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                  <text>BURKINA FASO
La Patrie ou la Mort, nous Vaincrons

*****************

UNIVERSITE THOMAS SANKARA

*****************

Promotion 2021 - 2023
Mémoire pour l’obtention du diplôme de Master Professionnel en
Analyse et Suivi-Evaluation des Politiques Agricoles et Alimentaires

DETERMINANTS DE LA PERFORMANCE DE
REMBOURSEMENT DES CREDITS DE CAMPAGNE
AGRICOLE DANS LES ORGANISATIONS
PAYSANNES :
CAS DU PROJET PARTAM AU TOGO
Présenté et soutenu ce mardi 27 Mai 2025 par :
Kokou Mawunya GUIDIGAN

Sous la direction
Dr. Aïchatou MOURFOU épouse NAGANDA, EnseignanteChercheure/ Université THOMAS SANKARA (Burkina Faso)
JURY
Président : Pr. Idrissa OUIMINGA
Rapporteur : Dr. Yirviel Janvier METOUOLE MEDA

Année universitaire 2024-2025

�DEDICACE
Je dédie ce mémoire à ma famille.

i

�REMERCIEMENTS
Au terme de ce travail de recherche, nous tenons à exprimer notre profonde gratitude envers
toutes les personnes qui ont contribué à sa réalisation et à notre épanouissement tout au long de
ce parcours.
Nos sincères remerciements vont tout d'abord au premier responsable de l'Université Thomas
SANKARA, Professeur Pam ZAHONOGO pour son engagement en faveur de l'excellence
académique, ainsi qu'à Monsieur le Directeur de l’Institut de Formation Ouverte à Distance
(IFOAD), Docteur Marie Bernardin OUEDRAOGO dont les orientations ont été déterminantes
pour l'avancement de nos travaux.
Nous témoignons également toute notre reconnaissance à notre Directrice de mémoire, Docteur
Aichatou MOURFOU épouse NAGANDA, pour sa disponibilité, ses conseils précieux et son
accompagnement constant.
Nos remerciements s'adressent également aux élites et imminents enseignants de l'Université
Thomas SANKARA, qui, par leurs enseignements, ont contribué à enrichir nos connaissances
et à développer nos compétences.
Nous exprimons notre profonde gratitude à Monsieur le Ministre de l'Agriculture, du
Développement Rural et de l'Hydraulique Villageoise, ainsi qu'à Monsieur le Ministre de la
Réforme du Service Public, du Travail et du Dialogue Social, pour leur soutien qui s’est
matérialisé par l’octroi d’un congé de formation, nous permettant ainsi de poursuivre ce
parcours académique. Nous adressons également nos sincères remerciements à la hiérarchie de
l’Institut de Conseil et d'Appui Technique (ICAT), au personnel du projet PARTAM, au
personnel de la FUCEC, au président CGP ainsi qu’à tous les producteurs des OP pour leur
appui et soutiens constants tout au long de ce processus.
Sur un plan plus personnel, nous exprimons notre profonde gratitude à notre chère épouse
KOKOE, pour son soutien indéfectible, sa patience et sa compréhension tout au long de cette
aventure académique.
Aux collègues de parcours : AGODE Kokouvi TOUMOUDAGOU Pénagui épouse
AMEWOUAME, ADESSOU Afi Ruth et autres, qu’ils trouvent ici nos reconnaissances pour
l’esprit de collaboration et de vivre ensemble qui a régné durant ce parcours.
Enfin, nous remercions chaleureusement nos parents, et tout particulièrement mes grands frères
Professeur AKPAGANA Koffi, Docteur GUIDIGAN Kodjo Firmin, mes mères, Wono, Afi et
Dali, pour leur amour inconditionnel, leurs sacrifices et leurs encouragements, qui ont toujours
été une source de motivation et d'inspiration.

ii

�SOMMAIRE
INTRODUCTION GENERALE................................................................................................ 1
CHAPITRE 1 : CADRE DE REFERENCES CONCEPTUELLES ET THEORIQUES .......... 4
I. Définitions des concepts ......................................................................................................... 5
II. Les théories ............................................................................................................................ 8
III. Revue empirique ................................................................................................................ 10
CHAPITRE 2. CADRE ORGANISATIONNEL ET METHODOLOGIE .............................. 16
I. Cadre organisationnel ........................................................................................................... 16
II. Cadre méthodologique ......................................................................................................... 18
CHAPITRE 3. CADRE ANALYTIQUE ................................................................................. 24
I. Caractéristiques des coopératives étudiées ........................................................................... 24
II. Analyse des crédits alloués aux coopératives agricoles ...................................................... 26
III. Performance de remboursement des coopératives ............................................................. 27
IV. Facteurs influençant la performance de remboursement ................................................... 28
V. Discussion ........................................................................................................................... 39
VI. Vérification des hypothèses ............................................................................................... 44
VII. Les recommandations ....................................................................................................... 46
CONCLUSION GENERALE .................................................................................................. 48

iii

�SIGLES ET ABREVIATIONS
ACM

: Analyse de Correspondance Multiple

AGO

: Assemblée Générale Ordinaire

AGR

: Activités Génératrices de Revenus

BADEA

: Banque Arabe Pour le Développement Economique en Afrique

BM

: Banque Mondiale

BOAD

: Banque Ouest-Africaine de Développement

CG

: Comité de Gestion

CGC

: Comité de Gestion de Crédits

CGP

: Comité de Gestion du Périmètre

CNCA

: Caisse Nationale de Crédits Agricoles

CRZ

: Centre Rizicole de la vallée de Zio

CS

: Commission de Surveillance

DID

: Développement International des Jardins

FAO

: Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture

FUCEC

: Faitière des Unions des Coopératives d’Epargne et Crédits

ICAT

: Institut de Conseil et d’Appui Technique

ICRA

: Institut de Conseil et d'Appui aux Actions de Développement

IFOAD

: Institut de Formation Ouverte à Distance

IMF

: Institut de Microfinance

OHADA

: Organisation et Harmonisation de Droits des Affaires

OP

: Organisation des Producteurs

PARTAM

: Projet d’Aménagement et de Réhabilitation des Terres Agricoles de MissionTové

PIB

: Produits Intérieurs Bruts

SCOOPS

: Société Coopérative Simplifiée

SDF

: Structure Décentralisée de Financement

UEMOA

: Union Economique Monétaire Ouest Africaine

UEP

: Unité d’Exécution du Projet

iv

�LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Opérationnalisation des variables .......................................................................... 19
Tableau 2 : Type de variables et la méthode d’analyse ............................................................ 20
Tableau 3 : résumé des statistiques descriptives de la population des coopératives ................ 24
Tableau 4 : Comparaison des moyennes des hommes et des femmes par coopérative............ 25
Tableau 5 : Récapitulatif de proportion de femmes dans les SCOOPS ................................... 26
Tableau 6 : Répartition des crédits par catégorie ..................................................................... 26
Tableau 7 : récapitulatif des statistiques descriptives des crédits alloués aux
60 coopératives ......................................................................................................................... 27
Tableau 8 : Récapitulatif de la répartition des Coopératives Agricoles selon le Taux de
Remboursement et la Performance Associée ........................................................................... 28
Tableau 9 : test statistique de Spearman et de Fisher ............................................................... 28
Tableau 10 : Contingence par Catégorie de Femmes ............................................................... 29
Tableau 11 : Distribution des Performances par Catégorie ...................................................... 29
Tableau 12 : fréquence de la tenue des réunions des coopératives .......................................... 30
Tableau 13 : Situation de la tenue des AGO ............................................................................ 31
Tableau 14 : Relation entre performance de remboursement et payement
de droit d’adhésion ................................................................................................................... 32
Tableau 15 : Résultats des Tests Statistiques ........................................................................... 33
Tableau 16 : Synthèse des scores d'instruction par niveau de performance ............................. 37
Tableau 17 : tests statistiques de Kruskal-Wallis ..................................................................... 37
Tableau 18: Tests statistiques de Sperman ............................................................................... 37

v

�FIGURES ET GRAPHIQUES
Figure 1: Modèle de recherche...............................................................................................................5

Figure 2: Une vue sur le périmètre rizicole .............................................................................. 18
Figure 3: La répartition des coopératives selon l’effectif (en pourcentage et en nombre) ....... 25
Figure 4: Graphique montrant la proportion de femmes dans les OP et performance de
remboursement ......................................................................................................................... 29
Figure 5: Graphique : Relation entre tenue des réunions et performance de remboursement . 31
Figure 6: Graphique : tenue des AGO et performance de remboursement des coopératives .. 32
Figure 7: Graphique en barres empilées montrant la distribution des niveaux de payement
d’adhésion par rapport aux performances de remboursement ................................................. 33
Figure 8 : Analyse de correspondance multiple entre le payement de droit d’adhésion et
performance de remboursement ............................................................................................... 34
Figure 9: Modalité de fonctionnement des organes de contrôle et de gestion ......................... 35
Figure 10: graphique montrant la situation de remboursement avec la disposition du CGC... 35
Figure 11 : Correspondance multiple entre la performance de remboursement et la disposition
de CGC ..................................................................................................................................... 36
Figure 12: Distribution des scores d’instruction des membres des organes (Comité de Gestion,
CG) ........................................................................................................................................... 38
Figure 13: distribution des scores d’instruction de la commission de surveillance (CS)......... 39

vi

�RESUME
Cette recherche s’intéresse aux déterminants des impayés des crédits de campagne agricole
dans le cadre du Projet de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission-Tové (PARTAM) au
Togo. Le projet, initié pour renforcer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté à travers le
développement de la riziculture, a permis d’octroyer des crédits agricoles aux coopératives via
des mécanismes de microfinance. Cependant, l’augmentation des taux d’impayés, passés de 13
% en 2012 à 25 % en 2016, a conduit à la suspension des crédits, mettant en péril la viabilité
du projet.
L’objectif principal de cette étude est d’identifier les facteurs organisationnels et fonctionnels
des coopératives influençant leur capacité de remboursement. En s’appuyant sur une
méthodologie mixte, les données ont été collectées auprès de soixante (60) coopératives
bénéficiaires choisies de manière aléatoire sur les cent-vingt (120) et analysées à l’aide des
logiciels Excel et R, selon des approches statistiques robustes (corrélations de Spearman, tests
de Fisher).
Les résultats clés révèlent que la forte proportion de femmes dans les groupes à caution solidaire
améliore significativement les performances de remboursement, soulignant leur rôle central
dans la discipline financière. Le paiement des droits d’adhésion par les membres apparaît
comme un indicateur fiable de la capacité organisationnelle et de la performance des groupes.
Mots clés :
Crédits de campagne agricole, Impayés, performance de remboursement, coopérative
agricole et gestion de crédits.

vi

�ABSTRACT
This research focuses on the determinants of loan defaults in agricultural campaign credits
under the Agricultural Land Rehabilitation Project of Mission-Tové (PARTAM) in Togo. The
project, initiated to strengthen food security and reduce poverty through the development of
rice farming, enabled the provision of agricultural loans to cooperatives through microfinance
mechanisms. However, the increase in default rates, which rose from 13% in 2012 to 25% in
2016, led to the suspension of credit disbursements, thereby jeopardizing the project's viability.
The main objective of this study is to identify the organizational and functional factors within
cooperatives that influence their repayment capacity. Based on a mixed-methods approach, data
were collected from sixty (60) randomly selected beneficiary cooperatives out of a total of one
hundred and twenty (120), and analyzed using Excel and R software through robust statistical
methods (Spearman correlations, Fisher's exact tests).
Key findings reveal that a high proportion of women in joint liability groups significantly
improves repayment performance, highlighting their central role in financial discipline. The
payment of membership fees by members emerges as a reliable indicator of organizational
capacity and group performance.
Keywords:
Agricultural campaign credits, Loan defaults, Repayment performance, Agricultural
cooperatives, Credit management.

viii

�INTRODUCTION GENERALE
Le Togo est un pays en développement dont l’économie repose essentiellement sur la production
agricole. Ce secteur, à lui seul, contribue à près de 40 % au PIB et occupe presque 80 % de la
population active (BM, 2018). S’il est avéré que le secteur agricole joue un rôle important dans
le renforcement du tissu économique des pays du Sud, les contraintes à son développement
demeurent énormes. Les aléas naturels et climatiques s’intensifient ; les marchés agricoles restent
incertains et fortement asymétriques ; la compétition sur les ressources se renforce ; la
structuration des agriculteurs demeure insuffisante ; et les politiques agricoles rénovées peinent
à se mettre en place. Ces contraintes affectent considérablement la productivité agricole et, par
conséquent, compromettent gravement la sécurité alimentaire.
Face à ces défis, les pays africains doivent renforcer la résilience des populations rurales face aux
aléas socio-économiques et climatiques. Parmi les mesures envisagées figure le financement des
exploitations agricoles. Les agriculteurs, en particulier les petits exploitants, ont besoin d’investir
pour faire face aux exigences de la production, notamment l’achat d’intrants et d’équipements.
Or, il est à noter qu’aujourd’hui, les services financiers et l’offre de crédit en particulier
demeurent défaillants face à la demande croissante des agricultures familiales. Les banques se
sont tenues à l’écart de l’agriculture, car elles la considèrent comme une activité faiblement
rentable, risquée, et avec des garanties difficiles à obtenir. Les Services Décentralisés de
Financement (SDF), communément appelés institutions de microfinance (IMF), se sont engagés
dans le financement des producteurs, mais à des taux d’intérêt peu compatibles avec les réalités
du secteur (Grain de sel, janvier – juin 2016).
Conscients de la nécessité du financement agricole, et en particulier de l’octroi de crédits aux
agriculteurs, les pays en développement ont commencé à mettre en œuvre des programmes et
projets comportant des lignes de financement destinées aux producteurs pour couvrir les coûts de
production. Ainsi, dans les années 1960 et 1970, les pays ouest-africains ont adopté plusieurs
politiques visant à faciliter l’accès des agriculteurs au financement. Par exemple, ils ont fixé des
taux d’intérêt relativement bas et imposé aux banques des quotas de prêts obligatoires. Par
ailleurs, ils ont créé des banques ou des caisses de développement agricole (ex. : Caisse Nationale
de Crédit Agricole – CNCA – au Togo), chargées de financer les agriculteurs.
Cependant, ces programmes ont souvent été mal gérés, ce qui a conduit à plusieurs problèmes.
Tout d’abord, ils ne parvenaient pas à atteindre les agriculteurs les plus pauvres. De plus, les
pouvoirs publics ont fréquemment imposé des annulations de dettes, créant une certaine
confusion chez les agriculteurs entre dons et prêts. En outre, les faibles taux de recouvrement des
prêts et les remises de dettes répétées ont rendu ces politiques difficilement viables. Depuis lors,
le principal problème rencontré par ces mécanismes de financement – qu’ils soient mis en œuvre
1

�par des projets de développement ou par des banques/SDF – reste le non-remboursement des
crédits octroyés. Cette situation, observée dans presque tous les programmes et projets de
développement agricole, compromet dangereusement l’accès au financement des producteurs et,
de ce fait, la capacité de production des systèmes agricoles.
Le Projet de Réhabilitation et d’Aménagement des Terres Agricoles de Mission-Tové
(PARTAM), initié par le gouvernement togolais pour améliorer les conditions de vie des
populations de la vallée du Zio à travers le développement de la riziculture, a connu une
expérience difficile en matière de remboursement de crédits. En effet, entre 2012 (année du
démarrage du financement) et 2016 (année de suspension du crédit), le taux des impayés est passé
de 13 % à plus de 25 %, mettant en péril la viabilité de ce mécanisme de financement.
Ces difficultés de remboursement soulèvent des questions cruciales quant aux facteurs sousjacents qui pourraient expliquer une telle situation. La capacité organisationnelle et fonctionnelle
des coopératives agricoles, notamment celles structurées en groupes à caution solidaire, constitue
une série de variables qui nécessitent une analyse approfondie. Il est essentiel de comprendre
pourquoi certaines coopératives parviennent à honorer leurs engagements financiers, tandis que
d’autres échouent. Afin de proposer des solutions susceptibles d’orienter les politiques de relance
du financement agricole dans la région, cette étude s’interroge sur des aspects tels que la présence
des femmes au sein des coopératives, la tenue régulière des réunions et des Assemblées Générales
Ordinaires (AGO), le paiement des droits d’adhésion par les membres, la mise en place des
organes de gestion et de contrôle, ainsi que le niveau d’instruction des membres de ces organes.
Les réponses à ces interrogations permettront de revisiter les différentes étapes du processus
d’octroi de crédit et d’analyser l’émergence des causes de non-remboursement dans le cadre de
ce projet. Cela permettra également de mieux appréhender les conséquences qui en découlent,
afin de proposer des pistes de solutions.
En effet, cerner les facteurs qui déterminent les impayés dans le cadre de ce projet de
développement rizicole à Mission-Tové peut contribuer à la mise en place de mécanismes de
crédit durables et adaptés, capables de garantir la stabilité du financement et le développement
des exploitations agricoles.
La présente recherche s’articule autour de la question centrale suivante : Quelle est l’influence
de la performance organisationnelle, structurelle et fonctionnelle des coopératives agricoles sur
leur capacité de remboursement des crédits. ? Pour y répondre, l’étude met un accent particulier
sur plusieurs dimensions clés du fonctionnement coopératif, donnant lieu aux interrogations
spécifiques suivantes : Dans quelle mesure l’inclusion des femmes au sein des coopératives
contribue-t-elle à améliorer la discipline de remboursement ? Quel est l’effet de la régularité des

2

�réunions et des assemblées générales ordinaires sur la gouvernance et la responsabilité financière
des membres ? En quoi le paiement des droits d’adhésion constitue-t-il un indicateur
d’engagement et de fiabilité financière ? Comment la mise en place d’organes de gestion
structurés et aussi le niveau d’instruction des membres des dits organes impactent-t-ils le suivi et
la performance des crédits ?
Ceci étant, ce travail de recherche abordera trois chapitres qui respectivement vont traiter le cadre
de références conceptuelles et théoriques, le cadre organisationnel et méthodologique et le cadre
analytique suivi de discussions.

3

�CHAPITRE 1 : CADRE THEORIQUE ET DE REFERENCES
CONCEPTUELLES
Ce premier chapitre décrit le cadre général, théorique et conceptuel avec une présentation de
revue critique sur la question de remboursement de crédit en général et sur le crédit agricole en
particulier. Il sera particulièrement question de faire ressortir l’objectif de l’étude, les hypothèses,
certains concepts clés, les théories économiques et les études empiriques liées à la problématique
de remboursement de crédits de campagne agricole.
I. Cadre général de l’étude
Il sera question de faire ressortir dans la section suivante, l’objectif général et spécifique ainsi
que les hypothèses de l’étude.

1. Objectif général
L'objectif principal de ce mémoire est d’identifier les déterminants des difficultés de
remboursement des crédits de campagne agricole liés à des caractéristiques organisationnelles,
structurelles et fonctionnelles des groupes à caution solidaire dans le cadre du projet PARTAM.
1.2. Objectifs spécifiques
Spécifiquement, il s’agit de :
➢ Évaluer l’effet de la proportion de femmes au sein des coopératives sur leur capacité de
remboursement des crédits agricoles ;
➢ Analyser l’effet de la tenue régulière des réunions et des assemblées générales ordinaires
sur la performance de remboursement des crédits ;
➢ Examiner le lien entre le paiement des droits d’adhésion et la capacité de remboursement
des coopératives agricoles ;
➢ Étudier l’influence des organes de contrôle et de gestion ;
➢ Apprécier l’effet du niveau d’instruction des membres des organes de gestion et de
contrôle sur la performance de remboursement des crédits agricoles.

2. Hypothèse générale
Les caractéristiques organisationnelles, structurelles et fonctionnelles des coopératives
déterminent la capacité de remboursement des coopératives agricoles.

4

�2.1. Hypothèses spécifiques
➢ La proportion des femmes au sein des coopératives influence positivement la capacité de
remboursement ;
➢ La Tenue régulière des réunions ainsi que des AGO favorise le remboursement ;
➢ Le paiement de droit d’adhésion agit positivement sur la capacité de remboursement ;
➢ La mise en place des organes de contrôle et de gestion agit positivement sur la
performance de remboursement ;
➢ Le niveau d’instruction des membres de ces organes a un effet améliorateur sur la capacité
de remboursement des coopératives.
Figure 1 : Modèle de recherche
Source : conçu par l’auteur du document

II. Cadre conceptuel
Il sera question ici de définir quelques concepts qui ont trais à la problématique de remboursement
de crédit en général et sur le crédit agricole en particulier.

1. Coopératives agricoles
Les coopératives agricoles, formes structurées d’organisations paysannes (OP), sont des
regroupements de producteurs qui visent à améliorer collectivement leurs conditions de
production, de commercialisation, d’accès aux intrants et au financement. Fondées sur les
principes de solidarité, de gestion démocratique et de mutualisation des ressources (Birchall &amp;
Ketilson, 2009), ces organisations jouent un rôle central dans les systèmes de crédit agricole.

5

�Dans l’espace UEMOA, le fonctionnement des coopératives agricoles est encadré par les actes
uniformes de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA),
qui définissent les règles de gouvernance, de transparence, et de responsabilité dans leur gestion.
Ces normes influencent directement la capacité des coopératives à gérer efficacement les
ressources financières mises à leur disposition.
Dans le cadre du Projet d’Aménagement et de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission
Tové (PARTAM), l’accès au crédit de campagne par les OP repose fortement sur leur
performance organisationnelle et leur discipline financière. Ainsi, la capacité de remboursement
des coopératives agricoles constitue un levier stratégique de viabilité et de pérennité du
mécanisme de financement mis en place. Or, cette capacité dépend non seulement de facteurs
économiques et climatiques, mais aussi de facteurs internes tels que la structuration des organes
de gestion, la régularité des assemblées générales, la participation des membres et la transparence
des décisions.
Ce mémoire s’inscrit dans cette dynamique en cherchant à analyser les déterminants
organisationnels, sociaux et économiques qui influencent la performance de remboursement des
crédits de campagne agricole par les OP, à travers une étude de cas centrée sur les coopératives
bénéficiaires du projet PARTAM au Togo.

2. Le crédit agricole
Le crédit agricole est un levier essentiel pour le développement du secteur agricole, en particulier
dans les contextes où les exploitants font face à des contraintes de liquidité. D’après Ghatak et
Guinnane (1999), il s’agit d’un mécanisme de financement conçu pour couvrir les besoins en
capital des producteurs agricoles, notamment pour l’achat d’intrants, l’acquisition
d’équipements, le paiement de la main-d'œuvre ou encore les travaux d’aménagement. Ce crédit
peut être octroyé à court, moyen ou long terme, en fonction des cycles de production et du type
d’exploitation.
Dans le cadre du Projet d’Aménagement et de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission
Tové (PARTAM), le crédit agricole est au cœur du dispositif de relance des activités agricoles.
Il constitue le principal moyen par lequel les organisations paysannes (OP), notamment les
coopératives agricoles, financent leurs campagnes agricoles, dans une logique de dynamisation
de la production et d’amélioration des revenus des exploitants.
Toutefois, la réussite de cette approche dépend largement de la capacité des OP à rembourser les
crédits octroyés. Les difficultés de remboursement peuvent mettre en péril la pérennité du
mécanisme financier mis en place et limiter l’impact global du projet. Ainsi, ce mémoire vise à
6

�analyser les facteurs organisationnels, sociaux et économiques qui influencent la performance de
remboursement des crédits de campagne agricole au sein des OP bénéficiaires du PARTAM, afin
de proposer des pistes d’amélioration pour la gestion du crédit rural dans un contexte de
développement agricole.

3. Impayés
Selon Azokly (2010), la notion d’impayé est un terme général qui est utilisé sous différent aspect
de non remboursement de crédit. Il existe donc plusieurs types d’impayés suivant l’âge ou le
stade où l’on se trouve en matière de recouvrement. En microfinance, un crédit est considéré
comme étant impayé lorsque :
-

Le montant d’une des échéances n’est partiellement pas payé à la date de l’échéance ;

-

Le montant d’une des échéances est payé avec retard ;

-

Le montant d’une des échéances n’est pas du tout payé.

4. Risques des impayés
Le risque de crédit tient au fait que l’exploitant agricole qui contracte un prêt peut être dans
l’incapacité de le rembourser, pour diverses raisons. Le non-remboursement d’un prêt est
éventuellement imputable aux compétences techniques, à la santé, la moralité ou la personnalité
de l’agriculteur et de sa famille. Les risques peuvent provenir également des intrants
(disponibilité, qualité, prix), ainsi que des dommages infligés à la production par des aléas
climatiques (sécheresse, inondation, température) ou des maladies des plantes et des animaux. A
cette liste s’ajoutent les risques liés à la commercialisation de la production, les risques
règlementaires, les risques sociaux, etc. (Holonkou 2001). Les risques de crédit sont donc
particulièrement nombreux en agriculture. Ils sont difficiles à cerner et assurément plus
imprévisibles que les risques de crédit associés à des particuliers ou à des entreprises d’autres
secteurs. C’est la principale raison pour laquelle les banques ont toujours eu une grande réticence
à financer l’activité agricole.

5. Capacité de remboursement
La capacité de remboursement désigne la faculté d'une coopérative ou d'un producteur agricole
à honorer ses engagements financiers en temps voulu. Elle dépend des revenus générés par
l’activité agricole, la gestion des risques et des aléas climatiques (Stiglitz, J. E., &amp; Weiss, A.
1981).

7

�6. Taux de remboursement
Le taux de remboursement selon Zeller, M., et al. (1997), représente la proportion des prêts
remboursés dans les délais convenus. Un taux élevé reflète la solvabilité des emprunteurs, tandis
qu'un taux faible est souvent le signe d’une mauvaise gestion ou de difficultés économiques.

7. Caution solidaire
Pour Giné, X., &amp; Karlan, D. (2014), le mécanisme de caution solidaire implique que les membres
d'une coopérative ou d'un groupe d’emprunteurs partagent la responsabilité du remboursement.
Ce système crée une pression collective qui peut améliorer les taux de remboursement mais
expose aussi les membres à des risques partagés. Pour Stiglitz (1990) et Zeller (1998), dans les
crédits de groupe, chaque emprunteur est responsable du paiement des crédits de ses pairs ; les
crédits subséquents ne seront obtenus qu'à la seule condition que le crédit antérieur soit
entièrement payé. Cette forme de garantie, bâtie sur la solidarité communautaire et sur le contrôle
mutuel par les pairs a été contestée par certains auteurs. Au Bénin par exemple, selon une étude,
rapportée par Holonkou et al. (2001), cette forme de garantie a conduit à des taux d'impayés de
40% dans une caisse locale en 1999.

8. Formation en gestion financière
La formation des membres de coopératives en gestion financière, en gestion des risques, et en
production agricole est cruciale pour améliorer leur performance. Elle favorise la maîtrise des
outils nécessaires à la gestion efficace des crédits et des activités économiques, (Bingen, J.,
Serrano, A., &amp; Howard, J. 2003).

III. Les théories
Afin de mieux appréhender la problématique du remboursement des crédits de campagne agricole
par les coopératives, il est essentiel de s’appuyer sur un cadre théorique solide. Cette section vise
à présenter les principales théories et approches conceptuelles mobilisées dans le cadre de cette
étude. Elles permettront de mieux comprendre les comportements des acteurs, les dynamiques
organisationnelles des coopératives et les mécanismes économiques liés à l’accès et au
remboursement du crédit agricole.

1. Théorie du crédit rural
Cette théorie met en avant l’importance de l’accès au crédit pour stimuler la productivité agricole
et réduire la pauvreté en milieu rural. Les auteurs tels que Von (1991) affirment que l’accès au
8

�crédit rural peut renforcer les capacités productives des agriculteurs. Cependant, l'accès au crédit
nécessite des mécanismes institutionnels solides pour garantir le remboursement.

2. Théorie de l'agence
Proposée par Jensen et Meckling (1976), cette théorie explique la relation entre les prêteurs
(principaux) et les emprunteurs (agents). Dans le cadre des coopératives agricoles, les asymétries
d'information peuvent engendrer des problèmes d'aléa moral et d'antisélection. La gestion
financière efficace au sein des coopératives peut réduire ces asymétries en assurant une
transparence des comptes et des transactions.

3. Théorie de la microfinance
La microfinance est largement utilisée pour financer des petits agriculteurs et des coopératives
dans les pays en développement. Dans le cadre de ce projet PARTAM, l’état a mis un fonds de
garantie à la disposition de FUCEC, institut de microfinance chargée d’assurer le financement
des agriculteurs organisés en coopératives.
Selon Yunus (1999), les groupes de caution solidaire (comme les coopératives) permettent de
mutualiser les risques et de garantir le remboursement. Les pratiques organisationnelles (tenue
des réunions, AGO, gestion financière) renforcent la cohésion du groupe et la discipline dans le
remboursement des prêts.

4. Théorie de la gouvernance coopérative
Cette théorie, développée par Hansmann (1996), met l’accent sur la structure de gouvernance des
coopératives et l’importance de la participation des membres dans les processus décisionnels.
L’efficacité de la gouvernance, notamment la tenue des réunions régulières et des assemblées
générales, joue un rôle crucial dans la transparence et la prise de décision collective, ce qui
influence la capacité des membres à rembourser leurs prêts.

5. Théorie du capital social
Le capital social est un concept développé par Bourdieu (1986) et Putnam (1993), qui souligne
que la coopération et la confiance entre les membres d'une coopérative favorisent la mise en
commun des ressources et la coordination des actions collectives. Dans les coopératives
agricoles, les réunions régulières et les assemblées générales renforcent le capital social,
augmentant ainsi la probabilité de remboursement du crédit par la cohésion du groupe.

9

�6. Théorie de la gestion financière
Selon Ross, Westfield et Jordan (2008), la gestion financière concerne l’utilisation efficace et
transparente des ressources financières dans une organisation. Dans le contexte des coopératives
agricoles, une gestion financière rigoureuse, avec une tenue régulière des documents comptables,
permet de surveiller les flux de trésorerie, les dépenses et les revenus, garantissant ainsi la
solvabilité.
7. Théorie du contrôle de gestion
La théorie du contrôle de gestion de Anthony et Govinda Rajan (2004) met en lumière
l'importance de la mise en place d'outils de suivi financier (documents comptables et financiers)
pour améliorer les performances des organisations. Le suivi régulier des documents comptables
permet de repérer rapidement les écarts et d'ajuster les pratiques pour garantir la capacité de
remboursement des coopératives.

IV. Revue empirique
Pour une revue empirique sur la capacité de remboursement des coopératives agricoles, il est
essentiel d'explorer des études qui ont analysé les facteurs influençant le remboursement de crédit
par les coopératives, en se concentrant sur les aspects de gestion financière, gouvernance,
pratiques organisationnelles et la nature du crédit. Voici une proposition de revue empirique, en
s'appuyant sur des études pertinentes à travers plusieurs contextes.

1. L’importance et les difficultés liées au crédit agricole
Selon un rapport de la DID en 2010, pour la majorité des pays en développement dont le PIB
dépend fortement de la production agricole, le crédit d’exploitation constitue l’outil de base pour
améliorer la productivité de l’agriculture. Selon Ouédraogo et al (2008), chaque pauvre, grâce au
crédit, pourrait se transformer en micro-entrepreneur et enclencher un processus d’accumulation
et de réussite économique.
Mais, malgré les initiatives d’amélioration des conditions de financement, la capacité de prendre
correctement en charge les besoins de l’agriculture est fortement questionnée. L’accès au crédit
reste limité et contraignant pour les exploitations agricoles. Cette situation est inquiétante
d’autant plus que l’accès au crédit est supposé avoir des répercussions positives sur l’adoption de
nouvelles technologies, de respect des normes de bonne production, et de façon générale sur la
performance et le bien-être des producteurs (Fall, 2006). Il est reconnu que sans un bon
fonctionnement du marché financier, il y a peu de perspectives d’amélioration de la productivité
agricole et du niveau de vie des populations rurales africaines de façon substantielle et
10

�significative (Diagne, 1999). En effet, l’accès difficile au crédit reste une contrainte principale au
développement de l’agriculture familiale qui a besoin de ressources pour son intensification et sa
modernisation Wampfler et al, (2003).
2. Taux de remboursement
Plusieurs études ont démontré que le taux d'intérêt appliqué aux crédits agricoles influence
significativement la capacité de remboursement des bénéficiaires. Une analyse menée par Zeller
et al. (1997) montre que des taux d'intérêt trop élevés peuvent entraîner des défaillances de
remboursement, notamment pour les petits producteurs agricoles ayant des marges bénéficiaires
limitées.

3. Délai d’étude de dossier et libération des fonds
Les retards dans le traitement des dossiers de crédit et la libération tardive des fonds ont
également été identifiés comme des facteurs critiques pour la réussite ou l’échec des campagnes
agricoles. Une étude menée par Khandker (2005) sur les programmes de microfinance en Asie
du Sud-Est a montré que des retards dans la libération des fonds peuvent empêcher les
agriculteurs d'investir à temps dans les intrants, ce qui affecte directement les rendements
agricoles et, par conséquent, leur capacité à rembourser.
Le timing est crucial : les producteurs ont besoin d’accéder aux fonds avant le début de la
campagne agricole. Des processus plus rapides pour l’approbation et la libération des crédits sont
liés à de meilleures performances de remboursement.

4. Echéance de remboursement
Le mode et la fréquence des remboursements peuvent avoir un impact sur le taux de
remboursement des prêts. Une étude menée par Giné et Karlan (2014) dans les programmes de
crédit agricole en Afrique subsaharienne a comparé les effets des échéances de remboursement à
court terme (mensuelles) par rapport à celles à long terme (annuelles ou semi-annuelles). Il a été
constaté que des échéances mieux adaptées aux cycles de production agricole permettent aux
emprunteurs de mieux gérer leurs flux de trésorerie et de limiter les défaillances.
Les échéances alignées sur le cycle agricole (après récolte) réduisent les défauts de paiement, car
elles permettent aux producteurs de rembourser après la commercialisation de leurs produits.

5. Impact des délais de crédit sur la performance des coopératives agricoles
Moutari et al. (2020) ont mené une étude sur le financement des coopératives rizicoles au Niger,
où ils ont trouvé que des crédits à court terme avec des conditions de remboursement flexibles
11

�ont un impact positif sur la solvabilité des coopératives. Le délai d'étude des dossiers et la
libération rapide des fonds ont été essentiels pour maximiser les rendements agricoles.
Les coopératives ayant reçu des crédits avec des conditions flexibles de remboursement (adaptées
aux cycles de production) ont présenté des taux de remboursement plus élevés, améliorant ainsi
leur accès à des financements futurs.

6. Bonne gouvernance des coopératives
La FAO (2017) a réalisé une étude sur les performances des coopératives agricoles au Togo,
soulignant que l'absence d'assemblées générales ordinaires (AGO) et la faible participation des
membres aux réunions sont des facteurs de dysfonctionnement. Les coopératives qui
maintiennent une bonne gouvernance avec l’organisation régulière des AGO et des réunions
fréquentes présentent un meilleur comportement de remboursement des crédits.
Les bonnes pratiques de gouvernance, telles que la tenue d’AGO, favorisent la transparence et la
discipline financière, améliorant ainsi la solvabilité des coopératives.

7. Risques agricoles
L’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) a mené des études qui se sont
intéressées à la gestion des risques agricoles au Togo. Elle a constaté que les coopératives
agricoles exposées à des risques climatiques élevés avaient des difficultés à rembourser leurs
crédits, en raison des fluctuations importantes des rendements agricoles. Les coopératives qui ont
mis en place des stratégies de diversification de production et des mécanismes d’assurance
agricole ont cependant enregistré de meilleurs résultats en matière de remboursement (UEMOA
2016)
La gestion des risques agricoles, notamment climatiques, est un facteur critique qui influence la
solvabilité des coopératives agricoles au Togo.

8. Formation en gestion de crédits et innovations techniques
L'Institut de Conseil et d'Appui aux Actions de Développement, ICRA (2020) a conduit une étude
approfondie sur l'efficacité des systèmes de financement agricole dans la chaine de valeur riz au
Togo. Le rapport indique que les coopératives qui ont accès à des formations continues sur la
gestion des crédits et des financements agricoles ont significativement amélioré leur performance
en matière de remboursement. L'étude révèle également que l'adoption de technologies agricoles
(telles que RiceAdvice Smart Valleys..) améliore la productivité, ce qui facilite le
remboursement.
12

�L'accès aux technologies agricoles et à la formation en gestion financière sont des leviers
importants pour améliorer la solvabilité des coopératives.
Le crédit agricole est un levier essentiel pour améliorer la productivité et les revenus des
agriculteurs, notamment dans les pays en développement où il constitue une ressource clé pour
l’achat d’intrants et l’investissement dans les exploitations (DID, 2010 ; Ouédraogo et al., (2008).
Toutefois, malgré son importance, plusieurs contraintes limitent son efficacité et sa viabilité. Les
taux d’intérêt appliqués influencent fortement la capacité des agriculteurs à rembourser leurs
prêts. Des taux élevés augmentent les risques de défaut, surtout pour les petits producteurs dont
les marges bénéficiaires sont faibles Zeller et al., (1997). Les retards dans le traitement et la mise
à disposition des financements pénalisent les agriculteurs en les empêchant d’investir à temps
dans les intrants, ce qui réduit leurs rendements et leur capacité de remboursement (Khandker,
2005). L’adéquation des échéanciers avec le cycle agricole est un facteur clé de la solvabilité des
producteurs. Les échéances adaptées aux récoltes permettent aux emprunteurs d’avoir les
ressources nécessaires pour honorer leurs engagements Giné &amp; Karlan, (2014). La performance
des coopératives agricoles est influencée par la qualité de leur gouvernance. Une gestion
rigoureuse avec des réunions régulières et des organes de contrôle efficaces favorise un meilleur
remboursement des crédits FAO, (2017). Les chocs climatiques et la volatilité des rendements
sont des menaces majeures. Les coopératives qui mettent en place des stratégies d’assurance ou
de diversification de production améliorent leur stabilité financière et leur taux de remboursement
(UEMOA, 2016). L'accès à des formations sur la gestion des crédits et l’adoption de technologies
agricoles modernes augmentent la productivité et la solvabilité des agriculteurs (ICRA, 2020).

9. Détournement de crédits
Edmond (1994) considère « qu’une trop grande socialisation du crédit pour les campagnes
Agricoles et la non-couverture des besoins financiers par les acteurs socio-économiques
entrainent le détournement des crédits de la part des clients ». En revanche, Chao-Beroff (1999)
fait remarquer que « la période où le prêt est octroyé est un facteur à prendre en considération,
car elle pourrait affecter le remboursement ». En effet, estime-t-il « si l’IMF tarde à accorder le
prêt à cause des formalités administratives trop contraignantes, le crédit peut être accordé à un
moment où le client n’en manifestera plus le besoin réel. Le crédit serait ainsi inefficacement
utilisé ; ce qui pourra occasionner d’éventuels impayés ».

13

�10. Caractéristiques des offreurs et des demandeurs
Une étude faite par Honlonkou et al. (2001) a eu pour but d'identifier les facteurs explicatifs du
remboursement des crédits dans les IMF au Bénin. Au moyen de deux modèles Tobit, les auteurs
ont abouti aux résultats selon lesquels la performance des IMF en matière de remboursement est
liée aussi bien aux caractéristiques des caisses (caractéristiques du gérant, supervision adéquate
après l’obtention du crédit, aux activités financières) qu’aux caractéristiques des clients (sexe,
proximité géographique de la caisse, type de garantie, volume d’activités, l’expertise accumulée
dans l’activité à financer et la taille de l’emprunt). Ces mêmes résultats permettent entre autres
de conclure « que les garanties immatérielles ont plus d’influence positive sur les taux de
remboursement que celles matérielles ». L’étude recommande donc que « les IMF accordent plus
d’importance aux facteurs de motivation de l’emprunteur dans l’octroi des crédits ».
Parallèlement à leur analyse, les travaux de Wampfler (2001) visent la défaillance du système de
gouvernance comme déterminante des situations critiques dans le secteur de la microfinance. «
Cette défaillance est souvent manifestée par le manque de clarté dans la responsabilité des
différentes parties prenantes, le manque de responsabilisation de l'opérateur extérieur, le conflit
entre opérateurs extérieurs et la fédération, la propriété de réseau non clairement définie ». Dans
le prolongement de son analyse, il indique que l’une des méthodes de réduction des créances en
souffrance est l’étude minutieuse des dossiers de prêt avant l’octroi de crédit. Pour finir, il suggère
qu’un suivi régulier des crédits octroyés soit instauré dans les procédures phares de ces
institutions.
Ahouangbo (2006), estime quant à lui, que l’IMF (Institution de Micro Finance) est la première
personne responsable des impayés même si parfois la cause semble être externe. D’après lui, du
moment où c’est l’IMF elle-même qui fixe ses principes, qui génère sa culture de remboursement,
qui inculque la discipline de crédit à ses employés et ses clients, elle doit pouvoir prévoir les
évènements qu’elle ne put contrôler. Les causes des impayés, selon lui sont d’abord liées à
l’institution, et dans une moindre mesure, imputables à l’emprunteur et à d’autres paramètres
externes. Pour lui, les causes liées à l’institution sont de plusieurs ordres, à savoir : le retard de
déblocage des crédits, les dossiers de prêt mal étudiés (montant surévalué ou sous-évalué),
l’insuffisance ou le manque de suivi, le non-respect des procédures de mise en place du crédit par
certains agents de crédit. Les causes liées à l’emprunteur peuvent être, selon lui :
l’incompréhension du contrat de prêt, la mauvaise foi, la mauvaise gestion, le détournement de
l’objet du crédit, le manque de caution solidaire ou le manque de solidarité. L’auteur identifie
comme causes probables externes : les aléas climatiques (sécheresse, cataclysme naturel,
incendie) et les mesures de répression à l’encontre des vendeurs de rue. Dans une analyse plus

14

�restrictive et descriptive, et analysant la situation des impayés au PADME-Bénin, Adjimavo
(2000) trouve que celle-ci (situation des impayés) est liée non seulement à la mauvaise gestion,
mais aussi au manque de professionnalisme des administrateurs des IMF et à la mauvaise volonté
des clients. Selon lui, les retards pénalisent l’institution, puisque les montants restent immobilisés
dans la main des clients, ce qui influence négativement la trésorerie de l’IMF. Tout en abondant
dans le même sens que Ahouangbo (2006), Azocly (2010) dans ses analyses, a aussi regroupé les
causes des impayés en trois catégories : les causes liées à l’institution (l’insuffisance ou manque
de suivi des clients financés, dossiers de prêts mal étudiés, violation par le staff des politiques et
procédures de mise en place de crédit, fraude des agents) ; les causes liées à l’emprunteur
(mauvaise gestion de l’entreprise, le non investissement du crédit dans l’entreprise, mauvaise
foi); les causes externes (les catastrophes naturelles telles que les inondations, la sécheresse,
l’invasion des criquets migrateurs, le tremblement de terre, maladie du client débiteur ou de ses
proches, décès d’un proche du client ou de lui-même).

11. Garantie et caution
Le problème de garantie a été évoqué par Hudon et Ouro-Koura (2007) dans une étude menée au
Togo sur les facteurs contingents du taux de remboursement au sein des IMF. Les auteurs ont
trouvé que « les crédits en caution solidaire ont de faible chance d’échec alors que les crédits
soutenus par des garanties réelles donnent lieu à plus de défaillance que les autres ». Hudon et
Ouro-Koura (2007) indiquent par ailleurs que les variables explicatives tels que le rang du crédit,
l’objet du prêt, le lieu de résidence de l’emprunteur et l’âge de l’emprunteur ont une influence
significative sur le taux de remboursement de crédit.
Ces enseignements, bien que riches, révèlent également des lacunes spécifiques au contexte
togolais, notamment l’absence d’analyses approfondies sur le rôle des mécanismes de caution
solidaire et sur l’impact des contraintes structurelles et organisationnelles locales. Peu d’études
approfondissent l’impact de la gouvernance interne (participation des femmes, tenue des
assemblées générales, existence d’organes de contrôle) sur la solvabilité des emprunteurs.
En tenant compte de ces limites, cette étude vise à apporter une contribution originale en
s’appuyant sur les questions de recherche et hypothèses.
L’étude adoptera une approche spécifique au Togo, en analysant les déterminants des impayés
au sein des coopératives bénéficiaires du projet PARTAM en mettant en évidence l’impact des
caractéristiques organisationnelles et fonctionnelles des coopératives sur la capacité de
remboursement.

15

�Cette étude s’inscrit donc dans une démarche de complémentarité en s’appuyant sur ces bases
théoriques et empiriques pour explorer les déterminants du remboursement des crédits agricoles
dans le cadre du projet PARTAM. Elle vise à fournir des pistes d’amélioration pragmatiques pour
renforcer la durabilité des initiatives similaires à l’avenir.

16

�CHAPITRE 2. CADRE ORGANISATIONNEL ET
METHODOLOGIE
Le deuxième chapitre de ce travail de recherche s’intéresse tout abord à une présentation du projet
PARTAM dans sa globalité avec un focus sur l’aspect octroi de crédits de campagne agricole et
enfin, abordera la méthodologie utilisée depuis l’identification du public cible, la collecte et
l’analyse des données pour aboutir à la validation ou non des hypothèses avancées pour apprécier
la capacité de remboursement des coopératives.

I. Cadre organisationnel
1. Cadre physique et institutionnel de l’étude
Il s’agit ici de présenter le projet PARTAM dans sa constitution et sa localisation.
1.1 Contexte du projet PARTAM
PARTAM (Projet d’Aménagement et de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission tové a
été initié par le gouvernement togolais dans un contexte où le Togo, en matière de consommation
du riz, dépend fortement de l’extérieur. La production locale n’atteint pas 50%. Cette situation
occasionne d’importantes sorties de devises environ quatre (04) milliards de francs CFA par an.
Or, le pays dispose des sites propices à la production de cette denrée parmi lesquels se trouve la
vallée de Zio.
Ainsi, il est prévu l’aménagement des bas-fonds puis des terres en aval des barrages des points
d’eau de même que la réhabilitation des anciens périmètres hydro – agricoles en vue de limiter
ces importations. C’est dans ce cadre que l’attention est tournée sur la vallée de Zio où les Chinois
avaient aménagé un périmètre irrigué de 360 Ha depuis les années 60 et 70 et l’aménagement
d’un nouveau périmètre de 300 Ha. Il s’agit d’un système d’irrigation gravitaire. Un cours d’eau
de régime presque permanant (Zio), sert d’eau d’irrigation du site aménagé. Un point surélevé de
ce cours d’eau est relié au périmètre aménagé par un canal principal qui arrose l’ensemble du
périmètre à l’aide des canaux secondaire et tertiaires.
Le projet a été cofinancé financé par le gouvernement du Togo et les partenaires financiers que
sont : Fonds Saoudien de Développement (FSD), Banque Arabe de Développement en Afrique
(BADEA) et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD).

1.2. Objectif du projet PARTAM
L’objectif global du projet est de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et à la
réduction de la pauvreté des populations rurales vivant dans la vallée du zio qui polarise quatre
16

�cantons (Mission Tové, Kovié, Ziohonou, Bolou) et un village autonome (Assomé). Plus
spécifiquement, ce projet vise à (i) accroitre la production agricole, notamment du riz à 5.500
tonnes de riz paddy à l’hectare, (ii) contribuer à l’amélioration des revenus et des conditions de
vie des populations bénéficiaires. Les travaux du projet ont été menés de concert avec les
partenaires techniques et financiers.
1.3. Réalisations du projet
La mise en œuvre de ce projet a permis d’engranger les résultats suivants :
➢ Un périmètre irrigué de 360 ha existant est réhabilité ;
➢ Un nouveau périmètre de 300 ha est aménagé ;
➢ 15 magasins de stockage avec aires de séchage sont construits ;
➢ 18 km de pistes de désenclavement sont réhabilités ;
➢ 32,5 km de pistes sont construits ;
➢ Un matériel et équipements agricoles constitués de 15 motoculteurs avec accessoires, 12
batteuses, 10 vanneuses de riz paddy et 8 décortiqueuses acquis ;
➢ Amenée de ligne électrique dans la zone du projet ;
➢ Une ligne de crédit de campagne agricole d’un montant de 508.000. 000 de FCFA mise
en place pour le financement des activités agricoles au profit des producteurs de la zone
du projet organisés en coopératives ;
➢ Une ligne de crédit d’un montant de 75 millions mise en place pour les Activités
Génératrices de Revenus (AGR) ;
➢ 300 producteurs alphabétisés ;
➢ L’ancien Centre Rizicole du Zio (CRZ) construit dans les années 70 est réhabilité pour
servir du siège du Projet (bureaux et logements du personnel) ;
➢ Appui Accompagnement-Organisation et Formation des Producteurs pour suivis ;
➢ Une mini adduction d’eau potable composée de deux forages un château d’eau de 250 m3
et 6 bornes fontaines est mise en place.
Parmi les activités menées dans le cadre de la mise en œuvre du projet, notre recherche s’est plus
intéressée à l’aspect de l’octroi de crédit de campagne agricole. En effet, 408 865 550 FCFA ont
été débloqués pour 120 Coopératives pour un total de 953 membres dont 396 Femmes. La gestion
de cette forme d’activité a été l’apanage des organes et partenaires suivants: UEP (Unité
d’Exécution du Projet), FUCEC institution de microfinances où les fonds sont disponibilisés pour
assurer le financement (crédits) aux producteurs, ICAT (Institut de Conseil et d’Appui
Technique) qui est une institution d’état de services et de vulgarisation agricole. L’ICAT est le

17

�partenaire technique qui assure l’appui technique et formatif en termes d’organisation et de
renforcement de capacité technique des producteurs, CGP (Comité de Gestion du Périmètre), est
un organe facilitateur entre les producteurs bénéficiaires et les autres partenaires impliqués
directement dans la mise en œuvre du projet.
1.4. Situation géographique du site du projet.
Le projet PARTAM se situe dans la partie un peu sud-ouest de la région maritime. Le projet
couvre quatre cantons et un village autonome (Mission Tové, Kovié, Bolou Ewli et Assomé).
Figure 1: une vue sur le périmètre rizicole
Source : Document projet de l’UEP

II. Cadre méthodologique
Le cadre méthodologique vise à décrire les étapes et les outils utilisés pour répondre à la
problématique du remboursement des crédits de campagne agricole au sein des coopératives
bénéficiaires du projet PARTAM. L’objectif est d’identifier les facteurs influençant la capacité
des coopératives à rembourser les crédits accordés et de proposer des solutions adaptées.

1. Opérationnalisation des variables
Cette étude s’intéressera à deux types de variables à savoir une variable expliquée, dépendante
qui est binaire et elle permet de voir si le crédit est totalement remboursé ou pas. Elle est notée
STUA.REMB. Cette variable endogène sera expliquée par des variables explicatives comme : la
proportion de femmes dans les coopératives PRO.FEM la capacité organisationnelle des
coopérative CAP.ORG (le paiement des droits d’adhésion, la tenue des réunions et des AGO, la
disposition et le fonctionnement des organes de gestion et de contrôle, et le niveau d’instruction
des membres des organes de gestion et de contrôle).

18

�Tableau 1 : Opérationnalisation des variables
Types de variables

Code

Items

STUA.REMB 1. Crédit remboursé
2. Crédit non remboursé

Situation de remboursement
Proportion de femmes au sein des coopératives

PRO.FEM

Tenue de réunion

REU.

Tenue des AGO

AGO

Payement de droit d’adhésion

DHAD

Disposition des organes de gestion et de contrôle
(CG, CS et CGC
Niveau d’instruction des membres des organes élus

ORGG
NIV.

Homme = 1
Femme = 2
Pas du tout=0
Hebdomadaire=1
Mensuelle=2
Trimestrielle=3
Tenue =1
Pas tenue= 0
Mauvais = 1
Passable = 2
Assez-bon = 3
Très bon = 4
Oui = 1
Non = 0
Primaire =1
Secondaire1 = 2
Secondaire2= 3
Supérieur = 4

Source : Réalisé par l’auteur
2. Type de recherche
L'étude est de nature mixte, combinant des méthodes comme :
•

Quantitatives : Pour collecter et analyser des données chiffrées sur les taux de
remboursement, le montant de crédit octroyé à des coopératives et d'autres variables
économiques.

•

Qualitatives : Pour explorer les perceptions, et les dynamiques sociales et
organisationnelles des coopératives.

Le tableau (2) suivant fait état de type de variable avec la méthode d’analyse utilisée au niveau
de chacune d’elles.

19

�Tableau 2 : Type de variables et la méthode d’analyse
Variables étudiées
Effectif des coopératives

Type de variable
Quantitative
(discrète)

Répartition hommes/femmes
dans les coopératives
Proportion de femmes dans
les coopératives
Montant des crédits alloués
aux coopératives
Performance de
remboursement des crédits
Fréquence des réunions des
coopératives
Tenue des AGO (Assemblées
Générales Ordinaires)

Quantitative
(discrète)
Quantitative
(continue)
Quantitative
(continue)
Qualitative
(ordinale)
Qualitative
(nominale)
Qualitative
(binaire :
Oui/Non)
Qualitative
(ordinale)

Paiement des droits
d’adhésion par les membres
Présence et fonctionnement
des organes de gestion
Niveau d’instruction des
membres des organes de
gestion
Source : Conçu par l’auteur

Méthodes d'analyse
Statistiques descriptives : moyenne,
médiane, écart-type, intervalles de
confiance
Comparaison des moyennes (test de
Welch), ratios, statistiques descriptives
Test de corrélation (Spearman), test de
Fisher, graphique de dispersion
Statistiques descriptives : moyenne,
médiane, écart-type, quartiles
Catégorisation en six niveaux de
performance
Analyse descriptive et relationnelle avec
la performance
Analyse descriptive et relationnelle avec
la performance
Tests statistiques (Spearman, Fisher),
analyse descriptive, graphique en barres
empilées, ACM
Analyse descriptive et relationnelle avec
la performance

Qualitative
(binaire :
Oui/Non)
Quantitative
(continue)

Tests statistiques (Kruskal-Wallis),
corrélations (Spearman), analyse
descriptive

3. Zone d’étude
La zone d’étude est centrée sur la vallée du Zio, avec un focus particulier sur les localités
impliquées dans le projet PARTAM, (Mission Tové, Kovié, Bolou, Ewli et Assomé). Cette zone
a été choisie en raison de sa contribution à la riziculture grâce au périmètre irrigué aménagé et de
l’implication des coopératives agricoles dans le projet.

4. Population cible
Le projet a visé essentiellement les producteurs organisés en coopératives agricoles. Un
regroupement d’au moins 5 producteurs de riz, peut bénéficier de l’appui du projet après avoir
constitué un dossier de prêt soumis et bien étudié par l’équipe de crédit de FUCEC. Les
producteurs se font accompagner dans le montage de leurs dossiers de crédits par les agents de
20

�vulgarisation de l’ICAT. Des coopératives ayant contracté de crédits de campagne agricole entre
2012 et 2016 ont fait l’objet de critère de sélection.

5. Méthodes de collecte de données
5.1. Données primaires
➢ Enquêtes par questionnaire :
• Collecte des informations sur la capacité organisationnelle et fonctionnelle des coopératives
agricoles. Cette enquête est faite auprès des membres coopérateurs des coopératives
échantillons et plus précisément les membres des organes élus des dites coopératives.
➢ Entretiens semi-structurés :
• Discussions approfondies avec les responsables de coopératives, les responsables de
l’institution de microfinance (FUCEC), les responsables de l’unité d’exécution du projet
(UEP) et des agents de vulgarisation agricole (ICAT), partenaire technique du projet.
➢ Focus groups :
• Groupes de discussion avec les membres des coopératives en particulier les membres des
organes dirigeants pour comprendre les dynamiques internes et les problèmes liés au
remboursement.
5.2. Données secondaires
D’autres informations recueillies dans les différents rapports du projet PARTAM, les données
financières fournies par la FUCEC et celles glanées dans les rapports du ministère en charge du
développement agricole ont soutenu le présent travail de recherche.

6. Méthode d’échantillonnage
Sur les 120 coopératives bénéficiaires des formes de crédits de campagne agricole sur la période
de 2012 à 2016, une sélection aléatoire de 60 coopératives représentant 50 % de la population
totale a été faite pour la conduite des travaux. Cette sélection a été faite à partir d’une liste de
toutes les coopératives bénéficiaires du projet ; à chacune de ces coopératives était attribuée un
numéro et à partir de la fonction RAND en Excel qui génère automatiquement des nombres
aléatoires, les 60 premières des coopératives ont été prises comme groupe de traitement. Ces
coopératives ont une performance variée en termes de remboursement.

21

�6.1. Analyse quantitative
Les données recueillies dans le cadre de cette étude ont été analysées à l’aide du logiciel d’analyse
des données, R version 4.2 et de Microsoft Excel 2013.
Des statistiques descriptives telles que la moyenne, les fréquences, médianes et des intervalles de
confiance à 95% ont été calculées pour les variables quantitatives.
Nous avons défini une échelle de performance de remboursement selon l’approche courante en
microfinance et l’évaluation de risques en microcrédits de la Faitière des Unités Coopératives
d’Epargne et de Crédit(FUCEC) liée au taux de remboursement, allant de « Mauvaise
performance » (taux de remboursement &lt;25%), « Performance faible » (taux de remboursement
compris entre 25-&lt;50%) ; « performance moyenne » (taux de remboursement&gt;50%-&lt;65%) ; «
Assez bonne performance » (Taux de remboursement compris entre 65-75%) ; « Bonne
performance » (Taux de remboursement comprise entre 75-99,99%) ; et « Très bonne
performance » (recouvrement à 100%).
Nous avons aussi étudié les liens de corrélation entre la variable expliquée (dépendante) qui est
le niveau de performance de remboursement et d’autres variables explicatives (variables
indépendantes) telles que : la proportion des femmes dans les coopératives, la tenue régulière des
réunions et des AGO, la mise en place des organes de gestion et de contrôle ainsi que le niveau
d’instruction des membres desdits organes.
Cette étude de corrélation a été réalisée à l’aide des tests statistiques comme : Tests statistiques
de (Kruskal-Wallis), corrélations (Spearman), analyse descriptive et relation avec les
performances.
Nous avons construit des graphiques de visualisation et des tableaux à l’aide desdits logiciel
permettant de comprendre les déterminants de remboursement dans le cadre du projet. La
régression multiple est utilisée pour identifier les facteurs explicatifs des défauts de
remboursement.
6.2. Analyse qualitative
Les données qualitatives recueillies dans le cadre de cette étude ont été codées et ont permis
d’identifier les thèmes récurrents relatifs à la capacité organisationnelle et fonctionnelle des
coopératives agricoles.
Le cadre organisationnel et méthodologique de cette étude a permis de poser les bases d’une
analyse approfondie de la problématique du remboursement des crédits agricoles au sein des
coopératives bénéficiaires du projet PARTAM. Ce projet, en réponse à la dépendance du Togo
aux importations de riz, a favorisé la réhabilitation et l’aménagement des périmètres rizicoles

22

�dans la vallée du Zio, tout en offrant des crédits de campagne agricole pour stimuler la production.
L’approche méthodologique, combinant des données quantitatives et qualitatives, a permis
d’explorer les dynamiques organisationnelles des coopératives et les facteurs influençant leur
performance de remboursement. Malgré les défis liés à la collecte des données, notamment la
réticence des bénéficiaires et les contraintes logistiques, les résultats escomptés visent à éclairer
les stratégies pour améliorer la gestion des crédits et renforcer la viabilité des coopératives
agricoles.

23

�CHAPITRE 3. CADRE ANALYTIQUE
Dans ce chapitre, il sera question d’analyser les données collectées et de faire ressortir des
résultats qui permettent de confirmer ou d’infirmer les hypothèses de la recherche.
Cette section présente l’analyse des données recueillies en vue de répondre aux questions de
recherche et de vérifier les hypothèses formulées
I. Caractéristiques des coopératives étudiées
1. Composition et taille des coopératives
L'étude a porté sur un échantillon de 60 coopératives agricoles, totalisant 763 membres dont 379
sont touchés par nos enquêtes. La taille moyenne des coopératives est de 12,72 membres (IC 95%
: [11,59 - 13,84]), comme indiqué dans le Tableau 3.
Tableau 3 : résumé des statistiques descriptives de la population des coopératives
Indicateur
Valeur
% et IC à 95%
Total hommes

422

55.32% -

Total femmes

341

44.68% -

Total membres

763

100% -

Ratio Hommes/Femmes

1.24

-

Moyenne hommes par coopérative

7.03

[6.23, 7.84]

Moyenne femmes par coopérative

5.68

[5.10, 6.27]

Taille moyenne des coopératives
12.72
[11.59, 13.84]
Source : réalisé par l’auteur à partir données des enquêtes collectées dans le courant de
décembre 2024
La distribution des coopératives selon leur effectif se présente comme suit :
•

1-10 membres : 38,33% (23 coopératives)

•

11-15 membres : 41,67% (25 coopératives)

•

16-20 membres : 11,67% (7 coopératives)

•

Plus de 20 membres : 8,33% (5 coopératives)

Cette répartition montre une concentration des coopératives (80%) dans la fourchette de 1 à 15
membres, suggérant une prédominance des petites structures dans l'échantillon.

24

�Figure 2: La répartition des coopératives selon l’effectif (en pourcentage et en nombre)
Source : réalisée à partir des données d’enquête par l’auteur

7; 12%

5; 8%
23; 38%

25; 42%

1 à 10

11à 15

16 à 20

&lt;20

2. Répartition hommes/femmes
L'analyse de la composition genrée des coopératives révèle
•

Total hommes : 422 (55,32%)

•

Total femmes : 341 (44,68%)

•

Ratio Hommes/Femmes : 1,24

En moyenne, on compte 7,03 hommes (IC 95% : [6,23 - 7,84]) et 5,68 femmes (IC 95% : [5,10 6,27]) par coopérative. Un test de Welch montre une différence significative entre ces moyennes
(t = 2,7217, p = 0,007575), confirmant une légère prédominance masculine dans les coopératives.
Tableau 4 : Comparaison des moyennes des hommes et des femmes par coopérative
Indicateur
Statistique t
Degrés de liberté (df)
p-value
Hypothèse alternative
Intervalle de confiance à 95%
Moyenne des hommes (mean of x)
Moyenne des femmes (mean of y)
Différence moyenne estimée
Conclusion

Valeur
2.7217
107.73
0.007575
La différence entre les moyennes n'est pas égale à 0
[0.37, 2.33]
7.03
5.68
1.35 (en faveur des hommes)
Différence statistiquement significative entre les
moyennes des hommes et des femmes au sein des
coopératives
25

�Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête
La répartition des coopératives selon la proportion de femmes est la suivante :
•

25-50% de femmes : 61,67% des coopératives

•

51-75% de femmes : 38,33% des coopératives

Cette répartition indique une représentation féminine substantielle, bien que légèrement
inférieure à celle des hommes dans la majorité des coopératives.
Tableau 5 : Récapitulatif de proportion de femmes dans les SCOOPS
Catégorie % F
Nombre de coopératives
Pourcentage (%)
25-50%
37
61.67%
51-75%
23
38.33%
Total
60
100%
Source : réalisé à partir des données de nos enquêtes

II. Analyse des crédits alloués aux coopératives agricoles
1. Répartition des crédits par catégorie
•

L'analyse des crédits alloués aux 60 coopératives étudiées, révèle la distribution suivante
40% des coopératives ont reçu un crédit entre 1.500.000 et 2.500.000 FCFA

•

35% ont reçu entre 2.500.001 et 3.500.000 FCFA

•

13,33% ont reçu entre 3.500.001 et 4.500.000 FCFA

•

8,33% ont reçu plus de 4.500.001 FCFA

•

Seulement 3,33% ont reçu moins de 1.500.000 FCFA

Tableau 6 : Répartition des crédits par catégorie
Catégorie de Crédits (Million (M) FCFA) Nombre de coopératives Pourcentage (%)
&lt; 2M

9

15%

2M - 3M

21

35%

3M - 4M

15

25%

4M - 5M

13

21.67%

&gt; 5M

2

3.33%

Total crédits alloués

186 200 000

100%

Crédit moyen par coopérative

3 103 333

-

Source : conçu par l’auteur à partir des données d’enquête
Cette répartition montre une concentration des crédits (75% des coopératives) dans la fourchette
de 1.500.000 à 3.500.000 FCFA, suggérant une certaine standardisation des montants alloués.
26

�2. Statistiques descriptives des crédits
L'analyse approfondie des données de crédit révèle :
•

Montant total alloué : 186.200.000 FCFA

•

Crédit moyen : 3.103.333 FCFA (IC 95% : [2.833.936, 3.372.730])

•

Médiane : 3.062.500 FCFA

•

Écart-type : 1.064.662 FCFA

•

Minimum : 1.225.000 FCFA

•

Maximum : 5.600.000 FCFA

La légère différence entre la moyenne et la médiane (3.103.333 vs 3.062.500 FCFA) indique une
distribution relativement symétrique des crédits. L'écart-type important (1.064.662 FCFA)
souligne néanmoins une variabilité non négligeable dans les montants alloués.
Tableau 7 : Récapitulatif des statistiques descriptives des crédits alloués aux 60
coopératives
Statistique
Valeur
IC à 95%
Moyenne
3 103 333 FCFA
[2 833 936, 3 372 730] FCFA
Médiane
3 062 500 FCFA
Mode
4 200 000 FCFA
Écart type
1 064 662
Variance
1,11461E+12
Minimum
1 225 000 FCFA
Maximum
5 600 000 FCFA
Premier quartile (Q1)
2 231 250 FCFA
Deuxième quartile (Q2 ou médiane)
3 062 500 FCFA
Troisième quartile (Q3)
3 937 500 FCFA
Source : réalisé à partir des données d’enquête
III. Performance de remboursement des coopératives
1. Catégorisation des taux de remboursement
L'analyse des performances de remboursement des 60 coopératives étudiées révèle une
distribution variée selon l’approche de l’IMF offreuse du crédit :
•

Mauvaise performance (&lt;25% de remboursement) : 19 coopératives (31,7%)

•

Faible performance (25-50% de remboursement) : 13 coopératives (21,7%)

•

Performance moyenne (50-65% de remboursement) : 6 coopératives (10%)

•

Assez bonne performance (65-75% de remboursement) : 10 coopératives (16,6%)

•

Bonne performance (75-99,99% de remboursement) : 3 coopératives (5%)

•

Très bonne performance (100% de remboursement) : 9 coopératives (15%)

27

�Tableau 8 : Récapitulatif de la répartition des Coopératives Agricoles selon le Taux de
Remboursement et la Performance Associée
% de
Effectifs des
Performance de
Effectif en %
Remboursement Coopératives
Remboursement
&lt;25%
19
31,7
Mauvaise performance
Faible performance
25-50%
13
21,7
50-65%
65-75%

6
10

10
16,6

75-&lt;100%

3

5

100%
9
15
Total
60
100
Source : Réalisé à partir des données d’enquête

Performance moyenne
Assez bonne performance
Bonne performance
Très bonne performance

Cette répartition indique que plus de la moitié des coopératives (53,4%) ont des performances de
remboursement faibles ou mauvaises, tandis que seulement 20% atteignent de bonnes ou très
bonnes performances.

IV. Facteurs influençant la performance de remboursement
Plusieurs facteurs organisationnels et fonctionnels semblent influencer la capacité de
remboursement des coopératives. L’étude tentera de croiser différentes variables avec la capacité
de remboursement de l’échantillon.
1. Effets des caractéristiques organisationnelles sur le remboursement
1.1. Proportion de femmes dans les coopératives
L'analyse des données révèle une corrélation positive significative entre la proportion de femmes
dans les coopératives et la performance de remboursement des crédits. Le coefficient de
corrélation de Spearman (ρ = 0,1334, p &lt; 0,001) indique une relation faible mais statistiquement
significative avec le test de Fisher (confer Tableau 9).
Tableau 9 : test statistique de Spearman et de Fisher
Indicateur
Valeur
Interprétation
Corrélation de Spearman

0,1334146

Test de Fisher (p-value)
9,999e-05
Source : Réalisé à partir des données d’enquête

Corrélation positive faible
Association très significative

Selon la (figure 4) qui suit, la progression est claire.
•

La répartition des performances selon le pourcentage de femmes montre une progression
claire Une concentration des points de mauvaise performance (bleu) dans la zone 0-25%

•

Une transition vers des performances faible (rouge) dans la zone médiane

•

Une concentration des très bonnes performances (violet) dans la zone 75-100%
28

�•

Une progression ascendante claire des performances avec l'augmentation du pourcentage
de femmes

Figure 3: Graphique montrant la proportion de femmes dans les OP et performance de
remboursement
Source : Réalisé à partir des données d’enquête
20

Catégories de SCOOP

18
16
14
12
10
8
6
4

2
0

Mauvaise

Faible

Moyenne

Assez bonne

Bonne

Très bonne

Performance de remborsement
0-25%

26-50%

51-75%

Tableau 10 : Contingence par Catégorie de Femmes
% de Femmes
Mauvaise Faible Moyenne

76-100%

Assez bonne

Bonne

Très bonne

0-25%

19

4

0

0

0

0

26-50%

0

9

4

0

0

0

51-75%

0

0

2

7

3

0

0

3

9

76-100%
0
0
0
Source : Réalisé à partir des données d’enquête

Tableau 11 : Distribution des Performances par Catégorie
% de Femmes
Total Observations
Performance Dominante
0-25%
23
Mauvaise (82,6%)
26-50%
13
Faible (69,2%)
51-75%
12
Assez bonne (58,3%)
76-100%
12
Très bonne (75%)
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de
décembre 20024
L'ensemble des analyses démontre une relation positive et significative entre le pourcentage de
femmes et la performance de remboursement :
•

Plus le pourcentage de femmes augmente, meilleures sont les performances
29

�•

Les coopératives avec plus de 75% de femmes montrent les meilleures performances

•

Les groupes avec moins de 25% de femmes présentent les plus mauvaises performances

•

La transition est progressive et constante entre ces extrêmes

Ces résultats suggèrent que l'inclusion des femmes dans les coopératives est un facteur
déterminant pour la réussite des programmes de crédit.
1.2. Fréquence des réunions et tenue des AGO
La fréquence des réunions et la tenue régulière des Assemblées Générales Ordinaires (AGO) ont
un impact positif sur la performance de remboursement.
Sur les 60 coopératives :
•

17 coopératives (28,33%), tenaient des réunions hebdomadaires ;

•

08 coopératives (13,33%), tenaient des réunions mensuelles ;

•

08 coopératives (13,33%), tenaient des réunions trimestrielles ;

•

27 coopératives (45%), ne tenaient aucune réunion.

Les données montrent une large proportion de coopératives ne respectant pas une fréquence
régulière (mensuelle ou plus). Le fait que 45% des coopératives ne se réunissent jamais est
alarmant et pourrait expliquer des dysfonctionnements dans la gestion collective, notamment en
matière de remboursement des crédits.
L’analyse de la figure 5 complète les constats et démontre que :
•

La tenue des Réunions hebdomadaires ou mensuelles est associée aux meilleures
performances de remboursement (assez bonne, très bonne et bonne) ;

•

L’absence de réunions régulières est corrélée à des performances faibles ou médiocres

Concernant les AGO, nous notons que :
•

Les catégories "Bonne" et "Très bonne" performance ont concernées100% des
coopératives qui tenaient des AGO annuelles ;

•

La catégorie "Mauvaise" performance a concerné 100% des coopératives qui ne tenaient
pas d'AGO.

Tableau 12 : fréquence de la tenue des réunions des coopératives
Performance de Remboursement
Hebdomadaire Mensuel
Trimestre
Pas du tout
Mauvaise
0
0
3
16
Faible
0
2
3
8
Moyenne
0
1
2
3
Assez bonne
6
4
0
0
Bonne
3
0
0
0
Très bonne
8
1
0
0
30

Total
19
13
6
10
3
9

�Total
17
8
8
27
60
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de
décembre 20024
Tableau 13 : Situation de la tenue des AGO
Catégorie de performance
Chaque année
Pas du tout
Total
Mauvaise
0
19
19
Faible
1
12
13
Moyenne
2
4
6
Assez bonne
8
2
10
Bonne
3
0
3
Très bonne
9
0
9
Total
23
37
60
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de
décembre 20024
Figure 4: Graphique : Relation entre tenue des réunions et performance de
remboursement
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de

proportion de coopératives

décembre 20024
120%
100%
80%
60%
40%

20%
0%

Mauvaise

Faible

Mauvaise

Moyenne

Assez
Bonne
bonne
Performance de remboursement
Passable

Assez-bien

31

Très bien

Très bonne

�Figure 5: Graphique : tenue des AGO et performance de remboursement des coopératives
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de

Nombre de coopératives

décembre 20024
20
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0

19

12
9
AGO tenue

6
4
0
Mausaise

4
2

1

AGO non tenue

3
0

Faible

Moyenne

Assez
bonne

Bonne

0
Très bonne

Performance de remboursement

Ces données soulignent l'importance de la gouvernance et de la communication régulière au sein
des coopératives pour assurer de bonnes performances de remboursement.
1.3. Paiement des droits d'adhésion
L'analyse montre une forte corrélation entre le niveau de paiement des droits d'adhésion et la
performance de remboursement (ρ = 0,8985, p &lt; 0,001). Les résultats indiquent :
•

Les mauvaises performances étaient exclusivement associées à un mauvais niveau de
paiement des droits d'adhésion,

•

Les Bonnes et très bonnes performances étaient fortement associées aux niveaux assez
bon et très bon de paiement des droits d'adhésion.

Tableau 14 : Relation entre performance de remboursement et payement de droit
d’adhésion
Performance_
Niveau de payement Adhésion
Remboursement
Mauvais
Passable
Assez bon
Très bon
Mauvaise
19
0
0
0
Faible
7
3
3
0
Moyenne
1
3
2
0
Assez bonne
0
1
6
0
Bonne
0
0
4
2
Très bonne
0
0
1
8

32

�Source : réalisé par l’auteur à partir des données collectées dans le courant du mois de
décembre 2024
Tableau 15 : Résultats des Tests Statistiques
Test

Valeur

P-value

Corrélation de Spearman

0,8985

&lt; 2.2e-16

Gamma de Goodman-Kruskal

0,9617

-

Test exact de Fisher

-

0,0005

Source : réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête
Le graphique en barres empilées (Figure 7 ci-dessous) confirme visuellement cette forte
association, montrant une progression claire des niveaux de payement des droits d'adhésion avec
l'amélioration des performances de remboursement.
L'Analyse des Correspondances Multiples (Figure 8) montre également une structure claire avec
un regroupement des modalités similaires, confirmant la forte association entre les deux
variables.

proportion de coopératives

Figure 6: Graphique en barres empilées montrant la distribution des niveaux de payement
d’adhésion par rapport aux performances de remboursement
Source : réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête collectées dans le courant de
décembre 2024
120%
100%
80%

60%
40%
20%
0%
Mauvaise

Faible

Mauvaise

Moyenne

Assez
Bonne
bonne
Performance de remboursement
Passable

Assez-bien

33

Très bien

Très bonne

�Figure 7 : Analyse de correspondance multiple entre le payement de droit d’adhésion et
performance de remboursement
Source : Réalisé par l’auteur à partir de données collectées dans le courant de décembre
2024

Cette relation suggère que le paiement des droits d'adhésion est un indicateur fiable de la
discipline financière et de l'engagement des membres envers leur coopérative.
1.4. Présence et fonctionnement des organes de gestion
➢ Analyse des organes de gestion
Les organes disponibles sont :
➢ CG : Comité de Gestion
➢ CS : Commission de Surveillance
➢ CGC : Commission de Gestion de Crédit

34

�Figure 8: Modalité de fonctionnement des organes de contrôle et de gestion
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête collectées dans le courant de
décembre 2024
70
60

60

60
50

45

40
30
20

15

10
0

0

0

CG

CS
Oui

CGC
Non

La figure 10 montre que 100% des coopératives ont mis en place les organes comme : CG et CS.
Pour le CGC, seulement 25% (15 coopératives) ont cet organe, contre 75% (45 coopératives) qui
n’en ont pas.

Nombre de coopératives

Figure 9: graphique montrant la situation de remboursement avec la disposition du CGC
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données collectées en décembre 2024
20
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0

19

10
7

6
4
0
Mauvaise

0
Faible

1

0
Moyenne

Assez bonne

Performance de remboursement
Oui

Non

35

2
0
Bonne

0
Très bonne

�Figure 10 : Correspondance multiple entre la performance de remboursement et la
disposition de CGC
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données collectées en décembre 2024

L’analyse des figures 10 et 11 montre que la présence de CGC n'est pas systématiquement
associée à de meilleures performances. Les très bonnes performances existent dans les deux
groupes (avec et sans CGC). Les mauvaises performances sont proportionnellement plus
nombreuses dans les coopératives sans CGC.
La présence d'un Comité de Gestion de Crédit (CGC) semble avoir un effet modéré sur la
performance de remboursement :
•

25% des coopératives disposent d’un Comité de Gestion de Crédits (CGC) ;

•

La présence d’une CGC est associée à une légère amélioration des performances, mais
n'est pas un facteur déterminant à elle seule.

Ces résultats indiquent que la mise en place d'organes de gestion spécifiques peut contribuer à
améliorer les performances de remboursement, mais doit être accompagnée d'autres facteurs
organisationnels pour être pleinement efficace.
➢ Influence du niveau d'instruction des membres des organes de gestion
L'analyse de la relation entre le niveau d'instruction des membres des organes de gestion et la
performance de remboursement des coopératives révèle une corrélation forte et significative.
Les tests statistiques de Kruskal-Wallis (Tableau 22) montrent des différences significatives entre
les niveaux de performance pour les scores d'instruction du Comité de Gestion (CG) (χ² = 40.592,
p &lt; 0.001) et de la Commission de Surveillance (CS) (χ² = 41.037, p &lt; 0.001).
36

�Les corrélations de Spearman confirment une forte association positive entre la performance et
les scores d'instruction du CG (ρ = 0.821, p &lt; 0.001) et de la CS (ρ = 0.827, p &lt; 0.001) (Tableau
16).
Tableau 16 : Synthèse des scores d'instruction par niveau de performance
Score CG
Score CS
Performance

Moyenne

Médiane

Écart-type

Moyenne

Médiane

Écart-type

Mauvaise

1.21(±0.42)

1.00

0.42

1.21 (±0.42)

1.00

0.42

Faible

2.46 (±1.51)

2.00

1.51

2.46 (±1.51)

2.00

1.51

Moyenne

3.33 (±1.75)

3.50

1.75

3.33 (±1.75)

3.50

1.75

Assez bonne

4.29 (±1.11)

4.00

1.11

4.14 (±1.11)

4.00

0.90

Bonne

5.50 (±1.38)

5.50

1.38

5.50 (±1.38)

5.50

1.38

Très bonne

5.11 (±0.60)

5.00

0.60

5.22 (±0.60)

5.00

0.67

Source : réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête collectées dans le courant de
décembre 2024
Tableau 17 : tests statistiques de Kruskal-Wallis
Variable
Chi-carré
Degrés de liberté

P-value

Score CG

40.592

5

1.134e-07

Score CS

41.037

5

9.224e-08

Source : réalisé à partir des données d’enquête par l’auteur dans le courant de décembre
2024
Tableau 18: Tests statistiques de Sperman
Relation

Coefficient rho

P-value

Performance - Score CG

0.821

1.015e-15

Performance - Score CS

0.827

3.793e-16

Source : réalisé à partir des données d’enquête par l’auteur dans le courant de décembre
2024
L'analyse des distributions révèle une progression claire des scores moyens d'instruction avec
l'amélioration du niveau de performance :
•

Les coopératives avec une mauvaise performance ont des scores d'instruction bas
(moyenne de 1.21) et homogènes.

•

Les niveaux de performance intermédiaires montrent une progression régulière des scores
d'instruction.

37

�•

Les coopératives avec une très bonne performance ont des scores d'instruction élevés (&gt;
5) et peu dispersés.

On observe également une similarité des scores entre le CG et la CS pour chaque niveau de
performance, suggérant une cohérence dans la composition des organes de gestion.
Figure 11: Distribution des scores d’instruction des membres des organes (Comité de
Gestion, CG)
Source : réalisé à partir des données d’enquête par l’auteur dans le courant de décembre
2024
6

SCORES NIVEAU INSTRUCTION

5
4
3
2
1
0
Mauvaise

Faible

Moyenne

Assez bonne

-1
-2

PERFORMANCE DE REMBOURSEMENT
Pri

Second1

Second2

38

Supéri

Bonne

Très bonne

�Figure 12: distribution des scores d’instruction de la commission de surveillance (CS)
Source : réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête collectées dans le courant de
décembre 2024

2,5

4,5
4

2

3,5
3

1,5

2,5
2

1

1,5
1

0,5

0,5
0

0
Mauvaise

Faible

Moyenne

Pri

Second1

Assez bonne

Second2

Bonne

Très bonne

Supéri

Ces résultats démontrent que la présence de membres plus instruits dans les organes de gestion
favorise significativement une meilleure performance de remboursement des coopératives. Plus
le niveau augmente plus la performance s’améliore. Cela peut s'expliquer par une meilleure
compréhension des enjeux financiers, une capacité accrue à gérer efficacement les ressources, et
une aptitude à sensibiliser et former les autres membres sur l'importance du remboursement des
crédits permettent une bonne gestion et la performance de remboursement des coopératives.
V. Discussion
La présente section a pour objectif d’interpréter les résultats obtenus à la lumière des hypothèses
de départ, des objectifs de l’étude et des connaissances issues de la littérature. Il s’agit d’analyser
les principales tendances observées, d’identifier les facteurs explicatifs des performances de
remboursement des crédits dans les organisations paysannes, et de confronter ces observations
aux travaux antérieurs. Cette discussion permet ainsi de mieux situer les implications pratiques
des résultats pour le renforcement de la gestion financière au sein des OP, notamment en lien
avec l’inclusion des femmes, la structuration des organes de gestion, la participation aux instances
et le paiement des droits d’adhésion.

39

�1. Les facteurs susceptibles d’influencer la performance de remboursement
1.1. Inclusion des femmes dans les organisations paysannes (OP) et capacité de
remboursement
Les résultats de cette étude montrent une corrélation positive significative entre la proportion de
femmes dans les groupes à caution solidaire et la performance de remboursement des crédits. La
corrélation de Spearman (ρ = 0,1334, p = 9,999e-05) indique une relation positive bien que faible,
mais statistiquement significative. Cela confirme l’hypothèse initiale selon laquelle une plus
grande inclusion des femmes dans les coopératives améliore la capacité de remboursement.
Ces résultats corroborent les travaux de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et
l’Agriculture (FAO), qui soulignent que les femmes, lorsqu’elles sont impliquées dans des
activités économiques et organisées dans des structures collectives, tendent à adopter des
pratiques plus rigoureuses en matière de gestion financière. De plus, une étude de Karlan et al.
(2011) révèle que les groupes mixtes avec une forte proportion de femmes sont plus susceptibles
de respecter leurs obligations financières en raison de leur tendance à prioriser les engagements
collectifs. Dans leur ouvrage intitulé « the Economics of Microfinance », explorant en profondeur
les mécanismes de la microfinance, Armendáriz &amp; Morduch (2010) montrent que les femmes
ont des taux de remboursement plus élevés dans les programmes de microfinance, et qu’elles sont
généralement plus fiables financièrement. Toujours dans le même sens, D’Espallier, B., Guérin,
I., &amp; Mersland, R. (2011), ont fait une analyse empirique portant sur plus de 350 institutions de
microfinance dans 70 pays. Celle-ci confirme que les institutions ciblant les femmes affichent de
meilleures performances de remboursement, surtout lorsque les femmes participent à la
gouvernance.
S’il est avéré que l’inclusion des femmes ont une corrélation positive et forte avec la capacité de
remboursement selon les auteurs susmentionnés, d’autres travaux ont nuancé ou infirmé
l’hypothèse. C’est ainsi que Goetz &amp; Gupta (1996) soulignent que la simple inclusion des femmes
ne garantit pas leur autonomie dans la gestion des crédits. Dans certains cas, les hommes prennent
le contrôle du prêt, ce qui peut affecter les résultats attendus en matière de remboursement. En
outre, Kevane &amp; Wydick (2001) bien que reconnaissant que les femmes sont généralement de
bonnes emprunteuses, ils questionnent l'efficacité économique à long terme de privilégier
uniquement les femmes dans les programmes de crédit, en soulignant les limites de croissance
des entreprises dirigées par des femmes en contexte rural.
Ainsi, ces résultats invitent à promouvoir davantage la participation des femmes dans les OP,
notamment par des politiques d’incitation et des actions de sensibilisation pour une meilleure
représentation.

40

�1.2. Payement des droits d’adhésion
L’analyse des données révèle une corrélation hautement significative entre le paiement des droits
d’adhésion et la capacité de remboursement des crédits (ρ avec p &lt; 2.2e-16). Cette relation semble
indiquer que les coopératives dont les membres s’acquittent volontairement des obligations
initiales – telles que les droits d’adhésion – présentent une performance financière plus fiable. Ce
résultat appuie l’idée selon laquelle l’engagement précoce constitue un signal crédible de
discipline financière, et rejoint les conclusions de Ghatak et Guinane (1999), pour qui l’adhésion
volontaire, assortie de conditions minimales, joue un rôle de filtre endogène, permettant de
sélectionner les membres les plus engagés.
Des travaux complémentaires (Besley &amp; Coate, 1995 ; Zeller, 1998) soulignent également que le
respect des engagements financiers dès l’entrée, comme les contributions initiales, renforce les
incitations à la régularité dans les remboursements en créant un effet de responsabilisation et de
collatéral social. Ainsi, le paiement des droits d’adhésion peut être interprété comme un
indicateur ex-ante de fiabilité, particulièrement utile pour les institutions de microfinance opérant
en milieu rural.
Cependant, cette hypothèse mérite d’être nuancée. D’une part, la corrélation observée ne prouve
pas nécessairement une causalité directe : il est possible que le paiement des droits d’entrée reflète
avant tout des caractéristiques socio-économiques préexistantes – comme le niveau de revenu,
l’alphabétisation ou l’accès aux réseaux – plutôt que l’engagement réel. Van Tassel (1999) met
en garde contre ce biais de sélection, qui peut fausser l’interprétation des performances des
groupes.
D’autre part, certains travaux critiques insistent sur le risque d’exclusion induit par ces
mécanismes. L’imposition systématique de droits d’adhésion peut empêcher les populations les
plus vulnérables – notamment les femmes, les jeunes ou les travailleurs informels – de rejoindre
les organisations, malgré leur forte motivation ou leur potentiel d’implication. Bateman et Chang
(2012) remettent en question cette approche fondée sur l’engagement financier, qu’ils jugent
potentiellement inéquitable et contraire à la logique inclusive de la finance solidaire.
Enfin, il convient de souligner que le paiement des droits ne garantit pas nécessairement une
participation active ou durable. Dans certains contextes, il devient une formalité administrative
déconnectée de l’implication réelle des membres. Cela plaide pour une lecture contextualisée et
prudente de cet indicateur, et pour son intégration dans une approche combinée, articulant critères
financiers, évaluations qualitatives, et dispositifs d’accompagnement social.

41

�En somme, si le paiement des droits d’adhésion peut jouer un rôle pertinent dans l’identification
des membres fiables, il ne saurait se substituer à une stratégie plus globale de sélection,
d’inclusion et de fidélisation des membres au sein des coopératives rurales.
1.3. Tenue Régulière des Réunions et Organisation des AGO
L’analyse des données révèle que les coopératives organisant régulièrement des réunions de
membres et tenant leurs Assemblées Générales Ordinaires (AGO) affichent une performance de
remboursement nettement supérieure. Ces pratiques sont fréquemment associées à une
gouvernance interne renforcée, à une transparence accrue, ainsi qu’à une meilleure inclusion des
membres dans les décisions stratégiques. Elles permettent en particulier une meilleure
appropriation des règles collectives, une circulation fluide de l’information, et une
responsabilisation collective autour des obligations financières.
Ces constats rejoignent les travaux de Armendáriz de Aghion et Morduch (2010), qui soulignent
que la participation active des membres aux processus décisionnels constitue un levier essentiel
de performance, notamment dans les systèmes de crédit communautaire. De même, Ostrom
(1990) montre que la gestion efficace des ressources communes repose sur l’élaboration conjointe
de règles, leur respect mutuel et un mécanisme de contrôle social interne. Dans ce cadre, les
réunions régulières et les AGO contribuent à instaurer une dynamique d’autocontrôle qui favorise
la régularité des remboursements.
Toutefois, cette relation mérite d’être analysée avec nuance. D’abord, la qualité des réunions
importe autant que leur fréquence. Dans certaines coopératives, les AGO se réduisent à des
exercices formels, voire symboliques, avec peu d’échanges véritables. La simple organisation
d’une réunion ne garantit pas une participation effective ni une influence réelle des membres sur
les décisions. Ce biais est particulièrement marqué dans les contextes de faible niveau
d’alphabétisation, ou lorsque des logiques hiérarchiques ou de genre entravent la prise de parole
de certaines catégories de membres.
En outre, la valorisation des réunions comme outils de gouvernance repose sur l’hypothèse d’une
base sociale homogène et stable. Or, dans de nombreuses coopératives rurales, la diversité des
intérêts entre producteurs, la mobilité des membres, ou encore la faible culture de la délibération
peuvent limiter les effets attendus. Des auteurs comme Cook (1995) et Francesconi &amp; Ruben
(2007) rappellent que des réunions trop fréquentes ou mal gérées peuvent générer de la fatigue
institutionnelle, une désaffection progressive des membres, voire des tensions internes. L'effet
recherché d'amélioration de la performance peut alors s'inverser, notamment si les réunions
deviennent sources de divisions ou de surcharge administrative.

42

�Enfin, certains auteurs, dans une perspective plus critique, questionnent la capacité réelle des
AGO à transformer la gouvernance des organisations paysannes lorsque les enjeux économiques
majeurs sont contrôlés par un petit noyau dirigeant. Le modèle participatif formel peut masquer
une gouvernance de façade, sans redistribution effective du pouvoir. Cette critique invite à
articuler les réunions et AGO à d'autres outils de contrôle démocratique (commissions de
surveillance, audits internes, alternance des mandats, etc.).
Ainsi, si la tenue régulière des réunions et des AGO constitue un levier important de gouvernance
et de performance financière, leur efficacité dépend de plusieurs facteurs : la qualité de
l’animation, l’environnement institutionnel, le niveau de formation des membres, et l’existence
de mécanismes complémentaires d’inclusion. Dans une perspective de renforcement durable des
coopératives, ces pratiques doivent donc être pensées comme des composantes d’un système
global de gouvernance participative, et non comme des garanties isolées de succès.
1.4. Disposition des organes de gestion et de contrôle
L’étude a identifié un effet modéré mais significatif de la présence d’un comité de gestion de
crédits (CGC) sur la performance de remboursement. Ce résultat met en évidence l’importance
d’une gestion formelle et structurée au sein des OP pour assurer une utilisation et un
remboursement optimaux des crédits. Selon Armendáriz de Aghion et Morduch (2010), des
organes de contrôle bien organisés augmentent la responsabilité mutuelle au sein des groupes et
améliorent les performances financières.
1.5. Niveau d’instruction des membres des organes de gestion
Ces résultats confirment les conclusions de Khandker et Pitt (1998), dans leur étude intitulée The
Impact of Group-Based Credit Programs on Poor Households in Bangladesh: Does the Gender
of Participants Matter?, qui souligne que les coopératives disposant de dirigeants instruits sont
mieux outillées pour analyser les risques, assurer une allocation optimale des crédits et garantir
un meilleur suivi des remboursements. De manière similaire, Yunus (2007), dans Creating a
World Without Poverty: Social Business and the Future of Capitalism, met en évidence le rôle
crucial que joue l’instruction des leaders dans les structures de microfinance pour garantir la
viabilité à long terme des services offerts.
En outre, Ledgerwood (1999) dans son ouvrage Microfinance Handbook: An Institutional and
Financial Perspective, note que le niveau d’éducation des responsables est un facteur déterminant
dans la mise en œuvre des principes de bonne gouvernance, de transparence comptable et de
gestion des risques liés au crédit.

43

�Cependant, plusieurs auteurs invitent à une lecture nuancée de cette corrélation. Besley et Coate
(1995), dans Group Lending, Repayment Incentives and Social Collateral, rappellent que si
l’instruction peut favoriser une gestion plus rationnelle, elle n’est pas une condition suffisante de
performance. Ils mettent en garde contre la surévaluation du capital humain formel, en soulignant
que d’autres dimensions – telles que l’expérience, la connaissance locale, ou le capital social –
jouent aussi un rôle crucial dans la gestion des ressources collectives.
De même, Ostrom (1990), dans Governing the Commons : The Evolution of Institutions for
Collective Action, insiste sur l’importance des normes sociales, de la confiance mutuelle et de la
surveillance communautaire dans le succès des organisations locales. Pour elle, des dirigeants
peu instruits mais enracinés dans les réseaux sociaux locaux peuvent parfois faire preuve d’une
efficacité équivalente, voire supérieure, à des gestionnaires formellement éduqués mais
déconnectés du terrain.
Par ailleurs, Brett (2003), dans Participation and Accountability in Development Management,
souligne que l’instruction seule ne garantit pas l'intégrité ni la redevabilité des dirigeants. Il met
en évidence des cas où des membres instruits captent les bénéfices de la coopérative au détriment
du collectif, introduisant un risque de technocratisation ou de gouvernance élitiste.
Le niveau d’instruction des membres des organes de gestion est fortement corrélé à la
performance de remboursement, confirmant ainsi l’idée que des compétences techniques et une
bonne littératie financière jouent un rôle crucial. Ces résultats convergent avec ceux de Khandker
et Pitt (1998), qui montrent que les coopératives ayant des dirigeants éduqués gèrent mieux les
ressources collectives et réduisent les risques de défaillance.

VI. Vérification des hypothèses
Sur la base des résultats obtenus à partir des données collectées et analysées, les hypothèses
formulées dans le cadre de ce travail de recherche seront validées ou infirmées.
1. Hypothèse 1 : la proportion des femmes dans les OP améliore la capacité de
remboursement des coopératives.
Plus il y a une inclusion de femmes au sein des groupes à caution solidaire mieux est la
performance de remboursement. Dans cette étude, nous avons cherché à vérifier la validité de
cette supposition en corrélant les données recueillies au sein de l’échantillon avec leur niveau de
remboursement.
Avec la corrélation de Spearman 0,1334146, corrélation positive faible et le test de Fisher (Pvalue = 9,999e-05), on constate une relation significative entre le pourcentage de femmes dans
les coopératives et la performance de remboursement des crédits. Autrement dit, plus la

44

�proportion des femmes augmente dans les groupes à caution solidaire meilleures sont les
performances de remboursement.
Au vu de cette analyse, l’hypothèse selon laquelle, la proportion des femmes dans les OP améliore
la capacité de remboursement des coopératives est validée.

2. Hypothèse 2. Tenue régulière des réunions ainsi que des AGO favorise le
remboursement.
Le tableau n°15 montre que les coopératives avec une fréquence de réunions élevée
(hebdomadaire ou mensuelle) affichent de meilleures performances de remboursement.
À l'inverse, l'absence de réunions régulières est associée à des performances faibles ou médiocres.
Le tableau 16 ainsi que le graphique montrent un impact positif que l’organisation régulière des
AGO a sur la capacité de remboursement des coopératives.
Cette hypothèse est validée.

3. Hypothèse 3 Payement de droit d’adhésion agit positivement sur la capacité de
remboursement.
Pour analyser le lien entre le payement des droits d’adhésion et la capacité de remboursement,
l’étude a utilisé les approches complémentaires notamment le tableau des données brutes, le
Mosaic pot fournissant une vue d’ensemble des relations et le graphique en barres empilées pour
analyser en détail des proportions. Cette combinaison permet une analyse complète et robuste de
la relation entre les deux variables.
La significativité statistique constatée avec le Test de Fisher à (P = 0,0005), et la corrélation de
Spearman hautement significative (P&lt;2.2e-16) rejette l’hypothèse entre les variables.
Cette analyse suggère que le niveau de paiement d'adhésion est un indicateur très fiable de la
performance de remboursement des crédits dans les coopératives.

4. Hypothèse 4 : La mise en place des organes de contrôle et de gestion améliore la
performance de remboursement des coopératives.
En ce qui concerne la disposition des organes de gestion et de contrôle (Comité de Gestion,
Commission de Surveillance et le Comité de Gestion de Crédit) au sein des OP, les corrélations
montrent que la mise en place d’un comité de gestion de crédits (CGC) semble être un indicateur
à effet modéré sur la capacité de remboursement des coopératives.

45

�5. Hypothèse 5 : Le niveau d’instruction des membres des organes de gestion et de
contrôle agit positivement sur la performance de remboursement.
L’étude a révélé a une relation forte et significative entre le niveau d’instruction des membres
des organes et la performance de remboursement.

VII. Les recommandations
À partir de l’analyse des résultats et des discussions présentées dans le document, plusieurs
recommandations pratiques émergent pour améliorer la performance de remboursement des
crédits au sein des organisations paysannes (OP). Ces recommandations qui vont à l’endroit des
politiques, des offreurs de crédits, des structures de vulgarisation agricole et des organisations
des producteurs s’articulent autour de cinq axes principaux :

1. Renforcer l’inclusion des femmes dans les organisations paysannes
Promouvoir activement la participation des femmes dans les groupes à caution solidaire, non
seulement en tant que membres, mais aussi dans les instances de gouvernance.
Mettre en place des politiques incitatives et des actions de sensibilisation pour augmenter la
représentation féminine, car une plus grande proportion de femmes est associée à de meilleures
performances de remboursement et à une gestion financière plus rigoureuse.
Veiller à ce que l’inclusion des femmes s’accompagne d’une réelle autonomie dans la gestion des
crédits, afin d’éviter que leur présence soit seulement formelle.

2. Encourager le paiement effectif des droits d’adhésion, tout en veillant à l’inclusion
Maintenir l’exigence du paiement des droits d’adhésion comme signal d’engagement et de
discipline financière, car cela constitue un indicateur de fiabilité des membres.
Prendre en compte les risques d’exclusion des populations vulnérables (femmes, jeunes,
travailleurs informels) : adapter les modalités de paiement ou prévoir des dispositifs
d’accompagnement pour garantir l’accès de tous, sans discrimination.
Compléter ce critère financier par des évaluations qualitatives et des dispositifs
d’accompagnement social pour une sélection plus juste et inclusive des membres.

3. Instaurer et valoriser la tenue régulière des réunions et des Assemblées Générales
Ordinaires (AGO)
Organiser systématiquement des réunions périodiques et des AGO pour renforcer la gouvernance
interne, la transparence et la responsabilisation collective autour des obligations financières.
46

�S’assurer que ces réunions soient de qualité, participatives et inclusives, en luttant contre les
pratiques formelles ou symboliques qui limitent l’implication réelle des membres.
Associer les réunions à d’autres outils de contrôle démocratique (commissions de surveillance,
audits internes, alternance des mandats) afin de garantir l’effectivité du pouvoir collectif.

4. Structurer et dynamiser les organes de gestion et de contrôle
Mettre en place des comités de gestion de crédits (CGC) et des organes de contrôle bien organisés
pour assurer une gestion formelle et efficace des crédits.
Renforcer la responsabilité mutuelle et l’auto-contrôle au sein des groupes, ce qui améliore la
performance financière des OP.

5. Améliorer le niveau d’instruction et de formation des membres des organes de
gestion
Investir dans la formation et l’éducation des responsables des coopératives pour renforcer leurs
compétences en gestion, analyse des risques et suivi des remboursements.
Veiller à ce que la valorisation du capital humain ne se fasse pas au détriment de l’expérience, de
la connaissance locale et du capital social : privilégier un équilibre entre compétences techniques
et enracinement communautaire.
Mettre en place des programmes de formation continue pour garantir la viabilité à long terme des
services financiers offerts par les OP.
En synthèse, l’étude recommande une approche intégrée, combinant l’inclusion effective des
femmes, l’engagement financier raisonné, la gouvernance participative, la structuration des
organes de gestion, et le renforcement des capacités des responsables pour améliorer durablement
la performance de remboursement dans les organisations paysannes. Ces recommandations
doivent être adaptées au contexte local, en tenant compte des spécificités socio-économiques et
culturelles des membres et des communautés concernées

47

�CONCLUSION GENERALE
Le secteur agricole demeure le secteur prioritaire pour assurer le décollage économique dans les
pays en développement et ce, surtout dans les pays d’Afrique subsaharienne. Cette agriculture de
par sa nature, pour jouer pleinement ce rôle, a besoin de financement. Ce dernier qui fait défaut
dans sa quasi-totalité à cause des risques et incertitudes liés à des aléas d’ordre divers se trouvant
dans le secteur agricole, doit être renforcé à partir de l’analyse des résultats des études réalisées
sur les projets/programmes ayant fait l’objet d’une forme de mécanisme de financement. Parmi
les risques, se trouve celui du remboursement des crédits qui demeure l’aspect essentiel qui assure
la survie voire la pérennité des actions d’octroi de crédits aux agriculteurs. Dès lors que le risque
de remboursement est perceptible sur le projet PARTAM, il s’avère nécessaire que les
déterminants qui s’y rapportent soient connus et maîtrisés. C’est à ce titre que la présente
recherche a tenté d’identifier les principaux déterminants des impayés sur cet aspect du projet.
Pour atteindre cet objectif, nous avons choisi comme démarche méthodologique d’enquêter sur
un échantillon de soixante (60) sociétés coopératives agricoles sur les cent-vingt (120) ayant
bénéficié les crédits de campagne.
Ce travail de recherche a connu des difficultés surtout en matière de collecte des renseignements
auprès des bénéficiaires. Les producteurs regroupés en des OP ont été un peu réticents de fournir
les informations lors de l’administration des questionnaires. La plupart d’entre eux, par peur
d’être traduit devant la loi à cause des impayés et aussi d’être mal vu par les autres membres n’ont
pas voulu se laisser enquêter. Cette difficulté est parvenue quand même à cause du rôle de
facilitation que le CGP a joué en intervenant auprès des OP bénéficiaires surtout chez les
membres des organes de gestion et de fonctionnement. En outre, les villages bénéficiaires du
projet sont distants l’uns des autres. La collecte des données dans ces localités et aussi au niveau
des autres partenaires a demandé un peu d’investissement en termes d’argent pour le
déplacement. Le mauvais fonctionnement de certaines de ces organisations n’a pas favorisé la
rencontre de leurs premiers responsables. La suspension de l’activité de crédit due à la
délinquance a suscité le mécontentement de certains bénéficiaires qui ont honoré leur engagement
au sein du groupe à caution solidaire.
Malgré tout, cette étude a permis d’analyser les causes des impayés des crédits de campagne
agricole au sein du projet PARTAM, en mettant un accent particulier sur les caractéristiques
organisationnelles et fonctionnelles des coopératives. Grâce à une analyse rigoureuse des données
collectées, réalisée à l’aide des logiciels Excel et R, les hypothèses de recherche ont été évaluées
pour mieux comprendre les facteurs influençant la capacité de remboursement des coopératives
agricoles sur le dit projet.

48

�Les résultats obtenus confirment que la performance des coopératives en matière de
remboursement des crédits est déterminée par plusieurs facteurs interdépendants liés à leur
organisation et à leur fonctionnement.
La relation positive et significative a été établie entre la proportion des femmes dans les
organisations paysannes (OP) et la performance de remboursement. Ces résultats valident
l’hypothèse selon laquelle l’inclusion des femmes, reconnues pour leur discipline financière et
leur engagement, améliore la gestion collective des crédits.
Le paiement des droits d’adhésion a émergé comme un indicateur clé de la discipline
organisationnelle. Les coopératives où les membres s’acquittent régulièrement de leurs
obligations financières présentent de meilleures performances de remboursement, ce qui reflète
un niveau d’engagement élevé et une gouvernance interne efficace. La mise en place et le bon
fonctionnement des organes de gestion, tels que les comités de gestion des crédits (CGC), jouent
un rôle modéré dans l’amélioration des performances de remboursement. Cependant, leur
efficacité est fortement influencée par le niveau d’éducation et les compétences des membres des
organes de gestion.
La tenue régulière des réunions et des Assemblées Générales Ordinaires (AGO) renforce la
transparence, la redevabilité et la cohésion des membres, contribuant ainsi à une meilleure
discipline collective
Une Corrélation a été constatée entre le niveau d’éducation des membres des organes de gestion
et la capacité de remboursement des crédits. Les membres instruits sont mieux à même de
comprendre les conditions des crédits, de planifier leur gestion financière et de sensibiliser les
autres membres.
Ces résultats soulignent l’importance de renforcer les capacités organisationnelles et
fonctionnelles des coopératives pour améliorer leur performance de remboursement. Des efforts
doivent être déployés pour encourager l’inclusion des femmes dans les coopératives, instaurer
des formations ciblées sur la gestion financière et la gouvernance coopérative, rendre obligatoire
la tenue régulière des AGO et des réunions et promouvoir des mécanismes d’incitation pour le
respect des obligations financières des membres.
En résumé, une gestion plus inclusive et disciplinée des coopératives, associée à un renforcement
des capacités des membres, représentent une voie durable pour orienter les politiques afin de
réduire les impayés dans le cadre du projet PARTAM et améliorer son impact sur le
développement agricole local. Ces conclusions offrent également une base pour des recherches
futures sur l’optimisation des modèles de microcrédit dans les zones rurales.

49

�Toutefois, cette étude s’est intéressée seulement qu’aux déterminants de remboursement de
crédits de campagne en se basant sur certains aspects des caractéristiques organisationnelles et
fonctionnelles des coopératives bénéficiaires (proportion de femmes, tenue des réunions et des
AGO, mise en place des organes de gestion et de contrôle et le niveau d’instruction des membres
des organes élus). Il serait souhaitable que d’autres travaux de recherche puissent accorder
d’importance à d’autres variables explicatives comme : la capacité technique de production des
producteurs, la disponibilité des marchés, l’éducation financière, etc. dans l’explication du
remboursement de crédits de campagne agricole sur le dit projet.

50

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53

�ANNEXES
Annexe 1
Questionnaire d’enquête auprès des coopératives pour déterminer les
déterminants des impayés de crédits de campagne agricole sur le projet
PARTAM
A : Informations générales sur la coopérative agricole
1. Nom de la coopérative : _______________
2. Localisation (Village/Commune) : _______________
3. Année de création de la coopérative : _______________
4. Nombre total de membres actifs : _______________
Hommes : …………………………….
Femmes : ………………………………
5. Principales cultures pratiquées :
O Riz
O Maïs
O Autres (précisez) : _______________
B : Capacité organisationnelle de la coopérative
Quels organes de gestion et de contrôle dispose votre coopérative ?
 CG
 CS
 CGC
Quel est le niveau d’instruction des membres de ces organes ?
Organes

Primaire Secondaire 1

Secondaire 2

Supérieur Non instruit

CG
CS
CGC
NB. Inscrivez le nombre de personnes de chaque organe correspondant à chaque niveau
d’instruction.
IX

�Avez-vous tenu l’AGC
O Oui
O Non
Quels documents juridiques et règlementaires disposez-vous ?
 Statut
 Règlement Intérieure
 Agrément
 Immatriculation
 Autre (précisez) : _______________
A quelle fréquence tenez-vous vos réunions ?
o Une fois par semaine
o Une fois par mois
o Au-delà
o Pas du tout
Tenez-vous les AGO
O Oui
O Non
Si oui à quelle fréquence ?
O Annuellement
O Rarement
Capacité financière de la coopérative
Tous les membres ont-ils payé leur droit d’adhésion ?
O Oui
O Non
Parts sociales
O Libérées entièrement
O Libérées partiellement
O Pas du tout libérées
X

�Avez-vous d’autres sources de financement ?
O Oui
O Non
Si oui la ou les quelle ?
B : Conditions du crédit et accès au financement
7. Avez-vous bénéficié du crédit de campagne agricole dans le cadre du projet
PARTAM ?
O Oui
O Non
8. Montant du crédit obtenu (en FCFA) :
En 2012…………… En 2013 ………………………. En 20214 ……………….
En 2015 ………………. En 2016 ……………………
9. Le crédit octroyé était-il suffisant pour couvrir vos besoins de production ?
O Oui
O Non
Si
non,
pourquoi
?
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
………………………………………………………
10. Le taux d'intérêt du crédit était-il jugé raisonnable ?
O Oui
O Non
Si non, précisez pourquoi : _______________
11. La durée de remboursement était-elle suffisante par rapport au cycle de
production agricole ?
O Oui
O Non
Si non, quelles sont les difficultés rencontrées ? _______________

XI

�C : Utilisation du crédit
12. Le crédit a-t-il été utilisé uniquement pour les activités agricoles ?
O Oui
O Non
Si non, précisez l'autre usage : _______________
13. Quels types d'intrants ou services ont été financés par le crédit ?
☐ Semences
☐ Engrais
☐ Main d'œuvre
☐ Matériel agricole
☐ Autre (précisez) : _______________
14. Avez-vous rencontré des difficultés pour accéder aux intrants agricoles ?
O Oui
O Non
Si oui, précisez lesquelles : _______________

D : Production et commercialisation
15. Quel était le rendement (kg/ha) attendu pour la culture financée par le crédit ?
_______________
16. Quel rendement réel avez-vous obtenu (tonnes/ha) ?

_______________

17. Avez-vous rencontré des problèmes durant la production ?
O Oui
O Non
Si oui, lesquels
_______________

?

(ex.

inondation,

maladies,

18. Comment écoulez-vous habituellement votre production ?
☐ Vente sur les marchés locaux
☐ Vente directe aux intermédiaires
XII

sécheresse,

etc.):

�☐ Autre (précisez) : _______________
19. Le prix de vente de votre produit a-t-il fluctué au cours de la période de
remboursement du crédit ?
O Oui
O

Non

Si oui, comment cela a-t-il affecté votre capacité de remboursement ?
_______________

E : Capacité de gestion de la coopérative
20. La coopérative dispose-t-elle d'une équipe de gestion financière compétente ?
O Oui
O Non
21. Des formations en gestion financière ou en gestion de crédit ont-elles été
dispensées aux membres de la coopérative ?
O Oui
O Non
22. Les membres de la coopérative participent-ils aux décisions financières (ex.
utilisation du crédit) ?
O Oui
O Non
Si non, qui prend les décisions ? _______________
23. Y a-t-il des conflits internes au sein de la coopérative ?
O Oui
O Non
Si oui, précisez : _______________

F : Difficultés de remboursement
24. Avez-vous rencontré des difficultés pour rembourser le crédit ?
O Oui
XIII

�O Non
25. Si oui, quelles sont les principales raisons des difficultés de remboursement ?
☐ Faible rendement agricole
☐ Fluctuations des prix sur le marché
☐ Mauvaise gestion financière de la coopérative
☐ Conditions climatiques défavorables
☐ Autre (précisez) : _______________
26. Quel pourcentage du crédit avez-vous pu rembourser à temps ?
2012

2013

2014

2015

2016

0-25%
26-50%
51-75%
76-100%
100%

G : Suggestions et recommandations
27. Que recommanderiez-vous pour améliorer la capacité de remboursement des
coopératives ?
☐ Réduction du taux d'intérêt
☐ Allongement de la durée de remboursement
☐ Formation des membres en gestion financière
☐ Meilleur accès aux intrants agricoles
☐ Mise en place d'une assurance agricole
 Renforcement de la capacité organisationnelle des OP
 Souscription à une assurance agricole
☐ Autres (précisez) : _______________

XIV

�Annexe 2 ORGANIGRAMME DU PROJET PARTAM
Ministères partenaires

Ministère de l’Agriculture

Comité de pilotage du
projet
Unité d’exécution du projet
Service administratif et
financier

Cellule Génie rural

Cellule Suivi-évaluation

Cellule Agroéconomie

Cellule Production
végétale et animale
Institut de microfinance
(FUCEC)

Service de vulgarisation
(ICAT
Organisation des
producteurs

Source : Document projet

XV

�Annexe 3 Quelques vues de réalisation du projet

Motoculteur offert par le projet en activité

Une piste et une digue réalisées par le projet

Canal principal d’irrigation réhabilité par le projet

Vue sur le périmètre d’exploitation

XVI

�Annexe 4 Carte de la zone du projet.

XVII

�TABLE DES MATIERES
DEDICACE ................................................................................................................................. I
REMERCIEMENTS ................................................................................................................. II
SOMMAIRE ............................................................................................................................ III
SIGLES ET ABREVIATIONS ................................................................................................ IV
LISTE DES TABLEAUX ......................................................................................................... V
FIGURES ET GRAPHIQUES ................................................................................................. VI
RESUME .................................................................................................................................. VI
ABSTRACT .......................................................................................................................... VIII
INTRODUCTION GENERALE................................................................................................ 1
1. Objectif général .......................................................................... Erreur ! Signet non défini.
2. Objectifs spécifiques ................................................................... Erreur ! Signet non défini.
3. Hypothèse générale ..................................................................... Erreur ! Signet non défini.
4. Hypothèses spécifiques ............................................................... Erreur ! Signet non défini.
CHAPITRE 1 : CADRE DE REFERENCES CONCEPTUELLES ET THEORIQUES .......... 4
I. Définitions des concepts ......................................................................................................... 5
1.

Coopératives agricoles .................................................................................................... 5

2. Le crédit agricole ............................................................................................................... 6
3. Impayés ............................................................................................................................... 7
4. Risques des impayés ........................................................................................................... 7
5. Capacité de remboursement................................................................................................ 7
6. Taux de remboursement ..................................................................................................... 8
7. Caution solidaire ................................................................................................................. 8
8. Formation en gestion financière ......................................................................................... 8
II. Les théories ............................................................................................................................ 8
1. Théorie du crédit rural ........................................................................................................ 8
2. Théorie de l'agence ............................................................................................................. 9
3. Théorie de la microfinance ................................................................................................. 9
4. Théorie de la gouvernance coopérative .............................................................................. 9
5. Théorie du capital social ..................................................................................................... 9
6. Théorie de la gestion financière ........................................................................................ 10
XVIII

�7. Théorie du contrôle de gestion ......................................................................................... 10
III. Revue empirique ................................................................................................................ 10
1. L’importance et les difficultés liées au crédit agricole ..................................................... 10
2. Taux de remboursement .................................................................................................. 11
3. Délai d’étude de dossier et libération des fonds ............................................................... 11
4. Echéance de remboursement ............................................................................................ 11
5. Impact des délais de crédit sur la performance des coopératives agricoles ...................... 11
6. Bonne gouvernance des coopératives ............................................................................... 12
7. Risques agricoles .............................................................................................................. 12
8. Formation en gestion de crédits et innovations techniques .............................................. 12
9. Détournement de crédits ................................................................................................... 13
10. Caractéristiques des offreurs et des demandeurs ............................................................ 14
11. Garantie et caution .......................................................................................................... 15
CHAPITRE 2. CADRE ORGANISATIONNEL ET METHODOLOGIE .............................. 16
I. Cadre organisationnel ........................................................................................................... 16
1. Cadre physique et institutionnel de l’étude ...................................................................... 16
1.1 Contexte du projet PARTAM ..................................................................................... 16
1.2. Objectif du projet PARTAM ..................................................................................... 16
1.3. Réalisations du projet ................................................................................................. 17
1.4. Situation géographique du site du projet. .................................................................. 18
II. Cadre méthodologique ......................................................................................................... 18
1. Opérationnalisation des variables ..................................................................................... 18
2. Type de recherche ............................................................................................................. 19
3. Zone d’étude ..................................................................................................................... 20
4. Population cible ................................................................................................................ 20
5. Méthodes de collecte de données ..................................................................................... 21
5.1. Données primaires ..................................................................................................... 21
5.2. Données secondaires .................................................................................................. 21
6. Méthode d’échantillonnage .............................................................................................. 21
6.1. Analyse quantitative ................................................................................................... 22
6.2. Analyse qualitative ..................................................................................................... 22
CHAPITRE 3. CADRE ANALYTIQUE ................................................................................. 24

XIX

�I. Caractéristiques des coopératives étudiées ........................................................................... 24
1. Composition et taille des coopératives ............................................................................. 24
2. Répartition hommes/femmes ............................................................................................ 25
II. Analyse des crédits alloués aux coopératives agricoles ...................................................... 26
1. Répartition des crédits par catégorie ................................................................................ 26
2. Statistiques descriptives des crédits .................................................................................. 27
III. Performance de remboursement des coopératives ............................................................. 27
1. Catégorisation des taux de remboursement ...................................................................... 27
IV. Facteurs influençant la performance de remboursement ................................................... 28
1. Effets des caractéristiques organisationnelles sur le remboursement .............................. 28
1.1. Proportion de femmes dans les coopératives ............................................................. 28
1.2. Fréquence des réunions et tenue des AGO ................................................................ 30
1.3. Paiement des droits d'adhésion .................................................................................. 32
1.4. Présence et fonctionnement des organes de gestion .................................................. 34
V. Discussion ........................................................................................................................... 39
1. Les facteurs susceptibles d’influencer la performance de remboursement ...................... 40
1.1. Inclusion des femmes dans les organisations paysannes (OP) et capacité de
remboursement .................................................................................................................. 40
1.2. Payement des droits d’adhésion ................................................................................. 41
1.3. Tenue Régulière des Réunions et Organisation des AGO ......................................... 42
1.4. Disposition des organes de gestion et de contrôle ..................................................... 43
1.5. Niveau d’instruction des membres des organes de gestion........................................ 43
VI. Vérification des hypothèses ............................................................................................... 44
1. Hypothèse 1 : la proportion des femmes dans les OP améliore la capacité de
remboursement des coopératives. ......................................................................................... 44
2. Hypothèse 2. Tenue régulière des réunions ainsi que des AGO favorise le
remboursement. .................................................................................................................... 45
3. Hypothèse 3 Payement de droit d’adhésion agit positivement sur la capacité de
remboursement. .................................................................................................................... 45

XX

�4. Hypothèse 4 : La mise en place des organes de contrôle et de gestion ainsi que le niveau
d’instruction des membres de ces organes améliorent la performance de remboursement des
coopératives. ......................................................................................................................... 45
VII. Les recommandations ....................................................................................................... 46
1. Renforcer l’inclusion des femmes dans les organisations paysannes ............................... 46
2. Encourager le paiement effectif des droits d’adhésion, tout en veillant à l’inclusion ...... 46
3. Instaurer et valoriser la tenue régulière des réunions et des Assemblées Générales
Ordinaires (AGO) ................................................................................................................. 46
4. Structurer et dynamiser les organes de gestion et de contrôle .......................................... 47
5. Améliorer le niveau d’instruction et de formation des membres des organes de gestion 47
CONCLUSION GENERALE .................................................................................................. 48
BIOGRAPHIE .......................................................................................................................... 51
ANNEXES ............................................................................................................................... IX
TABLE DES MATIERES ................................................................................................. XVIII

XXI

�</text>
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        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
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              <elementText elementTextId="1">
                <text>DROIT - ÉCONOMIE -  GESTION</text>
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            <description>The topic of the resource</description>
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              <elementText elementTextId="2">
                <text>ÉCONOMIE - DROIT - GESTION</text>
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            <description>An account of the resource</description>
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                <text>La collection Droit économie et gestion (DEG) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières droit, économie et gestion.</text>
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      <name>Dublin Core</name>
      <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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          <name>Title</name>
          <description>A name given to the resource</description>
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            <elementText elementTextId="58">
              <text>Déterminants de la performance de remboursement des crédits de campagne agricole dans les organisations paysannes : cas du projet PARTAM au Togo</text>
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          <name>Description</name>
          <description>An account of the resource</description>
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              <text>Cette recherche s’intéresse aux déterminants des impayés des crédits de campagne agricole dans le cadre du Projet de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission-Tové (PARTAM) au &#13;
Togo. Le projet, initié pour renforcer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté à travers le développement de la riziculture, a permis d’octroyer des crédits agricoles aux coopératives via des mécanismes de microfinance. Cependant, l’augmentation des taux d’impayés, passés de 13 % en 2012 à 25 % en 2016, a conduit à la suspension des crédits, mettant en péril la viabilité &#13;
du projet. L’objectif principal de cette étude est d’identifier les facteurs organisationnels et fonctionnels des coopératives influençant leur capacité de remboursement. En s’appuyant sur une méthodologie mixte, les données ont été collectées auprès de soixante (60) coopératives bénéficiaires choisies de manière aléatoire sur les cent-vingt (120) et analysées à l’aide des &#13;
logiciels Excel et R, selon des approches statistiques robustes (corrélations de Spearman, tests de Fisher). Les résultats clés révèlent que la forte proportion de femmes dans les groupes à caution solidaire améliore significativement les performances de remboursement, soulignant leur rôle central dans la discipline financière. Le paiement des droits d’adhésion par les membres apparaît comme un indicateur fiable de la capacité organisationnelle et de la performance des groupes. </text>
            </elementText>
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          <name>Creator</name>
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              <text>GUIDIGAN Kokou Mawunya </text>
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          <name>Date</name>
          <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
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              <text>2025</text>
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          <name>Type</name>
          <description>The nature or genre of the resource</description>
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              <text>Mémoire de master</text>
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      <name>Coopérative agricole</name>
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      <name>Performance de remboursement</name>
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