Plan communal de développement ;
20

Donner des avis sur les questions soumises par l’Etat
central ;
Délibérer sur les affaires de la commune.

Organe

Le Président de

exécutif

la Délégation

Organiser des concertations sur les affaires de la
commune ;

Spéciale (PDS),

Préparer les ordres du jour de la session de la délégation

le 1er et le 2ème

spéciale ;

vice-président

Exécuter les délibérations ;

au PDS

Diriger l’administration communale.

Commission

Elle est compétente pour toutes les questions relatives

Affaires

aux affaires administratives, à la politique de la

générales,

commune en matière de communication, de formation,

sociales

et

05

de participation des populations aux activités sociales et

culturelles

culturelles et à la sécurité publique.

Commission

Elle est compétente sur toutes les questions qui ont trait

Affaires

aux grandes questions de développement économique

économiques

de la commune (planification économique, capacités

et financières

économiques, lutte contre la pauvreté (affaires
05

économiques) et de tout ce qui est propre à
l’amélioration des capacités financières de la commune
(affaires financières)

64

�Commission

Elle est compétente pour toutes les questions relatives à

Environnement

l’amélioration du cadre de vie, à la politique de la

et

05

commune en matière de voirie, d’assainissement,

développement

d’hygiène, d’inhumation, de santé communautaire et du

local

développement local. Pour ce faire, elle examine et
émet des avis écrits et motivés sur les projets et
programmes relevant de sa compétence.

Commission

Elle traite des questions relatives à l’aménagement du

Aménagement

territoire communal et des questions foncières. Pour ce

du territoire et

faire, elle examine et émet des avis écrits et motivés sur

gestion

05

les projets et programmes relevant de sa compétence.

foncière
Source : auteur, 2024

65

�ANNEXE 5 : photos des membres de la délégation spéciale de Pô lors de la
première session tenue les 27 et 28 mars 2024
Photo 1 : Présidium composé du PDS au milieu, respectivement du 1er et 2ème vice
président à gauche du PDS et du secrétaire général à droite

Source : archives de la mairie

Photo 2 : les membres de la délégation spéciale de Pô

Source : archive de la mairie
66

�TABLE DE MATIÈRE
DEDICACE ....................................................................................................................... i
REMERCIEMENTS ........................................................................................................ ii
SIGLES ET ABREVIATIONS ........................................................................................ iii
LISTE DES TABLEAUX................................................................................................ iv
LISTE DES FIGURES ..................................................................................................... v
SOMMAIRE.................................................................................................................... vi
RESUME ........................................................................................................................ vii
ABSTRACT ................................................................................................................... vii
INTRODUCTION ............................................................................................................ 1
CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LITTERATURE ...................... 6
I.1 CADRE THEORIQUE ............................................................................................... 6
I.1.1. Clarification de quelques concepts ...................................................................... 6
I.1.2. Modèles théoriques de la participation citoyenne ............................................... 9
I.2. REVUE DE LITTÉRATURE SUR LA PARTICIPATION CITOYENNE À LA
GESTION DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES ............................................... 14
CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE .................................. 18
II.1. PRESENTATION DU CADRE DE L’ETUDE ...................................................... 18
II.1.1. Contexte géographique..................................................................................... 18
II.1.1.1. Aspect géographique et évolution administrative ......................................... 18
II.1.1.2. Aspects économiques .................................................................................... 19
II.1.1.3. Organisation administrative de la Commune ................................................ 21
II.1.2. Contexte temporel ............................................................................................ 22
II.2. METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE ........................................................... 22
II.2.1. Déroulement de l’étude .................................................................................... 22
II.2.1.1. Phase préparatoire ......................................................................................... 23
II.2.1.2. Phase exploratoire ......................................................................................... 23
II.2.1.3. Phase de collecte des données et d’analyse des résultats .............................. 23
II.2.2. Population d’étude et échantillonnage ............................................................. 23
II.2.2.1. Population d’étude......................................................................................... 24
II.2.2.2. L’échantillonnage .......................................................................................... 24
II.2.2.2.1. Méthode du choix raisonné ........................................................................ 25
II.2.2.2.2. Méthode du choix aléatoire ........................................................................ 25
II.2.2.3. Taille de l’échantillon .................................................................................... 25
67

�II.2.3. Techniques et outils de collecte des données ................................................... 26
II.2.3.1. Techniques de collecte de données ................................................................ 26
II.2.3.2. Outils de collecte de données ........................................................................ 28
II.2.3.3. Déroulement de l’enquête ............................................................................. 29
II.2.4. Analyse des données ........................................................................................ 31
II.2.5. Considérations éthiques ................................................................................... 31
II.2.6. Difficultés rencontrées ..................................................................................... 32
CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS ET DISCUSSION ............................. 33
III.1. PRESENTATION, ANALYSE ET DISCUSSION DES RESULTATS ................. 33
III.1.1. Caractéristiques des enquêtés ......................................................................... 33
III.1.2. Analyses et interprétations de l’exploitation des outils/mécanismes
institutionnels facilitant la participation citoyenne ..................................................... 35
III.1.3. Implication des citoyens dans la gestion de la commune ............................... 35
III.1.4. Avantages de la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô
.................................................................................................................................... 42
III.1.5. Obstacles entravant la participation citoyenne et suggestions pour une réelle
participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô.................................... 43
III.2. SUGGESTIONS .................................................................................................... 47
III.2.1. Renforcement des organes de participation citoyenne et des mécanismes de
mise en œuvre du droit à l’information des citoyens .................................................. 47
III.2.2. Renforcement du dispositif juridique de participation citoyenne ................... 47
II.2.3. Renforcement des capacités des citoyens......................................................... 48
III.2.4. Institutions de nouveaux mécanismes de participation citoyenne .................. 49
CONCLUSION .............................................................................................................. 50
IBLIOGRAPHIE ............................................................................................................ 52
ANNEXES ..................................................................................................................... 57
TABLE DE MATIÈRE ................................................................................................... 67

68

�</text>
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        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
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                <text>DROIT - ÉCONOMIE -  GESTION</text>
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            <description>The topic of the resource</description>
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                <text>ÉCONOMIE - DROIT - GESTION</text>
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            <description>An account of the resource</description>
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                <text>La collection Droit économie et gestion (DEG) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières droit, économie et gestion.</text>
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      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
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              <text>Analyse des facteurs limitant la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô</text>
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          <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
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              <text>SAKANDE Amado</text>
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          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
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              <text>2024</text>
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          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
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              <text>Mémoire de master</text>
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