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                    <text>MINISTÈRE DE
L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
DE LA RECHERCHE ET DE
L’INNOVATION (MESRSI)
-----------------------------------------------

BURKINA FASO
--------------------------------------La Patrie ou la Mort, nous
Vaincrons

Université Thomas SANKARA (UTS)
----------------------------------------------INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE A DISTANCE (IFOAD)
-----------------------------------------------

MEMOIRE DE FIN DE CYCLE

Pour l’obtention du Master Professionnel en Développement Local et Gestion des
Collectivités Territoriales (M2-DEVLOG)
Promotion 2020-2021

THEME :

Analyse de l’effet de la gouvernance sur l’Exploitation
Minière artisanale (EMA) au Burkina Faso : cas des
communes de Dano et de Méguet.

Présenté et soutenu publiquement par :
TCHIOMBIANO/YARA Jeannine Aïcha

Directrice de Mémoire :
Dr Adeline COULIBALY
Maitre Assistant
Université Thomas Sankara
Mars 2025

Mémoire de Master 2 en DEVLOG

�DÉDICACE

A ma famille

ii

�REMERCIEMENTS
La réalisation de ce mémoire a été possible grâce au concours de plusieurs personnes à qui
je voudrais témoigner toute ma gratitude. Je voudrais commencer par adresser toute ma
reconnaissance à ma Directrice de mémoire, Dr Adeline COULIBALY, enseignante à
l’Université Thomas Sankara de Ouagadougou. Sa disponibilité, sa bienveillance, sa
rigueur académique et ses conseils avisés ont grandement enrichi la qualité de ce travail.
Mes remerciements vont également toute l’équipe de l’Institut de Formation à Distance
(IFOAD) de l’Université Thomas SANKARA (UTS) et des intervenants professionnels
responsables de ma formation, pour avoir assuré la partie théorique de celle-ci.
Mes remerciements chaleureux au Bureau de coopération Suisse à Ouagadougou pour
l’appui financier et pour m’avoir permis d’allier travail professionnel et recherche pour la
réalisation de ce mémoire.
Mes remerciements et encouragements s’adressent aussi aux acteurs du secteur minier
artisanal du Burkina Faso et plus particulièrement ceux des communes de Meguet et Dano,
pour leur collaboration sans faille pendant ma collecte des données.
Je tiens également à remercier les mandataires du projet « orpaillage Responsable »,
Wilfried Lompo, Kabré Saïdou et Klèna Traoré qui ont enrichi mes réflexions et facilité la
collecte des données.
Enfin, je souhaite exprimer ma profonde gratitude à ma famille, mes amis, Dr ZONGO
Tongnoma, SEGDA Catherine et à toutes les personnes qui m'ont d’une façon ou d’une
autre apporté leur appui.

iii

�SOMMAIRE
DÉDICACE ........................................................................................................................ ii
REMERCIEMENTS .......................................................................................................... iii
LISTE DES TABLEAUX................................................................................................... v
LISTE DES FIGURES ....................................................................................................... v
LISTE DES PHOTOS......................................................................................................... v
SIGLES ET ABRÉVIATION ........................................................................................... vii
INTRODUCTION GENERALE ........................................................................................ 1
CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LITTERATURE .................... 7
I.

CADRE CONCEPTUEL ............................................................................................. 7

II. LA REVUE DE LITTERATURE ............................................................................. 10
CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE DE RECHERCHE .... 17
I. LE CADRE DE L’ETUDE............................................................................................ 17
II. LES APPROCHES METHODOLOGIQUES .............................................................. 26
CHAPITRE III : PRESENTATION DES RESULTATS ET ANALYSES ..................... 31
I. LA PRESENTATION DES DONNEES RECUEILLIES............................................. 31
II. L’ANALYSE DES DONNEES ................................................................................... 35
CONCLUSION GENERALE ........................................................................................... 43
BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................ 47
ANNEXES ........................................................................................................................ 51
TABLE DES MATIERES ................................................................................................ 53

iv

�LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Les acteurs et leurs rôles ........................................................................................... 21

Tableau 2 : Analyse des Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces de l’EMA……….35
Tableau 3 : Appréciation des orpailleurs sur les équipements promus par le projet « or
propre »......................................................................................................................................... 41

LISTE DES FIGURES
Figure 1: Ancienneté des artisans miniers enquêtés dans les deux sites de Dano et de
Méguet .............................................................................................................................. 31
Figure 2 : Appréciation des formes de pratiques dans l'activité minière artisanale .......... 32
Figure 3 : Répartition des types de produits chimiques utilisés par les artisans miniers dans
le traitement du minerai .................................................................................................... 33
LISTE DES PHOTOS
Photo 1: Site minier artisanal de Dano ............................................................................. 16
Photo 2 : Broyage du minerai à Meguet ........................................................................... 24
Photo 3 : Système de traitement sans mercure installé à Dano ......................................... 40

v

�RÉSUMÉ
L’Exploitation Minière Artisanale (EMA), bien que pourvoyeuse d’emploi et de revenus
pour la population Burkinabé, semble échapper aux mesures établies par la loi posant ainsi
des défis sociaux, environnementaux, sanitaires et sécuritaires. Son organisation apparaît
donc essentielle pour une exploitation plus responsable. Cette recherche vise à analyser
l’effet de la gouvernance sur l’EMA responsable, en utilisant une méthodologie mixte
combinant la recherche documentaire ainsi que des approches quantitative et qualitative
via des entretiens. Les résultats mettent en évidence les forces de l’EMA, tels que la
réduction du chômage, et le développement local, ainsi que ses faiblesses, notamment la
dégradation environnementale, les risques sanitaires et les conflits. L’analyse des modes
de gestion révèle une volonté étatique d’encadrement face à un secteur largement informel.
Les leçons tirées de deux projets ayant promu des pratiques responsables montrent qu’il
est possible de promouvoir un « or responsable », bien que l’élimination totale des produits
chimiques reste complexe. Cela souligne la nécessité pour les décideurs d’adopter des
mesures renforçant l’encadrement et le respect des droits humains et de l’environnement.
Mots clés : Exploitation Minière Artisanale, gouvernance, exploitation responsable ;
ABSTRACT
Artisanal and Small-Scale Mining (ASM), while providing employment and income for
the Burkinabe population, largely escapes legal regulations, leading to social,
environmental, health, and security challenges. Its organization is therefore essential for
more responsible mining practices. This research aims to analyze the impact of governance
on responsible ASM, using a mixed-method approach that combines documentary research
with both quantitative and qualitative interviews. The findings highlight the strengths of
ASM, such as job creation and local development, as well as its weaknesses, including
environmental degradation, health risks, and conflicts. The analysis of management
practices reveals the state's intent to regulate a largely informal sector. Lessons from two
projects that promoted responsible practices demonstrate that "responsible gold" is
achievable, although the complete elimination of chemical products remains challenging.
This underscores the need for policymakers to adopt measures that strengthen
formalization, and the respect of human rights and environmental standards.
Keywords: Artisanal and Small-Scale Mining, governance, responsible mining
vi

�SIGLES ET ABRÉVIATION
AEA

: Autorisation d'Exploitation Artisanale

AGC

: Artisanal Gold Council

ALT

: Assemblée Législative de Transition

AN

: Assemblée Nationale

ANEEMAS

: Agence Nationale d’Encadrement des Exploitations Minières
Artisanales et Semi-mécanisées

ARM

: Alliance pour une Mine Responsable

BNAF

: Brigade Nationale Anti-Fraude de l'or

BUMIGEB

: Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina

CBMP

: Comptoir burkinabé des Métaux précieux

CGCT

: Code Général des Collectivités Territoriales

CT

: Collectivité Territoriale

DEMAS

: Direction de l’Exploitation Minière Artisanale et Semi-mécanisée

DGCM

: Direction Générale du Cadastre Minier

DGEP

: Direction Générale de l’Economie et de la Planification

DGMG

: Direction Générale des Mines et de la Géologie

ECDPM

: European Centre for Development Policy Management

EMA

: Exploitation Minière Artisanale

EMAPE

: Exploitation Minière Artisanale et à Petite Echelle

FMDL

: Fond Minier de Développement Local

GBM

: Groupe de la Banque Mondiale

INSD

: Institut National de la Statistique et de la Démographie

ITIE

: Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives

OCDE

: Organisation de coopération et de Développement Economique

PARGFM

: Projet d’Appui au Renforcement de la Gestion du Foncier et des Mines

PIB

: Produit Intérieur Brut

PIDESC

: Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels

PAS

: Programme d’Ajustement Structurel

SONASP

: Société Nationale des Substances Précieuses

VMA

: Vision Minière Africaine

vii

�INTRODUCTION GENERALE
Le Burkina Faso est un pays enclavé, dont l’économie repose principalement sur le secteur
primaire. Avec le boom minier de ces quinze dernières années, le Burkina Faso passe d’un
pays à vocation agricole à un pays présentant des potentialités minières aussi importantes
que variées, réparties sur l’ensemble du territoire (SP/ITIE-BF, 2023). Le pays connait
donc un changement de trajectoire de croissance économique qui s’explique d’une part,
par les aléas climatiques (sècheresse) avec ses impacts négatifs sur la production agricole
et d’autre part par le potentiel minier que renferme son sous-sol. En effet, l’or se positionne
comme premier produit d’exportation depuis 2009 du Burkina Faso, détrônant le coton
(Gilles, 2012). Il ressort des conclusions des travaux de conciliation que le secteur extractif
a généré un revenu global net de 589,90 milliards de FCFA en 2022 avec cependant une
baisse de 13,74% du volume d’or industriel produit qui passe de 66,86 tonnes en 2021 à
57,67 tonnes en 2022. Quant à l’or artisanal reporté, on constate une augmentation de 0,214
tonnes passant de 0,27 tonnes en 2021 à 0,484 tonnes en 2022 (ITIE, 2024). Malgré le
contexte sécuritaire difficile que vit le Burkina Faso depuis quelques années, le secteur
extractif occupe une place importante dans son économie. Il contribue à 14,5% du PIB, à
73,3% des exportations du Burkina Faso, et à 20,9% des recettes de l’État et emploie
environ 2,1% de la population active (DGEP, 2024). Au niveau local, le Fond Minier de
Développement (FMD) alimenté par la contribution de 1% du chiffre d’affaires des
compagnies minières et les redevances proportionnelles collectées et perçues par l’État,
s’élève à près de 50 milliards par an est redistribué aux collectivités territoriales.
Le secteur miner au Burkina Faso se caractérise par deux types d’exploitations :
l’Exploitation Minière Industrielle (EMI) et l’Exploitation Minière Artisanale (EMA)
encore appelée « orpaillage ». Pour ce présent travail, nous nous intéresserons à l’EMA.
Les travaux de l’explorateur Binger en 1888 et de l’archéologue Kiethega en 1983 montrent
que l’EMA de l’or est pratiquée au Burkina Faso depuis le XVe siècle. Malgré l’adoption
du code minier en 2003 et révisé en 2015 qui vise à attirer les investisseurs, à renforcer la
protection de l’environnement et à augmenter la contribution des mines au développement
des communautés locales, l’exploitation des sites aurifères estimés à près de 800 selon la
Brigade Nationale Anti-Fraude (BNAF, 2023) reste dominée par l’EMA. Cependant, ce
Mémoire de Master 2 en DEVLOG

�sous-secteur de l’EMA demeure mal connu tant du point de vue du nombre d’emplois que
de celui des quantités d’or produites. Ainsi, Konkobo et Sawadogo (2020) notaient des
disparités entre les estimations faites par l’Assemblée Nationale (AN) et l’Institut National
de la Statistique et de la Démographie (INSD) en 2017. Tandis que l’AN estimait le nombre
d’emplois liés à l’orpaillage à plus d’1 000 000, l’INSD l’établissait à 140 196 orpailleurs.
En 2019, le Ministère des mines estimait à environ deux (02) millions, les personnes qui
pratiquent l’orpaillage pour plus de 800 sites artisanaux (reconnus et non reconnus) et qui
leur procurent des revenus, soit directement, soit indirectement. De même, concernant la
quantité d’or produite par ce secteur, ces auteurs rapportent que la Direction Générale du
Cadastre Minier (DGCM) l’estimait à 0,204 tonnes en 2017 alors que l’INSD l’estimait à
9,5 tonnes, montrant que l’orpaillage générait plus d’emplois et de revenus pour les
populations locales.
Le secteur minier d’une manière générale est réglementé par le code minier, mais l’EMA
semble échapper aux mesures établies par la loi concernant les conditions de production et
de commercialisation. Si l’exploitation industrielle est bien encadrée par la règlementation
minière et la pratique sur le terrain, l’EMA de l’or demeure quant à elle, marquée par une
insuffisance d’organisation et d’encadrement. Présente dans presque toutes les localités du
pays, elle engendre d’énormes défis. En effet sur le plan social et environnemental, l’EMA
entraine des problèmes tels que la prostitution, le travail des enfants, les conflits liés à
l’accès aux ressources et à la consommation de stupéfiants. En outre, elle provoque la
pollution des sols, des eaux et des nappes phréatiques, la déforestation, la destruction des
terres arables et des pâturages (Veiga et al., 2014 ; Bohbot, 2017). D’un point de vue
sanitaire, l’utilisation des produits chimiques tels que le mercure et le cyanure entrainent
des problèmes de santé tandis que les conditions de travail précaires augmentent le risque
d’accidents (Veiga et al., 2014). Ce sous-secteur minier a également des impacts négatifs
sur le plan économique (contrebande de l’or, faible contribution aux budgets de l’État et
aux Collectivités Territoriales, blanchiment d’argent, etc.) et sécuritaire.
L’EMA ayant pris de l’ampleur au fil du temps, le gouvernement burkinabè a décidé de
réguler et contrôler le marché de l'exploitation minière artisanale à travers une entreprise
d’État. Ainsi le Comptoir Burkinabè des Métaux Précieux (CBMP) a été créé et avait le
monopole de la collecte, du traitement et de la commercialisation de l'or (Luning, 2008).
Sous l’égide du CBMP, la production artisanale d'or faisait l'objet d'une tenue systématique

2

�de registres. Des fonctionnaires du CBMP formaient des mineurs à la mise en œuvre de
mesures de sécurité et le CBMP collaborait avec les forces de l’ordre afin de surveiller les
activités artisanales et de poursuivre des infractions (Werthmann, 2017).
En dépit des efforts consentis l’EMA de l’or sera reléguée au second plan, sinon négligée
au profit de l’exploitation industrielle suite aux réformes induites par les différents
Programmes d’Ajustements Structurels (PAS) du Groupe de la Banque Mondiale (GBM)
dans la décennie 90. C’est suite à ces PAS que le CBMP a été démantelé et que les codes
miniers de 1997, 2003, 2015 ont été adoptés (Medinilla et al., 2020). Un nouveau code
minier remplaçant celui de 2015 a été adopté en juillet 2024 avec quelques
adaptations/innovations au profit de l’artisanat minier.
Le sous-secteur de l’EMA est donc resté durant plus d’une décennie sans aucune
surveillance et sans aucun encadrement, ce qui a créé une prolifération de sites sauvages et
tous les problèmes cités plus haut.
Ayant pris conscience de l’importance de l’exploitation artisanale illicite de l’or,
notamment au niveau des pertes fiscales et des enjeux sécuritaires, l’État burkinabè a
décidé de reprendre l’encadrement des EMA qu’il avait abandonné depuis la suppression
du Comptoir burkinabé des Métaux précieux (CBMP) en 1991.
Ainsi, à la faveur de la révision du code minier en 2015, il est créé, l’Agence nationale
d’encadrement des exploitations minières artisanales et semi-mécanisées (ANEEMAS)
avec comme objectif principal, l’encadrement et la surveillance des activités
d’exploitations artisanale et semi-mécanisée de l’or. Cette dernière n’a pas produit les
résultats escomptés en matière d’encadrement et s’est vue mutée en Société nationale des
substances

précieuses

(SONASP)

par

les

décrets

N°2023

1417/PRES-

TRANS/PM/MDICAPE/MEFP/MEMC du 24 octobre 2023 portant création d’une société
d’État dénommée Société Nationale des Substances Précieuses (SONASP), dont les statuts
sont définis par le décret N°2023 1418/PRES-TRANS/PM/MEMC/MEFP/MDICAPE du
24 octobre 2023 portant approbation des statuts de la Société Nationale des Substances
Précieuses (SONASP) qui s’occupera dorénavant de la production, de la commercialisation
et de la transformation de l’or. Les volets encadrement et surveillance des activités
d’exploitations artisanale et semi-mécanisée de l’or reviennent à la Direction Générale des

3

�Mines et de la Géologie (DGMG), à travers la Direction de l’Encadrement des mines
Artisanale et Semi-mécanisée (DEMAS).
Aussi, conscient des effets préjudiciables des produits prohibés dans l'exploitation
artisanale et du grand bénéfice lié à l’organisation des artisans miniers, le MEMC a
entrepris depuis 2019, la mise en place de sites pilotes de traitement mutualisé dans les
communes de Gaoua et de Méguet. Ces sites sont équipés d'unités de traitement
gravimétrique aux normes standards en matière de préservation de l’environnement et
fournissent un environnement sécurisé et adapté aux artisans miniers pour un traitement
efficace et efficient du minerai. En plus de ces sites pilotes initiés par l’agence
gouvernementale, certaines communes telles que Dano, a aussi bénéficié des initiatives de
système de traitement sans mercure avec le soutien des partenaires techniques et financiers
pour promouvoir un « or propre ».
Avec la décentralisation en cours depuis deux décennies, les collectivités territoriales (CT)
à qui revient la gestion des territoires, se trouvent limitées dans la prévention/ gestion des
tensions que l’EMA suscite. En effet, l’implication des CT dans la gestion de l’EMA est
un véritable défi. La dynamique de transfert de certains blocs de compétences aux
collectivités territoriales en cours au Burkina Faso depuis 2009 pour la gestion des affaires
locales n’a pas concerné le secteur de l’extraction aurifère dont la gestion continue de
relever du pouvoir central. La Loi n°055-2004/AN du 21 Décembre 2004 portant Code
Général des Collectivités Territoriales (CGCT), stipule que les collectivités territoriales
disposent d'un domaine foncier propre, constitué par les parties du domaine foncier national
cédées à titre de propriété par l'État. L’article 89 de cette loi dispose que « La commune
urbaine et la commune rurale reçoivent les compétences suivantes : participation à la
protection et à la gestion des ressources en eaux souterraines, en eaux de surface et des
ressources halieutiques, assainissement, lutte contre l’insalubrité, les pollutions et les
nuisances diverses, participation à la conservation et à la gestion de ressources naturelles
renouvelables d’intérêt régional ou national, participation à la protection et à la gestion des
ressources fauniques des forêts classées, protection et gestion des ressources fauniques des
forêts protégées, avis sur l’installation des établissements insalubres, dangereux et
incommodes

de

première

et

deuxième

classes

conformément

au

code

de

l’environnement ».

4

�La faiblesse des prérogatives accordées aux CT dans l’encadrement du secteur de l’EMA
et la faible déconcentration des structures qui détiennent ces prérogatives éloignent les
centres de décision des sites. Les CT sont seulement consultés pour donner des avis sur les
demandes d’Autorisation d’Exploitation Artisanale (AEA) et sont faiblement impliquées
dans la gestion de ce secteur. Néanmoins, le CGCT offre la possibilité aux CT d’élaborer
des documents pouvant contribuer à une gestion apaisée et transparente des ressources sur
leur territoire (ressources naturelles, ressources minières…).
Aussi, le manque d’inclusion de plusieurs acteurs locaux impliqués dans le secteur de
l’EMA (orpailleurs, chefferies traditionnelles, autorités locales, etc.) provoque aussi un
décalage entre les efforts centralisés de l’État et les réalités politiques, sociales et
économiques des zones d’exploitation artisanale. C’est pourquoi, il est essentiel que ce
secteur soit organisé en vue de le rendre « responsable ». D’où la question de recherche :
Quels sont leseffets de la gouvernance sur l’EMA ?
Cette question centrale appelle trois interrogations spécifiques à savoir :
•

Quelles sont les forces et faiblesses de l’EMA au Burkina ?

•

Quels sont les facteurs explicatifs de l’échec de l’encadrement de l’EMA ?

•

Quelles sont les mesures à prendre pour une EMA responsable ?

Pour répondre à ces interrogations, il sied en termes d’objectif global d’analyser l’effet de
la gouvernance sur l’EMA et de façon spécifique, il s’agit de :
•

Examiner les forces et faiblesses de l’EMA au Burkina Faso ;

•

Identifier les facteurs explicatifs de l’échec des tentatives d’encadrement de l’EMA
au Burkina ;

•

Proposer des mesures à prendre pour une EMA responsable

En réponse aux questions de recherche, il a été formulé trois hypothèses secondaires.
Les trois (3) hypothèses secondaires qui en découlent sont les suivantes :
•

Le manque d’inclusion et la non prise en compte des intérêts spécifiques de
plusieurs acteurs locaux impliqués dans le secteur de l’EMA (orpailleurs, chefferies
traditionnelles, autorités locales, etc.), l’informalité, les impacts environnementaux
et sanitaites etc, constituent les faiblesses de l’EMA au Burkina Faso ;
5

�•

L’insuffisance de solutions innovantes aux problèmes causés par l’EMA,
expliquent l’échec des tentatives d’encadrement de l’EMA au Burkina Faso

•

L’amélioration des textes réglementaires en faveur de l’EMA faciliterait son
encadrement.

Ce travail permettra de contribuer aux débats scientifiques sur la problématique de la
gouvernance des ressources minières d’exploitation artisanale au Burkina Faso. Ce
mémoire est structuré en trois chapitres principaux. Le premier chapitre, consacré au cadre
conceptuel et théorique, présente les concepts clés et les théories fondamentales qui soustendent l'exploitation minière artisanale et sa gouvernance, fournissant ainsi une base
analytique pour l'étude. Le deuxième chapitre, dédié à la présentation de l’EMA au Burkina
Faso et à la méthodologie, décrit le contexte géographique de la recherche et détaille les
méthodes employées pour la collecte et l'analyse des données. Le troisième chapitre, enfin,
se concentre sur la présentation des résultats, leur analyse approfondie et la discussion en
lien avec les objectifs de recherche, ainsi que sur des recommandations pratiques
formulées.

6

�CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LITTERATURE
Le présent chapitre sera axé sur la présentation d’un cadre d’analyse des résultats et la
revue de la littérature qui nous permettra d’examiner les auteurs qui se sont déjà intéressés
à notre thématique ou à des thématiques similaires aux fins de voir les différents angles
d’analyses adoptées par ces derniers, les limites observées.
I.CADRE CONCEPTUEL

Le cadre conceptuel fait référence à la clarification des concepts et au cadre théorique
d’analyse des résultats. Afin de lever toute équivoque dans l’interprétation des concepts
utilisés, il s’avère nécessaire de les définir. C'est pourquoi, Durkheim (1986) suggère que
« la première démarche du sociologue doit donc être de définir les choses dont il traite, afin
que l'on sache et qu'il sache bien de quoi il est question ». Vu la pertinence de cette
démarche, les concepts comme Exploitation Minière Artisanale et Exploitation
Responsable de l’or ont été clarifiés y compris le concept de Gouvernance.

I.1

Exploitation minière artisanale (EMA)

L’EMA un terme qui suscite beaucoup de polémiques et d'amalgames du fait de la diversité
des éléments utilisés pour la caractériser. Il revêt ainsi plusieurs définitions selon le
contexte. Il est généralement défini en fonction du nombre d’exploitants, de la capacité de
production, du niveau de mécanisation, du montant des investissements en capital, de la
taille du gisement ou encore bien que de manière plus controversée de la qualité du minerai
extrait (Organisation Internationale du Travail, 1999 ; World Gold Council, 2017).
Tenant compte des réalités du secteur minier burkinabè, au terme de l’article 1er de la loi
N°016-2024/ ALT portant code minier au Burkina Faso, il ressort que : l’exploitation
artisanale de substances de mine est définie comme « l’ensemble des opérations qui
consistent à extraire et concentrer des substances minérales classées en substances de mine
et en récupérer les produits marchands en utilisant des méthodes et procédés manuels et
traditionnels. Toutefois, l’usage d’un minimum de mécanisation (concasseur, broyeur,
concentrateur gravimétrique) et d’énergie électrique est autorisé. Elle n’est pas fondée sur
la mise en évidence préalable d’un gîte ou d’un gisement. »
On distingue deux types d’exploitation dans le domaine de l’artisanat minier : (i)
L’exploitation artisanale dite traditionnelle, qui consiste à extraire et concentrer des
7

�substances minérales et à en récupérer les produits marchands pour en disposer en utilisant
des méthodes et procédés traditionnels et manuels. Elle n’utilise pas d’équipements, ni
d’énergie mécanique et n’est pas fondée sur la mise en évidence d’un gîte ou d’un gisement.
(ii) L’exploitation semi-mécanisée est défini comme toute opération qui consiste à extraire
et concentrer des substances minérales et à en récupérer les produits marchands pour en
disposer en utilisant quelques moyens mécaniques dans la chaîne des opérations.
Dans le cadre de cette étude, nous utiliserons tantôt le concept de l’EMA ou de l’orpaillage
qui renvoient au même contenu. L’EMA regroupe toute forme d’exploitation différente de
l’exploitation industrielle1 et la petite mine2 telles que définies dans le code minier de 2024.
I.2

Exploitation Responsable

Plusieurs termes sont utilisés dans la littérature avec la même perspective. On retrouve des
expressions comme « or propre », « or durable », « or responsable ». Pour Goodland
(2012), le concept de « mine responsable » est basé sur le fait que la mine doit être conçue
pour apporter sur le long-terme un bénéfice net optimal aux populations du pays-hôte avec
un impact social et environnemental minimum.
In (ASIA BRIEF Mars 2013), l’exploitation minière artisanale durable permet de
transformer les ressources minérales en moyen de subsistance pour les populations pauvres
et les générations futures, sans pour autant avoir des conséquences néfastes sur
l’environnement. Ils ajoutent qu’il n’existe pas de définition « officielle » du concept de «
mine responsable ». On peut toutefois considérer que la mine responsable est un ensemble
complet d’activités dans le secteur des minéraux, respectant les droits de toutes les partiesprenantes y compris les communautés locales ; respectueuses de l’environnement ; n’ayant
pas d’effets négatifs sur la santé humaine ; fondées sur les meilleures expériences
internationales ; respectueuses des règles de droit ; et qui contribuent durablement au
bénéfice du pays (Chevrel et al., 2017). Les principes d’une mine responsable comprennent
entre autres, l’assurance d’un engagement de toutes les parties-prenantes, la transparence
et l’ouverture, le soutient à la loi et sa mise en vigueur, la responsabilité de la sécurité des

1

L’exploitation industrielle est définie comme « l’ensemble des opérations qui consistent à extraire et concentrer des
substances minérales et à en récupérer les produits marchants pour en disposer en utilisant des méthodes et procédés
modernes et mécanisées. Elle est fondée sur la mise en évidence d’un gisement ».
2 Exploitation minière de petite taille, fondée sur la justification de l’existence d’un gisement, utilisant selon les règles de
l’art, des procédés semi-industriels ou industriels et dont la production annuelle en régime de croisière n’excède pas un
certain tonnage du produit commercialisable tels que le minerai, le concentré ou le métal

8

�populations et de l’environnement, l’investissement dans le développement futur,
l’assurance d’une productivité fructueuse et efficiente, l’humanité et l’éthique et basés sur
une technologie moderne et avancée.
Pour cette présente recherche, l’exploitation responsable de l’or est une exploitation
réalisée dans le respect de l’environnement, des droits humains et du bien-être des
travailleurs (surtout les femmes et les enfants), qui promeut et utilise des méthodes de
traitements alternatifs à l’utilisation de produits chimiques prohibés (mercure et cyanure)
et offre des retombées pour les localités dans lesquelles elle s’exerce.
I.3

Gouvernance

Le concept de gouvernance s’applique à tous les niveaux d’organisation : privé et public,
local, régional, national, international, mondial. C’est dans ce cadre que la Commission
pour la gouvernance mondiale a défini le concept comme étant « l’ensemble de différents
processus et méthodes à travers lesquels les individus et les institutions publiques et privées
gèrent leurs affaires communes » Milani (1999). Il n’existe pas de modèle unique de
gouvernance qui conviendrait à tous ou à tous les contextes, mais néanmoins les principes
de gouvernance ont une portée universelle. Toutefois, le National Democratic Institute
(2010), stipule que la gouvernance repose sur quatre principes essentiels qui sont : la
responsabilité de tous les acteurs, la transparence dans toutes les actions de développement,
les règles de droit applicables à tous les citoyens et la participation de tous les acteurs.
Pour Isabelle Lacroix et Pier-Olivier St-Arnaud (2012), « La gouvernance est l’ensemble
des règles et des processus collectifs, formalisés ou non, par lequel les acteurs concernés
participent à la décision et à la mise en œuvre des actions publiques. Ces règles et ces
processus, comme les décisions qui en découlent, sont le résultat d’une négociation
constante entre les multiples acteurs impliqués. Cette négociation, en plus d’orienter les
décisions et les actions, facilite le partage de la responsabilité entre l’ensemble des acteurs
impliqués, possédant chacun une certaine forme de pouvoir ». La bonne gouvernance peut
être définie comme le système de valeurs, de politiques, d'institutions grâce auquel une
société organise la prise de décision collective et les actions reliées aux affaires politiques,
économiques, socioculturelles et environnementales à travers l'interaction de l'État, de la
société civile et du secteur privé.

9

�Pour Lacroix et St-Arnaud (2012), l’Organisation des Nations Unies (ONU), par le biais
du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) offre elle aussi une
définition de la gouvernance en anglais, « governance can be seen as the exercise of
economic, political and administrative authority to manage a country's affairs at all levels.
It comprises the mechanisms, processes and institutions through which citizens and groups
articulate their interests, exercise their legal rights, meet their obligations and mediate
their differences». Cette définition traduite en français stipule que « La gouvernance peut
être considérée comme l'exercice de l'autorité économique, politique et administrative
pour gérer les affaires d'un pays à tous les niveaux. Elle comprend les mécanismes, les
processus et les institutions par lesquels les citoyens et les groupes expriment leurs intérêts,
exercent leurs droits légaux, remplissent leurs obligations et règlent leurs différends ».
Dans le cadre de cette étude, la gouvernance est comprise comme l'ensemble des
dispositions et des actions visant à protéger et à améliorer la gestion des ressources minières
aurifères au Burkina Faso par les autorités nationales et locales, en vue d’une gestion
responsable.
II.

REVUE DE LITTERATURE SUR LE LIEN ENTRE LA GOUVERNANCE
ET L’EMA

La problématique de l’exploitation artisanale responsable de l’or a été abordée par plusieurs
auteurs cités par Ouedraogo (2019) qui ont abordé le problème sous l’angle de l’impact sur
l’environnement à travers les problèmes causés par cette activité à savoir : la pollution de
l’air et des cours d’eau, la contribution au réchauffement climatique et les nuisances
sonores. Il faut avouer que beaucoup d’études sont publiées dans le monde sur les impacts
environnementaux et sanitaires de l’utilisation des substances chimiques (mercure et
cyanure) au niveau de l’exploitation minière artisanale (Azapagic, 2004 ; Banchirigah,
2006 ; Kitula, 2006 ; Garvin et al., 2009 ; Aragon and Rud, 2012 ; Arnaldi di Balme and
Lanzano, 2014). Par contre en Afrique de l’Ouest, il n’existe que peu de données,
spécifiquement sur ce thème de l’exploitation responsable de l’Or et la gouvernance.
Toutefois, nous avons pu passer en revue les quelques ouvrages, articles sur le sujet.
Un peu partout en Afrique noire, la gouvernance de l’orpaillage artisanal se caractérise par
des pratiques informelles (Konan, 2022 ; Choquet, 2018). L’importance que revêt ce
secteur dans les économies locales et nationales des pays pauvres, limite toute tentative
10

�tendant à l’endiguer (Medinilla et al., 2020). Bien qu’étant perçue comme illégalité,
l'exploitation minière artisanale ne se fait pas dans un espace vide de gouvernance
(Sangaré et al., 2016). L’orpaillage échappe au contrôle de la législation formelle, poussant
les acteurs à définir des modes de régulation adaptés à la réalité des communautés vivant
autour des sites miniers (Arnaldi di Balme et Lanzano, 2013). Cette adaptation est
aujourd’hui au cœur de la gouvernance de proximité (Gilly et al., 2004) qui,
malheureusement, reste confrontée aux nombreux défis relatifs à sa contribution au
développement local et à la protection des écosystèmes. Par ailleurs, le fait que l’orpaillage
artisanal informel est principalement orienté vers la rentabilité à court terme de quelques
individus rend cette activité dangereuse et précaire au détriment de la durabilité sociale et
environnementale (Kyale et al., 2021 ; Sangaré et al., 2016).

Selon le Secrétariat

international de l’ITIE (2022), une gouvernance transparente et responsable des minéraux
critiques peut contribuer à garantir que les investissements miniers profitent aux citoyens
et à atténuer les impacts environnementaux et socio-économiques. Aussi, la transparence
et le dialogue multipartite peuvent mettre en avant les défis de gouvernance, aider à
identifier des solutions et fournir une plateforme d’action collective dans le secteur des
minéraux critiques.
Selon Ouédraogo (2019), étant donné l’importance de la main d’œuvre qui dépend de
l’orpaillage artisanal, de nombreux auteurs se sont lancés dans la documentation de
plusieurs thématiques liées à cette question. Ces thématiques peuvent être regroupées en
deux catégories. D’une part, les travaux qui décrivent les impacts négatifs liés à ce secteur.
Ceux-ci englobent les effets environnementaux, les effets sociaux, les conflits existant
entre les orpailleurs et les compagnies minières, les conflits entre les communautés locales
et les compagnies minières et les communautés locales et les orpailleurs. D’autre part, les
travaux qui expliquent les impacts positifs tels que la création d’emplois sur les sites
miniers et l’amélioration des conditions de vie des ménages. Au-delà de ces impacts, des
questions diverses telles que la question du genre dans l’extraction artisanale, la durabilité,
les relations entre les différents acteurs (orpailleurs, compagnies minières, communautés
locales et agriculteurs), la responsabilité sociale des compagnies minières et le lien entre
agriculture et extraction artisanale sont abordées.
En effet, Yaro (2013) mentionne que de nombreuses études montrent que l’exploitation
minière à un impact sur l’environnement. Le mercure et le cyanure sont deux produits

11

�chimiques extrêmement dangereux qui ont fait leur apparition sur les sites miniers
artisanaux en Afrique de l’Ouest, particulièrement au Burkina Faso, au Sénégal, au Mali,
ou en Mauritanie. Ces produits constituent non seulement un danger pour les humains, mais
également une source de pollution des cours d’eau, de la faune et de la flore aquatique et
de l’environnement.
Pour Zongo (2020), le caractère volatile du mercure, du cyanure et des acides nitrique et
sulfurique, le manque de maîtrise des réactions chimiques et l’abandon des bacs de
cyanuration sont des facteurs qui amplifient la pollution des eaux, des sols et de l’air soit
par infiltration, ruissellement ou par évaporation. Or le décret

N° 2007-

853/PRES/PM/MCE/MECV/MATD du 26 décembre 2007 portant dispositions
réglementaires environnementales particulières pour l’exercice de l’activité minière au
Burkina Faso détermine les conditions relatives à la protection de l’environnement en
matière de prospection, de recherche et d’exploitation de substances minières. Ce décret
établit que les activités et installations régies par le code minier doivent être conduites dans
le respect de la protection et de la préservation de l’environnement. En ce qui concerne
l’exploitation artisanale de l’or, aucune étude ou notice d’impact environnemental n’est
exigée. Ce manque d’exigence dans l’extraction minière artisanale peut être la cause réelle
de ce manque d’inattention des orpailleurs vis-à-vis de l’environnement. Parmi les risques
pour la santé, l’utilisation généralisée du mercure est la plus connue et la plus redoutée.
Cependant, il existe plusieurs autres problèmes bien méconnus, voire même négligés, tels
que la prévalence de maladies infectieuses et transmissibles, comme le VIH/SIDA, les
fléaux sociaux, la perturbation de la cohésion familiale, la déperdition scolaire, le
banditisme, la prostitution, la criminalité. Aujourd’hui avec les défis d’ordre sécuritaire,
social, environnemental, sanitaire et culturel que posent les activités de l’EMA, il devient
urgent de mettre en place des stratégies adaptées pour prendre en compte ces défis afin de
promouvoir des exploitations responsables. Avec la ratification et l’entrée en vigueur de
la Convention de Minamata, il devient une obligation pour les États de mettre en place des
stratégies de formalisation des EMAPE dans le but de réduire l’utilisation du mercure à
court-terme et de déclarer son interdiction à long terme.
D’un autre point de vue, les travaux de Hien (2019), ont permis de savoir que le secteur
minier constitue depuis ces dernières décennies une composante essentielle dans le
développement économique du Burkina Faso, cela se justifie par le passage de l’or à la

12

�première place des produits d’exportation depuis 2009. L’exploitation minière artisanale
est une source de subsistance directe ou indirecte pour au moins 20% de la population,
Bazillier et Girard (2018) cités dans ECDPM (2020). Il crée de l’emploi (direct, p.ex.
creuseurs, concasseurs etc. ; indirect p.ex. transport etc. ; et induit p.ex. restauration,
coiffure etc.), donne des revenus et stimule l'économie locale. Elle constitue une
opportunité de développement importante qui peut contribuer à améliorer les conditions de
vie et de développement des populations dans les pays miniers d’Afrique de l’Ouest. Bien
qu’il existe de nombreux problèmes sociaux et environnementaux reliés au secteur, il existe
aussi une opportunité réelle de transformer la richesse minérale en développement durable
local, à travers l’application et la mise en œuvre de certaines mesures conservatoires et de
bonnes pratiques qui permettront de minimiser les facteurs de risques, en ce qui concerne
l’hygiène, la santé, la sécurité, la préservation de l’environnement et de bonifier les impacts
socio-économiques positifs attendus.
Zongo (2020), mentionne que de nos jours, le constat sur l’exploitation artisanale de l’or
dans les douze régions du Burkina Faso montre clairement que le bilan de cette activité
n’est pas aussi mauvais que les discours qui l’entourent. Mettre en place une structure
étatique pour la réguler correctement serait une occasion pour booster l’activité, mais
mettre en place un arsenal de mesure pour combattre l’activité d’orpaillage au profit de la
mine industrielle serait contre-productif au Burkina Faso. Même si le secteur minier ne
représente pas le seul poumon de l’économie Burkinabé, la formalisation de l’orpaillage
est une opportunité de taille pour les zones de production. C’est dans ce cadre que Campbell
(2007) estime qu’avec la valorisation des matières premières exploitées, la création de liens
d’entraînements avec les autres secteurs de l’économie peut créer une dynamique de
développement importante.
Au cours des dernières années, une multitude d’initiatives internationales ont été lancées
pour réduire les problèmes sociaux et écologiques ainsi que les violations des droits de
l’homme dans le secteur des matières premières comme le devoir de due diligence, promu
par l’OCDE. Elle propose une définition qui se base sur les "principes directeurs des
Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme", adoptés par l'ONU en
2011, et eux-mêmes rédigés à partir de trois grands piliers que sont l'obligation incombant
à l'État de protéger les droits humains, l'accès par les individus à des mesures de réparation
par des mécanismes judiciaires et non judiciaires et la responsabilité incombant aux

13

�entreprises de respecter les droits humains.Ainsi, le respect des lois nationales et des droits
de l’homme dans tous les processus d’affaires doit être garanti.
En matière de durabilité, il nous apparait important de poser les fondements théoriques de
l’économie des ressources naturelles. Une autre contribution majeure demeure celle de
Hotelling qui développe une théorie sur l’épuisement des ressources naturelles non
renouvelables, Hotelling (1931).
Pour (Impact, 2018), dans de nombreux pays en développement, la capacité des
gouvernements de réglementer le secteur minier artisanal est très restreinte. Un grand
nombre d’exploitantes et d’exploitants miniers artisanaux fonctionnent encore de manière
informelle, faute de cadre juridique ou réglementaire. Ils poursuivent en mentionnant que
plusieurs pays ont mis en place des politiques pour essayer de légaliser et de formaliser
l’activité minière artisanale, mais les résultats sont mitigés.
Pour ECDPM, l’approche du gouvernement vise à transformer le secteur dans son
ensemble, de la formalisation des sites d’extraction minière artisanale à la
commercialisation et à l’exportation de l’or extrait de manière artisanale. D'autres
initiatives ciblent une partie de la chaîne de valeur de l'or artisanal, mais la plupart visent
au moins un des quatre objectifs suivants : (1) la formalisation des opérations artisanales ;
(2) la promotion de nouvelles technologies, moins nuisibles pour l’environnement ; (3)
l’appui à une meilleure gouvernance du secteur artisanal ; et (4) une réorientation de la
commercialisation de l’or artisanal tenant compte des défis fiscaux et sécuritaires du pays.
Selon Zongo (2019), l’émergence vers la fin du XXe siècle des concepts de développement
durable et de responsabilité sociétale a étendu le champ des contraintes liées à
l’approvisionnement en matières premières. Il en résulte une prise de conscience que les
populations locales doivent participer au processus de décisions sur toute activité ayant un
impact potentiel sur la structure sociale, la santé et l’économie et que l’équité
intergénérationnelle doit être prise en compte en matière de production des matières
premières minérales.
La gouvernance locale joue un rôle essentiel dans la capacité de l'EMA à contribuer au
développement durable. Côte (2013) met en évidence l'insuffisance des cadres juridiques
et institutionnels pour réguler le secteur et attire l’attention sur la complexité de la
gouvernance des ressources minérales, situant l’EMA aux marges de l’État, où l’accès à la
14

�richesse minérale est constamment négocié entre un large éventail d’acteurs, y compris les
officiels du gouvernement (local), les mineurs à petite échelle, les communautés d’accueil,
et dans certains cas même les acteurs armés.
Des initiatives ont été menées dans ce sens par le gouvernement Burkinabé en 1986 à
travers la création du comptoir Burkinabé des métaux précieux puis liquidé en 2006 et la
réapparition d’une structure du nom de l’ANEEMAS en 2015. Aujourd’hui, on assiste à la
mutation de l’ANEEMAS en SONASP qui se charge principalement de la
commercialisation, l’encadrement revenant à Direction de l’Encadrement des Mines
Artisanales et Semi-mécanisées. Une stratégie nationale d’encadrement des mines
artisanales est en cours d’élaboration.
En effet, la formalisation de la filière se rapporte à l’acte d’identifier, de répertorier,
d’encadrer et de conduire le secteur minier artisanal à se conformer aux normes
professionnelles d’exploitation et à se doter d’un cadre organisationnel formel et de
structures formelles légales. Ainsi, la formalisation permet le suivi de la filière par l’État
et son intégration appropriée dans l’économie formelle pour une meilleure protection des
droits de toutes les parties-prenantes au processus, y compris les artisans eux-mêmes. Par
ailleurs, selon Zongo (2019), les études réalisées dans beaucoup de pays miniers ouest
africains ont conclu que l’or produit par la filière artisanale manque de traçabilité et de
certification, rendant ainsi difficile la formalisation du secteur. Cette situation justifie et
explique la nécessité de faire évoluer le secteur minier artisanal vers les activités formelles,
selon les normes et formats requis dans les différents pays miniers en Afrique de l’Ouest.

La revue de littérature a montré qu’il existe très peu d’ouvrages abordant spécifiquement
la question des effets de la gouvernance sur l’EMA responsable au Burkina Faso. La revue
de littérature s’est poursuivie durant tout le travail afin de dénicher les nouveaux ouvrages
traitant de ladite thématique.

15

�Photo 1: Site minier artisanal de Dano

Conclusion
Le premier chapitre consacré au cadre conceptuel et à la revue de littérature nous a permis
de définir les concepts clés permettant d’harmoniser leur compréhension et de passer en
revue des ouvrages et articles en lien avec notre thème de recherche. Ce travail de bureau
a été complété par le travail de terrain dans la seconde partie de notre travail de recherche.
En effet, le chapitre II, aborde le cadre de l’étude ainsi que la méthodologie de recherche.

16

�CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE DE RECHERCHE
Le cadre de la recherche est présenté dans ce chapitre à travers un exposé succinct de la
pratique de l’artisanat minier au Burkina Faso ainsi que des textes qui l’encadrent. La
méthodologie de recherche quant à elle, est décomposée en recherche documentaire et en
recherches quantitative/qualitative à travers lesquelles la population à enquêter est
déterminée à partir d’un échantillonnage, les outils de collecte et la technique d’analyse
des données sont fixés.
I. LE CADRE DE L’ETUDE
Le cadre de la recherche est appréhendé à travers la situation actuelle du secteur de
l’exploitation artisanale de l’or au Burkina (cadres juridique et institutionnel) et les acteurs
à tous les maillons de la chaine. Ce cadre physique est abordé en lien avec la problématique
de recherche en mettant en relief notamment la gouvernance de l’EMA.
I.1 Cadre juridique
Le secteur minier artisanal tout comme le secteur minier dans sa globalité est régi par des
textes (engagements internationaux et régionaux et lois nationales). Sur le plan
international, certains engagements internationaux ont été adoptés et ratifiés dans le cadre
de la promotion de la bonne gouvernance dans le secteur des mines et carrières au Burkina
Faso. Il s’agit de : l’adhésion à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries
Extractives (ITIE) en 2008, la signature et ratification de la Convention de Minamata sur
le mercure (respectivement le 10 octobre 2013 et le 28 février 2017) et l’adhésion au Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) auquel le
Burkina Faso a adhéré le 04 janvier 1999.
Au niveau régional et sous-régional, on peut citer, la Vision Minière Africaine (VMA) de
l’Union Africaine ; la directive n°C/DIR3/05/09 du 27 mai 2009 de la CEDEAO sur
l’harmonisation des principes directeurs et des politiques dans le secteur minier et le
règlement n°18/2003/CM/UEMOA du 22 décembre 2003, portant adoption du Code minier
communautaire de l’UEMOA.
Au plan national, beaucoup de réformes sur le secteur minier en général sont en cours, mais
à ce stade, le sous-secteur de l’artisanat minier est principalement régi par deux lois :
17

�•

La Loi n°016-2024/ALT portant code minier du Burkina Faso. Elle est une fusion
de la Loi n° 036-2015/CNT du 26 juin 2015 portant code minier du Burkina Faso
et son modificatif, la Loi n°012-2023/ALT du 25 juillet 2023 et la Loi n°0282017/AN du 18 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l’or et
des autres substances précieuses.

•

La loi n°051-2017/AN du 23 novembre 2017, portant fixation du régime des
substances explosives à usage civil au Burkina Faso et ses textes d’application.

Ainsi, dans le nouveau code minier, une partie traite des aspects relatifs à l’encadrement
du secteur minier et une autre partie sur la commercialisation de l’or et des autres
substances minérales. Selon le gouvernement, la fusion des deux lois vise à disposer d’un
instrument juridique solide et actualisé pour mieux encadrer le secteur minier et générer
davantage de recettes au profit de l’État. Aussi, l’article 95 impose aux bénéficiaires, le
respect des normes de santé publique, de sécurité au travail et de protection
environnementale, ainsi que l’observation des règles relatives à la commercialisation des
produits miniers pour un développement socio-économique durable.
Au titre des autorisations, le code prévoit l’Autorisation d’Exploitation Artisanale (AEA)
des substances de mines pour les acteurs de ce sous-secteur. Cette autorisation est accordée
sous réserve de droits antérieurs aux sociétés coopératives à participation Burkinabé
majoritaire, intervenant dans le secteur minier. Elle est valable pour une période de deux
(02) ans et renouvelable par période de deux (02) ans dans les 6 mois de validité de l’AEA.
Le code minier de 2024 précise en son article 89 que, des zones dénommées « couloir
d’exploitation artisanale » sont réservées à l’exploitation artisanale de substances minérales
et sont fixés par un arrêté conjoint des ministres chargés des mines, de l’administration
territoriale et de l’environnement de concert avec les autorités des CT dont elles sont du
ressort. Les modalités de création et de gestion de ces zones sont précisées par voie
règlementaire. L’AEA confère des droits, mais aussi des obligations établies par la
règlementation.
À titre de droit par exemple, le code précise que les droits liés aux titres miniers sont
cessibles et transmissibles dans les conditions prévues par les textes en vigueur. L’AEA
donne le droit exclusif d'exploitation artisanale des substances minérales sur la superficie
concédée aux conditions qui y sont définies et jusqu'à une profondeur compatible avec la
18

�sécurité des travailleurs telle qu'établie par la réglementation. En termes d’obligation, le
détenteur d’une AEA est tenu de vendre la totalité de sa production à un comptoir établi
sur le territoire national ou à un organisme public d’achat et de vente d’or, en l’occurrence,
la SONASP.
Il est aussi prévu des cartes d’artisan minier. Elles étaient délivrées par l’ANEEMAS
devenue SONASP. Il en existe quatre (04) types :
-

La carte d’artisan minier « exploitant » qui est délivrée aux personnes physiques
qui désirent travailler à l’extraction, au traitement de minerai, au traitement des
rejets et à la vente de leur production.

-

La carte d’artisan minier « collecteur » qui est délivrée aux personnes physiques
qui désirent collecter l’or ou d’autres substances précieuses sur les sites artisanaux
au profit de la SONASP et des comptoirs agréés.

-

La carte d’artisan minier « intermédiaire » qui est délivrée à toute personne
physique désireuse de gérer un site sous contrôle de la SONASP. Elle permet à son
détenteur de conclure une convention de gestion assortie d’un cahier de charges en
vue de gérer un site.

-

La carte d’artisan minier « fournisseur de service » qui est délivrée aux personnes
physiques désireuses de fournir des services nécessaires à l’extraction, aux
traitements de minerai et de rejets. Elle permet à son détenteur d’accéder à toutes
les zones d’exploitation artisanale et d’offrir tout service inhérent aux activités
d’extraction, de concassage, de transformation de traitement de minerai.

I.2 Cadre institutionnel
Le cadre institutionnel de l’EMA comprend deux (02) types de structures : celles
spécifiques au secteur minier (directions centrales et structures rattachées) et celles
générales de l’Administration publique qui interviennent dans le domaine des mines.
Au titre des structures spécifiques, on peut citer :
•

Direction Générale des Mines et de la Géologie (DGMG) qui abrite la
Direction de l’Encadrement des Mines Artisanales et Semi-mécanisées
(DEMAS)

19

�Elle a pour attributions la conception, l'élaboration, la coordination et l'application de la
politique du ministère dans le domaine des mines et de la géologie. Dans le domaine de
l’exploitation minière artisanale, cette direction s’occupe du suivi des activités
d’exploitation.
•

Direction Générale du Cadastre Minier (DGCM)

Cette direction a pour attributions la conception, l'élaboration, la coordination et
l'application de la politique du ministère en matière de gestion des titres miniers et
autorisations. Dans le domaine spécifique de l’EMA, la DGCM reçoit et traite les
demandes d’octroi, de renouvellement, d’amodiation, de transmission et de renonciation
relatives aux AEA.
•

Brigade Nationale Anti-Fraude de l’or (BNAF)

Elle a pour missions la recherche, la constatation et la poursuite des infractions à la
réglementation relative à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses.
Au titre des structures rattachées, on note :
•

Société Nationale des Substances Précieuses (SONASP)

Elle a pour mission de commercialiser l’or et les autres substances précieuses, transformer
les substances précieuses, réaliser des opérations d’affinage d’or, mener des activités
d’exploitation de substances précieuses et des opérations de traitement de minerai et de
résidus miniers.
•

Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina (BUMIGEB)

Il participe aux missions de coulée, de pesée et de colisage. Il assure l’analyse des
échantillons et le contrôle qualité et quantité de l’or.
1.1. Les acteurs de la chaine de production de l’EMA
L’organisation de l’EMA met en interactions plusieurs groupes d’acteurs. Dans les sites,
les exploitants sont organisés dans l’exécution de leurs activités de sorte que sur toute la
chaîne, les acteurs qui interviennent perçoivent une part de la rente aurifère.

20

�Tableau 1 : Les acteurs et leurs rôles
Acteurs

Rôles

•
Responsables de sites qui est •
général le détenteur de l’AEA •
•
Propriétaires terriens

•

Négociation des accords avec les responsables des sites
lors de la cession des terres

•

•

Employés par les responsables de sites comme traceurs,
creuseurs, concasseurs, « caleurs» ou techniciens de
soutènement et des dynamiteurs ou « tempeurs ».
Vente de produits de traitement du minerai et
marchandises diverses
Location de matériel

•

Achat de l’or

Exploitants artisanaux
•
Fournisseurs de services
Collecteurs d’or

Détention de moyens financiers
Distribution de l’espace
Fixation les règles de partage du minerai
Fixation les règles de gestion du site

Organisations
corporatives
• Apaisement des tensions
(syndicats)
et
leaders
• Défense des intérêts des membres
d’opinion
• Autorisation ou interdiction de l’exploitation artisanale
Détenteurs de titres miniers
sur le périmètre de son titre
• Veille au respect du cahier de charges
• Achat d’or
Comptoirs
de
• Organisation des sites
commercialisation de l’or
• Détention de capitaux
• Émission des avis sur les demandes d’AEA
• Contribution à l’organisation des sites
Communes
• Sensibilisation des acteurs
• Perception des taxes
Services déconcentrés en • Préservation de l’environnement
charge de la protection de • Répression en cas d’utilisation des produits chimiques
l’environnement et de la
prohibés
sécurité publique
• Maintien de l’ordre public
• Perception d’une commission sur l’exploitation
Les détenteurs de titres
artisanale menée sur le périmètre du titre
miniers
• Autorisation de l’EMA sur leurs sites
Source : collecte de données, novembre 2024
I.3 Description de l’EMA au Burkina Faso
L’inventaire de la cartographie des sites miniers artisanaux sur le territoire national réalisé
par l’ANEEMAS en 2018 a mis en évidence neuf cent cinquante-six (956) sites dont cinq
cent quatre-vingt-dix (590) actifs et trois cent soixante-six (366) inactifs. Les sites
21

�artisanaux sont des lieux de rencontre de plusieurs milliers de personnes venues de divers
horizons. On y trouve des acteurs investis dans la recherche de l’or et d’autres dans des
activités diverses. La forme d’organisation couramment rencontrée sur les sites met en
présence 2 zones (celle de l’extraction, et la zone commerciale confondu à la zone de
traitement et d’habitation) contrairement aux nouveaux textes (décret d’application du code
minier de 2024) qui prévoient quatre (04) zones que sont :
-

La zone d’extraction du minerai qui tient compte de l’emplacement présumé du
filon. On y retrouve des fosses d’extraction souvent très rapprochée (-2 m) avec
des profondeurs pouvant aller à plus de100 m ;

-

La zone de résidence où on retrouve des habitations plutôt précaires ;

-

La zone commerciale où l’on peut se procurer des produits de première nécessité ;
y compris restauration. Ce regroupement fait partie des mesures de sécurité ;

-

La zone de traitement qui est subdivisée en plusieurs hangars appartenant aux
propriétaires de puits. Ces hangars servent pour le stockage, le concassage et le
traitement de son minerai. C’est aussi dans cette zone qu’une place est aménagée
pour l’achat/vente de l’or.

Pour l’extraction, les artisans miniers exploitent surtout les gites primaires formés de
filons depuis la surface du sol, par des puits et tranchés et en profondeur par des galeries.
On note aussi l’exploitation des alluvions et des éluvions qui se fait par grattage et
vannage.
L’exploitation sous-terraine avec des galeries, se fait suivant plusieurs opérations :
-

La dislocation du massif : elle consiste à séparer le minerai de la roche encaissante,
puis l’abattage du minerai recherché à l’aide d’explosifs selon la nature de la
roche ;

-

L’évacuation des stériles et du minerai : il s’agit de les faire sortir des puits par le
système de poulies à l’aide de sacs vides de 50 kg et de morceaux de bidons de 20
et 25l.

-

Le soutènement : c’est l’ensemble des moyens mis en place pour empêcher
l’obstruction ou les éboulements. Cela se fait essentiellement avec du bois et des
câbles.

22

�Le matériel et les outils d’exploitation sont essentiellement des pioches, pics, pelles, sacs
vides, morceaux de bidons, des cordes ; des compresseurs pour fournir de l’oxygène dans
le puits ou forer la roche à l’aide de marteau piqueur et de fleuret, des motopompes pour
faire l’exhaure de l’eau, des poulies pour faciliter la sortie des stériles et minerai. Il
convient de noter que sur presque tous les sites, les équipements de sécurité et de
protection tels que les casques, les bottes, ou chaussures de sécurité, les masques antipoussières n’existent pas.
Pour le traitement, il se faisait manuellement. Le minerai est extrait et transporté sous
des hangars où il est pilé au mortier, écrasé à la meule et lavé à la main. On note cependant
une certaine mécanisation sur certains sites aurifères avec l’utilisation des
concasseurs/broyeurs et des sluices.
La récupération de l’or se fait par amalgamation manuelle avec du mercure ou par l’acide
chlorhydrique.
Depuis quelques années, un nouveau procédé de traitement a été introduit sur les sites
aurifères. Il s’agit du traitement par le cyanure. C’est un procédé moins pénible et plus
rentable mais très polluant. Le taux de récupération est assez élevé de l’ordre de 90% à
95%. Le traitement du minerai par les produits chimiques constitue un réel danger non
seulement pour les orpailleurs mais aussi pour l’environnement.
La commercialisation de l’or se fait sur le site. Il est vendu à des collecteurs (acheteurs)
locaux qui le sèchent avec du gaz (type), le pèsent et l’achètent (au comptant ou à crédit)
après déduction des dépenses contractées entre eux. Les prix sont fixés en fonction du
cours mondial et de la qualité de l’or.

23

�Photo 2 : Broyage du minerai à Meguet

1.4. Présentation des zones d’études
Commune de Meguet
La commune de Méguet est située à 26 km au Nord de Zorgho, chef-lieu de la province du
Ganzourgou dont elle relève et à 112 km de Ziniaré, chef-lieu de la région du Plateau
Central. Elle est constituée de 22 villages administratifs et couvre une superficie de 402
km2. La population de la commune de Méguet était estimée à 52 253 habitants en 2018 et
caractérisée par une extrême jeunesse.

La commune de Méguet est située sur une

pénéplaine parsemée de collines et de bas-fonds. Ces collines sont en réalité des
affleurements de type latéritique qui forment plus ou moins une chaîne autour de la
commune. On rencontre dans le terroir communal trois types de sols. Ce sont les sols
gravillonnaires, argileux et sablonneux. Le climat de la commune est de type Nordsoudanien caractérisé par une longue saison sèche et une courte saison pluvieuse Selon le
fichier village des résultats du RGPH 2006 avec l’application du taux d’accroissement,
donne une population estimée à 52253 en 2018. Outre l’agriculture, l’élevage et le
commerce, la population pratique également l’apiculture et l’artisanat, mais à très faible
échelle. Ces activités sont principalement destinées à la consommation locale. On y
pratique également l’orpaillage sans autorisation. Tambipélsé est un site minier artisanal et
à petite échelle de la commune de Meguet, sur lequel travaillent des femmes et des hommes
à la recherche de meilleures conditions de vie. L’inventaire des puits donne un nombre
estimatif de cinquante (50) puits fonctionnels.
24

�Les activités sur le site minier ont baissé de rythme due aux activités agricoles et à
l’augmentation des coûts de production sur le site. Pendant les périodes de la fièvre de l’or
on peut dénombrer jusqu’à 3000 personnes sur le site. Actuellement le site compte environ
500 personnes dont les 1/5 sont des femmes. Il est difficile de les retrouver en même temps
sur le site. Nous avons compté environ quarante (40) hommes et une dizaine de femmes.
Commune de Dano
Dano est le chef-lieu de la province du Ioba, dans la région du Sud-Ouest du Burkina Faso.
Elle a une superficie de 669 Km2, compte 24 villages et une population de 46 557 habitants.
Elle est située à une distance de 280 km de Ouagadougou. Le relief de la commune est en
général accidenté. Il est fait d’une succession de collines et la topographie laisse apparaître
des ondulations où se dégage un groupe de collines d’une altitude moyenne de 534 m avec
des pentes et des plateaux de 300 m d’altitude.
Le climat est de type soudanien caractérisé par deux (2) saisons : une saison sèche qui dure
de six (6) à sept (7) mois (d’octobre ou novembre en avril ou mai) et une saison pluvieuse
courte.
Le secteur du travail et de l’emploi est dominé par le secteur informel. Les activités
agricoles, d’élevage, le commerce et l’exploitation artisanale de l’or sont les principales
occupations de la population. Autrefois marginal, l’orpaillage constitue aujourd’hui une
activité économique importante des populations de la commune de Dano. En effet, la
commune abrite un site d’exploitation artisanal dans la localité de Gnikpière, un village
situé à 8 km de Dano. Au moment de l’enquête (fin novembre 2024), le site comptait près
de 2624 artisans miniers dont 961 femmes. Parmi eux, 486 détenaient des cartes d’artisans
minier. Le projet « Planète Gold » a collaboré avec la Coopérative SCOOPS
ZEMSTAABA/AMG.

25

�II. LES APPROCHES METHODOLOGIQUES
L’approche méthodologique adoptée consiste en un ensemble de démarches et outils de
collecte et de traitement de données. Il s’agit essentiellement de la recherche documentaire
ainsi que des approches quantitative et qualitative à base d’un questionnaire d’entretiens
par Google formulaire. Une méthode d’analyse qualitative de contenu, associée à une
analyse descriptive, a été employée pour interpréter les données. Ces analyses ont été
complétées par des traitements réalisés sous Excel pour une meilleure structuration des
résultats.
II.1 Champ d’analyse
Ce mémoire, consacré à l’analyse des forces et faiblesses de l’EMA pour une EMA
responsable dans la commune de Meguet et Dano se structure autour de trois axes majeurs:
-

Analyse des forces et faiblesses de l’EMA :

L’analyse des forces et faiblesses permettra d’identifier le potentiel de l’EMA dans sa
contribution à la lutte contre la pauvreté (retombées économiques, population vivant des
retombées etc), mais aussi les difficultés rencontrées y compris les impacts
environnementaux et sanitaires.
-

Analyse des modes de gestion de l’EMA :

Elle consiste en une analyse des modes de gestion traditionnelles de l’EMA à Meguet et
Dano et des stratégies d’encadrement promues par l’Etat. Une analyse du cadre juridique
et institutionnel est nécessaire. Cette analyse vise à évaluer l’efficacité des stratégies
d’encadrement pour une EMA responsable.
-

Analyse des approches d’EMA responsables promues :

Cette partie apprécie les deux expériences de projets mis en œuvre à Meguet et Dano. Elle
analyse les approches développées, les outils/équipements installés, sonde la perception
des orpailleurs et acteurs étatiques. Les principaux défis seront analysés, et des
recommandations seront formulées pour renforcer l’adoption des pratiques responsables.

II.2 La population

26

�La population c’est l’ensemble des individus ou des objets ou des agents ou des groupes
susceptibles d’être concerné par l’enquête. C’est l’entité sur laquelle les informations
collectées par l’enquête doivent être présentées. En effet, dans le cadre de notre étude, nous
avons considéré trois principaux groupes afin de garantir une analyse globale et
multidimensionnelle.
Le premier groupe cible les structures responsables de l’encadrement et de la formalisation
du secteur minier artisanal aux niveaux central et local, incluant des entités telles que la
Direction Générale des Mines et de la Géologie (via sa Direction des Exploitations
Minières Artisanales et Semi-Mécanisées), la Direction Générale du Cadastre Minier, et la
Société Nationale des Substances Précieuses (SONASP), les délégations spéciales, les
forces de défense et de sécurité et les services de l’environnement. Ces institutions
apportent un appui technique et réglementaire crucial pour la formalisation et la gestion
des activités minières artisanales.
Le second groupe est composé des Partenaires Techniques et Financiers, des organisations
non gouvernementales (ONG), des organisations de la société civile (OSC), qui ont
développé des projets visant la « durabilité » dans l’EMA ou qui font du plaidoyer pour
une meilleure prise en compte de l’EMA.
Le troisième groupe est constitué des faîtières d’artisans miniers (l’Union Nationale des
Artisans Miniers du Burkina (UNAAMB), et le Syndicat National des Exploitants Miniers
Artisanaux du Burkina (SYNEMAB)), des responsables des sites miniers artisanaux, des
coopératives et associations locales.
II.2.1 L’échantillonnage
Pour notre présente recherche, nous avons opté pour un échantillonnage par choix raisonné
qui consiste à sélectionner les intervenants les plus enclins à donner des réponses aux
questions de recherche étudiées.
En ce qui concerne la taille de l’échantillon, la littérature suggère que la population
d’enquête devrait permettre d’atteindre le point de saturation, c’est-à-dire lorsqu’un
entretien supplémentaire n’ajoute aucune information supplémentaire aux données
recueillies ; sachant que dans la pratique ce point est atteint avec une taille d’échantillon
variant entre 21 et 26 individus (Luborsky and Rubinstein, 1995 ; Strauss and Corbin, 1998
; Saldana, 2011). En plus, les contraintes de temps ont été prises en compte.
27

�Pour le premier groupe portant sur les acteurs centraux et locaux, au moins un représentant
par structure (ministère des mines et carrières du Burkina Faso, le ministère en charge de
l’environnement, SONASP et le BUMIGEB) ont été interrogés.
Pour le second groupe, nous avons identifié des ONG qui ont mis en œuvre des projets
visant la durabilité des mines artisanales. Pour notre étude, nous en avons retenu deux, dont
les chargés de projets ont été interviewés :
•

L’Alliance pour une Mine Responsable (ARM), avec ses projets « Appui à la
création d’un orpaillage responsable et légal au Burkina Faso » 2019-2021
financé par l’UE et « SANU KURA » 2019-2021

•

Artisanal Gold Council avec son Projet « Planet Gold » 2019-2023)

•

Le Projet d’Appui au Renforcement de la Gestion du Foncier et des Mines
(PARGFM) 2021-2026 financé par le Banque Mondiale et mis en œuvre par une
Unité de gestion de projet.

•

Le projet « Or propre » financé par la Coopération suisse et mis en œuvre par
Eau vive et ARM

Pour le troisième groupe, nous avons retenu les communes d’intervention des deux projets
« planet Gold » et « Or Propre » qui sont respectivement Dano et Méguet. Les entretiens
ont été réalisés avec les responsables des coopératives et faitières travaillant sur ces sites
et qui ont été impliqués dans les projets et des représentants de chaque maillon de la filière
(creuseur, broyeur, acheteur, propriétaire de trou). Aussi les autorité locales (président de
délégation spéciale, agent de l’environnement, force de défense et de Sécurité) ont été
interviewés. Il convient de mentionner que l’enquête quantitative a concernée 69 artisans
miniers sur les deux sites. Ce choix aléatoire de l’échantillonnage se justifie par le fait que
personne ne connait avec exactitude le nombre des orpailleurs dans les zones concernées
par l’étude.

Aussi, la mobilité des orpailleurs ne nous permet pas d’envisager un

échantillonnage probabiliste.
II.2.2 Les outils de collecte
Les outils de collecte utilisés dans le cadre de cette recherche ont été pour la plupart, un
guide d’entretien et le questionnaire. Ces outils ont été conçus pour chaque catégorie
d’enquêtés selon la technique de collecte utilisée et sur la base des rapports et documents
consultés. Les outils de collecte de données ont été adaptés aux questions d’évaluation
28

�globales. Ceux-ci incluent la pertinence, l’efficacité, l’efficience, l’impact et la durabilité
et surtout la question de réplicabilité et de mise à l’échelle du projet.
II.2.3 Les entretiens
Les responsables des projets ciblés ont mis à notre disposition une importante
documentation comprenant les documents de projet et les rapports techniques de suivi
évaluation. Cette documentation riche et variée nous a permis d’avoir suffisamment
d’informations pour une bonne exécution de cette recherche. En plus de la documentation,
des séries d’entretiens ont été réalisées auprès des partenaires pour compléter les
informations contenues dans la documentation. Il convient de mentionner que des focus
group ont été organisés avec les artisans miniers directement impliqués dans les projets.
II.3 La méthode de collecte et technique d’analyse des données
II.3.1

La méthode de collecte et de traitement des données

La méthode de collecte des données adoptée dans ce mémoire repose sur une combinaison
de techniques modernes et traditionnelles. La plateforme google forms a permis de générer
un questionnaire en ligne permettant ainsi de faciliter le processus de collecte auprès des
acteurs ayant accès au numérique. Cela réduit aussi le cout et permet un gain en temps.
WhatsApp a aussi été utilisé. Aussi, des enquêtes de terrain ont été conduites sur les sites
miniers ainsi qu’auprès des acteurs locaux impliqués dans la gestion de l’EMA.
II.3.2 L’aperçu du modèle d’analyse
En ce qui concerne les techniques d’analyse des données, une approche différenciée a été
adoptée pour les données quantitatives et qualitatives. Les données quantitatives, issues des
questionnaires administrés, ont été exportées sous forme de fichier Excel à partir de google
forms. Elles ont ensuite été analysées à l’aide d’outils statistiques, permettant de produire
des graphiques, des tableaux et d’identifier des tendances significatives. Pour les données
qualitatives, les informations recueillies à travers les entretiens et les focus groups ont été
retranscrites. Le traitement des informations s’est basé essentiellement sur l’analyse du
contenu thématique des témoignages recueillis. Ce processus a permis de regrouper les
réponses en fonction des grandes thématiques de recherche. C’est sous ces différentes
catégories qu’ont été ensuite rangés les contenus des différentes expressions enquêtés, sous
forme d’unité d’information correspondant à des mots, des phrases ou des idées générales

29

�issus des discours transcrits qui sont présentés comme résultats de notre travail en lien avec
les objectifs du mémoire.

Le second chapitre consacré au cadre de l’étude et méthodologique de recherche nous a
permis de circonscrire notre travail de recherche à savoir définir le cadre juridique et
institutionnel de l’EMA, les zones d’étude. Également, les aspects liés à la méthode de
collecte et d’analyse des données de terrain ont été abordés. Ce travail de bureau sera
complété par le travail de terrain dans la seconde partie de notre travail de recherche.
Le troisième chapitre mettra l’accent sur la présentation des résultats et discussions.

30

�CHAPITRE III : PRESENTATION DES RESULTATS ET ANALYSES
Ce chapitre présente les résultats issus de l’analyse des données collectées, mettant en
lumière la gouvernance de l’EMA au Burkina Faso. L’analyse des résultats repose sur les
outils méthodologiques définis précédemment, avec un focus particulier sur les forces et
faiblesses de l’EMA et les mesures à prendre pour une EMA responsable au Burkina Faso.
La première partie expose les principaux résultats, illustrés par des graphiques et tableaux
pour une compréhension claire. La seconde partie offre une interprétation approfondie, en
identifiant les forces, faiblesses, opportunités et menaces pour une exploitation minière
artisanale responsable. Enfin, le chapitre propose des recommandations concrètes pour une
EMA responsable au Burkina Faso et une bonne gouvernance.
I. LA PRESENTATION DES DONNEES RECUEILLIES ET ANALYSES
I.1 La perception de l’EMA telle que pratiquée au Burkina Faso
Les données collectées mettent à nu la problématique de l’exploitation artisanale de l’or
dans ces deux communes du Burkina Faso. Concernant l’ancienneté, il ressort que la
majorité à plus de 20 ans d’ancienneté sur les deux sites d’étude.
I.1.1 Répartition des enquêtés selon leur ancienneté dans l’EMA
Figure 1: Ancienneté des artisans miniers enquêtés dans les deux sites de Dano et de
Méguet
Ancienneté dans l'orpaillage
70,00%
60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%

0,00%
depuis plus de 20 ans

entre 15 à 20 ans

moins de 15 ans

Source : données d’enquête terrain, novembre 2024

31

�La figure n° 1 montre que des 69 creuseurs d’or rencontrés, 66,18% pratiquent l’extraction
artisanale de l’or depuis plus de 20 ans, 22,47% entre 15 et 20 ans et 7,35% moins de 15
ans. L’exploitation artisanale est perçue comme une activité génératrice de revenus par les
artisans miniers et certains d’entre eux (59,42%) la considèrent comme une bonne pratique
comme l’indique la figure n°2. Ce qui pourrait expliquer l’engagement de nombreuses
personnes dans l’activité malgré les risques.
I.1.2. Répartition des enquêtés selon leur appréciation des pratiques de l’EMA
Figure 2 : Appréciation des pratiques dans l'activité minière artisanale

Appréciation des différentes pratiques de l’orpaillage dans les
sites miniers artisanaux
20,01
8,07
59,42

12,5

bien

mauvais

ne peux pas apprécier

autre

Source : données d’enquête terrain, novembre 2024
La majorité des acteurs interviewés reconnaissent que l’EMA est l’un des premiers moteurs
du développement de notre pays avec des millions de personnes qui y bénéficient. Elle
participe à la résilience des populations et à la réduction du chômage des jeunes, cependant,
elle est caractérisée par son informalité de laquelle découle plusieurs autres problèmes. Les
données collectées révèlent en outre que les artisans miniers continuent d’utiliser des
produits chimiques dans le traitement du minerai en vue de l’extraction de l’or.
Un élu local de Méguet rencontré relève que « la circulation des produits chimiques est
interdite par la loi, mais ils sont toujours utilisés de façon frauduleuse par les artisans
miniers de la province du Ganzourgou ». En effet, les creuseurs ayant participé à l’étude
reconnaissent qu’ils utilisent les produits chimiques dans le traitement du minerai.

32

�I.1.3. Répartition des types de produits chimiques utilisés par les artisans miniers
dans le traitement du minerai
Figure 3 : Répartition des types de produits chimiques utilisés par les artisans miniers
dans le traitement du minerai

Répartition des produits que les orpailleurs continuent d'utiliser
dans le traitement de l'or

38%

56%

34%

Mercure

cyanure

autres

Source : données d’enquête terrain, novembre 2024
Selon l’étude réalisée sur le sujet par le SP/CONEDD (2013), l’économie burkinabè perd
chaque année 15,1 milliards de dollars (soit 19,2% du PIB) du fait de l’utilisation des
produits chimiques dans le secteur minier. Les coûts les plus importants relèvent de la santé
humaine et atteignent respectivement 2,1% (production de coton) et 13,6% (extraction de
l’or) du PIB et des dommages causés au capital naturel, notamment le sol et l’eau (6,1%
du PIB).
I.2. L’appréciation du cadre légal régissant l’EMA au Burkina Faso
L’exploitation minière au Burkina Faso, est encadrée par le Code minier et ses textes
d'application en cours d’élaboration/adoption. Le dernier en date a été a été adopté le 18
juillet 2024 par l’Assemblée législative de transition (ALT). Il s’agit de la Loi n°0162024/ALT portant code minier du Burkina Faso. Ce code établit les principes
fondamentaux régissant l'exploitation minière artisanale de substances de mines. Il
distingue deux types de titres miniers et autorisations : l'Autorisation d'Exploitation
Artisanale (AEA), destinée aux coopératives et aux particuliers burkinabè, et le Permis
d'Exploitation Semi-Mécanisée (PESM), réservé aux sociétés de droit burkinabè. Bien que
ces deux titres et autorisations soient distincts le code minier (article 90), prévoit qu’un
33

�titulaire d'une AEA puisse demander un PESM, sous réserve de respecter la réglementation
en vigueur. Cela permet aux exploitants de progresser vers une exploitation plus mécanisée
tout en restant dans le cadre légal. Cependant, l'AEA n'exclut pas les activités de recherche
sur la même surface qu'elle couvre. Si cette superficie est octroyée sous un permis de
recherche, le renouvellement de l'AEA nécessite l'autorisation du titulaire du permis. De
plus, en cas d'attribution d'un permis d'exploitation industrielle pour la même zone, l'AEA
ne peut être renouvelée. Dans un tel cas, le Code minier offre au bénéficiaire de l'AEA
deux options : soit entrer dans le capital social de la société exploitante à hauteur d'au moins
10 %, soit percevoir une indemnisation.
Pour la commercialisation, les détenteurs d’AEA sont tenus de vendre la totalité de leur
production à un comptoir établi sur le territoire national ou à l’organisme public d’achat et
vente d’or qu’est la SONASP.
En termes d’encadrement, il existe aussi un dispositif national dont le mandat repose sur le
suivi-contrôle des activités de la mine artisanale, la sensibilisation, formation/information
des acteurs, l’appui à l’organisation et à la formalisation, mais ces derniers peinent à
réglementer le secteur. Le nouveau code met l’accent sur la formalisation de l’EMA qui
est informelle et non régulée. Cela permettrait de mieux encadrer les pratiques, d'assurer la
sécurité des mineurs et de protéger l'environnement.
Le cadre légal est diversement apprécié par les acteurs rencontrés. Les artisans miniers
trouvent que le cadre légal n’est pas en leur faveur. La mine industrielle est privilégiée par
rapport à la mine artisanale, ce qui entraine des conflits en cas de présence d’artisans
miniers sur un permis de recherche ou d’exploitation. Aussi, les artisans miniers disent ne
pas obtenir de soutien de la part des autorités.
Pour les autres acteurs interviewés (cadres du MEMC, autorités locales), le cadre législatif
est insuffisant, parfois mal interprété ou méconnu, mais des améliorations sont constatées
dans le nouveau code avec par exemple, la disposition en l’article 89 du code minier de
créer des « couloirs d'exploitation artisanale » et les acteurs attendent sa mise en œuvre
pratique sur le terrain. On constate aussi une volonté clairement affichée de l’État
d’encadrer ce secteur sous toutes ses formes d’exploitation.
En somme, le code minier de 2024 pourrait représenter une opportunité pour améliorer la
situation des mineurs artisanaux au Burkina Faso, tout en veillant à la durabilité
34

�environnementale et au développement économique local. Toutefois, son succès dépendra
de l'engagement des autorités et de la coopération des acteurs concernés.
I.3. Les contraintes et défis liés à l’organisation du secteur de la mine artisanale
L’informalité des sites visités n’est pas ainsi due à la passivité des acteurs, mais à plusieurs
facteurs, dont la priorisation des exploitations à grande échelle au mépris des petits
exploitants qui se voient refuser les AEA sur des permis d’exploration ou des permis
industriels, (Geenen, 2012).
Du point de vue des acteurs interviewés, les contraintes et défis liés à l’organisation du
secteur de la mine artisanale sont énormes. Ceux-ci vont de la faible volonté des artisans
miniers à se déclarer et à l’insuffisances des ressources des administrations à couvrir tout
le territoire national. En effet, les artisans miniers sont réticents à se déclarer et organiser
leurs activités car cela sous-entend pour eux de payer des taxes à l’État alors que selon eux,
l’État ne les soutient pas, ne leur apporte pas l’appui financier et technique nécessaire au
développement de leur activité. L’État leur impose aussi de vendre leur production aux
comptoirs agrées ou à la SONASP alors qu’ils sont redevables vis-à-vis de ceux qui
préfinancent l’activité. Aussi, les longues procédures pour la formalisation, le coût de
l’AEA, l’éloignement de l'administration des mines avec les sites MAPE, la corruption ne
sont pas de nature à faciliter la formalisation.
Le code pourrait inclure des dispositions pour garantir les droits des mineurs artisanaux,
leur offrant un cadre légal pour exercer leur activité. Cela pourrait également inclure des
mesures de protection sociale et environnementale et des formations pour améliorer leurs
compétences. Le code pourrait également aborder la question du partage des ressources
entre les grandes entreprises minières et les mineurs artisanaux, favorisant une coexistence
plus harmonieuse et équitable.
Aussi, les insuffisances du cadre institutionnel et réglementaire, le nombre élevé d’acteurs
et de sites disséminés sur tout le territoire, l'aspect dynamique et anarchique des
exploitations minières artisanales, aggravé par l'insuffisance de personnel pour
l'encadrement des activités sur les sites sont de véritables contraintes à une bonne
gouvernance de l’EMA.
II. L’ANALYSE DES DONNEES
II.1. Analyse des forces et faiblesses de l’EMA
35

�Pour cette analyse l’outil FFOM a été utilisée
Tableau 2 : Analyse des Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces de l’EMA
Forces :
•

•
•

Faiblesses :

Capacité à lutter contre le chômage •

Caractère informel de la majorité des

(Selon Zongo (2020), les estimations

sites ;

de la direction des Mines du Burkina •

Nombre élevé et inaccessibilité de

Faso donnent à l’orpaillage 80% de

certains

taux d’insertion des jeunes au moment

publique ;

où ceux de de l’État seraient de l’ordre •

Destruction

de 1 à 10%) ;

l'environnement, l’air et l’eau ;

Importante source de revenus (entre •

Commercialisation frauduleuse ;

150 000 et 2 000 000 fcfa/ mois) ;

Faible voire non contribution aux

Contribution

à

la

résilience

•
des

populations ;

sites

par
et

l’administration
pollution

de

budgets des collectivités territoriales ;
•

Rivalité accrue entre artisans miniers

•

Contribution au développement local ;

•

Existence de textes législatifs ;

•

Existence d’une structure de tutelle ;

orpailleurs ;

•

Existence de faitières d’organisation •

Méconnaissance de la règlementation

défendant les intérêts des orpailleurs ;

accompagnée de son faible respect par

Existence de sites à grand potentiel.

la majorité des acteurs ;

•

pour l'accès à la ressource ;
•

•

Conflits récurrents ou latents entre

Faible application des textes par les
autorités ;

•

Source de problèmes de santé du fait de
la faible protection et de l’inhalation
des produits chimiques utilisés ;

•
Opportunités :
•

Existence

Exploitation des femmes et des enfants.

Menaces :
d’un

soutien

important actuellement

politique •

Concurrence

avec

les

mines

industrielles qui ont plus de pouvoir et
de ressources

36

�•

Nouveau code minier de juillet 2024 •

Règlementations

avec des dispositions plus favorables à

strictes vis-à-vis de l’EMA

l’EMA
•

•

Existence de programmes de formation •

nationales

trop

Conflits/insécurité
Instabilité politique

au profit des artisans miniers
•

Augmentation de la demande en or au
niveau national et international

•

Cours mondiale élevé de l’or

II.2. Les facteurs limitant l’encadrement de l’EMA
Il faut noter qu’environ 2% des sites miniers artisanaux sont officiellement couverts par
des autorisations administratives. La grande majorité des exploitations minières artisanales
ne sont pas couvertes par des Autorisations d’Exploitation Artisanales (AEA) et des
conventions de gestion signés sous l’ancien code minier. Cela contredit le régime de
l’autorisation préalable prévu par l’article 8 du Code minier. Le défaut de formalisation
relevé ci-dessus, fait que les autres dispositions d’encadrement de l’EMAPE prévues dans
le Code minier et ses textes règlementaires ne sont pas respectées par les artisans miniers.
En plus, très peu d’exploitants artisanaux, environ 10 000 sur une estimation de 2 000 000
(SONASP, 2024) sont immatriculés par l’Administration des mines.
L’étude d’identification des meilleures options pour une exploitation minière artisanale et
à petite échelle responsable au Burkina Faso (CAERD, 2021) mentionne les aspects de la
règlementation en déphasage avec les pratiques de l’EMA. L’analyse montre que la crise
de confiance entre les acteurs des mines artisanales et les autorités ou les collectivités
territoriales est née de la réglementation instaurée dans ce secteur, notamment l’interdiction
de l’utilisation de produits chimiques et d’énergie mécanique, l’exigence de l’autorisation
préalable et la formalisation de la pratique n’ont pas été favorablement accueillies par les
artisans miniers. En effet, A Medinilla, P Karkare et T Zongo, (2020), rapportent que selon
les artisans miniers, la règlementation relative à l’organisation de la commercialisation de
l’or serait inadaptée, car élaborée sans tenir compte de la réalité de l’exploitation artisanale.

37

�Selon le CAERD, l’ensemble de ces défauts de formalisation a également entrainé le nonrespect des autres dispositions d’encadrement de l’EMAPE prévues dans le Code minier.
En effet, il ressort que le besoin de contrôle des revenus liés à l’extraction artisanale de l’or
avait conduit à des dérives de la part des comptoirs durant des années, entraînant des
difficultés dans l’exercice du métier d’orpailleur.
On note aussi une concentration des différentes directions du Ministère de l’Energie, des
Mines et des Carrières (MEMC) à Ouagadougou démontrant la faible présence de l’État
sur le terrain. Le MEMC ne dispose que de directions régionales récemment installées
(2023) sans personnel ni infrastructures (seul un directeur régional nommé) et est donc
faiblement représentée auprès des artisans miniers sur le terrain à l’exception de
l’ANEEMAS qui disposait d’une dizaine de bureaux d’encadrement délocalisés et qui
n’existe plus aujourd’hui. Cette situation ne facilite pas le rapprochement et le
renforcement du climat de confiance entre les acteurs de l’EMA et le MEMC. Une des
conséquences de cette absence de l’État est le manque d’accompagnement formel des
orpailleurs au plan financier pour la professionnalisation de la filière.
La concrétisation de l’appui technique de l’État pourrait inciter les acteurs à la
formalisation. Selon les orpailleurs interviewés, l’approche de l’agence pour
l’établissement des documents de propriété est mauvaise. Au lieu de proposer d’abord des
sources de financement, elle impose la manière dont elle achète l’or que les orpailleurs ont
extrait à l’aide de crédits obtenus auprès de leurs patrons.
Le cadre légal devrait plus prendre en compte les réalités actuelles du secteur minier
artisanal et avec une forte volonté politique pour son application. Les insuffisances liées à
la régulation de l’orpaillage résultent de l’État qui n’arrive pas à faire appliquer ses propres
textes et du manque de transparence grandiose dans le secteur de la mine artisanale.
Mettre en place une structure étatique pour la réguler correctement serait une occasion pour
booster l’activité, mais mettre en place un arsenal de mesure pour combattre l’activité
orpaillage au profit de la mine industrielle serait contre-productif au Burkina Faso. Même
si le secteur minier ne représente pas le seul poumon de l’économie Burkinabé, la
formalisation de l’orpaillage est une opportunité de taille pour les zones de production.
C’est dans ce cadre que Campbell (2007) estime qu’avec la valorisation des matières

38

�premières exploitées, la création de liens d’entraînements avec les autres secteurs de
l’économie peut créer une dynamique de développement importante.
Le nouveau code minier de 2024 se veut plus rassurant quant à la ferme volonté des
autorités d’encadrer le secteur plutôt que de l’interdire selon une approche co-construite
par l’ensemble des acteurs.
II.3. Analyse des approches d’EMA responsables promues
Dans le but d’atténuer les impacts négatifs de l’EMAPE et d’accroître sa part contributive
au développement durable, des initiatives pour une exploitation minière artisanale
organisée, encadrée et respectueuse des droits humains au Burkina Faso ont été relevées.
Nous avons retenu 2 projets comme annoncé dans la méthodologie.
•

Planet Gold, 2019-2023

•

Le Projet « Or propre » 2018-2020

II.3.1 Le projet Planet GOLD
Le projet Planet GOLD Burkina Faso (dont le titre complet est : « GEF GOLD :
contribution

à

l’élimination

du

mercure

et

à

l’amélioration

de

la

chaîne

d’approvisionnement en or dans le secteur de l’orpaillage) est mis en œuvre par deux
principaux partenaires que sont l’ONUDI — agence en charge de la mise en œuvre du
projet pour le FEM — et l’organisation de la société civile Artisanal Gold Council (AGC)
— agence en charge de l’exécution du projet pour le FEM. Ces deux partenaires ont
collaboré pour démontrer une approche opérationnelle de l’extraction d’or propre par de
petits entrepreneurs locaux, en combinant la construction d’un site pilote pour l’extraction
d’or sans mercure avec un programme de formation pour les artisans miniers actifs ou
nouvellement installés, ainsi qu’un accès facilité au crédit formalisé pour ces entrepreneurs.
Le site pilote est dans la commune de Dano dans la région du Sud-Ouest, une région où
l’orpaillage mécanisé est en plein essor, et où les problèmes d’insécurité sont moins
présents que dans d’autres régions du pays.

39

�Photo 3 : Système de traitement sans mercure installé à Dano

Source : auteure, collecte des données, novembre 2024
II.3.2 Le projet pilote « or propre »
Le projet pilote « or propre » est une expérimentation technique et sociale d’organisation
de la filière artisanale de l’exploitation aurifère réalisée dans trois communes (Zorgho,
Boudri et Meguet) situées dans la province du Ganzourgou (Burkina Faso) depuis 2018.
Elle consiste notamment à l’expérimentation d’un outil de traitement de l’or par la méthode
gravimétrique. Eau Vive Internationale a bénéficié du concours financier de partenaires
(Grand Reims en France, de l’Ambassade de France au Burkina Faso ainsi que de la
Coopération Suisse) pour conduire ce projet pilote de promotion de pratiques vertueuses
dans l’exploitation artisanale de l’or.
La majorité des artisans miniers qui ont participé aux entrevues ont souligné que les projets
« Or propre » et « Planet Gold » sont pertinents et souhaitent qu’ils soient maintenus sur
les sites d’orpaillage. Un artisan minier de Dano souligne : « le projet tel que je le
comprends est bien. Il répond à nos attentes par rapport à la protection de notre santé, celle
de nos animaux et de l’environnement. Il résout également le problème de la pénibilité du
traitement du minerai et le risque de blessures ».
Il ressort que le projet pilote “Or propre” qui vise l’accompagnement des communes à la
structuration du secteur minier artisanal, à l’organisation des artisans miniers et à la gestion
40

�participative, intégrée de l’exploitation aurifère artisanale cadre avec les priorités des
communes. De plus, le projet “Or propre”, en proposant la centrifugeuse à la place des
produits chimiques pour le traitement du minerai, est soucieux de la santé des populations
et de l’environnement et met l’accent sur la gestion durable des ressources naturelles dans
les communes ciblées pour une amélioration des conditions de vie des artisans miniers et
des populations environnantes.
Cependant, le constat est que malgré l’appréciation positive des deux projets, les mauvaises
pratiques persistent, c’est-à-dire l’usage combiné de la centrifugeuse et des produits
chimiques prohibés. La majorité des acteurs, jusqu’à 75% des creuseurs pensent que la
centrifugeuse ne capte pas tout l’or et 7% d’entre eux n’ont pas du tout confiance à la
machine, et quelque uns n’ont pas accepté ces projets car ils estiment que l’or de la
centrifugeuse est très fin et volatile comparativement à l’or traité avec le mercure qui est
sous forme de boule.
On peut donc en conclure que les artisans miniers apprécient bien la centrifugeuse, mais
préfèrent l’associer aux produits chimiques notamment le cyanure pour la granulation du
métal.
Tableau 3 : Appréciation des orpailleurs sur les équipements promus par le projet « or
propre »
Élément d’appréciation

Proportion des creuseurs

Augmentation des rendements de production versus les 88%
procédés traditionnels
Augmentation probable des revenus
54%
Réduction de l’utilisation du mercure et du cyanure

23%

Réduction du temps et de la pénibilité du travail

94%

Santé humaine et animale ; protection de l’environnement 75%
Effets sur les femmes et les enfants

16%

Réduction des conflits

68%

Source : rapport d’évaluation finale projet OR Propre
Plusieurs leçons ont été tirées de ces expériences pour une mise en œuvre réussie à savoir
la nécessité de maintenir une bonne communication et sensibilisation durant tout le
processus du projet afin d’obtenir

la confiance des artisans miniers, l’application
41

�des « sanctions » contre la vente et/ou l’achat de tout produit chimique (mercure et
cyanure), la mise en place d’un comité de suivi représentatif de toutes les couches sociales
(hommes, femmes, jeunes, personnes âgées ; leaders religieux et coutumiers, élus locaux,
OSC, etc.) afin d’assurer un suivi participatif du processus et pour plus de transparence et
pour renforcer la confiance des bénéficiaires, la prise en compte du genre et la mise à
disposition d’outils de traitement avec des taux de rendements significativement supérieurs
aux procédés traditionnels rendant superflus toute tentative postérieure de traitement avec
le mercure. Des propos des parties prenantes, la communication, la sécurité et la motivation
sont les clés de réussite d’un projet œuvrant pour une « EMA responsable ».
En termes de conclusion partielle, ce troisième chapitre nous a permis d’apprécier les forces
et les faiblesses et l’EMA qui montrent que malgré ses impacts négatifs, ses retombées
économiques sont énormes, d’où la nécessité de l’encadrer plutôt que de réprimer. Le
cadre réglementaire devrait favoriser l’encadrement, la réglementation de l’EMA sans que
les orpailleurs ne le vivent comme la volonté de l’Etat de les contrôler. Des pilotes de
projets promouvant des technologies alternatives à l’utilisation des produits chimiques ont
été mis en œuvre avec des résultats satisfaisants, reste à l’Etat de s’en approprier et
améliorer le processus.

42

�CONCLUSION GENERALE
Ce présent mémoire a exploré les effets de la gouvernance sur l’EMA au Burkina Faso en
se concentrant sur les communes de Dano et Meguet. L’objectif global de cette recherche
d’analyser l’effet de la gouvernance sur l’EMA et de façon spécifique, i. Examiner les
forces et faiblesses de l’EMA au Burkina Faso ; ii. Identifier les facteurs explicatifs de
l’échec des tentatives d’encadrement de l’EMA au Burkina et iii. Proposer des mesures à
prendre pour une EMA responsable. A travers une méthodologie adaptée, ce travail a mis
en relief des résultats significatifs, notamment les forces et faiblesses de l’EMA, les
facteurs explicatifs des échecs des tentatives d’encadrement mais a aussi permis
d’identifier des mesures pour une EMA responsable.
Les analyses montrent que l’EMA, bien qu’informelle présente un potentielle énorme en
termes de contribution au développement local, réduction du chômage, pour peu qu’elle
bénéficie d’un accompagnement conséquent de la part des autorités, d’une bonne
gouvernance. On voit bien que les faiblesses de l’EMA sont fortement liées à la faiblesse
de la gouvernance du secteur par les autorités, cela ayant entrainé son développement
anarchique. Ce point nous permet de faire le lien avec nos hypothèses formulées au départ,
qui pour l’ensemble, se confirment.
Concernant l’hypothèse 1 qui affirme que le manque d’inclusion et la non prise en compte
des intérêts spécifiques de plusieurs acteurs locaux impliqués dans le secteur de l’EMA
(orpailleurs, chefferies traditionnelles, autorités locales, etc.), l’informalité, les impacts
environnementaux et sanitaires etc, constituent les faiblesses de l’EMA au Burkina Faso,
corrobore avec les résultats de nos travaux.
Pour l’hypothèse 2, qui affirme que l’insuffisance de solutions innovantes aux problèmes
causés par l’EMA, expliquent l’échec des tentatives d’encadrement de l’EMA au Burkina
Faso, elle se confirme partiellement à travers l’analyse des deux projets promouvant un
« Or responsable ». Cependant, il faudrait noter aussi que, l’ignorance des orpailleurs qui
ne connaissent que ce qu’ils ont toujours vu faire, utiliser le mercure pour l’amalgamation
et pratiquer la cyanuration pour extraire le maximum d’or.
Enfin, l’hypothèse 3 affirmait que l’amélioration des textes réglementaires en faveur de
l’EMA faciliterait son encadrement est aussi partiellement vérifiée, car nous avons vu

43

�qu’au-delà des textes, le préfinancement de l’activité est nécessaire pour maitriser toute la
chaine, de l’extraction à la commercialisation.
Pour améliorer l’EMA, nous formulons les implications de politiques économiques cidessous.
Implications de politiques économiques
Dans le cadre de la politique minière du Burkina, le pays a fait l’option de la formalisation
des sites miniers artisanaux informels à travers l’octroi d’autorisation ou de permis
d’exploitation en témoigne les innovations du nouveau code minier de 2024. Aussi une
stratégie nationale d’encadrement du sous-secteur est en cours d’élaboration. Ces nouvelles
orientations sont perçues comme une opportunité de soutien politique permettant de
règlementer le sous-secteur. L’approche du gouvernement vise à transformer le secteur
dans son ensemble, de la formalisation des sites d’extraction minière artisanale à la
commercialisation et à l’exportation de l’or extrait de manière artisanale. Suite à notre
recherche nous pouvons formuler plusieurs recommandations dans le sens d’améliorer la
gouvernance pour une EMAPE responsable sur 4 axes repris ci-dessous.
Sur la formalisation des sites qui est la première étape pour intégrer les activités minières
artisanales dans l'économie, elle est loin d’être une solution miracle. Elle doit tenir compte
de la dynamique de pouvoir existante dans et autour d’un site minier. Pour qu'un groupe
de mineurs puisse s'organiser durablement en coopérative, des incitations commerciales et
sectorielles sont donc nécessaires. Les procédures de formalisation doivent être allégées et
suffisamment communiquées aux acteurs.
Sur les alternatives technologiques, il ressort qu’à ce stade, il n’existe pas de solution
parfaite pour remplacer l’utilisation du mercure et / ou du cyanure dans les mines
artisanales. Le concentrateur centrifuge a montré des résultats prometteurs (jusqu’à 6070%) mais Il n’existe pas non plus de solution pour extraire les 30-40% restants sans
traitement chimique, ce qui signifie qu’après le traitement centrifuge, des produits
chimiques seraient toujours appliqués sur le résidu afin d’en extraire la plus grande quantité
possible. D’où la nécessité de contrôler avec la mise en place de centres de traitement
mutualisés qui au-delà des aspects technologiques doivent prendre en compte la
cyanuration contrôlée, mais également présenter une analyse de rentabilisation adaptée et
établir une relation de confiance avec les mineurs, les communautés et les autorités.

44

�Sur la gouvernance du sous-secteur, nous avons vu des tentatives précédentes
d’encadrement de l’Etat (ANEEMAS) que l’éloignement des sites miniers des centres de
décision ne facilite pas l’encadrement de l’activité au vu de la façon dont l’activité s’est
développée. Alors que l'exploitation minière a lieu au niveau local, l'approche adoptée par
l'État est fondamentalement centralisée, avec une implication minimale des collectivités
territoriales, ce qui constitue une lacune importante dans la vision du gouvernement sur
l'exploitation minière. La vaste étendue de l'exploitation minière artisanale dans le pays
signifie qu'une solution rapide est impossible. Pour transformer le secteur, il est nécessaire
d'adopter une approche « bottom-up » commençant au niveau local, qui évoluera d'un cas
à l'autre en fonction des facteurs de l'économie et de la communauté locale (relations avec
les autorités locales, rôle des chefs traditionnels, etc.) ; une approche qui lie les efforts de
formalisation aux objectifs de développement local et rural, ainsi que le renforcement de
la gouvernance locale dans les zones concernées par l'exploitation minière. En considérant
le secteur artisanal, pas simplement comme un problème, mais comme une activité
économique viable dans les zones rurales, des opportunités se présentent pour redéfinir le
secteur de manière à répondre aux défis du développement local. Ceci comprend : - le
réinvestissement des revenus miniers dans les activités économiques locales et le
développement rural - le développement et la promotion de nouvelles formes de services
essentiels aux activités minières artisanales - le renforcement de la gouvernance locale de
l'exploitation minière, y compris la surveillance de l'environnement, les mesures de sécurité
et la fiscalité locale - l’établissement de couloirs d’artisanat minier avec un accès sécurisé
et à long terme - l’appui à une commercialisation à la fois rentable et équitable. La
gouvernance locale est une lacune majeure dans la manière dont la question de
l’exploitation de l'or est abordée au Burkina Faso. Une approche inclusive (bottom-up) est
nécessaire pour habiliter légitimement les autorités locales à jouer un nouveau rôle dans et
autour des opérations artisanales.
Concernant la commercialisation les dernières décisions de l’autorité (reprises dans le
code minier de 2024) sur l’interdiction d’exportation de l’or et l’obligation de vente aux
comptoirs agrées ou à la SONASP est une bonne chose. Seulement, elles doivent
s’accompagner de mesures incitatives (préfinancement de l’extraction, prix d’achat
incitateur supérieur à celui de la contrebande) pour l’orpailleur.

45

�L'exploitation minière artisanale est également un problème fondamentalement régional.
Les frontières poreuses dans la sous-région font que l'or passe d'un pays à l'autre sans trop
d'effort. Les chiffres des importations et des exportations montrent que le commerce de l'or
en Afrique de l'Ouest est aussi opaque qu’élevé. Une harmonisation des politiques dans les
pays de la région sera déterminante pour résoudre le problème de la contrebande.
Pour relever le défi de mettre en place une EMA responsable au Burkina Faso, il est
nécessaire d’adopter et de promouvoir les meilleures pratiques dans les domaines de
l’encadrement, de la formalisation, du respect des droits humains et de l’environnement.
Pour cela, une synergie des actions de l’ensemble des acteurs et parties prenantes dans le
processus d’octroi des autorisations et le suivi de l’EMAPE est nécessaire. Toute tentative
visant à transformer durablement le secteur de l'or nécessitera de prendre en compte les
intérêts, enjeux et les motivations des différents acteurs de la filière.

46

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49

�Zongo, T. (2020). Les techniques d’exploitation artisanale de l’or dans le Sanmatenga au
Burkina Faso. Innovations, enjeux politiques et environnementaux, 419-431.

50

�ANNEXES
I°) Guide d’entretien acteurs étatiques au niveau central : DGMG/DGCM
/DEMAS/DGPE
1. Quelles sont les principales missions et responsabilités de votre institution ou service en
lien avec l’artisanat minier ?
2.1 Que pensez-vous de l’Exploitation Minière Artisanale (EMA) telle que pratiquée au
Burkina ? (Énumérez les forces)
2.2. Que pensez-vous de l’Exploitation Minière Artisanale (EMA) telle que pratiquée au
Burkina ? (Énumérez les faiblesses/difficultés)
3. Quelle appréciation faites-vous du cadre légal qui régit les activités minières, en
particulier celui de la mine artisanale ?
4. Quelles sont les contraintes liées à l’organisation du secteur de la mine artisanale ?
5. Quels sont les principaux défis et contraintes auxquels vous êtes confrontés dans
l’exercice de vos attributions, notamment en matière d’encadrement et de délivrance des
titres liés à l’artisanat minier ?
6. De quels moyens d’action disposez-vous pour le respect de la convention de Minamata
dans le secteur minier artisanal de l’or ?
7. Qu’est ce qui doit être fait pour que l’EMA devienne respectueuse de la convention de
Minamata de façon spécifique et globalement de l’environnement ?
8. Quelles propositions d’actions faites-vous pour une meilleure organisation des
exploitants mineurs et du secteur de la mine artisanale ?
9. Quelles propositions pour une meilleure gouvernance du secteur minier artisanal ?
II°) Guide adressé aux acteurs locaux de la commune (Président de délégation
spéciale, Haut-commissaire, service de sécurité police/gendarmerie, agent de
l’environnement)
1. Quelles sont vos attributions spécifiques dans le cadre de l’exploitation minière
artisanale ?
2. Pouvez-vous nous parler de l’exploitation minière artisanale de l’or dans votre
localité ? (ampleur, forces, faiblesses)
3. Quelle appréciation faites-vous du cadre légal qui régit les activités minières, en
particulier celle de la mine artisanale ?
4.

Quelles sont les contraintes liées à l’organisation du secteur de la mine artisanale ?

5. Quels sont les défis et les contraintes spécifiques que vous rencontrés dans le cadre de
vos attributions ?
51

�6.
Quelles propositions d’actions faites-vous pour une meilleure organisation des
exploitants mineurs et du secteur de la mine artisanale ?
7. Quelles propositions pour une meilleure gouvernance du secteur minier artisanal ?
III°) Questionnaire adressé aux artisans miniers et faitières d’artisans miniers
1. Quelle est votre ancienneté dans l’exploitation minière artisanale ?
/__/ 0 à 5 ans
/__/ 5 à 10 ans
/__/ 10 à 15 ans
/__/ 15 à 20 ans
/__/ Plus de 20 ans
2. Êtes -vous légalement reconnu ? (AEA ? Carte d’artisan minier ou autre ?)
/__/ Autorisation d'exploitation artisanale (AEA)
/__/ Carte d'artisan minier
/__/ Carte de fournisseurs de service
/__/ Carte de collecteur d'or
/__/ Autre :
3. Quelles sont les faitières d'artisans miniers présentes sur le site ainsi que les
coopératives ?
4. Quelle activité faites-vous sur le site ?
/__/ Creuseur
/__/ Propriétaire de trou
/__/ Concassage de minerai
/__/ Broyeur de minerai
/__/ Responsable du site
/__/ Collecteur d'or
/__/ Autre :
5. Que pensez-vous de votre activité ?
6. Quel est votre revenu moyen mensuel (responsable du site, propriétaire du trou, creuseur,
broyeur, concasseur, laveur et dynamiteur) ?
7. Quelle appréciation faites-vous du cadre légal qui régit votre activité ?
8. Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans vos activités ?
9. Quelles sont vos attentes et vos besoins en matière d’accompagnement, de formation,
de financement, etc.
10. Y a-t-il d'autres informations pertinentes que la faitière souhaite partager concernant
ce sujet ?

52

�TABLE DES MATIERES
DÉDICACE ......................................................................................................................................... ii
REMERCIEMENTS ............................................................................................................................ iii
LISTE DES TABLEAUX ........................................................................................................................ v
LISTE DES FIGURES ........................................................................................................................... v
LISTE DES PHOTOS ........................................................................................................................... v
SIGLES ET ABRÉVIATION .................................................................................................................vii
INTRODUCTION GENERALE .............................................................................................................. 1
CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LITTERATURE ....................................................... 7
I.

II.

CADRE CONCEPTUEL ................................................................................................................ 7
I.1

Exploitation minière artisanale (EMA) ............................................................................. 7

I.2

Exploitation Responsable................................................................................................. 8

I.3

Gouvernance.................................................................................................................... 9

REVUE DE LITTERATURE SUR LE LIEN ENTRE LA GOUVERNANCE ET L’EMA .......................... 10

CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE DE RECHERCHE ........................................ 17
I. LE CADRE DE L’ETUDE ................................................................................................................. 17
I.1 Cadre juridique ..................................................................................................................... 17
I.2 Cadre institutionnel .............................................................................................................. 19
I.3 Description de l’EMA au Burkina Faso .................................................................................. 21
1.4. Présentation des zones d’études ........................................................................................ 24
II. LES APPROCHES METHODOLOGIQUES ...................................................................................... 26
II.1

Champ d’analyse ............................................................................................................ 26

II.2

La population ................................................................................................................. 26

II.2.1

L’échantillonnage ................................................................................................... 27

II.2.2

Les outils de collecte .............................................................................................. 28

II.2.3

Les entretiens......................................................................................................... 29

II.3

La méthode de collecte et technique d’analyse des données ....................................... 29

II.3.1

La méthode de collecte et de traitement des données ......................................... 29

II.3.2

L’aperçu du modèle d’analyse ............................................................................... 29

CHAPITRE III : PRESENTATION DES RESULTATS ET ANALYSES ....................................................... 31
I. LA PRESENTATION DES DONNEES RECUEILLIES ET ANALYSES.................................................... 31
I.1 La perception de l’EMA telle que pratiquée au Burkina Faso .............................................. 31
I.1.1 Répartition des enquêtés selon leur ancienneté dans l’EMA............................................ 31
I.1.2. Répartition des enquêtés selon leur appréciation des pratiques de l’EMA ..................... 32
I.1.3. Répartition des types de produits chimiques utilisés par les artisans miniers dans le
traitement du minerai ............................................................................................................... 33
53

�I.2. L’appréciation du cadre légal régissant l’EMA au Burkina Faso .......................................... 33
I.3. Les contraintes et défis liés à l’organisation du secteur de la mine artisanale ................... 35
II. L’ANALYSE DES DONNEES .......................................................................................................... 35
II.1. Analyse des forces et faiblesses de l’EMA .......................................................................... 35
II.2. Les facteurs limitant l’encadrement de l’EMA.................................................................... 37
II.3. Analyse des approches d’EMA responsables promues ...................................................... 39
II.3.1

Le projet Planet GOLD............................................................................................ 39

II.3.2

Le projet pilote « or propre » ................................................................................ 40

CONCLUSION GENERALE................................................................................................................ 43
BIBLIOGRAPHIE .............................................................................................................................. 47
ANNEXES ........................................................................................................................................ 51
TABLE DES MATIERES..................................................................................................................... 53

54

�</text>
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                </elementTextContainer>
              </element>
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                  <text>La collection Droit économie et gestion (DEG) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières droit, économie et gestion.</text>
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                <text>Analyse de l’effet de la gouvernance sur l’Exploitation &#13;
Minière artisanale (EMA) au Burkina Faso : cas des communes de Dano et de Méguet.</text>
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                <text>L’Exploitation Minière Artisanale (EMA), bien que pourvoyeuse d’emploi et de revenus pour la population Burkinabé, semble échapper aux mesures établies par la loi posant ainsi des défis sociaux, environnementaux, sanitaires et sécuritaires. Son organisation apparaît donc essentielle pour une exploitation plus responsable. Cette recherche vise à analyser l’effet de la gouvernance sur l’EMA responsable, en utilisant une méthodologie mixte combinant la recherche documentaire ainsi que des approches quantitative et qualitative via des entretiens. Les résultats mettent en évidence les forces de l’EMA, tels que la réduction du chômage, et le développement local, ainsi que ses faiblesses, notamment la dégradation environnementale, les risques sanitaires et les conflits. L’analyse des modes de gestion révèle une volonté étatique d’encadrement face à un secteur largement informel. Les leçons tirées de deux projets ayant promu des pratiques responsables montrent qu’il est possible de promouvoir un « or responsable », bien que l’élimination totale des produits chimiques reste complexe. Cela souligne la nécessité pour les décideurs d’adopter des mesures renforçant l’encadrement et le respect des droits humains et de l’environnement.</text>
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                <text>TCHIOMBIANO/YARA Jeannine Aïcha</text>
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                    <text>BURKINA FASO
……………
Unité-Progrès-Justice

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE

SCIENTIFIQUE ET DE L’INNOVATION
………………………………….
UNIVERSITE THOMAS SANKARA
…………………………………..
INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE A DISTANCE

MEMOIRE DE MASTER EN SCIENCES DE L’EDUCATION ET DE LA FORMATION
MENTION : SCIENCES DE L’EDUCATION
SPECIALITE : PLANIFICATION DE L’EDUCATION/GESTION DES STRUCTURES
EDUCATIVES

THEME :

Les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves
déplacés internes dans les structures éducatives formelles de
la commune de Ouahigouya au Burkina Faso

Présenté et soutenu par :

Sous la direction de :

SEBGO Osé

Dr Wendkuuni Désiré POUDIOUGO
Chercheur en science de l’éducation/ andragogie
au MESRSI/CNRST/INSS.

COMPOSITION DU JURY
Président :

Secrétaire général du RACESE

Dr David ILBOUDO
Membres :

Dr Wendkuuni Désiré POUDIOUGO
Dr Bapindié OUATTARA
ANNEE ACADEMIQUE 2022-2023

�SOMMAIRE
SOMMAIRE ............................................................................................................................... i
DEDICACE ................................................................................................................................ ii
REMERCIEMENTS ................................................................................................................. iii
SIGLES et ABREVIATIONS ................................................................................................... iv
LISTE DES TABLEAUX .......................................................................................................... v
LISTE DES FIGURES ET GRAPHIQUES .............................................................................. vi
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 1
PREMIERE PARTIE : ............................................................................................................... 3
APPROCHE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE .......................................................... 3
CHAPITRE I : IDENDIFICATION DU PROBLEME ET OBJECTIF DE LA RECHERCHE4
I-Analyse de la situation de l’éducation au Burkina Faso .......................................................... 4
CHAPITRE II : CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE ............................................. 16
I.

La revue de la littérature ................................................................................................... 16

II- Le cadre de référence théorique .......................................................................................... 24
III- Questions, Hypothèses et indicateurs de vérification ........................................................ 31
II-Population cible .................................................................................................................... 34
III- L’échantillonnage .............................................................................................................. 36
DEUXIEME PARTIE : RESULTATS DE LA RECHERCHE ............................................... 43
CHAPITRE

IV :

PRESENTATION,

ANALYSE

ET

INTERPRETATION

DES

RESULTATS. .......................................................................................................................... 44
II. Analyse et interprétation des résultats. ................................................................................ 45
II. Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya .................. 51
III. Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants ............................................... 53
IV. Vérification des hypothèses ............................................................................................... 55
CONCLUSION ........................................................................................................................ 63
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................... ix
ANNEXES ............................................................................................................................... xii
TABLE DES MATIRES ......................................................................................................... xix

i

�DEDICACE

A notre famille pour ses nombreux soutiens constants.

ii

�REMERCIEMENTS

Nous remercions le bon Dieu pour la vie, la santé et la force de
persévérance dont il nous a fait grâce ;
Nos sincères remerciements vont à l’endroit de tous ceux et toutes celles qui nous ont
assisté tout au long de ces deux années de formation à l’IFOAD (Université Thomas
Sankara), particulièrement à :
▪

A notre Directeur de mémoire, Désiré Wendkuuni. POUDIOUGO, Docteur en
Sciences de l’Education et de la Formation, Chercheur en Andragogie
MESRSI/CNRST/INSS, pour les bons conseils prodigués, ses remarques pertinentes,
sa patience infinie et pour nous avoir soutenu et guidé dans la mise en œuvre de cette
recherche malgré ses occupations multiples ;

▪

Au Docteur Bernadin P.Marie OUEDRAOGO, Directeur de l IFOAD, pour ses
conseils ;

▪

A monsieur Mamadou OUEDRAOGO, CASU/ DEPPENF/Yatenga, chef de service
des Etudes et de la Planification ;

▪

A monsieur Sayouba SAWADOGO, IEPENF dans la CEB Ouahigouya I pour ses
remarques ;

▪

A monsieur Didace Edmond ZIDA, Chef de service TIC et des TICE à la DREPPNF/
NORD et collège pour ses remarques ;

▪

A l’ensemble du personnel Enseignant de la commune de OUAHIGOUYA ;

▪

A l’ensemble du personnel des écoles primaires publiques KAO A et B
particulièrement à monsieur Inoussa OUEDRAOGO, Directeur de l’école Kao A ;

▪

A l’ensemble du personnel de l’IFOAD

▪

A l’ensemble de la 2e promotion des étudiants du MPGSE ;

▪

A nos parents, à nos amis et à nos promotionnaires pour leur soutien multiforme.

▪

A tous ceux qui d’une manière ou d’une autre ont contribué à la réalisation de notre
étude.

Que le Tout Puissant vous le rende au centuple.

iii

�SIGLES et ABREVIATIONS
AAAE

Association Aidons l’Afrique Ensemble

AGR

Activité Génératrice de Revenu

CCEB

Chef de Circonscription d’Education de Base

CEB

Circonscription d’Education de Base

CONASUR

Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation

DPEPPNF

Direction Provinciale de l’Education Préscolaire, Primaire et Non Formelle

EDI

Elève Déplacé Interne

EPT

Education Pour Tous

ETA

Espace Temporaire d’Apprentissage
Ministère de l’Education Nationale de l’Alphabétisation et de la Promotion

MENAPLN

des Langues Nationales

MFSNAH

Ministère de la Femme, de la Solidarité Nationale et l’Action Humanitaire

MPGSE

Master en Planification et Gestion des Structures Educatives

OMD

Objectifs du Millénaire pour le Développement

ONG

Organisation Non Gouvernemental

PDI

Personne Déplacée Interne

SSEZDS

Stratégie de Scolarisation des Elèves des Zones à forts Défis Sécuritaire

ST-ESU

Secrétariat Technique de l’Education en Situation d’Urgence

UNESCO

Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture

UNHCR

Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Refugiés

UNICEF

Fond des Nations Unies pour l’Enfance

UTS

Université Thomas Sankara

iv

�LISTE DES TABLEAUX
Tableau1 : comparaison des ressources avant le déplacement et l’actuel ................................ 21
Tableau n°2 : Ecoles de la ville de Ouahigouya ayant un nombre très important d’ EDI ....... 37
Tableau n°3 : l’échantillon prévisionnel .................................................................................. 39
Tableau n°4: synthèse des instruments de collecte des données .............................................. 40
Tableau 5: Etat général des données collectées........................................................................ 44
Tableau 6 : réponses fournies par les enseignants et DE sur la faible intégration des EDI. .... 46
Tableau 7 : Facteurs liés à la prise en charge des personnes déplacés internes (PDI) ............. 47
Tableau 8 : Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya .... 51
Tableau 9 : Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants .................................. 53

v

�LISTE DES FIGURES ET GRAPHIQUES
Figure 1 : abris de PDI aménagé dans la périphérie ................................................................... 6
Figure 2 : petite maison abritant des PDI ................................................................................... 7
Figure3 : Femmes attendant avec leurs enfants EDI un accompagnement pour mener les
AGR ........................................................................................................................................... 8
Figure4 classe abritant des EDI ................................................................................................ 10
Graphique1 : Besoins majeurs des ménages pour que les élèves puissent continuer à
fréquenter ................................................................................................................................. 20
Graphique 2 : Facteurs liés à la prise en charge des personnes déplacés internes (PDI) ......... 47
Graphique 3 : Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya 51
Graphique 4 : Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignant ............................... 53

vi

�INTRODUCTION
« L’éducation l’arme la plus puissante qu’on puisse utilisé pour changer le monde »
Nelson MANDELA. Toutes les nations dont le niveau de développement suscite admiration
sont celles aussi qui ont su prendre au sérieux leur secteur éducatif. A contrario, la plupart des
pays qui croupissent dans le sous-développement doivent généralement leur état de
dépendance, d’aliénation à la négligence réservée au secteur de l’éducation. Les buts
poursuivis par notre système éducatif témoignent effectivement de cette place prépondérante
de l’éducation dans le processus de développement :
« Le système éducatif poursuit les buts suivants : faire acquérir à l’individu des
compétences pour faire face aux problèmes de la société ; dispenser une formation
adaptée dans son contenu et ses méthodes aux exigences de l’évolution économique,
technologique, sociale et culturelle (...) ; doter le pays de cadres et de personnels
compétents dans tous les domaines et à tous les niveaux » recueil d’instructions
juridiques de l’éducation de base MEBA (2007: 46).
Situé au cœur du Sahel, le Burkina Faso est fortement affecté par une série de crises
multiformes. Depuis 2012, l’insécurité couplée à des violences alimentées par les
vulnérabilités multiples se sont rapidement étendues du Mali aux autres pays du Sahel central
notamment au Burkina Faso, au Niger entrainant une crise sans précédent. Les effets
combinés de toutes ces crises risquent de compromettre les progrès entrepris par l’Etat
Burkinabè pour atteindre les objectifs d’éducation de qualité pour tous.
Depuis les premières attaques terroristes en 2015, le Burkina Faso est la cible
d’attaques terroristes ayant fait de nombreuses victimes et plus de 1,5million de déplacés
internes selon les autorités en mars 2022 en référence au rapport du Conseil National de
Secours d’Urgence et de Réhabilitation(CONASUR). Plusieurs écoles ; plus de 3.683 ont
fermé leurs portes affectant plus de 590.327 élèves et 17.309 enseignants et cela continue
jusqu’ à nos jours. Cette situation engendre de nombreuses conséquences sur l’éducation des
enfants : le non accès à l’éducation, la déscolarisation, les mariages précoces, l’exploitation
des enfants etc.
Le Ministère de l’Education Nationale et de la Promotion des Langues Nationales
(MENAPLN), dans la gestion de cette crise à travers le Secrétariat Technique de l’Education
en Situation d’Urgence (ST-ESU) est vite limité dans ses actions de réponse du fait de la

1

�progression rapide et de la complexité du phénomène d’insécurité. Les efforts se révèlent
insuffisants tant au niveau de l’intégration des Personnes Déplacées Internes (PDI) et Elèves
Déplacés Internes(EDI), tant au niveau des infrastructures, de la formation des acteurs de
système éducatif qu’au niveau de la mobilisation des ressources financières et matérielles.
C’est donc dans l’optique d’apporter notre contribution aux recherches de solutions
pour faciliter l’intégration des EDI aux structures éducatives formelles des villes d’accueil des
PDI que nous avons entrepris de réfléchir sur la question de savoir ,quels sont les facteurs
explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes dans les structures
éducatives formelles dans la commune de Ouahigouya ? Notre objectif général visé dans la
présente analyse est d’analyser les facteurs explicatifs de la faible intégration des EDI dans
les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya.
Aussi, nous nous sommes orienté sur l’hypothèse générale selon laquelle
l’inadéquation de la prise en charge des déplacés, le manque d’infrastructures
éducatives et le manque d’approches pédagogiques expliquent la faible intégration des
EDI dans les structures éducatives.
Afin de mieux traiter de la question, notre travail sera axé essentiellement sur deux
parties. Dans la première à savoir la partie théorique, nous nous intéresserons principalement
et successivement à trois chapitres : l’identification du problème de la recherche, le cadre
théorique de la recherche et la méthodologie de la recherche.
Dans la deuxième partie, nous nous appesantirons sur les aspects pratiques. Le
chapitre 4 sera donc consacré à la présentation des résultats et le chapitre 5, analyse,
interprétation et discussion des résultats.

2

�PREMIERE PARTIE :
APPROCHE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE

3

�CHAPITRE I : IDENDIFICATION DU PROBLEME ET OBJECTIF DE
LA RECHERCHE
I-Analyse de la situation de l’éducation au Burkina Faso
I.1 Brève analyse du système éducatif burkinabè dans un contexte d’insécurité
Situé au cœur du Sahel, le Burkina Faso fait régulièrement face à des aléas climatiques
et d’autres risques récurrents dits « d’origine naturelle ». Plus récemment, le pays fait face à
une crise d’origine humaine de grande envergure. A l’instar de ses voisins de la région du
Sahel central, le Burkina Faso est frappé depuis plusieurs décennies par des catastrophes
naturelles et des épidémies récurrentes avec des effets aggravant la vulnérabilité des
populations et impactant négativement le système éducatif. Le pays fait également face aux
conséquences des aléas climatiques caractérisés par des inondations, des tornades ou des
périodes de sècheresses. Pendant les mois les plus chauds de l’année précédant la saison des
pluies (avril-mai), des vents violents, favorisés par la destruction du couvert végétal, le
réchauffement climatique entraine d’importants dégâts dans les zones habitées. Les tornades
et les cycles d’inondations périodiques des années de forte pluviométrie engendrent
d’importants dégâts en termes de destruction des cultures, du bétail, de l’habitat, des
infrastructures dont les routes et les écoles. L’endommagement des bâtiments scolaires,
l’inondation des cours des établissements ou leur occupation par les familles sinistrées
entrainent souvent des destructions de matériel scolaire et le décalage de rentrée scolaire,
accentuant la réduction du temps scolaire et le besoin de réfection des écoles.
En plus de cela le Burkina est périodiquement exposé à des risques sanitaires. Si le
pays connait depuis quelques années une réduction de leur prévalence, les épidémies
annuelles, la méningite, le paludisme, la dengue, les hépatites et le VIH ont encore un impact
sur la régularité de la fréquentation scolaire et la qualité des cursus des élèves.
A cela s’ajoute la crise sociale interne au système éducatif dont les effets affectent
négativement l’offre et la demande d’éducation. Cette crise sociale moins visible se manifeste
principalement par les grèves d’enseignants qui, entre autres, réduisent le temps
d’apprentissage. Cette perception négative est liée au décalage entre les contenus
d’enseignement et les attentes des familles. Notons également la faible capacité du système
éducatif à installer chez les enfants et les jeunes des compétences utiles à une insertion
économique efficace.

4

�Ce contexte a été aggravé au cours des dernières années par deux crises majeures dont
la nature et l’ampleur des effets constituent des menaces encore plus fortes pour la continuité
des services éducatifs dans le pays : l’insécurité qui s’étend à des zones importantes du
territoire national et la pandémie de Covid-19.

I.2-Contexte des crises et enjeux de l’éducation
Depuis 2015, le Burkina Faso est confronté à une dégradation rapide de sa situation
sécuritaire. Cette situation résulte de la propagation du conflit malien en 2012 et d’une
combinaison complexe de facteurs où se mêlent la monté de l’extrémisme religieux, la
criminalité et le grand banditisme transfrontalier. S’ajoute la résurgence de tensions locales et
de frustrations liées aux inégalités de développement social et économique dans les régions
périphériques. D’autres fléaux, non moins importants, tels que la mauvaise gestion des
ressources, le manque d’éducation et de perspectives des jeunes sont à relever. Le foyer local
de violences circonscrit au départ dans la province du Soum (région du Sahel) s’est
progressivement étendu à une grande partie du territoire national avec une certaine récurrence
dans les régions frontalières du Mali et du Niger (Sahel, Nord, Est, Boucle du Mouhoun) et
celle du Centre-Est, frontalière au Togo. Dans ces zones à fort défis sécuritaires, les attaques
d’abord dirigées contre les forces de défenses et de sécurité et les représentants de
l’administration territoriale se sont progressivement étendues à des élus locaux, des chefs
coutumiers et aussi à la population civile qui ont fait l’objet de menaces, d’enlèvements,
d’assassinat ciblés. L’insécurité croissant a fragilisé la cohésion sociale et produit des impacts
négatifs sur les activités économiques, la sécurité alimentaire et l’accès aux services sociaux
de base. Ces exactions des groupes terroristes se sont intensifiées en 2019.Selon les données
du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés à la date du 31 décembre2020 le
pays comptait 1074993 personnes déplacées (PDI). Au 5 décembre 2020, 2169 établissements
soit 10% de l’ensemble des établissements préscolaires primaires et secondaires étaient
fermés, privant d’éducation de façon durable ou momentanée à 306946 élèves et affectant
12075 enseignants. A la date du 31 mars 2022 le gouvernement par son ministre en charge de
l’éducation affirmait lors du conseil des ministres du 6 mai 2022 que le nombre des
établissements scolaires fermés étaient de 3664.
Mais, malgré tout l’Etat burkinabè continue de promouvoir le droit à l’éducation pour
tous avec des difficultés majeures. L’enjeu est que sans accès à l’éducation, une génération
d’enfants vivant en situation de conflit grandira sans avoir acquis les compétences nécessaires

5

�pour contribuer à l’économie et au développement de leur pays. Et cet état de fait ne fera
qu’aggraver la situation déjà désespérée de millions d’enfants et de leurs familles.

I.3 Les difficultés des élèves déplacés internes dans la commune Ouahigouya
Ouahigouya a enregistré ses premiers déplacés internes à partir de fin 2018 suite à
l’aggravation de la situation sécuritaire de la province du Soum et du Loroum. Depuis lors,
nous constatons dans les rues de la ville plusieurs élèves déplacés ayant des difficultés
majeures impactant négativement leur éducation. En effet, ils rencontrent des problèmes de
logement. Ils sont d’abord accueillis par des proches Où ils sont plusieurs à occuper une
maison. Parmi les PDI, certains y sont arrivés et ont dressé des tentes de fortunes comme abris
en entendant d’avoir un lieu plus sûr.
Figure 1 : abris de PDI aménagé dans la périphérie

Source : https:/www.sidwaya.info/blog/2022/o6/1
L’image illustre le problème de logement des PDI dont leurs enfants vivent les conséquences. A Gourga, certains
déplacés se contentent d’abris de fortune en attendant un site d’accueil de PD

6

�Figure 2 : petite maison abritant des PDI

Source : https:/www.sidwaya.info/blog/2022/o6/1
Cette maison abrite ces femmes PDI.

Ce stress lié au manque de logement ne leur laisse pas le choix de penser à leurs études
scolaires. Certains d’entre eux sont venus à Ouahigouya laissant derrière eux les parents.
Koundaba Omarou et Koundaba Iliassa sont deux frères EDI venus de Djibo sans leur père.
Ils vivent avec leur mère au secteur 15 de Ouahigouya qui a réussi à les inscrire dans une
école proche. Ceux-ci disent « nous sommes à notre troisième maison ; à chaque fois les
propriétaires viennent nous demander de quitter car ils ont des parents déplacés qu’ils
souhaiteraient loger. Plusieurs fois nous pleurions avec notre mère car nous ne savons où
aller ». Les plus ou moins chanceux sont les élèves qui vivent chez des tuteurs ou amis
espérant sur leurs soutiens. Ouédraogo Aminata, une EDI venue de Namsiguya s’exprime
dans le journal infowakat.net/bf en ces termes « j’ai eu la chance de trouver un tuteur mais ce
n’est pas comme chez mes parents. La plupart du temps on arrive en retard à l’école à cause
de la distance et dans les quartiers périphériques il n’y a pas d’électricité. On a des problèmes
d’alimentation car nous devons faire la cuisine nous-mêmes. A cause de l’insécurité, d’autres
parents ont préféré marier les filles »
Selon la même source, Awa DRABO professeur d’histoire –géographie venue de
Namsiguya déclarait : « ça n’a pas été facile l’intégration, on a changé de sites deux fois.
Actuellement on fait la navette entre deux sites…Des mineurs ont été mariées »
7

�Les élèves déplacés internes (EDI) sont également obligés d’abandonner très souvent
les classes pour faire le rang toute la journée, même parfois des jours pour avoir des vivres
distribués par des ONG. Cela n’est pas sans conséquences sur leurs rendements. Par la suite
certains élèves ont dû abandonner les études faute de moyens. Certains qui poursuivent
présentement les cours le font grâce aux revenus issus de leurs activités génératrices de
revenus (AGR) dans lesquelles ils se sont lancés. La plupart de ces EDI se sentent abandonnés
c’est ce que nous relate les Chroniques de la Fondation Hirondelle Burkina Faso.
Figure3 : Femmes attendant avec leurs enfants EDI un accompagnement pour mener les
AGR

Source : www.studioyafa.org/minima/

Faute d'accompagnement, des élèves déplacés internes se

tournent vers les AGR

A cela s’ajoute la distance que bon nombre d’EDI effectue pour rejoindre les
établissements scolaires. Les sites d’accueil étant à la périphérie de la ville, ils sont obligés de
passer toute la journée à l’école sans souvent un minimum alimentaire car certaines cantines
scolaires ne fonctionnent pas à plein temps. Souvent, les hangars abritant les classes sont
exiguës et exposant les enfants aux intempéries.

8

�Nous avons pu rencontrer le responsable chargé de l’éducation, du sport et de la
culture de la commune monsieur Abdou Rasmané OUEDRAOGO qui reconnait les difficultés
des EDI dans les écoles. Dans son propos il évoque la non dotation des écoles en vivres pour
des raisons diverses, l’insuffisance des moyens financiers transférés par l’Etat pour l’achat des
fournitures scolaires. En effet, la part du budget communal allouée au cartable minimum est
restée statique depuis 2018 or la population scolarisable a augmenté bien avant le flux des
EDI ; donc les élèves reçus en cours d’année scolaire doivent se prendre en charge pour tout
ce qui est frais liés aux fournitures. Autre élément évoqué par le responsable aux questions
éducatives est le problème de salles de classes. « En 2021 la commune a bénéficié de l’aide
d’un projet qui construit quinze (15) salles de classes, mais cette année rien » nous ditil. « Cependant, à la date d’aujourd’hui nous avons parmi les PDI plus de soixante-dix mille
trois cent-vingt-un (70321) enfants dont 60% de ceux-ci sont scolarisés. Vous trouverez à
quelques endroits des élèves assis à même le sol pour apprendre par manque de tablesbancs ».
De plus, plusieurs PDI ne disposent pas d’éclairage, de fontaine pour s’approvisionner
en eau et souvent ils leur manquent de toilettes. Tous ces facteurs installent un stress qui
complique la survie et du coup la question de l’éducation de ces EDI est reléguée au second
plan. Ils arrivent souvent à l’école déprimés par les évènements, ils sont victimes de
moqueries de leurs camarades surtout lorsque ceux-ci ne parviennent pas à répondre
correctement aux travaux des évaluations en classe.
Outre cela, certains enseignants exacerbés par la pléthore des élèves en classe dans
leurs pratiques pédagogiques excluent les EDI non pas des murs de la classe mais ne
s’intéressent pas à eux car ils trainent beaucoup d’insuffisances. Plusieurs des EDI se sont
résignés et ont dus abandonnés l’école. C’est ce chapelet de difficultés qui contribuent à
régresser notre système éducatif qui nous pousse à mener une investigation sur la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles.

9

�Figure4 classe abritant des EDI

Source : photo prise par nous-même
Cette image ci-dessus illustre les conditions d’apprentissage difficile d EDI dans un site de
PDI situé au secteur 10 de Ouahigouya.

I.4-Enoncé du problème
Selon un rapport de l’UNESCO publié par franceinfo le jeudi 1er septembre 2022, 98 millions
d’enfants et de jeunes sont privés d’école en Afrique subsaharienne. Ce chiffre est en baisse
selon les statistiques de l’Unesco en 2000 qui livrait 400millions d’enfants dans la même
région.
Les individus vivant dans les pays les plus pauvres ont statistiquement moins de
chances d’accéder à un enseignement scolaire de qualité et la disparité entre les filles et les
garçons s’y ressentent de manière particulièrement forte3. Pourtant, c’est dans les pays qui en
ont le plus besoin à savoir les pays en développement, que l’éducation manque le plus.
C’est dans les situations où elle pourrait joué un rôle crucial qu’elle est le plus difficile
à mettre en place. Affirmer un droit à l’éducation pour tous, c’est essentiellement affirmer le
devoir pour l’humanité d’éduquer ses enfants, quels qu’ils soient et dans quelque situation que
ce soit. Sa mise en œuvre est en construction et nous verrons que les obstacles sont à la
mesure de ses enjeux. Poser un droit universel à l’éducation, c’est dire que toute personne a le

10

�droit de recevoir tous les outils nécessaires à la compréhension du monde qui l’entoure, à son
développement personnel, et à son épanouissement.
Mais l’article 26.2 de la Déclaration Universelle des Droits

de l’Homme de

1948(DUDH) va plus loin, « l’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité
humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des Libertés fondamentales.
» Pour toutes ces raisons notre pays, le Burkina Faso a déjà mis les bases d’une résilience
pour permettre aux élèves de poursuivre leur scolarisation. Déjà plusieurs établissements ont
été délocalisés, des ONG œuvrant dans l’humanitaire, et l’Unicef ont permis à des milliers
d’élèves de se réinscrire. Cependant force est de constater une insuffisance dans le processus
de leur intégration dans le système éducatif. Pour preuve, les enseignants se plaignent des
fréquentes absences des EDI au cours ; les encadreurs pédagogiques en parlent fréquemment
lors des rencontres. Plusieurs parents déplacés ; de tuteurs viennent se rassurer de la présence
de leurs enfants en classe. Alors, pourquoi une telle faiblesse de l’intégration des élèves
déplacés internes (EDI) dans les structures éducatives dans une zone à fort défit sécuritaire
comme la ville de Ouahigouya ?
Dans la suite de notre travail, nous allons nous pencher sur les facteurs explicatifs de
la faible intégration des EDI dans les structures éducatives de la commune de Ouahigouya et
éventuellement proposer des solutions idoines.
I.5-Justification du choix du thème

I.5.1- Pertinence sociale
Notre monde est actuellement agité par de nombreuses crises surtout humanitaires et
sécuritaires. Le Burkina Faso n’est pas épargné par ces crises qui mettent dans un état grave
son système éducatif. Le taux d’accès et les indicateurs de qualité de l’éducation ont reculée
de façon drastique de nos jours. Pourtant nous savons que sans éducation les maux qui minent
notre société actuelle continueront et le développement n’est point certains. L’éducation donc
est une question nationale avant d’être internationale (cela pour dire que même dans les
urgences l’effort de maintenir l’éducation pour tous (EPT) est impérieuse. Le Sommet des
Nations Unies a adopté en septembre 2000 les Objectifs du Millénaire pour le Développement
(OMD). Huit objectifs ont été fixés pour 2015, le but étant de lutter contre la pauvreté au
niveau planétaire. L’un de ces objectifs est l’universalisation de l’enseignement primaire pour
2015. Sur ce point donc, les Nations Unies rejoignent les ambitions de l’EPT. Ce qui est visé

11

�n’est pas seulement la scolarisation de tous les enfants dans le primaire mais l’achèvement
d’un cycle primaire pour tous les enfants. Selon le rapport des Nations Unies de 2005, « ce
qui est sûr c’est que la prévention des conflits, ainsi que la capacité à saisir les opportunités de
reconstruction post conflictuelle pourraient clairement accélérer la réalisation des OMD. A
contrario, un échec dans ce domaine rendrait la réalisation des objectifs fixés plus difficiles. »
les Objectifs du Millénaire pour le Développement, définis en 2000, par les Nations Unies,
disponibles sur : http://www.un.org/french/millenniumgoals.
Paris, Economica, 2005. (Publié par le programme des Nations-unies pour le
développement), p. 163.
Nous voulons par cette étude, montrer en quoi il est plus que nécessaire d’intégrer tous
les enfants déplacés dans le système éducatif. C’est une opportunité pour nous d’analyser les
facteurs qui rendent faible leur intégration et leur maintien dans les établissements de leurs
villes d’accueil. En effet, ils sont nombreux dans leur ville d’accueil à ne pas y avoir de places
dans les établissements déjà débordés d’élèves. Aussi, ce phénomène d’élèves déplacés
internes mérite une attention particulière puisque le droit à l’éducation est relégué au second
plan la société dans les situations d’urgence.
Et pour l’option prise dans le cadre de notre étude, nous avons l’obligation de centrer
nos recherches sur un problème d’actualité fragilisant l’éducation au Burkina pour en déceler
les causes et proposer des suggestions pour en sortir. Ainsi, nous avons choisi d’analyser le
problème de l’intégration des élèves déplacés internes qui, aujourd’hui est un phénomène
récent mettant à mal le système éducatif dans son ensemble et en particulier les enfants des
zones à fort défit sécuritaire ; et que moins de gens s’en préoccupent. Ainsi, ce thème de
recherche nous donne l’opportunité d’apporter notre contribution aussi modeste soit- elle à
l’amélioration de l’efficacité interne et externe de notre système éducatif.
I.5.2- Pertinence scientifique
Sur le plan social, notre système éducatif est inefficace en témoignent les échecs et les
inégalités qu’il créée au fil des années. En effet, tenant ses racines coloniales le système
éducatif demeure sélectif, élitiste, évoluant faiblement dans l’inclusion et le comble il est
inadapté aux réalités socio-économique et politique. Il y forme des chômeurs, l’incivisme
s’accroit dans tous les sphères de la société, pire le vivre-ensemble est hypothéqué.
Aujourd’hui nous constatons que le droit à l’éducation et la réduction des inégalités d’accès à

12

�l’éduction sont des leurres. Or, pour avoir de futurs citoyens loyaux, intègres, travailleurs et
partant incarnant les valeurs du vivre-ensemble nous sommes convaincus que cela passe
forcément par l’implication, l’intégration de toutes les couches sans distinction. De notre
expérience au cours de nos études sociologiques il ressort que les masses toujours,
marginalisées, même minoritaire dans une société provoquera l’asphyxie de cette dernière.
De plus, en tant qu’acteur de l’éducation, tout ce qui participe à ternir l’image de notre
système éducatif, nous répugne. Quand de par leur conduite, des enseignants, les parents, les
autorités administratives et la société entière ternissent l’image de notre système éducatif nous
ne pouvons rester insensibles. En effet à Ouahigouya, plusieurs enfants sont dans la rue,
d’autres vivent péniblement de la vente d’agrégats et certains s’adonnent à la mendicité ;
chose inacceptable pour notre part à l’étape actuel de l’évolution de notre société. La faible
intégration des enfants en général et des déplacés internes en particulier dans les structures
éducatives, et surtout

l’ampleur prise par la crise sécuritaire sont des facteurs qui n’honorent

pas l’éducation burkinabè dont on tirait pourtant fierté dans un passé récent. Avec de
modestes moyens et beaucoup d’engagement, nous estimons que l’éducation pour tous (EPT)
peut se préserver. Or, sur le plan de la gestion des crises plusieurs volets sont vites pris en
compte au détriment de l’éducation. La seule chose dont le Burkina Faso pourrait espérer tirer
fierté à notre humble avis serait le respect du droit à l’éducation pour tous. Les écarts de
planification et de gestion pédagogique et administrative conduisant ipso facto à l’échec
d’innocents que sont les enfants, alimenteraient les prochaines crises.
Sur le plan pédagogique, l’éducation étant dynamique, elle doit être poursuivie même
en temps de crise. C’est pourquoi les acteurs du système éducatif doivent trouver des voies et
moyens pour sa continuité. Nous voulons montrer à travers cette recherche que la non
intégration des élèves déplacés internes devient de plus en plus préoccupante dans bien de
localités contrairement aux exigences des politiques éducatives de notre pays. Le problème
semble plus s’accentuer dans les chefs-lieux des régions touchées par l’insécurité. Dans notre
commune Ouahigouya, les parents, les élèves et les autorités semblent tellement débordés
qu’ils ne s’étonnent plus que des élèves devant continuer leurs scolarités soient exclus du
système éducatif. Les premiers responsables de l’éducation qui s’évertuent à trouver les
moyens pour solutionner la situation voient leurs propositions balayées du revers de la main
au profit d’autres jugées plus urgentes. Les quelques établissements ayant intégré les élèves
déplacés internes n’ont pu absorber toute la demande. Et, pire il manque à ces établissements
des moyens efficaces pour donner une éducation de qualité. Alors plusieurs enfants sont
13

�laissés à eux-mêmes et ceux étant dans les écoles aussi peinent à avoir une éducation
adéquate.
Fort malheureusement, cette réalité a un impact sérieux sur les rendements scolaires en
contribuant à la baisse des indicateurs d’accès, de qualité et d’achèvement. L’éducation en
situation « d’urgence », « de crise » ou de « post-crise » est envisagée à la fois comme un
« outil de protection contre toutes formes d’exploitation » et un dispositif essentiel pour «
répondre aux besoins psycho-sociaux des enfants et véhiculer des messages de paix et de
réconciliation » Margaret SINCLAIR (2003). Dans le milieu éducatif, cette recherche
contribuerait à une prise de conscience de l’ampleur du phénomène et induirait, un
changement chez les enseignants dans le processus d’intégration des élèves déplacés internes
(EDI).
En outre, cette recherche vise à inciter les autorités politiques à s’intéresser audit
phénomène, à ses facteurs explicatifs en vue de trouver des remédiations. Nous voulons attirer
l’attention des dirigeants sur l’ampleur du phénomène afin qu’ils prennent plus au sérieux les
maux qui minent un secteur aussi capital que celui de l’éducation. « Or, il ne fait pas de doute
que l’éducation constitue à l’heure actuelle, la priorité des priorités à laquelle l’Afrique noire
doit faire face » Jean Marc ELA (1971).
Pour nous résumer, nous ne ménagerons aucun effort pour toute entreprise visant à
redorer l’image de l’école. Or la revalorisation de l’image de l’éducation est aussi et surtout
tributaire du sérieux avec lequel chacun des acteurs assume sa mission. Il est donc impératif
que les acteurs de la société et les autorités en charge de l’éducation aient des informations
justes sur les maux qui sont susceptibles de miner le système éducatif : « Ses dirigeants (les
dirigeants de la société) décèleront toute erreur et y porteront remède avant qu’elle ne
s’incruste comme un kyste qui résistera plus tard à tous les bistouris » Philip H. COOMBS,
(1968 :16).
Notre recherche sur les facteurs explicatifs de la faible intégration des EDI mettra en
exergue les difficultés et en proposera des solutions qui certainement changeront la donne.

I.6-Les objectifs de la recherche
A travers notre travail de recherche, nous poserons un objectif principal et trois
objectifs spécifiques.

14

�I.6.1-objectif principal
Cette recherche vise à connaitre les facteurs explicatifs de la faible intégration des EDI
dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya
I.6-2 Les objectifs spécifiques :
De l’objectif général, découlent trois (3) objectifs spécifiques :
✓ Cette recherche permettra d’identifier les facteurs qui expliquent l’insuffisance de
prise en charge adéquate des personnes déplacées internes.
✓ -Elle nous permettra également d’établir une corrélation entre infrastructures
éducatives et la continuité éducative des EDI
✓ -de diagnostiquer les approches pédagogiques qui sont en favorables à l’intégration
des EDI dans les structures éducatives formelles.

15

�CHAPITRE II : CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE
Dans cette partie, il s’agira pour nous de faire une revue de littérature qui permettra
d’éclairer la problématique, les hypothèses, les objectifs et les questions qui feront office de
base pour l’analyse des données recueillies sur le terrain.

I.

La revue de la littérature

Selon R. QUIVY et L. V CAMPENHOUDT (2018 :42) « tout travail de recherche
s’inscrit dans un continuum et peut être situé dans ou par rapport à des courants de pensées
qui le précèdent et l’influencent ». La présente revue de littérature, nous permet de faire l’état
des lieux et mieux orienter le problème de la recherche et la méthodologie utilisée.
Ainsi donc, de nombreux auteurs se sont penchés sur l’intégration des élèves déplacés
internes dans les structures éducatives. Partant de ce constat et pour une meilleure
compréhension de notre thème, nous ferons un aperçu des volets abordés par les différents
auteurs dans leurs écrits.

I.1 De l’effectivité des élèves exclus du système éducatif
Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI) augmente,
tout comme le nombre de réfugiés. À la fin de 2014, les estimations dénombraient 38 millions
de PDI vivant dans 60 pays, soit un accroissement de 15 % depuis 2013.L’Iraq, le Nigéria, la
République arabe syrienne, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud
totalisent 60 % des PDI selon International Deplacement Monotoring Center (IDMC, 2015).
Cette forme de déplacement est majoritairement urbaine, les PDI ayant souvent fui les zones
touchées par un conflit pour rechercher la relative sécurité des villes et bourgades, comme on
le voit en Colombie et dans le nord de l’Ouganda.
Les données relatives aux besoins éducatifs des PDI, en particulier de ceux qui ne sont
pas dans les camps, sont encore plus limitées que pour les réfugiés. Bien que les PDI soient
des ressortissants du pays où ils se trouvent et relèvent de ce fait de la responsabilité de son
gouvernement, les données les concernant sont rarement incluses dans les systèmes
d’information sur la gestion de l’éducation, et le soin de les collecter est laissé aux acteurs
internationaux. Aussi ce groupe demeure-t-il souvent relativement invisible, alors même qu’il
constitue la plus forte population de personnes déplacées de force. Les éléments disponibles
montrent néanmoins que, dans bon nombre de pays touchés par un conflit, le déplacement
interne a mis à rude épreuve une infrastructure éducative déjà inadéquate. C’est ainsi qu’au

16

�Nigéria, les attaques violentes de Boko Haram contre les civils ont depuis 2009 profondément
dévasté le nord-est du Nigéria, où l’on compte approximativement 2 millions de PDI (IDMC,
2014a). Au début de 2016, on estimait à 952 029 le nombre d’enfants d’âge scolaire qui
avaient fui les violences (HRW, 2016). Selon la Matrice de suivi des déplacements de
l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), les enfants n’avaient en juin 2015
aucun accès à des services d’éducation formels ou non formels dans 19 des 42 camps
accueillant les personnes déplacées dans six États (IOM, 2015).
Dans le monde entier, selon un rapport de l’UNICEF(2022), les attaques contre les
enfants se poursuivent sans relâche, à mesure que les belligérants méprisent l’une des règles
les plus fondamentales de la guerre : la protection des enfants. La longue durée des conflits
actuels menace l’avenir de générations entières d’enfants. Sans accès à l’éducation, une
génération d’enfants vivant en situation de conflit grandira sans avoir acquis les compétences
nécessaires pour contribuer à leur pays et leur économie, aggravant ainsi la situation déjà
désespérée de millions d’enfants et de leur famille.
L’UNICEF dans son rapport (2022 :4) Action humanitaire pour les enfants ; dans son
rôle de protection des enfants montre comment les crises, les conflits armés et guerres
impactent sur l’éducation au regard des dommages et déplacements massifs des populations.
Pour nous le HCR (cndhbf.protection des déplacés) et l’UNICEF (rapport 2022) dans leurs
rapports évoquent les raisons des déplacements massifs des populations et des conséquences
qui pourraient subvenir sur l’éducation des enfants sans pour autant relever les facteurs
limitant les actions d’intégrations de ces derniers. C’est le lieu pour nous donc de poursuivre
notre analyse du thème pour en identifier les facteurs qui expliquent la faiblesse de
l’intégration des EDI dans ces circonstances particulières des crises.
Il ressort ici que la faiblesse de l’intégration des PDI est un fait réel, or, pour nous il
faudrait que les autorités administratives recensent, intègrent les données recueillies dans un
système de gestion pour permettre de suivre les besoins d’intégration sans lesquels il n’y
aurait pas de véritable intégration des EDI. Nous estimons dès lors qu’une population ellemême mal intégrée ne peut prétendre à une intégration de ses enfants dans les structures
éducatives formelles devant assurées la continuité de l’éducation.

I.2 De l’attaque contre l’éducation : la fermeture des établissements scolaires
Toutes les crises humanitaires affectent directement l’éducation des enfants. Les
problèmes se multiplient plus lorsqu’ il s’agit de conflits armés entrainant des déplacements
17

�de population en masse et c’est la première fois que le Burkina vit une aussi grave crise
sécuritaire entrainant la fermeture de plusieurs centaines de structures scolaires.
Selon le plan d’Urgence pour l’Education au Burkina Faso (2020-2021 :10) du
MENAPLN, avec l’augmentation des cas d’attaque contre l’éducation la situation sécuritaire
dictent désormais le rythme de fonctionnalité des établissements scolaires dans les zones à
fort défis sécuritaires, ce qui est une entrave au droit à la protection des enfants. Par rapport à
la situation des écoles fermées, les régions les plus touchées sont généralement le Sahel, l’Est
et le Nord. Cette situation affecte à approximativement 13 pour cent des écoles sur l’ensemble
du territoire national. Il faut noter que plutôt que de fermer complètement, certaines écoles ont
tendance à rouvrir temporairement (environ 30 pour cent) avant de refermer encore une fois
pour la même cause. Ceci présente une situation complexe nécessitant une analyse
approfondie avant toute prise de décision de réouverture.
Ce qui reste tout de même rassurant est que plusieurs familles se déplacent carrément
vers des zones plus sûres où les enfants d’âge scolaire sont accueillies dans des écoles hôtes.
Ces dernières sont malheureusement aussi confrontées à une surcharge démographique sans
précédent (on enregistre fréquemment des classes de plus de 70 élèves/enseignants).
Dans beaucoup de zones de déplacement, il existe de dizaines d’écoles qui n'ont pas
pu inscrire les enfants déplacés internes durant les années scolaires 2018-2019 et 2019-2020,
généralement en raison de la surpopulation dans les classes. C’est dans ce contexte parfois de
désespoir que l’UNICEF a développé des approches innovantes pouvant fournir des outils
d’enseignement et d’apprentissage alternatifs et diversifier les options et les possibilités
éducatives. L’expérience a appris à l’UNICEF que si la salle de classe traditionnelle demeure
préférable, elle n’est pas pour autant le seul lieu où des activités d’apprentissage peuvent se
dérouler. Ainsi depuis 2018, par exemple, l’UNICEF et l’association sud-africaine Children’s
Radio Fondation (Childrenofafrica.org) collaborent à la conception et à la mise à l’essai d’un
programme d’enseignement par la radio dans les situations d’urgence. Destiné aux enfants
vivant dans des zones en crise qui ne peuvent pas aller à l’école, ce programme basé sur les
compétences (et non sur le contenu) offre jusqu’à dix mois de cours radiodiffusés
d’alphabétisation et de calcul, et diffuse également des messages essentiels sur la vie dans les
situations de conflit. Selon le contexte, l’UNICEF développe également des programmes
(programme

Safe

School

en

appui

au

Ministère

de

l’Education

burkinabè :

18

�unicefburkina.medium.com) presque similaires dans des espaces d’apprentissage temporaires
à base communautaires avant leur transfert dans le formel ou le non formel.
Ce plan fait ressortir l’insuffisance des établissements d’accueil des élèves déplacés
internes et évoque également la non prise en compte des élèves en situation de handicap ou à
besoins spécifiques. De même il y a la disparité du genre dans l’intégration des élèves
déplacés. En effet, les enfants vulnérables issus de familles à faibles revenus sont confrontés à
des obstacles plus importants pour accéder à l'éducation. Les garçons ont tendance à avoir un
taux de scolarisation plus élevé que les filles au niveau du collège, tandis que le coût de la
scolarisation (uniformes et d’autres frais scolaires divers) exclue automatiquement les enfants
des familles pauvres. Toutefois, l’on note encore des disparités géographiques et des
déperditions importantes au niveau des filles, dont les causes comprennent encore :
✓

les longues distances à parcourir pour rejoindre les établissements scolaires ;

✓

l’insuffisance persistante de l’offre ;

✓

la surcharge des tâches domestiques ;

✓

la vulnérabilité sociale et économique de certaines filles et des parents ;

✓

les mariages et grossesses précoces ;

✓

les violences sexistes à l'école ;

✓

L’inadéquation de l'environnement scolaire aux besoins des filles (par exemple la

gestion de l’hygiène menstruelle).
Les enfants issus de familles pauvres sont plus susceptibles d'abandonner l'école pour
compléter le revenu familial par le travail des enfants. L'analyse des obstacles à la
fréquentation scolaire indique qu'il est nécessaire de se concentrer sur l'intégration des
programmes d'éducation avec les moyens de subsistance et la protection. Selon le Rapport
Mondial de Suivi pour l’EPT (2009 :41) « L’accélération des progrès vers l’EPT ne se fera
pas sans un engagement bien plus vigoureux des gouvernements nationaux et des donateurs
internationaux en faveur d’une éducation fondée sur l’équité ». 10 Ces régions sont
actuellement les plus affectées par la crise sécuritaire 11 Statistiques post-primaire et
secondaire 2018-2019, préscolaire 2018-2019 and primaire 2018-2019 12 Rapport sur les
statistiques de rentrée de l’éducation en situation d’urgence MENAPLN, (2019).

Selon

l’UNICEF, « Prendre des écoles, des élèves et des enseignants pour cible constitue une
attaque contre le droit des enfants à l’éducation et contre leur avenir ». L'éducation des
enfants vivant dans des zones de conflit est de plus en plus menacée. En 2020, 535 attaques

19

�vérifiées contre des écoles ont été recensées soit une augmentation de 17 % par rapport à
2019.

I.3 Les facteurs explicatifs des difficultés d’intégration des PDI
Les personnes déplacées internes sont sujettes à des changements de conditions de vie
qui deviennent généralement plus difficiles. Dans certains cas, elles sont assistées sur le plan
matériel et moral par les acteurs humanitaires, les autorités gouvernementales ou encore les
communautés d’accueil. Les difficultés d’intégration sont souvent liées à l’éducation, la
résilience, la nutrition, l’abri, l’agriculture, l’eau, l’hygiène, l’assainissement et la santé. Ainsi
le rapport de profilage de PDI de la province du Soum réalisé par UNHCR et le
Gouvernement burkinabè entre 2018 et 2019 montre que sur le plan éducatif 43% de ménages
enquêtés avaient des enfants à scolariser à leurs arrivées. Ces élèves représentaient 45% des
enfants âgés de 6 à 17 ans ; cependant la plupart de ces ménages affirment qu’il faut un
environnement stable et des conditions matérielles pour que ses élèves puissent continuer à
fréquenter comme l’indique le graphique ci-dessous.

Graphique1 : Besoins majeurs des ménages pour que les élèves puissent continuer à
fréquenter

Source : enquête profilage des PDI à DJIBO 2019
L’une des difficultés à l’intégration des PDI et des moindres constitue les moyens
d’existence et les besoins prioritaires des ménages. En effet, avant le déplacement, tous les
ménages menaient une activité économique. L’activité principale de 74% des ménages était
l’agriculture, 9% travaillent dans l’élevage, 6% dans le petit commerce et 6% également dans
l’orpaillage.50% des ménages qui exercent encore une activité génératrice de revenu

20

�demeurent concentrés sur des activités à faible revenu. En effet, les ménages exerçant dans le
petit commerce ont augmenté de 5% ET 11% au niveau des ménages exerçant des travaux
journaliers. La perte des terres agricoles demeure la raison de la forte baisse des activités
agricoles. Ce tableau présenté ci-dessous illustre la baisse des revenus des PDI dans le rapport
de UNHCR/Soum 2018-2019.
Tableau1 : comparaison des ressources avant le déplacement et l’actuel
Source de revenu
Avant le déplacement
Actuel
Agriculture
74%
13%
Elevage
9%
1%
Petit commerce
6%
11%
Orpaillage
6%
6%
Artisanat
1%
1%
Travaux journaliers (Présence)
1%
12%
Fonctionnaire
&lt;1%
&lt;1%
Autres
3%
6%
Sans Emploi
0%
50%
Source : enquête profilage PDI dans le SOUM 2019
En plus de ces difficultés, l’intégration des PDI est contrastée par les problèmes
alimentaires et économiques. Un peu partout dans les villes d’accueil les personnes déplacées
éprouvent des difficultés pour se nourrir convenablement. Ainsi, ils sont contraints pour la
plupart du temps à la réduction de la quantité de la ration journalière, voire le nombre de repas
par jours. Pour avoir les vivres, les PDI achètent ou travaillent en échange contre de la
nourriture. Et pour le même rapport du UNHCR sur le profilage des PDI du SOUM, l’achat/le
travail contre de la nourriture concerne 74% des ménages, les dons solidaires des
communautés d’accueil 16% et les dons humanitaire 9%. Cette réalité a contraint plusieurs
ménages à réduire la quantité et par ricochet la possibilité de varier des habitudes
alimentaires.
Au Burkina Faso, les besoins humanitaires en abris augmentent rapidement à mesure
que les conflits et l’insécurité poussent des milliers de personnes à quitter leurs villages.
Certaines familles se sont déplacées à plusieurs reprises et les perspectives de retour immédiat
sont faibles. Les conditions de vie, d’accueil s’aggravent avec l’arrivée massive de ces
populations. En effet les PDI enregistrées au Burkina en 2020 par le Cluster Abris et AME,
laisse entrevoir que le nombre des déplacés a été multiplié par 12 en deux ans passant de
87000 en début 2019 jusqu’ à 1 049767 en novembre 2020.Cependant la couverture d’abris
s’est limitée à seulement 30% de la population ciblée qui est estimée à 65847 personnes. Tout
cela n’a fait que rendre plus vulnérables ces PDI quand on sait qu’il n’existe pas en ville des

21

�ressources naturelles telles, le bois, la paille, le banco et même l’espace pour rapidement un
logement. L’intégration se heurte à la surpopulation des villes car le Cluster Abris et le
CONASUR estiment qu’en 2020 la ville de DJIBO par exemple avait plus de PDI que la
population hôte la ville de Kaya en avait la moitié de sa population comme PDI.
Quand nous nous referons à la situation des PDI de Ouahigouya, un reportage du
journal Sidwaya parut le 1er juin 2022 fait ressortir que la région du Nord est la troisième
région ayant accueilli plus de déplacés après celle du centre nord et du Sahel. Au 31 mars
2022 on y dénombrait 218 695 âmes qui ont fui leurs terres ancestrales du fait de l’insécurité
selon les services humanitaires. Ouahigouya, le chef-lieu est ainsi submergé par un flux
massif de ces personnes en détresse. En plus de la nourriture, l’un des plus grands besoins est
le logement. En effet, ce nombre important de PDI accueilli par les autorités locales est
repartie dans plusieurs sites. Mais leur intégration ne se fait pas sans difficultés. De
l’insuffisance des maisons ou abris occasionnant des surnombres dans ceux-ci, du manque de
moyens financiers pour l’acquisition de terrains du fait de la spéculation foncière, des
difficultés de cohabitation etc. Voilà autant de problèmes vécus par les PDI rendant presque
impossible la bonne intégration de ceux-ci.
Le gouvernement et ses partenaires, les organismes internationaux et les autorités
locales font de leur mieux pour apporter le soutien nécessaire à un meilleur vivre à ces PDI,
cependant nous notons qu’avec l’arrivée massive toujours de déplacés annihile les efforts en
vue d’améliorer les prises en charge.

I.4 De la sauvegarde de l’éducation pendant les situations d’urgence complexes
La vie quotidienne et le bien-être des enfants burkinabè se sont dégradés rapidement et
profondément ces deux dernières années dans certaines régions et plus particulièrement dans
la ville de Ouahigouya qui a accueilli les déplacés internes de plusieurs communes. Cette
situation est directement liée à la violence, à l’enlèvement de personnes, aux restrictions à la
circulation auxquels ils sont chaque jour confrontés sans parler des tueries et des blessés dans
leur propre famille ou parmi leurs amis. La destruction matérielle, frustration et la pauvreté
résultant du blocage des territoires, du couvre-feu et des astreintes à résidence.
Pour apporter une réponse à cette situation le plan d’Urgence de l’Education (20202021 :13) propose de répondre aux priorités stratégiques du PNDES du Burkina Faso,
notamment au niveau de l’Objectif Stratégique 2.2 « accroître l'offre et améliorer la qualité de
l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la formation en adéquation avec les besoins de
22

�l’économie ». La réponse éducative va appuyer 170 000 filles et garçons de 6 à 17 ans ayant
des besoins éducatifs et vivant dans des communautés affectées par la crise dans 6 régions
affectés par les urgences (la Boucle du Mouhoun, le Centre-Nord, l’Est, les Hauts-Bassins, le
Nord et le Sahel) en leur apportant une éducation formelle et non formelle dans un
environnement sûr, inclusif et de qualité. Cela correspond à la vision de la SSZDES et du
HRP du Burkina Faso.
Dans les situations d'urgence que vit le Burkina Faso, la protection de l’enfant est une
opportunité de survie car elle permet d'assurer la normalité quotidienne et met à l'abri les
enfants dans des environnements sains, sécurisés et protecteurs. La protection offre un cadre
qui permet aux enfants d'être protégés, de bénéficier du soutien psychosocial, de se projeter
dans l'avenir et de devenir un agent de changement pour eux-mêmes, pour leur famille et pour
leur communauté.
Les actions de protection de l’enfance s'alignent aux priorités du Ministère de la
Femme, de la Solidarité Nationale et de l'Action humanitaire (MFSNAH), à travers la
collaboration étroite avec les différentes directions en particulier la Direction Générale de la
Famille et de l’Enfant, mandatée pour assurer l'accès aux interventions de prévention de
violences, abus et exploitation et réponses aux besoins des enfants affectés par la crise. La
réponse de protection de l’enfance va appuyer 1 000 filles et garçons de 6 à 17 ans ayant des
besoins de protection spécifiques, ainsi que toutes les écoles ciblées dans le renforcement des
actions Safe School (comportant déjà des aspects de soutien psychosocial et de santé mentale
dans les 6 régions ciblées).
En résumé, l'intervention adopte une double approche combinant un appui à
l’éducation formelle et non formelle avec une composante de protection de l’enfant. Elle
prend en compte la connexion entre les écoles et les cellules communautaires de protection de
l’enfant, ce qui facilitera le renforcement des actions Safe School déjà amorcées dans le cadre
des autres financements sur le terrain avec le soutien de la Suisse, de la Norvège et du Japon.
Nous ne négligeons pas ces différentes réponses à la situation des EDI, cependant, il faut
reconnaitre que sur le terrain l’effectivité de ces actions reste très faible car le nombre de PDI
grossit chaque jour ; la coordination entre les services de l’Etat manque de réponse adéquate
pour l’accueil des PDI et le soutien des ONG s’affaiblit par manque de moyens financiers. Or,
nous savons que des parents et des enfants dont leurs vies sont ravagées par la faim, la
pauvreté et la maladie ne peuvent pas réaliser leur potentiel à l’école. C’est pourquoi nous

23

�estimons bon d’approfondir notre analyse qui permettra d’identifier les facteurs explicatifs de
cette faible intégration des EDI dans les structures éducatives de la commune de Ouahigouya
et d’en trouver des réponses plus adéquates qui prennent en comptes tous les élèves dans le
système éducatif Burkinabè.
A l’issue de cette revue de la littérature, nous estimons que l’ensemble des écrits
exploités nous a été d’une grande utilité dans la mesure où les diverses informations qu’ils
contiennent viennent préciser davantage notre recherche. Notre recherche semble compléter
les travaux qu’effectue la Panification de l’éducation au MENAPLN sur la projection dans les
statistiques dans la mesure où notre étude s’intéresse à l’intégration des EDI dans les
structures éducatives formelles. La rareté d’études antérieures sur l’intégration des EDI Dans
les structures éducatives formelles au Burkina Faso, plus précisément dans la commune de
Ouahigouya justifie donc notre choix pour cette étude.

II- Le cadre de référence théorique
Notre thème de recherche porte sur l’intégration des élèves déplacés internes dans les
structures éducatives formelles dans la commune de Ouahigouya. Il s’inscrit dans le vaste
champ sociologique. Dès lors, nous avons pris comme repère ou référence, la théorie de
besoins de A. H. Maslow, la théorie du socioconstructivisme et la théorie de la pédagogie
différenciée.

II.1. La théorie de la motivation selon la théorie des besoins de A.H. Maslow
La motivation désigne un processus qui est déclenché à l’origine par l’action d’une
force motivationnelle inférieure qui dépend de caractéristiques personnelles comme les
besoins, les pulsions, les traits de personnalités. Les travaux de A.H. Maslow, à partir des
années 1950, permettent de classer les besoins humains par ordre d’importance en cinq
niveaux. Ce classement correspond à l’ordre dans lequel ils apparaissent à l’individu : la
satisfaction des besoins d’un niveau engendrant les besoins du niveau suivant. Sa conviction
est qu’on ne peut agir sur les motivations supérieures d’une personne qu’à la condition
expresse que ses motivations primaires (besoins physiologiques et de sécurité) soient
satisfaites.

II.2 Les besoins physiologiques
Ce sont des besoins directement liés à la survie de l’individu ou de l’espèce. Ce sont
typiquement des besoins concrets (manger, boire, se vêtir, se reproduire, dormir, etc.) A priori
ces besoins sont satisfaits pour la majorité d’entre nous, toutefois nous ne portons pas sur ces
24

�besoins la même appréciation. Cette différence d’appréciation peut engendrer une situation
qui sera jugée non satisfaisante pour la personne et à son tour le besoin à satisfaire fera naitre
une motivation pour cette personne.

II.3 Les besoins de sécurité
Ils viennent du désir de chacun d’entre nous à être protégé physiquement et
moralement. Ce sont des besoins complexes dans la mesure où ils recouvrent une part
objective : notre sécurité et celle de notre famille et une part subjective liée à nos craintes, nos
peurs, et nos anticipations qu’elles soient rationnelles ou non : sécurité d’un abri (logement,
maison) ; des revenus et des ressources ; sécurité physique contre la violence, la délinquance,
les agressions, etc. Sécurité morale et psychologique ; sécurité et stabilité familiale ou, du
moins affective ; sécurité médicale /sociale et santé.

II.4 Les besoin d’appartenance.
Ils correspondent aux besoins d’amour et de relation avec et entre les personnes :
besoin d’aimer et d’être aimé (affection) ; avoir des relations intimes avec un conjoint (former
un couple) ; avoir des amis ; faire partie intégrante d’un groupe cohésif ; se sentir accepté ; ne
pas se sentir seul ou rejeté. Ce sont les besoins d’appartenance à un groupe qu’il soit social,
relationnel ou statutaire. Le premier groupe d’appartenance d’une personne étant la famille.

II.5 Les besoins d’estime.
Ils correspondent aux besoins de considération, de réputation, de reconnaissance ou de
gloire, de ce qu’on est par les autres ou par un groupe d’appartenance. La mesure de l’estime
peut aussi être liée aux gratifications accordées à la personne. C’est aussi le besoin de respect
de soi -même et de confiance en soi.

II.6. Les besoins d’auto-accompagnement.
Les besoins d’auto-accompagnement correspondent aux besoins de se réaliser,
d’exploiter et mettre en valeur son potentiel personnel dans tous les domaines de la vie. Ce
besoin peut prendre des formes différentes selon les individus. Pour certains ce sera le besoin
d’étudier, d’en apprendre toujours plus de développer ses compétences et ses connaissances
personnelles ; pour d’autres ce sera le besoin de créer, d’inventer, de faire ; pour d’autres ce
sera la création d’une vie intérieure. Le processus de motivation peut être déclenché aussi par

25

�une force motivationnelle externe qui dépend de la situation, de l’environnement de travail, de
la nature de l’emploi, du mode de mode de management des supérieurs, etc.
En somme, la théorie de la motivation selon les besoins de Maslow, montre que les
EDI se retrouvent dans les cinq niveaux de cette classification. Ils n’ont pas souvent les trois
repas journaliers et résident la plupart du temps dans les quartiers dépourvus d’eau et
d’électricité. Ils vivent dans des familles atteintes de psychose du fait des attaques terroristes
et ne peuvent être exempts de cette situation. Ces EDI ont dû se séparer de parents proches,
d’amis et de voisins qui leur étaient très chers. Enfin dans cette situation où la valeur des
parents est réduite par leur situation de déplacés précaires, les EDI perdent confiance en euxmêmes et n’ont plus du goût à la vie. Toute chose qui affecte leur éducation.
Nous allons à la suite de la théorie de besoins de Maslow nous référer à la théorie du
socioconstructivisme.
II.6.1 De la théorie du socioconstructivisme.
Le socioconstructivisme encore appelé sociocognitive par rapport au constructivisme
introduit une dimension des interactions, des échanges, du travail de verbalisation, de
construction et co-élaboration Vigotsky, (1985). L’apprentissage dans cette vision est
considéré comme le résultat des activités sociocognitives liées aux échanges didactiques entre
enseignants-élèves et élèves-élèves. Le concept d’une construction sociale de l’intelligence est
la continuité d’une auto-socio construction des connaissances par les interactions sociales
avec d’autres personnes, interactions sociales sur l’apprentissage. Le socioconstructivisme est
un modèle d’enseignement –apprentissage, pour lequel trois éléments sont indissociables pour
permettre le progrès à savoir : la dimension constructiviste qui fait référence au sujet qui
apprend, la dimension socio qui fait référence aux partenaires en présence, la dimension
interactive qui fait référence au milieu. Le socioconstructivisme a introduit un paramètre
déterminant de la méditation de l’autre négligé par Piaget : l’influence du monde extérieur sur
le développement des habilités. La théorie socioconstructiviste a un lien étroit avec notre sujet
de recherche en ce sens que les EDI ont besoin d’un environnement convivial et de paix pour
leurs apprentissages. Cette théorie à un lien étroit avec notre thème de recherche. Les
apprentissages, pour être efficaces et profitables doivent se dérouler dans un climat sain fait
d’entraide, de collaboration et de partenariat entre acteurs.

26

�II.6.2 La théorie de la pédagogie différenciée
Dans une classe, les élèves apprennent à des rythmes différents d’un élève à l’autre. La
pédagogie différenciée elle-même se définit comme étant la pédagogie qui tient compte des
différences

d’acquisition

des

savoirs

par

les

élèves

dans

le

processus

enseignement/apprentissage. Elle vise à résoudre le problème de l’hétérogénéité ou de le gérer
dans les tâches pédagogiques pour le bonheur des élèves.
L’hétérogénéité est donc plus qu’une réalité dans nos écoles de nos jours.
L’enseignement frontal et les exercices stéréotypes, répétitifs ne suffisent plus pour donner à
tout le monde la chance d’acquérir des savoirs ou des compétences plus d’apprentissages. Les
apprenants profitent d’approches pour et cerner un objet d’étude et progresser. Halina
PRZESMYCKI (1991 :10) apporte un éclairage en définissant la pédagogie différenciée
comme : une pédagogie individualisée qui reconnait l’élève comme une personne ayant ses
représentations propres de la situation de formation ; une pédagogie variée qui propose un
éventail de démarches, s’opposant ainsi au rythme identitaire de l’uniformité, faussement
démocratique, selon lequel tous doivent travailler au même rythme, dans la même durée et par
les mêmes itinéraires. Il décrit ainsi la pédagogie différenciée avant tout comme une
pédagogie des processus. Les élèves bénéficient d’un cadre souple dans lequel les
apprentissages sont diversifiés afin que tous évoluent selon leurs savoirs et savoir-faire. Selon
lui, la pédagogie différenciée découle de l’hétérogénéité des élèves d’une même classe et se
fonde sur des différences cognitives (degré d’acquisition des connaissances, stratégies
d’apprentissage, représentations, des modes de pensée, etc.), des différences socioculturelles
(valeurs, croyances, types de socialisation desquels les élèves ont bénéfice) ainsi que les
différences psychologiques (expériences vécues, personnalité, motivation, attention, rythmes,
etc.)Y faire face représente un défi complexe pour l’enseignant.
Selon P. Meirieu (1988 : 106) : « La pédagogie différenciée est une méthode originale
prenant en compte la spécificité du savoir, la personnalité de l’élève et les ressources du
maitre » Il ajoute qu’ il est indispensable de substituer au contrat tacite et unique qui liait le
maitre à toute une classe, des contrats individuels et diversifiés qui engagent chaque élève,
précisant exactement ce que l’on attend de chacun d’entre eux et les soutiens sur il peut
compter (p.156).P. Meirieu complexifie encore : « l’expression de pédagogie différenciée est
un pléonasme, il n y a de pédagogie que différenciée, puisqu’ il n y a de savoir que dans et par
le chemin qui mène »(p.36). Si pour P. Meirieu (1991) c’est une évidence, puisqu’ il n’a pas
d’autre possibilité d’amener un élève à apprendre, pour beaucoup cet ajustement permanent
27

�pour accompagner l’élève est un idéal utopique. Nous pourrions multiplier les définitions de
la pédagogie différenciée. On peut ressortir quelques points qui reviennent dans la plupart des
définitions : l’élève et son activité doivent être au cœur des apprentissages. La différenciation
vise à créer des conditions d’apprentissage optimales pour le plus grand nombre d’élèves
possible au sein du groupe classe en s’appuyant sur le fait que la différence peut être un
enrichissement pour apprendre.
Notre étude aborde la situation d’intégration des élèves déplacés internes (EDI) dans
les structures éducatives formelles. Cela veut dire que la bonne intégration passe
nécessairement par l’usage d’une bonne théorie d’apprentissage. Ces classes sont différentes
des autres à plusieurs niveaux : elles ont d’abord des effectifs larges du fait de leur nombres
limité d’une part aussi par le flux des déplacés qui augmente de jour en jour. Ensuite les
élèves qui composent ces classes viennent des horizons divers et vivent pas souvent les
mêmes réalités. En plus, ils ont des niveaux disparates : certains ayant terminés l’année
scolaire précédente dans les meilleures conditions, d’autres par contre dans les des situations
difficiles, certains n’ont cependant eu de classes. Toutes ses raisons nous confortent à dire que
la démarche pédagogique qui sied pour ses apprenants semble bien être la pédagogie
différenciée.
II.6.3. Raison du choix des théories
Nous avons choisi de nous penser sur ces trois théories pour trois raisons :
❖ -Premièrement il est question dans notre présente étude d’intégration des PDI et des
EDI. En nous référant à la théorie de A. Maslow, cela nous permet de cerner les
dimensions qu’il faut prendre en compte dans les processus d’intégration d’un
individu à un groupe social. En effet, des parents et des élèves ont des besoins
minimums qui garantissent leur personnalité et la liberté afin de prendre des actions
dans leur milieu de vie. Si ces conditions ne sont pas réunies comme l’a développé
Maslow, les personnes déplacées vivant des situations étrangères ne peuvent
accomplir leur devoir de façon correcte envers la société. De plus les EDI s ils sont en
marge de certains droits ne pourront pas s’intégrer à l’école.
❖ -En plus, nous avons invoqué la théorie du socioconstructivisme, puisqu’ il s’agit pour
nous de proposer dans notre étude des suggestions pour l’intégration harmonieuse des
EDI au système éducatif. Ainsi pour cette dernière la réussite des apprentissages dans
nos structures éducatives d é » pendent des approches pédagogiques favorisant

28

�l’interaction des élèves dans la conquête du savoir. Il ne s’agit donc pas d’isoler les
EDI à part dans des écoles fermées à la société d’accueil mais plutôt d’avancer
ensemble

dans

un

système

équitable

prônant

le

vivre-ensemble.

Le

socioconstructivisme est également le terreau favorable d’une construction des valeurs
sociales durables car c’est en son sein qu’à lieu la prise de conscience produit par le
conflit cognitif qui, lui-même est l’origine de l’abandon de l’erreur, les présomptions,
les préjugés et d’accepter ce qui est probant. Nous pensons qu’avec cette théorie il est
possible de préparer les générations afin qu’elles vivent en harmonie dans le futur.
❖ -Pour la théorie de la pédagogie différenciée ici évoquée, nous amène à traduire de
façon pratique le comportement des praticiens de la pédagogie dans des circonstances
particulières des classes accueillant les EDI. En effet, les structures éducatives ont
changé sur divers plans avec les déplacements massifs des populations et pour cela de
nouvelles stratégies de conduites des classes doivent s’appuyer sur des approches plus
productives. Nous estimons qu’en plus des approches dont faisaient usages les
enseignants, nous pourront faire recours à la théorie de la pédagogie différenciée
surtout que les EDI ont subi toute sorte d’instabilité sur le plan apprentissage.
Pour nous résumer, nous dirons que le choix de ces théories va nous guider dans la présente
recherche et nous aidera à atteindre les objectifs visés.
De ces trois théories de référence, nous retenons que l’intégration des EDI dans les
établissements scolaires formelles passe par une intégration qui efface les différences, les
lignes entre PDI et autochtones ; le respect des droits de l’homme source de cohésion sociale.
De cette intégration harmonieuse passe par la satisfaction des besoins des EDI d’où découle la
motivation de l’individu. Cela est un processus comme l’a démontré Maslow dans sa théorie ;
les différents besoins de l’individu. Les élèves ne peuvent avoir la possibilité de fréquenter
l’école si l’un de ces besoins cités par cet auteur lui manque. Aussi, l’apprentissage à l’école
pour être efficace dans la construction des savoirs solides dépend d’une bonne théorie d’où la
théorie du socioconstructivisme. L’intégration des élèves passe également par l’interaction
dans les apprentissages. Il appartient donc aux enseignants d’user des approches
pédagogiques se fondant sur cette théorie pour assurer une bonne intégration des EDI. De plus
la théorie de la pédagogie différenciée est ici citée car la situation de crises sociale a fait naitre
plusieurs types d’élèves défavorisés dans les apprentissages. Pour lutter contre ces différences
l’exploitation d’une démarche pédagogique à même de faciliter l’intégration des EDI par la
prise en compte des différences dans les apprentissages est beaucoup recommandée.

29

�Dans la présente recherche nous allons nous adosser sur la théorie de la motivation de
Maslow car elle a un lien étroit avec notre thème qui traite de l’intégration des EDI dans les
structures éducatives. L’intégration passe par un processus de motivation déclenché par une
force motivationnelle externe.
II.6.4 Le cadre conceptuel
Dans cette partie nous allons nous atteler à expliciter un certain nombre de concepts en
relation avec notre thème de recherche. Ces concepts sont les suivants : les facteurs, faible
intégration, élèves déplacés internes, structures éducatives, formelle, commune.
A. Élèves déplacés internes
Le concept déplacé signifie qui a changé de place de façon courante.
Selon les principes directeurs de 1998 sur les déplacements internes de UNHCR, les
personnes déplacées internes sont des personnes ou groupes de personnes qui ont été forcés
ou contraints à fuir ou à quitter leur foyer ou leur lieu de résidence habituel, notamment en
raison d’un conflit armé, de situations de violence généralisée, de violation des droits de
l’homme ou pour éviter les efforts et qui n’ont pas franchi les frontières internationalement
reconnues d’un Etat. Il y a donc une différence nette entre les réfugiés et les déplacés internes.
Une personne déplacée interne veut donc dire une personne contrainte de quitter son lieu de
résidence habituel, de fuir à l’intérieur de son propre pays. En ce sens, les élèves déplacés
internes sont ceux ayant été déplacés de force à quitter leurs villages avec leurs parents pour
raison d’insécurité, aux conflits armés, aux violences, aux violations de droits humains, de
catastrophes naturelles etc ; et se retrouvant dans les villes à l’intérieur du pays.

B. Faible intégration
En Sociologie, l’intégration peut être vue comme l’assimilation d’un individu, d’un groupe à
une communauté, à un groupe social. Dans notre contexte l’intégration voudrait dire s ajouter,
s’imbriquer pour faire un tout sans distinction.
Dans le domaine de la sociologie, l’intégration est la phase ou les éléments d’origine
étrangères sont complètement assimilés au sein de la nation tant au point vue juridique que
linguistique et culturel, et forment un seul corps social (De GAULLE, Mémoire de guerre,
1959, p.457). Le concept faible est un adjectif qualificatif qui traduit l’état d’une chose qui
n’a pas de force, qui n’est pas d’un niveau élevé, qui est peu considérable. La faible
intégration des EDI dans les structures éducatives signifie qu’il existe peu d’EDI qui
fréquente les écoles où les éléments d’intégration ne sont pas assimilés.
30

�C. Structures éducatives
La structure selon le dictionnaire français L’Internaute consulté sur www.linternaute.fr ;
est une organisation des parties d’un système qui lui donne sa cohérence et en est la
caractéristique permanente. C’est l’organisation complexe du système. Ainsi, les structures
éducatives signifient l’ensemble des établissements (préscolaire, primaire, post-primaire
formel, non formel, informelle et spécifique) qui forme un système d’éducation de façon
articulée. La loi 013-2007 /AN portant loi d’orientation de l’éducation du 30 juillet 2007 au
Burkina Faso, structure les différents ordres de l’éducation comme suit : l’éducation
préscolaire,

l’enseignement

primaire,

l’enseignement

post-primaire,

l’enseignement

secondaire, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle.
D. Formelle
Ce qui est formel se rapporte aux normes et aux règles établies par les institutions reconnues.
Parlant des structures éducatives formelles, selon la loi 013-2007/AN du 30 juillet 2007
portant orientation de l’éducation au Burkina Faso, cela s’entend comme l’ensemble des
activités éducatives, enseignement et formation professionnelle se déroulant dans les
établissements scolaires ou centre de formation reconnus ; dont les contenus sont formalisés et
fonctionnant selon la législation du pays.

III- Questions, Hypothèses et indicateurs de vérification
III-1--Les questions de la recherche
A travers notre travail de recherche, nous poserons une question principale et trois
questions spécifiques
A-Question principale
Quels sont les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes
dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya ?
B- Les questions spécifiques :
De la question principale, découlent trois (3) questions spécifiques :
a) L’insuffisance de la prise en charge adéquate des personnes déplacées internes (PDI)
n’explique-t-elle pas la faible intégration des élèves déplacés internes (EDI) dans les
structures éducatives formelles de Ouahigouya ?
b) L’insuffisance des infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya estelle liée à la faible intégration des élèves déplacés internes ?

31

�c) La faible intégration des élèves déplacés internes dans les structures éducatives
formelles n’est –elle pas liée aux méthodes et techniques d’enseignement utilisées par
les enseignants en classe ?
Pour mieux appréhender les interrogations que suscite notre thème de recherche et
apporter les éléments de réponses, nous avons formulé une hypothèse principale et trois (3)
hypothèses secondaires.

III-2-Les hypothèses
A -Hypothèse principale
L’inadéquation de la prise en charge des déplacés conjuguée à l’insuffisance
d’infrastructures éducatives et aux approches pédagogiques expliquent la faible intégration
des EDI dans les structures éducatives.
B- Hypothèses secondaires
De cette hypothèse principale découlent trois (3) hypothèses secondaires :
➢ Hypothèse n°1 :
L’insuffisance de prise en charge adéquate des personnes déplacées internes ne
favorise pas l’intégration de leurs enfants dans les structures éducatives formelle.
➢ Hypothèse n°2 :
La faible intégration des élèves déplacés internes dans les structures éducatives a un
lien avec le nombre d’infrastructures éducatives formelles.
➢ Hypothèse n°3 :
L’usage des méthodes et techniques d’enseignement par les enseignants est cause de la
faible intégration des EDI dans les structures éducatives formelles.

C- Les indicateurs de vérification des variables
Variables indépendantes
➢ La prise en charge insuffisante des personnes déplacées
-le pourcentage de déplacés internes ayant été enregistrés à l’arrivée par les structures
de l’action sociale ou d’une ONG humanitaire ;
-le pourcentage de personnes déplacées internes relogées en moins de 10 jours après
leur arrivée ;
-le pourcentage de personnes déplacées internes qui ont bénéficié d’aide en vivres

32

�-pourcentage de parents et d’élèves déplacés internes qui ont bénéficié de prise en
charge psycho-sociale de la part des autorités administratives ;
-pourcentage de radios locales ayant fait des sensibilisations sur les possibilités
d’inscription des élèves déplacés ;
➢ Le nombre d’infrastructures éducatives formelles.
-le nombre d’écoles primaires privés ayant accueilli des EDI,
-le nombre d’écoles primaires publics ayant accueilli des EDI,
-nombre de salles de classes des établissements publics et privés de la commune
-nombre de classes temporaires aménagées pour accueillir les EDI
➢ Le nombre d’approches pédagogiques adapté utilisé
-pourcentage d’enseignants ayants bénéficié d’une formation sur les approches pédagogiques
intégratrices
-pourcentage d’enseignants qui met en pratique l’approche inclusive,
-proportion d’enseignant mettant en pratique l’approche de la pédagogie des grands groupes,
-pourcentage des enseignants qui utilisent la pédagogie différenciée dans leurs pratiques
classe
-pourcentage des enseignants qui pratique l’approche pédagogique intégratrice dans leurs
classes
Variable dépendante
La faible intégration des EDI
- proportion de la mauvaise fréquentation des EDI ;
-pourcentage des EDI ayant redoublé à deux reprises de classes,
-proportion d EDI qui présentent des séquelles physiques ou psychologiques dus aux
terroristes, (blessés, troubles psychologiques, menaces, intimidation, stigmatisation…)
- proportion des abandons EDI ;

33

�CHAPITRE III : METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
Dans le but de vérifier les hypothèses émises plus haut, il est nécessaire de circonscrire notre
zone d’étude. Pour ce faire, la population étudiée, l’échantillon choisi, les procédés de
collecte des données, l’approche utilisée et les outils de collecte, d’analyse et de traitement
des données ferons l’objet d’une description dans ce présent chapitre.

I-Population d’étude et échantillonnage
Dans cette rubrique nous nous attèlerons à décrire de façon succincte le site géographique de
la recherche, la population concernée par l’étude et à l’échantillonnage.

➢ Site géographique de l’étude
Le site d’étude choisi se limite aux Circonscriptions d’Education de Base (CEB) de la
commune de Ouahigouya et cela pour plusieurs raisons. D’abord pour des raisons budgétaires
et de temps. Ensuite, parce que nous trouvons que le milieu choisi offre un panorama
intéressant de réalités communes aux chefs-lieux des régions touchées par les attaques
terroristes. La commune de Ouahigouya relève sur le plan éducatif, de la Direction
Provinciale de l’Education Préscolaire, Primaire et Non Formelle (DPEPPNF) du Yatenga
dans la région du Nord et compte deux CEB qui sont : la CEB de Ouahigouya I et celle de
Ouahigouya II.
Pour l’atteinte des objectifs de cette étude, la connaissance des ressources humaines et
matérielles des CEB de la commune est nécessaire. Ainsi, les tableaux suivants présentent des
données relatives aux infrastructures, aux personnels enseignants et élèves.

II-Population cible
Cette étude se base sur une population hétérogène constituée d’élèves (EDI), les PDI,
des enseignants, de directeurs d’écoles, les chefs de circonscriptions d’éducation, du maire de,
la commune de Ouahigouya, le directeur provincial en charge de l’éducation du Yatenga et du
directeur provincial en charge de la solidarité et de l’action humanitaire Yatenga.

II.1 Les élèves et leurs parents
Les élèves déplacés internes inscrits ou non dans les structures éducatives formelles de
la commune sont les principaux concernés dans les difficultés d’intégration. Ils sont de ce fait

34

�les mieux indiqués pour nous fournir des informations ; d’où l’importance de recueillir leurs
opinions dans notre étude. Les parents quant à eux, vivent au quotidien les difficultés
d’intégration de leurs enfants dans les écoles. Ils sont également des personnes pouvant
fournir des informations sur la faible intégration des élèves.

II.2 Les enseignants et les directeurs d’écoles
Les enseignants et les directeurs sont les principaux acteurs de la gestion pédagogique
des classes et des établissements. Ils vivent au quotidien les problèmes liés aux effectifs
élevés dans les classes, le manque de matériel, aux difficultés d’ordre socioculturel,
pédagogique et environnemental de leurs classes ou écoles. Les interroger, c’est leur donner
l’opportunité de faire ressortir les problèmes liés à l’intégration efficiente des EDI inscrits
dans leurs classes.

II.3 Les Chefs de Circonscription d’Education de Base (CCEB)
Les CCEB sont chargés du bon fonctionnement des écoles. Ils veillent sur le
déroulement adéquat des activités administratives, pédagogique et sociales des établissements
de leurs circonscriptions éducatives. Ils sont en mesure de nous situer sur les difficultés
d’intégration des EDI.

II.4 Le Maire
Le Maire est le premier responsable de la commune. A ce titre, l’accueil du flux des
PDI, les questions des sites d’aménagement d’accueil, des infrastructures éducatives, des
fournitures scolaires et des cantines scolaires transférées par l’Etat l incombent. Nous
estimons que les interroger nous permettra de récolter des informations sur la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya.

II.5 Le Directeur provincial de la solidarité et de l’action humanitaire du Yatenga
Le Directeur provincial en charge de la solidarité et de l’action humanitaire par les
politiques de l’Etat gère la situation humanitaire, de crises dans la province. Il
accueil enregistre les PDI, résout avec les partenaires les problèmes alimentaires, sécuritaires
sanitaires et éducatives des populations déplacées. Il est mieux indiqué pour nous renseigner
sur les questions de prises en charge des PDI.
II.6 Le Directeur provincial en charge de l’éducation du Yatenga
Il le responsable provincial en charge de la coordination des activités éducatives et de
la mise en œuvre des politiques éducatives. Nous sommes convaincus qu’il pourra nous
35

�apporter des réponses à nos préoccupations d ou la nécessité de nous entretenir avec lui sur
l’intégration des EDI dans les structures éducatives de la ville.

III- L’échantillonnage
Pour cette recherche nous avons opté pour l’échantillonnage de type probabiliste. Il va
consister à sélectionner simplement au moyen d’une procédure aléatoire tout individu de la
liste de l’échantillon de recherche. C’est ainsi que pour chaque catégorie de participants à
l’étude, nous insisterons beaucoup sur leur bonne foi et leurs expériences afin de récolter de
données dignes d’être traitées et analysées pour en sortir des informations fiables.
L’échantillon
Le tableau suivant présent la composition des structures et de la population cible

36

�Tableau n°2 : Ecoles de la ville de Ouahigouya ayant un nombre très important d’ EDI
Ecoles

Enseignants

Total des

Effectif

Effectif

effectifs par

des

des EDI

école

élèves
non
déplacés

Togzague A

13

1063

760

303

Togzague B

6

590

484

106

Gondologo A

18

1058

792

266

Gondologo B

18

1510

1056

454

Gondologo C

15

696

645

51

Siguivoussé 1

16

1040

686

354

Siguivoussé 2

7

500

379

121

Peela 1

19

791

684

107

Peela 2

16

798

660

138

Peela 3

6

396

371

25

Teegwendé

8

384

323

61

Bangrin 1

17

566

471

95

Bangrin 2

18

700

593

107

Ipala A

20

629

555

74

Tamsin Est A

10

480

221

259

Tamsin Est B

6

259

44

215

Bangrin 3

3

91

50

41

Wendpouiré

26

1041

623

418

Souli B

25

1057

555

502

Gourga B

25

191

112

79

Oufré B

29

1141

589

552

Gourga A

21

732

418

314

Oufré A

15

747

589

158

Wendkonta A

23

955

498

457

TOTAL

380

17415

12158

5257

37

�Source : synthèse faite par nous même à partir des données statistiques des deux CEB de
Ouahigouya / Septembre 2022
Dans la commune il y a 172 écoles formelles. Pour l’échantillonnage de cette
population cible nous allons nous intéresser uniquement aux écoles de la ville qui ont des
effectifs importants d EDI comme le tableau ci-dessus l’indique. Nous procèderons ainsi :
Nous choisirons 10 Directeurs d’écoles dont leurs écoles ont accueilli plus d’EDI sur
les 24 écoles de la ville. Nous nous intéresserons à cet échantillon car les EDI sont
majoritairement inscrits dans les écoles situées en pleine ville. Nous aurons donc 6.89% des
directeurs qui seront représentées dans l’échantillon.
Soixante (60) enseignants des écoles ayant des EDI seront également soumis aux
questionnaires. Ce nombre est choisi pour des raisons objectives car sur l’effectif total des
enseignants de la commune seulement

380 ont des EDI dans leurs classes au regard de la

concentration des déplacés internes dans la ville ; soit un pourcentage de 41.37%.
Des Guides d’entretien seront adressés à trente (30) EDI repartit dans ces différentes
écoles (24) seront soumis à notre guide d’entretien. L’échantillon des EDI représente 20.68%.
Nous avons également pris quarante (40) PDI comme échantillon. Nos entretiens se
dérouleront dans trois sites d’accueil en plus des PDI se trouvant logés chez des parents ; soit
10 pour chaque rubrique. L’échantillon choisi représente 27.58% Nous avons retenu les
personnes ressources ; le Maire, le Directeur provincial en de l’éducation, le Directeur
provincial de la solidarité nationale et de l’action humanitaire chacun d’eux est représenté à
0.68% de l’échantillon et des CCEB OHG1 et 2 pour 1.37%.

38

�Tableau n°3 : l’échantillon prévisionnel
N°
Participants
Nombre Questionnaire

Guide d’entretien

Pourcentage

01

Enseignant(es)

60

X

41.37%

02

Directeur (trice)s

10

X

6.89%

03

CCEB

02

X

1.37%

04

DP éducation

01

X

0.68%

05

Maire

01

X

0.68%

06

DP action sociale

01

X

0.68%

07

EDI

30

X

20.68%

08

PDI

40

X

27.58%

Total

145

100%

Source : réalisé par nous-mêmes à partir de l’ échantillon

III.1. La présentation et la validation des outils de collecte des données
Cette partie est consacrée à la présentation des techniques et instruments de collecte
des données.
III.1.1 Techniques et instruments de collecte des données.
Les techniques suivantes sont employées par la méthode d’enquête : l’entrevue,
l’observation et le sondage ou recensement. Ces techniques sont exploitées soit dans
l’approche quantitative, ou dans l’approche qualitative. Dans notre étude, nous utiliserons les
deux approches avec pour instruments de collecte de données : les questionnaires et les guides
d’entretien.
❖ -Le questionnaire que nous allons utiliser comporte à la fois des questions ouvertes et
des questions fermées. Il sera utilisé pour collecter les données auprès des enseignants
et les Directeurs d’école au regard de sa capacité à faire ressortir l’aspect qualitatif et
quantitatif que nous visons dans cette recherche.
-Les guides d’entretien comportent des questions fermées ou ouvertes élaborées administrées
par nous-mêmes. Ces questions permettront aux enquêtés d’argumenter leurs points de vue à
travers les réponses.

39

�Tableau n°4: synthèse des instruments de collecte des données
N°
Participants
Questionnaire

Guide d’entretien

01

Directeurs

10

00

02

Enseignant(es)

60

00

03

CCEB

00

02

04

EDI

00

30

05

PDI

00

40

06

Maire

00

01

07

DP action social

00

01

08

DP éducation

00

01

70

75

Sous total
Total général

145

Source : synthèse faite par nous-même/septembre 2022

III.1.2 La validation des outils de collecte des données.
Pour la validation des outils, nous avons fait recours au technique pré-test et du jugement. En
effet le pré-test à consister à soumettre un spécimen de nos différents outils à une catégorie de
personnes. Ainsi, le questionnaire adressé aux enseignants et aux directeurs d’école a été
testés dans les écoles, précisément de la ville de Ouahigouya. Cet examen nous a permis de
corriger les imperfections. Pour les opinions nous avons recueillis les jugements de trois
inspecteurs de l’éducation de base, le Coordonnateur de l’association AAAE et par trois
inspecteurs de la Direction provinciale en charge de l’éducation dans le Yatenga
pour la finalisation de tous les outils. C’est à l’issu de la validation des instruments de collecte
que notre enquête sur le terrain a débuté le 19 juillet pour s’achever le 17 aout 2022.Quant à
l’administration des instruments, nous avons avec l’accord des Directeurs distribué le
questionnaire dans chacune des écoles retenues pour l’étude. Pour les personnes concernées
par l’entretien, nous avons fait connaitre à l’avance ce guide puis après un rendez-vous nous
sommes passés pour l’entretien.
III.1.3 Construction d’un plan d’analyse des données
Cette rubrique montre comment les informations collectées seront traitées avant leur analyse.
Au regard de notre échantillon, les techniques d’analyses qualitative et quantitative des
données seront utilisées. Notre plan d’analyse sera comme suit :

40

�✓ présentation et analyse générale des données collectées et description des personnes
enquêtées ;
✓ présentation et analyse des données obtenues par catégorie de participant à l’enquête ;
✓ présentation et analyse des résultats sur les entretiens réalisés d avec les personnes
ressources.
III.1.4 Outils de traitement et d’analyse des données
Comme nous l’avons mentionné plus haut, les outils de traitement et d’analyses quantitative
et qualitative des données seront utilisés dans notre travail.
A. Outils de traitement d’analyse quantitative
Pour ce faire, nous disposons des softwares Microsoft Excel 2016 et Sphinx Plus2 version
5.1.0.4. Ces deux outils sont destinés à faire des analyses statistiques. Les données recueillies
sont saisies dans ces logiciels et des tableaux, des courbes, des diagrammes et des graphiques
seront réalisés, et feront par la suite, l’objet d’analyse et d’interprétation pour tenter de
vérifier nos hypothèses. Nous userons de tous les maniements qui siéent avec ces logiciels
pour présenter clairement les données quantitatives recueillies.
B. Outils de traitement d’analyse qualitative
Cette méthode qualitative bien différente de la précédente, pousse plus en profondeur
l’analyse de l’objet d’étude. Elle s’intéresse plus à l’administration des questions ouvertes
telles que mentionnées dans le questionnaire. C’est donc la possibilité d’argumenter les
réponses par le participant qui est le plus visée. Elle guidera nos pas lors de l’appréciation et
l’interprétation des données qualitatives qui seront collectées.

III.2. Difficultés rencontrées au cours de la recherche
Au cours de notre étude nous avons été confrontés à des difficultés. Il s’agissait de :
-la difficulté de conjuguer nos tâches professionnelles à la collecte des données. En effet,
étant titulaire d’une classe nous devrions allier les tâches pédagogiques aux exigences de
notre étude
-Il nous a été aussi par moment difficile d’obtenir les autorisations de collecte de données
auprès des PDI et EDI. Cela prenait des jours et des personnes qui servent aussi de relais sur
les sites entre déplacés et administration ne facilitent pas les entretiens.

41

�-Il faut ajouter que nous étions déjà en vacances et cela nous a compliqué la distribution des
questionnaires aux enseignants et aux directeurs d’écoles. Certaines personnes dans les
services n’étant pas coopératives, nous ont rendu la tâche difficile dans la collecte des
données.

42

�DEUXIEME PARTIE : RESULTATS DE LA RECHERCHE

43

�CHAPITRE IV : PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION
DES RESULTATS.
Dans ce chapitre, les résultats obtenus à partir des données collectées sur le terrain sont
ainsi présentés. Sur la base de nos indicateurs émanant des variables indépendantes des
variables dépendantes et un état de l’ensemble des données collectées. Nous terminerons par
une synthèse des résultats obtenus.

I Etat général des données collectées
Au cours de notre travail de terrain nous avons eu à collecter des informations. Un état
général sur la collecte de ces données est présenté dans le tableau suivant.
Tableau 5: Etat général des données collectées
Questionnaire
Catégorie de
Nombre prévu

Nombre atteint

personnes

Taux de
couverture

Enseignant(es)

60

60

100

Directeur (tri ces)

10

10

100

Sous-total

70

70

100

PDI

40

40

100

EDI

30

30

100

Personnes

05

05

100

75

75

100

145

145

100

Guide
d’entretien

ressources
Sous-total
Total général
Source : réalisé par nous-même/ aout 2022
Le tableau ci-dessus présente les différents taux de couverture des données collectées
et en fonction des différentes catégories de personnes lors de notre travail de terrain. Ainsi le
taux général de couverture est satisfaisant car il est largement au-dessus de la moyenne. En
effet, le questionnaire adressé aux enseignants fait ressortir un taux de 100%. Au niveau des

44

�Directeurs d’école huit (10) personnes sur les 10 ont répondu à notre questionnaire ; et par
conséquent nous estimons que ces données sont suffisantes pour effectuer des analyses.
Quant aux entretiens, nous avons enregistré un taux de 100% à tous les niveaux :
100% pour les PDI, 100% pour les EDI et 100% pour les personnes ressources. Ceci
s’explique par le fait que les outils ont été administré par nous-même avec tous les soins qu’il
faut. Le taux de recouvrement général est de 100% au niveau des entretiens.
Dans ce chapitre, il sera question de l’analyse des résultats, de la vérification des
hypothèses et de l’émission de suggestions.

II. Analyse et interprétation des résultats.
Nous passerons successivement en revue, les données relatives à l’état des lieux,
l’insuffisance de la prise en charge adéquate des PDI, à l’insuffisance des infrastructures
éducatives formelles de la commune et aux difficultés d’intégration des EDI liées aux
manques d’approches pédagogiques.

I.1.Les données relatives à l’état des lieux.
Des informations recueillies, il ressort que la commune de Ouahigouya compte 8239
EDI pour l’année scolaire 2021-2022 avec au total 860 salles de classe. Une moyenne de 10
élèves déplacés internes par classe. Cependant nous notons que la forte concentration de ces
élèves se rencontre dans la ville surtout les écoles périphériques. L’arrivée de ces nouveaux
élèves dans les écoles déjà surpeuplées n’est pas sans conséquences pour leur intégration. Il
est donc plus que nécessaire que des solutions idoines soient trouvées au risque de voir
plusieurs EDI en marge de l’éducation.

I.2. Les données issues du questionnaire.

45

�Tableau 6 : réponses fournies par les enseignants et DE sur la faible intégration des EDI.
Questionnaire
Enseignants
Total
Pourcentage
adressé aux
enseignants et
DE

Facteurs liés à

Oui

Non

oui

non

total

59

11

70

84,28

15,71

100

60

10

70

85,71

14,28

100

57

13

70

81,42

18,58

100

70

77,14

22,86

100

l’intégration
des PDI
Lien de
l’insuffisance
de
l’intégration
des PDI avec
celle des EDI
Facteurs liés à
l’insuffisance
des
infrastructures
éducatives
Facteurs liés à

54

16

l’insuffisance
d’approches
pédagogiques4
Source : synthèse faite par l’auteur à partir des données recueillies.

46

�I.3.Facteur lié à la prise en charge des personnes déplacées internes (PDI)
Tableau 7 : Facteurs liés à la prise en charge des personnes déplacés internes (PDI)

Facteurs
liés à la
prise en
charge des
PDI
Nombre

ENSEIGNANTS Pourcentage Directeurs
Enseignants

50

83.33%

Pourcentage Pourcentage
Directeurs
Total

10

100%

85,71%

Source : enquête réalisée dans le cadre de notre étude

Graphique 2 : Facteurs liés à la prise en charge des personnes déplacés internes (PDI)

50
50
45
40
35
30
25
20
10

15
10
5

100%

83,33%

0
ENSEIGNANTS

DIRECTEURS
EFFECTIFS

POURCENTAGE

Source : enquête de terrain réalisée du 20 au 30 aout 2022

Ce diagramme illustre les résultats issus du questionnaire. Sur 60 enseignants ,50 confirment
l’insuffisance de l’intégration des EDI donnant 83,33%. Tous les 10 Directeurs questionnés
ont répondu en disant qu’effectivement les PDI éprouvent des difficultés dans leur intégration,
soit un pourcentage de 100%. Cela nous suffit pour conclure les PDI ont des difficultés dans
leur ville d’accueil qui ne facilitent pas l’inscription de leurs enfants à l’école.
Sur la base des données recueillies par le biais de nos questionnaires adressés aux
enseignants et aux directeurs d’école, ce tableau laisse voir que la majorité des enquêtés
affirment qu’effectivement la prise en charge des PDI est insuffisante dans la commune ; soit
un pourcentage de 84,28%. 60 personnes affirment que l’insuffisance de la prise en charge
adéquate des PDI entrave la bonne intégration de leurs enfants dans les structures éducatives

47

�de la ville soit un pourcentage de 85,71%. Il ressort également des différents entretiens avec
les personnes ressources que la prise en charge des PDI à leur arrivée en ville présente des
insuffisances à plusieurs niveaux. Ainsi, pour les deux CCEB les PDI éprouvent des
difficultés dans leur intégration dans la ville de Ouahigouya. En effet, la plupart d’entre eux
n’ont pas de vivres pour faire face aux besoins alimentaires. A cela s’ajoute le problème de
logement. Généralement à leur arrivée ils sont d’abord accueillis par des parents ; puis ensuite
comptent sur les secours d’urgences qui, malheureusement manquent à satisfaire la demande.
Outre ces difficultés, les CCEB ont relevé que les PDI traversent des moments d’extrême
pauvreté car ils n’ont plus d’activités pouvant générer des revenus. Cette situation fait que les
parents déplacés internes n’en font pas de la scolarisation de leurs enfants une priorité. Ceux
aussi ayant inscrits leurs enfants aux premiers instants les retiennent maintenant à la maison
puis les placent dans les ménages afin d’avoir un peu d’argent pour survivre. Le CCEB de
Ouahigouya I à ce propos confie que « lors d’une de nos sorties de terrain dans une école
accueillant plusieurs EDI, nous avons constaté plusieurs absences d’élèves. Nous avons
appelé les parents pour comprendre. Ceux-ci nous ont dit qu’ils préféraient que leurs enfants
aillent travailler afin de leur apporter un peu d’aide. Pour ces parents déplacés l’école devait
donner une ration alimentaire aux enfants qui sont sortis des familles ventre creux ».
Les mêmes difficultés d’intégration ont été relevées par le chef de services chargé de
l’éducation de la culture et du sport de la commune. Traitant de la première question ce
dernier relate que du point de vue cohésion avec la population de la ville les PDI sont bien
intégrés. Cependant, il faut reconnaitre honnêtement qu’ils vivent des difficultés liées au
logement, à l’alimentation, à l’accès à la terre et aux ressources vitales comme l’eau, le bois
etc. Il y a insuffisance dans leur prise en charge car l’Etat, les ONG et les politiques mettent
assez de temps pour traiter les problèmes des PDI chaque fois que les populations se
déplacent. Pour nous, toutes ces difficultés ont un rapport étroit avec la faible intégration des
EDI dans les structures éducatives de la ville. En effet, pour lui, comme les PDI sont acculés
par les nombreuses difficultés l’inscription et le suivi des élèves est le dernier de leurs soucis
d’où la faiblesse de l’intégration EDI dans les structures éducatives.
A la direction de l’action sociale, c’est madame DOULKOUM chef de service de la
solidarité et assistante humanitaire qui s’est prêtée à nos questions. Intervenant sur le premier
point, elle nous renseigne que les PDI sont bien intégrés du point de vue collaboration avec
les populations autochtones de la commune. Cependant, ils vivent des difficultés car les
familles d’accueil sont débordées. Il leur manque de logements, ceux qui ont peu de moyens
48

�louent les maisons, d’autres ont réussi à payer des terrains mains ils n’ont plus d’argent pour
construire. L’accès aux ressources naturelles telles l’eau, le bois de chauffe pour les ménages,
les légumes etc. est un véritable problème pour les EDI.A cause du nombre croissant des
déplacés internes nous sommes confrontés à la cherté et au manque de vivres. Pour tout cela
nous disons que ces difficultés ont bien un lien avec la faible intégration des EDI dans les
structures éducatives de la commune de OHG.
A l’instar des CCEB, le Directeur provincial en charge de l’éducation, répondant à la
première question sur l’intégration des parents des EDI nous renseigne que des efforts sont
faits pour les mettre dans les conditions acceptables. Mais force est de constater que les PDI
sont démunis de matériel : ils n’ont pas d’argent, de vivres, de bouteilles de gaz, etc. ; certains
ayant des handicaps souffrent énormément. Le faible niveau de vie est la cause de la faible
intégration des EDI dans nos structures éducatives car la lutte pour la survie ne laisse aucun
choix de prioriser l’éducation. Aussi, pour le Directeur en charge de l’éducation le (Secrétariat
Technique de l’Education en Situation Urgence (ST-ESU) et d’autres bailleurs tentent de
récupérer les EDI n’ayant pas pu bénéficier d’apprentissages au cours de l’année scolaire mais
le projet connait des difficultés car il est difficile de réunir les EDI tout simplement parce
qu’il manque la cantine pour accompagner le dit projet. Les parents préfèrent retenir les
enfants pour des travaux pouvant leur apporter un peu d’argent. Nous pouvons dire donc que
les difficultés des parents impactent l’éducation de leurs enfants.
Abordant la deuxième question, il nous fait savoir que la commune ne dispose pas
suffisamment d’infrastructures pour accueillir tous les élèves. « Nous avions besoin de cent
vingt-trois (123) Espace Temporaire d’Apprentissage (ETA) mais nous avons reçu seulement
(cinq) 05 pour cette multitude d’EDI » nous confie le directeur provincial en charge de de
l’éducation. Les ONG promettent des réalisations de salles de classes mais cela reste toujours
dans l’attente.
Se prononçant sur les compétences des enseignants à faciliter l’intégration de ces EDI,
le Directeur provincial en charge de l’éducation estiment que ces derniers ont besoins de
formation à plusieurs niveaux : en psychologie, aux approches pédagogiques sur la pédagogie
différentielle, celle du groupe et celle inclusive.
L’entretien d avec les PDI s’est essentiellement porté sur les questions de l’intégration
dans la commune, l’intégration des EDI dans les structures éducatives, des infrastructures

49

�éducatives et de l’accompagnement pédagogique des enseignants dans l intégrations des
élèves.
Se prononçant sur l’intégration des personnes déplacées dans la commune, la quasitotalité des PDI, éprouvent de nombreuses difficultés dans leur ville d’accueil. Ils s
appesantissent dans la plupart du temps sur le manque de logements, de vivres pour
l’alimentation et de l’accès aux ressources naturelles comme l’eau, le bois et aux ressources
forestières non ligneux. Rouamba Ramata une PDI venue de Koumbri à propos du logement
affirme : « Nous louons la maison à 10000f et sommes 10 personnes à la partager. Je vis avec
mes belles filles et mes petits fils.je ne suis pas sûre de pouvoir payer le mois prochain » Une
autre, Belem Azèta ressortissante de Nassigyan a répondu : « nous sommes dans une maison
de 10 tôles sans porte que nous payons à 10000f au secteur 12. Nous sommes 08, mais nos
maris sont ailleurs. Nous sommes en insécurité car nous avons été victimes de vol ». Aussi, il
ressort de leurs interventions le manque de moyen matériel, de moyen financier et surtout
d’activités rémunératrices. Badini Seydou, un PDI venu de Djibo affirme : « je n’ai rien
apporté. Je suis jardinier, ici je n’ai pas eu terrain pour le faire, je cherche du travail mais
rien ». « Pour subvenir à mes besoins, moi et mes enfants rassemblons des graviers aux bords
des voies pour les revendre » se prononce Kodgbéogo Lizèta une PDI plus, ils sont confrontés
aux problèmes d’acquisitions des vivres distribués par l’Etat et les partenaires. En effet pour
en avoir cela prend souvent des jours. Ouédraogo Zara dans son intervention dit : « je suis
arrivée à OHG il y a huit mois, à chaque qu’il y a vivres à nous distribués je passe souvent
deux à trois jours avant d’être servi »
Toutes ces personnes finissent au terme de cette première question en concluant que
leurs difficultés ont un lien étroit avec la faible intégration des EDI à l’école.
Ces entretiens se sont focalisés sur les difficultés vécues par les parents des EDI, de
l’accès à l’école par les EDI, de l’insuffisance des infrastructures éducatives formelles et des
relations d’apprentissage enseignants/élèves.
Tous les EDI interrogés sur la base notre échantillon choisi nous disent que leurs
parents dans la ville de Ouahigouya ont des difficultés. En effet, ils n’ont pas de logements
pour tous les membres de la famille, il n’y a pas à manger et ils n’ont pas aussi d’argent.
Aussi, il est difficile à nos mamans d’avoir de l’eau et le bois pour la cuisson des repas. A
propos de l’accès à l’eau potable Ouarma Neimatou de la classe de CE2 nous confie que : « il
n’y a pas d’eau sur notre site à Gourga, une citerne nous ravitaille chaque trois jours. Nous
50

�faisons le rang et j’aide ma mère pour l’obtenir ». Un autre EDI, Ouermi Loukmane classe
CM1 ajoute que : « mes parents achètent le mil et le maïs pour nous nourrir car ayant tout
abandonné à Koumbri. Chacun mange peu et puis c’est tout. Le grand problème est qu’il n’y a
pas d’eau ici » En plus de ces difficultés, les parents des EDI n’ont pas d’activités dans cette
ville, ils ne comptent que sur l’aide du gouvernement.

II. Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de
Ouahigouya

Tableau 8 : Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya
Facteurs liés
Enseignants
Directeurs
Pourcentage Total
aux
Pourcentage
infrastructures
nombre
49
81,66%
08
80%
81 ,42%
Source : enquête réalisée dans le cadre de notre étude

Graphique 3 : Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya

50%
Directeur

5

81,66%
Eseignants

49

0

10

20

30

Pourcentage

Effectif

40

50

Source : enquête de terrain du 20 au 30 aout 2022

Ce second diagramme nous montre que sur les 60 enseignants enquêtés, 49 estiment que les
infrastructures éducatives sont en nombre insuffisant ; soit un taux de 81,66%. Quant aux
directeurs d’école, 5 d’entre eux affirment l’insuffisance des infrastructures éducatives
formelles dans la commune donnant ainsi un taux de 50%. C’est donc au regard de tout cela
qu’estimons que la mobilisation dans la réalisation des infrastructures éducatives pourrait
faciliter l’intégration des EDI.
51

�Quant au questionnaire de savoir si l’insuffisance des infrastructures éducatives est un
facteur explicatif de la faible intégration des EDI ,57 enseignants ont répondu à l’affirmative
donnant ainsi un pourcentage de 81,42%.
Répondant à la question sur le nombre d’infrastructures, les CCEB indiquent que la
commune manque d’assez de classes pour faire face aux besoins .Pour illustrer leurs propos le
CCEB de OHG I a fait savoir que l’Etat et les partenaires abattent un grand travail sur le
terrain mais le besoin demeure crucial car dans deux des écoles de la CEB (Togzague A et B ,
et Siguin-vousse A) les effectifs dépassent mille deux-cent par école avec souvent plus de
cent quarante élèves dans certaines classes. Selon le CCEB de OHG II, des infrastructures
éducatives est à relativiser car au sein de sa CEB il existe des écoles situées en centre villes
qui ont peu d’effectif. La demande des classes se situe un peu dans la périphérie de la ville
hors nous n’avons pas l’espace pour dresser les ETA.
Se pensant sur la question sur la disponibilité en nombre suffisant d’infrastructures
éducatives de la commune, le responsable à l’éducation nous a confié qu’il manque
énormément de classes pour faire face aux besoins d’inscriptions des élèves. Il déclare que
bien avant la crise sécuritaire il leur manquait beaucoup de classes et cette situation est venue
plongée la commune dans un immense besoin d’école. A certains endroits des élèves sont
assis par terre face directement au tableau ; et de surcroit sans kits scolaires ajoute-t-il.
A la seconde question madame Doulkom, responsable humanitaire dans la direction
provinciale l’Action humanitaire de OHG affirme qu’effectivement la commune manque
d’écoles pour accueillir tous les EDI. C’est cette insuffisance affecte les conditions
d’apprentissage dans les classes.
Abordant la deuxième question, il nous fait savoir que la commune ne dispose pas
suffisamment d’infrastructures pour accueillir tous les élèves. Nous avions besoin de cent
vingt-trois (123) Espace Temporaire d’Apprentissage (ETA) mais nous avons reçu seulement
(cinq) 05 pour cette multitude d’EDI. Les ONG promettent des réalisations de salles de
classes mais cela reste toujours dans l’attente.
Abordant la disponibles en nombre suffisant des établissements scolaires, la grande
majorité des PDI déclarent qu’il manque de classes pour inscrire les enfants. A ce propos un
PDI, a dit : « j’ai été dans plusieurs écoles pour inscrire mes enfants mais les classes

52

�débordent d’élèves. Finalement ils ont été reçus à OUFRE B où ils sont sous un ETA, ce n’est
pas facile »
Quant à la question sur les possibilités d’accès à l’école, les avis des EDI sont
partagés : d’aucuns estiment que leurs parents leurs ont inscrit facilement car ils étaient les
premiers déplacés, d’autres par contre racontent qu’il est très difficile d’avoir une école pour
s’inscrire. La- dessus plusieurs autres élèves sur le site d’accueil de Gourga et Gondologo
disent ne pas être inscrits car ils sont venus en cours d’année scolaire.

III. Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants
Tableau 9 : Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants
Facteurs liés Enseignants
Pourcentage Directeurs
Pourcentage
aux
d’école
approches
pédagogiques
Nombre
49
81,66%
05
50%
Source : enquête réalisée du 20 au 30 aout 2022

Total

77 ,14%

Graphique 4 : Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignant

50%
Directeur

5

81,66%
Eseignants
49

0

10

20
Pourcentage

30

40

50

Effectif

Dans ce diagramme, nous avons les renseignements sur les approches pédagogues
utilisés. Ainsi sur le nombre d’enseignants enquêtés, sur les approches pédagogiques utilisées
81,66% estiment que les approches utilisées actuellement ne favorisent pas l’intégration des
EDI. Les Directeurs d’école reconnaissent qu’il existe des insuffisances dans les approches
pédagogiques utilisées. Au regard de tous ces éléments nous estimons qu’il y a nécessité de
former les enseignants sur les approches intégrant les situations d’urgences pour faciliter
l’intégration des EDI dans les structures éducatives.

53

�Le questionnaire administré aux enseignants et aux directeurs d’école, fait ressortir
également que la majorité de ceux-ci reconnaissent manquer de compétences pour un meilleur
accompagnement des EDI en matière d’enseignement/apprentissage d’où un taux de 77,14%.
Quant à la question de savoir si les enseignants disposent de compétences pour
faciliter l’intégration des EDI, les CCEB répondent à l’affirmative, mais estiment que d’autres
formations sont plus que nécessaires pour ces derniers dans les situations d’urgences. En effet,
une infime partie de leurs personnels enseignants a été formée dans la prise en charges EDI
dans les classes par les ONG SAFE SCHOOL et EDUCO. En somme pour les deux CCEB,
les PDI éprouvent des difficultés qui leur contraignent à ne pas accompagner leurs enfants
dans les écoles qui, d’ailleurs manquent de places et surtout avec des enseignants qui ont
besoin d’être outillés.
Traitant de la compétence enseignante à faciliter l’intégration des EDI dans les écoles
de la commune, le responsable chargé des questions éducatives et de la culturelles de la
Mairie de OHG estime qu’à son humble avis même si ces derniers sont compétents il leur est
très difficiles de résoudre la situation d’apprentissage des élèves. En effet, pour ce
responsable, avec l’arrivée de ces vagues différentes d’EDI, la situation classe change dans
tout son fonctionnement : certains ayant un cursus non perturbé, d’autres ayant été perturbés
et ayant souvent vécus des scènes d’exactions des groupes terroristes etc. Pour toutes ces
raisons, il conclut en disant « qu’ils doivent aborder d’autres modules ».
Répondant à la question portant sur les compétences pédagogiques des enseignants,
madame Doulkoum pense que ces derniers font de leurs mieux pour assurer une éducation à
des classes cosmopolites. Elle estime que pour éduquer efficacement dans les situations
d’urgences les enseignants doivent se doter de connaissances en rapport avec ces situations
diverses.
Se prononçant sur les compétences des enseignants à faciliter l’intégration de ces
EDI, le Directeur provincial en charge de l’éducation estiment que ces derniers ont besoins de
formation à plusieurs niveaux : en psychologie, aux approches pédagogiques sur la pédagogie
différentielle, celle du groupe et celle inclusive.
A la question de savoir si les enseignants sont-ils en mesure de faciliter l’intégration
des EDI, plusieurs intervenants estiment que ces derniers font de leur possible ; mais qu’en
réalité il leur est difficile de mener une bonne éducation dans cette situation. D’après Soro

54

�Salimata : « les enseignants n’ont pas trop de capacités pour enseigner ce grand nombre dans
la classe ; dans celle de mon enfant il y a 120 élèves »
En sommes l’entretien réalisé avec les PDI, nous a renseigné que les déplacés vivent
des situations difficiles qui ne favorisent pas l’intégration de leurs enfants à l’école et que tout
cela est accentué par l’insuffisance des infrastructures éducatives et l’insuffisance
d’approches pédagogiques.
Quant à la question de savoir si les EDI sont bien traités par les enseignants qui les
accueillent dans les classes, ceux qui ont repris les cours disent être à l’aise avec les
enseignants. L’entretien a fait ressortir que les élèves sont bien accueillis, ils partagent un
climat pédagogique intéressant avec les co-apprenants non EDI. Quelques élèves seulement
disent être dans la peur même quand ils sont classe. En effet, les bruits de la ville, les
détonations liées à certaines activités de la ville sèment la panique souvent dans leurs esprits.
De tout ce qui est ressorti de ces entretiens nous convainc à dire que les PDI sont bien traités
dans le processus enseignement/apprentissage.

IV. Vérification des hypothèses
Il s’agit dans cette rubrique de voir comment nos hypothèses se comportent par
rapport aux données recueillies sur le terrain et les analysées. En rappel, l’hypothèse
principale de cette étude est : L’inadéquation de la prise en charge des déplacés, le manque
d’infrastructures éducatives et le manque d’approches pédagogiques sont causes de la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya.
De celle-ci découlent trois hypothèses secondaires qui sont :

Hypothèse n°1 :
L’insuffisance de prise en charge adéquate des personnes déplacées internes ne
favorise pas l’intégration de leurs enfants dans les structures éducatives formelles.
Hypothèse n°2 :
La faible intégration des élèves déplacés internes dans les structures éducatives a un
lien avec le nombre d’infrastructures éducatives formelles.
Hypothèse n°3 :
Le manque d’approches pédagogiques est cause de la faible intégration des EDI dans
les structures éducatives formelles.

55

�IV.1. Relation entre les données et la première hypothèse secondaire.
Il ressort des résultats du questionnaire que 59 des 70 enseignants enquêtés, soit
84,28% reconnaissent qu’il existe des insuffisances dans la prise en charges des PDI dans la
ville de Ouahigouya. Les enquêtés reconnaissent que les difficultés que vivent les parents des
EDI sont les causes de l’insuffisance de de la prise en charge adéquate.
Pour ce qui est des entretiens, toutes les personnes interrogées sont unanimes sur le
fait qu’il y a une insuffisance de la prise en charge des PDI dans la ville d’Ouahigouya. Cette
première hypothèse est confirmée.

IV.2 Relation entre la deuxième hypothèse secondaire et les données.
Des informations obtenues à partir du questionnaire, il ressort que 60 sur 70
enseignants soit 85,70% reconnaissent qu’il manque en nombre suffisant d’infrastructures
éducatives formelles pour accueillir les EDI. Les informations recueillies des entretiens font
ressortir qu’à l’unanimité que le manque d’infrastructures éducatives traduit la faible
intégration des EDI. Cet avis est aussi partagé par toutes personnes ressources. Notre
deuxième hypothèse est confirmée.

IV.3. Relation avec la troisième hypothèse secondaire.
L’examen du tableau sur les données issues du questionnaire confirme notre opinion
selon laquelle les enseignants des classes qui accueillent les EDI ont des insuffisances en
termes d’approches pédagogiques. En effet, 54 des 70 enquêtés soit 77,14% reconnaissent que
les enseignants manquent d’approches pédagogiques efficaces pour l’intégration des EDI. Il
est ressorti également des entretiens que le personnel enseignant manque de stratégies
efficaces pour l’intégration des EDI. Seulement quelques-uns ont été outillés dans la prise en
charge des élèves en situation d’urgences. Nous disons donc que cette dernière hypothèse est
confirmée.
Les trois hypothèses secondaires étant confirmées, nous déduisons de facto que notre
hypothèse principale est confirmée et que des suggestions doivent être faites pour pallier les
difficultés liées à l’intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la
commune de Ouahigouya.
IV.4. DISCUSSION DES RESULTATS
Dans cette rubrique, il s’agira pour nous de confronter les résultats de notre recherche à ceux
d’autres études antérieures similaires que des chercheurs ont eu à réaliser. Le but est de porter
une appréciation sur la validité et les limites de notre étude par rapport à ces études

56

�antérieures. En ce qui concerne notre étude, les résultats espérés sont effectivement en
conformité avec ceux obtenus. Nos hypothèses principales et spécifiques sont confirmées.
Dans une étude de cas menée par des experts en éducation en situation d’urgence dont Jean
Claude Ndabananiye et al.(2020) qui a porté sur l’engagement et le leadership du MENAPLN
au Burkina Faso et l’objectif de l’étude est de contribuer au renforcement du leadership du
Ministère en charge de l’éducation dans la mise en place d’une offre éducative de qualité pour
tous dans le contexte de crise. Cette étude a montré qu’il existe une préparation relativement
faible du MENAPLN dans la gestion de la crise qui secoue l’éducation d’ où la faiblesse de
l’intégration d’EDI dans les structures éducatives. L’étude révèle également qu’il existe une
insuffisance dans la planification au Secrétariat Technique de l’Education en Situation
d’Urgence (ST-ESU) et ce, au niveau de la coordination et du pilotage au niveau déconcentré.
Elle soulève aussi l’insuffisance persistante des dotations en matériel, en infrastructures et
programmes adaptés à la situation d’urgence. Cette étude de cas propre à la gestion de
l’éducation en crise au MENAPLN a tiré l’alarme sur la gestion du personnel de l’éducation
dans cette crise. Pour ces auteurs les insuffisances citées sont en partie des facteurs qui
expliquent la faible intégration des EDI dans le système éducatif. Notre étude se concorde
avec cette dernière seulement nous n’avons pas analysé les facteurs administratifs et l’aspect
de gestion du personnel enseignant dans la crise comme facteurs expliquent de la faible
intégration des EDI.
En rapport toujours avec l’intégration des EDI dans la continuité éducative, nous avons fait un
lien avec le mémoire de fin d’étude de Mitibkièta OUEDRAOGO (2021), inspecteur de
l’enseignement de base dont le thème fut : « Education en situation d’urgence dans la CEB de
Pissila I au Burkina Faso : difficultés rencontrées par les écoles d’accueil des élèves déplacés
internes et perspectives. L’objectif principal de l’étude était de déceler les difficultés
rencontrées par les EDI dans le processus de la reprise des apprentissages. Il ressort de sa
recherche qu’effectivement la fermeture des établissements scolaires suites aux attaques
terroristes a entrainé la déscolarisation de plusieurs élèves et ceux ayant réussi à se réinscrire
éprouvent des difficultés pour s’intégrer. Ces difficultés sont d’ordre matériel, pédagogique et
administratif. Notre étude fait ressortir les mêmes difficultés mais met un accent particulier
sur la relation

d’intégration des PDI aux difficultés que vivent les EDI dans les

établissements d’accueil.

57

�Christophe KIENOU (2021), inspecteur de l’enseignement de base dans son mémoire de fin
d’étude : « La problématique de la gestion des classes accueillant des élèves déplacés internes
(EDI) du fait de la crise sécuritaire dans la commune de Ouahigouya. L’objet de son étude
était d’analyser les problèmes des classes accueillant des EDI. Il est donc ressorti que dans ces
classes, les enseignants sont confrontés à des difficultés environnementales du fait de
l’étroitesse des salles, de la mauvaise aération des classes, de l’insuffisance des latrines, du
manque d’eau potable et la participation faible aux apprentissages par les EDI du fait des
longues distances parcourues par jour. A cela s’ajoute au manque de compétences des
enseignants pour la prise en charge psychosociale des élèves. Notre étude également à fait
ressortir les conditions difficiles d’accueil des EDI dans les écoles, les larges effectifs et les
conditions défavorables des apprentissages. KIENOU, s’est beaucoup appesantit sur les
problèmes de la gestion de la classe, nous, nous avons voulu en sus de cet aspect faire
ressortir les facteurs tels les problèmes d’intégration des PDI à Ouahigouya, les problèmes
d’infrastructures éducatives et surtout l’ insuffisance de la formation des enseignants à gérer
des apprentissages dans ce contexte.

58

�CHAPITRE VI : LIMITES ET SUGGESTIONS
Dans ce dernier chapitre consacré à notre étude, les différentes catégories de personnes
ayant pris part à notre enquête ont eu à énumérer un certain nombre de difficultés et proposer
des tentatives de solutions. Après avoir montré les limites de notre étude et passé en revue ces
difficultés, nous ferons des suggestions pour sortir de cette situation peu reluisante.
I.

Limites
Notre étude a concerné la commune de Ouahigouya. Un rayon que nous avons estimé

peu représentatif et qui, sans doute donne une idée sur la situation globale de l’intégration des
EDI dans les structures éducatives formelles dans les villes accueillant les PDI au Burkina
Faso. Il y a des insuffisances dans notre étude en ce sens que les informations recueillies
auraient pues être plus détaillées (comparer les facteurs d’intégration des EDI, les rendements
de ces derniers par rapport aux élèves non déplacés, l’usage des grilles d’observation dans les
classes accueillant les EDI etc.) mais le temps, les moyens limités et le souci de respecter le
nombre de pages imposées ne nous ont pas permis d’enrichir d’avantage ce document.

II.

Suggestions
Dans cette rubrique, il s’agit de partir des difficultés soulevées par les enquêtés et des

résultats obtenus après analyse des données pour proposer des suggestions pour faire face aux
problèmes qui touchent notre système éducatif dans son ensemble.
II.1. Suggestions à l’endroit de l’Etat pour l’amélioration de la prise en charge des PDI
Des efforts doivent être faits par l’Etat Burkinabè pour améliorer la prise en charges
des PDI et maintenir la qualité de vie dans les villes hôtes. Ainsi, nous suggérons :
•

le regroupement des PDI dans des sites sécurisés.
En effet, il s’agit-là de déterminer des zones d’accueil qui facilitent la réalisation des
logements, de réalisation d’infrastructures socio de base (pompes à eau, écoles,
dispensaire etc.) L’installation de façon disséminée dans la ville ne permet pas aux acteurs
de secours d’urgence d’agir efficacement.

•

se rapprocher plus des déplacés internes.
Pour pouvoir apporter l’aide nécessaire dans le processus de leur intégration dans la
commune, nous proposons aux autorités de créer une proximité d’avec les PDI. Cela
implique la mise en place des structures de proximité, de veille dynamique qui enregistre
les PDI à chaque fois qu’il y a des nouveaux arrivants.

•

Accompagner suffisamment les familles des EDI

59

�Sur le plan alimentaire (en vivres) et les moyens de subsistance, nous suggérons à l’Etat
des efforts pour diminuer la vulnérabilité des familles. Aussi, la formation de ces déplacés
dans divers domaines d’activités pourrait être une source de revenus qui soulagera bon
nombre d’entre eux de la pauvreté.
•

Augmenter les capacités d’accueil des écoles.
Dans les villes d’accueil, les écoles disposent encore d’espace pour de nouvelles classes,
en construisant plus de salles de classes dans ces écoles cela permettra de réduire les
difficultés d’accès aux EDI. En effet, même si ces classes seront dans des abris
temporaires cela contribuera à inscrire plus les EDI.

•

Organiser les enseignants qui ont quitté les zones à défit sécuritaire à continuer leurs
activités dans les sites réservés aux PDI. De plus, l’Etat doit recruter des enseignants
communautaires pour encadrer les EDI qui fuyant les troubles d’insécurité viennent en
milieu d’année scolaire.

•

La prise en charge intégrale des EDI ;
Cela permettra de satisfaire les besoins alimentaires de ces derniers en vue de leur
permettre de réaliser une bonne fréquentation scolaire. En effet, nombreux sont les EDI
qui vivent séparés de leurs parents. Leurs conditions de vie sont précaires et ils n’arrivent
pas à assurer leurs besoins premiers. En plus, les familles d’accueil ne sont souvent
disposées à venir en aide à ces EDI.

•

La formation de tous les enseignants ;
La formation des enseignants s’avère plus que nécessaires car ceux font face à des
situations ponctuelles et complexes dans leurs tâches. Ainsi, ils éprouvent plusieurs
difficultés du fait des grands effectifs et du niveau faible des EDI. Ils doivent pour réussir
les apprentissages être outillés en : pédagogie de groupe, en pédagogie différenciée, en
pédagogie de l’alternance, en gestion de classes sans conflits, au tutorat, à la prise en
charge psycho-sociale des EDI…

•

L’accompagnement psychosocial dans les CEB.
Les EDI et les enseignants affectés directement par l’insécurité doivent être détectés à
temps et pris en charge par des psychologues ou par les assistants humanitaires. Une prise
en charge adéquate de ces élèves et enseignants dans les CEB permettrait de
diagnostiquer à temps les difficultés d’apprentissage liées aux facteurs psychologiques.

•

La dotation des DPEPPNF en fond d’urgence

60

�Ces fonds d’urgence permettront aux directions provinciales en charge de l’éducation
d’être présentes aux premiers moments de l’arrivée des déplacés. En effet, les EDI ont
des besoins pressants qui nécessitent une aide dans la promptitude pour éviter à ces
derniers d’être déscolarisés ; donc si les DPEPPNF disposent de fonds elles pourraient
agir efficacement.
II.2. Suggestion à l’endroit des autorités communales
La gestion des difficultés d’intégration des PDI dans la ville requiert une bonne
organisation. Les autorités communales ont donc un grand rôle à jouer. Pour ce faire, nous
leur suggérons de :
•

Octroyer des espaces aux réfugiés,
A l’arrivée des PDI, les autorités communales pourraient les accueillir et les orienter vers
des sites aménagés à cet effet. Ce geste pourrait soulager et permettrait de regrouper les
PDI chose qui faciliterait leur recensement.

•

Revoir à la hausse le budget alloué à l’éducation
Les plaintes sont fréquentes de la part des enseignants sur l’insuffisance de la
contribution des communes dans l’accompagnement des écoles. Et dépit de nombre élevé
des PDI les budgets sont restés les mêmes sur plus de quatre ans successifs. Pour cette
raison nous suggérons de revoir à la hausse les budgets communaux des villes accueillant
les PDI pour prendre en compte les EDI qui viennent souvent en milieu d’année. Cette
proposition pourrait permettre d’augmenter les salles de classes, de fournir les tablesbancs et de pourvoir au besoin de vivres pour la cantine scolaire.
II.3. Suggestions à l’endroit des ONG
Plusieurs ONG et organismes interviennent actuellement dans les régions à fort défit
sécuritaires mais souvent leurs actions ne sont pas coordonnées. Pour cela nous leur
suggérons de :
•

une organisation par domaine d’intervention

Une remarque plausible traduit la souffrance des déplacés internes malgré la multitude
des ONG sur les sites. En effet, souvent les aides se concentrent dans un domaine tel, la
dotation en matériel de couchage de cuisine, d’abris ; mais sont rares celles fournissant l’aide
alimentaire, la scolarisation des élèves déplacés, l’aide à l’accès à l’eau potable en faisant des
forages. Nous leur suggérons de se réunir en clusters, cela permettra d’analyser les problèmes
afin d’agir efficacement. De plus les ONG devraient prendre en compte les besoins réels des

61

�écoles. A cet effet devraient collaborer directement avec les acteurs directs de l’éducation et
surtout évité de transporter des projets tout qui ne répondent pas aux besoins des EDI et
enseignants.
•

-étendre la couverture des interventions à toutes les écoles
Dans la même ville, il arrive que des écoles ayant des difficultés liées à l’intégration

des EDI, qu’on choisisse d’intervenir dans l’une laissant l’autre. Nous suggérons d’étendre
l’aide, la formation et les secours d’urgence et surtout quand cela concerne les vivres et les
fournitures scolaires dans le contexte d’insécurité à toutes les écoles de la commune. Nous
estimons que cela pourrait permettre aux différents acteurs d’être prêts et d’agir quand le
besoin se fera sentir.

62

�CONCLUSION
Le Burkina Faso, à l’instar des autres pays de la zone sahélo-sahélienne, est la cible de
nombreuses attaques terroristes faisant des milliers de déplacés internes des campagnes vers
les grandes villes. Cette situation a entrainé de façon drastique la déscolarisation de milliers
d’élèves venant des zones les plus touchées. Cependant, nous savons qu’aucun pays ne peut
prétendre au développement durable sans une éducation de qualité en témoignent les efforts
colossaux engagés par plusieurs Etats. Dans la perspective d’apporter une réponse adéquate à
la continuité éducative des élèves le gouvernement Burkinabè par son Ministère de
l’Education Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales
(MENAPLN) a instruit ses structures déconcentrées de recevoir sans condition tout élève
déplacé interne (EDI) d’ où qu’il vienne. Cette mesure aussitôt respectée sera vite contrastée
par le manque d’infrastructures éducatives conduisant à des effectifs très larges dans les
classes d’accueil, à un manque de kits scolaires, de cantine scolaire et surtout par
l’insuffisance formation spécifique à même de faciliter l’intégration des EDI dans le système
éducatif. Dans cette étude, nous avons voulu analyser les facteurs qui expliquent la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya.
Pour ce faire, nous avons fondé notre recherche sur la principale question suivante : « la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya
est-elle due à l’insuffisance de la prise en charge des PDI, à l’insuffisance des infrastructures
éducatives et à l’insuffisance d’approches pédagogiques ? » En vue d’apporter une réponse
appropriée nous avons formulé des hypothèses dont la principale est : « L’inadéquation de la
prise en charge des déplacés, le manque d’infrastructures éducatives et le manque d’approches
pédagogiques sont causes de la faible intégration des EDI dans les structures éducatives ».
Pour mener à bien et à terme notre étude, nous avons d’abord parcouru des
ouvrages relatifs à notre thème de recherche afin de mieux le cerner. Ce sont essentiellement
des ouvrages généraux, des mémoires, des rapports et articles et des textes juridiques. Nous
avons eu recours également à internet. Plusieurs théories de références ont servi ensuite de
bases fondamentales à notre recherche dont la théorie des besoins de A. Maslow, la théorie du
socioconstructivisme et la théorie de la pédagogie différenciée. Notre présente recherche s est
adossée à la théorie des besoins de A. Maslow. Enfin, nous sommes passés par des
questionnaires et des guides d’entretien pour collecter les données auprès de la population
cible à savoir les EDI, les PDI, les Enseignants et les personnes ressources.

63

�Ainsi dans l’analyse des données recueillies, nous avons pu comprendre que les
difficultés d’intégration des EDI sont directement liées à celles même des PDI, de
l’insuffisance des infrastructures éducatives et de nouveaux dynamismes pédagogiques
adaptés aux situations d’urgence. Cependant, bien que nos hypothèses formulées aient été
vérifiées, nous retenons que notre recherche sur la question d’intégration des EDI comporte
des limites. En effet, la complexité de la crise, la rareté des écrits sur la question et le contexte
socio-politique que traverse notre pays n’ont pas permis de toucher tous les contours du
problème.
Au regard de ces nombreuses difficultés, nous avons formulé des suggestions à
l’endroit de l’Etat, de la Mairie de Ouahigouya, aux partenaires et ONG intervenant dans le
domaine de l’humanitaire. Au terme de cette investigation, nous pensons que plusieurs
champs d’investigations en rapport avec l’intégration des EDI peuvent être explorés. Il s’agit
de réfléchir sur le large accès à une éducation de base de qualité dans nos institutions scolaires
en temps de crises sociales d’une part et d’investiguer d’autre part sur les approches
pédagogiques intégrées dans les situations d’intégration des EDI pour éliminer les obstacles
structurels qui tiennent les enfants à l’écart de l’école.

64

�BIBLIOGRAPHIE
I.OUVRAGES GENERAUX
•

Didier ROCHE (2007) : Rédiger et soutenir un mémoire avec succès, Paris : Eryolles,
108 pages

•

Jean M. ELA(1971) : le cri de l’homme africain

•

Margaret SINCLAIR (2003) : Planifier l’éducation en situation d’urgence et de
reconstruction

•

R. QUIVY et L. V CAMPENHOUDT (2018) : Manuel de Recherches en Sciences
Sociales

•

A. H.MASLOW

(1943) : « théorie de la motivation humaine », Psychosocial

Review, 50.
•

Philip H. COOMBS(1968) : La crise mondiale de l’éducation

•

Philippe MEIRIEU (1985) :L’école, d’emploi, des méthodes actives à la pédagogie
différenciée, ESF, p156.)122 Recherche et formation

II.MEMOIRES
•

Arouna KIEMTORE (2019), « Analyse de la dimension genre dans la réponse
humanitaire face à l’afflux de personnes déplacées internes au Burkina Faso »
mémoire pour l’obtention du master2, Institut 2iE.

•

Mitibkièta OUEDRAOGO (2021) : « Education en situation d’urgence dans la CEB
de Pissila I au Burkina Faso : difficultés rencontrées par les écoles d’accueil des
élèves déplacés internes et perspectives ».

•

Salifou BAGA (2018), « Transfert des acquis scolaires en sciences de la vie et de la
terre par les élèves à la fin de l’enseignement post-primaire général : cas du lycée
Philippes Zinda KABORE », mémoire de fin de cycle à l ENAM

•

Christophe KIENOU (2021) : La problématique de la gestion des classes accueillant
des élèves déplacés internes (EDI) du fait de la crise sécuritaire dans la commune de
Ouahigouya ; mémoire de fin de formation IEPENF/ENSK

•

Sayouba SAWADOGO (2014) : « le phénomène de l’inexécution des tâches
pédagogiques ». : mémoire IEPD/ ENS-UK

ix

�•

Daurelles MAGALI,( 2007) : Le droit à l’éducation pour tous face au temps de
l’urgence/ mémoire de Mastzer2 « Droits de l’homme » Département de droit et
sciences politiques/université de Lyon II Lumière.

III RAPPORTS et ARTICLES
•

INEE (2009) : L’éducation dans les situations d’urgence : inclure tout le monde (
p49), guide poche de sur l’éducation inclusive.

•

Chelpi-den Hamer MAGALI et al. (2010 /n°54 :p3 à 22) : Education et conflits, les
enjeux de l’offre éducative en situation de crise.

•

MENAPLN: Plan d’urgence pour l’Education au Burkina (2020-2021 :9-32)

•

MENAPLN : stratégies nationales de scolarisation des élèves des zones à forts défis
sécuritaires au Burkina Faso (SSEZDS), 2019-2024, Burkina Faso

•

Jean Claude Ndabananinye et al. (2020): Education en situation d’urgence :
engagement et leadership du MENAPLN au Burkina Faso (étude de cas réalisé entre
2019 à 2021)

•

Rapport UNESCO 1er septembre (2022)

•

MENAPLN/ESU (2021 :6) : SITREP n°3 du cluster Education du 21 juillet

•

Rapport mondial de suivi sur l’éducation, (2016 :5 ) : document de réference26

•

Rapport mondial de suivi pour l’EPT (2009) : vaincre l’inégalité, l’importance de la
gouvernance (2009 :28)

•

Paul PASQUALI» (2010/3 n°183/pages86 à 105): les déplacés de l « ouverture
sociale »

•

Stratégie du UNHCR (2019) : Education des refugiés 2030 : Stratégies pour
l’inclusion des refugiés.

•

Réunion du Groupe de Pilotage du GP20» (juin 2017) : Déplacement interne au sein de
la ville: Prévention, Protection et Solutions « Les communes urbaines à l’épreuve de
la Prévention et la gestion des personnes déplacées internes au Burkina Faso

IV TEXTES LEGISLATIFS
•

La loi 013-2007 /AN Portant loi d’orientation de l’éducation au Burkina Faso en date
du 30 novembre 2007.

•

La DUDH l’article 26.2

•

Recueil d’instructions juridiques de l’éducation de base MEBA (2007 : 46).

x

�•

Circulaire

n°2019-234/MENAPLN/RND/DREPPNF/DPEPPNF/YTG

du

30

septembre 2019 portant scolarisation des enfants des populations déplacées internes.
V SITES INTERNET CONSULTES
✓ https://www.UNHCR.org/fr/protection, consulté le 25juin 2022
✓ https://www.cndhbf.protection, consulté 18juillet2022
✓ https:// www.unicef.org/Ukraine–plus-de-la-moiti-des-enfants consulté le 10 aout
2022
✓ https://www.un.org/french/millenniumgoals, consulté le 2juin 2022
✓ https:// www.studioyafa.org/minima:consulté le 30 juillet 2022
✓ https://www.universalis.fr: consulté le 8 octobre 2022

xi

�ANNEXES

xii

�Proposition d’outils de collecte de données
Questionnaire adressé aux enseignants et aux Directeurs d’écoles
Madame, Monsieur,
Dans le cadre de mes études en Master professionnel en Planification et Gestion des
Structures Educatives (PGSE) de l’Université Thomas Sankara, je dois produire un mémoire
qui est une exigence de l’université. Pour répondre à cette exigence, j’ai choisi de réfléchir sur
le sujet : « les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes
(EDI) dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya » Cette
étude nécessite la collecte de données auprès d’acteurs divers. C’est pourquoi je vous soumets
le présent questionnaire. Tout en vous remerciant pour votre disponibilité, je vous assure de la
confidentialité et l’anonymat des informations que vous me fournirez
1-Les familles des (EDI) ne sont pas suffisamment prises en charge dans les milieux
d’accueil.
Oui

non
.
*
2-Si oui *, peut-on affirmer que cette insuffisance de prise en charge entrave –t-elle la bonne
intégration
* des EDI dans les structures éducatives formelles de Ouahigouya ?.
*
Oui
non
*
3-La faible intégration des EDI dans notre système éducatif est-elle due à l’insuffisance
d’établissements scolaires ?
Oui

non

4-La faible intégration de nos EDI dans nos écoles s explique –t- elle par le manque de
formation des enseignants pour y faire face à la situation ?
Oui

non

5- Quelles solutions proposez-vous pour une bonne intégration des EDI dans nos structures
éducatives ?

xiii

�…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
Guide d’entretien à l’endroit des élèves déplacés internes (EDI)
1-Vos familles rencontrent- elles des difficultés depuis leur arrivée à Ouahigouya ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
2- Connaissez-vous des élèves qui ont abandonné l’école suite à ces difficultés ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
3-Est – il toujours facile d’avoir la place pour continuer les études quand on arrive en ville
après les rentrées des classes ? Connaissez-vous des élèves qui n’ont pas pu s’inscrire par
manque de places ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
4-Est-ce que vous vous sentez à l’aise avec vos maitres ? Vous traitent-ils bien ? Vous
comprennent-ils ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
5-Que pensez-vous qu’on puisse faire pour que les EDI intègrent tous les écoles et y
travaillent pour la réussite ?
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………….

xiv

�…………………………………………………………………………………………………
Guide d’entretien à l’endroit des parents
1-Etes-vous satisfaits de l’accueil et du sort qui vous a été réservé à votre arrivée en ville ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
2-L’Etat dispose-t-il suffisamment d’infrastructures éducatives pour accueil nos EDI ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
3-Pensez-vous que les enseignants sont suffisamment efficaces face aux phénomènes des
EDI ?
………………………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
4-Que proposez-vous pour la bonne intégration des EDI et leur réussite dans les études ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
Guide d’entretien à l’endroit des CCEB de Ouahigouya 1 et 2
Dans le cadre de mes études en Master professionnel en Planification et Gestion des
Structures Educatives (PGSE) de l’Université Thomas Sankara, je dois produire un mémoire
qui est une exigence de l’université. Pour répondre à cette exigence, j’ai choisi de réfléchir sur
le sujet : « les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes
(EDI) dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya » Cette
étude nécessite la collecte de données auprès d’acteurs divers. C’est pourquoi je vous soumets
le présent questionnaire. Tout en vous remerciant pour votre disponibilité, je vous assure de la
confidentialité et l’anonymat des informations que vous me fournirez

xv

�1- Faut-il se satisfaire de l’intégration des personnes déplacées internes (PDI) dans la
commune ? Quel lien établir entre cette situation et l’intégration des EDI dans les
écoles ?
.............................................................................................................................
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
2-La commune ou votre circonscription disposent- elle suffisamment d’infrastructures
pour combler le manque ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
3-Vos enseignants sont-ils suffisamment outillés pour un accompagnement efficace
des EDI ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………..
4-Quelles suggestions faites-vous pour résoudre efficacement le problème de
l’intégration des EDI ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………….....

Guide d’entretien à l’endroit du Maire de la commune
Dans le cadre de mes études en Master professionnel en Planification et Gestion des
Structures Educatives (PGSE) de l’Université Thomas Sankara, je dois produire un mémoire
qui est une exigence de l’université. Pour répondre à cette exigence, j’ai choisi de réfléchir sur
le sujet : « les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes
(EDI) dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya » Cette
étude nécessite la collecte de données auprès d’acteurs divers. C’est pourquoi je vous soumets
le présent questionnaire. Tout en vous remerciant pour votre disponibilité, je vous assure de la
confidentialité et l’anonymat des informations que vous me fournirez

xvi

�1- Faut-il se satisfaire de l’intégration des personnes déplacées internes (PDI) dans la
commune ? Quel lien établir entre cette situation et l’intégration des EDI dans les
écoles ?........................................................................................................................
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
2-Votre commune dispose-t- elle suffisamment d’infrastructures pour combler le
manque ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
3-Estimez-vous que les enseignants de votre communes sont assez bien formés
pour relever le défi ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
4-Que peut-on proposer pour surmonter ces difficultés ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………….
Guide d’entretien adressé au Directeur provincial de l’action sociale, de la
solidarité et de l’action humanitaire du Yatenga
1-Faut-il se satisfaire de l’intégration des familles des EDI ? Quel lien établissezvous entre cette situation et l’intégration des EDI dans les établissements dans la
commune ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………..
2-Y-a-t-il suffisamment d’infrastructures scolaires pour satisfaire les demandes de
places des EDI ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
xvii

�3-Au regard de la situation qui prévaut dans notre commune, pensez-vous qu’il y a
des modules émergents à faire exploiter pour renforcer les capacités des
enseignants ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………

4-Quelles recommandations faites-vous pour une bonne intégration des EDI dans
les structures éducatives de la commune ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………

xviii

�TABLE DES MATIRES
DEDICACE ................................................................................................................................ ii
SOMMAIRE ............................................................................................................................... i
REMERCIEMENTS .................................................................................................................. ii
SIGLES et ABREVIATIONS ................................................................................................... iv
LISTE DES TABLEAUX .......................................................................................................... v
LISTE DES FIGURES ET GRAPHIQUES .............................................................................. vi
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 1
PREMIERE PARTIE : ............................................................................................................... 3
APPROCHE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE .......................................................... 3
CHAPITRE I : IDENDIFICATION DU PROBLEME ET OBJECTIF DE LA RECHERCHE4
I-Analyse de la situation de l’éducation au Burkina Faso .......................................................... 4
I.1 Brève analyse du système éducatif burkinabè dans un contexte d’insécurité ................... 4
I.2-Contexte des crises et enjeux de l’éducation .................................................................... 5
I.3 Les difficultés des élèves déplacés internes dans la commune Ouahigouya ..................... 6
I.4-Enoncé du problème ....................................................................................................... 10
I.5-Justification du choix du thème ...................................................................................... 11
I.5.1-Pertinence scientifique ............................................................................................. 11
I.5.2- Pertinence sociale .................................................................................................... 12
I.6-Les objectifs de la recherche ........................................................................................... 14
I.6.1-objectif principal ...................................................................................................... 15
I.6-2 Les objectifs spécifiques : ........................................................................................ 15
CHAPITRE II : CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE ............................................. 16
I.

La revue de la littérature ................................................................................................... 16
I.1 De l’effectivité des élèves exclus du système éducatif ................................................... 16
I.2 De l’attaque contre l’éducation : la fermeture des établissements scolaires ................... 17
I.3 Les facteurs explicatifs des difficultés d’intégration des PDI ......................................... 20
I.4 De la sauvegarde de l’éducation pendant les situations d’urgence complexes ............... 22

II- Le cadre de référence théorique .......................................................................................... 24
II.1. La théorie de la motivation selon la théorie des besoins de A. Maslow ....................... 24
II.2 Les besoins physiologiques............................................................................................ 24
II.3 Les besoins de sécurité................................................................................................... 25
II.4 Les besoin d’appartenance. ............................................................................................ 25

xix

�II.5 Les besoins d’estime. ..................................................................................................... 25
II.6. Les besoins d’auto-accompagnement. .......................................................................... 25
II.6.1 De la théorie du socioconstructivisme..................................................................... 26
II.6.2 La théorie de la pédagogie différenciée .................................................................. 27
II.6.3. Raison du choix des théories .................................................................................. 28
II.6.4 Le cadre conceptuel ................................................................................................. 30
III- Questions, Hypothèses et indicateurs de vérification ........................................................ 31
III-1--Les questions de la recherche ..................................................................................... 31
III-2-Les hypothèses ............................................................................................................. 32
CHAPITRE III : METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE ................................................. 34
I-Population d’étude et échantillonnage ................................................................................... 34
II-Population cible .................................................................................................................... 34
II.1 Les élèves et leurs parents.............................................................................................. 34
II.2 Les enseignants et les directeurs d’écoles ...................................................................... 35
II.3 Les Chefs de Circonscription d’Education de Base (CCEB) ......................................... 35
II.4 Le Maire ......................................................................................................................... 35
II.5 Le Directeur provincial de la solidarité et de l’action humanitaire du Yatenga ............ 35
III- L’échantillonnage .............................................................................................................. 36
III.1. La présentation et la validation des outils de collecte des données ............................. 39
Pour la validation des outils, nous avons fait recours au technique pré-test et du jugement.
En effet le pré-test à consister à soumettre un spécimen de nos différents outils à une
catégorie de personnes. Ainsi, le questionnaire adressé aux enseignants et aux directeurs
d’école a été testés dans les écoles, précisément de la ville de Ouahigouya. Cet examen
nous a permis de corriger les imperfections. Pour les opinions nous avons recueillis les
jugements de trois inspecteurs de l’éducation de base, le Coordonnateur de l’association
AAAE et par trois inspecteurs de la Direction provinciale en charge de l’éducation dans
le Yatenga

pour la finalisation de tous les outils. C’est à l’issu de la

validation des instruments de collecte que notre enquête sur le terrain a débuté le 19
juillet pour s’achever le 17 aout 2022.Quant à l’administration des instruments, nous
avons avec l’accord des Directeurs distribué le questionnaire dans chacune des écoles
retenues pour l’étude. Pour les personnes concernées par l’entretien, nous avons fait
connaitre à l’avance ce guide puis après un rendez-vous nous sommes passés pour
l’entretien. ......................................................................................................................... 40
III.1.3 Construction d’un plan d’analyse des données ...................................................... 40
xx

�III.1.4 Outils de traitement et d’analyse des données ....................................................... 41
III.2. Difficultés rencontrées au cours de la recherche ......................................................... 41
DEUXIEME PARTIE : RESULTATS DE LA RECHERCHE ............................................... 43
CHAPITRE

IV :

PRESENTATION,

ANALYSE

ET

INTERPRETATION

DES

RESULTATS. .......................................................................................................................... 44
II. Analyse et interprétation des résultats. ................................................................................ 45
I.1.Les données relatives à l’état des lieux. .......................................................................... 45
I.2. Les données issues du questionnaire. ............................................................................. 45
I.3.Facteur lié à la prise en charge des personnes déplacées internes (PDI) ........................ 47
II. Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya .................. 51
III. Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants ............................................... 53
IV. Vérification des hypothèses ............................................................................................... 55
IV.1. Relation entre les données et la première hypothèse secondaire. ................................ 56
IV.2 Relation entre la deuxième hypothèse secondaire et les données. ............................... 56
IV.3. Relation avec la troisième hypothèse secondaire. ....................................................... 56
I.
II.

Limites ....................................................................................................................... 59
Suggestions ................................................................................................................ 59

II.1. Suggestions à l’endroit de l’Etat. .............................................................................. 59
II.2. Suggestion à l’endroit des autorités communales ..................................................... 61
II.3. Suggestions à l’endroit des ONG .............................................................................. 61
CONCLUSION ........................................................................................................................ 63
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................... ix
ANNEXES ............................................................................................................................... xii
TABLE DES MATIRES ......................................................................................................... xix

xxi

�</text>
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                <text>La situation d’insécurité alimentaire observée au Togo, est le plus souvent dû à des facteurs structurels notamment la pauvreté généralisée (PAM, 2021). Ainsi que le gouvernement a initié la projet un canton, une ZAAP pour la mise en place et l’opérationnalisation des zones d’aménagements agricoles planifiées (ZAAP) comme un outil majeur pour booster la production agricole et lutter contre l’insécurité alimentaire au Togo. C’est ainsi que notre étude portant sur les effets des zones d’aménagement agricole sur la sécurité alimentaire cherche à mesurer l’effet des ZAAP sur la disponibilité et la diversité alimentaire dans la région maritime au Togo. L’objectif général de notre étude est d’analyser la contribution des zones d’aménagement agricoles planifiées (ZAAP) à la sécurité alimentaire de la population dans la région maritime au Togo. Le modèle logistique binaire et la méthode d’utilisation du Score de Diversité Alimentaire des Ménages (SDAM) nous a permis de mesurer les effets des ZAAP sur la sécurité alimentaire. Nos résultats montrent que la mise en oeuvre des zones d’aménagement agricoles planifiées entraine une augmentation de la production agricole (disponibilité alimentaire) et la réduction de l’insécurité alimentaire au Togo. Il urge que l’Etat Togolais, les organisations et les structures du secteur agricole prennent des mesures pour promouvoir à long terme les ZAAP et afin d’assurer à la population une sécurité alimentaire totale.</text>
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                <text>Analyse de l’impact des écoles d’entrepreneuriat agricoles (FBS) sur la gestion des exploitations agricoles : cas des producteurs de cacao biologique au Togo</text>
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                <text>Dans le but de renforcer les capacités des agriculteurs de cacao biologique en les dotant de compétences en gestion technico-économique et en entrepreneuriat, l’approche Farmers Business School (FS) a été adaptée à la filière cacao biologique et administrée aux producteurs agricoles de la région des plateaux. Après 7 ans d’accompagnement des producteurs de cacao biologique à leur professionnalisation en tant qu’entrepreneur avec l’approche FBS, il est indispensable d’évaluer son impact sur la gestion de leurs exploitations. Cette recherche vise ainsi à analyser l’impact du Farmers Business School sur la gestion et le revenu des exploitations de cacao biologique. Les données primaires ont été collectées au moyen d’entretiens individuels, à l’aide d’un questionnaire bien structuré auprès de 405 cacaoculteurs sélectionnés de manière aléatoire. Les données collectées ont été traitées et analysées à l’aide du tableur Excel et du logiciel STATA. La méthode d’évaluation utilisée est l'appariement par score de propension (PSM). Les résultats des estimations de l’effet de l’approche FBS sur l’adoption des outils de gestion, par le test de différence de proportion et l’analyse du niveau d’adoption de chaque outil pour chacun des groupes (participants et non participants), montre une meilleure utilisation des outils de gestion par les participants à la formation comparativement aux non participants. De même, les résultats des estimations de l’effet du FBS sur le revenu agricole montrent par la technique de Kernel, une augmentation du revenu de 315.000 F CFA par an. L’analyse des résultats permet de suggérer aux décideurs et promoteurs de l’approche, de mettre en place un dispositif de suivi post formation pour garantir une bonne gestion des exploitations et l’amélioration du revenu.</text>
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        <name>Gestion de l’exploitation</name>
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                    <text>MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE
L’INNOVATION
………….
UNIVERSITÉ THOMAS SANKARA
………………
INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE À DISTANCE

BURKINA FASO
………
Unité – Progrès – Justice

MÉMOIRE DE MASTER EN PLANITIFICATION ET GESTION DES
STRUCTURES ÉDUCATIVES
OPTION : GESTION DES STRUCTURES ÉDUCATIVES

GESTION DE LA MOTIVATION DES ÉCOLIERS
DANS LES ÉTABLISSEMENTS PRIVÉS ET RÉUSSITE
SCOLAIRE : CAS DE L’ÉCOLE PRIMAIRE ÉMILIE
DE VILLENEUVE DE PARAKOU/BÉNIN

Réalisé par :

Sous la direction de :

Akouavi Emérentienne
HOUEGBAN

Dr. Bapindié OUATTARA

COMPOSITION DU JURY
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

ANNÉE ACADÉMIQUE 2023-2024

��Dédicace

DÉDICACE

À

Ma mère Véronique MAFLON
et à mes sœurs de la Province Amazone du Bénin.

I

�In memorium

IN MEMORIUM

De

Mon feu père Gaudens HOUEGBAN
Feue Sœur Marie Justine AGBO

II

�Remerciement

REMERCIEMENTS
Le présent travail de recherche n’aurait pu être réalisé sans l’appui de plusieurs personnes qui
ont contribué à la concrétisation de ce projet. Il est donc important et opportun de prendre
quelques lignes pour leur témoigner de ma reconnaissance. Ainsi donc, qu’il me soit permis
d’exprimer ma profonde et vive gratitude à :


M. le Directeur de l’IFOAD, Docteur Marie Bernadin OUEDRAOGO et son staff pour
la qualité de la formation ;



M. le président du jury et les membres du jury pour le temps consacré à la lecture et
l’appréciation de ce mémoire ;



Docteur Bapindié OUATTARA, notre directeur de mémoire, qui nous a apporté son
assistance intellectuelle et morale. La pertinence de ses remarques et son entière
disponibilité ont été un apport précieux.



M.

Euloge-Achille

NOUGBODOHOUÉ,

pour

sa

disponibilité

et

son

accompagnement ;


M. Gildas TCHEMADON, pour sa disponibilité et surtout pour sa contribution dans
la réalisation de ce mémoire ;



Toute l’administration et les enseignants de l’IFOAD qui ont bien voulu partager avec
nous leur savoir durant ces deux années de formation ;



Toute la famille religieuse NDICC province Amazone du Bénin et en particulier la
sœur KOKOUN Euphrasie supérieure provinciale et son conseil pour avoir placé leur
confiance en ma personne pour ces études supérieures ;



Sœur BOSSOU Pierrette Marie ex provinciale et son conseil ;



M. KAHOUI Isidore, recevez les sincères remerciements pour vos divers conseils et
soutien de tout genre ;



Toute la famille, nos bienfaiteurs et amis pour vos soutiens, morales, affectifs, et
financiers ;



Nos camarades de formation, nous les remercions chaleureusement pour tous ces
agréables moments passés ensemble ;



Tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à la réalisation de ce travail de
recherche, gratitude infinie à vous.

III

�Sigles et acronymes

SIGLES ET ABRÉVIATIONS
APC

:

Approche Par Compétences

CE1

:

Cours Élémentaire 1è année

CE2

:

Cours Élémentaire 2è année

CEP

:

Certificat d’Études Primaires

ECPEV

:

École Catholique Primaire Émilie de Villeneuve

IFOAD

:

Institut de Formation à Distance

MEMP

:

Ministère de l’Enseignement Maternel et Primaire

MESRSI

:

Ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche Scientifique et de
l’Innovation

MPGSE

:

Master en Planification et Gestion des Structures Éducatives

NDICC

:

Notre Dame de l’Immaculée Conception de Castre

OCDE

:

Organisation de Coopération et de Développement Économique

ONU

:

Organisation des Nations Unies

UNICEF

:

Fond des Nations Unies pour l’Enfance

UO2

:

Université Ouaga II

IV

�Liste des tableaux

LISTE DES TABLEAUX
Tableau I: Mesure des variables de la recherche _________________________________________ 36
Tableau II: Taille de l’échantillon ____________________________________________________ 43
Tableau III: Caractéristiques sociodémographiques des élèves enquêtés ______________________ 46
Tableau IV: Caractéristiques sociodémographiques des enseignants enquêtés __________________ 47
Tableau V: Répartition des parents d’élèves selon leurs caractéristiques socio-démographiques ____ 48
Tableau VI: Relation entre la motivation autodéterminée et la réussite scolaire _________________ 50
Tableau VII: Style de motivation par la communication relative aux enseignants _______________ 50
Tableau VIII: Relation entre le style de motivation par la communication relative aux enseignants et la
réussite scolaire __________________________________________________________________ 51
Tableau IX: Style de motivation par la communication relative aux parents ___________________ 52
Tableau X: Relation entre le style de motivation par la communication relative aux parents d’élèves et
la réussite scolaire ________________________________________________________________ 52
Tableau XI: Stratégie d’apprentissage des élèves ________________________________________ 53
Tableau XII: Relation entre stratégie d’apprentissage et réussite scolaire ______________________ 54
Tableau XIII: Type de motivation aboutissant à la réussite scolaire suivant le niveau d’étude des
élèves enquêtés ___________________________________________________________________ 54
Tableau XIV: Effet du niveau châtiment corporel sur la réussite scolaire suivant le niveau d’étude des
élèves enquêtés ___________________________________________________________________ 55

V

�Liste des graphiques

LISTE DES FIGURES
Figure 1: Effet de la motivation sans le châtiment corporel sur la réussite scolaire. ______________ 35
Figure 2: La démarche hypothético-déductive classique ___________________________________ 40
Figure 3: Distribution des élèves selon leurs responsabilités dans l’exercice de leur activité (n=84) 49
Figure 4: Distribution des élèves selon leurs sentiments de libre choisir (n=84) _________________ 49
Figure 5: Distribution des élèves selon leur liberté de choix dans la prise de décision (n=84) ______ 49

VI

�Résumé

RÉSUMÉ
Cette recherche vise à appréhender l’effet des pratiques de motivation sans châtiment corporel
dans les établissements sur la réussite scolaire des écoliers au Bénin.
Pour conduire à bien cette recherche, la démarche hypothético-déductive est adoptée avec une
approche quantitative. Les données quantitatives collectées grâce aux questionnaires, ont été
codées et soumises à des analyses statistiques à l'aide du logiciel R 4.1.1. Dans le but d’analyser
les relations entre les variables, des tests de contingence de Chi2 suivis d’un Test t de Student
ont été effectués. L’étude empirique a été réalisée sur un échantillon de convenance de quatrevingt-cinq (84) écoliers (CM1 et CM2), 16 enseignants et trente-cinq (35) parents d’élève. Les
résultats de cette recherche révèlent que la majorité des élèves enquêtés soulignent que
l’absence de châtiment corporel favorise la réussite scolaire. Car, les établissements pratiquant
le moins ce type de punition ont les meilleurs résultats académiques ; même s’il n’est pas exclu
que d’autres facteurs positifs expliquent les taux de succès enregistrés dans ces établissements.
De ce fait, le recours aux différentes pratiques de motivation sans châtiments corporels dans les
établissements scolaires améliorerait donc la réussite scolaire des écoliers au Bénin. Toutefois,
les résultats révèlent également qu’un, « usage modéré des punitions corporelles » conduirait
aussi à un accroissement de la réussite scolaire. Ceci pose donc la question de la pertinence et
de l’efficacité de l’usage des punitions corporelles sur la qualité du rendement intellectuel et
humain des apprenants.
Mots clés : Pratiques de motivation - châtiment corporel - réussite scolaire - écoliers

ABSTRACT
This study seeks to investigate the impact of motivational strategies, instead of corporal
punishment, on the academic achievement of students in Benin.
The research used a hypothetico-deductive and quantitative approach. Data from questionnaires
was analysed using R 4.1.1, including Chi2 contingency tests and a Student's t-test to examine
relationships between variables. The study involved 84 schoolchildren (CM1 and CM2), 16
teachers, and 35 parents.
The research’s findings indicate that most students believe that not using corporal punishment
in schools contributes strongly to academic success. We also note that schools without corporal
punishment tend to achieve better academic results. So, implementing non-physical punishment
practices in schools could enhance students' academic success in Benin. However, the results
also suggest that a "moderate use of corporal punishment" may lead to increased academic
success. This raises questions about the effectiveness of using corporal punishment on students'
overall performance.
Keyword: Motivational practices - corporal punishment - educational success – schoolchildren

VII

�Sommaire

SOMMAIRE
INTRODUCTION _________________________________________________________ 9
PREMIÈRE PARTIE : CADRE THÉORIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE _______ 13
CHAPITRE 1 : LA PROBLÉMATIQUE __________________________________________ 14
1.

Contexte et justification de la recherche ______________________________________________ 14

2.

Le problème de la recherche_______________________________________________________ 15

3.

Objectifs de la recherche _________________________________________________________ 16

4.

Hypothèse de recherche __________________________________________________________ 17

5.

Présentation de la zone d’étude : cas de l’école catholique primaire Émilie de Villeneuve de Parakou
_____________________________________________________________________________ 17

CHAPITRE 2 : LE CADRE THÉORIQUE, CONCEPTUEL ET MÉTHODOLOGIQUE __ 20
1.

La revue de littérature ____________________________________________________________ 20

2.

Cadre théorique et conceptuel _____________________________________________________ 22

3.

Cadre méthodologique ___________________________________________________________ 36

DEUXIÈME PARTIE : RÉSULTATS ET DISCUSSIONS _______________________ 45
CHAPITRE 1 : RESTITUTION, ANALYSE ET DISCUSSION DES RÉSULTATS ______ 46
1.

Présentation et analyse des résultats de la recherche ____________________________________ 46

2.

Discussion des résultats __________________________________________________________ 55

CHAPITRE 2 : DE LA VALIDATION DES HYPOTHÈSES AUX SUGGESTIONS ______ 59
1.

Vérification des hypothèses _______________________________________________________ 59

2.

Suggestions____________________________________________________________________ 60

CONCLUSION ___________________________________________________________ 62
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES ____________________________________ LXV
ANNEXES _____________________________________________________________ LXX
TABLE DES MATIÈRES ______________________________________________ LXXVI

VIII

�Introduction

INTRODUCTION
Pour faire face aux défis qui s’imposent à elle, l’Afrique n’a pas de levier plus puissant que
celui de l’éducation Tamghe (2019), car rien d’humain ne se fait, rien d’humain, ne s’est jamais
fait sans éducation Weil (1996). D’après le rapport OCDE (2007), l’éducation joue un rôle
central dans la réussite et le développement des nations en ce sens qu’elle a un impact
directement sur la productivité moyenne de la population active dans son ensemble, dans
l’assimilation et la formation du progrès technique. Puissant facteur de cohésion nationale,
vecteur attendu de justice sociale, l’éducation revêt une importance cruciale dans les sociétés
qui se veulent modernes. On lui reconnaît de plus en plus le rôle moteur qu’elle joue dans la
croissance économique et le développement. Il serait alors opportun de recadrer le mécanisme
d’apprentissage des enfants constituant l’avenir de l’Afrique de demain.
Dans cette perspective, Rousseau (2002), préconisait la reconnaissance de la spécificité de
l’enfance. Ainsi dans son traité de l’Éducation, l’auteur attire l’attention des éducateurs sur le
fait que la nature veut que les enfants soient enfants avant que d’être hommes … [avec] des
manières de voir, de penser, de sentir, qui lui sont propres avant de déclarer insensé d'y vouloir
substituer les nôtres. Plus loin, l’objectif 4 de développement durable indique qu’il faut non
seulement assurer l’accès de tous à une éducation de qualité […] tout au long de la vie, mais
de faire en sorte qu’à l’horizon 2030 tous les élèves acquièrent les connaissances et
compétences nécessaires pour promouvoir le développement durable notamment par
l’éducation en faveur de la promotion d’une culture de paix et de non-violence (ONU, 2015).
Pour pouvoir atteindre cet objectif de développement qui constitue aujourd'hui un défi majeur
pour toutes les nations, il serait intéressant de revoir la qualité et le dispositif motivationnel des
apprenants. Cela constituerait un préalable pour l'atteinte des objectifs de développement des
États. En Afrique, ce dispositif motivationnel était traditionnellement fondé sur des rites
initiatiques qui assignaient toujours un certain rôle à la rigueur et à la peur. La méthode
pédagogique exigeait qu’on associe à l’apprentissage de l’enfant des éléments sensibles tel le
bâton ou la punition pour amener ce dernier à apprendre. Et, pour qu’il apprenne réellement, on
mettait parfois à côté de lui un bâton ou au contraire, on lui infligeait une punition corporelle.
Ainsi, on faisait supporter à l’enfant des châtiments corporels. Concernant les enseignants, dans
l’ordre des punitions qu’ils faisaient supporter à l’enfant à l’école on peut trouver : le travail à
refaire, la privation de récréation, la mise à l’écart, les lignes d’écriture, les verbes à conjuguer
et autres copiages enfin les atteintes corporelles, gifles, pincements, tirages (d’oreilles et des
cheveux) et fessées Pinheiro (2006). Plus loin, Gershoff et al. (2007), McClure et al. (2008),

9

�Introduction

puis Umezinwa et al. (2012), y ajoutent des actes tels que le recours à des « décharges
électriques, exercices physiques excessifs, interdiction d’aller aux toilettes, l’imposition de
corvées (nettoyage, corvée d’eau etc.).
Pour une meilleure réussite scolaire, la pédagogie nouvelle voudrait que l’enfant soit au centre
des débats du système éducatif. Il s’agit de considérer l’enfant comme un être en devenir, c'està-dire qui a une histoire, qui doit se faire selon ses propres étapes. Pour Gentilini (1997), les
punitions ne sont pas des moyens pour éduquer réellement l’apprenant. Elles doivent être
bannies des écoles dans la majorité des Etats, pour respect de l’intégrité physique et
psychologique et de la dignité de l’enfant en situation d’apprentissage. Car, les châtiments
corporels sont susceptibles de produire plusieurs formes de séquelles sur l’enfant et peuvent
même entraîner le décès des enfants victimes.
Plusieurs recherches ont démontré que les châtiments corporels sont préjudiciables pour
l’enfant. Une étude réalisée par (UNICEF, 2016) à Dakar révèle que la punition corporelle
affecte 61% des enfants de 1 à 14 ans. Au Nigéria, l’UNICEF établit la fréquence de la violence
physique contre les enfants dans les écoles nigérianes à 79% dans le Nord et à 90% dans le Sud
(IG, 2016a). Au Bénin, les études réalisées par Napporn, (2016) ont révélé que la situation n’a
pas vraiment changé dans les relations maître-élève. Les enquêtés rappellent que « l’élève a
toujours tort face à L’administration qui soutient l’enseignant afin de lui préserver son autorité.
Ainsi, les résultats du l’auteur indiquent que 5 % des parents approuvent les décisions de
l’administration. 10 % des élèves évoquent les abus des enseignants à travers des mensonges.
Ces derniers modifieraient les versions des évènements pour les faire punir. 50 % des
enseignants du primaire font toujours usage du châtiment corporel et en déplorent l’interdiction.
Pourtant, le Bénin a adhéré à l’abolition des châtiments corporels en l’occurrence dans les
établissements primaires (IG, 2016a).
Par ailleurs, d’autres études indiquent que les châtiments corporels contribueraient à augmenter
les comportements agressifs chez les enfants et avec des effets qui perdureraient même jusqu’à
l’âge adulte Murray A. et al. (1991). Pour eux, les châtiments corporels contribueraient à la
délinquance tant juvénile à l’âge adulte et seraient également considérés comme un facteur de
risque dans le développement de comportements dépressifs et suicidaires. Plusieurs études
scientifiques ont prouvé l’existence d’effets particulièrement nocifs sur les enfants qui subissent
le châtiment corporel Pinheiro (2006), Debarbieux (2006), Antonowicz (2010), Gershoff
(2013), et Gershoff (2017), et mettent en garde contre des conséquences négatives de la punition
corporelle sur la santé aussi bien mentale que physique de l’enfant. Dans la même dynamique,
Tall, (2019), note que les enfants battus ont tendance à s’absenter, à moins participer au cours
10

�Introduction

et à obtenir de mauvais résultats. D’après Antonowicz (2010), le châtiment corporel transmet à
l’enfant écolier, le message que la violence peut être une option valable pour régler les
différends. Or l’école constitue un environnement où la violence doit être proscrite. Car, une
éducation de qualité est également celle qui respecte la dignité de l’enfant. Ainsi, la possibilité
de lever la main sur l’enfant doit être de plus en plus décriée et mise hors la loi à travers le
monde.
Le nouveau paradigme exige alors aux enseignants de développer de nouvelles stratégies
incitant les enfants apprenants à effectuer des activités volontairement, par intérêt, pour ellemême, pour le plaisir et la satisfaction qu’ils en retirent ». Ce faisant, pour une gestion active
et réfléchie, l’élève développera des stratégies d’apprentissage qui lui permettront d’accomplir
au mieux une activité pédagogique Butler et Cartier (2004).
Malheureusement, il n’en continue pas moins d’être fréquent Pinheiro (2006), et UNICEF,
2016). Car, on peine encore à renoncer à ces formes de disciplines basées sur la coercition, la
violence et le châtiment corporel en particulier. La punition corporelle demeure et reste
fréquente en dépit des nombreuses mises en garde contre ses effets nuisibles sur l’enfant
apprenant légalement protégé contre cette forme de discipline dont l’efficacité reste toujours à
prouver. Les enseignants reconnaissent parfois avoir souvent du mal à se libérer de cette
pratique et à se conformer à une règle qui leur interdit le recours à quelques formes de punitions
corporelles que ce soit. Selon eux, la motivation par le châtiment corporel constitue en contexte
africain et précisément béninois, la seule alternative crédible accessible pour faire face aux
questions de discipline qui se posent à eux dans la gestion de leurs classes afin d’améliorer le
niveau du rendement scolaire.
Ainsi, jusque-là peu de recherches semblent s’être intéressées à la pratique en milieu familial
plus que scolaire Gershoff E (2017), dans les écoles des régions du Bénin notamment dans les
communes du Borgou. Dès lors, il se pose la question centrale suivante : A quelles conditions
le recours aux pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les établissements
améliore-t-elle la réussite scolaire des écoliers au Bénin ? La problématique posée soulève un
certain nombre de questionnements qui impliquent, par conséquent, des objectifs de recherche.
Cette interrogation appelle de façon plus spécifique des sous-questionnements auxquels des
réponses seront apportées tout au long du développement. En effet, afin de faire un état des
lieux sur la stratégie motivationnelle en vigueur dans les établissements scolaires au niveau
primaire en ce qui concerne spécifiquement celui des privés en termes de réussite scolaire, la
recherche est réalisée par le biais des questions spécifiques suivantes : quelles sont les pratiques
de motivation qui caractérisent les apprenants des établissements primaires au Bénin ? Quel est

11

�Introduction

l’effet de l’usage du style de motivation par la communication par l’enseignant sur la réussite
scolaire ? Quelle est l’influence de la stratégie d’apprentissage de l’enseignant sur le niveau de
la réussite scolaire au Bénin ?
Il ressort des préoccupations que soulève cette recherche, que l’objectif principal de la
recherche est d’appréhender l’effet des pratiques de motivation sans châtiment corporel dans
les établissements sur la réussite scolaire des écoliers. En effet, la recherche vise
spécifiquement : à identifier les pratiques de motivation des apprenants des établissements
primaires au Bénin, à déterminer l’effet de l’usage du style de motivation par la communication
par l’enseignant sur la réussite scolaire et à évaluer l’influence de la stratégie d’apprentissage
de l’enseignant sur le niveau de la réussite scolaire au Bénin.
L’atteinte de cet objectif nécessite l’exposé de la méthodologie de recherche, des résultats qui
y sont attachés ainsi que les discussions. Mais les différentes étapes ci-dessus évoquées ne
pourraient être aisément franchies sans le passage préalable des apports de quelques auteurs
constituant de ce fait la revue de littérature.

12

�Première parie : Cadre théorique et méthodologique

PREMIÈRE PARTIE :
CADRE THÉORIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE

Dans cette première partie, il est question de mettre en exergue d’une part, la problématique
soulevée, le cadre théorique, conceptuel, et d’autre part de présenter la démarche
méthodologique de la recherche.

13

�Chapitre 1 : La problématique

CHAPITRE 1 : LA PROBLÉMATIQUE
Cette partie aborde le contexte et la justification de la recherche, la présentation de la zone
d’étude, la problématique, les objectifs, et les hypothèses de la recherche au regard de la revue
de littérature.

1. Contexte et justification de la recherche
L'éducation scolaire constitue aujourd'hui un défi majeur pour toutes les nations. Sa qualité et
le dispositif motivationnel des apprenants constitueraient un préalable pour l'atteinte des
objectifs de développement des États. En Afrique, fort est de constater l’usage de punitions par
les enseignants dans certaines écoles primaires comme source de motivation.
Allant dans la même veine, Jean-Jacques Rousseau, suscitait l’attention des enseignants sur le
fait que la nature veut que les enfants soient enfants avant d’être hommes … [avec] des manières
de voir, de penser, de sentir, qui leur sont propres avant de déclarer insensé d'y vouloir substituer
les nôtres Rousseau (2002). Il s’agit pour l’auteur de préconiser la reconnaissance de la
spécificité de l’enfance. Moro (1991), dans son ouvrage intitulé, L’enfant sans droit soulignait
que c’est au cours du siècle dernier que s’est développée une réaction salutaire contre cet
absurde état de choses, par le biais d’une ferme condamnation des nombreuses formes de
violence physique qui s’abattent sur nos enfants ou par celui d’études et de recherches plus
sérieuses sur la maltraitance à l’enfant.
Les châtiments corporels sont susceptibles de produire plusieurs formes de séquelles sur
l’enfant et peuvent même entraîner le décès des enfants victimes. Toutefois, contrairement à la
législation, tous les châtiments corporels ne portent pas forcement atteinte à l'intégrité de
l’enfant apprenant. Ainsi, pour les auteurs comme Larzelere et Kuhn (2005), Larzelere, Cox Jr,
et Smith (2010), le châtiment corporel ne serait ni aussi dangereux ni aussi contreproductif,
selon l’état actuel de la recherche, tant qu’il n’est pas abusif. Dans la même perspective,
Antonowicz (2010), indique que les châtiments corporels restent une forme de violence encore
perçue comme un moyen légitime de corriger les comportements à la maison et à l’école.
Au Bénin, le châtiment corporel est interdit sous toutes ses formes. Les enfants doivent étudier
dans une atmosphère sans crainte. C’est pourquoi, dans sa note de service en date du 22
novembre 2018 le ministre Mahougnon KAKPO disait : Il n’est nullement autorisé l’usage du
châtiment corporel dans le règlement (règlement intérieur article 133 et 134). Par conséquent,
j’invite les chefs d’établissement à se conformer au respect strict dudit règlement intérieur et à
faire disparaître de l’enceinte des établissements, les chicottes ou tout autre objet pouvant servir
14

�Chapitre 1 : La problématique

à appliquer les châtiments corporels. Mieux les enseignants ou chefs d’établissement qui se
rendraient coupables d’acte de châtiment corporel seront punis conformément à la loi. De
même, l’arrêté interministériel interdisant les châtiments corporels dans les établissements
scolaires vient renchérir sur cet état de chose et mettre fin aux châtiments corporels dans les
établissements scolaires.
Malheureusement, le phénomène ne continue pas moins d’être fréquent Pinheiro (2006), et
UNICEF (2016). Les enseignants ont du mal à abandonner totalement cette pratique. Selon eux,
la motivation par le châtiment corporel constitue en contexte africain, la seule alternative
crédible et accessible pour faire face aux questions de discipline qui se posent à eux dans la
gestion de leurs classes afin d’améliorer le niveau du rendement scolaire.

2. Le problème de la recherche
En matière éducative, le châtiment corporel était autrefois le stimulus des élèves pour qu’ils
soient bien disciplinés et qu’ils fournissent de bons résultats en fin d’année. Dans la même
perspective, certains parents exigeaient même que les enseignants frappent leurs enfants s’ils
ne travaillaient pas ou s’ils n’étaient pas disciplinés.
De nos jours, ce châtiment corporel est interdit par la législation régissant la plupart des pays.
Les enseignants sont menacés par les parents ; certains perdent parfois leur profession et
d’autres sont emprisonnés pour cause de châtiment.
La Déclaration du Millénaire pour le Développement (DMD) invitait à l’assurance des devoirs
à l’égard de tous les citoyens du monde, en particulier les personnes les plus vulnérables, et tout
spécialement les enfants. Elle estimait que pour un monde digne des Enfants, les sociétés
doivent éliminer toutes les formes de violence à l’encontre de ceux-ci (ONU, 2001, p. 20). Ce
qui amène Annan (2001), a indiqué qu’un accent accru doit être mis sur la protection des enfants
contre la violence, y compris au sein de la famille, et l’interdiction par la loi des châtiments
corporels. Dans la réalité le constat est tout autre. Il est à noter que certains enseignants
continuent de faire usage de la punition corporelle et celle de façon clandestine. Pour eux
aucune bonne éducation ne peut advenir sans une moindre punition corporelle. Il se pose alors
un problème de crise de l’autorité de l’enseignant et de gestion de la motivation au sein des
établissements scolaires. Les enseignants sont menacés par les parents d’élèves, par les élèves
et ils ne sont plus motivés à donner le meilleur d’eux-mêmes pour la réussite des enfants.
Dans la théorie de l’autodétermination RYAN, Richard M., et E.L. DECI (2000), à laquelle
nous nous référons dans cette recherche, il est question de chercher à savoir : A quelles
conditions le recours aux pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les
15

�Chapitre 1 : La problématique

établissements améliore-t-elle la réussite scolaire des écoliers au Bénin ? C’est pour cela que
dans le présent travail de recherche, il serait intéressant de répondre aux différentes
préoccupations ci-dessous.

2.1 Question de la recherche
Cette recherche soulève une préoccupation fondamentale. Elle suscite également d’autres
interrogations.
2.1.1 Question principale
La problématique posée soulève un certain nombre de questionnements qui impliquent, par
conséquent, des objectifs de recherche. Il transparait alors à travers celle-ci que la question
centrale suscitée par cette recherche peut se formuler de la manière suivante : A quelles
conditions le recours aux pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les
établissements améliore-t-elle la réussite scolaire des écoliers au Bénin ?
2.1.2 Questions secondaires
Cette interrogation appelle de façon plus spécifique des sous-questionnements auxquels des
réponses seront apportées tout au long du développement. En effet, afin de faire un état des
lieux sur la stratégie motivationnelle en vigueur dans les établissements scolaires au niveau
primaire en ce qui concerne spécifiquement celui des privés en termes de réussite scolaire, la
recherche est réalisée par le biais des questions spécifiques suivantes :
 Quelles sont les pratiques de motivation des apprenants dans les établissements
primaires au Bénin ?
 Quelle est l’influence de la motivation sur la stratégie d’apprentissage ?
 Quel est l’effet de l’usage du style de motivation par la communication par l’enseignant
sur la réussite scolaire ?

3. Objectifs de la recherche
3.1 Objectif général
Il ressort des préoccupations que soulève cette recherche, que l’objectif principal de la
recherche est d’appréhender l’effet des pratiques de motivation sans châtiment corporel dans
les établissements sur la réussite scolaire des écoliers.

16

�Chapitre 1 : La problématique

3.2 Objectifs spécifiques
La recherche vise spécifiquement à :
 Identifier les pratiques de motivation des apprenants dans les établissements primaires
au Benin.
 Evaluer l’influence de la motivation sur la stratégie d’apprentissage au Bénin.
 Déterminer l’effet de l’usage du style de motivation par la communication par
l’enseignant sur la réussite scolaire.

4. Hypothèse de recherche
Au regard de la littérature existante, les hypothèses suivantes peuvent être formulées.

4.1 Hypothèse principale
Le niveau de réussite scolaire au primaire est tributaire des pratiques de motivation
développées.

4.2 Hypothèse secondaire
Hypothèse N° 1 : L’incitation des élèves par la motivation autodéterminée favorise la réussite
scolaire ou le rendement scolaire.
Hypothèse N° 2 : Le style de motivation par la communication de l’enseignant du primaire
détermine les résultats scolaires.
Hypothèse N° 3 : La stratégie d’apprentissage de l’enseignant influence le niveau de la
réussite scolaire au Bénin.

5. Présentation de la zone d’étude : cas de l’école catholique primaire Émilie
de Villeneuve de Parakou
Pour bien comprendre la zone d’étude, il est primordial de la situer géographiquement et
historiquement.

5.1 Situation géographique et historique de l’École Catholique Primaire Émilie
De Villeneuve de Parakou
L’École Catholique Primaire Émilie de Villeneuve est située dans la commune de Parakou, une
des plus grandes villes du Bénin. La ville connaît une forte augmentation de sa population qui

17

�Chapitre 1 : La problématique

est passée de 103 577 habitants en 1992 à 255 478 en 2013 RGPH 4. »1. L’ECPEV est
implantée dans le Département du Borgou, au centre du Bénin, dans le troisième arrondissement
de Parakou. L’ECPEV limitée au Nord par l’école maternelle et primaire Zongo 2 et le
dispensaire de Zongo 2, à l’Ouest par la clinique ̏ As du cœur ̋ (clinique Baguidi), au Sud par
l’école maternelle et primaire Marie Auxiliatrice, et à l’Est par l’école maternelle et primaire la
Source.
Cette école est l’œuvre des religieuses de la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de
l’Immaculée Conception de Castres, institut de vie consacrée qui a pour première vocation,
l’éducation des enfants et des jeunes. L’ECPEV est fondée en 2006 par la sœur Clémentine
Mendy, afin de permettre aux enfants de continuer leurs études au sein de la même structure,
pour mieux enraciner leur formation scolaire. Dans le même élan du charisme des Sœurs de
l’Immaculée Conception de Castres étant l’éducation, l’ECPEV a pour objectif de former
intégralement les enfants. Nous allons voir par la suite l’ECPEV dans l’éducation béninoise et
sous régionale.

5.2 L’École Catholique Maternelle et Primaire Émilie de Villeneuve dans
l’éducation béninoise et sous régionale
L’ECPEV, de par sa qualité de formation et ses résultats, est un établissement phare à Parakou.
Depuis la présentation de la première promotion, l’école a 100 % de réussites au Certificat
d’Étude Primaire (CEP). Elle obtient, chaque année, à l’issue des résultats du Certificat d’étude
primaire, un bon nombre d’élèves qui sont retenus pour le concours du Prytanée militaire.
Certains sont admis et étudient dans cet établissement d’excellence à Natitingou pour les filles
et à Bembèrèkè pour les garçons ; d’autres sont admis à l’école Prytanée militaire d’Abidjan en
Côte d’Ivoire et d’autres encore à l’école Prytanée militaire de Dakar au Sénégal. Ce qui dénote
du sérieux et de la qualité de l’enseignement donné dans cette école. Elle compte, de nos jours,
cinq classes à la maternelle et onze au primaire. Elle a pour devise : Travail-Succès-Fraternité.
Il convient par la suite de faire la présentation du personnel de l’école.

5.3 Présentation du personnel de l’école
L’ECPEV a pour directrice la Sœur Sylvie Assongba. Elle est constituée de douze (12) classes
avec quatorze (14) enseignants (six hommes et huit femmes) dont deux professeurs d’anglais
donnant des cours d’anglais du CE2 au CM2.

1

https://instad.bj/images/docs/insae-statistiques/enquetes-recensemen ts/RGPH/1.RGPH_4/Synth%C3%A8sedes-principaux-r%C3%A9sultats-du-RGPH-4/Plaquette-Borgou-final.pdf le 23/04/23 à 05h13

18

�Chapitre 1 : La problématique

5.4 La politique générale
L’établissement, dans son ensemble, fait correspondre le plan d’action avec la politique
générale de l’enseignement. Les questions en lien avec le but, la valeur, la mission, l’objectif et
la stratégie vont nous orienter dans la compréhension de la politique générale de l’école Émilie
de Villeneuve.
L’ECPEV a pour but de former l’homme complet (travailleur, discipliné, respectueux et
consciencieux) utile à lui-même et à la société. Avec l’exécution du programme de l’Approche
Par Compétence (APC), l’établissement vise à susciter et à développer le génie de l’enfant afin
qu’il puisse évoluer normalement dans les études et mieux s’insérer dans la société, notamment
en créant plus tard son emploi. Car Émilie de Villeneuve (fondatrice des Sœurs de l’Immaculée
Conception de Castres) avait pour objectif de former les enfants pour la vie dès le bas âge.
Les responsables ont pour mission, en tant qu’éducateurs et enseignants, la formation des
enfants qu’ils comparent à de l’argile malléable à laquelle ils doivent inculquer des vertus
éducatives et formatives. Tout ceci n’est possible que grâce aux documents officiels de
formation définissant le profil de l’homme, comme le manuel de la pédagogie appliquée. Pour
cela plusieurs valeurs sont promues : l’excellence, la discipline, l’amour du prochain, le travail
bien fait, le respect du bien public, le courage, le partage, l’honnêteté et la sagesse.
A l’instar des autres écoles, l’ECPEV adopte le programme du Ministère de l’Enseignement
Maternel et Primaire (MEMP) en vigueur, qui n’est rien d’autre que l’APC. L’objectif
spécifique que vise l’école est la formation de l’Homme équilibré socialement et capable de
s’insérer plus tard dans la vie active. Les stratégies mises en place pour la bonne réussite de
cette politique sont l’encadrement dans tous les domaines avec des enseignants consciencieux,
ponctuels et assidus. La vision de l’école, en ce qui concerne le projet éducatif, s’articule autour
de trois moyens que sont :
1. La discipline scolaire qui permet à l’élève d’acquérir des habitudes d’ordre, de
régularité, de bonne tenue, de franchise, de travail qui le marqueront toute sa vie ;
2. L’étude qui développe les facultés mentales, intellectuelles et pratiques de l’élève ;
3. Le bon exemple du maître ou de l’enseignant, car il est, pour l’élève, un modèle de vie
approprié.

19

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

CHAPITRE 2 : LE CADRE THÉORIQUE, CONCEPTUEL ET
MÉTHODOLOGIQUE
Dans ce chapitre, nous exposons d’abord la revue de littérature. Ensuite nous abordons le cadre
théorique et conceptuel de la recherche. Enfin la démarche méthodologique adoptée est mise
en relief.

1. La revue de littérature
Sont présentés successivement ici, les facteurs socioculturels, psychologiques et
psychopédagogiques puis la contribution des auteurs antérieurs.
Le concept facteur vient du latin facere qui signifie faire. Ce terme est défini dans le Lexique
des sciences sociales (2000) comme toute cause partielle d’un phénomène. Dans le cadre de
cette recherche, il est question d’aborder les facteurs socioculturels, psychologique et
psychopédagogique.

1.1 Les facteurs socioculturels
La littérature existante définit les facteurs socioculturels comme un ensemble d’éléments qui
agissent sur les valeurs, les normes et les perceptions sociales des parents et des communautés
vis-à-vis de l'école et de la scolarisation des enfants. Ils se rapportent à un groupe humain et à
sa culture etc. D’autres recherches ont révélé que parmi les facteurs socioculturels on peut
avoir : l’environnement, l’âge, le sexe, l’ethnie, la religion, la culture etc. Il s’agit donc des
éléments relatifs aux structures sociales et à la culture qui contribuent à la motivation scolaire.
Au Bénin, Napporn (2019), en se fondant sur le règlement intérieur en vigueur actuellement
dans les enseignements maternel et primaire fait ressortir que l’environnement socio culturel
scolaire reste caractérisé par les éléments suivants : l’interdiction des châtiments corporels et
traitements inhumains ou dégradants, la protection de l’environnement de l’école ; la protection
des écoliers en situation de handicap, la gratuité des enseignements maternel et primaire publics
le décrochage, l’orientation professionnelle, la tenue vestimentaire des écoliers et des
restauratrices, les vendeuses dans l’école, la solidarité et l’esprit de groupe, et utilisation des
langues nationales.
Dans la présente recherche l’accent est mis sur cet environnement socioculturel caractérisant le
contexte béninois pouvant agir sur l’amélioration et le renforcement de la motivation en milieu
scolaire.

20

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

1.2 Les facteurs psychologiques
Au regard de la littérature existante, la psychologie porte une attention toute particulière aux
problèmes de l’affectivité. Elle insiste notamment sur l’intensité de la vie affective chez le tout
jeune enfant et sur les répercussions ultérieures des tous premiers conflits. L’affectivité renvoie
à la faculté d’avoir des sentiments, des émotions : plaisir ou déplaisir, joie ou tristesse, haine
ou amour… Dans la réalité, guidée par une psychologie très sûre, les maîtres savent développer
chez l’élève l’esprit d’observation, la réflexion, le jugement et le caractère afin de prendre en
compte les besoins de l’enfant apprenant. Pour ce faire, les maîtres cherchent à avoir une
connaissance suffisante de la psychologie de l’enfant, de ses besoins naturels (curiosité) et
assurer leur motivation à partir de ceux-ci. Ils procèdent à des renforcements car l’approbation
de la réussite donne à l’enfant le sentiment de sa propre valeur et l’encourage, puis, ils favorisent
chez l’enfant la liberté d’action et la liberté d’expression.
En organisant le travail de façon méthodique : rendre son cours concret à l’aide du matériel, et
à partir du vécu des élèves, et en mettant l’accent sur le développement personnel : être
compréhensif et attentif aux besoins affectifs de l’enfant, être soucieux de créer un cadre
agréable (classe propre, décorée des travaux effectués élèves), l’enseignant développe des
stratégies psychologiques pouvant l’amener à atteindre ses objectifs scolaires. Ces facteurs
psychologiques sont ceux que les maîtres emploient pour créer un climat psychologique propice
à l’apprentissage afin d’améliorer le rendement scolaire Boulet et al., (1996), Weinsten et
Mayer (1986). En optant pour ses stratégies psychologiques les maîtres évitent de porter atteinte
à l’intégrité physique, psychologique et à la dignité des enfants. Car, tout châtiment corporel ne
porte pas nécessairement atteinte à l'intégrité de la personne.

1.3 Les facteurs psychopédagogiques
La littérature définit la psychopédagogie comme est un ensemble des méthodes utilisées par des
spécialistes de l'éducation pour l'apprentissage et l'enseignement. Son champ semble avoir des
points communs avec d'autres disciplines de la psychologie, comme la psychologie du
développement de l'enfant et de l'adolescent ou la psychologie sociale. William James la définit
comme « Une méthode éducative qui doit être en accord avec la psychologie, mais elle n’est
pas nécessairement la seule qui réponde à cette condition. Plusieurs systèmes divergents
peuvent également respecter les lois de la psychologie ». Le soutien socioaffectif de
l’enseignant, le sentiment de compétence, l’esprit communautaire d’apprentissage avec d’autres
élèves sont autant de facteurs psychopédagogiques développés en matière éducative.

21

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

2. Cadre théorique et conceptuel
Cette section clarifie tout d’abord les différents concepts impliqués dans cette recherche.
Ensuite, elle présente les fondements théoriques qui sous-tendent les motivations de l’apprenant
sans le châtiment corporel pendant l’apprentissage initial et met en relief les réflexions sur
lesquels reposent les hypothèses qui sous-tendent cette recherche. Enfin, elle présente le cadre
conceptuel de la recherche.

2.1 État de l’art sur la clarification des concepts
Il est question ici de clarifier les concepts tels que : gestion, motivation, gestion de la
motivation, rendement, rendement scolaire.
 Gestion
En sciences sociales, la littérature définie la gestion comme l’utilisation rationnelle, judicieuse
et minutieuse des ressources mise à disposition pour atteindre un objectif. Autrement dit, c’est
la technique d’organisation des ressources qui sont mises en œuvre pour l’administration d’une
organisation, dont l’art de diriger les hommes afin d’obtenir une performance satisfaisante.
 Motivation
Le concept de la motivation a un champ de connaissances très large et peut s’appliquer à divers
contextes de la vie. Phénomène complexe et abstrait, la clarification de la motivation renvoie à
plusieurs approches définitionnelles et elle reste influencée par de nombreux facteurs internes
et externes Dörnyei, (2001).
Étymologiquement le terme « motivation » vient du mot latin « motivus » qui signifie
« mobile » et de « movere » qui veut dire « mouvoir ». L’idée de mouvement reste
prédominante. Pour Vallerand et Thill (1993), la motivation est une force qui produit le
déclenchement d’une action chez l’individu. Elle désigne donc un processus qui agit
éventuellement sur le déclenchement, la direction, l'intensité, la persistance et la fréquence de
comportements ou d'attitudes. Karsenti (1998), considère la motivation comme le tenseur des
forces d'origine interne et externe (situationnelles, contextuelles et globales), dirigées ou non
par un but, qui influencent l'individu sur le plan cognitif, affectif ou comportemental. Plus loin
Lieury et Fenouillet (2006), conçoivent la motivation dans son sens générique qui désigne
l’ensemble des mécanismes biologiques et psychologiques qui permettent le déclenchement de
l’action, l’orientation, l’intensité et la persistance. » Mais, il faut reconnaitre qu’il s’agit des
définitions trop globales et vagues du concept de la motivation. Dans le cadre de cette
recherche, nous retenons la définition de Viau, (1997, p.6) qui perçoit la motivation comme

22

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

« ce qui fait que les élèves écoutent attentivement et travaillent fort ». Du point de vue
psychopédagogique, la motivation est l’« ensemble des facteurs dynamiques qui suscitent chez
un élève ou un groupe d'élèves le désir d'apprendre »2.
 Gestion de la motivation
La littérature définit la gestion de la motivation comme un des éléments clés du succès des
entreprises pouvant agir directement sur les comportements des individus.
 Motivation en milieu scolaire ou dynamique motivationnelle
Spécialiste des questions de la motivation dans le contexte scolaire, Viau (2009), adopte une
approche qui met l’accent sur les caractéristiques cognitives et sociales chez les individus pour
expliquer un processus d’apprentissage. C’est ce qu’il convient d’appeler désormais selon
l’auteur « approche de type sociocognitive ». Cette approche met en lien la motivation et le
travail des écoliers ou élèves à l'école. Selon Raby et Narcy-Combes, (2009), les facteurs
sociaux et ceux liés à l’environnement, sont déterminants dans la motivation scolaire. Ainsi, la
motivation en mode scolaire peut s’entendre comme un état dynamique qui a ses origines dans
les perceptions qu’un écolier a de lui-même et de son environnement et qui l’incite à choisir
une activité, à s’y engager et à persévérer dans son accomplissement afin d’atteindre un but
Viau, (1997).
Dix ans plus tard, Viau (2009), remplace le concept de « motivation dans le contexte scolaire »
par un autre concept et préfère utiliser le terme de « dynamique motivationnelle » dont la
définition n’est pas trop loin du premier terme. Il a opté pour le terme de « la dynamique
motivationnelle » parce que, la motivation est un phénomène dynamique qui est influencé par
un nombre de facteurs différents Viau (2009).
À cet effet, il définit la dynamique motivationnelle de l’élève à l’école comme « les perceptions
qu’un élève a de lui-même et de son environnement et qui l’incite à choisir une activité, à s’y
engager et à persévérer dans son accomplissement afin d’atteindre un but ». Ici, l’auteur met
l’accent sur l’importance de la motivation pour engager l’élève dans une activité et le faire
persévérer jusqu’à la fin de cette activité. Ce faisant, la motivation aidera donc l’élève à
atteindre des buts précis. Cependant, il mentionne que la dynamique motivationnelle lorsqu’elle
est positive est l’une des conditions de la réussite scolaire mais qu’elle seule ne garantit pas le
succès.

2

Cuq, Jean-Pierre, (2003), dictionnaire de didactique du français langue étrangère seconde, Paris CLE
international.

23

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

 Réussite scolaire
La réussite est prise comme une heureuse issue, un résultat favorable. De ces définitions, il est
difficile de déduire ce que c’est que la réussite scolaire. Toutefois, de Landsheere (1992), estime
que l'échec scolaire est la situation où un objectif éducatif n’est pas atteint. À partir de cette
définition, il est justifié d’affirmer sans se tromper que la réussite scolaire est la situation où un
objectif éducatif a été atteint. La réussite s’entend comme l’achèvement avec succès d’un
parcours scolaire, traduite par l’atteinte d’objectifs d’apprentissage et la maîtrise des savoirs.
Dans cette optique, les résultats scolaires et l’obtention d’une reconnaissance des acquis
(diplôme, certificat, attestation d’études) sont des indicateurs de réussite scolaire. Allant dans
la même perspective, d’autres auteurs de la littérature définissent la réussite scolaire comme le
fait de réaliser un objectif pédagogique préétabli, notamment passer en classe supérieure, réussir
les examens de sous-cycles ou de fin de cycle du primaire et, dans le cadre plus général du suivi
de cohorte, effectuer son parcours scolaire sans redoubler.
Dans le cadre de cette recherche, la réussite scolaire est perçue d’une part dans l’atteinte des
objectifs d’apprentissage traduite par la maîtrise des connaissances acquises (en mathématique,
lecture, écriture) et traduite d’autre part par la participation avec succès aux examens
nationaux : l’obtention d’une reconnaissance des acquis (le diplôme).
 Rendement scolaire
Dans la littérature, les chercheurs n’arrivent pas à trouver un consensus sur une définition
commune du concept rendement scolaire. Gueyaud et Dassa (1998), le définissent comme le
degré de performance d'un élève dans les matières où il est inscrit. Pour Legendre (2005), le
rendement scolaire est défini par la qualité et la quantité du travail fourni par un sujet ou un
groupe de sujets en situation pédagogique. Par contre, Landshere (1992), le relie à la
performance et le définit comme un ensemble de performances scolaires d'une population
donnée. Or, la performance s’entend comme les résultats observables chez l'élève. Elle incarne
les comportements traduisant l'utilisation par l'élève des connaissances. Ainsi, dans le cadre de
cette recherche, le rendement scolaire désigne le degré de qualité et de la quantité du travail
fourni par un élève, travail exprimé en termes de moyenne.
Somme toute, les termes comme résultat scolaire, réussite scolaire ou rendement scolaire
désignent la même chose dans le cadre de cette recherche.
 Châtiment corporel
Dans la littérature, la définition du concept de châtiment corporel est diversifiée. Pour les
auteurs Lansford, et al., (2012), le châtiment corporel est une méthode adoptée en majeure partie
24

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

par les parents et les tuteurs (représentants légaux) pour réprimander les enfants à travers le
monde. Straus (1994), le définit comme l’usage de la force physique pour infliger de la douleur
à un enfant, dans le but de le réprimander ou en vue de contrôler son comportement ou de
prévenir ses comportements indésirables sans le blesser. Quelques années plus tard, Rohner
(2005) comprend le châtiment corporel sous l’angle de punition corporelle. Or, les auteurs
comme Zwi et al., (2002), et Pinheiro (2006), indiquent que la punition corporelle renvoie à
une forme de violence physique interpersonnelle dont les enfants comme tout être humain
doivent être préservés.
Dans le cadre de cette recherche, le châtiment corporel est défini comme une sanction qui
consiste à faire l’usage de la main, d’une baguette ou d’un ceinturon pour frapper l’enfant en
vue d’infliger la douleur ou de causer le désagrément chez lui.

2.2 Des Fondements théoriques aux recensions empiriques en passant par les
modèles théoriques de la recherche
Le cadre explicatif de la motivation en milieu scolaire et la réussite scolaire nécessite de recourir
à des théories et des modèles aussi différents à savoir : la théorie de l’autodétermination
d’Edward Deci et Richard Ryan, la théorie des attentes et de la valeur de Jacquelynne Eccles et
Allan Wigfield, le modèle de la dynamique motivationnelle de Rolland Viau et le modèle de la
motivation scolaire de Denise Barbeau.
2.2.1 Les assises théoriques de la recherche
2.2.1.1 La théorie de l’autodétermination RYAN, Richard M., et E.L. DECI (2000)
La théorie de l’autodétermination s’insère dans une approche humaniste de la motivation. Elle
a été́ développée par Edward Deci et Richard Ryan en 1952. Dans un esprit rationnel général
de leur conceptualisation de la motivation, ces auteurs distinguent les différents types de
motivation sur la base des raisons qui poussent à l’action. Pour eux, trois grands types de
motivation caractérisent le système éducatif : la motivation extrinsèque, la motivation
intrinsèque et l’amotivation.
2.2.1.1.1 Motivation extrinsèque
La motivation extrinsèque consiste en l’accomplissement d’une activité pour une raison externe
à cette dernière, comme l’obtention d’un diplôme ou l’évitement d’une sanction. Elle est donc
influencée par les facteurs externes, c’est-à-dire qui proviennent de l’environnement extérieur
de l’individu. A titre illustratif, la motivation d’un élève peut être influencée par les conditions
familiales et les relations avec ses amis ainsi que la volonté d’avoir une bonne note.
25

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

La motivation extrinsèque semble être celle que nous rencontrons le plus souvent à l’école.
L’élève n’est pas motivé pour lui-même, pour le désir qu’il a d’apprendre mais pour des facteurs
externes : l’appât de la bonne note, des félicitations ou des cadeaux des parents, de la petite
image ou du bon point des enseignants. D’après Fenouillet et Lieury (2012), cette motivation
n’est envisageable que sur du court terme car « dès lors qu’il n’y a plus de but externe, elle
disparaît ». Dans ces conditions, les élèves n’auront rien retenu sur le long terme puisque leur
motivation intrinsèque n’aura pas été suscitée, ils auront juste appris pour l’évaluation. L’intérêt
de cette motivation, pour l’élève et pour l’enseignant est donc assez réduit, il est préférable de
solliciter la motivation intrinsèque de l’élève afin de construire des savoirs sur le long terme.
2.2.1.1.2 Motivation intrinsèque
La motivation intrinsèque renvoie à l’accomplissement d’une activité pour le plaisir. Elle est
influencée par les facteurs internes, c’est-à-dire les sentiments de l’individu, une volonté
d’apprendre quelque chose qui vient de l’intérieur. Ici, l’élève apprend parce qu’il a le désir
d’apprendre, il est ainsi réellement motivé pour lui-même, parce qu’il est curieux. C’est l’intérêt
que l’élève va porter aux activités qui va définir sa motivation. Ainsi, un élève motivé
intrinsèquement se plongera délibérément dans l’activité et persévérera. Allant dans la même
veine, Meirieu (2014), mentionne que c’est bien l’élève qui détient le pouvoir car nul ne peut
le contraindre à se mobiliser sur des savoirs ». Car, les autres acteurs l’aideront simplement à
développer cette motivation. Mais l’élève demeure le vrai investigateur de sa propre dynamique
motivationnelle.
Par ailleurs, faut-il le souligner, ce type de motivation exige des préalables à mettre en place
pour que la motivation des acteurs internes du système éducatif (écoliers ou enseignants) soit
autant que possible orientée vers l’intégration de l’apprenant. A cet effet, trois principales
conditions sont à remplir : la satisfaction des besoins d’autonomie, de compétence et
d’affiliation, qui constituent pour Herzberg la nature ou le contenu du travail qu’il présente
comme puissant facteur de motivation ou facteur moteur.
D’abord, concernant la satisfaction des besoins d’autonomie, il faut souligner qu’il serait le plus
important à combler. L’écolier qui se sent libre dans son choix c’est-à-dire autonome dans
l’accomplissement d’une activité serait beaucoup plus autodéterminé que celui qui se sent
contraint de la réaliser. Une intervention soutenant l’autonomie de l’écolier devrait donc
favoriser une motivation plus intrinsèque, associée à plus de plaisir et d’intérêt. En revanche
des méthodes pédagogiques axées sur le contrôle pourraient influencer négativement
l’autodétermination.

26

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

Somme toute, il est préférable de solliciter la motivation intrinsèque de l’élève afin de construire
des savoirs sur le long terme. Cette forme de motivation indique que trois principales conditions
sont à remplir pour une meilleure réalisation d’une activité pédagogique par l’apprenant. Mais,
la recherche d’un plus haut degré́ d’autodétermination favorise la réalisation des autres
conditions.
Cependant, l’écolier qui se sent « contrôlé » ou obligé à réaliser la tâche et celui qui s’approprie
les raisons externes pour lesquelles il s’engage dans la tâche, mènent à différentes qualités
d’engagement dans la tâche. Il n’est donc pas judicieux de déployer tous nos efforts à miser sur
la motivation intrinsèque et de faire dos à la motivation extrinsèque. Selon Viau (2009), les
deux types de motivations peuvent bel et bien coexister.
2.2.1.1.3 Amotivation
Selon Vallerand et Senécal (1992), on peut opposer un individu motivé à celui qui manque
complètement de motivation, c’est-à-dire, sans nulle intention d’agir. C’est ce qu’il convient
d’appeler l’amotivation. On entend donc par amotivation l’absence de toute forme de
motivation. Ainsi, l’individu caractérisé par cet état ne perçoit pas de relations entre ses actions
et les résultats obtenus » Vallerand et Thill (1992), dans Viau (2009). Dans ces écrits, Ryan et
Deci (2000), définissent l’amotivation comme une forme de résignation de l’action par rapport
aux résultats obtenus.
2.2.1.2 La théorie des attentes et de la valeur Wigfield, Allan, et J. Eccles (2000).
D’après cette théorie, la persévérance et la performance découlent des attentes de réussite de
l’écolier quant à une tâche ainsi qu’à la valeur qu’il lui accorde. Autrement dit, l’écolier évalue
son potentiel de réussite de la tâche (attentes) et l’adéquation entre cette éventuelle réussite et
les buts qu’elle poursuit, c’est-à-dire à la valeur de la tâche Wigfield et al., (2000). Le résultat
de cette évaluation déterminera sa motivation, son choix de s’engager dans la tâche et sa
performance. Cette théorie revêt le concept d’auto-efficacité́ , car l’apprenant reste influencé par
son sentiment de compétence pour estimer ses chances de réussir la tâche.
Concernant la valeur qu’on accorde à la tâche, les auteurs comme Wigfield et al., (2000),
indiquent qu’elle est attachée à quatre composantes : la valeur intrinsèque, l’importance, l’utilité
et le coût relié à la tâche. La valeur intrinsèque est définie ici comme l’intérêt ou le plaisir
d’exécuter la tâche, ce qui chevauche le concept de motivation intrinsèque de Deci et Ryan.
Quant aux composantes de l’importance et de l’utilité́ , elles renvoient à la motivation
extrinsèque de Ryan et Deci.

27

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

2.2.2 Modèles théoriques de la recherche
2.2.2.1 Le modèle de BARBEAU Denise (1994).
Cette recherche est un gage d’appropriation d’importantes connaissances de base en motivation
scolaire. En effet, chaque élément théorique inclus dans le modèle est solidement soutenu par
la littérature scientifique qui y est associée. Les principaux concepts motivationnels intégrés
dans ce modèle sont les buts visés par les écoliers (apprendre et/ou performer), les attributions
causales (à quoi les étudiants attribuent-ils leurs réussites et leurs échecs), la perception de
compétence (comment évaluent-ils leur capacité́ à bien faire les choses) et l’importance qu’ils
accordent aux tâches scolaires.
2.2.2.2 Le modèle de Viau Rolland (2009)
Ce modèle théorique de Viau (2009), renvoie à trois principaux concepts motivationnels à
savoir, la perception de la valeur de l’activité́ (pourquoi accomplir l’activité ?), la perception de
sa compétence (vais-je réussir l’activité ?) et la perception de contrôlabilité (puis-je décider de
la manière dont je vais procéder ?). Selon l’auteur, il est important de bien faire la distinction
entre une cause et une manifestation de motivation. Car, il mentionne que, pour résoudre un
problème de motivation, on doit s’attaquer aux causes dont il découle et non à ses
manifestations. C’est pourquoi le modèle de Viau met l’accent sur les déterminants de la
motivation.
Dans sa vision de la « dynamique motivationnelle de l’élève », Viau (2009), identifie les
facteurs d’influence externes sur l’apprenant. Il les regroupe en quatre catégories :


les facteurs relatifs à la vie personnelle de l’élève, c’est-à-dire liés à la personnalité de
l’individu, ses attentes et ses buts personnels ainsi que les relations familiales, etc. ;



les facteurs liés à la société dans laquelle l’élève vit qui ont trait aux valeurs culturelles
et aux lois de la société ;



les facteurs liés à l'école qui regroupent les règlements et les horaires, etc. ;



et les facteurs relatifs à la classe qui ont rapport avec l’ambiance dans la classe, les
relations entre les élèves et entre les élèves et l’enseignant. C’est par cette dernière
catégorie que l’enseignant peut agir sur la motivation de l’écolier.

2.2.2.3 Recensions empiriques sur les pratiques de motivation sans le châtiment corporel
et la réussite scolaire
Cette partie de la recherche se propose de répondre à une série de préoccupations relatives aux
pratiques de motivation sans le châtiment corporel et la réussite scolaire. Ainsi, quels sont les

28

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

stratégies, pratiques et outils usuellement mobilisés par les acteurs clés du système éducatif en
matière de pratiques motivationnelles ? Et quelle est l’influence des pratiques de motivation
sans le châtiment corporel sur la réussite scolaire ?
Ainsi, cette seconde partie de la revue de littérature vise à réaliser une recension empirique des
écrits sous trois angles. Le premier fait le point des études empiriques sur la perception des
acteurs clés sur les pratiques motivationnelles en milieu scolaire. Le second angle aborde la
synthèse des travaux empiriques sur la réussite scolaire. Le troisième et le dernier axe discutent
de l’influence des pratiques de motivation sans le châtiment corporel sur la réussite scolaire au
Bénin au regard de certains travaux empiriques.
2.2.2.4 Point des études empiriques sur la perception des acteurs clés sur les pratiques
motivationnelles par le châtiment corporel en milieu scolaire
Parlant de violence faite à l’enfant, l’état global de la violence à l’encontre des enfants et des
informations sur la fréquence des divers types de violence subis par les enfants révèle plusieurs
points. 80 % à 98 % des enfants subissent des châtiments corporels » et que « tant les enfants
que les auteurs de violences peuvent accepter la violence comme quelque chose d’inévitable et
de normal en particulier lorsqu’il n’en résulte aucune blessure visible ou durable » Pinheiro
(2006). Sous le même registre, le rapport « Cachée Sous Nos Yeux » de l’ONU, l’UNICEF
indique que « bien que le châtiment corporel ne soit pas toujours considéré comme une forme
de discipline appropriée, les données révèlent que sa pratique est répandue ». A titre illustratif,
la littérature souligne qu’« environ 6 enfants sur 10 dans le monde âgés de 2 à 14 ans sont
soumis à des châtiments physiques (corporels) infligés par les personnes qui s’occupent d’eux
de manière régulière ».
Au Sénégal, une enquête par grappes réalisée entre 2015 à 2016 a récemment confirmé que plus
précisément, dans les écoles, les châtiments corporels sont cités parmi les principaux problèmes
que rencontrent les enfants3. Ils y affectent plus de la moitié des élèves selon Antonowicz
(2010). D’autres études ont révélé que le châtiment corporel dépend du sexe de l’enfant. Ainsi,
en la matière, une recherche conduite par (ANSD et UNICEF 2016), dans la région de Dakar,
montre que les garçons subissent plus la discipline physique (62%) que les filles (60%) de
même que les châtiments physiques sévères touchent 27% des garçons et 21% des filles (ACPF,
2011).

3

Save the Children Senegal, 2014, p. 17)

29

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

Au Kenya où la législation interdit toute forme de châtiment corporel, 91% des élèves disent y
être soumis à l’école. De plus, 70% des Directeurs d’école, 82 % des enseignants et même 60%
des élèves souhaitent le retour à la légalité de la punition corporelle Kimani, Kara, et Ogetange,
(2012). En Tanzanie, 96% des élèves reconnaissent l’usage des punitions corporelles à l’école
où le châtiment corporel est strictement réglementé mais autorisé Invocavity (2014).
Au Zimbabwe où le châtiment corporel est légal, 88 % des acteurs approuvent son maintien à
l’école Kudenga, (2017). Dans ce contexte, les acteurs (parents et enseignants) estiment que les
châtiments corporels subis par les enfants leur font du bien Richard (2015). De plus, 67 % des
apprenants y disent que les enseignants infligeaient des châtiments corporels de manière
routinière.
Au Bénin, les études réalisées par Napporn (2016), ont révélé que la situation n’a pas vraiment
changé dans les relations maître-élève.
Pourtant, certains pays comme le Cap Vert, le Togo et le Bénin adhèrent à l’abolition des
châtiments corporels en l’occurrence dans les établissements primaires (IG, 2016a).
2.2.2.5 Synthèse des travaux empiriques sur la réussite scolaire
En pédagogie scolaire, la réussite scolaire est le fait de réaliser un objectif pédagogique
préétabli, notamment passer en classe supérieure, réussir les examens de sous-cycles ou de fin
de cycle du primaire et, dans le cadre plus général du suivi de cohorte, effectuer son parcours
scolaire sans redoubler.
La littérature en sciences sociales mentionne que le rôle de l’enfant apprenant est déterminant
dans la réussite scolaire. Car, il doit être un apprenant engagé, déterminé spontanément dans la
résolution des problèmes et dans la recherche des résultats. A cet effet, il doit se responsabiliser,
s’autodéterminer et être compétent. Du coup, il doit être une personne intrinsèquement motivée.
Selon Glandais (2016), l’apprenant intrinsèquement motivé est celui qui est autodéterminé, plus
attentif, persévérant et a du plaisir à réaliser l’activité sur le long terme. Il s’engage et s’implique
dans les activités pédagogiques.
Des études réalisées par Reeve, (2002), Ryan et Deci, (2000), révèlent que les formes de
motivations les plus autodéterminées avaient un impact positif sur l’élève alors que les moins
autodéterminées avaient des conséquences négatives. Ainsi, ce type de motivation implique
davantage les élèves et contribue à leur réussite scolaire. L’autonomie et la responsabilisation
sont donc considérées comme la finalité de la réussite scolaire Patry, (2018).

30

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

2.2.2.6 Synthèse des travaux empiriques sur l’influence des pratiques de motivation sans
le châtiment corporel sur la réussite scolaire
La réussite scolaire exige de l’apprenant, la créativité, l'initiative, la résolution de problèmes,
l'évaluation des risques, la prise de décision et la gestion constructive de sa personnalité dès le
bas âge. A ces éléments s’ajoute la compétence qui consiste en un jugement général que pose
l’élève sur son habileté dans différents domaines d’activité Wigfield et autres, (2006). L’élève
peut effectivement se sentir très compétent dans certaines disciplines (ex : le français) et moins
compétent dans d’autres champs (exemple : les arts). Cette perception joue un rôle déterminant
sur son engagement dans les activités Fredricks, Blumenfeld et Paris, (2004). En effet, elle fait
en sorte que l’élève montre de l’enthousiasme face à une situation ou qu’il cherche plutôt à
éviter celle-ci.
Par ailleurs, la réussite personnelle fait référence à un jugement plus spécifique que pose l’élève
sur sa capacité d’organiser et d’exécuter une séquence d’actions pour résoudre un problème ou
effectuer une tâche donnée et produire un résultat souhaité Bandura, (1997). Selon Bandura
(1997), ce sentiment tire principalement sa source des performances antérieures et permet à
l’apprenant d’acquérir ce sentiment en prenant conscience des expériences.
Somme toute, les apprenants développant ses caractéristiques choisissent librement d’exercer
certaines activités pédagogiques, cherchent et utilisent des stratégies efficaces et appropriées
puis adoptent des comportements qui sont susceptibles de les conduire à la réussite scolaire
sans aucune autre forme de pression. Selon Bandura (1997), ces représentations personnelles
constituent pour l’apprenant d’importants mécanismes régulateurs de son comportement. Dans
ces conditions, lorsqu’ils se sentent confrontés à des difficultés, ils recherchent les solutions
eux-mêmes, développent des compétences et ont tendance à travailler plus fort et à persévérer
davantage que ceux qui doutent de leurs capacités Bandura (1997), et ceci sans aucune violence
physique.

2.3 Modèle conceptuel de la recherche
La conception de ce modèle empirique d’analyse consiste à identifier les variables qui vont
nous permettre de répondre à la question principale.

31

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

2.3.1 Points de la littérature sur les variables de la recherche
2.3.1.1 Point de la littérature sur la motivation autodéterminée et la réussite scolaire ou le
rendement scolaire
La théorie de l’évaluation cognitive de Deci et Ryan (1970), est la plus connue à propos de la
motivation. Elle développe la motivation en mettant en évidence les différentes catégories
motivationnelles à savoir : la motivation extrinsèque et la motivation intrinsèque.
Concernant la motivation extrinsèque, il s’agit d’une forme d’adaptation de comportement face
à des exigences du contexte duquel l’individu dépend. C’est-à-dire, il se met dans des
contraintes et doit changer ses façons de se comporter afin d’éviter des sanctions ou de gagner
des récompenses de l’activité.
Quant à la motivation intrinsèque, elle est une forme de motivation émanant de l’individu luimême. Elle correspond à l’intérêt, à la curiosité, c’est-à-dire au sens courant de la motivation.
Un élève qui s’engage spontanément dans un exercice de résolution de problèmes est le signe
que cette activité revêt de l’intérêt pour lui et qu’il aime en résoudre. La motivation intrinsèque
renvoie à : l’autodétermination et la compétence perçue. L’autodétermination est le sentiment
de choisir, ou libre arbitre, et s’oppose à la contrainte, la pression sociale, la situation
d’évaluation. Pour Pelletier et Vallerand (1993), la liberté de choix dans la prise de décision,
d’action suscite le sentiment de plaisir et de satisfaction chez l’acteur. La compétence perçue,
elle, se mesure par quantité, c'est-à-dire que plus elle est grande, plus elle favorise la motivation
intrinsèque.
De plus, plusieurs auteurs argumentent également que la personne intrinsèquement motivée se
perçoit comme autonome, compétente et acceptée par sa communauté. La littérature parle donc
de la motivation autodéterminée. D’après Glandais (2016), plus la motivation des élèves est
autodéterminée, plus ils sont attentifs, persévérants et ont du plaisir à réaliser l’activité sur du
long terme. Ce type de motivation favorise l’implication de l’élève dans la classe.
Dans leurs études, Reeve (2002), Ryan et Deci (2000), ont montré que les formes de motivations
les plus autodéterminées avaient un impact positif sur l’élève alors que les moins
autodéterminées avaient des conséquences négatives. Ainsi, ce type de motivation implique
davantage les élèves et contribue à leur réussite. L’autonomie est donc considérée comme la
finalité de l’éducation (Patry, 2018).
En résumé, la motivation intrinsèque est fondée sur la responsabilité, la compétence et surtout
l’autodétermination qui est le sentiment de la liberté de choix dans la prise de décision, d’action
que suscite le sentiment de plaisir et de satisfaction chez l’apprenant. Elle s’oppose à la

32

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

contrainte, la pression sociale, la situation d’évaluation. Car, le sujet qui éprouve de l’intérêt et
du plaisir dans l’activité engagée non par des éléments contextuels mais par sa volonté interne,
il se sent compétent et autodéterminé. Ce développement nous inspire la première hypothèse de
recherche formulée comme suit :
Hypothèse N° 1 : L’incitation des élèves par la motivation autodéterminée favorise la réussite
scolaire ou le rendement scolaire.
2.3.1.2 Point de la littérature sur le style communicationnel de l’enseignant du primaire
et la réussite scolaire
Dans ses écrits André (1998), soulignait que « motiver les élèves constitue l’un des plus grands
défis de l’enseignant actuellement ». Pour ce faire, le style communicationnel par la motivation
instauré par un enseignant dans sa classe est l’un des facteurs susceptibles de nourrir les besoins
des élèves. A cet effet, le style motivationnel de l’enseignant peut faciliter la motivation
autodéterminée chez ses élèves.
D’après une étude de Reeve (2002 ; 2009) mentionnée dans les écrits de Leroy et al., (2013),
intitulé « un modèle sociocognitif des apprentissages scolaires : style motivationnel de
l’enseignant, soutien perçu des élèves et processus motivationnels », on distingue deux styles
motivationnels différents : le « style soutenant l’autonomie » et le « style contrôlant ».
Concernant le « style soutenant l’autonomie », il présente un enseignement qui a pour objectif
de combler les besoins motivationnels des élèves. Les pratiques enseignantes de ce style se
manifestent par des opportunités laissées aux élèves de décider, de s’exprimer et de faire des
choix. Dans ce sens, l’enseignant encourage et exerce des feedbacks positifs (retours positifs) ;
il est à l’écoute de ses élèves.
En revanche, selon Deci et Ryan (1987), le style contrôlant est caractérisé par « un ensemble
de pratiques accentuant le poids des pressions et ayant pour but d’inciter les élèves à agir d’une
façon spécifique. Ce style ne permet donc pas de satisfaire les besoins des élèves mais
développe plutôt de la motivation extrinsèque voire de l’amotivation. Ici, l’enseignant ne
partage pas la parole, il la monopolise, n’accorde pas assez de temps à ses élèves pour terminer
leur travail, usant fréquemment de récompenses/punitions et utilisant un langage plus directif ;
une communication contraignante.
Une étude récente réalisée par Leroy et al., (2013), basée sur la théorie de l’autodétermination
Deci et Ryan, (2000), révèle que, un style d’enseignement soutenant l’autonomie est relié
positivement à la motivation autodéterminée. Allant dans la même veine, Deci et Ryan, (2000),
indiquent que « le style particulier avec lequel un enseignant interagit au quotidien avec ses
33

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

élèves est perçu par ces derniers. En effet, quand les élèves ont le sentiment que leur enseignant
soutient leur autonomie, leur compétence et leur proximité sociale, ils sont plus à même de
manifester une plus grande motivation autodéterminée, une plus faible amotivation (Leroy et
al., 2013).
Somme toute, l’enseignant qui fait le choix d’un style qui offre des opportunités aux élèves de
décider, de s’exprimer et de faire des choix, qui est à l’écoute de ses derniers, qui partage la
parole et qui encourage et exerce des feedbacks positifs dans l’exercice de sa fonction contribue
selon la littérature à la réussite scolaire.
Ainsi, pour rester en phase avec cette exigence du style de la motivation par la communication
par l’enseignant, nous choisissons de tester l’hypothèse suivante :
Hypothèse N° 2 : Le style de motivation par la communication de l’enseignant du primaire
détermine les résultats scolaires ou le rendement scolaire.
2.3.1.3 Point de la littérature sur la stratégie d’apprentissage et la réussite scolaire ou le
rendement scolaire
Lorsqu’un élève est motivé, il le prouvera par son engagement en recourant, de façon
consciente, à des stratégies d’apprentissage qui lui conviennent et permettent de réaliser
l’activité. Cet engagement s’entend comme une gestion active et réfléchie que l’élève fait de
ses stratégies d’apprentissage lorsqu’il doit accomplir une activité pédagogique Butler et
Cartier., (2004). Allant dans la même veine, Viau (2008), indique que l’élève peut faire usage
des moyens pour acquérir des connaissances et compétences et mieux contrôler sa démarche
d’apprentissage. Ces stratégies développées par l’élève pour tenter de réussir une activité,
s’entend comme une stratégie d’apprentissage.
La littérature fait ressortir quatre types de stratégies d’apprentissage utilisées par un élève Viau,
(1997). Il s’agit des stratégies cognitives qui renvoient aux moyens auxquels les élèves peuvent
recourir pour acquérir, intégrer et se rappeler des connaissances transmises. Les stratégies
métacognitives, Tardif (1992), souligne qu’elles correspondent à une connaissance ainsi qu’au
contrôle qu’une personne a sur elle-même, sur ses stratégies cognitives et sur ses
apprentissages. Les élèves exercent ce contrôle en passant par trois types de stratégies
métacognitives : la planification, l’ajustement et l’autoévaluation. Pour ce qui est des stratégies
de gestion du contexte de l’apprentissage, les stratégies d’apprentissage sont souvent utilisées
pour l’organisation du travail. Les élèves motivés recourent à cette stratégie pour améliorer les
conditions dans lesquelles se déroule la réalisation d’une activité. Pour finir, les stratégies

34

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

affectives sont celles que les élèves emploient pour contrôler leurs émotions et créer un climat
psychologique propice à l’apprentissage Boulet et al., (1996), Weinsten et Mayer., (1986).
En matière de stratégie d’apprentissage, l’enseignant veille à ne pas fixer d’objectifs relatifs
seulement aux connaissances théoriques mais également des objectifs visant à acquérir
certaines procédures (savoir-faire) ou comportements (savoir-être) ou encore l’art d’enseigner
(savoir-faire faire).
En synthèse, la stratégie d’apprentissage est considérée comme une des sources de la
motivation, En effet, si un élève obtient régulièrement de mauvaises notes, il est très probable
que cet élève finisse par avoir une faible perception de sa compétence et donc une faible
dynamique motivationnelle. Ce développement nous amène à formuler la troisième hypothèse
de recherche comme suit :
Hypothèse N° 3 : la stratégie d’apprentissage explique la réussite scolaire
2.3.2 Modèle conceptuel de recherche
Au regard de la littérature et de ces hypothèses, se dégage le modèle suivant :
Incitation par la
motivation
autodéterminée

Réussite scolaire
Style de motivation par la
communication

Stratégie d’apprentissage

Figure 1: Effet de la motivation sans le châtiment corporel sur la réussite scolaire.
Source : L’auteure.

Dans ce modèle, la variable expliquée ou dépendante désignée par (Y) est la réussite scolaire.
Les variables X1 – « Incitation par la motivation autodéterminée », X2 – « Style de motivation
par la communication » et X3 – « Stratégie d’apprentissage », constituent les variables
explicatives ou indépendantes de la réussite scolaire dans les établissements primaires. Il
convient alors d’évaluer l’influence des pratiques de motivation sans le châtiment corporel sur
la réussite scolaire dans les établissements primaires.

35

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

2.3.3 Définition et opérationnalisation des variables de recherche
La motivation fondée sur la responsabilité, la compétence et surtout l’autodétermination qui est
le sentiment de la liberté de choix dans la prise de décision, d’action suscite le sentiment de
plaisir et de satisfaction chez l’apprenant, Reeve (2002), Ryan et Deci., (2000). Elle s’oppose à
la contrainte, la pression sociale, à certaines manières d’évaluer. Car, le sujet qui éprouve de
l’intérêt et du plaisir dans l’activité engagée non par des éléments contextuels mais par sa
volonté interne, se sent compétent et autodéterminé. S’inscrivant dans cette perspective, cette
recherche vise, dans un premier temps, à appréhender les principales pratiques de motivations
mises en œuvre dans le contexte des établissements primaires, et à apprécier les styles de
communication en situation de classe susceptibles d’améliorer la réussite scolaire. Dans un
second temps, il est question d’évaluer l’influence des motivations sans le châtiment corporel
sur la réussite scolaire dans les établissements primaires béninois.

3. Cadre méthodologique
Avant d’exposer la démarche méthodologique adoptée dans cette recherche, il serait intéressant
de faire rappel du modèle conceptuel de la recherche en expliquant les variables.

3.1 Opérationnalisation des variables retenues
Pour rendre plus aisée la compréhension de ce modèle, il est intéressant d’expliciter les
variables aussi bien dépendantes qu’indépendantes auxquelles le chercheur fait appel. Le
tableau suivant résume les items de mesure des différentes variables de la recherche.
Tableau I: Mesure des variables de la recherche

Variables

Réussite scolaire

Pratique de
gestion de
la
Motivation

Incitation par la
motivation
autodéterminée

Style de motivation
par la
communication

Items de mesure
-

Stratégie de motivation intrinsèque

-

Stratégie de motivation extrinsèque

-

Combinaison motivation intrinsèque et extrinsèque

-

Responsabilité dans l’exercice des activités.

-

Sentiment de libre choix.

-

Liberté de choix dans la prise de décision favorisent la
réussite scolaire.

-

L’amour de la lecture

Style de motivation par la communication relative aux
enseignants
-

Partage de la parole et écoute des élèves.

36

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique
-

Veille pour appropriation des principes de l'APC (expression
des prérequis) par les élèves

-

Offrande de cadeaux aux élèves méritants

-

Passage aux mesures punitives.

Style de motivation par la communication relative aux parents

Stratégie
d’apprentissage

-

Organisation des sorties détente avec votre enfant ;

-

promesse de vacances et de cadeaux aux enfants méritants,

-

prime à l'enfant ayant le meilleur résultat,

-

punition des enfants ayant obtenu de mauvais résultats
influencent la réussite scolaire de vos enfants

-

Apprentissage quotidien des leçons ;

-

exercices de maison chaque soir ;

-

amour de la lecture; emploi de temps personnel à la maison
pour faire les exercices et apprendre les leçons ;

-

conditions favorisant l’apprentissage à la maison participent
à la réussite scolaire

Source : Adapté de la littérature
En synthèse, les items pouvant servir de mesure pour chaque indicateur afin d’opérationnaliser
les variables de recherche sont ainsi présentés. Il convient maintenant de présenter la démarche
méthodologique adopté dans le cadre de cette recherche.

3.2 Démarche méthodologique de la recherche
La méthodologie représente le chemin à suivre pour atteindre l’objectif de la recherche. Elle est
un aperçu de la façon dont une recherche est effectuée. Dans la réalité, elle constitue le cadre
systématique (manière d’étudier ou d’expliquer) utilisé pour résoudre le problème de recherche
en utilisant les meilleures méthodes et les plus réalisables pour mener la recherche tout en
s’alignant sur le but et les objectifs de la recherche.
Dans le cadre de cette recherche, elle passe en revue les arguments théoriques et empiriques qui
justifient le choix méthodologique, les sources et le mode de collecte des données utilisées et
la démarche d’analyse.
3.2.1 Choix de la méthode utilisée
En matière de recherche en science sociale, il existe trois types de méthodes : les méthodes
quantitatives, les méthodes qualitatives et les méthodes mixtes.

37

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

3.2.1.1 Les méthodes qualitatives
Paillé (2007), définit la méthode qualitative comme « une démarche discursive et signifiante de
reformulation, d’explication ou de théorisation d’un témoignage, d’une expérience ou d’un
phénomène. » (P. 413). Les méthodes dites « qualitatives » renverraient à des « méthodes
d’analyse qui reposent sur le traitement en profondeur d’un petit nombre de données »
collectées par observation ethnographique, entretiens semi-directifs, dépouillement d’archives
ou de collectes de rapports, plutôt sur de petits nombres de cas étudiés de façon approfondie et
intense. Les méthodes qualitatives permettent d’étudier les phénomènes en profondeur, dans
leur contexte et reposent souvent sur des échantillons de taille réduite que ceux utilisés dans les
méthodes quantitatives. Dans cette même lignée, Royer et Zarlowski., (2014), indiquent que la
démarche qualitative a pour finalité de construire, enrichir ou développer des théories.
3.2.1.2 Les méthodes quantitatives
Quant aux méthodes dites « quantitatives », elles renverraient à des « méthodes d’analyse de
données reposant essentiellement sur le traitement statistique d’un grand nombre de données
collectées dans le cadre du test empirique de la problématique de recherche » principalement
par questionnaire (sondage), donnant lieu par exemple à des analyses statistiques. Autrement
dit, elles utilisent des outils d’analyse mathématique et statistique, en vue de décrire,
d’expliquer et prédire des phénomènes par le biais de données historiques sous forme de
variables mesurables. Elles reposent donc sur des données qui se présentent essentiellement
sous la forme de chiffres et qui sont basées sur des procédures d’analyses statistiques afin de
tester des théories dans le cadre d’une démarche hypothético-déductive Royer et Zarlowski,
(2014).
3.2.1.3 Les méthodes mixtes
Encore appelée méthodes combinées ou méthodes mélangées ou recherche intégrative Johnson
et Onwuegbuzie (2004), ou recherche multi méthode, Hunter et Brewer., (2003), Morse (2003),
ou encore recherche triangulée, etc. Johnson et ses collaborateurs, (2007), la méthode mixte
Thomas (2003), peut être définie comme une approche à la connaissance (théorie et pratique)
qui tente d’envisager plusieurs points de vue et perspectives Creswell et Stick., (2006).
Selon Couty (1983), la méthode mixte est « un modèle de recherche qui implique de combiner
les éléments d’une approche quantitative et d’une approche qualitative (e.g. points de vue
quantitatif et qualitatif, collecte des données, analyse des données, technique d’inférence) à des
fins de compréhension et de corroboration, […] dans le cadre d’une seule étude ». En 2022,
Nagels, mentionne que les méthodes mixtes constituent une perspective pragmatique en
38

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

recherche. Traité de méthodologie de la recherche en Sciences de l’éducation et de la
formation. Enquêter dans les métiers de l’humain. Les méthodes mixtes Creswell et al., (2011)
permettent de rendre complémentaires les deux méthodes ou les deux méthodes se retrouvent
pour mieux atteindre les objectifs de la recherche.
3.2.2 Justification de la méthode utilisée
Dans le cadre de cette recherche, la méthode quantitative nous paraît plus appropriée pour
plusieurs raisons. D’abord, cette méthode de recherche nous permet de mieux appréhender le
phénomène de la recherche et de se rendre compte de la réalité Schoeb (2012). Elle permet une
compréhension approfondie de la pratique des motivations dans les établissements privés du
primaire. Selon Birkinshaw, Brannen et Tung (2011) et Yin (2009), c’est cette méthode qui
permet de traiter d'un nouveau phénomène peu ou mal compris et utile dans une situation où il
y a peu de recherches sur le sujet. Ensuite, l’approche quantitative s’appuie sur une démarche
objectiviste dans laquelle les outils utilisés sont identiques à ceux des sciences exactes
(statistiques, modélisation…) et permet une généralisation des résultats Tchokponhoué, (2010).
Les données quantitatives quant à elles permettent d'obtenir des mesures objectives sur les
pratiques de motivation sans le châtiment corporel et la réussite scolaire puis de quantifier les
relations entre les variables. Certains scientifiques affirment que la recherche quantitative est
supérieure aux données qualitatives. Elle a recours aux statistiques, à l’expérimentation et aux
enquêtes qui semblent fournir plus de rigueur scientifique et d’objectivité. Par conséquent elle
fournit plus d’apports théoriques (Guba &amp; Lincoln 1994). Elle permet au chercheur d'établir
des thèmes, des modèles, des catégories de données basées sur la compréhension et
l'interprétation du chercheur (Miles et Huberman 1994). Somme toute, cette méthode est
utilisée parce que, le peu de recherches effectuées sur le sujet en contexte béninois est mené par
une analyse quantitative.
3.2.3 Approche méthodologique
Pour mener à bien un travail de recherche scientifique, il est important de faire recours à une
bonne approche méthodologique. Pour rappel, dans le cadre de cette recherche c’est la méthode
quantitative qui est retenue. Or, les méthodes quantitatives sont des méthodes de recherche qui
vont généralement avec un mode de raisonnement hypothético-déductif comme approche
méthodologique. Selon cette approche, la démarche scientifique exclut toute subjectivité. Ainsi,
les méthodes quantitatives s'appuient sur une approche hypothético-déductive où des
hypothèses prédéfinies sont statistiquement testées pour confirmer ou réfuter les hypothèses
émises.
39

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

Pour le compte de ce travail de recherche, l’approche hypothético-déductive est retenue. Il
s’agit de partir des hypothèses posées pour en déduire une ou plusieurs explications par rapport
à la problématique de recherche. Pour ce faire, organiser la structure de la recherche autour
d’hypothèses émises se constate être un atout de taille dans la conduite judicieuse et rigoureuse
de ce dernier.
La démarche d’approche méthodologique utilisée, est inspirée des travaux de Dépelteau (2007).
Primo, elle consiste en une phase d’exploration aboutissant à l’élaboration d’une question
centrale de recherche. Secondo, une analyse du cadre théorique et des concepts clés (que nous
avons susnommée « revue de littérature ») est rédigée pour formuler une ou des hypothèses, par
la suite, formuler une ou des hypothèse(s). Tertio, des tests empiriques sont conduits afin de
confirmer ou d’infirmer les hypothèses précédemment formulées. Pour se faire, une
méthodologie doit être établie (délimitation de l’échantillon, choix des outils et techniques de
collecte des données, etc.). Une fois les résultats interprétés, ceux-ci sont finalement
communiqués à l’oral ou à l’écrit Dépelteau, (2007).

Vérification empirique
Revue de littérature
Exploration et problématisation

(Méthodologie,

Communication des

collecte et analyse

résultats

et formulation des
(question de recherche )
hypothèses
des données)

Figure 2: La démarche hypothético-déductive classique
Source : La démarche hypothético-déductive classique, adaptée de Dépelteau (2007)

Cette approche implique la formulation d’hypothèses basées sur des connaissances théoriques
existantes, de concevoir des expériences ou des enquêtes pour tester ces hypothèses. Puis de
tirer des conclusions à partir des résultats obtenus. Elle repose finalement sur une démarche
logique qui permet de formuler des hypothèses spécifiques et de les tester de manière
systématique.
3.2.4 Outils de collectes de données et instruments de mesures
Pour ce qui est de cette recherche, nous avons préféré comme outil de collecte le questionnaire
à cause de la démarche méthodologie purement quantitative ; un outil de collecte de données
quantitatives se présente sous la forme d’une série de questions posées dans un ordre bien

40

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

précis. Pour Combessie (2007), « le questionnaire a pour fonction principale de donner à
l’enquête une extension plus grande et de vérifier statistiquement jusqu’à quel point sont
généralisables les informations et hypothèses préalablement constituées ». Les questions posées
dans le questionnaire peuvent être ouvertes ou fermées.
Dans le cas d’espèce, au niveau du questionnaire, le choix de cette option répond à plusieurs
préoccupations. Il est destiné aux écoliers à cause de leur grand nombre, ensuite il met à la
disposition de la recherche plus d’informations en raison de son caractère anonyme, cela rassure
les écoliers et les dégage de toutes contraintes ou d’éventuelles sanctions. Pour la commodité
de la recherche et la concision nous avons exploité l’influence des pratiques de motivation sans
châtiment corporel sur la réussite scolaire des écoliers.
Ledit questionnaire adressé aux écoliers, parents d’élève, directeurs est essentiellement conçu
en fonction des hypothèses de recherche formulées.
3.2.5 Approche empirique de l'étude
Cette partie de la recherche est consacrée aux techniques de traitement des données et au type
d’échantillonnage et taille de l’échantillon.
3.2.5.1 Technique de traitement des données quantitatives
Les données quantitatives collectées grâce aux questionnaires, ont été codées et soumises à des
analyses statistiques à l'aide du logiciel R 4.1.1. A partir des statistiques descriptives, des
tableaux croisés ont été construits afin de résumer les données des questionnaires. Des mesures
de fréquence ont été utilisées pour décrire et analyser les données collectées. Les variables
qualitatives ont été analysées de façon indépendante et présentées sous forme d’effectifs (N) et
de proportion (%). Dans le but d’analyser les relations entre les variables, des tests de
contingence de Chi2 suivi d’un Test t de Student ont été effectués. Tout ceci a permis de réaliser
des analyses empiriques et une description des associations entre les paramètres collectés. Le
seuil de significativité statistique était de 5% (p&lt;0,05).
Somme toute, dans cette démarche hypothético-déductive, des tests empiriques sont effectués
pour confirmer ou réfuter les hypothèses émises. Ces tests s'appuient sur l'utilisation d’outils
d'analyse statistiques dans le but de décrire, expliquer et prédire des phénomènes. Parmi les
méthodes qui s’apparentent à l’approche quantitative, nous avons opté pour l’enquête par le
questionnaire. A ce niveau de l’analyse quantitative, c’est le traitement statistique qui est utilisé
ici pour tester l’indépendance entre deux variables. C’est grâce à cette technique, que nous
allons éprouver les hypothèses sur l’effet des pratiques de motivation sans châtiments corporels

41

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

sur la réussite scolaire. Quels sont les types d’échantillonnage et l’échantillon retenu pour la
recherche ?
3.2.5.2 Type d’échantillonnage et taille de l’échantillon
Il y est abordé le type d’échantillonnage et l’échantillon
3.2.5.2.1 Type d’échantillonnage
Le type d’échantillonnage utilisé y est énoncé et ensuite justifié.
 Choix du type d’échantillonnage
L’échantillonnage est un procédé qui permet de définir un échantillon dans un travail d’enquête.
Il s’agit d’étudier une partie sélectionnée pour établir des conclusions applicables à un tout.
Pour Gerville-Réache et Couallier (2011), « Une méthode d’échantillonnage est un algorithme
permettant sans ambiguïté de créer un échantillon, c’est à dire de sélectionner sans distinction
d’ordre une partie de la population. Puisque les unités statistiques sont distinguables,
l’échantillonnage revient à décrire comment sont sélectionnés les indices {i1,...,in} des unités
statistiques de la population. »
Il existe deux catégories de méthodes d’échantillonnage : les méthodes probabilistes ou
aléatoires et les méthodes non probabilistes ou empiriques. Les méthodes probabilistes font
référence à la sélection d’un échantillon sur le principe de la sélection au hasard ou aléatoire.
On

y retrouve

l’échantillonnage

aléatoire

simple, l’échantillonnage systématique,

l’échantillonnage stratifié, etc. L’échantillonnage non probabiliste est une méthode qui consiste
à sélectionner des unités dans une population en utilisant une méthode subjective. Elle
comprend l’échantillonnage de convenance, de jugement, par quotas, etc. L’échantillonnage de
convenance a été utilisé dans le cadre de cette étude et cela pour de multiples raisons.
 Justification du choix opéré
L’échantillonnage de convenance présume que les unités de la population sont toutes
semblables, et que n’importe quelle unité peut être choisie pour l’échantillon. Elle implique que
l’échantillon soit tiré de la partie de la population à portée de main.
Nous avons opté pour cette méthode premièrement pour des raisons d’accessibilité. Nous avons
pu considérer les apprenants directement présents et disponibles à répondre à notre
questionnaire. Deuxièmement pour des contraintes de temps. Il nous était nécessaire de
collecter les données car disposant d’un temps limité pour mener la recherche.
L’échantillonnage de convenance a donc été privilégié en raison de sa rapidité et sa facilité de
mise en œuvre. Troisièmement pour des raisons de ressources. Lorsque les ressources

42

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

financières, logistiques ou humaines sont restreintes, l’échantillonnage de convenance est une
option viable. Il permet de minimiser les coûts associés à la collecte des données.
Le principal inconvénient de cette méthode est que les participants sélectionnés peuvent ne pas
représenter de manière précise la population cible ce qui peut entrainer des biais dans les
résultats de recherche. Néanmoins, dans le cadre de cette recherche toutes les unités présentent
les mêmes caractéristiques, tous les participants sont donc représentatifs de la population.
3.2.5.2.2 Échantillon
 Population mère
La population mère est l’ensemble des individus qui sont d’intérêt dans le cadre de cette
recherche. C’est le groupe de personnes sur lequel nous souhaitons obtenir des informations
pour répondre à la question de recherche. Les écoliers de CM1 et CM2, toutes catégories de
sexe et groupe pédagogique confondue constituent la population mère de cette recherche. Les
enseignants et les parents d’élèves en font également partie.
 Taille de l’échantillon retenu et justification
Un échantillon est le résultat d’une méthode d’échantillonnage appliquée une fois à une
population, Gerville-Réache et Couallier (2011). Il s’agit du nombre de personnes à enquêter à
l’intérieur de chaque groupe cible.
Pour des raisons pratiques d’accessibilité nous avons eu recours à une méthode
d’échantillonnage non probabiliste plus précisément l’échantillonnage de convenance. Nous
avons fixé un nombre minimum de soixante-cinq (65) écoliers (CM1 et CM2) à enquêter. Un
total de cent un (101) écoliers ont reçu le questionnaire et quatre-vingt (84) écoliers ont pu être
repris et traité. Par ailleurs, sur un total vingt un (21) questionnaires administrés aux
enseignants, seize (16) ont été récupérés et utilisés. Quant aux parents d’élève, sur les quarantedeux (42) questionnaires administrés, trente-cinq (35) ont été récupérés et traités.
Tableau II: Taille de l’échantillon

Type de répondants

Échantillon Retenu

Échantillon Obtenu

Écoliers

101

84

Enseignants

21

16

Parents d’élève

42

35

Source : l’auteure

43

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

3.2.5.2.3 Difficultés rencontrées
Dans le cadre de cette recherche au sein de l’établissement primaire privé Émilie de Villeneuve
sise dans le Borgou, plus précisément dans la commune de Parakou, nous avons rencontré un
certain nombre de difficultés telles que : l’inaccessibilité de certaines informations relatives aux
enseignants ; la réticence de certains parents d’écolier ; l’indisponibilité du personnel
pédagogique à cause des activités de fin d’année et de la coïncidence avec la période des
examens nationaux. Cependant, les informations collectées ne manquent pas de pertinences et
n’affectent également en rien les données recueillies.
Le cadre théorique et la méthodologie de recherche ont été présentés dans la première partie.
La deuxième partie est consacrée à la présentation, à l’analyse des résultats et à la validation
des hypothèses et aux discussions des résultats.

44

�Deuxième partie : Résultats et discussions

DEUXIÈME PARTIE : RÉSULTATS ET
DISCUSSIONS

Les résultats obtenus sont présentés, analysés et discutés.

45

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

CHAPITRE 1 : RESTITUTION, ANALYSE ET DISCUSSION DES
RÉSULTATS
Les résultats sont détaillés en fonction des variables de l'enquête et visualisés au moyen de
graphiques. La présentation et l’analyse des résultats seront réalisées en fonction des hypothèses
formulées, permettant ainsi de confirmer ou d’infirmer ces hypothèses.

1. Présentation et analyse des résultats de la recherche
1.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés
1.1.1 Élèves
L’enquête a permis d’interviewer quatre-vingt (84) élèves de l’École Émilie Villeneuve de
Parakou, qui ont répondu aux questions posées. Ils étaient âgés de 8 à 12 ans ; l’âge le plus
représenté était 10 ans (58,3%) et celui le moins représenté, 12 ans (1,2%). Ils étaient à 64,3%
de sexe féminin contre 35,7% de sexe masculin, 52,4% d’eux étaient en classe de CM2 et 47,6%
au CM1. Le tableau 3 (ci-dessous) présente la distribution de l’échantillon selon les
caractéristiques sociodémographiques des enquêtés.
Tableau III: Caractéristiques sociodémographiques des élèves enquêtés

Variables

Effectif (N=84)

Pourcentage (%)

8

4

4,76

9

22

26,19

10

49

58,33

11

8

9,52

12

1

1,19

Masculin

30

35,71

Féminin

54

64,29

CM1

40

47,62

CM2

44

52,38

Age (années)

Sexe

Niveau d'étude

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

46

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

1.1.2 Enseignants
Les enseignants impliqués dans la présente étude étaient au nombre de seize (16) et
appartenaient majoritairement 50% à la tranche d’âge comprise entre trente (30) et quarante
(40) ans. Ils étaient à 31,3% des hommes contre 68,7% de femmes. Ils étaient répartis dans les
trois arrondissements de Parakou avec 68,7% dans le 3e arrondissement et dans dix (10)
quartiers avec 18,7% dans Zongo I puis dans Zongo II. Le tableau 4 récapitule les
caractéristiques sociodémographiques des enseignants.
Tableau IV: Caractéristiques sociodémographiques des enseignants enquêtés

Variables

Effectif (N=16)

Pourcentage (%)

30-40

8

50,00

41-51

1

6,25

52-62

1

6,25

&gt;62

6

37,5

Masculin

5

31,25

Féminin

11

68,75

1er

3

18,75

2eme

2

12,50

3eme

11

68,75

Zongo I

3

18,75

Wansirou

1

6,25

Nima

2

12,5

Nouveau quartier

1

6,25

Zongo II

3

18,75

Okédama

1

6,25

Amanwignon

1

6,25

Yokossi

1

6,25

Albarika

2

12,5

Ganou

1

6,25

Age (années)

Sexe

Arrondissement

Quartier

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

47

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

1.1.3 Parents d’élèves
Les parents d’élèves enquêtés étaient au nombre de trente (35). Ils avaient pour la plupart 51,4%
entre trente un (31) et quarante un (41) an et étaient à 57,1% des hommes contre 42,9% de
femmes. La majorité des parents d’élèves 48,6% travaillaient dans le secteur privé 25,7% et
22,9%, respectivement cadres et agents de l’administration privée. Les entreprises privées
28,6% ; la fonction publique 20% et le secteur libéral 20% sont les principales structures dans
lesquelles interviennent ces parents d’élèves. Le tableau 5 présente la répartition des parents
d’élèves selon leurs caractéristiques socio-démographiques.
Tableau V: Répartition des parents d’élèves selon leurs caractéristiques socio-démographiques

Variables

Effectif (N=35)

Pourcentage (%)

20-30

3

8,57

31-41

18

51,43

42-52

8

22,86

&gt;52

6

17,14

Masculin

20

57,14

Féminin

15

42,86

Cadre Administration Publique

4

11,43

Cadre Administration Privée

9

25,71

Agent Administration Publique

6

17,14

Agent Administration Privée

8

22,86

Étudiant

3

8,57

Ouvrier

5

14,29

ONG

3

8,57

Projets

1

2,86

Fonction Publique

7

20,00

Université

5

14,29

Libéral

7

20,00

Entreprise Privée

10

28,57

Collectivité Locale

2

5,71

Age (années)

Genre

Fonction

Structure

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

48

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

1.2 Pratiques de motivation et réussite scolaire
1.2.1 Motivation autodéterminée et réussite scolaire
En ce qui concerne l’incitation des élèves par la motivation autodéterminée, les résultats de
l’étude révèlent que trois élèves sur quatre se sentent responsables dans l’exercice de leurs
activités (figure 3) et environ 71% des élèves ont le sentiment de faire librement leurs choix
(figure 4). Il faut noter que la liberté de choix dans la prise de décision chez ces élèves n’est
pas totale. En effet, 76,2% des élèves reconnaissent avoir la liberté de choix dans leurs prises
de décisions contre 23,8% qui déclarent n’avoir jamais eu cette liberté de choix (figure 5). Par
ailleurs, tous les élèves 100% déclarent que les enseignements suscitent en eux le sentiment de
plaisir et de satisfaction, et tous les élèves enquêtés 100% éprouvent du plaisir dans l’activité
engagée.
Très souvent

33,33

Souvent

42,86

Jamais

23,81

Responsables dans l’exercice des activités
Figure 3: Distribution des élèves selon leurs responsabilités dans l’exercice de leur activité (n=84)
Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

Très souvent

23,81

Souvent

47,62

Jamais

28,57

Sentiment de libre choisir
Figure 4: Distribution des élèves selon leurs sentiments de libre choisir (n=84)
Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

Très souvent

13,1

Souvent
Jamais

63,1
23,81

Liberté de choix dans la prise de décision
Figure 5: Distribution des élèves selon leur liberté de choix dans la prise de décision (n=84)
Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

49

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

Pour ce qui est de la relation entre la motivation autodéterminée et la réussite scolaire (tableau
6), 78,6% des élèves enquêtés, affirment que la responsabilité dans l’exercice des activités, le
sentiment de libre choix et la liberté de choix dans la prise de décision favorisent leur réussite
scolaire.
Tableau VI: Relation entre la motivation autodéterminée et la réussite scolaire

Variable

Effectif (N=84)

Pourcentage (%)

Responsabilité dans l’exercice des activités, sentiment de libre choix et liberté de choix dans la
prise de décision favorisent la réussite scolaire
Jamais

18

21,43

Souvent

5

5,95

Très souvent

61

72,62

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

1.2.2 Style de motivation par la communication et réussite scolaire
1.2.2.1 Enseignants
Du point de vue du style de motivation par la communication, les enseignants enquêtés
partagent la parole et écoutent leurs élèves, très souvent 93,7% ou souvent 6,3%. Ils veillent
souvent 87,5% ou très souvent 12,5% à l’appropriation des principes de l'APC par les élèves à
travers les occasions accordées aux élèves d’exprimer leurs prérequis sur chaque thématique
abordée avec eux en classe. Plus de huit enseignants sur dix offrent des cadeaux à leurs élèves.
Mais à côté, 93,7% des enseignants enquêtés passent souvent aux mesures punitives ; sans plus
de précision sur la nature de ces mesures. Le tableau 7 suivant présente les résultats sur le style
de motivation par la communication adoptée chez les enseignants.
Tableau VII: Style de motivation par la communication relative aux enseignants

Variables

Effectif (N=16)

Pourcentage (%)

Jamais

0

0,00

Souvent

1

6,25

Très souvent

15

93,75

Partage de la parole et écoute des élèves

Veille pour appropriation des principes de l'APC (expression des prérequis) par les élèves
Jamais

0

0,00

Souvent

14

87,5

Très souvent

2

12,5

50

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats
Variables

Effectif (N=16)

Pourcentage (%)

Jamais

3

18,75

Souvent

10

62,5

Très souvent

3

18,75

Jamais

1

6,25

Souvent

15

93,75

Très souvent

0

0,00

Offrande de cadeaux aux élèves méritants

Passage aux mesures punitives

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

Les résultats présentés dans le tableau 8 révèlent qu’en terme de relation entre le style de
motivation par la communication relatif aux enseignants et la réussite scolaire, 93,7% des
enseignants soulignent que le partage de la parole et l’écoute des élèves; la veille pour
l’appropriation des principes de l'APC à travers les occasions accordées aux élèves d’exprimer
leurs prérequis sur chaque thématique abordée avec eux en classe, l’offrande de cadeaux aux
élèves méritants, et le passage aux mesures punitives contribuent à la réussite scolaire de leurs
élèves.
Tableau VIII: Relation entre le style de motivation par la communication relative aux enseignants et la réussite
scolaire

Variables

Effectif (N=16)

Pourcentage (%)

Partage de la parole et écoute des élèves ; veille pour appropriation des principes de l'APC
(expression des prérequis) par les élèves, offrande de cadeaux aux élèves méritants, passage aux
mesures punitives contribuent à la réussite scolaire de vos élèves
Jamais

1

6,25

Souvent

11

68,75

Très souvent

4

25,00

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

1.2.2.2 Parents d’élèves
Pour ce qui est du style de motivation par la communication relative aux parents (tableau 9), la
quasi-totalité de ces derniers 97,1% organisent des sorties de détente avec leurs enfants.
L’ensemble des parents 100% font des promesses de vacances et de cadeaux à leurs enfants
méritants. Ils accordent à 91,4%, des primes à leurs enfants ayant les meilleurs résultats.

51

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

Néanmoins, 36,1% de ces parents punissent leurs enfants ayant obtenu de mauvais résultats à
l’école.
Tableau IX: Style de motivation par la communication relative aux parents

Variables

Effectif (N=35)

Pourcentage (%)

Jamais

1

2,86

Souvent

24

68,57

Très souvent

10

28,57

Jamais

0

0,00

Souvent

15

42,86

Très souvent

20

57,14

Jamais

3

8,57

Souvent

20

57,14

Très souvent

12

34,29

Jamais

22

62,86

Souvent

9

25,71

Très souvent

4

11,43

Organisation des sorties détente avec votre enfant

Promesse de vacances et de cadeaux aux enfants méritants

Prime à l'enfant ayant le meilleur résultat

Punition des enfants ayant obtenu de mauvais résultats

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

De l’analyse du tableau 10, il ressort que pour 82,9% des parents d’élèves, l’organisation des
sorties de détente avec les enfants, les promesses de vacances et de cadeaux aux enfants
méritants, les primes aux enfants ayant les meilleurs résultats, ainsi que la punition des enfants
ayant obtenu de mauvais résultats à l’école, favorisent la réussite scolaire de leurs enfants.
Tableau X: Relation entre le style de motivation par la communication relative aux parents d’élèves et la réussite
scolaire

Variables

Effectif (N=35)

Pourcentage (%)

Organisation des sorties détente avec votre enfant ; promesse de vacances et de cadeaux aux enfants
méritants, prime à l'enfant ayant le meilleur résultat, punition des enfants ayant obtenu de mauvais
résultats influencent la réussite scolaire de vos enfants
Jamais

6

17,14

Souvent

13

37,14

Très souvent

16

45,72

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

52

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

1.2.3 Stratégie d’apprentissage et réussite scolaire
Quant aux stratégies d’apprentissage, les résultats de l’enquête présentés dans le tableau 11
indiquent que 94,0% des élèves apprennent quotidiennement leurs leçons, 95,2% d’eux font
chaque soir, leurs exercices de maison et 92,9% de ces élèves disposent d’un emploi de temps
personnel à la maison pour faire les exercices et apprendre les leçons. On note également que
90,5% des élèves enquêtés jouissent à la maison, de conditions favorisant l’apprentissage.
Enfin, 70,2% de ces élèves aiment la lecture.
Tableau XI: Stratégie d’apprentissage des élèves

Variables

Effectif (N=84)

Pourcentage (%)

Jamais

5

5,95

Souvent

53

63,10

Très souvent

26

30,95

Jamais

4

4,76

Souvent

56

66,67

Très souvent

24

28,57

Apprentissage quotidien des leçons

Exercices de maison chaque soir

Emploi de temps personnel à la maison pour faire les exercices et apprendre les leçons
Jamais

6

7,14

Souvent

30

35,72

Très souvent

48

57,14

Jamais

8

9,52

Souvent

20

23,81

Très souvent

56

66,67

Jamais

25

29,76

Souvent

21

25,00

Très souvent

38

45,24

Conditions favorisant l’apprentissage à la maison

Amour de la lecture

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

53

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

Opinant sur la relation entre les stratégies d’apprentissage et la réussite scolaire (tableau 12),
92,9% des élèves affirment que l’apprentissage quotidien des leçons ; les exercices de maison
faits chaque soir ; la possession d’un emploi de temps personnel à la maison pour faire les
exercices et apprendre les leçons ; des conditions favorisant l’apprentissage à la maison et
l’amour de la lecture, participent à leur réussite scolaire.
Tableau XII: Relation entre stratégie d’apprentissage et réussite scolaire

Variables

Effectif (N=84)

Pourcentage (%)

Apprentissage quotidien des leçons ; exercices de maison chaque soir ; amour de la lecture ; emploi
de temps personnel à la maison pour faire les exercices et apprendre les leçons ; conditions
favorisant l’apprentissage à la maison participent à la réussite scolaire
Jamais

6

7,14

Souvent

29

34,53

Très souvent

49

58,33

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

1.3 Types de motivations et réussite scolaire des élèves
Les résultats de l’analyse sur le type de motivation aboutissant à la réussite scolaire suivant le
niveau d’étude des élèves enquêtés, indiquent qu’il n’existe aucune différence significative au
seuil de 5% entre les niveaux d’étude des élèves lorsqu’on considère les types motivations
aboutissant à la réussite scolaire (χ2 = 3,31 ; P = 0,192). En effet, les élèves enquêtés affirment
que ce sont les motivations intrinsèques 15,5% ; extrinsèques 28,5% et la combinaison des deux
56% qui leur permet d’aboutir à une réussite scolaire (tableau 13).
Tableau XIII: Type de motivation aboutissant à la réussite scolaire suivant le niveau d’étude des élèves enquêtés

Type de motivation aboutissant à la réussite scolaire
Variables
Intrinsèque

Extrinsèque

Intrinsèque + Extrinsèque

Niveau d’étude
CM1 (n=40)

15,0

27,5

57,5

CM2 (n=44)

15,9

29,5

54,5

Moyenne

15,5

28,5

56,0

Ddl

2

χ2

3,31

P

0,192

ddl = degré de liberté, χ2 = Chi carré, P &lt; 0,05 indique qu’il existe une différence significative.
Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

54

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

1.4 Châtiment corporel et réussite scolaire des élèves
Des résultats de l’analyse sur l’effet du niveau de châtiment corporel sur la réussite scolaire
suivant le niveau d’étude des élèves enquêtés, il ressort qu’il n’existe aucune différence
significative au seuil de 5% entre les niveaux d’étude des élèves lorsqu’on considère l’effet du
niveau de châtiment corporel sur la réussite scolaire (χ2 = 0,04 ; P = 0,972). En effet, la majorité
des élèves enquêtés 86,9% soulignent que l’absence de châtiment corporel assure la réussite
scolaire, contrairement à 10,7% et 2,4% respectivement, qui pensent qu’il faudrait un peu ou
beaucoup de châtiment corporel pour garantir leur réussite scolaire (tableau 14).

Tableau XIV: Effet du niveau châtiment corporel sur la réussite scolaire suivant le niveau d’étude des élèves
enquêtés

Réussite scolaire conditionnée par le niveau de châtiment corporel
Variables
Aucun

Un peu

Beaucoup

CM1 (n=40)

87,5

10,0

2,5

CM2 (n=44)

86,4

11,4

2,3

Moyenne

86,9

10,7

2,4

Niveau d’étude

Ddl

2

χ2

0,04

P

0,978
ddl = degré de liberté, χ2 = Chi carré, P &lt; 0,05 indique qu’il existe une différence significative.
Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

2. Discours des résultats
Trois élèves sur quatre se sentent responsables dans l’exercice de leurs activités et environ 71%
des élèves ont le sentiment de faire librement leurs choix. Aussi, 76,2% des élèves reconnaissent
avoir la liberté de choix dans leurs prises de décisions. Enfin, pour 78,57% des élèves enquêtés,
la responsabilité dans l’exercice des activités, le sentiment de libre choix et la liberté de choix
dans la prise de décision favorisent leur réussite scolaire. Ainsi, sachant que la responsabilité
dans l’exercice des activités, le sentiment de libre choix et la liberté de choix dans la prise de
décision sont des caractéristiques de la motivation autodéterminée, il apparait que l’incitation
des élèves par la motivation autodéterminée favorise la réussite scolaire. En effet, selon Lieury

55

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

&amp; Fenouillet, (2013), l’autodétermination est le sentiment de choisir, ou libre arbitre, et
s’oppose à la contrainte, la pression sociale, la situation d’évaluation. De plus, pour Pelletier et
Vallerand. (1993), la liberté de choix dans la prise de décision, d’action suscite le sentiment de
plaisir et de satisfaction chez l’acteur. Or Glandais (2016) révèle que plus la motivation des
élèves est autodéterminée, plus ils sont attentifs, persévérants et ont du plaisir à réaliser
l’activité sur le long terme. Ce type de motivation favorise donc l’implication de l’élève en
classe. De même, Ryan et Deci (2000) puis Reeve (2002) ont montré que les formes de
motivations les plus autodéterminées avaient un impact positif sur l’élève alors que les moins
autodéterminées avaient des conséquences négatives. Ainsi, ce type de motivation implique
davantage les élèves et contribue à leur réussite. L’autonomie est donc considérée comme la
finalité de l’éducation (Patry, 2018).
Les résultats indiquent que tous les enseignants enquêtés (100%) partagent la parole et écoutent
leurs élèves, ils veillent aussi à l’appropriation des principes de l'APC par les élèves à travers
les occasions accordées aux élèves d’exprimer leurs prérequis sur chaque thématique abordée
avec eux en classe. Plus de huit enseignants sur dix offrent des cadeaux à leurs élèves mais
93,7% d’eux passent aux mesures punitives ; sans plus de précision sur la nature de ces mesures.
De plus, 93,7% des enseignants soulignent que le partage de la parole et l’écoute des élèves ; la
veille pour l’appropriation des principes de l'APC à travers les occasions accordées aux élèves
d’exprimer leurs prérequis sur chaque thématique abordée avec eux en classe, l’offrande de
cadeaux aux élèves méritants, et le passage aux mesures punitives qui sont des formes de
communication, contribuent à la réussite scolaire de leurs élèves. Ces différents styles
motivationnels par la communication cadrent avec les résultats des travaux de Reeve (2002 ;
2009) rapportés par Leroy et al. (2013), qui distinguent deux styles motivationnels à savoir : le
« style soutenant l’autonomie » et le « style contrôlant ». En effet, pour ces auteurs, le « style
soutenant l’autonomie », présente un enseignement qui a pour objectif de combler les besoins
motivationnels des élèves. Les pratiques enseignantes de ce style se manifestent par des
opportunités laissées aux élèves de décider, de s’exprimer et de faire des choix. Dans ce sens,
l’enseignant encourage et exerce des feedbacks positifs (retours positifs) ; il est à l’écoute de
ses élèves. En revanche, selon Deci et Ryan (1987), le style contrôlant est caractérisé par « un
ensemble de pratiques accentuant le poids des pressions et ayant pour but d’inciter les élèves à
agir d’une façon spécifique. Ce style ne permet donc pas de satisfaire les besoins des élèves
mais développe plutôt de la motivation extrinsèque voire l’amotivation. Ici, l’enseignant ne
partage pas la parole, il la monopolise, n’accorde pas assez de temps à ses élèves pour terminer

56

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

leur travail, usant fréquemment de récompenses/punitions et utilisant un langage plus directif ;
une communication contraignante.
Il résulte de l’enquête que 94,0% des élèves apprennent quotidiennement leurs leçons, 95,2%
d’eux font chaque soir, leurs exercices de maison et 92,9% de ces élèves disposent d’un emploi
de temps personnel à la maison pour faire les exercices et apprendre les leçons. Aussi, 90,5%
des élèves enquêtés jouissent à la maison, de conditions favorisant l’apprentissage et 70,2%
d’eux aiment la lecture. De plus, 92,9% des élèves affirment que l’apprentissage quotidien des
leçons ; les exercices de maison faits chaque soir ; la possession d’un emploi de temps personnel
à la maison pour faire les exercices et apprendre les leçons ; des conditions favorisant
l’apprentissage à la maison et l’amour de la lecture, participent à leur réussite scolaire. Sachant
que la stratégie d’apprentissage inclue l’apprentissage quotidien des leçons ; les exercices de
maison faits chaque soir ; la possession d’un emploi de temps personnel à la maison pour faire
les exercices et apprendre les leçons ; des conditions favorisant l’apprentissage à la maison et
l’amour de la lecture, on en déduit donc que la stratégie d’apprentissage participe à la réussite
scolaire. Ces résultats corroborent ceux de divers auteurs. En effet, selon Viau (2008), les élèves
font usage de divers moyens pour acquérir des connaissances et compétences et mieux contrôler
leur démarche d’apprentissage. Ces stratégies développées par les élèves pour tenter de réussir
une activité, s’entendent comme une stratégie d’apprentissage.
Durant l’étude, les élèves enquêtés affirment que ce sont les motivations intrinsèques 15,5% ;
extrinsèques 28,5% et la combinaison des deux 56% qui leur permet d’aboutir à une réussite
scolaire. En effet, la motivation extrinsèque est une forme d’adaptation de comportement face
à des exigences du contexte duquel l’individu dépend. C’est-à-dire, il se met dans des
contraintes et doit changer ses façons de se comporter afin d’éviter des sanctions ou de gagner
des récompenses de l’activité. Quant à la motivation intrinsèque, elle est une forme de
motivation émanant de l’individu lui-même. Elle correspond à l’intérêt, à la curiosité, c’est-àdire au sens courant de la motivation. Un élève qui s’engage spontanément dans un exercice de
résolution de problèmes est le signe que cette activité revêt de l’intérêt pour lui et qu’il aime en
résoudre. La motivation intrinsèque renvoie donc à l’autodétermination et la compétence perçue
Lieury et Fenouillet, (2013).
La majorité des élèves enquêtés 86,9% soulignent que l’absence de châtiment corporel assure
la réussite scolaire. Ces résultats sont en adéquation avec ceux de divers auteurs. En effet, selon
Soré et Moyenga (2019), la sanction à l’école serait un facteur de terreur qui installe une
distance handicapante entre l’enseignant et l’élève, réduisant la participation à partir du moment
où se tromper constitue un motif valable de sanction. Elle représenterait également un facteur
57

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

de déperdition scolaire, des enfants abandonnant l’école par crainte de sévices corporels ou à
l’issue de traitements jugés dégradants. Pour preuve, les résultats des travaux de Debarbieux
(2006) révèlent que le châtiment corporel à l’école n’est pas efficace au niveau des
apprentissages, car les établissements pratiquant le moins ce type de punition ont les meilleurs
résultats académiques. De ce fait, le recours aux différentes pratiques de motivation sans
châtiment corporel dans les établissements scolaires améliorerait donc la réussite scolaire des
écoliers au Bénin.

58

�Chapitre 2 : De la validation des hypothèses aux suggestions

CHAPITRE 2 : DE LA VALIDATION DES HYPOTHÈSES AUX
SUGGESTIONS
Ce dernier chapitre est consacré à la vérification des hypothèses et aux suggestions.

1. Vérification des hypothèses
La confrontation ou l’appréciation du degré de validation des hypothèses émises, à partir de
l’analyse des données de l’enquête permettront la confirmation ou l’infirmation des hypothèses.
Ainsi, les hypothèses seront vérifiées, une par une.

1.1 Hypothèse 1 : L’incitation des élèves par la motivation autodéterminée
favorise la réussite scolaire
La première hypothèse de la présente étude stipule que l’incitation des élèves par la motivation
autodéterminée favorise la réussite scolaire. Ainsi, sachant que la responsabilité dans l’exercice
des activités, le sentiment de libre choix et la liberté de choix dans la prise de décision sont des
caractéristiques de la motivation autodéterminée, nous pouvons donc conclure que l’hypothèse
1 selon laquelle l’incitation des élèves par la motivation autodéterminée favorise la réussite
scolaire est confirmée.

1.2 Hypothèse 2 : Le style de motivation par la communication de l’enseignant
du primaire détermine les résultats scolaires ou le rendement scolaire
La deuxième hypothèse de cette étude stipule que le style de motivation par la communication
détermine les résultats scolaires. Des résultats de l’étude, il ressort que tous les enseignants
enquêtés (100%) partagent la parole et écoutent leurs élèves, ils veillent aussi à l’appropriation
des principes de l'APC par les élèves à travers les occasions accordées aux élèves d’exprimer
leurs prérequis sur chaque thématique abordée avec eux en classe. Plus de huit enseignants sur
dix offrent des cadeaux à leurs élèves mais 93,7% d’eux passent aux mesures punitives ; sans
plus de précision sur la nature de ces mesures. De plus, 93,7% des enseignants soulignent que
le partage de la parole et l’écoute des élèves ; la veille pour l’appropriation des principes de
l'APC à travers les occasions accordées aux élèves d’exprimer leurs prérequis sur chaque
thématique abordée avec eux en classe, l’offrande de cadeaux aux élèves méritants, et le passage
aux mesures punitives qui sont des formes de communication, contribuent à la réussite scolaire
de leurs élèves.
Au niveau des parents, 97,1% d’eux organisent des sorties de détente avec leurs enfants ; tous
(100%) font des promesses de vacances et de cadeaux à leurs enfants méritants et 91,4%
accordent des primes à leurs enfants ayant les meilleurs résultats. Néanmoins, 36,1% de ces
59

�Chapitre 2 : De la validation des hypothèses aux suggestions

parents punissent leurs enfants ayant obtenu de mauvais résultats à l’école. Aussi, les formes
de communication que sont l’organisation des sorties de détente avec les enfants, les promesses
de vacances et de cadeaux aux enfants méritants, les primes aux enfants ayant les meilleurs
résultats, ainsi que la punition des enfants ayant obtenu de mauvais résultats à l’école, favorisent
selon 82,9% des parents d’élèves, la réussite scolaire de leurs enfants. On pourrait donc déduire
que le style de motivation par la communication détermine les résultats scolaires. Ainsi,
l’hypothèse 2 est confirmée.

1.3 Hypothèse 3 : la stratégie d’apprentissage explique la réussite scolaire
La troisième hypothèse de cette recherche stipule que la stratégie d’apprentissage influence la
réussite scolaire.
Il résulte de l’enquête que 94,0% des élèves apprennent quotidiennement leurs leçons, 95,2%
d’eux font chaque soir, leurs exercices de maison et 92,9% de ces élèves disposent d’un emploi
de temps personnel à la maison pour faire les exercices et apprendre les leçons. Aussi, 90,5%
des élèves enquêtés jouissent à la maison, de conditions favorisant l’apprentissage et 70,2%
d’eux aiment la lecture. De plus, 92,9% des élèves affirment que l’apprentissage quotidien des
leçons ; les exercices de maison faits chaque soir ; la possession d’un emploi de temps personnel
à la maison pour faire les exercices et apprendre les leçons ; des conditions favorisant
l’apprentissage à la maison et l’amour de la lecture, participent à leur réussite scolaire. Sachant
que la stratégie d’apprentissage inclue l’apprentissage quotidien des leçons ; les exercices de
maison faits chaque soir ; la possession d’un emploi de temps personnel à la maison pour faire
les exercices et apprendre les leçons ; des conditions favorisant l’apprentissage à la maison et
l’amour de la lecture, on en déduit donc que la stratégie d’apprentissage participe à la réussite
scolaire. Ainsi, l’hypothèse 3 est confirmée.

2. Suggestions
2.1 Suggestions à l’endroit des élèves
Les élèves doivent avoir une motivation intrinsèque pour pourvoir réussir dans leurs études. Ils
doivent avoir aussi la motivation extrinsèque car seule la motivation intrinsèque ne suffit pas
pour réussir ; ce qui les aidera à :
-

avoir un emploi de temps personnel à la maison pour faire les exercices et apprendre
les leçons; Apprendre quotidiennement leurs leçons;

-

faire leurs exercices de maison chaque soir;

-

être amoureux de la lecture;

60

�Chapitre 2 : De la validation des hypothèses aux suggestions

Telles sont quelques conditions favorisant la réussite scolaire

2.2 Suggestions à l’endroit des enseignants
La communication est l'élément le plus important dans le processus d'enseignementapprentissage puisqu'il s'agit d'un processus interactif. « Il apparaît évident que les
communications constituent un chaînon essentiel des relations humaines dans l'école [...].
(Elles) constitue(nt) un élément non négligeable de paix scolaire » Delaire, (1986). Ce qui
implique à :
-

partager la parole et à écouter l’élèves ;

-

veiller à l’appropriation des principes de l'APC (expression des prérequis) par les
élèves ;

-

offrir de cadeaux aux élèves méritants ;

-

passer aux mesures punitives.

2.3 Suggestions à l’endroit des parents d’élève
Les parents devront témoigner, à l'égard de leurs enfants, de l'affection. Ils doivent jouer le rôle
d'éducation de base qui leur est dévolu et confié. L'étude menée par Bakali (1997) dans le cadre
de son mémoire de Maîtrise a confirmé le fait que les élèves placés dans un foyer instable sont
plus enclins à manifester des comportements répréhensibles, ce qui suscite la colère des
enseignants qui n'hésitent pas à utiliser les punitions corporelles. Cela voudra dire que
l'affection, l'amour et la rigueur sont des attitudes, des choix nécessaires au bon développement
de l'enfant.
Les parents, par la combinaison de la tendresse, de la sympathie et de la rigueur, pourront
amener les enfants à une bonne réussite scolaire.

2.4 Suggestions à l’endroit des décideurs politiques
L'agent de confection et de réalisation des politiques scolaires. [...] La tâche confiée aux
enseignants est celle de l'accomplissement ou de la réalisation de la mission de socialisation.
Les résultats de leur travail pédagogique devraient converger aux objectifs poursuivis par l'Etat,
la pratique de formation à donner aux enseignants est de la même importance que celui des
élèves. Amuzu-Glikpa, (2009 :4). Former les agents de l’éducation à allier l’éducation moderne
et l’éducation traditionnelle au Bénin. Déterminer quel type de punition peut-on admettre aux
élèves pour les inciter au travail. Associer la motivation intrinsèque et la motivation
extrinsèque.

61

�Conclusion

CONCLUSION
Cette recherche porte sur la gestion de la motivation des écoliers dans les établissements privés
et réussite scolaire, avec une attention particulière au cas de l’école primaire Émilie de
Villeneuve de Parakou/Bénin. La problématique de l’amélioration de la réussite scolaire au
niveau des écoliers sans le châtiment corporel, a intéressé les contemporains, les chercheurs et
les praticiens. C’est pour cette raison que plusieurs études ont été menées pour découvrir les
atouts d’un apprentissage des écoliers sans le châtiment corporel. Les recherches sur cette
préoccupation n’ont pas abouti à la même conclusion.
Les résultats de l’étude réalisée par Soré et Moyenga sur la sanction à l’école : entre
interdiction, survivance et innovation en 2019 ont révélé que la sanction à l’école serait un
facteur de terreur qui installe une distance handicapante entre l’enseignant et l’élève, réduisant
la participation à partir du moment où se tromper constitue un motif valable de sanction. Elle
représenterait également un facteur de déperdition scolaire, des enfants abandonnant l’école par
crainte de sévices corporels ou à l’issue de traitements jugés dégradants. Allant dans la même
perspective, les chercheurs comme Twum-Danso (2010) ; Taylor, Hamvas, Rice, Newman et
DeJong (2011) ; Gershoff (2013) ; UNICEF (2014) ; Gershoff (2017) ont révélé à travers leurs
résultats l’existence d’effets particulièrement nocifs sur les enfants qui subissent les châtiments
corporels. Parmi eux, cette stratégie motivationnelle à des conséquences négatives sur la santé
aussi bien mentale que physique de l’enfant.
Toutefois, cette posture ne fait pas l’unanimité dans la sphère scientifique sur la punition
corporelle. Des chercheurs comme Cowan (2002), Larzelere et Kuhn (2005), Larzelere et
Baumrind (2010), ont montré à travers leurs résultats que, certaines formes de châtiments
corporels peuvent être utiles dans le cas d’un « usage modéré » et ne seraient dangereuses que
si elles deviennent abusives.
En revanche, Antonowicz (2010), dans ses écrits, souligne que les châtiments corporels restent
une forme de violence encore perçue comme un moyen légitime de corriger les comportements
indésirables de l’enfant à la maison et mais également de l’écolier par son enseignant. De même,
une enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) conduite par l’ANSD et l’UNICEF
(2016) a confirmé la persistance du recours aux châtiments corporels dans les familles comme
dans les écoles. Mais, Debarbieux (2006) à travers les résultats de ses travaux, refuse cette thèse
et révèle que le châtiment corporel à l’école n’est pas efficace au niveau des apprentissages, car
la plupart des établissements pratiquant le moins ce type de punition ont les meilleurs résultats
académiques.
62

�Conclusion

Ces études empiriques soulèvent encore le débat sur la stratégie motivationnelle
d’apprentissage des écoliers. Peu de recherches semblent s’être intéressées à la pratique en
milieu familial plus que scolaire Gershoff (2017), dans les écoles des régions du Bénin
notamment dans les communes du Borgou.
Cette recherche s’inscrit dans cette perspective en examinant les stratégies motivationnelles
d’apprentissage les plus efficaces pouvant contribuer à l’amélioration des rendements scolaires.
Elle avait pour objectif principal d’appréhender l’effet des pratiques de motivation sans
châtiment corporel dans les établissements sur la réussite scolaire des écoliers. Plus
précisément, cette recherche a essayé de répondre à la préoccupation principale suivante : A
quelles conditions le recours aux pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les
établissements améliore-t-elle la réussite scolaire des écoliers au Bénin ? Pour régler cette
question centrale, plusieurs préoccupations intermédiaires ont été d’abord résolues. Ces
préoccupations intermédiaires sont relatives aux objectifs spécifiques. Il s’agit d’abord,
d’identifier les pratiques de motivation des apprenants des établissements primaires au Bénin,
Ensuite de déterminer l’effet de l’usage du style de motivation par la communication par
l’enseignant sur la réussite scolaire. Finalement, il est procédé à évaluation de l’influence de la
stratégie d’apprentissage de l’enseignant sur le niveau de la réussite scolaire au Bénin.
Pour mener à bien cette recherche dans le but d’atteindre ces différents objectifs, une
méthodologie rigoureuse a été adoptée. D’abord, au regard de la littérature, cette recherche a
examiné les contours des concepts de motivation sans châtiments corporels et de réussite
scolaire et la relation qui existe entre ces deux concepts. Cette analyse de la littérature a permis
d’observer que la stratégie motivationnelle d’apprentissage des écoliers dans les établissements
du primaire peut affecter positivement ou négativement le niveau de réussite scolaire. En plus,
une revue de littérature approfondie a été réalisée, en mobilisant les travaux de chercheurs tels
que Soré et Moyenga, Gershoff E. T., Debarbieux, etc. La revue de littérature réalisée a permis
de recenser les travaux antérieurs sur les pratiques de motivation sans châtiments corporels et
leur influence sur la réussite scolaire sociale.
Ensuite, la démarche hypothético-déductive est adoptée avec une approche quantitative et de
l’approche qualitative. L’étude empirique a été réalisée sur un échantillon de convenance de 84
écoliers (CM1 et CM2), 16 enseignants et 35 parents d’élève.
Enfin, une fois les données collectées par le biais d’un questionnaire, elles ont fait objet de
traitement Grâce à des analyses statistiques à l'aide du logiciel R 4.1.1. Cette démarche
méthodologique telle qu’évoquée plus haut a permis d’atteindre les objectifs de la recherche à
partir des résultats auxquels nous sommes parvenus.
63

�Conclusion

Les résultats de cette recherche révèlent que la majorité des élèves enquêtés soulignent que
l’absence de châtiment corporel assure la réussite scolaire. Car, les établissements pratiquant le
moins ce type de punition ont les meilleurs résultats académiques. De ce fait, le recours aux
différentes pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les établissements scolaires
améliorerait donc la réussite scolaire des écoliers au Bénin.
Comme toute recherche, celle-ci comporte des limites relatives au non utilisation d’approche
qualitative. Certes, l'utilisation d'une étude quantitative permet de mieux comprendre le
phénomène de la recherche. Néanmoins, les études de cas nécessitent un examen attentif du
sujet de recherche. L’autre limite majeure de cette recherche est le fait que nos résultats
quantitatifs ont été obtenus à partir de l’analyse des données recueillies par le questionnaire
dans une seule région (département). Cette situation nous interdit toute généralisation des
résultats en dehors de l’univers restreint que constitue l’échantillon de la recherche. Ainsi, en
dépit de ces limites qui n’entravent en rien la pertinence des résultats, cette recherche ouvre la
voie à d’autres recherches du même domaine en contexte béninois. A cet effet, de futurs travaux
de recherche peuvent chercher à analyser l’impact du cadre normatif et trop formel des
châtiments corporels sur la performance scolaire. Ce n’est donc qu’en complétant cette
recherche par d’autres que l’on peut faire des progrès sur cette thématique.

64

�Références bibliographiques

RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Alfredo Carlo Moro, L’Enfant sans droits, (1992), Ugo Mursia Editore S.p.A. 333p.
Antonowicz, L. (2010). Trop souvent en silence : Un rapport sur la violence en milieu scolaire en
Afrique de l’Ouest et du Centre. Dakar : UNICEF WCARO. Annan, K. A. (2001). Nous les Enfants.
New York : UNICEF.
André, B., &amp; Dekoninck, J. (1998). Motiver pour enseigner - Analyse transactionnelle et pédagogie :
Analyse transactionnelle et pédagogie. Hachette Éducation.
Amuzu-Glikpa, A., (2010), Sociologie de la profession enseignante, cours de la sociologie de l'éducation
et de la santé publique, Lomé, UL, 58 pages.
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LXIX

�Annexes

ANNEXES
Annexe 1. Questionnaire : Écoliers
Pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les établissements sur la réussite scolaire
des écoliers
Question Libellé

Modalités

Age
1. CM 1
Niveau d’étude

2. CM 2
1. Masculin

Genre

2. Féminin

Section 0 : Données démographiques
Section 1 : Pratiques de motivation
1.1. Incitation par la motivation autodéterminée
Échelle de type Likert à trois points variant de 1 à 3: « Jamais », « Souvent » et «Très souvent ».
Veuillez attribuer une note de 1 (jamais) à 3 (très souvent) pour chaque proposition.
1 - Jamais
Question

2 - Souvent

3 - Très souvent

Libellé

Modalités
1

2

3

Êtes-vous responsable dans l’exercice de vos activités ?
Avez-vous le sentiment de libre choisir ?
Avez-vous la liberté de choix dans la prise de décision ?
L’enseignant suscite-t-il le sentiment de plaisir et de
satisfaction en vous ?
Éprouvez-vous de l’intérêt et du plaisir dans l’activité
engagée ?

LXX

�Annexes

Section 2 : Réussite scolaire
1.1.

Utilisation par l'élève des techniques appropriées

Echelle de type Likert à trois points variant de 1 à 3 : « Jamais », « Souvent » et « Très souvent
».
Veuillez attribuer une note de 1 (Jamais) à 3 (très souvent) pour chaque proposition.
1 – Jamais
Question

2 – Souvent

3 – Très souvent

Libellé

Modalités
1

2

3

As-tu un emploi de temps personnel à la maison ?
Apprends-tu tes leçons tous les soirs ?
Traites-tu tes exercices au quotidien ?
Aimes-tu la lecture ?
Trouvez-vous du plaisir à être parmi les meilleurs ?
L’enseignant par son comportement vous pousse-t-il à bien
travailler ?
Les sentiments de joie et de satisfaction vous animent-ils
lorsque vous travaillez bien en classe ?

LXXI

�Annexes

Annexe 2. Questionnaire des enseignants
Pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les établissements sur la réussite scolaire
des écoliers
Section 0 : Données démographiques
Identifiant
Département : ………………………………………………….
Commune : …………………………………………………………
Arrondissement : …………………………………………………
Quartier : ……………………………………………………………….
Section 1 : Pratiques de motivation
1.2.Style de motivation par la communication
Question Libellé

Modalités

Age
Nature du répondant

Enseignant
1. Masculin

Genre

2. Féminin

Échelle de type Likert à trois points variant de 1 à 3 : « Jamais », « Souvent » et « Très souvent ».
Veuillez attribuer une note de 1 (Jamais) à 3 (très souvent) pour chaque proposition.
1 – Jamais
Question

2 – Souvent

5 –Très souvent

Libellé

Modalités
1

2

3

Le sensibilisez-vous en lui montrant les effets de l’assiduité
au travail ?
Veillez-vous à l’appropriation des principes de l’APC par
les élèves ?
Offrez-vous des cadeaux à votre élève ?
Est-ce que vous passez aux mesures punitives ?

LXXII

�Annexes

Section 2 : Réussite scolaire
Méthode et stratégie d’enseignement

1.2.

Échelle de type Likert à trois points variant de 1 à 3: «Jamais», « Souvent » et « Très souvent ».
Veuillez attribuer une note de 1 (jamais) à 3 (très souvent) pour chaque proposition.
1 – Jamais
Question

2 – Souvent

3– Très souvent

Libellé

Modalités
1

2

3

Utilisez-vous des moyens pouvant inciter l’élève à bien
travailler en classe ?
Appliquez-vous au mieux les techniques de l’APC ?
Amenez-vous les élèves à suivre l’exemple des meilleurs ?

LXXIII

�Annexes

Annexe 3. Questionnaire / Parents
Pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les établissements sur la réussite scolaire
des écoliers
Section 0 : Données démographiques
Identifiant
Département : ………………………………………………….
Commune : …………………………………………………………
Arrondissement : …………………………………………………
Quartier : ……………………………………………………………….
Question Libellé

Modalités

Age
Parent d’élève
Nature du répondant
3. Masculin
Genre

4. Féminin

Fonction des parents
Structure des parents
Section 1 : Pratiques de motivation

1.3.Stratégie d’apprentissage
Echelle de type Likert à trois points variant de 1 à 3 : « Jamais », « Souvent » et
«Très souvent».
Veuillez attribuer une note de 1 (Jamais) à 3 (Très souvent) pour chaque proposition.
1 – « Jamais »
Question

2 – « Souvent »

3 – « Très souvent »

Libellé

Modalités
1

2

3

Faite-vous tout pour que votre enfant sache que vous suivez
son travail avec lui ?
Répondez-vous avec exactitude aux questions de l’enfant ?
Organisez-vous des sorties détentes avec votre enfant ?

LXXIV

�Annexes

Faite-vous des promesses de vacances dans une autre ville,
de cadeaux : vélo, habit, repas qu’il aime ?
Faite vous tout pour avoir le même langage que son
enseignant à l’école ?
Primez-vous l’enfant qui a le meilleur résultat dans la
famille ?
Est-ce que vous frappez ceux qui ne travaillent pas ?
Section 2 : Réussite scolaire
1.3.

Détermination des parents

Échelle de type Likert à trois points variant de 1 à 3 : « Jamais », « Souvent » et
Très souvent».

«

Veuillez attribuer une note de 1 (jamais) à 3 (très souvent) pour chaque proposition.
1 –Jamais
Question

2 – Souvent

3 – Très souvent

Libellé

Modalités
1

2

3

Développez-vous des moyens que vous mettez en place
pour le suivi du travail de l’enfant ?
Initiez-vous des échanges pouvant motiver votre élève à un
bon résultat scolaire ?
Recherchez-vous une adéquation entre le langage éducatif
et celui du maître de l’enfant ?

LXXV

�Table des matières

TABLE DES MATIÈRES
DÉDICACE ________________________________________________________________I
IN MEMORIUM ___________________________________________________________ II
REMERCIEMENTS _______________________________________________________ III
SIGLES ET ACRONYMES __________________________________________________ IV
LISTE DES TABLEAUX ____________________________________________________ V
LISTE DES FIGURES ______________________________________________________ VI
RÉSUMÉ _______________________________________________________________ VII
ABSTRACT _____________________________________________________________ VII
SOMMAIRE _____________________________________________________________ VIII
INTRODUCTION __________________________________________________________ 9
PREMIÈRE PARTIE : CADRE THÉORIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE ____________ 13
CHAPITRE 1 : LA PROBLÉMATIQUE ____________________________________________ 14
1.

Contexte et justification de la recherche ______________________________________________ 14

2.

Le problème de la recherche_______________________________________________________ 15
2.1

3.

4.

5.

Question de la recherche _______________________________________________________ 16

2.1.1

Question principale ______________________________________________________ 16

2.1.2

Questions secondaires ____________________________________________________ 16

Objectifs de la recherche _________________________________________________________ 16
3.1

Objectif général ______________________________________________________________ 16

3.2

Objectifs spécifiques __________________________________________________________ 17

Hypothèse de recherche __________________________________________________________ 17
4.1

Hypothèse principale __________________________________________________________ 17

4.2

Hypothèse secondaire _________________________________________________________ 17

Présentation de la zone d’étude : cas de l’école catholique primaire Émilie de Villeneuve de Parakou
_____________________________________________________________________________ 17
5.1 Situation géographique et historique de l’École Catholique Primaire Émilie De Villeneuve de
Parakou _________________________________________________________________________ 17
5.2 L’École Catholique Maternelle et Primaire Émilie de Villeneuve dans l’éducation béninoise et sous
régionale ________________________________________________________________________ 18
5.3

Présentation du personnel de l’école ______________________________________________ 18

5.4

La politique générale __________________________________________________________ 19

CHAPITRE 2 : LE CADRE THÉORIQUE, CONCEPTUEL ET MÉTHODOLOGIQUE ______ 20
1.

2.

La revue de littérature ____________________________________________________________ 20
1.1

Les facteurs socioculturels ______________________________________________________ 20

1.2

Les facteurs psychologiques ____________________________________________________ 21

1.3

Les facteurs psychopédagogiques ________________________________________________ 21

Cadre théorique et conceptuel _____________________________________________________ 22
2.1

État de l’art sur la clarification des concepts ________________________________________ 22

LXXVI

�Table des matières
2.2 Des Fondements théoriques aux recensions empiriques en passant par les modèles théoriques de la
recherche ________________________________________________________________________ 25
2.2.1

Les assises théoriques de la recherche ________________________________________ 25

2.2.1.1

2.2.1.1.1

Motivation extrinsèque _____________________________________________ 25

2.2.1.1.2

Motivation intrinsèque _____________________________________________ 26

2.2.1.1.3

Amotivation _____________________________________________________ 27

2.2.1.2
2.2.2

La théorie de l’autodétermination RYAN, Richard M., et E.L. DECI (2000) _______ 25

La théorie des attentes et de la valeur Wigfield, Allan, et J. Eccles (2000). ________ 27

Modèles théoriques de la recherche __________________________________________ 28

2.2.2.1

Le modèle de BARBEAU Denise (1994). __________________________________ 28

2.2.2.2

Le modèle de Viau Rolland (2009) _______________________________________ 28

2.2.2.3 Recensions empiriques sur les pratiques de motivation sans le châtiment corporel et la
réussite scolaire ______________________________________________________________ 28
2.2.2.4 Point des études empiriques sur la perception des acteurs clés sur les pratiques
motivationnelles par le châtiment corporel en milieu scolaire___________________________ 29
2.2.2.5

Synthèse des travaux empiriques sur la réussite scolaire _______________________ 30

2.2.2.6 Synthèse des travaux empiriques sur l’influence des pratiques de motivation sans le
châtiment corporel sur la réussite scolaire __________________________________________ 31
2.3

Modèle conceptuel de la recherche _______________________________________________ 31

2.3.1

Points de la littérature sur les variables de la recherche ___________________________ 32

2.3.1.1 Point de la littérature sur la motivation autodéterminée et la réussite scolaire ou le
rendement scolaire ____________________________________________________________ 32
2.3.1.2 Point de la littérature sur le style communicationnel de l’enseignant du primaire et la
réussite scolaire ______________________________________________________________ 33
2.3.1.3 Point de la littérature sur la stratégie d’apprentissage et la réussite scolaire ou le rendement
scolaire ___________________________________________________________________ 34

3.

2.3.2

Modèle conceptuel de recherche ____________________________________________ 35

2.3.3

Définition et opérationnalisation des variables de recherche _______________________ 36

Cadre méthodologique ___________________________________________________________ 36
3.1

Opérationnalisation des variables retenues _________________________________________ 36

3.2

Démarche méthodologique de la recherche _________________________________________ 37

3.2.1

Choix de la méthode utilisée _______________________________________________ 37

3.2.1.1

Les méthodes qualitatives ______________________________________________ 38

3.2.1.2

Les méthodes quantitatives _____________________________________________ 38

3.2.1.3

Les méthodes mixtes __________________________________________________ 38

3.2.2

Justification de la méthode utilisée __________________________________________ 39

3.2.3

Approche méthodologique _________________________________________________ 39

3.2.4

Outils de collectes de données et instruments de mesures _________________________ 40

3.2.5

Approche empirique de l'étude ______________________________________________ 41

3.2.5.1

Technique de traitement des données quantitatives ___________________________ 41

3.2.5.2

Type d’échantillonnage et taille de l’échantillon _____________________________ 42

3.2.5.2.1

Type d’échantillonnage ____________________________________________ 42

3.2.5.2.2

Échantillon ______________________________________________________ 43

3.2.5.2.3

Difficultés rencontrées _____________________________________________ 44

LXXVII

�Table des matières

DEUXIÈME PARTIE : RÉSULTATS ET DISCUSSIONS _________________________ 45
CHAPITRE 1 : RESTITUTION, ANALYSE ET DISCUSSION DES RÉSULTATS __________ 46
1.

Présentation et analyse des résultats de la recherche ____________________________________ 46
1.1

Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés __________________________________ 46

1.1.1

Élèves _________________________________________________________________ 46

1.1.2

Enseignants ____________________________________________________________ 47

1.1.3

Parents d’élèves _________________________________________________________ 48

1.2

Pratiques de motivation et réussite scolaire _________________________________________ 49

1.2.1

Motivation autodéterminée et réussite scolaire _________________________________ 49

1.2.2

Style de motivation par la communication et réussite scolaire _____________________ 50

1.2.2.1

Enseignants _________________________________________________________ 50

1.2.2.2

Parents d’élèves ______________________________________________________ 51

1.2.3

2.

Stratégie d’apprentissage et réussite scolaire ___________________________________ 53

1.3

Types de motivations et réussite scolaire des élèves __________________________________ 54

1.4

Châtiment corporel et réussite scolaire des élèves ____________________________________ 55

Discours des résultats ____________________________________________________________ 55

CHAPITRE 2 : DE LA VALIDATION DES HYPOTHÈSES AUX SUGGESTIONS _________ 59
1.

Vérification des hypothèses _______________________________________________________ 59
1.1

Hypothèse 1 : L’incitation des élèves par la motivation autodéterminée favorise la réussite scolaire
___________________________________________________________________________ 59

1.2 Hypothèse 2 : Le style de motivation par la communication de l’enseignant du primaire détermine
les résultats scolaires ou le rendement scolaire ___________________________________________ 59
1.3
2.

Hypothèse 3 : la stratégie d’apprentissage explique la réussite scolaire ___________________ 60

Suggestions____________________________________________________________________ 60
2.1

Suggestions à l’endroit des élèves ________________________________________________ 60

2.2

Suggestions à l’endroit des enseignants ____________________________________________ 61

2.3

Suggestions à l’endroit des parents d’élève _________________________________________ 61

2.4

Suggestions à l’endroit des décideurs politiques _____________________________________ 61

CONCLUSION ___________________________________________________________ 62
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES ______________________________________ LXV
ANNEXES _____________________________________________________________ LXX
TABLE DES MATIÈRES _______________________________________________ LXXVI

LXXVIII

�</text>
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                  <text>La collection Éducation et formation (EF) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières éducation et formation.</text>
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                <text>Gestion de la motivation des écoliers dans les établissements privés et réussite scolaire : cas de l’école primaire Émilie de Villeneuve de Parakou /Bénin</text>
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                <text>HOUEGBAN Akouavi Emérentienne &#13;
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                <text>Mémoire de master</text>
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                <text>Cette recherche vise à appréhender l’effet des pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les établissements sur la réussite scolaire des écoliers au Bénin. &#13;
Pour conduire à bien cette recherche, la démarche hypothético-déductive est adoptée avec une approche quantitative. Les données quantitatives collectées grâce aux questionnaires, ont été codées et soumises à des analyses statistiques à l'aide du logiciel R 4.1.1. Dans le but d’analyser les relations entre les variables, des tests de contingence de Chi2 suivis d’un Test t de Student ont été effectués. L’étude empirique a été réalisée sur un échantillon de convenance de quatre-vingt-cinq (84) écoliers (CM1 et CM2), 16 enseignants et trente-cinq (35) parents d’élève. Les résultats de cette recherche révèlent que la majorité des élèves enquêtés soulignent que l’absence de châtiment corporel favorise la réussite scolaire. Car, les établissements pratiquant le moins ce type de punition ont les meilleurs résultats académiques ; même s’il n’est pas exclu que d’autres facteurs positifs expliquent les taux de succès enregistrés dans ces établissements. De ce fait, le recours aux différentes pratiques de motivation sans châtiments corporels dans les établissements scolaires améliorerait donc la réussite scolaire des écoliers au Bénin. Toutefois, les résultats révèlent également qu’un, « usage modéré des punitions corporelles » conduirait aussi à un accroissement de la réussite scolaire. Ceci pose donc la question de la pertinence et de l’efficacité de l’usage des punitions corporelles sur la qualité du rendement intellectuel et humain des apprenants.&#13;
Mots clés : Pratiques de motivation - châtiment corporel - réussite scolaire - écoliers.</text>
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        <name>Développement de l'éducation</name>
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        <name>Éducation</name>
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        <name>Établissement privé</name>
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                    <text>Planification
Université
Thomas SANKARA
**********
Institut de Formation Ouverte à
Distance
**********
12 BP 417 Ouaga 12
Tél : 63 28 28 74
Site : http://ifoad-uo2.net

Burkina Faso
********
Unité-Progrès- Justice

Master en Planification et Gestion des Structures Educatives
(MPGSE)
Mémoire présenté en vue de l’obtention du diplôme de Master en
Planification et Gestion des Structures Educatives
Option : Planification de l’éducation

Sujet :
Perception des acteurs sur la planification du
développement de l’éducation au secondaire dans la
région du Sud-Ouest du Burkina Faso.

Présenté par :
DABIRE Namwinyan

Sous la direction de :
Pr Issa MOUMOULA
Sous la Co-direction de :
Dr Bapindié OUATTARA

�Dédicace
À mon père et à ma mère
À mes frères et sœurs
À mon épouse
À mes enfants

I

�Remerciements :
La formule, si elle manque d’originalité, n’en demeure pas moins sincère
Le présent mémoire n’aurait pas pu voir le jour sans le soutien et l’accompagnement
directs et indirects de bien de personnes. À tous et à toutes, je voudrais dire grandement merci.
Tout particulièrement je voudrais exprimer ma gratitude au Pr. Issa MOUMOULA et
au Dr. Bapindié OUATTARA, respectivement Directeur et Co-directeur de ce Mémoire pour
la qualité de leur encadrement ainsi que la rigueur avec laquelle ils ont dirigé notre travail de
recherche.
Je tiens également à remercier toute l’équipe des formateurs et administrateurs de
l’Institut de Formation Ouverte A Distance, pour leurs conseils et disponibilité tout le long des
cours et de l’élaboration du mémoire.
Je remercie tous les étudiants de cette première promotion de l’IFOAD en Planification
et Gestion des Structures Educatives (MPGSE) 2018-2020 pour tous les apprentissages et
échanges enrichissants dont nous avons bénéficié au cours de ce compagnonnage.
Je dis merci, particulièrement à tous les agents des services déconcentrés de
l’enseignement secondaire et des services décentralisés qui ont bien voulu participer à la
recherche et auprès de qui nous avons beaucoup appris.
Merci grandement à mon épouse et à mes enfants pour tout le soutien tout au long des
études et de l’écriture de ce mémoire.

II

�Résumé
Le présent travail de recherche s’est intéressé aux pratiques de planification de
l’éducation en vue d’atteindre les objectifs de la qualité en éducation. Précisément il a été
question d’investiguer les perceptions et les pratiques des agents administratifs dans leurs
missions de planification des actions de l’éducation. Elle a impliqué soixante-huit (68) services
des structures éducatives de l’Enseignement secondaire de la région du Sud-Ouest du Burkina
Faso, certains partenaires sociaux tels que les syndicats et bureaux des Associations des Parents
d’Elèves, et aussi certains services en charge de l’éducation des collectivités territoriales
(Conseil Régional et Conseils Municipaux). Les enquêtes menées au travers d’instruments tant
quantitatif que qualitatif de collecte de données révèlent une perception des concepts
d’éducation de qualité et de planification de l’éducation à tendance interprétative et une
tendance traditionnelle intuitive et informelle de la pratique de la planification. Pour l’atteinte
de la qualité en éducation, la formation des agents en planification est nécessaire.
Mots clés : planification en éducation, qualité en éducation, planification stratégique.

III

�Abstract
The present research work targets quality education; specifically it examines the
understanding of the concepts of educational planning and quality education, on the one hand;
on the other, it explores the practices related to education planning by school administrators
in the South-West region of Burkina Faso. The research involves sixty-eight (68) services within
the regional, provincial and school level boards. Some Trade Union boards members and some
Parents’ and Teachers’ Associations boards’ members also participate in the study. The data
and information are collected based on both quantitative and qualitative research instruments.
Analyses of planning documents and interviews supplement the administration of
questionnaires in collecting the data and gathering information. The results reveal that the
people involved in the study have a rather interpretative perception of the concepts of quality
education and education planning. The outcomes also indicate that the people involved in the
research indulge in a dominantly traditional and informal educational planning.To address
those shortcomings and attain quality education, it is suggested that educational workers
should be trained to educational planning.
Key words: educational planning, quality education, strategic planning.

IV

�Table des matières

Table des matières
Dédicace ...................................................................................................................................... I
Remerciements : ......................................................................................................................... II
Résumé ..................................................................................................................................... III
Introduction ................................................................................................................................ 1
Chapitre I : Problématique.......................................................................................................... 3
I.1. Contexte. .......................................................................................................................... 3
I.1.1 : Politiques éducatives : attentes et résultats au niveau international ......................... 3
I.1.2.1 : Objectifs éducatifs dans les documents généraux. ................................................ 5
I.1.2.2 : Politiques sous-sectorielles dans l’enseignement secondaire. ............................... 6
I-2 : Problématique de recherche .......................................................................................... 17
I.2.1 : Problème de recherche ........................................................................................... 17
I-2-2 : Questions de recherche .......................................................................................... 17
I.2.3 : Hypothèses de recherches ...................................................................................... 17
I.3 : Objectifs de la présente recherche................................................................................. 18
I.4 : Cadre théorique de la présente recherche. ..................................................................... 19
I.4.1. Théorie positiviste de la planification. .................................................................... 19
I.4.2. Théories interprétatives de la planification. ............................................................ 21
Chapitre II : Revue de la littérature .......................................................................................... 25
II.1. Qualité de l’éducation ................................................................................................... 25
II.1.1 : Définition de la qualité ......................................................................................... 25
II.1.2: Définitions de l’éducation ...................................................................................... 27
II.1.3 : Définition de la qualité de l’éducation .................................................................. 27
II.1.4 : Les déterminants de la qualité en éducation ......................................................... 29
II.1.5 : Les mesures de la qualité en éducation ................................................................. 33
II.1.6 : Les concepts similaires de la qualité de l’éducation. ............................................ 34
II.2 : le pilotage..................................................................................................................... 36
II.2.1 : Définition .............................................................................................................. 36
I.2.2 : Les étapes du pilotage ............................................................................................ 37
II.3 : La planification en éducation ....................................................................................... 38
II.3.1 : La planification de l’éducation : historique .......................................................... 38
II.3.2 : La planification : définitions ................................................................................. 39
II.3.3 : Les principes de la planification stratégique ......................................................... 41
II.3.4 : La planification de l’éducation : approches méthodologiques/opératoires. .......... 41
II.3.5 : les outils de la planification .................................................................................. 46
II.3.6 : Les déterminants de la planification en éducation ................................................ 47
V

�II.3.7 : Les avantages de la planification en éducation ..................................................... 49
II.3.8 : Les limites de la planification en éducation. ......................................................... 50
II.3.9 : Les difficultés de la planification en éducation. ................................................... 51
Chapitre III : Méthodologie de la recherche ............................................................................. 53
III.1. Méthode de collecte des données ................................................................................ 53
III.2. Instruments de collecte de données ............................................................................. 53
III.3. Le champ de la recherche ............................................................................................ 54
III4. La population cible ....................................................................................................... 54
III.5. L’échantillonnage. ....................................................................................................... 55
III.6. La validation et l’administration des outils ................................................................. 56
III.7. La méthode de traitement des données recueillies ...................................................... 56
Chapitre IV : Présentation des Résultats .................................................................................. 57
IV.1 : Présentation, analyse et interprétation des résultats ................................................... 57
IV.1.1 : La perception de la planification et de la qualité de l’éducation ......................... 57
IV.1.2 : les pratiques en planification de l’éducation ....................................................... 58
IV.2 : Infirmation ou confirmation des hypothèses .............................................................. 60
Chapitre V : Discussions, implications, suggestions ................................................................ 62
V.1 : Discussions .................................................................................................................. 62
V.1.1 : Discussions sous l’angle positiviste. .................................................................... 62
V.1.2 : Discussions sous l’angle interprétativiste ............................................................. 63
V.2 : Implications ................................................................................................................. 63
V. 3 : Suggestions ................................................................................................................. 64
V.3.1 : À l’endroit des décideurs politiques et administratifs .......................................... 64
V.3.2 : À l’endroit des autorités pédagogiques................................................................. 65
V.3.3 : À l’endroit des partenaires sociaux....................................................................... 65
V.3.5 : À l’endroit des partenaires techniques et financiers. ............................................ 66
Conclusion ................................................................................................................................ 67

VI

�Abréviations et acronymes
APE :

Association des parents d’élèves

API :

Approche pédagogique intégratrice

BAC :

Baccalauréat

BEPC :

Brevet d’études du premier cycle

CAET :

Certificat d’aptitude à l’enseignement technique

CAGES :

Conseil d’administration et de gestion

CAP-CEG : Certificat d’aptitude professionnelle-Collège d’enseignement général
CAPES :

Certificat d’aptitude professionnelle de l’enseignement secondaire

CAPET :

Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique

CAST :

Compte d’affectation spécial du trésor

CBMT :

Cadre budgétaire à moyen terme

CEB :

Circonscription d’éducation de base

CEEP :

Centre d’éveil et d’éducation préscolaire

CGCT :

Code général des collectivités territoriales

CONFEMEN : Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernement de la
Francophonie
COGES :

Comité de gestion

DPEPS :

Direction Provinciale des Enseignements Post-primaire et Secondaire

DREPS :

Direction Régionale des Enseignements Post-primaire et Secondaire

EDS-MICS : Enquête démographique et de santé et à indicateurs multiples
EFTP :

Enseignement et formation techniques et professionnels

ESTP :

Enseignement Secondaire Technique et Professionnel

EICVM :

Enquête intégrale sur les conditions de vie des ménages

ENAM :

École nationale d’administration et de magistrature

ENEP :

École nationale des enseignants du primaire

ENF :

Éducation non formelle

ENSK :

École normale supérieure de Koudougou

ESG :

Enseignement secondaire général

ESTP :

Enseignement secondaire technique et professionnel

FOAD :

Formation ouverte et à distance

IES :

Inspecteur de l’enseignement secondaire

MENAPLN : Ministère de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des
VII

�langues nationales.
MESRSI : Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de
l’innovation
MESSRS : Ministère des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique
MJPEE :

Ministère de la jeunesse, de la Promotion de l’entreprenariat et de l’emploi

ODD :

Objectifs du développement durable

ONG :

Organisation non gouvernementale

PASEC :

Programme d’analyse du système éducatif de la CONFEMEN

PCD :

Plan communal de développement

PDSEB :

Programme de développement stratégique de l’éducation de base

PIB :

Produit intérieur brut

PNADES :

Plan national d’action de développement de l’enseignement supérieur

PNDES :

Plan national de développement économique et social

PN-EFTP :

Politique nationale d’enseignement et de formation techniques et professionnels

PRD :

Plan régional de développement

PSEF :

Plan sectoriel de l’éducation et de la formation

PTF :

Partenaire technique et financier

RESEN :

Rapport d’État du système éducatif national

RGPH :

Recensement Général de la Population et de l’Habitat

SEP :

Service des Etudes et de la Planification

SVT :

Sciences de la vie et de la terre

TBA :

Taux brut d’admission

TBS :

Taux brut de scolarisation

TIC :

Technologies de l’information et de la communication

UNESCO :

Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture

UNICEF :

Fonds des nations unies pour l’enfance.

VIII

�Liste des tables
Tableau 1 : Qualifications professionnelles des personnels enseignants (2019-2020) ............. 11
Tableau 2 : ratio élèves-classe au secondaire en 2019-2020 .................................................... 12
Tableau 3 : Situation des séries dans le Sud-Ouest en l’année scolaire 2019-2020 ................. 12
Tableau 4 : Situation des laboratoires fonctionnels dans le Sud-Ouest en 2019-2020 ............. 13
Tableau 5 : situation des salles d’informatique dans la région en l’année scolaire 2019-2020 13
Tableau 6 : Les Flux au Secondaire en 2019-2020................................................................... 14
Tableau 7 : Taux d’Achèvement en classe de Terminale en 2017-2018 .................................. 15
Tableau 8 : Résultats au baccalauréat selon le sexe ................................................................. 15
Table 9 ................................................................................................ Erreur ! Signet non défini.
Table 10 : Existence de documents de politiques générales ..................................................... 59

IX

�Liste des figures
Figure 1 : perception de la qualité dans l'enseignement supérieur ........................................... 26
Figure 2 : les dimensions de la qualité en éducation et leurs relations ..................................... 30
Figure 3: Modèle général de pilotage ....................................................................................... 37
Figure 4 : différences entre planification traditionnelle et planification stratégique ............... 40
Figure 5 : Questions stratégiques essentielles et activités de planification correspondantes ... 45

X

�Introduction
Le développement économique et social des États et des communautés a été, et demeure une
préoccupation majeure qui mobilise autant les décideurs politiques que les chercheurs. À cet
effet, les chercheurs en sciences de l’éducation, de gestion et de bien d’autres domaines de
recherches font de la contribution de l’éducation à l’atteinte des objectifs de développement
économique, social et culturel une des interrogations majeures de recherche. À ce sujet, les
enjeux qui se posent sont non seulement d’ordre quantitatif, mais aussi, et surtout, en termes de
qualité. À mi-parcours de la mise en œuvre des recommandations du Forum de Dakar pour
l’Éducation Pour Tous (EPT) 2000-2015, le Rapport UNESCO,(2008,p.4), souligne que quand
bien même une amélioration de l’éducation serait perceptible, beaucoup resterait à faire, comme
mentionné : « Un nombre croissant d’évaluations internationales, régionales et nationales font
état de résultats d’apprentissage insuffisants et inégaux, montrant combien la mauvaise qualité
de l’éducation compromet la réalisation de l’EPT. » . Par ailleurs, à la suite du Forum de Dakar
de 2000, les Objectifs du Développement Durable (ODD) 2015-2030 formulés lors de la
Conférence des Nations Unies tenue à Incheon en septembre 2015, en son Axe 4, est
d’ « assurer l’accès pour tous à une éducation inclusive et de qualité et à promouvoir les
possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». Aussi, le cheval de bataille de la
Conférence des ministres des États et gouvernements membres de la Francophonie
(CONFEMEN) depuis 1991 demeure-t-il la qualité des systèmes éducatifs ? Au travers du
Programme d’Analyse et d’Évaluation des Systèmes Éducatifs des pays membres de la
CONFEMEN (PASEC), la CONFEMEN examine les politiques éducatives des pays membres
en ses aspects dits facteurs essentiels tels que la pédagogie, l’environnement scolaire et
extrascolaire et les réformes curriculaires.
Au Burkina Faso, le Rapport d’État du Système Éducatif National (RESEN,2006) pointe
du doigt la qualité du système en ses aspects de pilotage, contenus curriculaires, conditions
internes et surtout externes d’apprentissage (nutrition, pédagogie, etc.). Les différents constats
et préoccupations susmentionnés suscitent en nous des interrogations au sujet des pratiques
notamment de planification au sein des institutions en charge des actions éducationnelles par
les acteurs. A cet effet, nous avons décidé de mener le présent travail de recherche sur la
question de la planification du développement tant quantitatif, mais surtout qualitatif de
l’éducation à travers le sujet « Perception des acteurs sur la planification du développement de
l’éducation au secondaire dans la région du Sud-Ouest du Burkina ». Ce faisant, nous explorons
les perceptions et les pratiques pour mieux comprendre les difficultés qui jalonnent le chemin
1

�de la recherche de la qualité en éducation d’une part. D’autre part, il est question de proposer
une démarche à même de résorber sinon de résoudre lesdites difficultés pour parvenir à des
actions éducatives satisfaisantes.
Pour ce faire, la présente recherche qui se veut exploratoire, se déroule en deux temps :
une phase théorique et une autre pratique. La phase théorique consiste d’abord à analyser la
situation actuelle du sous-secteur Enseignement secondaire général et technique du Burkina
Faso avec le Sud-Ouest mis en perspective. Elle est ensuite le lieu de l’exploration des bases
théoriques, conceptuelles et méthodologiques de la planification en éducation. Enfin, elle
s’attèle à présenter certains travaux scientifiques d’auteurs sur la planification en éducation.
Quant à la partie pratique, elle s’articule autour d’une étude de terrain sur les pratiques de
planification stratégique et opérationnelle dans des structures éducatives et scolaires dans la
région du Sud-Ouest du Burkina. C’est dans cette partie que les données recueillies sont
analysées et interprétées et des pistes de solutions sont proposées.

2

�Chapitre I : Problématique
Cette partie aborde les politiques éducatives et des observations y afférentes. Il est aussi
question de la problématique de la recherche, des motivations, des objectifs, des questions, des
hypothèses et des limites de la recherche.
I.1. Contexte
Un certain nombre de diagnostics qui permettent de comprendre les défis du secteur de
l’éducation ont été faits. Nous faisons ici un examen des politiques éducatives récentes et des
évaluations qui en ont été faites par des instances supranationales, mais aussi au niveau interne.
I.1.1 : Politiques éducatives : attentes et résultats au niveau international
Nous abordons ici les politiques éducatives adoptées au niveau international et sous
régional et qui ont certainement inspiré celles nationales au Burkina Faso. Un certain nombre
de politiques éducatives sont adoptées par l’Organisation des Nations Unies pour la Science et
la Culture (UNESCO) au niveau international et par la Conférence des Ministres des pays ayant
le français en partage (CONFEMEN) au niveau sous régional. Les rapports issus des
évaluations périodiques nous permettent de comprendre les enjeux de l’éducation. À ces
rapports, s’ajoutent les publications issues de recherches et d’études.
Déjà, la Conférence mondiale sur l’éducation tenue à Jomtien en Thaïlande en 1990 et
le Forum Mondial de Dakar (Sénégal) en 2000, qui appelaient à l’Éducation pour tous (EPT) et
qui mettaient l’accent sur la scolarisation universelle au primaire, ont aussi insisté sur la qualité
de l’éducation. (EPT 2000, objectif 6) ; cependant, dans un Rapport sur l’EPT établi en 2008
par une équipe d’experts de l’UNESCO, il ressort que, quand bien même une amélioration de
l’éducation est perceptible en termes de scolarisation (augmentation de 36% des effectifs en
Afrique subsaharienne et 22% en Asie du Sud et de l’Ouest), beaucoup resterait à faire au niveau
de la qualité.
Quant aux Objectifs pour le Développement Durable (ODD) 2015-2030, ils
mentionnent en l’axe 4 d’ « assurer l’accès pour tous à une éducation inclusive et de qualité
et à promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. », au regard des
changements rapides qui s’opèrent dans le monde du travail en lien notamment avec
l’avènement des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). Au cible ODD
4.1, il est prévu « D’ici à 2030, faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons suivent,
sur un pied d’égalité, un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de
qualité, qui débouche sur un apprentissage véritablement utile. » Cependant, ici encore, le
3

�rapport UNESCO, (2018) sur les ODD indique ceci « Afin d’atteindre l’objectif d’achèvement
universel de l’enseignement secondaire d’ici à 2030, tous les enfants doivent être entrés dans
le cycle primaire d’ici à 2018. Or, le taux d’admission dans les pays à faible revenu s’établissait
à 73 % en 2016. »
Pour ce qui concerne spécifiquement l’Enseignement secondaire, Hallak (2000, p.6)
indiquait qu’avec l’universalisation de l’éducation de base, « Le secondaire [est] à la recherche
d’une identité ». Et que « La vieille question de la finalité de l’enseignement secondaire
(terminal, ou préparatoire au supérieur) est plus que jamais d’actualité. ». Dans la même veine
le rapport Mastercard Foundation, (2019) intitulé « Éducation secondaire en Afrique : Préparer
les jeunes pour l’avenir du travail de demain » indique que l'heure est venue de repenser les
systèmes d'enseignement secondaire pour garantir aux jeunes Africains les compétences et les
connaissances nécessaires à leur réussite sur le marché du travail.
Parlant du niveau de la scolarisation, Suchaut, (2002, p.1), constate qu’en termes de
durée moyenne de scolarisation, l’Afrique francophone dont fait partie le Burkina Faso serait à
moins de cinq (05) années comparée à l’Afrique anglophone avec plus de 7.5 années et aux
pays d’Asie avec plus de 8 années. Cela indique un niveau de scolarisation loin du premier
cycle du secondaire, à plus forte raison le second cycle considéré comme un niveau essentiel
dans l’acquisition des compétences transférables (Rapport UNESCO 2013/2014 sur l’EPT,
p.65).
Au niveau international, les constats de certains acteurs majeurs de la communauté
éducative sur l’évolution de l’éducation et de la formation dans le monde tels que présentés cidessus, quoique loin d’être exhaustifs, indiquent une satisfaction modérée de ces acteurs sur les
résultats atteints, surtout en matière de qualité. À présent, examinons la situation du secteur de
l’éducation au Burkina Faso
I.1.2 : Politiques éducatives au Burkina Faso
Les attentes en matière de gouvernance et de résultats dans le secteur de l’éducation sont
mentionnées dans les documents de planification du développement économique et social du
pays, en l’occurrence le Plan National de Développement Économique et Social (PNDES 20162020) et les plans locaux (régionaux et communaux) de développement (PRD et PCD). Les
différentes politiques sous-sectorielles de l’éducation et de la formation contiennent aussi des
indications relatives à ces attentes. Ce sont la Politique sous-sectorielle du Ministère des
Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique (2010-2025), la Politique
Nationale de l’Enseignement et Formation techniques et professionnelles (PN-EFTP, 20082025) et le Plan sectoriel de l’Éducation et de la Formation (PSEF, 2017-2030). Nous notons,
4

�au passage, l’existence de documents de pilotage tels que les annuaires nationaux et régionaux
et leurs sous-produits (tableaux de bord, dépliants et cartes éducatives et scolaires) quoique de
parutions tardives et irrégulières, mais dont les contenus ont éclairé nos recherches sur la
situation de l’éducation.
I.1.2.1 : Objectifs éducatifs dans les documents généraux
Les documents de base de l’analyse sont le Rapport des résultats préliminaires du
Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) 2019, le Plan National de
Développement Économique et Social (PNDES 2016-2020) et le Plan Régional de
Développement (PRD, 2019-2023) du Sud-Ouest.
Aux termes du rapport provisoire du RPGH 2019, la situation démographique au
Burkina Faso est marquée par les constats suivants : plus de 77,9% de la population à moins de
35 ans ; les enfants de 0 à 04 ans représenteraient 16,2% de la population totale et la proportion
de la population active (15-64 ans) représente 51,3%. Ce recensement indique aussi que la
population reste majoritairement féminine et rurale, soit respectivement 51,7% et 73,7%. Tout
ceci indique des besoins importants en termes de demande d’éducation et de formation, mais
aussi en termes de répartition juste des investissements en ressources matérielles, financières et
humaines selon le genre et entre zones rurales et urbaines. Nous notons surtout, la part
importante de la frange de la population active dont ceux de l’âge compris entre 16 à 19 ans,
tranche de l’âge officiel1 correspondant au niveau d’éducation de l’Enseignement secondaire.
Le diagnostic de la situation socio-économique du Burkina Faso tel que fait dans le Plan
National de Développement Économique et Social (PNDES) 2016-2020) mentionnait déjà une
dynamique sociale peu évolutive et marquée par des inégalités sociales persistantes, un système
productif peu évolutif et à faibles effets de création d’emplois décents, des gouvernances
politique, administrative, économique et locale peu performantes, un capital humain insuffisant
et peu adapté aux besoins du système productif national. Il apparait aussi, aux termes du PNDES
(2016-2020) que le pays fait face à des défis majeurs à relever pour assurer la transformation
structurelle de l’économie.
Pour parvenir à une transformation structurelle de l’économie, l’État burkinabè compte
procéder, entre autres, à une « […] réforme du secteur éducatif pour l’adapter aux besoins de
cette transformation […] » (p.31). Ainsi, en l’axe 2 du PNDES, (2016-2020, p.40) consacré au
développement du capital humain, il est prévu en l’objectif stratégique 2 : d’ « accroître l'offre

1

Décret n° 2009-228/PRES/PM/MASSN/MEBA/MESSRS portant fixation des âges d’entrée au
préscolaire, au primaire, au post-primaire, au secondaire et au supérieur du 20 avril 2009.

5

�et améliorer la qualité de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la formation, en
adéquation avec les besoins de transformation de l'économie. ». Spécifiquement, il s’agit
« d'accroître le taux brut de scolarisation au préscolaire de 3,9% en 2015 à 7,6% en 2020, le
taux d'achèvement au primaire de 58,5% en 2015 à 75,6% en 2020, le taux d'achèvement au
post-primaire de 24,2% en 2015 à 38,2% en 2020, d'assurer la parité au primaire, au postprimaire et au secondaire dès 2018, selon l'indice de parité du Taux brut d'admission (TBA) et
d'en finir avec les écoles sous paillotes. » p.41.
Le plan régional du développement du Sud-Ouest (2019-2023) vise en son axe 2,
objectif stratégique 1, à’ « améliorer l’accès à l’éducation pour tous » à tous les niveaux
d’éducation.
Nous notons au passage que les cibles du PNDES (2016-2020) telles que prévues au
primaire et au post-primaire sont en deçà de la scolarisation universelle telle que préconisée par
l’UNESCO2 pour l’Enseignement de base et pour l’Enseignement secondaire. Par ailleurs les
objectifs du PRD du Sud-Ouest ne portent que sur l’amélioration de l’accès à l’éducation
préscolaire, primaire, post-primaire, secondaire et à l’université et sont sans cibles précises.
I.1.2.2 : Politiques sous-sectorielles dans l’enseignement secondaire
Le développement socio-économique et culturel a besoin d’un capital humain sans cesse
valorisé, ce qui passe par le développement tant quantitatif que qualitatif de l’éducation à tous
les niveaux, dont l’Enseignement secondaire en particulier. Qu’en disent les politiques soussectorielles de l’éducation ? Nous présentons dans ce qui suit la situation de l’ensemble du pays
tout en mettant en perspective le cas du Sud-Ouest en vertu du fait que cette région a servi de
terrain d’investigation pour la mise en œuvre du cadre pratique de la présente recherche.
À l’instar des autres nations du monde, le Burkina Faso perçoit l’éducation comme le
moteur de son développement économique et social. En témoigne un certain nombre de
rencontres et de documents élaborés à cet effet et dont les plus récentes sont les États généraux
sur l’éducation de 1996, les Assises nationales de l’éducation tenues en 2000, la loi
d’orientation de l’éducation (2007) et les récentes réformes qui s’ensuivent notamment la mise
en place des différentes politiques sous-sectorielles de l’éducation et de la formation ci-après :


Au compte de l’Enseignement de Base : le Plan Décennal pour le
Développement de l’Éducation de Base (PDDEB) 2001-2010, le Programme
de Développement Stratégique de l’Éducation de Base (PDSEB) 2010-2020 ;

2

ODD 4.1 : Cette cible est de 100% au primaire en 2018 en vue d’atteindre la cible de 100% au
secondaire en 2030.

6

�

Au compte de l’Enseignement secondaire : la Politique Sous-sectorielle des
Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique 20102025, la Politique Nationale d’Enseignement et de Formation technique et
professionnel (PN-EFTP) 2008-2025 ;



Pour

l’Enseignement

supérieur,

le

Plan

National

d’Action

de

Développement de l'Enseignement Supérieur (PNADES) 2014-2023.


Le Plan Sectoriel de l’Éducation et de la formation (PSEF) 2017-2030, quant
à lui, est à ce jour le document de politique holistique de tout le secteur de
l’éducation et de la formation.
Dans le cadre du présent travail, l’analyse s’est basée sur les politiques sous-

sectorielles de l’enseignement secondaire qui englobe l’enseignement secondaire
général et l’enseignement secondaire technique et professionnel. Ces documents de
politiques éducatives sont la Politique sous sectorielle des Enseignements secondaire,
supérieur et de la recherche (2010-2025), la Politique nationale d’Enseignement et de
Formation technique et professionnel (PN-EFTP 2008-2025) et le Plan Sectoriel de
l’Éducation et de la Formation (2017-2030).
I.1.2.2.1 : Politiques éducatives dans l’Enseignement secondaire général
Ce sous-point aborde les objectifs éducatifs, quelques observations sur les rendements
internes, le financement et les programmes d’enseignement.
❖ Objectifs éducatifs
Au niveau national et selon la politique sous-sectorielle des Enseignements secondaire,
supérieur et de la Recherche scientifique (2010-2025, p. 2), la lettre de politique éducative de
2008 précise que l’enseignement secondaire « doit constituer un niveau d'éducation autonome,
se suffisant à lui-même, tout en préparant les élèves qui le souhaitent et le peuvent à poursuivre
leurs études dans l'enseignement supérieur ou à entamer une formation professionnelle
spécialisée. ».
Le Plan Sectoriel de l’Education et de la Formation (PSEF 2017-2030) vise
l’« accroissement de l’offre éducative et l’amélioration de la qualité de l’éducation, de
l’enseignement supérieur et de la formation, en adéquation avec les besoins de transformation
de l’économie. » Spécifiquement, concernant l’Enseignement secondaire, il est indiqué dans le
PSEF (idem) que « le taux brut de scolarisation passera de 12,8% en 2014/2015 à 21,5% en
2029/2030. Le pourcentage d’élèves de l’enseignement et la formation technique et
professionnel quant à lui passera de 3,4% en 2014/2015 à 16% en 2029/2030 ».
7

�La vision du PSEF est de faire du secteur de l’éducation et de la formation « un système
éducatif démocratique, performant, inclusif et ouvert sur le monde, développant les
compétences et l’expertise nécessaires et suffisantes pour le développement socioéconomique
du Burkina Faso ». Pour cela trois programmes stratégiques correspondants ont été
élaborés dont les programmes II et III portent respectivement sur la qualité de l’éducation et de
la formation et le pilotage et soutien au secteur de l’éducation et de la formation.
❖

Rendements scolaires
Les performances scolaires dans le secondaire sont globalement insatisfaisantes. Selon

le PSEF (2017-2030, p.31), l’Enquête démographique et de santé et à indicateurs multiples
(EDS-MICS) 2010 montre qu’après avoir achevé le primaire, une bonne proportion d’adultes
ne sait toujours pas lire. Ces personnes sont près de 55,4% (soit 46% dans la population
masculine et 62% dans la population féminine) à être dans cette situation. Au regard de ces
indicateurs, la poursuite de la scolarité au secondaire, augmenterait les chances d’une
alphabétisation réussie et permettrait l’acquisition de compétences transférables (UNESCO,
2013/4). Cependant les rendements scolaires dans ce sous cycle restent insatisfaisant. (Cf.
tableau 6, 7 et 8
❖

Financement de l’enseignement secondaire général
L’éducation en général bénéficie de financements de plus en plus croissants. On note

une augmentation annuelle de 12, 1% sur la décennie 1996-2006, selon Kamano et al. (2010,
pp. xvi et xvii). Cependant, ces budgets restent en deçà des besoins pour l’atteinte d’une
éducation de qualité. Comme le constatent Kamano et al. (Op.cit.) en matière d’efforts
budgétaires : « […] le Burkina reste nettement en dessous de la moyenne des pays d’Afrique
subsaharienne qui est de l’ordre de 4% et encore très loin de l’objectif de 6% que fixe
l’UNESCO […] ». Quant aux dépenses familiales d’éducation au niveau national, elles étaient
estimées à « environ 43,5 milliards de FCFA, soit 33% des dépenses courantes totales
(publiques et privée), en 2006. » Ce taux reste élevé ce qui pourrait freiner la scolarité
universelle, selon le RESEN 2006. Parlant de la répartition des dépenses d’éducation, Kamano,
et al. (2010 p. xix) indique que « le Burkina est parmi les pays les moins équitables en termes
de distribution des ressources nationales. » et que « 10 % des plus éduqués consomment 50 %
des ressources publiques pour l’éducation alors que ces mêmes individus ne consomment
respectivement que 44 % et 33 % dans les pays francophones et anglophones d’Afrique. »
Toujours au sujet du financement de l’éducation, le document de politique soussectorielle des Enseignements secondaire et supérieur (2010-2025) relève la faiblesse des
ressource financières, obligeant le pays à recourir aux prêts et dons et comme mentionné, « Le
8

�budget consacré à l’éducation […] reste en-deçà des 20% au moins prescrit dans le cadre
indicatif de l’Initiative Fast track (FTI) suggérée aux États africains qui connaissent un retard
de développement de leur système éducatif […]. »
Toujours selon ce document de politique sous-sectorielle, la proportion du PIB consacré
au secteur de l’éducation en 2008 était de 3,1% alors que selon la recommandation 5.9 du Cadre
d’action pour l’Afrique subsaharienne issue du Forum sur l’éducation ténu à Johannesburg en
Afrique du Sud en 1999, cette proportion devait être de 7% pour le moyen terme et de 9% pour
le long terme.
Au Burkina Faso, l’enseignement secondaire, spécifiquement, reste un sous cycle
insuffisamment financé. Selon Kamano et al (2010 : xvii), « L’enseignement secondaire
apparaît comme le parent pauvre avec seulement 17,3% des dépenses courantes d’éducation,
la moyenne africaine [étant] de 36%, tandis que l’enseignement supérieur et la recherche
scientifique représentent 22,1% de ces dépenses. » Le coût d’un élève au secondaire
représenterait 62,5% du PIB par habitant alors que la moyenne sous régionale est à 58,1%.
❖

Programmes d’enseignement
Le diagnostic établi par le Rapport d’état du système éducatif national (RESEN) 2016,

et repris dans le Plan sectoriel de l’éducation et de la formation (PSEF 2017-2030, p.12),
indique que l’Enseignement secondaire est « […] insuffisamment pris en compte dans le système
éducatif et très orienté vers les matières littéraires ». Comme indiqué dans la Politique soussectorielle 2010-2025, p.19, « il y a une inadéquation entre la demande et l’offre d’éducation.
La plupart des emplois sont occupés par des individus qui n’ont eu aucune qualification dans
leur domaine d’intervention. L’école semble déconnectée des préoccupations de compétences
professionnelles des agents économiques ».
Ce qui précède indique, entre autres, un enseignement secondaire général sous financé,
aux résultats insuffisants, avec un déséquilibre profond entre séries littéraires et scientifiques.
L’enseignement secondaire, sous-secteur de l’éducation et de la formation, étant à cheval entre
l’Enseignement de base et l’Enseignement supérieur, constitue un secteur assez stratégique. Il
est composé de l’enseignement secondaire général, mais aussi de l’enseignement secondaire
technique et professionnel. Les lignes qui suivent analysent ce segment de l’enseignement
secondaire en termes non seulement de politiques, mais aussi de résultats.

9

�I.1.2.2.2 : Politiques éducatives dans l’Enseignement Secondaire Technique et
Professionnel (ESTP)
L’ESTP est une sous composante de l’Enseignement et Formation Technique et
professionnel (EFTP). Cette sous-partie examine ses objectifs éducatifs, les rendements, les
programmes et le financement.
❖ Objectifs éducatifs
La politique nationale en matière d’enseignement et formation techniques et
professionnels (PN-EFTP) 2008-2025, tire ses fondements de la loi d’orientation de l’éducation
de 2007 en ses articles 2 et 27 (PN-EFTP, p.6). Cette loi d’orientation de l’éducation a pour
finalité de faire du jeune Burkinabé « un citoyen responsable, producteur et créatif. » En lien
avec cette finalité, l’objectif principal de la PN-EFTP est « d’élever le niveau de connaissances
et de compétences de la population active et, plus particulièrement des jeunes, pour favoriser
leur insertion dans les emplois d’aujourd’hui et les métiers porteurs de demain afin de stimuler
la croissance économique et de réduire la pauvreté. ».
❖ Accès à l’ESTP
L’accès à l’enseignement secondaire technique et professionnel reste limité selon la PNEFTP. Le diagnostic fait ressortir par ailleurs, une forte demande en formation dans tous les
secteurs de production de biens et de service, laquelle demande serait plus forte que l’offre (PNEFTP, p.9). En effet, les effectifs de l’ESTP en 2007-2008 étaient de 6,43% de l’effectif total
de l’Enseignement secondaire, soit 25 587 élèves en. Ce diagnostic au niveau qualitatif se
présente comme suit :
❖ Qualification des personnels enseignants
L’enseignement secondaire, technique et professionnel connait des difficultés en termes
de structures adéquates de formation des enseignants et formateurs et même d’utilisation de ces
personnels formés au regard de leurs capacités. A l’image de tout le secteur, le déficit en
encadrement pédagogique et en formations continue est à relever.
❖ Au sujet des curricula
Si les programmes d’enseignement ont connu une relecture en 2010, on note cependant
un déséquilibre entre les spécialités à dominante commerciale (comptabilité, assurance, banque,
secrétariat, finances, marketing, gestion…) et celles industrielles (agro-sylvo-pastoral, génie
civil…), selon la PN-ESTP (2008-2025, p11). On note par ailleurs, une faible implication des
milieux professionnels.
❖ Matériel didactique dans l’EFTP
10

�Examinant le matériel didactique, la PN-EFTP fait le constat d’une inadaptation et d’une
insuffisance du matériel didactique et des équipements.
❖ Financement de l’EFTP
La qualité de l’éducation requiert des efforts de mobilisation financière, mais surtout
une répartition juste de ces fonds en lien avec les priorités établies. Le diagnostic posé à ce
sujet, dans la PN-EFTP (2008-2025, p.13) relève des difficultés de mobilisation de fonds, une
insuffisance de fonds alloué et partant, des difficultés de gestion comme indiqué : « L’une des
contraintes majeures limitant le développement du sous–secteur de l’EFTP est sans nul doute
l’insuffisance des ressources financières. En effet, les budgets alloués à l’EFTP sont dérisoires
(par exemple 1,8% du budget du MESSRS). Cela limite les possibilités d’investissement et
d’innovation dans les établissements. »
Au sujet des dépenses le diagnostic posé souligne un certain nombre de difficultés
comme suit : une faible absorption des modestes crédits alloués, une prise en compte
insuffisante des besoins spécifique des établissements et des centres de formations, des
politiques de financement ne prenant pas en compte le secteur privé et une sous-évaluation des
coûts réels des différents dispositifs de formation professionnelles. (PN-EFTP, 2008-2025).
❖ Efficacité interne et externe de l’EFTP
Aux termes de la PN-EFTP (2008-2025), les sortants de l’Enseignement et Formations
techniques et professionnels connaitraient les mêmes difficultés de flux que ceux de
l’Enseignement secondaire général (Voir aussi le tableau 6).
Les difficultés dans l’ESTP sont aussi liées à l’insertion socioprofessionnelle des
sortants de ce type d’enseignement, obligeant certains à se rabattre sur certains tests de
recrutement de la Fonction publique comme la santé et l’enseignement primaire. Selon la PNEFTP, des bacheliers de l’ESTP, s’inscrivent dans des filières auxquelles ils n’avaient pas le
profil, à défaut de pouvoir poursuivre leurs études dans les filières professionnalisantes.
Les différents documents de politiques éducatives relèvent un certain nombre de défis
du secteur de l’éducation en termes d’intrants, mais aussi de résultats. Les tableaux ci-dessous
viennent en complément de ce qui précède. Ils présentent les indicateurs de la qualité du
système éducatif du Burkina Faso et au Sud-Ouest pour l’Enseignement secondaire général et
technique et professionnel.
❖ Qualité des intrants dans l’Enseignement secondaire
Tableau 1 : Qualifications professionnelles des personnels enseignants (2019-2020)

11

�Localités

Sexes

Sud-Ouest

Burkina

Capes/Capet/Capeps

Sans qualifications

Total

Nbre.

%*

Nbre.

%

Hommes

325

26,18

205

16,52

1 241

Femmes

50

22,62

54

24,43

221

Total

375

25,65

259

17,71

1 462

Hommes

6523

28,88

7741

34,27

22588

Femmes

1902

31,79

2049

34,25

5983

Total

8425

29,49

9790

34,26

28571

Faso

Source: annuaire statistique national 2019-2020, pp108, 109
*Calculs effectués par l’auteur.
Au regard des données du tableau ci-dessus, la proportion des enseignants détenteurs de
titres professionnels serait bas. Le nombre des enseignants qui sont sans qualifications
professionnelles reste important dans l’enseignement secondaire tant au Sud-Ouest qu’au
Burkina Faso.
Tableau 2 : ratio élèves-classe au secondaire en 2019-2020
Seconde

Première

Terminale

Total

Public

42

46

41

43

Privé

24

25

39

30

39

40

41

40

39

43

48

43

Total

Sud-

Ouest
National

Source : Annuaire statistique national 2019-2020
Le tableau 2 indique des ratios élèves/classe acceptables, ce qui pourrait dénoter des
charges d’encadrement pas trop élevées pour les enseignants, sinon des possibilités importantes
de prises en charge des difficultés d’apprentissage particulières de certains élèves par les
enseignants. Cependant, ces chiffres agrégés, cachent bien de réalités de surpeuplements de
certaines classes entre zones urbaines et rurales, entre public et privé et entre les différents
niveaux, d’un établissement à l’autre.
Tableau 3 : Situation des séries dans le Sud-Ouest en l’année scolaire 2019-2020
Séries A
Bougouriba

09

Série D
8

Séries C
00

Séries

Séries

tertiaires

industrielles

00

00
12

�Ioba

17

17

00

01

00

Noumbiel

05

3

00

00

00

Poni

19

15

00

04

04

Sud-Ouest

50

43

00

05

04

Burkina Faso

n.d

n.d

n.d

n.d

n.d

Source : DREPS Sud-Ouest/SEP
Le tableau 3 indique la prédominance des séries littéraires sur celles scientifiques,
l’inexistence de la série C et le faible nombre de séries techniques et technologiques dans la
région du Sud-Ouest.
Tableau 4 : Situation des laboratoires fonctionnels dans le Sud-Ouest en 2019-2020
Laboratoires de SVT Laboratoires

de Laboratoire de

Sciences Physiques

biochimie

Bougouriba

00

00

00

Ioba

00

00

00

Noumbiel

00

00

00

Poni

00

00

01

Total Sud-Ouest

00

00

01

Burkina Faso

n.d

n.d

n.d

Source : DREPS-Sud-Ouest/SEP
Le tableau 4 révèle la quasi-inexistence de laboratoires fonctionnels dans la région du
Sud-Ouest région, ce qui indique la prévalence de cours théoriques dans les séries scientifiques.

Tableau 5 : situation des salles d’informatique dans la région en l’année scolaire 2019-2020
Bo
Localités

Salles

Nombre de salles

Nombre de salles

informatiques

informatiques
fonctionnelles

Bougouriba

02

02

Ioba

01

01

Noumbiel

00

00

Poni

06

06
13

�Total Sud-Ouest

09

09

Burkina Faso

n.d

n.d

Sources : DREPS-Sud-Ouest/SEP
Il ressort du tableau 5, l’insuffisance voire la rareté de salles informatiques
fonctionnelles, ce qui dénote un très faible recours à ces supports didactiques et pédagogiques.
❖

Efficacité interne/Qualité du processus dans l’Enseignement secondaire

Tableau 6 : Les Flux au Secondaire en 2019-2020
Seconde
Filles

Bougouriba Tx

Première

Garçons Total

Filles

Terminale

Garçons Total

Filles

Garçons Total

70,2% 65,7%

67,1% 73,8% 74,1%

74,0%

13,0% 20,6%

18,2% 19,2% 20,8%

20,2% 39,3% 36,2%

16,7% 13,7%

14,7% 7,0%

5,7%

82,9% 74,7%

77,4% 84,8% 84,3%

84,5%

7,3%

11,6%

10,1% 15,2% 15,7%

15,5% 45,2% 39,1%

9,9%

13,7%

12,4% 0,0%

0,0%

Prom
Tx

37,3%

Red
Tx

5,0%

Aban

Ioba

Tx
Prom
Tx

41,0%

Red
Tx

0,0%

Aban

Noumbiel

Tx

63,1% 60,9%

61,7% 64,9% 67,6%

66,7%

12,1% 18,3%

16,1% 17,0% 19,7%

18,7% 28,1% 29,1%

24,8% 20,8%

22,2% 18,1% 12,7%

14,6%

73,8% 72,3%

72,9% 82,6% 87,5%

86,0%

16,4% 16,9%

16,7% 17,4% 12,5%

14,0% 33,1% 30,9%

9,9%

10,5% 0,0%

0,0%

Prom
Tx

28,8%

Red
Tx
Aban

Poni

Tx
Prom
Tx

31,6%

Red
Tx

10,8%

0,0%

Aban

Sud-Ouest

Tx

74,8% 70,5%

72,0% 83,0% 84,2%

83,8%

12,5% 16,1%

14,8% 17,0% 15,8%

16,2% 38,4% 34,9%

Prom
Tx

36,0%

Red

14

�Tx

12,8% 13,4%

13,2% 0,0%

0,0%

0,0%

78,3% 77,1%

77,6% 88,8% 89,1%

89,0%

11,2% 11,4%

11,3% 11,2% 10,9%

11,0% 31,5% 29,1%

10,5% 11,5%

11,1% 0,0%

0,0%

Aban

Burkina

Tx

Faso

Prom
Tx

30,1%

Red
Tx

0,0%

Aban
Source annuaire statistique national 2019-2020.

Le tableau 6 indique des taux de redoublement et d’abandon encore élevés. Ceci révèlet-il des difficultés d’apprentissage ? D’utilisation des méthodes et techniques efficaces
d’apprentissage ? De conditions d’études encore drues ? Ces taux élevés de redoublement et
d’abandon/exclusion indiquent des dépenses d’éducation importantes, et des limites en
possibilités de scolarisation.
❖ Résultats dans l’Enseignement secondaire
Tableau 7 : Taux d’Achèvement en classe de Terminale en 2017-2018
Nouveaux inscrits en Tle
Filles

Nbre d’enfts de 18 ans

Tach en %

Garço Ensemb Filles Garço

Ensemb Filles

Garço

Ensemb Parit

n

le

ns

le

le

ns

é
F/G
au
Tach

Bougouri

0,55

11

ba

43

111

259

402

1270

1544

2814

515

752

228
0

2 773

5053

661 117
334

178

888

1 080

1968

1003

3196

3887

7 083

0,7

16 918

0,2

Ioba

237
Noumbiel
Poni

662

1

Sud-ouest
Burkina

,3

14,3

18,6

14,9

10,8

9,0

17,0

14,2

16,7
19,8

13,8
17,5

0,46
10,4
9

66,
11

778
2
33954

16,8

0,52

11

1 553 2335
45 189 79143

Faso

7634 9284
2455 228
6
670

453 226

15,1

0,52

0,61
0,77

Source : annuaire statistique national 2019-2020.

Le tableau 7 fait ressortir de très faibles taux d’achèvement révélant des taux de
déperdition assez élevés et donc une efficacité encore faible du système éducatif.
Tableau 8 : Résultats au baccalauréat selon le sexe

REGION

2018

2019

2020
15

�Filles Garçons Ensemble Filles Garçons Ensemble Filles Garçons Ensemble
SUD-OUEST

46,8

38,2

44,5

36,5

44,4

41,9

45,7

45,6

45,7

BURKINA FASO

42,0

39,2

40,9

35,9

37,5

36,9

38,6

40,3

39,6

Source : DREPS-S-O SEP

Du tableau 9, il ressort un taux de succès encore faible indiquant un système éducatif
encore sélectif au niveau de
Au sujet de la qualité des apprentissages dans l’Enseignement secondaire général, les
études comparatives effectuées par le PASEC, semblent inexistantes alors qu’elles pourraient
éclairer sur les niveaux d’acquisition des connaissances ou des compétences. Par ailleurs, la
qualité de l’éducation a été mesurée au travers d’instruments quantitatifs comme l’Espérance
de Vie Scolaire (EVS). À ce propos, et pour le RESEN (2006, p.38), l’espérance de vie est
passée de 2,9 années en 1993 à 4, 3 années en 2006/07 pour l’enfant burkinabè dans le système
éducatif national, ce qui reste faible. Selon le PSEF (2017-2030, p.31), l’Espérance de Vie
Scolaire (EVS), est passé de 4,5 années en 2006-07 à 5,9 années en 2012-13 pour se limiter à
6,1 an 2013-14.
Le diagnostic établi sur l’Éducation et la Formation en général et sur l’Enseignement
secondaire en particulier montre une évolution des indicateurs d’accès. Cependant, les
indicateurs ci-dessus et les documents de politique sous sectorielles, dans leurs diagnostics,
mettent indiquent des insuffisances au niveau des résultats et mettent en exergue un déséquilibre
entre enseignement général et enseignement technique et professionnel.
C’est donc au regard de ces observations faites sur la qualité de l’éducation que nous
avons voulu investiguer le thème de la qualité de l’éducation sous le sujet intitulé « Planification
et développement de l’éducation au Burkina Faso, cas de l’enseignement secondaire, analyse
des pratiques et suggestions ». Ce qui nous amène à aborder la problématique de la présente
recherche.

16

�I-2 : Problématique de recherche
Toute recherche porte sur un problème identifié qu’il faut résoudre. La problématique
de la présente recherche se décline en problème, questions et hypothèses.
I.2.1 : Problème de recherche
Les insatisfactions exprimées sur la qualité de l’éducation en ses aspects pédagogiques
et administratifs nous conduisent à explorer l’éducation en termes de planification. Ici se pose
la problématique de la qualité de l’éducation en lien avec les perceptions des acteurs et leurs
pratiques. Selon une perspective descriptive, nous explorons les pratiques de planifications
telles qu’elles se présentent sur le terrain au niveau des acteurs administratifs. La question de
recherche est alors de savoir si l’écart entre les objectifs et les résultats tel que le présentent les
différents rapports, entre les pratiques envisagés et les pratiques effectives sont à mettre au
compte de la perception des acteurs et de leurs pratiques et enfin, quelles solutions envisager.
De la problématique de la présente recherche ainsi posée découlent les questions de recherche
suivantes :
I-2-2 : Questions de recherche
A travers le sujet sur la qualité de l’éducation en lien avec les perceptions et les
pratiques de planification par les acteurs administratifs, nous posons les questions spécifiques
suivantes :
❖ Quelle (s) perception (s) les acteurs ont-ils de la planification et de la
qualité de l’éducation ?
❖ Quelles difficultés les acteurs rencontrent-ils dans leurs pratiques de
planification en éducation ?
I.2.3 : Hypothèses de recherches
Les hypothèses de recherche constituent des réponses anticipatives aux questions de
recherches posées, selon Dépelteau (2003). Au regard des questions de recherches posées,
nous proposons les hypothèses suivantes selon la méthode hypothético-déductive de
recherche adoptée :
❖ Les acteurs au niveau local ont une perception vague des concepts de
planification et de qualité en éducation.
❖ Les pratiques en planification en termes de diagnostic, de formulation des
politiques, de mise en œuvre des politiques de suivi-évaluation des politiques et

17

�d’implication des acteurs sont en déphasage avec les objectifs/exigences de la
qualité en éducation.
Tableau 9 : Les questions de recherches et les indicateurs liés aux hypothèses
Questions de recherches

Variables

I. Quelles perceptions les

I.1.Les définitions essentialistes de la planification en

acteurs

éducation

ont-ils

de

la

planification et de la qualité

I.2. Les définitions discursives de la planification en

de l’éducation ?

éducation
I.3.Les définitions à la fois essentialistes et discursives de
la planification de l’éducation
I.4.Les définitions industrielles de la qualité de l’éducation
I.5.Les définitions discursives de la qualité de l’éducation
I.6.Les définitions à la fois substantielles et interprétatives
de la qualité de l’éducation
I.7. Les appréciations du rôle de la planification dans
l’atteinte de la qualité en éducation

II. Quelles difficultés de

II.1. La proportion des acteurs formés en planification ;

planification

II.2. l’Existence/connaissance de documents généraux de

les

rencontrent-ils ?

acteurs

planification (PNDES-2016-2020), Plan Régional de
Développement (PRD)/Plan Communal de développement
(PCD) ;
II.3. L’existence de documents de politiques éducatives
(Politique sous-sectorielle MESSRS (2010-2025), PNEFTP (2008-2025), PSEF (2017-2030 Plans Educatifs
régionaux, provinciaux, Plan d’action, Programmes
d’activités, Cartes Educatives, annuaires locaux) ;
II-4. L’existence de documents de suivis (Rapports
périodiques d’activités et de réunions.).
II.5. Existence de documents de communications (rapports
de rencontres entre acteurs et partenaires de l’éducation)

I.3 : Objectifs de la présente recherche.
L’objectif du présent travail de recherche-appliquée est d’arriver à une description et
une compréhension du fonctionnement des structures administratives scolaires et éducatives en
18

�termes de pratiques de planification stratégique et/ou opérationnelle en vue de l’atteinte des
objectifs quantitatifs, mais surtout qualitatifs de l’éducation. Au travers du mode exploratoire
de recherche, nous poursuivons spécifiquement les objectifs suivants :
➢

Explorer la perception qu’ont les acteurs des concepts « qualité de l’éducation »

et « planification de l’éducation ».
➢

Examiner les pratiques en planification des agents des structures déconcentrées

en vue de déceler d’éventuels obstacles à l’atteinte de la qualité en éducation
Nous pensons aussi que les résultats du présent travail, mené dans le Sud-Ouest du pays,
peuvent donner à comprendre la situation au niveau national, contribuant ainsi à mieux cerner
les obstacles de l’atteinte de la qualité en éducation et à envisager leurs résolutions.
I.4 : Cadre théorique de la présente recherche
Si le développement du capital humain se pose comme un impératif du développement
économique social et culturel, les conditions du développement propre de ce capital font l’objet
d’interprétations diverses. L’insatisfaction concernant la qualité de l’éducation invite à une
planification rigoureuse en termes de diagnostic et de mise en cohérence des objectifs
d’éducation en lien avec les priorités nationales et locales et tenant compte des contraintes
externes. La présente recherche, qui veut examiner les pratiques des acteurs sur le terrain,
explore les fondements théoriques qui sous-tendent les actions de planification pour l’atteinte
de la qualité en éducation. Ces théories en planification sont d’ordre positiviste et interprétatif.
I.4.1. Théorie positiviste de la planification
Sous l’angle de la théorie positiviste, le monde est perçu comme une réalité ontologique
saisissable dans son essence. L’action de l’homme consiste à partir de cette réalité qu’il faut
connaitre comme préalable afin d’éclairer les actions à venir. Un système d’informations et
d’indicateurs permettrait alors de saisir les réalités en vue des transformations à opérer. Trois
variantes de la théorie positiviste de la planification se dégagent à savoir la théorie rationaliste
classique de la planification, la théorie rationaliste incrémentaliste de la planification et la
théorie rationaliste de contingence de la planification.
I.4.1.1. Théorie rationaliste classique
La théorie rationaliste classique de la planification selon Ba (2019 :1) part d’ « […] une
vision de l’homme rationnel capable d’anticiper son avenir et de transformer le monde selon
ses objectifs. » Ba (op.cit.) indique que sous l’angle de théorie rationaliste classique, la
planification est perçue « comme un processus analytique schématisé le plus souvent sous la
19

�forme d’une série d’étapes interreliées. Elle se structure en trois étapes : diagnostic de la
situation de départ, une définition des objectifs, opérationnalisation des objectifs en actions
concrètes. Sa principale visée est d’anticiper et de préparer la réalisation des actions
répondant aux objectifs retenus, en prenant soin de préciser les indicateurs d’évaluation,
l’estimation du coût et l’échéancier de chaque action. » Mais ce processus du rationalisme
classique est perçu comme rigide et trop optimiste, limites que veut corriger le rationalisme
incrémentaliste.
I.4.1.2. Théorie incrémentaliste de la planification.
Pour De Simon (1955), Lindblooom (1959), Quinn (1982), Lustick (1980), Wu (1981),
Camillus (1982) et Pondy (1983) cités par Ba (2019 p. 2), « la rationalité limitée de l’homme »
ne fait pas de lui le « décideur » et « maître de ses actions ». À ce titre, selon Quinn (1982) cité
par Kamuzinzi et al. (2009, p. 5), la planification serait moins un document de plans formels
qu’un « processus itératif marqué par des ajustements continus suivants les aléas de l’action. »
La théorie incrémentaliste de la panification selon Ba (2019, p. 3) « adopte une démarche
consciente, orientée, proactive et pragmatique en permettant d’ajuster les organisations de
façon flexible. » A côté de cette conception de l’action de planification de la théorie
incrémentaliste se pose la théorie de la contingence.
I.4.1.3. Théorie de la contingence
Selon Ba (2019, p.3), la théorie de la contingence en planification de Mintzberg (1990b)
et Hatch (2000), partant des aléas externes qui conditionnent l’action, envisage diverses
modalités d’adaptation des plans en fonction de ces aléas. Les plans sont constamment
réaménagés ou consolidés selon les informations formelles ou informelles permettant les
lectures de la situation.
Les théories positivistes, à savoir le rationalisme classique, l’incrémentalisme et la
théorie de la contingence de la planification voient le monde comme une réalité objective
saisissable par l’homme en vue de la projection de ses actions d’où une nécessité de
planification basée sur les faits, des indicateurs objectifs qui guident les projets. Et comme
l’indique Ba, (2019, p. 3) ces théories « se fondent sur l’idée que la planification est une action
sur une situation externe, préexistante et indépendante du décideur. Somme toute, les trois
théories – rationaliste classique, incrémentalisme et contingence – s’inscrivent dans une
perspective épistémologique positiviste basée sur le caractère ontologique du réel, le fait que
le monde puisse être connu dans son essence. Ce faisant ces théories sont en grande partie

20

�orientées vers la recherche de preuves plutôt que vers la compréhension du sens que les acteurs
donnent à leurs comportements et à ceux des autres parties prenantes. »
Les faits éducatifs, sous l’angle des théories positivistes, sont ainsi objectivés et
présentés en intrants, processus et produits et par des chiffres ou sous forme d’indicateurs de
scolarisation, d’efficacité interne, externe et de financement. Aux côtés de cette interprétation
positiviste du monde se posent celle des théories interprétatives.
I.4.2. Théories interprétatives de la planification.
L’interprétativisme ou encore le constructivisme modéré de Séville et Perret (1999)
selon Ba (2019, p. 4) réfute la primauté de l’objet sur le sujet. Selon Ba, (2019, op.cit.)
« l’épistémologie interprétativiste considère la connaissance comme le résultat d’une
démarche active d’observateurs vis-à-vis du réel. » Selon Kamuzinzi et al., (2009) « …l’action
de planification serait liée à la prise en compte par les décideurs de ce que la complexité du «
réel » est fonction des représentations croisées des différents acteurs y compris celles des
chercheurs et des décideurs. » et que « la préoccupation principale du planificateur est plus
l’explication « neutre ou objective » du phénomène étudié, mais plutôt la compréhension du
sens que les acteurs donnent à la réalité qu’ils produisent et qu’ils vivent. Quatre approches
théoriques de la planification s’inspirent de cette épistémologie interprétativiste : la postrationalisation, le sensemaking-sensegiving, la théorie de la dépendance et la planification
communicative. Et comme le disent Kamuzinzi et al. (2009, p. 9) cité par Ba (2019, p. 4) « la
situation qui fait objet de la planification n’est plus conçu comme un « donné» sur lequel les
planificateurs cherchent à agir, mais comme un « construit » émergeant des interprétations que
les différentes parties prenantes se font des objectifs poursuivis »
I.4.2.1. Approche interprétativiste dite de post-rationalisation
Selon l’approche interprétativiste dite de post-rationalisation de Garfinkel (1967),
Brunnson (1985) et de Starbuck (1983) cités par Ba (2019, p. 5), la mise en place des plans
n’est pas toujours le choix des organisations, qui procèdent par une « légitimation a posteriori
d’un choix arrêté par le gouvernement » (Ba 2019, p.5). Ainsi, selon Ba (op.cit.), « les décideurs
[s’engagent] dans la définition systématique de la situation en ayant déjà une idée claire du
choix sur lequel ils vont aboutir. » et selon Kamuzinzi et al. (2009), le véritable choix précède
et motive la sélection des faits présentés dans la décision formelle.

21

�I.4.2.2. Approche interprétativiste dite « sensemaking-sensegiving »
Le « sensemaking-sensegiving de Weick, (1995) et Laroche (1995) selon Ba (2019)
considère les plans non comme des ‘instruments-guides ‘ mais plutôt comme des
représentations des interprétations ‘évoluant en fonction des situations’ (sensemaking). Ces
interprétations facilitent « la coordination de l’action, son appropriation et sa vulgarisation au
sein des acteurs et partenaires impliqués » selon Gioia et al. (1994) cité par Ba (2019).
I.42.3. Approche interprétativiste de la dépendance
La théorie de la dépendance de Pfeffer et Salanick (2003) cités par Ba (2019) conçoit la
planification non comme ‘une préparation systématique de l’action à l’intention des opérateurs,
mais comme une action ‘stratégique externe et /ou inter-organisationnelle. Les plans ainsi
élaborés servent de support à la demande de ressources auprès d’organismes externes à
l’organisation.
I.4.2.4. Approche interprétativiste communicative
La théorie de la planification communicative encore appelée théorie discursive de la
planification selon Innes (1995), cité par Ba (2019) part du constat de la ‘diversité des acteurs
aux intérêts divergents’. Elle voudrait à cet effet faire l’analyse du sens des discours des acteurs
en situation concrète pour identifier leurs positionnements ‘eu égard aux enjeux de l’action et
des intérêts’. C’est ainsi que la planification se présente comme une ‘construction progressive
de consensus à l’intérieur d’un processus conflictuel (Innes, 1995) et que « Par conséquent la
discussion et l’argumentaire constituent les principaux moyens linguistiques dans le processus
de construction d’un consensus. » Cette théorie de la planification communicative va au-delà
de la théorie du « sensemaking-sensegiving » pour mettre l’accent sur les ‘divergences d’intérêt
et les situations conflictuelles qui en résultent » (Ba 2019, p.7) A ce titre, pour Ba (op.cit.), « La
planification communicative concède aux planificateurs la tâche d’amener les parties
prenantes à trouver un terrain d’entente pour que l’action collective puisse être possible. »

I.4.2.5. Proposition de grille d’analyse des actions de planification
Tableau 10: Grille d’analyse des actions de planification selon les théories y afférentes
Visée
dominante

Variables-clés
Allocutaires
visées

Action attendue
en retour des
allocutaires

Thèse
prédominante
Contexte

Participants
privilégiés à
l’action de
planification

Préoccupatio
n centrale
des
initiateurs de
l’action

22

�Préparation
détaillée des
actions futures

Acteurs des
services
techniques

Appliquer le
plan

Environnement
stable,
organisation
disposant de
ressources
propres

Intégration des
aléas de
l’action

Sommet
stratégique et
centre
opérationnel en
concertation
régulière
Allocutaires qui
varient suivant
les
caractéristiques
de
l’environnement

Adapter leurs
modes d’action
aux aléas de la
situation

Environnement
dynamique

Adapter leurs
modes d’action
aux évolutions
de
l’environnement

4 modalités
d’action sont
théorisées en
fonction des
paramètres de
l’environnement

Équipes de
planification qui
varient suivant les
paramètres de
l’environnement

Légitimation

Acteurs
susceptibles de
contester la
crédibilité du
choix

Considérer le
plan comme
résultant d’un
choix rationnel
et participatif

Contexte
dominé par la
difficulté
d’aboutir à un
consensus

Acteurs
représentant
symboliquement
Les parties
susceptibles
d’exercer la
pression sur la
réalisation de
l’action

Production de
sens et
restitution de
ce sentiment
d’ordre aux
collaborateurs

Parties qui font
prévaloir des
interprétations
n’allant pas
dans le sens
voulu par le
décideur

Adopter une
représentation
commune ou au
moins des
représentations
proches censées
permettre aux
acteurs d’agir
sur les mêmes
bases

Coexistence de
multiples
représentations

Recherche du
soutien de la
part d’un
acteur
dominant

Acteur de la part
de qui on
souhaite obtenir
un soutien
stratégique

Juger le plan
comme
Répondant à ses
attentes

Dépendance de
l’organisation
vis-à-vis des
ressources
externes

Adaptation aux
paramètres de
l’environneme
nt

Planificateurs,
agents des
services au
sommet de la
hiérarchie
administrative
(processus
centralisé) ;
acteurs des
services
d’exécution
(processus
décentralisé
Toutes les
instances
travaillant en
concertation
permanente

Opérer des
prévisions
fiables

Thèse
rationaliste
classique

Ajuster le
processus de
planification
aux
changements
dans l’action
Adopter un
mode de
planification
adapté aux
variables
environneme
ntales
Créer
l’impression
que les
acteurs sont
impliqués
dans un
choix réel

Thèse
incrémentaliste

Parties engagées
dans l’action

Faire évoluer
les
représentatio
ns des
parties
prenantes
pour pouvoir
agir à partir
des mêmes
bases

Thèse du
sensemaking
sensegiving

Représentants des
organisations
Pourvoyeuses des
ressources,
experts et autres
acteurs
susceptibles
d’attirer la
confiance des
acteurs dominants

Rendre le
plan
acceptable
par les
organisations
détentrices
des
ressources

Thèse de la
Dépendance

Thèse de la
contingence

Thèse de la
postrationalisation

23

�Tentative de
convaincre des
catégories
d’acteurs
différents ne se
référant pas
aux mêmes
normes

Plusieurs
catégories
d’allocutaires
qui n’agissent
pas sur la base
des mêmes
normes

Juger (pour
chaque
Catégorie
d’acteurs) le
plan comme
répondant à ses
préoccupations

Dépendance visà-vis de
plusieurs
Instances qui
n’agissent pas
sur la base des
mêmes normes

Représentants des
organisations
parties prenantes

Légitimer le
plan devant
des
allocutaires
différents

Thèse de la
planification
communicativ
e

Source :Kamuzinzi, et al. (2009, p.16) .
Cette partie a été le cadre ayant permis d’examiner les théories sous-jacentes des
différentes politiques et pratiques en planification pour une meilleure qualité de l’éducation.
Cet exercice nous a permis d’explorer les théories dites positivistes et celles dites
interprétatives. Ce sont toutes des angles d’interprétation du monde qui se proposent d’éclairer
l’action de l’homme. Ainsi, il nous apparait que la planification pour la qualité de l’éducation,
c’est autant des aspects substantiels ou essentialistes, mais aussi ceux interprétatifs ou
discursifs. À présent, il est question dans les lignes qui suivent d’aborder les écrits des auteurs
portant sur la planification en éducation et la qualité en éducation

24

�Chapitre II : Revue de la littérature
La question de la planification pour l’atteinte de la qualité en éducation a intéressé
maints auteurs : Pauvert (1960), C. Bettelheim (1960), Khôi (1970), Coombs (1970), Carron,
G et al. (2013,2014a, 2014b). La présente rubrique se veut d’explorer certaines de ces
réflexions. Mais avant, il est question d’examiner le concept de qualité de l’éducation les
concepts qui lui sont similaires, et le concept de pilotage.
II.1. Qualité de l’éducation
Les clarifications conceptuelles vont des définitions générales, mais aussi à celles
portées par les auteurs. Ces définitions déboucheront sur les mesures de la qualité de l’éducation
et sur les concepts similaires à la qualité de l’éducation. À noter que nous employons de manière
interchangeable, qualité de l’éducation, qualité en éducation et éducation de qualité dans le
présent travail.
II.1.1 : Définition de la qualité
Selon le dictionnaire Le Petit Larousse Illustré (2012), la qualité se définit comme étant
la « manière d’être bonne ou mauvaise de quelque chose » ou encore, « chacun des aspects
positifs d’un produit ». Les définitions ci-dessous sont celles données sur la qualité par Dico
Encarta (2009):
1. ce qui est jugé bien dans le caractère d'une personne et qui fait sa valeur.
2. ce qui rend une marchandise ou un service plus ou moins appréciables pour le consommateur
ou l'utilisateur.
3. nature supérieure (de quelque chose comparativement aux autres choses de même espèce).
4. critère qui permet de classer un produit parmi des produits de même gamme.
5. ensemble des conditions qui rendent le milieu plus ou moins bon ou agréable.
Le Nouveau petit robert (2009) cité par Ouédraogo (2016, p.165) se fait plus explicite
quand il définit la qualité comme suit : « Elle est la manière d’être, plus ou moins
caractéristique, aspect sensible et non mesurable des choses. »
Pour Hanen, (2012), la qualité peut être envisagée selon le point de vue pédagogique,
économique ou organisationnel que l’on adopte. Elle la résume par la figure suivante (p.91):

25

�Figure 1 : perception de la qualité dans l'enseignement supérieur

Selon la norme ISO3 ou Organisation Internationale de la Standardisation établie en
2000 (Naji 2019), la qualité est définie comme étant « l'aptitude d’un ensemble de
caractéristiques intrinsèques à satisfaire des exigences. Celles-ci étant les besoins ou attentes
formulés, habituellement implicites, ou imposés. » Les besoins, selon le Diagramme de KANO,
sont caractérisés en besoins explicites4, implicites5 et latents6. Ces besoins selon Naji (op.cit.)
peuvent être classés selon une taxonomie en besoins individuels tels qu’établis par Maslow,
besoins collectifs (besoins nécessaires pour intégrer activement sa communauté et œuvrer pour
son bien) et en besoins planétaires (besoins nécessaires pour relever les défis mondiaux et
valoriser sa dimension Humaine
Ainsi définie, la qualité se présente comme un concept relevant du jugement, de
l’appréciation dont l’atteinte passe par la satisfaction de besoins multiples et divers. Qu’est-ce
que l’éducation ?

3

International Standards Organisation
Besoins clairement et formellement exprimés par les clients et caractérisés par une corrélation presque
parfaite entre la maturation des processus et la satisfaction des clients, selon KANO cité par Abdennasser Naji,
(2019).
5
Besoins que le client ressente parfaitement, mais qui ne sont pas exprimés, besoins dont la satisfaction
reste difficile à réaliser, quelle que soit la maîtrise des processus (idem au 6)
6
: Besoins potentiels non encore détectés et auxquels on n’a pas encore de réponse. (idem au 6)
4

26

�II.1.2: Définitions de l’éducation
L’éducation est un concept complexe à définir. Nous en retenons les définitions
proposées par le « Petit Larousse Illustré » en termes de procédés, par Kant, Durkheim et la loi
d’orientation de l’éducation du Burkina Faso en termes de finalités et enfin par Pauvert comme
organisation institutionnelle.
L’éducation, selon le Petit Larousse Illustré, c’est l’action d’éduquer, de former,
d’instruire quelqu’un. Si pour Kant cité par Raynal &amp; Rieunier (1997, p.116) l’éducation doit
« développer dans chaque individu toute la perfection dont il est capable. Pour Durkheim cité
par Raynal &amp; Rieunier (op.cit.) l’éducation est l’ « action exercée par les générations adultes
sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale […]. » Aux termes de la loi
d’orientation du Burkina Faso, il faut entendre par éducation, « l’ensemble des activités visant
à développer chez l’être humain l’ensemble de ses potentialités physiques, intellectuelles,
morales, psychologiques et sociales, en vue de sa socialisation, son autonomie, son
épanouissement et sa participation au développement économique, social et culturel »
Pour Pauvert (1960, p.2), l’éducation est « l'organisation plus ou moins structurée et
même institutionnalisée de la transmission des connaissances, modèles, attitudes […] une
socialisation [qui doit être] orientée vers les transformations technologiques et [qui] doit tenir
compte des changements sociaux […] ». Cet auteur ajoute que « L'accélération du progrès (au
sens dynamique et non idéologique du terme) implique que la transmission, entre individus et
entre groupes, des connaissances scientifiques et techniques et d'une manière générale de tous
les éléments de la culture humaine, soit organisée de telle sorte qu'elle constitue un processus
permanent. ».
On pourra retenir de ces définitions, quoique non exhaustives, que l’éducation a trait
aux activités de transmission des connaissances et des compétences et visant le développement
de tout l’homme, mais aussi qu’elle fait référence à l’organisation structurée et
institutionnalisée d’activités visant l’épanouissement individuel de l’homme et son insertion
sociale. Le présent mémoire traite de l’éducation telle qu’elle est conçue et pratiquée dans les
cadres formels. Quand cette éducation est-elle de qualité ?
II.1.3 : Définition de la qualité de l’éducation
Tout comme chacun des termes qui le composent, la qualité de l’éducation est un
concept difficile à définir, selon Perellon (2003), Villetaz (2007) dans Hanen (2012, p.89),
Robert (2005), Tawil, et al (2012).
27

�L’objectif 6 de l’UNESCO (2006) dans le cadre de l’EPT est d « Améliorer sous tous
ses aspects la qualité de l’éducation (…) de façon à obtenir pour tous, des résultats
d’apprentissage reconnus et quantifiables. » L’ODD 2015-2030 dont l’objectif 4 est
d’ « assurer l’accès pour tous à une éducation inclusive et de qualité et à promouvoir les
possibilités d’apprentissage tout au long de la vie », précise ceci : « D’ici à 2030, faire en sorte
que toutes les filles et tous les garçons suivent, sur un pied d’égalité, un cycle complet
d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de qualité, qui débouche sur un apprentissage
véritablement utile. »
Les exemples ci-dessus représentent l’aspect visible de l’iceberg d’une certaine
tendance à quantifier la qualité de l’éducation. Pour Robert (2005), la qualité de l’éducation est
un concept aux contours difficiles à décrire et qui tiendrait bien de la science, de la technique
ou encore de la mesure. Néanmoins, il réfère la qualité aux résultats, aux procédés et surtout
aux produits, qu’il regroupe dans deux approches à savoir celles industrielles et celles
discursives.
II.1.3.1 : Définitions industrielles de la qualité en éducation.
Les définitions industrielles, encore dites ontologiques (Robert 2005), se reposent sur
des éléments concrets objectifs et mesurables de faits éducatifs selon le modèle input-output.
La qualité de l’éducation a trait aux intrants, aux résultats et aux procédés par lesquels on est
parvenu à ces résultats. Dans un premier temps, cette qualité a trait à un certain nombre
d’indicateurs – d’accès, de participation, d’efficacité, etc. – conçus comme des standards
servant à la mesurer (Robert 2005). Par ailleurs, la qualité est déterminée par une approche
comparative (comparaison interne et externe des résultats obtenus) des systèmes éducatifs et
des performances ou une évaluation des coûts des facteurs (part des richesses nationales
consacrée à l’éducation).
Au regard des définitions ci-dessus mentionnées, la qualité en éducation a trait aux
intrants (investissements en ressources pédagogiques et financières), et aux performances
scolaires (taux de passage, réussites aux examens, niveaux des acquisitions scolaires et
employabilité des produits de l’éducation). Cependant, ces intrants, procédés et résultats sont
tous des éléments présentés sous la forme de données quantitatives auxquelles il faudrait ajouter
des construits, des faits non substantiels.
II.1.3.2 : Les définitions discursives de la qualité de l’éducation
Pour Robert (2005, p.119) les définitions pragmatiques n’épuisent pas le concept de la
qualité en éducation d’où la nécessité d’acceptions non quantitatives. Et comme il l’indique,
28

�« Il n'est pas certain […] que la description des systèmes éducatifs, des intrants, des processus
ou des résultats, leur analyse au moyen de modèles input output très élaborés, puissent clore
l'appréciation des services qu'ils rendent et constituer un horizon définitif.. Pour ce dernier,
« une école ne se résume pas à des résultats scolaires ni au rapport entre ces résultats et les
efforts mis à les obtenir (Robert,2005, p.121) Il conçoit la qualité plutôt comme un jugement et
comme indiqué ci-après. « Penser la qualité comme jugement sur l'éducation, c'est mettre
l'accent sur son acceptabilité sociale et échapper aux pièges des approches ontologiques, en
sortant de l'examen restreint des produits, intrants ou procédés ». Il poursuit en disant que « la
qualité n'est pas quelque chose de désirable qui serait dans l'éducation en plus ou moins grande
quantité, mais un état particulier de la relation entre la société et son école, la façon dont la
société s'accommode de l'éducation des jeunes ». Pour Robert (2005, pp123, 124) « La
démarche construite qui interroge l'école sur l'ensemble de ses effets se nomme précisément la
qualité. Cette démarche a un sens aussi bien à un niveau global (un système éducatif) qu'à un
niveau local (une école). »
Dans la même veine, Olivier Rey, (2012, p.3) in Regards croisés sur la qualité en
éducation et formation, fait observer au sujet des mesures de la qualité qu’« on est […]
généralement dans des interactions qui se laissent difficilement objectiver dans quelques
données quantifiables. »
Allant dans le sens des aspects discursifs et interprétatifs de la qualité de l’éducation,
Bensimon (1995) cité par Hanen (2012, p.89) indique que « la définition de la qualité n’est pas
neutre et relève au contraire d’intérêts particuliers, de valeur, de croyances à propos de ce qui
est perçu comme le bien commun à développer, à un moment donné dans une société donnée ».
Les définitions substantielles économiques de la qualité de l’éducation et celles
discursives interprétatives, loin de s’exclure, se complètent et permettent d’avoir une
perspective assez large et ouverte du concept de qualité de l’éducation.
II.1.4 : Les déterminants de la qualité en éducation
Les facteurs qui entrent en ligne de compte des changements positifs en éducation, sans
être exhaustifs, se regroupent end es facteurs pédagogiques, organisationnels et culturels.
II.1.4.1 : Les facteurs pédagogiques
La question des déterminants pédagogiques de la qualité de l’éducation est abordée par
l’UNESCO dans son Rapport mondial 2005 de suivi de l’EPT6 cité par Naji, (2019) et qui
reconnait que « le nombre des facteurs qui peuvent avoir un effet sur les résultats éducatifs est
tel qu’il n’est pas facile d’identifier des relations simples entre les conditions de l’éducation et
29

�ses produits. » Néanmoins, le rapport propose les points suivants pouvant servir d’axes de
détermination des facteurs de changements positifs possibles en éducation :
➢ la dimension des caractéristiques des apprenants;
➢ la dimension contextuelle;
➢ la dimension des apports facilitateurs;
➢ la dimension de l’enseignement et de l’apprentissage;
➢ la dimension des résultats.
L’ensemble de ces dimensions et leurs relations sont illustrées par la figure
suivante :
Figure 2 : les dimensions de la qualité en éducation et leurs relations

Source : UNESCO : Rapport mondial 2005 de suivi de l’EPT6 dans Naji, (2019).
Abordant les conditions d’obtention de la qualité en termes de pratiques de classe,
Hallak (2000, p.8) suggère d’« Aller vers l’apprentissage qui s’appuie sur les méthodes «
constructivistes » […] et d’ajouter que « c’est en pratiquant la citoyenneté et la démocratie en
classe et à l’école qu’on peut devenir partisan de la démocratie dans la vie adulte. » Suchaut
(2002) et Ouédraogo (2016), quant à eux, recommandent la couverture des programmes
scolaires, l’utilisation des manuels scolaires, l’évaluation et le suivi pédagogique des
enseignants.

30

�II.1.4.2 : Les facteurs organisationnels et managériaux de la qualité en éducation
La qualité de l’éducation serait liée à des pratiques de pilotage et de gestion, selon
Kamano et. Al. (2010), et selon (Marzano, 2003, Gauthier et al., (2005), Sackney, (2007) et
Townsend, (2007), cités par Coulibaly (2020).
Un pilotage de proximité des établissements et marqué par la présence, le suivi des
enseignements-apprentissages et « une approche collaborative de la gestion qui associe les
membres de la communauté éducative à la résolution des problèmes […] » participeraient à
l’amélioration des performances (Coulibaly, 2020). Le tableau ci-apprès indique les pratiques
de direction en lien avec les performances dans les écoles.
Tableau 11: 21 pratiques de directions corrélées avec la performance académique des
élèves.
La direction de l’école est consciente des enjeux et tendances au sein de l’école et utilise
cette information pour traiter les problèmes actuels et potentiels.
Elle adapte ses comportements de leadership aux besoins de la situation et se montre à
l’aise avec la dissidence.
Elle protège les enseignants des questions et influences susceptibles de réduire leur
temps et leur centration sur l’enseignement.
Elle assure le monitorage de l’efficacité des pratiques éducatives et de leur impact sur
l’apprentissage des étudiants.
Elle joue le rôle d’avocat et de représentant de l’école auprès des instances et parties
prenantes.
Elle s’implique activement dans la remise en question du statu quo.
Elle implique les enseignants dans la préparation et l’implantation des politiques et
décisions importantes.
Elle est au courant du curriculum actuel et des pratiques éducatives et d’évaluation.
Elle encourage le partage de valeurs et le sens de la communauté et de la coopération.
Elle établit un ensemble de procédures et de routines opérationnelles standardisées.
Elle répond aux besoins des enseignants relatifs aux aspects matériels et de
développement professionnel leur permettant de réaliser leur travail avec succès.
Elle reconnaît et récompense les réalisations individuelles.
Elle s’assure que le personnel éducatif et de soutien est conscient des principales
théories et pratiques éducatives contemporaines et s’assure que leur discussion
régulière fasse partie intégrante de la culture de l’école.
Elle établit des objectifs clairs et s’assure de les maintenir au centre des préoccupations
de l’école.

31

�Elle établit de solides liens de communication avec et entre enseignants et élèves.
Elle communique et gère en s’appuyant sur des valeurs et des idéaux éducatifs solides
Elle est directement impliquée dans la conception et l’implantation du curriculum, des
pratiques éducatives et d’évaluation.
Elle suscite et prend la direction (pilotage) d’innovations inspirantes.
Elle entretient des contacts et interactions de qualité avec les enseignants et les
étudiants.
Elle souligne et célèbre les réalisations, et admet les erreurs.
Elle est consciente et sensible aux préoccupations personnelles de tous les membres de
l’équipe-école.

Source : Collerette et Al (2013, p.9), citée par Coulibaly, 2020 ( adaptée.)
II.1.4.3 : les facteurs culturels des changements qualitatifs en éducation
Selon Looky, L (2005) Bollinger, D. et Hofstede, G (1987) cités par Hanen (2012, pp
45,46), un certain nombre de faits culturels influencent positivement ou négativement les
organisations. Au nombre de ces faits sont la distance hiérarchique, le contrôle de l’incertitude,
le degré d’individualisme/collectivisme et le degré de masculinité/ féminité prévalents dans la
société ou l’organisation.
Selon Hofstede cité par Hanen (2012, p.45), la distance hiérarchique « mesure le degré
d’acceptation des inégalités des statuts et du pouvoir entre les individus. » « Une forte distance
hiérarchique reflète une centralisation du pouvoir, une communication rigide…à l’inverse, une
société qui n’accepte pas cette inégalité possède une courte distance hiérarchique. » et
accepterait plus facilement les changements. Quant au contrôle de l’incertitude, il « correspond
à la manière dont la société perçoit le risque ; la société se méfie de l’avenir et le considère
comme menaçant a un fort degré d’incertitude. À l’opposé la société qui tolère ce risque et
cette instabilité peut s’engager dans les changements avec plus de souplesse, et donc à un degré
d’incertitude faible. » Au sujet du degré d’individualisme/collectivisme, il «

exprime la

perception de la société du rapport de l’individu avec le groupe. Dans la société collectiviste,
les individus sont fortement liés les uns aux autres et s’encouragent mutuellement ; alors que
la société individualiste se caractérise par un fort sentiment d’égoïsme et d’amour de soi. Les
liens entre les individus sont faibles. » (Hanen, 2012, p.46). Quant au degré de masculinité/
féminité, il correspond aux comportements des hommes et des femmes selon la nature homme
ou femme et indépendamment de leur sexe dans les relations des uns aux autres, selon Kelly &amp;
Worell, (1977, p. 42) cités par Hanen (2012, p.46). Hanen (op.cit.) ajoute que ce degré de

32

�masculinité et de féminité a des répercussions sur la qualité de l’emploi et la façon de résoudre
les conflits comme suit:
« […] La qualité de l’emploi : dans les cultures masculines, un travail humanisé
(de qualité élevée) est celui qui permet de faire carrière et de se réaliser. Par
contre, dans les cultures féminines, il est celui qui [permet] une réelle collaboration
entre les travailleurs, et des conditions de travail correctes. » « La façon de
résoudre les conflits : dans les cultures masculines, les conflits sont ouverts et forts,
tandis que dans les cultures féminines les conflits sont réglés par la discussion »
II.1.5 : Les mesures de la qualité en éducation
La qualité en éducation se mesure par des instruments quantitatifs d’une part, mais aussi
par des moyens qualitatifs
II.1.5.1 : les instruments de mesure quantitatifs de la qualité de l’éducation
La mesure quantitative de la qualité en éducation se fait en termes de ratio et de
pourcentage, de fréquence en les intrants pédagogiques (infrastructures, manuels, programmes
d’enseignement, personnels enseignants… Kaboré (2011) ; aussi s’effectue-t-elle en les
processus pédagogiques (temps d’enseignement et d’apprentissage, méthodes pédagogiques,
fréquence des évaluations, taux de flux ou coefficient d’efficacité) et en l’efficacité externe
(taux de chômage, d’employabilité).
Pour les mesures quantitatives de la qualité de l’éducation en ses aspects intrants,
processus et produits pédagogiques, Carron et al (2013, pp. 28, 29) les présentent en fonction
de leur rapport avec les différents niveaux hiérarchiques de finalités, d’objectifs, d’extrants et
d’activités (intrants) dans la conception du programme, ce qui correspond en fait à une
classification selon une chaîne des résultats :
« Les indicateurs d’intrants liés aux activités : ils mesurent les ressources
humaines, financières, physiques et autres (administratives et réglementaires)
fournies pour la mise en œuvre du plan. Par exemple : le budget consacré à
l’éducation, le coût par étudiant, le décret établissant la composition des conseils
d’établissement.
Les indicateurs d’extrants sont liés aux résultats directs : ils mesurent les
résultats immédiats et concrets des différentes activités mises en œuvre et des
moyens utilisés (résultats tangibles immédiats). Par exemple : nombre d’écoles
construites, nombre d’enseignants formés. Les indicateurs de réalisation sont liés
aux buts ou aux objectifs du programme : ils mesurent les résultats intermédiaires
33

�ou les conséquences des extrants au niveau des bénéficiaires (résultats
intermédiaires). Par exemple : taux de scolarisation, taux de persévérance scolaire,
performance de l’élève.
Les indicateurs d’impact sont liés à la finalité globale ou à l’objectif de
développement : ils mesurent les résultats à long terme et globaux, ou les
changements au niveau des bénéficiaires (résultats à long terme). Par exemple :
taux d’alphabétisation, rapports entre niveau d’éducation et revenus. » p28, 29.
II.1.5.2 : Les instruments de mesure qualitatifs de la qualité de l’éducation
En termes qualitatifs, les discussions et l’argumentaire et les consensus ou nonconsensus auxquels ils aboutissent, les niveaux de déconcentration et/ou de décentralisation de
la gestion des systèmes éducatifs et le degré d’autonomisation des établissements scolaires
tiennent lieu de mesures de la qualité de l’éducation, selon Robert (2005) et Carron. et al.
(2014). À cela, il faut noter les niveaux de déconcentration et de décentralisation des systèmes
éducatifs et le degré d’autonomisation des structures de coordination et des établissements, les
styles de direction et les relations à l’intérieur de ces organisations selon Coulibaly (2020).
II.1.6 : Les concepts similaires de la qualité de l’éducation.
Aux côtés du concept de qualité de l’éducation sont employés bien d’autres concepts
que sont le rendement, l’efficacité et l’efficience et l’équité.
II.1.6.1 : Le rendement
Le Petit Larousse Illustré (2012) définit le rendement comme étant « La production
évaluée par rapport à une norme » ou encore « La rentabilité des capitaux employés, d’une
somme placée ou investie », ce qui renvoie à une conception économique de la qualité de
l’éducation
Pour Robert (2005) le rendement est un indicateur de flux se présentant en taux de
passage, de redoublement, d’abandon ou d’exclusion.
II.1.6.2 : L’efficacité.
Le mot efficacité renvoie aux « effets attendus » selon le dictionnaire ‘Le petit Larousse
Illustré’ 2012. L’efficacité est la mesure des objectifs atteints ou l’atteinte d’un certain résultat
par rapport aux objectifs définis. En éducation, l’on parle le plus souvent d’efficacité interne
pour faire référence au rapport intrants-résultats et d’efficacité externe pour se référer aux
produits du système en termes quantitatifs ou qualitatifs. Bouchard et Plante (2002) cité par
Ouédraogo (2016, pp.170, 171) présentent l’efficacité comme « […] le lien de conformité entre
34

�les objectifs visés par l'organisme et les résultats effectivement obtenus. L’efficacité peut être
considérée comme l'expression du degré d’atteinte des objectifs réellement visés ou encore
comme le nombre d'objectifs effectivement atteints parmi l'ensemble des objectifs effectivement
visés. »
Selon le PASEC (2019, p.24): « Un système éducatif efficace permet à tous les enfants
de disposer des compétences et attitudes attendues. » et le PASEC (op.cit.) ajoute que « Un
système est estimé efficace lorsqu’il permet à tous les enfants, ou au moins à une masse critique,
d’aborder certaines compétences [...] »
Les instruments de mesure de l’efficacité interne sont les taux de passage dans les
classes ou cycles supérieurs, les taux de redoublement, d’exclusion et/ ou d’abandon. Quant à
l’efficacité externe, elle se mesure par les taux de réussite aux divers examens selon l’UNESCO,
pour ce qui est de la mesure quantitative encore dite substantielle ou ontologique. Les mesures
qualitatives de l’efficacité selon Ouédraogo (2016) renverraient aux actions pédagogiques.
II.1.6.3 : L’efficience
L’efficience se détermine au rapport coût-efficacité selon la posture économique, et au
rapport efforts fournis et satisfaction selon la posture non-essentialiste. L’efficience renvoie au
rendement, à la performance. Est efficient ce « qui aboutit à de bons résultats », selon le Petit
Larousse Illustré, édition 2012. Il y a efficience selon le degré d’atteinte des résultats par rapport
aux objectifs visés. Plus un système produit des résultats plus il est efficient. Selon Bouchard
et Plante (2002) l’efficience, indicateur plus raffiné se mesurerait à la suite de l’efficacité. Et
comme le mentionne Ouédraogo (2016, p. 171), « C’est dans la mesure où un organisme ou
une institution comme l’école fait la preuve de son efficacité que l’on doit évaluer son
efficience. » Toujours en rapport avec le domaine de l’éducation l’efficience serait «les résultats
atteints par les participants à des cours ou à des programmes de formation qui font apparaître
un rapport coût-résultats favorable et une bonne adaptation du niveau d’enseignement et des
méthodes» selon Legendre, 1993 cité par Ouédraogo (2016, p. 171)
Pour Kamano et al. (2010, pp. 37, 38), « L’efficience correspond, d’une façon assez
générale, à la relation qui peut exister entre les ressources mobilisées et les résultats obtenus.
On dira d’un système qu’il est plus efficient qu’un autre, s’il obtient de meilleurs résultats pour
un même niveau de dépenses ou s’il obtient au moins les mêmes résultats pour un niveau de
dépenses inférieur.

35

�II.1.6.4 : L’équité
La qualité de l’éducation peut aussi être appréciée en termes d’équité. Selon le PASEC
2019, « Un système éducatif équitable tend à réduire les inégalités de scolarisation et de
réussite scolaire entre les différents profils d’élèves, entre les différents types d’écoles et entre
les régions. Une juste répartition des moyens éducatifs entre les régions et entre les écoles à
l’intérieur des régions est un premier pas pour tendre vers cet objectif. »
La qualité de l’éducation est un concept aux contours vastes et qui s’interprète selon que
l’on adopte une posture positiviste ou interprétative. Pour la réalisation de l’éducation de
qualité, il existe une multiplicité de facteurs à savoir les déterminants psychologiques, intrascolaires et les conditions externes. Il existe de nombreuses pratiques et conditions de
production de la qualité en éducation, auxquelles il faut ajouter les pratiques de pilotage.
II.2 : le pilotage
Le concept de pilotage est du champ des théories et pratiques des organisations sur
lesquelles ont porté maintes publications d’auteurs à savoir Taylor,(1911) Fayol, (1916)
Mintzberg (1990b ; 1993) et bien d’autres. Nous l’abordons ici sous ses aspects définitionnels
et opérationnels.
II.2.1 : Définition
Le terme ‘Pilotage’ est aussi polysémique que le concept de qualité et entraine avec lui
d’autres termes comme ‘Target setting’, ‘benchmarking’, ‘self-evaluation’, ‘external
evaluation’ ou ‘school development planning’ selon M. Stark (DFEE UK Lettre aux auteurs du
rapport, 29 août 1997) et ‘management’ ou ‘leadership’ selon Hopes (1998) cités par Demeuse
&amp; Baye (2001, p. 25).
Pour le dictionnaire Dico Encarta 2009, se référant à l’économie, le pilotage est « un
exercice de la direction ou de la gestion (de quelque chose). »
Pour de Landsheere (1994, p.37), citée par Demeuse et Baye (2001, p. 25) « piloter,
c’est plus qu’accumuler des indicateurs. Le pilotage a trois composantes nécessaires : la
collecte d’informations, l’évaluation de ces informations, et, surtout, la traduction en actions
institutionnelles ou en sanctions, c’est-à-dire en approbations ou désapprobations. »
Demeuse et Baye (2001) définissent le pilotage comme « Une action intégrée en vue
d’améliorer l’efficacité des systèmes d'enseignement » et le distinguent en macro-pilotage et en
micro-pilotage. Si le macro-pilotage est entrepris depuis le niveau national, le micro-pilotage
quant à lui est entrepris au niveau local. En termes d’approche communicationnelle, Brown
(1995, p. 9) cité par Demeuse et Baye (2001, p. 31) recommande l’implication des acteurs de
36

�terrain que sont les enseignants et les parents d’élève et les élèves eux-mêmes, plutôt que de
décider depuis le ministère ou les services centraux ou encore depuis les structures de recherche,
les visites de classe, d’inspection, les audits d’établissement constituant des techniques de
micro-planification.
Par ailleurs, Mélèze cité par Demeuse et Baye (2001, p.32) distingue trois types
fonctionnels de pilotages : le pilotage stratégique consistant en la définition des politiques, des
objectifs, et en l’affectation globale des ressources réalisées en dehors du système; le pilotage
de gestion, quant à lui, est un travail interne de répartition des tâches et de moyens en lien avec
les politiques et les objectifs généraux définis au niveau central ; et le pilotage opérationnel
consiste en la mise en œuvre pratique des objectifs généraux et l’ajustement nécessaire des
tâches. Marc &amp; Demeuse (2001) proposent la figure ci-dessous comme schéma général de
pilotage.
Figure 3: Modèle général de pilotage

Source : Demeuse, M. &amp; Baye, A. (2001 :28) inspirés de D’Hainaut (1981)
I.2.2 : Les étapes du pilotage
Le pilotage des organisations suit une démarche et des étapes données. Demeuse et Baye
(2001, p. 26) proposent « quatre étapes dans la mise en œuvre du pilotage d'un système
éducatif : la collecte d’informations sous formes d’indicateurs ; l’établissement d’un diagnostic

37

�faisant état du statu quo et la projection d’un état idéal à atteindre ; l’élaboration de stratégies
pour l’amélioration du système ; enfin, une mise en œuvre des stratégies définies par étapes.
La mise en œuvre de la planification dans les structures scolaires et éducatives nécessite
l’implémentation de méthodes managériales efficaces et efficientes pour aboutir à la qualité de
l’éducation. Le pilotage apparaît comme l’une d’elles.
Les organisations, dont les systèmes éducatifs, font face à des challenges énormes pour
satisfaire à l’ensemble des conditions et des besoins pour l’atteinte de la qualité en éducation et
comme le souligne Naji (2019), « Si la satisfaction des besoins explicites et implicites est une
condition nécessaire pour avoir un système éducatif de qualité, elle est loin d'être suffisante,
encore faut-il que la condition de respect des besoins latents soit remplie. Chose impossible à
réaliser sans faire preuve d'anticipation et de prospective afin d'essayer de dégager les
tendances de l'histoire et les traits caractéristiques de l'avenir tout en ayant une lecture critique
des événements prévoyant leurs effets sur le futur et incitant à l'action en vue de changer leurs
cours chaque fois que nécessaire. » Cette capacité d’anticipation et de prospective, à notre
sens, passe par la maîtrise de la planification en tenant compte des connaissances des facteurs
de changement et des besoins d’adaptation des acteurs aux mutations technologiques,
économiques et sociologiques.
II.3 : La planification en éducation
La planification est un concept qui a une histoire, une acception, sinon des acceptions.
Son opérationnalisation suit des étapes dans des conditions définies.
II.3.1 : La planification de l’éducation : historique
L’histoire de la planification remonte à la période de la Grèce antique selon Carron, G.
et al (2014), même si les hommes ont toujours pratiqué la planification depuis l’avènement de
la pensée rationnelle. Concept grec, la planification stratégique a d’abord concerné le monde
militaire comme démarche de mise en œuvre de stratégies en vue de gagner les batailles et la
guerre dans la période hellénistique. La planification intéressera le monde des entreprises
privées dans la période d’après Seconde Guerre Mondiale, et va intégrer la gouvernance
publique dans les années 1980. Et parlant des raisons de son adoption dans toutes les
organisations, Carron et al. (2014) dit ceci : « la planification stratégique est une approche qui
convient à tous les types d’organisations, du simple fait que celles-ci doivent atteindre des
objectifs spécifiques à long terme et, dans la mesure où les ressources sont toujours limitées,
elles doivent également trouver la manière la plus rentable de les atteindre. » La planification
stratégique consisterait à « voir en grand, en prenant en considération toutes les options
38

�possibles, sans négliger l’environnement et son évolution », tout en veillant à « se concentrer
sur un objectif à atteindre, à long terme, clair, déterminé et définitif. »
II.3.2 : La planification : définitions
Le concept de planification a intéressé maints auteurs dont quelques définitions sont
présentées. La planification est définie en général, en lien avec le développement économique
et spécifiquement en lien avec l’éducation.
Selon le Dictionnaire ‘Le Petit Larousse Illustré (2012), planifier, c’est « Organiser,
régler le développement de quelque chose selon un plan ». Raynal et Rieunier, (1997), pensent
que la planification est une « Démarche de programmation de l’action en vue d’atteindre un
but. » et que « Quel que soit le domaine abordé, la planification s’appuie sur l’analyse des
tâches à effectuer, leur ordonnancement, et les procédures d’exécution qui doivent leur être
associées pour atteindre le résultat souhaité. »
Carron et al. (2014, p.13) définissent la planification comme une « Anticipation de
situations susceptibles de se produire dans le futur, choix des objectifs à atteindre et
détermination des actions pertinentes à entreprendre afin d’atteindre ces objectifs à un coût
raisonnable ». Dans une perspective comparative, la planification est tantôt qualifiée de
traditionnelle ou stratégique, de directive ou indicative (Carron et al. 2014), de stratégique ou
structurelle, ou encore opérationnelle ; tantôt, elle est dite macro, méso ou micro selon
l’envergure. Enfin il y a la planification managériale et celle pédagogique.
Traditionnelle et indicative parce qu’elle serait d’une verticalité descendante,
prétendrait tout prévoir et serait rigide dans sa mise en œuvre ; stratégique en ceci qu’elle
ciblerait des objectifs plus ou moins globaux dans le long ou moyen terme, indiquerait les
meilleures actions et stratégies tout en tenant compte des aléas environnementaux et internes et
impliquerait tous les acteurs à tous les niveaux ;
Elle est macro si elle concerne plusieurs domaines à la fois et est initié au niveau central,
micro si elle est pratiquée au niveau déconcentré et/ou décentralisé ;
Elle est managériale, administrative si elle porte sur l’organisation et le fonctionnement
de la structure, et pédagogique si elle porte sur les enseignements en ses aspects intrants et
processus et produits.
La planification stratégique vise l’atteinte d’objectifs dans une perspective globale et à
plus ou moins long terme tandis que la planification est dite opérationnelle quand elle concerne
le court terme à savoir la journée, la semaine le mois ou l’année, selon Carron G et al (2014).

39

�Carron, G. et al (2014) résument les différences entre la planification traditionnelle et
celle stratégique suivant la figure ci-dessous :
Figure 4 : différences entre planification traditionnelle et planification stratégique

Source : Carron, G. et al. (2014, p.18).
À ces définitions générales de la planification, il faut- ajouter celles en lien avec le
développement économique.
Planifier le développement économique socio-culturel et politique passe par une prise
en compte des facteurs économiques, socio-culturels et politiques. Pour Bettelheim, (1960), la
planification économique est la mise en œuvre de facteurs matériels et humains en vue
d’atteindre le développement économique et social par des méthodes d’approximations
successives dans la répartition des ressources. Cette mise en œuvre ne peut s’effectuer que par
l’éducation, reconnaît Bettelheim (op.cit.). Dans la même veine, Pauvert (1960) indique que «
[…] la planification économique implique l'organisation de processus de diffusion des éléments
de culture qui en sont les facteurs, et l'établissement de communications entre les différents
groupes dont l'activité concourt au développement envisagé et au progrès technique. » Ce
processus de diffusion est encore appelé éducation.
Qu’est-ce que la planification de l’éducation ?
Selon Coombs, (1970,) la planification de l’éducation reste un concept difficile à définir.
Néanmoins, il la définit comme suit : « La planification de l’éducation, au sens large, est
l’application d’une analyse systématique et rationnelle au processus de développement de
l’éducation ; son but est de mettre l’éducation à même de satisfaire de manière plus efficace
aux besoins et aux objectifs des étudiants et de la société.» p.14
Parlant de la planification de l’éducation en ses aspects qualitatifs, Coombs (1970, p.14)
indique qu’« Il n’est pas moins erroné de croire que la planification de l’éducation s’intéresse

40

�exclusivement à l’expansion quantitative de l’éducation, qu’elle se préoccupe seulement
d’accroissement, mais non de changement. »
II.3.3 : Les principes de la planification stratégique
La planification se repose sur un certain nombre de principes
Pour Carron, G. et al (2014, pp. 14,15) le premier principe de la planification stratégique
du secteur de l’éducation consiste à partir d’une finalité qui est une vision globale que l’on se
fait du secteur, de son devenir. Le deuxième principe est d’arriver à un certain équilibre entre
forces et faiblesses de l’organisation et tenant compte des facteurs externes.
La planification stratégique repose aussi sur une gestion axée sur les résultats, à partir
d’objectifs bien spécifiés
Un autre principe, et pas des moindres, de la planification stratégique est sa démarche
pédagogique d’implication des différents acteurs aux différentes phases de conception et de
mise en œuvre des plans.
Enfin, la planification stratégique repose sur le principe de la souplesse ou flexibilité
dans la mise en œuvre des plans élaborés (Carron et al 2014)
L’analyse des principes de base de la planification nous amène à aborder les aspects de
son opérationnalisation.
II.3.4 : La planification de l’éducation : approches méthodologiques/opératoires.
À l’image des approches théoriques en matière de planification qui permettent de
disposer d’un cadre conceptuel permettant d’analyser et d’évaluer l’activité de planification
(Guy, 1995), au plan méthodologique, le concept de planification en éducation indique
l’ensemble des démarches et des activités devant aboutir à des politiques et/ou des plans
éducatifs. Mieux, ces plans de part des critères précis devraient aboutir à des mises en œuvre
réussies pour une certaine atteinte de la qualité en éducation. Pour Guy (1995, p.71), « Au plan
méthodologique, une évaluation comport[e] une exigence de validation du modèle sur le terrain
même de la pratique. Elle comport[e] aussi une exigence de vérification d'un certain nombre
d'hypothèses, qui découlent du modèle, quant aux variables les plus significatives qui entrent
en ligne de compte dans la mise en œuvre des activités de planification. Par variables
significatives il faut entendre ici les éléments de contenu ou de contexte de l'activité de
planification, qui induisent, ou qui, à tout le moins, sont de bons "prédicteurs", d'autres
éléments de contenu ou de contexte, qui exercent ceux-là une influence structurante sur la
réalité […] elle-même. »
41

�La planification de l’éducation comme concept opératoire est abordée par les auteurs
comme Bettelheim, (1960), Pauvert, 1960), Coombs (1970), Guy (1995), Raynal &amp; Rieunier
(1997), Carron, et al. (2013, 2014)
Bettelheim, (1960, pp50, 53) propose quatre phases du processus de planification à
savoir le choix du « modèle de développement », « une vision première de la situation
désirable », « le cheminement vers l’objectif choisi » et « le contrôle a priori et le contrôle
courant. »
Il est question ici, du choix du modèle de développement économique et social, un
développement conditionné par la mise en œuvre de facteurs humains (éducation) et matériels.
Le modèle de développement économique et social

fait référence aux « hypothèses

provisoires » relatives à l’affectation des ressources et « aux effets de croissance attendus de
cette affectation. » Ces hypothèses ont trait à la situation de départ insatisfaisante dont les
éléments sont les suivants selon Bettelheim (1960): le niveau de revenu national et sa
répartition, les ressources budgétaires et leur affectation, les ressources humaines utilisées ou
non, le niveau d’éducation et de culture, les besoins satisfaits et non satisfaits,
Quant à la vision première de la situation désirable, elle s’inspire des variables comme
le rythme de croissance économique et le niveau de développement attendu à la fin de la période
considérée ; elle s’inspire aussi des exigences du secteur de l’éducation et de la formation en
termes de dépenses et d’investissements, mais aussi de niveau d’éducation atteint et à atteindre,
la situation actuelle des ressources matérielles et des besoins futurs y relatifs. Cette vision
première a aussi besoin d’un travail technique de détermination des besoins en personnels
qualifiés correspondant au niveau de développement et à la structure économique de la situation
attendue en fin de période. Enfin, selon Bettelheim (op.cit), la vision première doit tenir compte
des influences et tendances.
Le cheminement après l’objectif d’éducation provisoirement déterminé consiste à tenir
compte des contraintes tant internes qu’externes et des besoins en ressources matérielles et
humaines.
Enfin, le processus de planification économique de l’éducation, selon Bettelheim
(1960), se poursuit par le contrôle a priori et courant indiqué ainsi qu’il suit :
« Le caractère réalisable des objectifs éducatifs doit évidemment être
soumis à un strict contrôle a priori [...] La confrontation des expériences et
l'évolution des conditions de leur réalisation ainsi que de leur efficacité
économique a ici une importance déterminante. Les plans économiques et
d'éducation une fois élaborés doivent être régulièrement révisés à la lumière du
42

�contrôle courant de sa réalisation. Ce contrôle donnera généralement lieu, au bout
de quelques années à une nouvelle formulation d'objectifs et de cheminements pour
une nouvelle période. »
Pour Coombs (1970, p.66.) la planification consiste à ceci : « définir les « objectifs »
visés (les résultats qu’on veut obtenir) et commencer par recenser les conditions dictées par le
milieu : provenance des étudiants, plafond des dépenses, délais. L’étape suivante consiste à
imaginer une série de « systèmes » utilisables pour obtenir les résultats spécifiés. Chacun de
ces systèmes éventuels différera quelque peu des autres et par les éléments qu’il combinera
(entrées) et par la technologie. Les dépenses prévues et les résultats probables (sorties)
varieront également d’un système à l’autre et certains s’inséreront mieux que d’autres dans le
contexte général. » Il est attendu que la démarche de planification, selon Coombs, fasse une
définition plus précise de ses objectifs, car comme il l’indique (p.63), « Lorsque les buts réels
d’un système d’enseignement (…), ne coïncident pas avec les objectifs principaux de la société
à laquelle il appartient, il devient fatalement inadapté à la société et les besoins de celle-ci en
pâtissent. De même, si les objectifs spécifiques des diverses subdivisions du système
d’enseignement sont incompatibles avec les objectifs d’ensemble du système global, celui-ci est
alors en conflit avec lui-même et ses objectifs fondamentaux ne sont pas atteints.»
Raynal. F et Rieunier. A (1997) identifient deux démarches en planification à savoir la
démarche ‘ascendante’ qui consiste « à construire le plan en même temps qu’on le met en œuvre
dans la situation », un plan construit par corrections successives. La deuxième démarche est
dite descendante et « consiste à partir du but, à le décomposer en sous-buts et à procéder ainsi
jusqu’à la solution. » La planification est un processus itératif qui se déroule en plusieurs
phases selon les auteurs.
Les points suivants constituent les étapes en planification de l’éducation selon Carron,
G et al. (2014 : 20-22 ) : 1-le diagnostic, 2-la formulation des politiques, 3- l’élaboration du
plan stratégique, 4- l’élaboration des plans opérationnels annuels et 5- le suivi de la mise en
œuvre des plans.
❖ L’analyse
Encore appelé repérage, évaluation ou analyse sectorielle, le diagnostic, selon Carron et
al. (2014.), doit aller au-delà du système éducatif pour analyser les tendances démographiques,
le système économique et le contexte socio-culturel et comme ils l’indiquent, « Tout effort de
planification doit commencer par une analyse de la situation afin d’identifier les problèmes et
les réalisations, et de déterminer les principaux défis à relever. » Pour Demeuse et al. (2011, p.
5) : « il s’agit d’aller plus loin que la description d’un problème et de ses causes en identifiant
43

�d’une part les exigences et les objectifs par rapport auxquels on évalue et d’autre part les
indicateurs qui témoignent de la réussite ou de la non-réussite. […] Le diagnostic, orienté vers
l’action, doit ensuite permettre de faire évoluer le système. »
❖ La formulation des politiques

Pour ce qui est de la formulation des politiques, Carron et al. (2014.) indiquent que c’est
un travail technique, un processus complexe entre planificateurs et décideurs politiques et
consistant en l’examen des politiques existantes. Et comme indiqué,
« La formulation de politiques consiste à définir des objectifs à
long terme, pouvant éventuellement se placer au-delà du plan à moyen
terme, et à définir les principales stratégies pour atteindre ces objectifs.
Elle repose en partie sur les résultats de l’analyse sectorielle, mais
dépend également des politiques éducatives déjà existantes. Elle est
également influencée par les politiques générales de développement du
pays (telles qu’inscrites dans les plans nationaux de développement
et/ou dans les documents stratégiques de réduction de la pauvreté, etc.),
par les engagements internationaux qui ont été pris (par exemple, les
Objectifs du Millénaire pour le développement, les objectifs d’EPT, la
Déclaration de Salamanque, etc.) et par le(s) programme(s) du ou des
parti(s) politique(s) au pouvoir. »
❖ L’élaboration du plan stratégique
L’élaboration du plan stratégique, quant à elle consiste en l’élaboration d’un « plan
stratégique à moyen terme selon ce qui suit, pour Carron et al. (2014, p. 20,21) :
✓ traduire les objectifs politiques à long terme en objectifs et cibles
spécifiques, mesurables et qui devront être atteints dans un laps de
temps donné ;
✓ concevoir des programmes d’action prioritaires systématiques pour
atteindre les objectifs, en indiquant les principales activités à mener,
les échéances correspondantes et les unités responsables de chaque
activité ;
✓ estimer les ressources (humaines, matérielles et financières) qui
seront nécessaires pour mener à bien le plan, calculer les coûts
correspondants et les équilibrer avec les ressources disponibles.

44

�L’approche du cadre logique (ACL) est une technique rigoureuse permettant de
concevoir les programmes prioritaires, laquelle approche est complétée par l’utilisation d’un
modèle de simulation informatique pour fixer des cibles réalistes et cohérentes, et définir la
manière la plus efficace de les atteindre (Carron, G. et al. 2014). Un Cadre de Dépense à Moyen
Terme (CDMT) permet de prévoir les budgets futurs des ministères ce qui leur permet de
planifier leurs activités.
❖ L’élaboration des plans opérationnels annuels
Au sujet de la planification opérationnelle, il est question d’élaborer des plans à très
court terme (annuel, semestriel, mensuel…) et d’« adapter […] les objectifs et moyens
originaux à la lumière des circonstances nouvelles, des résultats obtenus et des difficultés
rencontrées dans la mise en œuvre des plans précédents. », (Carron et al. 2014), en vue
d’atteindre les objectifs du plan à moyen terme. Les indications suivantes sont données par
Carron et al. (2014) pour la réalisation du plan opérationnel élaboré suivant la structure des
matrices du programme à moyen terme :
Il s’agit d’expliquer clairement les éléments suivants :
✓ les objectifs spécifiques (résultats attendus) à atteindre dans l’année ;
✓ les activités précises qui seront entreprises afin d’atteindre les résultats voulus ;
✓ les départements et unités spécifiques chargés de l’exécution des différentes
activités ;
✓ le calendrier de chaque activité. Afin d’être pleinement utiles, les plans
opérationnels annuels doivent être étroitement liés aux budgets annuels, car tout
écart entre plan et budget va affecter de manière négative la mise en œuvre du plan.
(Carron et al. 2014. p, 22)
❖ Le suivi de la mise en œuvre des plans
Le suivi constitue la cinquième étape de la démarche de planification du secteur de l’éducation.
Carron et al. (2014, p. 22), le définissent comme un processus de collecte systématique
d’information pour identifier les forces et les faiblesses, en vue de formuler des mesures
correctives efficaces :
Carron et al. (2014) résument le l’ensemble du processus de la planification
stratégique au travers de questions dans la figure ci-après :
Figure 5 : Questions stratégiques essentielles et activités de planification correspondantes

45

�Source : Carron. et al. (2014).
II.3.5 : les outils de la planification
La planification pensée, s’effectue au moyen d’outils techniques et technologiques. Ce
sont des outils d’analyse, de formulation des politiques, de pilotage et de communication.
II.3.5.1 : les outils d’analyse
Les outils d’analyse en planification sont les suivants : l’analyse ou encore le diagnostic
en SWOT (Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats) ou FFOM (Forces, Faiblesses,
Opportunités, Menaces. À ceux-ci s’ajoutent les outils de projection
II.3.5.2 : les outils de formulation des politiques
Les outils de formulation de politiques sont l’arbre des problèmes, l’arbre des solutions,
la matrice du Cadre Logique (MCL) encore appelée cadre logique, les plans, les programmes,
etc.
II.3.5.3. : les outils de pilotage et de suivi
Les outils de pilotage en pilotage ou en planification opérationnelle sont le tableau de
bord, des indicateurs, le diagramme de GANTT, de PERT, les rapports, les annuaires
statistiques
II.3.5.4 : les outils de communication
Les outils de communication en matière de planification sont les réunions, L’atelier
participatif de formation, les groupes de discussion, les plaidoyers, les séminaires, l’intranet, la
visioconférence, l’internet, l’affichage etc.

46

�II.3.6 : Les déterminants de la planification en éducation
La réussite de la planification en éducation dépendent d’un certain nombre de facteurs
allant des capacités d’analyse à la mise en place de modes de communication, en passant par
des déterminants pédagogiques, administratifs, socio-économiques et culturels.
II.3.6.1 : Les facteurs sociologiques
Le planificateur étant à la recherche des conditions de synchronisme entre les facteurs
socio-culturels et ceux économiques du développement (Pauvert, 1960, p.137), a besoin
d’étudier les types de groupements (famille, communauté locale rurale ou urbaine) à même de
faciliter « la diffusion du progrès et la croissance économique », quels peuvent être les facteurs
positifs et négatifs de propagation des connaissances, et en particulier quels sont les structures
et dynamismes sociaux qui favorisent la propagation des innovations, des progrès
instrumentaux, des aptitudes techniques ou économiques, ou qui s'y opposent. ».
II.3.6.2 : Les facteurs techniques et pédagogiques
La maîtrise technique dans le domaine de l’éducation est un facteur important dans
l’élaboration et la mise en œuvre de plans viables.
Pour Coombs (1970, p. 64) évoquant la nécessité de définir des objectifs, « la première
mesure capitale à prendre pour améliorer la pertinence et le rendement d’un système
d’enseignement est de réviser et de préciser ses priorités et objectifs fondamentaux ainsi que
les objectifs spécifiques de chacune de ses subdivisions en vue d’assurer la compatibilité
mutuelle de ces derniers et leur compatibilité avec les objectifs essentiels, les priorités et les
besoins de la société ».
Il ajoute que pour aboutir à des améliorations importantes, les systèmes d’enseignement
ont besoin de recourir à des instruments de diagnostic assez divers et précis pour « évaluer leur
rendement, pour connaître les possibilités de perfectionnement et pour contrôler les progrès
réalisés durant un certain temps.»p.65
En rapport avec l’importance de la recherche en éducation, Coombs (1970, p.69) indique
que « La seule solution, pour que le changement et la transformation deviennent, pour les
systèmes d’éducation, un processus permanent qui soit entré dans les mœurs, consiste à
mobiliser à cette intention une plus forte proportion de l’intelligence créatrice de chaque
système, à englober un vaste éventail de disciplines, à investir beaucoup plus d’argent dans la
recherche et le développement de l’éducation et à prendre les mesures institutionnelles
nécessaires pour renforcer ce processus. Faute de cela et faute d’un esprit largement ouvert
aux enquêtes scientifiques, les systèmes d’éducation continueront de superposer de nouveaux
47

�éléments aux anciens, à la manière de couches géologiques, et de subir des transformations
mal ajustées qui leur seront imposées de l’extérieur. »
Le Document de Réflexion et d’Orientation (DRO) de la CONFEMEN (2018, p.115)
propose ceci : « L’environnement du curriculum doit également être considéré : formation des
enseignants, gestion et pilotage des structures, sensibilisation et mobilisation de la
communauté éducative. On s’attachera à proposer un cadre pédagogique / éducatif de
référence à partir des besoins et compétences. » Au sujet de la qualité des programmes, Palmer
(2017, p.26p.), cité par le Document de Réflexion et d’Orientation de la CONFEMEN (op.cit.)
indique que « […] ces programmes peuvent être efficaces dans les contextes les plus divers,
pour peu qu’il y ait, à tous les niveaux, un engagement, une collaboration et une action de la
part des ministères, des organisations gouvernementales et non gouvernementales, des
enseignants, des établissements d’enseignement supérieur, des parents et des communautés. »
II.3.6.3 : Les facteurs de pilotage
En matière de gestion des structures administratives, Carron et al. (2013, p.12)
propose une « Analyse des capacités de gestion : Analyse de la capacité des différentes
structures publiques et des autres fournisseurs de services éducatifs […] d’administrer
efficacement les services éducatifs existants et en projet, y compris la capacité des principales
parties prenantes ». Parlant de l’administration du système d’enseignement, pour ce qui est des
indicateurs, Coombs (1970, p. 67) pense que « Pour être efficaces, la planification et
l’administration d’un système d’éducation moderne demandent également qu’on dispose d’un
minimum de clignotants, d’indicateurs d’alerte qui tiennent régulièrement tous les intéressés
au courant de l’évolution des variables et des rapports importants à l’intérieur du système ainsi
que des rapports essentiels entre le système et son environnement. »
En termes de méthodes de financement, Coombs (op.cit.) pense notamment à « : la
budgétisation des programmes en fonction d’objectifs déterminés à réaliser ; le système PERT
pour l’établissement de programmes et de projets complexes ; diverses méthodes pour l’analyse
des coûts et l’évaluation du rapport coût-efficacité ainsi que les techniques de l’analyse du
rapport coût-bénéfice qui s’y rattachent »,
Au titre des personnels d’enseignement, Coombs (op.cit.) indique que «, il est nécessaire
que des indicateurs fassent connaître les tendances de la répartition du personnel enseignant
par âge, par qualifications, par échelles de salaires et par ancienneté, ainsi que les
changements survenus dans le nombre d’élèves par classe dans chaque partie du système et
dans le nombre d’heures de service. »
48

�Au sujet de la gouvernance, la politique sous-sectorielles des ESSRS7 (2010-2025, p.7),
8 préconisait que « la décentralisation soit diligemment accompagnée d'une déconcentration
des services de l'État dans le but de renforcer les capacités d'action des collectivités
territoriales », et que « la déconcentration des services de l’administration financière doit être
poursuivie, en vue d’accompagner la décentralisation.
Selon le Document de Réflexion et d’Orientation (DRO) de la CONFEMEN (2018,
p.111), « L’obligation de rendre des comptes est cruciale pour améliorer un système éducatif,
mais elle doit être, non pas une fin en soi, mais un moyen au service des finalités de l’éducation
Pour Coombs (1970, p. 68), « l’éducation est devenue la plus grande entreprise économique et
exerce une influence majeure sur l’ensemble de l’économie et de la société (…). Il en conclut
qu’ « on peut difficilement se permettre de l’administrer à la manière d’une modeste entreprise

familiale. Elle doit fonctionner les yeux grands ouverts. »
II.3.7 : Les avantages de la planification en éducation
Les avantages de la planification en éducation sont d’abord ceux de la planification en
général. (Carron et al. (2013) ; Carron et al. (/2014) ; Blanc, G. et al. (n.d). ils se présentent
comme suit :
Citant Capron, J.W Farley, J.M. Hubert, (1994) Blanc et al. (n.d, p. 5) indiquent que «
la planification stratégique peut véritablement améliorer la performance, mais [que] ce n’est
pas une condition nécessaire. »
Pour Blanc et al. (n.d, p.11), « Le système de planification présente d'abord l'avantage
de rassurer l'organisation. Par l'approche rationnelle et rationalisante qu'il met en jeu, il
nourrit le mythe d'une maîtrise parfaite des circuits de décision, et de l'existence implicite d'un
"one best way", pourvu que les informations pertinentes aient été recueillies et analysées
efficacement. Il nourrit le mythe d'une organisation cohérente et professionnelle qui ne laisse
rien au hasard. » Par ailleurs la planification stratégique présenterait les avantages suivants
(Blanc et Al, n.d, p11) :
« le système présente l'avantage d'être un système de décision qui "colle" à la
structure, servant ainsi de repère aisément identifiable par tous et destiné à constituer
l’enveloppe du système de pilotage à court et moyen terme. En effet, s'agissant d'un
système de procédures routinières et codifiées dont le circuit est limpide et stable, le
système de planification stratégique joue le rôle d'un instrument de communication à
l'ensemble de l'organisation en prévoyant des plages précises de dialogue et d'échange
7

Enseignements secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique

49

�entre fonctions, opérations et direction. En un temps où la décentralisation et l'autonomie
sont érigées en religion, tout ce qui est de nature à fédérer les unités de l'organisation
n'est par conséquent pas à négliger. »
Enfin, en termes de communication et de motivation la planification stratégique
présente les avantages comme indiqués : « [La planification] peut donc constituer un instrument
de mobilisation et de motivation, qui, s’il ne garantit pas parfaitement la cohérence et la
convergence des objectifs et des moyens chères aux contrôleurs de gestion, du moins contribue
à la consolidation de l’identité de l’entreprise » p.11.
II.3.8 : Les limites de la planification en éducation.
La planification en général et la planification en éducation en particulier connait des
limites selon Fisette (1986), Blanc. et al. (, n.d) et Mintzberg (1993).
La planification selon Blanc et.al. (n.d), part de certains présupposés : 1- « une stabilité
de l’environnement » où «[…] le futur est pour une large part, une projection des tendances
actuelles et pour le reste dicté par des ruptures dont la dimension et le sens sont essentiellement
prévisibles ; » 2- « une rationalité des choix » où « l'organisation constitue l'opérateur d'une
rationalité collective résultant de la combinaison de rationalités individuelles poursuivant un
optimum économique » et où « Les contradictions irréductibles d'intérêt entre entités,
l’ambiguïté et l'incertitude de l'information disponible, et les possibilités de la manipuler
n'[auraient] pas lieu d'être ». Daft et Lengel (1986) dans Blanc et al. (n.d p.2 ) pensent que
« certaines situations peuvent s’apparenter à des mystères dont la solution ne peut être trouvée
au travers de procédures rationnelles, » et que «[…] la rationalité de la procédure à mobiliser
est inversement proportionnelle à l'importance de l'incertitude de la situation à traiter. ».
Quant à Mintzberg (1993), cité par Blanc et al. (n.d), il indique deux perspectives de
planification : la perspective du « right-hand planner » plus ou moins efficace dans un
environnement stable et celle de « left-hand planner » où l’environnement est très incertain et
où la planification est de peu d’aide.
Selon Fisette, (1986, p.58) « La qualité des informations substantives, c'est-à-dire des
informations sur l'objet manipulé dans le processus de planification, n'est pas toujours un enjeu
déterminant de l'efficacité de l'action sur cet objet. » Fisette (op.cit.) ajoute ceci :
« L'enjeu ici, au plan de l'action et de la connaissance substantive de
l'objet, c'est le degré potentiel de généralisation des expériences réalisées. Moins
les connaissances théoriques sont universelles, explicatives et prédictives, plus
l'efficacité des moyens dérivés est contingente et marquée historiquement. En ce
50

�qui concerne les problèmes pratiques il s'agira cependant de déterminer dans
quelle mesure le même objet de connaissance est susceptible d'apparaître de façon
identique. »
II.3.9 : Les difficultés de la planification en éducation.
La planification en éducation connait des difficultés liées entre autres à sa nature, à ses
méthodologies et à son champ d’application (elle est appliquée dans un secteur dit public et qui
n’est pas concurrentiel.).
En ce qui est de sa nature, la planification relève des sciences sociales. Elle est une
science qui vise la réalisation d’actions dans le futur, domaine des incertitudes. Les
connaissances scientifiques étant encore fragmentaires, les prévisions restent incertaines selon
Blanc et al. (n.d).
Concernant l’efficacité de la planification, Blanc et al. Posent la question de savoir s’il
est possible d’évaluer la planification stratégique. Et comme ils le soulignent, « Le déclin de la
planification ne tient pas tant à la preuve de son inefficacité, particulièrement difficile à établir,
qu'à la pertinence de son utilisation, compte tenu du contexte interne ou externe dans lequel
évolue l'organisation. » p.5. Se référant aux travaux de M.J. Foster, 1986, D.K. Sinha, 1990, C.
Chet, D. Miller et L.B. Cardinal, 1994, Blanc et al. (n.d) soulignent la difficulté de « déterminer
la nature positive ou négative des liens unissant planification stratégique et performances de
l'entreprise. » Aussi est-il difficile de déterminer « Comment évaluer l'usage (bon ou mauvais)
de la planification, comment établir (ou vérifier) le lien entre les décisions réellement adoptées
et l'instrument dont on mesure l'efficacité (avec en particulier le risque de tautologie : les firmes
rentables planifient parce qu’elles sont rentables), et enfin quelle validité donner à des
corrélations statistiques entre d'un côté des variables financières et de l'autre des variables
portant sur un outil de management. »
Des difficultés d’ordre pratique d’implication des acteurs de la mise en œuvre et des
partenaires comme ceux de la société civile, du secteur privé et association des professionnels
de l’éducation : selon Carron et al. (2014b, p. 14) comme il le souligne « […] le fait d’impliquer
le personnel au niveau local reste une tâche complexe, qui demande beaucoup de temps et des
ressources humaines et financières considérables. La manière la plus efficace de procéder
consisterait à organiser une série d’ateliers à ces niveaux locaux, au moment des étapes
charnières de la planification (diagnostic, détermination des objectifs et des priorités, et
probablement conception du programme. »

51

�Au niveau de la mise en œuvre des résultats des recherches en éducation, un certain
cloisonnement entre activités de recherche en éducation et activités d’enseignementapprentissage, pour ne citer que cet aspect, ne favoriserait pas une application efficace et
efficiente de certaines mesures pédagogiques et administratives (Ouédraogo, 2016, Kaboré,
2011). Le parallèle entre recherche en planification/administration et activités de
planification/administration n’est-il pas tout aussi valable ?
Au terme de ce point sur la planification pour la qualité en éducation, il apparait que la
planification est une vision du devenir de l’organisation, c’est aussi l’identification des facteurs
économiques, sociologiques, politiques et psychologiques pouvant déterminer les changements
positifs, bref le développement ; c’est aussi la détermination d’objectifs éducatifs et la mise en
œuvre de mesures concrètes pragmatiques à même d’enclencher des changements d’ordre
économique social et culturel. Cependant, si pour certains auteurs, la planification en général
et la planification de l’éducation en particulier est comme un exercice à la scientificité et à
l’efficacité peu probante, pour d’autres, elle est essentielle. Et comme l’indique D. Cremasco
(1993) dans Blanc et al. (n.d, p.14), « la planification stratégique constitue une entreprise
risquée, mais […] l'absence de plans peut présenter des risques encore plus élevés. » La
question que l’on se pose est de savoir si les acteurs de la prise de telles décisions et de leur
mise en œuvre ont conscience de ces enjeux et ont les techniques nécessaires pour cela. C’est
ce qui va constituer l’objet des investigations sur le terrain au sein des institutions scolaires et
éducatives de l’enseignement secondaire dans le Sud-Ouest du Burkina Faso. La partie suivante
aborde la méthodologie de base de la recherche.

52

�Chapitre III : Méthodologie de la recherche
Pour Savoie-Zajc et Karsenti, (2004) in De Saint-André et al. (2010 :4), « […] la
méthodologie […] est étroitement liée aux choix théoriques et épistémologiques », lesquels ont
des visées soient prescriptives soient heuristiques. Nous faisons le choix d’une méthodologie à
visée heuristique ou descriptive qui, selon Bressoux et al., (1999), Bru, (2002a) et Altet (2003)
cités par de Saint-André et al. (2010) permettent d’explorer les pratiques. À la méthodologie de
recherche à visée descriptive correspondent des méthodes de collecte de données précises. Nous
voulons sous cette rubrique, présenter la méthodologie ayant servi de base pour la partie
pratique du présent travail. Il s’agit de décrire les méthodes de collecte de données, les
instruments ayant servis à la collecte de ces données. Il est aussi question de déterminer le
champ de la recherche, de spécifier le public cible. Le procédé d’échantillonnage y est décrit
ainsi que le mode d’administration des outils de collecte de données et enfin le mode de
traitement des données recueillies.
III.1. Méthode de collecte des données
Les méthodes de recherche pour Savoie-Zajc et Karsenti (2004) dans De Saint-André et
al. (2010), renvoient aux moyens utilisés pour collecter et analyser les données. Elles
constituent des options d’opérationnalisation des méthodes. Pour Dépelteau (2003), les
méthodes de collecte de données peuvent être quantitatives, qualitatives ou les deux à la fois
(mixtes). Dans le cadre du présent travail, la collecte de données repose sur la méthode mixte
quantitative et qualitative. Aux méthodes de collecte de données correspondent des instruments
précis de collecte et d’analyse.
III.2. Instruments de collecte de données
Au regard de la démarche de recherche adoptée et des méthodes y relatives, les
instruments de collecte de données suivants ont été privilégiés : il s’agit du questionnaire, de
l’entretien semi-dirigé encore appelé entrevue et de l’analyse documentaire. Le questionnaire
nous permet de récolter une certaine quantité de données. Gagné et al.,(1989), Fortin, (2006),
cités par De Saint-André et al. (2010 :165) décrivent le questionnaire comme suit : « L'enquête
par questionnaire porte généralement sur un échantillon de grande taille choisi de façon
aléatoire au sein de la population de recherche afin qu'il soit représentatif de cette population.
Le questionnaire peut comporter des questions fermées et/ou ouvertes. » Quant à l’entretien
semi-dirigé, il permet la collecte et l’examen des données qualitatives à savoir les perceptions,
les sentiments et les non-dits (Dépelteau, 2003). L’entretien semi-dirigé peut se faire en face53

�à-face ou par téléphone selon De Saint-André et al. (2010). Et pour Savoie-Zajc, (2003) cité
par De Saint-André( 2010, p. 168 « Un des avantages de l'entretien semi-dirigé, ou non dirigé,
est qu'il permet d'obtenir des données détaillées sur les pratiques [...] et pour Charron (2004),
cité par De Saint-André et al. (2010, p. 166) « Un des points forts de l'entretien en face à face
est qu'il facilite l'établissement d'une relation de confiance. » l’analyse documentaire selon
Dépelteau. (2003) permet la collecte et l’analyse des contenus explicites, mais aussi latents des
documents écrits.
III.3. Le champ de la recherche
Nous avons choisi de situer le champ d’application de la partie pratique du présent
travail sur les administrations scolaires notamment les services des lycées et celles éducatives,
en l’occurrence, les services de la direction régionale et des directions provinciales des
enseignements post-primaire et secondaire de la région du Sud-Ouest. Les raisons sont que nous
y avons le plus séjourné et avons une connaissance plus ou moins précise des services et des
personnels y travaillant et donc de connaitre plus de chance d’optimiser la collecte de données.
III4. La population cible
La population concernée par la présente recherche est l’ensemble des acteurs des
structures déconcentrées en charge de la planification et de la gestion de l’enseignement
secondaire de la région du Sud-Ouest. La population concernée par le questionnaire est indiquée
dans le tableau ci-dessous :
Tableau 12: population cible du questionnaire
Population Nombre
Observations
cible
a-Les services de 12*1=12
la
direction
régionale

b-Les services des 7*5=35
directions
provinciales

c-Les services des
établissements de

4*15=60

Fiches
récoltées
Les chefs des services de la scolarité (01), des 08
études et de la planification (01), des ressources
humaines (01), des ressources financières et
matérielles (01), du genre (01), de l’encadrement
et de la formation pédagogiques (01), des examens
et concours scolaires (01), des TIC et de la
communication (01), de la citoyenneté (01), des
archives et de la documentation (01), des activités
sportives et culturelles(01) et le secrétariat (01)
Service de la scolarité (01), des études et de la 20
planification (01), des ressources humaines (01),
des ressources financières et matérielles (01), du
genre (01), de l’encadrement et de la formation
pédagogiques (01), des examens et concours
scolaires(01).
Quatre (04) services (provisorat, censorat, Vie 40
scolaire et Intendance) dans quinze (15)
54

�l’enseignement
secondaire

établissements secondaires, dont un
l’enseignement technique et professionnel.

Total
fiches
attendues :
107
Source : l’auteur

de
Total
fiches
récoltées
68

NB : Un nombre important de fiches n’ont pas connu de retour, certainement dû à un
manque de volonté de communiquer, ou soit pour des contraintes liées aux activités de fin de
trimestre, les fiches ayant été dispatchées dans la deuxième semaine du mois de mars, période
correspondant à la finalisation des activités du trimestre, notamment dans les lycées.
Nous avons aussi procédé par entretien non-directif (Dépeltéau, 2003) sur au total vingtsix (26) agents des services déconcentrés soit douze (12) des lycées et quatorze (14) de la
direction régionale et des directions provinciales des enseignements post-primaire et secondaire
dans la région du Sud-Ouest.
Les analyses documentaires ont quant à elles porté sur deux plans d’amélioration
scolaire et de leur guide d’élaboration, d’un programme et d’un rapport d’activités de la
direction régionale et d’une direction provinciale, d’un rapport de réunion de services et d’un
rapport de Conseil de direction.
III.5. L’échantillonnage.
L’échantillonnage pour le questionnaire qui a concerné les responsables des différents
services dans les structures ayant en charge la question éducative dans la région du Sud-Ouest
est choisi selon la méthode aléatoire. En ce qui concerne les entretiens, ils ont été réalisés avec
les chefs des services indiqués dans le tableau ci-dessus, soit directement sur place, soit par
appels téléphoniques. Les entretiens sur place –quinze- ont concerné les chefs de service de la
DREPS du Sud-Ouest et de la DPEPS-Poni8. Les appels téléphoniques ont pu s’effectuer avec
onze (11) autres chefs de service des provinces. L’analyse documentaire a concerné les
programmes d’activités de trois services au niveau des structures éducatives ; deux plans
d’amélioration scolaire de lycées, assortis d’un guide d’élaboration y afférent ont pu être
analysés.

8

Province d’installation de la Direction régionale et provinciale des enseignements post-primaire et
secondaire et de résidence de la famille de l’auteur du présent mémoire.

55

�III.6. La validation et l’administration des outils
Il s’est agi pour le présent travail de passer d’abord par une phase de test des outils de
collecte de données. Cela a consisté à administrer le questionnaire dans un lycée, ce qui a permis
de faire des corrections de forme et de préciser certaines questions adressées aux participants.
L’administration et la collecte des données ont été effectuées en notre présence pour ce qui
concerne les services de la DREPS du Sud-Ouest, de la DPEPS du Poni et des lycées de la
Commune de Gaoua, ce qui a permis certains échanges de clarifications, mais aussi de collecter
des informations du domaine des non-dits. Ensuite, des entretiens ont pu être réalisés
directement avec certains enquêtés ce qui a permis de compléter le questionnaire. Les entretiens
téléphoniques et les analyses documentaires, en sus de notre présence directe sur les lieux lors
de la collecte des questionnaires, comme lors des entretiens ont permis de faire des
triangulations et de parvenir aux conclusions relatives aux hypothèses émises.
III.7. La méthode de traitement des données recueillies
La problématique de la présente recherche telle que nous l’avons décrite au chapitre I
point 3, est partie du problème de la recherche de qualité dans l’éducation tel que ressenti par
certains acteurs et tel que le révèlent les évaluations aux niveaux internationaux et internes au
Burkina. Les données collectées par les instruments de la méthode mixte quantitative et
qualitative suivent ainsi la démarche à la fois hypothético-déductive et inductive de recherche.
Selon Dépelteau (2003) le chercheur, observateur des faits de son champ de recherche en arrive
inéluctablement à des conclusions tirées (induction) de cette saisie des multiples faits par les
sens. La déduction, selon Descartes référé ici par Dépelteau (2003) part des conclusions, des
connaissances intuitives que nous permettent notre capacité à penser, à raisonner, et de laquelle
nous jugeons que ce que nous pensons est juste ou vrai. Des faits recensés en nombre par les
questionnaires et complétés par nos observations et analyses de documents, nous tirons des
conclusions (inductions), et des faits et gestes issus des entretiens, nous faisons des déductions.

56

�Chapitre IV : Présentation des Résultats
La problématique relative aux perceptions et aux pratiques de la planification en vue
d’atteindre le développement qualitatif de l’éducation nous a amené à élaborer des instruments
de collecte de données. Ces instruments ont permis de recueillir des informations que nous
avons traitées sous le présent chapitre en les rubriques suivantes : une présentation suivie d’une
analyse et interprétation des résultats et enfin l’infirmation ou la confirmation des hypothèses.
Pour ce faire nous partons de la structuration des hypothèses et des variables telles que nous les
avons élaborées au point I.3.3.
IV.1 : Présentation, analyse et interprétation des résultats
Les lignes suivantes présentent les résultats sous forme de tableaux ou de graphiques
avec leurs analyses et interprétations. Les entretiens réalisés en face à face ou par téléphone ont
permis de vérifier certaines déclarations contenues dans les questionnaires.
IV.1.1 : La perception de la planification et de la qualité de l’éducation
Tableau 13: les définitions de la planification et de la qualité en éducation
Concepts

Nombre de
répondants

Planification 18/68

Nombre de
définitions
substantielles

Pourcentage

Nombre de
définitions
interprétatives

Pourcentage

Nombre
de
définitions
holistiques

Pourcentage

6

33%

12

67%

00

00%

14

21%

54

79%

00

00%

en éducation
Qualité en

68/68

éducation
Source : l’auteur
Dans ce tableau 13, une proportion importante d’enquêtés donne une définition
interprétative de la planification et de la qualité en éducation (67% et 79%). Aussi, un nombre
important ne donnent pas de réponse à la question sur la définition du concept de planification
de l’éducation. Par ailleurs, les interviews menées simultanément à la collecte et post collecte
révèlent une approche relativement hésitante des enquêtés sur la notion.
Tableau 14 : planification et qualité en éducation : rôle
Nombre de répondants
68

Nombre de répondants
68

Pourcentage
100%

57

�Le tableau 14 indique que tous les enquêtés accordent à la planification un rôle
prépondérant dans l’atteinte de la qualité en éducation. N’est-ce pas là une attitude
contradictoire par rapport aux faits tels qu’ils apparaissent au tableau 19 ? Par ailleurs, n’est-ce
pas là faire preuve d’un optimisme exagéré et l’indication d’une certaine naïveté de la part des
enquêtés ?
IV.1.2 : les pratiques en planification de l’éducation
Tableau 15 : les profils professionnels des enquêtés
Conseillers

Conseillers

d’Intendanc

d’Administratio

e Scolaire et

n Scolaire et

Universitair

Universitaire

e

10

Conseiller

Professeu

s en

r Certifiés

Ressource

des

s

Lycées et

Humaines

Collèges

00

30

11

Conseillers
d’Orientatio
n Scolaire et

Conseillers

Encadreurs

d’Éducatio

pédagogique

n

s

10

06

Professionnel

01

Tota
l

68

Source : l’auteur
D’après le tableau 15, le personnel enseignant (Professeur certifié) et d’encadrement
(encadrement pédagogique et de vie scolaire) prédominent dans les administrations scolaires et
éducatives. Les compétences supposées en planification pédagogique ne sont-elles pas des
atouts

et

pourraient-elles

servir

de

tremplins

à

la

planification

stratégique

et

opérationnelle ailleurs qu’en classe ?
Tableau 16: représentation des hommes et des femmes enquêtés
Hommes

Pourcentage
64

Femmes

94%

Pourcentage
04

6%

Source : l’auteur
Le tableau 16 montre une très faible représentation des femmes au niveau des services
de l’enseignement secondaire des structures déconcentrées du ministère de l’éducation dans la
région du Sud-Ouest, ce qui indiquerait un problème d’équité et qui pourrait dénoter d’une
éducation de qualité insuffisante dès sa planification quand on sait le rôle tant important des
couches de la société dont les femmes dans la prise de décisions équilibrées.
Tableau 17: Proportion des enquêtés, formés et non formés en planification de l’éducation
Nombre

Nombre

d’enquêtés

formés

68

23

de Proportion

Nombre de non Proportion
formés

33%

45

67%

Source : l’auteur

58

�Le tableau 17 indique qu’une faible proportion des agents des services des structures
scolaires et éducatives a bénéficié de formation en planification locale ou micro-planification
ces cinq dernières années. Ces services se révèlent être essentiellement ceux en charge des
études et de la planification, ceux de gestion des ressources financières et matérielles et dans
une certaine mesure, certains agents dans les établissements scolaires dans le cadre de la mise
en place des Plans d’Amélioration Scolaires (PAS) entrepris par le Projet d’Amélioration de
l’Accès et la Qualité de l’Éducation (PAAQE) intervenant dans la région.
Table 9 : Existence de documents de politiques générales
Question : avez-vous connaissance de documents de planification du développement et/ou
d’administration du Burkina ? Si oui, lesquels ?
Le tableau 18. Connaissance des documents généraux de planification et d’administration
Documents

Nombres

Présence/connaissance Pourcentage

d’enquêtés

de documents

PNDES 2016-2020
Plans régional et communaux de
développement
Texte d’Orientation de la
Décentralisation
Source : l’auteur

%

68
68

6
01

8,82
1,47

68

02

2.94

Le tableau 18 indique qu’un faible nombre de participants ayant répondu à cette question
connaissent les documents généraux de planification et d’administration.
NB : un nombre important d’enquêtés n’ont pas répondu à cette question, ce qui indique
soit une grande ignorance des documents de planification du développement. Effectivement,
les entretiens menés ont confirmé cet état de fait car il était difficile pour ceux interrogés de
citer ou donner un objectif spécifique contenu dans l’un ou l’autre de ces documents.
Tableau 19: Existence/connaissance des documents de politiques éducatives
Question : Avez-vous connaissance de documents de politique éducative ? Si oui, lesquels ?

Documents

La loi d’orientation de l’éducation de
2007
La Politique sous-sectorielle des ESSRS
2010-2025
La PN-EFTP 2008-2025
Le PSEF 2017-2030
Source : l’auteur

Nombre
d’enquêtés

Connaissance/ Présence
de documents de
politique éducative

Pourcentage
%

68

40/68

58,82

68

02/68

2,94

68
68

2/68
5/68

2,94
7,35

59

�Dix-neuf (19) enquêtés n’ont donné aucune réponse à cette question. De deux choses,
l’une : soit, ils n’ont pas compris la question ; soit, ils n’ont connaissance de l’existence d’aucun
document de politique éducative.
Tableau 20: les documents de politiques éducatives internes aux structures
déconcentrées.
Question : quels documents contiennent-ils vos politiques éducatives ? Cochez la/les
case-s qui vous convient/conviennent.
Documents

Nombre

Présence/connaissance

Pourcentage

d’enquêtés

de documents

%

Les programmes d’activités

68

14/68

20,59

Les rapports d’activités

68

16/68

23,53

Les comptes rendus de

68

8/68

11,74

Les Plans d’Action

68

8/68

11,74%

Les Cartes Educatives

68

8/68

11,74%

Le Projet d’établissement

68

22/68

32,35%

réunions et de rencontre

Source : l’auteur
Il ressort du tableau ci-dessus qu’une faible proportion de service dispose de
programmes d’activités et des rapports y afférents, ainsi que des rapports de rencontre. Par
ailleurs, les entretiens avec les acteurs des structures décentralisés et les partenaires sociaux
(syndicats et bureaux des parents d’élèves) montrent aussi un niveau faible d’implication de ces
acteurs aux prises de décision au niveau local (régional, provincial et lycées).
Cependant, aux termes de ces entretiens, les Plans d’Actions (PA), les programmes
d’activités, des rapports d’activités et de réunions, des Cartes éducatives et des Plans
d’amélioration scolaire (PAS) existent, élaborés, mais détenus par quelques services dans les
structures.
IV.2 : Infirmation ou confirmation des hypothèses
La problématique du présent travail a été posée autour de la perception qu’ont les acteurs
sur la planification en éducation pour l’atteinte de la qualité en éducation. Elle a aussi portée
sur les pratiques de planification dans les services des structures éducatives et scolaires de
l’enseignement secondaire au Sud-Ouest du Burkina Faso

60

�Pour ce qui concerne la perception de la planification et ses enjeux, les résultats issus
de la collecte des données indiquent que l’ensemble des acteurs ont une perception positive de
la planification en éducation, même si la plupart (54%) évoquent la qualité de l’éducation et la
planification en éducation (75%) en des termes interprétatifs. Certains des enquêtés interviewés
avancent cependant les taux de flux et ceux de succès entre autres au sujet de la qualité ; d’autres
évoquent aussi des taux à atteindre par la planification.
Même si l’ensemble des enquêtés (100%) croient en l’efficacité de la planification de
l’éducation à atteindre la qualité en éducation, un bon nombre de répondants (40/68) ont esquivé
la question relative à la définition du concept de planification de l’éducation. Les entretiens
montraient déjà cette difficulté à donner une quelconque définition au concept de planification.
On pourrait alors conclure à une conception partielle et parcellaire sinon à une certaine
ignorance de la planification de l’éducation de la part des acteurs enquêtés ; par voie de
conséquence, nous défendons une confirmation de l’hypothèse numéro 1.
L’hypothèse numéro 2 de la problématique a porté sur les pratiques de planification par
les acteurs. Nous avons voulu savoir combien de services disposent des documents de
planification du développement économique et social au niveau national et local, et que savent
les enquêtés de leurs contenus ; combien de services connaissent les politiques éducatives et
combien élaborent et disposent de documents internes relatifs à leurs actions éducatives. Au
constat, très peu de services disposent des documents (national et régional) de planification du
développement économique et social (cf. tableau 18 et 19); de même, les documents de
politique éducatives sont largement ignorés (cf. tableau 20). Il existe cependant des documents
internes de planification propres aux structures et non aux services et donc méconnus de ceuxci. Par ailleurs, très peu d’agents (33%) ont bénéficié de formation en planification. Les
éléments ci-dessus indiquent des difficultés de planification, sinon des insuffisances en
planification dans les structures scolaires et éducatives de l’enseignement secondaire et ainsi
concourent à la confirmation de l’hypothèse n°2 de la présente recherche.
Le chapitre ci-dessus a présenté les résultats de la collecte des données au sujet de la
perception et des pratiques planificatrices dans les structures scolaires et éducatives de
l’enseignement secondaire dans le Sud-Ouest du Burkina Faso. Les résultats analysés et
interprétés montrent des tendances indiquant des forces, mais surtout des insuffisances. Les
hypothèses émises le confirment bien. Ceci nous conduit aborder le chapitre sur la discussion,
l’implication et les suggestions.

61

�Chapitre V : Discussions, implications, suggestions
Ce chapitre aborde le présent travail de recherche sous les aspects discussions,
implications et suggestions, au terme de la présentation et de l’analyse des données récoltées
ci-dessus faites.
V.1 : Discussions
Nous discutons les conclusions que révèlent les données collectées, à la lumière des
théories positivistes en planification de l’éducation d’une part ; de l’autre il est question
d’examiner ces résultats à la lumière des approches dites discursives, interprétatives ou encore
communicationnelles.
V.1.1 : Discussions sous l’angle positiviste.
La théorie positiviste d’Auguste Comte postule le monde comme une réalité existant en
dehors de toute conscience. La connaissance consiste à la saisie de cette réalité. En matière
éducative, la planification consiste à la recherche des faits et des phénomènes en vue d’agir sur
eux, pour l’atteinte des objectifs escomptés. Notre recherche à aboutit aux conclusions que les
enquêtés ont une maîtrise relativement insuffisante de ces réalités : les concepts et leurs
opérationnalisations, les réalités institutionnelles environnementales des enquêtés et les réalités
internes.
❖

Les concepts et de leurs opérationnalisations

Les concepts et les conditions de leurs opérationnalisations ne sont pas assez clairs chez
les acteurs, ce qui pourrait expliquer les difficultés à concevoir des documents en la matière et
l’absence constatée de documents de planification dans la plupart des services.
❖

Les priorités internes aux services et structures

Les enquêtés ont une connaissance relativement vague de leurs besoins et priorités, ceux-ci
n’étant pas toujours consignés dans des documents formels, en données, indicateurs, objectifs
et cibles. Des documents existent, mais au compte de la structure toute entière, comme
documents de planification opérationnelle (programmes et rapports d’activités), en lien avec
les structures centrales ; il existe aussi des documents internes de planification (Plan d’Action,
Plans d’Amélioration Scolaire), mais de portée annuelle, en sus des Cartes Educatives
élaborées à partir des annuaires (nationale et régionale).
❖

la connaissance de l’environnement institutionnel et organisationnel

La connaissance de l’environnement institutionnel et organisationnel est relative chez
les enquêtés, et la maîtrise des priorités des services hiérarchiques ne sont pas évidentes. De
62

�même les dotations et subventions budgétaires de la part des structures centrales comme des
partenaires techniques locales, la participation à la réalisation des activités des services externes
centrales ou locales (régionales, provinciales) restent indéterminées et/ou incertaines, ce qui
indique une planification à tendance contingente des activités dans les structures déconcentrées.
V.1.2 : Discussions sous l’angle interprétativiste
La part de l’informel, de l’inattendu, ou tout au plus des connaissances intuitives dans
la saisie des faits passés ou présents et dans la réalisation des activités d’administration et/ou
de planification de l’éducation et que révèlent les enquêtes menées dans le cadre du présent
travail de recherche révèle le côté discursif interprétatif que doivent revêtir les pratiques en
planification de l’éducation. En effet, selon cette approche, les faits sont des construits, et
l’homme ne les saisit qu’en interaction avec les autres. La mise en œuvre des actions en
éducation demande l’intervention de plusieurs acteurs dont les compréhensions ou les intérêts
divergent, d’où la nécessité de leur forte implication, et la nécessité du dialogue pour parvenir
à des consensus dans les décisions et les stratégies de mise en œuvre. C’est à ce prix que l’on
peut arriver à des résultats d’un certain niveau de satisfaction aux yeux des acteurs.
Dans la même veine que les approches discursives, les approches culturelles qui prônent
la considération des facteurs culturels déterminant les changements positifs en éducation
comme ailleurs, invitent à une communication horizontale entre acteurs. Cette communication
qui implique tous les acteurs de l’organisation est gage de réussite des activités de planification
de l’éducation.
V.2 : Implications
Les résultats de la présente recherche révèlent ce qui suit : 1-la planification éducative
dans les structures déconcentrées, comme elle se présente dans l’enseignement secondaire au
Sud-Ouest du Burkina,

est à tendance descendante, verticale ; 2-

les connaissances et

compétences conceptuelles, techniques/technologiques et communicationnelles sont

à

dominance intuitives et informelles en ce qui est de la planification administrative de
l’éducation ce qui implique des changements de paradigme de planification aux niveaux
organisationnel et pédagogique.
❖ Au niveau organisationnel.
D’un côté, les théories positivistes rationalistes postulent une maîtrise objective du
monde et des lois en présence afin de pouvoir procéder aux transformations voulues. Les
théories interprétatives quant à elles suggèrent des interactions humaines et sociales, lesquelles
permettent des connaissances temporelles et temporaires des réalités. En lien avec ces positions
63

�se dégage une nécessité pragmatique d’implication de tous les acteurs dans les différentes
structures organisationnelles. Parlant d’éducation, les acteurs de l’éducation sont en même
temps les clients de cette œuvre éducative selon Naji (2019). L’éducation de qualité, c’est cette
éducation qui répond à leurs besoins. Ces acteurs identifiés ne sauraient être ignorés dans les
prises de décisions de leur mise en œuvre. Il serait alors bon que les différents acteurs du
sommet à la base soient impliqués à toutes les étapes, ce qui nécessite une relecture des
attributions des structures pour donner plus de responsabilités aux structures opérationnelles ;
aussi, cela implique-t-il de procéder à une déconcentration et/ ou décentralisation réelle
(responsabilisation accrue et réelle des structures déconcentrées, et/ou autonomisation des
établissements scolaires).
❖ Au niveau pédagogique.
Le changement de paradigme à ce niveau consiste à épouser les pratiques pédagogiques
des théories rationalistes et interprétatives selon lesquelles, respectivement, la connaissance nait
de l’action de l’homme sur le monde, mais aussi des interactions entre les hommes sur le monde.
Ceci implique qu’il soit permis aux acteurs de l’éducation d’être au centre des actions de
planification que ce soit dans le cadre d’enseignement-formation -apprentissage initial ou de
pratiques professionnelles.
❖ Au niveau de la communication
Le changement de paradigme de planification appelle la mise en œuvre de stratégies
communicationnelles tout aussi horizontales de sorte que les chargés de la mise en œuvre, aussi
bien que les décideurs politiques comprennent leurs missions individuelles et collectives dans
l’organisation et y œuvrent à l’atteinte des différents objectifs.
V. 3 : Suggestions
Au regard des implications qu’appellent les résultats du présent travail de recherche, les
suggestions suivantes sont adressées à l’endroit des acteurs à savoir les décideurs politicoadministratifs, au niveau central et déconcentré, aux autorités pédagogiques et à l’endroit des
agents, acteurs et partenaires de l’éducation dans leur ensemble.
V.3.1 : À l’endroit des décideurs politiques et administratifs
Ces décideurs politiques sont ceux au niveau tant bien central que déconcentré et
décentralisé. La déconcentration et/ou la décentralisation demande une volonté politique et un
engagement personnel et collectif dans la prise de décisions et de leur mise en œuvre. L’effort
de démocratisation dans la prise de décisions au niveau du secteur de l’éducation, pour qu’elle
soit de qualité doit aller au-delà des implications numériques des acteurs aux différents niveaux
64

�hiérarchiques pour inclure leurs pratiques culturelles diverses tant en matière administrative et
organisationnelles

qu’en

matière

d’enseignement-formation-apprentissage :

impliquer

numériquement de façon hiérarchique les acteurs, mais aussi partir de leurs pratiques culturelles
porteuses de changements positifs selon Hallak (2000). Cela pourra se faire en collaboration
avec les différents spécialistes imprégnés des divers facteurs et conditions de changements
qualitatifs. Les pratiques communicationnelles qui siéent pourraient aussi être adoptées tant
dans les structures formelles d’éducation que dans les cadres non-formels et informels.
V.3.2 : À l’endroit des autorités pédagogiques
Au regard des difficultés conceptuelles, techniques et technologiques liées aux concepts
en planification et qualité de l’éducation et de leurs mises en œuvre, au regard des contraintes
tant environnementales qu’internes, eu égard aux difficultés de mobilisation des acteurs et des
partenaires autour des questions éducatives, la nécessité des formations initiales et continues en
planification, communication et en mobilisation des ressources se fait sentir. Aussi, les
pratiques de communication horizontale enseignées et pratiquées dans ces cadres formels
pourraient être perpétuées dans les cadres formels et informels d’exercice professionnel.
Par ailleurs, l’éducation mobilise un monde divers de professionnels exerçants dans des
domaines qui, quoique spécifiques, se complètent et concourent à l’atteinte des objectifs
éducatifs. Les acteurs tendent à travailler en cloison. En exemple, il est ressorti que bien de
services n’ont seulement ne planifient pas formellement leurs activités, mais ne sont pas
impliqués dans la planification des activités de leurs structures d’appartenance. Le
décloisonnement des services et de leurs activités dans les organisations est-elle souhaitable ?
Si oui, cela est-il réalisable dès les cadres formels de formation ?
V.3.3 : À l’endroit des partenaires sociaux.
Le droit à l’éducation étant un droit social reconnu aux citoyens et consigné tant dans
les textes internationaux (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme) sous régionaux
(Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples) et nationaux (Constitutions), il reste
une responsabilité individuelle et collective à assumer quant à son effectivité, mais surtout à sa
qualité. Conformément à cela, le devoir de redevabilité et de contrôle de la part de chaque acteur
vis –à –vis de lui-même et de toute la communauté se doit d’être assumé. Des comptes rendus
périodiques devraient constituer des exercices de redditions de compte institués au sein de
chaque structure scolaire et éducative pour l’avènement de la qualité en éducation.

65

�V.3.5 : À l’endroit des partenaires techniques et financiers.
Le présent travail de recherche nous a aussi permis de noter un fait frappant qui est la
quasi-absence de partenaires techniques et financiers dans la région au niveau l’enseignement
secondaire. Le seul qui intervient, à savoir le Projet pour l’Accélération de l’Accès et de la
Qualité en Education ‘PAAQE) est un projet étatique dont les financements proviennent pour
la plupart d’un Organisme international à savoir la Banque mondiale. Cependant, ce projet
intervient dans la région par l’intermédiaire, entre autres, d’agents de l’État des structures
déconcentrées exerçant comme point focaux. C’est au travers de cette structure que bien
d’établissements bénéficient de formations en planification et de ressources, notamment
financières et matérielles. Cependant, cet accompagnement pourrait s’accroître par une réelle
autonomisation budgétaire des établissements sur certaines priorités formulées par ces
établissements au regard de réalités spécifiques propres.

66

�Conclusion
Les pratiques en planification nous ont conduit à initier le présent travail de recherche,
dans le cadre des études entreprises en planification et gestion des structures éducatives à
L’Institut de Formation à Distance de l’Université Thomas SANKARA. Le sujet du travail qui
est « Perception des acteurs sur la planification du développement de l’éducation au secondaire
dans la région du Sud-Ouest du Burkina Faso » visait à examiner non seulement les perceptions,
mais aussi les pratiques de planification dans le domaine de l’éducation, en l’occurrence
l’enseignement secondaire dans son ensemble, pour en déceler les difficultés et les adresser.
Le travail de terrain a impliqué soixante-huit (68) services de quinze lycées, de quatre
(04) directions provinciales et de la direction régionale des enseignements post-primaire et
secondaire de la région ci-dessus indiquée. Si l’analyse a porté sur soixante-huit des 107
questionnaires initialement attendus, quinze chefs de service de ces structures déconcentrées
ont participé à l’entretien tandis les documents de bord de deux structures ont pu être examinés.
Tout en convenant que la planification est un domaine où le bon sens et les méthodes
scientifiques, la technologie et le jugement sont mêlés, le travail a abouti aux conclusions
suivantes : si les enquêtés ont une bonne perception, pour ne pas dire une perception trop
optimiste du rôle de la planification dans l’atteinte de la qualité de l’éducation, leurs
conceptions de la qualité comme de la planification en éducation sont parcellaires et d’ordre
interprétatif. Il ressort aussi que les pratiques planificatrices des acteurs sont plutôt de tendances
traditionnelles, contingentes et sont peu communicationnelles et implicatives ou démocratiques.
Cependant, nous convenons avec Demeuse &amp; Baye (2001) pour dire que les conclusions
auxquelles le présent travail est parvenu restent des probabilités et non des vérités
incontestables. Aussi, l’envergure de la recherche invite-t-elle à une interprétation réservée,
quant à la possibilité de généralisation des résultats issus du présent travail. Pour ce faire, au –
delà du présent travail, la référence documentaire ci-dessous établie pourrait servir aux lecteurs
et/ou aux chercheurs de sources d’inspiration inestimables.
L’intérêt et les raisons qui sous-tendent la présente recherche sont à loger au niveau
professionnel et scientifique. En effet, analyser et évaluer les facteurs contribuant à la
réalisation des objectifs éducatifs nous intéresse en tant que technicien de l’éducation à double
titre : celui de l’encadreur pédagogique et celui de planificateur de l’éducation. Après une
décennie de pratique enseignante comme professeur certifié puis une dizaine d’années dans
l’encadrement, nous avons toujours été intrigués par l’écart qui se trouve entre tous les efforts
consentis et les résultats auxquels nous parvenons à l’issue de la mise en œuvre des différents
67

�plans pédagogiques. Par ailleurs, depuis au moins cinq années nous nous intéressons à la
planification dans les structures déconcentrées et décentralisées de l’État avec le même constat
de la difficulté des différents services à être en phase avec les cibles fixées au niveau national
d’une part, et la résolution des problèmes spécifiques qui se posent aux structures.
L’observation des pratiques de management des structures éducatives (Collèges, lycées et
directions provinciales et régionales donnent à constater des pratiques de planification et de
gestions sans grande lisibilité ou visibilité.
Au niveau scientifique, à travers les cours que nous avons suivis en sciences de
l’éducation, notamment en planification et gestion des systèmes éducatifs et aussi à travers les
publications scientifiques au Burkina Faso, nous nous sommes rendu à l’évidence que si
beaucoup d’écrits existent, ils portent sur la qualité de l’éducation en ses aspects pédagogiques.
Très peu d’écrits le sont sur l’enseignement secondaire en ses aspects de planification et de
gestion. Nous osons alors croire que l’occasion de l’exercice du présent travail de recherche
aura suscité une réflexion individuelle, et au-delà, collective pour résorber les difficultés qui se
posent dans la planification et la gestion des structures éducatives et scolaires pour l’atteinte de
la qualité en éducation.
Comme toute œuvre humaine, le présent mémoire présente des insuffisances à loger à
trois (03) niveaux. Dans un premier temps, il faut noter la nature de la recherche. Ici est fait un
travail de recherche dans le domaine des sciences sociales où il est plutôt question de
probabilités que de certitudes selon Demeuse et Baye (2001) Les résultats auxquels nos
investigations sur le terrain nous permettent de parvenir ne pourront donc constituer de vérités
d’une scientificité incontestable, mais plutôt des pistes de compréhension des phénomènes de
planification et de gestion sur la qualité de l’éducation. Nous invoquerons, par ailleurs le fait
que cette recherche se mène au bout d’un temps de réflexion et de moyens aussi bien matériels
(documentaires) que financiers limités, celui de la formation comme planificateur de
l’éducation. Pour finir, le cadre limité du champ d’observation et d’expérimentation des
instruments de la recherche - celui du Sud-Ouest du Burkina Faso - ne peut conduire à des
généralisations incontestables des conclusions de la présente recherche.
L’analyse des politiques éducatives, des intrants, des processus, des produits donne lieu à des
constats d’insatisfaction, toute chose qui conduit à une interrogation des théories en
planification pour l’atteinte des objectifs qualitatifs en éducation.

68

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Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) 2016-2020. (Burkina
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Plan Régional de Développement (PRD) 2019-2023 du Sud-Ouest. ( Burkina Faso).
Plan Sectoriel de l’Education et de la Formation (PSEF) 2017-2030. (Burkina Faso)
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Weick, K. (1995), Sensemaking in organizations. Thousand Oaks : Sage publications.

xi

�Annexes
Annexe1 : Questionnaire aux agents des structures éducatives et scolaires de
l’Enseignement secondaire
Annexe 2 : Guide d’entretien avec les responsables des services des structures
déconcentrées de l’Enseignement secondaire de la Région du Sud-Ouest.
Annexe 3 : Guide d’entretien avec les partenaires de l’éducation (syndicats et
bureaux des APE ) du secondaire de la région du Sud-Ouest.
Annexe 4 : Matrice de Cadre Logique selon Carron et.al. (2014) IIPE, p24.

xii

�Annexe1 : Questionnaire aux agents des structures éducatives et scolaires de
l’Enseignement secondaire
UNIVERSITÉ THOMAS
SANKARA
--------------------------INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE A DISTANCE

BURKINA FASO
------------------------Unité - Progrès -Justice

----------------------------Étudiant : DABIRE Namwinyan
Tel
: 70 01 85 94/ 76 02 39 77
Email
: yandabire@yahoo.fr
WhatsApp
: 71 23 50 13

Année académique 2019-2020

Monsieur/madame
Dans le cadre de mes études à l’Institut de Formation Ouverte à Distance
de l’Université Thomas SANKARA, je mène une recherche sur la planification dans les
structures scolaires et éducatives dans le but de faire des propositions pour l’amélioration de la
qualité en éducation.
En remplissant le questionnaire ci-joint, vous contribuez énormément à la
collecte des informations indispensables à l’accomplissement de la recherche.
Soyez rassuré(e) que les données ainsi recueillies seront traitées dans la
stricte confidentialité.
Merci d’avance !

xiii

�Section A : Informations générales.
*Consigne : Vous aurez à remplir des pointillés en inscrivant l’information demandée, à cocher
des cases ou à écrire intégralement votre réponse.
1-Nom de la structure : ……………………………………
2-Nom du service :………………………………………………………………………………
3-Profil professionnel du responsable ou du chef du service :…………………………………..
*Cochez la bonne case
4- Sexe : Masculin

féminin

Cochez la cage correspondante à votre réponse. Pour certaines questions, vous pourriez cocher
plus d’une cage pour vos réponses.
Section B : La perception de la planification et de la qualité en éducation
5- Qu’est-ce que la qualité en éducation pour vous ?
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------6- Qu’est-ce que la planification en éducation pour vous ?
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------7-Quel(s) lien (s) y a-t-il entre la planification et la qualité de l’éducation ?
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Section C : Les pratiques en planification de l’éducation
8- Avez-vous suivi de formation en planification ces cinq (5) dernières années ?
8-1 : oui
5-2 : non
8.2- Si oui, précisez le thème : …………………………………………………………………
9. Avez-vous connaissance de documents de planification du développement du pays ?
9.1 : oui
5.2 : non
9.2 : si oui, lesquels ? :…………………………………………………………………………
10-Connaissez-vous les documents suivants de politique éducatives ? Cochez la/les cases qui
convient/conviennent.
10.1 : La loi n° 013-2007/AN du 30 juillet 2007 portant loi d’orientation de l’éducation
xiv

�10.2 : La politique sous-sectorielle des ESSRS 2010-2025
10.3 : La PN-ESTP 2008-2025
10.4 : Le PSEF 2017-2030
11- Lesquels de ces documents de politique disposez-vous au niveau de votre service ? Cochez
la/les case-s qui convient/conviennent.
11.1 : Le Plan d’Action
11.2 : La Carte Educative
11.3 : Le Programme d’Activités
11.4 : Le Projet d’Etablissement
11.5 : Le Rapport d’Activités
11.6 : Le rapport de réunion
11.7 : L’annuaire statistique
11.8 : Autre

indiquez :….............................................

12-Quelles difficultés rencontrez-vous en planification de l’éducation ?
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------13-Quelles solutions proposeriez-vous pour atteindre la qualité en éducation ?
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

xv

�Annexe 2 : Guide d’entretien avec les responsables des services des structures
déconcentrées de l’Enseignement secondaire de la Région du Sud-Ouest.
UNIVERSITÉ THOMAS
SANKARA
--------------------------INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE A DISTANCE
----------------------------Étudiant : DABIRE Namwinyan
Tel
: 70 01 85 94/ 76 02 39 77
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WhatsApp
: 71 23 50 13

Structure

BURKINA FASO
------------------------Unité - Progrès -Justice

Année académique 2019-2020

:

Responsable :
Introduction : présentation de l’étudiant, de ses objectifs de recherches et de la
thématique de l’entretien.
Thèmes des échanges :
Documents nationaux de référence en action éducative
Documents internes de référence en matière éducative
Les priorités de l’éducation au niveau national (en termes quantitatif et qualitatif) :
Les priorités éducatives au niveau local (en termes quantitatif et qualitatif)
Les difficultés de planification (en éducation) de la structure/du service
Les solutions à envisager pour atteindre les objectifs quantitatifs en éducation
Les solutions à envisager pour atteindre les objectifs qualitatifs en éducation
Conclusion : remerciement suivi de l’engagement de rendre disponibles les résultats des
recherches.

xvi

�Annexe 3 : Guide d’entretien avec les partenaires de l’éducation (syndicats et
bureaux des APE ) du secondaire de la région du Sud-Ouest.
UNIVERSITÉ THOMAS
SANKARA
--------------------------INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE A DISTANCE
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Tel
: 70 01 85 94/ 76 02 39 77
Email
: yandabire@yahoo.fr
WhatsApp
: 71 23 50 13
Structure

BURKINA FASO
------------------------Unité - Progrès -Justice

Année académique 2019-2020

:

Responsable :
Introduction : présentation de l’étudiant, de ses objectifs de recherches et de la
thématique de l’entretien.
Thèmes des échanges :
Connaissance des documents nationaux de référence en action éducative
Connaissance des documents internes de référence en matière éducative
Les priorités de l’éducation au niveau national (en termes quantitatif et qualitatif) :
Les priorités éducatives au niveau local (en termes quantitatif et qualitatif) :
Les difficultés relationnelles/communicationnelles de planification (en éducation) dans
la localité
Les solutions à envisager pour atteindre les objectifs quantitatifs en éducation
Les solutions à envisager pour atteindre les objectifs qualitatifs en éducation
Conclusion : remerciement suivi de l’engagement de rendre disponibles les résultats des
recherches.

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�Annexe 4 : Matrice de Cadre Logique selon Carron, G et.al. (2014) IIPE, p24.

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                  <text>La collection Éducation et formation (EF) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières éducation et formation.</text>
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                <text>Perception des acteurs sur la planification du développement de l’éducation au secondaire dans la région du Sud-Ouest du Burkina Faso&#13;
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                <text>Le présent travail de recherche s’est intéressé aux pratiques de planification de l’éducation en vue d’atteindre les objectifs de la qualité en éducation. Précisément il a été question d’investiguer les perceptions et les pratiques des agents administratifs dans leurs missions de planification des actions de l’éducation. Elle a impliqué soixante-huit (68) services des structures éducatives de l’Enseignement secondaire de la région du Sud-Ouest du Burkina Faso, certains partenaires sociaux tels que les syndicats et bureaux des Associations des Parents d’Elèves, et aussi certains services en charge de l’éducation des collectivités territoriales (Conseil Régional et Conseils Municipaux). Les enquêtes menées au travers d’instruments tant quantitatif que qualitatif de collecte de données révèlent une perception des concepts d’éducation de qualité et de planification de l’éducation à tendance interprétative et une tendance traditionnelle intuitive et informelle de la pratique de la planification. Pour l’atteinte de la qualité en éducation, la formation des agents en planification est nécessaire.</text>
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        <name>Développement de l'éducation</name>
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