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                <text>Simulation des politiques éducatives pour l'amélioration de l'accès et de la qualité de l'Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnels (EFTP) au Burkina Faso.</text>
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                <text>Cette étude évalue la pertinence du modèle SimuED pour la planification des politiques de l’Enseignement et de la Formation Techniques et Professionnelles (EFTP) au Burkina Faso, en comparaison avec le modèle spécifique national. À travers des analyses qualitatives et quantitatives, l’étude analyse les fonctionnalités de SimuED par rapport au modèle spécifique national ainsi que les avis des principaux acteurs de l’EFTP afin d’évaluer la pertinence de cet outil dans la planification des politiques du secteur. Les résultats montrent que SimuED offre des capacités additionnelles en matière d'analyse prospective, notamment grâce à sa flexibilité et son approche modulaire. Toutefois, le modèle spécifique du Burkina Faso reste mieux adapté au contexte national pour certaines spécificités locales, notamment dans la prise en compte des réalités économiques et organisationnelles. Les simulations réalisées avec SimuED démontrent un potentiel de transformation de l’EFTP, notamment en termes de prévision des effectifs, des besoins en ressources humaines, et des infrastructures nécessaires. Des recommandations sont faites en vue de renforcer la familiarité des acteurs avec les modèles de simulation, tels que SimuED, par des programmes de formation adaptés et des politiques de soutien à l’adoption des outils numériques pour la planification des politiques éducatives. &#13;
Mots clés : </text>
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                <text>SAWADOGO Yacouba Augustin</text>
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        <name>Enseignement et Formation Techniques et Professionnelles (EFTP)</name>
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                    <text>Planification
Université
Thomas SANKARA
**********
Institut de Formation Ouverte à
Distance
**********
12 BP 417 Ouaga 12
Tél : 63 28 28 74
Site : http://ifoad-uo2.net

Burkina Faso
********
Unité-Progrès- Justice

Master en Planification et Gestion des Structures Educatives
(MPGSE)
Mémoire présenté en vue de l’obtention du diplôme de Master en
Planification et Gestion des Structures Educatives
Option : Planification de l’éducation

Sujet :
Perception des acteurs sur la planification du
développement de l’éducation au secondaire dans la
région du Sud-Ouest du Burkina Faso.

Présenté par :
DABIRE Namwinyan

Sous la direction de :
Pr Issa MOUMOULA
Sous la Co-direction de :
Dr Bapindié OUATTARA

�Dédicace
À mon père et à ma mère
À mes frères et sœurs
À mon épouse
À mes enfants

I

�Remerciements :
La formule, si elle manque d’originalité, n’en demeure pas moins sincère
Le présent mémoire n’aurait pas pu voir le jour sans le soutien et l’accompagnement
directs et indirects de bien de personnes. À tous et à toutes, je voudrais dire grandement merci.
Tout particulièrement je voudrais exprimer ma gratitude au Pr. Issa MOUMOULA et
au Dr. Bapindié OUATTARA, respectivement Directeur et Co-directeur de ce Mémoire pour
la qualité de leur encadrement ainsi que la rigueur avec laquelle ils ont dirigé notre travail de
recherche.
Je tiens également à remercier toute l’équipe des formateurs et administrateurs de
l’Institut de Formation Ouverte A Distance, pour leurs conseils et disponibilité tout le long des
cours et de l’élaboration du mémoire.
Je remercie tous les étudiants de cette première promotion de l’IFOAD en Planification
et Gestion des Structures Educatives (MPGSE) 2018-2020 pour tous les apprentissages et
échanges enrichissants dont nous avons bénéficié au cours de ce compagnonnage.
Je dis merci, particulièrement à tous les agents des services déconcentrés de
l’enseignement secondaire et des services décentralisés qui ont bien voulu participer à la
recherche et auprès de qui nous avons beaucoup appris.
Merci grandement à mon épouse et à mes enfants pour tout le soutien tout au long des
études et de l’écriture de ce mémoire.

II

�Résumé
Le présent travail de recherche s’est intéressé aux pratiques de planification de
l’éducation en vue d’atteindre les objectifs de la qualité en éducation. Précisément il a été
question d’investiguer les perceptions et les pratiques des agents administratifs dans leurs
missions de planification des actions de l’éducation. Elle a impliqué soixante-huit (68) services
des structures éducatives de l’Enseignement secondaire de la région du Sud-Ouest du Burkina
Faso, certains partenaires sociaux tels que les syndicats et bureaux des Associations des Parents
d’Elèves, et aussi certains services en charge de l’éducation des collectivités territoriales
(Conseil Régional et Conseils Municipaux). Les enquêtes menées au travers d’instruments tant
quantitatif que qualitatif de collecte de données révèlent une perception des concepts
d’éducation de qualité et de planification de l’éducation à tendance interprétative et une
tendance traditionnelle intuitive et informelle de la pratique de la planification. Pour l’atteinte
de la qualité en éducation, la formation des agents en planification est nécessaire.
Mots clés : planification en éducation, qualité en éducation, planification stratégique.

III

�Abstract
The present research work targets quality education; specifically it examines the
understanding of the concepts of educational planning and quality education, on the one hand;
on the other, it explores the practices related to education planning by school administrators
in the South-West region of Burkina Faso. The research involves sixty-eight (68) services within
the regional, provincial and school level boards. Some Trade Union boards members and some
Parents’ and Teachers’ Associations boards’ members also participate in the study. The data
and information are collected based on both quantitative and qualitative research instruments.
Analyses of planning documents and interviews supplement the administration of
questionnaires in collecting the data and gathering information. The results reveal that the
people involved in the study have a rather interpretative perception of the concepts of quality
education and education planning. The outcomes also indicate that the people involved in the
research indulge in a dominantly traditional and informal educational planning.To address
those shortcomings and attain quality education, it is suggested that educational workers
should be trained to educational planning.
Key words: educational planning, quality education, strategic planning.

IV

�Table des matières

Table des matières
Dédicace ...................................................................................................................................... I
Remerciements : ......................................................................................................................... II
Résumé ..................................................................................................................................... III
Introduction ................................................................................................................................ 1
Chapitre I : Problématique.......................................................................................................... 3
I.1. Contexte. .......................................................................................................................... 3
I.1.1 : Politiques éducatives : attentes et résultats au niveau international ......................... 3
I.1.2.1 : Objectifs éducatifs dans les documents généraux. ................................................ 5
I.1.2.2 : Politiques sous-sectorielles dans l’enseignement secondaire. ............................... 6
I-2 : Problématique de recherche .......................................................................................... 17
I.2.1 : Problème de recherche ........................................................................................... 17
I-2-2 : Questions de recherche .......................................................................................... 17
I.2.3 : Hypothèses de recherches ...................................................................................... 17
I.3 : Objectifs de la présente recherche................................................................................. 18
I.4 : Cadre théorique de la présente recherche. ..................................................................... 19
I.4.1. Théorie positiviste de la planification. .................................................................... 19
I.4.2. Théories interprétatives de la planification. ............................................................ 21
Chapitre II : Revue de la littérature .......................................................................................... 25
II.1. Qualité de l’éducation ................................................................................................... 25
II.1.1 : Définition de la qualité ......................................................................................... 25
II.1.2: Définitions de l’éducation ...................................................................................... 27
II.1.3 : Définition de la qualité de l’éducation .................................................................. 27
II.1.4 : Les déterminants de la qualité en éducation ......................................................... 29
II.1.5 : Les mesures de la qualité en éducation ................................................................. 33
II.1.6 : Les concepts similaires de la qualité de l’éducation. ............................................ 34
II.2 : le pilotage..................................................................................................................... 36
II.2.1 : Définition .............................................................................................................. 36
I.2.2 : Les étapes du pilotage ............................................................................................ 37
II.3 : La planification en éducation ....................................................................................... 38
II.3.1 : La planification de l’éducation : historique .......................................................... 38
II.3.2 : La planification : définitions ................................................................................. 39
II.3.3 : Les principes de la planification stratégique ......................................................... 41
II.3.4 : La planification de l’éducation : approches méthodologiques/opératoires. .......... 41
II.3.5 : les outils de la planification .................................................................................. 46
II.3.6 : Les déterminants de la planification en éducation ................................................ 47
V

�II.3.7 : Les avantages de la planification en éducation ..................................................... 49
II.3.8 : Les limites de la planification en éducation. ......................................................... 50
II.3.9 : Les difficultés de la planification en éducation. ................................................... 51
Chapitre III : Méthodologie de la recherche ............................................................................. 53
III.1. Méthode de collecte des données ................................................................................ 53
III.2. Instruments de collecte de données ............................................................................. 53
III.3. Le champ de la recherche ............................................................................................ 54
III4. La population cible ....................................................................................................... 54
III.5. L’échantillonnage. ....................................................................................................... 55
III.6. La validation et l’administration des outils ................................................................. 56
III.7. La méthode de traitement des données recueillies ...................................................... 56
Chapitre IV : Présentation des Résultats .................................................................................. 57
IV.1 : Présentation, analyse et interprétation des résultats ................................................... 57
IV.1.1 : La perception de la planification et de la qualité de l’éducation ......................... 57
IV.1.2 : les pratiques en planification de l’éducation ....................................................... 58
IV.2 : Infirmation ou confirmation des hypothèses .............................................................. 60
Chapitre V : Discussions, implications, suggestions ................................................................ 62
V.1 : Discussions .................................................................................................................. 62
V.1.1 : Discussions sous l’angle positiviste. .................................................................... 62
V.1.2 : Discussions sous l’angle interprétativiste ............................................................. 63
V.2 : Implications ................................................................................................................. 63
V. 3 : Suggestions ................................................................................................................. 64
V.3.1 : À l’endroit des décideurs politiques et administratifs .......................................... 64
V.3.2 : À l’endroit des autorités pédagogiques................................................................. 65
V.3.3 : À l’endroit des partenaires sociaux....................................................................... 65
V.3.5 : À l’endroit des partenaires techniques et financiers. ............................................ 66
Conclusion ................................................................................................................................ 67

VI

�Abréviations et acronymes
APE :

Association des parents d’élèves

API :

Approche pédagogique intégratrice

BAC :

Baccalauréat

BEPC :

Brevet d’études du premier cycle

CAET :

Certificat d’aptitude à l’enseignement technique

CAGES :

Conseil d’administration et de gestion

CAP-CEG : Certificat d’aptitude professionnelle-Collège d’enseignement général
CAPES :

Certificat d’aptitude professionnelle de l’enseignement secondaire

CAPET :

Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique

CAST :

Compte d’affectation spécial du trésor

CBMT :

Cadre budgétaire à moyen terme

CEB :

Circonscription d’éducation de base

CEEP :

Centre d’éveil et d’éducation préscolaire

CGCT :

Code général des collectivités territoriales

CONFEMEN : Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernement de la
Francophonie
COGES :

Comité de gestion

DPEPS :

Direction Provinciale des Enseignements Post-primaire et Secondaire

DREPS :

Direction Régionale des Enseignements Post-primaire et Secondaire

EDS-MICS : Enquête démographique et de santé et à indicateurs multiples
EFTP :

Enseignement et formation techniques et professionnels

ESTP :

Enseignement Secondaire Technique et Professionnel

EICVM :

Enquête intégrale sur les conditions de vie des ménages

ENAM :

École nationale d’administration et de magistrature

ENEP :

École nationale des enseignants du primaire

ENF :

Éducation non formelle

ENSK :

École normale supérieure de Koudougou

ESG :

Enseignement secondaire général

ESTP :

Enseignement secondaire technique et professionnel

FOAD :

Formation ouverte et à distance

IES :

Inspecteur de l’enseignement secondaire

MENAPLN : Ministère de l’éducation nationale, de l’alphabétisation et de la promotion des
VII

�langues nationales.
MESRSI : Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de
l’innovation
MESSRS : Ministère des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique
MJPEE :

Ministère de la jeunesse, de la Promotion de l’entreprenariat et de l’emploi

ODD :

Objectifs du développement durable

ONG :

Organisation non gouvernementale

PASEC :

Programme d’analyse du système éducatif de la CONFEMEN

PCD :

Plan communal de développement

PDSEB :

Programme de développement stratégique de l’éducation de base

PIB :

Produit intérieur brut

PNADES :

Plan national d’action de développement de l’enseignement supérieur

PNDES :

Plan national de développement économique et social

PN-EFTP :

Politique nationale d’enseignement et de formation techniques et professionnels

PRD :

Plan régional de développement

PSEF :

Plan sectoriel de l’éducation et de la formation

PTF :

Partenaire technique et financier

RESEN :

Rapport d’État du système éducatif national

RGPH :

Recensement Général de la Population et de l’Habitat

SEP :

Service des Etudes et de la Planification

SVT :

Sciences de la vie et de la terre

TBA :

Taux brut d’admission

TBS :

Taux brut de scolarisation

TIC :

Technologies de l’information et de la communication

UNESCO :

Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture

UNICEF :

Fonds des nations unies pour l’enfance.

VIII

�Liste des tables
Tableau 1 : Qualifications professionnelles des personnels enseignants (2019-2020) ............. 11
Tableau 2 : ratio élèves-classe au secondaire en 2019-2020 .................................................... 12
Tableau 3 : Situation des séries dans le Sud-Ouest en l’année scolaire 2019-2020 ................. 12
Tableau 4 : Situation des laboratoires fonctionnels dans le Sud-Ouest en 2019-2020 ............. 13
Tableau 5 : situation des salles d’informatique dans la région en l’année scolaire 2019-2020 13
Tableau 6 : Les Flux au Secondaire en 2019-2020................................................................... 14
Tableau 7 : Taux d’Achèvement en classe de Terminale en 2017-2018 .................................. 15
Tableau 8 : Résultats au baccalauréat selon le sexe ................................................................. 15
Table 9 ................................................................................................ Erreur ! Signet non défini.
Table 10 : Existence de documents de politiques générales ..................................................... 59

IX

�Liste des figures
Figure 1 : perception de la qualité dans l'enseignement supérieur ........................................... 26
Figure 2 : les dimensions de la qualité en éducation et leurs relations ..................................... 30
Figure 3: Modèle général de pilotage ....................................................................................... 37
Figure 4 : différences entre planification traditionnelle et planification stratégique ............... 40
Figure 5 : Questions stratégiques essentielles et activités de planification correspondantes ... 45

X

�Introduction
Le développement économique et social des États et des communautés a été, et demeure une
préoccupation majeure qui mobilise autant les décideurs politiques que les chercheurs. À cet
effet, les chercheurs en sciences de l’éducation, de gestion et de bien d’autres domaines de
recherches font de la contribution de l’éducation à l’atteinte des objectifs de développement
économique, social et culturel une des interrogations majeures de recherche. À ce sujet, les
enjeux qui se posent sont non seulement d’ordre quantitatif, mais aussi, et surtout, en termes de
qualité. À mi-parcours de la mise en œuvre des recommandations du Forum de Dakar pour
l’Éducation Pour Tous (EPT) 2000-2015, le Rapport UNESCO,(2008,p.4), souligne que quand
bien même une amélioration de l’éducation serait perceptible, beaucoup resterait à faire, comme
mentionné : « Un nombre croissant d’évaluations internationales, régionales et nationales font
état de résultats d’apprentissage insuffisants et inégaux, montrant combien la mauvaise qualité
de l’éducation compromet la réalisation de l’EPT. » . Par ailleurs, à la suite du Forum de Dakar
de 2000, les Objectifs du Développement Durable (ODD) 2015-2030 formulés lors de la
Conférence des Nations Unies tenue à Incheon en septembre 2015, en son Axe 4, est
d’ « assurer l’accès pour tous à une éducation inclusive et de qualité et à promouvoir les
possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». Aussi, le cheval de bataille de la
Conférence des ministres des États et gouvernements membres de la Francophonie
(CONFEMEN) depuis 1991 demeure-t-il la qualité des systèmes éducatifs ? Au travers du
Programme d’Analyse et d’Évaluation des Systèmes Éducatifs des pays membres de la
CONFEMEN (PASEC), la CONFEMEN examine les politiques éducatives des pays membres
en ses aspects dits facteurs essentiels tels que la pédagogie, l’environnement scolaire et
extrascolaire et les réformes curriculaires.
Au Burkina Faso, le Rapport d’État du Système Éducatif National (RESEN,2006) pointe
du doigt la qualité du système en ses aspects de pilotage, contenus curriculaires, conditions
internes et surtout externes d’apprentissage (nutrition, pédagogie, etc.). Les différents constats
et préoccupations susmentionnés suscitent en nous des interrogations au sujet des pratiques
notamment de planification au sein des institutions en charge des actions éducationnelles par
les acteurs. A cet effet, nous avons décidé de mener le présent travail de recherche sur la
question de la planification du développement tant quantitatif, mais surtout qualitatif de
l’éducation à travers le sujet « Perception des acteurs sur la planification du développement de
l’éducation au secondaire dans la région du Sud-Ouest du Burkina ». Ce faisant, nous explorons
les perceptions et les pratiques pour mieux comprendre les difficultés qui jalonnent le chemin
1

�de la recherche de la qualité en éducation d’une part. D’autre part, il est question de proposer
une démarche à même de résorber sinon de résoudre lesdites difficultés pour parvenir à des
actions éducatives satisfaisantes.
Pour ce faire, la présente recherche qui se veut exploratoire, se déroule en deux temps :
une phase théorique et une autre pratique. La phase théorique consiste d’abord à analyser la
situation actuelle du sous-secteur Enseignement secondaire général et technique du Burkina
Faso avec le Sud-Ouest mis en perspective. Elle est ensuite le lieu de l’exploration des bases
théoriques, conceptuelles et méthodologiques de la planification en éducation. Enfin, elle
s’attèle à présenter certains travaux scientifiques d’auteurs sur la planification en éducation.
Quant à la partie pratique, elle s’articule autour d’une étude de terrain sur les pratiques de
planification stratégique et opérationnelle dans des structures éducatives et scolaires dans la
région du Sud-Ouest du Burkina. C’est dans cette partie que les données recueillies sont
analysées et interprétées et des pistes de solutions sont proposées.

2

�Chapitre I : Problématique
Cette partie aborde les politiques éducatives et des observations y afférentes. Il est aussi
question de la problématique de la recherche, des motivations, des objectifs, des questions, des
hypothèses et des limites de la recherche.
I.1. Contexte
Un certain nombre de diagnostics qui permettent de comprendre les défis du secteur de
l’éducation ont été faits. Nous faisons ici un examen des politiques éducatives récentes et des
évaluations qui en ont été faites par des instances supranationales, mais aussi au niveau interne.
I.1.1 : Politiques éducatives : attentes et résultats au niveau international
Nous abordons ici les politiques éducatives adoptées au niveau international et sous
régional et qui ont certainement inspiré celles nationales au Burkina Faso. Un certain nombre
de politiques éducatives sont adoptées par l’Organisation des Nations Unies pour la Science et
la Culture (UNESCO) au niveau international et par la Conférence des Ministres des pays ayant
le français en partage (CONFEMEN) au niveau sous régional. Les rapports issus des
évaluations périodiques nous permettent de comprendre les enjeux de l’éducation. À ces
rapports, s’ajoutent les publications issues de recherches et d’études.
Déjà, la Conférence mondiale sur l’éducation tenue à Jomtien en Thaïlande en 1990 et
le Forum Mondial de Dakar (Sénégal) en 2000, qui appelaient à l’Éducation pour tous (EPT) et
qui mettaient l’accent sur la scolarisation universelle au primaire, ont aussi insisté sur la qualité
de l’éducation. (EPT 2000, objectif 6) ; cependant, dans un Rapport sur l’EPT établi en 2008
par une équipe d’experts de l’UNESCO, il ressort que, quand bien même une amélioration de
l’éducation est perceptible en termes de scolarisation (augmentation de 36% des effectifs en
Afrique subsaharienne et 22% en Asie du Sud et de l’Ouest), beaucoup resterait à faire au niveau
de la qualité.
Quant aux Objectifs pour le Développement Durable (ODD) 2015-2030, ils
mentionnent en l’axe 4 d’ « assurer l’accès pour tous à une éducation inclusive et de qualité
et à promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. », au regard des
changements rapides qui s’opèrent dans le monde du travail en lien notamment avec
l’avènement des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). Au cible ODD
4.1, il est prévu « D’ici à 2030, faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons suivent,
sur un pied d’égalité, un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de
qualité, qui débouche sur un apprentissage véritablement utile. » Cependant, ici encore, le
3

�rapport UNESCO, (2018) sur les ODD indique ceci « Afin d’atteindre l’objectif d’achèvement
universel de l’enseignement secondaire d’ici à 2030, tous les enfants doivent être entrés dans
le cycle primaire d’ici à 2018. Or, le taux d’admission dans les pays à faible revenu s’établissait
à 73 % en 2016. »
Pour ce qui concerne spécifiquement l’Enseignement secondaire, Hallak (2000, p.6)
indiquait qu’avec l’universalisation de l’éducation de base, « Le secondaire [est] à la recherche
d’une identité ». Et que « La vieille question de la finalité de l’enseignement secondaire
(terminal, ou préparatoire au supérieur) est plus que jamais d’actualité. ». Dans la même veine
le rapport Mastercard Foundation, (2019) intitulé « Éducation secondaire en Afrique : Préparer
les jeunes pour l’avenir du travail de demain » indique que l'heure est venue de repenser les
systèmes d'enseignement secondaire pour garantir aux jeunes Africains les compétences et les
connaissances nécessaires à leur réussite sur le marché du travail.
Parlant du niveau de la scolarisation, Suchaut, (2002, p.1), constate qu’en termes de
durée moyenne de scolarisation, l’Afrique francophone dont fait partie le Burkina Faso serait à
moins de cinq (05) années comparée à l’Afrique anglophone avec plus de 7.5 années et aux
pays d’Asie avec plus de 8 années. Cela indique un niveau de scolarisation loin du premier
cycle du secondaire, à plus forte raison le second cycle considéré comme un niveau essentiel
dans l’acquisition des compétences transférables (Rapport UNESCO 2013/2014 sur l’EPT,
p.65).
Au niveau international, les constats de certains acteurs majeurs de la communauté
éducative sur l’évolution de l’éducation et de la formation dans le monde tels que présentés cidessus, quoique loin d’être exhaustifs, indiquent une satisfaction modérée de ces acteurs sur les
résultats atteints, surtout en matière de qualité. À présent, examinons la situation du secteur de
l’éducation au Burkina Faso
I.1.2 : Politiques éducatives au Burkina Faso
Les attentes en matière de gouvernance et de résultats dans le secteur de l’éducation sont
mentionnées dans les documents de planification du développement économique et social du
pays, en l’occurrence le Plan National de Développement Économique et Social (PNDES 20162020) et les plans locaux (régionaux et communaux) de développement (PRD et PCD). Les
différentes politiques sous-sectorielles de l’éducation et de la formation contiennent aussi des
indications relatives à ces attentes. Ce sont la Politique sous-sectorielle du Ministère des
Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique (2010-2025), la Politique
Nationale de l’Enseignement et Formation techniques et professionnelles (PN-EFTP, 20082025) et le Plan sectoriel de l’Éducation et de la Formation (PSEF, 2017-2030). Nous notons,
4

�au passage, l’existence de documents de pilotage tels que les annuaires nationaux et régionaux
et leurs sous-produits (tableaux de bord, dépliants et cartes éducatives et scolaires) quoique de
parutions tardives et irrégulières, mais dont les contenus ont éclairé nos recherches sur la
situation de l’éducation.
I.1.2.1 : Objectifs éducatifs dans les documents généraux
Les documents de base de l’analyse sont le Rapport des résultats préliminaires du
Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) 2019, le Plan National de
Développement Économique et Social (PNDES 2016-2020) et le Plan Régional de
Développement (PRD, 2019-2023) du Sud-Ouest.
Aux termes du rapport provisoire du RPGH 2019, la situation démographique au
Burkina Faso est marquée par les constats suivants : plus de 77,9% de la population à moins de
35 ans ; les enfants de 0 à 04 ans représenteraient 16,2% de la population totale et la proportion
de la population active (15-64 ans) représente 51,3%. Ce recensement indique aussi que la
population reste majoritairement féminine et rurale, soit respectivement 51,7% et 73,7%. Tout
ceci indique des besoins importants en termes de demande d’éducation et de formation, mais
aussi en termes de répartition juste des investissements en ressources matérielles, financières et
humaines selon le genre et entre zones rurales et urbaines. Nous notons surtout, la part
importante de la frange de la population active dont ceux de l’âge compris entre 16 à 19 ans,
tranche de l’âge officiel1 correspondant au niveau d’éducation de l’Enseignement secondaire.
Le diagnostic de la situation socio-économique du Burkina Faso tel que fait dans le Plan
National de Développement Économique et Social (PNDES) 2016-2020) mentionnait déjà une
dynamique sociale peu évolutive et marquée par des inégalités sociales persistantes, un système
productif peu évolutif et à faibles effets de création d’emplois décents, des gouvernances
politique, administrative, économique et locale peu performantes, un capital humain insuffisant
et peu adapté aux besoins du système productif national. Il apparait aussi, aux termes du PNDES
(2016-2020) que le pays fait face à des défis majeurs à relever pour assurer la transformation
structurelle de l’économie.
Pour parvenir à une transformation structurelle de l’économie, l’État burkinabè compte
procéder, entre autres, à une « […] réforme du secteur éducatif pour l’adapter aux besoins de
cette transformation […] » (p.31). Ainsi, en l’axe 2 du PNDES, (2016-2020, p.40) consacré au
développement du capital humain, il est prévu en l’objectif stratégique 2 : d’ « accroître l'offre

1

Décret n° 2009-228/PRES/PM/MASSN/MEBA/MESSRS portant fixation des âges d’entrée au
préscolaire, au primaire, au post-primaire, au secondaire et au supérieur du 20 avril 2009.

5

�et améliorer la qualité de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la formation, en
adéquation avec les besoins de transformation de l'économie. ». Spécifiquement, il s’agit
« d'accroître le taux brut de scolarisation au préscolaire de 3,9% en 2015 à 7,6% en 2020, le
taux d'achèvement au primaire de 58,5% en 2015 à 75,6% en 2020, le taux d'achèvement au
post-primaire de 24,2% en 2015 à 38,2% en 2020, d'assurer la parité au primaire, au postprimaire et au secondaire dès 2018, selon l'indice de parité du Taux brut d'admission (TBA) et
d'en finir avec les écoles sous paillotes. » p.41.
Le plan régional du développement du Sud-Ouest (2019-2023) vise en son axe 2,
objectif stratégique 1, à’ « améliorer l’accès à l’éducation pour tous » à tous les niveaux
d’éducation.
Nous notons au passage que les cibles du PNDES (2016-2020) telles que prévues au
primaire et au post-primaire sont en deçà de la scolarisation universelle telle que préconisée par
l’UNESCO2 pour l’Enseignement de base et pour l’Enseignement secondaire. Par ailleurs les
objectifs du PRD du Sud-Ouest ne portent que sur l’amélioration de l’accès à l’éducation
préscolaire, primaire, post-primaire, secondaire et à l’université et sont sans cibles précises.
I.1.2.2 : Politiques sous-sectorielles dans l’enseignement secondaire
Le développement socio-économique et culturel a besoin d’un capital humain sans cesse
valorisé, ce qui passe par le développement tant quantitatif que qualitatif de l’éducation à tous
les niveaux, dont l’Enseignement secondaire en particulier. Qu’en disent les politiques soussectorielles de l’éducation ? Nous présentons dans ce qui suit la situation de l’ensemble du pays
tout en mettant en perspective le cas du Sud-Ouest en vertu du fait que cette région a servi de
terrain d’investigation pour la mise en œuvre du cadre pratique de la présente recherche.
À l’instar des autres nations du monde, le Burkina Faso perçoit l’éducation comme le
moteur de son développement économique et social. En témoigne un certain nombre de
rencontres et de documents élaborés à cet effet et dont les plus récentes sont les États généraux
sur l’éducation de 1996, les Assises nationales de l’éducation tenues en 2000, la loi
d’orientation de l’éducation (2007) et les récentes réformes qui s’ensuivent notamment la mise
en place des différentes politiques sous-sectorielles de l’éducation et de la formation ci-après :


Au compte de l’Enseignement de Base : le Plan Décennal pour le
Développement de l’Éducation de Base (PDDEB) 2001-2010, le Programme
de Développement Stratégique de l’Éducation de Base (PDSEB) 2010-2020 ;

2

ODD 4.1 : Cette cible est de 100% au primaire en 2018 en vue d’atteindre la cible de 100% au
secondaire en 2030.

6

�

Au compte de l’Enseignement secondaire : la Politique Sous-sectorielle des
Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique 20102025, la Politique Nationale d’Enseignement et de Formation technique et
professionnel (PN-EFTP) 2008-2025 ;



Pour

l’Enseignement

supérieur,

le

Plan

National

d’Action

de

Développement de l'Enseignement Supérieur (PNADES) 2014-2023.


Le Plan Sectoriel de l’Éducation et de la formation (PSEF) 2017-2030, quant
à lui, est à ce jour le document de politique holistique de tout le secteur de
l’éducation et de la formation.
Dans le cadre du présent travail, l’analyse s’est basée sur les politiques sous-

sectorielles de l’enseignement secondaire qui englobe l’enseignement secondaire
général et l’enseignement secondaire technique et professionnel. Ces documents de
politiques éducatives sont la Politique sous sectorielle des Enseignements secondaire,
supérieur et de la recherche (2010-2025), la Politique nationale d’Enseignement et de
Formation technique et professionnel (PN-EFTP 2008-2025) et le Plan Sectoriel de
l’Éducation et de la Formation (2017-2030).
I.1.2.2.1 : Politiques éducatives dans l’Enseignement secondaire général
Ce sous-point aborde les objectifs éducatifs, quelques observations sur les rendements
internes, le financement et les programmes d’enseignement.
❖ Objectifs éducatifs
Au niveau national et selon la politique sous-sectorielle des Enseignements secondaire,
supérieur et de la Recherche scientifique (2010-2025, p. 2), la lettre de politique éducative de
2008 précise que l’enseignement secondaire « doit constituer un niveau d'éducation autonome,
se suffisant à lui-même, tout en préparant les élèves qui le souhaitent et le peuvent à poursuivre
leurs études dans l'enseignement supérieur ou à entamer une formation professionnelle
spécialisée. ».
Le Plan Sectoriel de l’Education et de la Formation (PSEF 2017-2030) vise
l’« accroissement de l’offre éducative et l’amélioration de la qualité de l’éducation, de
l’enseignement supérieur et de la formation, en adéquation avec les besoins de transformation
de l’économie. » Spécifiquement, concernant l’Enseignement secondaire, il est indiqué dans le
PSEF (idem) que « le taux brut de scolarisation passera de 12,8% en 2014/2015 à 21,5% en
2029/2030. Le pourcentage d’élèves de l’enseignement et la formation technique et
professionnel quant à lui passera de 3,4% en 2014/2015 à 16% en 2029/2030 ».
7

�La vision du PSEF est de faire du secteur de l’éducation et de la formation « un système
éducatif démocratique, performant, inclusif et ouvert sur le monde, développant les
compétences et l’expertise nécessaires et suffisantes pour le développement socioéconomique
du Burkina Faso ». Pour cela trois programmes stratégiques correspondants ont été
élaborés dont les programmes II et III portent respectivement sur la qualité de l’éducation et de
la formation et le pilotage et soutien au secteur de l’éducation et de la formation.
❖

Rendements scolaires
Les performances scolaires dans le secondaire sont globalement insatisfaisantes. Selon

le PSEF (2017-2030, p.31), l’Enquête démographique et de santé et à indicateurs multiples
(EDS-MICS) 2010 montre qu’après avoir achevé le primaire, une bonne proportion d’adultes
ne sait toujours pas lire. Ces personnes sont près de 55,4% (soit 46% dans la population
masculine et 62% dans la population féminine) à être dans cette situation. Au regard de ces
indicateurs, la poursuite de la scolarité au secondaire, augmenterait les chances d’une
alphabétisation réussie et permettrait l’acquisition de compétences transférables (UNESCO,
2013/4). Cependant les rendements scolaires dans ce sous cycle restent insatisfaisant. (Cf.
tableau 6, 7 et 8
❖

Financement de l’enseignement secondaire général
L’éducation en général bénéficie de financements de plus en plus croissants. On note

une augmentation annuelle de 12, 1% sur la décennie 1996-2006, selon Kamano et al. (2010,
pp. xvi et xvii). Cependant, ces budgets restent en deçà des besoins pour l’atteinte d’une
éducation de qualité. Comme le constatent Kamano et al. (Op.cit.) en matière d’efforts
budgétaires : « […] le Burkina reste nettement en dessous de la moyenne des pays d’Afrique
subsaharienne qui est de l’ordre de 4% et encore très loin de l’objectif de 6% que fixe
l’UNESCO […] ». Quant aux dépenses familiales d’éducation au niveau national, elles étaient
estimées à « environ 43,5 milliards de FCFA, soit 33% des dépenses courantes totales
(publiques et privée), en 2006. » Ce taux reste élevé ce qui pourrait freiner la scolarité
universelle, selon le RESEN 2006. Parlant de la répartition des dépenses d’éducation, Kamano,
et al. (2010 p. xix) indique que « le Burkina est parmi les pays les moins équitables en termes
de distribution des ressources nationales. » et que « 10 % des plus éduqués consomment 50 %
des ressources publiques pour l’éducation alors que ces mêmes individus ne consomment
respectivement que 44 % et 33 % dans les pays francophones et anglophones d’Afrique. »
Toujours au sujet du financement de l’éducation, le document de politique soussectorielle des Enseignements secondaire et supérieur (2010-2025) relève la faiblesse des
ressource financières, obligeant le pays à recourir aux prêts et dons et comme mentionné, « Le
8

�budget consacré à l’éducation […] reste en-deçà des 20% au moins prescrit dans le cadre
indicatif de l’Initiative Fast track (FTI) suggérée aux États africains qui connaissent un retard
de développement de leur système éducatif […]. »
Toujours selon ce document de politique sous-sectorielle, la proportion du PIB consacré
au secteur de l’éducation en 2008 était de 3,1% alors que selon la recommandation 5.9 du Cadre
d’action pour l’Afrique subsaharienne issue du Forum sur l’éducation ténu à Johannesburg en
Afrique du Sud en 1999, cette proportion devait être de 7% pour le moyen terme et de 9% pour
le long terme.
Au Burkina Faso, l’enseignement secondaire, spécifiquement, reste un sous cycle
insuffisamment financé. Selon Kamano et al (2010 : xvii), « L’enseignement secondaire
apparaît comme le parent pauvre avec seulement 17,3% des dépenses courantes d’éducation,
la moyenne africaine [étant] de 36%, tandis que l’enseignement supérieur et la recherche
scientifique représentent 22,1% de ces dépenses. » Le coût d’un élève au secondaire
représenterait 62,5% du PIB par habitant alors que la moyenne sous régionale est à 58,1%.
❖

Programmes d’enseignement
Le diagnostic établi par le Rapport d’état du système éducatif national (RESEN) 2016,

et repris dans le Plan sectoriel de l’éducation et de la formation (PSEF 2017-2030, p.12),
indique que l’Enseignement secondaire est « […] insuffisamment pris en compte dans le système
éducatif et très orienté vers les matières littéraires ». Comme indiqué dans la Politique soussectorielle 2010-2025, p.19, « il y a une inadéquation entre la demande et l’offre d’éducation.
La plupart des emplois sont occupés par des individus qui n’ont eu aucune qualification dans
leur domaine d’intervention. L’école semble déconnectée des préoccupations de compétences
professionnelles des agents économiques ».
Ce qui précède indique, entre autres, un enseignement secondaire général sous financé,
aux résultats insuffisants, avec un déséquilibre profond entre séries littéraires et scientifiques.
L’enseignement secondaire, sous-secteur de l’éducation et de la formation, étant à cheval entre
l’Enseignement de base et l’Enseignement supérieur, constitue un secteur assez stratégique. Il
est composé de l’enseignement secondaire général, mais aussi de l’enseignement secondaire
technique et professionnel. Les lignes qui suivent analysent ce segment de l’enseignement
secondaire en termes non seulement de politiques, mais aussi de résultats.

9

�I.1.2.2.2 : Politiques éducatives dans l’Enseignement Secondaire Technique et
Professionnel (ESTP)
L’ESTP est une sous composante de l’Enseignement et Formation Technique et
professionnel (EFTP). Cette sous-partie examine ses objectifs éducatifs, les rendements, les
programmes et le financement.
❖ Objectifs éducatifs
La politique nationale en matière d’enseignement et formation techniques et
professionnels (PN-EFTP) 2008-2025, tire ses fondements de la loi d’orientation de l’éducation
de 2007 en ses articles 2 et 27 (PN-EFTP, p.6). Cette loi d’orientation de l’éducation a pour
finalité de faire du jeune Burkinabé « un citoyen responsable, producteur et créatif. » En lien
avec cette finalité, l’objectif principal de la PN-EFTP est « d’élever le niveau de connaissances
et de compétences de la population active et, plus particulièrement des jeunes, pour favoriser
leur insertion dans les emplois d’aujourd’hui et les métiers porteurs de demain afin de stimuler
la croissance économique et de réduire la pauvreté. ».
❖ Accès à l’ESTP
L’accès à l’enseignement secondaire technique et professionnel reste limité selon la PNEFTP. Le diagnostic fait ressortir par ailleurs, une forte demande en formation dans tous les
secteurs de production de biens et de service, laquelle demande serait plus forte que l’offre (PNEFTP, p.9). En effet, les effectifs de l’ESTP en 2007-2008 étaient de 6,43% de l’effectif total
de l’Enseignement secondaire, soit 25 587 élèves en. Ce diagnostic au niveau qualitatif se
présente comme suit :
❖ Qualification des personnels enseignants
L’enseignement secondaire, technique et professionnel connait des difficultés en termes
de structures adéquates de formation des enseignants et formateurs et même d’utilisation de ces
personnels formés au regard de leurs capacités. A l’image de tout le secteur, le déficit en
encadrement pédagogique et en formations continue est à relever.
❖ Au sujet des curricula
Si les programmes d’enseignement ont connu une relecture en 2010, on note cependant
un déséquilibre entre les spécialités à dominante commerciale (comptabilité, assurance, banque,
secrétariat, finances, marketing, gestion…) et celles industrielles (agro-sylvo-pastoral, génie
civil…), selon la PN-ESTP (2008-2025, p11). On note par ailleurs, une faible implication des
milieux professionnels.
❖ Matériel didactique dans l’EFTP
10

�Examinant le matériel didactique, la PN-EFTP fait le constat d’une inadaptation et d’une
insuffisance du matériel didactique et des équipements.
❖ Financement de l’EFTP
La qualité de l’éducation requiert des efforts de mobilisation financière, mais surtout
une répartition juste de ces fonds en lien avec les priorités établies. Le diagnostic posé à ce
sujet, dans la PN-EFTP (2008-2025, p.13) relève des difficultés de mobilisation de fonds, une
insuffisance de fonds alloué et partant, des difficultés de gestion comme indiqué : « L’une des
contraintes majeures limitant le développement du sous–secteur de l’EFTP est sans nul doute
l’insuffisance des ressources financières. En effet, les budgets alloués à l’EFTP sont dérisoires
(par exemple 1,8% du budget du MESSRS). Cela limite les possibilités d’investissement et
d’innovation dans les établissements. »
Au sujet des dépenses le diagnostic posé souligne un certain nombre de difficultés
comme suit : une faible absorption des modestes crédits alloués, une prise en compte
insuffisante des besoins spécifique des établissements et des centres de formations, des
politiques de financement ne prenant pas en compte le secteur privé et une sous-évaluation des
coûts réels des différents dispositifs de formation professionnelles. (PN-EFTP, 2008-2025).
❖ Efficacité interne et externe de l’EFTP
Aux termes de la PN-EFTP (2008-2025), les sortants de l’Enseignement et Formations
techniques et professionnels connaitraient les mêmes difficultés de flux que ceux de
l’Enseignement secondaire général (Voir aussi le tableau 6).
Les difficultés dans l’ESTP sont aussi liées à l’insertion socioprofessionnelle des
sortants de ce type d’enseignement, obligeant certains à se rabattre sur certains tests de
recrutement de la Fonction publique comme la santé et l’enseignement primaire. Selon la PNEFTP, des bacheliers de l’ESTP, s’inscrivent dans des filières auxquelles ils n’avaient pas le
profil, à défaut de pouvoir poursuivre leurs études dans les filières professionnalisantes.
Les différents documents de politiques éducatives relèvent un certain nombre de défis
du secteur de l’éducation en termes d’intrants, mais aussi de résultats. Les tableaux ci-dessous
viennent en complément de ce qui précède. Ils présentent les indicateurs de la qualité du
système éducatif du Burkina Faso et au Sud-Ouest pour l’Enseignement secondaire général et
technique et professionnel.
❖ Qualité des intrants dans l’Enseignement secondaire
Tableau 1 : Qualifications professionnelles des personnels enseignants (2019-2020)

11

�Localités

Sexes

Sud-Ouest

Burkina

Capes/Capet/Capeps

Sans qualifications

Total

Nbre.

%*

Nbre.

%

Hommes

325

26,18

205

16,52

1 241

Femmes

50

22,62

54

24,43

221

Total

375

25,65

259

17,71

1 462

Hommes

6523

28,88

7741

34,27

22588

Femmes

1902

31,79

2049

34,25

5983

Total

8425

29,49

9790

34,26

28571

Faso

Source: annuaire statistique national 2019-2020, pp108, 109
*Calculs effectués par l’auteur.
Au regard des données du tableau ci-dessus, la proportion des enseignants détenteurs de
titres professionnels serait bas. Le nombre des enseignants qui sont sans qualifications
professionnelles reste important dans l’enseignement secondaire tant au Sud-Ouest qu’au
Burkina Faso.
Tableau 2 : ratio élèves-classe au secondaire en 2019-2020
Seconde

Première

Terminale

Total

Public

42

46

41

43

Privé

24

25

39

30

39

40

41

40

39

43

48

43

Total

Sud-

Ouest
National

Source : Annuaire statistique national 2019-2020
Le tableau 2 indique des ratios élèves/classe acceptables, ce qui pourrait dénoter des
charges d’encadrement pas trop élevées pour les enseignants, sinon des possibilités importantes
de prises en charge des difficultés d’apprentissage particulières de certains élèves par les
enseignants. Cependant, ces chiffres agrégés, cachent bien de réalités de surpeuplements de
certaines classes entre zones urbaines et rurales, entre public et privé et entre les différents
niveaux, d’un établissement à l’autre.
Tableau 3 : Situation des séries dans le Sud-Ouest en l’année scolaire 2019-2020
Séries A
Bougouriba

09

Série D
8

Séries C
00

Séries

Séries

tertiaires

industrielles

00

00
12

�Ioba

17

17

00

01

00

Noumbiel

05

3

00

00

00

Poni

19

15

00

04

04

Sud-Ouest

50

43

00

05

04

Burkina Faso

n.d

n.d

n.d

n.d

n.d

Source : DREPS Sud-Ouest/SEP
Le tableau 3 indique la prédominance des séries littéraires sur celles scientifiques,
l’inexistence de la série C et le faible nombre de séries techniques et technologiques dans la
région du Sud-Ouest.
Tableau 4 : Situation des laboratoires fonctionnels dans le Sud-Ouest en 2019-2020
Laboratoires de SVT Laboratoires

de Laboratoire de

Sciences Physiques

biochimie

Bougouriba

00

00

00

Ioba

00

00

00

Noumbiel

00

00

00

Poni

00

00

01

Total Sud-Ouest

00

00

01

Burkina Faso

n.d

n.d

n.d

Source : DREPS-Sud-Ouest/SEP
Le tableau 4 révèle la quasi-inexistence de laboratoires fonctionnels dans la région du
Sud-Ouest région, ce qui indique la prévalence de cours théoriques dans les séries scientifiques.

Tableau 5 : situation des salles d’informatique dans la région en l’année scolaire 2019-2020
Bo
Localités

Salles

Nombre de salles

Nombre de salles

informatiques

informatiques
fonctionnelles

Bougouriba

02

02

Ioba

01

01

Noumbiel

00

00

Poni

06

06
13

�Total Sud-Ouest

09

09

Burkina Faso

n.d

n.d

Sources : DREPS-Sud-Ouest/SEP
Il ressort du tableau 5, l’insuffisance voire la rareté de salles informatiques
fonctionnelles, ce qui dénote un très faible recours à ces supports didactiques et pédagogiques.
❖

Efficacité interne/Qualité du processus dans l’Enseignement secondaire

Tableau 6 : Les Flux au Secondaire en 2019-2020
Seconde
Filles

Bougouriba Tx

Première

Garçons Total

Filles

Terminale

Garçons Total

Filles

Garçons Total

70,2% 65,7%

67,1% 73,8% 74,1%

74,0%

13,0% 20,6%

18,2% 19,2% 20,8%

20,2% 39,3% 36,2%

16,7% 13,7%

14,7% 7,0%

5,7%

82,9% 74,7%

77,4% 84,8% 84,3%

84,5%

7,3%

11,6%

10,1% 15,2% 15,7%

15,5% 45,2% 39,1%

9,9%

13,7%

12,4% 0,0%

0,0%

Prom
Tx

37,3%

Red
Tx

5,0%

Aban

Ioba

Tx
Prom
Tx

41,0%

Red
Tx

0,0%

Aban

Noumbiel

Tx

63,1% 60,9%

61,7% 64,9% 67,6%

66,7%

12,1% 18,3%

16,1% 17,0% 19,7%

18,7% 28,1% 29,1%

24,8% 20,8%

22,2% 18,1% 12,7%

14,6%

73,8% 72,3%

72,9% 82,6% 87,5%

86,0%

16,4% 16,9%

16,7% 17,4% 12,5%

14,0% 33,1% 30,9%

9,9%

10,5% 0,0%

0,0%

Prom
Tx

28,8%

Red
Tx
Aban

Poni

Tx
Prom
Tx

31,6%

Red
Tx

10,8%

0,0%

Aban

Sud-Ouest

Tx

74,8% 70,5%

72,0% 83,0% 84,2%

83,8%

12,5% 16,1%

14,8% 17,0% 15,8%

16,2% 38,4% 34,9%

Prom
Tx

36,0%

Red

14

�Tx

12,8% 13,4%

13,2% 0,0%

0,0%

0,0%

78,3% 77,1%

77,6% 88,8% 89,1%

89,0%

11,2% 11,4%

11,3% 11,2% 10,9%

11,0% 31,5% 29,1%

10,5% 11,5%

11,1% 0,0%

0,0%

Aban

Burkina

Tx

Faso

Prom
Tx

30,1%

Red
Tx

0,0%

Aban
Source annuaire statistique national 2019-2020.

Le tableau 6 indique des taux de redoublement et d’abandon encore élevés. Ceci révèlet-il des difficultés d’apprentissage ? D’utilisation des méthodes et techniques efficaces
d’apprentissage ? De conditions d’études encore drues ? Ces taux élevés de redoublement et
d’abandon/exclusion indiquent des dépenses d’éducation importantes, et des limites en
possibilités de scolarisation.
❖ Résultats dans l’Enseignement secondaire
Tableau 7 : Taux d’Achèvement en classe de Terminale en 2017-2018
Nouveaux inscrits en Tle
Filles

Nbre d’enfts de 18 ans

Tach en %

Garço Ensemb Filles Garço

Ensemb Filles

Garço

Ensemb Parit

n

le

ns

le

le

ns

é
F/G
au
Tach

Bougouri

0,55

11

ba

43

111

259

402

1270

1544

2814

515

752

228
0

2 773

5053

661 117
334

178

888

1 080

1968

1003

3196

3887

7 083

0,7

16 918

0,2

Ioba

237
Noumbiel
Poni

662

1

Sud-ouest
Burkina

,3

14,3

18,6

14,9

10,8

9,0

17,0

14,2

16,7
19,8

13,8
17,5

0,46
10,4
9

66,
11

778
2
33954

16,8

0,52

11

1 553 2335
45 189 79143

Faso

7634 9284
2455 228
6
670

453 226

15,1

0,52

0,61
0,77

Source : annuaire statistique national 2019-2020.

Le tableau 7 fait ressortir de très faibles taux d’achèvement révélant des taux de
déperdition assez élevés et donc une efficacité encore faible du système éducatif.
Tableau 8 : Résultats au baccalauréat selon le sexe

REGION

2018

2019

2020
15

�Filles Garçons Ensemble Filles Garçons Ensemble Filles Garçons Ensemble
SUD-OUEST

46,8

38,2

44,5

36,5

44,4

41,9

45,7

45,6

45,7

BURKINA FASO

42,0

39,2

40,9

35,9

37,5

36,9

38,6

40,3

39,6

Source : DREPS-S-O SEP

Du tableau 9, il ressort un taux de succès encore faible indiquant un système éducatif
encore sélectif au niveau de
Au sujet de la qualité des apprentissages dans l’Enseignement secondaire général, les
études comparatives effectuées par le PASEC, semblent inexistantes alors qu’elles pourraient
éclairer sur les niveaux d’acquisition des connaissances ou des compétences. Par ailleurs, la
qualité de l’éducation a été mesurée au travers d’instruments quantitatifs comme l’Espérance
de Vie Scolaire (EVS). À ce propos, et pour le RESEN (2006, p.38), l’espérance de vie est
passée de 2,9 années en 1993 à 4, 3 années en 2006/07 pour l’enfant burkinabè dans le système
éducatif national, ce qui reste faible. Selon le PSEF (2017-2030, p.31), l’Espérance de Vie
Scolaire (EVS), est passé de 4,5 années en 2006-07 à 5,9 années en 2012-13 pour se limiter à
6,1 an 2013-14.
Le diagnostic établi sur l’Éducation et la Formation en général et sur l’Enseignement
secondaire en particulier montre une évolution des indicateurs d’accès. Cependant, les
indicateurs ci-dessus et les documents de politique sous sectorielles, dans leurs diagnostics,
mettent indiquent des insuffisances au niveau des résultats et mettent en exergue un déséquilibre
entre enseignement général et enseignement technique et professionnel.
C’est donc au regard de ces observations faites sur la qualité de l’éducation que nous
avons voulu investiguer le thème de la qualité de l’éducation sous le sujet intitulé « Planification
et développement de l’éducation au Burkina Faso, cas de l’enseignement secondaire, analyse
des pratiques et suggestions ». Ce qui nous amène à aborder la problématique de la présente
recherche.

16

�I-2 : Problématique de recherche
Toute recherche porte sur un problème identifié qu’il faut résoudre. La problématique
de la présente recherche se décline en problème, questions et hypothèses.
I.2.1 : Problème de recherche
Les insatisfactions exprimées sur la qualité de l’éducation en ses aspects pédagogiques
et administratifs nous conduisent à explorer l’éducation en termes de planification. Ici se pose
la problématique de la qualité de l’éducation en lien avec les perceptions des acteurs et leurs
pratiques. Selon une perspective descriptive, nous explorons les pratiques de planifications
telles qu’elles se présentent sur le terrain au niveau des acteurs administratifs. La question de
recherche est alors de savoir si l’écart entre les objectifs et les résultats tel que le présentent les
différents rapports, entre les pratiques envisagés et les pratiques effectives sont à mettre au
compte de la perception des acteurs et de leurs pratiques et enfin, quelles solutions envisager.
De la problématique de la présente recherche ainsi posée découlent les questions de recherche
suivantes :
I-2-2 : Questions de recherche
A travers le sujet sur la qualité de l’éducation en lien avec les perceptions et les
pratiques de planification par les acteurs administratifs, nous posons les questions spécifiques
suivantes :
❖ Quelle (s) perception (s) les acteurs ont-ils de la planification et de la
qualité de l’éducation ?
❖ Quelles difficultés les acteurs rencontrent-ils dans leurs pratiques de
planification en éducation ?
I.2.3 : Hypothèses de recherches
Les hypothèses de recherche constituent des réponses anticipatives aux questions de
recherches posées, selon Dépelteau (2003). Au regard des questions de recherches posées,
nous proposons les hypothèses suivantes selon la méthode hypothético-déductive de
recherche adoptée :
❖ Les acteurs au niveau local ont une perception vague des concepts de
planification et de qualité en éducation.
❖ Les pratiques en planification en termes de diagnostic, de formulation des
politiques, de mise en œuvre des politiques de suivi-évaluation des politiques et

17

�d’implication des acteurs sont en déphasage avec les objectifs/exigences de la
qualité en éducation.
Tableau 9 : Les questions de recherches et les indicateurs liés aux hypothèses
Questions de recherches

Variables

I. Quelles perceptions les

I.1.Les définitions essentialistes de la planification en

acteurs

éducation

ont-ils

de

la

planification et de la qualité

I.2. Les définitions discursives de la planification en

de l’éducation ?

éducation
I.3.Les définitions à la fois essentialistes et discursives de
la planification de l’éducation
I.4.Les définitions industrielles de la qualité de l’éducation
I.5.Les définitions discursives de la qualité de l’éducation
I.6.Les définitions à la fois substantielles et interprétatives
de la qualité de l’éducation
I.7. Les appréciations du rôle de la planification dans
l’atteinte de la qualité en éducation

II. Quelles difficultés de

II.1. La proportion des acteurs formés en planification ;

planification

II.2. l’Existence/connaissance de documents généraux de

les

rencontrent-ils ?

acteurs

planification (PNDES-2016-2020), Plan Régional de
Développement (PRD)/Plan Communal de développement
(PCD) ;
II.3. L’existence de documents de politiques éducatives
(Politique sous-sectorielle MESSRS (2010-2025), PNEFTP (2008-2025), PSEF (2017-2030 Plans Educatifs
régionaux, provinciaux, Plan d’action, Programmes
d’activités, Cartes Educatives, annuaires locaux) ;
II-4. L’existence de documents de suivis (Rapports
périodiques d’activités et de réunions.).
II.5. Existence de documents de communications (rapports
de rencontres entre acteurs et partenaires de l’éducation)

I.3 : Objectifs de la présente recherche.
L’objectif du présent travail de recherche-appliquée est d’arriver à une description et
une compréhension du fonctionnement des structures administratives scolaires et éducatives en
18

�termes de pratiques de planification stratégique et/ou opérationnelle en vue de l’atteinte des
objectifs quantitatifs, mais surtout qualitatifs de l’éducation. Au travers du mode exploratoire
de recherche, nous poursuivons spécifiquement les objectifs suivants :
➢

Explorer la perception qu’ont les acteurs des concepts « qualité de l’éducation »

et « planification de l’éducation ».
➢

Examiner les pratiques en planification des agents des structures déconcentrées

en vue de déceler d’éventuels obstacles à l’atteinte de la qualité en éducation
Nous pensons aussi que les résultats du présent travail, mené dans le Sud-Ouest du pays,
peuvent donner à comprendre la situation au niveau national, contribuant ainsi à mieux cerner
les obstacles de l’atteinte de la qualité en éducation et à envisager leurs résolutions.
I.4 : Cadre théorique de la présente recherche
Si le développement du capital humain se pose comme un impératif du développement
économique social et culturel, les conditions du développement propre de ce capital font l’objet
d’interprétations diverses. L’insatisfaction concernant la qualité de l’éducation invite à une
planification rigoureuse en termes de diagnostic et de mise en cohérence des objectifs
d’éducation en lien avec les priorités nationales et locales et tenant compte des contraintes
externes. La présente recherche, qui veut examiner les pratiques des acteurs sur le terrain,
explore les fondements théoriques qui sous-tendent les actions de planification pour l’atteinte
de la qualité en éducation. Ces théories en planification sont d’ordre positiviste et interprétatif.
I.4.1. Théorie positiviste de la planification
Sous l’angle de la théorie positiviste, le monde est perçu comme une réalité ontologique
saisissable dans son essence. L’action de l’homme consiste à partir de cette réalité qu’il faut
connaitre comme préalable afin d’éclairer les actions à venir. Un système d’informations et
d’indicateurs permettrait alors de saisir les réalités en vue des transformations à opérer. Trois
variantes de la théorie positiviste de la planification se dégagent à savoir la théorie rationaliste
classique de la planification, la théorie rationaliste incrémentaliste de la planification et la
théorie rationaliste de contingence de la planification.
I.4.1.1. Théorie rationaliste classique
La théorie rationaliste classique de la planification selon Ba (2019 :1) part d’ « […] une
vision de l’homme rationnel capable d’anticiper son avenir et de transformer le monde selon
ses objectifs. » Ba (op.cit.) indique que sous l’angle de théorie rationaliste classique, la
planification est perçue « comme un processus analytique schématisé le plus souvent sous la
19

�forme d’une série d’étapes interreliées. Elle se structure en trois étapes : diagnostic de la
situation de départ, une définition des objectifs, opérationnalisation des objectifs en actions
concrètes. Sa principale visée est d’anticiper et de préparer la réalisation des actions
répondant aux objectifs retenus, en prenant soin de préciser les indicateurs d’évaluation,
l’estimation du coût et l’échéancier de chaque action. » Mais ce processus du rationalisme
classique est perçu comme rigide et trop optimiste, limites que veut corriger le rationalisme
incrémentaliste.
I.4.1.2. Théorie incrémentaliste de la planification.
Pour De Simon (1955), Lindblooom (1959), Quinn (1982), Lustick (1980), Wu (1981),
Camillus (1982) et Pondy (1983) cités par Ba (2019 p. 2), « la rationalité limitée de l’homme »
ne fait pas de lui le « décideur » et « maître de ses actions ». À ce titre, selon Quinn (1982) cité
par Kamuzinzi et al. (2009, p. 5), la planification serait moins un document de plans formels
qu’un « processus itératif marqué par des ajustements continus suivants les aléas de l’action. »
La théorie incrémentaliste de la panification selon Ba (2019, p. 3) « adopte une démarche
consciente, orientée, proactive et pragmatique en permettant d’ajuster les organisations de
façon flexible. » A côté de cette conception de l’action de planification de la théorie
incrémentaliste se pose la théorie de la contingence.
I.4.1.3. Théorie de la contingence
Selon Ba (2019, p.3), la théorie de la contingence en planification de Mintzberg (1990b)
et Hatch (2000), partant des aléas externes qui conditionnent l’action, envisage diverses
modalités d’adaptation des plans en fonction de ces aléas. Les plans sont constamment
réaménagés ou consolidés selon les informations formelles ou informelles permettant les
lectures de la situation.
Les théories positivistes, à savoir le rationalisme classique, l’incrémentalisme et la
théorie de la contingence de la planification voient le monde comme une réalité objective
saisissable par l’homme en vue de la projection de ses actions d’où une nécessité de
planification basée sur les faits, des indicateurs objectifs qui guident les projets. Et comme
l’indique Ba, (2019, p. 3) ces théories « se fondent sur l’idée que la planification est une action
sur une situation externe, préexistante et indépendante du décideur. Somme toute, les trois
théories – rationaliste classique, incrémentalisme et contingence – s’inscrivent dans une
perspective épistémologique positiviste basée sur le caractère ontologique du réel, le fait que
le monde puisse être connu dans son essence. Ce faisant ces théories sont en grande partie

20

�orientées vers la recherche de preuves plutôt que vers la compréhension du sens que les acteurs
donnent à leurs comportements et à ceux des autres parties prenantes. »
Les faits éducatifs, sous l’angle des théories positivistes, sont ainsi objectivés et
présentés en intrants, processus et produits et par des chiffres ou sous forme d’indicateurs de
scolarisation, d’efficacité interne, externe et de financement. Aux côtés de cette interprétation
positiviste du monde se posent celle des théories interprétatives.
I.4.2. Théories interprétatives de la planification.
L’interprétativisme ou encore le constructivisme modéré de Séville et Perret (1999)
selon Ba (2019, p. 4) réfute la primauté de l’objet sur le sujet. Selon Ba, (2019, op.cit.)
« l’épistémologie interprétativiste considère la connaissance comme le résultat d’une
démarche active d’observateurs vis-à-vis du réel. » Selon Kamuzinzi et al., (2009) « …l’action
de planification serait liée à la prise en compte par les décideurs de ce que la complexité du «
réel » est fonction des représentations croisées des différents acteurs y compris celles des
chercheurs et des décideurs. » et que « la préoccupation principale du planificateur est plus
l’explication « neutre ou objective » du phénomène étudié, mais plutôt la compréhension du
sens que les acteurs donnent à la réalité qu’ils produisent et qu’ils vivent. Quatre approches
théoriques de la planification s’inspirent de cette épistémologie interprétativiste : la postrationalisation, le sensemaking-sensegiving, la théorie de la dépendance et la planification
communicative. Et comme le disent Kamuzinzi et al. (2009, p. 9) cité par Ba (2019, p. 4) « la
situation qui fait objet de la planification n’est plus conçu comme un « donné» sur lequel les
planificateurs cherchent à agir, mais comme un « construit » émergeant des interprétations que
les différentes parties prenantes se font des objectifs poursuivis »
I.4.2.1. Approche interprétativiste dite de post-rationalisation
Selon l’approche interprétativiste dite de post-rationalisation de Garfinkel (1967),
Brunnson (1985) et de Starbuck (1983) cités par Ba (2019, p. 5), la mise en place des plans
n’est pas toujours le choix des organisations, qui procèdent par une « légitimation a posteriori
d’un choix arrêté par le gouvernement » (Ba 2019, p.5). Ainsi, selon Ba (op.cit.), « les décideurs
[s’engagent] dans la définition systématique de la situation en ayant déjà une idée claire du
choix sur lequel ils vont aboutir. » et selon Kamuzinzi et al. (2009), le véritable choix précède
et motive la sélection des faits présentés dans la décision formelle.

21

�I.4.2.2. Approche interprétativiste dite « sensemaking-sensegiving »
Le « sensemaking-sensegiving de Weick, (1995) et Laroche (1995) selon Ba (2019)
considère les plans non comme des ‘instruments-guides ‘ mais plutôt comme des
représentations des interprétations ‘évoluant en fonction des situations’ (sensemaking). Ces
interprétations facilitent « la coordination de l’action, son appropriation et sa vulgarisation au
sein des acteurs et partenaires impliqués » selon Gioia et al. (1994) cité par Ba (2019).
I.42.3. Approche interprétativiste de la dépendance
La théorie de la dépendance de Pfeffer et Salanick (2003) cités par Ba (2019) conçoit la
planification non comme ‘une préparation systématique de l’action à l’intention des opérateurs,
mais comme une action ‘stratégique externe et /ou inter-organisationnelle. Les plans ainsi
élaborés servent de support à la demande de ressources auprès d’organismes externes à
l’organisation.
I.4.2.4. Approche interprétativiste communicative
La théorie de la planification communicative encore appelée théorie discursive de la
planification selon Innes (1995), cité par Ba (2019) part du constat de la ‘diversité des acteurs
aux intérêts divergents’. Elle voudrait à cet effet faire l’analyse du sens des discours des acteurs
en situation concrète pour identifier leurs positionnements ‘eu égard aux enjeux de l’action et
des intérêts’. C’est ainsi que la planification se présente comme une ‘construction progressive
de consensus à l’intérieur d’un processus conflictuel (Innes, 1995) et que « Par conséquent la
discussion et l’argumentaire constituent les principaux moyens linguistiques dans le processus
de construction d’un consensus. » Cette théorie de la planification communicative va au-delà
de la théorie du « sensemaking-sensegiving » pour mettre l’accent sur les ‘divergences d’intérêt
et les situations conflictuelles qui en résultent » (Ba 2019, p.7) A ce titre, pour Ba (op.cit.), « La
planification communicative concède aux planificateurs la tâche d’amener les parties
prenantes à trouver un terrain d’entente pour que l’action collective puisse être possible. »

I.4.2.5. Proposition de grille d’analyse des actions de planification
Tableau 10: Grille d’analyse des actions de planification selon les théories y afférentes
Visée
dominante

Variables-clés
Allocutaires
visées

Action attendue
en retour des
allocutaires

Thèse
prédominante
Contexte

Participants
privilégiés à
l’action de
planification

Préoccupatio
n centrale
des
initiateurs de
l’action

22

�Préparation
détaillée des
actions futures

Acteurs des
services
techniques

Appliquer le
plan

Environnement
stable,
organisation
disposant de
ressources
propres

Intégration des
aléas de
l’action

Sommet
stratégique et
centre
opérationnel en
concertation
régulière
Allocutaires qui
varient suivant
les
caractéristiques
de
l’environnement

Adapter leurs
modes d’action
aux aléas de la
situation

Environnement
dynamique

Adapter leurs
modes d’action
aux évolutions
de
l’environnement

4 modalités
d’action sont
théorisées en
fonction des
paramètres de
l’environnement

Équipes de
planification qui
varient suivant les
paramètres de
l’environnement

Légitimation

Acteurs
susceptibles de
contester la
crédibilité du
choix

Considérer le
plan comme
résultant d’un
choix rationnel
et participatif

Contexte
dominé par la
difficulté
d’aboutir à un
consensus

Acteurs
représentant
symboliquement
Les parties
susceptibles
d’exercer la
pression sur la
réalisation de
l’action

Production de
sens et
restitution de
ce sentiment
d’ordre aux
collaborateurs

Parties qui font
prévaloir des
interprétations
n’allant pas
dans le sens
voulu par le
décideur

Adopter une
représentation
commune ou au
moins des
représentations
proches censées
permettre aux
acteurs d’agir
sur les mêmes
bases

Coexistence de
multiples
représentations

Recherche du
soutien de la
part d’un
acteur
dominant

Acteur de la part
de qui on
souhaite obtenir
un soutien
stratégique

Juger le plan
comme
Répondant à ses
attentes

Dépendance de
l’organisation
vis-à-vis des
ressources
externes

Adaptation aux
paramètres de
l’environneme
nt

Planificateurs,
agents des
services au
sommet de la
hiérarchie
administrative
(processus
centralisé) ;
acteurs des
services
d’exécution
(processus
décentralisé
Toutes les
instances
travaillant en
concertation
permanente

Opérer des
prévisions
fiables

Thèse
rationaliste
classique

Ajuster le
processus de
planification
aux
changements
dans l’action
Adopter un
mode de
planification
adapté aux
variables
environneme
ntales
Créer
l’impression
que les
acteurs sont
impliqués
dans un
choix réel

Thèse
incrémentaliste

Parties engagées
dans l’action

Faire évoluer
les
représentatio
ns des
parties
prenantes
pour pouvoir
agir à partir
des mêmes
bases

Thèse du
sensemaking
sensegiving

Représentants des
organisations
Pourvoyeuses des
ressources,
experts et autres
acteurs
susceptibles
d’attirer la
confiance des
acteurs dominants

Rendre le
plan
acceptable
par les
organisations
détentrices
des
ressources

Thèse de la
Dépendance

Thèse de la
contingence

Thèse de la
postrationalisation

23

�Tentative de
convaincre des
catégories
d’acteurs
différents ne se
référant pas
aux mêmes
normes

Plusieurs
catégories
d’allocutaires
qui n’agissent
pas sur la base
des mêmes
normes

Juger (pour
chaque
Catégorie
d’acteurs) le
plan comme
répondant à ses
préoccupations

Dépendance visà-vis de
plusieurs
Instances qui
n’agissent pas
sur la base des
mêmes normes

Représentants des
organisations
parties prenantes

Légitimer le
plan devant
des
allocutaires
différents

Thèse de la
planification
communicativ
e

Source :Kamuzinzi, et al. (2009, p.16) .
Cette partie a été le cadre ayant permis d’examiner les théories sous-jacentes des
différentes politiques et pratiques en planification pour une meilleure qualité de l’éducation.
Cet exercice nous a permis d’explorer les théories dites positivistes et celles dites
interprétatives. Ce sont toutes des angles d’interprétation du monde qui se proposent d’éclairer
l’action de l’homme. Ainsi, il nous apparait que la planification pour la qualité de l’éducation,
c’est autant des aspects substantiels ou essentialistes, mais aussi ceux interprétatifs ou
discursifs. À présent, il est question dans les lignes qui suivent d’aborder les écrits des auteurs
portant sur la planification en éducation et la qualité en éducation

24

�Chapitre II : Revue de la littérature
La question de la planification pour l’atteinte de la qualité en éducation a intéressé
maints auteurs : Pauvert (1960), C. Bettelheim (1960), Khôi (1970), Coombs (1970), Carron,
G et al. (2013,2014a, 2014b). La présente rubrique se veut d’explorer certaines de ces
réflexions. Mais avant, il est question d’examiner le concept de qualité de l’éducation les
concepts qui lui sont similaires, et le concept de pilotage.
II.1. Qualité de l’éducation
Les clarifications conceptuelles vont des définitions générales, mais aussi à celles
portées par les auteurs. Ces définitions déboucheront sur les mesures de la qualité de l’éducation
et sur les concepts similaires à la qualité de l’éducation. À noter que nous employons de manière
interchangeable, qualité de l’éducation, qualité en éducation et éducation de qualité dans le
présent travail.
II.1.1 : Définition de la qualité
Selon le dictionnaire Le Petit Larousse Illustré (2012), la qualité se définit comme étant
la « manière d’être bonne ou mauvaise de quelque chose » ou encore, « chacun des aspects
positifs d’un produit ». Les définitions ci-dessous sont celles données sur la qualité par Dico
Encarta (2009):
1. ce qui est jugé bien dans le caractère d'une personne et qui fait sa valeur.
2. ce qui rend une marchandise ou un service plus ou moins appréciables pour le consommateur
ou l'utilisateur.
3. nature supérieure (de quelque chose comparativement aux autres choses de même espèce).
4. critère qui permet de classer un produit parmi des produits de même gamme.
5. ensemble des conditions qui rendent le milieu plus ou moins bon ou agréable.
Le Nouveau petit robert (2009) cité par Ouédraogo (2016, p.165) se fait plus explicite
quand il définit la qualité comme suit : « Elle est la manière d’être, plus ou moins
caractéristique, aspect sensible et non mesurable des choses. »
Pour Hanen, (2012), la qualité peut être envisagée selon le point de vue pédagogique,
économique ou organisationnel que l’on adopte. Elle la résume par la figure suivante (p.91):

25

�Figure 1 : perception de la qualité dans l'enseignement supérieur

Selon la norme ISO3 ou Organisation Internationale de la Standardisation établie en
2000 (Naji 2019), la qualité est définie comme étant « l'aptitude d’un ensemble de
caractéristiques intrinsèques à satisfaire des exigences. Celles-ci étant les besoins ou attentes
formulés, habituellement implicites, ou imposés. » Les besoins, selon le Diagramme de KANO,
sont caractérisés en besoins explicites4, implicites5 et latents6. Ces besoins selon Naji (op.cit.)
peuvent être classés selon une taxonomie en besoins individuels tels qu’établis par Maslow,
besoins collectifs (besoins nécessaires pour intégrer activement sa communauté et œuvrer pour
son bien) et en besoins planétaires (besoins nécessaires pour relever les défis mondiaux et
valoriser sa dimension Humaine
Ainsi définie, la qualité se présente comme un concept relevant du jugement, de
l’appréciation dont l’atteinte passe par la satisfaction de besoins multiples et divers. Qu’est-ce
que l’éducation ?

3

International Standards Organisation
Besoins clairement et formellement exprimés par les clients et caractérisés par une corrélation presque
parfaite entre la maturation des processus et la satisfaction des clients, selon KANO cité par Abdennasser Naji,
(2019).
5
Besoins que le client ressente parfaitement, mais qui ne sont pas exprimés, besoins dont la satisfaction
reste difficile à réaliser, quelle que soit la maîtrise des processus (idem au 6)
6
: Besoins potentiels non encore détectés et auxquels on n’a pas encore de réponse. (idem au 6)
4

26

�II.1.2: Définitions de l’éducation
L’éducation est un concept complexe à définir. Nous en retenons les définitions
proposées par le « Petit Larousse Illustré » en termes de procédés, par Kant, Durkheim et la loi
d’orientation de l’éducation du Burkina Faso en termes de finalités et enfin par Pauvert comme
organisation institutionnelle.
L’éducation, selon le Petit Larousse Illustré, c’est l’action d’éduquer, de former,
d’instruire quelqu’un. Si pour Kant cité par Raynal &amp; Rieunier (1997, p.116) l’éducation doit
« développer dans chaque individu toute la perfection dont il est capable. Pour Durkheim cité
par Raynal &amp; Rieunier (op.cit.) l’éducation est l’ « action exercée par les générations adultes
sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale […]. » Aux termes de la loi
d’orientation du Burkina Faso, il faut entendre par éducation, « l’ensemble des activités visant
à développer chez l’être humain l’ensemble de ses potentialités physiques, intellectuelles,
morales, psychologiques et sociales, en vue de sa socialisation, son autonomie, son
épanouissement et sa participation au développement économique, social et culturel »
Pour Pauvert (1960, p.2), l’éducation est « l'organisation plus ou moins structurée et
même institutionnalisée de la transmission des connaissances, modèles, attitudes […] une
socialisation [qui doit être] orientée vers les transformations technologiques et [qui] doit tenir
compte des changements sociaux […] ». Cet auteur ajoute que « L'accélération du progrès (au
sens dynamique et non idéologique du terme) implique que la transmission, entre individus et
entre groupes, des connaissances scientifiques et techniques et d'une manière générale de tous
les éléments de la culture humaine, soit organisée de telle sorte qu'elle constitue un processus
permanent. ».
On pourra retenir de ces définitions, quoique non exhaustives, que l’éducation a trait
aux activités de transmission des connaissances et des compétences et visant le développement
de tout l’homme, mais aussi qu’elle fait référence à l’organisation structurée et
institutionnalisée d’activités visant l’épanouissement individuel de l’homme et son insertion
sociale. Le présent mémoire traite de l’éducation telle qu’elle est conçue et pratiquée dans les
cadres formels. Quand cette éducation est-elle de qualité ?
II.1.3 : Définition de la qualité de l’éducation
Tout comme chacun des termes qui le composent, la qualité de l’éducation est un
concept difficile à définir, selon Perellon (2003), Villetaz (2007) dans Hanen (2012, p.89),
Robert (2005), Tawil, et al (2012).
27

�L’objectif 6 de l’UNESCO (2006) dans le cadre de l’EPT est d « Améliorer sous tous
ses aspects la qualité de l’éducation (…) de façon à obtenir pour tous, des résultats
d’apprentissage reconnus et quantifiables. » L’ODD 2015-2030 dont l’objectif 4 est
d’ « assurer l’accès pour tous à une éducation inclusive et de qualité et à promouvoir les
possibilités d’apprentissage tout au long de la vie », précise ceci : « D’ici à 2030, faire en sorte
que toutes les filles et tous les garçons suivent, sur un pied d’égalité, un cycle complet
d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de qualité, qui débouche sur un apprentissage
véritablement utile. »
Les exemples ci-dessus représentent l’aspect visible de l’iceberg d’une certaine
tendance à quantifier la qualité de l’éducation. Pour Robert (2005), la qualité de l’éducation est
un concept aux contours difficiles à décrire et qui tiendrait bien de la science, de la technique
ou encore de la mesure. Néanmoins, il réfère la qualité aux résultats, aux procédés et surtout
aux produits, qu’il regroupe dans deux approches à savoir celles industrielles et celles
discursives.
II.1.3.1 : Définitions industrielles de la qualité en éducation.
Les définitions industrielles, encore dites ontologiques (Robert 2005), se reposent sur
des éléments concrets objectifs et mesurables de faits éducatifs selon le modèle input-output.
La qualité de l’éducation a trait aux intrants, aux résultats et aux procédés par lesquels on est
parvenu à ces résultats. Dans un premier temps, cette qualité a trait à un certain nombre
d’indicateurs – d’accès, de participation, d’efficacité, etc. – conçus comme des standards
servant à la mesurer (Robert 2005). Par ailleurs, la qualité est déterminée par une approche
comparative (comparaison interne et externe des résultats obtenus) des systèmes éducatifs et
des performances ou une évaluation des coûts des facteurs (part des richesses nationales
consacrée à l’éducation).
Au regard des définitions ci-dessus mentionnées, la qualité en éducation a trait aux
intrants (investissements en ressources pédagogiques et financières), et aux performances
scolaires (taux de passage, réussites aux examens, niveaux des acquisitions scolaires et
employabilité des produits de l’éducation). Cependant, ces intrants, procédés et résultats sont
tous des éléments présentés sous la forme de données quantitatives auxquelles il faudrait ajouter
des construits, des faits non substantiels.
II.1.3.2 : Les définitions discursives de la qualité de l’éducation
Pour Robert (2005, p.119) les définitions pragmatiques n’épuisent pas le concept de la
qualité en éducation d’où la nécessité d’acceptions non quantitatives. Et comme il l’indique,
28

�« Il n'est pas certain […] que la description des systèmes éducatifs, des intrants, des processus
ou des résultats, leur analyse au moyen de modèles input output très élaborés, puissent clore
l'appréciation des services qu'ils rendent et constituer un horizon définitif.. Pour ce dernier,
« une école ne se résume pas à des résultats scolaires ni au rapport entre ces résultats et les
efforts mis à les obtenir (Robert,2005, p.121) Il conçoit la qualité plutôt comme un jugement et
comme indiqué ci-après. « Penser la qualité comme jugement sur l'éducation, c'est mettre
l'accent sur son acceptabilité sociale et échapper aux pièges des approches ontologiques, en
sortant de l'examen restreint des produits, intrants ou procédés ». Il poursuit en disant que « la
qualité n'est pas quelque chose de désirable qui serait dans l'éducation en plus ou moins grande
quantité, mais un état particulier de la relation entre la société et son école, la façon dont la
société s'accommode de l'éducation des jeunes ». Pour Robert (2005, pp123, 124) « La
démarche construite qui interroge l'école sur l'ensemble de ses effets se nomme précisément la
qualité. Cette démarche a un sens aussi bien à un niveau global (un système éducatif) qu'à un
niveau local (une école). »
Dans la même veine, Olivier Rey, (2012, p.3) in Regards croisés sur la qualité en
éducation et formation, fait observer au sujet des mesures de la qualité qu’« on est […]
généralement dans des interactions qui se laissent difficilement objectiver dans quelques
données quantifiables. »
Allant dans le sens des aspects discursifs et interprétatifs de la qualité de l’éducation,
Bensimon (1995) cité par Hanen (2012, p.89) indique que « la définition de la qualité n’est pas
neutre et relève au contraire d’intérêts particuliers, de valeur, de croyances à propos de ce qui
est perçu comme le bien commun à développer, à un moment donné dans une société donnée ».
Les définitions substantielles économiques de la qualité de l’éducation et celles
discursives interprétatives, loin de s’exclure, se complètent et permettent d’avoir une
perspective assez large et ouverte du concept de qualité de l’éducation.
II.1.4 : Les déterminants de la qualité en éducation
Les facteurs qui entrent en ligne de compte des changements positifs en éducation, sans
être exhaustifs, se regroupent end es facteurs pédagogiques, organisationnels et culturels.
II.1.4.1 : Les facteurs pédagogiques
La question des déterminants pédagogiques de la qualité de l’éducation est abordée par
l’UNESCO dans son Rapport mondial 2005 de suivi de l’EPT6 cité par Naji, (2019) et qui
reconnait que « le nombre des facteurs qui peuvent avoir un effet sur les résultats éducatifs est
tel qu’il n’est pas facile d’identifier des relations simples entre les conditions de l’éducation et
29

�ses produits. » Néanmoins, le rapport propose les points suivants pouvant servir d’axes de
détermination des facteurs de changements positifs possibles en éducation :
➢ la dimension des caractéristiques des apprenants;
➢ la dimension contextuelle;
➢ la dimension des apports facilitateurs;
➢ la dimension de l’enseignement et de l’apprentissage;
➢ la dimension des résultats.
L’ensemble de ces dimensions et leurs relations sont illustrées par la figure
suivante :
Figure 2 : les dimensions de la qualité en éducation et leurs relations

Source : UNESCO : Rapport mondial 2005 de suivi de l’EPT6 dans Naji, (2019).
Abordant les conditions d’obtention de la qualité en termes de pratiques de classe,
Hallak (2000, p.8) suggère d’« Aller vers l’apprentissage qui s’appuie sur les méthodes «
constructivistes » […] et d’ajouter que « c’est en pratiquant la citoyenneté et la démocratie en
classe et à l’école qu’on peut devenir partisan de la démocratie dans la vie adulte. » Suchaut
(2002) et Ouédraogo (2016), quant à eux, recommandent la couverture des programmes
scolaires, l’utilisation des manuels scolaires, l’évaluation et le suivi pédagogique des
enseignants.

30

�II.1.4.2 : Les facteurs organisationnels et managériaux de la qualité en éducation
La qualité de l’éducation serait liée à des pratiques de pilotage et de gestion, selon
Kamano et. Al. (2010), et selon (Marzano, 2003, Gauthier et al., (2005), Sackney, (2007) et
Townsend, (2007), cités par Coulibaly (2020).
Un pilotage de proximité des établissements et marqué par la présence, le suivi des
enseignements-apprentissages et « une approche collaborative de la gestion qui associe les
membres de la communauté éducative à la résolution des problèmes […] » participeraient à
l’amélioration des performances (Coulibaly, 2020). Le tableau ci-apprès indique les pratiques
de direction en lien avec les performances dans les écoles.
Tableau 11: 21 pratiques de directions corrélées avec la performance académique des
élèves.
La direction de l’école est consciente des enjeux et tendances au sein de l’école et utilise
cette information pour traiter les problèmes actuels et potentiels.
Elle adapte ses comportements de leadership aux besoins de la situation et se montre à
l’aise avec la dissidence.
Elle protège les enseignants des questions et influences susceptibles de réduire leur
temps et leur centration sur l’enseignement.
Elle assure le monitorage de l’efficacité des pratiques éducatives et de leur impact sur
l’apprentissage des étudiants.
Elle joue le rôle d’avocat et de représentant de l’école auprès des instances et parties
prenantes.
Elle s’implique activement dans la remise en question du statu quo.
Elle implique les enseignants dans la préparation et l’implantation des politiques et
décisions importantes.
Elle est au courant du curriculum actuel et des pratiques éducatives et d’évaluation.
Elle encourage le partage de valeurs et le sens de la communauté et de la coopération.
Elle établit un ensemble de procédures et de routines opérationnelles standardisées.
Elle répond aux besoins des enseignants relatifs aux aspects matériels et de
développement professionnel leur permettant de réaliser leur travail avec succès.
Elle reconnaît et récompense les réalisations individuelles.
Elle s’assure que le personnel éducatif et de soutien est conscient des principales
théories et pratiques éducatives contemporaines et s’assure que leur discussion
régulière fasse partie intégrante de la culture de l’école.
Elle établit des objectifs clairs et s’assure de les maintenir au centre des préoccupations
de l’école.

31

�Elle établit de solides liens de communication avec et entre enseignants et élèves.
Elle communique et gère en s’appuyant sur des valeurs et des idéaux éducatifs solides
Elle est directement impliquée dans la conception et l’implantation du curriculum, des
pratiques éducatives et d’évaluation.
Elle suscite et prend la direction (pilotage) d’innovations inspirantes.
Elle entretient des contacts et interactions de qualité avec les enseignants et les
étudiants.
Elle souligne et célèbre les réalisations, et admet les erreurs.
Elle est consciente et sensible aux préoccupations personnelles de tous les membres de
l’équipe-école.

Source : Collerette et Al (2013, p.9), citée par Coulibaly, 2020 ( adaptée.)
II.1.4.3 : les facteurs culturels des changements qualitatifs en éducation
Selon Looky, L (2005) Bollinger, D. et Hofstede, G (1987) cités par Hanen (2012, pp
45,46), un certain nombre de faits culturels influencent positivement ou négativement les
organisations. Au nombre de ces faits sont la distance hiérarchique, le contrôle de l’incertitude,
le degré d’individualisme/collectivisme et le degré de masculinité/ féminité prévalents dans la
société ou l’organisation.
Selon Hofstede cité par Hanen (2012, p.45), la distance hiérarchique « mesure le degré
d’acceptation des inégalités des statuts et du pouvoir entre les individus. » « Une forte distance
hiérarchique reflète une centralisation du pouvoir, une communication rigide…à l’inverse, une
société qui n’accepte pas cette inégalité possède une courte distance hiérarchique. » et
accepterait plus facilement les changements. Quant au contrôle de l’incertitude, il « correspond
à la manière dont la société perçoit le risque ; la société se méfie de l’avenir et le considère
comme menaçant a un fort degré d’incertitude. À l’opposé la société qui tolère ce risque et
cette instabilité peut s’engager dans les changements avec plus de souplesse, et donc à un degré
d’incertitude faible. » Au sujet du degré d’individualisme/collectivisme, il «

exprime la

perception de la société du rapport de l’individu avec le groupe. Dans la société collectiviste,
les individus sont fortement liés les uns aux autres et s’encouragent mutuellement ; alors que
la société individualiste se caractérise par un fort sentiment d’égoïsme et d’amour de soi. Les
liens entre les individus sont faibles. » (Hanen, 2012, p.46). Quant au degré de masculinité/
féminité, il correspond aux comportements des hommes et des femmes selon la nature homme
ou femme et indépendamment de leur sexe dans les relations des uns aux autres, selon Kelly &amp;
Worell, (1977, p. 42) cités par Hanen (2012, p.46). Hanen (op.cit.) ajoute que ce degré de

32

�masculinité et de féminité a des répercussions sur la qualité de l’emploi et la façon de résoudre
les conflits comme suit:
« […] La qualité de l’emploi : dans les cultures masculines, un travail humanisé
(de qualité élevée) est celui qui permet de faire carrière et de se réaliser. Par
contre, dans les cultures féminines, il est celui qui [permet] une réelle collaboration
entre les travailleurs, et des conditions de travail correctes. » « La façon de
résoudre les conflits : dans les cultures masculines, les conflits sont ouverts et forts,
tandis que dans les cultures féminines les conflits sont réglés par la discussion »
II.1.5 : Les mesures de la qualité en éducation
La qualité en éducation se mesure par des instruments quantitatifs d’une part, mais aussi
par des moyens qualitatifs
II.1.5.1 : les instruments de mesure quantitatifs de la qualité de l’éducation
La mesure quantitative de la qualité en éducation se fait en termes de ratio et de
pourcentage, de fréquence en les intrants pédagogiques (infrastructures, manuels, programmes
d’enseignement, personnels enseignants… Kaboré (2011) ; aussi s’effectue-t-elle en les
processus pédagogiques (temps d’enseignement et d’apprentissage, méthodes pédagogiques,
fréquence des évaluations, taux de flux ou coefficient d’efficacité) et en l’efficacité externe
(taux de chômage, d’employabilité).
Pour les mesures quantitatives de la qualité de l’éducation en ses aspects intrants,
processus et produits pédagogiques, Carron et al (2013, pp. 28, 29) les présentent en fonction
de leur rapport avec les différents niveaux hiérarchiques de finalités, d’objectifs, d’extrants et
d’activités (intrants) dans la conception du programme, ce qui correspond en fait à une
classification selon une chaîne des résultats :
« Les indicateurs d’intrants liés aux activités : ils mesurent les ressources
humaines, financières, physiques et autres (administratives et réglementaires)
fournies pour la mise en œuvre du plan. Par exemple : le budget consacré à
l’éducation, le coût par étudiant, le décret établissant la composition des conseils
d’établissement.
Les indicateurs d’extrants sont liés aux résultats directs : ils mesurent les
résultats immédiats et concrets des différentes activités mises en œuvre et des
moyens utilisés (résultats tangibles immédiats). Par exemple : nombre d’écoles
construites, nombre d’enseignants formés. Les indicateurs de réalisation sont liés
aux buts ou aux objectifs du programme : ils mesurent les résultats intermédiaires
33

�ou les conséquences des extrants au niveau des bénéficiaires (résultats
intermédiaires). Par exemple : taux de scolarisation, taux de persévérance scolaire,
performance de l’élève.
Les indicateurs d’impact sont liés à la finalité globale ou à l’objectif de
développement : ils mesurent les résultats à long terme et globaux, ou les
changements au niveau des bénéficiaires (résultats à long terme). Par exemple :
taux d’alphabétisation, rapports entre niveau d’éducation et revenus. » p28, 29.
II.1.5.2 : Les instruments de mesure qualitatifs de la qualité de l’éducation
En termes qualitatifs, les discussions et l’argumentaire et les consensus ou nonconsensus auxquels ils aboutissent, les niveaux de déconcentration et/ou de décentralisation de
la gestion des systèmes éducatifs et le degré d’autonomisation des établissements scolaires
tiennent lieu de mesures de la qualité de l’éducation, selon Robert (2005) et Carron. et al.
(2014). À cela, il faut noter les niveaux de déconcentration et de décentralisation des systèmes
éducatifs et le degré d’autonomisation des structures de coordination et des établissements, les
styles de direction et les relations à l’intérieur de ces organisations selon Coulibaly (2020).
II.1.6 : Les concepts similaires de la qualité de l’éducation.
Aux côtés du concept de qualité de l’éducation sont employés bien d’autres concepts
que sont le rendement, l’efficacité et l’efficience et l’équité.
II.1.6.1 : Le rendement
Le Petit Larousse Illustré (2012) définit le rendement comme étant « La production
évaluée par rapport à une norme » ou encore « La rentabilité des capitaux employés, d’une
somme placée ou investie », ce qui renvoie à une conception économique de la qualité de
l’éducation
Pour Robert (2005) le rendement est un indicateur de flux se présentant en taux de
passage, de redoublement, d’abandon ou d’exclusion.
II.1.6.2 : L’efficacité.
Le mot efficacité renvoie aux « effets attendus » selon le dictionnaire ‘Le petit Larousse
Illustré’ 2012. L’efficacité est la mesure des objectifs atteints ou l’atteinte d’un certain résultat
par rapport aux objectifs définis. En éducation, l’on parle le plus souvent d’efficacité interne
pour faire référence au rapport intrants-résultats et d’efficacité externe pour se référer aux
produits du système en termes quantitatifs ou qualitatifs. Bouchard et Plante (2002) cité par
Ouédraogo (2016, pp.170, 171) présentent l’efficacité comme « […] le lien de conformité entre
34

�les objectifs visés par l'organisme et les résultats effectivement obtenus. L’efficacité peut être
considérée comme l'expression du degré d’atteinte des objectifs réellement visés ou encore
comme le nombre d'objectifs effectivement atteints parmi l'ensemble des objectifs effectivement
visés. »
Selon le PASEC (2019, p.24): « Un système éducatif efficace permet à tous les enfants
de disposer des compétences et attitudes attendues. » et le PASEC (op.cit.) ajoute que « Un
système est estimé efficace lorsqu’il permet à tous les enfants, ou au moins à une masse critique,
d’aborder certaines compétences [...] »
Les instruments de mesure de l’efficacité interne sont les taux de passage dans les
classes ou cycles supérieurs, les taux de redoublement, d’exclusion et/ ou d’abandon. Quant à
l’efficacité externe, elle se mesure par les taux de réussite aux divers examens selon l’UNESCO,
pour ce qui est de la mesure quantitative encore dite substantielle ou ontologique. Les mesures
qualitatives de l’efficacité selon Ouédraogo (2016) renverraient aux actions pédagogiques.
II.1.6.3 : L’efficience
L’efficience se détermine au rapport coût-efficacité selon la posture économique, et au
rapport efforts fournis et satisfaction selon la posture non-essentialiste. L’efficience renvoie au
rendement, à la performance. Est efficient ce « qui aboutit à de bons résultats », selon le Petit
Larousse Illustré, édition 2012. Il y a efficience selon le degré d’atteinte des résultats par rapport
aux objectifs visés. Plus un système produit des résultats plus il est efficient. Selon Bouchard
et Plante (2002) l’efficience, indicateur plus raffiné se mesurerait à la suite de l’efficacité. Et
comme le mentionne Ouédraogo (2016, p. 171), « C’est dans la mesure où un organisme ou
une institution comme l’école fait la preuve de son efficacité que l’on doit évaluer son
efficience. » Toujours en rapport avec le domaine de l’éducation l’efficience serait «les résultats
atteints par les participants à des cours ou à des programmes de formation qui font apparaître
un rapport coût-résultats favorable et une bonne adaptation du niveau d’enseignement et des
méthodes» selon Legendre, 1993 cité par Ouédraogo (2016, p. 171)
Pour Kamano et al. (2010, pp. 37, 38), « L’efficience correspond, d’une façon assez
générale, à la relation qui peut exister entre les ressources mobilisées et les résultats obtenus.
On dira d’un système qu’il est plus efficient qu’un autre, s’il obtient de meilleurs résultats pour
un même niveau de dépenses ou s’il obtient au moins les mêmes résultats pour un niveau de
dépenses inférieur.

35

�II.1.6.4 : L’équité
La qualité de l’éducation peut aussi être appréciée en termes d’équité. Selon le PASEC
2019, « Un système éducatif équitable tend à réduire les inégalités de scolarisation et de
réussite scolaire entre les différents profils d’élèves, entre les différents types d’écoles et entre
les régions. Une juste répartition des moyens éducatifs entre les régions et entre les écoles à
l’intérieur des régions est un premier pas pour tendre vers cet objectif. »
La qualité de l’éducation est un concept aux contours vastes et qui s’interprète selon que
l’on adopte une posture positiviste ou interprétative. Pour la réalisation de l’éducation de
qualité, il existe une multiplicité de facteurs à savoir les déterminants psychologiques, intrascolaires et les conditions externes. Il existe de nombreuses pratiques et conditions de
production de la qualité en éducation, auxquelles il faut ajouter les pratiques de pilotage.
II.2 : le pilotage
Le concept de pilotage est du champ des théories et pratiques des organisations sur
lesquelles ont porté maintes publications d’auteurs à savoir Taylor,(1911) Fayol, (1916)
Mintzberg (1990b ; 1993) et bien d’autres. Nous l’abordons ici sous ses aspects définitionnels
et opérationnels.
II.2.1 : Définition
Le terme ‘Pilotage’ est aussi polysémique que le concept de qualité et entraine avec lui
d’autres termes comme ‘Target setting’, ‘benchmarking’, ‘self-evaluation’, ‘external
evaluation’ ou ‘school development planning’ selon M. Stark (DFEE UK Lettre aux auteurs du
rapport, 29 août 1997) et ‘management’ ou ‘leadership’ selon Hopes (1998) cités par Demeuse
&amp; Baye (2001, p. 25).
Pour le dictionnaire Dico Encarta 2009, se référant à l’économie, le pilotage est « un
exercice de la direction ou de la gestion (de quelque chose). »
Pour de Landsheere (1994, p.37), citée par Demeuse et Baye (2001, p. 25) « piloter,
c’est plus qu’accumuler des indicateurs. Le pilotage a trois composantes nécessaires : la
collecte d’informations, l’évaluation de ces informations, et, surtout, la traduction en actions
institutionnelles ou en sanctions, c’est-à-dire en approbations ou désapprobations. »
Demeuse et Baye (2001) définissent le pilotage comme « Une action intégrée en vue
d’améliorer l’efficacité des systèmes d'enseignement » et le distinguent en macro-pilotage et en
micro-pilotage. Si le macro-pilotage est entrepris depuis le niveau national, le micro-pilotage
quant à lui est entrepris au niveau local. En termes d’approche communicationnelle, Brown
(1995, p. 9) cité par Demeuse et Baye (2001, p. 31) recommande l’implication des acteurs de
36

�terrain que sont les enseignants et les parents d’élève et les élèves eux-mêmes, plutôt que de
décider depuis le ministère ou les services centraux ou encore depuis les structures de recherche,
les visites de classe, d’inspection, les audits d’établissement constituant des techniques de
micro-planification.
Par ailleurs, Mélèze cité par Demeuse et Baye (2001, p.32) distingue trois types
fonctionnels de pilotages : le pilotage stratégique consistant en la définition des politiques, des
objectifs, et en l’affectation globale des ressources réalisées en dehors du système; le pilotage
de gestion, quant à lui, est un travail interne de répartition des tâches et de moyens en lien avec
les politiques et les objectifs généraux définis au niveau central ; et le pilotage opérationnel
consiste en la mise en œuvre pratique des objectifs généraux et l’ajustement nécessaire des
tâches. Marc &amp; Demeuse (2001) proposent la figure ci-dessous comme schéma général de
pilotage.
Figure 3: Modèle général de pilotage

Source : Demeuse, M. &amp; Baye, A. (2001 :28) inspirés de D’Hainaut (1981)
I.2.2 : Les étapes du pilotage
Le pilotage des organisations suit une démarche et des étapes données. Demeuse et Baye
(2001, p. 26) proposent « quatre étapes dans la mise en œuvre du pilotage d'un système
éducatif : la collecte d’informations sous formes d’indicateurs ; l’établissement d’un diagnostic

37

�faisant état du statu quo et la projection d’un état idéal à atteindre ; l’élaboration de stratégies
pour l’amélioration du système ; enfin, une mise en œuvre des stratégies définies par étapes.
La mise en œuvre de la planification dans les structures scolaires et éducatives nécessite
l’implémentation de méthodes managériales efficaces et efficientes pour aboutir à la qualité de
l’éducation. Le pilotage apparaît comme l’une d’elles.
Les organisations, dont les systèmes éducatifs, font face à des challenges énormes pour
satisfaire à l’ensemble des conditions et des besoins pour l’atteinte de la qualité en éducation et
comme le souligne Naji (2019), « Si la satisfaction des besoins explicites et implicites est une
condition nécessaire pour avoir un système éducatif de qualité, elle est loin d'être suffisante,
encore faut-il que la condition de respect des besoins latents soit remplie. Chose impossible à
réaliser sans faire preuve d'anticipation et de prospective afin d'essayer de dégager les
tendances de l'histoire et les traits caractéristiques de l'avenir tout en ayant une lecture critique
des événements prévoyant leurs effets sur le futur et incitant à l'action en vue de changer leurs
cours chaque fois que nécessaire. » Cette capacité d’anticipation et de prospective, à notre
sens, passe par la maîtrise de la planification en tenant compte des connaissances des facteurs
de changement et des besoins d’adaptation des acteurs aux mutations technologiques,
économiques et sociologiques.
II.3 : La planification en éducation
La planification est un concept qui a une histoire, une acception, sinon des acceptions.
Son opérationnalisation suit des étapes dans des conditions définies.
II.3.1 : La planification de l’éducation : historique
L’histoire de la planification remonte à la période de la Grèce antique selon Carron, G.
et al (2014), même si les hommes ont toujours pratiqué la planification depuis l’avènement de
la pensée rationnelle. Concept grec, la planification stratégique a d’abord concerné le monde
militaire comme démarche de mise en œuvre de stratégies en vue de gagner les batailles et la
guerre dans la période hellénistique. La planification intéressera le monde des entreprises
privées dans la période d’après Seconde Guerre Mondiale, et va intégrer la gouvernance
publique dans les années 1980. Et parlant des raisons de son adoption dans toutes les
organisations, Carron et al. (2014) dit ceci : « la planification stratégique est une approche qui
convient à tous les types d’organisations, du simple fait que celles-ci doivent atteindre des
objectifs spécifiques à long terme et, dans la mesure où les ressources sont toujours limitées,
elles doivent également trouver la manière la plus rentable de les atteindre. » La planification
stratégique consisterait à « voir en grand, en prenant en considération toutes les options
38

�possibles, sans négliger l’environnement et son évolution », tout en veillant à « se concentrer
sur un objectif à atteindre, à long terme, clair, déterminé et définitif. »
II.3.2 : La planification : définitions
Le concept de planification a intéressé maints auteurs dont quelques définitions sont
présentées. La planification est définie en général, en lien avec le développement économique
et spécifiquement en lien avec l’éducation.
Selon le Dictionnaire ‘Le Petit Larousse Illustré (2012), planifier, c’est « Organiser,
régler le développement de quelque chose selon un plan ». Raynal et Rieunier, (1997), pensent
que la planification est une « Démarche de programmation de l’action en vue d’atteindre un
but. » et que « Quel que soit le domaine abordé, la planification s’appuie sur l’analyse des
tâches à effectuer, leur ordonnancement, et les procédures d’exécution qui doivent leur être
associées pour atteindre le résultat souhaité. »
Carron et al. (2014, p.13) définissent la planification comme une « Anticipation de
situations susceptibles de se produire dans le futur, choix des objectifs à atteindre et
détermination des actions pertinentes à entreprendre afin d’atteindre ces objectifs à un coût
raisonnable ». Dans une perspective comparative, la planification est tantôt qualifiée de
traditionnelle ou stratégique, de directive ou indicative (Carron et al. 2014), de stratégique ou
structurelle, ou encore opérationnelle ; tantôt, elle est dite macro, méso ou micro selon
l’envergure. Enfin il y a la planification managériale et celle pédagogique.
Traditionnelle et indicative parce qu’elle serait d’une verticalité descendante,
prétendrait tout prévoir et serait rigide dans sa mise en œuvre ; stratégique en ceci qu’elle
ciblerait des objectifs plus ou moins globaux dans le long ou moyen terme, indiquerait les
meilleures actions et stratégies tout en tenant compte des aléas environnementaux et internes et
impliquerait tous les acteurs à tous les niveaux ;
Elle est macro si elle concerne plusieurs domaines à la fois et est initié au niveau central,
micro si elle est pratiquée au niveau déconcentré et/ou décentralisé ;
Elle est managériale, administrative si elle porte sur l’organisation et le fonctionnement
de la structure, et pédagogique si elle porte sur les enseignements en ses aspects intrants et
processus et produits.
La planification stratégique vise l’atteinte d’objectifs dans une perspective globale et à
plus ou moins long terme tandis que la planification est dite opérationnelle quand elle concerne
le court terme à savoir la journée, la semaine le mois ou l’année, selon Carron G et al (2014).

39

�Carron, G. et al (2014) résument les différences entre la planification traditionnelle et
celle stratégique suivant la figure ci-dessous :
Figure 4 : différences entre planification traditionnelle et planification stratégique

Source : Carron, G. et al. (2014, p.18).
À ces définitions générales de la planification, il faut- ajouter celles en lien avec le
développement économique.
Planifier le développement économique socio-culturel et politique passe par une prise
en compte des facteurs économiques, socio-culturels et politiques. Pour Bettelheim, (1960), la
planification économique est la mise en œuvre de facteurs matériels et humains en vue
d’atteindre le développement économique et social par des méthodes d’approximations
successives dans la répartition des ressources. Cette mise en œuvre ne peut s’effectuer que par
l’éducation, reconnaît Bettelheim (op.cit.). Dans la même veine, Pauvert (1960) indique que «
[…] la planification économique implique l'organisation de processus de diffusion des éléments
de culture qui en sont les facteurs, et l'établissement de communications entre les différents
groupes dont l'activité concourt au développement envisagé et au progrès technique. » Ce
processus de diffusion est encore appelé éducation.
Qu’est-ce que la planification de l’éducation ?
Selon Coombs, (1970,) la planification de l’éducation reste un concept difficile à définir.
Néanmoins, il la définit comme suit : « La planification de l’éducation, au sens large, est
l’application d’une analyse systématique et rationnelle au processus de développement de
l’éducation ; son but est de mettre l’éducation à même de satisfaire de manière plus efficace
aux besoins et aux objectifs des étudiants et de la société.» p.14
Parlant de la planification de l’éducation en ses aspects qualitatifs, Coombs (1970, p.14)
indique qu’« Il n’est pas moins erroné de croire que la planification de l’éducation s’intéresse

40

�exclusivement à l’expansion quantitative de l’éducation, qu’elle se préoccupe seulement
d’accroissement, mais non de changement. »
II.3.3 : Les principes de la planification stratégique
La planification se repose sur un certain nombre de principes
Pour Carron, G. et al (2014, pp. 14,15) le premier principe de la planification stratégique
du secteur de l’éducation consiste à partir d’une finalité qui est une vision globale que l’on se
fait du secteur, de son devenir. Le deuxième principe est d’arriver à un certain équilibre entre
forces et faiblesses de l’organisation et tenant compte des facteurs externes.
La planification stratégique repose aussi sur une gestion axée sur les résultats, à partir
d’objectifs bien spécifiés
Un autre principe, et pas des moindres, de la planification stratégique est sa démarche
pédagogique d’implication des différents acteurs aux différentes phases de conception et de
mise en œuvre des plans.
Enfin, la planification stratégique repose sur le principe de la souplesse ou flexibilité
dans la mise en œuvre des plans élaborés (Carron et al 2014)
L’analyse des principes de base de la planification nous amène à aborder les aspects de
son opérationnalisation.
II.3.4 : La planification de l’éducation : approches méthodologiques/opératoires.
À l’image des approches théoriques en matière de planification qui permettent de
disposer d’un cadre conceptuel permettant d’analyser et d’évaluer l’activité de planification
(Guy, 1995), au plan méthodologique, le concept de planification en éducation indique
l’ensemble des démarches et des activités devant aboutir à des politiques et/ou des plans
éducatifs. Mieux, ces plans de part des critères précis devraient aboutir à des mises en œuvre
réussies pour une certaine atteinte de la qualité en éducation. Pour Guy (1995, p.71), « Au plan
méthodologique, une évaluation comport[e] une exigence de validation du modèle sur le terrain
même de la pratique. Elle comport[e] aussi une exigence de vérification d'un certain nombre
d'hypothèses, qui découlent du modèle, quant aux variables les plus significatives qui entrent
en ligne de compte dans la mise en œuvre des activités de planification. Par variables
significatives il faut entendre ici les éléments de contenu ou de contexte de l'activité de
planification, qui induisent, ou qui, à tout le moins, sont de bons "prédicteurs", d'autres
éléments de contenu ou de contexte, qui exercent ceux-là une influence structurante sur la
réalité […] elle-même. »
41

�La planification de l’éducation comme concept opératoire est abordée par les auteurs
comme Bettelheim, (1960), Pauvert, 1960), Coombs (1970), Guy (1995), Raynal &amp; Rieunier
(1997), Carron, et al. (2013, 2014)
Bettelheim, (1960, pp50, 53) propose quatre phases du processus de planification à
savoir le choix du « modèle de développement », « une vision première de la situation
désirable », « le cheminement vers l’objectif choisi » et « le contrôle a priori et le contrôle
courant. »
Il est question ici, du choix du modèle de développement économique et social, un
développement conditionné par la mise en œuvre de facteurs humains (éducation) et matériels.
Le modèle de développement économique et social

fait référence aux « hypothèses

provisoires » relatives à l’affectation des ressources et « aux effets de croissance attendus de
cette affectation. » Ces hypothèses ont trait à la situation de départ insatisfaisante dont les
éléments sont les suivants selon Bettelheim (1960): le niveau de revenu national et sa
répartition, les ressources budgétaires et leur affectation, les ressources humaines utilisées ou
non, le niveau d’éducation et de culture, les besoins satisfaits et non satisfaits,
Quant à la vision première de la situation désirable, elle s’inspire des variables comme
le rythme de croissance économique et le niveau de développement attendu à la fin de la période
considérée ; elle s’inspire aussi des exigences du secteur de l’éducation et de la formation en
termes de dépenses et d’investissements, mais aussi de niveau d’éducation atteint et à atteindre,
la situation actuelle des ressources matérielles et des besoins futurs y relatifs. Cette vision
première a aussi besoin d’un travail technique de détermination des besoins en personnels
qualifiés correspondant au niveau de développement et à la structure économique de la situation
attendue en fin de période. Enfin, selon Bettelheim (op.cit), la vision première doit tenir compte
des influences et tendances.
Le cheminement après l’objectif d’éducation provisoirement déterminé consiste à tenir
compte des contraintes tant internes qu’externes et des besoins en ressources matérielles et
humaines.
Enfin, le processus de planification économique de l’éducation, selon Bettelheim
(1960), se poursuit par le contrôle a priori et courant indiqué ainsi qu’il suit :
« Le caractère réalisable des objectifs éducatifs doit évidemment être
soumis à un strict contrôle a priori [...] La confrontation des expériences et
l'évolution des conditions de leur réalisation ainsi que de leur efficacité
économique a ici une importance déterminante. Les plans économiques et
d'éducation une fois élaborés doivent être régulièrement révisés à la lumière du
42

�contrôle courant de sa réalisation. Ce contrôle donnera généralement lieu, au bout
de quelques années à une nouvelle formulation d'objectifs et de cheminements pour
une nouvelle période. »
Pour Coombs (1970, p.66.) la planification consiste à ceci : « définir les « objectifs »
visés (les résultats qu’on veut obtenir) et commencer par recenser les conditions dictées par le
milieu : provenance des étudiants, plafond des dépenses, délais. L’étape suivante consiste à
imaginer une série de « systèmes » utilisables pour obtenir les résultats spécifiés. Chacun de
ces systèmes éventuels différera quelque peu des autres et par les éléments qu’il combinera
(entrées) et par la technologie. Les dépenses prévues et les résultats probables (sorties)
varieront également d’un système à l’autre et certains s’inséreront mieux que d’autres dans le
contexte général. » Il est attendu que la démarche de planification, selon Coombs, fasse une
définition plus précise de ses objectifs, car comme il l’indique (p.63), « Lorsque les buts réels
d’un système d’enseignement (…), ne coïncident pas avec les objectifs principaux de la société
à laquelle il appartient, il devient fatalement inadapté à la société et les besoins de celle-ci en
pâtissent. De même, si les objectifs spécifiques des diverses subdivisions du système
d’enseignement sont incompatibles avec les objectifs d’ensemble du système global, celui-ci est
alors en conflit avec lui-même et ses objectifs fondamentaux ne sont pas atteints.»
Raynal. F et Rieunier. A (1997) identifient deux démarches en planification à savoir la
démarche ‘ascendante’ qui consiste « à construire le plan en même temps qu’on le met en œuvre
dans la situation », un plan construit par corrections successives. La deuxième démarche est
dite descendante et « consiste à partir du but, à le décomposer en sous-buts et à procéder ainsi
jusqu’à la solution. » La planification est un processus itératif qui se déroule en plusieurs
phases selon les auteurs.
Les points suivants constituent les étapes en planification de l’éducation selon Carron,
G et al. (2014 : 20-22 ) : 1-le diagnostic, 2-la formulation des politiques, 3- l’élaboration du
plan stratégique, 4- l’élaboration des plans opérationnels annuels et 5- le suivi de la mise en
œuvre des plans.
❖ L’analyse
Encore appelé repérage, évaluation ou analyse sectorielle, le diagnostic, selon Carron et
al. (2014.), doit aller au-delà du système éducatif pour analyser les tendances démographiques,
le système économique et le contexte socio-culturel et comme ils l’indiquent, « Tout effort de
planification doit commencer par une analyse de la situation afin d’identifier les problèmes et
les réalisations, et de déterminer les principaux défis à relever. » Pour Demeuse et al. (2011, p.
5) : « il s’agit d’aller plus loin que la description d’un problème et de ses causes en identifiant
43

�d’une part les exigences et les objectifs par rapport auxquels on évalue et d’autre part les
indicateurs qui témoignent de la réussite ou de la non-réussite. […] Le diagnostic, orienté vers
l’action, doit ensuite permettre de faire évoluer le système. »
❖ La formulation des politiques

Pour ce qui est de la formulation des politiques, Carron et al. (2014.) indiquent que c’est
un travail technique, un processus complexe entre planificateurs et décideurs politiques et
consistant en l’examen des politiques existantes. Et comme indiqué,
« La formulation de politiques consiste à définir des objectifs à
long terme, pouvant éventuellement se placer au-delà du plan à moyen
terme, et à définir les principales stratégies pour atteindre ces objectifs.
Elle repose en partie sur les résultats de l’analyse sectorielle, mais
dépend également des politiques éducatives déjà existantes. Elle est
également influencée par les politiques générales de développement du
pays (telles qu’inscrites dans les plans nationaux de développement
et/ou dans les documents stratégiques de réduction de la pauvreté, etc.),
par les engagements internationaux qui ont été pris (par exemple, les
Objectifs du Millénaire pour le développement, les objectifs d’EPT, la
Déclaration de Salamanque, etc.) et par le(s) programme(s) du ou des
parti(s) politique(s) au pouvoir. »
❖ L’élaboration du plan stratégique
L’élaboration du plan stratégique, quant à elle consiste en l’élaboration d’un « plan
stratégique à moyen terme selon ce qui suit, pour Carron et al. (2014, p. 20,21) :
✓ traduire les objectifs politiques à long terme en objectifs et cibles
spécifiques, mesurables et qui devront être atteints dans un laps de
temps donné ;
✓ concevoir des programmes d’action prioritaires systématiques pour
atteindre les objectifs, en indiquant les principales activités à mener,
les échéances correspondantes et les unités responsables de chaque
activité ;
✓ estimer les ressources (humaines, matérielles et financières) qui
seront nécessaires pour mener à bien le plan, calculer les coûts
correspondants et les équilibrer avec les ressources disponibles.

44

�L’approche du cadre logique (ACL) est une technique rigoureuse permettant de
concevoir les programmes prioritaires, laquelle approche est complétée par l’utilisation d’un
modèle de simulation informatique pour fixer des cibles réalistes et cohérentes, et définir la
manière la plus efficace de les atteindre (Carron, G. et al. 2014). Un Cadre de Dépense à Moyen
Terme (CDMT) permet de prévoir les budgets futurs des ministères ce qui leur permet de
planifier leurs activités.
❖ L’élaboration des plans opérationnels annuels
Au sujet de la planification opérationnelle, il est question d’élaborer des plans à très
court terme (annuel, semestriel, mensuel…) et d’« adapter […] les objectifs et moyens
originaux à la lumière des circonstances nouvelles, des résultats obtenus et des difficultés
rencontrées dans la mise en œuvre des plans précédents. », (Carron et al. 2014), en vue
d’atteindre les objectifs du plan à moyen terme. Les indications suivantes sont données par
Carron et al. (2014) pour la réalisation du plan opérationnel élaboré suivant la structure des
matrices du programme à moyen terme :
Il s’agit d’expliquer clairement les éléments suivants :
✓ les objectifs spécifiques (résultats attendus) à atteindre dans l’année ;
✓ les activités précises qui seront entreprises afin d’atteindre les résultats voulus ;
✓ les départements et unités spécifiques chargés de l’exécution des différentes
activités ;
✓ le calendrier de chaque activité. Afin d’être pleinement utiles, les plans
opérationnels annuels doivent être étroitement liés aux budgets annuels, car tout
écart entre plan et budget va affecter de manière négative la mise en œuvre du plan.
(Carron et al. 2014. p, 22)
❖ Le suivi de la mise en œuvre des plans
Le suivi constitue la cinquième étape de la démarche de planification du secteur de l’éducation.
Carron et al. (2014, p. 22), le définissent comme un processus de collecte systématique
d’information pour identifier les forces et les faiblesses, en vue de formuler des mesures
correctives efficaces :
Carron et al. (2014) résument le l’ensemble du processus de la planification
stratégique au travers de questions dans la figure ci-après :
Figure 5 : Questions stratégiques essentielles et activités de planification correspondantes

45

�Source : Carron. et al. (2014).
II.3.5 : les outils de la planification
La planification pensée, s’effectue au moyen d’outils techniques et technologiques. Ce
sont des outils d’analyse, de formulation des politiques, de pilotage et de communication.
II.3.5.1 : les outils d’analyse
Les outils d’analyse en planification sont les suivants : l’analyse ou encore le diagnostic
en SWOT (Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats) ou FFOM (Forces, Faiblesses,
Opportunités, Menaces. À ceux-ci s’ajoutent les outils de projection
II.3.5.2 : les outils de formulation des politiques
Les outils de formulation de politiques sont l’arbre des problèmes, l’arbre des solutions,
la matrice du Cadre Logique (MCL) encore appelée cadre logique, les plans, les programmes,
etc.
II.3.5.3. : les outils de pilotage et de suivi
Les outils de pilotage en pilotage ou en planification opérationnelle sont le tableau de
bord, des indicateurs, le diagramme de GANTT, de PERT, les rapports, les annuaires
statistiques
II.3.5.4 : les outils de communication
Les outils de communication en matière de planification sont les réunions, L’atelier
participatif de formation, les groupes de discussion, les plaidoyers, les séminaires, l’intranet, la
visioconférence, l’internet, l’affichage etc.

46

�II.3.6 : Les déterminants de la planification en éducation
La réussite de la planification en éducation dépendent d’un certain nombre de facteurs
allant des capacités d’analyse à la mise en place de modes de communication, en passant par
des déterminants pédagogiques, administratifs, socio-économiques et culturels.
II.3.6.1 : Les facteurs sociologiques
Le planificateur étant à la recherche des conditions de synchronisme entre les facteurs
socio-culturels et ceux économiques du développement (Pauvert, 1960, p.137), a besoin
d’étudier les types de groupements (famille, communauté locale rurale ou urbaine) à même de
faciliter « la diffusion du progrès et la croissance économique », quels peuvent être les facteurs
positifs et négatifs de propagation des connaissances, et en particulier quels sont les structures
et dynamismes sociaux qui favorisent la propagation des innovations, des progrès
instrumentaux, des aptitudes techniques ou économiques, ou qui s'y opposent. ».
II.3.6.2 : Les facteurs techniques et pédagogiques
La maîtrise technique dans le domaine de l’éducation est un facteur important dans
l’élaboration et la mise en œuvre de plans viables.
Pour Coombs (1970, p. 64) évoquant la nécessité de définir des objectifs, « la première
mesure capitale à prendre pour améliorer la pertinence et le rendement d’un système
d’enseignement est de réviser et de préciser ses priorités et objectifs fondamentaux ainsi que
les objectifs spécifiques de chacune de ses subdivisions en vue d’assurer la compatibilité
mutuelle de ces derniers et leur compatibilité avec les objectifs essentiels, les priorités et les
besoins de la société ».
Il ajoute que pour aboutir à des améliorations importantes, les systèmes d’enseignement
ont besoin de recourir à des instruments de diagnostic assez divers et précis pour « évaluer leur
rendement, pour connaître les possibilités de perfectionnement et pour contrôler les progrès
réalisés durant un certain temps.»p.65
En rapport avec l’importance de la recherche en éducation, Coombs (1970, p.69) indique
que « La seule solution, pour que le changement et la transformation deviennent, pour les
systèmes d’éducation, un processus permanent qui soit entré dans les mœurs, consiste à
mobiliser à cette intention une plus forte proportion de l’intelligence créatrice de chaque
système, à englober un vaste éventail de disciplines, à investir beaucoup plus d’argent dans la
recherche et le développement de l’éducation et à prendre les mesures institutionnelles
nécessaires pour renforcer ce processus. Faute de cela et faute d’un esprit largement ouvert
aux enquêtes scientifiques, les systèmes d’éducation continueront de superposer de nouveaux
47

�éléments aux anciens, à la manière de couches géologiques, et de subir des transformations
mal ajustées qui leur seront imposées de l’extérieur. »
Le Document de Réflexion et d’Orientation (DRO) de la CONFEMEN (2018, p.115)
propose ceci : « L’environnement du curriculum doit également être considéré : formation des
enseignants, gestion et pilotage des structures, sensibilisation et mobilisation de la
communauté éducative. On s’attachera à proposer un cadre pédagogique / éducatif de
référence à partir des besoins et compétences. » Au sujet de la qualité des programmes, Palmer
(2017, p.26p.), cité par le Document de Réflexion et d’Orientation de la CONFEMEN (op.cit.)
indique que « […] ces programmes peuvent être efficaces dans les contextes les plus divers,
pour peu qu’il y ait, à tous les niveaux, un engagement, une collaboration et une action de la
part des ministères, des organisations gouvernementales et non gouvernementales, des
enseignants, des établissements d’enseignement supérieur, des parents et des communautés. »
II.3.6.3 : Les facteurs de pilotage
En matière de gestion des structures administratives, Carron et al. (2013, p.12)
propose une « Analyse des capacités de gestion : Analyse de la capacité des différentes
structures publiques et des autres fournisseurs de services éducatifs […] d’administrer
efficacement les services éducatifs existants et en projet, y compris la capacité des principales
parties prenantes ». Parlant de l’administration du système d’enseignement, pour ce qui est des
indicateurs, Coombs (1970, p. 67) pense que « Pour être efficaces, la planification et
l’administration d’un système d’éducation moderne demandent également qu’on dispose d’un
minimum de clignotants, d’indicateurs d’alerte qui tiennent régulièrement tous les intéressés
au courant de l’évolution des variables et des rapports importants à l’intérieur du système ainsi
que des rapports essentiels entre le système et son environnement. »
En termes de méthodes de financement, Coombs (op.cit.) pense notamment à « : la
budgétisation des programmes en fonction d’objectifs déterminés à réaliser ; le système PERT
pour l’établissement de programmes et de projets complexes ; diverses méthodes pour l’analyse
des coûts et l’évaluation du rapport coût-efficacité ainsi que les techniques de l’analyse du
rapport coût-bénéfice qui s’y rattachent »,
Au titre des personnels d’enseignement, Coombs (op.cit.) indique que «, il est nécessaire
que des indicateurs fassent connaître les tendances de la répartition du personnel enseignant
par âge, par qualifications, par échelles de salaires et par ancienneté, ainsi que les
changements survenus dans le nombre d’élèves par classe dans chaque partie du système et
dans le nombre d’heures de service. »
48

�Au sujet de la gouvernance, la politique sous-sectorielles des ESSRS7 (2010-2025, p.7),
8 préconisait que « la décentralisation soit diligemment accompagnée d'une déconcentration
des services de l'État dans le but de renforcer les capacités d'action des collectivités
territoriales », et que « la déconcentration des services de l’administration financière doit être
poursuivie, en vue d’accompagner la décentralisation.
Selon le Document de Réflexion et d’Orientation (DRO) de la CONFEMEN (2018,
p.111), « L’obligation de rendre des comptes est cruciale pour améliorer un système éducatif,
mais elle doit être, non pas une fin en soi, mais un moyen au service des finalités de l’éducation
Pour Coombs (1970, p. 68), « l’éducation est devenue la plus grande entreprise économique et
exerce une influence majeure sur l’ensemble de l’économie et de la société (…). Il en conclut
qu’ « on peut difficilement se permettre de l’administrer à la manière d’une modeste entreprise

familiale. Elle doit fonctionner les yeux grands ouverts. »
II.3.7 : Les avantages de la planification en éducation
Les avantages de la planification en éducation sont d’abord ceux de la planification en
général. (Carron et al. (2013) ; Carron et al. (/2014) ; Blanc, G. et al. (n.d). ils se présentent
comme suit :
Citant Capron, J.W Farley, J.M. Hubert, (1994) Blanc et al. (n.d, p. 5) indiquent que «
la planification stratégique peut véritablement améliorer la performance, mais [que] ce n’est
pas une condition nécessaire. »
Pour Blanc et al. (n.d, p.11), « Le système de planification présente d'abord l'avantage
de rassurer l'organisation. Par l'approche rationnelle et rationalisante qu'il met en jeu, il
nourrit le mythe d'une maîtrise parfaite des circuits de décision, et de l'existence implicite d'un
"one best way", pourvu que les informations pertinentes aient été recueillies et analysées
efficacement. Il nourrit le mythe d'une organisation cohérente et professionnelle qui ne laisse
rien au hasard. » Par ailleurs la planification stratégique présenterait les avantages suivants
(Blanc et Al, n.d, p11) :
« le système présente l'avantage d'être un système de décision qui "colle" à la
structure, servant ainsi de repère aisément identifiable par tous et destiné à constituer
l’enveloppe du système de pilotage à court et moyen terme. En effet, s'agissant d'un
système de procédures routinières et codifiées dont le circuit est limpide et stable, le
système de planification stratégique joue le rôle d'un instrument de communication à
l'ensemble de l'organisation en prévoyant des plages précises de dialogue et d'échange
7

Enseignements secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique

49

�entre fonctions, opérations et direction. En un temps où la décentralisation et l'autonomie
sont érigées en religion, tout ce qui est de nature à fédérer les unités de l'organisation
n'est par conséquent pas à négliger. »
Enfin, en termes de communication et de motivation la planification stratégique
présente les avantages comme indiqués : « [La planification] peut donc constituer un instrument
de mobilisation et de motivation, qui, s’il ne garantit pas parfaitement la cohérence et la
convergence des objectifs et des moyens chères aux contrôleurs de gestion, du moins contribue
à la consolidation de l’identité de l’entreprise » p.11.
II.3.8 : Les limites de la planification en éducation.
La planification en général et la planification en éducation en particulier connait des
limites selon Fisette (1986), Blanc. et al. (, n.d) et Mintzberg (1993).
La planification selon Blanc et.al. (n.d), part de certains présupposés : 1- « une stabilité
de l’environnement » où «[…] le futur est pour une large part, une projection des tendances
actuelles et pour le reste dicté par des ruptures dont la dimension et le sens sont essentiellement
prévisibles ; » 2- « une rationalité des choix » où « l'organisation constitue l'opérateur d'une
rationalité collective résultant de la combinaison de rationalités individuelles poursuivant un
optimum économique » et où « Les contradictions irréductibles d'intérêt entre entités,
l’ambiguïté et l'incertitude de l'information disponible, et les possibilités de la manipuler
n'[auraient] pas lieu d'être ». Daft et Lengel (1986) dans Blanc et al. (n.d p.2 ) pensent que
« certaines situations peuvent s’apparenter à des mystères dont la solution ne peut être trouvée
au travers de procédures rationnelles, » et que «[…] la rationalité de la procédure à mobiliser
est inversement proportionnelle à l'importance de l'incertitude de la situation à traiter. ».
Quant à Mintzberg (1993), cité par Blanc et al. (n.d), il indique deux perspectives de
planification : la perspective du « right-hand planner » plus ou moins efficace dans un
environnement stable et celle de « left-hand planner » où l’environnement est très incertain et
où la planification est de peu d’aide.
Selon Fisette, (1986, p.58) « La qualité des informations substantives, c'est-à-dire des
informations sur l'objet manipulé dans le processus de planification, n'est pas toujours un enjeu
déterminant de l'efficacité de l'action sur cet objet. » Fisette (op.cit.) ajoute ceci :
« L'enjeu ici, au plan de l'action et de la connaissance substantive de
l'objet, c'est le degré potentiel de généralisation des expériences réalisées. Moins
les connaissances théoriques sont universelles, explicatives et prédictives, plus
l'efficacité des moyens dérivés est contingente et marquée historiquement. En ce
50

�qui concerne les problèmes pratiques il s'agira cependant de déterminer dans
quelle mesure le même objet de connaissance est susceptible d'apparaître de façon
identique. »
II.3.9 : Les difficultés de la planification en éducation.
La planification en éducation connait des difficultés liées entre autres à sa nature, à ses
méthodologies et à son champ d’application (elle est appliquée dans un secteur dit public et qui
n’est pas concurrentiel.).
En ce qui est de sa nature, la planification relève des sciences sociales. Elle est une
science qui vise la réalisation d’actions dans le futur, domaine des incertitudes. Les
connaissances scientifiques étant encore fragmentaires, les prévisions restent incertaines selon
Blanc et al. (n.d).
Concernant l’efficacité de la planification, Blanc et al. Posent la question de savoir s’il
est possible d’évaluer la planification stratégique. Et comme ils le soulignent, « Le déclin de la
planification ne tient pas tant à la preuve de son inefficacité, particulièrement difficile à établir,
qu'à la pertinence de son utilisation, compte tenu du contexte interne ou externe dans lequel
évolue l'organisation. » p.5. Se référant aux travaux de M.J. Foster, 1986, D.K. Sinha, 1990, C.
Chet, D. Miller et L.B. Cardinal, 1994, Blanc et al. (n.d) soulignent la difficulté de « déterminer
la nature positive ou négative des liens unissant planification stratégique et performances de
l'entreprise. » Aussi est-il difficile de déterminer « Comment évaluer l'usage (bon ou mauvais)
de la planification, comment établir (ou vérifier) le lien entre les décisions réellement adoptées
et l'instrument dont on mesure l'efficacité (avec en particulier le risque de tautologie : les firmes
rentables planifient parce qu’elles sont rentables), et enfin quelle validité donner à des
corrélations statistiques entre d'un côté des variables financières et de l'autre des variables
portant sur un outil de management. »
Des difficultés d’ordre pratique d’implication des acteurs de la mise en œuvre et des
partenaires comme ceux de la société civile, du secteur privé et association des professionnels
de l’éducation : selon Carron et al. (2014b, p. 14) comme il le souligne « […] le fait d’impliquer
le personnel au niveau local reste une tâche complexe, qui demande beaucoup de temps et des
ressources humaines et financières considérables. La manière la plus efficace de procéder
consisterait à organiser une série d’ateliers à ces niveaux locaux, au moment des étapes
charnières de la planification (diagnostic, détermination des objectifs et des priorités, et
probablement conception du programme. »

51

�Au niveau de la mise en œuvre des résultats des recherches en éducation, un certain
cloisonnement entre activités de recherche en éducation et activités d’enseignementapprentissage, pour ne citer que cet aspect, ne favoriserait pas une application efficace et
efficiente de certaines mesures pédagogiques et administratives (Ouédraogo, 2016, Kaboré,
2011). Le parallèle entre recherche en planification/administration et activités de
planification/administration n’est-il pas tout aussi valable ?
Au terme de ce point sur la planification pour la qualité en éducation, il apparait que la
planification est une vision du devenir de l’organisation, c’est aussi l’identification des facteurs
économiques, sociologiques, politiques et psychologiques pouvant déterminer les changements
positifs, bref le développement ; c’est aussi la détermination d’objectifs éducatifs et la mise en
œuvre de mesures concrètes pragmatiques à même d’enclencher des changements d’ordre
économique social et culturel. Cependant, si pour certains auteurs, la planification en général
et la planification de l’éducation en particulier est comme un exercice à la scientificité et à
l’efficacité peu probante, pour d’autres, elle est essentielle. Et comme l’indique D. Cremasco
(1993) dans Blanc et al. (n.d, p.14), « la planification stratégique constitue une entreprise
risquée, mais […] l'absence de plans peut présenter des risques encore plus élevés. » La
question que l’on se pose est de savoir si les acteurs de la prise de telles décisions et de leur
mise en œuvre ont conscience de ces enjeux et ont les techniques nécessaires pour cela. C’est
ce qui va constituer l’objet des investigations sur le terrain au sein des institutions scolaires et
éducatives de l’enseignement secondaire dans le Sud-Ouest du Burkina Faso. La partie suivante
aborde la méthodologie de base de la recherche.

52

�Chapitre III : Méthodologie de la recherche
Pour Savoie-Zajc et Karsenti, (2004) in De Saint-André et al. (2010 :4), « […] la
méthodologie […] est étroitement liée aux choix théoriques et épistémologiques », lesquels ont
des visées soient prescriptives soient heuristiques. Nous faisons le choix d’une méthodologie à
visée heuristique ou descriptive qui, selon Bressoux et al., (1999), Bru, (2002a) et Altet (2003)
cités par de Saint-André et al. (2010) permettent d’explorer les pratiques. À la méthodologie de
recherche à visée descriptive correspondent des méthodes de collecte de données précises. Nous
voulons sous cette rubrique, présenter la méthodologie ayant servi de base pour la partie
pratique du présent travail. Il s’agit de décrire les méthodes de collecte de données, les
instruments ayant servis à la collecte de ces données. Il est aussi question de déterminer le
champ de la recherche, de spécifier le public cible. Le procédé d’échantillonnage y est décrit
ainsi que le mode d’administration des outils de collecte de données et enfin le mode de
traitement des données recueillies.
III.1. Méthode de collecte des données
Les méthodes de recherche pour Savoie-Zajc et Karsenti (2004) dans De Saint-André et
al. (2010), renvoient aux moyens utilisés pour collecter et analyser les données. Elles
constituent des options d’opérationnalisation des méthodes. Pour Dépelteau (2003), les
méthodes de collecte de données peuvent être quantitatives, qualitatives ou les deux à la fois
(mixtes). Dans le cadre du présent travail, la collecte de données repose sur la méthode mixte
quantitative et qualitative. Aux méthodes de collecte de données correspondent des instruments
précis de collecte et d’analyse.
III.2. Instruments de collecte de données
Au regard de la démarche de recherche adoptée et des méthodes y relatives, les
instruments de collecte de données suivants ont été privilégiés : il s’agit du questionnaire, de
l’entretien semi-dirigé encore appelé entrevue et de l’analyse documentaire. Le questionnaire
nous permet de récolter une certaine quantité de données. Gagné et al.,(1989), Fortin, (2006),
cités par De Saint-André et al. (2010 :165) décrivent le questionnaire comme suit : « L'enquête
par questionnaire porte généralement sur un échantillon de grande taille choisi de façon
aléatoire au sein de la population de recherche afin qu'il soit représentatif de cette population.
Le questionnaire peut comporter des questions fermées et/ou ouvertes. » Quant à l’entretien
semi-dirigé, il permet la collecte et l’examen des données qualitatives à savoir les perceptions,
les sentiments et les non-dits (Dépelteau, 2003). L’entretien semi-dirigé peut se faire en face53

�à-face ou par téléphone selon De Saint-André et al. (2010). Et pour Savoie-Zajc, (2003) cité
par De Saint-André( 2010, p. 168 « Un des avantages de l'entretien semi-dirigé, ou non dirigé,
est qu'il permet d'obtenir des données détaillées sur les pratiques [...] et pour Charron (2004),
cité par De Saint-André et al. (2010, p. 166) « Un des points forts de l'entretien en face à face
est qu'il facilite l'établissement d'une relation de confiance. » l’analyse documentaire selon
Dépelteau. (2003) permet la collecte et l’analyse des contenus explicites, mais aussi latents des
documents écrits.
III.3. Le champ de la recherche
Nous avons choisi de situer le champ d’application de la partie pratique du présent
travail sur les administrations scolaires notamment les services des lycées et celles éducatives,
en l’occurrence, les services de la direction régionale et des directions provinciales des
enseignements post-primaire et secondaire de la région du Sud-Ouest. Les raisons sont que nous
y avons le plus séjourné et avons une connaissance plus ou moins précise des services et des
personnels y travaillant et donc de connaitre plus de chance d’optimiser la collecte de données.
III4. La population cible
La population concernée par la présente recherche est l’ensemble des acteurs des
structures déconcentrées en charge de la planification et de la gestion de l’enseignement
secondaire de la région du Sud-Ouest. La population concernée par le questionnaire est indiquée
dans le tableau ci-dessous :
Tableau 12: population cible du questionnaire
Population Nombre
Observations
cible
a-Les services de 12*1=12
la
direction
régionale

b-Les services des 7*5=35
directions
provinciales

c-Les services des
établissements de

4*15=60

Fiches
récoltées
Les chefs des services de la scolarité (01), des 08
études et de la planification (01), des ressources
humaines (01), des ressources financières et
matérielles (01), du genre (01), de l’encadrement
et de la formation pédagogiques (01), des examens
et concours scolaires (01), des TIC et de la
communication (01), de la citoyenneté (01), des
archives et de la documentation (01), des activités
sportives et culturelles(01) et le secrétariat (01)
Service de la scolarité (01), des études et de la 20
planification (01), des ressources humaines (01),
des ressources financières et matérielles (01), du
genre (01), de l’encadrement et de la formation
pédagogiques (01), des examens et concours
scolaires(01).
Quatre (04) services (provisorat, censorat, Vie 40
scolaire et Intendance) dans quinze (15)
54

�l’enseignement
secondaire

établissements secondaires, dont un
l’enseignement technique et professionnel.

Total
fiches
attendues :
107
Source : l’auteur

de
Total
fiches
récoltées
68

NB : Un nombre important de fiches n’ont pas connu de retour, certainement dû à un
manque de volonté de communiquer, ou soit pour des contraintes liées aux activités de fin de
trimestre, les fiches ayant été dispatchées dans la deuxième semaine du mois de mars, période
correspondant à la finalisation des activités du trimestre, notamment dans les lycées.
Nous avons aussi procédé par entretien non-directif (Dépeltéau, 2003) sur au total vingtsix (26) agents des services déconcentrés soit douze (12) des lycées et quatorze (14) de la
direction régionale et des directions provinciales des enseignements post-primaire et secondaire
dans la région du Sud-Ouest.
Les analyses documentaires ont quant à elles porté sur deux plans d’amélioration
scolaire et de leur guide d’élaboration, d’un programme et d’un rapport d’activités de la
direction régionale et d’une direction provinciale, d’un rapport de réunion de services et d’un
rapport de Conseil de direction.
III.5. L’échantillonnage.
L’échantillonnage pour le questionnaire qui a concerné les responsables des différents
services dans les structures ayant en charge la question éducative dans la région du Sud-Ouest
est choisi selon la méthode aléatoire. En ce qui concerne les entretiens, ils ont été réalisés avec
les chefs des services indiqués dans le tableau ci-dessus, soit directement sur place, soit par
appels téléphoniques. Les entretiens sur place –quinze- ont concerné les chefs de service de la
DREPS du Sud-Ouest et de la DPEPS-Poni8. Les appels téléphoniques ont pu s’effectuer avec
onze (11) autres chefs de service des provinces. L’analyse documentaire a concerné les
programmes d’activités de trois services au niveau des structures éducatives ; deux plans
d’amélioration scolaire de lycées, assortis d’un guide d’élaboration y afférent ont pu être
analysés.

8

Province d’installation de la Direction régionale et provinciale des enseignements post-primaire et
secondaire et de résidence de la famille de l’auteur du présent mémoire.

55

�III.6. La validation et l’administration des outils
Il s’est agi pour le présent travail de passer d’abord par une phase de test des outils de
collecte de données. Cela a consisté à administrer le questionnaire dans un lycée, ce qui a permis
de faire des corrections de forme et de préciser certaines questions adressées aux participants.
L’administration et la collecte des données ont été effectuées en notre présence pour ce qui
concerne les services de la DREPS du Sud-Ouest, de la DPEPS du Poni et des lycées de la
Commune de Gaoua, ce qui a permis certains échanges de clarifications, mais aussi de collecter
des informations du domaine des non-dits. Ensuite, des entretiens ont pu être réalisés
directement avec certains enquêtés ce qui a permis de compléter le questionnaire. Les entretiens
téléphoniques et les analyses documentaires, en sus de notre présence directe sur les lieux lors
de la collecte des questionnaires, comme lors des entretiens ont permis de faire des
triangulations et de parvenir aux conclusions relatives aux hypothèses émises.
III.7. La méthode de traitement des données recueillies
La problématique de la présente recherche telle que nous l’avons décrite au chapitre I
point 3, est partie du problème de la recherche de qualité dans l’éducation tel que ressenti par
certains acteurs et tel que le révèlent les évaluations aux niveaux internationaux et internes au
Burkina. Les données collectées par les instruments de la méthode mixte quantitative et
qualitative suivent ainsi la démarche à la fois hypothético-déductive et inductive de recherche.
Selon Dépelteau (2003) le chercheur, observateur des faits de son champ de recherche en arrive
inéluctablement à des conclusions tirées (induction) de cette saisie des multiples faits par les
sens. La déduction, selon Descartes référé ici par Dépelteau (2003) part des conclusions, des
connaissances intuitives que nous permettent notre capacité à penser, à raisonner, et de laquelle
nous jugeons que ce que nous pensons est juste ou vrai. Des faits recensés en nombre par les
questionnaires et complétés par nos observations et analyses de documents, nous tirons des
conclusions (inductions), et des faits et gestes issus des entretiens, nous faisons des déductions.

56

�Chapitre IV : Présentation des Résultats
La problématique relative aux perceptions et aux pratiques de la planification en vue
d’atteindre le développement qualitatif de l’éducation nous a amené à élaborer des instruments
de collecte de données. Ces instruments ont permis de recueillir des informations que nous
avons traitées sous le présent chapitre en les rubriques suivantes : une présentation suivie d’une
analyse et interprétation des résultats et enfin l’infirmation ou la confirmation des hypothèses.
Pour ce faire nous partons de la structuration des hypothèses et des variables telles que nous les
avons élaborées au point I.3.3.
IV.1 : Présentation, analyse et interprétation des résultats
Les lignes suivantes présentent les résultats sous forme de tableaux ou de graphiques
avec leurs analyses et interprétations. Les entretiens réalisés en face à face ou par téléphone ont
permis de vérifier certaines déclarations contenues dans les questionnaires.
IV.1.1 : La perception de la planification et de la qualité de l’éducation
Tableau 13: les définitions de la planification et de la qualité en éducation
Concepts

Nombre de
répondants

Planification 18/68

Nombre de
définitions
substantielles

Pourcentage

Nombre de
définitions
interprétatives

Pourcentage

Nombre
de
définitions
holistiques

Pourcentage

6

33%

12

67%

00

00%

14

21%

54

79%

00

00%

en éducation
Qualité en

68/68

éducation
Source : l’auteur
Dans ce tableau 13, une proportion importante d’enquêtés donne une définition
interprétative de la planification et de la qualité en éducation (67% et 79%). Aussi, un nombre
important ne donnent pas de réponse à la question sur la définition du concept de planification
de l’éducation. Par ailleurs, les interviews menées simultanément à la collecte et post collecte
révèlent une approche relativement hésitante des enquêtés sur la notion.
Tableau 14 : planification et qualité en éducation : rôle
Nombre de répondants
68

Nombre de répondants
68

Pourcentage
100%

57

�Le tableau 14 indique que tous les enquêtés accordent à la planification un rôle
prépondérant dans l’atteinte de la qualité en éducation. N’est-ce pas là une attitude
contradictoire par rapport aux faits tels qu’ils apparaissent au tableau 19 ? Par ailleurs, n’est-ce
pas là faire preuve d’un optimisme exagéré et l’indication d’une certaine naïveté de la part des
enquêtés ?
IV.1.2 : les pratiques en planification de l’éducation
Tableau 15 : les profils professionnels des enquêtés
Conseillers

Conseillers

d’Intendanc

d’Administratio

e Scolaire et

n Scolaire et

Universitair

Universitaire

e

10

Conseiller

Professeu

s en

r Certifiés

Ressource

des

s

Lycées et

Humaines

Collèges

00

30

11

Conseillers
d’Orientatio
n Scolaire et

Conseillers

Encadreurs

d’Éducatio

pédagogique

n

s

10

06

Professionnel

01

Tota
l

68

Source : l’auteur
D’après le tableau 15, le personnel enseignant (Professeur certifié) et d’encadrement
(encadrement pédagogique et de vie scolaire) prédominent dans les administrations scolaires et
éducatives. Les compétences supposées en planification pédagogique ne sont-elles pas des
atouts

et

pourraient-elles

servir

de

tremplins

à

la

planification

stratégique

et

opérationnelle ailleurs qu’en classe ?
Tableau 16: représentation des hommes et des femmes enquêtés
Hommes

Pourcentage
64

Femmes

94%

Pourcentage
04

6%

Source : l’auteur
Le tableau 16 montre une très faible représentation des femmes au niveau des services
de l’enseignement secondaire des structures déconcentrées du ministère de l’éducation dans la
région du Sud-Ouest, ce qui indiquerait un problème d’équité et qui pourrait dénoter d’une
éducation de qualité insuffisante dès sa planification quand on sait le rôle tant important des
couches de la société dont les femmes dans la prise de décisions équilibrées.
Tableau 17: Proportion des enquêtés, formés et non formés en planification de l’éducation
Nombre

Nombre

d’enquêtés

formés

68

23

de Proportion

Nombre de non Proportion
formés

33%

45

67%

Source : l’auteur

58

�Le tableau 17 indique qu’une faible proportion des agents des services des structures
scolaires et éducatives a bénéficié de formation en planification locale ou micro-planification
ces cinq dernières années. Ces services se révèlent être essentiellement ceux en charge des
études et de la planification, ceux de gestion des ressources financières et matérielles et dans
une certaine mesure, certains agents dans les établissements scolaires dans le cadre de la mise
en place des Plans d’Amélioration Scolaires (PAS) entrepris par le Projet d’Amélioration de
l’Accès et la Qualité de l’Éducation (PAAQE) intervenant dans la région.
Table 9 : Existence de documents de politiques générales
Question : avez-vous connaissance de documents de planification du développement et/ou
d’administration du Burkina ? Si oui, lesquels ?
Le tableau 18. Connaissance des documents généraux de planification et d’administration
Documents

Nombres

Présence/connaissance Pourcentage

d’enquêtés

de documents

PNDES 2016-2020
Plans régional et communaux de
développement
Texte d’Orientation de la
Décentralisation
Source : l’auteur

%

68
68

6
01

8,82
1,47

68

02

2.94

Le tableau 18 indique qu’un faible nombre de participants ayant répondu à cette question
connaissent les documents généraux de planification et d’administration.
NB : un nombre important d’enquêtés n’ont pas répondu à cette question, ce qui indique
soit une grande ignorance des documents de planification du développement. Effectivement,
les entretiens menés ont confirmé cet état de fait car il était difficile pour ceux interrogés de
citer ou donner un objectif spécifique contenu dans l’un ou l’autre de ces documents.
Tableau 19: Existence/connaissance des documents de politiques éducatives
Question : Avez-vous connaissance de documents de politique éducative ? Si oui, lesquels ?

Documents

La loi d’orientation de l’éducation de
2007
La Politique sous-sectorielle des ESSRS
2010-2025
La PN-EFTP 2008-2025
Le PSEF 2017-2030
Source : l’auteur

Nombre
d’enquêtés

Connaissance/ Présence
de documents de
politique éducative

Pourcentage
%

68

40/68

58,82

68

02/68

2,94

68
68

2/68
5/68

2,94
7,35

59

�Dix-neuf (19) enquêtés n’ont donné aucune réponse à cette question. De deux choses,
l’une : soit, ils n’ont pas compris la question ; soit, ils n’ont connaissance de l’existence d’aucun
document de politique éducative.
Tableau 20: les documents de politiques éducatives internes aux structures
déconcentrées.
Question : quels documents contiennent-ils vos politiques éducatives ? Cochez la/les
case-s qui vous convient/conviennent.
Documents

Nombre

Présence/connaissance

Pourcentage

d’enquêtés

de documents

%

Les programmes d’activités

68

14/68

20,59

Les rapports d’activités

68

16/68

23,53

Les comptes rendus de

68

8/68

11,74

Les Plans d’Action

68

8/68

11,74%

Les Cartes Educatives

68

8/68

11,74%

Le Projet d’établissement

68

22/68

32,35%

réunions et de rencontre

Source : l’auteur
Il ressort du tableau ci-dessus qu’une faible proportion de service dispose de
programmes d’activités et des rapports y afférents, ainsi que des rapports de rencontre. Par
ailleurs, les entretiens avec les acteurs des structures décentralisés et les partenaires sociaux
(syndicats et bureaux des parents d’élèves) montrent aussi un niveau faible d’implication de ces
acteurs aux prises de décision au niveau local (régional, provincial et lycées).
Cependant, aux termes de ces entretiens, les Plans d’Actions (PA), les programmes
d’activités, des rapports d’activités et de réunions, des Cartes éducatives et des Plans
d’amélioration scolaire (PAS) existent, élaborés, mais détenus par quelques services dans les
structures.
IV.2 : Infirmation ou confirmation des hypothèses
La problématique du présent travail a été posée autour de la perception qu’ont les acteurs
sur la planification en éducation pour l’atteinte de la qualité en éducation. Elle a aussi portée
sur les pratiques de planification dans les services des structures éducatives et scolaires de
l’enseignement secondaire au Sud-Ouest du Burkina Faso

60

�Pour ce qui concerne la perception de la planification et ses enjeux, les résultats issus
de la collecte des données indiquent que l’ensemble des acteurs ont une perception positive de
la planification en éducation, même si la plupart (54%) évoquent la qualité de l’éducation et la
planification en éducation (75%) en des termes interprétatifs. Certains des enquêtés interviewés
avancent cependant les taux de flux et ceux de succès entre autres au sujet de la qualité ; d’autres
évoquent aussi des taux à atteindre par la planification.
Même si l’ensemble des enquêtés (100%) croient en l’efficacité de la planification de
l’éducation à atteindre la qualité en éducation, un bon nombre de répondants (40/68) ont esquivé
la question relative à la définition du concept de planification de l’éducation. Les entretiens
montraient déjà cette difficulté à donner une quelconque définition au concept de planification.
On pourrait alors conclure à une conception partielle et parcellaire sinon à une certaine
ignorance de la planification de l’éducation de la part des acteurs enquêtés ; par voie de
conséquence, nous défendons une confirmation de l’hypothèse numéro 1.
L’hypothèse numéro 2 de la problématique a porté sur les pratiques de planification par
les acteurs. Nous avons voulu savoir combien de services disposent des documents de
planification du développement économique et social au niveau national et local, et que savent
les enquêtés de leurs contenus ; combien de services connaissent les politiques éducatives et
combien élaborent et disposent de documents internes relatifs à leurs actions éducatives. Au
constat, très peu de services disposent des documents (national et régional) de planification du
développement économique et social (cf. tableau 18 et 19); de même, les documents de
politique éducatives sont largement ignorés (cf. tableau 20). Il existe cependant des documents
internes de planification propres aux structures et non aux services et donc méconnus de ceuxci. Par ailleurs, très peu d’agents (33%) ont bénéficié de formation en planification. Les
éléments ci-dessus indiquent des difficultés de planification, sinon des insuffisances en
planification dans les structures scolaires et éducatives de l’enseignement secondaire et ainsi
concourent à la confirmation de l’hypothèse n°2 de la présente recherche.
Le chapitre ci-dessus a présenté les résultats de la collecte des données au sujet de la
perception et des pratiques planificatrices dans les structures scolaires et éducatives de
l’enseignement secondaire dans le Sud-Ouest du Burkina Faso. Les résultats analysés et
interprétés montrent des tendances indiquant des forces, mais surtout des insuffisances. Les
hypothèses émises le confirment bien. Ceci nous conduit aborder le chapitre sur la discussion,
l’implication et les suggestions.

61

�Chapitre V : Discussions, implications, suggestions
Ce chapitre aborde le présent travail de recherche sous les aspects discussions,
implications et suggestions, au terme de la présentation et de l’analyse des données récoltées
ci-dessus faites.
V.1 : Discussions
Nous discutons les conclusions que révèlent les données collectées, à la lumière des
théories positivistes en planification de l’éducation d’une part ; de l’autre il est question
d’examiner ces résultats à la lumière des approches dites discursives, interprétatives ou encore
communicationnelles.
V.1.1 : Discussions sous l’angle positiviste.
La théorie positiviste d’Auguste Comte postule le monde comme une réalité existant en
dehors de toute conscience. La connaissance consiste à la saisie de cette réalité. En matière
éducative, la planification consiste à la recherche des faits et des phénomènes en vue d’agir sur
eux, pour l’atteinte des objectifs escomptés. Notre recherche à aboutit aux conclusions que les
enquêtés ont une maîtrise relativement insuffisante de ces réalités : les concepts et leurs
opérationnalisations, les réalités institutionnelles environnementales des enquêtés et les réalités
internes.
❖

Les concepts et de leurs opérationnalisations

Les concepts et les conditions de leurs opérationnalisations ne sont pas assez clairs chez
les acteurs, ce qui pourrait expliquer les difficultés à concevoir des documents en la matière et
l’absence constatée de documents de planification dans la plupart des services.
❖

Les priorités internes aux services et structures

Les enquêtés ont une connaissance relativement vague de leurs besoins et priorités, ceux-ci
n’étant pas toujours consignés dans des documents formels, en données, indicateurs, objectifs
et cibles. Des documents existent, mais au compte de la structure toute entière, comme
documents de planification opérationnelle (programmes et rapports d’activités), en lien avec
les structures centrales ; il existe aussi des documents internes de planification (Plan d’Action,
Plans d’Amélioration Scolaire), mais de portée annuelle, en sus des Cartes Educatives
élaborées à partir des annuaires (nationale et régionale).
❖

la connaissance de l’environnement institutionnel et organisationnel

La connaissance de l’environnement institutionnel et organisationnel est relative chez
les enquêtés, et la maîtrise des priorités des services hiérarchiques ne sont pas évidentes. De
62

�même les dotations et subventions budgétaires de la part des structures centrales comme des
partenaires techniques locales, la participation à la réalisation des activités des services externes
centrales ou locales (régionales, provinciales) restent indéterminées et/ou incertaines, ce qui
indique une planification à tendance contingente des activités dans les structures déconcentrées.
V.1.2 : Discussions sous l’angle interprétativiste
La part de l’informel, de l’inattendu, ou tout au plus des connaissances intuitives dans
la saisie des faits passés ou présents et dans la réalisation des activités d’administration et/ou
de planification de l’éducation et que révèlent les enquêtes menées dans le cadre du présent
travail de recherche révèle le côté discursif interprétatif que doivent revêtir les pratiques en
planification de l’éducation. En effet, selon cette approche, les faits sont des construits, et
l’homme ne les saisit qu’en interaction avec les autres. La mise en œuvre des actions en
éducation demande l’intervention de plusieurs acteurs dont les compréhensions ou les intérêts
divergent, d’où la nécessité de leur forte implication, et la nécessité du dialogue pour parvenir
à des consensus dans les décisions et les stratégies de mise en œuvre. C’est à ce prix que l’on
peut arriver à des résultats d’un certain niveau de satisfaction aux yeux des acteurs.
Dans la même veine que les approches discursives, les approches culturelles qui prônent
la considération des facteurs culturels déterminant les changements positifs en éducation
comme ailleurs, invitent à une communication horizontale entre acteurs. Cette communication
qui implique tous les acteurs de l’organisation est gage de réussite des activités de planification
de l’éducation.
V.2 : Implications
Les résultats de la présente recherche révèlent ce qui suit : 1-la planification éducative
dans les structures déconcentrées, comme elle se présente dans l’enseignement secondaire au
Sud-Ouest du Burkina,

est à tendance descendante, verticale ; 2-

les connaissances et

compétences conceptuelles, techniques/technologiques et communicationnelles sont

à

dominance intuitives et informelles en ce qui est de la planification administrative de
l’éducation ce qui implique des changements de paradigme de planification aux niveaux
organisationnel et pédagogique.
❖ Au niveau organisationnel.
D’un côté, les théories positivistes rationalistes postulent une maîtrise objective du
monde et des lois en présence afin de pouvoir procéder aux transformations voulues. Les
théories interprétatives quant à elles suggèrent des interactions humaines et sociales, lesquelles
permettent des connaissances temporelles et temporaires des réalités. En lien avec ces positions
63

�se dégage une nécessité pragmatique d’implication de tous les acteurs dans les différentes
structures organisationnelles. Parlant d’éducation, les acteurs de l’éducation sont en même
temps les clients de cette œuvre éducative selon Naji (2019). L’éducation de qualité, c’est cette
éducation qui répond à leurs besoins. Ces acteurs identifiés ne sauraient être ignorés dans les
prises de décisions de leur mise en œuvre. Il serait alors bon que les différents acteurs du
sommet à la base soient impliqués à toutes les étapes, ce qui nécessite une relecture des
attributions des structures pour donner plus de responsabilités aux structures opérationnelles ;
aussi, cela implique-t-il de procéder à une déconcentration et/ ou décentralisation réelle
(responsabilisation accrue et réelle des structures déconcentrées, et/ou autonomisation des
établissements scolaires).
❖ Au niveau pédagogique.
Le changement de paradigme à ce niveau consiste à épouser les pratiques pédagogiques
des théories rationalistes et interprétatives selon lesquelles, respectivement, la connaissance nait
de l’action de l’homme sur le monde, mais aussi des interactions entre les hommes sur le monde.
Ceci implique qu’il soit permis aux acteurs de l’éducation d’être au centre des actions de
planification que ce soit dans le cadre d’enseignement-formation -apprentissage initial ou de
pratiques professionnelles.
❖ Au niveau de la communication
Le changement de paradigme de planification appelle la mise en œuvre de stratégies
communicationnelles tout aussi horizontales de sorte que les chargés de la mise en œuvre, aussi
bien que les décideurs politiques comprennent leurs missions individuelles et collectives dans
l’organisation et y œuvrent à l’atteinte des différents objectifs.
V. 3 : Suggestions
Au regard des implications qu’appellent les résultats du présent travail de recherche, les
suggestions suivantes sont adressées à l’endroit des acteurs à savoir les décideurs politicoadministratifs, au niveau central et déconcentré, aux autorités pédagogiques et à l’endroit des
agents, acteurs et partenaires de l’éducation dans leur ensemble.
V.3.1 : À l’endroit des décideurs politiques et administratifs
Ces décideurs politiques sont ceux au niveau tant bien central que déconcentré et
décentralisé. La déconcentration et/ou la décentralisation demande une volonté politique et un
engagement personnel et collectif dans la prise de décisions et de leur mise en œuvre. L’effort
de démocratisation dans la prise de décisions au niveau du secteur de l’éducation, pour qu’elle
soit de qualité doit aller au-delà des implications numériques des acteurs aux différents niveaux
64

�hiérarchiques pour inclure leurs pratiques culturelles diverses tant en matière administrative et
organisationnelles

qu’en

matière

d’enseignement-formation-apprentissage :

impliquer

numériquement de façon hiérarchique les acteurs, mais aussi partir de leurs pratiques culturelles
porteuses de changements positifs selon Hallak (2000). Cela pourra se faire en collaboration
avec les différents spécialistes imprégnés des divers facteurs et conditions de changements
qualitatifs. Les pratiques communicationnelles qui siéent pourraient aussi être adoptées tant
dans les structures formelles d’éducation que dans les cadres non-formels et informels.
V.3.2 : À l’endroit des autorités pédagogiques
Au regard des difficultés conceptuelles, techniques et technologiques liées aux concepts
en planification et qualité de l’éducation et de leurs mises en œuvre, au regard des contraintes
tant environnementales qu’internes, eu égard aux difficultés de mobilisation des acteurs et des
partenaires autour des questions éducatives, la nécessité des formations initiales et continues en
planification, communication et en mobilisation des ressources se fait sentir. Aussi, les
pratiques de communication horizontale enseignées et pratiquées dans ces cadres formels
pourraient être perpétuées dans les cadres formels et informels d’exercice professionnel.
Par ailleurs, l’éducation mobilise un monde divers de professionnels exerçants dans des
domaines qui, quoique spécifiques, se complètent et concourent à l’atteinte des objectifs
éducatifs. Les acteurs tendent à travailler en cloison. En exemple, il est ressorti que bien de
services n’ont seulement ne planifient pas formellement leurs activités, mais ne sont pas
impliqués dans la planification des activités de leurs structures d’appartenance. Le
décloisonnement des services et de leurs activités dans les organisations est-elle souhaitable ?
Si oui, cela est-il réalisable dès les cadres formels de formation ?
V.3.3 : À l’endroit des partenaires sociaux.
Le droit à l’éducation étant un droit social reconnu aux citoyens et consigné tant dans
les textes internationaux (Déclaration Universelle des Droits de l’Homme) sous régionaux
(Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples) et nationaux (Constitutions), il reste
une responsabilité individuelle et collective à assumer quant à son effectivité, mais surtout à sa
qualité. Conformément à cela, le devoir de redevabilité et de contrôle de la part de chaque acteur
vis –à –vis de lui-même et de toute la communauté se doit d’être assumé. Des comptes rendus
périodiques devraient constituer des exercices de redditions de compte institués au sein de
chaque structure scolaire et éducative pour l’avènement de la qualité en éducation.

65

�V.3.5 : À l’endroit des partenaires techniques et financiers.
Le présent travail de recherche nous a aussi permis de noter un fait frappant qui est la
quasi-absence de partenaires techniques et financiers dans la région au niveau l’enseignement
secondaire. Le seul qui intervient, à savoir le Projet pour l’Accélération de l’Accès et de la
Qualité en Education ‘PAAQE) est un projet étatique dont les financements proviennent pour
la plupart d’un Organisme international à savoir la Banque mondiale. Cependant, ce projet
intervient dans la région par l’intermédiaire, entre autres, d’agents de l’État des structures
déconcentrées exerçant comme point focaux. C’est au travers de cette structure que bien
d’établissements bénéficient de formations en planification et de ressources, notamment
financières et matérielles. Cependant, cet accompagnement pourrait s’accroître par une réelle
autonomisation budgétaire des établissements sur certaines priorités formulées par ces
établissements au regard de réalités spécifiques propres.

66

�Conclusion
Les pratiques en planification nous ont conduit à initier le présent travail de recherche,
dans le cadre des études entreprises en planification et gestion des structures éducatives à
L’Institut de Formation à Distance de l’Université Thomas SANKARA. Le sujet du travail qui
est « Perception des acteurs sur la planification du développement de l’éducation au secondaire
dans la région du Sud-Ouest du Burkina Faso » visait à examiner non seulement les perceptions,
mais aussi les pratiques de planification dans le domaine de l’éducation, en l’occurrence
l’enseignement secondaire dans son ensemble, pour en déceler les difficultés et les adresser.
Le travail de terrain a impliqué soixante-huit (68) services de quinze lycées, de quatre
(04) directions provinciales et de la direction régionale des enseignements post-primaire et
secondaire de la région ci-dessus indiquée. Si l’analyse a porté sur soixante-huit des 107
questionnaires initialement attendus, quinze chefs de service de ces structures déconcentrées
ont participé à l’entretien tandis les documents de bord de deux structures ont pu être examinés.
Tout en convenant que la planification est un domaine où le bon sens et les méthodes
scientifiques, la technologie et le jugement sont mêlés, le travail a abouti aux conclusions
suivantes : si les enquêtés ont une bonne perception, pour ne pas dire une perception trop
optimiste du rôle de la planification dans l’atteinte de la qualité de l’éducation, leurs
conceptions de la qualité comme de la planification en éducation sont parcellaires et d’ordre
interprétatif. Il ressort aussi que les pratiques planificatrices des acteurs sont plutôt de tendances
traditionnelles, contingentes et sont peu communicationnelles et implicatives ou démocratiques.
Cependant, nous convenons avec Demeuse &amp; Baye (2001) pour dire que les conclusions
auxquelles le présent travail est parvenu restent des probabilités et non des vérités
incontestables. Aussi, l’envergure de la recherche invite-t-elle à une interprétation réservée,
quant à la possibilité de généralisation des résultats issus du présent travail. Pour ce faire, au –
delà du présent travail, la référence documentaire ci-dessous établie pourrait servir aux lecteurs
et/ou aux chercheurs de sources d’inspiration inestimables.
L’intérêt et les raisons qui sous-tendent la présente recherche sont à loger au niveau
professionnel et scientifique. En effet, analyser et évaluer les facteurs contribuant à la
réalisation des objectifs éducatifs nous intéresse en tant que technicien de l’éducation à double
titre : celui de l’encadreur pédagogique et celui de planificateur de l’éducation. Après une
décennie de pratique enseignante comme professeur certifié puis une dizaine d’années dans
l’encadrement, nous avons toujours été intrigués par l’écart qui se trouve entre tous les efforts
consentis et les résultats auxquels nous parvenons à l’issue de la mise en œuvre des différents
67

�plans pédagogiques. Par ailleurs, depuis au moins cinq années nous nous intéressons à la
planification dans les structures déconcentrées et décentralisées de l’État avec le même constat
de la difficulté des différents services à être en phase avec les cibles fixées au niveau national
d’une part, et la résolution des problèmes spécifiques qui se posent aux structures.
L’observation des pratiques de management des structures éducatives (Collèges, lycées et
directions provinciales et régionales donnent à constater des pratiques de planification et de
gestions sans grande lisibilité ou visibilité.
Au niveau scientifique, à travers les cours que nous avons suivis en sciences de
l’éducation, notamment en planification et gestion des systèmes éducatifs et aussi à travers les
publications scientifiques au Burkina Faso, nous nous sommes rendu à l’évidence que si
beaucoup d’écrits existent, ils portent sur la qualité de l’éducation en ses aspects pédagogiques.
Très peu d’écrits le sont sur l’enseignement secondaire en ses aspects de planification et de
gestion. Nous osons alors croire que l’occasion de l’exercice du présent travail de recherche
aura suscité une réflexion individuelle, et au-delà, collective pour résorber les difficultés qui se
posent dans la planification et la gestion des structures éducatives et scolaires pour l’atteinte de
la qualité en éducation.
Comme toute œuvre humaine, le présent mémoire présente des insuffisances à loger à
trois (03) niveaux. Dans un premier temps, il faut noter la nature de la recherche. Ici est fait un
travail de recherche dans le domaine des sciences sociales où il est plutôt question de
probabilités que de certitudes selon Demeuse et Baye (2001) Les résultats auxquels nos
investigations sur le terrain nous permettent de parvenir ne pourront donc constituer de vérités
d’une scientificité incontestable, mais plutôt des pistes de compréhension des phénomènes de
planification et de gestion sur la qualité de l’éducation. Nous invoquerons, par ailleurs le fait
que cette recherche se mène au bout d’un temps de réflexion et de moyens aussi bien matériels
(documentaires) que financiers limités, celui de la formation comme planificateur de
l’éducation. Pour finir, le cadre limité du champ d’observation et d’expérimentation des
instruments de la recherche - celui du Sud-Ouest du Burkina Faso - ne peut conduire à des
généralisations incontestables des conclusions de la présente recherche.
L’analyse des politiques éducatives, des intrants, des processus, des produits donne lieu à des
constats d’insatisfaction, toute chose qui conduit à une interrogation des théories en
planification pour l’atteinte des objectifs qualitatifs en éducation.

68

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Plan National de Développement Économique et Social (PNDES) 2016-2020. (Burkina
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Plan Régional de Développement (PRD) 2019-2023 du Sud-Ouest. ( Burkina Faso).
Plan Sectoriel de l’Education et de la Formation (PSEF) 2017-2030. (Burkina Faso)
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Weick, K. (1995), Sensemaking in organizations. Thousand Oaks : Sage publications.

xi

�Annexes
Annexe1 : Questionnaire aux agents des structures éducatives et scolaires de
l’Enseignement secondaire
Annexe 2 : Guide d’entretien avec les responsables des services des structures
déconcentrées de l’Enseignement secondaire de la Région du Sud-Ouest.
Annexe 3 : Guide d’entretien avec les partenaires de l’éducation (syndicats et
bureaux des APE ) du secondaire de la région du Sud-Ouest.
Annexe 4 : Matrice de Cadre Logique selon Carron et.al. (2014) IIPE, p24.

xii

�Annexe1 : Questionnaire aux agents des structures éducatives et scolaires de
l’Enseignement secondaire
UNIVERSITÉ THOMAS
SANKARA
--------------------------INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE A DISTANCE

BURKINA FASO
------------------------Unité - Progrès -Justice

----------------------------Étudiant : DABIRE Namwinyan
Tel
: 70 01 85 94/ 76 02 39 77
Email
: yandabire@yahoo.fr
WhatsApp
: 71 23 50 13

Année académique 2019-2020

Monsieur/madame
Dans le cadre de mes études à l’Institut de Formation Ouverte à Distance
de l’Université Thomas SANKARA, je mène une recherche sur la planification dans les
structures scolaires et éducatives dans le but de faire des propositions pour l’amélioration de la
qualité en éducation.
En remplissant le questionnaire ci-joint, vous contribuez énormément à la
collecte des informations indispensables à l’accomplissement de la recherche.
Soyez rassuré(e) que les données ainsi recueillies seront traitées dans la
stricte confidentialité.
Merci d’avance !

xiii

�Section A : Informations générales.
*Consigne : Vous aurez à remplir des pointillés en inscrivant l’information demandée, à cocher
des cases ou à écrire intégralement votre réponse.
1-Nom de la structure : ……………………………………
2-Nom du service :………………………………………………………………………………
3-Profil professionnel du responsable ou du chef du service :…………………………………..
*Cochez la bonne case
4- Sexe : Masculin

féminin

Cochez la cage correspondante à votre réponse. Pour certaines questions, vous pourriez cocher
plus d’une cage pour vos réponses.
Section B : La perception de la planification et de la qualité en éducation
5- Qu’est-ce que la qualité en éducation pour vous ?
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------6- Qu’est-ce que la planification en éducation pour vous ?
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------7-Quel(s) lien (s) y a-t-il entre la planification et la qualité de l’éducation ?
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Section C : Les pratiques en planification de l’éducation
8- Avez-vous suivi de formation en planification ces cinq (5) dernières années ?
8-1 : oui
5-2 : non
8.2- Si oui, précisez le thème : …………………………………………………………………
9. Avez-vous connaissance de documents de planification du développement du pays ?
9.1 : oui
5.2 : non
9.2 : si oui, lesquels ? :…………………………………………………………………………
10-Connaissez-vous les documents suivants de politique éducatives ? Cochez la/les cases qui
convient/conviennent.
10.1 : La loi n° 013-2007/AN du 30 juillet 2007 portant loi d’orientation de l’éducation
xiv

�10.2 : La politique sous-sectorielle des ESSRS 2010-2025
10.3 : La PN-ESTP 2008-2025
10.4 : Le PSEF 2017-2030
11- Lesquels de ces documents de politique disposez-vous au niveau de votre service ? Cochez
la/les case-s qui convient/conviennent.
11.1 : Le Plan d’Action
11.2 : La Carte Educative
11.3 : Le Programme d’Activités
11.4 : Le Projet d’Etablissement
11.5 : Le Rapport d’Activités
11.6 : Le rapport de réunion
11.7 : L’annuaire statistique
11.8 : Autre

indiquez :….............................................

12-Quelles difficultés rencontrez-vous en planification de l’éducation ?
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------13-Quelles solutions proposeriez-vous pour atteindre la qualité en éducation ?
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

xv

�Annexe 2 : Guide d’entretien avec les responsables des services des structures
déconcentrées de l’Enseignement secondaire de la Région du Sud-Ouest.
UNIVERSITÉ THOMAS
SANKARA
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: 70 01 85 94/ 76 02 39 77
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: 71 23 50 13

Structure

BURKINA FASO
------------------------Unité - Progrès -Justice

Année académique 2019-2020

:

Responsable :
Introduction : présentation de l’étudiant, de ses objectifs de recherches et de la
thématique de l’entretien.
Thèmes des échanges :
Documents nationaux de référence en action éducative
Documents internes de référence en matière éducative
Les priorités de l’éducation au niveau national (en termes quantitatif et qualitatif) :
Les priorités éducatives au niveau local (en termes quantitatif et qualitatif)
Les difficultés de planification (en éducation) de la structure/du service
Les solutions à envisager pour atteindre les objectifs quantitatifs en éducation
Les solutions à envisager pour atteindre les objectifs qualitatifs en éducation
Conclusion : remerciement suivi de l’engagement de rendre disponibles les résultats des
recherches.

xvi

�Annexe 3 : Guide d’entretien avec les partenaires de l’éducation (syndicats et
bureaux des APE ) du secondaire de la région du Sud-Ouest.
UNIVERSITÉ THOMAS
SANKARA
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Tel
: 70 01 85 94/ 76 02 39 77
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WhatsApp
: 71 23 50 13
Structure

BURKINA FASO
------------------------Unité - Progrès -Justice

Année académique 2019-2020

:

Responsable :
Introduction : présentation de l’étudiant, de ses objectifs de recherches et de la
thématique de l’entretien.
Thèmes des échanges :
Connaissance des documents nationaux de référence en action éducative
Connaissance des documents internes de référence en matière éducative
Les priorités de l’éducation au niveau national (en termes quantitatif et qualitatif) :
Les priorités éducatives au niveau local (en termes quantitatif et qualitatif) :
Les difficultés relationnelles/communicationnelles de planification (en éducation) dans
la localité
Les solutions à envisager pour atteindre les objectifs quantitatifs en éducation
Les solutions à envisager pour atteindre les objectifs qualitatifs en éducation
Conclusion : remerciement suivi de l’engagement de rendre disponibles les résultats des
recherches.

xvii

�Annexe 4 : Matrice de Cadre Logique selon Carron, G et.al. (2014) IIPE, p24.

xviii

�</text>
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              </element>
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          <name>Dublin Core</name>
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                <text>Le présent travail de recherche s’est intéressé aux pratiques de planification de l’éducation en vue d’atteindre les objectifs de la qualité en éducation. Précisément il a été question d’investiguer les perceptions et les pratiques des agents administratifs dans leurs missions de planification des actions de l’éducation. Elle a impliqué soixante-huit (68) services des structures éducatives de l’Enseignement secondaire de la région du Sud-Ouest du Burkina Faso, certains partenaires sociaux tels que les syndicats et bureaux des Associations des Parents d’Elèves, et aussi certains services en charge de l’éducation des collectivités territoriales (Conseil Régional et Conseils Municipaux). Les enquêtes menées au travers d’instruments tant quantitatif que qualitatif de collecte de données révèlent une perception des concepts d’éducation de qualité et de planification de l’éducation à tendance interprétative et une tendance traditionnelle intuitive et informelle de la pratique de la planification. Pour l’atteinte de la qualité en éducation, la formation des agents en planification est nécessaire.</text>
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                    <text>BURKINA FASO
……………
Unité-Progrès-Justice

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE

SCIENTIFIQUE ET DE L’INNOVATION
………………………………….
UNIVERSITE THOMAS SANKARA
…………………………………..
INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE A DISTANCE

MEMOIRE DE MASTER EN SCIENCES DE L’EDUCATION ET DE LA FORMATION
MENTION : SCIENCES DE L’EDUCATION
SPECIALITE : PLANIFICATION DE L’EDUCATION/GESTION DES STRUCTURES
EDUCATIVES

THEME :

Les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves
déplacés internes dans les structures éducatives formelles de
la commune de Ouahigouya au Burkina Faso

Présenté et soutenu par :

Sous la direction de :

SEBGO Osé

Dr Wendkuuni Désiré POUDIOUGO
Chercheur en science de l’éducation/ andragogie
au MESRSI/CNRST/INSS.

COMPOSITION DU JURY
Président :

Secrétaire général du RACESE

Dr David ILBOUDO
Membres :

Dr Wendkuuni Désiré POUDIOUGO
Dr Bapindié OUATTARA
ANNEE ACADEMIQUE 2022-2023

�SOMMAIRE
SOMMAIRE ............................................................................................................................... i
DEDICACE ................................................................................................................................ ii
REMERCIEMENTS ................................................................................................................. iii
SIGLES et ABREVIATIONS ................................................................................................... iv
LISTE DES TABLEAUX .......................................................................................................... v
LISTE DES FIGURES ET GRAPHIQUES .............................................................................. vi
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 1
PREMIERE PARTIE : ............................................................................................................... 3
APPROCHE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE .......................................................... 3
CHAPITRE I : IDENDIFICATION DU PROBLEME ET OBJECTIF DE LA RECHERCHE4
I-Analyse de la situation de l’éducation au Burkina Faso .......................................................... 4
CHAPITRE II : CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE ............................................. 16
I.

La revue de la littérature ................................................................................................... 16

II- Le cadre de référence théorique .......................................................................................... 24
III- Questions, Hypothèses et indicateurs de vérification ........................................................ 31
II-Population cible .................................................................................................................... 34
III- L’échantillonnage .............................................................................................................. 36
DEUXIEME PARTIE : RESULTATS DE LA RECHERCHE ............................................... 43
CHAPITRE

IV :

PRESENTATION,

ANALYSE

ET

INTERPRETATION

DES

RESULTATS. .......................................................................................................................... 44
II. Analyse et interprétation des résultats. ................................................................................ 45
II. Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya .................. 51
III. Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants ............................................... 53
IV. Vérification des hypothèses ............................................................................................... 55
CONCLUSION ........................................................................................................................ 63
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................... ix
ANNEXES ............................................................................................................................... xii
TABLE DES MATIRES ......................................................................................................... xix

i

�DEDICACE

A notre famille pour ses nombreux soutiens constants.

ii

�REMERCIEMENTS

Nous remercions le bon Dieu pour la vie, la santé et la force de
persévérance dont il nous a fait grâce ;
Nos sincères remerciements vont à l’endroit de tous ceux et toutes celles qui nous ont
assisté tout au long de ces deux années de formation à l’IFOAD (Université Thomas
Sankara), particulièrement à :
▪

A notre Directeur de mémoire, Désiré Wendkuuni. POUDIOUGO, Docteur en
Sciences de l’Education et de la Formation, Chercheur en Andragogie
MESRSI/CNRST/INSS, pour les bons conseils prodigués, ses remarques pertinentes,
sa patience infinie et pour nous avoir soutenu et guidé dans la mise en œuvre de cette
recherche malgré ses occupations multiples ;

▪

Au Docteur Bernadin P.Marie OUEDRAOGO, Directeur de l IFOAD, pour ses
conseils ;

▪

A monsieur Mamadou OUEDRAOGO, CASU/ DEPPENF/Yatenga, chef de service
des Etudes et de la Planification ;

▪

A monsieur Sayouba SAWADOGO, IEPENF dans la CEB Ouahigouya I pour ses
remarques ;

▪

A monsieur Didace Edmond ZIDA, Chef de service TIC et des TICE à la DREPPNF/
NORD et collège pour ses remarques ;

▪

A l’ensemble du personnel Enseignant de la commune de OUAHIGOUYA ;

▪

A l’ensemble du personnel des écoles primaires publiques KAO A et B
particulièrement à monsieur Inoussa OUEDRAOGO, Directeur de l’école Kao A ;

▪

A l’ensemble du personnel de l’IFOAD

▪

A l’ensemble de la 2e promotion des étudiants du MPGSE ;

▪

A nos parents, à nos amis et à nos promotionnaires pour leur soutien multiforme.

▪

A tous ceux qui d’une manière ou d’une autre ont contribué à la réalisation de notre
étude.

Que le Tout Puissant vous le rende au centuple.

iii

�SIGLES et ABREVIATIONS
AAAE

Association Aidons l’Afrique Ensemble

AGR

Activité Génératrice de Revenu

CCEB

Chef de Circonscription d’Education de Base

CEB

Circonscription d’Education de Base

CONASUR

Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation

DPEPPNF

Direction Provinciale de l’Education Préscolaire, Primaire et Non Formelle

EDI

Elève Déplacé Interne

EPT

Education Pour Tous

ETA

Espace Temporaire d’Apprentissage
Ministère de l’Education Nationale de l’Alphabétisation et de la Promotion

MENAPLN

des Langues Nationales

MFSNAH

Ministère de la Femme, de la Solidarité Nationale et l’Action Humanitaire

MPGSE

Master en Planification et Gestion des Structures Educatives

OMD

Objectifs du Millénaire pour le Développement

ONG

Organisation Non Gouvernemental

PDI

Personne Déplacée Interne

SSEZDS

Stratégie de Scolarisation des Elèves des Zones à forts Défis Sécuritaire

ST-ESU

Secrétariat Technique de l’Education en Situation d’Urgence

UNESCO

Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture

UNHCR

Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Refugiés

UNICEF

Fond des Nations Unies pour l’Enfance

UTS

Université Thomas Sankara

iv

�LISTE DES TABLEAUX
Tableau1 : comparaison des ressources avant le déplacement et l’actuel ................................ 21
Tableau n°2 : Ecoles de la ville de Ouahigouya ayant un nombre très important d’ EDI ....... 37
Tableau n°3 : l’échantillon prévisionnel .................................................................................. 39
Tableau n°4: synthèse des instruments de collecte des données .............................................. 40
Tableau 5: Etat général des données collectées........................................................................ 44
Tableau 6 : réponses fournies par les enseignants et DE sur la faible intégration des EDI. .... 46
Tableau 7 : Facteurs liés à la prise en charge des personnes déplacés internes (PDI) ............. 47
Tableau 8 : Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya .... 51
Tableau 9 : Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants .................................. 53

v

�LISTE DES FIGURES ET GRAPHIQUES
Figure 1 : abris de PDI aménagé dans la périphérie ................................................................... 6
Figure 2 : petite maison abritant des PDI ................................................................................... 7
Figure3 : Femmes attendant avec leurs enfants EDI un accompagnement pour mener les
AGR ........................................................................................................................................... 8
Figure4 classe abritant des EDI ................................................................................................ 10
Graphique1 : Besoins majeurs des ménages pour que les élèves puissent continuer à
fréquenter ................................................................................................................................. 20
Graphique 2 : Facteurs liés à la prise en charge des personnes déplacés internes (PDI) ......... 47
Graphique 3 : Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya 51
Graphique 4 : Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignant ............................... 53

vi

�INTRODUCTION
« L’éducation l’arme la plus puissante qu’on puisse utilisé pour changer le monde »
Nelson MANDELA. Toutes les nations dont le niveau de développement suscite admiration
sont celles aussi qui ont su prendre au sérieux leur secteur éducatif. A contrario, la plupart des
pays qui croupissent dans le sous-développement doivent généralement leur état de
dépendance, d’aliénation à la négligence réservée au secteur de l’éducation. Les buts
poursuivis par notre système éducatif témoignent effectivement de cette place prépondérante
de l’éducation dans le processus de développement :
« Le système éducatif poursuit les buts suivants : faire acquérir à l’individu des
compétences pour faire face aux problèmes de la société ; dispenser une formation
adaptée dans son contenu et ses méthodes aux exigences de l’évolution économique,
technologique, sociale et culturelle (...) ; doter le pays de cadres et de personnels
compétents dans tous les domaines et à tous les niveaux » recueil d’instructions
juridiques de l’éducation de base MEBA (2007: 46).
Situé au cœur du Sahel, le Burkina Faso est fortement affecté par une série de crises
multiformes. Depuis 2012, l’insécurité couplée à des violences alimentées par les
vulnérabilités multiples se sont rapidement étendues du Mali aux autres pays du Sahel central
notamment au Burkina Faso, au Niger entrainant une crise sans précédent. Les effets
combinés de toutes ces crises risquent de compromettre les progrès entrepris par l’Etat
Burkinabè pour atteindre les objectifs d’éducation de qualité pour tous.
Depuis les premières attaques terroristes en 2015, le Burkina Faso est la cible
d’attaques terroristes ayant fait de nombreuses victimes et plus de 1,5million de déplacés
internes selon les autorités en mars 2022 en référence au rapport du Conseil National de
Secours d’Urgence et de Réhabilitation(CONASUR). Plusieurs écoles ; plus de 3.683 ont
fermé leurs portes affectant plus de 590.327 élèves et 17.309 enseignants et cela continue
jusqu’ à nos jours. Cette situation engendre de nombreuses conséquences sur l’éducation des
enfants : le non accès à l’éducation, la déscolarisation, les mariages précoces, l’exploitation
des enfants etc.
Le Ministère de l’Education Nationale et de la Promotion des Langues Nationales
(MENAPLN), dans la gestion de cette crise à travers le Secrétariat Technique de l’Education
en Situation d’Urgence (ST-ESU) est vite limité dans ses actions de réponse du fait de la

1

�progression rapide et de la complexité du phénomène d’insécurité. Les efforts se révèlent
insuffisants tant au niveau de l’intégration des Personnes Déplacées Internes (PDI) et Elèves
Déplacés Internes(EDI), tant au niveau des infrastructures, de la formation des acteurs de
système éducatif qu’au niveau de la mobilisation des ressources financières et matérielles.
C’est donc dans l’optique d’apporter notre contribution aux recherches de solutions
pour faciliter l’intégration des EDI aux structures éducatives formelles des villes d’accueil des
PDI que nous avons entrepris de réfléchir sur la question de savoir ,quels sont les facteurs
explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes dans les structures
éducatives formelles dans la commune de Ouahigouya ? Notre objectif général visé dans la
présente analyse est d’analyser les facteurs explicatifs de la faible intégration des EDI dans
les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya.
Aussi, nous nous sommes orienté sur l’hypothèse générale selon laquelle
l’inadéquation de la prise en charge des déplacés, le manque d’infrastructures
éducatives et le manque d’approches pédagogiques expliquent la faible intégration des
EDI dans les structures éducatives.
Afin de mieux traiter de la question, notre travail sera axé essentiellement sur deux
parties. Dans la première à savoir la partie théorique, nous nous intéresserons principalement
et successivement à trois chapitres : l’identification du problème de la recherche, le cadre
théorique de la recherche et la méthodologie de la recherche.
Dans la deuxième partie, nous nous appesantirons sur les aspects pratiques. Le
chapitre 4 sera donc consacré à la présentation des résultats et le chapitre 5, analyse,
interprétation et discussion des résultats.

2

�PREMIERE PARTIE :
APPROCHE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE

3

�CHAPITRE I : IDENDIFICATION DU PROBLEME ET OBJECTIF DE
LA RECHERCHE
I-Analyse de la situation de l’éducation au Burkina Faso
I.1 Brève analyse du système éducatif burkinabè dans un contexte d’insécurité
Situé au cœur du Sahel, le Burkina Faso fait régulièrement face à des aléas climatiques
et d’autres risques récurrents dits « d’origine naturelle ». Plus récemment, le pays fait face à
une crise d’origine humaine de grande envergure. A l’instar de ses voisins de la région du
Sahel central, le Burkina Faso est frappé depuis plusieurs décennies par des catastrophes
naturelles et des épidémies récurrentes avec des effets aggravant la vulnérabilité des
populations et impactant négativement le système éducatif. Le pays fait également face aux
conséquences des aléas climatiques caractérisés par des inondations, des tornades ou des
périodes de sècheresses. Pendant les mois les plus chauds de l’année précédant la saison des
pluies (avril-mai), des vents violents, favorisés par la destruction du couvert végétal, le
réchauffement climatique entraine d’importants dégâts dans les zones habitées. Les tornades
et les cycles d’inondations périodiques des années de forte pluviométrie engendrent
d’importants dégâts en termes de destruction des cultures, du bétail, de l’habitat, des
infrastructures dont les routes et les écoles. L’endommagement des bâtiments scolaires,
l’inondation des cours des établissements ou leur occupation par les familles sinistrées
entrainent souvent des destructions de matériel scolaire et le décalage de rentrée scolaire,
accentuant la réduction du temps scolaire et le besoin de réfection des écoles.
En plus de cela le Burkina est périodiquement exposé à des risques sanitaires. Si le
pays connait depuis quelques années une réduction de leur prévalence, les épidémies
annuelles, la méningite, le paludisme, la dengue, les hépatites et le VIH ont encore un impact
sur la régularité de la fréquentation scolaire et la qualité des cursus des élèves.
A cela s’ajoute la crise sociale interne au système éducatif dont les effets affectent
négativement l’offre et la demande d’éducation. Cette crise sociale moins visible se manifeste
principalement par les grèves d’enseignants qui, entre autres, réduisent le temps
d’apprentissage. Cette perception négative est liée au décalage entre les contenus
d’enseignement et les attentes des familles. Notons également la faible capacité du système
éducatif à installer chez les enfants et les jeunes des compétences utiles à une insertion
économique efficace.

4

�Ce contexte a été aggravé au cours des dernières années par deux crises majeures dont
la nature et l’ampleur des effets constituent des menaces encore plus fortes pour la continuité
des services éducatifs dans le pays : l’insécurité qui s’étend à des zones importantes du
territoire national et la pandémie de Covid-19.

I.2-Contexte des crises et enjeux de l’éducation
Depuis 2015, le Burkina Faso est confronté à une dégradation rapide de sa situation
sécuritaire. Cette situation résulte de la propagation du conflit malien en 2012 et d’une
combinaison complexe de facteurs où se mêlent la monté de l’extrémisme religieux, la
criminalité et le grand banditisme transfrontalier. S’ajoute la résurgence de tensions locales et
de frustrations liées aux inégalités de développement social et économique dans les régions
périphériques. D’autres fléaux, non moins importants, tels que la mauvaise gestion des
ressources, le manque d’éducation et de perspectives des jeunes sont à relever. Le foyer local
de violences circonscrit au départ dans la province du Soum (région du Sahel) s’est
progressivement étendu à une grande partie du territoire national avec une certaine récurrence
dans les régions frontalières du Mali et du Niger (Sahel, Nord, Est, Boucle du Mouhoun) et
celle du Centre-Est, frontalière au Togo. Dans ces zones à fort défis sécuritaires, les attaques
d’abord dirigées contre les forces de défenses et de sécurité et les représentants de
l’administration territoriale se sont progressivement étendues à des élus locaux, des chefs
coutumiers et aussi à la population civile qui ont fait l’objet de menaces, d’enlèvements,
d’assassinat ciblés. L’insécurité croissant a fragilisé la cohésion sociale et produit des impacts
négatifs sur les activités économiques, la sécurité alimentaire et l’accès aux services sociaux
de base. Ces exactions des groupes terroristes se sont intensifiées en 2019.Selon les données
du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés à la date du 31 décembre2020 le
pays comptait 1074993 personnes déplacées (PDI). Au 5 décembre 2020, 2169 établissements
soit 10% de l’ensemble des établissements préscolaires primaires et secondaires étaient
fermés, privant d’éducation de façon durable ou momentanée à 306946 élèves et affectant
12075 enseignants. A la date du 31 mars 2022 le gouvernement par son ministre en charge de
l’éducation affirmait lors du conseil des ministres du 6 mai 2022 que le nombre des
établissements scolaires fermés étaient de 3664.
Mais, malgré tout l’Etat burkinabè continue de promouvoir le droit à l’éducation pour
tous avec des difficultés majeures. L’enjeu est que sans accès à l’éducation, une génération
d’enfants vivant en situation de conflit grandira sans avoir acquis les compétences nécessaires

5

�pour contribuer à l’économie et au développement de leur pays. Et cet état de fait ne fera
qu’aggraver la situation déjà désespérée de millions d’enfants et de leurs familles.

I.3 Les difficultés des élèves déplacés internes dans la commune Ouahigouya
Ouahigouya a enregistré ses premiers déplacés internes à partir de fin 2018 suite à
l’aggravation de la situation sécuritaire de la province du Soum et du Loroum. Depuis lors,
nous constatons dans les rues de la ville plusieurs élèves déplacés ayant des difficultés
majeures impactant négativement leur éducation. En effet, ils rencontrent des problèmes de
logement. Ils sont d’abord accueillis par des proches Où ils sont plusieurs à occuper une
maison. Parmi les PDI, certains y sont arrivés et ont dressé des tentes de fortunes comme abris
en entendant d’avoir un lieu plus sûr.
Figure 1 : abris de PDI aménagé dans la périphérie

Source : https:/www.sidwaya.info/blog/2022/o6/1
L’image illustre le problème de logement des PDI dont leurs enfants vivent les conséquences. A Gourga, certains
déplacés se contentent d’abris de fortune en attendant un site d’accueil de PD

6

�Figure 2 : petite maison abritant des PDI

Source : https:/www.sidwaya.info/blog/2022/o6/1
Cette maison abrite ces femmes PDI.

Ce stress lié au manque de logement ne leur laisse pas le choix de penser à leurs études
scolaires. Certains d’entre eux sont venus à Ouahigouya laissant derrière eux les parents.
Koundaba Omarou et Koundaba Iliassa sont deux frères EDI venus de Djibo sans leur père.
Ils vivent avec leur mère au secteur 15 de Ouahigouya qui a réussi à les inscrire dans une
école proche. Ceux-ci disent « nous sommes à notre troisième maison ; à chaque fois les
propriétaires viennent nous demander de quitter car ils ont des parents déplacés qu’ils
souhaiteraient loger. Plusieurs fois nous pleurions avec notre mère car nous ne savons où
aller ». Les plus ou moins chanceux sont les élèves qui vivent chez des tuteurs ou amis
espérant sur leurs soutiens. Ouédraogo Aminata, une EDI venue de Namsiguya s’exprime
dans le journal infowakat.net/bf en ces termes « j’ai eu la chance de trouver un tuteur mais ce
n’est pas comme chez mes parents. La plupart du temps on arrive en retard à l’école à cause
de la distance et dans les quartiers périphériques il n’y a pas d’électricité. On a des problèmes
d’alimentation car nous devons faire la cuisine nous-mêmes. A cause de l’insécurité, d’autres
parents ont préféré marier les filles »
Selon la même source, Awa DRABO professeur d’histoire –géographie venue de
Namsiguya déclarait : « ça n’a pas été facile l’intégration, on a changé de sites deux fois.
Actuellement on fait la navette entre deux sites…Des mineurs ont été mariées »
7

�Les élèves déplacés internes (EDI) sont également obligés d’abandonner très souvent
les classes pour faire le rang toute la journée, même parfois des jours pour avoir des vivres
distribués par des ONG. Cela n’est pas sans conséquences sur leurs rendements. Par la suite
certains élèves ont dû abandonner les études faute de moyens. Certains qui poursuivent
présentement les cours le font grâce aux revenus issus de leurs activités génératrices de
revenus (AGR) dans lesquelles ils se sont lancés. La plupart de ces EDI se sentent abandonnés
c’est ce que nous relate les Chroniques de la Fondation Hirondelle Burkina Faso.
Figure3 : Femmes attendant avec leurs enfants EDI un accompagnement pour mener les
AGR

Source : www.studioyafa.org/minima/

Faute d'accompagnement, des élèves déplacés internes se

tournent vers les AGR

A cela s’ajoute la distance que bon nombre d’EDI effectue pour rejoindre les
établissements scolaires. Les sites d’accueil étant à la périphérie de la ville, ils sont obligés de
passer toute la journée à l’école sans souvent un minimum alimentaire car certaines cantines
scolaires ne fonctionnent pas à plein temps. Souvent, les hangars abritant les classes sont
exiguës et exposant les enfants aux intempéries.

8

�Nous avons pu rencontrer le responsable chargé de l’éducation, du sport et de la
culture de la commune monsieur Abdou Rasmané OUEDRAOGO qui reconnait les difficultés
des EDI dans les écoles. Dans son propos il évoque la non dotation des écoles en vivres pour
des raisons diverses, l’insuffisance des moyens financiers transférés par l’Etat pour l’achat des
fournitures scolaires. En effet, la part du budget communal allouée au cartable minimum est
restée statique depuis 2018 or la population scolarisable a augmenté bien avant le flux des
EDI ; donc les élèves reçus en cours d’année scolaire doivent se prendre en charge pour tout
ce qui est frais liés aux fournitures. Autre élément évoqué par le responsable aux questions
éducatives est le problème de salles de classes. « En 2021 la commune a bénéficié de l’aide
d’un projet qui construit quinze (15) salles de classes, mais cette année rien » nous ditil. « Cependant, à la date d’aujourd’hui nous avons parmi les PDI plus de soixante-dix mille
trois cent-vingt-un (70321) enfants dont 60% de ceux-ci sont scolarisés. Vous trouverez à
quelques endroits des élèves assis à même le sol pour apprendre par manque de tablesbancs ».
De plus, plusieurs PDI ne disposent pas d’éclairage, de fontaine pour s’approvisionner
en eau et souvent ils leur manquent de toilettes. Tous ces facteurs installent un stress qui
complique la survie et du coup la question de l’éducation de ces EDI est reléguée au second
plan. Ils arrivent souvent à l’école déprimés par les évènements, ils sont victimes de
moqueries de leurs camarades surtout lorsque ceux-ci ne parviennent pas à répondre
correctement aux travaux des évaluations en classe.
Outre cela, certains enseignants exacerbés par la pléthore des élèves en classe dans
leurs pratiques pédagogiques excluent les EDI non pas des murs de la classe mais ne
s’intéressent pas à eux car ils trainent beaucoup d’insuffisances. Plusieurs des EDI se sont
résignés et ont dus abandonnés l’école. C’est ce chapelet de difficultés qui contribuent à
régresser notre système éducatif qui nous pousse à mener une investigation sur la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles.

9

�Figure4 classe abritant des EDI

Source : photo prise par nous-même
Cette image ci-dessus illustre les conditions d’apprentissage difficile d EDI dans un site de
PDI situé au secteur 10 de Ouahigouya.

I.4-Enoncé du problème
Selon un rapport de l’UNESCO publié par franceinfo le jeudi 1er septembre 2022, 98 millions
d’enfants et de jeunes sont privés d’école en Afrique subsaharienne. Ce chiffre est en baisse
selon les statistiques de l’Unesco en 2000 qui livrait 400millions d’enfants dans la même
région.
Les individus vivant dans les pays les plus pauvres ont statistiquement moins de
chances d’accéder à un enseignement scolaire de qualité et la disparité entre les filles et les
garçons s’y ressentent de manière particulièrement forte3. Pourtant, c’est dans les pays qui en
ont le plus besoin à savoir les pays en développement, que l’éducation manque le plus.
C’est dans les situations où elle pourrait joué un rôle crucial qu’elle est le plus difficile
à mettre en place. Affirmer un droit à l’éducation pour tous, c’est essentiellement affirmer le
devoir pour l’humanité d’éduquer ses enfants, quels qu’ils soient et dans quelque situation que
ce soit. Sa mise en œuvre est en construction et nous verrons que les obstacles sont à la
mesure de ses enjeux. Poser un droit universel à l’éducation, c’est dire que toute personne a le

10

�droit de recevoir tous les outils nécessaires à la compréhension du monde qui l’entoure, à son
développement personnel, et à son épanouissement.
Mais l’article 26.2 de la Déclaration Universelle des Droits

de l’Homme de

1948(DUDH) va plus loin, « l’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité
humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des Libertés fondamentales.
» Pour toutes ces raisons notre pays, le Burkina Faso a déjà mis les bases d’une résilience
pour permettre aux élèves de poursuivre leur scolarisation. Déjà plusieurs établissements ont
été délocalisés, des ONG œuvrant dans l’humanitaire, et l’Unicef ont permis à des milliers
d’élèves de se réinscrire. Cependant force est de constater une insuffisance dans le processus
de leur intégration dans le système éducatif. Pour preuve, les enseignants se plaignent des
fréquentes absences des EDI au cours ; les encadreurs pédagogiques en parlent fréquemment
lors des rencontres. Plusieurs parents déplacés ; de tuteurs viennent se rassurer de la présence
de leurs enfants en classe. Alors, pourquoi une telle faiblesse de l’intégration des élèves
déplacés internes (EDI) dans les structures éducatives dans une zone à fort défit sécuritaire
comme la ville de Ouahigouya ?
Dans la suite de notre travail, nous allons nous pencher sur les facteurs explicatifs de
la faible intégration des EDI dans les structures éducatives de la commune de Ouahigouya et
éventuellement proposer des solutions idoines.
I.5-Justification du choix du thème

I.5.1- Pertinence sociale
Notre monde est actuellement agité par de nombreuses crises surtout humanitaires et
sécuritaires. Le Burkina Faso n’est pas épargné par ces crises qui mettent dans un état grave
son système éducatif. Le taux d’accès et les indicateurs de qualité de l’éducation ont reculée
de façon drastique de nos jours. Pourtant nous savons que sans éducation les maux qui minent
notre société actuelle continueront et le développement n’est point certains. L’éducation donc
est une question nationale avant d’être internationale (cela pour dire que même dans les
urgences l’effort de maintenir l’éducation pour tous (EPT) est impérieuse. Le Sommet des
Nations Unies a adopté en septembre 2000 les Objectifs du Millénaire pour le Développement
(OMD). Huit objectifs ont été fixés pour 2015, le but étant de lutter contre la pauvreté au
niveau planétaire. L’un de ces objectifs est l’universalisation de l’enseignement primaire pour
2015. Sur ce point donc, les Nations Unies rejoignent les ambitions de l’EPT. Ce qui est visé

11

�n’est pas seulement la scolarisation de tous les enfants dans le primaire mais l’achèvement
d’un cycle primaire pour tous les enfants. Selon le rapport des Nations Unies de 2005, « ce
qui est sûr c’est que la prévention des conflits, ainsi que la capacité à saisir les opportunités de
reconstruction post conflictuelle pourraient clairement accélérer la réalisation des OMD. A
contrario, un échec dans ce domaine rendrait la réalisation des objectifs fixés plus difficiles. »
les Objectifs du Millénaire pour le Développement, définis en 2000, par les Nations Unies,
disponibles sur : http://www.un.org/french/millenniumgoals.
Paris, Economica, 2005. (Publié par le programme des Nations-unies pour le
développement), p. 163.
Nous voulons par cette étude, montrer en quoi il est plus que nécessaire d’intégrer tous
les enfants déplacés dans le système éducatif. C’est une opportunité pour nous d’analyser les
facteurs qui rendent faible leur intégration et leur maintien dans les établissements de leurs
villes d’accueil. En effet, ils sont nombreux dans leur ville d’accueil à ne pas y avoir de places
dans les établissements déjà débordés d’élèves. Aussi, ce phénomène d’élèves déplacés
internes mérite une attention particulière puisque le droit à l’éducation est relégué au second
plan la société dans les situations d’urgence.
Et pour l’option prise dans le cadre de notre étude, nous avons l’obligation de centrer
nos recherches sur un problème d’actualité fragilisant l’éducation au Burkina pour en déceler
les causes et proposer des suggestions pour en sortir. Ainsi, nous avons choisi d’analyser le
problème de l’intégration des élèves déplacés internes qui, aujourd’hui est un phénomène
récent mettant à mal le système éducatif dans son ensemble et en particulier les enfants des
zones à fort défit sécuritaire ; et que moins de gens s’en préoccupent. Ainsi, ce thème de
recherche nous donne l’opportunité d’apporter notre contribution aussi modeste soit- elle à
l’amélioration de l’efficacité interne et externe de notre système éducatif.
I.5.2- Pertinence scientifique
Sur le plan social, notre système éducatif est inefficace en témoignent les échecs et les
inégalités qu’il créée au fil des années. En effet, tenant ses racines coloniales le système
éducatif demeure sélectif, élitiste, évoluant faiblement dans l’inclusion et le comble il est
inadapté aux réalités socio-économique et politique. Il y forme des chômeurs, l’incivisme
s’accroit dans tous les sphères de la société, pire le vivre-ensemble est hypothéqué.
Aujourd’hui nous constatons que le droit à l’éducation et la réduction des inégalités d’accès à

12

�l’éduction sont des leurres. Or, pour avoir de futurs citoyens loyaux, intègres, travailleurs et
partant incarnant les valeurs du vivre-ensemble nous sommes convaincus que cela passe
forcément par l’implication, l’intégration de toutes les couches sans distinction. De notre
expérience au cours de nos études sociologiques il ressort que les masses toujours,
marginalisées, même minoritaire dans une société provoquera l’asphyxie de cette dernière.
De plus, en tant qu’acteur de l’éducation, tout ce qui participe à ternir l’image de notre
système éducatif, nous répugne. Quand de par leur conduite, des enseignants, les parents, les
autorités administratives et la société entière ternissent l’image de notre système éducatif nous
ne pouvons rester insensibles. En effet à Ouahigouya, plusieurs enfants sont dans la rue,
d’autres vivent péniblement de la vente d’agrégats et certains s’adonnent à la mendicité ;
chose inacceptable pour notre part à l’étape actuel de l’évolution de notre société. La faible
intégration des enfants en général et des déplacés internes en particulier dans les structures
éducatives, et surtout

l’ampleur prise par la crise sécuritaire sont des facteurs qui n’honorent

pas l’éducation burkinabè dont on tirait pourtant fierté dans un passé récent. Avec de
modestes moyens et beaucoup d’engagement, nous estimons que l’éducation pour tous (EPT)
peut se préserver. Or, sur le plan de la gestion des crises plusieurs volets sont vites pris en
compte au détriment de l’éducation. La seule chose dont le Burkina Faso pourrait espérer tirer
fierté à notre humble avis serait le respect du droit à l’éducation pour tous. Les écarts de
planification et de gestion pédagogique et administrative conduisant ipso facto à l’échec
d’innocents que sont les enfants, alimenteraient les prochaines crises.
Sur le plan pédagogique, l’éducation étant dynamique, elle doit être poursuivie même
en temps de crise. C’est pourquoi les acteurs du système éducatif doivent trouver des voies et
moyens pour sa continuité. Nous voulons montrer à travers cette recherche que la non
intégration des élèves déplacés internes devient de plus en plus préoccupante dans bien de
localités contrairement aux exigences des politiques éducatives de notre pays. Le problème
semble plus s’accentuer dans les chefs-lieux des régions touchées par l’insécurité. Dans notre
commune Ouahigouya, les parents, les élèves et les autorités semblent tellement débordés
qu’ils ne s’étonnent plus que des élèves devant continuer leurs scolarités soient exclus du
système éducatif. Les premiers responsables de l’éducation qui s’évertuent à trouver les
moyens pour solutionner la situation voient leurs propositions balayées du revers de la main
au profit d’autres jugées plus urgentes. Les quelques établissements ayant intégré les élèves
déplacés internes n’ont pu absorber toute la demande. Et, pire il manque à ces établissements
des moyens efficaces pour donner une éducation de qualité. Alors plusieurs enfants sont
13

�laissés à eux-mêmes et ceux étant dans les écoles aussi peinent à avoir une éducation
adéquate.
Fort malheureusement, cette réalité a un impact sérieux sur les rendements scolaires en
contribuant à la baisse des indicateurs d’accès, de qualité et d’achèvement. L’éducation en
situation « d’urgence », « de crise » ou de « post-crise » est envisagée à la fois comme un
« outil de protection contre toutes formes d’exploitation » et un dispositif essentiel pour «
répondre aux besoins psycho-sociaux des enfants et véhiculer des messages de paix et de
réconciliation » Margaret SINCLAIR (2003). Dans le milieu éducatif, cette recherche
contribuerait à une prise de conscience de l’ampleur du phénomène et induirait, un
changement chez les enseignants dans le processus d’intégration des élèves déplacés internes
(EDI).
En outre, cette recherche vise à inciter les autorités politiques à s’intéresser audit
phénomène, à ses facteurs explicatifs en vue de trouver des remédiations. Nous voulons attirer
l’attention des dirigeants sur l’ampleur du phénomène afin qu’ils prennent plus au sérieux les
maux qui minent un secteur aussi capital que celui de l’éducation. « Or, il ne fait pas de doute
que l’éducation constitue à l’heure actuelle, la priorité des priorités à laquelle l’Afrique noire
doit faire face » Jean Marc ELA (1971).
Pour nous résumer, nous ne ménagerons aucun effort pour toute entreprise visant à
redorer l’image de l’école. Or la revalorisation de l’image de l’éducation est aussi et surtout
tributaire du sérieux avec lequel chacun des acteurs assume sa mission. Il est donc impératif
que les acteurs de la société et les autorités en charge de l’éducation aient des informations
justes sur les maux qui sont susceptibles de miner le système éducatif : « Ses dirigeants (les
dirigeants de la société) décèleront toute erreur et y porteront remède avant qu’elle ne
s’incruste comme un kyste qui résistera plus tard à tous les bistouris » Philip H. COOMBS,
(1968 :16).
Notre recherche sur les facteurs explicatifs de la faible intégration des EDI mettra en
exergue les difficultés et en proposera des solutions qui certainement changeront la donne.

I.6-Les objectifs de la recherche
A travers notre travail de recherche, nous poserons un objectif principal et trois
objectifs spécifiques.

14

�I.6.1-objectif principal
Cette recherche vise à connaitre les facteurs explicatifs de la faible intégration des EDI
dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya
I.6-2 Les objectifs spécifiques :
De l’objectif général, découlent trois (3) objectifs spécifiques :
✓ Cette recherche permettra d’identifier les facteurs qui expliquent l’insuffisance de
prise en charge adéquate des personnes déplacées internes.
✓ -Elle nous permettra également d’établir une corrélation entre infrastructures
éducatives et la continuité éducative des EDI
✓ -de diagnostiquer les approches pédagogiques qui sont en favorables à l’intégration
des EDI dans les structures éducatives formelles.

15

�CHAPITRE II : CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE
Dans cette partie, il s’agira pour nous de faire une revue de littérature qui permettra
d’éclairer la problématique, les hypothèses, les objectifs et les questions qui feront office de
base pour l’analyse des données recueillies sur le terrain.

I.

La revue de la littérature

Selon R. QUIVY et L. V CAMPENHOUDT (2018 :42) « tout travail de recherche
s’inscrit dans un continuum et peut être situé dans ou par rapport à des courants de pensées
qui le précèdent et l’influencent ». La présente revue de littérature, nous permet de faire l’état
des lieux et mieux orienter le problème de la recherche et la méthodologie utilisée.
Ainsi donc, de nombreux auteurs se sont penchés sur l’intégration des élèves déplacés
internes dans les structures éducatives. Partant de ce constat et pour une meilleure
compréhension de notre thème, nous ferons un aperçu des volets abordés par les différents
auteurs dans leurs écrits.

I.1 De l’effectivité des élèves exclus du système éducatif
Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI) augmente,
tout comme le nombre de réfugiés. À la fin de 2014, les estimations dénombraient 38 millions
de PDI vivant dans 60 pays, soit un accroissement de 15 % depuis 2013.L’Iraq, le Nigéria, la
République arabe syrienne, la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud
totalisent 60 % des PDI selon International Deplacement Monotoring Center (IDMC, 2015).
Cette forme de déplacement est majoritairement urbaine, les PDI ayant souvent fui les zones
touchées par un conflit pour rechercher la relative sécurité des villes et bourgades, comme on
le voit en Colombie et dans le nord de l’Ouganda.
Les données relatives aux besoins éducatifs des PDI, en particulier de ceux qui ne sont
pas dans les camps, sont encore plus limitées que pour les réfugiés. Bien que les PDI soient
des ressortissants du pays où ils se trouvent et relèvent de ce fait de la responsabilité de son
gouvernement, les données les concernant sont rarement incluses dans les systèmes
d’information sur la gestion de l’éducation, et le soin de les collecter est laissé aux acteurs
internationaux. Aussi ce groupe demeure-t-il souvent relativement invisible, alors même qu’il
constitue la plus forte population de personnes déplacées de force. Les éléments disponibles
montrent néanmoins que, dans bon nombre de pays touchés par un conflit, le déplacement
interne a mis à rude épreuve une infrastructure éducative déjà inadéquate. C’est ainsi qu’au

16

�Nigéria, les attaques violentes de Boko Haram contre les civils ont depuis 2009 profondément
dévasté le nord-est du Nigéria, où l’on compte approximativement 2 millions de PDI (IDMC,
2014a). Au début de 2016, on estimait à 952 029 le nombre d’enfants d’âge scolaire qui
avaient fui les violences (HRW, 2016). Selon la Matrice de suivi des déplacements de
l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), les enfants n’avaient en juin 2015
aucun accès à des services d’éducation formels ou non formels dans 19 des 42 camps
accueillant les personnes déplacées dans six États (IOM, 2015).
Dans le monde entier, selon un rapport de l’UNICEF(2022), les attaques contre les
enfants se poursuivent sans relâche, à mesure que les belligérants méprisent l’une des règles
les plus fondamentales de la guerre : la protection des enfants. La longue durée des conflits
actuels menace l’avenir de générations entières d’enfants. Sans accès à l’éducation, une
génération d’enfants vivant en situation de conflit grandira sans avoir acquis les compétences
nécessaires pour contribuer à leur pays et leur économie, aggravant ainsi la situation déjà
désespérée de millions d’enfants et de leur famille.
L’UNICEF dans son rapport (2022 :4) Action humanitaire pour les enfants ; dans son
rôle de protection des enfants montre comment les crises, les conflits armés et guerres
impactent sur l’éducation au regard des dommages et déplacements massifs des populations.
Pour nous le HCR (cndhbf.protection des déplacés) et l’UNICEF (rapport 2022) dans leurs
rapports évoquent les raisons des déplacements massifs des populations et des conséquences
qui pourraient subvenir sur l’éducation des enfants sans pour autant relever les facteurs
limitant les actions d’intégrations de ces derniers. C’est le lieu pour nous donc de poursuivre
notre analyse du thème pour en identifier les facteurs qui expliquent la faiblesse de
l’intégration des EDI dans ces circonstances particulières des crises.
Il ressort ici que la faiblesse de l’intégration des PDI est un fait réel, or, pour nous il
faudrait que les autorités administratives recensent, intègrent les données recueillies dans un
système de gestion pour permettre de suivre les besoins d’intégration sans lesquels il n’y
aurait pas de véritable intégration des EDI. Nous estimons dès lors qu’une population ellemême mal intégrée ne peut prétendre à une intégration de ses enfants dans les structures
éducatives formelles devant assurées la continuité de l’éducation.

I.2 De l’attaque contre l’éducation : la fermeture des établissements scolaires
Toutes les crises humanitaires affectent directement l’éducation des enfants. Les
problèmes se multiplient plus lorsqu’ il s’agit de conflits armés entrainant des déplacements
17

�de population en masse et c’est la première fois que le Burkina vit une aussi grave crise
sécuritaire entrainant la fermeture de plusieurs centaines de structures scolaires.
Selon le plan d’Urgence pour l’Education au Burkina Faso (2020-2021 :10) du
MENAPLN, avec l’augmentation des cas d’attaque contre l’éducation la situation sécuritaire
dictent désormais le rythme de fonctionnalité des établissements scolaires dans les zones à
fort défis sécuritaires, ce qui est une entrave au droit à la protection des enfants. Par rapport à
la situation des écoles fermées, les régions les plus touchées sont généralement le Sahel, l’Est
et le Nord. Cette situation affecte à approximativement 13 pour cent des écoles sur l’ensemble
du territoire national. Il faut noter que plutôt que de fermer complètement, certaines écoles ont
tendance à rouvrir temporairement (environ 30 pour cent) avant de refermer encore une fois
pour la même cause. Ceci présente une situation complexe nécessitant une analyse
approfondie avant toute prise de décision de réouverture.
Ce qui reste tout de même rassurant est que plusieurs familles se déplacent carrément
vers des zones plus sûres où les enfants d’âge scolaire sont accueillies dans des écoles hôtes.
Ces dernières sont malheureusement aussi confrontées à une surcharge démographique sans
précédent (on enregistre fréquemment des classes de plus de 70 élèves/enseignants).
Dans beaucoup de zones de déplacement, il existe de dizaines d’écoles qui n'ont pas
pu inscrire les enfants déplacés internes durant les années scolaires 2018-2019 et 2019-2020,
généralement en raison de la surpopulation dans les classes. C’est dans ce contexte parfois de
désespoir que l’UNICEF a développé des approches innovantes pouvant fournir des outils
d’enseignement et d’apprentissage alternatifs et diversifier les options et les possibilités
éducatives. L’expérience a appris à l’UNICEF que si la salle de classe traditionnelle demeure
préférable, elle n’est pas pour autant le seul lieu où des activités d’apprentissage peuvent se
dérouler. Ainsi depuis 2018, par exemple, l’UNICEF et l’association sud-africaine Children’s
Radio Fondation (Childrenofafrica.org) collaborent à la conception et à la mise à l’essai d’un
programme d’enseignement par la radio dans les situations d’urgence. Destiné aux enfants
vivant dans des zones en crise qui ne peuvent pas aller à l’école, ce programme basé sur les
compétences (et non sur le contenu) offre jusqu’à dix mois de cours radiodiffusés
d’alphabétisation et de calcul, et diffuse également des messages essentiels sur la vie dans les
situations de conflit. Selon le contexte, l’UNICEF développe également des programmes
(programme

Safe

School

en

appui

au

Ministère

de

l’Education

burkinabè :

18

�unicefburkina.medium.com) presque similaires dans des espaces d’apprentissage temporaires
à base communautaires avant leur transfert dans le formel ou le non formel.
Ce plan fait ressortir l’insuffisance des établissements d’accueil des élèves déplacés
internes et évoque également la non prise en compte des élèves en situation de handicap ou à
besoins spécifiques. De même il y a la disparité du genre dans l’intégration des élèves
déplacés. En effet, les enfants vulnérables issus de familles à faibles revenus sont confrontés à
des obstacles plus importants pour accéder à l'éducation. Les garçons ont tendance à avoir un
taux de scolarisation plus élevé que les filles au niveau du collège, tandis que le coût de la
scolarisation (uniformes et d’autres frais scolaires divers) exclue automatiquement les enfants
des familles pauvres. Toutefois, l’on note encore des disparités géographiques et des
déperditions importantes au niveau des filles, dont les causes comprennent encore :
✓

les longues distances à parcourir pour rejoindre les établissements scolaires ;

✓

l’insuffisance persistante de l’offre ;

✓

la surcharge des tâches domestiques ;

✓

la vulnérabilité sociale et économique de certaines filles et des parents ;

✓

les mariages et grossesses précoces ;

✓

les violences sexistes à l'école ;

✓

L’inadéquation de l'environnement scolaire aux besoins des filles (par exemple la

gestion de l’hygiène menstruelle).
Les enfants issus de familles pauvres sont plus susceptibles d'abandonner l'école pour
compléter le revenu familial par le travail des enfants. L'analyse des obstacles à la
fréquentation scolaire indique qu'il est nécessaire de se concentrer sur l'intégration des
programmes d'éducation avec les moyens de subsistance et la protection. Selon le Rapport
Mondial de Suivi pour l’EPT (2009 :41) « L’accélération des progrès vers l’EPT ne se fera
pas sans un engagement bien plus vigoureux des gouvernements nationaux et des donateurs
internationaux en faveur d’une éducation fondée sur l’équité ». 10 Ces régions sont
actuellement les plus affectées par la crise sécuritaire 11 Statistiques post-primaire et
secondaire 2018-2019, préscolaire 2018-2019 and primaire 2018-2019 12 Rapport sur les
statistiques de rentrée de l’éducation en situation d’urgence MENAPLN, (2019).

Selon

l’UNICEF, « Prendre des écoles, des élèves et des enseignants pour cible constitue une
attaque contre le droit des enfants à l’éducation et contre leur avenir ». L'éducation des
enfants vivant dans des zones de conflit est de plus en plus menacée. En 2020, 535 attaques

19

�vérifiées contre des écoles ont été recensées soit une augmentation de 17 % par rapport à
2019.

I.3 Les facteurs explicatifs des difficultés d’intégration des PDI
Les personnes déplacées internes sont sujettes à des changements de conditions de vie
qui deviennent généralement plus difficiles. Dans certains cas, elles sont assistées sur le plan
matériel et moral par les acteurs humanitaires, les autorités gouvernementales ou encore les
communautés d’accueil. Les difficultés d’intégration sont souvent liées à l’éducation, la
résilience, la nutrition, l’abri, l’agriculture, l’eau, l’hygiène, l’assainissement et la santé. Ainsi
le rapport de profilage de PDI de la province du Soum réalisé par UNHCR et le
Gouvernement burkinabè entre 2018 et 2019 montre que sur le plan éducatif 43% de ménages
enquêtés avaient des enfants à scolariser à leurs arrivées. Ces élèves représentaient 45% des
enfants âgés de 6 à 17 ans ; cependant la plupart de ces ménages affirment qu’il faut un
environnement stable et des conditions matérielles pour que ses élèves puissent continuer à
fréquenter comme l’indique le graphique ci-dessous.

Graphique1 : Besoins majeurs des ménages pour que les élèves puissent continuer à
fréquenter

Source : enquête profilage des PDI à DJIBO 2019
L’une des difficultés à l’intégration des PDI et des moindres constitue les moyens
d’existence et les besoins prioritaires des ménages. En effet, avant le déplacement, tous les
ménages menaient une activité économique. L’activité principale de 74% des ménages était
l’agriculture, 9% travaillent dans l’élevage, 6% dans le petit commerce et 6% également dans
l’orpaillage.50% des ménages qui exercent encore une activité génératrice de revenu

20

�demeurent concentrés sur des activités à faible revenu. En effet, les ménages exerçant dans le
petit commerce ont augmenté de 5% ET 11% au niveau des ménages exerçant des travaux
journaliers. La perte des terres agricoles demeure la raison de la forte baisse des activités
agricoles. Ce tableau présenté ci-dessous illustre la baisse des revenus des PDI dans le rapport
de UNHCR/Soum 2018-2019.
Tableau1 : comparaison des ressources avant le déplacement et l’actuel
Source de revenu
Avant le déplacement
Actuel
Agriculture
74%
13%
Elevage
9%
1%
Petit commerce
6%
11%
Orpaillage
6%
6%
Artisanat
1%
1%
Travaux journaliers (Présence)
1%
12%
Fonctionnaire
&lt;1%
&lt;1%
Autres
3%
6%
Sans Emploi
0%
50%
Source : enquête profilage PDI dans le SOUM 2019
En plus de ces difficultés, l’intégration des PDI est contrastée par les problèmes
alimentaires et économiques. Un peu partout dans les villes d’accueil les personnes déplacées
éprouvent des difficultés pour se nourrir convenablement. Ainsi, ils sont contraints pour la
plupart du temps à la réduction de la quantité de la ration journalière, voire le nombre de repas
par jours. Pour avoir les vivres, les PDI achètent ou travaillent en échange contre de la
nourriture. Et pour le même rapport du UNHCR sur le profilage des PDI du SOUM, l’achat/le
travail contre de la nourriture concerne 74% des ménages, les dons solidaires des
communautés d’accueil 16% et les dons humanitaire 9%. Cette réalité a contraint plusieurs
ménages à réduire la quantité et par ricochet la possibilité de varier des habitudes
alimentaires.
Au Burkina Faso, les besoins humanitaires en abris augmentent rapidement à mesure
que les conflits et l’insécurité poussent des milliers de personnes à quitter leurs villages.
Certaines familles se sont déplacées à plusieurs reprises et les perspectives de retour immédiat
sont faibles. Les conditions de vie, d’accueil s’aggravent avec l’arrivée massive de ces
populations. En effet les PDI enregistrées au Burkina en 2020 par le Cluster Abris et AME,
laisse entrevoir que le nombre des déplacés a été multiplié par 12 en deux ans passant de
87000 en début 2019 jusqu’ à 1 049767 en novembre 2020.Cependant la couverture d’abris
s’est limitée à seulement 30% de la population ciblée qui est estimée à 65847 personnes. Tout
cela n’a fait que rendre plus vulnérables ces PDI quand on sait qu’il n’existe pas en ville des

21

�ressources naturelles telles, le bois, la paille, le banco et même l’espace pour rapidement un
logement. L’intégration se heurte à la surpopulation des villes car le Cluster Abris et le
CONASUR estiment qu’en 2020 la ville de DJIBO par exemple avait plus de PDI que la
population hôte la ville de Kaya en avait la moitié de sa population comme PDI.
Quand nous nous referons à la situation des PDI de Ouahigouya, un reportage du
journal Sidwaya parut le 1er juin 2022 fait ressortir que la région du Nord est la troisième
région ayant accueilli plus de déplacés après celle du centre nord et du Sahel. Au 31 mars
2022 on y dénombrait 218 695 âmes qui ont fui leurs terres ancestrales du fait de l’insécurité
selon les services humanitaires. Ouahigouya, le chef-lieu est ainsi submergé par un flux
massif de ces personnes en détresse. En plus de la nourriture, l’un des plus grands besoins est
le logement. En effet, ce nombre important de PDI accueilli par les autorités locales est
repartie dans plusieurs sites. Mais leur intégration ne se fait pas sans difficultés. De
l’insuffisance des maisons ou abris occasionnant des surnombres dans ceux-ci, du manque de
moyens financiers pour l’acquisition de terrains du fait de la spéculation foncière, des
difficultés de cohabitation etc. Voilà autant de problèmes vécus par les PDI rendant presque
impossible la bonne intégration de ceux-ci.
Le gouvernement et ses partenaires, les organismes internationaux et les autorités
locales font de leur mieux pour apporter le soutien nécessaire à un meilleur vivre à ces PDI,
cependant nous notons qu’avec l’arrivée massive toujours de déplacés annihile les efforts en
vue d’améliorer les prises en charge.

I.4 De la sauvegarde de l’éducation pendant les situations d’urgence complexes
La vie quotidienne et le bien-être des enfants burkinabè se sont dégradés rapidement et
profondément ces deux dernières années dans certaines régions et plus particulièrement dans
la ville de Ouahigouya qui a accueilli les déplacés internes de plusieurs communes. Cette
situation est directement liée à la violence, à l’enlèvement de personnes, aux restrictions à la
circulation auxquels ils sont chaque jour confrontés sans parler des tueries et des blessés dans
leur propre famille ou parmi leurs amis. La destruction matérielle, frustration et la pauvreté
résultant du blocage des territoires, du couvre-feu et des astreintes à résidence.
Pour apporter une réponse à cette situation le plan d’Urgence de l’Education (20202021 :13) propose de répondre aux priorités stratégiques du PNDES du Burkina Faso,
notamment au niveau de l’Objectif Stratégique 2.2 « accroître l'offre et améliorer la qualité de
l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la formation en adéquation avec les besoins de
22

�l’économie ». La réponse éducative va appuyer 170 000 filles et garçons de 6 à 17 ans ayant
des besoins éducatifs et vivant dans des communautés affectées par la crise dans 6 régions
affectés par les urgences (la Boucle du Mouhoun, le Centre-Nord, l’Est, les Hauts-Bassins, le
Nord et le Sahel) en leur apportant une éducation formelle et non formelle dans un
environnement sûr, inclusif et de qualité. Cela correspond à la vision de la SSZDES et du
HRP du Burkina Faso.
Dans les situations d'urgence que vit le Burkina Faso, la protection de l’enfant est une
opportunité de survie car elle permet d'assurer la normalité quotidienne et met à l'abri les
enfants dans des environnements sains, sécurisés et protecteurs. La protection offre un cadre
qui permet aux enfants d'être protégés, de bénéficier du soutien psychosocial, de se projeter
dans l'avenir et de devenir un agent de changement pour eux-mêmes, pour leur famille et pour
leur communauté.
Les actions de protection de l’enfance s'alignent aux priorités du Ministère de la
Femme, de la Solidarité Nationale et de l'Action humanitaire (MFSNAH), à travers la
collaboration étroite avec les différentes directions en particulier la Direction Générale de la
Famille et de l’Enfant, mandatée pour assurer l'accès aux interventions de prévention de
violences, abus et exploitation et réponses aux besoins des enfants affectés par la crise. La
réponse de protection de l’enfance va appuyer 1 000 filles et garçons de 6 à 17 ans ayant des
besoins de protection spécifiques, ainsi que toutes les écoles ciblées dans le renforcement des
actions Safe School (comportant déjà des aspects de soutien psychosocial et de santé mentale
dans les 6 régions ciblées).
En résumé, l'intervention adopte une double approche combinant un appui à
l’éducation formelle et non formelle avec une composante de protection de l’enfant. Elle
prend en compte la connexion entre les écoles et les cellules communautaires de protection de
l’enfant, ce qui facilitera le renforcement des actions Safe School déjà amorcées dans le cadre
des autres financements sur le terrain avec le soutien de la Suisse, de la Norvège et du Japon.
Nous ne négligeons pas ces différentes réponses à la situation des EDI, cependant, il faut
reconnaitre que sur le terrain l’effectivité de ces actions reste très faible car le nombre de PDI
grossit chaque jour ; la coordination entre les services de l’Etat manque de réponse adéquate
pour l’accueil des PDI et le soutien des ONG s’affaiblit par manque de moyens financiers. Or,
nous savons que des parents et des enfants dont leurs vies sont ravagées par la faim, la
pauvreté et la maladie ne peuvent pas réaliser leur potentiel à l’école. C’est pourquoi nous

23

�estimons bon d’approfondir notre analyse qui permettra d’identifier les facteurs explicatifs de
cette faible intégration des EDI dans les structures éducatives de la commune de Ouahigouya
et d’en trouver des réponses plus adéquates qui prennent en comptes tous les élèves dans le
système éducatif Burkinabè.
A l’issue de cette revue de la littérature, nous estimons que l’ensemble des écrits
exploités nous a été d’une grande utilité dans la mesure où les diverses informations qu’ils
contiennent viennent préciser davantage notre recherche. Notre recherche semble compléter
les travaux qu’effectue la Panification de l’éducation au MENAPLN sur la projection dans les
statistiques dans la mesure où notre étude s’intéresse à l’intégration des EDI dans les
structures éducatives formelles. La rareté d’études antérieures sur l’intégration des EDI Dans
les structures éducatives formelles au Burkina Faso, plus précisément dans la commune de
Ouahigouya justifie donc notre choix pour cette étude.

II- Le cadre de référence théorique
Notre thème de recherche porte sur l’intégration des élèves déplacés internes dans les
structures éducatives formelles dans la commune de Ouahigouya. Il s’inscrit dans le vaste
champ sociologique. Dès lors, nous avons pris comme repère ou référence, la théorie de
besoins de A. H. Maslow, la théorie du socioconstructivisme et la théorie de la pédagogie
différenciée.

II.1. La théorie de la motivation selon la théorie des besoins de A.H. Maslow
La motivation désigne un processus qui est déclenché à l’origine par l’action d’une
force motivationnelle inférieure qui dépend de caractéristiques personnelles comme les
besoins, les pulsions, les traits de personnalités. Les travaux de A.H. Maslow, à partir des
années 1950, permettent de classer les besoins humains par ordre d’importance en cinq
niveaux. Ce classement correspond à l’ordre dans lequel ils apparaissent à l’individu : la
satisfaction des besoins d’un niveau engendrant les besoins du niveau suivant. Sa conviction
est qu’on ne peut agir sur les motivations supérieures d’une personne qu’à la condition
expresse que ses motivations primaires (besoins physiologiques et de sécurité) soient
satisfaites.

II.2 Les besoins physiologiques
Ce sont des besoins directement liés à la survie de l’individu ou de l’espèce. Ce sont
typiquement des besoins concrets (manger, boire, se vêtir, se reproduire, dormir, etc.) A priori
ces besoins sont satisfaits pour la majorité d’entre nous, toutefois nous ne portons pas sur ces
24

�besoins la même appréciation. Cette différence d’appréciation peut engendrer une situation
qui sera jugée non satisfaisante pour la personne et à son tour le besoin à satisfaire fera naitre
une motivation pour cette personne.

II.3 Les besoins de sécurité
Ils viennent du désir de chacun d’entre nous à être protégé physiquement et
moralement. Ce sont des besoins complexes dans la mesure où ils recouvrent une part
objective : notre sécurité et celle de notre famille et une part subjective liée à nos craintes, nos
peurs, et nos anticipations qu’elles soient rationnelles ou non : sécurité d’un abri (logement,
maison) ; des revenus et des ressources ; sécurité physique contre la violence, la délinquance,
les agressions, etc. Sécurité morale et psychologique ; sécurité et stabilité familiale ou, du
moins affective ; sécurité médicale /sociale et santé.

II.4 Les besoin d’appartenance.
Ils correspondent aux besoins d’amour et de relation avec et entre les personnes :
besoin d’aimer et d’être aimé (affection) ; avoir des relations intimes avec un conjoint (former
un couple) ; avoir des amis ; faire partie intégrante d’un groupe cohésif ; se sentir accepté ; ne
pas se sentir seul ou rejeté. Ce sont les besoins d’appartenance à un groupe qu’il soit social,
relationnel ou statutaire. Le premier groupe d’appartenance d’une personne étant la famille.

II.5 Les besoins d’estime.
Ils correspondent aux besoins de considération, de réputation, de reconnaissance ou de
gloire, de ce qu’on est par les autres ou par un groupe d’appartenance. La mesure de l’estime
peut aussi être liée aux gratifications accordées à la personne. C’est aussi le besoin de respect
de soi -même et de confiance en soi.

II.6. Les besoins d’auto-accompagnement.
Les besoins d’auto-accompagnement correspondent aux besoins de se réaliser,
d’exploiter et mettre en valeur son potentiel personnel dans tous les domaines de la vie. Ce
besoin peut prendre des formes différentes selon les individus. Pour certains ce sera le besoin
d’étudier, d’en apprendre toujours plus de développer ses compétences et ses connaissances
personnelles ; pour d’autres ce sera le besoin de créer, d’inventer, de faire ; pour d’autres ce
sera la création d’une vie intérieure. Le processus de motivation peut être déclenché aussi par

25

�une force motivationnelle externe qui dépend de la situation, de l’environnement de travail, de
la nature de l’emploi, du mode de mode de management des supérieurs, etc.
En somme, la théorie de la motivation selon les besoins de Maslow, montre que les
EDI se retrouvent dans les cinq niveaux de cette classification. Ils n’ont pas souvent les trois
repas journaliers et résident la plupart du temps dans les quartiers dépourvus d’eau et
d’électricité. Ils vivent dans des familles atteintes de psychose du fait des attaques terroristes
et ne peuvent être exempts de cette situation. Ces EDI ont dû se séparer de parents proches,
d’amis et de voisins qui leur étaient très chers. Enfin dans cette situation où la valeur des
parents est réduite par leur situation de déplacés précaires, les EDI perdent confiance en euxmêmes et n’ont plus du goût à la vie. Toute chose qui affecte leur éducation.
Nous allons à la suite de la théorie de besoins de Maslow nous référer à la théorie du
socioconstructivisme.
II.6.1 De la théorie du socioconstructivisme.
Le socioconstructivisme encore appelé sociocognitive par rapport au constructivisme
introduit une dimension des interactions, des échanges, du travail de verbalisation, de
construction et co-élaboration Vigotsky, (1985). L’apprentissage dans cette vision est
considéré comme le résultat des activités sociocognitives liées aux échanges didactiques entre
enseignants-élèves et élèves-élèves. Le concept d’une construction sociale de l’intelligence est
la continuité d’une auto-socio construction des connaissances par les interactions sociales
avec d’autres personnes, interactions sociales sur l’apprentissage. Le socioconstructivisme est
un modèle d’enseignement –apprentissage, pour lequel trois éléments sont indissociables pour
permettre le progrès à savoir : la dimension constructiviste qui fait référence au sujet qui
apprend, la dimension socio qui fait référence aux partenaires en présence, la dimension
interactive qui fait référence au milieu. Le socioconstructivisme a introduit un paramètre
déterminant de la méditation de l’autre négligé par Piaget : l’influence du monde extérieur sur
le développement des habilités. La théorie socioconstructiviste a un lien étroit avec notre sujet
de recherche en ce sens que les EDI ont besoin d’un environnement convivial et de paix pour
leurs apprentissages. Cette théorie à un lien étroit avec notre thème de recherche. Les
apprentissages, pour être efficaces et profitables doivent se dérouler dans un climat sain fait
d’entraide, de collaboration et de partenariat entre acteurs.

26

�II.6.2 La théorie de la pédagogie différenciée
Dans une classe, les élèves apprennent à des rythmes différents d’un élève à l’autre. La
pédagogie différenciée elle-même se définit comme étant la pédagogie qui tient compte des
différences

d’acquisition

des

savoirs

par

les

élèves

dans

le

processus

enseignement/apprentissage. Elle vise à résoudre le problème de l’hétérogénéité ou de le gérer
dans les tâches pédagogiques pour le bonheur des élèves.
L’hétérogénéité est donc plus qu’une réalité dans nos écoles de nos jours.
L’enseignement frontal et les exercices stéréotypes, répétitifs ne suffisent plus pour donner à
tout le monde la chance d’acquérir des savoirs ou des compétences plus d’apprentissages. Les
apprenants profitent d’approches pour et cerner un objet d’étude et progresser. Halina
PRZESMYCKI (1991 :10) apporte un éclairage en définissant la pédagogie différenciée
comme : une pédagogie individualisée qui reconnait l’élève comme une personne ayant ses
représentations propres de la situation de formation ; une pédagogie variée qui propose un
éventail de démarches, s’opposant ainsi au rythme identitaire de l’uniformité, faussement
démocratique, selon lequel tous doivent travailler au même rythme, dans la même durée et par
les mêmes itinéraires. Il décrit ainsi la pédagogie différenciée avant tout comme une
pédagogie des processus. Les élèves bénéficient d’un cadre souple dans lequel les
apprentissages sont diversifiés afin que tous évoluent selon leurs savoirs et savoir-faire. Selon
lui, la pédagogie différenciée découle de l’hétérogénéité des élèves d’une même classe et se
fonde sur des différences cognitives (degré d’acquisition des connaissances, stratégies
d’apprentissage, représentations, des modes de pensée, etc.), des différences socioculturelles
(valeurs, croyances, types de socialisation desquels les élèves ont bénéfice) ainsi que les
différences psychologiques (expériences vécues, personnalité, motivation, attention, rythmes,
etc.)Y faire face représente un défi complexe pour l’enseignant.
Selon P. Meirieu (1988 : 106) : « La pédagogie différenciée est une méthode originale
prenant en compte la spécificité du savoir, la personnalité de l’élève et les ressources du
maitre » Il ajoute qu’ il est indispensable de substituer au contrat tacite et unique qui liait le
maitre à toute une classe, des contrats individuels et diversifiés qui engagent chaque élève,
précisant exactement ce que l’on attend de chacun d’entre eux et les soutiens sur il peut
compter (p.156).P. Meirieu complexifie encore : « l’expression de pédagogie différenciée est
un pléonasme, il n y a de pédagogie que différenciée, puisqu’ il n y a de savoir que dans et par
le chemin qui mène »(p.36). Si pour P. Meirieu (1991) c’est une évidence, puisqu’ il n’a pas
d’autre possibilité d’amener un élève à apprendre, pour beaucoup cet ajustement permanent
27

�pour accompagner l’élève est un idéal utopique. Nous pourrions multiplier les définitions de
la pédagogie différenciée. On peut ressortir quelques points qui reviennent dans la plupart des
définitions : l’élève et son activité doivent être au cœur des apprentissages. La différenciation
vise à créer des conditions d’apprentissage optimales pour le plus grand nombre d’élèves
possible au sein du groupe classe en s’appuyant sur le fait que la différence peut être un
enrichissement pour apprendre.
Notre étude aborde la situation d’intégration des élèves déplacés internes (EDI) dans
les structures éducatives formelles. Cela veut dire que la bonne intégration passe
nécessairement par l’usage d’une bonne théorie d’apprentissage. Ces classes sont différentes
des autres à plusieurs niveaux : elles ont d’abord des effectifs larges du fait de leur nombres
limité d’une part aussi par le flux des déplacés qui augmente de jour en jour. Ensuite les
élèves qui composent ces classes viennent des horizons divers et vivent pas souvent les
mêmes réalités. En plus, ils ont des niveaux disparates : certains ayant terminés l’année
scolaire précédente dans les meilleures conditions, d’autres par contre dans les des situations
difficiles, certains n’ont cependant eu de classes. Toutes ses raisons nous confortent à dire que
la démarche pédagogique qui sied pour ses apprenants semble bien être la pédagogie
différenciée.
II.6.3. Raison du choix des théories
Nous avons choisi de nous penser sur ces trois théories pour trois raisons :
❖ -Premièrement il est question dans notre présente étude d’intégration des PDI et des
EDI. En nous référant à la théorie de A. Maslow, cela nous permet de cerner les
dimensions qu’il faut prendre en compte dans les processus d’intégration d’un
individu à un groupe social. En effet, des parents et des élèves ont des besoins
minimums qui garantissent leur personnalité et la liberté afin de prendre des actions
dans leur milieu de vie. Si ces conditions ne sont pas réunies comme l’a développé
Maslow, les personnes déplacées vivant des situations étrangères ne peuvent
accomplir leur devoir de façon correcte envers la société. De plus les EDI s ils sont en
marge de certains droits ne pourront pas s’intégrer à l’école.
❖ -En plus, nous avons invoqué la théorie du socioconstructivisme, puisqu’ il s’agit pour
nous de proposer dans notre étude des suggestions pour l’intégration harmonieuse des
EDI au système éducatif. Ainsi pour cette dernière la réussite des apprentissages dans
nos structures éducatives d é » pendent des approches pédagogiques favorisant

28

�l’interaction des élèves dans la conquête du savoir. Il ne s’agit donc pas d’isoler les
EDI à part dans des écoles fermées à la société d’accueil mais plutôt d’avancer
ensemble

dans

un

système

équitable

prônant

le

vivre-ensemble.

Le

socioconstructivisme est également le terreau favorable d’une construction des valeurs
sociales durables car c’est en son sein qu’à lieu la prise de conscience produit par le
conflit cognitif qui, lui-même est l’origine de l’abandon de l’erreur, les présomptions,
les préjugés et d’accepter ce qui est probant. Nous pensons qu’avec cette théorie il est
possible de préparer les générations afin qu’elles vivent en harmonie dans le futur.
❖ -Pour la théorie de la pédagogie différenciée ici évoquée, nous amène à traduire de
façon pratique le comportement des praticiens de la pédagogie dans des circonstances
particulières des classes accueillant les EDI. En effet, les structures éducatives ont
changé sur divers plans avec les déplacements massifs des populations et pour cela de
nouvelles stratégies de conduites des classes doivent s’appuyer sur des approches plus
productives. Nous estimons qu’en plus des approches dont faisaient usages les
enseignants, nous pourront faire recours à la théorie de la pédagogie différenciée
surtout que les EDI ont subi toute sorte d’instabilité sur le plan apprentissage.
Pour nous résumer, nous dirons que le choix de ces théories va nous guider dans la présente
recherche et nous aidera à atteindre les objectifs visés.
De ces trois théories de référence, nous retenons que l’intégration des EDI dans les
établissements scolaires formelles passe par une intégration qui efface les différences, les
lignes entre PDI et autochtones ; le respect des droits de l’homme source de cohésion sociale.
De cette intégration harmonieuse passe par la satisfaction des besoins des EDI d’où découle la
motivation de l’individu. Cela est un processus comme l’a démontré Maslow dans sa théorie ;
les différents besoins de l’individu. Les élèves ne peuvent avoir la possibilité de fréquenter
l’école si l’un de ces besoins cités par cet auteur lui manque. Aussi, l’apprentissage à l’école
pour être efficace dans la construction des savoirs solides dépend d’une bonne théorie d’où la
théorie du socioconstructivisme. L’intégration des élèves passe également par l’interaction
dans les apprentissages. Il appartient donc aux enseignants d’user des approches
pédagogiques se fondant sur cette théorie pour assurer une bonne intégration des EDI. De plus
la théorie de la pédagogie différenciée est ici citée car la situation de crises sociale a fait naitre
plusieurs types d’élèves défavorisés dans les apprentissages. Pour lutter contre ces différences
l’exploitation d’une démarche pédagogique à même de faciliter l’intégration des EDI par la
prise en compte des différences dans les apprentissages est beaucoup recommandée.

29

�Dans la présente recherche nous allons nous adosser sur la théorie de la motivation de
Maslow car elle a un lien étroit avec notre thème qui traite de l’intégration des EDI dans les
structures éducatives. L’intégration passe par un processus de motivation déclenché par une
force motivationnelle externe.
II.6.4 Le cadre conceptuel
Dans cette partie nous allons nous atteler à expliciter un certain nombre de concepts en
relation avec notre thème de recherche. Ces concepts sont les suivants : les facteurs, faible
intégration, élèves déplacés internes, structures éducatives, formelle, commune.
A. Élèves déplacés internes
Le concept déplacé signifie qui a changé de place de façon courante.
Selon les principes directeurs de 1998 sur les déplacements internes de UNHCR, les
personnes déplacées internes sont des personnes ou groupes de personnes qui ont été forcés
ou contraints à fuir ou à quitter leur foyer ou leur lieu de résidence habituel, notamment en
raison d’un conflit armé, de situations de violence généralisée, de violation des droits de
l’homme ou pour éviter les efforts et qui n’ont pas franchi les frontières internationalement
reconnues d’un Etat. Il y a donc une différence nette entre les réfugiés et les déplacés internes.
Une personne déplacée interne veut donc dire une personne contrainte de quitter son lieu de
résidence habituel, de fuir à l’intérieur de son propre pays. En ce sens, les élèves déplacés
internes sont ceux ayant été déplacés de force à quitter leurs villages avec leurs parents pour
raison d’insécurité, aux conflits armés, aux violences, aux violations de droits humains, de
catastrophes naturelles etc ; et se retrouvant dans les villes à l’intérieur du pays.

B. Faible intégration
En Sociologie, l’intégration peut être vue comme l’assimilation d’un individu, d’un groupe à
une communauté, à un groupe social. Dans notre contexte l’intégration voudrait dire s ajouter,
s’imbriquer pour faire un tout sans distinction.
Dans le domaine de la sociologie, l’intégration est la phase ou les éléments d’origine
étrangères sont complètement assimilés au sein de la nation tant au point vue juridique que
linguistique et culturel, et forment un seul corps social (De GAULLE, Mémoire de guerre,
1959, p.457). Le concept faible est un adjectif qualificatif qui traduit l’état d’une chose qui
n’a pas de force, qui n’est pas d’un niveau élevé, qui est peu considérable. La faible
intégration des EDI dans les structures éducatives signifie qu’il existe peu d’EDI qui
fréquente les écoles où les éléments d’intégration ne sont pas assimilés.
30

�C. Structures éducatives
La structure selon le dictionnaire français L’Internaute consulté sur www.linternaute.fr ;
est une organisation des parties d’un système qui lui donne sa cohérence et en est la
caractéristique permanente. C’est l’organisation complexe du système. Ainsi, les structures
éducatives signifient l’ensemble des établissements (préscolaire, primaire, post-primaire
formel, non formel, informelle et spécifique) qui forme un système d’éducation de façon
articulée. La loi 013-2007 /AN portant loi d’orientation de l’éducation du 30 juillet 2007 au
Burkina Faso, structure les différents ordres de l’éducation comme suit : l’éducation
préscolaire,

l’enseignement

primaire,

l’enseignement

post-primaire,

l’enseignement

secondaire, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle.
D. Formelle
Ce qui est formel se rapporte aux normes et aux règles établies par les institutions reconnues.
Parlant des structures éducatives formelles, selon la loi 013-2007/AN du 30 juillet 2007
portant orientation de l’éducation au Burkina Faso, cela s’entend comme l’ensemble des
activités éducatives, enseignement et formation professionnelle se déroulant dans les
établissements scolaires ou centre de formation reconnus ; dont les contenus sont formalisés et
fonctionnant selon la législation du pays.

III- Questions, Hypothèses et indicateurs de vérification
III-1--Les questions de la recherche
A travers notre travail de recherche, nous poserons une question principale et trois
questions spécifiques
A-Question principale
Quels sont les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes
dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya ?
B- Les questions spécifiques :
De la question principale, découlent trois (3) questions spécifiques :
a) L’insuffisance de la prise en charge adéquate des personnes déplacées internes (PDI)
n’explique-t-elle pas la faible intégration des élèves déplacés internes (EDI) dans les
structures éducatives formelles de Ouahigouya ?
b) L’insuffisance des infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya estelle liée à la faible intégration des élèves déplacés internes ?

31

�c) La faible intégration des élèves déplacés internes dans les structures éducatives
formelles n’est –elle pas liée aux méthodes et techniques d’enseignement utilisées par
les enseignants en classe ?
Pour mieux appréhender les interrogations que suscite notre thème de recherche et
apporter les éléments de réponses, nous avons formulé une hypothèse principale et trois (3)
hypothèses secondaires.

III-2-Les hypothèses
A -Hypothèse principale
L’inadéquation de la prise en charge des déplacés conjuguée à l’insuffisance
d’infrastructures éducatives et aux approches pédagogiques expliquent la faible intégration
des EDI dans les structures éducatives.
B- Hypothèses secondaires
De cette hypothèse principale découlent trois (3) hypothèses secondaires :
➢ Hypothèse n°1 :
L’insuffisance de prise en charge adéquate des personnes déplacées internes ne
favorise pas l’intégration de leurs enfants dans les structures éducatives formelle.
➢ Hypothèse n°2 :
La faible intégration des élèves déplacés internes dans les structures éducatives a un
lien avec le nombre d’infrastructures éducatives formelles.
➢ Hypothèse n°3 :
L’usage des méthodes et techniques d’enseignement par les enseignants est cause de la
faible intégration des EDI dans les structures éducatives formelles.

C- Les indicateurs de vérification des variables
Variables indépendantes
➢ La prise en charge insuffisante des personnes déplacées
-le pourcentage de déplacés internes ayant été enregistrés à l’arrivée par les structures
de l’action sociale ou d’une ONG humanitaire ;
-le pourcentage de personnes déplacées internes relogées en moins de 10 jours après
leur arrivée ;
-le pourcentage de personnes déplacées internes qui ont bénéficié d’aide en vivres

32

�-pourcentage de parents et d’élèves déplacés internes qui ont bénéficié de prise en
charge psycho-sociale de la part des autorités administratives ;
-pourcentage de radios locales ayant fait des sensibilisations sur les possibilités
d’inscription des élèves déplacés ;
➢ Le nombre d’infrastructures éducatives formelles.
-le nombre d’écoles primaires privés ayant accueilli des EDI,
-le nombre d’écoles primaires publics ayant accueilli des EDI,
-nombre de salles de classes des établissements publics et privés de la commune
-nombre de classes temporaires aménagées pour accueillir les EDI
➢ Le nombre d’approches pédagogiques adapté utilisé
-pourcentage d’enseignants ayants bénéficié d’une formation sur les approches pédagogiques
intégratrices
-pourcentage d’enseignants qui met en pratique l’approche inclusive,
-proportion d’enseignant mettant en pratique l’approche de la pédagogie des grands groupes,
-pourcentage des enseignants qui utilisent la pédagogie différenciée dans leurs pratiques
classe
-pourcentage des enseignants qui pratique l’approche pédagogique intégratrice dans leurs
classes
Variable dépendante
La faible intégration des EDI
- proportion de la mauvaise fréquentation des EDI ;
-pourcentage des EDI ayant redoublé à deux reprises de classes,
-proportion d EDI qui présentent des séquelles physiques ou psychologiques dus aux
terroristes, (blessés, troubles psychologiques, menaces, intimidation, stigmatisation…)
- proportion des abandons EDI ;

33

�CHAPITRE III : METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
Dans le but de vérifier les hypothèses émises plus haut, il est nécessaire de circonscrire notre
zone d’étude. Pour ce faire, la population étudiée, l’échantillon choisi, les procédés de
collecte des données, l’approche utilisée et les outils de collecte, d’analyse et de traitement
des données ferons l’objet d’une description dans ce présent chapitre.

I-Population d’étude et échantillonnage
Dans cette rubrique nous nous attèlerons à décrire de façon succincte le site géographique de
la recherche, la population concernée par l’étude et à l’échantillonnage.

➢ Site géographique de l’étude
Le site d’étude choisi se limite aux Circonscriptions d’Education de Base (CEB) de la
commune de Ouahigouya et cela pour plusieurs raisons. D’abord pour des raisons budgétaires
et de temps. Ensuite, parce que nous trouvons que le milieu choisi offre un panorama
intéressant de réalités communes aux chefs-lieux des régions touchées par les attaques
terroristes. La commune de Ouahigouya relève sur le plan éducatif, de la Direction
Provinciale de l’Education Préscolaire, Primaire et Non Formelle (DPEPPNF) du Yatenga
dans la région du Nord et compte deux CEB qui sont : la CEB de Ouahigouya I et celle de
Ouahigouya II.
Pour l’atteinte des objectifs de cette étude, la connaissance des ressources humaines et
matérielles des CEB de la commune est nécessaire. Ainsi, les tableaux suivants présentent des
données relatives aux infrastructures, aux personnels enseignants et élèves.

II-Population cible
Cette étude se base sur une population hétérogène constituée d’élèves (EDI), les PDI,
des enseignants, de directeurs d’écoles, les chefs de circonscriptions d’éducation, du maire de,
la commune de Ouahigouya, le directeur provincial en charge de l’éducation du Yatenga et du
directeur provincial en charge de la solidarité et de l’action humanitaire Yatenga.

II.1 Les élèves et leurs parents
Les élèves déplacés internes inscrits ou non dans les structures éducatives formelles de
la commune sont les principaux concernés dans les difficultés d’intégration. Ils sont de ce fait

34

�les mieux indiqués pour nous fournir des informations ; d’où l’importance de recueillir leurs
opinions dans notre étude. Les parents quant à eux, vivent au quotidien les difficultés
d’intégration de leurs enfants dans les écoles. Ils sont également des personnes pouvant
fournir des informations sur la faible intégration des élèves.

II.2 Les enseignants et les directeurs d’écoles
Les enseignants et les directeurs sont les principaux acteurs de la gestion pédagogique
des classes et des établissements. Ils vivent au quotidien les problèmes liés aux effectifs
élevés dans les classes, le manque de matériel, aux difficultés d’ordre socioculturel,
pédagogique et environnemental de leurs classes ou écoles. Les interroger, c’est leur donner
l’opportunité de faire ressortir les problèmes liés à l’intégration efficiente des EDI inscrits
dans leurs classes.

II.3 Les Chefs de Circonscription d’Education de Base (CCEB)
Les CCEB sont chargés du bon fonctionnement des écoles. Ils veillent sur le
déroulement adéquat des activités administratives, pédagogique et sociales des établissements
de leurs circonscriptions éducatives. Ils sont en mesure de nous situer sur les difficultés
d’intégration des EDI.

II.4 Le Maire
Le Maire est le premier responsable de la commune. A ce titre, l’accueil du flux des
PDI, les questions des sites d’aménagement d’accueil, des infrastructures éducatives, des
fournitures scolaires et des cantines scolaires transférées par l’Etat l incombent. Nous
estimons que les interroger nous permettra de récolter des informations sur la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya.

II.5 Le Directeur provincial de la solidarité et de l’action humanitaire du Yatenga
Le Directeur provincial en charge de la solidarité et de l’action humanitaire par les
politiques de l’Etat gère la situation humanitaire, de crises dans la province. Il
accueil enregistre les PDI, résout avec les partenaires les problèmes alimentaires, sécuritaires
sanitaires et éducatives des populations déplacées. Il est mieux indiqué pour nous renseigner
sur les questions de prises en charge des PDI.
II.6 Le Directeur provincial en charge de l’éducation du Yatenga
Il le responsable provincial en charge de la coordination des activités éducatives et de
la mise en œuvre des politiques éducatives. Nous sommes convaincus qu’il pourra nous
35

�apporter des réponses à nos préoccupations d ou la nécessité de nous entretenir avec lui sur
l’intégration des EDI dans les structures éducatives de la ville.

III- L’échantillonnage
Pour cette recherche nous avons opté pour l’échantillonnage de type probabiliste. Il va
consister à sélectionner simplement au moyen d’une procédure aléatoire tout individu de la
liste de l’échantillon de recherche. C’est ainsi que pour chaque catégorie de participants à
l’étude, nous insisterons beaucoup sur leur bonne foi et leurs expériences afin de récolter de
données dignes d’être traitées et analysées pour en sortir des informations fiables.
L’échantillon
Le tableau suivant présent la composition des structures et de la population cible

36

�Tableau n°2 : Ecoles de la ville de Ouahigouya ayant un nombre très important d’ EDI
Ecoles

Enseignants

Total des

Effectif

Effectif

effectifs par

des

des EDI

école

élèves
non
déplacés

Togzague A

13

1063

760

303

Togzague B

6

590

484

106

Gondologo A

18

1058

792

266

Gondologo B

18

1510

1056

454

Gondologo C

15

696

645

51

Siguivoussé 1

16

1040

686

354

Siguivoussé 2

7

500

379

121

Peela 1

19

791

684

107

Peela 2

16

798

660

138

Peela 3

6

396

371

25

Teegwendé

8

384

323

61

Bangrin 1

17

566

471

95

Bangrin 2

18

700

593

107

Ipala A

20

629

555

74

Tamsin Est A

10

480

221

259

Tamsin Est B

6

259

44

215

Bangrin 3

3

91

50

41

Wendpouiré

26

1041

623

418

Souli B

25

1057

555

502

Gourga B

25

191

112

79

Oufré B

29

1141

589

552

Gourga A

21

732

418

314

Oufré A

15

747

589

158

Wendkonta A

23

955

498

457

TOTAL

380

17415

12158

5257

37

�Source : synthèse faite par nous même à partir des données statistiques des deux CEB de
Ouahigouya / Septembre 2022
Dans la commune il y a 172 écoles formelles. Pour l’échantillonnage de cette
population cible nous allons nous intéresser uniquement aux écoles de la ville qui ont des
effectifs importants d EDI comme le tableau ci-dessus l’indique. Nous procèderons ainsi :
Nous choisirons 10 Directeurs d’écoles dont leurs écoles ont accueilli plus d’EDI sur
les 24 écoles de la ville. Nous nous intéresserons à cet échantillon car les EDI sont
majoritairement inscrits dans les écoles situées en pleine ville. Nous aurons donc 6.89% des
directeurs qui seront représentées dans l’échantillon.
Soixante (60) enseignants des écoles ayant des EDI seront également soumis aux
questionnaires. Ce nombre est choisi pour des raisons objectives car sur l’effectif total des
enseignants de la commune seulement

380 ont des EDI dans leurs classes au regard de la

concentration des déplacés internes dans la ville ; soit un pourcentage de 41.37%.
Des Guides d’entretien seront adressés à trente (30) EDI repartit dans ces différentes
écoles (24) seront soumis à notre guide d’entretien. L’échantillon des EDI représente 20.68%.
Nous avons également pris quarante (40) PDI comme échantillon. Nos entretiens se
dérouleront dans trois sites d’accueil en plus des PDI se trouvant logés chez des parents ; soit
10 pour chaque rubrique. L’échantillon choisi représente 27.58% Nous avons retenu les
personnes ressources ; le Maire, le Directeur provincial en de l’éducation, le Directeur
provincial de la solidarité nationale et de l’action humanitaire chacun d’eux est représenté à
0.68% de l’échantillon et des CCEB OHG1 et 2 pour 1.37%.

38

�Tableau n°3 : l’échantillon prévisionnel
N°
Participants
Nombre Questionnaire

Guide d’entretien

Pourcentage

01

Enseignant(es)

60

X

41.37%

02

Directeur (trice)s

10

X

6.89%

03

CCEB

02

X

1.37%

04

DP éducation

01

X

0.68%

05

Maire

01

X

0.68%

06

DP action sociale

01

X

0.68%

07

EDI

30

X

20.68%

08

PDI

40

X

27.58%

Total

145

100%

Source : réalisé par nous-mêmes à partir de l’ échantillon

III.1. La présentation et la validation des outils de collecte des données
Cette partie est consacrée à la présentation des techniques et instruments de collecte
des données.
III.1.1 Techniques et instruments de collecte des données.
Les techniques suivantes sont employées par la méthode d’enquête : l’entrevue,
l’observation et le sondage ou recensement. Ces techniques sont exploitées soit dans
l’approche quantitative, ou dans l’approche qualitative. Dans notre étude, nous utiliserons les
deux approches avec pour instruments de collecte de données : les questionnaires et les guides
d’entretien.
❖ -Le questionnaire que nous allons utiliser comporte à la fois des questions ouvertes et
des questions fermées. Il sera utilisé pour collecter les données auprès des enseignants
et les Directeurs d’école au regard de sa capacité à faire ressortir l’aspect qualitatif et
quantitatif que nous visons dans cette recherche.
-Les guides d’entretien comportent des questions fermées ou ouvertes élaborées administrées
par nous-mêmes. Ces questions permettront aux enquêtés d’argumenter leurs points de vue à
travers les réponses.

39

�Tableau n°4: synthèse des instruments de collecte des données
N°
Participants
Questionnaire

Guide d’entretien

01

Directeurs

10

00

02

Enseignant(es)

60

00

03

CCEB

00

02

04

EDI

00

30

05

PDI

00

40

06

Maire

00

01

07

DP action social

00

01

08

DP éducation

00

01

70

75

Sous total
Total général

145

Source : synthèse faite par nous-même/septembre 2022

III.1.2 La validation des outils de collecte des données.
Pour la validation des outils, nous avons fait recours au technique pré-test et du jugement. En
effet le pré-test à consister à soumettre un spécimen de nos différents outils à une catégorie de
personnes. Ainsi, le questionnaire adressé aux enseignants et aux directeurs d’école a été
testés dans les écoles, précisément de la ville de Ouahigouya. Cet examen nous a permis de
corriger les imperfections. Pour les opinions nous avons recueillis les jugements de trois
inspecteurs de l’éducation de base, le Coordonnateur de l’association AAAE et par trois
inspecteurs de la Direction provinciale en charge de l’éducation dans le Yatenga
pour la finalisation de tous les outils. C’est à l’issu de la validation des instruments de collecte
que notre enquête sur le terrain a débuté le 19 juillet pour s’achever le 17 aout 2022.Quant à
l’administration des instruments, nous avons avec l’accord des Directeurs distribué le
questionnaire dans chacune des écoles retenues pour l’étude. Pour les personnes concernées
par l’entretien, nous avons fait connaitre à l’avance ce guide puis après un rendez-vous nous
sommes passés pour l’entretien.
III.1.3 Construction d’un plan d’analyse des données
Cette rubrique montre comment les informations collectées seront traitées avant leur analyse.
Au regard de notre échantillon, les techniques d’analyses qualitative et quantitative des
données seront utilisées. Notre plan d’analyse sera comme suit :

40

�✓ présentation et analyse générale des données collectées et description des personnes
enquêtées ;
✓ présentation et analyse des données obtenues par catégorie de participant à l’enquête ;
✓ présentation et analyse des résultats sur les entretiens réalisés d avec les personnes
ressources.
III.1.4 Outils de traitement et d’analyse des données
Comme nous l’avons mentionné plus haut, les outils de traitement et d’analyses quantitative
et qualitative des données seront utilisés dans notre travail.
A. Outils de traitement d’analyse quantitative
Pour ce faire, nous disposons des softwares Microsoft Excel 2016 et Sphinx Plus2 version
5.1.0.4. Ces deux outils sont destinés à faire des analyses statistiques. Les données recueillies
sont saisies dans ces logiciels et des tableaux, des courbes, des diagrammes et des graphiques
seront réalisés, et feront par la suite, l’objet d’analyse et d’interprétation pour tenter de
vérifier nos hypothèses. Nous userons de tous les maniements qui siéent avec ces logiciels
pour présenter clairement les données quantitatives recueillies.
B. Outils de traitement d’analyse qualitative
Cette méthode qualitative bien différente de la précédente, pousse plus en profondeur
l’analyse de l’objet d’étude. Elle s’intéresse plus à l’administration des questions ouvertes
telles que mentionnées dans le questionnaire. C’est donc la possibilité d’argumenter les
réponses par le participant qui est le plus visée. Elle guidera nos pas lors de l’appréciation et
l’interprétation des données qualitatives qui seront collectées.

III.2. Difficultés rencontrées au cours de la recherche
Au cours de notre étude nous avons été confrontés à des difficultés. Il s’agissait de :
-la difficulté de conjuguer nos tâches professionnelles à la collecte des données. En effet,
étant titulaire d’une classe nous devrions allier les tâches pédagogiques aux exigences de
notre étude
-Il nous a été aussi par moment difficile d’obtenir les autorisations de collecte de données
auprès des PDI et EDI. Cela prenait des jours et des personnes qui servent aussi de relais sur
les sites entre déplacés et administration ne facilitent pas les entretiens.

41

�-Il faut ajouter que nous étions déjà en vacances et cela nous a compliqué la distribution des
questionnaires aux enseignants et aux directeurs d’écoles. Certaines personnes dans les
services n’étant pas coopératives, nous ont rendu la tâche difficile dans la collecte des
données.

42

�DEUXIEME PARTIE : RESULTATS DE LA RECHERCHE

43

�CHAPITRE IV : PRESENTATION, ANALYSE ET INTERPRETATION
DES RESULTATS.
Dans ce chapitre, les résultats obtenus à partir des données collectées sur le terrain sont
ainsi présentés. Sur la base de nos indicateurs émanant des variables indépendantes des
variables dépendantes et un état de l’ensemble des données collectées. Nous terminerons par
une synthèse des résultats obtenus.

I Etat général des données collectées
Au cours de notre travail de terrain nous avons eu à collecter des informations. Un état
général sur la collecte de ces données est présenté dans le tableau suivant.
Tableau 5: Etat général des données collectées
Questionnaire
Catégorie de
Nombre prévu

Nombre atteint

personnes

Taux de
couverture

Enseignant(es)

60

60

100

Directeur (tri ces)

10

10

100

Sous-total

70

70

100

PDI

40

40

100

EDI

30

30

100

Personnes

05

05

100

75

75

100

145

145

100

Guide
d’entretien

ressources
Sous-total
Total général
Source : réalisé par nous-même/ aout 2022
Le tableau ci-dessus présente les différents taux de couverture des données collectées
et en fonction des différentes catégories de personnes lors de notre travail de terrain. Ainsi le
taux général de couverture est satisfaisant car il est largement au-dessus de la moyenne. En
effet, le questionnaire adressé aux enseignants fait ressortir un taux de 100%. Au niveau des

44

�Directeurs d’école huit (10) personnes sur les 10 ont répondu à notre questionnaire ; et par
conséquent nous estimons que ces données sont suffisantes pour effectuer des analyses.
Quant aux entretiens, nous avons enregistré un taux de 100% à tous les niveaux :
100% pour les PDI, 100% pour les EDI et 100% pour les personnes ressources. Ceci
s’explique par le fait que les outils ont été administré par nous-même avec tous les soins qu’il
faut. Le taux de recouvrement général est de 100% au niveau des entretiens.
Dans ce chapitre, il sera question de l’analyse des résultats, de la vérification des
hypothèses et de l’émission de suggestions.

II. Analyse et interprétation des résultats.
Nous passerons successivement en revue, les données relatives à l’état des lieux,
l’insuffisance de la prise en charge adéquate des PDI, à l’insuffisance des infrastructures
éducatives formelles de la commune et aux difficultés d’intégration des EDI liées aux
manques d’approches pédagogiques.

I.1.Les données relatives à l’état des lieux.
Des informations recueillies, il ressort que la commune de Ouahigouya compte 8239
EDI pour l’année scolaire 2021-2022 avec au total 860 salles de classe. Une moyenne de 10
élèves déplacés internes par classe. Cependant nous notons que la forte concentration de ces
élèves se rencontre dans la ville surtout les écoles périphériques. L’arrivée de ces nouveaux
élèves dans les écoles déjà surpeuplées n’est pas sans conséquences pour leur intégration. Il
est donc plus que nécessaire que des solutions idoines soient trouvées au risque de voir
plusieurs EDI en marge de l’éducation.

I.2. Les données issues du questionnaire.

45

�Tableau 6 : réponses fournies par les enseignants et DE sur la faible intégration des EDI.
Questionnaire
Enseignants
Total
Pourcentage
adressé aux
enseignants et
DE

Facteurs liés à

Oui

Non

oui

non

total

59

11

70

84,28

15,71

100

60

10

70

85,71

14,28

100

57

13

70

81,42

18,58

100

70

77,14

22,86

100

l’intégration
des PDI
Lien de
l’insuffisance
de
l’intégration
des PDI avec
celle des EDI
Facteurs liés à
l’insuffisance
des
infrastructures
éducatives
Facteurs liés à

54

16

l’insuffisance
d’approches
pédagogiques4
Source : synthèse faite par l’auteur à partir des données recueillies.

46

�I.3.Facteur lié à la prise en charge des personnes déplacées internes (PDI)
Tableau 7 : Facteurs liés à la prise en charge des personnes déplacés internes (PDI)

Facteurs
liés à la
prise en
charge des
PDI
Nombre

ENSEIGNANTS Pourcentage Directeurs
Enseignants

50

83.33%

Pourcentage Pourcentage
Directeurs
Total

10

100%

85,71%

Source : enquête réalisée dans le cadre de notre étude

Graphique 2 : Facteurs liés à la prise en charge des personnes déplacés internes (PDI)

50
50
45
40
35
30
25
20
10

15
10
5

100%

83,33%

0
ENSEIGNANTS

DIRECTEURS
EFFECTIFS

POURCENTAGE

Source : enquête de terrain réalisée du 20 au 30 aout 2022

Ce diagramme illustre les résultats issus du questionnaire. Sur 60 enseignants ,50 confirment
l’insuffisance de l’intégration des EDI donnant 83,33%. Tous les 10 Directeurs questionnés
ont répondu en disant qu’effectivement les PDI éprouvent des difficultés dans leur intégration,
soit un pourcentage de 100%. Cela nous suffit pour conclure les PDI ont des difficultés dans
leur ville d’accueil qui ne facilitent pas l’inscription de leurs enfants à l’école.
Sur la base des données recueillies par le biais de nos questionnaires adressés aux
enseignants et aux directeurs d’école, ce tableau laisse voir que la majorité des enquêtés
affirment qu’effectivement la prise en charge des PDI est insuffisante dans la commune ; soit
un pourcentage de 84,28%. 60 personnes affirment que l’insuffisance de la prise en charge
adéquate des PDI entrave la bonne intégration de leurs enfants dans les structures éducatives

47

�de la ville soit un pourcentage de 85,71%. Il ressort également des différents entretiens avec
les personnes ressources que la prise en charge des PDI à leur arrivée en ville présente des
insuffisances à plusieurs niveaux. Ainsi, pour les deux CCEB les PDI éprouvent des
difficultés dans leur intégration dans la ville de Ouahigouya. En effet, la plupart d’entre eux
n’ont pas de vivres pour faire face aux besoins alimentaires. A cela s’ajoute le problème de
logement. Généralement à leur arrivée ils sont d’abord accueillis par des parents ; puis ensuite
comptent sur les secours d’urgences qui, malheureusement manquent à satisfaire la demande.
Outre ces difficultés, les CCEB ont relevé que les PDI traversent des moments d’extrême
pauvreté car ils n’ont plus d’activités pouvant générer des revenus. Cette situation fait que les
parents déplacés internes n’en font pas de la scolarisation de leurs enfants une priorité. Ceux
aussi ayant inscrits leurs enfants aux premiers instants les retiennent maintenant à la maison
puis les placent dans les ménages afin d’avoir un peu d’argent pour survivre. Le CCEB de
Ouahigouya I à ce propos confie que « lors d’une de nos sorties de terrain dans une école
accueillant plusieurs EDI, nous avons constaté plusieurs absences d’élèves. Nous avons
appelé les parents pour comprendre. Ceux-ci nous ont dit qu’ils préféraient que leurs enfants
aillent travailler afin de leur apporter un peu d’aide. Pour ces parents déplacés l’école devait
donner une ration alimentaire aux enfants qui sont sortis des familles ventre creux ».
Les mêmes difficultés d’intégration ont été relevées par le chef de services chargé de
l’éducation de la culture et du sport de la commune. Traitant de la première question ce
dernier relate que du point de vue cohésion avec la population de la ville les PDI sont bien
intégrés. Cependant, il faut reconnaitre honnêtement qu’ils vivent des difficultés liées au
logement, à l’alimentation, à l’accès à la terre et aux ressources vitales comme l’eau, le bois
etc. Il y a insuffisance dans leur prise en charge car l’Etat, les ONG et les politiques mettent
assez de temps pour traiter les problèmes des PDI chaque fois que les populations se
déplacent. Pour nous, toutes ces difficultés ont un rapport étroit avec la faible intégration des
EDI dans les structures éducatives de la ville. En effet, pour lui, comme les PDI sont acculés
par les nombreuses difficultés l’inscription et le suivi des élèves est le dernier de leurs soucis
d’où la faiblesse de l’intégration EDI dans les structures éducatives.
A la direction de l’action sociale, c’est madame DOULKOUM chef de service de la
solidarité et assistante humanitaire qui s’est prêtée à nos questions. Intervenant sur le premier
point, elle nous renseigne que les PDI sont bien intégrés du point de vue collaboration avec
les populations autochtones de la commune. Cependant, ils vivent des difficultés car les
familles d’accueil sont débordées. Il leur manque de logements, ceux qui ont peu de moyens
48

�louent les maisons, d’autres ont réussi à payer des terrains mains ils n’ont plus d’argent pour
construire. L’accès aux ressources naturelles telles l’eau, le bois de chauffe pour les ménages,
les légumes etc. est un véritable problème pour les EDI.A cause du nombre croissant des
déplacés internes nous sommes confrontés à la cherté et au manque de vivres. Pour tout cela
nous disons que ces difficultés ont bien un lien avec la faible intégration des EDI dans les
structures éducatives de la commune de OHG.
A l’instar des CCEB, le Directeur provincial en charge de l’éducation, répondant à la
première question sur l’intégration des parents des EDI nous renseigne que des efforts sont
faits pour les mettre dans les conditions acceptables. Mais force est de constater que les PDI
sont démunis de matériel : ils n’ont pas d’argent, de vivres, de bouteilles de gaz, etc. ; certains
ayant des handicaps souffrent énormément. Le faible niveau de vie est la cause de la faible
intégration des EDI dans nos structures éducatives car la lutte pour la survie ne laisse aucun
choix de prioriser l’éducation. Aussi, pour le Directeur en charge de l’éducation le (Secrétariat
Technique de l’Education en Situation Urgence (ST-ESU) et d’autres bailleurs tentent de
récupérer les EDI n’ayant pas pu bénéficier d’apprentissages au cours de l’année scolaire mais
le projet connait des difficultés car il est difficile de réunir les EDI tout simplement parce
qu’il manque la cantine pour accompagner le dit projet. Les parents préfèrent retenir les
enfants pour des travaux pouvant leur apporter un peu d’argent. Nous pouvons dire donc que
les difficultés des parents impactent l’éducation de leurs enfants.
Abordant la deuxième question, il nous fait savoir que la commune ne dispose pas
suffisamment d’infrastructures pour accueillir tous les élèves. « Nous avions besoin de cent
vingt-trois (123) Espace Temporaire d’Apprentissage (ETA) mais nous avons reçu seulement
(cinq) 05 pour cette multitude d’EDI » nous confie le directeur provincial en charge de de
l’éducation. Les ONG promettent des réalisations de salles de classes mais cela reste toujours
dans l’attente.
Se prononçant sur les compétences des enseignants à faciliter l’intégration de ces EDI,
le Directeur provincial en charge de l’éducation estiment que ces derniers ont besoins de
formation à plusieurs niveaux : en psychologie, aux approches pédagogiques sur la pédagogie
différentielle, celle du groupe et celle inclusive.
L’entretien d avec les PDI s’est essentiellement porté sur les questions de l’intégration
dans la commune, l’intégration des EDI dans les structures éducatives, des infrastructures

49

�éducatives et de l’accompagnement pédagogique des enseignants dans l intégrations des
élèves.
Se prononçant sur l’intégration des personnes déplacées dans la commune, la quasitotalité des PDI, éprouvent de nombreuses difficultés dans leur ville d’accueil. Ils s
appesantissent dans la plupart du temps sur le manque de logements, de vivres pour
l’alimentation et de l’accès aux ressources naturelles comme l’eau, le bois et aux ressources
forestières non ligneux. Rouamba Ramata une PDI venue de Koumbri à propos du logement
affirme : « Nous louons la maison à 10000f et sommes 10 personnes à la partager. Je vis avec
mes belles filles et mes petits fils.je ne suis pas sûre de pouvoir payer le mois prochain » Une
autre, Belem Azèta ressortissante de Nassigyan a répondu : « nous sommes dans une maison
de 10 tôles sans porte que nous payons à 10000f au secteur 12. Nous sommes 08, mais nos
maris sont ailleurs. Nous sommes en insécurité car nous avons été victimes de vol ». Aussi, il
ressort de leurs interventions le manque de moyen matériel, de moyen financier et surtout
d’activités rémunératrices. Badini Seydou, un PDI venu de Djibo affirme : « je n’ai rien
apporté. Je suis jardinier, ici je n’ai pas eu terrain pour le faire, je cherche du travail mais
rien ». « Pour subvenir à mes besoins, moi et mes enfants rassemblons des graviers aux bords
des voies pour les revendre » se prononce Kodgbéogo Lizèta une PDI plus, ils sont confrontés
aux problèmes d’acquisitions des vivres distribués par l’Etat et les partenaires. En effet pour
en avoir cela prend souvent des jours. Ouédraogo Zara dans son intervention dit : « je suis
arrivée à OHG il y a huit mois, à chaque qu’il y a vivres à nous distribués je passe souvent
deux à trois jours avant d’être servi »
Toutes ces personnes finissent au terme de cette première question en concluant que
leurs difficultés ont un lien étroit avec la faible intégration des EDI à l’école.
Ces entretiens se sont focalisés sur les difficultés vécues par les parents des EDI, de
l’accès à l’école par les EDI, de l’insuffisance des infrastructures éducatives formelles et des
relations d’apprentissage enseignants/élèves.
Tous les EDI interrogés sur la base notre échantillon choisi nous disent que leurs
parents dans la ville de Ouahigouya ont des difficultés. En effet, ils n’ont pas de logements
pour tous les membres de la famille, il n’y a pas à manger et ils n’ont pas aussi d’argent.
Aussi, il est difficile à nos mamans d’avoir de l’eau et le bois pour la cuisson des repas. A
propos de l’accès à l’eau potable Ouarma Neimatou de la classe de CE2 nous confie que : « il
n’y a pas d’eau sur notre site à Gourga, une citerne nous ravitaille chaque trois jours. Nous
50

�faisons le rang et j’aide ma mère pour l’obtenir ». Un autre EDI, Ouermi Loukmane classe
CM1 ajoute que : « mes parents achètent le mil et le maïs pour nous nourrir car ayant tout
abandonné à Koumbri. Chacun mange peu et puis c’est tout. Le grand problème est qu’il n’y a
pas d’eau ici » En plus de ces difficultés, les parents des EDI n’ont pas d’activités dans cette
ville, ils ne comptent que sur l’aide du gouvernement.

II. Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de
Ouahigouya

Tableau 8 : Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya
Facteurs liés
Enseignants
Directeurs
Pourcentage Total
aux
Pourcentage
infrastructures
nombre
49
81,66%
08
80%
81 ,42%
Source : enquête réalisée dans le cadre de notre étude

Graphique 3 : Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya

50%
Directeur

5

81,66%
Eseignants

49

0

10

20

30

Pourcentage

Effectif

40

50

Source : enquête de terrain du 20 au 30 aout 2022

Ce second diagramme nous montre que sur les 60 enseignants enquêtés, 49 estiment que les
infrastructures éducatives sont en nombre insuffisant ; soit un taux de 81,66%. Quant aux
directeurs d’école, 5 d’entre eux affirment l’insuffisance des infrastructures éducatives
formelles dans la commune donnant ainsi un taux de 50%. C’est donc au regard de tout cela
qu’estimons que la mobilisation dans la réalisation des infrastructures éducatives pourrait
faciliter l’intégration des EDI.
51

�Quant au questionnaire de savoir si l’insuffisance des infrastructures éducatives est un
facteur explicatif de la faible intégration des EDI ,57 enseignants ont répondu à l’affirmative
donnant ainsi un pourcentage de 81,42%.
Répondant à la question sur le nombre d’infrastructures, les CCEB indiquent que la
commune manque d’assez de classes pour faire face aux besoins .Pour illustrer leurs propos le
CCEB de OHG I a fait savoir que l’Etat et les partenaires abattent un grand travail sur le
terrain mais le besoin demeure crucial car dans deux des écoles de la CEB (Togzague A et B ,
et Siguin-vousse A) les effectifs dépassent mille deux-cent par école avec souvent plus de
cent quarante élèves dans certaines classes. Selon le CCEB de OHG II, des infrastructures
éducatives est à relativiser car au sein de sa CEB il existe des écoles situées en centre villes
qui ont peu d’effectif. La demande des classes se situe un peu dans la périphérie de la ville
hors nous n’avons pas l’espace pour dresser les ETA.
Se pensant sur la question sur la disponibilité en nombre suffisant d’infrastructures
éducatives de la commune, le responsable à l’éducation nous a confié qu’il manque
énormément de classes pour faire face aux besoins d’inscriptions des élèves. Il déclare que
bien avant la crise sécuritaire il leur manquait beaucoup de classes et cette situation est venue
plongée la commune dans un immense besoin d’école. A certains endroits des élèves sont
assis par terre face directement au tableau ; et de surcroit sans kits scolaires ajoute-t-il.
A la seconde question madame Doulkom, responsable humanitaire dans la direction
provinciale l’Action humanitaire de OHG affirme qu’effectivement la commune manque
d’écoles pour accueillir tous les EDI. C’est cette insuffisance affecte les conditions
d’apprentissage dans les classes.
Abordant la deuxième question, il nous fait savoir que la commune ne dispose pas
suffisamment d’infrastructures pour accueillir tous les élèves. Nous avions besoin de cent
vingt-trois (123) Espace Temporaire d’Apprentissage (ETA) mais nous avons reçu seulement
(cinq) 05 pour cette multitude d’EDI. Les ONG promettent des réalisations de salles de
classes mais cela reste toujours dans l’attente.
Abordant la disponibles en nombre suffisant des établissements scolaires, la grande
majorité des PDI déclarent qu’il manque de classes pour inscrire les enfants. A ce propos un
PDI, a dit : « j’ai été dans plusieurs écoles pour inscrire mes enfants mais les classes

52

�débordent d’élèves. Finalement ils ont été reçus à OUFRE B où ils sont sous un ETA, ce n’est
pas facile »
Quant à la question sur les possibilités d’accès à l’école, les avis des EDI sont
partagés : d’aucuns estiment que leurs parents leurs ont inscrit facilement car ils étaient les
premiers déplacés, d’autres par contre racontent qu’il est très difficile d’avoir une école pour
s’inscrire. La- dessus plusieurs autres élèves sur le site d’accueil de Gourga et Gondologo
disent ne pas être inscrits car ils sont venus en cours d’année scolaire.

III. Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants
Tableau 9 : Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants
Facteurs liés Enseignants
Pourcentage Directeurs
Pourcentage
aux
d’école
approches
pédagogiques
Nombre
49
81,66%
05
50%
Source : enquête réalisée du 20 au 30 aout 2022

Total

77 ,14%

Graphique 4 : Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignant

50%
Directeur

5

81,66%
Eseignants
49

0

10

20
Pourcentage

30

40

50

Effectif

Dans ce diagramme, nous avons les renseignements sur les approches pédagogues
utilisés. Ainsi sur le nombre d’enseignants enquêtés, sur les approches pédagogiques utilisées
81,66% estiment que les approches utilisées actuellement ne favorisent pas l’intégration des
EDI. Les Directeurs d’école reconnaissent qu’il existe des insuffisances dans les approches
pédagogiques utilisées. Au regard de tous ces éléments nous estimons qu’il y a nécessité de
former les enseignants sur les approches intégrant les situations d’urgences pour faciliter
l’intégration des EDI dans les structures éducatives.

53

�Le questionnaire administré aux enseignants et aux directeurs d’école, fait ressortir
également que la majorité de ceux-ci reconnaissent manquer de compétences pour un meilleur
accompagnement des EDI en matière d’enseignement/apprentissage d’où un taux de 77,14%.
Quant à la question de savoir si les enseignants disposent de compétences pour
faciliter l’intégration des EDI, les CCEB répondent à l’affirmative, mais estiment que d’autres
formations sont plus que nécessaires pour ces derniers dans les situations d’urgences. En effet,
une infime partie de leurs personnels enseignants a été formée dans la prise en charges EDI
dans les classes par les ONG SAFE SCHOOL et EDUCO. En somme pour les deux CCEB,
les PDI éprouvent des difficultés qui leur contraignent à ne pas accompagner leurs enfants
dans les écoles qui, d’ailleurs manquent de places et surtout avec des enseignants qui ont
besoin d’être outillés.
Traitant de la compétence enseignante à faciliter l’intégration des EDI dans les écoles
de la commune, le responsable chargé des questions éducatives et de la culturelles de la
Mairie de OHG estime qu’à son humble avis même si ces derniers sont compétents il leur est
très difficiles de résoudre la situation d’apprentissage des élèves. En effet, pour ce
responsable, avec l’arrivée de ces vagues différentes d’EDI, la situation classe change dans
tout son fonctionnement : certains ayant un cursus non perturbé, d’autres ayant été perturbés
et ayant souvent vécus des scènes d’exactions des groupes terroristes etc. Pour toutes ces
raisons, il conclut en disant « qu’ils doivent aborder d’autres modules ».
Répondant à la question portant sur les compétences pédagogiques des enseignants,
madame Doulkoum pense que ces derniers font de leurs mieux pour assurer une éducation à
des classes cosmopolites. Elle estime que pour éduquer efficacement dans les situations
d’urgences les enseignants doivent se doter de connaissances en rapport avec ces situations
diverses.
Se prononçant sur les compétences des enseignants à faciliter l’intégration de ces
EDI, le Directeur provincial en charge de l’éducation estiment que ces derniers ont besoins de
formation à plusieurs niveaux : en psychologie, aux approches pédagogiques sur la pédagogie
différentielle, celle du groupe et celle inclusive.
A la question de savoir si les enseignants sont-ils en mesure de faciliter l’intégration
des EDI, plusieurs intervenants estiment que ces derniers font de leur possible ; mais qu’en
réalité il leur est difficile de mener une bonne éducation dans cette situation. D’après Soro

54

�Salimata : « les enseignants n’ont pas trop de capacités pour enseigner ce grand nombre dans
la classe ; dans celle de mon enfant il y a 120 élèves »
En sommes l’entretien réalisé avec les PDI, nous a renseigné que les déplacés vivent
des situations difficiles qui ne favorisent pas l’intégration de leurs enfants à l’école et que tout
cela est accentué par l’insuffisance des infrastructures éducatives et l’insuffisance
d’approches pédagogiques.
Quant à la question de savoir si les EDI sont bien traités par les enseignants qui les
accueillent dans les classes, ceux qui ont repris les cours disent être à l’aise avec les
enseignants. L’entretien a fait ressortir que les élèves sont bien accueillis, ils partagent un
climat pédagogique intéressant avec les co-apprenants non EDI. Quelques élèves seulement
disent être dans la peur même quand ils sont classe. En effet, les bruits de la ville, les
détonations liées à certaines activités de la ville sèment la panique souvent dans leurs esprits.
De tout ce qui est ressorti de ces entretiens nous convainc à dire que les PDI sont bien traités
dans le processus enseignement/apprentissage.

IV. Vérification des hypothèses
Il s’agit dans cette rubrique de voir comment nos hypothèses se comportent par
rapport aux données recueillies sur le terrain et les analysées. En rappel, l’hypothèse
principale de cette étude est : L’inadéquation de la prise en charge des déplacés, le manque
d’infrastructures éducatives et le manque d’approches pédagogiques sont causes de la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya.
De celle-ci découlent trois hypothèses secondaires qui sont :

Hypothèse n°1 :
L’insuffisance de prise en charge adéquate des personnes déplacées internes ne
favorise pas l’intégration de leurs enfants dans les structures éducatives formelles.
Hypothèse n°2 :
La faible intégration des élèves déplacés internes dans les structures éducatives a un
lien avec le nombre d’infrastructures éducatives formelles.
Hypothèse n°3 :
Le manque d’approches pédagogiques est cause de la faible intégration des EDI dans
les structures éducatives formelles.

55

�IV.1. Relation entre les données et la première hypothèse secondaire.
Il ressort des résultats du questionnaire que 59 des 70 enseignants enquêtés, soit
84,28% reconnaissent qu’il existe des insuffisances dans la prise en charges des PDI dans la
ville de Ouahigouya. Les enquêtés reconnaissent que les difficultés que vivent les parents des
EDI sont les causes de l’insuffisance de de la prise en charge adéquate.
Pour ce qui est des entretiens, toutes les personnes interrogées sont unanimes sur le
fait qu’il y a une insuffisance de la prise en charge des PDI dans la ville d’Ouahigouya. Cette
première hypothèse est confirmée.

IV.2 Relation entre la deuxième hypothèse secondaire et les données.
Des informations obtenues à partir du questionnaire, il ressort que 60 sur 70
enseignants soit 85,70% reconnaissent qu’il manque en nombre suffisant d’infrastructures
éducatives formelles pour accueillir les EDI. Les informations recueillies des entretiens font
ressortir qu’à l’unanimité que le manque d’infrastructures éducatives traduit la faible
intégration des EDI. Cet avis est aussi partagé par toutes personnes ressources. Notre
deuxième hypothèse est confirmée.

IV.3. Relation avec la troisième hypothèse secondaire.
L’examen du tableau sur les données issues du questionnaire confirme notre opinion
selon laquelle les enseignants des classes qui accueillent les EDI ont des insuffisances en
termes d’approches pédagogiques. En effet, 54 des 70 enquêtés soit 77,14% reconnaissent que
les enseignants manquent d’approches pédagogiques efficaces pour l’intégration des EDI. Il
est ressorti également des entretiens que le personnel enseignant manque de stratégies
efficaces pour l’intégration des EDI. Seulement quelques-uns ont été outillés dans la prise en
charge des élèves en situation d’urgences. Nous disons donc que cette dernière hypothèse est
confirmée.
Les trois hypothèses secondaires étant confirmées, nous déduisons de facto que notre
hypothèse principale est confirmée et que des suggestions doivent être faites pour pallier les
difficultés liées à l’intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la
commune de Ouahigouya.
IV.4. DISCUSSION DES RESULTATS
Dans cette rubrique, il s’agira pour nous de confronter les résultats de notre recherche à ceux
d’autres études antérieures similaires que des chercheurs ont eu à réaliser. Le but est de porter
une appréciation sur la validité et les limites de notre étude par rapport à ces études

56

�antérieures. En ce qui concerne notre étude, les résultats espérés sont effectivement en
conformité avec ceux obtenus. Nos hypothèses principales et spécifiques sont confirmées.
Dans une étude de cas menée par des experts en éducation en situation d’urgence dont Jean
Claude Ndabananiye et al.(2020) qui a porté sur l’engagement et le leadership du MENAPLN
au Burkina Faso et l’objectif de l’étude est de contribuer au renforcement du leadership du
Ministère en charge de l’éducation dans la mise en place d’une offre éducative de qualité pour
tous dans le contexte de crise. Cette étude a montré qu’il existe une préparation relativement
faible du MENAPLN dans la gestion de la crise qui secoue l’éducation d’ où la faiblesse de
l’intégration d’EDI dans les structures éducatives. L’étude révèle également qu’il existe une
insuffisance dans la planification au Secrétariat Technique de l’Education en Situation
d’Urgence (ST-ESU) et ce, au niveau de la coordination et du pilotage au niveau déconcentré.
Elle soulève aussi l’insuffisance persistante des dotations en matériel, en infrastructures et
programmes adaptés à la situation d’urgence. Cette étude de cas propre à la gestion de
l’éducation en crise au MENAPLN a tiré l’alarme sur la gestion du personnel de l’éducation
dans cette crise. Pour ces auteurs les insuffisances citées sont en partie des facteurs qui
expliquent la faible intégration des EDI dans le système éducatif. Notre étude se concorde
avec cette dernière seulement nous n’avons pas analysé les facteurs administratifs et l’aspect
de gestion du personnel enseignant dans la crise comme facteurs expliquent de la faible
intégration des EDI.
En rapport toujours avec l’intégration des EDI dans la continuité éducative, nous avons fait un
lien avec le mémoire de fin d’étude de Mitibkièta OUEDRAOGO (2021), inspecteur de
l’enseignement de base dont le thème fut : « Education en situation d’urgence dans la CEB de
Pissila I au Burkina Faso : difficultés rencontrées par les écoles d’accueil des élèves déplacés
internes et perspectives. L’objectif principal de l’étude était de déceler les difficultés
rencontrées par les EDI dans le processus de la reprise des apprentissages. Il ressort de sa
recherche qu’effectivement la fermeture des établissements scolaires suites aux attaques
terroristes a entrainé la déscolarisation de plusieurs élèves et ceux ayant réussi à se réinscrire
éprouvent des difficultés pour s’intégrer. Ces difficultés sont d’ordre matériel, pédagogique et
administratif. Notre étude fait ressortir les mêmes difficultés mais met un accent particulier
sur la relation

d’intégration des PDI aux difficultés que vivent les EDI dans les

établissements d’accueil.

57

�Christophe KIENOU (2021), inspecteur de l’enseignement de base dans son mémoire de fin
d’étude : « La problématique de la gestion des classes accueillant des élèves déplacés internes
(EDI) du fait de la crise sécuritaire dans la commune de Ouahigouya. L’objet de son étude
était d’analyser les problèmes des classes accueillant des EDI. Il est donc ressorti que dans ces
classes, les enseignants sont confrontés à des difficultés environnementales du fait de
l’étroitesse des salles, de la mauvaise aération des classes, de l’insuffisance des latrines, du
manque d’eau potable et la participation faible aux apprentissages par les EDI du fait des
longues distances parcourues par jour. A cela s’ajoute au manque de compétences des
enseignants pour la prise en charge psychosociale des élèves. Notre étude également à fait
ressortir les conditions difficiles d’accueil des EDI dans les écoles, les larges effectifs et les
conditions défavorables des apprentissages. KIENOU, s’est beaucoup appesantit sur les
problèmes de la gestion de la classe, nous, nous avons voulu en sus de cet aspect faire
ressortir les facteurs tels les problèmes d’intégration des PDI à Ouahigouya, les problèmes
d’infrastructures éducatives et surtout l’ insuffisance de la formation des enseignants à gérer
des apprentissages dans ce contexte.

58

�CHAPITRE VI : LIMITES ET SUGGESTIONS
Dans ce dernier chapitre consacré à notre étude, les différentes catégories de personnes
ayant pris part à notre enquête ont eu à énumérer un certain nombre de difficultés et proposer
des tentatives de solutions. Après avoir montré les limites de notre étude et passé en revue ces
difficultés, nous ferons des suggestions pour sortir de cette situation peu reluisante.
I.

Limites
Notre étude a concerné la commune de Ouahigouya. Un rayon que nous avons estimé

peu représentatif et qui, sans doute donne une idée sur la situation globale de l’intégration des
EDI dans les structures éducatives formelles dans les villes accueillant les PDI au Burkina
Faso. Il y a des insuffisances dans notre étude en ce sens que les informations recueillies
auraient pues être plus détaillées (comparer les facteurs d’intégration des EDI, les rendements
de ces derniers par rapport aux élèves non déplacés, l’usage des grilles d’observation dans les
classes accueillant les EDI etc.) mais le temps, les moyens limités et le souci de respecter le
nombre de pages imposées ne nous ont pas permis d’enrichir d’avantage ce document.

II.

Suggestions
Dans cette rubrique, il s’agit de partir des difficultés soulevées par les enquêtés et des

résultats obtenus après analyse des données pour proposer des suggestions pour faire face aux
problèmes qui touchent notre système éducatif dans son ensemble.
II.1. Suggestions à l’endroit de l’Etat pour l’amélioration de la prise en charge des PDI
Des efforts doivent être faits par l’Etat Burkinabè pour améliorer la prise en charges
des PDI et maintenir la qualité de vie dans les villes hôtes. Ainsi, nous suggérons :
•

le regroupement des PDI dans des sites sécurisés.
En effet, il s’agit-là de déterminer des zones d’accueil qui facilitent la réalisation des
logements, de réalisation d’infrastructures socio de base (pompes à eau, écoles,
dispensaire etc.) L’installation de façon disséminée dans la ville ne permet pas aux acteurs
de secours d’urgence d’agir efficacement.

•

se rapprocher plus des déplacés internes.
Pour pouvoir apporter l’aide nécessaire dans le processus de leur intégration dans la
commune, nous proposons aux autorités de créer une proximité d’avec les PDI. Cela
implique la mise en place des structures de proximité, de veille dynamique qui enregistre
les PDI à chaque fois qu’il y a des nouveaux arrivants.

•

Accompagner suffisamment les familles des EDI

59

�Sur le plan alimentaire (en vivres) et les moyens de subsistance, nous suggérons à l’Etat
des efforts pour diminuer la vulnérabilité des familles. Aussi, la formation de ces déplacés
dans divers domaines d’activités pourrait être une source de revenus qui soulagera bon
nombre d’entre eux de la pauvreté.
•

Augmenter les capacités d’accueil des écoles.
Dans les villes d’accueil, les écoles disposent encore d’espace pour de nouvelles classes,
en construisant plus de salles de classes dans ces écoles cela permettra de réduire les
difficultés d’accès aux EDI. En effet, même si ces classes seront dans des abris
temporaires cela contribuera à inscrire plus les EDI.

•

Organiser les enseignants qui ont quitté les zones à défit sécuritaire à continuer leurs
activités dans les sites réservés aux PDI. De plus, l’Etat doit recruter des enseignants
communautaires pour encadrer les EDI qui fuyant les troubles d’insécurité viennent en
milieu d’année scolaire.

•

La prise en charge intégrale des EDI ;
Cela permettra de satisfaire les besoins alimentaires de ces derniers en vue de leur
permettre de réaliser une bonne fréquentation scolaire. En effet, nombreux sont les EDI
qui vivent séparés de leurs parents. Leurs conditions de vie sont précaires et ils n’arrivent
pas à assurer leurs besoins premiers. En plus, les familles d’accueil ne sont souvent
disposées à venir en aide à ces EDI.

•

La formation de tous les enseignants ;
La formation des enseignants s’avère plus que nécessaires car ceux font face à des
situations ponctuelles et complexes dans leurs tâches. Ainsi, ils éprouvent plusieurs
difficultés du fait des grands effectifs et du niveau faible des EDI. Ils doivent pour réussir
les apprentissages être outillés en : pédagogie de groupe, en pédagogie différenciée, en
pédagogie de l’alternance, en gestion de classes sans conflits, au tutorat, à la prise en
charge psycho-sociale des EDI…

•

L’accompagnement psychosocial dans les CEB.
Les EDI et les enseignants affectés directement par l’insécurité doivent être détectés à
temps et pris en charge par des psychologues ou par les assistants humanitaires. Une prise
en charge adéquate de ces élèves et enseignants dans les CEB permettrait de
diagnostiquer à temps les difficultés d’apprentissage liées aux facteurs psychologiques.

•

La dotation des DPEPPNF en fond d’urgence

60

�Ces fonds d’urgence permettront aux directions provinciales en charge de l’éducation
d’être présentes aux premiers moments de l’arrivée des déplacés. En effet, les EDI ont
des besoins pressants qui nécessitent une aide dans la promptitude pour éviter à ces
derniers d’être déscolarisés ; donc si les DPEPPNF disposent de fonds elles pourraient
agir efficacement.
II.2. Suggestion à l’endroit des autorités communales
La gestion des difficultés d’intégration des PDI dans la ville requiert une bonne
organisation. Les autorités communales ont donc un grand rôle à jouer. Pour ce faire, nous
leur suggérons de :
•

Octroyer des espaces aux réfugiés,
A l’arrivée des PDI, les autorités communales pourraient les accueillir et les orienter vers
des sites aménagés à cet effet. Ce geste pourrait soulager et permettrait de regrouper les
PDI chose qui faciliterait leur recensement.

•

Revoir à la hausse le budget alloué à l’éducation
Les plaintes sont fréquentes de la part des enseignants sur l’insuffisance de la
contribution des communes dans l’accompagnement des écoles. Et dépit de nombre élevé
des PDI les budgets sont restés les mêmes sur plus de quatre ans successifs. Pour cette
raison nous suggérons de revoir à la hausse les budgets communaux des villes accueillant
les PDI pour prendre en compte les EDI qui viennent souvent en milieu d’année. Cette
proposition pourrait permettre d’augmenter les salles de classes, de fournir les tablesbancs et de pourvoir au besoin de vivres pour la cantine scolaire.
II.3. Suggestions à l’endroit des ONG
Plusieurs ONG et organismes interviennent actuellement dans les régions à fort défit
sécuritaires mais souvent leurs actions ne sont pas coordonnées. Pour cela nous leur
suggérons de :
•

une organisation par domaine d’intervention

Une remarque plausible traduit la souffrance des déplacés internes malgré la multitude
des ONG sur les sites. En effet, souvent les aides se concentrent dans un domaine tel, la
dotation en matériel de couchage de cuisine, d’abris ; mais sont rares celles fournissant l’aide
alimentaire, la scolarisation des élèves déplacés, l’aide à l’accès à l’eau potable en faisant des
forages. Nous leur suggérons de se réunir en clusters, cela permettra d’analyser les problèmes
afin d’agir efficacement. De plus les ONG devraient prendre en compte les besoins réels des

61

�écoles. A cet effet devraient collaborer directement avec les acteurs directs de l’éducation et
surtout évité de transporter des projets tout qui ne répondent pas aux besoins des EDI et
enseignants.
•

-étendre la couverture des interventions à toutes les écoles
Dans la même ville, il arrive que des écoles ayant des difficultés liées à l’intégration

des EDI, qu’on choisisse d’intervenir dans l’une laissant l’autre. Nous suggérons d’étendre
l’aide, la formation et les secours d’urgence et surtout quand cela concerne les vivres et les
fournitures scolaires dans le contexte d’insécurité à toutes les écoles de la commune. Nous
estimons que cela pourrait permettre aux différents acteurs d’être prêts et d’agir quand le
besoin se fera sentir.

62

�CONCLUSION
Le Burkina Faso, à l’instar des autres pays de la zone sahélo-sahélienne, est la cible de
nombreuses attaques terroristes faisant des milliers de déplacés internes des campagnes vers
les grandes villes. Cette situation a entrainé de façon drastique la déscolarisation de milliers
d’élèves venant des zones les plus touchées. Cependant, nous savons qu’aucun pays ne peut
prétendre au développement durable sans une éducation de qualité en témoignent les efforts
colossaux engagés par plusieurs Etats. Dans la perspective d’apporter une réponse adéquate à
la continuité éducative des élèves le gouvernement Burkinabè par son Ministère de
l’Education Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales
(MENAPLN) a instruit ses structures déconcentrées de recevoir sans condition tout élève
déplacé interne (EDI) d’ où qu’il vienne. Cette mesure aussitôt respectée sera vite contrastée
par le manque d’infrastructures éducatives conduisant à des effectifs très larges dans les
classes d’accueil, à un manque de kits scolaires, de cantine scolaire et surtout par
l’insuffisance formation spécifique à même de faciliter l’intégration des EDI dans le système
éducatif. Dans cette étude, nous avons voulu analyser les facteurs qui expliquent la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya.
Pour ce faire, nous avons fondé notre recherche sur la principale question suivante : « la faible
intégration des EDI dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya
est-elle due à l’insuffisance de la prise en charge des PDI, à l’insuffisance des infrastructures
éducatives et à l’insuffisance d’approches pédagogiques ? » En vue d’apporter une réponse
appropriée nous avons formulé des hypothèses dont la principale est : « L’inadéquation de la
prise en charge des déplacés, le manque d’infrastructures éducatives et le manque d’approches
pédagogiques sont causes de la faible intégration des EDI dans les structures éducatives ».
Pour mener à bien et à terme notre étude, nous avons d’abord parcouru des
ouvrages relatifs à notre thème de recherche afin de mieux le cerner. Ce sont essentiellement
des ouvrages généraux, des mémoires, des rapports et articles et des textes juridiques. Nous
avons eu recours également à internet. Plusieurs théories de références ont servi ensuite de
bases fondamentales à notre recherche dont la théorie des besoins de A. Maslow, la théorie du
socioconstructivisme et la théorie de la pédagogie différenciée. Notre présente recherche s est
adossée à la théorie des besoins de A. Maslow. Enfin, nous sommes passés par des
questionnaires et des guides d’entretien pour collecter les données auprès de la population
cible à savoir les EDI, les PDI, les Enseignants et les personnes ressources.

63

�Ainsi dans l’analyse des données recueillies, nous avons pu comprendre que les
difficultés d’intégration des EDI sont directement liées à celles même des PDI, de
l’insuffisance des infrastructures éducatives et de nouveaux dynamismes pédagogiques
adaptés aux situations d’urgence. Cependant, bien que nos hypothèses formulées aient été
vérifiées, nous retenons que notre recherche sur la question d’intégration des EDI comporte
des limites. En effet, la complexité de la crise, la rareté des écrits sur la question et le contexte
socio-politique que traverse notre pays n’ont pas permis de toucher tous les contours du
problème.
Au regard de ces nombreuses difficultés, nous avons formulé des suggestions à
l’endroit de l’Etat, de la Mairie de Ouahigouya, aux partenaires et ONG intervenant dans le
domaine de l’humanitaire. Au terme de cette investigation, nous pensons que plusieurs
champs d’investigations en rapport avec l’intégration des EDI peuvent être explorés. Il s’agit
de réfléchir sur le large accès à une éducation de base de qualité dans nos institutions scolaires
en temps de crises sociales d’une part et d’investiguer d’autre part sur les approches
pédagogiques intégrées dans les situations d’intégration des EDI pour éliminer les obstacles
structurels qui tiennent les enfants à l’écart de l’école.

64

�BIBLIOGRAPHIE
I.OUVRAGES GENERAUX
•

Didier ROCHE (2007) : Rédiger et soutenir un mémoire avec succès, Paris : Eryolles,
108 pages

•

Jean M. ELA(1971) : le cri de l’homme africain

•

Margaret SINCLAIR (2003) : Planifier l’éducation en situation d’urgence et de
reconstruction

•

R. QUIVY et L. V CAMPENHOUDT (2018) : Manuel de Recherches en Sciences
Sociales

•

A. H.MASLOW

(1943) : « théorie de la motivation humaine », Psychosocial

Review, 50.
•

Philip H. COOMBS(1968) : La crise mondiale de l’éducation

•

Philippe MEIRIEU (1985) :L’école, d’emploi, des méthodes actives à la pédagogie
différenciée, ESF, p156.)122 Recherche et formation

II.MEMOIRES
•

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humanitaire face à l’afflux de personnes déplacées internes au Burkina Faso »
mémoire pour l’obtention du master2, Institut 2iE.

•

Mitibkièta OUEDRAOGO (2021) : « Education en situation d’urgence dans la CEB
de Pissila I au Burkina Faso : difficultés rencontrées par les écoles d’accueil des
élèves déplacés internes et perspectives ».

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Salifou BAGA (2018), « Transfert des acquis scolaires en sciences de la vie et de la
terre par les élèves à la fin de l’enseignement post-primaire général : cas du lycée
Philippes Zinda KABORE », mémoire de fin de cycle à l ENAM

•

Christophe KIENOU (2021) : La problématique de la gestion des classes accueillant
des élèves déplacés internes (EDI) du fait de la crise sécuritaire dans la commune de
Ouahigouya ; mémoire de fin de formation IEPENF/ENSK

•

Sayouba SAWADOGO (2014) : « le phénomène de l’inexécution des tâches
pédagogiques ». : mémoire IEPD/ ENS-UK

ix

�•

Daurelles MAGALI,( 2007) : Le droit à l’éducation pour tous face au temps de
l’urgence/ mémoire de Mastzer2 « Droits de l’homme » Département de droit et
sciences politiques/université de Lyon II Lumière.

III RAPPORTS et ARTICLES
•

INEE (2009) : L’éducation dans les situations d’urgence : inclure tout le monde (
p49), guide poche de sur l’éducation inclusive.

•

Chelpi-den Hamer MAGALI et al. (2010 /n°54 :p3 à 22) : Education et conflits, les
enjeux de l’offre éducative en situation de crise.

•

MENAPLN: Plan d’urgence pour l’Education au Burkina (2020-2021 :9-32)

•

MENAPLN : stratégies nationales de scolarisation des élèves des zones à forts défis
sécuritaires au Burkina Faso (SSEZDS), 2019-2024, Burkina Faso

•

Jean Claude Ndabananinye et al. (2020): Education en situation d’urgence :
engagement et leadership du MENAPLN au Burkina Faso (étude de cas réalisé entre
2019 à 2021)

•

Rapport UNESCO 1er septembre (2022)

•

MENAPLN/ESU (2021 :6) : SITREP n°3 du cluster Education du 21 juillet

•

Rapport mondial de suivi sur l’éducation, (2016 :5 ) : document de réference26

•

Rapport mondial de suivi pour l’EPT (2009) : vaincre l’inégalité, l’importance de la
gouvernance (2009 :28)

•

Paul PASQUALI» (2010/3 n°183/pages86 à 105): les déplacés de l « ouverture
sociale »

•

Stratégie du UNHCR (2019) : Education des refugiés 2030 : Stratégies pour
l’inclusion des refugiés.

•

Réunion du Groupe de Pilotage du GP20» (juin 2017) : Déplacement interne au sein de
la ville: Prévention, Protection et Solutions « Les communes urbaines à l’épreuve de
la Prévention et la gestion des personnes déplacées internes au Burkina Faso

IV TEXTES LEGISLATIFS
•

La loi 013-2007 /AN Portant loi d’orientation de l’éducation au Burkina Faso en date
du 30 novembre 2007.

•

La DUDH l’article 26.2

•

Recueil d’instructions juridiques de l’éducation de base MEBA (2007 : 46).

x

�•

Circulaire

n°2019-234/MENAPLN/RND/DREPPNF/DPEPPNF/YTG

du

30

septembre 2019 portant scolarisation des enfants des populations déplacées internes.
V SITES INTERNET CONSULTES
✓ https://www.UNHCR.org/fr/protection, consulté le 25juin 2022
✓ https://www.cndhbf.protection, consulté 18juillet2022
✓ https:// www.unicef.org/Ukraine–plus-de-la-moiti-des-enfants consulté le 10 aout
2022
✓ https://www.un.org/french/millenniumgoals, consulté le 2juin 2022
✓ https:// www.studioyafa.org/minima:consulté le 30 juillet 2022
✓ https://www.universalis.fr: consulté le 8 octobre 2022

xi

�ANNEXES

xii

�Proposition d’outils de collecte de données
Questionnaire adressé aux enseignants et aux Directeurs d’écoles
Madame, Monsieur,
Dans le cadre de mes études en Master professionnel en Planification et Gestion des
Structures Educatives (PGSE) de l’Université Thomas Sankara, je dois produire un mémoire
qui est une exigence de l’université. Pour répondre à cette exigence, j’ai choisi de réfléchir sur
le sujet : « les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes
(EDI) dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya » Cette
étude nécessite la collecte de données auprès d’acteurs divers. C’est pourquoi je vous soumets
le présent questionnaire. Tout en vous remerciant pour votre disponibilité, je vous assure de la
confidentialité et l’anonymat des informations que vous me fournirez
1-Les familles des (EDI) ne sont pas suffisamment prises en charge dans les milieux
d’accueil.
Oui

non
.
*
2-Si oui *, peut-on affirmer que cette insuffisance de prise en charge entrave –t-elle la bonne
intégration
* des EDI dans les structures éducatives formelles de Ouahigouya ?.
*
Oui
non
*
3-La faible intégration des EDI dans notre système éducatif est-elle due à l’insuffisance
d’établissements scolaires ?
Oui

non

4-La faible intégration de nos EDI dans nos écoles s explique –t- elle par le manque de
formation des enseignants pour y faire face à la situation ?
Oui

non

5- Quelles solutions proposez-vous pour une bonne intégration des EDI dans nos structures
éducatives ?

xiii

�…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
Guide d’entretien à l’endroit des élèves déplacés internes (EDI)
1-Vos familles rencontrent- elles des difficultés depuis leur arrivée à Ouahigouya ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
2- Connaissez-vous des élèves qui ont abandonné l’école suite à ces difficultés ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
3-Est – il toujours facile d’avoir la place pour continuer les études quand on arrive en ville
après les rentrées des classes ? Connaissez-vous des élèves qui n’ont pas pu s’inscrire par
manque de places ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
4-Est-ce que vous vous sentez à l’aise avec vos maitres ? Vous traitent-ils bien ? Vous
comprennent-ils ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
5-Que pensez-vous qu’on puisse faire pour que les EDI intègrent tous les écoles et y
travaillent pour la réussite ?
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………….

xiv

�…………………………………………………………………………………………………
Guide d’entretien à l’endroit des parents
1-Etes-vous satisfaits de l’accueil et du sort qui vous a été réservé à votre arrivée en ville ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
2-L’Etat dispose-t-il suffisamment d’infrastructures éducatives pour accueil nos EDI ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
3-Pensez-vous que les enseignants sont suffisamment efficaces face aux phénomènes des
EDI ?
………………………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
4-Que proposez-vous pour la bonne intégration des EDI et leur réussite dans les études ?
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
Guide d’entretien à l’endroit des CCEB de Ouahigouya 1 et 2
Dans le cadre de mes études en Master professionnel en Planification et Gestion des
Structures Educatives (PGSE) de l’Université Thomas Sankara, je dois produire un mémoire
qui est une exigence de l’université. Pour répondre à cette exigence, j’ai choisi de réfléchir sur
le sujet : « les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes
(EDI) dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya » Cette
étude nécessite la collecte de données auprès d’acteurs divers. C’est pourquoi je vous soumets
le présent questionnaire. Tout en vous remerciant pour votre disponibilité, je vous assure de la
confidentialité et l’anonymat des informations que vous me fournirez

xv

�1- Faut-il se satisfaire de l’intégration des personnes déplacées internes (PDI) dans la
commune ? Quel lien établir entre cette situation et l’intégration des EDI dans les
écoles ?
.............................................................................................................................
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
2-La commune ou votre circonscription disposent- elle suffisamment d’infrastructures
pour combler le manque ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
3-Vos enseignants sont-ils suffisamment outillés pour un accompagnement efficace
des EDI ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………..
4-Quelles suggestions faites-vous pour résoudre efficacement le problème de
l’intégration des EDI ?
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………….....

Guide d’entretien à l’endroit du Maire de la commune
Dans le cadre de mes études en Master professionnel en Planification et Gestion des
Structures Educatives (PGSE) de l’Université Thomas Sankara, je dois produire un mémoire
qui est une exigence de l’université. Pour répondre à cette exigence, j’ai choisi de réfléchir sur
le sujet : « les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes
(EDI) dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya » Cette
étude nécessite la collecte de données auprès d’acteurs divers. C’est pourquoi je vous soumets
le présent questionnaire. Tout en vous remerciant pour votre disponibilité, je vous assure de la
confidentialité et l’anonymat des informations que vous me fournirez

xvi

�1- Faut-il se satisfaire de l’intégration des personnes déplacées internes (PDI) dans la
commune ? Quel lien établir entre cette situation et l’intégration des EDI dans les
écoles ?........................................................................................................................
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
2-Votre commune dispose-t- elle suffisamment d’infrastructures pour combler le
manque ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
3-Estimez-vous que les enseignants de votre communes sont assez bien formés
pour relever le défi ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
4-Que peut-on proposer pour surmonter ces difficultés ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………….
Guide d’entretien adressé au Directeur provincial de l’action sociale, de la
solidarité et de l’action humanitaire du Yatenga
1-Faut-il se satisfaire de l’intégration des familles des EDI ? Quel lien établissezvous entre cette situation et l’intégration des EDI dans les établissements dans la
commune ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………..
2-Y-a-t-il suffisamment d’infrastructures scolaires pour satisfaire les demandes de
places des EDI ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
xvii

�3-Au regard de la situation qui prévaut dans notre commune, pensez-vous qu’il y a
des modules émergents à faire exploiter pour renforcer les capacités des
enseignants ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………

4-Quelles recommandations faites-vous pour une bonne intégration des EDI dans
les structures éducatives de la commune ?
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………

xviii

�TABLE DES MATIRES
DEDICACE ................................................................................................................................ ii
SOMMAIRE ............................................................................................................................... i
REMERCIEMENTS .................................................................................................................. ii
SIGLES et ABREVIATIONS ................................................................................................... iv
LISTE DES TABLEAUX .......................................................................................................... v
LISTE DES FIGURES ET GRAPHIQUES .............................................................................. vi
INTRODUCTION ...................................................................................................................... 1
PREMIERE PARTIE : ............................................................................................................... 3
APPROCHE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE .......................................................... 3
CHAPITRE I : IDENDIFICATION DU PROBLEME ET OBJECTIF DE LA RECHERCHE4
I-Analyse de la situation de l’éducation au Burkina Faso .......................................................... 4
I.1 Brève analyse du système éducatif burkinabè dans un contexte d’insécurité ................... 4
I.2-Contexte des crises et enjeux de l’éducation .................................................................... 5
I.3 Les difficultés des élèves déplacés internes dans la commune Ouahigouya ..................... 6
I.4-Enoncé du problème ....................................................................................................... 10
I.5-Justification du choix du thème ...................................................................................... 11
I.5.1-Pertinence scientifique ............................................................................................. 11
I.5.2- Pertinence sociale .................................................................................................... 12
I.6-Les objectifs de la recherche ........................................................................................... 14
I.6.1-objectif principal ...................................................................................................... 15
I.6-2 Les objectifs spécifiques : ........................................................................................ 15
CHAPITRE II : CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE ............................................. 16
I.

La revue de la littérature ................................................................................................... 16
I.1 De l’effectivité des élèves exclus du système éducatif ................................................... 16
I.2 De l’attaque contre l’éducation : la fermeture des établissements scolaires ................... 17
I.3 Les facteurs explicatifs des difficultés d’intégration des PDI ......................................... 20
I.4 De la sauvegarde de l’éducation pendant les situations d’urgence complexes ............... 22

II- Le cadre de référence théorique .......................................................................................... 24
II.1. La théorie de la motivation selon la théorie des besoins de A. Maslow ....................... 24
II.2 Les besoins physiologiques............................................................................................ 24
II.3 Les besoins de sécurité................................................................................................... 25
II.4 Les besoin d’appartenance. ............................................................................................ 25

xix

�II.5 Les besoins d’estime. ..................................................................................................... 25
II.6. Les besoins d’auto-accompagnement. .......................................................................... 25
II.6.1 De la théorie du socioconstructivisme..................................................................... 26
II.6.2 La théorie de la pédagogie différenciée .................................................................. 27
II.6.3. Raison du choix des théories .................................................................................. 28
II.6.4 Le cadre conceptuel ................................................................................................. 30
III- Questions, Hypothèses et indicateurs de vérification ........................................................ 31
III-1--Les questions de la recherche ..................................................................................... 31
III-2-Les hypothèses ............................................................................................................. 32
CHAPITRE III : METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE ................................................. 34
I-Population d’étude et échantillonnage ................................................................................... 34
II-Population cible .................................................................................................................... 34
II.1 Les élèves et leurs parents.............................................................................................. 34
II.2 Les enseignants et les directeurs d’écoles ...................................................................... 35
II.3 Les Chefs de Circonscription d’Education de Base (CCEB) ......................................... 35
II.4 Le Maire ......................................................................................................................... 35
II.5 Le Directeur provincial de la solidarité et de l’action humanitaire du Yatenga ............ 35
III- L’échantillonnage .............................................................................................................. 36
III.1. La présentation et la validation des outils de collecte des données ............................. 39
Pour la validation des outils, nous avons fait recours au technique pré-test et du jugement.
En effet le pré-test à consister à soumettre un spécimen de nos différents outils à une
catégorie de personnes. Ainsi, le questionnaire adressé aux enseignants et aux directeurs
d’école a été testés dans les écoles, précisément de la ville de Ouahigouya. Cet examen
nous a permis de corriger les imperfections. Pour les opinions nous avons recueillis les
jugements de trois inspecteurs de l’éducation de base, le Coordonnateur de l’association
AAAE et par trois inspecteurs de la Direction provinciale en charge de l’éducation dans
le Yatenga

pour la finalisation de tous les outils. C’est à l’issu de la

validation des instruments de collecte que notre enquête sur le terrain a débuté le 19
juillet pour s’achever le 17 aout 2022.Quant à l’administration des instruments, nous
avons avec l’accord des Directeurs distribué le questionnaire dans chacune des écoles
retenues pour l’étude. Pour les personnes concernées par l’entretien, nous avons fait
connaitre à l’avance ce guide puis après un rendez-vous nous sommes passés pour
l’entretien. ......................................................................................................................... 40
III.1.3 Construction d’un plan d’analyse des données ...................................................... 40
xx

�III.1.4 Outils de traitement et d’analyse des données ....................................................... 41
III.2. Difficultés rencontrées au cours de la recherche ......................................................... 41
DEUXIEME PARTIE : RESULTATS DE LA RECHERCHE ............................................... 43
CHAPITRE

IV :

PRESENTATION,

ANALYSE

ET

INTERPRETATION

DES

RESULTATS. .......................................................................................................................... 44
II. Analyse et interprétation des résultats. ................................................................................ 45
I.1.Les données relatives à l’état des lieux. .......................................................................... 45
I.2. Les données issues du questionnaire. ............................................................................. 45
I.3.Facteur lié à la prise en charge des personnes déplacées internes (PDI) ........................ 47
II. Facteurs liés aux infrastructures éducatives dans la commune de Ouahigouya .................. 51
III. Facteurs liés aux approches pédagogiques des enseignants ............................................... 53
IV. Vérification des hypothèses ............................................................................................... 55
IV.1. Relation entre les données et la première hypothèse secondaire. ................................ 56
IV.2 Relation entre la deuxième hypothèse secondaire et les données. ............................... 56
IV.3. Relation avec la troisième hypothèse secondaire. ....................................................... 56
I.
II.

Limites ....................................................................................................................... 59
Suggestions ................................................................................................................ 59

II.1. Suggestions à l’endroit de l’Etat. .............................................................................. 59
II.2. Suggestion à l’endroit des autorités communales ..................................................... 61
II.3. Suggestions à l’endroit des ONG .............................................................................. 61
CONCLUSION ........................................................................................................................ 63
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................... ix
ANNEXES ............................................................................................................................... xii
TABLE DES MATIRES ......................................................................................................... xix

xxi

�</text>
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          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>ÉDUCATION - FORMATION</text>
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                  <text>Éducation - formation </text>
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                  <text>La collection Éducation et formation (EF) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières éducation et formation.</text>
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                <text>Les facteurs explicatifs de la faible intégration des élèves déplacés internes dans les structures éducatives formelles de la commune de Ouahigouya au Burkina Faso</text>
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            <name>Creator</name>
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                <text>SEBGO Osé&#13;
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            <name>Date</name>
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                <text>2023</text>
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            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
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                <text>Mémoire de master</text>
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                    <text>MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR DE LA RECHERCHE ET DE
L’INNOVATION (MESRI)

BURKINA FASO
Unité – Progrès - Justice

UNIVERSITE THOMAS SANKARA
(UTS)

INSTITUT DE FORMATION OUVERTE A
DISTANCE (IFOAD)

Année universitaire : 2020-2021

MEMOIRE DE FIN DE CYCLE
Pour l’obtention du Master Professionnel en
Economie et Gestion des Entreprises
D’Economie sociale et solidaire (MEGEES)
Promotion 2019-2021
THEME

Présenté et soutenu publiquement le 24/01/2023 par :
KABORE Abdou

Maitre de stage
Mme YAMEOGO/SAWADOGO Elise
Chef de Guichet

Directeur de mémoire
Dr Denis B. AKOUWERABOU
Enseignant-Chercheur/ UTS

�Effets du microcrédit sur l’autonomisation des femmes de la commune de Saaba : cas de la
Pan African Microfinance SA

2022

SOMMAIRE

DEDICACES ........................................................................................................................... II
REMERCIEMENTS ............................................................................................................. III
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS ........................................................................ IV
LISTE DES GRAPHIQUES .................................................................................................. V
LISTE DES TABLEAUX ...................................................................................................... VI

RESUME……………………………………………………………………………………………………………………..VII
INTRODUCTION .................................................................................................................... 1
CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LITTERATURE .................... 3
I.

Définition des concepts ................................................................................................... 3

II. Revue de la littérature ...................................................................................................... 4
CHAPITRE II : PRESENTATION DE LA PAN AFRICAN MICROFINANCE ET
METHODOLOGIE DE RECHERCHE ................................................................................ 7
I.

La méthodologie de l’étude ............................................................................................. 7

II. Présentation de la Pan African Microfinance SA .......................................................... 90
CHAPITRE III : ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS ................... 13
I. Les caractéristiques socio-démographiques des personnes enquêtées et des groupes de
solidarité ............................................................................................................................... 13
II. Effets du microcrédit sur l’augmentation des activités commerciales des femmes ......... 17
III. Effets du microcrédit sur le bien-être et l’épanouissement des femmes ........................ 23
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS .................................................................... 31
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 33
ANNEXE .................................................................................................................................. X
TABLE DES MATIERES ................................................................................................ XIIII

I

�Effets du microcrédit sur l’autonomisation des femmes de la commune de Saaba : cas de la
Pan African Microfinance SA

2022

DEDICACES

A
Mon épouse, Florence
Mon fils, Betsalel
Et mes parents Inoussa KABORE et Haoua ZOUNGRANA

Je dédie affectueusement ce document.

II

�Effets du microcrédit sur l’autonomisation des femmes de la commune de Saaba : cas de la
Pan African Microfinance SA

2022

REMERCIEMENTS
La présente étude a eu le concours de bonnes volontés, des personnes qui n’ont ménagé aucun
effort pour sa réalisation. Nous ne saurons donc faire économie de notre gratitude à toutes les
personnes qui ont participé à la rédaction de ce document. Nous remercions particulièrement
du fond du cœur :
❖ le Dr. Dénis B. AKOUWERABOU qui n’a ménagé aucun effort pour diriger la
rédaction de ce mémoire avec beaucoup d’attention et qui s’est toujours rendu
disponible toutes les fois que nous avons eu besoin de son assistance ;
❖ notre maitre de stage Mme Elyse YAMEOGO/SAWADOGO pour son encadrement
durant notre période de stage et tout l’intérêt qu’elle a porté à la préparation de cette
étude ;
❖ la Direction de l’IFOAD à travers le corps professionnel qui nous ont formé durant tout
notre cursus ;
❖ la Direction Générale de Pan African Microfinance ainsi que son personnel qui nous a
reçu en stage et formé pendant plus de 12 mois ;
Nous exprimons toute notre gratitude au Dr Ollo DAH, Enseignant-Chercheur à l’Université
Norbert ZONGO pour ses apports considérables pendant la rédaction de ce mémoire.
Nous ne saurons clore nos propos en omettant de saluer la contribution de nos amis, parents et
de nos camarades de promotion. Nous leur disons merci pour leur franche collaboration.

III

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LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

AG

: Assemblée Générale

AGR

: Activités génératrices de revenu

BIT

: Bureau International du Travail

CA

: Conseil d’Administration

CC

: Comité de crédit

CI

: Client Individuel

DAT

: Dépôt A Terme

GS

: Groupe de Solidarité

INSD

: Institut National de la Statistique et de la Démographie

MEGEES

: Maitrise en Economie et Gestion des Entreprises d’Economie Sociale et Solidaire

PMBF

: Pan African Microfinance

ONG

: Organisation Non Gouvernementale

ONU

: Organisation des Nations Unies

PI

: Prêt Individuel

BACB

: Banque Agricole et Commerciale du Burkina

SOFIPE

: Société de Financement de la Petite Entreprise

UFR/SEG

: Unité de Formation et de Recherche en Sciences Economiques et de Gestion

IFOAD

: Institut de Formation Ouverte à Distance

UTS

: Université Thomas Sankara

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LISTE DES GRAPHIQUES

Graphique 1: Age des enquêtées ............................................................................................ 13
Graphique 2: Nombre de personnes à charge......................................................................... 14
Graphique 3: Constitution des groupes de solidarité selon le type d’affiliation .................... 16
Graphique 4: Effets du crédit sur le bénéfice annuel (en %).................................................. 19
Graphique 5: Contribution du crédit à la prise en charge des dépenses ................................. 24
Graphique 6: Effet du crédit sur la scolarisation des enfants ................................................. 25
Graphique 7: Effet du crédit sur la santé des femmes ............................................................ 26
Graphique 8: Effet du crédit sur l’estime de soi ..................................................................... 27
Graphique 9: Effet du crédit sur le moral ............................................................................... 27
Graphique 10: Effet du crédit sur la vie relationnelle ............................................................ 28
Graphique 11: Satisfaction envers le microcrédit .................................................................. 29

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LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1: Répartition des enquêtées selon la situation matrimoniale ................................... 14
Tableau 2: Répartition des enquêtées selon le niveau d’éducation .......................................... 15
Tableau 3: Relation entre le type d’affiliation et le montant du crédit obtenu (en %)............ 17
Tableau 4: Répartition des clientes par secteur d’activité....................................................... 18
Tableau 5: Relation entre le bénéfice annuel après le crédit et la réalisation d’un
investissement (en %)............................................................................................................... 20
Tableau 6: Relation entre le bénéfice annuel après le crédit et le domaine d’investissement
(en %) ....................................................................................................................................... 21
Tableau 7: Relation entre le bénéfice annuel après le crédit et le domaine d’activité (en %)......... 22
Tableau 8: Relation entre le bénéfice annuel après le crédit et l’extension de l’activité (en %) ........ 23

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RESUME

La microfinance apparait de plus en plus comme un outil d’émancipation et de promotion de la
condition féminine. Les objectifs visés par la microfinance sont multiples ; il s’agit entre autres
de stabiliser et professionnaliser leurs activités, d’augmenter leurs revenus, de faciliter leur
indépendance financière et d’améliorer leur statut au sein de la famille.
Cette présente étude se penche sur la contribution du microcrédit dans l’autonomisation
économique des femmes. Il s’agit spécifiquement de cerner d’une part l’effet du microcrédit
sur la croissance des activités commerciales des femmes bénéficiaires et d’autre part d’élucider
la part contributive du microcrédit dans l’épanouissement social de la femme.
L’analyse des données nous révèle que plus de 93% des femmes bénéficiaires du microcrédit
enregistrent une augmentation du volume de leurs ventes, ce qui se répercute nécessairement
sur leurs bénéfices annuels. De même, leur vie relationnelle et morale s’est améliorée avec
l’apport du microcrédit.
En somme, l’accès de ces femmes au microcrédit leur permet de s’assurer une autonomie
économique même s’il faut néanmoins nuancer et continuer la réflexion à travers des études
plus poussées.

Mots clés : Autonomisation économique ; microcrédit.

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ASBTRACT
Microfinance appears more and more as a tool for women's emancipation and the promotion
of their status.The objectives of microfinance are multiple, it aime among other things to
stabilize and professionalize their activities and increase their incomes to facilitate their
financial independance and improve their status within the family. This present study
examines the contribution of microcredit in the economic empowerment of women.It is
specifically a question of determining on the one hand the effect of microcredit on the growth
of the beneficiary women and on the other hand elucidating the contribution of microfinance
in the social development of women. Data analysis reveals that more than 93% of women
beneficiaries of microfinance record an increase in the volume of their sales which necessarily
affects their annual profits. Moreover their relational and moral life has improved with the
contribution of microcredit. In short, the access to these women to microcredit allows them to
ensure economic autonomy even if it is nevertheless necessary to nuance and continue the
reflection through more advanced studies.

Key words: economic empowerment, microcredit.

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�Effets du microcrédit sur l’autonomisation des femmes de la commune de Saaba : cas de la
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INTRODUCTION

La plupart des habitants des pays en développement (PED) font face à un véritable problème,
celui de l’accès aux services financiers formels. Boye et al. (2004) affirment dans ce sens que
dans les PED, près de 75% de la population ne trouvent pas de réponse à leurs besoins en
services financiers auprès des banques commerciales. Pour ce qui est du Burkina Faso, en 2019
on note un taux de bancarisation faible de l’ordre de 23.2% (Banque Centrale des Etats de
l’Afrique de l’Ouest, 2020).
Une étude réalisée par l’UNESCO (2020) montre que les femmes sont confrontées à des
difficultés d'accès aux facteurs de production, aux ressources et aux instances de décision. Le
déficit d’accès aux services financiers empêche ces femmes de renforcer ou d’élargir leurs
activités génératrices de revenus. Face à ce problème, la microfinance semble être une
alternative. Défini comme étant un crédit de montant modeste et à court terme, consenti
généralement à des personnes vulnérables le microcrédit a été reconnu comme instrument
privilégié de lutte contre la pauvreté par la communauté internationale en 2005 (N’cho, 2020).
Soulama (2005) trouve en effet, que la microfinance peut et doit contribuer à réduire la pauvreté
en Afrique.
Pitt et al., (2006) ont aussi montré à travers des études que le microcrédit permet d’atteindre les
ménages pauvres et vulnérables. De même, d’autres auteurs comme Kato et Kratzer ont
souligné que le microcrédit contribue favorablement à l’autonomisation des femmes, car il
donne de la fierté et de la confiance aux bénéficiaires et impulse un nouvel élan aux activités
des femmes (Kato et Kratzer, 2013). En matière de gestion de crédit, la femme semble être plus
responsable que l’homme, en témoigne cette affirmation du Professeur Yunus : « l’argent quand
il est utilisé par une femme dans un ménage profite davantage à l’ensemble de la famille que
lorsqu’il est utilisé par un homme » (M. Yunus ; A Jolis, 1998).
Le succès de la Grammen Bank en 1983 a montré que les populations pauvres, notamment les
femmes sont capables de développer des activités génératrices de revenus et de rembourser les
crédits octroyés avec un taux de remboursement de 98 % (Parkouda, 2015). Toujours à travers
le crédit certaines femmes parviennent de plus en plus à exprimer leurs potentialités parce
qu’elles étaient décomplexées (Mayoux, 2007). Toutefois, (Cheston et Kuhn, 2002) font
observer que le microcrédit n’a pas permis de lever les considérations socioculturelles qui
confinent les femmes dans leurs devoirs traditionnelles en les maintenant dans la soumission
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aux hommes dans le foyer ; et Isabelle Guérin (2009) d’ajouter que les femmes après leur accès
au microcrédit sont victimes de détournements des prêts par leur maris et se trouvent
confrontées à la perte de contrôle de leurs entreprises, au surcharge de travail, à la fatigue et à
l’augmentation du stress. Certaines femmes, se sentent confrontées à l’obligation de prendre en
charge certaines dépenses que les hommes ont délaissé du simple fait que l’épouse a bénéficié
d’un crédit.
A la lumière de ce qui précède, nous sommes en droit de nous demander : Quelle peut être la
contribution du microcrédit dans l’autonomisation économique des femmes ?
De cette question centrale découle les questions spécifiques suivantes :
● Quel est l’effet du microcrédit sur la croissance des activités commerciales des femmes
bénéficiaires ?
•

Quelle peut être la part contributive du microcrédit dans l’épanouissement au niveau
social de la femme ?

Cette étude s’appuiera sur un cas particulier, à savoir le « cas du crédit octroyé par la Pan
African Microfinance SA ». Elle se fixe comme objectif général d’analyser l’effet que peut
avoir le crédit sur l’autonomisation économique des femmes. De manière spécifique, il s’agit :
● De vérifier si le microcrédit à un effet sur l’évolution des entreprises individuelles
tenues par les femmes ;
● De voir si le microcrédit permet aux femmes d’accroitre leur estime de soi et leur niveau
de responsabilité au sein de la famille.
Pour atteindre le but poursuivi par cette étude et exploiter toute la problématique soulevée, nous
avons formulé deux (02) hypothèses :
Hypothèse1 : L’octroi du crédit augmente les revenus des femmes et leur permet d’agrandir
leurs commerces.
Hypothèse2 : L’accès des femmes au crédit leur permet de s’épanouir et de se sentir plus utiles
à la société.
La suite du travail s’articulera en trois (03) chapitres. Dans le premier chapitre nous
présenterons le cadre conceptuel et la revue de littérature ; le deuxième chapitre s’attardera sur
la présentation de la Pan African Microfinance et la méthodologie de recherche ; et le dernier
chapitre sera consacré à l’analyse et l’interprétation des résultats.
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CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LITTERATURE

Nous tenterons dans ce chapitre de donner en premier lieu une définition aux concepts dont la
compréhension s’avère importante pour saisir le contenu de notre travail et en second lieu nous
présenterons une revue de littérature comportant le cadre théorique et empirique de notre travail.
I. Définition des concepts
Il s’agit dans cette section, de donner un éclairage scientifique sur les concepts jugés importants
dans notre étude.
1. Le microcrédit
Pour Soulama S. (2005 :20), « le qualificatif ‘’micro’’ vient de ce que la taille des transactions
est faible (des prêts d’un montant de 30 000F CFA et des dépôts d’un montant de 2 000F CFA).
Pour certains professionnels du microcrédit, c’est prêter des petites sommes de moins de
100 000F CFA. Pour d’autres, un crédit de 30 000F 250 000F voire plus est également du
microcrédit ».
Dans le cadre de cette recherche, le microcrédit sera utilisé pour désigner un prêt d’argent que
la PMBF SA consent à octroyer à un client sous un certain nombre de conditions de
remboursement à terme échu.
2. La confiance
La confiance, selon le Dictionnaire Droit Economie et Gestion, est un sentiment que les choses
se passeront bien. Les agents se sont largement faits confiance les uns aux autres, car prendre
en toute circonstance les précautions permettant de palier le non-respect des engagements pris
par autrui conduiront à la paralysie.
La confiance c’est un sentiment d’assurance, de sécurité de celui qui se fie à quelque chose ;
sur le plan politique, voter la confiance, en parlant de l’Assemblée Nationale, c’est émettre un
vote favorable au gouvernement sur une question donnée. Sur le plan religieux, la confiance
c’est avoir la foi, c’est être sûr de ce que l’on espère, c’est être convaincu de la réalité de ce que
l’on ne voit pas.
Pour ce qui concerne cette étude, la confiance est conçue comme un sentiment d’assurance de
la caisse vis-à-vis de ses clients dans le recouvrement des prêts à terme.
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3. L’autonomisation économique
L'autonomisation des femmes est un processus par le biais duquel la vie des femmes est
transformée, d'une situation dans laquelle elles ont des pouvoirs limités en raison des obstacles
liés aux inégalités entre femmes et hommes à une situation dans laquelle elles disposent des
mêmes pouvoirs que les hommes.
Travailler à l’autonomisation économique des femmes, c’est leur fournir non seulement les
ressources nécessaires, mais également les occasions de les utiliser de façons qui mènent à la
réussite économique. De meilleurs emplois, des possibilités plus nombreuses de créer et de
gérer des entreprises viables, un accès accru à la terre, à l’éducation et à l’acquisition de
compétences, des occasions de participer aux processus décisionnels : voilà ce qui permettra
aux femmes de sortir de la pauvreté et d’améliorer leur qualité de vie, ainsi que celle de leur
famille et de leur collectivité (BIT, 1972).

II.

Revue de la littérature
1. Microcrédit et productivité des entreprises des femmes

Dans les pays en voie de développement on peut distinguer le secteur formel dominé par des
activités industrielles et des sociétés commerciales, et le secteur informel qui est le
prolongement des secteurs d’activités traditionnelles de production de biens et services en
dehors du cadre formel habituel de l’économie. Ce secteur informel est défini par le Bureau
International du Travail (BIT, 1972) comme toute activité économique s’exerçant généralement
dans les milieux urbains des pays du tiers monde et caractérisé par l’utilisation des ressources
locales, la propriété familiale de l’entreprise, la petite taille des activités, et des formations
acquises en dehors du système scolaire formel.
Au cours des dernières années, les organisations nationales et internationales, aussi bien dans
les pays développés que dans ceux en développement, ont mis un accent sur le rôle vital de la
micro-entreprise dans le développement économique. En effet, ces pays s’appuient aujourd’hui
sur les micros et petites entreprises du secteur privé pour une véritable relance économique
(Dirat, 2002). Face aux difficultés de financement que rencontrent ces unités de production dont
60% sont gérées par des femmes (Parkouda, 2015), la microfinance est présentée comme une
solution idoine. En témoignent plusieurs études menées dans divers pays. Ainsi, dans ses
travaux SOME F. (2015) montre qu’une grande partie de la population étudiée (soit 90,70%)
enregistre une augmentation des bénéfices dans l’exercice de leurs activités après avoir reçu le
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2022

crédit ; dans le volet investissement, cette même étude démontre que 43,70% des bénéficiaires
du microcrédit ont réalisé des investissements considérables grâce aux bénéfices engrangés
dans leurs activités. Par ailleurs, la microfinance facilite l’embauche de main d’œuvre
supplémentaire entrainant ainsi une croissance de la micro entreprise (Renaud J, 2007).
D’autres études, par contre, montrent que les microcrédits n’auraient pas d’effet sur la
productivité des micro-entreprises (Montalieu, 2002). La croissance et le développement de ces
entreprises seraient influencés par des caractéristiques réelles (caractéristiques liées au
management du dirigeant, à sa personne et à son entreprise) plutôt que financières.
De l’autre côté, des auteurs comme Buckley (1997), trouvent que l’impact des microcrédits sur
les petites entreprises est plutôt limité.

2. Microcrédit et autonomisation des femmes
Les services de microfinance contribuent à l'autonomisation des femmes en exerçant une
influence positive sur leur pouvoir de décision et en renforçant leur statut socioéconomique
global. À la fin de 2006, la microfinance avait touché plus de 79 millions de femmes parmi les
plus pauvres du monde (BIT, 2012). Le microcrédit est susceptible de promouvoir des moyens
de subsistance durables et de meilleures conditions de travail pour les femmes. On constate que
les clients sont souvent moins vulnérables que ceux qui n’ont pas accès à ce service, et dans de
nombreux cas que leur revenu monétaire augmente. Selon YUNUS (2000), la lutte contre la
pauvreté n’a pas besoin de charité : il suffit de créer les bonnes opportunités que les pauvres
sauront saisir pour faire croître leur entreprise et rembourser emprunts et intérêts.
Selon une étude menée par l’ONG SOS FAIM au Burkina, Les femmes ont fait du micro-crédit
un outil d’émancipation économique et sociale leur permettant de nourrir correctement les
enfants et favoriser l’éducation, les soins de santé. Améliorer l’accès au crédit permet de
développer des activités génératrices de revenus et au final mettre les femmes et leur famille à
l’abri de la faim et de la pauvreté (SOS FAIM, 2011).
Par contre d’autres auteurs ont montré que les crédits octroyés aux femmes ont été utilisés à
d’autres fins par leurs maris, ce qui ne permet pas à ces dernières de développer leurs activités
(Guérin, 1997). Le même auteur a souligné que 56 % des femmes ont utilisé les revenus issus
de leurs activités commerciales pour des activités non productives telles que le mariage de leurs
filles. Le microcrédit n’a donc pas permis de lever les considérations socio-culturelles qui
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confinent les femmes dans leurs devoirs traditionnels en les mettant dans la soumission aux
hommes dans le foyer (Cheston ; Kuhn, 2002).
Cela demande un encadrement et une formation quant à la gestion du crédit après financement.

Dans ce chapitre il a été question de la conceptualisation et de la revue de littérature. Au regard
de l’émergence du microcrédit dans le monde et à la lumière des différentes théories abordées,
nous retiendrons que le microcrédit apporte un plus dans l’autonomisation des femmes. Par
ailleurs, pour l’atteinte des résultats attendus de l’apport du crédit, la solidarité et la main
d’association sont prônées dans les groupes de solidarité.
En quoi a consisté notre méthodologie et quelle est la structuration de la PMBF SA ?

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CHAPITRE II : PRESENTATION DE LA PAN AFRICAN MICROFINANCE ET
METHODOLOGIE DE RECHERCHE
Dans ce chapitre il sera question d’une part de la présentation proprement dite de la PMBF SA,
celle qui nous a accueilli dans ses locaux pour notre stage d’immersion et de la description de
la méthodologie de recherche d’autre part.
I.

La méthodologie de l’étude

Ce cadre méthodologique comporte en un premier lieu la justification du choix de la méthode
d’évaluation pour notre étude et en un second lieu la méthodologie utilisée pour l’enquête de
terrain.
1. Justification du choix de la méthode d’évaluation
L’objectif premier de cette présente recherche est d’évaluer l’effet du crédit octroyé par la
PMBF SA sur l’autonomisation des femmes.
Les méthodes d’analyse utilisant des groupes témoins comme l’approche transversale ne sont
pas appropriées pour notre étude pour deux raisons majeures : le coût et la complexité de la
gestion de deux échantillons. Nous jugeons donc indispensable et nécessaire pour notre étude
la méthode de la comparaison « avant-après » ou « approche longitudinale ». Cette méthode
consiste à comparer la situation des bénéficiaires avant le crédit, c’est-à-dire au moment de leur
adhésion, à leur situation d’après obtention et usage du crédit.
La limite à ce type de comparaison vient du fait qu’il fasse appel à la mémoire. En effet, ce
procédé se fie aux souvenirs peu fiables des bénéficiaires concernant leur situation avant
l’octroi du crédit, vue que ces gens n’ont pas le réflexe de tenir des agendas par devers eux.
2. Méthodologie pour l’enquête de terrain
2.1. Choix de la zone d’étude
Dans la ville de Ouagadougou on dénombre plusieurs caisses d’épargne et de crédit. Mais par
contrainte de temps et surtout de la limite de nos moyens, toutes les caisses ne pouvaient pas
être retenues. Ainsi, la PMBF SA a été retenue car nous y avons déjà effectué notre stage.
Dans le cadre de cette recherche nous optons de mener des enquêtes dans la commune rurale
de Saaba, zone d’emprise de la PMBF SA. Nous nous intéresserons seulement aux femmes
bénéficiaires du microcrédit exerçant leurs activités dans les marchés et les quartiers couverts
par la caisse.
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2.2. Constitution de l’échantillon
La population concernée par cette étude est l’ensemble des personnes bénéficiaires du crédit
communautaire octroyé par la PMBF SA. La population mère est composée de 82 groupes de
solidarité. Chaque groupe est constitué de 3 à 5 personnes. L’échantillon retenu est de 86
clientes.
La technique de l’échantillonnage aléatoire systématique a été utilisée dans les répertoires des
comptes d’épargne et des dossiers de crédit pour le choix des individus de l’échantillon.
2.3. Techniques, outils, types de données collectées et variables de l’étude
2.3.1. Techniques de collecte des données
Dans ce travail de recherche, nous choisissons d’utiliser une technique de collecte des données
à la fois quantitative et qualitative. Un tel choix se justifie par le fait que la méthode qualitative
permet de compléter les informations obtenues de l’étude quantitative. L’emploi de la méthode
quantitative nous conduira à l’administration d’un questionnaire auprès des bénéficiaires du
crédit communautaire. Quant à la méthode qualitative, elle nous permettra de recueillir
l’opinion des enquêtées à l’aide d’un guide d’entretien. Ainsi, l’utilisation de la méthode mixte
nous permettra de décrire, d’expliquer et d’appréhender la contribution du crédit
communautaire dans l’amélioration du bien-être socio-économique des ménages.
2.3.2. Les outils de collecte de données
Le questionnaire d’enquête est un outil quali-quantitatif administré aux bénéficiaires du crédit
communautaire. Il est conçu et élaboré sur la base de nos hypothèses. C’est un questionnaire
composé de questions fermés et de quelques questions ouvertes. Quant au guide d’entretien, il
est composé de questions ouvertes et dirigées sur la thématique pour permettre une explication
approfondie des thèmes abordés.
2.3.3. Les types de données collectées
Dans le cadre de cette étude, deux types de données ont été collectées :
•

Les données primaires : elles sont issues des informations mobilisées à partir du
questionnaire d’enquête et du guide d’entretien que nous avons élaboré ;

•

Les données secondaires : elles sont mobilisées à partir de la recherche documentaire
que nous avons effectuée.

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2.3.4. Les variables de l’étude
Pour une meilleure compréhension du sujet de l’étude, certaines variables ont été dégagées.
-

Le secteur d’activité : cinq branches ont été dégagées. Il s’agit du commerce, du
tissage, de la coiffure, de la restauration et de la transformation. Il s’agit de mesurer le
secteur qui occupe plus les femmes.

-

Augmentation du chiffre d’affaire : elle permet de connaitre le nombre de femmes
ayant enregistré une croissance leur chiffre d’affaire.

-

Augmentation du bénéfice : permet de percevoir la proportion des femmes ayant
connu une amélioration de leurs bénéfices.

-

Situation matrimoniale : elle permet de percevoir la proportion des femmes qui ont
plus de responsabilités familiales.

-

Niveau d’éducation : elle permet de cerner le lien entre l’éducation et la gestion du
crédit.

-

Niveau de satisfaction : elle permet de percevoir la proportion des femmes ayant connu
une amélioration de leur autonomie.

2.4. La Saisie et le traitement des données
Pour l’analyse des données primaires recueillies, nous procédons à une analyse statistique, en
utilisant les graphiques, les tableaux croisés, ainsi que l’analyse des fréquences. Ces analyses
nous permettront de faire des regroupements d’informations en rubriques afin de tester nos
hypothèses formulées. Quant à l’analyse des données, la méthode est essentiellement
descriptive. Chaque hypothèse est présentée sous forme de thématique et les données sont
croisées en vue de sa vérification.
2.5. L’enquête de terrain
L’enquête s’est déroulée du 04 octobre 2022 au 02 novembre 2022 dans la commune rurale de
Saaba. Nous avons soumis un questionnaire individuel aux femmes bénéficiaires du microcrédit
et avons aussi procéder aux enregistrements de quelques entretiens.

II. Présentation de la Pan African Microfinance SA
1. Historique, missions et objectifs de la Pan African Microfinance
La Pan African Microfinance Burkina Faso (PMBF-SA) initialement appelé société de
financement de la petite entreprise (SOFIPE) a été créé en 2008 par la Banque Agricole et
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Commerciale du Burkina (BACB) avec de deux investisseurs sociaux Africaps et OIKO crédit
en vue de la pérennisation et de l’atomisation du programme Linkage géré depuis 1993 par la
BACB.
Elle a démarré ces activités de dépôt en Aout 2010 et ses activités de crédit en Février suite à
la fusion de la BACB par Ecobank Burkina, La PMBF-SA est devenue la filiale de
Microfinance du Groupe ECOBANK au BURKINA FASO.
Afin de donner une identité unique a toutes ses filiales de microfinance reflétant celle de
ECOBANK, le Groupe ETI a décidé de donner une même dénomination a l’ensemble de ses
structures de microfinance en Afrique.
Rappel du processus d’opérationnalisation de la SOFIPE. Il s’est déroulé en trois 3 grandes
étapes décrites ainsi qu’il suit :

Etapes
Incubation

Démarrage

Expansion

Description
• Avant Avril 2008 : mise en œuvre du projet Linkage par l’ex Banque Agricole
et Commerciale du Burkina (BACB). L’ambition de ce projet était d’établir
un lien de partenariat financier entre la banque et les groupements socioprofessionnels villageois en vue de la mobilisation de l’épargne et l’octroi du
crédit.
• Avril 2008 : création de la société et son immatriculation au registre du
commerce sous le n° BF OUA 2008 B2138 avec pour but de poursuivre
l’inclusion financière des groupes socio-professionnels marginalisés en
s’appuyant sur les acquis du projet Linkage précédemment initié par la BACB.
• Septembre 2009 : obtention de l’autorisation d’exercer de l’activité de
microfinance au Burkina Faso pour une durée de cinq ans (05 ans) (convention
n° C-13-09-0384/MEF/SG/DGTCP/DM).
• Aout 2010 : démarrage des activités de collecte de l’épargne auprès de la
clientèle à travers le guichet de Gounghin.
• Février 2011 : démarrage des activités d’octroi de crédit à la clientèle à travers
le guichet de Gounghin.
• Mai et Juin 2011 : ouverture à la clientèle des 2èmes et 3èmes guichets dans
la capitale de Ouagadougou notamment le guichet de Bendogo et Toessin.
• Février, Avril, Juillet et septembre 2012 : ouverture à la clientèle des 4ème,
5ème,6ème et 7ème guichet dont deux (2) à l’Ouest et deux (2) autres à l’Est
du pays.
• Septembre 2012 : obtention de l’agrément d’exercé de l’activité de
microfinance n° A-1312 0460/MEF/SG/DGTCP/DMF.

Source : Manuel de politique de la PMBF (2014)
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2. Les services offerts par la structure
La Pan African Microfinance offre une gamme variée de prestations à des personnes
regroupées en associations (ou groupes de solidarité), aux individus (femmes ou hommes)
et aux personnes morales.
2.1. La gamme des produits de crédit
•

Le crédit communautaire à double solidarité (CDS) : Il est destiné aux groupements,
coopérations mutuelles et associations formels de femmes ou d’hommes à vocation
sociale n’excédant pas trente (30) membres et qui sont organisée en sous-groupes de 3
à 5 personnes. Il est utilisé par le financement des activités économiques du type
production agro-Sylvio-pastorale, petit commerce embouche restauration, vente de
condiments, stockage ou commercialisation de céréales ou produits agricoles, vente de
produits manufactures, service et menées individuellement par chaque membre. Ces
activités peuvent être multiplies selon les périodes de l’année.

•

Le crédit solidaire micro-entreprise (CSM) ou crédit communautaire : Il est affecté aux
micros entrepreneurs femmes ou hommes regroupés en groupes de solidarité informels
restreints entre (3 et 5 personnes) vivant en milieu urbain ou rural. Leurs besoins de
financement sont de court terme et concernes les activités économiques du type
production AGRO-Sylvio-pastorale, petit

commerce, embouche, restauration,

transformation agro-alimentaire, l’artisanat, l’achat des marchandises pour revente à
l’Etat (commerce d’import/import l’achat des matières premières pour la
transformation), les activités artisanales, le financement d’opérations de stockage,
l’achat de petits équipements, d’animaux pour revente ou embouche.
•

Le crédit TIKALI : Il est destiné aux femmes pauvres des zones rurales organisées en
groupes d’épargne (GE) dont la taille varie de quinze à trente (15 à 30 membres). C’est
un fond de roulement utilise surtout pour le commerce et des activités agro-Sylviopastorales.

•

Le crédit individuel petite entreprise (CIPE) : Les clients potentiels sont les petites
entreprises commerciales, des artisanales, de transformation agro-alimentaire, des
anciens clients femmes et hommes du crédit micro-entrepreneur ou crédit
communautaire à double solidarité ou des nouveaux clients des deux (2) sexes. Il sert
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aux financements du besoin en fonds roulement notamment l’achat des marchandises
pour revente à l’Etat (import/export), des matières premières, des opérations des
stockages, approvisionnement en monnaie électronique, du préfinancement de marché,
des animaux pour revente ou embuche et d’acquisition de petit équipement productif.
•

Le crédit équipement productif (CEP): Il est destiné aux clients solvables du crédit
communautaire a doublé solidarité, du crédit solidaire micro-entrepreneurs, du crédit
individuel petite entreprises individuel et des nouveaux clients tous types. Il sert aux
financements des matériels ou équipements productifs.

•

Le crédit individuel à la consommation (CIC) : Les clients sont les salariés du secteur
privé, publics qui le désirent. Il sert à financer tout besoin de consommation individuel
(investissement, mobilier, commerciale…)
2.2. La gamme des produits d’épargne

Il s’agit des :
•

Dépôt à vue (ou dépôts courants) : ce produit d’épargne ordinaire permet à tout client
titulaire d’un compte, de pouvoir y effectuer des opérations de dépôts et de retraits de
fonds, qu’il ait ou non l’intention d’obtenir un crédit.

•

Dépôts à terme : c’est une opération qui consiste à bloquer pour un temps ; un montant
au profit de la PMBF SA moyennant une rémunération.

•

Epargne de garantie : il s’agit d’une épargne à déposer dans le compte du client avant
l’octroi du crédit. Cette épargne de garantie représente 20% du montant de crédit
demandé en milieu urbain pour les individus et les groupements de solidarité et 10% en
milieu rural pour les groupements d’épargne.

•

Tontine digitale : c’est une forme de collecte de proximité qui se fait quotidiennement
en général suivant la mise ou cotisation journalière du client avec une mise minimale de
1 000f.

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CHAPITRE III : ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS

Ce chapitre a pour objectif de présenter, d’analyser et d’interpréter les résultats obtenus à partir
des données collectées. Nous présenterons, en premier lieu, les caractéristiques sociodémographiques des individus qui composent notre échantillon. En second lieu, nous
présenterons les résultats de l’enquête sur l’effet du microcrédit sur l’autonomisation des
femmes.
I. Les caractéristiques socio-démographiques des personnes enquêtées et des groupes de
solidarité
1. Les caractéristiques socio-démographiques des enquêtées
1.1. Age des enquêtées
La question traitant de l’âge montre que l’échantillon est constitué de personnes adultes et
jeunes. En effet, la lecture du graphique 1 ci-dessous montre que la majorité des clients, soit
64,64 % ont une tranche d’âge comprise entre 30 et 50 ans. Ce résultat exprime la jeunesse des
clients de la caisse. Vient ensuite la tranche d’âge de moins de 30 ans avec une représentation
de 27,27 %. Enfin, pour la tranche d’âge de 50 à 70 ans nous notons une représentation de 9,9%.
Graphique 1: Age des enquêtées

Age des enquetées

9; 9%
27; 27%

Moins de 30 ans
Entre 30 à 50 ans
Entre 50 à 70 ans

64; 64%

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

1.2. Situation matrimoniale des enquêtées
Le tableau 1 ci-dessous présente la situation matrimoniale des personnes enquêtées. Les
données de ce tableau indiquent que l’échantillon est composé majoritairement de femmes
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mariées soit 54.7%. Il s’agit du mariage coutumier, du mariage légal ou du mariage de fait.
Ensuite, notre échantillon compte 9 célibataires soit 10.4 % et un nombre considérable de
veuves soit 32.6%. Enfin, un nombre négligeable de divorcés, soit 2,3%.
Tableau 1: Répartition des enquêtées selon la situation matrimoniale
Situation

Effectifs

Pourcentage

mariée

47

54.7

célibataire

9

10.4

veuve

28

32.6

divorcée

2

2.3

Total

86

100

matrimoniale

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

1.3. Nombre de personnes à charge
Les données de notre enquête montrent d’abord que le nombre de personnes qui sont sous la
charge des enquêtées varie entre 2 et 9. Ensuite, le graphique no2 ci-dessous montre que 56.8
% des enquêtées ont sous leur charge entre 3 et 6 personnes, 30.7 % ont plus de 6 personnes à
charge et 12.5 % ont moins de 3 personnes à charge.
Graphique 2: Nombre de personnes à charge

Nombre de personnes à charge
30,7

Moins de 3 personnes
12,5

Entre 3 et 6 personnes
Plus de 6 personnes

56,8

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

14

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1.4. Niveau d’éducation
Le tableau 2 ci-dessous nous renseigne sur le niveau d’éducation des personnes enquêtées. La
lecture du tableau nous permet de constater que 29 % des enquêtées sont des analphabètes ; ce
qui n’est pas un taux négligeable. Ensuite, 40.7 % des personnes enquêtées ont été alphabétisées
(il s’agit de l’alphabétisation en langues nationales) ; 14 % des interrogées qui ont fait des
études primaires. Enfin, 12.8 % des enquêtées affirment avoir poursuivi des études jusqu’au
premier cycle du secondaire contre 3.5 % qui sont parvenues au second cycle du secondaire.
Tableau 2: Répartition des enquêtées selon le niveau d’éducation
Niveau d’instruction

Effectif

Pourcentage

Aucun

25

29

Alphabétisation

35

40.7

Primaire

12

14.0

premier 11

12.8

Secondaire
cycle

Secondaire second cycle

3

3.5

Total

86

100

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

2. Les caractéristiques des groupes de solidarité
2.1. Constitution des groupes de solidarité par type d’affiliation
Les données de notre enquête montrent que les groupes de solidarité se sont constitués soit par
l’amitié, soit par le voisinage, soit par la parenté. Le graphique no3 ci-dessous montre que c’est
le voisinage au marché et/ou dans le quartier qui a permis à la majorité des clients (44%) de
constituer leur groupe de solidarité. Cette proximité permet aux clients de renforcer leurs liens
sociaux et de cultiver la solidarité entre eux. Vient ensuite le regroupement selon la parenté
31%. L’amitié a aussi intéressé les clients (25%) dans la constitution de leur groupe.

15

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Graphique 3: Constitution des groupes de solidarité selon le type d’affiliation

Affiliation avec les autres membres du
groupe

25%
Amis

44%

Parents et proches
Voisinage
31%

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

2.2. Relation entre le type d’affiliation et le montant du crédit octroyé
Le tableau 3 montre que la proportion des clients qui contracte un crédit varie en fonction du
type d’affiliation. Ainsi, 66,67% des clients ont contracté le plus grand montant de crédit
(+500 000F CFA) à travers le voisinage au marché et/ou dans le quartier. Cela s’explique par
le fait que le voisinage, de par sa proximité, permet aux groupes de se concerter régulièrement
afin de rembourser à temps le crédit contracté. En outre, la parenté a été utilisée comme type
d’affiliation pour contracter du crédit d’un faible montant (100 000F CFA). En effet, 61% des
clients interrogés ont contracté la somme de 100 000F CFA à travers la parenté.

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Tableau 3: Relation entre le type d’affiliation et le montant du crédit obtenu (en %)
Type

Montant du crédit obtenu

d’affiliation
100000

150000

200000

300000

400000

500000

+500000 Total

0

10

9.1

42.86

40

66.67

0

18

et 61

70

9.1

28.57

10

0

33.33

29

Voisinage

39

20

81.8

28.57

50

33.33

66.67

39

Total

100

100

100

100

100

100

100

86

Amis
Parents
proches

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

II. Effets du microcrédit sur l’augmentation des activités commerciales des femmes
L’analyse de l’effet du crédit sur le renforcement des activités génératrices de revenu des clients
de la PMBF nous permettra de tester l’hypothèse selon laquelle l’octroi du crédit augmente les
revenus des femmes et leur permet d’agrandir leurs commerces. Cette analyse sera abordée sur
plusieurs points. On s’intéressera surtout au chiffre d’affaire, au bénéfice réalisé et aux
investissements.
1. Le secteur d’activité
L’analyse du tableau 4 ci-dessous montre que les clients s’intéressent à plusieurs domaines
d’activités. Ainsi, il ressort que 47,8% des enquêtées exercent dans le commerce contre 23,2%
qui sont dans la coiffure. Particulièrement les femmes qui font le tissage sont les plus organisées
car, à les entendre, dans toute la chaine de production il y a une organisation collective. Le
domaine de la transformation est le plus faiblement représenté avec seulement 2,3% des
enquêtées.

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Tableau 4: Répartition des clientes par secteur d’activité
Domaine d’activité

Effectifs

Pourcentage

Commerce

41

47.8

Tissage

15

17.4

Coiffure

20

23.2

Restauration

8

9.3

Transformation

2

2.3

Total

86

100

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

2. Effets du crédit sur le chiffre d’affaires
A la lumière des données de notre enquête nous constatons que 79 femmes soit 91.86 % des
personnes interrogées ont enregistré une augmentation de leurs ventes au cours de l’année
contre 7 personnes qui déclarent le contraire. Nous notons alors un effet positif du crédit sur le
chiffre d’affaires annuel des bénéficiaires. Cela s’explique par le fait que les clients, avant
l’octroi du crédit, ne disposent pas de fonds nécessaires pour mener à bien leurs activités. Mais
avec le crédit en main, ces clients disposent de fonds qui leur permettent de booster leurs
activités. Les femmes qui exercent par exemple dans le domaine du tissage arrivent à se
procurer de la laine en quantité suffisante pour leur activité, ce qui leur permet d’augmenter
leur production.
3. Effets du crédit sur le bénéfice annuel des femmes
Le graphique 4 ci-dessous montre l’effet positif du crédit sur le bénéfice annuel des
bénéficiaires. L’effet positif du crédit sur le chiffre d’affaires se ressent aussi sur le bénéfice
annuel des clients. En effet, la lecture du graphique montre d’abord qu’avant leur accès au
crédit, 21.4% des enquêtées réalisaient un bénéfice annuel compris entre 200 000 et 300 000F
CFA. Ce bénéfice annuel avant le crédit était aussi compris entre 300 000 et 400 000F CFA
pour 59.7% contre 14.6% qui réalisait un bénéfice annuel avant le crédit entre 400 000 et
600 000F CFA.
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Après l’accès des clients au crédit, nous constatons une amélioration du niveau de leur bénéfice.
En effet, dans la tranche de bénéfice annuel après le crédit de 200 000 à 300 000F CFA on
constate un décalage très net, la proportion passant de 21.4% à 8.9%, soit une baisse de 12.5%.
L’apport du crédit a donc permis à un grand nombre de personnes de réaliser des bénéfices
supérieurs à la tranche de 200 000 à 300 000F CFA. Globalement, selon notre enquête, on
constate que 31.6% des clients ont réalisé un bénéfice après crédit compris entre 400 000 et
600 000F CFA, soit un écart de 17%. On note aussi qu’après le crédit 12,3% des enquêtées ont
réalisé le plus grand bénéfice. Au regard de ces résultats, on peut affirmer que le crédit a eu un
effet positif sur le bénéfice annuel des clients.
Graphique 4: Effets du crédit sur le bénéfice annuel (en %)

Effet du crédit sur le bénéfice
70
59,7

60

47,2

50
40

31,6
30
21,4
20
10

14,6

12,3

8,9
4,3

0
200 000 à 300 000F

300 000 à 400 000 F
Bénéfice avant le crédit

400 000 à 600 000F

600 000F et plus

Bénéfice après le crédit

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

3.1. Relation entre le bénéfice après le crédit et l’investissement
Le tableau 5 ci-dessous nous fait constater que 79.05% des enquêtées ont pu réaliser un
investissement dans leurs activités. Nous remarquons que les personnes qui ont enregistré la
plus grande part de bénéfice sont celles qui ont réalisé des investissements. Ainsi, 97.3% de
celles qui ont atteint le plus grand niveau de bénéfice annuel après crédit (600 000F et plus) ont
pu réaliser un investissement. Il s’agit particulièrement des moyens de transport (motos, vélos
dame,), des équipements de production (machines à tisser, matériel pour la coiffure …). Nous

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avons une cliente qui a affirmé ceci « avec le crédit de 250 000F j’ai agrandi l’activité et j’ai pu
acheter une moto de 700 000F pour ma fille ».
Tableau 5: Relation entre le bénéfice annuel après le crédit et la réalisation d’un
investissement (en %)
Bénéfice après crédit

Réalisation d’un investissement

Total

OUI

NON

200 000 à 300 000F

42

58

100

300 000 à 400 000F

86.4

13.6

100

400 000 à 600 000F

90.5

9.5

100

600 000F et plus

97.3

2.7

100

Total

79.05

20.95

100

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

3.2. Relation entre le bénéfice après le crédit et le domaine d’investissement
Les données de notre enquête montrent clairement que les domaines d’investissement dans
lesquels les clients se sont intéressés concernent notamment les équipements de production, les
moyens de transport et bien d’autres. Il faut noter tout d’abord que 5.77% des clients affirment
n’avoir pas investi dans aucun domaine. Ensuite, nous constatons qu’un grand nombre des
personnes interrogées ont investi dans les moyens de transport, ce qui met en exergue la
mobilité des clients de la caisse quand on sait que plusieurs femmes mènent le commerce
ambulant. En effet, pour la tranche de bénéfice réalisé après crédit comprise entre 400 000 et
600 000F CFA, 57,1% ont investi dans les moyens de transport contre 28,6% dans les
équipements de production (confère tableau 6 ci-dessous). Les moyens de transport dont il est
question se résume à des motos pour certaines ou à des vélos pour d’autres. Quant aux moyens
de production, on retrouve des machines à tisser, des matériaux de fabrication de savon, des
machines servant pour la coiffure, etc.

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Tableau 6: Relation entre le bénéfice annuel après le crédit et le domaine d’investissement
(en %)
Domaine d’investissement
Bénéfice après crédit

Aucun

Equipements

Moyens de

Total
Autres

de production transport
200 000 à 300 000F

0

100

0

0

100

300 000 à 400 000F

13.6

14.8

58

13.6

100

400 000 à 600 000F

9.5

28.6

57.1

4.8

100

0

63

37

0

100

5.77

51.6

38.02

4.61

100

600 000F et plus
Total

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

3.3. Relation entre le bénéfice après le crédit et le domaine d’activité
Les données de notre enquête font ressortir que le nombre de clients qui réalisent le bénéfice de
montant plus important varie selon le domaine d’activité. En effet, le tableau 7 ci-dessous
montre que ceux qui réalisent le bénéfice annuel après crédit le plus élevé (600 000F et plus)
exercent dans les domaines du commerce (50%) et de la restauration (28.4%). On peut alors
retenir que les clients exerçant dans le domaine du commerce et de la restauration réalisent plus
de bénéfice que ceux exerçant d’autres types d’activités. Une commerçante nous confia ceci : «
Avec le crédit de 650 000F que j’ai contracté avec la PMBF j’ai pu me procurer des
marchandises notamment des pagnes en gros à moindre coût, ce qui m’a permis de réaliser plus
de bénéfice qu’auparavant ».

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Tableau 7: Relation entre le bénéfice annuel après le crédit et le domaine d’activité (en %)
Domaine d’activité

Bénéfice après
crédit

Commer Tissage Coiffure

Total

Restauration Transfo

ce

rmation

200 000 à 300 000F

0

0

21

3

76

100

300 000 à 400 000F

54.5

22.4

18.6

4.5

0

100

400 000 à 600 000F

38.1

38.1

4.8

14.3

4.8

100

50

0

21.6

28.4

0

100

35.65

15.12

16.5

12.55

20.18

100

600 000F et plus
Total

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

3.4. Relation entre le bénéfice après le crédit et l’extension de l’activité
Le tableau 8 ci-dessous fait ressortir la relation existant entre le bénéfice après crédit et
l’extension de l’activité. Nous notons globalement que 71.72% des clients déclarent avoir
étendu leur activité par le démarrage de nouvelles activités contre 28.28%. Il ressort que le
bénéfice a permis aux clientes d’étendre leurs activités. En effet, 62.8% de ceux qui ont
engrangé un bénéfice annuel compris entre 400 000 et 600 000F ont pu étendre leur activité.
Quant à la tranche de bénéfice annuel la plus élevée (600 000F et plus), 67% ont pu étendre
leurs activités. Une femme affirme dans ce sens « avec le crédit de 300 000F j’ai pu associer la
vente de boissons gazeuses à la vente du dolo, ce qui me rapporte plus ». On note alors un effet
positif du bénéfice sur l’extension de l’activité des femmes.

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Tableau 8: Relation entre le bénéfice annuel après le crédit et l’extension de l’activité (en %)
Bénéfice après crédit

Extension de l’activité

Total

OUI

NON

200 000 à 300 000F

100

0

100

300 000 à 400 000F

57.1

42.9

100

400 000 à 600 000F

62.8

37.2

100

67

33

100

71.72

28.28

100

600 000F et plus
Total

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

Les résultats de notre analyse ont démontré que le crédit a un effet sur la situation économique
en ce sens qu’il permet à une bonne partie des clients d’augmenter le volume de leurs ventes et
de réaliser des bénéfices. Il contribue également à l’extension des activités des bénéficiaires.
Ainsi notre première hypothèse qui stipule que « l’octroi du crédit augmente les revenus des
femmes et leur permet d’agrandir leurs commerces » se trouve validée.

III. Effets du microcrédit sur le bien-être et l’épanouissement des femmes
1. Contribution du crédit à la prise en charge des dépenses familiales
Il convient de rappeler que notre échantillon est constitué de femmes toutes clientes de PMBF
SA. Le graphique 5 ci-dessous fait apparaître l’effet du crédit sur la prise en charge des dépenses
familiales. Ainsi, avant le crédit, 29.1% des personnes enquêtées affirment qu’elles ne
participaient pas à la prise en charge des dépenses et 60,4% contribuaient aux dépenses.
Après le crédit nous remarquons que seulement 4.3% ne participent pas aux dépenses, soit un
écart de 24,8. En revanche, la totalité des dépenses est prise en charge par 36.8% des enquêtées
(soit un écart de 26.3). Il ressort alors que le crédit permet aux clients de s’impliquer dans les
dépenses familiales. Ils arrivent à pourvoir aux besoins quotidiens de leurs familles et cela
améliore sans doute leur bien-être.

23

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Graphique 5: Contribution du crédit à la prise en charge des dépenses

70

60,4 58,9

60
50
40

36,8
29,1

30
20

10,5
4,3

10
0
non

oui, la totalité

oui, une partie

prise en charge des dépenses avant le crédit
prise en charge des dépenses après le crédit
Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

2. Effet du crédit sur la scolarisation des enfants
La majorité de nos enquêtées affirment avoir au centre de leurs dépenses la scolarisation de
leurs enfants. Le graphique 6 ci-dessous montre l’incidence du crédit sur la scolarisation des
enfants. Avant le crédit, 41.9% des enquêtées contribuaient à la scolarisation de leurs enfants
contre 58.1% qui ne contribuaient pas. Il faut noter que cette contribution était partielle car
certaines femmes ont eu à déclarer qu’elles ne font qu’épauler leur mari.
Après le crédit, 87.6% arrivent à contribuer à la scolarisation des enfants (ce taux passe de
41.9% à 87.6%). Ce qui explique un effet positif du crédit sur la scolarisation des enfants.

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2022

Graphique 6: Effet du crédit sur la scolarisation des enfants

87,6
90
80
70

58,1

60
50

41,9

40
30

12,4

20
10
0
Oui

Non

Scolarisation des enfants avant le crédit

Scolarisation des enfants après le crédit

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

Au regard de ces résultats, on ne peut nier l’effet du crédit sur la scolarisation des enfants. Les
clients (les femmes particulièrement) arrivent à soutenir leur conjoint à travers entre autres
l’achat de kits scolaires, le paiement de la scolarité ou l’argent de poche des enfants. Nous allons
donc nous pencher sur le niveau de santé des clients après leur accès au crédit.
3. Effet du crédit sur la prise en charge des frais sanitaires
Le graphique 7 ci-dessous montre qu’avant le crédit 73% des personnes enquêtées contribuaient
aux dépenses pour la santé de leur famille contre 27% qui ne contribuaient pas.
Après le crédit nous constatons une amélioration. En effet, 92.4% arrivent à contribuer aux
dépenses sur le plan sanitaire (soit un écart de 19.4). On perçoit alors un effet positif du crédit
sur la santé des clients. Mais le crédit à lui seul ne peut pas influer sur le bien-être des ménages,
c’est son bon usage qui permet aux clients de générer des bénéfices et de participer aux dépenses
sanitaires de leur famille.

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2022

Graphique 7: Effet du crédit sur la santé des femmes

92,4

100
90
80

73

70
60
50
40

27

30
20

7,6

10
0
Prise en charge des frais
sanitaires avant le crédit

Prise en charge des frais
sanitaires après le crédit
Oui

Non

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

4. Effet du crédit sur l’estime de soi
Le graphique 8 ci-dessous montre l’effet du crédit sur le niveau de l’estime de soi des femmes.
Les données de l’enquête montrent que 76.26% ont constaté une amélioration de leur niveau
d’estime de soi après avoir contracté le crédit. Lors de nos enquêtes, un commerçant nous confia
ceci : « avec l’apport du crédit, je me sens plus utile et fière de pouvoir subvenir aux besoins de
mes enfants ». Par contre, 23.74% des enquêtées ne voient aucun effet sur leur niveau d’estime
de soi.

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2022

Graphique 8: Effet du crédit sur l’estime de soi

Estime de soi

23,74
Je me sens plus utile à ma
famille
ni plus ni moins
76,26

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

5. Effet du crédit sur la vie morale et relationnelle des femmes
Les données de notre enquête montrent que le crédit a une répercussion sur le moral des
clients. En effet, selon le graphique 9 ci-dessous 61.2% des personnes interrogées déclarent
avoir un bon moral avec l’apport du crédit ; c’est-à-dire que ces personnes se sentent moins
stressées et moins tendues qu’avant le crédit, elles jugent leur moral meilleur qu’avant l’accès
au crédit. De l’autre côté, 29.8% affirment que rien n’a changé dans leur moral.
Globalement, le crédit a eu un effet positif sur le moral des clients interrogés. Mais le crédit à
lui seul ne peut améliorer le moral, il s’agit notamment de l’usage qui en est fait.
Graphique 9: Effet du crédit sur le moral

Sentiment d'être tendu ou stressé

29,8
9
Moins qu'avant le crédit
Ni plus ni moins
Ne sais pas
61,2

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�Effets du microcrédit sur l’autonomisation des femmes de la commune de Saaba : cas de la
Pan African Microfinance SA

2022

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

En plus de son impact sur le moral, le crédit a aussi un impact sur le relationnel des clients. En
effet, 42.6% des clients affirment être plus à l’aise avec les proches qu’avant le crédit (confère
graphique 10 ci-dessous). Ces personnes disent avoir constaté un changement dans leur
relationnel depuis leur accès au crédit, soit avec leur conjoint(e) soit avec leurs proches. De
l’autre côté 51.4% des interviewées ne voient aucun effet du crédit sur leur vie relationnelle.
Graphique 10: Effet du crédit sur la vie relationnelle

Sentiment d'être à l'aise avec les
proches

51,4

6
Plus qu'avant le crédit
Ni plus ni moins
Ne sais pas
42,6

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

6. Satisfaction globale
La graphique 11 ci-dessous montre la satisfaction globale des personnes interrogées vis-à-vis
du crédit. 41.8% des enquêtées disent être très satisfaites d’avoir eu recours au crédit contre
9.4% qui affirment le contraire. La satisfaction des clients a plusieurs motifs : certains se disent
satisfaits parce qu’ils ont pu réaliser des projets ou des investissements, d’autres trouvent leur
satisfaction dans l’accessibilité même du crédit communautaire.

28

�Effets du microcrédit sur l’autonomisation des femmes de la commune de Saaba : cas de la
Pan African Microfinance SA

2022

Graphique 11: Satisfaction envers le microcrédit

Satisfaction d'avoir eu recours au
crédit
9,4
15,1
Oui, beaucoup
33,7

Oui, moyennement
Non, pas tellement
Ne sais pas
41,8

Source : Construit par l’auteur à partir des données de l’enquête (Octobre 2022)

De ces résultats il ressort que le crédit a une incidence sur le bien-être social des femmes. En
effet, la majeure partie des clientes trouvent que leurs conditions de vie et de santé se sont
améliorées grâce au crédit. Elles arrivent à mieux scolariser leurs enfants, à assurer les
paiements des ordonnances médicales et à élever leur niveau de consommation. Aussi, plusieurs
se sentent moins tendues et moins stressées qu’avant le crédit, leur moral a été amélioré avec
l’apport du crédit.
Au vue de ces résultats nous pouvons affirmer que notre deuxième hypothèse selon laquelle
« l’accès des femmes au crédit leur permet de s’épanouir et de se sentir plus utiles à la société »
est confirmée.

29

�Effets du microcrédit sur l’autonomisation des femmes de la commune de Saaba : cas de la
Pan African Microfinance SA

2022

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

L’objectif général de cette étude était d’analyser l’effet du microcrédit sur l’autonomisation des
femmes bénéficiaires à travers une étude descriptive (analyse des fréquences, des graphiques et
des tableaux croisés). L’étude s’est portée sur le cas du crédit octroyé aux groupes de solidarité
composés de femmes par la PMBF SA.
Nous avons eu à formuler deux hypothèses : notre première hypothèse stipule que « l’octroi du
crédit augmente les revenus des femmes et leur permet d’agrandir leurs commerces » et la
deuxième hypothèse présumait que « l’accès des femmes au crédit leur permet de s’épanouir et
de se sentir plus utiles à la société ».
Pour vérifier ces hypothèses sur le terrain, nous avons administré un questionnaire aux membres
des groupes de solidarité bénéficiaires du crédit dans la commune rurale de Saaba.
Au regard des résultats présentés ci-dessus, notre première hypothèse se trouve être validée. En
effet, nous avons constaté avec admiration que 93,48% des clients ont enregistré une
augmentation du volume de leurs ventes, ce qui a eu une répercussion sur leurs bénéfices
annuels. Ainsi, 21,7% des enquêtées ont réalisé le bénéfice annuel le plus élevé (1 600 000F et
plus) après l’accès au crédit.
La deuxième hypothèse a aussi été confirmée par les résultats. En effet, 36,8% des enquêtées
sentent une amélioration dans la prise en charge de leurs dépenses familiales, 87,6% injectent
une partie des profits réalisés dans la scolarité de leurs enfants et 92,4% trouvent que leur niveau
de santé s’est amélioré. L’effet du crédit se fait sentir aussi sur le relationnel et le moral des
clients. Les résultats ont montré que 61,2% des enquêtées se sentent moins tendues et moins
stressées qu’avant le crédit et 42,6% ont vu leur relation avec les proches s’améliorée.
Au terme de cette étude, nous pouvons conclure que le crédit a un effet sur l’autonomisation
des femmes dans une moindre mesure.
Comme suggestions en vue d’améliorer l’accès au crédit et son impact sur l’autonomisation des
femmes, nous proposons ce qui suit :
-

Promouvoir les services d’accès au crédit ;

30

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-

2022

Une intensification de la formation accordée aux membres des groupes de solidarité
(GS) ;

-

Une formation spécifique sur la tenue des comptes puisque certains clients ne disposent
pas de cahiers de comptent (cahier de recettes-dépenses, cahiers des stocks, cahier de
caisse, etc.), ils font les comptes au jour le jour ;

-

Un bon encadrement des GS à travers la proximité ;

-

Un encouragement à l’égard des membres fidèles et dynamique ;

-

Accentuer la collecte de l’épargne auprès des clients afin de sécuriser leurs avoirs.

Comme tout travail scientifique, notre travail présente certainement quelques limites, mais nous
osons croire qu’il contribuera à l’amélioration du secteur de la micro finance. D’autres
personnes pourront certainement l’étendre dans d’autres domaines en l’approfondissant à
travers d’autres méthodes d’études plus commodes.

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�Effets du microcrédit sur l’autonomisation des femmes de la commune de Saaba : cas de la
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BIBLIOGRAPHIE

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Budget, M. d. (2012). Stratégie nationale de Microfinance et Plan d'actions 2012-2016.
Ouagadougou.
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développement: cas du Programme d'Appui aux Filières Agro-Sylvo-Pastorales (PAFASP).
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https://www.lamicro-finance.org
https://www.mays.mouissi.com
https://www.micro-finance.lu
https://www.microworld.org
https://beijing20.unwomen.org/fr/news-and-events/stories/2014/10/oped-muhammad-yunus

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https://www.creditcommunautaire.com/

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ANNEXE
Fiche individuelle d’enquête
No :…..
I.
1.
2.
3.
4.
5.

Identité et profil socio-économique de l’enquêté
Nom :………………………………………………
Prénom :……………………………………………
Profession :…………………………………………
Age (en années) : ………
Niveau d’éducation :
0. Aucun /__/
1. Alphabétisation /__/
2. Primaire /__/
3. Secondaire premier cycle /__/
4. Secondaire second cycle /__/
5. Universitaire premier cycle /__/
6. Universitaire second cycle /__/
7. Universitaire troisième cycle /__/

7. Etes- vous chef de ménage ? 1. Oui /__/ 0. Non /__/
Si non, qui est le chef de ménage ? 1. Epoux /__/

2. Père /__/ 3. Mère /__/

8. Situation matrimoniale de l’enquêté
1. Marié /__ / 2. Célibataire /__/ 3.Veuf/ Veuve /__/ 4. Divorcé /__/
9. Combien d’enfants avez-vous ?
a. 0 à 5 ans /__/
b. 6 à 12 ans /__/
c. 13 à 15 ans /__/
d. 16 à 20 ans /__/
e. 21 ans et plus /__/

II.

Connaissances générales sur le crédit communautaire
1. Quelle a été la source de vos financements au démarrage de votre activité ?

a. Epargne personnelle /__/ b. Tontine /__/ c .Contribution du conjoint/__/
2. Avez-vous accès au crédit communautaire ?
1.Oui /__/ 0. Non /__/

IX

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3. Avez-vous souscrit à un autre crédit en dehors du crédit communautaire ?
1.Oui /__/ 0. Non /__/
Si Oui, quel était le montant de ce crédit ?/______________________/
4. Depuis combien de temps (en années) souscrivez-vous à ce crédit ? /_______/
5. Quels sont les liens qui existent entre vous et les autres membres du
groupe auquel vous appartenez?
a. Amis /__/ b. Parents et proches /__/ c.Voisinage /__/ d. Aucun lien /__/
6. Quel est l’effectif total des membres de votre groupe ? /_____/
7. Quel est le montant du crédit que vous avez contracté avec Pan African
Microfinance ?
/_________________________/
8. A quel cycle de crédit souscrivez-vous ?...................................................
9. Un membre de votre groupe a-t-il déjà été exclu d’un cycle de crédit ?
1.Oui /__/ 0.Non /__/
Si oui, pourquoi ?
…………………………………………………………………………………………………
III.

Effet du crédit communautaire sur les activités génératrices de revenu des
bénéficiaires?
1. Quelle est l’activité que vous menez actuellement ?

a.Commerce /__/ b.Restauration /__/ c. Artisanat /__/ d.Autres
(Préciser)……………………………
2. Depuis combien de temps (en années) exercez-vous votre activité ?
/__________/
3. Le crédit communautaire a-t-il contribué à l’augmentation de votre chiffre
d’affaire ? 1.Oui /__/ 0.Non /__/
4. Pouvez-vous nous donner le montant de votre chiffre d’affaire annuel ?
/_______________________________/
5. Quel est le montant de votre bénéfice annuel avant le crédit ?
/__________________________/
6. Quel est le montant de votre bénéfice annuel après le crédit ?
/__________________________/
7. Votre activité vous a permis de réaliser un investissement ?
1.Oui /__/ 0.Non /__/
8. Dans quels domaines avez-vous investis ?
X

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1.Equipement de production /__/ 2.Moyens de transport /__/ 3.Autres
(Préciser)…………………………………………………………………………………
9. Le crédit communautaire vous a-t-il permis d’associer de nouvelles activités à
votre activité de base ? 1.Oui /__/ 0.Non /__/
10. Si oui, quelles sont ces activités ?
1. ………………………. 2. …………………………… 3……………………………….
IV.
Effet du crédit communautaire sur le bien-être des ménages
1. Combien de personnes avez-vous en charge ? /______/
2. Votre conjoint est-il au courant du crédit que vous contracté ? 1.Oui/__/ 0.Non/__/
3. Avez-vous son aval ? 1. Oui /__/ 0. Non /__/
4. Supportez-vous une partie des dépenses de la famille ? 1. Oui /__/ 0. Non /__/
5. Supportez-vous seule toutes les dépenses de la famille ? 1. Oui /__/ 0.Non /__/
6. Sentez-vous une amélioration dans la prise en charge de ces dépenses avec l’apport
du crédit? 1. Ou i/__/ 0. Non /__/
Si oui, Expliquez..........................................................................................................................
7. Utilisez-vous les profits réalisés grâce au crédit pour régler la scolarité de vos
enfants ? 1. Oui /__/ 0. Non /__/
8. Pouvez-vous dire que le crédit a contribué aux paiements de vos ordonnances
médicales ? 1. Oui /__/ 0. Non /__/
9. Que pouvez-vous dire de votre niveau de consommation après avoir contracté le
crédit ?
1.Amélioré /__/ 2.Inchangé /__/ 3.Détérioré /__/
10. Depuis l’obtention du crédit, avez-vous le sentiment d’être tendu, stressé ?
1.Moins qu’avant le crédit /_/ 2.Plus qu’avant le crédit /_/ 3.Ni plus, ni moins /_/
4.Ne sais pas /_/
11. Depuis l’obtention du crédit, vous sentez-vous à l’aise avec vos proches ?
1.Plus qu’avant le crédit /_/ 2.Ni plus, ni moins /_/ 3.Moins qu’avant le crédit /_/
4.Ne sais pas/_/
12. Globalement, êtes-vous satisfait d’avoir eu recours au microcrédit ?
1.Oui beaucoup /_ / 2.Oui moyennement /_/ 3.Non pas tellement /_/ 4.Non pas du tout /_/
5.Ne sais pas /_/
Vos suggestions à l’endroit de la
caisse :…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………X

XI

�Effets du microcrédit sur l’autonomisation des femmes de la commune de Saaba : cas de la
Pan African Microfinance SA

2022

TABLE DES MATIERES
SOMMAIRE ..............................................................................................................................I
DEDICACES ........................................................................................................................... II
REMERCIEMENTS ............................................................................................................. III
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS ........................................................................ IV
LISTE DES GRAPHIQUES .................................................................................................. V
LISTE DES TABLEAUX ...................................................................................................... VI
RESUME……………………………………………………………………………………VII
INTRODUCTION .................................................................................................................... 1
CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LITTERATURE .................... 3
I.

Définition des concepts.................................................................................................. 3
1.

Le microcrédit.............................................................................................................. 3

2.

La confiance ................................................................................................................ 3

3.

L’autonomisation économique .................................................................................... 4

II. Revue de la littérature ................................................................................................... 4
1.

Microcrédit et productivité des entreprises des femmes ............................................. 4

2.

Microcrédit et autonomisation des femmes ................................................................. 5

CHAPITRE II : PRESENTATION DE LA PAN AFRICAN MICROFINANCE ET
METHODOLOGIE DE RECHERCHE ................................................................................ 7
La méthodologie de l’étude........................................................................................... 7

I.
1.

Justification du choix de la méthode d’évaluation ...................................................... 7

2.

Méthodologie pour l’enquête de terrain ...................................................................... 7
2.1.

Choix de la zone d’étude ...................................................................................... 7

2.2.

Constitution de l’échantillon ................................................................................ 8

2.3.

Techniques, outils, types de données collectées et variables de l’étude .............. 8

2.4.

La Saisie et le traitement des données .................................................................. 9

2.5.

L’enquête de terrain ............................................................................................. 9
XII

�Effets du microcrédit sur l’autonomisation des femmes de la commune de Saaba : cas de la
Pan African Microfinance SA

2022

II. Présentation de la Pan African Microfinance SA....................................................... 9
1.

Historique, missions et objectifs de la Pan African Microfinance .............................. 9

2.

Les services offerts par la structure ........................................................................... 11
2.1.

La gamme des produits de crédit ........................................................................ 11

2.2.

La gamme des produits d’épargne ..................................................................... 12

CHAPITRE III : ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS ................... 13
I. Les caractéristiques socio-démographiques des personnes enquêtées et des groupes
de solidarité ......................................................................................................................... 13
1.

2.

Les caractéristiques socio-démographiques des enquêtées ....................................... 13
1.1.

Age des enquêtées .............................................................................................. 13

1.2.

Situation matrimoniale des enquêtées ................................................................ 13

1.3.

Nombre de personnes à charge........................................................................... 14

1.4.

Niveau d’éducation ............................................................................................ 15

Les caractéristiques des groupes de solidarité ........................................................... 15
2.1.

Constitution des groupes de solidarité par type d’affiliation ............................. 15

2.2.

Relation entre le type d’affiliation et le montant du crédit octroyé ................... 16

II. Effets du microcrédit sur l’augmentation des activités commerciales des femmes
177
1.

Le secteur d’activité................................................................................................... 17

2.

Effets du crédit sur le chiffre d’affaire ...................................................................... 18

3.

Effets du crédit sur le bénéfice annuel des femmes ................................................... 18
3.1.

Relation entre le bénéfice après le crédit et l’investissement ............................ .19

3.2.

Relation entre le bénéfice après le crédit et le domaine d’investissement ......... 20

3.3.

Relation entre le bénéfice après le crédit et le domaine d’activité ..................... 21

3.4.

Relation entre le bénéfice après le crédit et l’extension de l’activité ................. 22

III. Effets du microcrédit sur le bien-être et l’épanouissement des femmes ................. 23
1.

Contribution du crédit à la prise en charge des dépenses familiales ......................... 23

XIII

�Effets du microcrédit sur l’autonomisation des femmes de la commune de Saaba : cas de la
Pan African Microfinance SA

2022

2.

Effet du crédit sur la scolarisation des enfants .......................................................... 24

3.

Effet du crédit sur la prise en charge des frais sanitaires ........................................... 25

4.

Effet du crédit sur l’estime de soi .............................................................................. 26

5.

Effet du crédit sur la vie morale et relationnelle des femmes.................................... 27

6.

Satisfaction globale.................................................................................................... 27

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS .................................................................... 30
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 33
ANNEXE ................................................................................................................................. IX
TABLE DES MATIERES ................................................................................................... XII

XIV

�</text>
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        <elementSet elementSetId="1">
          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
          <elementContainer>
            <element elementId="50">
              <name>Title</name>
              <description>A name given to the resource</description>
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                <elementText elementTextId="1">
                  <text>DROIT - ÉCONOMIE -  GESTION</text>
                </elementText>
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            <element elementId="49">
              <name>Subject</name>
              <description>The topic of the resource</description>
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                <elementText elementTextId="2">
                  <text>ÉCONOMIE - DROIT - GESTION</text>
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            <element elementId="41">
              <name>Description</name>
              <description>An account of the resource</description>
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                <elementText elementTextId="3">
                  <text>La collection Droit économie et gestion (DEG) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières droit, économie et gestion.</text>
                </elementText>
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      <elementSet elementSetId="1">
        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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          <element elementId="50">
            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
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              <elementText elementTextId="69">
                <text>Les effets du microcrédit sur l'autonomisation des femmes de la commune de Saaba : cas de la PAN African Microfinance SA</text>
              </elementText>
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            <name>Description</name>
            <description>An account of the resource</description>
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              <elementText elementTextId="70">
                <text>La microfinance apparait de plus en plus comme un outil d’émancipation et de promotion de la condition féminine. Les objectifs visés par la microfinance sont multiples ; il s’agit entre autres de stabiliser et professionnaliser leurs activités, d’augmenter leurs revenus, de faciliter leur indépendance financière et d’améliorer leur statut au sein de la famille.&#13;
Cette présente étude se penche sur la contribution du microcrédit dans l’autonomisation économique des femmes. Il s’agit spécifiquement de cerner d’une part l’effet du microcrédit &#13;
sur la croissance des activités commerciales des femmes bénéficiaires et d’autre part d’élucider la part contributive du microcrédit dans l’épanouissement social de la femme.&#13;
L’analyse des données nous révèle que plus de 93% des femmes bénéficiaires du microcrédit enregistrent une augmentation du volume de leurs ventes, ce qui se répercute nécessairement &#13;
sur leurs bénéfices annuels. De même, leur vie relationnelle et morale s’est améliorée avec l’apport du microcrédit. En somme, l’accès de ces femmes au microcrédit leur permet de s’assurer une autonomie économique même s’il faut néanmoins nuancer et continuer la réflexion à travers des études plus poussées.</text>
              </elementText>
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          </element>
          <element elementId="39">
            <name>Creator</name>
            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="71">
                <text>KABORE Abdou</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="40">
            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
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              <elementText elementTextId="72">
                <text>2023</text>
              </elementText>
            </elementTextContainer>
          </element>
          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="73">
                <text>Mémoire de master</text>
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        <name>Autonomisation économique</name>
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                    <text>MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR, DE LA RECHERCHE ET
DE L’INNOVATION
(MESRI)
------------------------------UNIVERSITE THOMAS SANKARA
------------------------------INSTITUT DE FORMATION OUVERTE A
DISTANCE (IFOAD)

Burkina Faso
--------------------------------Unité – Progrès - Justice

MEMOIRE DE FIN DE CYCLE
Pour l’obtention du Master Pro en Management des ONG et Associations
PROMOTION 2021-2022
LA DURABILITÉ DES SERVICES RENDUS PAR LES ORGANISATIONS DE
PRODUCTEURS À LEURS MEMBRES : CAS DE L’APPROCHE BASÉE SUR LE
DÉVELOPPEMENT DES SYSTÈMES DE MARCHÉ DANS LE CADRE DU
PROGRAMME STRENGTHENING AFRICAN RURAL SMALLHOLDERS
(STARS) DE ICCO-COOPERATION AU BURKINA FASO
Présenté et soutenu publiquement le 28 juillet 2023 par ZONE Karim

Directeur de Mémoire
Docteur Adeline D. COULIBALY
Maitre-Assistant en sciences économiques
Institut de Formation Ouverte à Distance
Université Thomas SANKARA
(Ouagadougou, Burkina Faso)

Juin 2023
i

�DEDICACE

Je dédie ce mémoire :
A mon défunt père qui malgré le fait qu’il ne soit pas lui-même
aller à l’école, a permis et financé mes études.
A ma défunte mère qui n’a cessé de prendre soin de moi jusqu’à
la fin de ses jours.
Puisse ce travail vous réconforter et vous rassurer du fruit de vos
sacrifices.
A tous les membres de ma famille et en particulier à ma chère
épouse et à mes enfants, qu’ils reçoivent ici toute ma
reconnaissance pour leur assistance inconditionnelle.

ii

�REMERCIEMENTS

Nos remerciements vont particulièrement à notre Directrice de
mémoire, Docteur Adeline COULIBALY, à qui nous tenons à
exprimer notre gratitude pour sa disponibilité, ses efforts et son
engagement dans le cadre de notre suivi. Nous lui savons gré pour sa
disponibilité à nous accompagner pour la suite.
Nous adressons nos sincères remerciements à Monsieur Lassina
SANOU, Représentant Pays de ICCO au Burkina Faso, pour sa
grandeur d’esprit, sa disponibilité et son professionnalisme qui nous
a permis de conduire à terme cette formation et surtout ces travaux.
Qu’il trouve dans ce travail notre marque de considération en sa
personne et notre conviction dans la mission de ICCO au Burkina.
A Monsieur le Président de l’Université Thomas SANKARA et à
tout son personnel, à l’ensemble du corps professoral et enseignants
de l’université pour les appuis multiforme qui nous ont permis de
recevoir ces connaissances de qualité.

iii

�Liste des Tableaux
Tableau 1: Synthèse d’analyses des forces, des faiblesses, des opportunités et des menaces des
organisations de producteurs de sésame partenaires du programme STARS ........................................................ 24

Liste des figures
Figure 1: SCHÉMA DU SYSTÈME DE MARCHÉ ..................................................................................................................... 9
Figure 2: Exemple de résultat d'une évaluation scope insight ...................................................................................... 22
Figure 3: Composition des 8 domaines d’analyse Scope Insight ........................................................................................ 23
Figure 4: Flux Financiers des activités dans le cadre du mécanisme de facturation ....................................................... 32
Figure 5: Performance de ADEP ................................................................................................................................................ 33
Figure 6: Performance URPS BM ............................................................................................................................................. 34
Figure 7: Performance FNZ ....................................................................................................................................................... 34
Figure 8: Performance GIE YERETA......................................................................................................................................... 35
Figure 9: Performance TINBA ................................................................................................................................................... 36

iv

�Sigles et Abréviations

ABNORM
ADEP
AN
AUDSCOOP
BV
C4D
CA
CORDAID
DDC
DFID
DSM
FCF
FCFA
FENOP
FFOM
FNZ
GIE YERETA
GIZ
HA
HEKS

Agence Burkinabè de Normalisation de la Métrologie et de la Qualité
Association pour le Développement des Entrepreneurs Pacifiques
Assemblée Nationale
Acte Uniforme relatif au Droit des Sociétés Coopératives
Besloten Vennootschap (équivalent de Sarl en français)
Capital For Development
Coopération Autrichienne
Christian Organization for Relief and Development Aid
Direction du Développement et de la Coopération
Department For International Development
Développement des Système de Marché
Fair Climate Fund
Franc de la Communauté Financière en Africaine
Fédération Nationale des Organisations de Producteurs
Forces, Faiblesses, Opportunités, Ménaces
Fédération Nian Zwê
Groupement d’Intérêt Economique YERETA
Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit
Hectare
Hilfswerk der Evangelischen Kirchen Schweiz

ICCO
IMF
M4P
NPL
ODE
OHADA
ONG
OP
ORD
PDRI
PLCP
PPLM
PTF
R&amp;D
ROPPA
SIP
SMDR
STARS
URPS BM
VBN

Inter Church Cooperation Organization
Institutions de Micro Finance
Making Market Works for the Poor
Netherlands Post Lotterij
Office de Développement des Eglises
Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique
Organisation Non Gouvernementale
Organisations de Producteurs
Organismes régionaux de développement
Programme de Développement Rural Intégré
Programme de Lutte Contre la Pauvreté
Pain Pour Le Monde
Partenaires Techniques et Financiers
Recherche et Développement
Réseau des Organisations Paysannes et de Producteurs de l’Afrique de l’Ouest
Société indigène de prévoyance
Sociétés mutuelles de développement rural
Strengthening African Rural Smallholders
Union Régionale des Producteurs de Sésame de la Boucle du Mouhoun
Vogelbescherming Nederland

v

�RESUME
L’acte uniforme relatif au droit des sociétés coopératives (AUDSCOOP) adopté le 15 décembre 2010 à
Lomé au Togo et entré en vigueur le 15 mai 2011 est le nouveau référentiel des sociétés coopératives de
l’espace OHADA1 pour rendre des services à leurs membres. Pour ce faire, ces organisations reçoivent de
l’Etat et de ses partenaires divers formes d’appuis pour leur permettre de remplir leur mission. Force est
de constater que malgré leurs expériences et nombre2, l’encadrement des producteurs n’est toujours pas à
la hauteur des attentes d’où le faible professionnalisme de ces derniers (faible rendements, faible qualité
des produits, faible capacité de négociation et de commercialisation). De ces constats, la question du
service aux membres reste posée en termes de : Comment ces organisations rendent des services à
leurs membres ? Les questions spécifiques qui découlent de cette question sont :
➢ Quelles sont les besoins des membres en termes de services ?
➢ Et comment les organisations peuvent-elles assurer la durabilité des services à leurs
membres ?
Pour remplir leur mission d’offreur de services à leurs membres de façon durable, les organisations
doivent disposer d’un mécanisme permettant le renouvellement de ces services. En d’autres termes,
il faut un mécanisme ou dispositif qui permette aux membres de disposer des services dont ils ont besoins
pour leurs activités et qui ne se trouvent pas gratuitement dans leur environnement.
Nous avons donc dans le cadre du programme STARS, avec les huit organisations de producteurs
partenaires engagés la réflexion pour aboutir à un mécanisme appelé « mécanisme de facturation des
services aux membres ». La mise en place de ce mécanisme requiert des préalables pour sa réussite dont
la qualité du leadership et la redevabilité. Les leçons tirées de l’expérience menées avec les organisations
de producteurs de sésame nous ont enseignent que les organisations de producteurs rendent des services
à leurs membres sur la base des partenariats et des appuis qu’elles reçoivent des projets, des programmes
et des ONG intervenants dans leurs domaines d’activités. Toutefois, ces services rendus aux membres,
s’ils sont solvables, peuvent être développés et fournis par les organisations elles-mêmes avec ou sans
appuis quelconques. Pour ce faire, la question de la durabilité devrait conduire les réflexions pour une
telle initiative qui devrait aboutir à un mécanisme de facturation des services afin de les rendre durables
et bénéfiques aux membres.

1

Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique

2

22 284 sociétés coopératives du domaine agro-sylvo-pastoral immatriculées selon la Direction générale de la Formation et de l’organisation du Monde
Rural (DGFOMR) au Burkina Faso

vi

�ABSTRACT
The Uniform Act on the Law of Cooperative Societies (AUDSCOOP) adopted on December 15, 2010, in
Lomé, Togo and entered into force on May 15, 2011, is the new standard for cooperative societies in the
OHADA3 space to provide services to their members. To do this, these organizations receive various
forms of support from the State and its partners to enable them to fulfil their mission. It is clear that,
despite their experience and number4, the supervision of producers is still not up to expectations, hence
the low professionalism of them (low yields, low quality of products, low capacity for negotiation and
marketing). From these observations, the question of service to members remains in terms of: How do
these organizations provide services to their members? The specific questions that arise from this
question are :
➢ What are the needs of the members in terms of services?
➢ And how can organizations ensure the sustainability of services to their members?
To fulfill their mission of providing services to their members in a sustainable way, organizations must
have a mechanism allowing the renewal of these services. In other words, a mechanism or device is needed
that allows members to have the services they need for their activities, and which are not free in their
environment.
We have therefore within the framework of the STARS program, with the eight partners producers’
organizations, engaged in the reflection to lead to a mechanism called "mechanism of invoicing of services
to members". The establishment of this mechanism requires prerequisites for its success, including the
quality of leadership and accountability. The lessons learned from the experience with sesame producers’
organizations have taught us that producer organizations provide services to their members based on the
partnerships and support they receive from projects, programs, and NGO in their fields of activity.
However, these services provided to members if they are solvent can be developed and provided by the
organizations themselves with or without any support. To do this, the question of sustainability should
lead the reflections for such an initiative which should lead to a mechanism for charging services to make
them sustainable and beneficial to members.

3

Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique

4

22,284 cooperative societies in the agro-sylvo-pastoral domain registered according to the General Directorate of Training and Organization of the Rural
World (DGFOMR) in Burkina Faso

vii

�SOMMAIRE
DEDICACE ..........................................................................................................................................................................................ii
REMERCIEMENTS ...........................................................................................................................................................................iii
Liste des Tableaux ......................................................................................................................................................................... iv
Liste des figures ............................................................................................................................................................................. iv
Sigles et Abréviations .................................................................................................................................................................... v
RESUME ............................................................................................................................................................................................ vi
ABSTRACT ....................................................................................................................................................................................... vii
INTRODUCTION GENERALE ....................................................................................................................................................... 1
CHAPITRE 1 : REVUE DE LITTERATURE ET CADRE CONCEPTUEL .................................................................................. 5
I.

L’ONG ICCO Partie de CORDAID ..................................................................................................................................... 5
1.1

Historique de l’ONG ICCO Partie de CORDAID............................................................................................ 5

1.1.1.

Historique de ICCO ........................................................................................................................................... 5

1.1.2.

Historique de Cordaid

1.2

........................................................................................................................... 5

Orientations stratégiques et moyens d’intervention ........................................................................................ 5

1.2.1.

Orientations stratégiques ................................................................................................................................. 6

1.2.2.

Moyens d’intervention ...................................................................................................................................... 6

1.3

. Interventions de ICCO Coopération au Burkina Faso ................................................................................. 6

1.3.1.

1973-1993 : Les barrages et grands aménagements ................................................................................ 6

1.3.2.

1993-2003 : Les projets intégrés .................................................................................................................... 7

1.3.3.

2003-2016 : Les projets de sécurité alimentaire et nutritionnelle ....................................................... 7

1.3.4.
2016 à nos jours : Les projets d’inclusion financière, de développement de chaîne de valeur et
de biodiversité pour l’emploi et la sécurité alimentaire et nutritionnelle .......................................................... 7
II.

LE PROGRAMME STRENGTHENING AFRICAN RURAL SMALLHOLDERS (STARS) ........................................... 8

III.

LES PRINCIPES COOPERATIFS ET LA PROFESSIONNALISATION DES COOPERATIVES ............................... 11
3.1.

Définition de la société coopérative et des principes coopératifs ............................................................... 11

3.2.

Professionnalisation des sociétés coopératives ................................................................................................. 14

CHAPITRE 2 : ANALYSE DES CAPACITES DES ORGANISATIONS DE PRODUCTEURS A OFFRIR DES
SERVICES A LEURS MEMBRES .................................................................................................................................................. 16
I.
FORCES, FAIBLESSES, OPPORTUNITES ET MENACES DES SOCIETES COOPERATIVES DANS LE CADRE
DU PROGRAMME STARS ........................................................................................................................................................... 16
1.1

Etat des lieux des sociétés coopératives au Burkina Faso ............................................................................ 16

1.2

Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces (FFOM) des sociétés coopératives................................. 19
viii

�1.2.1.

Méthodologie...................................................................................................................................................... 19

1.2.2.
Forces, Faiblesses, Opportunités et des Menaces des organisations de producteurs de sésame
partenaires du programme STARS .............................................................................................................................. 24
1.2.3.
Analyse des résultats du tableau des forces, des faiblesses, des opportunités et des menaces
des organisations de producteurs de sésame partenaires du programme STARS........................................ 25
II.

RENDRE DURABLEMENT DES SERVICES AUX MEMBRES DES ORGANISATIONS DE PRODUCTEURS ... 28
2.1.

Les besoins des membres des organisations en termes de services ........................................................... 29

2.2.

Comment les organisations peuvent-elles assurer la durabilité des services à leurs membres ? .... 29

2.2.1.

Elaboration de mécanisme de facturation des services aux membres ............................................ 30

2.2.2.

Résultats à l’issue de la mise en œuvre des mécanismes de facturation ......................................... 33

CHAPITRE 3 : ANALYSE DES RESULTATS, LECONS APPRISES, CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS ..... 38
I.

ANALYSE DES RESULTATS ............................................................................................................................................... 38
1.1
Analyse des résultats des organisations n’ayant pas mis en œuvre le mécanisme et n’ayant pas
reçues d’appuis d’autres partenaires : cas de la Fédération Nian Zwê (FNZ) ................................................... 38
1.2
Analyse des résultats des organisations n’ayant pas mis en œuvre le mécanisme mais ayant reçues
des appuis d’autres partenaires : cas de l’Union Régionale des Producteurs de sésame de la Boucle du
Mouhoun (URPS BM) et du GIE YERETA ................................................................................................................... 39
1.3
Analyse des résultats des organisations ayant mis en œuvre le mécanisme de facturation avec ou
sans appuis complémentaires d’autres partenaires : cas de l’Association pour le Développement des
Entrepreneurs Pacifiques et de l’Association Tin Ba .................................................................................................. 39

II.

LECONS APPRISES .............................................................................................................................................................. 41

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS............................................................................................................................. 42
BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................................................................................. 44
ANNEXES......................................................................................................................................................................................... 45
Annexe 1 : Questionnaire Scope Insight .......................................................................................................................... 45
Annexe 2 : Engagement des responsables de l’organisation évaluée ..................................................................... 91

ix

�INTRODUCTION GENERALE
Selon le plan d’actions triennal, septembre 2004 de la Confédération Paysanne du Faso, le
mouvement paysan au Burkina s’est développé de la manière suivante :
➢ avant la colonisation, les sociétés traditionnelles burkinabé connaissaient des formes
d’organisations au sein de la communauté villageoise. Ces formes ont, par la suite, connu
des évolutions ayant abouti à la mise en place d’organisations plus formelles et structurées
ayant une envergure nationale ;
➢ à la période coloniale, la colonisation française a promu des formes d’organisations à son
profit comme la Société indigène de prévoyance (SIP) dès 1893, transformées par la suite
en 1956 en Sociétés mutuelles de développement rural (SMDR). C’est plus tardivement que
sont nées les premières coopératives au Burkina Faso grâce aux missions religieuses, aux
anciens combattants et à certains fonctionnaires ;
➢ dans les années 1960 marquant l’indépendance du pays, un Service de la coopération et de
la mutualité a été mis en place pour s’occuper de l’organisation des producteurs sous
l’encadrement de sociétés françaises ;
➢ à partir des années 1970 et jusqu’à la révolution d’août 1983, les Organismes régionaux
de développement (ORD) remplacent les sociétés d’intervention et donnent un élan plus
soutenu à la création de nombreux groupements villageois;
➢ après la révolution d’août 1983, le régime révolutionnaire a accordé une place de choix au
mouvement coopératif : politique de promotion coopérative, création des structures chargées
spécifiquement de leur auto-promotion et législation ;
Cette initiative fut renforcée par la loi n°014/99/AN du 15 avril 1999 portant réglementation des
sociétés coopératives et groupements au Burkina Faso qui propose une typologie comprenant des
organisations paysannes de base créées en fonction des filières de production qui peuvent se
regrouper en Unions, les Unions en Faîtières et au moins deux Faîtières pour faire la Confédération
(la confédération est unique). Le caractère économique constitue l’élément prédominant au niveau
des organisations paysannes reconnues sous cette loi.
De nos jours, l’acte uniforme relatif au droit des sociétés coopératives (AUDSCOOP) adopté le 15
décembre 2010 à Lomé au Togo et entré en vigueur le 15 mai 2011 est le nouveau référentiel des
sociétés coopératives de l’espace OHADA5.
Que ce soit avant la loi 014/99/AN du 15 avril 1999 portant réglementation des sociétés coopératives
et groupements au Burkina Faso, ou pendant la période d’application de cette loi ou aujourd’hui

5

Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique

1

�avec l’AUDSCOOP, l’une des missions de ces organisations est de rendre des services à leurs
membres. Pour ce faire, ces organisations reçoivent de l’Etat et de ses partenaires divers formes
d’appuis pour leur permettre de remplir leur mission. Force est de constater que malgré leurs
expériences et nombre6, l’encadrement des producteurs n’est toujours pas à la hauteur des attentes
d’où le faible professionnalisme de ces derniers (faible rendements, faible qualité des produits,
faible capacité de négociation et de commercialisation). De ces constats, la question du service aux
membres reste posée en termes de : Comment ces organisations rendent des services à leurs
membres ? Les questions spécifiques qui découlent de cette question sont :
➢ Quelles sont les besoins des membres en termes de services ?
➢ Et comment les organisations peuvent-elles assurer la durabilité des services à leurs
membres ?
L’objectif principal recherché est de permettre aux organisations de producteurs de disposer d’un
système leur permettant de rendre des services durablement à leurs membres. De manière
spécifique, nos travaux permettront aux organisations de producteurs de :
➢ Connaître les besoins solvables7 de leurs membres ;
➢ Disposer d’un dispositif pour rendre des services à valeur ajoutées et durables à
leurs membres.
Pour remplir leur mission d’offreur de services à leurs membres, nous pouvons retenir que les
organisations peuvent fournir des services durablement à leurs membres que si elles disposent d’un
mécanisme permettant le renouvellement de ces services. En d’autres termes, il faut un
mécanisme ou dispositif qui permettrait aux membres des organisations de disposer des services
dont ils ont besoins pour leurs activités et qui ne se trouvent pas gratuitement dans leur
environnement. Pour ce faire, nous formulons les hypothèses suivantes :
➢ Les organisations rendent des services à leurs membres que s’ils reçoivent des appuis d’un
projet ou des services techniques de l’Etat ;
➢ Les besoins des membres en termes de services sont ceux qui leur permettent d’améliorer
les rendements et de mieux vendre leurs productions.
Le cadre conceptuel de notre travail sera basé sur l’approche de développement des systèmes de
marché (DSM). Cette approche préconise que la production des biens et services se face uniquement
sur une demande solvable des utilisateurs, seule gage d’adoption et de durabilité en lieu et place des
6

22 284 sociétés coopératives du domaine agro-sylvo-pastoral immatriculées selon la Direction générale de la Formation et de l’organisation du
Monde Rural (DGFOMR) au Burkina Faso
7
Nous entendons par besoins solvables, les besoins pour lesquels les membres sont disposés à payer pour les recevoir

2

�subventions ou des dons à l’infini. Pour ce faire, l’approche préconise une phase test ou de
démonstration pour éprouver la solution avant de passer à la phase de mise en marché.
Quant à la revue de la littérature, elle sera essentiellement basée sur l’approche DSM, les différentes
expériences de mise en œuvre et des évaluations de ces expériences de mise en œuvre.
La stratégie que nous utiliserons pour infirmer ou confirmer nos hypothèses sera basée sur l’analyse
des forces, des faiblesses, des opportunités et des menaces (FFOM) des organisations de
producteurs. Ces analyses nous permettront d’apprécier la capacité de organisations de producteurs
à rendre des services à leurs membres tout en garantissant la durabilité de ces services.
La collecte des données dans le cadre de notre travail va consister essentiellement à l’exploitation
des différents rapports traitant de la question des capacités des organisations de producteurs à rendre
des services à leurs membres en général et de manière spécifique à l’analyse FFOM de ces
organisations dans le cadre de l’application de la loi OHADA relative aux droits des sociétés
coopératives mais aussi et surtout de l’exploitation des rapports diagnostiques Scope Insight de cinq
(05) organisations de producteurs de sésame partenaires du programme STARS avec qui nous avons
travaillé. Cette collecte pourrait se renforcer par une mise à jour des informations auprès des
organisations concernées à travers un canevas qui sera élaboré dans ce sens et soumis aux premiers
responsables et à quelques membres via google forms.
Il faut noter que du fait de l’insécurité et du niveau de scolarisation des membres des organisations,
l’échantillon ne concernera qu’un nombre restreint de personnes pouvant utiliser les smartphones et
disposant de la connexion internet.
L’analyse des données sera faite essentiellement à partir de l’analyse des rapports et compléter par
l’exploitation des données collectées sur le terrain au besoin. Les données à collecter sur le terrain
seront plus qualitatives que quantitatives, ce qui nécessitera une certaine rigueur dans l’analyse et
la classification. Pour ce faire, le questionnaire sera composé de questions fermées que de questions
ouvertes afin de faciliter le traitement et les analyses sans perdre de vue la qualité.

Les résultats de notre travail contribueront à renforcer le professionnalisme et le dynamisme des
organisations de producteurs et partant de l’ensemble des organisations d’économie sociale et
solidaire dans la délivrance des services à leurs membres. Aussi, les partenaires techniques et
financiers pourront s’appuyer sur nos résultats pour mieux accompagner et soutenir les organisations
à rendre des services à leurs membres tout en garantissant la qualité et la durabilité.

3

�Notre travail se consacrera dans un premier chapitre à la revue de la littérature et au cadre conceptuel.
Ce chapitre présentera aussi le programme Strengthening African Rural Smallholders (STARS)
ainsi que l’ONG ICCO-COOPERATION qui a piloté sa mise en œuvre afin de placer notre travail
dans son contexte. Nous aborderons ensuite le contexte dans lequel évolue les organisations de
producteurs sans oublier les questions de principes coopératifs et de professionnalisation afin de
mieux comprendre les enjeux auxquels sont confrontés ces organisations de producteurs.
Le deuxième chapitre abordera l’analyse des capacités des organisations de producteurs à travers
l’analyse des forces, des faiblesses, des opportunités et des menaces afin de dégager les insuffisances
à même de leur permettre de rendre des services appropriés à leurs membres. Ce chapitre abordera
également la question des besoins des membres en termes de services pour leur permettent
d’améliorer les rendements et de mieux vendre leurs productions mais aussi la question du comment
rendre ces services de façon durables sans forcément attendre des appuis des partenaires ou des
services techniques de l’Etat.
Les résultats de ces deux chapitres permettront d’aborder un troisième chapitre pour apporter notre
contribution et formuler des recommandations et des suggestions. Ce dernier chapitre abordera aussi
les limites de notre travail, les préalables pour des organisations de producteurs professionnelles et
orientées vers les besoins de leurs membres pour aboutir vers la proposition d’un système pour des
services aux membres.

4

�CHAPITRE 1 : REVUE DE LITTERATURE ET CADRE CONCEPTUEL
Ce chapitre nous permet de visiter la littérature existante sur notre problématique de recherche. Elle
est si importante car de cette revue dépendra l’orientation que nous donnerons à notre travail. En
plus de la revue de la littérature, le cadre conceptuel est indispensable afin de faciliter la
compréhension dans l’usage de certains concepts qui pourrait changer de sens selon le contexte.
Au regard de ce qui précède, nous allons dans un premier temps, faire une présentation de l’ONG
ICCO, du programme STARS qui nous permet de réaliser ce travail et enfin d’aborder les principes
coopératifs et la professionnalisation des coopératives.

I.

L’ONG ICCO Partie de CORDAID

1.1 Historique de l’ONG ICCO Partie de CORDAID
L’historique de l’ONG ICCO Partie de Cordaid sera abordé à travers un résumé de l’historique de
ICCO et un résumé de l’historique de CORDAID.
1.1.1.

Historique de ICCO8

ICCO Coopération, Organisation Inter-Religieuse pour la coopération au développement a été créée
en 1964 au Pays-Bas avec pour mission de travailler pour un monde où la population vit dans la
dignité et la prospérité, et où la pauvreté et l’injustice ont disparu à travers ses cinq (05) bureaux
régionaux (Afrique de l’Ouest, Afrique du Sud, du Centre et de l’Est, Amérique Latine, Asie, et
Europe). A sa création par Jo Verkuyl (1908-2001), un missionnaire néerlandais, ICCO Coopération
visait la lutte contre la pauvreté et l'injustice.
1.1.2.

Historique de Cordaid 9

Quant à l’ONG Cordaid, c’est une organisation internationale de secours d’urgence et de
développement qui travaille dans et sur la fragilité. Elle a été créée en 2000 suite à la fusion de trois
(3) organisations catholiques néerlandaises de développement que sont : Memisa Medicus Mundi,
Mensen in Nood/People in Need, et Cebemo.
La vision de Cordaid est de parvenir à un monde sans inégalité ni exclusion.

1.2 Orientations stratégiques et moyens d’intervention
Les orientations stratégiques et les moyens d’intervention seront abordés à travers une brève
présentation des orientations stratégiques de l’ONG avant d’aborder les moyens d’intervention.

8

www.icco-cooperation.org/en/about/

9

5

�1.2.1.

Orientations stratégiques

Pour réussir sa mission et réaliser sa vision, ICCO s’est doté d’un document stratégique 2018-2022
intitulé : « Vers un monde juste et digne ». L’objectif de ICCO durant cette période 2018-2022 est
de soutenir des communautés pour disposer « des personnes responsabilisées qui construisent des
moyens de subsistance durables au sein d’une société qui défend leurs droits ».
Comme vision stratégique, ICCO ambitionne de contribuer à des systèmes agricoles solides et
durables. Pour ce faire, permettre aux agriculteurs, aux agripreneurs et aux petites et moyennes
entreprises (PME) de devenir plus résilients et mieux équipés pour défier les forces dominantes dans
leur environnement contribuera à la sécurité alimentaire, à créer des emplois décents en particulier
pour les femmes et les jeunes.
Cette volonté et engagement a conduit aux axes stratégiques suivantes :
i. Sécurité alimentaire et nutritionnelle pour les petits exploitants agricoles
et leurs ménages
ii. Autonomisation économique pour les petits exploitants agricoles et les
petites et moyennes entreprises
iii. Résilience des communautés face aux catastrophes
1.2.2.

Moyens d’intervention

Les moyens d’interventions de ICCO sont essentiellement :
➢ Les ressources humaines diversifiées tant sur le plan technique (plusieurs profil) que sur
le plan culturel (plusieurs cultures cohabitent) ;
➢ Les ressources financières : les ressources propres (très limitées et destinées à des projets
pilotes ou à des réponses aux catastrophes), les subventions et les appels à projet (plus
de 95% des sources de financement de ICCO pour la mise en œuvre de projets et
programmes)
➢ Les ressources matérielles pour la mise en œuvre des actions des projets et programmes.

1.3 . Interventions de ICCO Coopération au Burkina Faso
Les interventions de ICCO Coopération au Burkina Faso datent des années 1973 en partenariat avec
l’Office de Développement des Eglises (ODE) pour des barrages et retenues d’eau y compris
l’aménagement des plaines agricoles.
1.3.1. 1973-1993 : Les barrages et grands aménagements

Au cours de la période 1973-1993, ICCO et ses partenaires ont réalisé une trentaine de barrages et
retenues d’eau avec un potentiel de 27 996 000 m3 d’eau stockée. Au total, 2 136 ha exploités ont
été attribués officiellement à 6 271 exploitants (dont 1 910 femmes). Ces réalisations ont facilité la
production de riz, de légumes et de poissons d’eau douce. Ces investissements ont coûté à ICCO et
6

�à ses collaborateurs plus de 4,5 milliards de F CFA. Ces investissements ont contribué à
l’amélioration des conditions de vie des bénéficiaires, à l’économie locale par le développement des
marchés et à l’amélioration de l’assiette fiscale des communes d’intervention.
1.3.2. 1993-2003 : Les projets intégrés

De 1993 à 2003, ce fut la période des projets intégrés comme le Programme de Développement
Rural Intégré (PDRI) et le Programme de Lutte Contre la Pauvreté (PLCP).
Les programmes de développement rural intégré avaient pour objectifs entre autres l’intensification
des cultures pluviales, le développement de la culture attelée, le renforcement du dispositif
d’encadrement et de vulgarisation, l’amélioration des infrastructures routières et sociales.
Au regard des résultats non satisfaisants des PDRI, sous l’impulsion des institutions de Bretton
Woods, les cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté voient le jour avec comme innovation une
meilleure connaissance des disparités urbain-rural et à leur prise en compte dans les stratégies et
l’allocation future des ressources.
1.3.3. 2003-2016 : Les projets de sécurité alimentaire et nutritionnelle

Courant la période 2003 à 2016, la priorité a été donné à la sécurité alimentaire et nutritionnelle
autour de divers programmes pour 6 854 737 730 FCFA dont les plus importants sont :
➢ Le programme de sécurité alimentaire familial (PSAF) ;
➢ Le programme d'appui à la sécurité alimentaire et familiale Phase 1 et 2 (PASAF 1 &amp;2) ;
➢ Le programme de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PROSAN) de Pilimpikou ;
➢ Le programme de sécurité alimentaire au Passoré (PSAP) ;
➢ Le projet de sécurité alimentaire et nutritionnelle (PROSANUT).
La mise en œuvre de ces différents programmes ont permis à l’ONG en collaboration avec d’autres
partenaires de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des
communautés des zones d’intervention.
1.3.4. 2016 à nos jours : Les projets d’inclusion financière, de développement de
chaîne de valeur et de biodiversité pour l’emploi et la sécurité alimentaire et
nutritionnelle

Au regard de la situation alimentaire des populations et de l’employabilité des jeunes et des femmes,
ICCO s’est focalisé sur des actions orientées vers l’employabilité des jeunes et des femmes ainsi
que de l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Nous pouvons citer entre autres les
projets et programmes pour un coût global de 19 751 710 760 FCFA : le programme « Strengthening
African Rural Smallholders (STARS) », le projet « Innovating for impact in sesame in Burkina Faso (IFIS) »,
le projet d’appui à la diversité biologique et à l’économie verte (PADEV) / Bees, Bird and Business (BBB)
et le projet Pisciculture pour l’Emploi et la Sécurité Alimentaire (PESA/FASO JEGE).

7

�II.

LE PROGRAMME STRENGTHENING AFRICAN RURAL SMALLHOLDERS
(STARS)
Le programme STARS est un projet d’inclusion financière à travers le développement des

chaînes de valeurs agricoles. Financé par « MasterCard Foundation » et exécuté par ICCO
Coopération en collaboration avec ICCO Terrafina Microfinance ; le programme a permis à plus de
200 000 petits producteurs ruraux du Burkina Faso, du Sénégal, de l’Ethiopie et du Rwanda
d’accéder aux services financiers adaptés à leurs besoins mais aussi d’améliorer leurs revenus ainsi
que leur sécurité alimentaire. Au Burkina Faso, le programme a impacté plus de 50 000 petits
producteurs ruraux du karité et du sésame issus de 09 régions administratives. Ces résultats ont été
atteints grâce à la collaboration avec 05 institutions de microfinance, les acteurs du marché
(acheteurs et fournisseurs de services non financiers comme les intrants et les connaissances),
l’administration publique et les producteurs/productrices. Avec une vision axée sur la durabilité des
actions, le programme STARS a opté pour l’approche « Making Market Works for the Poor (M4P)
» ou « Faire fonctionner les marchés au profit des pauvres » afin non seulement de mieux impliquer
et responsabiliser les acteurs à travers les modèles d’affaires mais aussi de contribuer au changement
de paradigme par rapport à la question du développement. C’est une approche soutenue par de
nombreux bailleurs de fonds comme le Département pour le Développement International du
Royaume Uni (DFID) et la Direction du Développement et de la Coopération Suisse (DDC) comme
outils indispensable à la réduction de la pauvreté. L’idée centrale de la démarche est le constat que
les personnes pauvres dépendent des marchés pour leur subsistance. Aussi, l’amélioration des
conditions d’existence des pauvres, et par là même, la réduction de la pauvreté, passe-t-elle par des
marchés plus efficaces pour les pauvres. Améliorer l’accès et la compétitivité des pauvres sur ces
marchés leur permettra de trouver leurs propres voies et opportunités. Les marchés qui fonctionnent
bien génèrent par ailleurs de plus grands avantages économiques10.

10

Faire fonctionner les marchés au bénéfice des pauvres (M4P) - Synthèse

8

�FIGURE 1: SCHÉMA DU SYSTÈME DE MARCHÉ

Source : faire fonctionner les marchés, synthèse, DFID, DCC
Le schéma ci-dessus est celui qui représente le système de marché sur lequel l’approche M4P
compte apporter des innovations afin de le faire bénéficier aux pauvres. En effet, de cette figure,
nous retenons :
✓ Les fonctions essentielles (offre et demande) qui interagissent et qui sont au cœur du
dispositif. On pourrait aussi composer les fonctions essentielles par les producteurs et les
consommateurs. C’est autour de ces deux (02) fonctions que toute la démarche, de
l’approche est battue. Conventionnellement, l’échange est monétaire, mais il peut impliquer
une contrepartie non financière (voir les services fournis par l’État), ou des arrangements
informels réciproques (au niveau de réseaux sociaux ou d’entreprises). Dans la plupart des
systèmes de marché, le secteur privé peut être considéré comme fournisseur principal.
✓ Les Règles : Elles régulent le fonctionnement du marché, la participation de l’Etat, et les
comportements. Elles incluent normes et règles informelles, lois et réglementations
officielles, et tout autre modèle ou code de pratique. Les règles sont généralement établies
par des fournisseurs formels, l’Etat ou les organisations professionnelles. Elles ont, par
nature, un rôle non commercial, public ou collectif, dans les marchés. Cependant, leur
application (l’aspect souvent le plus problématique) peut impliquer des acteurs privés (par
exemple, les normes alimentaires, sur le plan international). Les règles informelles sont
généralement les résultantes de la culture locale, des systèmes de valeur, et des pratiques, et
marquent invariablement les limites de l’acceptation de fait des règles formelles.
9

�✓ Les Fonctions d’appui : C’est une série d’autres fonctions qui appuient les fonctions
essentielles de l’échange, et aident le marché à se développer et à croître, tels que par
exemple, les processus consultatifs ; la recherche et le développement (R&amp;D) ; l’information
; le développement des capacités et la coordination. La nature des fonctions d’appui, et les
acteurs qui les assurent, varient d’un contexte à l’autre. La coordination, dans des disciplines
et des compétences spécifiques, semble toujours impliquer les gouvernements, les
associations professionnelles ou patronales. Pour l’Etat et les agences de développement,
toute intervention qui vise à faire évoluer un système de marché va agir au niveau des règles
et des fonctions d’appui. Ces trois dimensions du système de marché (fonctions essentielles,
règles et fonctions d’appui) peuvent s’exprimer dans un contexte international, national ou
local.
La démarche peut s’adapter à divers contextes, et avec divers niveaux de ressources quoique la
poursuite de changements plus fondamentaux va souvent exiger de dépasser le simple
environnement local. En second lieu, par leur nature même, les marchés des facteurs de production,
même s’ils ne touchent pas le noyau dur du marché considéré, exercent une influence
incontournable. Il est évident qu’à ce niveau, un changement peut avoir un très large impact,
quoiqu’il soit souvent plus difficile à obtenir.
L’objectif de la démarche M4P est de déclencher des changements de grande envergure. Bien
évidemment, toutes les agences et tous les États se réclament de la même ambition, mais l’approche
M4P peut légitimement revendiquer le fait d’être une démarche qui inscrit cet objectif dans la nature
même de son action. En se consacrant aux systèmes de marché, l’approche M4P cherche à dépasser
le niveau des organisations et des regroupements d’individus, pour s’intéresser à la manière dont un
système plus large peut être amélioré au bénéfice d’un grand nombre. Cette exigence d’échelle a
deux répercussions essentielles. Tout d’abord, les projets M4P gardent toujours en mémoire la
nécessité de dépasser le contexte immédiat, pour agir comme levier d’un changement plus
important. Par exemple, les interventions qui n’impliquent qu’un seul partenaire et ne vont pas audelà, sans réfléchir à la manière dont l’expérience peut être étendue à d’autres, ou sans espérer un
effet d’exemple (souvent assez imprécis), doivent reconsidérer leur approche. Le principal reproche
fait aux projets de développement, c’est leur portée trop restreinte et un effet clairsemé, parfois
intéressant, mais qui ne touche qu’un petit nombre. Au niveau de l’approche M4P, cette insuffisance
est prise en compte dès le départ en analysant la manière dont les ressources allouées vont
déclencher un changement d’envergure.
A la fin du projet en mars 2021, les difficultés suivantes ont été rencontrées :
10

�o les organisations de producteurs ainsi que les partenaires ont mis plus de deux années avant
de s’approprier l’approche M4P et d’y adhérer. Cette difficulté a été vécu tout au long de la
vie du projet du fait non seulement de la nouveauté de l’approche au Burkina Faso mais
aussi et surtout de l’approche projet (subvention totale) adopté par la plupart des partenaires
au développement ;
o malgré le travail réalisé avec les institutions de microfinance pour la mise à disposition des
produits financiers adaptés aux besoins des producteurs et productrices, le taux d’accès est
resté faible du fait des garanties à mobiliser mais aussi et surtout de l’attitude des producteurs
car selon eux « quand c’est un projet, ce sont des subventions qu’on donne » ;
o la mise en œuvre des modèles d’affaires élaborés consensuellement avec toutes les parties a
été un frein à l’amélioration de l’accès des petits producteurs aux marchés. En effet, dans les
modèles d’affaires élaborés, le producteur exprime son besoin à un fournisseur et négocie
un prêt auprès d’une IMF (institution de microfinance) au profit du fournisseur. Le prêt est
aussi garanti par un acheteur qui s’engage à régler la facture du producteur via l’IMF. Cette
approche fait que le producteur donne l’ordre à l’IMF de payer le fournisseur pour les
produits et services qu’il a reçus sans avoir accès directement à l’argent. Nonobstant que le
mécanisme a été validé par tous, la plupart des producteurs n’ont pas apprécié le droit de
gestion des finances qui leur a été enlevé par ce système. Aussi, les relations avec les
acheteurs ne s’exécutent pas toujours comme convenues. En effet, le prêt est garanti par
l’engagement de l’acheteur à non seulement acheter les produits de l’emprunteur (le
producteur) mais aussi et surtout de lui verser directement les sommes dues via son compte
dans l’IMF qui lui a accordé le prêt. Il arrive, du fait de la volatilité des prix des produits
agricoles, que le producteur livre sa production au « mieux disant » sans aucune négociation
avec l’acheteur ayant garanti le prêt. Cette situation a amené les acheteurs à ne plus s’engager
pour garantir les prêts des producteurs auprès des IMFs.

III.

LES PRINCIPES COOPERATIFS ET LA PROFESSIONNALISATION DES
COOPERATIVES
3.1.Définition de la société coopérative et des principes coopératifs
Selon une étude de la Fondation FARM paru en février 2014 et intitulé : « Le nouveau modèle
coopératif dans l’espace OHADA : un outil pour la professionnalisation des organisations
paysannes ? », durant les deux décennies suivant l’accès à l’indépendance de la Haute-Volta le 4
août 1960, il y a eu un fort élan de promotion à la création de coopératives ou groupements villageois
pré coopératifs par l’Etat Burkinabé à travers les différents programmes de développement rural.
L’Etat a mis en place le Service de la coopération et de la mutualité chargée de s’occuper de
11

�l’organisation des producteurs sous la supervision de quatre sociétés d’encadrement françaises 11
d’abord, et ensuite par des organismes régionaux de développement (ORD) jusqu’en 1983. Le but
était de former des agents techniques affectés dans les villages afin de conseiller les paysans sur les
méthodes de production, de conservation ou de commercialisation de leurs productions. Seulement,
dans les faits, cette politique s’est avérée plutôt bureaucratique avec un encadrement dicté par le
haut et sans présence véritable des fonctionnaires techniques dans les exploitations. Il s’ensuit
l’émergence de structures fictives créées au gré des politiques publiques d’incitation (accès au crédit
ou aux intrants, appuis financiers), ou favorisées par des agents ou animateurs ruraux dictés par les
primes à percevoir pour la création de chaque nouvelle coopérative dans le pays. C’est ainsi que la
révolution d’août 1983 a permis d’engager une politique de concertation nationale ayant débouché
sur l’adoption de la loi coopérative du 15 avril 1999. Cette dernière surnommée Loi 014 s’inscrit
dans un contexte de libéralisation économique marquée par la volonté de désengagement de l’Etat
et la promotion des initiatives privés et du rôle des acteurs économiques. Selon le réseau des
organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), la mise en place d’un
mouvement paysan actif dans le domaine de la coopération a été le fruit de prise de conscience du
monde rural des enjeux économiques. Cela s’est traduit par une démarche proactive visible à travers
l’« Initiative de Dédougou » amorcée en 1994 et qui a débouché sur la mise en place d’une fédération
nationale des organisations de producteurs (FENOP créé en 1996) et la constitution de faîtières ou
autres structures au niveau national12. Ce mouvement a donc permis la restructuration, sous formes
coopérative ou de groupement régis par la Loi 14, des organisations paysannes autrefois réunies en
groupements villageois. La loi coopérative burkinabè laisse plus de liberté aux organisations
paysannes ayant choisi ce statut dans le cadre de la gestion et du fonctionnement de leurs structures.
Elle pose le cadre juridique pour les sociétés coopératives, les groupements et unions faîtières de
ces derniers au terme de l’article premier de la loi. Toutefois, la Loi 14 distingue le régime applicable
aux sociétés coopératives constituées en tant que telles de celui valable pour les groupements, même
s’ils bénéficient de dispositions communes par moment, notamment en ce qui concerne les principes
coopératifs (liberté d’adhésion et de sortie, gestion démocratique, inter coopération, autonomie,
formation, etc.), mais aussi les opérations de fusion, scission ou de dissolution, ainsi pour
l’organisation de leur faîtières (Titre IV de la loi). En effet, les obligations qui pèsent sur les
membres du groupement sont moins contraignantes que pour les associés de coopératives. Etant
donné qu’ils ne sont pas des structures coopératives, ils ne sont pas obligés de détenir des statuts,
11

Il s’agit de la SATEC (Société d’aide technique et de coopération), la CFDT (Compagnie française de développement du textile), le BPDA
(Bureau pour le développement de la production agricole) et la CIDR (Compagnie internationale du développement rural)
12
Il s’agit, entre autres, de l’Union nationale des jeunes producteurs agricoles du Burkina (UNJPA-B) en 1997, de l’Union nationale des
producteurs de coton du Burkina (UNPCB) en 1998, de la Fédération des professionnels agricoles du Burkina (FEPA-B) en 1977 et du Cadre
informel de concertation des organisations faîtières (CCOF) en 1998, etc.

12

�mais seulement un règlement intérieur ; ce qui, en pratique, correspond plus à la réalité de
fonctionnement de ces organisations paysannes jusqu’ici. En outre, ils ne sont composés que de
personnes physiques ; ce qui réduit largement les problèmes de recouvrement de créances fréquentes
pour les membres personnes morales. Par ailleurs, ils ne sont pas tenus de créer un capital social de
départ – mais seulement des contributions devant être libérées de moitié par les adhérents – ni de
constituer des réserves de dotations obligatoires en cours de fonctionnement ; ce qui est une règle
absolue pour les coopératives. Cependant comme les coopératives, ils sont tenus d’avoir des organes
de gestion et de contrôle (bureau et comité de contrôle). Ils doivent tenir également une comptabilité
permettant d’établir périodiquement la situation financière du groupement et subir un audit annuel
des comptes par une personne habilitée selon les textes en vigueur. S’ajoutent à ces dispositions,
une responsabilité financière des membres égale au minimum des parts sociales ou contributions
souscrites, dans la limite de dix fois.
Par décret N°2018-025/PRES/PM/MJDHPC/MATD/MAAH/MRAH/MEEVCC/MCIA du 30
janvier 2018 portant mise en place d’un registre des sociétés coopératives, en son article 11, le
Gouvernement du Burkina Faso donnait un délai de 12 mois aux sociétés coopératives existantes
pour se faire enregistrer dans le registre des sociétés coopératives, et que passé ce délai, elles sont
réputées dissoute. Cette disposition venait donc déclarer la dissolution de la loi N° 014/99/AN du 15
avril 1999 portant réglementation des sociétés coopératives et groupements au Burkina Faso.
Selon les dispositions de l’acte uniforme OHADA relatif aux droits des sociétés coopératives du 15
décembre 2010, « La société coopérative est un groupement autonome de personnes
volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et
culturels communs, au moyen d'une entreprise dont la propriété et la gestion sont collectives et
où le pouvoir est exercé démocratiquement et selon les principes coopératifs ».
Selon les dispositions de la même loi OHADA, « La société coopérative est constituée et gérée selon
les principes coopératifs universellement reconnus, à savoir :
➢ l’adhésion volontaire et ouverte à tous ;
➢ le pouvoir démocratique exercé par les coopérateurs ;
➢ la participation économique des coopérateurs ;
➢ l’autonomie et l’indépendance ;
➢ l’éducation, la formation et l’information ;
➢ la coopération entre organisations à caractère coopératif ;
➢ l’engagement volontaire envers la communauté.
Toute discrimination fondée sur le sexe ou sur l’appartenance ethnique, religieuse ou politique est
interdite ».
13

�Ces principes coopératifs, fondements de toute coopérative, sont donc la base du succès ou de
l’échec, du dynamisme et de la performance des sociétés coopératives. Autrement dit, la
performance de toute coopérative dépendrait de deux facteurs essentiels à savoir l’adhésion et le
respect des principes coopératifs par les coopérateurs membres mais et surtout la satisfaction des
aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs. Toute organisation coopérative
qui s’écartera de cette mission restera certes une organisation mais pas une organisation
coopérative.
3.2.Professionnalisation des sociétés coopératives
Selon Henrik NILSON 13 , la professionnalisation est l'évolution d'une d'activité, d'un métier ou
type de tâche en une véritable profession qui promet des compétences plus élevées, des garanties de
fiabilité voire une déontologie particulière. Elle tend à faire entrer dans le salariat, une activité
informelle ou, à faire monter en gamme le service offert par telle profession et relever d'autant
le revenu de ceux qui l'exercent.
De cette définition, nous pouvons dire que la professionnalisation des sociétés coopératives devrait
se basée sur non seulement l’amélioration des performances et compétences des coopérateurs mais
aussi des revenus issus des activités de ces coopérateurs du fait de leur adhésion à la coopérative.
La garantie de fiabilité ici pourrait faire allusion à la qualité des produits ou services issus des
membres de la coopérative se disant professionnelle. Cette fiabilité est l’un des gages de
performance et de durabilité de toute organisation vis-à-vis de ses membres. Pour ce faire, la
professionnalisation des sociétés coopératives devrait se faire autour de l’objet même de création de
la société coopérative à savoir la satisfaction des aspirations et besoins économiques, sociaux et
culturels communs aux membres. La satisfaction des aspirations et besoins des membres n’est
réalisable que si la performance de la société coopérative est avérée, c’est-à-dire si elle est capable
d’atteinte des objectifs initialement définis grâce aux moyens alloués. Pour ce faire, des
« questionnements légitimes » méritent des réponses. Ce sont : (i) Est-ce que les sociétés
coopératives peuvent satisfaire les aspirations et les besoins communs aux membres ? (ii) Si oui,
comment elles doivent s’y prendre pour le faire ? Ces interrogations nous amènent à aborder la
question de la capacité des organisations coopératives à répondre aux besoins de leurs membres.
En conclusion nous pouvons dire que l’ONG ICCO a une forte expérience en matière d’appui aux
organisations de la société civile comme les sociétés coopératives. Cette expérience s’est acquise au
fil des années tant dans des programmes de services sociaux de base que dans des programmes de

13

Henrik NILSON, Université de Nottingham « Professionalism, lecture 5, What is a Profession? »

14

�développement économique rural comme la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Quant aux
sociétés coopératives, leur dynamisme et leur viabilité dépend en grande partie de leur capacité à
satisfaire les aspirations et les besoins économiques, sociaux et culturels communs à leurs
membres.
Nous analyserons donc, à travers le chapitre suivant, les capacités des organisations des producteurs
à rendre des services à leur membre.

15

�CHAPITRE 2 : ANALYSE DES CAPACITES DES ORGANISATIONS DE
PRODUCTEURS A OFFRIR DES SERVICES A LEURS MEMBRES
L’analyse des capacités des organisations de producteurs à rendre des services à leur membre nous
amène à nous questionner sur leurs forces et leurs faiblesses internes ainsi que les opportunités et
les menaces présents dans leur environnement. Les réponses à ces questionnements seront abordées
à travers un outil d’analyse appelé Scope Insight.
I.

FORCES, FAIBLESSES, OPPORTUNITES ET MENACES DES SOCIETES
COOPERATIVES DANS LE CADRE DU PROGRAMME STARS

L’analyse des forces, faiblesses, opportunités et menaces des sociétés coopératives permettra de
faire des suggestions et recommandations en vue de leur permettre de rendre des services durables
à leurs membres. Pour ce faire, une présentation d’un état des lieux des sociétés coopératives au
Burkina Faso sera nécessaire avant de proposer une méthodologie pour l’analyse des FFOM.

1.1 Etat des lieux des sociétés coopératives au Burkina Faso
Selon Inter-Réseaux dans son rapport d’étude sur « Le secteur privé dans les filières agroalimentaires au Burkina Faso, Etat des lieux des acteurs et des appuis, Février 2021 », la promotion
du « secteur privé » est de plus en plus considérée comme une recette du développement agricole,
aussi bien par les dirigeants africains que par les donateurs. Pour la FAO, Le terme « secteur privé
» englobe un ensemble d’acteurs très divers « allant des associations d’agriculteurs, des coopératives
et des PME jusqu’aux plus grandes sociétés internationales. Il inclut également les institutions
financières privées, les associations industrielles ou professionnelles, et les consortiums
représentant les intérêts du secteur privé ».
Au Burkina Faso, la classification des entreprises est définie par la loi N°015-2017/AN portant loi
d’orientation et de promotion des petites et moyennes entreprises au Burkina Faso. Elle distingue
quatre catégories d’entreprises en fonction de leur chiffre d’affaires et du nombre d’employés :
➢ micro-entreprises (moins de 10 employés et un chiffre d’affaires inférieur à 15 000 000)
➢ petites entreprises (entre 10 et 30 employés et un chiffre d’affaires entre 15 et 50 000 000)
➢ moyennes entreprises (entre 30 et 100 employés et un chiffre d’affaires entre 50 000 000 et
1 000 000 000)
➢ et grandes entreprises (plus de 100 employés et plus d’un milliard de chiffre d’affaires)
Selon Abdoulaye COMBARY et Al. lors du sommet international des coopératives tenu en 2016
au Quebec, c’est à la période coloniale que les coopératives ont été installées par le colonisateur. Il
s’agissait essentiellement de coopératives de consommation et agricoles qui devaient répondre aux
16

�besoins d’approvisionnement de la métropole. À partir de 1907, les sociétés indigènes de
prévoyance (SIP) ont été expérimentées pour la première fois au Sénégal avant de se répandre dans
les autres colonies, dont la Haute-Volta (devenue Burkina Faso), et muer par la suite en sociétés
africaines de prévoyance (SAP) en 1946, sociétés mutuelles de production rurale(SMP) en 1953,
puis en sociétés mutuelles de développement rural(SMDR) en 1956. L’objectif de ces mutuelles,
loin des principes coopératifs, était de développer les produits d’exportation en intensifiant la
production agricole à travers l’utilisation des intrants et matériels agricoles. Ces sociétés étaient
gérées par l’administration coloniale avec l’appui des commandants de Cercle et leurs budgets
provenaient des taxes spéciales payées par les indigents en même temps que les impôts. Cependant,
à côté des coopératives instituées par le colonisateur au Burkina Faso à l’instar des autres pays sous
protectorat français, l’esprit coopératif était présent dans la société burkinabè à travers différentes
pratiques traditionnelles ou manifestations de solidarité. Dans la zone Mossi on parle de « sossoaga
» pour désigner l’entraide entre famille, classe d’âge et amis pour effectuer les travaux champêtres.
À l’ouest du pays on parle de « ton ». L’exemple des groupements « NAAM » dans le nord devenus
une organisation relativement moderne illustre bien cette pratique associative. Aussi, la pratique
tontinière et les caisses villageoises autogérées en sont d’autres évolutions.
Les différentes mutations enregistrées depuis la période coloniale en passant par la période des
indépendances ont conduit aujourd’hui à la coopérative moderne, dont le socle s’appuie sur les
principes coopératifs, évoluant dans tous les domaines et secteurs d’activités. Ainsi, le paysage
coopératif au Burkina Faso se compose de deux types d’organisations : les coopératives et
groupements villageois obéissant tous aux principes coopératifs universels de l’Alliance coopérative
internationale (ACI). Depuis l’entrée en vigueur (15 mai 2011) de l’Acte uniforme relatif au droit
des sociétés coopératives des pays membres de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du
droit des affaires (OHADA), ces coopératives et groupements devraient se conformer aux
dispositions de cette nouvelle règlementation.
En rappel, le mouvement coopératif burkinabè a été régi successivement par plusieurs textes
règlementaires et législatifs, notamment :
o La Loi n°1/an/73 du 9 mai 1973 du parlement voltaïque, portant statuts des
organisations à caractère coopératif en Haute-Volta.
o L’Ordonnance 83-021/CSP/PRES/DR du 13 mai 1983 portant statuts des
organisations à caractère coopératif et pré-coopératif en Haute-Volta (née de la
volonté d’adaptation à la situation qui prévalait suite à la prolifération des
groupements villageois).

17

�o La Zatu AN VII-0035/FP/PRES du 18 mai 1990 portant statut général des
groupements pré-coopératifs et sociétés coopératives au Burkina Faso (relecture de
l’ordonnance de 1983 dans l’esprit du contexte politique de l’époque – avènement
de la révolution).
o Élaboration du Document de politique nationale de promotion coopérative de
décembre 1998.
o La Loi n°014/99/AN du 15 avril 1999 portant réglementation des sociétés
coopératives et groupements au Burkina Faso ; promulguée le 3 Juin 1999 par le
décret n°99-160/PRES. Cette loi a eu pour effet de réduire les prérogatives de l’État
et de consacrer l’autonomie et l’indépendance des organisations à caractère
coopératif.
o

L’acte uniforme relatif au droit des sociétés coopératives adopté le 15 décembre 2010
par les dix-sept (17) États partis signataires du Traité de l’Organisation pour
l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA).

D’après le ministère de l’agriculture, des ressources animales et halieutique dans le rapport
d’analyse des organisations professionnelles agricoles lors du deuxième recensement général de
l’agriculture (RGA II) 2021-2023, paru en avril 2022, le Burkina Faso compte 24 108
Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) toute nature confondue en 2021. Les OPA sont
dominées par les sociétés coopératives (89,8%), suivie des associations (7,2%). Les unions (1,5%),
les groupements (1,2%), les interprofessions (0,1%) et les fédérations (0,1%) sont les natures d’OPA
faiblement représentées. On note que 27,9% des OPA sont affiliées à une faitière et parmi elles,
91,8% sont des sociétés coopératives et 4,2% des association. Moins de la moitié (45,0%) des OPA
dispose d’un siège social. Les interprofessions et les confédérations possèdent toutes un siège social.
Plus de la moitié des fédérations (87,5%), des unions (65,9%) des groupements (55,1%) possèdent
un siège social. En matière de système de gestion comptable, on note que le type de gestion
comptable prédominant est le SYSCOHADA, utilisé par 86,2% des OPA.
L’agrément demeure le document de formalisation le plus possédé par les OPA soit 49,0% des OPA
suivie du formulaire de déclaration de constitution d’un scoop (25,3%) et du récépissé (25,1%).
Les numéros IFU et le RCCM sont les moins possédés avec des proportions respectives de 0,1% et
0,4%.
Les lois régissant les OPA sont essentiellement l’Acte uniforme OHADA et la loi 014 avec
respectivement 44,1% et 42,4% des OPA.

18

�La majorité des OPA ont une couverture niveau village (81,0%), le niveau communal est de 14,9%
et 2,3% pour le niveau provincial. Les niveaux régional et national sont faibles avec respectivement
1% et 0,8%.
Plus de 80% des organisations professionnelles agricoles interviennent dans le secteur agricole suivi
du secteur d’élevage (12,4%).
Les OPA intervenant dans le maillon de la production représentent 86,0% tandis que les maillons
de la transformation et la commercialisation sont faiblement représentés soit respectivement 6,8%
et 6,2%.
Le chiffre d’affaires cumulé généré par l’ensemble des organisations professionnelles agricoles au
cours de l’exercice 2020 est de 148,27 milliards de FCFA. Le chiffre d’affaires générés par les
sociétés coopératives constitue 85,6% de ce chiffre d’affaires total.
1.2

Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces (FFOM) des sociétés coopératives

Les FFOM des sociétés coopératives nous donnent un aperçu du dynamisme et du fonctionnement
de ces dernières dans leur mission de rendre des services à leurs membres. Cette partie sera analysée
à travers la description de la méthodologie, la présentation des résultats des analyses FFOM pour
terminer avec l’analyse de ces résultats.
1.2.1. Méthodologie

Dans le cadre de la mise en œuvre du programme STARS, il a été réalisé en début d’intervention
des diagnostics organisationnels et institutionnels de chaque organisation identifiée pour collaborer
avec le programme. Ce diagnostic a été réalisé avec un outil appelé Scope Insight du nom de
l’entreprise propriétaire des droits. Cet outil permet d’apprécier huit (08) domaines d’intervention
des organisations en vue de déceler les forces et les faibles, les opportunités et les menaces. Ces huit
domaines sont :
➢ Les opérations qui concernent le stockage, la logistique, les technologies et les opérations
de traitement ;
➢ La gestion interne qui regroupe la gouvernance, l’organisation interne et la planification des
activités ;
➢ La gestion financière pour ce qui concerne la gestion financière elle-même, la planification,
la budgétisation et les sources de revenus ainsi que l’archivage et le suivi ;
➢ L’approvisionnement qui renferme l’approvisionnement en matières premières, des
approvisionnements par les membres, le suivi et la formation des membres ;
➢ Le marché qui regroupe les risques relatifs au marché, la logistique en aval et la stratégie
commerciale ;
19

�➢ Les ressources (ou facilitateurs) pour parler du développement des capacités, des relations
avec les partenaires, des relations avec les communautés et des relations avec
l’administration ;
➢ De la durabilité des actions en analysant la prise en compte des questions sociales et des
questions environnementales dans les actions ;
➢ Et enfin les risques externes en abordant la connaissance des risques externes et la capacité
de mettre en place des mesures d’atténuation
L’analyse combinée de ces huit domaines permet d’identifier non seulement les imperfections mais
aussi de savoir par domaine sur quel aspect on devrait se focaliser pour réaliser les objectifs de
l’organisation qui reste la satisfaction des aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels
communs aux membres.
Dans le cadre du programme STARS, nous nous sommes intéressés à huit organisations de
producteurs de sésame14 dont les résultats nous permettent de réaliser nos analyses de forces, de
faiblesses, d’opportunités et de menaces.
Le processus utilisé pour la collecte et l’analyse des données a été celui de Scope Insight.
Cette approche est mise en œuvre à travers :
➢ La vérification de la disponibilité d’évaluateurs certifiés dans l’environnement des
organisations à analyser. S’il n’y a pas d’évaluateurs certifiés, 2 cas de figure se présentent :
soit la structure demandeuse identifie de potentiels évaluateurs à former soit Scope Insight
propose des évaluateurs disponibles dans sa base de données (il peut s’agir d’évaluateurs
d’autres pays qui parlent la langue officielle du pays des organisations à analyser). Un
contrat de prestation est négocié entre la structure demandeuse et les évaluateurs pour la
réalisation de la prestation et un autre contrat entre Scope Insight et la structure demandeuse
pour l’utilisation de son système, l’analyse des données et la production des rapports.
➢ L’identification et la sélection primaire des organisations par la structure demandeuse de la
prestation. Cette liste est transmise à Scope Insight qui fait une première vérification pour
s’assurer qu’aucune organisation concernée ne dispose déjà d’un rapport de moins d’une
année dans sa base de données. Si tel est le cas, cette organisation est écartée de l’analyse et
le rapport disponible dans la base de données est utilisé, avec l’accord de l’organisation,
pour l’élaboration du plan d’actions ;

14

Association Tin Ba de Fada, Association pour le Développement des Entrepreneurs Pacifiques de Bilanga (région de l’Est), Groupement
d’Intérêt Economique « YERETA » des Hauts Bassins, Fédération Nian Zwê (Léo dans le Centre-Ouest), des unions régionales de producteurs de
sésame du Nord, de la Boucle du Mouhoun, des Cascades et du Sud-Ouest

20

�➢ Après la validation de la liste des organisations à analyser, un programme est établi entre les
évaluateurs, Scope Insight, la structure demandeuse et les organisations à analyser.
➢ Après la validation du programme, chaque organisation est contactée par les évaluateurs
pour information sur le processus, les personnes concernées par la rencontre d’évaluation,
les documents à préparer, le temps nécessaire pour l’évaluation et les clauses de
confidentialités. L’accord des responsables de l’organisation à travers la signature d’un
document d’engagement (voir annexe 2) est obligatoire avant la phase d’évaluation.
➢ La collecte des données à travers un questionnaire fourni par Scope Insight (voir annexe 1)
sur support digital connecté une base de données logée à Scope Insight. En fonction de la
disponibilité et de la qualité de la connexion internet, l’évaluation peut se faire « online » ou
« offline ». A la fin de l’évaluation, un contrôle qualité est automatiquement réalisé pour
s’assurer que toutes les questions obligatoires ont été traité. Si tel n’est pas le cas, le logiciel
refuse l’envoi des données et l’évaluateur est invité à compléter les informations manquantes.
➢ Le traitement, l’analyse et la production du rapport par Scope Insight. Les données
transmises sont analysées par le département qualité pour s’assurer de la concordance des
informations avant toute analyse. Après la validation du département qualité, un rapport
provisoire est élaboré après traitement et analyse des données transmis dans la base de
données.
➢ L’élaboration des rapports provisoires qui sont partagés avec les organisations analysées
pour observations et commentaires puis validation et retour à Scope Insight.
➢ La prise en compte des observations et commentaires pour le rapport final qui est partagé
avec les organisations concernés. Ce dernier rapport est utilisé pour la définition du plan
d’actions au regard du résultat obtenu par l’organisation dans chaque domaine combiné avec
les priorités de l’organisation.
Dans la figure 3 ci-dessus, l’organisation a obtenu une note globale de 3,2 sur 5, ce qui veut dire
que c’est une organisation assez bonne avec de bonne performance au niveau des opérations (3,3),
de la gestion interne (3,9), des approvisionnements (3,3) et des ressources (3,7). Toutefois,
l’organisation présente des faiblesses au niveau des risques externes (2,6), de la gestion financière
(2,7), de la durabilité des actions (2,8) et du marché (2,8).

21

�FIGURE 2: EXEMPLE DE RESULTAT D'UNE EVALUATION SCOPE INSIGHT

Source : Rapport diagnostic scope insight de l’Association pour le développement des entrepreneurs pacifiques
(ADEP)

NB : Les notes vont de 1 à 5 et toute note &lt;3 est une faiblesse, une note &gt;=3 est considérée comme bonne.

22

�FIGURE 3: COMPOSITION DES 8 DOMAINES D’ANALYSE SCOPE INSIGHT

Source : Rapport diagnostic scope insight de l’Association pour le développement des entrepreneurs pacifiques (ADEP)

L’analyse des informations de la figure 4 nous enseigne qu’on peut avoir une bonne performance
dans un domaine donné mais à l’intérieur de ce domaine il peut y avoir des aspects à améliorer.
C’est le cas de l’approvisionnement où l’organisation avec une note de 3,3/5 semble performante
mais les aspects liés à l’approvisionnement en matières premières (2,3) et la force de base des
membres (2,9) c’est-à-dire l’approvisionnement à partir des membres méritent d’être renforcé. On
peut aussi avoir une faible performance dans un domaine donné mais à l’intérieur de ce domaine,
être performant dans un aspect donné. C’est le cas de la gestion financière de cette organisation qui
nous enseigne qu’avec une note globale de 2,7/5, la question de la gestion financière mérite des
actions. Toutefois, en analysant les éléments qui composent la gestion financière, on se rend compte
que des actions sont attendues au niveau de la planification, budgétisation et sources de revenu (2,6)
et au niveau de l’archivage et du suivi de la gestion (2,8).
L’application de cette méthodologie sur les rapports de l’ensemble des Huit (08) organisations de
producteurs de sésame partenaires du programme STARS nous donne les résultats consignés dans
le tableau suivante.

23

�1.2.2. Forces, Faiblesses, Opportunités et des Menaces des organisations de
producteurs de sésame partenaires du programme STARS
TABLEAU 1: SYNTHESE D’ANALYSES DES FORCES, DES FAIBLESSES, DES OPPORTUNITES ET DES MENACES DES ORGANISATIONS
DE PRODUCTEURS DE SESAME PARTENAIRES DU PROGRAMME STARS

FORCES
➢ Gestion interne
o Légalité
vis-à-vis
de
la
règlementation
o Existence de siège
o Adhésion volontaire des membres
o Regroupement par filière (société
coopérative) ou par centre d’intérêt
(association)
➢ Opérations
o Professionnalisme de certaines OP
o Transformation des produits des
membres avant commercialisation
o Facilitation de l’accès des membres
aux intrants de production pour
certaines OPs
o
➢ Marché
o Commercialisation des produits des
membres
o Facilitation de l’accès des membres
aux crédits pour certaines OPs
➢ Ressources/facilitateurs
o Renforcement des capacités des
membres via des appuis de l’Etat ou
des projets et programmes sur des
thématiques données

OPPOTUNITES
➢ Ressources

FAIBLESSES
➢ Gestion interne
o Fonctionnement des bureaux des OPs
o Gouvernance des OPs
o Gestion du partenariat (PTF, clients,
fournisseurs, prestataires, etc.)
o Mobilisation des ressources internes et
externes
o Redevabilité aux membres
o Régularité des rencontres statutaires
o Analphabétisme des leaders des OPs
o Planification des activités
o Qualité du membership
➢ Opérations
o Services aux membres
➢ Marché
o Mise en marché groupé des produits des
membres pour la majorité des OPs
o Accès des membres aux crédits
➢ Approvisionnement
o Accès aux intrants
o Gestion des approvisionnements
➢ Gestion financière
o Planification et budgétisation des activités
o Gestion financière
o Archivage des données et documents
o
➢ Opérations
o Faible qualité des produits
o Capacité et techniques de stockage
➢ Durabilité
o Durabilité des actions
➢ Risques
o Capacité d’identification et d’analyse des
variables du marché
o Capacité d’analyse et d’anticipation des
risques
o
➢ Ressources/Facilitateurs
o Ressources (financières, humaines et
matérielles) limités
MENACES
➢ Risques Externes
24

�Cadre règlementaire15
o Services gratuits des projets et programmes
Existences de PTFs engagées dans
aux membres des OPs
le développement du monde rural
o Les subventions accordées aux producteurs du
o Financement des activités agricoles
Nord
par les institutions financières
➢ Marché
o Existence d’animateurs et de
o Les prix élevés des intrants de productions
formateurs endogènes au niveau des
o Les prix non rémunérateurs des produits
zones d’interventions des OPs
agricoles
➢ Marché
o La disposition des Burkinabè à
consommer les produits locaux
o Certification des produits locaux
avec un Label dédié à chaque
produit
o
o

Source : ICCO/programme STARS : Analyse des rapports diagnostics scope insight des OPs sésame, 2017

1.2.3. Analyse des résultats du tableau des forces, des faiblesses, des opportunités et des
menaces des organisations de producteurs de sésame partenaires du programme STARS

L’analyse des résultats du tableau synthèse des FFOM des organisations de producteurs de sésame
partenaires du programme STARS nous indique des forces au niveau de la légalité de ces
organisations, de l’existence des organes de gestion, du respect de certains principes coopératifs
comme l’adhésion volontaire des membres, le regroupement de ces organisations par filière en
société coopérative ou par centre d’intérêt en association, de la disponibilité de siège et du
professionnalisme pour certaines, de la valorisation des produits par la transformation avant
commercialisation, de la facilitation de la commercialisation des produits des membres, de l’accès
aux crédits et aux intrants de production pour certaines OPs. Comme services rendus à leurs
membres, nous avons la commercialisation des produits, la facilitation de l’accès des membres aux
crédits, aux intrants de production, au renforcement des capacités. Toutefois, les rapports font
ressortir que les services sont rendus aux membres grâce à des appuis reçu de l’Etat ou de certains
projets et programmes. L’exploitation des données des rapports n’a fourni aucune information sur
la délivrance de services à des membres sur une initiative propre de ces organisations mais toujours
avec l’appui de l’Etat ou d’autres projets et programmes.
Quant aux faiblesses, nous avons identifiés comme principales :
➢ au niveau de la gestion interne :
o le fonctionnement des bureaux (régularité des rencontres et disponibilité des comptes
rendus et des procès-verbaux) qui impacte négativement sur la gouvernance de ces
structures et par effet induit sur les services rendus aux membres,
15

Loi OHADA relative aux droits des sociétés coopératives, Code des Investissements ASPHF, Code des Impôts, etc.

25

�o les organisations ayant des animateurs rencontrent des difficultés pour la prise en
charge de ces derniers, toute chose qui non seulement réduit le fonctionnement de
ces derniers mais aussi impacte négativement sur leur performance (les activités sont
réduites et la qualité des services laisse à désirer),
o la mobilisation des ressources internes et externes ;
o la redevabilité qui devait permettre de renforcer la solidarité et mobiliser l’ensemble
des membres vers l’atteinte des objectifs et la satisfactions de besoins ressort comme
une faiblesse d’où la qualité du membership qui ne se reconnaissent plus à travers
une organisation qu’ils ont pourtant contribué à mettre en place.
o l’analphabétisme des leaders des organisations impacte négativement sur certains
aspects comme la gestion financière, la gestion interne, la régularité des rencontres,
la mobilisation des ressources internes, la gestion des approvisionnements, la
planification et la budgétisations des activités, etc
➢

au niveau des opérations, nous constatons :
o la quasi-totalité des organisations rencontrées n’arrivent pas à faciliter l’accès de
leurs membres aux besoins essentiels des campagnes agricoles (intrants, crédits, mise
en marché groupée des produits, etc.) pour la production. Cette faiblesse impacte
négativement non seulement sur la performance des producteurs mais aussi sur la
qualité du membership (les besoins de ces derniers n’étant pas satisfaits, leur
contribution à la vie de l’organisation est quasi absente),
o l’absence ou le faible encadrement des producteurs qui impactent négativement sur
la qualité des produits. La faible qualité des produits joue négativement sur la gestion
des partenaires commerciaux et la mise en place d’une stratégie commerciale
efficace.
o les conditions de stockage des produits posent aussi le problème de la qualité de ces
produits.

➢ au niveau du marché, nous remarquons l’incapacité de la majorité des OPs à organiser la
mise en marché groupé des produits de leurs membres ainsi que la facilitation de l’accès au
crédit de campagne ;
➢ l’approvisionnement des intrants ainsi que leur gestion est une des grosses faiblesses des
organisations. En effet, les organisations analysées n’arrivent pas à rassembler les besoins
de leurs membres pour des commandes groupées. Même lorsque l’Etat et ses partenaires
leur apportent des intrants, la gestion de ces intrants sont parfois sources de conflits du fait
du clientélisme et de la mauvaise répartition ;
26

�➢ en matière de gestion financière, il y a des faiblesses liées à la planification et à la
budgétisation des activités, la gestion financière en elle-même (confusion des lignes
budgétaires, rigueur budgétaire, etc), l’archivage des données et des documents sont aussi
des goulots d’étranglement ;
➢ du fait de ces faiblesses ci-dessus identifiées, la question de la durabilité des actions se
pose et cela influence négativement sur le dynamisme de ces organisations ;
➢ l’analyse des risques n’est pas un domaine prioritaire au niveau des organisations du fait
d’une faible capacité à identifier et analyser les variables du marché mais aussi une capacité
d’analyse et d’anticipation des risques encourus par l’organisation dans ses opérations et
relations de tous les jours.
Une analyse approfondie des faiblesses afin d’identifier les leviers à actionner pour un
changement et une performance des sociétés coopératives à aboutit à la question des services aux
membres. En effet, comme le dit l’adage, on ne peut mobiliser une personne qu’au tour de ses
intérêts. Satisfaire donc les besoins des membres en termes de services pour réussir leurs campagnes
agricoles de production et de commercialisation (vendre à des prix rémunérateurs) permettra de les
intéresser aux actions des organisations et de les mobiliser pour contribuer financièrement au
fonctionnement des organes mis en place.
Malgré ces faiblesses des organisations de producteurs, des opportunités existent pour leur permettre
de jouer pleinement leur rôle et de contribuer au développement économique et social des
producteurs et des localités couvertes par ces organisations par l’investissement dans le cadre de la
responsabilité sociale des entreprises. Comme opportunités, nous notons :
➢ au niveau des ressources,
o l’existence d’un cadre règlementaire à l’échelle de l’espace OHADA destiné à
l’émergence et au développement des sociétés coopératives,
o l’existence de partenaires techniques et financiers en plus de l’Etat qui sont disposés
et engagés à accompagner les actions des coopératives vers le plein emploi, la
création de revenu et l’amélioration du bien-être des coopérateurs et des
communautés,
o l’existence de compétences dans les localités couvertes par les organisations qui
peuvent être mobilisées comme animateurs endogènes ou techniciens pour
l’encadrement des producteurs et qui ont l’avantage d’avoir été capacités par des
projets et programmes, les services techniques déconcentrés et les ONG de
développement,
27

�o enfin la disponibilité et l’engagement des institutions de financement à accompagner
les initiatives de développement de ces structures avec des produits financiers
adaptés à leurs besoins et tenant compte de la spécificité de chaque spéculation ou
projet.
➢ au niveau du marché :
o l’engagement et la disposition des consommateurs à consommer les produits locaux
de qualité et à payer le prix pour soutenir le développement des entreprises locales,
o l’existence de structure comme ABNORM 16 qui est la structure au centre de la
stratégie gouvernementale en matière de normalisation, de certification, de contrôle
de la qualité et de promotion de la qualité, de métrologie et d’accréditation.
Cet environnement favorable au développement des sociétés coopératives fera face à des
menaces dont les plus importantes sont la gratuité des services des projets et programmes aux
producteurs y compris les membres des sociétés coopératives jouera sur la durabilité des actions à
entreprendre par les sociétés coopératives ; les prix élevés et la qualité des intrants de productions
pourraient réduire les effets des actions des sociétés coopératives au profit de leurs membres. En
effet, si les prix de vente aux sociétés coopératives ne leur permettent pas d’être compétitifs sur le
marché local, il leur difficile d’approvisionner les producteurs. C’est aussi la même inquiétude par
rapport à la qualité des intrants qui contribue à plus de 70% aux rendements agricoles ; la question
des prix rémunérateurs des produits agricoles, même avec des consommateurs patriotes prêt à payer
pour la qualité, mérite d’être analysé et solutionner pour encourager la production locale et permettre
aux producteurs de vivre dignement de leurs activités et enfin la question des subventions accordés
aux producteurs des pays de l’Europe, de l’Amérique et de l’Asie qui impacte sur la compétitivité
des produits des producteurs locaux.
II.

RENDRE DURABLEMENT DES SERVICES
ORGANISATIONS DE PRODUCTEURS

AUX

MEMBRES

DES

La mission de chaque organisation est de rendre des services à ses membres. Toutefois, la
durabilité de ces services est un élément important à prendre en compte pour assurer une autonomie
de l’organisation et une viabilité des services. Nous analyserons la durabilité des services aux
membres à travers l’analyse des besoins des membres des organisations en termes de services avant
d’aborder la question du comment les organisations peuvent assurer la durabilité des services à leurs
membres.

16

Agence Burkinabè de Normalisation de la Métrologie et de la Qualité

28

�2.1.

Les besoins des membres des organisations en termes de services

Les besoins des membres en termes de services sont étroitement liés à la nature des activités menées.
Dans le cadre du programme STARS, les besoins identifiés pour les producteurs de sésame sont
entre autres : la formation technique à la production et aux opérations post-récoltes du sésame, les
intrants de production comme la semence et les fertilisants de qualité, l’accès aux crédits pour faire
face aux besoins financiers de la campagne (mobilisation de main d’œuvre, restauration du
personnel, le matériel agricole, les pesticides et les herbicides, etc.), l’accès au marché rémunérateur
pour les produits. L’analyse de ces besoins a fait ressortir des besoins solvables, c’est-à-dire ceux
dont les producteurs sont prêts à payer pour recevoir et les besoins non solvables car existant dans
l’environnement de manière gratuite comme la formation technique à la production et aux
opérations post-récoltes du sésame. Cette analyse, combiné à la durabilité des services aux membres,
nous obligent à minimiser le service de la formation des priorités des services solvables des
producteurs donc à traiter avec précaution, c’est-à-dire à innover s’il faut maintenir ce service. En
effet, les projets et programmes intervenant dans l’environnement des organisations de producteurs
offre des services de formation gratuitement aux membres de ces mêmes organisations. Traiter de
ce service en termes de durabilité nécessite des innovations à apporter aux connaissances acquises
gratuitement qui pourrait motiver un producteur à payer pour le recevoir car différent du service
reçu gracieusement.

2.2.

Comment les organisations peuvent-elles assurer la durabilité des

services à leurs membres ?
La durabilité des services aux membres s’entend par un service qui se renouvelle dans la durée tout
en s’améliorant. Pour ce faire un certain nombre de conditions sont nécessaire dont la disponibilité
des ressources devant permettre la durabilité du service. Parmi ces ressources, nous avons identifiés
les ressources humaines, les ressources financières et les ressources matérielles. Toutes ces
ressources indispensables sont à mobiliser avec une condition que la mobilisation aussi respecte le
caractère durable. Nous avons donc dans le cadre du programme STARS, avec les huit organisations
de producteurs partenaires engagés la réflexion pour aboutir à un mécanisme appelé « mécanisme
de facturation des services aux membres ». Ce mécanisme se fonde sur les animateurs endogènes
des organisations de producteurs mais installés dans la localité et ayant une activité génératrice de
revenu pour ne pas dépendre du mécanisme, d’une facturation des services identifiés plus haut aux
membres des organisations avec une obligation de bilan en fin de campagne en vue de la
maintenance du mécanisme (formation des animateurs, mise à jour des modules, appréciation et
amélioration de la qualité des intrants et des services financiers, bilan de la campagne de
commercialisation assorti de recommandations) et de son amélioration pour répondre aux besoins
29

�des membres. A l’issue de ces réflexions, analyse, il a été décidé de passer à la phase de mise en
œuvre en vue d’infirmer ou de confirmer la stratégie identifiée. Ainsi, sur les huit organisations,
cinq ont été retenue au regard de la qualité de leurs dispositions endogènes (gouvernance, qualité
des animateurs, niveau de production des membres, etc.). Chaque organisation a été ensuite
accompagné par un consultant pour élaborer un mécanisme de facturation propre à son contexte et
à son environnement tout en gardant le même principe : les recettes issues de la mise en œuvre du
mécanisme devront permettre le fonctionnement de l’organisation (tenue des rencontres,
désintéressement des animateurs et le renforcement de leur capacités, approvisionnement des
intrants auprès des fournisseurs sur la base d’un modèle d’affaires, facilitation de l’accès des
membres au crédit de campagne, mise en marché collective des produits des membres, etc.). En
somme, le mécanisme devrait permettre à chaque organisation d’être autonome financièrement au
moins sur le fonctionnement et les services essentiels aux membres. Les expériences menées ont été
évaluées et les corrections apportées sur deux campagnes successives.
2.2.1. Elaboration de mécanisme de facturation des services aux membres

L’élaboration des mécanismes de facturation des services aux membres a suivi une démarche à
travers plusieurs étapes pour s’assurer de l’adhésion des leaders de l’organisation mais aussi des
membres à qui le mécanisme est censé apporté des réponses à certaines contraintes qui limite leur
performance. Ainsi, on peut retenir comme démarche :
✓ L’information et la sensibilisation des membres à travers des rencontres et la convocation
d’une assemblée générale en vue de la décision d’élaboration du mécanisme (cette décision
peut être prise par le bureau exécutif élargi à certains membres influents) ;
✓ L’identification des services et des besoins qui feront l’objet du mécanisme ainsi que la
description et la classification de l’ensemble des services (en termes de formation, appuiconseils, suivi, approvisionnement, commercialisation, services financiers)
✓ L’identification et le profilage des compétences à mobiliser pour la délivrance des
services ;
✓ Le calcul des coûts directes et des coûts indirects des services : identification et calcul des
coûts générés par la fourniture de chaque service (location de salle, mobilisation du
matériel logistique, support de formation, déplacement des animateurs, prise en charge des
animateurs, formation des producteurs, frais de communication, loyer, eau, électricité,
amortissements, formation et recyclage des animateurs endogènes, frais de fonctionnement
du personnel permanent, etc ) ;
✓ La fixation des montants (tenant compte des coûts pratiqués localement) à demander à
chaque bénéficiaire de services après analyse des coûts ;
30

�✓ La description des rôles des intervenants dans le processus ;
✓ La présentation et l’adoption du mécanisme en assemblée générale ;
✓ L’information et la sensibilisation des producteurs sur le mécanisme et ses modalités ;
✓ La planification de la délivrance des services (programmation, mise à niveau des
animateurs, mobilisation de la logistique, mobilisations des bénéficiaires, etc.) ;
✓ Le suivi-appui conseils de l’utilisation des services au niveau des producteurs par les
animateurs ainsi que le suivi des actions planifiées par les responsables des coopératives;
✓ L’évaluation de la mise en œuvre du mécanisme (satisfaction des bénéficiaires,
appréciation des parties prenantes et recueils des suggestions d’amélioration)
✓ La mise à jour des services pour répondre aux besoins des producteurs ;
✓ Vulgarisation du mécanisme auprès des producteurs.

31

�FIGURE 4: FLUX FINANCIERS DES ACTIVITES DANS LE CADRE DU MECANISME DE FACTURATION
100 000

Versement
Paiement et
reversement
Prélèvement
Equipe
technique
Fédération

150 000

Coopératives

Union des

FNZ

Coopératives

Conseil de
Gestion

SALAIRE
Coordonnateur
Equipe technique

Conseillers
Agricoles

Animateurs

Formation : 1 000
Suivi :3 000
Dossier : 500
Prestation
Location

Producteurs
Formation -suivi :3000+6000
Intrant : 25+250+250
Vente 10f

Source : Mécanisme de Facturation de la FNZ, décembre 2018

32

�2.2.2. Résultats à l’issue de la mise en œuvre des mécanismes de facturation
FIGURE 5: PERFORMANCE DE ADEP

Source : Rapport Scope Insight 2017 et 2020 de ADEP

Une amélioration globale avec des contreperformance au niveau des opérations uniquement. Au
niveau des facilitateurs chargé des services aux membres, nous avons une nette amélioration de 3,7
à 4,8. Aussi, nous remarquons une amélioration dans le volet approvisionnement (3,3 à 4) grâce aux
appuis du programme qui lui ont permis d’avoir du crédit pour l’approvisionnement de ses membres
en intrants et aussi de la gestion financière qui est passée de 2,7 à 3,7. Une régression au niveau des
opérations du fait de l’insécurité dans la zone. Le marché aussi a connu une nette amélioration passant de
2,8 à 3,9 du fait d’un modèle d’affaires conclu avec l’institution financière et un acheteur.

33

�FIGURE 6: PERFORMANCE URPS BM

Source : Rapport Scope Insight 2017 et 2020 de URPS BM

Une régression de la performance globale de cette organisation qui n’a pas pu mettre en œuvre le mécanisme
en son volet mobilisation de ressources mais qui a pu mettre à profit le service des animateurs (de 3,5 à 4,5
points) grâce à une subvention d’un autre projet. Une régression aussi au niveau de la gestion interne (3,3 à
2,5 points), gestion financière (3,4 à 1,8 point) contre des améliorations au niveau gestion des risques (2,8
à 4,9), des approvisionnements (2,4 à 2,7), des opérations (2 à 2,3), de la durabilité (2,5 à 3,1)
FIGURE 7: PERFORMANCE FNZ

Source : Rapport Scope Insight 2017 et 2020 de FNZ

34

�Une régression au niveau de cette organisation qui n’a pas aussi pu mettre en œuvre le mécanisme. Nous
notons une régression globale de 3,3 à 3,1 avec des amélioration au niveau des risques externes (2,4 à 3,2),
des opérations (3,4 à 4), du marché (2 à 2,4) et de la durabilité (2,4 à 2,8) contre des régressions au niveau
des approvisionnements (3,6 à 3,1), de la gestion financière (3,8 à 2,4), des facilitateurs (de 4,4 à 4) et de la
gestion interne (3,9 à 3,5) qui a été le véritable défis de l’organisation jusqu’à la fin du programme du fait
d’un leadership non légitime auprès des membres.
FIGURE 8: PERFORMANCE GIE YERETA

Source : Rapport Scope Insight 2017 et 2020 du GIE YERETA

Cette organisation n’a pas aussi pu mettre en œuvre le mécanisme sauf en son volet animateurs
endogène grâce à l’appui d’une ONG locale qui lui apportait des appuis techniques dans ce sens
d’où sa progression de 2,9 à 3,7 dans le volet facilitateurs et de 2,5 à 3,5 dans le volet opérations.
Toutefois, ces actions ne présentent aucune garantie de durabilité si l’ONG suspend ou arrête ses
appuis. Elle a opéré une amélioration grâce à des contrats que le programme STARS lui a permis
d’avoir d’où la progression sur le volet marché de 3,4 à 3,6. Les appuis du programme lui ont aussi
permis d’avoir du crédit pour apporter des intrants à ses producteurs membres d’où l’amélioration
dans le volet approvisionnement de 3,3 à 3,7 et de la durabilité de 2,6 à 3. L’organisation est
toutefois restée constante dans le volet gestion financière mais a régressé légèrement dans la gestion
interne du fait de la non-régularité des rencontres statutaires par manque de ressources financières.

35

�FIGURE 9: PERFORMANCE TINBA

Source : Rapport Scope Insight 2017 et 2020 de TIN BA

Les performances de cette organisation sont passées de 3,6 à 4 d’une manière globale avec des
amélioration dans au niveau de la gestion des risques (3,9 à 4,4), des approvisionnements (3,6 à
3,7), des opérations (3,1 à 4,4), de la gestion interne (3,6 à 4,3), de la durabilité (2,7 à 3,4) et des
facilitateurs (4,2 à 4,4). Toutefois, nous remarquons une régression au niveau de la gestion
financière qui est passée de 4,6 à 4,1 du fait d’impayé pour un crédit intrant et un crédit
commercialisation.

Aux ternes de nos analyses et de la mise en œuvre des actions pour le renforcement des capacités
des organisations, il ressort des résultats obtenus que certaines organisation de producteurs de
sésame objet du présent travail ont des forces comme l’approvisionnement des membres en intrants,
la gestion interne, l’appui aux opérations culturales, de récoltes et de post-récoltes, l’existence de
pool d’animateurs endogènes, l’accès aux marchés des produits des membres, la gestion des risques
externes, la gestion financière et la durabilité des actions. Toutefois, ces mêmes forces ressortent au
niveau d’autres organisations comme des faiblesses. Les opportunités comme le cadre
36

�règlementaires, l’existence des PTFs, la disposition des consommateurs à consommer burkinabè, le
financement des activités agricoles par les institutions financières présentent dans leur
environnement sont saisies par certaines, les menaces comme les services gratuits aux membres par
les projets et programmes, les prix élevés des intrants de production, les prix non rémunérateurs des
produits agricoles et les subventions accordées aux producteurs du nord impactent négativement sur
le développement d’autres organisations.
Malgré les faiblesses et les menaces, les organisations de producteurs disposent de capacités à même
de rendre des services à leur membre si elles appliquent le « mécanisme de facturation des services
aux membres » avec ses conditions.

37

�CHAPITRE 3 : ANALYSE DES RESULTATS, LECONS APPRISES, CONCLUSION ET
RECOMMANDATIONS
L’appui à la mise en place d’un « mécanisme de facturation des services aux membres » assorti de
conditionnalités a produit des résultats qui méritent d’être analysés afin de déterminer les conditions
de succès d’un tel mécanisme à l’échelle de nos organisations de producteurs. Les leçons apprises
de l’élaboration et de la mise en œuvre du mécanisme nous conduiront vers la formulation de
recommandation à divers niveaux de responsabilité et de décision. Pour ce faire, nous allons dans
un premier temps analyser les résultats obtenus par chaque organisation, tirer les leçons apprises et
formuler des recommandations.

I.

ANALYSE DES RESULTATS
L’analyse des résultats obtenus par les cinq organisations avec lesquelles l’expérience a été

mené nous donne trois (03) types de résultats :
✓ Les résultats des organisations n’ayant pas mis en œuvre le mécanisme et n’ayant
pas reçu d’appuis d’autres partenaires
✓ Les résultats des organisations n’ayant pas mise en œuvre le mécanisme mais ayant
obtenues des appuis d’autres partenaires
✓ Les résultats des organisations ayant mis en œuvre le mécanisme
1.1 Analyse des résultats des organisations n’ayant pas mis en œuvre le
mécanisme et n’ayant pas reçues d’appuis d’autres partenaires : cas de la Fédération
Nian Zwê (FNZ)
Cette organisation, malgré l’appui qu’elle a reçue pour l’élaboration de son mécanisme prenant en
compte son environnement et son contexte, et malgré la validation en assemblée générale du
mécanisme à eux présenté avec pour décision sa mise en œuvre immédiate, n’a pas pu dérouler les
actions pour l’opérationnalisation de son mécanisme de facturation des services aux membres. En
effet, juste après l’adoption du mécanisme en assemblée générale, il y a eu une relecture des textes
et un renouvellement du bureau pour se conformer aux dispositions de la loi OHADA sur décision
du gouvernement. Ce renouvellement n’a pas été à la hauteur des attentes car le nouveau bureau élu
n’a pas eu la légitimité des membres à la base et l’adhésion des techniciens. Aussi, la communication
avec les partenaires a manqué de professionnalisme et de contenu. Cette situation n’a pas facilité le
fonctionnement normal de l’organisation qui a impacté négativement sur les performances de la
structure surtout les volets gestion interne, gestion financière et les approvisionnements. La mise en
38

�œuvre du mécanisme aurait pu permettre de redresser cette situation avec la satisfaction des besoins
des producteurs membres pour renforcer la légalité du bureau élu et lui permettre de retrouver sa
légitimité contestée. Aussi, il faut noter que l’organisation a maintenu ses partenaires d’appui.
Toutefois, le manque de synergie d’actions entre les partenaires n’a pas permis des actions dans le
sens de la mise en œuvre des actions du mécanisme de facturations. Nous estimons que si les autres
partenaires avaient pris en compte les actions du mécanisme de facturation, la situation de
l’organisation se serait améliorée au profit des producteurs.
1.2 Analyse des résultats des organisations n’ayant pas mis en œuvre le
mécanisme mais ayant reçues des appuis d’autres partenaires : cas de l’Union Régionale
des Producteurs de sésame de la Boucle du Mouhoun (URPS BM) et du GIE YERETA
Ces deux organisations, pour des raisons propres à chacune d’elle n’ont pas pu dérouler les actions
entrant dans le cadre de la mise en œuvre du mécanisme de facturation. Toutefois, leurs partenaires
ont pris en compte certaines actions du mécanisme de facturation dans leur collaboration. La prise
en compte de ces actions a permis à ces deux organisations de maintenir ou d’améliorer leur
performance. L’URPS BM a amélioré ses performances dans les volets gestion des risques externes,
des approvisionnements, du marché et des facilitateurs quand elle a régressé au niveau de la gestion
interne et de la gestion financière. Nous estimons que les performances observées ont été du fait des
appui d’un de ses partenaires qui prenant en charge les animateurs et qui l’accompagnait dans la
recherche de marché et l’approvisionnement des membres en intrants. Quant au GIE YERETA, son
partenaire l’a accompagné dans le renforcement des capacités des animateurs, la recherche de
marché et l’approvisionnement des membres en intrants.
Cette synergie avec les actions du programme STARS a donné les résultats observés. Ces constats
viennent renforcer la nécessité de la synergie et de la complémentarité des actions des partenaires
d’appuis aux organisations pour des performances au profit des producteurs membres.
1.3 Analyse des résultats des organisations ayant mis en œuvre le mécanisme de
facturation avec ou sans appuis complémentaires d’autres partenaires : cas de
l’Association pour le Développement des Entrepreneurs Pacifiques et de l’Association
Tin Ba
Ces deux organisations ayant mis en œuvre les mécanismes de facturation sont celles ayant le plus
de performance : ADEP passe de 3,2 à 3,8 et TIN BA de 3,6 à 4. Au niveau de chaque volet aussi,
nous remarquons des performances en termes d’améliorations substantielles tels que la gestion des
risques externes, les approvisionnements, la gestion financière, le marché et les facilitateurs pour ce
qui concerne ADEP et la gestion des risques externes, les opérations, la gestion interne, la durabilité
39

�et les facilitateurs pour ce qui concerne TIN BA. Ces performances ont permis à ces deux
organisations de renforcer leurs relations avec les partenaires d’affaires que sont les acheteurs et les
fournisseurs d’intrants sans oublier les institutions de financement.
Le programme STARS a mené une étude de la satisfaction de ses services aux organisations
partenaires qui a donné les résultats suivants :
✓ 86% des répondants (sur un échantillon de 110) trouvent nécessaire de payer pour bénéficier
des services dont ils ont besoin pour améliorer leurs productions. Ils suggèrent de fixer des
prix abordables pour tenir compte de leurs difficultés financières. Ils aimeraient que les
activités commencent tôt avant le début des saisons de pluies pour leur permettre d’être plus
disponibles.
✓ Le niveau de satisfaction pour l’appréciation de la facilitation pour l'accès aux crédits est de
65%. Les raisons de la satisfaction pour l’accès aux crédits sont que cela permet d’accroitre
de la production, d’amélioration du rendement des bénéficiaires par les achats de matériel
de production.
✓ Le niveau de satisfaction pour l’appréciation pour la facilitation à l’accès aux intrants est de
54%. Les raisons de satisfactions sont la disponibilité à bonne date des intrants, la qualité
des informations nécessaires à l’accès aux intrants, les prix des intrants inférieurs à ceux du
marché, la possibilité de produire avant de pouvoir rembourser les intrants. La qualité des
intrants est aussi très appréciée.
✓ Le niveau de satisfaction pour le coaching à la demande est de 98%. La satisfaction pour le
coaching à la demande, vient du fait que cette activité fournit des informations nécessaires
aux attentes des paysans. Elle permet de recueillir les besoins des bénéficiaires avant d'agir.
Les bénéficiaires ont aussi apprécié le fait que les formateurs étaient des personnes averties
en ce que concerne le domaine de l'agriculture.
✓ Le niveau de satisfaction par rapport à l’appréciation mise en relation commerciale est de
69%. Les raisons de satisfaction sont le fait que les mises en relations commerciales, ont
permis des ventes groupées des productions à des prix intéressants. Ils permettent de faire
commerce avec des clients connus, sans oublier les cas de préfinancements des collectes ou
de la production.
✓ Le niveau de satisfaction pour l’appréciation de la formation est de 95%. Les raisons de la
satisfaction par rapport aux formations sont le fait que les bénéficiaires puissent mettre en
pratique de nouvelles pratiques culturales actualisées et innovantes sur le sésame,
40

�l’extraction d'huile des graines de sésame, comment cultiver récolter et conditionner le
sésame, les connaissances en gestion des comptes, en planification et en gestion des
associations.
Les résultats de cette évaluation viennent confirmer la nécessité de fournir des services qui
répondent aux attentes des producteurs dans le but d’améliorer leurs rendements, leurs revenus et
leurs bien-être. La satisfaction de ces conditions facilite l’adhésion à un mécanisme de facturation
des services.

II. LECONS APPRISES
L’appui aux organisations de producteurs pour des services durables à leurs membres sous le
programme STARS a connu des succès mais aussi des échecs. Toutefois, cette expérience nous a
permis de conclure qu’il est possible que les organisations de producteurs fournissent des services
à leurs membres et de façon durable. Le succès d’une telle approche requiert des préalables dont les
plus importants sont :
1. Une volonté affichée des responsables pour une auto prise en charge de leur
organisation ;
2. L’identification du producteur à son organisation (le producteur se reconnait à
travers son organisation) ;
3. Une légitimité des responsables des organisations vis-à-vis des producteurs ;
4. Un engagement et une disponibilité des producteurs membres à payer pour les
services dont ils ont besoin pour leurs activités ;
5. Une disponibilité d’animateurs endogènes de qualité au sein de l’organisation ou
dans la zone d’intervention de l’organisation ;
6. Un engagement des animateurs endogènes à soutenir le processus de mise en place
du mécanisme pendant les premières années ;
7. Une présentation et une adoption de l’idée en assemblée générale ;
8. Un environnement favorable à la redevabilité et à la transparence au sein de
l’organisation ;
9. L’existence d’un cadre propice à la mise en place d’un système de gestion fiable ;
10. La capacité de l’organisation à négocier avec les partenaires techniques et financiers
et l’administration publique à travers les services techniques déconcentrés et les

41

�collectivités territoriales pour une prise en compte de l’existence d’un mécanisme de
facturation des services aux membres dans leur relation de partenariat.
Sans être exhaustives, nous estimons que la réussite de la mise en place d’un mécanisme de
facturation au sein d’une organisation de producteurs sans ces préalables conduirait à un
échec.
L’analyse des résultats nous enseigne que le mécanisme de facturation est un outil non
seulement de services aux membres mais aussi un outil d’aide à la décision et de
mobilisation de ressources endogènes pour satisfaire les besoins des membres. Malgré
l’appui de partenaires, si le mécanisme de facturation n’est pas adopté et mis en oeuvre, la
durabilité des résultats restera toujours une préoccupation et impactera sur la capacité des
organisations à rendre des services à leurs membres.

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
Au terme de nos travaux, nous pouvons déduire que les organisations de producteurs rendent des
services à leurs membres sur la base des partenariats et des appuis qu’elles reçoivent des projets,
des programmes et des ONG intervenants dans leurs domaines d’activités. Toutefois, ces services
rendus aux membres, s’ils sont solvables, c’est-à-dire, s’ils contribuent aux besoins des membres
pour l’amélioration de leurs productions, de leurs revenus et de leurs bien-être, peuvent être
développés et fournis par les organisations elles-mêmes avec ou sans appuis quelconques. Pour ce
faire, la question de la durabilité devrait conduire les réflexions pour une telle initiative qui devrait
aboutir à un mécanisme de facturation des services afin de les rendre durables et bénéfiques aux
membres. Parmi la multitude d’approche des organisations de développement, nous estimons que
l’approche de développement des systèmes de marché inclusif (DSMI) sied le plus car se basant sur
la demande solvable des bénéficiaires. Toutefois, l’application de cette approche nécessite des
préalables et des conditionnalités pour espérer un succès. Parlant des préalables, on peut retenir
que les services à rendre :
➢ devraient obligatoirement répondre à des besoins solvables ;
➢ ne devraient pas être disponible gratuitement dans l’environnement de l’organisation ;
➢ devraient être mis à jour pour tenir compte des expériences et des feedback des producteurs ;
➢ devraient être assurés par des animateurs compétents et disponibles localement
➢ etc
42

�Parlant des conditionnalités, on peut retenir :
➢ l’engagement et l’adhésion des membres ;
➢ la légitimité, l’intégrité et l’honnêteté des leaders ;
➢ la redevabilité aux membres après chaque campagne pour le bilan financier et les
résultats obtenus par chaque adhérent
➢ la disponibilité des partenaires techniques et financiers à intégrer leurs appuis dans le
dispositif mis en place ;
➢ l’engagement des institutions financières, des fournisseurs d’intrants et des
commerçants pour des partenariats gagnants (disponibiliser les besoins à temps) ;
➢ etc
Pour finir, nous formulons les recommandations suivantes :
➢ aux responsables des organisations de producteurs
o d’engager les échanges avec leurs membres en vue de l’adoption et de la mise en
place d’un tel mécanisme afin de disposer de ressources à même de leur permettre la
réalisation de leurs objectifs ;
o d’engager leurs partenaires vers l’adoption de l’approche de développement du
système de marchés inclusif pour plus de résultats et d’impacts au profit des
communautés ;
o de plaider auprès de l’Etat et des collectivités territoriales pour des actions concertées
et complémentaires au niveau local afin d’harmoniser les approches pour plus de
responsabilité des communautés dans le choix de leurs besoins.
➢ aux partenaires techniques et financiers
o d’adopter l’approche de développement de système de marché inclusif auprès des
communautés en ce qui concerne les actions de développement
o d’initier des concertations entre partenaires d’appuis d’une communauté ou d’une
organisation pour des actions complémentaires et concertées en vue du bien-être des
bénéficiaires ;
o d’accepter financer des phases pilotes en vue de démontrer les effets et la pertinence
d’une approche donnée pour permettre l’adhésion et la disponibilité des bénéficiaires
à la facturation pour l’accès aux services

43

�BIBLIOGRAPHIE
Confédération Paysanne du Faso, plan d’actions triennal, septembre 2004
Décret N° 2018-0025/PRES/PM/PM/MJDHPC/MATD/MAAH/MRAH/MEEVCC/MCIA du
30 janvier 2018 portant mise en place d’un registre des Sociétés Coopératives
Fondation FARM, Etudes, le nouveau modèle coopératif dans l’espace OHADA : un outil pour
la professionnalisation des organisations paysannes ? Février 2014
ICCO Cooperation, 1965-2015 : 50 YEARS JOURNEY FOR JUSTICE
ICCO Coopération, document du projet STARS, Septembre 2015
ICCO Cooperation, Towards a Just and Dignified World, strategic overview, 2018-2022
ICCO-COOPERATION, Etude de satisfaction des partenaires du programme STARS et des
producteurs bénéficiaires, Rapport définitif février 2021.
ICCO-COOPERATION, Rapports diagnostics scope insight des organisations de producteurs de
sésame, Janvier 2017
Le journal le monde
Inter-Réseaux, Le secteur privé dans les filières agro-alimentaires au Burkina Faso, Etat des lieux
des acteurs et des appuis, Février 2021
Loi N° 064-2015/CNT du 20 Octobre 2015 portant liberté d’association au Burkina Faso
Abdoulaye COMBARY et al. , Bilan et défis du mouvement coopératif au Burkina Faso : quel
pouvoir d’agir des coopératives Burkinabè ? Sommet International des Coopératives, 2016
Ministère de l’Agriculture, des Ressources Animales et Halieutique, deuxième recensement
général de l’agriculture (RGA II) 2021-2023, organisations professionnelles agricoles, rapport
d’analyse, Avril 2022
OHADA, Actes Uniformes relatifs aux droits des sociétés coopératives, décembre 2010.
Site web Cordaid : www.cordaid.org
Site web ICCO Cooperation : www.icco-cooperation.org
TCHIAME Gountante, Rapport de stage en gestion des projets à la cellule des programmes et
projets de l’ONG CDD, Février 2019

44

�ANNEXES
Annexe 1 : Questionnaire Scope Insight
1 GESTION INTERNE
1.1 Gouvernance
0
1.1.1 Objectifs des dirigeants
Est-ce que chaque dirigeant a des objectifs clairs et réalistes?
Est-ce que chaque dirigeant a des objectifs clairs et réalistes?
Cocher la case qui convient en partant de la description des objectifs faite par le répondant.
Les objectifs sont spécifiques
Les objectifs sont mesurables
Les objectifs sont réalisables
Les objectifs sont pertinents
Les objectifs sont assortis de délais
Aucune des propositions précédentes
Est-ce que chaque cadre a des objectifs clairement formulés et consignés?
Avez-vous des objectifs de performance dans votre poste? Sont-ils écrits dans un document, compris et acceptés par
vos collègues et vous-même?
Chaque cadre a des objectifs/ ICP
Chaque cadre a des objectifs clairement formulés et consignés
Aucune des propositions précédentes

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0
1.1.2 Directeur exécutif
Le directeur exécutif est-il nommé par le Comité de Direction après avoir posé sa candidature de manière
indépendante?
Quelle est la procédure de nomination du directeur général?
Est-ce que l'organe directeur nomme le directeur général? Est-ce que le candidat doit poser officiellement sa
candidature pour le poste, notamment en envoyant un CV et une lettre de motivation à l'Organe Directeur? Est-ce que
l'Organe Directeur choisit les candidats à partir de: a) leur expérience managériale; b) leur niveau scolaire?
Le candidat a été nommé par l'organe directeur
Le candidat a posé sa candidature qui a été étudiée par l'organe directeur
Le candidat a été sélectionné sur son expérience à un poste managérial
le candidat a le niveau scolaire qui convient
Aucune des propositions précédentes

45

�Preuves
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0
1.1.3 Equipe de direction
Est-ce que l'organisation a une équipe de direction aux postes clés?
Est-ce que les dirigeants sont en mesure de décrire avec précision leur mandat?
Demandez aux dirigeants de décrire leur mandat ou les tâches principales. Lequel des cadres ont été en mesure de
décrire avec précision leur mandat?
Le (la) président(e) est en mesure de décrire son mandat
Le (la) trésorier(e) est en mesure de décrire son mandat
Le (la) secrétaire est en mesure de décrire son mandat
Le (la) cadre supplémentaire 1 est en mesure de décrire son mandat
Le (la) cadre supplémentaire 2 est en mesure de décrire son mandat
Aucune des propositions précédentes
Quels sont les rôles représentés dans l'équipe de direction de l'organisation?
Qui fait partie de l'équipe de direction de l'organisation et quels sont les rôles respectifs?
L'organisation a un président
L'organisation a un trésorier
L'organisation a un secrétaire
L'organisation a un dirigeant supplémentaire
L'organisation a un autre dirigeant supplémentaire
Aucune des propositions précédentes

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0
1.1.4 Qualité des dirigeants
Est-ce que les dirigeants ont l'expérience adéquate pour les postes qu'ils occupent?
Combien d'années d'expérience ont les dirigeants en moyenne?
Demandez à chaque répondant combien d'années d'expérience il a dans le secteur ou sur le poste qu'il occupe. Notez
le nombre d'années pour chacun, faites la somme et divisez-la par le nombre de cadres pour faire la moyenne.

Est-ce que les dirigeants ont le niveau de formation nécessaire?
Demander à chaque répondant: Quel est votre niveau scolaire? Veuillez me dire dans quelle école et quelle université
vous êtes allé, et quelles formations supplémentaires vous avez suivies.
Le président a le niveau de formation nécessaire
Le trésorier a le niveau de formation nécessaire
Le secrétaire a le niveau de formation nécessaire
Le dirigeant supplémentaire a le niveau de formation nécessaire
Le 2ème dirigeant supplémentaire a le niveau de formation nécessaire

46

�Aucune des propositions précédentes

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0
1.1.5 Nomination des dirigeants
Est-ce que l'organisation sélectionne et nomme ses dirigeants en tenant compte de leurs qualifications?
Quelle est la procédure de recrutement des dirigeants?
Est-ce que la procédure de recrutement des dirigeants est documentée dans les statuts ou le règlement de votre
organisation? (Demandez à voir les documents où la procédure est indiquée. Est-ce que les mandats des membres de
la direction sont limités en nombre et en temps? (Vérifiez à partir de la documentation.) Est-ce que les changements
au sein de la direction se passent conformément aux règles établies? (Demandez aux répondants de préciser quand ils
ont pris leurs fonctions, qui les occupait avant eux, et quand interviendra le prochain changement.) Est-ce que les
qualifications des candidats en matière de formation et d'expérience sont vérifiées? (Demandez de préciser comment
s'effectue cette vérification et qui étudie les candidatures.)
La procédure de recrutement est documentée dans les statuts et/ou règlements de l'organisation
Les mandats des membres de la direction sont limités en nombre et en temps
Le s dirigeants ne dépassent pas le nombre ni la durée de leurs mandats
Les changements au sein de la direction ont lieu conformément aux règles de l'organisation
Les changements au sein de la direction NE se produisent PAS plus fréquemment que ne le prévoient les règles de
l'organisation
Le niveau de formation est capital dans la procédure de recrutement des membres de la direction
L'expérience est capitale dans la procédure de recrutement des membres de la direction
Aucune des propositions précédentes

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0
1.1.6 Performances des dirigeants
Est-ce que l'organisation suit et vérifie les performances des dirigeants par rapport aux objectifs?
A quelle fréquence sont évaluées les performances des dirigeants?
Indicate the frequency of performance review
les performances des dirigeants ne sont pas évaluées
moins d'une fois par an
une fois par an
deux fois par an
une fois par trimestre
Comment sont évaluées les performances des dirigeants?

47

�Est-ce que vos performances sont évaluées dans un cadre donné? Si oui, à quelle fréquence ce cadre est-il évalué? Qui
évalue les performances des dirigeants?
Les ICP sont évalués au moins une fois par an pour tous les postes
les dirigeants sont évalués par une tierce partie
les dirigeants sont évalués par leurs pairs
Aucune des propositions précédentes
Sans objet
Que se passe-t-il si les performances sont jugées mauvaises?
Que se passe-t-il si les performances sont jugées mauvaises? Donnez des exemples de conséquences seulement si les
répondants ne peuvent pas répondre à la question.
De mauvaises performances n'ont pas de conséquences
De mauvaises performances aboutissent à l'une des conséquences proposées
De mauvaises performances aboutissent à deux des conséquences proposées
De mauvaises performances aboutissent à trois des conséquences proposées
De mauvaises performances aboutissent à quatre des conséquences proposées

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0
1.1.7 Responsabilité des dirigeants
Est-ce que les dirigeants doivent rendre des comptes sur l'exercice de leurs responsabilités?
Est-ce que les dirigeants doivent rendre des comptes sur l'exercice de leurs responsabilités?
Demandez à chaque dirigeant de décrire ses responsabilités.) Demandez à voir où ces tâches et responsabilités sont
documentées.) Vérifiez si des mesures ont été prises pour demander des comptes aux dirigeants Est-ce que vous
consignez les mesures prises pour rendre les dirigeants responsables de leurs tâches? Puis-je les consulter? "
Les dirigeants ont des responsabilités claires
Les responsabilités des dirigeants sont clairement documentées dans les statuts de l'organisation ou d'une autre
manière
Les mesures prises pour rendre les dirigeants responsables sont documentées
Les mesures pour rendre les dirigeants responsables de leurs actes sont prises si nécessaire (cocher également si
aucune mesure n'a été nécessaire à ce jour)
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0
1.1.8 Indépendance des dirigeants
Est-ce que les dirigeants sont suffisamment indépendants pour pouvoir prendre des décisions de manière autonome?

48

�Est-ce que les dirigeants sont suffisamment indépendants pour pouvoir prendre des décisions de manière
autonome?
Comment les décisions communes sont-elles prises concernant les questions importantes comme l’approbation du
budget, recrutement d’un nouveau directeur ? Comment garantissez-vous que des personnes non-membres du bureau
exécutif n’influence vos décisions ? demandez à chaque membre de l’exécutif individuellement : pouvez-vous
exécuter convenablement votre mission sans une influence du Président ou tout autre membre de l’organisation ?
Les dirigeants prennent les décisions importantes par consensus (par ex; sur la stratégie de l'OP, le recrutement de
nouveaux dirigeants, l'approbation des budgets)
Tous les dirigeants prennent une part égale dans le processus de décision
Les dirigeants accomplissent leurs tâches sans influence indue des autres dirigeants ou non-exécutifs
Le président laisse les autres dirigeants accomplir leurs tâches sans intervenir
Aucune des propositions précédentes

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0
1.1.9 Continuité du pouvoir exécutif
Y a-t-il suffisamment de jeunes disponibles pour assurer la relève quand les dirigeants actuels prendront leur retraite?
Y a-t-il suffisamment de successeurs possibles pour assurer la relève quand les dirigeants actuels prendront
leur retraite?
Est-ce que chacun d'entre vous voit des successeurs possibles sur son poste au sein de l'organisation? Est-ce que les
personnes en question ont moins de 30 ans? Quelle formation les successeurs possibles devront-ils recevoir pour
prendre votre poste? Y a-t-il des candidates aux postes de direction? Cherchez-vous des femmes pour accéder à ces
postes? "
Les candidats qualifiés existent au sein de l'organisation
Les candidats qualifiés au sein de l'organisation ont moins de 30 ans
Les candidats devront suivre peu ou pas de formation pour pouvoir occuper des postes de dirigeants
Il y a des successeurs disponibles au poste de président
Il y a des successeurs disponibles au poste de trésorier
Il y a des successeurs disponibles au poste de secrétaire
Il y a des candidates et/ou on en cherche
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0
1.1.10 Comité de Direction
Les membres du Comité de Direction sont-ils légitimement élus?
Comment et par qui est élu le comité de direction?

49

�Est-ce que les membres de l'OP élisent l'organe directeur? Si oui, depuis quand et selon quelle fréquence? Est-ce que
l'organisation tient des assemblées générales? A quelle fréquence? Est-ce que tous les membres de l'OP assistent à
l'assemblée générale?
L'organe directeur est élu par tous les membres de l'OP
L'assemblée générale est ouverte à tous les membres del'OP
L'organe directeur a été élu au cours de la dernière assemblée générale seulement
L'organe directeur a toujours été élu démocratiquement au cours de l'assemblée générale annuelle
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Combien de membres du comité de direction ont moins de 30 ans(%)?
Combien de membres de l'organe directeur ont moins de 30 ans(%)?

Sans objet
Combien de membres du comité de direction sont des femmes (%)?
Combien de membres de l'organe directeur sont des femmes (%)?

Sans objet

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1.2 Organisation interne
0
1.2.1 Assemblées Générales et Communication Interne
Les assemblées générales et réunions sont-elles régulièrement organisées ?
Les assemblées générales et réunions sont-elles régulièrement organisées ?
Est-ce que votre organisation tient des assemblées générales? A quelle fréquence ont lieu les assemblées générales?
Est-ce que des plans d'activités stratégiques annuels sont présentés et discutés au cours des assemblées générales? Estce que les membres de l'organisation ont la possibilité d'exprimer leurs besoins, leurs critiques et leurs avis au cours
de l'assemblée générale? Si oui, pouvez-vous me montrer les documents qui le prouvent et me dire les mesures qui ont
été prises pour y répondre? Est-ce que les avis émis par les membres sont pris en considération par les dirigeants après
l'assemblée générale? "
L'organisation tient des assemblées générales / des réunions
Des assemblées générales / réunions ont lieu chaque année
Des plans d'activités stratégiques annuels sont présentés et discutés au cours des assemblées générales / réunions
Les membres ont la possibilité d'exprimer leurs besoins, leur satisfaction / mécontentement et tout ceci est
consigné
Les besoins, la satisfaction / le mécontentement exprimés par les membres sont évalués de manière régulière
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50

�Renseignements supplémentaires
0
1.2.2 Ressources humaines
Est-ce que l'organisation dispose des bonnes personnes au bon endroit? (répondre 0 si l'organisation n'a aucun
employé et n'en a pas besoin)
Quelle est la qualité des ressources humaines?
Est-ce que votre organisation emploie du personnel? Sinon, a-t-elle des besoins dans ce domaine? Avez-vous des
informations sur les compétences, les antécédents et l'expérience de vos employés? Est-ce que les employés ont les
compétences requises pour le poste qu'ils occupent? Pouvez-vous me donner un exemple? Est-ce que les employés ont
suffisamment d'expérience dans les fonctions qu'ils occupent? Est-ce que les employés ont le niveau scolaire qui
convient? Est-ce que vous examinez les performances de vos employés? Que se passe-t-il si un employé ne fait pas
bien son travail?
L'organisation dispose d'informations sur les compétences, la formation et l'expérience de ses employés.
Les employés ont les compétences qui conviennent
Les employés ont suffisamment d'expérience
Les employés ont reçu une formation suffisante
Les performances des employés sont régulièrement examinées
Lorsque les performances des employés sont mauvaises, cela entraine des mesures correctives
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Renseignements supplémentaires
0
1.2.3 Risques en matière de ressources humaines
Est-ce que l'organisation est en mesure de trouver et d'attirer les bons employés dont elle a besoin? (répondre 0 si
l'organisation n'a aucun employé et n'en a pas besoin)
Combien de temps faut-il en général pour pourvoir un poste vacant?
Combien de temps faut-il en général pour pourvoir un poste vacant?

Sans objet
Quel est le taux de rotation du personnel?
Calculez le taux de rotation du personnel en divisant le nombre d'employés ayant quitté l'organisation l'année
précédente par le nombre d'employés actuel et multipliez par 100

Sans objet

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51

�Renseignements supplémentaires
0
1.2.4 Archivage
Est-ce que l'organisation conserve une trace de ses membres producteurs ?
L'organisation consigne-t-elle par écrit des renseignements sur le personnel ?
Consignez-vous par écrit des renseignements sur le personnel comme (donnez des exemples tirés d'une liste de
renseignements donnés) Conservez-vous ces données sous forme digitale ?
L'organisation consigne les données par écrit
L'organisation consigne les données sous forme digitale
Aucune des propositions précédentes
Quels types de données relatives aux membres sont consignées ?
Veuillez indiquer quels types de données relatives aux membres vous avez consignées: (passez en revue la liste de
données)
Nom complet, adresse, coordonnées
Sexe de l'agriculteur
Age de l'agriculteur
Taille de la ferme, superficie, terres cultivées/non cultivées
Type de gestion agricole (par ex. propriétaire ou métayer)
Volumes de production agricole/volumes vendus à l'organisation
Pourcentage/nombre d'arbres morts/malades sur l'exploitation
Engrais et produits phytosanitaires utilisés
Autres récoltes produites par les agriculteurs
Formations dispensées
Aucune des propositions précédentes

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Renseignements supplémentaires
0
1.2.5 Disponibilité de la documentation
Quel est le pourcentage de documents d'entreprise que possède l’organisation ?
Quel est le pourcentage de documents d'entreprise que possède l’organisation ?
Indiquez le pourcentage de documents d'entreprise que possède l'organisation, à l'aide du bouton documentation

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0

52

�1.2.6 Sensibilisation à la corruption
Est-ce que l'organisation est sensibilisée à la façon dont la corruption se manifeste dans les coopératives ?
Est-ce que l'organisation est sensibilisée à la façon dont la corruption et les mesures de prévention ?
Posez à chaque répondant de manière individuelle les questions suivantes : 1. Quels sont les risques de corruption
auxquels votre organisation doit faire face? Veuillez en citer le plus grand nombre possible. 2. Comment votre
organisation s'efforce-t-elle de prévenir ces risques. Citez quelques mesures prises si vous le pouvez.
Le(s) répondant(s) peut(vent) citer plus de 3 risques de corruption auxquels l'organisation est confrontée
Le(s) répondant(s) cite(nt) le code de conduite/le manuel anti-corruption
Le(s) répondant(s) cite(nt) les normes comptables
Le(s) répondant(s) cite(nt) la formation anti-corruption
Le(s) répondant(s) cite(nt) l'utilisation de livres de caisse
Le(s) répondant(s) cite(nt) le contrôle de la comptabilité par plusieurs personnes
Le(s) répondant(s) cite(nt) le contrôle des achats de matériel de bureau par ex. par plusieurs personnes
Aucune des propositions précédentes

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1.3 Planification des activités
0
1.3.1 Mission et vision
Est-ce que l'organisation a une mission et une vision claires?
Est-ce que l'organisation a une mission et une vision claires ?
1. - Quelle est la vision de l'organisation? - Pouvez-vous me montrer où elle est consignée ? - Qui a défini cette vision
? 2. - Quelle est la mission de votre organisation? - Pouvez-vous me montrer où elle est consignée? - Qui a défini cette
mission? 3. - Est-ce que votre vision et votre mission sont communiquées aux membres de l'organisation ou bien sontelles connues essentiellement de la direction et certains autres employés? - Est-ce que vos associés, clients, donateurs
et autres partenaires externes connaissent votre vision et votre mission?
L'organisation a une vision
L'organisation a une déclaration de mission
La déclaration de mission est bien définie à partir des suggestions des membres multiples de l'OP et de la
direction
La mission et/ou la vision sont communiquées en interne aux membres
La vision est bien définie à partir des suggestions des membres multiples de l'OP et de la direction
La mission et/ou la vision sont communiquées aux associés, clients, financeurs etc.
Aucune des propositions précédentes

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53

�0
1.3.2 Connaissance des points forts &amp; des points faibles
Est-ce que l'organisation connait ses points forts et ses points faibles?
Est-ce que l'organisation connait ses points forts et ses points faibles?
Quelles sont les forces de votre organisation? Quelles sont ses faiblesses ? Comment vous vous rencontrez pour
discuter des forces et des faiblesses? Pouvez-vous me montrer où vous consigner vos échanges et les décisions pour
résoudre vos faiblesses ? Comment faites vous pour mieux comprendre vos forces et vos faiblesses ? Quelles sont vos
approches dans la prise en charge de vos faiblesses ?
L'organisation connait ses points forts et ses points faibles
L'organisation fait le point sur ses forces et ses faiblesses au moins une fois par an
L'organisation étudie ses forces et ses faiblesses
L'organisation documente ce processus
L'organisation prend des mesures pour remédier à ses faiblesses
Les répondants sont en mesure de donner des exemples clairs et pertinents de la façon dont ils remédient à leurs
faiblesses
Aucune des propositions précédentes

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0
1.3.3 Objectifs d'entreprise
Existe-t-il des objectifs clairs au sein de l'organisation?
Existe-t-il des objectifs clairs au sein de l'organisation?
Demandez à voir les documents dans lesquels les objectifs de l'organisation sont clairement formulés et documentés.
Vérifiez que les objectifs recouvrent des activités qui génèrent des revenus, recouvrent des aspects relatifs à la
durabilité et qu'ils sont SMART.
Les objectifs sont précis
Les objectifs sont mesurables
Les objectifs sont réalistes
] Les objectifs sont pertinents
Les objectifs sont assortis de délais
Aucune des propositions précédentes
Quels sont les objectifs/cibles à atteindre pour l'organisation?
Avez-vous défini des objectifs/cibles à atteindre pour votre organisation dans son ensemble? Si c'est le cas, quels sontils et où sont-ils consignés? Est-ce que les membres de l'organisation connaissent ces objectifs? Avez-vous consulté
les membres de l'organisation pour fixer ces objectifs?
Les objectifs de l'organisation sont clairement formulés et documentés
Les membres ont été consultés pour fixer les objectifs
Les membres sont informés des objectifs
Les objectifs recouvrent des activités qui génèrent des revenus
Les objectifs recouvrent des aspects relatifs à la durabilité
Aucune des propositions précédentes

54

�Preuves
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0
1.3.4 Planification des activités
Est-ce que l'organisation a une vision claire de ses projets et priorités?
Quel est le plan d'activités de l'organisation?
Avez-vous un plan d'activités? Si c'est le cas, montrez-le moi. (Vérifiez le plan d'activités par rapport aux exigences
figurant dans la cellule voisine.) Est-ce que vos membres connaissent ce plan?
Le plan d'activités fait apparaître la situation financière (actuelle)
Le plan d'activités fait apparaître les besoins financiers (à venir)
Le plan d'activités énonce clairement le concept d'entreprise
Le plan d'activités décrit clairement la situation de l'entreprise
Le plan d'activités décrit les réalisations que l'organisation cherche à faire
Le plan d'activités étudie la concurrence
Le plan d'activités étudie le marché
Le plan d'activités identifie les risques et décrit les méthodes pour les réduire
Le plan d'activités est transmis aux membres
Le plan d'activités n'a pas plus de 2 ans.
Aucune des propositions précédentes

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0
1.3.5 Progrès
˃ Est-ce que l’organisation fait des progrès correspondant à ses objectifs?
Est-ce que l’organisation fait des progrès correspondant à ses objectifs?
Indiquez le pourcentage des objectifs atteints lors de l'année précédente

Sans objet
Quel est le pourcentage de vos objectifs que vous allez atteindre et quels sont ceux que vous avez déjà atteints
pour l'année en cours?
Quel est le pourcentage de vos objectifs que vous allez atteindre et quels sont ceux que vous avez déjà atteints pour
l'année en cours?

Sans objet

55

�Preuves
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0
1.3.6 Surveillance des activités
Est-ce que l’organisation compare ses progrès et performances à ses objectifs?
A quelle fréquence l’organisation compare ses progrès et performances à ses objectifs?
Indiquez à quelle fréquence les progrès et performances sont contrôlés
Jamais
une fois par an
deux fois par an
une fois par trimestre
Mensuel
Est-ce que l'opérationnel et le planning sont affectés par le contrôle?
Indiquez si l'opérationnel et le planning sont affectés par le contrôle
Non
Oui

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2 OPERATIONS
2.1 Stockage, logistique &amp; technologie
0
2.1.1 Stockage
Est-ce que l’organisation dispose d’installations de stockage ou de centres d’entreposage pour ses matières premières
et pour ses récoltes/produits/sa production?
Est-ce que l’organisation dispose d’installations de stockage ou de centres d’entreposage?
Est-ce que vous possédez ou louez des installations de stockage?
L'organisation ne dispose pas d'installations de stockage
L'organisation loue d'installations de stockage
L'organisation dispose d'installations de stockage
A quelle fréquence les lieux de stockage sont-ils entretenus?
A quelle fréquence les lieux de stockage sont-ils nettoyés? A quelle fréquence l'entretien des lieux de stockage est-il
effectué, par exemple la vérification des structures? Disposez-vous d'une liste de vérification pour l'entretien des
locaux de stockage? Puis-je la voir? A quelle fréquence le personnel se rend sur place pour vérifier que tout est en
ordre? Où stockez-vous les produits chimiques et autres produits potentiellement dangereux? Où sont stockés les
aliments? Pouvez-vous me montrer? (vérifiez si les produits dangereux sont stockés séparément) Est-ce que les
employés ou membres de l'organisation qui ont accès aux locaux de stockage connaissent les risques liés à la
manipulation des produits dangereux qu'ils peuvent rencontrer? Est-ce qu'ils ont reçu la formation adéquate? Pouvez-

56

�vous me prouver qu'ils ont reçu une formation sur la manipulation de ces produits? Est-ce que vous stockez des
pesticides, des herbicides etc. dans leurs conteneurs originaux?
Il existe une liste de vérification pour la maintenance
]Un employé vérifie cette liste au moins une fois par mois
Les produits dangereux (par ex. les produits chimiques dangereux) sont stockés à l'écart des autres produits
Le personnel et les membres ayant accès aux installations de stockage ont reçu une formation sur la manipulation
des produits dangereux
L'organisation peut prouver que le personnel a reçu une formation sur la manipulation en toute sécurité
Les produits phytosanitaires sont stockés dans leurs conteneurs originaux
Aucune des propositions précédentes
Sans objet
Dans quelles conditions sont les installations de stockage?
(Si possible inspectez vous-même les installations de stockage pour les vérifier par rapport aux exigences. Sinon,
posez les questions suivantes: Est-ce qu'il y a des fuites de produits au niveau du stockage? Est-ce que les produits
stockés sont humides en raison de la pluie? Y a-t-il eu des problèmes de cambriolage? Pouvez-vous fermer à clef les
locaux de stockage? Est-ce que l'air circule librement dans les lieux de stockage? Est-ce qu'il fait très chaud et humide
à la saison chaude? Avez-vous rencontré des problèmes d' animaux qui envahissent les locaux de stockage?
Les installations de stockage sont étanches aux fuites
Les installations de stockage sont au sec (toiture en bon état)
Les installations de stockage sont protégées contre le vol (portes fermant à clef)
Les installations de stockage sont bien ventilées
Les installations de stockage empêchent les intrusions d'animaux (les souris etc. ne peuvent pas accéder aux
produits stockés)
Les installations de stockage sont nettoyées au moins une fois par mois
Les installations de stockage sont entretenues/vérifiées au moins une fois par an
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

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0
2.1.2 Logistique amont
Est-ce que l'organisation est en mesure de gérer les flux de produits entrants?
Combien de fois y a-t-il eu des retards causés par des difficultés logistiques dans le passé?
Combien de fois y a-t-il eu des retards causés par des difficultés logistiques dans le passé?
&gt;30%
20-30%
10-20%
&lt;10%
Jamais
Comment planifiez-vous les entrées de stock?

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�De quelle sorte d'équipements (brouettes et charrettes aussi bien que bâtiments) et de personnel avez-vous besoin pour
manipuler les produits livrés par les membres ou les fournitures livrées par les fournisseurs? Planifiez-vous la
livraison de produits et/ou d'autres articles? Travaillez-vous avec un partenaire extérieur comme un entrepositaire
pour s'occuper du stockage? Ou bien préférez-vous tout faire par vous-même? Planifiez-vous les entrées de stock?
Examinez-vous rétrospectivement le stock que vous avez reçu et ce que vous aviez planifié?
L'organisation sait de quels équipements et personnel elle a besoin pour s'occuper des produits et de tout ce qui lui
est livré.
L'organisation planifie la manipulation de ce qui lui est livré bien à l'avance et notamment bien avant la pleine
période des récoltes.
L'organisation travaille avec un gestionnaire de stockage/entrepositaire
L'organisation fait des projections en matière de stock entrant et analyse les données historiques pour comparer les
projections avec les livraisons réelles.
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

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0
2.1.3 Technologie &amp; équipement
Est-ce que l'organisation utilise une technologie appropriée et moderne pour ses opérations?

Est-ce que l'organisation utilise une technologie appropriée et moderne pour ses opérations?
Quel genre d'équipement ou de moyens technologiques sont appropriés au travail que fait votre organisation? Pouvezvous citer des exemples de moyens technologiques ou d'équipements et leur utilisation? Est-ce que votre organisation
dispose de ces équipements et de cette technologie? Est-ce que les équipements et les moyens technologiques dont
vous disposez sont modernes? Quand vous avez des doutes sur l'utilisation de la technologie ou si vous désirez
améliorer l'utilisation des équipements dont vous disposez, demandez-vous conseil? Si tel est le cas, où cherchez-vous
ces conseils?
L'organisation sait quel genre d'équipement ou de moyens technologiques sont appropriés au travail qu'elle fait
les équipements et les moyens technologiques utilisés sont conformes à la norme du secteur
les équipements et les moyens technologiques sont modernes
les dirigeants cherchent à obtenir des conseils sur la façon d'optimiser l'utilisation des équipements et moyens
technologiques
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

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58

�2.2 Traitement
0
2.2.1 Qualité des produits traités
Est-ce que l'organisation veille à ce que la qualité des produits qu'elle traite correspond à ses propres normes et à
celles de ses clients/acheteurs?
Est-ce que l'organisation veille à ce que la qualité des produits qu'elle traite correspond à ses propres normes et
à celles de ses clients/acheteurs?
Avez-vous un protocole pour le contrôle qualité? Est-ce que l'un de vos employés ou membres se consacre au contrôle
qualité? Puis-je le voir? Quelle est l'expérience de la personne qui s'occupe du contrôle qualité dans le domaine de
l'agriculture et/ou du traitement? Combien d'années d'expérience a-t-elle? Est-ce un fournisseur important de votre
organisation? Si c'est le cas, qui contrôle la qualité de ses produits? Est-ce que vous travaillez avec vos clients,
acheteurs sur les protocoles de contrôle qualité ou les normes? Est-ce que la personne responsable du contrôle qualité
sait à qui appartiennent les produits qu'elle contrôle?
Un protocole de contrôle qualité existe
L'organisation a une personne responsable du contrôle qualité
La personne responsable du contrôle qualité est un agriculteur/professionnel du traitement de produits confirmé
compétent (&gt;10 ans d' expérience)
Les clients/acheteurs sont invités à travailler sur les protocoles de contrôle qualité et à contrôler la qualité
La personne responsable du contrôle qualité n'est pas un fournisseur important de l'organisation (OU si c'est le
cas, quelqu'un d'autre contrôle ses produits)
La personne responsable du contrôle qualité ne sait pas à qui appartiennent les produits qu'elle contrôle
Aucune des propositions précédentes
Est-ce que l'organisation utilise des normes de qualité?
Quelles sont vos normes qualité pour les produits vendus par votre organisation? Est-ce que vos acheteurs ont des
normes de qualité? Si oui, pouvez-vous décrire leurs similtudes ou différences par rapport aux vôtres? Pouvez-vous
me montrer où vous avez consigné vos normes de qualité?
L'organisation a ses propres normes qualité pour ses produits
L'organisation peut détailler les normes qualité de ses clients/acheteurs
Les normes qualité de l'organisation sont documentées et bien formulées.
Aucune des propositions précédentes
A quelle fréquence sont effectués les contrôles qualité?
Indiquez la fréquence des contrôles qualité
une fois par mois ou moins souvent
deux fois par mois
Hebdomadaire
quotidienne (pendant la période des récoltes)
quotidienne (sur toute l'année)

Preuves
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0
2.2.2 Méthodologies de traitement
Est-ce que l'organisation dispose de méthodologies de traitement recommandées?

59

�Est-ce que l'organisation dispose de méthodologies de traitement recommandées?
Disposez-vous de suffisamment de place pour stocker les produits avant traitement? Disposez-vous des
machines/équipements appropriés pour le traitement? Disposez-vous de suffisamment de place pour stocker les
produits après traitement? Est-ce que vos locaux de stockage sont à la bonne température? Est-ce que vos locaux de
stockage sont au niveau d'humidité qui convientl? Est-ce que l'éclairage est correct dans vos locaux de stockage? Estce que vous empêchez les rongeurs et autres nuisibles d'approcher les produits pendant et après leur traitement?
suffisamment de place pour le stockage avant traitement
suffisamment de machines/équipements
suffisamment de place pour le stockage après traitement
le stockage après traitement est à bonne température
le stockage après traitement est au bon niveau d'humidité
le stockage après traitement dispose d'un éclairage correct
les rongeurs et autres nuisibles ne peuvent pas approcher les produits pendant et après leur traitement
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

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0
2.2.3 Rendement des produits
L’organisation connait-elle ses rendements?
L’organisation calcule t-elle ses rendements?
(Lorsque vous avez posé la question précédente, est-ce qu'il est clair que l'organisation a calculé les rendements de ses
membres? Sinon, est-ce dû au fait que personne n'est en mesure de calculer les rendements ou simplement que
personne ne s'est préoccupé de faire les calculs?)
l'organisation n'a pas calculé ses rendements
L'organisation a calculé ses rendements, mais les calculs sont inexacts ou incomplets
l'organisation a calculé ses rendements de manière exacte
Comment les rendements de l'organisation peuvent être comparés au rendement moyen du pays?
(Demandez à voir les registres où sont notés les rendements des membres. Si possible, utilisez le rendement moyen
par hectare; sinon faites le calcul à partir de 10 échantillons. S'il n'existe aucun registre, demandez:) Quelle quantité
un membre de votre organisation produit-il habituellement par hectare?
les rendements sont au-dessus de la moyenne
les rendements sont dans la moyenne
les rendements sont au-dessous de la moyenne

Preuves
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60

�Renseignements supplémentaires
3 DURABILITÉ
3.1 Questions sociales
0
3.1.1 Lutte contre le travail des enfants
Comment l'organisation réussit-elle à décourager le travail des enfants ?
Comment l'organisation réussit-elle à décourager le travail des enfants ?
Quelle est votre politique en matière de travail des enfants? Puis-je voir votre politique en matière de travail des
enfants? A quelle fréquence informez-vous vos membres sur le travail des enfants? Est-ce que le fait d'employer des
enfants de moins de 12 ans pour effectuer un type quelconque d'activités ou ceux entre 12 et 16 ans pour des activités
dangereuses (voir la définition dans les questions précédentes) entraine des conséquences? Quelles sont ces
conséquences?
l'organisation a une politique en matière de travail des enfants qui reflète les exigences nationales et
internationales (noter que les exigences décrites dans la question précédente peuvent servir de référence de bonne
pratique)
les répondants n'ont eu aucune difficulté pour trouver et montrer à l'évaluateur la politique en matière de travail
des enfants
l'organisation communique sur l'importance de ne pas employer les enfants au moins une fois par mois
l'organisation décourage activement le travail des enfants en soutenant les exploitations qui se voient forcées
d'avoir recours au travail des enfants
l'organisation décourage activement le travail des enfants en donnant des avertissements aux exploitations qui
emploient des enfants
l'organisation décourage activement le travail des enfants en excluant les membres qui emploient des enfants
l'organisation en réfère aux autorités dans les cas où des enfants sont employés et où les autres formes de
découragement sont sans effet
l'organisation a recours à d'autres mesures de découragement contre le travail des enfants (non citées ci-dessus)
Aucune des propositions précédentes

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Renseignements supplémentaires
0
3.1.2 Travail des enfants
Est-ce l'organisation ou ses membres ont recours au travail des enfants?
Est-ce que des enfants de moins de 12 ans travaillent pour vous ou vos membres?
Est-ce que des enfants de moins de 12 ans travaillent pour votre organisation? Est-ce que des enfants de moins de 12
ans travaillent pour vos membre?
Des enfants de moins de 12 ans NE travaillent PAS pour l'organisation
Des enfants de moins de 12 ans NE travaillent PAS pour des membres
Aucune des propositions précédentes
Est-ce que les enfants sont impliqués dans des activités dangereuses?
Est-ce que les enfants qui travaillent pour votre organisation ou ses membres... - portent des charges élevées, utilisent des équipements motorisés et/ou dangereux, - manipulent des produits chimiques dangereux, - doivent
travailler par temps très chaud, humide ou froid et sont-ils souvent en contact avec des animaux dangereux pendant
leur travail?
Les enfants ne portent pas des charges élevées

61

�Les enfants n’utilisent pas des équipements motorisés et/ou dangereux
Les enfants ne manipulent pas des produits chimiques dangereux
Les enfants ne sont pas en contact avec des animaux dangereux et/ou exposés à des chaleurs extrêmes et/ou aux
fortes pluies pendant leur travail
Sans objet
Existe-t-il des registres où est consignée la fréquentation scolaire des enfants?
Existe-t-il des registres où est consignée la fréquentation scolaire des enfants, et puis-je les consulter?
Des registres où est consignée la fréquentation scolaire n’existent pas
Des registres où est consignée la fréquentation scolaire existent
Quel est le pourcentage des enfants de vos membres et employés qui sont scolarisés?
Calculez le pourcentage des enfants de vos membres et employés qui sont scolarisés?
Combien d'heures par semaine des adolescents travaillent directement pour votre organisation?
Est-ce que des enfants entre 12 et 16 ans travaillent directement pour votre organisation? Si c'est le cas, combien
d'heures par semaine?
Combien d'heures par semaine des adolescents travaillent directement pour vos membres?
Est-ce que des enfants entre 12 et 16 ans travaillent pour vos membres? Si c'est le cas, combien d'heures par semaine?

Preuves
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0
3.1.3 Travail forcé
Comment l'organisation traite-t-elle la question du travail forcé?
Quelles mesures sont prises pour lutter contre le travail forcé?
Avez-vous un document ou un livret sur votre politique contre le travail forcé? Puis-je le voir? Est-ce que certains de
vos membres emploient des travailleurs contre leur gré? Est-ce qu'il est courant pour vos membres de rembourser un
prêt en fournissant de la main-d'œuvre gratuite? Est-ce que vous communiquez avec votre base de membres sur les
problèmes de travail forcé? Si c'est le cas, veuillez expliquer sous quelle forme. Quand vous découvrez qu'un membre
emploie quelqu'un contre son gré, quelle est votre réaction? Est-ce que vous continuez à travailler avec lui? En
référez-vous aux autorités?
l'organisation a une politique/un manuel en matière de travail forcé
aucun membre n'exige de ses débiteurs qu'ils remboursent leurs prêts en main-d'œuvre gratuite
le remboursement des prêts sous forme de main-d'œuvre gratuite n'est PAS une pratique courante chez vos
membres
l'organisation communique avec ses membres pour les sensibiliser et peut clairement expliquer comment elle le
fait
l'organisation a une politique de tolérance zéro en matière de travail forcé et elle alerte les autorités quand elle
constate la moindre infraction
Aucune des propositions précédentes

62

�Preuves
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0
3.1.4 Absence de discrimination et égalité des chances
Est-ce que l'organisation garantit l'absence de discrimination et l'égalité des chances pour ses travailleurs et ses
membres?
Quelles mesures sont prises pour lutter contre le harcèlement et la discrimination?
Avez-vous eu affaire à des cas de harcèlement, intimidation ou exploitation au cours de l'année écoulée? Combien?
Pouvez-vous donner des exemples? Est-ce que vous notez par écrit ce qui s'est passé dans ces cas-là? Qu'arrive-t-il à
ceux qui harcèlent, intimident ou exploitent les autres? Est-ce que tout ceci est noté quelque part? Y a-t-il une
personne de confiance pour les employées femmes? Qui est cette personne?
Les femmes ne sont PAS affectées de manière disproportionnée par de tels événements
L'organisation contrôle ces événements
L'organisation a mis en place des mesures disciplinaires pour les coupables
L'organisation a consigné par écrit les mesures disciplinaires
L'organisation a une femme comme personne de confiance
Aucune des propositions précédentes
Quel est l'écart de rémunération entre les hommes et les femmes (%)
Combien payez-vous les employées femmes et les employés hommes occupant les mêmes postes ou des postes
identiques? Pourriez-vous me montrer des documents écrits à ce sujet?

Sans objet
Est-ce que l'organisation applique une politique de non-discrimination?
Quand vous embauchez un employé ou accordez une adhésion à un producteur, quels sont certaines des exigences que
vous demandez? Est-ce que le candidat répond systématiquement à ces dernières? Sinon, comment prenez-vous la
décision d'embaucher quelqu'un/d'accorder une adhésion à un producteur? Avez-vous un document qui décrit en détail
la façon dont votre organisation traite tous les employés de manière équitable, sans distinction de sexe, d'appartenance
ethnique, de religion?
Les répondants sont capables de décrire les exigences en matière d'emploi/d'adhésion
Les répondants peuvent faire la preuve que ces exigences sont capitales en matière d'emploi/d'adhésion
L'organisation a une politique de non-discrimination ou un document identique
Aucune des propositions précédentes

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0
3.1.5 Représentation hommes femmes

63

�Les femmes sont-elles suffisamment représentées dans l'organisation?
Combien de femmes sont membres de l'organisation?
Combien de femmes sont membres de l'organisation? (Calculer le pourcentage en divisant le nombre de femmes par le
nombre total de membres, puis en multipliant par 100)

Combien de femmes travaillent pour votre organisation?
Combien de femmes travaillent pour votre organisation? (Calculer le pourcentage en divisant le nombre de femmes
par le nombre total de femmes employées par l'organisation, puis en multipliant par 100)

Sans objet
Combien de femmes sont membres de la direction?
Combien de femmes sont membres de la direction? (Calculez le pourcentage en divisant le nombre de femmes par le
nombre de membres de la direction et multipliez par 100)
Combien de membres du comité de direction sont des femmes (%)?
Combien de femmes sont membres de l'organe directeur? (Calculer le pourcentage en divisant le nombre de femmes
par le nombre total de membres du conseil d'administration, puis en multipliant par 100)

Preuves
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0
3.1.6 Salaire minimum
Est-ce que l'organisation verse à tous ses employés le salaire minimum?
Quel est le salaire horaire/journalier/mensuel de vos employés?
Quel est le salaire horaire/journalier/mensuel de vos employés? (Au cas où un salaire minimum existe) Connaissezvous le salaire minimum? Pouvez-vous m'indiquer son montant? (Au cas où il n'existe pas de salaire minimum) Quel
est le salaire habituel pour le type de travail qu'effectuent vos employés?
L'organisation paie bien en dessous du salaire minimum / salaire moyen
L'organisation paie en dessous du salaire minimum / salaire moyen
Organisation paie environ le salaire minimum / salaire moyen
L'organisation paie au dessus du salaire minimum / salaire moyen
Organisation paie bien au-dessus du salaire minimum / salaire moyen

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3.1.7 Femmes enceintes

64

�Est-ce que l'organisation s'assure que les femmes enceintes n'accomplissent pas de tâches inappropriées à leur état?
Est-ce que les femmes que vous employez touchent des congés maternité après la naissance de leurs enfants?
Est-ce que les femmes que vous employez touchent des congés maternité après la naissance de leurs enfants? Si c'est
le cas, les informez-vous sur leur droit à un congé rémunéré?
Les femmes ne touchent pas un congé maternité
Les femmes touchent un congé maternité
Les femmes sont informées sur leur droit à un congé maternité rémunéré
Quelle est la durée (mois) du congé maternité rémunéré?
Quelle est la durée (mois) de leur congé maternité rémunéré?

Sans objet
A quelle fréquence une femme enceinte doit-elle faire des tâches difficiles ou très physiques?
A quelle fréquence une femme enceinte doit-elle faire l'une des tâches suivantes? - manipuler des produits
phytosanitaires - faire fonctionner des machines lourdes - soulever de lourdes charges
Pregnant women either handle heavy lifting, operate heavy machinery or handle agrochemicals
Pregnant women do not handle heavy lifting, operate heavy machinery nor handle agrochemicals

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0
3.1.8 Santé &amp; sécurité sur le lieu de travail
Est-ce que l'organisation fournit un environnement de travail sain et sûr?
Indiquez-vous clairement les risques de mort ou de blessure que peut courir un employé dans
l'accomplissement de son travail?
Indiquez-vous clairement les risques de mort ou de blessure que peut courir un employé dans l'accomplissement de
son travail? Pouvez-vous me montrer un exemple? Prenez-vous des mesures pour réduire ou éliminer les risques
auxquels vos employés peuvent être exposés? Pouvez-vous me donner quelques exemples? Fournissez-vous à vos
employés des équipements et/ou vêtements de protection? Pouvez-vous me les montrer? Y en a-t-il suffisamment pour
tous les employés qui en ont besoin? Est-ce que les employés ont reçu une formation sur les pratiques de travail
sécuritaires? Veuillez expliquer sous quelle forme. Avez-vous un manuel de sécurité pour les employés? Si c'est le
cas, veuillez me le montrer. Est-ce que les cadres ou autres employés confirmés ont reçu une formation pour donner
les premiers soins? Conservez-vous une trace écrite des accidents du travail? Si c'est le cas, puis-je en prendre
connaissance?
Les dangers sont clairement indiqués et les répondants sont en mesure de donner des exemples
L'organisation prend des mesures pour éliminer les dangers et les répondants sont en mesure de donner des
exemples
L'organisation fournit à ses employés des équipements de sécurité et des vêtements de protection
Il y a suffisamment d'équipements de sécurité et de vêtements de protection disponibles pour tout le monde
Les employés ont reçu une formation et les répondants sont en mesure de fournir des explications
Un manuel de sécurité existe
Le personnel confirmé/les cadres ont reçu une formation pour donner les premiers soins
Une trace écrite des accidents est conservée et les répondants sont en mesure de la présenter
Aucune des propositions précédentes
Quelle est la fréquence des accidents du travail?

65

�Quelle est la fréquence des accidents du travail?
une fois par semaine ou plus
Toutes les deux semaines
Mensuel
une fois par trimestre
Moins d'une fois par trimestre

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3.1.9 Usage de produits phytosanitaires
Est-ce que l'organisation s'assure que seul le personnel qualifié utilise les produits agrochimiques dans les conditions
voulues?
Est-ce que ceux qui travaillent avec des produits chimiques sont conscients du danger?
Est-ce que ceux qui travaillent avec des produits chimiques ont reçu - la formation appropriée - des vêtements de
protection et - des équipements de sécurité? Est-ce que les vêtements de protection et les équipements de sécurité sont
systématiquement utilisés? Qui vérifie si c'est bien le cas?
Les employés travaillant avec des produits chimiques ont reçu une formation
Les employés travaillant avec des produits chimiques ont des vêtements de protection
Les employés travaillant avec des produits chimiques ont des équipements de sécurité
Les employés travaillant avec des produits chimiques utilisent les équipements et les vêtements de sécurité
L'utilisation des vêtements de protection et des équipements de sécurité est contrôlée
Aucune des propositions précédentes
Sans objet
Est-ce que les groupes vulnérables travaillent avec des produits phytosanitaires?
Est-ce que l'un des groupes suivants travaille avec des produits phytosanitaires: - les enfants - les femmes enceintes les gens ayant des problèmes respiratoires?
Vulnerable groups do handle agrochemicals
Vulnerable groups do not handle agrochemicals

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0
3.1.10 Communication sur les pratiques sociales
Est-ce que l'organisation communique et forme ses employés/son personnel/ses membres/ses sous-traitants etc. aux
bonnes pratiques sociales?
A quelle fréquence dispensez-vous une formation aux bonnes pratiques sociales?
A quelle fréquence dispensez-vous une formation aux bonnes pratiques sociales?

66

�une fois par an ou moins souvent
tous les 2 à 6 mois
Mensuel
Comment faites vous connaitre les bonnes pratiques sociales à vos membres, employés, sous-traitants etc.?
Est-ce que vous faites connaitre les bonnes pratiques sociales à vos membres, employés, sous-traitants etc.? Est-ce que
vous les formez aux pratiques sociales? Pouvez-vous donner un exemple? Avez-vous une trace écrite de la façon et du
moment où vous avez fait connaitre/dispensé une formation aux pratiques sociales dans le passé? Puis-je en prendre
connaissance? Comment traitez-vous les infractions aux bonnes pratiques sociales dans votre communauté?
L'organisation fait connaitre les bonnes pratiques sociales
L'organisation forme aux bonnes pratiques sociales
Les répondants sont en mesure de donner des exemples de formation aux pratiques sociales
Les répondants peuvent faire la preuve que la communication et la formation aux pratiques sociales ont eu lieu
grâce à une trace écrite de ces activités
L'organisation réagit aux infractions
Aucune des propositions précédentes

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3.2 Questions environnementales
0
3.2.1 Protection des plans d'eau
Est-ce que l'organisation s'assure qu'aucun plan d'eau n'est pollué ou sévérement affecté par ses activités?
Est-ce que l'organisation s'assure qu'aucun plan d'eau n'est pollué ou sévérement affecté par ses activités?
Avez-vous rencontré des problèmes de sources d'eau naturelle qui se sont taries dans le passé? Avez-vous une
politique ou une ligne directrice en matière de gestion de l'eau? Si oui, puis-je la voir? Prenez-vous des mesures pour
lutter contre la pollution de la nappe phréatique et des plans d'eau voisins? Si oui, veuillez les décrire. Avez-vous des
méthodes particulières pour vous débarrasser des déchets chimiques? Si oui, veuillez les expliquer. Que faites-vous si
vous constatez qu'un agriculteur appartenant à votre organisation fait une mauvaise gestion des déchets ou de l'eau?
L'organisation n'a eu AUCUN problème de sources qui se sont taries dans le passé
L'organisation a une politique/ligne directrice en matière de gestion de l'eau et est en mesure de la présenter
L'organisation prend des mesures pour lutter contre la pollution de l'eau et est en mesure de les expliquer
L'organisation a des méthodes particulières pour se débarrasser des déchets chimiques et est en mesure de les
expliquer
Les membres/employés ont reçu une formation sur la gestion de l'eau
L'organisation intervient en cas de mauvaise gestion de l'eau ou de pollution du fait de ses membres
Aucune des propositions précédentes

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67

�Renseignements supplémentaires
0
3.2.2 Gestion des déchets
Est-ce que l'organisation s'assure que les déchets sont correctement gérés?
Est-ce que l'organisation s'assure que les déchets sont correctement gérés?
Avez-vous une liste des déchets produits sur les exploitations et sur les points de vente/traitement? Puis-je la voir?
Est-ce que les déchets sont recyclés? Si oui, comment? Où les déchets sont-ils rejetés? Informez-vous les membres sur
les bonnes pratiques en matière de gestion des déchets? Pouvez-vous me donner des exemples de ceci?
L'organisation tient une liste des déchets et les répondants sont en mesure de la présenter
Les répondants sont en mesure d'expliquer comment les déchets sont recyclés
Les déchets ne sont rejetés ni dans ni près des sources d'eau, près des habitations ou des infrastructures
communautaires comme les lieux de forage
Les déchets ne sont rejetés ni dans ni près des sources d'eau, près des habitations ou des infrastructures
communautaires comme les lieux de forage
L’organisation intervient en cas de gestion inappropriée des déchets par ses membres
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

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Renseignements supplémentaires
0
3.2.3 Produits agrochimiques
Est-ce que l'organisation est sensibilisée aux produits agrochimiques appropriés tels que les engrais, les fongicides et
leur usage?
Est-ce que les membres et employés sont sensibilisés aux produits agrochimiques approprié?
(Informez-vous sur l'utilisation appropriée des produits phytosanitaires avant de poser les questions suivantes:)
Connaissez-vous les produits phytosanitaires à utiliser pour la production des récoltes de vos membres? Si oui,
veuillez m'indiquer quels produits chimiques sont utilisés pour quelles récoltes. Quels sont les dosages recommandés
pour chaque produit phytosanitaire? A quelle fréquence et à quel moment de la saison doivent être utilisés les produits
phytosanitaires? Est-ce que vous formez vos membres et employés à bien utiliser les produits phytosanitaires? Que
faites-vous lorsque vous constatez qu'un membre n'utilise pas correctement les produits phytosanitaires?
Les répondants savent quels produits phytosanitaires utiliser
Les répondants connaissent les bons dosages de produits phytosanitaires
Les répondants connaissent la bonne fréquence et le bon moment de leur utilisation
Les membres/employés reçoivent une formation sur l'utilisation des produits phytosanitaires
L'organisation intervient en cas de mauvaise utilisation des produits phytosanitaires
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68

�Renseignements supplémentaires
4 APPROVISIONNEMENT
4.1 Approvisionnement en matières premières
0
4.1.1 Fournitures des matières premières
Est-ce que l'organisation est en mesure de recevoir à temps les matières premières dont elle a besoin ?
Est-ce que l'organisation est en mesure de recevoir à temps les matières premières dont elle a besoin ?
1. Etes-vous toujours en mesure d'acheter des intrants quand vous en avez besoin? 2. Combien de fournisseurs avezvous? 3. Décrivez les itinéraires de transport jusqu'à vos fournisseurs. Rencontrez-vous des problèmes en route,
comme des ponts en mauvais état ou des routes inondées par fortes pluies? 4. Est-ce que les intrants dont vous avez
besoin sont disponibles chez des fournisseurs proches?
l'organisation dispose des fonds nécessaires pour se procurer les intrants
l'organisation se procure les intrants chez plusieurs fournisseurs
les infrastructures permettant de se rendre chez/revenir de chez les fournisseurs ne présentent pas de problèmes
Les intrants sont habituellement disponibles dans la région
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

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0
4.1.2 Procédures qualité pour les matières premières
Est-ce que l'organisation vérifie la qualité de ses approvisionnements?
Comment l'organisation vérifie la qualité de ses approvisionnements?
1. Connaissez-vous les normes qualité pour les intrants que vous achetez? Pouvez-vous citer quelques exemples de ce
qui caractérise un bon semis, un bon engrais, etc.? 2. Contrôlez-vous la qualité des intrants? 3. Est-ce que vous avez
un manuel/guide de contrôle qualité. Si oui, puis-je le voir? 4. Cherchez-vous de nouveaux fournisseurs susceptibles
de fournir de meilleurs intrants si vous n'êtes pas satisfait? "
les répondants sont en mesure de citer les normes de qualité
l'organisation contrôle la qualité des intrants
la procédure de contrôle qualité est documentée
l'organisation change de fournisseurs pour avoir des intrants de meilleure qualité
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

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0

69

�4.1.3 Qualité des approvisionnements
Est-ce que l'organisation rencontre souvent des problèmes avec la qualité des approvisionnements?
Vous arrive-t-il souvent d'avoir des problèmes avec la qualité de vos intrants?
Indiquez a quelle fréquence l'organisation a eu des problèmes avec la qualité de ses approvisionnements
à chaque livraison
Mensuel
une fois par trimestre
deux fois par an
Moins de deux fois par an

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4.2 Approvisionnements par les membres
0
4.2.1 Volumes attendus d'approvisionnement fournis par les membres
Est-ce que l'organisation est en mesure d'estimer les volumes saisonniers pour ses clients?
Comment l'organisation contrôle le volume de production ?
1. Est-ce que vous contrôlez le volume de production pendant toute la saison? Pouvez-vous me dire comment vous
procédez? 2. Pouvez-vous donner des estimations des volumes de production espérés chaque saison? 3. Est-ce que vos
prévisions correspondent généralement aux volumes de production finaux? 4. Est-ce que vous faites connaitre les
volumes espérés aux clients?
l'organisation contrôle les volumes pendant toute la saison et tient des registres
l'organisation prévoit les volumes de production
les prévisions sont vérifiées et comparées aux volumes finaux
les prévisions correspondent généralement aux volumes de production finaux
les prévisions sont communiquées aux clients
Aucune des propositions précédentes

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0
4.2.2 Fiabilité des approvisionnements fournis par les membres
Est-ce que les membres fournissent leurs approvisionnements en temps et en heure comme prévu?
Comment l'organisation s'assure que les membres fournissent leurs approvisionnements en temps et en heure
comme prévu?
1. Est-ce que vous indiquez clairement à vos membres quelles sont leurs obligations? Si oui, comment procédez-vous?
2. Est-ce que vous contrôlez les livraisons de vos membres? 3. Est-ce que vous notez par écrit les moments/dates de
livraison? 4. Est-ce que vous récompensez les livraisons ponctuelles? 5. Cherchez-vous à améliorer les pratiques des
membres qui vous livrent systématiquement en retard?

70

�les membres sont sensibilisés à leurs obligations
l'organisation dispose de contrats écrits avec ses membres
les livraisons des membres sont contrôlées
les livraisons sont notées par écrit
les livraisons ponctuelles sont récompensées
les livraisons qui ont du retard sont améliorées
Aucune des propositions précédentes
A quelle fréquence un membre livre ses produits avec un retard?
Est-ce qu'il arrive souvent que le membre moyen livre ses produits avec un retard qui met en danger votre relation
avec vos acheteurs chaque saison?
Plus de 4 fois par saison
4 fois par saison
3 fois par saison
2 fois par saison
1 fois par saison ou moins

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0
4.2.3 Contrôle qualité
Est-ce que l'organisation vérifie la qualité des approvisionnements en provenance de ses membres?
Quelle est la procédure standard pour la réception de produits de vos membres?
1. Avez-vous une procédure standard pour la réception de produits de vos membres? 2. Pesez-vous tous les produits?
3. Prélevez-vous des échantillons sur les produits livrés? 4. Refusez-vous les produits dont la qualité ne correspond
pas à ce que désirent les acheteurs?
l'organisation a mis une procédure en place pour la réception des produits
Tous les produits sont pesés
les produits sont échantillonnés
les produits de qualité insuffisante sont refusés
Aucune des propositions précédentes
Combien d'exigences qualité espérez-vous des produits de vos membres?
Pouvez-vous citer autant d'exigences qualité que possible que vous espérez des produits de vos membres?

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0

71

�4.2.4 Qualité des approvisionnements en provenance des membres
Est-ce que l'organisation rencontre des problèmes de qualité avec les approvisionnements en provenance des
membres?
Quel est le pourcentage des livraisons qui ont présenté des problèmes importants de qualité au cours de la
saison écoulée?
Avez-vous souvent des problèmes avec la qualité des produits? Veuillez donner un pourcentage des livraisons qui ont
présenté des problèmes importants de qualité au cours de la saison écoulée.

Sans objet

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4.3 Force de la base de membres
0
4.3.1 Evolution de l'ensemble de membres
Est-ce que l'ensemble de membres actifs est stable ou en augmentation?
Quels sont les conditions ou critères pour pouvoir adhérer à votre organisation?
1. Existe-t-il des conditions ou des critères pour pouvoir adhérer à votre organisation? Si oui, quels sont-ils? 2.
Essayez-vous d'avoir davantage d'adhésions de producteurs? Si oui, expliquez comment vous procédez. 3. Essayezvous de fidéliser vos membres? Si oui, pouvez-vous m'expliquer comment vous procédez? 4. Avez-vous un registre
sur lequel figurent les noms, adresses, tailles d'exploitations et coordonnées de vos membres?
L'organisation a des critères d'adhésion et les répondants sont en mesure de les citer
Les répondants sont en mesure d'expliquer comment ils augmentent le nombre d'adhésions
L'organisation a une stratégie de fidélisation de ses membres que les répondants sont en mesure de décrire
L'organisation a un registre des membres suffisamment détaillé
Aucune des propositions précédentes
Quel est le statut des adhésions auprès de votre organisation
Diriez-vous que le nombre de membres...
En diminution
Stable
En augmentation

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0
4.3.2 Concurrence pour recruter des membres
Existe-t-il une concurrence pour recruter les membres de l'organisation?
Existe-t-il une concurrence pour recruter les membres de l'organisation?
Existe-t-il une concurrence pour recruter les membres de l'organisation?

72

�Des organisations identiques existent dans la région
Des organisations identiques recrutent dans la base des membres
Les membres quittent l'OP pour aller voir ailleurs

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0
4.3.3 Avantage des services fournis aux membres
Est-ce que l'organisation fournit à ses membres/sous-traitants des services de qualité qui renforcent leur loyauté vis-àvis de l'organisation?
Parmi les services suivants, lesquels votre organisation offre-t-elle à ses membres?
Parmi les services suivants, lesquels votre organisation offre-t-elle à ses membres?
Formation
Utilisation collective d'équipements
Stockage
Transport
Services financiers
Défense des intérêt
Infrastructures communautaires
Irrigation communale
éducation / aide à l'éducation des enfants
Tutorat/coaching individuel
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0
4.3.4 Avantage économique offerte aux membres
Est-ce que l'organisation offre une valeur économique ajoutée à ses membres?
Est-ce que l'adhésion en tant que membre à votre organisation apporte une valeur économique à vos membres?
Est-ce que l'adhésion en tant que membre à votre organisation apporte une valeur économique à vos membres? Si oui,
veuillez préciser laquelle.
Des prix plus élevés
Des actions
Des remises de prix sur les intrants
Un partage de la main-d'œuvre / des coûts de main-d'œuvre inférieurs

73

�Des services à prix réduit
Aucune des propositions précédentes

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0
4.3.5 Détournement de produits/vente parallèle
Est-ce que la vente parallèle est un risque important pour l'organisation?
Est-ce que vos prix sont identiques, plus élevés ou plus bas que les prix du marché?
Est-ce que vos prix sont identiques, plus élevés ou plus bas que les prix du marché?
Au dessous de
identiques
[plus élevés
Comment fixez-vous les prix des produits?
1. Indiquez-vous clairement à vos membres la façon dont vous fixez les prix de leurs produits? Pouvez-vous me dire
comment vous procédez? 2. Est-ce qu'il y a de nombreux membres qui vendent à d'autres organisations/acheteurs en
parallèle? Si oui, pensez-vous que cela crée un risque élevé? 3. Est-ce que vous payez cash à la livraison? 4. Est-ce
que vous payez le prix intégral des récoltes à la livraison?
La fixation des prix est transparente et les répondants sont en mesure d'expliquer comment tout ceci est
communiqué aux membres
La vente parallèle n'existe PAS
La vente parallèle ne présente AUCUN risque
L'organisation paie cash à la livraison
L'organisation paie le prix intégral
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

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4.4 Suivi &amp; formation des membres
0
4.4.1 Suivi &amp; formation des membres
Est-ce que l'organisation suit ses membres et les forme régulièrement?
Quelles sont les actions de formation et d'aide aux membres accomplies par l'organisation?
1. Parmi les actions suivantes de formation et d'aide aux membres, lesquelles accomplissez-vous? Veuillez indiquer
comment cela est documenté si vous le pouvez. - formation aux méthodes de production - parcelle de démonstration école pratique d'agriculture - test et adoption d'innovations agricoles 2. Est-ce que le personnel qui dispense les
formations participe à des ateliers ou d'autres formations pour mettre ses connaissances à jour? 3. Est-ce que votre
organisation dispose de fonds pour la formation? Pouvez-vous me montrer la part de votre budget qui y est consacrée?

74

�4. Comment savez-vous le type de formation et d'autres aides dont vos membres ont besoin? 5. Comment savez-vous
si les formations et autres aides sont efficaces? En quoi le fait que vous en ayez connaissance influence vos activités?
Formation
Parcelle de démonstration
école pratique d'agriculture
Test &amp; adoption des innovations
Le personnel est formé
Des fonds pour la formation sont prévus
L'organisation évalue les besoins des membres
L'organisation contrôle la présence aux séances de formation et la mise en œuvre
Les activités sont influencées par le contrôle de la présence et de la mise en œuvre
Aucune des propositions précédentes
A quelle fréquence les membres du comité de direction ou autres employés visitent-ils leurs membres?
Veuillez vérifier la fréquence la plus proche de la réponse donnée par l'organisation
1 fois par an ou moins
une fois par trimestre
Mensuel
2-3 fois par mois
Hebdomadaire

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5 MARCHĖ
5.1 Risques relatifs au marché
0
5.1.1 Pouvoir de négociation
L'organisation a-t-elle suffisamment de pouvoir de négociation avec (son) ses acheteur(s)?
Quels sont les contrats écrits entre l'organisation et les acheteurs?
1. Combien d'acheteurs avez-vous? 2. Avez-vous passé des contrats écrits avec vos acheteurs? Puis-je les voir? 3. Estce que vous vous mettez d'accord sur les prix, les exigences de qualité et de service au préalable?
L'organisation a au moins un acheteur fidèle
L'organisation a passé des contrats écrits avec ses acheteurs
Les exigences en matière de prix sont décidées d'un commun accord au préalable
Les exigences en matière de services sont décidées d'un commun accord au préalable
Les exigences en matière de qualité sont décidées d'un commun accord au préalable
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

75

�Preuves
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0
5.1.2 Sensibilisation aux risques du marché
L'organisation est-elle en mesure de décrire les risques du marché auxquels elle est exposée?
Quels sont les risques liés au marché auxquels l'organisation peut avoir à faire face?
1.Veuillez citer certains risques liés au marché auxquels vous pouvez avoir à faire face et décrire la façon dont ils
vous remettent en question. Ceci peut concerner le changement des relations avec les acheteurs et leurs exigences. 2.
Par exemple pensez-vous que la baisse des prix vous affecte ou que la baisse du nombre d'acheteurs augmente le
pouvoir de négociation de ceux qui restent? 3. Est-ce que parfois certains de vos acheteurs réduisent de manière
significative les volumes de produits qu'ils vous achètent ou vous en demandent plus que vous ne pouvez leur en
fournir? Les répondants peuvent citer...
Les changements de prix
La modification des exigences qualité
Les changements de méthode ou de calendrier de livraison
Les clients qui entrent sur le marché ou le quittent
Les changements de volumes exigés
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

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0
5.1.3 Atténuation des risques liés aux prix
L'organisation connait-elle les possibilités d'atténuer les risques liés aux prix?
Comment l'organisation évite les risques menaçant son activité?
Que faites-vous pour éviter les risques menaçant votre activité que vous venez de citer?
Commercialisation
L'élargissement de la base des membres
Investir dans les livraisons
Se tenir au courant
Investir dans le traitement
Autre
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

76

�Preuves
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5.2 Logistique aval
0
5.2.1 Transport
Est-ce que l’organisation dispose de moyens de transport suffisants et fiables pour garantir que ses produits arrivent
chez son client en toute sécurité et en temps voulu? (Même si c'est l'acheteur qui s'occupe du transport, cette question
doit être notée en évaluant la fiabilité du transport mis en place par l'acheteur.)
Est-ce que l'organisation dispose de suffisamment de véhicules pour assurer le transport?
1. Est-ce que vous nettoyez régulièrement les véhicules de transport (comme les camions et les charrettes)? 2.
Rencontrez-vous souvent des problèmes de pannes sur les véhicules de transport? 3. Vérifiez-vous le bon
fonctionnement de vos véhicules? 4. Disposez-vous de suffisamment de véhicules pour assurer le transport? "
Les véhicules sont régulièrement nettoyés
L'organisation rencontre peu ou pas de problèmes de pannes sur ses véhicules
Les véhicules sont entretenus
L'organisation a des véhicules en nombre suffisant
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

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0
5.2.2 Infrastructures
Est-ce que les infrastructures reliant l'organisation et le client sont fiables et appropriées?
Quelle est la qualité des infrastructures a proximité de l'organisation?
Veuillez cocher les cases à partir de l'expérience que vous avez des trajets aller-retour vers le site de l'OP
L'organisation se situe à proximité d'une route goudronnée
L'organisation se situe à proximité d'une route praticable par tous les temps
Les inondations ne posent aucun ou peu de risques pour les déplacements vers /depuis l'organisation
Les ponts qui se trouvent sur les routes sont en bon état (OU il n'y a pas de ponts à traverser)
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77

�Renseignements supplémentaires
5.3 Stratégie commerciale
0
5.3.1 Stratégie commerciale
Est-ce que l'organisation commercialise activement ses produits et services?
Est-ce que l'organisation commercialise activement ses produits et services?
1. Cherchez-vous à trouver de nouveaux clients de manière permanente? Si oui, comment procédez-vous? 2. Avezvous récemment représenté votre organisation lors de foires commerciales/agricoles? 3. Est-ce que vous étiquetez vos
produits avec le nom et le logo de l'organisation? 4. Est-ce que vous faites de la publicité? Si oui, pouvez-vous décrire
ce que vous faites?
L'organisation recherche de nouveaux clients et est en mesure d'expliquer comment
L'organisation recherche de nouveaux clients et est en mesure d'expliquer comment
Les produits sont étiquetés avec le nom et le logo
Elle fait de la publicité et les répondants sont en mesure de décrire les activités entreprises
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

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0
5.3.2 Activités à valeur ajoutée
Quelle valeur ajoutée les produits de l'organisation ont-ils sur le marché?

Quelle valeur ajoutée les produits de l'organisation ont-ils sur le marché?
Sous quelle forme l’organisation vend-elle ses produits (par exemple pour le maïs : maïs frais, maïs séché, farine de
maïs, aliment pour bétail, etc.)? &gt; Est-ce que l’organisation ajoute de la valeur à la production de ses membres ? &gt;
Quelles sont les activités à valeur ajoutée ? &gt; Est-ce que les coûts de traitement et la valeur ajoutée sont calculés et
contrôlés ?
L'organisation vend ses produits sous différentes formes
L'organisation fait du traitement
L'organisation fait de l'emballage
Les coûts liés aux activités sont calculés
L'organisation classe ses produits
Le coût par activité est calculé
Le coût de ces activités est contrôlé
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78

�Preuves
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0
5.3.3 Besoins de la clientèle
Est-ce que l'organisation est toujours bien consciente des besoins de (son) ses client(s)/acquéreur(s)/acheteur(s)?
Est-ce que l'organisation est toujours bien consciente des besoins de ses clients/acquéreurs/acheteurs?
1. Connaissez-vous la quantité de produits que chacun de vos acheteurs prévoit d'acheter chaque année? 2. Avez-vous
des accords écrits à ce sujet? 3. Est-ce que vous vous êtes mis d'accord avec vos acheteurs sur la qualité? 4. Avez-vous
un accord écrit à ce sujet?
L'organisation connait les quantités que les acheteurs veulent acheter
Les quantités sont précisées dans des contrats
L'organisation connait la qualité recherchée par les acheteurs
La qualité est précisée dans des contrats
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6 GESTION FINANCIERE
6.1 Gestion financière
0
6.1.1 Responsable de la gestion financière courante
Y a-t-il une personne ayant l'expérience et la formation nécessaires pour s'occuper de la gestion financière courante?
Est-ce que la personne qui s'occupe de vos finances a la formation et les compétences requises?
Est-ce que la personne qui s'occupe de vos finances... 1. A la formation de base 4. Sait lire et écrire 3. Sait compter 4.
A reçu une formation en comptabilité et dans le domaine budgétaire 5. A de l'expérience dans cette fonction ou une
formation en gestion financière?
La personne qui s'occupe des finances a reçu une formation de base
La personne qui s'occupe des finances sait lire et écrire
La personne qui s'occupe des finances sait compter
La personne qui s'occupe des finances a une formation en comptabilité et dans le domaine budgétaire
La personne qui s'occupe des finances a occupé un poste similaire (OU a été recrutée directement à sa sortie de
l'université/après une formation professionnelle)
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79

�0
6.1.2 Traitement des opérations courantes
Les opérations courantes sont-elles traitées de manière appropriée?
Les opérations courantes sont-elles traitées de manière appropriée?
1. Lorsque vous recevez de l'argent liquide, est-il placé en banque ou bien utilisé en espèces pour les dépenses
d'entreprise? 2. Est-ce que vous avez un livre pour les rentrées et sorties de fonds? 3. Où conservez-vous les espèces?
4. Combien de personnes signent les chèques? 5. Vous arrive-t-il de signer des chèques pas complètement remplis? 6.
A quelle fréquence mettez-vous à jour les livres de comptes? A quelle fréquence faites-vous les rapprochements de
comptes de caisse avec les rapprochements bancaires?
L'argent liquide reçu est intégralement versé en banque, sans avoir été utilisé
Les rentrées et sorties de fonds sont inscrites sur les livres de comptes de l'organisation
Il est conservé dans une caisse fermée à clef ou dans un coffre
Les chèques sont signées par au moins deux personnes autorisées et aucun chèque en blanc n'est signé
Les livres de comptes sont mis à jour une fois par semaine au moins
Les rapprochements de comptes de caisse avec les rapprochements bancaires se font une fois par mois
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0
6.1.3 Conventions comptables
Existe-t-il des conventions et procédures comptables appropriées?
Quelles sont les conventions et procédures comptables mises en place?
1. Avez-vous une politique écrite pour les éléments suivants et pouvez-vous me la montrer? 2. Comment traiter les
paiements en espèces 3. Quels sont les contrôles mis en place 4. Qui autorise quoi 5. Qui vérifie quoi Une politique
comptable comprend des règles pour...
Les paiements en espèces
Les contrôles
Les autorisations
Qui vérifie quoi
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Quelle est la procédure mise en place pour les états financiers?
1. A quelle fréquence les états financiers ont-ils lieu? 2. Est-ce que plusieurs personnes vérifient les états financiers?
3. Quelles sont les connaissances en comptabilité de ceux qui vérifient les comptes? 4. Communiquez-vous les états
financiers aux parties prenantes? Les états financiers...
Sont faits au moins une fois par trimestre
Sont vérifiés par plusieurs personnes
Sont vérifiés par des gens qualifiés
Sont communiqués
Aucune des propositions précédentes

80

�Preuves
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6.2 Planification, budgétisation et sources de revenus
0
6.2.1 Prix de revient
L'organisation connait-elle ses prix de revient?
L'organisation connait-elle ses coûts de production?
1. Combien cela coûte-t-il à votre organisation pour produire 1 unité de produit? Veuillez citer les différents types de
coûts. 2. Calculez-vous régulièrement les prix de revient de vos produits et si c'est le cas, pouvez-vous me présenter
un exemple de la dernière saison? 3. Comment ces prix de revient se situent-ils par rapport aux prix de vente moyens?
4. Comment fixez-vous vos prix de vente?
L'organisation connait ses coûts de production
L'organisation calcule régulièrement les prix de revient et peut donner un exemple récent
Les prix de revient sont inférieurs aux prix de vente unitaires
L'organisation utilise des données pertinentes du marché pour fixer ses prix de ventes
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0
6.2.2 Budgets
Est-ce que l'organisation élabore des budgets pour ses dépenses et recettes?
Est-ce que l'organisation élabore des budgets de dépenses?
1.Etablissez-vous des budgets de dépense? 2. A quelle fréquence établissez-vous les budgets de dépenses? 3. Puis-je
voir le dernier budget de dépenses? 4. En fin d'année, comparez-vous le budget initial aux chiffres réels? Si oui, que
faites-vous de cette information?
L'organisation établit des budgets de dépenses
Les budgets de dépenses sont faits une fois par trimestre au moins
Le dernier budget de dépenses prévoit toutes les sorties d'argent sur la période du budget de manière réaliste
Chaque année, les chiffres des budgets sont comparés aux chiffres réels et les résultats ont une influence sur le
budget suivant
Aucune des propositions précédentes
Est-ce que l'organisation élabore des budgets de recettes?
1. Etablissez-vous des budgets de recettes? 2. A quelle fréquence établissez-vous les budgets de recettes? 3. Puis-je
voir le dernier budget de recettes? 4. En fin d'année, comparez-vous le budget initial aux chiffres réels? Si oui, que
faites-vous de cette information?
L'organisation établit des budgets de recettes
Les budgets de recettes sont faits une fois par trimestre au moins

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�Le dernier budget de recettes prévoit toutes les rentrées d'argent sur la période du budget de manière réaliste
Chaque année, les chiffres des budgets sont comparés aux chiffres réels et les résultats ont une influence sur le
budget suivant
Aucune des propositions précédentes

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0
6.2.3 Politique des réserves
Est-ce que l'organisation réfléchit et planifie la façon d'augmenter ses réserves?
Est-ce que l'organisation a des réserves financières et planifie la façon d'augmenter ses réserves?
1. Avez-vous des réserves financières? Si oui, sont-elles suffisantes pour couvrir les dépenses en période de difficultés
financières, par ex. en cas de mauvaise récolte ou de catastrophe naturelle? 2. Quel % de votre chiffre d'affaires
annuel est placé en banque? 3. Avez-vous un plan pour augmenter les réserves? Pouvez-vous me l'expliquer? 4. Avezvous pu augmenter vos réserves au cours de l'année écoulée?
L'organisation a des réserves financières
Les réserves financières se montent à 10-20% du chiffre d'affaires annuel
L'organisation a un plan pour augmenter les réserves et les répondants sont en mesure de l'expliquer
L'organisation a réussi à augmenter ses réserves l'an dernier
Aucune des propositions précédentes

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0
6.2.4 Dépendance des donateurs
Dans quelle mesure l'organisation dépend-elle des fonds de donateurs?
Combien de temps l'organisation peut-elle opérer sans des fonds de donateurs?
L'organisation peut opérer sans les fonds de donateurs pendant…
Moins d'1 mois
1 - 3 mois
Pour 3 - 6 mois
plus de 6 -12 mois
Plus d'un an ou n'a jamais eu besoin de donations
Dans quelle mesure l'organisation dépend-elle des fonds de donateurs?
1. D'où vient l'argent de votre organisation? Pouvez-vous me montrer les états indiquant les différentes rentrées
d'argent en provenance des donations, emprunts, ventes, frais d'adhésion? 2. Quelle est la part des donations, que ce
soit en espèces ou en nature, des subventions, etc.? 3. Quels services rendus aux membres devriez-vous arrêter si les
donations venaient à cesser? 4. Est-ce que l'achat de vos produits est subventionné par le gouvernement?

82

�Les répondants savent faire la différence entre fonds de donateurs et autres fonds
L'organisation réalise des activités qui génèrent des revenus sans donations
L'organisation réalise des activités de services à la communauté sans donations
Les ventes/achats de produits ne sont pas subventionnés par le gouvernement
Aucune des propositions précédentes

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0
6.2.5 Frais d'adhésion des membres et capital social
Quel pourcentage des membres s'acquittent de leurs frais d'adhésion et leur capital social?
Quel pourcentage des membres s'acquittent de leurs frais d'adhésion et leur capital social?
Combien de membres paient des frais d'adhésion? Veuillez donner un pourcentage.
Moins de 80%
80% - 90%
90% - 95%
95% - 99%
100%

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6.3 Archivage &amp; suivi
0
6.3.1 Flux de trésorerie, revenus et dépenses
L'organisation enregistre-t-elle ses recettes et dépenses?
L'organisation enregistre-t-elle ses recettes et dépenses?
1. A quelle fréquence les entrées et sorties d'argent sont-elles enregistrées? 2. Est-ce que les états financiers font
l'objet de rapports annuels? 3. Comment connaissez-vous les sommes d'argent que vous devez et celles que l'on doit à
votre organisation? 4. Vérifiez-vous si les chiffres réels correspondent aux prévisions/budgets? Si oui, pouvez-vous
me montrer comment vous avez fait cela pendant la période la plus récente? Comment tout cela influence-t-il les
budgets futurs? 5. Qui enregistre les recettes et les dépenses? "
Les recettes et dépenses sont enregistrées au moins une fois par mois
Les recettes et dépenses sont consolidées une fois par an
La situation de trésorerie est enregistrée au moins une fois par mois
Les chiffres réels sont comparés aux budgets/prévisions
La comparaison des budgets aux chiffres réels influence le budget à venir
Un comptable est responsable de la comptabilité

83

�Aucune des propositions précédentes

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0
6.3.2 Registre des actifs
L'organisation tient-elle un registre de ses actifs?
L'organisation tient-elle un registre de ses actifs et de leur valeur?
1. Avez-vous une bonne vue d'ensemble de vos actifs (comme les bâtiments, les terrains, les équipements, les
machines) et de leur valeur? 2. Pouvez-vous me montrer où vous gardez une trace écrite de vos actifs et de leur
valeur? 3. Comment est prise la décision d'acquérir des actifs au sein de l'organisation? 4. Qui gère l'inventaire des
actifs (s'il y a quelqu'un)? 5. Comment déterminez-vous la valeur actuelle et future de vos actifs? Avez-vous
documenté cela quelque part, et puis-je voir ce document?
L'inventaire indique la valeur estimée des actifs
Le conseil d'administration décide en commun des principales acquisitions
Un comptable gère l'inventaire et l'estimation des actifs
L'OP a mis en place une procédure pour l'estimation des actifs
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

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0
6.3.3 Système de comptabilité
L'organisation dispose-t-elle d'un système de comptabilité en place?
L'organisation dispose-t-elle d'un système de comptabilité en place?
La comptabilité se fait...
Il n’y a aucun système comptable
Sur Excel
Sur papier;
à l'aide d'un logiciel de comptabilité
Quels documents sont utilisés dans le système de comptabilité?
Veuillez décrire votre système de comptabilité, notamment les différents livres de comptes que vous tenez et comment
ils sont tenus (sur papier, sous forme digitale, etc.) Un système de comptabilité comprend...
Des livres de banque
Des livres de caisse
Un système de facturation
Des registres

84

�Une budgétisation
Des prévisions de trésorerie
Des livres de crédit (comptes créditeurs/comptes débiteurs)
Aucune des propositions précédentes

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0
6.3.4 Utilisation des informations financières
A quel moment les dirigeants se réunissent-ils pour discuter des bilans financiers ? Est-ce qu’ils les examinent et en
discutent au moins une fois par mois et les utilisent pour la prise de décision ?
A quelle fréquence discutez-vous les états financiers?
A quelle fréquence discutez-vous les états financiers?
moins d'une fois par an
une fois par an
Deux fois par an
une fois par trimestre
Au moins une fois par mois

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0
6.3.5 Accès aux informations financières
Les informations financières sont-elles partagées avec les membres de manière appropriée?
Les informations financières sont-elles partagées avec les membres?
Partagez-vous les informations financières avec les membres? Si oui, comment et à quelle fréquence?
Les rapports financiers sont partagés au cours des AGA
Les membres reçoivent des informations financières essentielles, telles que les objectifs trimestriels, au moins une
fois par trimestre
Les rapports financiers sont simplifiés et réduits à l'essentiel lorsqu'ils sont partagés avec les membres
Aucune des propositions précédentes

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85

�Renseignements supplémentaires
7 RISQUES EXTERNES
7.1 Connaissance des risques externes
0
7.1.1 Connaissance des risques liés au climat et aux risques naturels
L'organisation connait-elle les risques potentiels liés au climat et à la météorologie?
L'organisation connait-elle les risques potentiels liés au climat et à la météorologie?
1. Pouvez-vous me dire les conditions météorologiques qui peuvent avoir un impact négatif sur vos producteurs dans
cette région? Pouvez-vous me dire quand les conditions météorologiques ont eu un impact sur la production au cours
des 5 dernières années? 2. Quels types de catastrophes naturelles peuvent se produire ici à votre connaissance?
Pouvez-vous me dire quand et comment cela a affecté la production au cours des 5 dernières années? 3. Comment la
météorologie et les catastrophes naturelles apparaissent-elles dans votre plan d'activités? Pouvez-vous m'indiquer
comment vous avez pris ceci en compte dans la planification d'activités? 4. Comment prévoyez-vous de réagir aux
types de risques auxquels vous devez faire face? Etes-vous en mesure de mettre en œuvre vos projets?
Les répondants sont sensibilisés aux risques météorologiques
Les répondants sont sensibilisés aux risques de catastrophes naturelles
Les répondants sont en mesure de décrire l'impact financier de mauvaises conditions météorologiques au cours
des dernières années
Les répondants sont en mesure de décrire l'impact social de mauvaises conditions météorologiques au cours des
dernières années
Les répondants sont en mesure de décrire l'impact environnemental de mauvaises conditions météorologiques au
cours des dernières années
Les répondants sont en mesure de décrire l'impact financier des changements climatiques
Les répondants sont en mesure de décrire l'impact social des changements climatiques
Les répondants sont en mesure de décrire l'impact environnemental des changements climatiques
La météorologie et les catastrophes naturelles sont prises en compte dans le plan d'activités
L'organisation a des stratégies d'atténuation prévues pour chaque type de risque et est en mesure de les mettre en
œuvre
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0
7.1.2 Connaissance des risques biologiques
L'organisation connait-elle les risques biologiques potentiels tels que les parasites et les maladies des végétaux?
L'organisation connait-elle les risques biologiques?
1. Quels types de nuisibles et de maladies peuvent affecter les récoltes de vos membres? 2. Pour les nuisibles et
maladies que vous venez de citer, veuillez expliquer brièvement comment ils affectent les récoltes. 3. Pouvez-vous me
dire quand les nuisibles et les maladies ont affecté la production au cours des 5 dernières années? 4. Pouvez-vous me
dire quels effets les nuisibles et les maladies ont eus sur vos récoltes dans le passé? 5. Comment les nuisibles et les
maladies apparaissent-ils dans votre plan d'activités? Pouvez-vous m'indiquer comment vous avez pris ceci en compte
dans la planification d'activités? 6. Comment prévoyez-vous de réagir face à ces risques biologiques? Si demain
apparaissent des nuisibles et des maladies, pourrez-vous réagir comme vous le voulez?
Les répondants sont sensibilisés aux nuisibles et aux maladies
Les répondants sont en mesure de décrire l'impact des différents nuisibles et maladies qui les concernent

86

�Les répondants peuvent se rappeler les nuisibles et les maladies qui sont apparus au cours des 5 années
précédentes OU que des nuisibles et des maladies ne sont pas apparus au cours des 5 années précédentes
Les répondants peuvent décrire les effets des nuisibles et des maladies qui sont apparus dans le passé
La connaissance des nuisibles et des maladies se traduit par des commentaires pertinents dans le plan d'activités
L'organisation a des stratégies d'atténuation prévues pour différents types de risques biologiques et est en mesure
de les mettre en œuvre
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7.2 Mesures d'atténuation
0
7.2.1 Mesures d'atténuation des risques naturels et climatiques
Est-ce que l'organisation a mis en place des mesures simples d'atténuation des risques naturels et climatiques?
Est-ce que l'organisation a mis en place des mesures simples d'atténuation des risques naturels et climatiques?
1. Quelles méthodes d'atténuation des risques météorologiques et de catastrophes naturelles peuvent s'appliquer aux
risques auxquels vous avez à faire face? 2. En avez-vous utilisé certaines dans le passé? 3. Etes-vous prêts à utiliser
ces méthodes à l'avenir? Comment vous y préparez-vous? 4. Sensibilisez-vous les membres aux méthodes
d'atténuation des risques? Planifiez-vous ceci? 5. Formez-vous les membres aux méthodes d'atténuation des risques?
Planifiez-vous ceci?
l'organisation est sensibilisée aux méthodes d'atténuation des risques et peut les citer
L'organisation a déjà utilisé ces méthodes par le passé
L'organisation est préparée pour les risques à venir
Les membres sont sensibilisés à l'atténuation des risques
L'organisation a mis en place un plan pour sensibiliser davantage les membres aux risques
Les membres ont reçu une formation à l'atténuation des risques
L' organisation a mis en place un plan de formation des membres à l'atténuation des risques
Aucune des propositions précédentes

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0
7.2.2 Mesures d'atténuation des risques biologiques
Est-ce que l'organisation a mis en place des mesures simples d'atténuation des risques biologiques?
Est-ce que l'organisation a mis en place des mesures simples d'atténuation des risques biologiques?
1. Quelles méthodes d'atténuation des risques biologiques peuvent s'appliquer aux risques auxquels vous avez à faire
face? 2. En avez-vous utilisé certaines dans le passé? 3. Etes-vous prêts à utiliser ces méthodes à l'avenir? Comment
vous y préparez-vous? 4. Sensibilisez-vous les membres aux méthodes d'atténuation des risques? Planifiez-vous ceci?
5. Formez-vous les membres aux méthodes d'atténuation des risques? Planifiez-vous ceci?

87

�l'organisation est sensibilisée aux méthodes d'atténuation des risques et peut les citer
L'organisation a déjà utilisé ces méthodes par le passé
L'organisation est préparée pour les risques à venir
Les membres sont sensibilisés à l'atténuation des risques
L'org a mis en place un plan pour sensibiliser davantage les membres aux risques
Les membres ont reçu une formation à l'atténuation des risques
L' organisation a mis en place un plan de formation des membres à l'atténuation des risques
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8 RESSOURCES
8.1 Développement des capacités &amp; ONG
0
8.1.1 Disponibilité de services d'assistance
L'organisation est-elle capable de trouver les bonnes formations, les moyens de développer ses capacités et de
l'assistance?
L'organisation reçoit-elle de l'aide pour le renforcement des capacités?
1. Où pouvez-vous trouver de l'aide pour le renforcement des capacités et l'amélioration des méthodes de production
agricole et de gestion? 2. Pour quels types d'activités votre organisation a-t-elle le plus besoin d'aide? 3. Pouvez-vous
obtenir de l'aide dans ces domaines? 4. Est-ce que vos membres et vous êtes satisfaits de l'aide dont vous disposez? 5.
Est-ce que ces services d'appoint sont utiles à vos membres pour la gestion de base de leurs activités agricoles? 6. Estce que ces services d'appoint les aident à améliorer leurs pratiques agricoles?
L'organisation connait l'existence des services
Les répondants sont en mesure d'identifier les domaines dans lesquels ils ont le plus besoin d'aide
L'organisation obtient de l'aide dans les domaines qui conviennent
L'organisation est satisfaite de ces services
Les services concernent la gestion des activités agricoles
Les services concernent les pratiques agricoles
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8.2 Communauté
0
8.2.1 Relations avec la communauté

88

�Quels sont les rapports de l’organisation avec la communauté?
L'organisation a-t-elle de bons rapports avec la communauté locale?
1. Comment décririez-vous vos relations avec la communauté locale? 2. Avez-vous rencontré des problèmes avec la
communauté par le passé? 3. Quelles mesures prenez-vous pour améliorer vos relations avec la communauté? 4.
Employez-vous des personnes appartenant à la communauté locale?
Les répondants définissent les relations avec la communauté comme positives
Il n'y a eu aucun problème par le passé
L'organisation crée des emplois
L'organisation offre d'autres avantages
Autre
Aucune des propositions précédentes
Sans objet

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8.3 Gouvernement
0
8.3.1 Connaissance des lois &amp; règlements
Est-ce que l'organisation connait les lois et règlements qui s'appliquent à elle?
Est-ce que l'organisation connait les lois et règlements qui s'appliquent à elle?
1. Quels lois et règlements s'appliquent à votre organisation en tant qu'entreprise? 2. Quels lois et règlements
s'appliquent aux activités que vous menez? 3. Le cas échéant, comment avez-vous essayé (ou essayez-vous) de les
appliquer? 4. Est-ce que l'un des dirigeants ou membres du personnel est en mesure de se tenir au courant des
règlements?
L'organisation connait les règlements concernant les entreprises
L'organisation connait les règlements portant sur ses activités
L'organisation n'a aucun problème juridique pour le moment
L'organisation cherche à obtenir des conseils en matière de lois et règlements si nécessaire
Aucune des propositions précédentes
Est-ce que l'organisation a eu des problèmes juridiques au cours des trois dernières années?
Avez-vous eu des problèmes juridiques au cours des trois dernières années?
Plus de 5 fois
4 - 5 fois
2 - 3 fois
Une fois
S/O

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89

�Renseignements supplémentaires
0
8.3.2 Services publics de vulgarisation
L’organisation connait-elle les priorités de l’office national de l’agriculture? Est-ce que l’organisation rencontre des
employés du secteur agricole pour planifier des activités de renforcement des compétences ? Est-ce que les membres
de l’organisation participent à des expériences de recherche sur le terrain ?
L’organisation connait-elle les priorités de l’office national de l’agriculture?
1. Savez-vous ce qui est important pour l'Office national de l'agriculture? Si oui, pouvez-vous citer certaines de ses
priorités? 2. Rencontrez-vous des responsables de l'industrie agricole au niveau du district et du secteur pour savoir
comment ils peuvent vous aider dans le cadre de leurs programmes? 3. Est-ce que des membres de votre organisation
participent à des travaux de recherche en milieu agricole?
L'organisation connait les priorités de l'office national de l'agriculture et peut les citer
L''organisation est en relation avec les agents de vulgarisation
Les membres participent à des essais de recherche en milieu agricole.
Aucune des propositions précédentes

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Renseignements supplémentaires

90

�Annexe 2 : Engagement des responsables de l’organisation évaluée

Conditions Générales
J’accepte les conditions générales suivantes:
J’accepte de participer à l’évaluation du mieux que je peux. J’affirme que je répondrai sincèrement et en
toute bonne foi à toutes les questions que me posera l’évaluateur. Je suis conscient du fait que des
informations malhonnêtes risquent de porter atteinte à la bonne réputation de mon organisation, à celle de
SCOPEinsight et de ses clients.
L’évaluation m’aidera à comprendre les points forts et les points faibles. Elle m’aidera également à remédier
aux faiblesses de mes activités commerciales. Les résultats de la procédure d’évaluation SCOPEinsight
apparaissent dans un ou plusieurs rapports. Le rapport d’évaluation a pour but de m’aider à avoir accès à des
prêts, des subventions, des partenaires commerciaux ou d’autres opportunités commerciales, mais je suis
conscient que cela ne se produira pas de manière automatique ni sans effort supplémentaire.
A l’issue de l’évaluation, l’évaluateur me remettra le rapport d’évaluation pour que je l’étudie. L’évaluateur
m’indiquera quand je dois lui faire parvenir mes commentaires. Les commentaires, y compris les documents
d’accompagnement relatifs aux modifications que je demande dans le rapport, peuvent être envoyés par email
à SCOPEinsight (support@scopeinsight.com) ou directement à l’évaluateur qui les transmettra à
SCOPEinsight. A la suite de quoi, le rapport définitif sera rédigé.
J’accepte que les résultats de l’évaluation figurent sur le Portail SCOPE®, la plateforme internet de
SCOPEinsight. Cette plateforme n’est ouverte qu’aux tierces parties intéressées à des fins d’opportunités
commerciales. Je me réserve le droit de demander la suppression de mes données personnelles du Portail
SCOPE®.
J’accepte le fait que les résultats de l’évaluation sont la propriété de SCOPEinsight. J’accepte le fait qu’il
m’est interdit de rendre les rapports accessibles au public.
J’accepte en outre le fait que SCOPEinsight a le droit d’utiliser les résultats de l’évaluation à d’autres fins,
comme les études comparatives. A condition que mes données personnelles soient effacées (les données sont
rendues anonymes), SCOPEinsight a le droit de partager les résultats de l’évaluation avec des tierces parties
à des fins plus générales que les opportunités commerciales qui me concernent.
Au cas où malheureusement, un litige surviendrait qui ne puisse être résolu, je prendrai contact avec la partie
chargée de mon évaluation.
Acceptées par:
Nom:
Poste occupé au sein de l’organisation:
Date et lieu:
Signature ou nom en cas de version digitale:

91

�92

�</text>
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          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>La collection Droit économie et gestion (DEG) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières droit, économie et gestion.</text>
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                <text>La durabilité des services rendus par les organisations de producteurs à leurs membres : cas de l'approche basée sur le développement des systèmes de marché dans le cadre du programme strengthening african rural smallholders (STARS) de Icco-Cooperation au Burkina Faso</text>
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                    <text>MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE
L’INNOVATION
………….
UNIVERSITÉ THOMAS SANKARA
………………
INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE À DISTANCE

BURKINA FASO
………
Unité – Progrès – Justice

MÉMOIRE DE MASTER EN PLANITIFICATION ET GESTION DES
STRUCTURES ÉDUCATIVES
OPTION : GESTION DES STRUCTURES ÉDUCATIVES

GESTION DE LA MOTIVATION DES ÉCOLIERS
DANS LES ÉTABLISSEMENTS PRIVÉS ET RÉUSSITE
SCOLAIRE : CAS DE L’ÉCOLE PRIMAIRE ÉMILIE
DE VILLENEUVE DE PARAKOU/BÉNIN

Réalisé par :

Sous la direction de :

Akouavi Emérentienne
HOUEGBAN

Dr. Bapindié OUATTARA

COMPOSITION DU JURY
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

ANNÉE ACADÉMIQUE 2023-2024

��Dédicace

DÉDICACE

À

Ma mère Véronique MAFLON
et à mes sœurs de la Province Amazone du Bénin.

I

�In memorium

IN MEMORIUM

De

Mon feu père Gaudens HOUEGBAN
Feue Sœur Marie Justine AGBO

II

�Remerciement

REMERCIEMENTS
Le présent travail de recherche n’aurait pu être réalisé sans l’appui de plusieurs personnes qui
ont contribué à la concrétisation de ce projet. Il est donc important et opportun de prendre
quelques lignes pour leur témoigner de ma reconnaissance. Ainsi donc, qu’il me soit permis
d’exprimer ma profonde et vive gratitude à :


M. le Directeur de l’IFOAD, Docteur Marie Bernadin OUEDRAOGO et son staff pour
la qualité de la formation ;



M. le président du jury et les membres du jury pour le temps consacré à la lecture et
l’appréciation de ce mémoire ;



Docteur Bapindié OUATTARA, notre directeur de mémoire, qui nous a apporté son
assistance intellectuelle et morale. La pertinence de ses remarques et son entière
disponibilité ont été un apport précieux.



M.

Euloge-Achille

NOUGBODOHOUÉ,

pour

sa

disponibilité

et

son

accompagnement ;


M. Gildas TCHEMADON, pour sa disponibilité et surtout pour sa contribution dans
la réalisation de ce mémoire ;



Toute l’administration et les enseignants de l’IFOAD qui ont bien voulu partager avec
nous leur savoir durant ces deux années de formation ;



Toute la famille religieuse NDICC province Amazone du Bénin et en particulier la
sœur KOKOUN Euphrasie supérieure provinciale et son conseil pour avoir placé leur
confiance en ma personne pour ces études supérieures ;



Sœur BOSSOU Pierrette Marie ex provinciale et son conseil ;



M. KAHOUI Isidore, recevez les sincères remerciements pour vos divers conseils et
soutien de tout genre ;



Toute la famille, nos bienfaiteurs et amis pour vos soutiens, morales, affectifs, et
financiers ;



Nos camarades de formation, nous les remercions chaleureusement pour tous ces
agréables moments passés ensemble ;



Tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à la réalisation de ce travail de
recherche, gratitude infinie à vous.

III

�Sigles et acronymes

SIGLES ET ABRÉVIATIONS
APC

:

Approche Par Compétences

CE1

:

Cours Élémentaire 1è année

CE2

:

Cours Élémentaire 2è année

CEP

:

Certificat d’Études Primaires

ECPEV

:

École Catholique Primaire Émilie de Villeneuve

IFOAD

:

Institut de Formation à Distance

MEMP

:

Ministère de l’Enseignement Maternel et Primaire

MESRSI

:

Ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche Scientifique et de
l’Innovation

MPGSE

:

Master en Planification et Gestion des Structures Éducatives

NDICC

:

Notre Dame de l’Immaculée Conception de Castre

OCDE

:

Organisation de Coopération et de Développement Économique

ONU

:

Organisation des Nations Unies

UNICEF

:

Fond des Nations Unies pour l’Enfance

UO2

:

Université Ouaga II

IV

�Liste des tableaux

LISTE DES TABLEAUX
Tableau I: Mesure des variables de la recherche _________________________________________ 36
Tableau II: Taille de l’échantillon ____________________________________________________ 43
Tableau III: Caractéristiques sociodémographiques des élèves enquêtés ______________________ 46
Tableau IV: Caractéristiques sociodémographiques des enseignants enquêtés __________________ 47
Tableau V: Répartition des parents d’élèves selon leurs caractéristiques socio-démographiques ____ 48
Tableau VI: Relation entre la motivation autodéterminée et la réussite scolaire _________________ 50
Tableau VII: Style de motivation par la communication relative aux enseignants _______________ 50
Tableau VIII: Relation entre le style de motivation par la communication relative aux enseignants et la
réussite scolaire __________________________________________________________________ 51
Tableau IX: Style de motivation par la communication relative aux parents ___________________ 52
Tableau X: Relation entre le style de motivation par la communication relative aux parents d’élèves et
la réussite scolaire ________________________________________________________________ 52
Tableau XI: Stratégie d’apprentissage des élèves ________________________________________ 53
Tableau XII: Relation entre stratégie d’apprentissage et réussite scolaire ______________________ 54
Tableau XIII: Type de motivation aboutissant à la réussite scolaire suivant le niveau d’étude des
élèves enquêtés ___________________________________________________________________ 54
Tableau XIV: Effet du niveau châtiment corporel sur la réussite scolaire suivant le niveau d’étude des
élèves enquêtés ___________________________________________________________________ 55

V

�Liste des graphiques

LISTE DES FIGURES
Figure 1: Effet de la motivation sans le châtiment corporel sur la réussite scolaire. ______________ 35
Figure 2: La démarche hypothético-déductive classique ___________________________________ 40
Figure 3: Distribution des élèves selon leurs responsabilités dans l’exercice de leur activité (n=84) 49
Figure 4: Distribution des élèves selon leurs sentiments de libre choisir (n=84) _________________ 49
Figure 5: Distribution des élèves selon leur liberté de choix dans la prise de décision (n=84) ______ 49

VI

�Résumé

RÉSUMÉ
Cette recherche vise à appréhender l’effet des pratiques de motivation sans châtiment corporel
dans les établissements sur la réussite scolaire des écoliers au Bénin.
Pour conduire à bien cette recherche, la démarche hypothético-déductive est adoptée avec une
approche quantitative. Les données quantitatives collectées grâce aux questionnaires, ont été
codées et soumises à des analyses statistiques à l'aide du logiciel R 4.1.1. Dans le but d’analyser
les relations entre les variables, des tests de contingence de Chi2 suivis d’un Test t de Student
ont été effectués. L’étude empirique a été réalisée sur un échantillon de convenance de quatrevingt-cinq (84) écoliers (CM1 et CM2), 16 enseignants et trente-cinq (35) parents d’élève. Les
résultats de cette recherche révèlent que la majorité des élèves enquêtés soulignent que
l’absence de châtiment corporel favorise la réussite scolaire. Car, les établissements pratiquant
le moins ce type de punition ont les meilleurs résultats académiques ; même s’il n’est pas exclu
que d’autres facteurs positifs expliquent les taux de succès enregistrés dans ces établissements.
De ce fait, le recours aux différentes pratiques de motivation sans châtiments corporels dans les
établissements scolaires améliorerait donc la réussite scolaire des écoliers au Bénin. Toutefois,
les résultats révèlent également qu’un, « usage modéré des punitions corporelles » conduirait
aussi à un accroissement de la réussite scolaire. Ceci pose donc la question de la pertinence et
de l’efficacité de l’usage des punitions corporelles sur la qualité du rendement intellectuel et
humain des apprenants.
Mots clés : Pratiques de motivation - châtiment corporel - réussite scolaire - écoliers

ABSTRACT
This study seeks to investigate the impact of motivational strategies, instead of corporal
punishment, on the academic achievement of students in Benin.
The research used a hypothetico-deductive and quantitative approach. Data from questionnaires
was analysed using R 4.1.1, including Chi2 contingency tests and a Student's t-test to examine
relationships between variables. The study involved 84 schoolchildren (CM1 and CM2), 16
teachers, and 35 parents.
The research’s findings indicate that most students believe that not using corporal punishment
in schools contributes strongly to academic success. We also note that schools without corporal
punishment tend to achieve better academic results. So, implementing non-physical punishment
practices in schools could enhance students' academic success in Benin. However, the results
also suggest that a "moderate use of corporal punishment" may lead to increased academic
success. This raises questions about the effectiveness of using corporal punishment on students'
overall performance.
Keyword: Motivational practices - corporal punishment - educational success – schoolchildren

VII

�Sommaire

SOMMAIRE
INTRODUCTION _________________________________________________________ 9
PREMIÈRE PARTIE : CADRE THÉORIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE _______ 13
CHAPITRE 1 : LA PROBLÉMATIQUE __________________________________________ 14
1.

Contexte et justification de la recherche ______________________________________________ 14

2.

Le problème de la recherche_______________________________________________________ 15

3.

Objectifs de la recherche _________________________________________________________ 16

4.

Hypothèse de recherche __________________________________________________________ 17

5.

Présentation de la zone d’étude : cas de l’école catholique primaire Émilie de Villeneuve de Parakou
_____________________________________________________________________________ 17

CHAPITRE 2 : LE CADRE THÉORIQUE, CONCEPTUEL ET MÉTHODOLOGIQUE __ 20
1.

La revue de littérature ____________________________________________________________ 20

2.

Cadre théorique et conceptuel _____________________________________________________ 22

3.

Cadre méthodologique ___________________________________________________________ 36

DEUXIÈME PARTIE : RÉSULTATS ET DISCUSSIONS _______________________ 45
CHAPITRE 1 : RESTITUTION, ANALYSE ET DISCUSSION DES RÉSULTATS ______ 46
1.

Présentation et analyse des résultats de la recherche ____________________________________ 46

2.

Discussion des résultats __________________________________________________________ 55

CHAPITRE 2 : DE LA VALIDATION DES HYPOTHÈSES AUX SUGGESTIONS ______ 59
1.

Vérification des hypothèses _______________________________________________________ 59

2.

Suggestions____________________________________________________________________ 60

CONCLUSION ___________________________________________________________ 62
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES ____________________________________ LXV
ANNEXES _____________________________________________________________ LXX
TABLE DES MATIÈRES ______________________________________________ LXXVI

VIII

�Introduction

INTRODUCTION
Pour faire face aux défis qui s’imposent à elle, l’Afrique n’a pas de levier plus puissant que
celui de l’éducation Tamghe (2019), car rien d’humain ne se fait, rien d’humain, ne s’est jamais
fait sans éducation Weil (1996). D’après le rapport OCDE (2007), l’éducation joue un rôle
central dans la réussite et le développement des nations en ce sens qu’elle a un impact
directement sur la productivité moyenne de la population active dans son ensemble, dans
l’assimilation et la formation du progrès technique. Puissant facteur de cohésion nationale,
vecteur attendu de justice sociale, l’éducation revêt une importance cruciale dans les sociétés
qui se veulent modernes. On lui reconnaît de plus en plus le rôle moteur qu’elle joue dans la
croissance économique et le développement. Il serait alors opportun de recadrer le mécanisme
d’apprentissage des enfants constituant l’avenir de l’Afrique de demain.
Dans cette perspective, Rousseau (2002), préconisait la reconnaissance de la spécificité de
l’enfance. Ainsi dans son traité de l’Éducation, l’auteur attire l’attention des éducateurs sur le
fait que la nature veut que les enfants soient enfants avant que d’être hommes … [avec] des
manières de voir, de penser, de sentir, qui lui sont propres avant de déclarer insensé d'y vouloir
substituer les nôtres. Plus loin, l’objectif 4 de développement durable indique qu’il faut non
seulement assurer l’accès de tous à une éducation de qualité […] tout au long de la vie, mais
de faire en sorte qu’à l’horizon 2030 tous les élèves acquièrent les connaissances et
compétences nécessaires pour promouvoir le développement durable notamment par
l’éducation en faveur de la promotion d’une culture de paix et de non-violence (ONU, 2015).
Pour pouvoir atteindre cet objectif de développement qui constitue aujourd'hui un défi majeur
pour toutes les nations, il serait intéressant de revoir la qualité et le dispositif motivationnel des
apprenants. Cela constituerait un préalable pour l'atteinte des objectifs de développement des
États. En Afrique, ce dispositif motivationnel était traditionnellement fondé sur des rites
initiatiques qui assignaient toujours un certain rôle à la rigueur et à la peur. La méthode
pédagogique exigeait qu’on associe à l’apprentissage de l’enfant des éléments sensibles tel le
bâton ou la punition pour amener ce dernier à apprendre. Et, pour qu’il apprenne réellement, on
mettait parfois à côté de lui un bâton ou au contraire, on lui infligeait une punition corporelle.
Ainsi, on faisait supporter à l’enfant des châtiments corporels. Concernant les enseignants, dans
l’ordre des punitions qu’ils faisaient supporter à l’enfant à l’école on peut trouver : le travail à
refaire, la privation de récréation, la mise à l’écart, les lignes d’écriture, les verbes à conjuguer
et autres copiages enfin les atteintes corporelles, gifles, pincements, tirages (d’oreilles et des
cheveux) et fessées Pinheiro (2006). Plus loin, Gershoff et al. (2007), McClure et al. (2008),

9

�Introduction

puis Umezinwa et al. (2012), y ajoutent des actes tels que le recours à des « décharges
électriques, exercices physiques excessifs, interdiction d’aller aux toilettes, l’imposition de
corvées (nettoyage, corvée d’eau etc.).
Pour une meilleure réussite scolaire, la pédagogie nouvelle voudrait que l’enfant soit au centre
des débats du système éducatif. Il s’agit de considérer l’enfant comme un être en devenir, c'està-dire qui a une histoire, qui doit se faire selon ses propres étapes. Pour Gentilini (1997), les
punitions ne sont pas des moyens pour éduquer réellement l’apprenant. Elles doivent être
bannies des écoles dans la majorité des Etats, pour respect de l’intégrité physique et
psychologique et de la dignité de l’enfant en situation d’apprentissage. Car, les châtiments
corporels sont susceptibles de produire plusieurs formes de séquelles sur l’enfant et peuvent
même entraîner le décès des enfants victimes.
Plusieurs recherches ont démontré que les châtiments corporels sont préjudiciables pour
l’enfant. Une étude réalisée par (UNICEF, 2016) à Dakar révèle que la punition corporelle
affecte 61% des enfants de 1 à 14 ans. Au Nigéria, l’UNICEF établit la fréquence de la violence
physique contre les enfants dans les écoles nigérianes à 79% dans le Nord et à 90% dans le Sud
(IG, 2016a). Au Bénin, les études réalisées par Napporn, (2016) ont révélé que la situation n’a
pas vraiment changé dans les relations maître-élève. Les enquêtés rappellent que « l’élève a
toujours tort face à L’administration qui soutient l’enseignant afin de lui préserver son autorité.
Ainsi, les résultats du l’auteur indiquent que 5 % des parents approuvent les décisions de
l’administration. 10 % des élèves évoquent les abus des enseignants à travers des mensonges.
Ces derniers modifieraient les versions des évènements pour les faire punir. 50 % des
enseignants du primaire font toujours usage du châtiment corporel et en déplorent l’interdiction.
Pourtant, le Bénin a adhéré à l’abolition des châtiments corporels en l’occurrence dans les
établissements primaires (IG, 2016a).
Par ailleurs, d’autres études indiquent que les châtiments corporels contribueraient à augmenter
les comportements agressifs chez les enfants et avec des effets qui perdureraient même jusqu’à
l’âge adulte Murray A. et al. (1991). Pour eux, les châtiments corporels contribueraient à la
délinquance tant juvénile à l’âge adulte et seraient également considérés comme un facteur de
risque dans le développement de comportements dépressifs et suicidaires. Plusieurs études
scientifiques ont prouvé l’existence d’effets particulièrement nocifs sur les enfants qui subissent
le châtiment corporel Pinheiro (2006), Debarbieux (2006), Antonowicz (2010), Gershoff
(2013), et Gershoff (2017), et mettent en garde contre des conséquences négatives de la punition
corporelle sur la santé aussi bien mentale que physique de l’enfant. Dans la même dynamique,
Tall, (2019), note que les enfants battus ont tendance à s’absenter, à moins participer au cours
10

�Introduction

et à obtenir de mauvais résultats. D’après Antonowicz (2010), le châtiment corporel transmet à
l’enfant écolier, le message que la violence peut être une option valable pour régler les
différends. Or l’école constitue un environnement où la violence doit être proscrite. Car, une
éducation de qualité est également celle qui respecte la dignité de l’enfant. Ainsi, la possibilité
de lever la main sur l’enfant doit être de plus en plus décriée et mise hors la loi à travers le
monde.
Le nouveau paradigme exige alors aux enseignants de développer de nouvelles stratégies
incitant les enfants apprenants à effectuer des activités volontairement, par intérêt, pour ellemême, pour le plaisir et la satisfaction qu’ils en retirent ». Ce faisant, pour une gestion active
et réfléchie, l’élève développera des stratégies d’apprentissage qui lui permettront d’accomplir
au mieux une activité pédagogique Butler et Cartier (2004).
Malheureusement, il n’en continue pas moins d’être fréquent Pinheiro (2006), et UNICEF,
2016). Car, on peine encore à renoncer à ces formes de disciplines basées sur la coercition, la
violence et le châtiment corporel en particulier. La punition corporelle demeure et reste
fréquente en dépit des nombreuses mises en garde contre ses effets nuisibles sur l’enfant
apprenant légalement protégé contre cette forme de discipline dont l’efficacité reste toujours à
prouver. Les enseignants reconnaissent parfois avoir souvent du mal à se libérer de cette
pratique et à se conformer à une règle qui leur interdit le recours à quelques formes de punitions
corporelles que ce soit. Selon eux, la motivation par le châtiment corporel constitue en contexte
africain et précisément béninois, la seule alternative crédible accessible pour faire face aux
questions de discipline qui se posent à eux dans la gestion de leurs classes afin d’améliorer le
niveau du rendement scolaire.
Ainsi, jusque-là peu de recherches semblent s’être intéressées à la pratique en milieu familial
plus que scolaire Gershoff E (2017), dans les écoles des régions du Bénin notamment dans les
communes du Borgou. Dès lors, il se pose la question centrale suivante : A quelles conditions
le recours aux pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les établissements
améliore-t-elle la réussite scolaire des écoliers au Bénin ? La problématique posée soulève un
certain nombre de questionnements qui impliquent, par conséquent, des objectifs de recherche.
Cette interrogation appelle de façon plus spécifique des sous-questionnements auxquels des
réponses seront apportées tout au long du développement. En effet, afin de faire un état des
lieux sur la stratégie motivationnelle en vigueur dans les établissements scolaires au niveau
primaire en ce qui concerne spécifiquement celui des privés en termes de réussite scolaire, la
recherche est réalisée par le biais des questions spécifiques suivantes : quelles sont les pratiques
de motivation qui caractérisent les apprenants des établissements primaires au Bénin ? Quel est

11

�Introduction

l’effet de l’usage du style de motivation par la communication par l’enseignant sur la réussite
scolaire ? Quelle est l’influence de la stratégie d’apprentissage de l’enseignant sur le niveau de
la réussite scolaire au Bénin ?
Il ressort des préoccupations que soulève cette recherche, que l’objectif principal de la
recherche est d’appréhender l’effet des pratiques de motivation sans châtiment corporel dans
les établissements sur la réussite scolaire des écoliers. En effet, la recherche vise
spécifiquement : à identifier les pratiques de motivation des apprenants des établissements
primaires au Bénin, à déterminer l’effet de l’usage du style de motivation par la communication
par l’enseignant sur la réussite scolaire et à évaluer l’influence de la stratégie d’apprentissage
de l’enseignant sur le niveau de la réussite scolaire au Bénin.
L’atteinte de cet objectif nécessite l’exposé de la méthodologie de recherche, des résultats qui
y sont attachés ainsi que les discussions. Mais les différentes étapes ci-dessus évoquées ne
pourraient être aisément franchies sans le passage préalable des apports de quelques auteurs
constituant de ce fait la revue de littérature.

12

�Première parie : Cadre théorique et méthodologique

PREMIÈRE PARTIE :
CADRE THÉORIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE

Dans cette première partie, il est question de mettre en exergue d’une part, la problématique
soulevée, le cadre théorique, conceptuel, et d’autre part de présenter la démarche
méthodologique de la recherche.

13

�Chapitre 1 : La problématique

CHAPITRE 1 : LA PROBLÉMATIQUE
Cette partie aborde le contexte et la justification de la recherche, la présentation de la zone
d’étude, la problématique, les objectifs, et les hypothèses de la recherche au regard de la revue
de littérature.

1. Contexte et justification de la recherche
L'éducation scolaire constitue aujourd'hui un défi majeur pour toutes les nations. Sa qualité et
le dispositif motivationnel des apprenants constitueraient un préalable pour l'atteinte des
objectifs de développement des États. En Afrique, fort est de constater l’usage de punitions par
les enseignants dans certaines écoles primaires comme source de motivation.
Allant dans la même veine, Jean-Jacques Rousseau, suscitait l’attention des enseignants sur le
fait que la nature veut que les enfants soient enfants avant d’être hommes … [avec] des manières
de voir, de penser, de sentir, qui leur sont propres avant de déclarer insensé d'y vouloir substituer
les nôtres Rousseau (2002). Il s’agit pour l’auteur de préconiser la reconnaissance de la
spécificité de l’enfance. Moro (1991), dans son ouvrage intitulé, L’enfant sans droit soulignait
que c’est au cours du siècle dernier que s’est développée une réaction salutaire contre cet
absurde état de choses, par le biais d’une ferme condamnation des nombreuses formes de
violence physique qui s’abattent sur nos enfants ou par celui d’études et de recherches plus
sérieuses sur la maltraitance à l’enfant.
Les châtiments corporels sont susceptibles de produire plusieurs formes de séquelles sur
l’enfant et peuvent même entraîner le décès des enfants victimes. Toutefois, contrairement à la
législation, tous les châtiments corporels ne portent pas forcement atteinte à l'intégrité de
l’enfant apprenant. Ainsi, pour les auteurs comme Larzelere et Kuhn (2005), Larzelere, Cox Jr,
et Smith (2010), le châtiment corporel ne serait ni aussi dangereux ni aussi contreproductif,
selon l’état actuel de la recherche, tant qu’il n’est pas abusif. Dans la même perspective,
Antonowicz (2010), indique que les châtiments corporels restent une forme de violence encore
perçue comme un moyen légitime de corriger les comportements à la maison et à l’école.
Au Bénin, le châtiment corporel est interdit sous toutes ses formes. Les enfants doivent étudier
dans une atmosphère sans crainte. C’est pourquoi, dans sa note de service en date du 22
novembre 2018 le ministre Mahougnon KAKPO disait : Il n’est nullement autorisé l’usage du
châtiment corporel dans le règlement (règlement intérieur article 133 et 134). Par conséquent,
j’invite les chefs d’établissement à se conformer au respect strict dudit règlement intérieur et à
faire disparaître de l’enceinte des établissements, les chicottes ou tout autre objet pouvant servir
14

�Chapitre 1 : La problématique

à appliquer les châtiments corporels. Mieux les enseignants ou chefs d’établissement qui se
rendraient coupables d’acte de châtiment corporel seront punis conformément à la loi. De
même, l’arrêté interministériel interdisant les châtiments corporels dans les établissements
scolaires vient renchérir sur cet état de chose et mettre fin aux châtiments corporels dans les
établissements scolaires.
Malheureusement, le phénomène ne continue pas moins d’être fréquent Pinheiro (2006), et
UNICEF (2016). Les enseignants ont du mal à abandonner totalement cette pratique. Selon eux,
la motivation par le châtiment corporel constitue en contexte africain, la seule alternative
crédible et accessible pour faire face aux questions de discipline qui se posent à eux dans la
gestion de leurs classes afin d’améliorer le niveau du rendement scolaire.

2. Le problème de la recherche
En matière éducative, le châtiment corporel était autrefois le stimulus des élèves pour qu’ils
soient bien disciplinés et qu’ils fournissent de bons résultats en fin d’année. Dans la même
perspective, certains parents exigeaient même que les enseignants frappent leurs enfants s’ils
ne travaillaient pas ou s’ils n’étaient pas disciplinés.
De nos jours, ce châtiment corporel est interdit par la législation régissant la plupart des pays.
Les enseignants sont menacés par les parents ; certains perdent parfois leur profession et
d’autres sont emprisonnés pour cause de châtiment.
La Déclaration du Millénaire pour le Développement (DMD) invitait à l’assurance des devoirs
à l’égard de tous les citoyens du monde, en particulier les personnes les plus vulnérables, et tout
spécialement les enfants. Elle estimait que pour un monde digne des Enfants, les sociétés
doivent éliminer toutes les formes de violence à l’encontre de ceux-ci (ONU, 2001, p. 20). Ce
qui amène Annan (2001), a indiqué qu’un accent accru doit être mis sur la protection des enfants
contre la violence, y compris au sein de la famille, et l’interdiction par la loi des châtiments
corporels. Dans la réalité le constat est tout autre. Il est à noter que certains enseignants
continuent de faire usage de la punition corporelle et celle de façon clandestine. Pour eux
aucune bonne éducation ne peut advenir sans une moindre punition corporelle. Il se pose alors
un problème de crise de l’autorité de l’enseignant et de gestion de la motivation au sein des
établissements scolaires. Les enseignants sont menacés par les parents d’élèves, par les élèves
et ils ne sont plus motivés à donner le meilleur d’eux-mêmes pour la réussite des enfants.
Dans la théorie de l’autodétermination RYAN, Richard M., et E.L. DECI (2000), à laquelle
nous nous référons dans cette recherche, il est question de chercher à savoir : A quelles
conditions le recours aux pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les
15

�Chapitre 1 : La problématique

établissements améliore-t-elle la réussite scolaire des écoliers au Bénin ? C’est pour cela que
dans le présent travail de recherche, il serait intéressant de répondre aux différentes
préoccupations ci-dessous.

2.1 Question de la recherche
Cette recherche soulève une préoccupation fondamentale. Elle suscite également d’autres
interrogations.
2.1.1 Question principale
La problématique posée soulève un certain nombre de questionnements qui impliquent, par
conséquent, des objectifs de recherche. Il transparait alors à travers celle-ci que la question
centrale suscitée par cette recherche peut se formuler de la manière suivante : A quelles
conditions le recours aux pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les
établissements améliore-t-elle la réussite scolaire des écoliers au Bénin ?
2.1.2 Questions secondaires
Cette interrogation appelle de façon plus spécifique des sous-questionnements auxquels des
réponses seront apportées tout au long du développement. En effet, afin de faire un état des
lieux sur la stratégie motivationnelle en vigueur dans les établissements scolaires au niveau
primaire en ce qui concerne spécifiquement celui des privés en termes de réussite scolaire, la
recherche est réalisée par le biais des questions spécifiques suivantes :
 Quelles sont les pratiques de motivation des apprenants dans les établissements
primaires au Bénin ?
 Quelle est l’influence de la motivation sur la stratégie d’apprentissage ?
 Quel est l’effet de l’usage du style de motivation par la communication par l’enseignant
sur la réussite scolaire ?

3. Objectifs de la recherche
3.1 Objectif général
Il ressort des préoccupations que soulève cette recherche, que l’objectif principal de la
recherche est d’appréhender l’effet des pratiques de motivation sans châtiment corporel dans
les établissements sur la réussite scolaire des écoliers.

16

�Chapitre 1 : La problématique

3.2 Objectifs spécifiques
La recherche vise spécifiquement à :
 Identifier les pratiques de motivation des apprenants dans les établissements primaires
au Benin.
 Evaluer l’influence de la motivation sur la stratégie d’apprentissage au Bénin.
 Déterminer l’effet de l’usage du style de motivation par la communication par
l’enseignant sur la réussite scolaire.

4. Hypothèse de recherche
Au regard de la littérature existante, les hypothèses suivantes peuvent être formulées.

4.1 Hypothèse principale
Le niveau de réussite scolaire au primaire est tributaire des pratiques de motivation
développées.

4.2 Hypothèse secondaire
Hypothèse N° 1 : L’incitation des élèves par la motivation autodéterminée favorise la réussite
scolaire ou le rendement scolaire.
Hypothèse N° 2 : Le style de motivation par la communication de l’enseignant du primaire
détermine les résultats scolaires.
Hypothèse N° 3 : La stratégie d’apprentissage de l’enseignant influence le niveau de la
réussite scolaire au Bénin.

5. Présentation de la zone d’étude : cas de l’école catholique primaire Émilie
de Villeneuve de Parakou
Pour bien comprendre la zone d’étude, il est primordial de la situer géographiquement et
historiquement.

5.1 Situation géographique et historique de l’École Catholique Primaire Émilie
De Villeneuve de Parakou
L’École Catholique Primaire Émilie de Villeneuve est située dans la commune de Parakou, une
des plus grandes villes du Bénin. La ville connaît une forte augmentation de sa population qui

17

�Chapitre 1 : La problématique

est passée de 103 577 habitants en 1992 à 255 478 en 2013 RGPH 4. »1. L’ECPEV est
implantée dans le Département du Borgou, au centre du Bénin, dans le troisième arrondissement
de Parakou. L’ECPEV limitée au Nord par l’école maternelle et primaire Zongo 2 et le
dispensaire de Zongo 2, à l’Ouest par la clinique ̏ As du cœur ̋ (clinique Baguidi), au Sud par
l’école maternelle et primaire Marie Auxiliatrice, et à l’Est par l’école maternelle et primaire la
Source.
Cette école est l’œuvre des religieuses de la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de
l’Immaculée Conception de Castres, institut de vie consacrée qui a pour première vocation,
l’éducation des enfants et des jeunes. L’ECPEV est fondée en 2006 par la sœur Clémentine
Mendy, afin de permettre aux enfants de continuer leurs études au sein de la même structure,
pour mieux enraciner leur formation scolaire. Dans le même élan du charisme des Sœurs de
l’Immaculée Conception de Castres étant l’éducation, l’ECPEV a pour objectif de former
intégralement les enfants. Nous allons voir par la suite l’ECPEV dans l’éducation béninoise et
sous régionale.

5.2 L’École Catholique Maternelle et Primaire Émilie de Villeneuve dans
l’éducation béninoise et sous régionale
L’ECPEV, de par sa qualité de formation et ses résultats, est un établissement phare à Parakou.
Depuis la présentation de la première promotion, l’école a 100 % de réussites au Certificat
d’Étude Primaire (CEP). Elle obtient, chaque année, à l’issue des résultats du Certificat d’étude
primaire, un bon nombre d’élèves qui sont retenus pour le concours du Prytanée militaire.
Certains sont admis et étudient dans cet établissement d’excellence à Natitingou pour les filles
et à Bembèrèkè pour les garçons ; d’autres sont admis à l’école Prytanée militaire d’Abidjan en
Côte d’Ivoire et d’autres encore à l’école Prytanée militaire de Dakar au Sénégal. Ce qui dénote
du sérieux et de la qualité de l’enseignement donné dans cette école. Elle compte, de nos jours,
cinq classes à la maternelle et onze au primaire. Elle a pour devise : Travail-Succès-Fraternité.
Il convient par la suite de faire la présentation du personnel de l’école.

5.3 Présentation du personnel de l’école
L’ECPEV a pour directrice la Sœur Sylvie Assongba. Elle est constituée de douze (12) classes
avec quatorze (14) enseignants (six hommes et huit femmes) dont deux professeurs d’anglais
donnant des cours d’anglais du CE2 au CM2.

1

https://instad.bj/images/docs/insae-statistiques/enquetes-recensemen ts/RGPH/1.RGPH_4/Synth%C3%A8sedes-principaux-r%C3%A9sultats-du-RGPH-4/Plaquette-Borgou-final.pdf le 23/04/23 à 05h13

18

�Chapitre 1 : La problématique

5.4 La politique générale
L’établissement, dans son ensemble, fait correspondre le plan d’action avec la politique
générale de l’enseignement. Les questions en lien avec le but, la valeur, la mission, l’objectif et
la stratégie vont nous orienter dans la compréhension de la politique générale de l’école Émilie
de Villeneuve.
L’ECPEV a pour but de former l’homme complet (travailleur, discipliné, respectueux et
consciencieux) utile à lui-même et à la société. Avec l’exécution du programme de l’Approche
Par Compétence (APC), l’établissement vise à susciter et à développer le génie de l’enfant afin
qu’il puisse évoluer normalement dans les études et mieux s’insérer dans la société, notamment
en créant plus tard son emploi. Car Émilie de Villeneuve (fondatrice des Sœurs de l’Immaculée
Conception de Castres) avait pour objectif de former les enfants pour la vie dès le bas âge.
Les responsables ont pour mission, en tant qu’éducateurs et enseignants, la formation des
enfants qu’ils comparent à de l’argile malléable à laquelle ils doivent inculquer des vertus
éducatives et formatives. Tout ceci n’est possible que grâce aux documents officiels de
formation définissant le profil de l’homme, comme le manuel de la pédagogie appliquée. Pour
cela plusieurs valeurs sont promues : l’excellence, la discipline, l’amour du prochain, le travail
bien fait, le respect du bien public, le courage, le partage, l’honnêteté et la sagesse.
A l’instar des autres écoles, l’ECPEV adopte le programme du Ministère de l’Enseignement
Maternel et Primaire (MEMP) en vigueur, qui n’est rien d’autre que l’APC. L’objectif
spécifique que vise l’école est la formation de l’Homme équilibré socialement et capable de
s’insérer plus tard dans la vie active. Les stratégies mises en place pour la bonne réussite de
cette politique sont l’encadrement dans tous les domaines avec des enseignants consciencieux,
ponctuels et assidus. La vision de l’école, en ce qui concerne le projet éducatif, s’articule autour
de trois moyens que sont :
1. La discipline scolaire qui permet à l’élève d’acquérir des habitudes d’ordre, de
régularité, de bonne tenue, de franchise, de travail qui le marqueront toute sa vie ;
2. L’étude qui développe les facultés mentales, intellectuelles et pratiques de l’élève ;
3. Le bon exemple du maître ou de l’enseignant, car il est, pour l’élève, un modèle de vie
approprié.

19

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

CHAPITRE 2 : LE CADRE THÉORIQUE, CONCEPTUEL ET
MÉTHODOLOGIQUE
Dans ce chapitre, nous exposons d’abord la revue de littérature. Ensuite nous abordons le cadre
théorique et conceptuel de la recherche. Enfin la démarche méthodologique adoptée est mise
en relief.

1. La revue de littérature
Sont présentés successivement ici, les facteurs socioculturels, psychologiques et
psychopédagogiques puis la contribution des auteurs antérieurs.
Le concept facteur vient du latin facere qui signifie faire. Ce terme est défini dans le Lexique
des sciences sociales (2000) comme toute cause partielle d’un phénomène. Dans le cadre de
cette recherche, il est question d’aborder les facteurs socioculturels, psychologique et
psychopédagogique.

1.1 Les facteurs socioculturels
La littérature existante définit les facteurs socioculturels comme un ensemble d’éléments qui
agissent sur les valeurs, les normes et les perceptions sociales des parents et des communautés
vis-à-vis de l'école et de la scolarisation des enfants. Ils se rapportent à un groupe humain et à
sa culture etc. D’autres recherches ont révélé que parmi les facteurs socioculturels on peut
avoir : l’environnement, l’âge, le sexe, l’ethnie, la religion, la culture etc. Il s’agit donc des
éléments relatifs aux structures sociales et à la culture qui contribuent à la motivation scolaire.
Au Bénin, Napporn (2019), en se fondant sur le règlement intérieur en vigueur actuellement
dans les enseignements maternel et primaire fait ressortir que l’environnement socio culturel
scolaire reste caractérisé par les éléments suivants : l’interdiction des châtiments corporels et
traitements inhumains ou dégradants, la protection de l’environnement de l’école ; la protection
des écoliers en situation de handicap, la gratuité des enseignements maternel et primaire publics
le décrochage, l’orientation professionnelle, la tenue vestimentaire des écoliers et des
restauratrices, les vendeuses dans l’école, la solidarité et l’esprit de groupe, et utilisation des
langues nationales.
Dans la présente recherche l’accent est mis sur cet environnement socioculturel caractérisant le
contexte béninois pouvant agir sur l’amélioration et le renforcement de la motivation en milieu
scolaire.

20

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

1.2 Les facteurs psychologiques
Au regard de la littérature existante, la psychologie porte une attention toute particulière aux
problèmes de l’affectivité. Elle insiste notamment sur l’intensité de la vie affective chez le tout
jeune enfant et sur les répercussions ultérieures des tous premiers conflits. L’affectivité renvoie
à la faculté d’avoir des sentiments, des émotions : plaisir ou déplaisir, joie ou tristesse, haine
ou amour… Dans la réalité, guidée par une psychologie très sûre, les maîtres savent développer
chez l’élève l’esprit d’observation, la réflexion, le jugement et le caractère afin de prendre en
compte les besoins de l’enfant apprenant. Pour ce faire, les maîtres cherchent à avoir une
connaissance suffisante de la psychologie de l’enfant, de ses besoins naturels (curiosité) et
assurer leur motivation à partir de ceux-ci. Ils procèdent à des renforcements car l’approbation
de la réussite donne à l’enfant le sentiment de sa propre valeur et l’encourage, puis, ils favorisent
chez l’enfant la liberté d’action et la liberté d’expression.
En organisant le travail de façon méthodique : rendre son cours concret à l’aide du matériel, et
à partir du vécu des élèves, et en mettant l’accent sur le développement personnel : être
compréhensif et attentif aux besoins affectifs de l’enfant, être soucieux de créer un cadre
agréable (classe propre, décorée des travaux effectués élèves), l’enseignant développe des
stratégies psychologiques pouvant l’amener à atteindre ses objectifs scolaires. Ces facteurs
psychologiques sont ceux que les maîtres emploient pour créer un climat psychologique propice
à l’apprentissage afin d’améliorer le rendement scolaire Boulet et al., (1996), Weinsten et
Mayer (1986). En optant pour ses stratégies psychologiques les maîtres évitent de porter atteinte
à l’intégrité physique, psychologique et à la dignité des enfants. Car, tout châtiment corporel ne
porte pas nécessairement atteinte à l'intégrité de la personne.

1.3 Les facteurs psychopédagogiques
La littérature définit la psychopédagogie comme est un ensemble des méthodes utilisées par des
spécialistes de l'éducation pour l'apprentissage et l'enseignement. Son champ semble avoir des
points communs avec d'autres disciplines de la psychologie, comme la psychologie du
développement de l'enfant et de l'adolescent ou la psychologie sociale. William James la définit
comme « Une méthode éducative qui doit être en accord avec la psychologie, mais elle n’est
pas nécessairement la seule qui réponde à cette condition. Plusieurs systèmes divergents
peuvent également respecter les lois de la psychologie ». Le soutien socioaffectif de
l’enseignant, le sentiment de compétence, l’esprit communautaire d’apprentissage avec d’autres
élèves sont autant de facteurs psychopédagogiques développés en matière éducative.

21

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

2. Cadre théorique et conceptuel
Cette section clarifie tout d’abord les différents concepts impliqués dans cette recherche.
Ensuite, elle présente les fondements théoriques qui sous-tendent les motivations de l’apprenant
sans le châtiment corporel pendant l’apprentissage initial et met en relief les réflexions sur
lesquels reposent les hypothèses qui sous-tendent cette recherche. Enfin, elle présente le cadre
conceptuel de la recherche.

2.1 État de l’art sur la clarification des concepts
Il est question ici de clarifier les concepts tels que : gestion, motivation, gestion de la
motivation, rendement, rendement scolaire.
 Gestion
En sciences sociales, la littérature définie la gestion comme l’utilisation rationnelle, judicieuse
et minutieuse des ressources mise à disposition pour atteindre un objectif. Autrement dit, c’est
la technique d’organisation des ressources qui sont mises en œuvre pour l’administration d’une
organisation, dont l’art de diriger les hommes afin d’obtenir une performance satisfaisante.
 Motivation
Le concept de la motivation a un champ de connaissances très large et peut s’appliquer à divers
contextes de la vie. Phénomène complexe et abstrait, la clarification de la motivation renvoie à
plusieurs approches définitionnelles et elle reste influencée par de nombreux facteurs internes
et externes Dörnyei, (2001).
Étymologiquement le terme « motivation » vient du mot latin « motivus » qui signifie
« mobile » et de « movere » qui veut dire « mouvoir ». L’idée de mouvement reste
prédominante. Pour Vallerand et Thill (1993), la motivation est une force qui produit le
déclenchement d’une action chez l’individu. Elle désigne donc un processus qui agit
éventuellement sur le déclenchement, la direction, l'intensité, la persistance et la fréquence de
comportements ou d'attitudes. Karsenti (1998), considère la motivation comme le tenseur des
forces d'origine interne et externe (situationnelles, contextuelles et globales), dirigées ou non
par un but, qui influencent l'individu sur le plan cognitif, affectif ou comportemental. Plus loin
Lieury et Fenouillet (2006), conçoivent la motivation dans son sens générique qui désigne
l’ensemble des mécanismes biologiques et psychologiques qui permettent le déclenchement de
l’action, l’orientation, l’intensité et la persistance. » Mais, il faut reconnaitre qu’il s’agit des
définitions trop globales et vagues du concept de la motivation. Dans le cadre de cette
recherche, nous retenons la définition de Viau, (1997, p.6) qui perçoit la motivation comme

22

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

« ce qui fait que les élèves écoutent attentivement et travaillent fort ». Du point de vue
psychopédagogique, la motivation est l’« ensemble des facteurs dynamiques qui suscitent chez
un élève ou un groupe d'élèves le désir d'apprendre »2.
 Gestion de la motivation
La littérature définit la gestion de la motivation comme un des éléments clés du succès des
entreprises pouvant agir directement sur les comportements des individus.
 Motivation en milieu scolaire ou dynamique motivationnelle
Spécialiste des questions de la motivation dans le contexte scolaire, Viau (2009), adopte une
approche qui met l’accent sur les caractéristiques cognitives et sociales chez les individus pour
expliquer un processus d’apprentissage. C’est ce qu’il convient d’appeler désormais selon
l’auteur « approche de type sociocognitive ». Cette approche met en lien la motivation et le
travail des écoliers ou élèves à l'école. Selon Raby et Narcy-Combes, (2009), les facteurs
sociaux et ceux liés à l’environnement, sont déterminants dans la motivation scolaire. Ainsi, la
motivation en mode scolaire peut s’entendre comme un état dynamique qui a ses origines dans
les perceptions qu’un écolier a de lui-même et de son environnement et qui l’incite à choisir
une activité, à s’y engager et à persévérer dans son accomplissement afin d’atteindre un but
Viau, (1997).
Dix ans plus tard, Viau (2009), remplace le concept de « motivation dans le contexte scolaire »
par un autre concept et préfère utiliser le terme de « dynamique motivationnelle » dont la
définition n’est pas trop loin du premier terme. Il a opté pour le terme de « la dynamique
motivationnelle » parce que, la motivation est un phénomène dynamique qui est influencé par
un nombre de facteurs différents Viau (2009).
À cet effet, il définit la dynamique motivationnelle de l’élève à l’école comme « les perceptions
qu’un élève a de lui-même et de son environnement et qui l’incite à choisir une activité, à s’y
engager et à persévérer dans son accomplissement afin d’atteindre un but ». Ici, l’auteur met
l’accent sur l’importance de la motivation pour engager l’élève dans une activité et le faire
persévérer jusqu’à la fin de cette activité. Ce faisant, la motivation aidera donc l’élève à
atteindre des buts précis. Cependant, il mentionne que la dynamique motivationnelle lorsqu’elle
est positive est l’une des conditions de la réussite scolaire mais qu’elle seule ne garantit pas le
succès.

2

Cuq, Jean-Pierre, (2003), dictionnaire de didactique du français langue étrangère seconde, Paris CLE
international.

23

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

 Réussite scolaire
La réussite est prise comme une heureuse issue, un résultat favorable. De ces définitions, il est
difficile de déduire ce que c’est que la réussite scolaire. Toutefois, de Landsheere (1992), estime
que l'échec scolaire est la situation où un objectif éducatif n’est pas atteint. À partir de cette
définition, il est justifié d’affirmer sans se tromper que la réussite scolaire est la situation où un
objectif éducatif a été atteint. La réussite s’entend comme l’achèvement avec succès d’un
parcours scolaire, traduite par l’atteinte d’objectifs d’apprentissage et la maîtrise des savoirs.
Dans cette optique, les résultats scolaires et l’obtention d’une reconnaissance des acquis
(diplôme, certificat, attestation d’études) sont des indicateurs de réussite scolaire. Allant dans
la même perspective, d’autres auteurs de la littérature définissent la réussite scolaire comme le
fait de réaliser un objectif pédagogique préétabli, notamment passer en classe supérieure, réussir
les examens de sous-cycles ou de fin de cycle du primaire et, dans le cadre plus général du suivi
de cohorte, effectuer son parcours scolaire sans redoubler.
Dans le cadre de cette recherche, la réussite scolaire est perçue d’une part dans l’atteinte des
objectifs d’apprentissage traduite par la maîtrise des connaissances acquises (en mathématique,
lecture, écriture) et traduite d’autre part par la participation avec succès aux examens
nationaux : l’obtention d’une reconnaissance des acquis (le diplôme).
 Rendement scolaire
Dans la littérature, les chercheurs n’arrivent pas à trouver un consensus sur une définition
commune du concept rendement scolaire. Gueyaud et Dassa (1998), le définissent comme le
degré de performance d'un élève dans les matières où il est inscrit. Pour Legendre (2005), le
rendement scolaire est défini par la qualité et la quantité du travail fourni par un sujet ou un
groupe de sujets en situation pédagogique. Par contre, Landshere (1992), le relie à la
performance et le définit comme un ensemble de performances scolaires d'une population
donnée. Or, la performance s’entend comme les résultats observables chez l'élève. Elle incarne
les comportements traduisant l'utilisation par l'élève des connaissances. Ainsi, dans le cadre de
cette recherche, le rendement scolaire désigne le degré de qualité et de la quantité du travail
fourni par un élève, travail exprimé en termes de moyenne.
Somme toute, les termes comme résultat scolaire, réussite scolaire ou rendement scolaire
désignent la même chose dans le cadre de cette recherche.
 Châtiment corporel
Dans la littérature, la définition du concept de châtiment corporel est diversifiée. Pour les
auteurs Lansford, et al., (2012), le châtiment corporel est une méthode adoptée en majeure partie
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�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

par les parents et les tuteurs (représentants légaux) pour réprimander les enfants à travers le
monde. Straus (1994), le définit comme l’usage de la force physique pour infliger de la douleur
à un enfant, dans le but de le réprimander ou en vue de contrôler son comportement ou de
prévenir ses comportements indésirables sans le blesser. Quelques années plus tard, Rohner
(2005) comprend le châtiment corporel sous l’angle de punition corporelle. Or, les auteurs
comme Zwi et al., (2002), et Pinheiro (2006), indiquent que la punition corporelle renvoie à
une forme de violence physique interpersonnelle dont les enfants comme tout être humain
doivent être préservés.
Dans le cadre de cette recherche, le châtiment corporel est défini comme une sanction qui
consiste à faire l’usage de la main, d’une baguette ou d’un ceinturon pour frapper l’enfant en
vue d’infliger la douleur ou de causer le désagrément chez lui.

2.2 Des Fondements théoriques aux recensions empiriques en passant par les
modèles théoriques de la recherche
Le cadre explicatif de la motivation en milieu scolaire et la réussite scolaire nécessite de recourir
à des théories et des modèles aussi différents à savoir : la théorie de l’autodétermination
d’Edward Deci et Richard Ryan, la théorie des attentes et de la valeur de Jacquelynne Eccles et
Allan Wigfield, le modèle de la dynamique motivationnelle de Rolland Viau et le modèle de la
motivation scolaire de Denise Barbeau.
2.2.1 Les assises théoriques de la recherche
2.2.1.1 La théorie de l’autodétermination RYAN, Richard M., et E.L. DECI (2000)
La théorie de l’autodétermination s’insère dans une approche humaniste de la motivation. Elle
a été́ développée par Edward Deci et Richard Ryan en 1952. Dans un esprit rationnel général
de leur conceptualisation de la motivation, ces auteurs distinguent les différents types de
motivation sur la base des raisons qui poussent à l’action. Pour eux, trois grands types de
motivation caractérisent le système éducatif : la motivation extrinsèque, la motivation
intrinsèque et l’amotivation.
2.2.1.1.1 Motivation extrinsèque
La motivation extrinsèque consiste en l’accomplissement d’une activité pour une raison externe
à cette dernière, comme l’obtention d’un diplôme ou l’évitement d’une sanction. Elle est donc
influencée par les facteurs externes, c’est-à-dire qui proviennent de l’environnement extérieur
de l’individu. A titre illustratif, la motivation d’un élève peut être influencée par les conditions
familiales et les relations avec ses amis ainsi que la volonté d’avoir une bonne note.
25

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

La motivation extrinsèque semble être celle que nous rencontrons le plus souvent à l’école.
L’élève n’est pas motivé pour lui-même, pour le désir qu’il a d’apprendre mais pour des facteurs
externes : l’appât de la bonne note, des félicitations ou des cadeaux des parents, de la petite
image ou du bon point des enseignants. D’après Fenouillet et Lieury (2012), cette motivation
n’est envisageable que sur du court terme car « dès lors qu’il n’y a plus de but externe, elle
disparaît ». Dans ces conditions, les élèves n’auront rien retenu sur le long terme puisque leur
motivation intrinsèque n’aura pas été suscitée, ils auront juste appris pour l’évaluation. L’intérêt
de cette motivation, pour l’élève et pour l’enseignant est donc assez réduit, il est préférable de
solliciter la motivation intrinsèque de l’élève afin de construire des savoirs sur le long terme.
2.2.1.1.2 Motivation intrinsèque
La motivation intrinsèque renvoie à l’accomplissement d’une activité pour le plaisir. Elle est
influencée par les facteurs internes, c’est-à-dire les sentiments de l’individu, une volonté
d’apprendre quelque chose qui vient de l’intérieur. Ici, l’élève apprend parce qu’il a le désir
d’apprendre, il est ainsi réellement motivé pour lui-même, parce qu’il est curieux. C’est l’intérêt
que l’élève va porter aux activités qui va définir sa motivation. Ainsi, un élève motivé
intrinsèquement se plongera délibérément dans l’activité et persévérera. Allant dans la même
veine, Meirieu (2014), mentionne que c’est bien l’élève qui détient le pouvoir car nul ne peut
le contraindre à se mobiliser sur des savoirs ». Car, les autres acteurs l’aideront simplement à
développer cette motivation. Mais l’élève demeure le vrai investigateur de sa propre dynamique
motivationnelle.
Par ailleurs, faut-il le souligner, ce type de motivation exige des préalables à mettre en place
pour que la motivation des acteurs internes du système éducatif (écoliers ou enseignants) soit
autant que possible orientée vers l’intégration de l’apprenant. A cet effet, trois principales
conditions sont à remplir : la satisfaction des besoins d’autonomie, de compétence et
d’affiliation, qui constituent pour Herzberg la nature ou le contenu du travail qu’il présente
comme puissant facteur de motivation ou facteur moteur.
D’abord, concernant la satisfaction des besoins d’autonomie, il faut souligner qu’il serait le plus
important à combler. L’écolier qui se sent libre dans son choix c’est-à-dire autonome dans
l’accomplissement d’une activité serait beaucoup plus autodéterminé que celui qui se sent
contraint de la réaliser. Une intervention soutenant l’autonomie de l’écolier devrait donc
favoriser une motivation plus intrinsèque, associée à plus de plaisir et d’intérêt. En revanche
des méthodes pédagogiques axées sur le contrôle pourraient influencer négativement
l’autodétermination.

26

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

Somme toute, il est préférable de solliciter la motivation intrinsèque de l’élève afin de construire
des savoirs sur le long terme. Cette forme de motivation indique que trois principales conditions
sont à remplir pour une meilleure réalisation d’une activité pédagogique par l’apprenant. Mais,
la recherche d’un plus haut degré́ d’autodétermination favorise la réalisation des autres
conditions.
Cependant, l’écolier qui se sent « contrôlé » ou obligé à réaliser la tâche et celui qui s’approprie
les raisons externes pour lesquelles il s’engage dans la tâche, mènent à différentes qualités
d’engagement dans la tâche. Il n’est donc pas judicieux de déployer tous nos efforts à miser sur
la motivation intrinsèque et de faire dos à la motivation extrinsèque. Selon Viau (2009), les
deux types de motivations peuvent bel et bien coexister.
2.2.1.1.3 Amotivation
Selon Vallerand et Senécal (1992), on peut opposer un individu motivé à celui qui manque
complètement de motivation, c’est-à-dire, sans nulle intention d’agir. C’est ce qu’il convient
d’appeler l’amotivation. On entend donc par amotivation l’absence de toute forme de
motivation. Ainsi, l’individu caractérisé par cet état ne perçoit pas de relations entre ses actions
et les résultats obtenus » Vallerand et Thill (1992), dans Viau (2009). Dans ces écrits, Ryan et
Deci (2000), définissent l’amotivation comme une forme de résignation de l’action par rapport
aux résultats obtenus.
2.2.1.2 La théorie des attentes et de la valeur Wigfield, Allan, et J. Eccles (2000).
D’après cette théorie, la persévérance et la performance découlent des attentes de réussite de
l’écolier quant à une tâche ainsi qu’à la valeur qu’il lui accorde. Autrement dit, l’écolier évalue
son potentiel de réussite de la tâche (attentes) et l’adéquation entre cette éventuelle réussite et
les buts qu’elle poursuit, c’est-à-dire à la valeur de la tâche Wigfield et al., (2000). Le résultat
de cette évaluation déterminera sa motivation, son choix de s’engager dans la tâche et sa
performance. Cette théorie revêt le concept d’auto-efficacité́ , car l’apprenant reste influencé par
son sentiment de compétence pour estimer ses chances de réussir la tâche.
Concernant la valeur qu’on accorde à la tâche, les auteurs comme Wigfield et al., (2000),
indiquent qu’elle est attachée à quatre composantes : la valeur intrinsèque, l’importance, l’utilité
et le coût relié à la tâche. La valeur intrinsèque est définie ici comme l’intérêt ou le plaisir
d’exécuter la tâche, ce qui chevauche le concept de motivation intrinsèque de Deci et Ryan.
Quant aux composantes de l’importance et de l’utilité́ , elles renvoient à la motivation
extrinsèque de Ryan et Deci.

27

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

2.2.2 Modèles théoriques de la recherche
2.2.2.1 Le modèle de BARBEAU Denise (1994).
Cette recherche est un gage d’appropriation d’importantes connaissances de base en motivation
scolaire. En effet, chaque élément théorique inclus dans le modèle est solidement soutenu par
la littérature scientifique qui y est associée. Les principaux concepts motivationnels intégrés
dans ce modèle sont les buts visés par les écoliers (apprendre et/ou performer), les attributions
causales (à quoi les étudiants attribuent-ils leurs réussites et leurs échecs), la perception de
compétence (comment évaluent-ils leur capacité́ à bien faire les choses) et l’importance qu’ils
accordent aux tâches scolaires.
2.2.2.2 Le modèle de Viau Rolland (2009)
Ce modèle théorique de Viau (2009), renvoie à trois principaux concepts motivationnels à
savoir, la perception de la valeur de l’activité́ (pourquoi accomplir l’activité ?), la perception de
sa compétence (vais-je réussir l’activité ?) et la perception de contrôlabilité (puis-je décider de
la manière dont je vais procéder ?). Selon l’auteur, il est important de bien faire la distinction
entre une cause et une manifestation de motivation. Car, il mentionne que, pour résoudre un
problème de motivation, on doit s’attaquer aux causes dont il découle et non à ses
manifestations. C’est pourquoi le modèle de Viau met l’accent sur les déterminants de la
motivation.
Dans sa vision de la « dynamique motivationnelle de l’élève », Viau (2009), identifie les
facteurs d’influence externes sur l’apprenant. Il les regroupe en quatre catégories :


les facteurs relatifs à la vie personnelle de l’élève, c’est-à-dire liés à la personnalité de
l’individu, ses attentes et ses buts personnels ainsi que les relations familiales, etc. ;



les facteurs liés à la société dans laquelle l’élève vit qui ont trait aux valeurs culturelles
et aux lois de la société ;



les facteurs liés à l'école qui regroupent les règlements et les horaires, etc. ;



et les facteurs relatifs à la classe qui ont rapport avec l’ambiance dans la classe, les
relations entre les élèves et entre les élèves et l’enseignant. C’est par cette dernière
catégorie que l’enseignant peut agir sur la motivation de l’écolier.

2.2.2.3 Recensions empiriques sur les pratiques de motivation sans le châtiment corporel
et la réussite scolaire
Cette partie de la recherche se propose de répondre à une série de préoccupations relatives aux
pratiques de motivation sans le châtiment corporel et la réussite scolaire. Ainsi, quels sont les

28

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

stratégies, pratiques et outils usuellement mobilisés par les acteurs clés du système éducatif en
matière de pratiques motivationnelles ? Et quelle est l’influence des pratiques de motivation
sans le châtiment corporel sur la réussite scolaire ?
Ainsi, cette seconde partie de la revue de littérature vise à réaliser une recension empirique des
écrits sous trois angles. Le premier fait le point des études empiriques sur la perception des
acteurs clés sur les pratiques motivationnelles en milieu scolaire. Le second angle aborde la
synthèse des travaux empiriques sur la réussite scolaire. Le troisième et le dernier axe discutent
de l’influence des pratiques de motivation sans le châtiment corporel sur la réussite scolaire au
Bénin au regard de certains travaux empiriques.
2.2.2.4 Point des études empiriques sur la perception des acteurs clés sur les pratiques
motivationnelles par le châtiment corporel en milieu scolaire
Parlant de violence faite à l’enfant, l’état global de la violence à l’encontre des enfants et des
informations sur la fréquence des divers types de violence subis par les enfants révèle plusieurs
points. 80 % à 98 % des enfants subissent des châtiments corporels » et que « tant les enfants
que les auteurs de violences peuvent accepter la violence comme quelque chose d’inévitable et
de normal en particulier lorsqu’il n’en résulte aucune blessure visible ou durable » Pinheiro
(2006). Sous le même registre, le rapport « Cachée Sous Nos Yeux » de l’ONU, l’UNICEF
indique que « bien que le châtiment corporel ne soit pas toujours considéré comme une forme
de discipline appropriée, les données révèlent que sa pratique est répandue ». A titre illustratif,
la littérature souligne qu’« environ 6 enfants sur 10 dans le monde âgés de 2 à 14 ans sont
soumis à des châtiments physiques (corporels) infligés par les personnes qui s’occupent d’eux
de manière régulière ».
Au Sénégal, une enquête par grappes réalisée entre 2015 à 2016 a récemment confirmé que plus
précisément, dans les écoles, les châtiments corporels sont cités parmi les principaux problèmes
que rencontrent les enfants3. Ils y affectent plus de la moitié des élèves selon Antonowicz
(2010). D’autres études ont révélé que le châtiment corporel dépend du sexe de l’enfant. Ainsi,
en la matière, une recherche conduite par (ANSD et UNICEF 2016), dans la région de Dakar,
montre que les garçons subissent plus la discipline physique (62%) que les filles (60%) de
même que les châtiments physiques sévères touchent 27% des garçons et 21% des filles (ACPF,
2011).

3

Save the Children Senegal, 2014, p. 17)

29

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

Au Kenya où la législation interdit toute forme de châtiment corporel, 91% des élèves disent y
être soumis à l’école. De plus, 70% des Directeurs d’école, 82 % des enseignants et même 60%
des élèves souhaitent le retour à la légalité de la punition corporelle Kimani, Kara, et Ogetange,
(2012). En Tanzanie, 96% des élèves reconnaissent l’usage des punitions corporelles à l’école
où le châtiment corporel est strictement réglementé mais autorisé Invocavity (2014).
Au Zimbabwe où le châtiment corporel est légal, 88 % des acteurs approuvent son maintien à
l’école Kudenga, (2017). Dans ce contexte, les acteurs (parents et enseignants) estiment que les
châtiments corporels subis par les enfants leur font du bien Richard (2015). De plus, 67 % des
apprenants y disent que les enseignants infligeaient des châtiments corporels de manière
routinière.
Au Bénin, les études réalisées par Napporn (2016), ont révélé que la situation n’a pas vraiment
changé dans les relations maître-élève.
Pourtant, certains pays comme le Cap Vert, le Togo et le Bénin adhèrent à l’abolition des
châtiments corporels en l’occurrence dans les établissements primaires (IG, 2016a).
2.2.2.5 Synthèse des travaux empiriques sur la réussite scolaire
En pédagogie scolaire, la réussite scolaire est le fait de réaliser un objectif pédagogique
préétabli, notamment passer en classe supérieure, réussir les examens de sous-cycles ou de fin
de cycle du primaire et, dans le cadre plus général du suivi de cohorte, effectuer son parcours
scolaire sans redoubler.
La littérature en sciences sociales mentionne que le rôle de l’enfant apprenant est déterminant
dans la réussite scolaire. Car, il doit être un apprenant engagé, déterminé spontanément dans la
résolution des problèmes et dans la recherche des résultats. A cet effet, il doit se responsabiliser,
s’autodéterminer et être compétent. Du coup, il doit être une personne intrinsèquement motivée.
Selon Glandais (2016), l’apprenant intrinsèquement motivé est celui qui est autodéterminé, plus
attentif, persévérant et a du plaisir à réaliser l’activité sur le long terme. Il s’engage et s’implique
dans les activités pédagogiques.
Des études réalisées par Reeve, (2002), Ryan et Deci, (2000), révèlent que les formes de
motivations les plus autodéterminées avaient un impact positif sur l’élève alors que les moins
autodéterminées avaient des conséquences négatives. Ainsi, ce type de motivation implique
davantage les élèves et contribue à leur réussite scolaire. L’autonomie et la responsabilisation
sont donc considérées comme la finalité de la réussite scolaire Patry, (2018).

30

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

2.2.2.6 Synthèse des travaux empiriques sur l’influence des pratiques de motivation sans
le châtiment corporel sur la réussite scolaire
La réussite scolaire exige de l’apprenant, la créativité, l'initiative, la résolution de problèmes,
l'évaluation des risques, la prise de décision et la gestion constructive de sa personnalité dès le
bas âge. A ces éléments s’ajoute la compétence qui consiste en un jugement général que pose
l’élève sur son habileté dans différents domaines d’activité Wigfield et autres, (2006). L’élève
peut effectivement se sentir très compétent dans certaines disciplines (ex : le français) et moins
compétent dans d’autres champs (exemple : les arts). Cette perception joue un rôle déterminant
sur son engagement dans les activités Fredricks, Blumenfeld et Paris, (2004). En effet, elle fait
en sorte que l’élève montre de l’enthousiasme face à une situation ou qu’il cherche plutôt à
éviter celle-ci.
Par ailleurs, la réussite personnelle fait référence à un jugement plus spécifique que pose l’élève
sur sa capacité d’organiser et d’exécuter une séquence d’actions pour résoudre un problème ou
effectuer une tâche donnée et produire un résultat souhaité Bandura, (1997). Selon Bandura
(1997), ce sentiment tire principalement sa source des performances antérieures et permet à
l’apprenant d’acquérir ce sentiment en prenant conscience des expériences.
Somme toute, les apprenants développant ses caractéristiques choisissent librement d’exercer
certaines activités pédagogiques, cherchent et utilisent des stratégies efficaces et appropriées
puis adoptent des comportements qui sont susceptibles de les conduire à la réussite scolaire
sans aucune autre forme de pression. Selon Bandura (1997), ces représentations personnelles
constituent pour l’apprenant d’importants mécanismes régulateurs de son comportement. Dans
ces conditions, lorsqu’ils se sentent confrontés à des difficultés, ils recherchent les solutions
eux-mêmes, développent des compétences et ont tendance à travailler plus fort et à persévérer
davantage que ceux qui doutent de leurs capacités Bandura (1997), et ceci sans aucune violence
physique.

2.3 Modèle conceptuel de la recherche
La conception de ce modèle empirique d’analyse consiste à identifier les variables qui vont
nous permettre de répondre à la question principale.

31

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

2.3.1 Points de la littérature sur les variables de la recherche
2.3.1.1 Point de la littérature sur la motivation autodéterminée et la réussite scolaire ou le
rendement scolaire
La théorie de l’évaluation cognitive de Deci et Ryan (1970), est la plus connue à propos de la
motivation. Elle développe la motivation en mettant en évidence les différentes catégories
motivationnelles à savoir : la motivation extrinsèque et la motivation intrinsèque.
Concernant la motivation extrinsèque, il s’agit d’une forme d’adaptation de comportement face
à des exigences du contexte duquel l’individu dépend. C’est-à-dire, il se met dans des
contraintes et doit changer ses façons de se comporter afin d’éviter des sanctions ou de gagner
des récompenses de l’activité.
Quant à la motivation intrinsèque, elle est une forme de motivation émanant de l’individu luimême. Elle correspond à l’intérêt, à la curiosité, c’est-à-dire au sens courant de la motivation.
Un élève qui s’engage spontanément dans un exercice de résolution de problèmes est le signe
que cette activité revêt de l’intérêt pour lui et qu’il aime en résoudre. La motivation intrinsèque
renvoie à : l’autodétermination et la compétence perçue. L’autodétermination est le sentiment
de choisir, ou libre arbitre, et s’oppose à la contrainte, la pression sociale, la situation
d’évaluation. Pour Pelletier et Vallerand (1993), la liberté de choix dans la prise de décision,
d’action suscite le sentiment de plaisir et de satisfaction chez l’acteur. La compétence perçue,
elle, se mesure par quantité, c'est-à-dire que plus elle est grande, plus elle favorise la motivation
intrinsèque.
De plus, plusieurs auteurs argumentent également que la personne intrinsèquement motivée se
perçoit comme autonome, compétente et acceptée par sa communauté. La littérature parle donc
de la motivation autodéterminée. D’après Glandais (2016), plus la motivation des élèves est
autodéterminée, plus ils sont attentifs, persévérants et ont du plaisir à réaliser l’activité sur du
long terme. Ce type de motivation favorise l’implication de l’élève dans la classe.
Dans leurs études, Reeve (2002), Ryan et Deci (2000), ont montré que les formes de motivations
les plus autodéterminées avaient un impact positif sur l’élève alors que les moins
autodéterminées avaient des conséquences négatives. Ainsi, ce type de motivation implique
davantage les élèves et contribue à leur réussite. L’autonomie est donc considérée comme la
finalité de l’éducation (Patry, 2018).
En résumé, la motivation intrinsèque est fondée sur la responsabilité, la compétence et surtout
l’autodétermination qui est le sentiment de la liberté de choix dans la prise de décision, d’action
que suscite le sentiment de plaisir et de satisfaction chez l’apprenant. Elle s’oppose à la

32

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

contrainte, la pression sociale, la situation d’évaluation. Car, le sujet qui éprouve de l’intérêt et
du plaisir dans l’activité engagée non par des éléments contextuels mais par sa volonté interne,
il se sent compétent et autodéterminé. Ce développement nous inspire la première hypothèse de
recherche formulée comme suit :
Hypothèse N° 1 : L’incitation des élèves par la motivation autodéterminée favorise la réussite
scolaire ou le rendement scolaire.
2.3.1.2 Point de la littérature sur le style communicationnel de l’enseignant du primaire
et la réussite scolaire
Dans ses écrits André (1998), soulignait que « motiver les élèves constitue l’un des plus grands
défis de l’enseignant actuellement ». Pour ce faire, le style communicationnel par la motivation
instauré par un enseignant dans sa classe est l’un des facteurs susceptibles de nourrir les besoins
des élèves. A cet effet, le style motivationnel de l’enseignant peut faciliter la motivation
autodéterminée chez ses élèves.
D’après une étude de Reeve (2002 ; 2009) mentionnée dans les écrits de Leroy et al., (2013),
intitulé « un modèle sociocognitif des apprentissages scolaires : style motivationnel de
l’enseignant, soutien perçu des élèves et processus motivationnels », on distingue deux styles
motivationnels différents : le « style soutenant l’autonomie » et le « style contrôlant ».
Concernant le « style soutenant l’autonomie », il présente un enseignement qui a pour objectif
de combler les besoins motivationnels des élèves. Les pratiques enseignantes de ce style se
manifestent par des opportunités laissées aux élèves de décider, de s’exprimer et de faire des
choix. Dans ce sens, l’enseignant encourage et exerce des feedbacks positifs (retours positifs) ;
il est à l’écoute de ses élèves.
En revanche, selon Deci et Ryan (1987), le style contrôlant est caractérisé par « un ensemble
de pratiques accentuant le poids des pressions et ayant pour but d’inciter les élèves à agir d’une
façon spécifique. Ce style ne permet donc pas de satisfaire les besoins des élèves mais
développe plutôt de la motivation extrinsèque voire de l’amotivation. Ici, l’enseignant ne
partage pas la parole, il la monopolise, n’accorde pas assez de temps à ses élèves pour terminer
leur travail, usant fréquemment de récompenses/punitions et utilisant un langage plus directif ;
une communication contraignante.
Une étude récente réalisée par Leroy et al., (2013), basée sur la théorie de l’autodétermination
Deci et Ryan, (2000), révèle que, un style d’enseignement soutenant l’autonomie est relié
positivement à la motivation autodéterminée. Allant dans la même veine, Deci et Ryan, (2000),
indiquent que « le style particulier avec lequel un enseignant interagit au quotidien avec ses
33

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

élèves est perçu par ces derniers. En effet, quand les élèves ont le sentiment que leur enseignant
soutient leur autonomie, leur compétence et leur proximité sociale, ils sont plus à même de
manifester une plus grande motivation autodéterminée, une plus faible amotivation (Leroy et
al., 2013).
Somme toute, l’enseignant qui fait le choix d’un style qui offre des opportunités aux élèves de
décider, de s’exprimer et de faire des choix, qui est à l’écoute de ses derniers, qui partage la
parole et qui encourage et exerce des feedbacks positifs dans l’exercice de sa fonction contribue
selon la littérature à la réussite scolaire.
Ainsi, pour rester en phase avec cette exigence du style de la motivation par la communication
par l’enseignant, nous choisissons de tester l’hypothèse suivante :
Hypothèse N° 2 : Le style de motivation par la communication de l’enseignant du primaire
détermine les résultats scolaires ou le rendement scolaire.
2.3.1.3 Point de la littérature sur la stratégie d’apprentissage et la réussite scolaire ou le
rendement scolaire
Lorsqu’un élève est motivé, il le prouvera par son engagement en recourant, de façon
consciente, à des stratégies d’apprentissage qui lui conviennent et permettent de réaliser
l’activité. Cet engagement s’entend comme une gestion active et réfléchie que l’élève fait de
ses stratégies d’apprentissage lorsqu’il doit accomplir une activité pédagogique Butler et
Cartier., (2004). Allant dans la même veine, Viau (2008), indique que l’élève peut faire usage
des moyens pour acquérir des connaissances et compétences et mieux contrôler sa démarche
d’apprentissage. Ces stratégies développées par l’élève pour tenter de réussir une activité,
s’entend comme une stratégie d’apprentissage.
La littérature fait ressortir quatre types de stratégies d’apprentissage utilisées par un élève Viau,
(1997). Il s’agit des stratégies cognitives qui renvoient aux moyens auxquels les élèves peuvent
recourir pour acquérir, intégrer et se rappeler des connaissances transmises. Les stratégies
métacognitives, Tardif (1992), souligne qu’elles correspondent à une connaissance ainsi qu’au
contrôle qu’une personne a sur elle-même, sur ses stratégies cognitives et sur ses
apprentissages. Les élèves exercent ce contrôle en passant par trois types de stratégies
métacognitives : la planification, l’ajustement et l’autoévaluation. Pour ce qui est des stratégies
de gestion du contexte de l’apprentissage, les stratégies d’apprentissage sont souvent utilisées
pour l’organisation du travail. Les élèves motivés recourent à cette stratégie pour améliorer les
conditions dans lesquelles se déroule la réalisation d’une activité. Pour finir, les stratégies

34

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

affectives sont celles que les élèves emploient pour contrôler leurs émotions et créer un climat
psychologique propice à l’apprentissage Boulet et al., (1996), Weinsten et Mayer., (1986).
En matière de stratégie d’apprentissage, l’enseignant veille à ne pas fixer d’objectifs relatifs
seulement aux connaissances théoriques mais également des objectifs visant à acquérir
certaines procédures (savoir-faire) ou comportements (savoir-être) ou encore l’art d’enseigner
(savoir-faire faire).
En synthèse, la stratégie d’apprentissage est considérée comme une des sources de la
motivation, En effet, si un élève obtient régulièrement de mauvaises notes, il est très probable
que cet élève finisse par avoir une faible perception de sa compétence et donc une faible
dynamique motivationnelle. Ce développement nous amène à formuler la troisième hypothèse
de recherche comme suit :
Hypothèse N° 3 : la stratégie d’apprentissage explique la réussite scolaire
2.3.2 Modèle conceptuel de recherche
Au regard de la littérature et de ces hypothèses, se dégage le modèle suivant :
Incitation par la
motivation
autodéterminée

Réussite scolaire
Style de motivation par la
communication

Stratégie d’apprentissage

Figure 1: Effet de la motivation sans le châtiment corporel sur la réussite scolaire.
Source : L’auteure.

Dans ce modèle, la variable expliquée ou dépendante désignée par (Y) est la réussite scolaire.
Les variables X1 – « Incitation par la motivation autodéterminée », X2 – « Style de motivation
par la communication » et X3 – « Stratégie d’apprentissage », constituent les variables
explicatives ou indépendantes de la réussite scolaire dans les établissements primaires. Il
convient alors d’évaluer l’influence des pratiques de motivation sans le châtiment corporel sur
la réussite scolaire dans les établissements primaires.

35

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

2.3.3 Définition et opérationnalisation des variables de recherche
La motivation fondée sur la responsabilité, la compétence et surtout l’autodétermination qui est
le sentiment de la liberté de choix dans la prise de décision, d’action suscite le sentiment de
plaisir et de satisfaction chez l’apprenant, Reeve (2002), Ryan et Deci., (2000). Elle s’oppose à
la contrainte, la pression sociale, à certaines manières d’évaluer. Car, le sujet qui éprouve de
l’intérêt et du plaisir dans l’activité engagée non par des éléments contextuels mais par sa
volonté interne, se sent compétent et autodéterminé. S’inscrivant dans cette perspective, cette
recherche vise, dans un premier temps, à appréhender les principales pratiques de motivations
mises en œuvre dans le contexte des établissements primaires, et à apprécier les styles de
communication en situation de classe susceptibles d’améliorer la réussite scolaire. Dans un
second temps, il est question d’évaluer l’influence des motivations sans le châtiment corporel
sur la réussite scolaire dans les établissements primaires béninois.

3. Cadre méthodologique
Avant d’exposer la démarche méthodologique adoptée dans cette recherche, il serait intéressant
de faire rappel du modèle conceptuel de la recherche en expliquant les variables.

3.1 Opérationnalisation des variables retenues
Pour rendre plus aisée la compréhension de ce modèle, il est intéressant d’expliciter les
variables aussi bien dépendantes qu’indépendantes auxquelles le chercheur fait appel. Le
tableau suivant résume les items de mesure des différentes variables de la recherche.
Tableau I: Mesure des variables de la recherche

Variables

Réussite scolaire

Pratique de
gestion de
la
Motivation

Incitation par la
motivation
autodéterminée

Style de motivation
par la
communication

Items de mesure
-

Stratégie de motivation intrinsèque

-

Stratégie de motivation extrinsèque

-

Combinaison motivation intrinsèque et extrinsèque

-

Responsabilité dans l’exercice des activités.

-

Sentiment de libre choix.

-

Liberté de choix dans la prise de décision favorisent la
réussite scolaire.

-

L’amour de la lecture

Style de motivation par la communication relative aux
enseignants
-

Partage de la parole et écoute des élèves.

36

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique
-

Veille pour appropriation des principes de l'APC (expression
des prérequis) par les élèves

-

Offrande de cadeaux aux élèves méritants

-

Passage aux mesures punitives.

Style de motivation par la communication relative aux parents

Stratégie
d’apprentissage

-

Organisation des sorties détente avec votre enfant ;

-

promesse de vacances et de cadeaux aux enfants méritants,

-

prime à l'enfant ayant le meilleur résultat,

-

punition des enfants ayant obtenu de mauvais résultats
influencent la réussite scolaire de vos enfants

-

Apprentissage quotidien des leçons ;

-

exercices de maison chaque soir ;

-

amour de la lecture; emploi de temps personnel à la maison
pour faire les exercices et apprendre les leçons ;

-

conditions favorisant l’apprentissage à la maison participent
à la réussite scolaire

Source : Adapté de la littérature
En synthèse, les items pouvant servir de mesure pour chaque indicateur afin d’opérationnaliser
les variables de recherche sont ainsi présentés. Il convient maintenant de présenter la démarche
méthodologique adopté dans le cadre de cette recherche.

3.2 Démarche méthodologique de la recherche
La méthodologie représente le chemin à suivre pour atteindre l’objectif de la recherche. Elle est
un aperçu de la façon dont une recherche est effectuée. Dans la réalité, elle constitue le cadre
systématique (manière d’étudier ou d’expliquer) utilisé pour résoudre le problème de recherche
en utilisant les meilleures méthodes et les plus réalisables pour mener la recherche tout en
s’alignant sur le but et les objectifs de la recherche.
Dans le cadre de cette recherche, elle passe en revue les arguments théoriques et empiriques qui
justifient le choix méthodologique, les sources et le mode de collecte des données utilisées et
la démarche d’analyse.
3.2.1 Choix de la méthode utilisée
En matière de recherche en science sociale, il existe trois types de méthodes : les méthodes
quantitatives, les méthodes qualitatives et les méthodes mixtes.

37

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

3.2.1.1 Les méthodes qualitatives
Paillé (2007), définit la méthode qualitative comme « une démarche discursive et signifiante de
reformulation, d’explication ou de théorisation d’un témoignage, d’une expérience ou d’un
phénomène. » (P. 413). Les méthodes dites « qualitatives » renverraient à des « méthodes
d’analyse qui reposent sur le traitement en profondeur d’un petit nombre de données »
collectées par observation ethnographique, entretiens semi-directifs, dépouillement d’archives
ou de collectes de rapports, plutôt sur de petits nombres de cas étudiés de façon approfondie et
intense. Les méthodes qualitatives permettent d’étudier les phénomènes en profondeur, dans
leur contexte et reposent souvent sur des échantillons de taille réduite que ceux utilisés dans les
méthodes quantitatives. Dans cette même lignée, Royer et Zarlowski., (2014), indiquent que la
démarche qualitative a pour finalité de construire, enrichir ou développer des théories.
3.2.1.2 Les méthodes quantitatives
Quant aux méthodes dites « quantitatives », elles renverraient à des « méthodes d’analyse de
données reposant essentiellement sur le traitement statistique d’un grand nombre de données
collectées dans le cadre du test empirique de la problématique de recherche » principalement
par questionnaire (sondage), donnant lieu par exemple à des analyses statistiques. Autrement
dit, elles utilisent des outils d’analyse mathématique et statistique, en vue de décrire,
d’expliquer et prédire des phénomènes par le biais de données historiques sous forme de
variables mesurables. Elles reposent donc sur des données qui se présentent essentiellement
sous la forme de chiffres et qui sont basées sur des procédures d’analyses statistiques afin de
tester des théories dans le cadre d’une démarche hypothético-déductive Royer et Zarlowski,
(2014).
3.2.1.3 Les méthodes mixtes
Encore appelée méthodes combinées ou méthodes mélangées ou recherche intégrative Johnson
et Onwuegbuzie (2004), ou recherche multi méthode, Hunter et Brewer., (2003), Morse (2003),
ou encore recherche triangulée, etc. Johnson et ses collaborateurs, (2007), la méthode mixte
Thomas (2003), peut être définie comme une approche à la connaissance (théorie et pratique)
qui tente d’envisager plusieurs points de vue et perspectives Creswell et Stick., (2006).
Selon Couty (1983), la méthode mixte est « un modèle de recherche qui implique de combiner
les éléments d’une approche quantitative et d’une approche qualitative (e.g. points de vue
quantitatif et qualitatif, collecte des données, analyse des données, technique d’inférence) à des
fins de compréhension et de corroboration, […] dans le cadre d’une seule étude ». En 2022,
Nagels, mentionne que les méthodes mixtes constituent une perspective pragmatique en
38

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

recherche. Traité de méthodologie de la recherche en Sciences de l’éducation et de la
formation. Enquêter dans les métiers de l’humain. Les méthodes mixtes Creswell et al., (2011)
permettent de rendre complémentaires les deux méthodes ou les deux méthodes se retrouvent
pour mieux atteindre les objectifs de la recherche.
3.2.2 Justification de la méthode utilisée
Dans le cadre de cette recherche, la méthode quantitative nous paraît plus appropriée pour
plusieurs raisons. D’abord, cette méthode de recherche nous permet de mieux appréhender le
phénomène de la recherche et de se rendre compte de la réalité Schoeb (2012). Elle permet une
compréhension approfondie de la pratique des motivations dans les établissements privés du
primaire. Selon Birkinshaw, Brannen et Tung (2011) et Yin (2009), c’est cette méthode qui
permet de traiter d'un nouveau phénomène peu ou mal compris et utile dans une situation où il
y a peu de recherches sur le sujet. Ensuite, l’approche quantitative s’appuie sur une démarche
objectiviste dans laquelle les outils utilisés sont identiques à ceux des sciences exactes
(statistiques, modélisation…) et permet une généralisation des résultats Tchokponhoué, (2010).
Les données quantitatives quant à elles permettent d'obtenir des mesures objectives sur les
pratiques de motivation sans le châtiment corporel et la réussite scolaire puis de quantifier les
relations entre les variables. Certains scientifiques affirment que la recherche quantitative est
supérieure aux données qualitatives. Elle a recours aux statistiques, à l’expérimentation et aux
enquêtes qui semblent fournir plus de rigueur scientifique et d’objectivité. Par conséquent elle
fournit plus d’apports théoriques (Guba &amp; Lincoln 1994). Elle permet au chercheur d'établir
des thèmes, des modèles, des catégories de données basées sur la compréhension et
l'interprétation du chercheur (Miles et Huberman 1994). Somme toute, cette méthode est
utilisée parce que, le peu de recherches effectuées sur le sujet en contexte béninois est mené par
une analyse quantitative.
3.2.3 Approche méthodologique
Pour mener à bien un travail de recherche scientifique, il est important de faire recours à une
bonne approche méthodologique. Pour rappel, dans le cadre de cette recherche c’est la méthode
quantitative qui est retenue. Or, les méthodes quantitatives sont des méthodes de recherche qui
vont généralement avec un mode de raisonnement hypothético-déductif comme approche
méthodologique. Selon cette approche, la démarche scientifique exclut toute subjectivité. Ainsi,
les méthodes quantitatives s'appuient sur une approche hypothético-déductive où des
hypothèses prédéfinies sont statistiquement testées pour confirmer ou réfuter les hypothèses
émises.
39

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

Pour le compte de ce travail de recherche, l’approche hypothético-déductive est retenue. Il
s’agit de partir des hypothèses posées pour en déduire une ou plusieurs explications par rapport
à la problématique de recherche. Pour ce faire, organiser la structure de la recherche autour
d’hypothèses émises se constate être un atout de taille dans la conduite judicieuse et rigoureuse
de ce dernier.
La démarche d’approche méthodologique utilisée, est inspirée des travaux de Dépelteau (2007).
Primo, elle consiste en une phase d’exploration aboutissant à l’élaboration d’une question
centrale de recherche. Secondo, une analyse du cadre théorique et des concepts clés (que nous
avons susnommée « revue de littérature ») est rédigée pour formuler une ou des hypothèses, par
la suite, formuler une ou des hypothèse(s). Tertio, des tests empiriques sont conduits afin de
confirmer ou d’infirmer les hypothèses précédemment formulées. Pour se faire, une
méthodologie doit être établie (délimitation de l’échantillon, choix des outils et techniques de
collecte des données, etc.). Une fois les résultats interprétés, ceux-ci sont finalement
communiqués à l’oral ou à l’écrit Dépelteau, (2007).

Vérification empirique
Revue de littérature
Exploration et problématisation

(Méthodologie,

Communication des

collecte et analyse

résultats

et formulation des
(question de recherche )
hypothèses
des données)

Figure 2: La démarche hypothético-déductive classique
Source : La démarche hypothético-déductive classique, adaptée de Dépelteau (2007)

Cette approche implique la formulation d’hypothèses basées sur des connaissances théoriques
existantes, de concevoir des expériences ou des enquêtes pour tester ces hypothèses. Puis de
tirer des conclusions à partir des résultats obtenus. Elle repose finalement sur une démarche
logique qui permet de formuler des hypothèses spécifiques et de les tester de manière
systématique.
3.2.4 Outils de collectes de données et instruments de mesures
Pour ce qui est de cette recherche, nous avons préféré comme outil de collecte le questionnaire
à cause de la démarche méthodologie purement quantitative ; un outil de collecte de données
quantitatives se présente sous la forme d’une série de questions posées dans un ordre bien

40

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

précis. Pour Combessie (2007), « le questionnaire a pour fonction principale de donner à
l’enquête une extension plus grande et de vérifier statistiquement jusqu’à quel point sont
généralisables les informations et hypothèses préalablement constituées ». Les questions posées
dans le questionnaire peuvent être ouvertes ou fermées.
Dans le cas d’espèce, au niveau du questionnaire, le choix de cette option répond à plusieurs
préoccupations. Il est destiné aux écoliers à cause de leur grand nombre, ensuite il met à la
disposition de la recherche plus d’informations en raison de son caractère anonyme, cela rassure
les écoliers et les dégage de toutes contraintes ou d’éventuelles sanctions. Pour la commodité
de la recherche et la concision nous avons exploité l’influence des pratiques de motivation sans
châtiment corporel sur la réussite scolaire des écoliers.
Ledit questionnaire adressé aux écoliers, parents d’élève, directeurs est essentiellement conçu
en fonction des hypothèses de recherche formulées.
3.2.5 Approche empirique de l'étude
Cette partie de la recherche est consacrée aux techniques de traitement des données et au type
d’échantillonnage et taille de l’échantillon.
3.2.5.1 Technique de traitement des données quantitatives
Les données quantitatives collectées grâce aux questionnaires, ont été codées et soumises à des
analyses statistiques à l'aide du logiciel R 4.1.1. A partir des statistiques descriptives, des
tableaux croisés ont été construits afin de résumer les données des questionnaires. Des mesures
de fréquence ont été utilisées pour décrire et analyser les données collectées. Les variables
qualitatives ont été analysées de façon indépendante et présentées sous forme d’effectifs (N) et
de proportion (%). Dans le but d’analyser les relations entre les variables, des tests de
contingence de Chi2 suivi d’un Test t de Student ont été effectués. Tout ceci a permis de réaliser
des analyses empiriques et une description des associations entre les paramètres collectés. Le
seuil de significativité statistique était de 5% (p&lt;0,05).
Somme toute, dans cette démarche hypothético-déductive, des tests empiriques sont effectués
pour confirmer ou réfuter les hypothèses émises. Ces tests s'appuient sur l'utilisation d’outils
d'analyse statistiques dans le but de décrire, expliquer et prédire des phénomènes. Parmi les
méthodes qui s’apparentent à l’approche quantitative, nous avons opté pour l’enquête par le
questionnaire. A ce niveau de l’analyse quantitative, c’est le traitement statistique qui est utilisé
ici pour tester l’indépendance entre deux variables. C’est grâce à cette technique, que nous
allons éprouver les hypothèses sur l’effet des pratiques de motivation sans châtiments corporels

41

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

sur la réussite scolaire. Quels sont les types d’échantillonnage et l’échantillon retenu pour la
recherche ?
3.2.5.2 Type d’échantillonnage et taille de l’échantillon
Il y est abordé le type d’échantillonnage et l’échantillon
3.2.5.2.1 Type d’échantillonnage
Le type d’échantillonnage utilisé y est énoncé et ensuite justifié.
 Choix du type d’échantillonnage
L’échantillonnage est un procédé qui permet de définir un échantillon dans un travail d’enquête.
Il s’agit d’étudier une partie sélectionnée pour établir des conclusions applicables à un tout.
Pour Gerville-Réache et Couallier (2011), « Une méthode d’échantillonnage est un algorithme
permettant sans ambiguïté de créer un échantillon, c’est à dire de sélectionner sans distinction
d’ordre une partie de la population. Puisque les unités statistiques sont distinguables,
l’échantillonnage revient à décrire comment sont sélectionnés les indices {i1,...,in} des unités
statistiques de la population. »
Il existe deux catégories de méthodes d’échantillonnage : les méthodes probabilistes ou
aléatoires et les méthodes non probabilistes ou empiriques. Les méthodes probabilistes font
référence à la sélection d’un échantillon sur le principe de la sélection au hasard ou aléatoire.
On

y retrouve

l’échantillonnage

aléatoire

simple, l’échantillonnage systématique,

l’échantillonnage stratifié, etc. L’échantillonnage non probabiliste est une méthode qui consiste
à sélectionner des unités dans une population en utilisant une méthode subjective. Elle
comprend l’échantillonnage de convenance, de jugement, par quotas, etc. L’échantillonnage de
convenance a été utilisé dans le cadre de cette étude et cela pour de multiples raisons.
 Justification du choix opéré
L’échantillonnage de convenance présume que les unités de la population sont toutes
semblables, et que n’importe quelle unité peut être choisie pour l’échantillon. Elle implique que
l’échantillon soit tiré de la partie de la population à portée de main.
Nous avons opté pour cette méthode premièrement pour des raisons d’accessibilité. Nous avons
pu considérer les apprenants directement présents et disponibles à répondre à notre
questionnaire. Deuxièmement pour des contraintes de temps. Il nous était nécessaire de
collecter les données car disposant d’un temps limité pour mener la recherche.
L’échantillonnage de convenance a donc été privilégié en raison de sa rapidité et sa facilité de
mise en œuvre. Troisièmement pour des raisons de ressources. Lorsque les ressources

42

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

financières, logistiques ou humaines sont restreintes, l’échantillonnage de convenance est une
option viable. Il permet de minimiser les coûts associés à la collecte des données.
Le principal inconvénient de cette méthode est que les participants sélectionnés peuvent ne pas
représenter de manière précise la population cible ce qui peut entrainer des biais dans les
résultats de recherche. Néanmoins, dans le cadre de cette recherche toutes les unités présentent
les mêmes caractéristiques, tous les participants sont donc représentatifs de la population.
3.2.5.2.2 Échantillon
 Population mère
La population mère est l’ensemble des individus qui sont d’intérêt dans le cadre de cette
recherche. C’est le groupe de personnes sur lequel nous souhaitons obtenir des informations
pour répondre à la question de recherche. Les écoliers de CM1 et CM2, toutes catégories de
sexe et groupe pédagogique confondue constituent la population mère de cette recherche. Les
enseignants et les parents d’élèves en font également partie.
 Taille de l’échantillon retenu et justification
Un échantillon est le résultat d’une méthode d’échantillonnage appliquée une fois à une
population, Gerville-Réache et Couallier (2011). Il s’agit du nombre de personnes à enquêter à
l’intérieur de chaque groupe cible.
Pour des raisons pratiques d’accessibilité nous avons eu recours à une méthode
d’échantillonnage non probabiliste plus précisément l’échantillonnage de convenance. Nous
avons fixé un nombre minimum de soixante-cinq (65) écoliers (CM1 et CM2) à enquêter. Un
total de cent un (101) écoliers ont reçu le questionnaire et quatre-vingt (84) écoliers ont pu être
repris et traité. Par ailleurs, sur un total vingt un (21) questionnaires administrés aux
enseignants, seize (16) ont été récupérés et utilisés. Quant aux parents d’élève, sur les quarantedeux (42) questionnaires administrés, trente-cinq (35) ont été récupérés et traités.
Tableau II: Taille de l’échantillon

Type de répondants

Échantillon Retenu

Échantillon Obtenu

Écoliers

101

84

Enseignants

21

16

Parents d’élève

42

35

Source : l’auteure

43

�Chapitre 2 : Le cadre théorique ; conceptuel et méthodologique

3.2.5.2.3 Difficultés rencontrées
Dans le cadre de cette recherche au sein de l’établissement primaire privé Émilie de Villeneuve
sise dans le Borgou, plus précisément dans la commune de Parakou, nous avons rencontré un
certain nombre de difficultés telles que : l’inaccessibilité de certaines informations relatives aux
enseignants ; la réticence de certains parents d’écolier ; l’indisponibilité du personnel
pédagogique à cause des activités de fin d’année et de la coïncidence avec la période des
examens nationaux. Cependant, les informations collectées ne manquent pas de pertinences et
n’affectent également en rien les données recueillies.
Le cadre théorique et la méthodologie de recherche ont été présentés dans la première partie.
La deuxième partie est consacrée à la présentation, à l’analyse des résultats et à la validation
des hypothèses et aux discussions des résultats.

44

�Deuxième partie : Résultats et discussions

DEUXIÈME PARTIE : RÉSULTATS ET
DISCUSSIONS

Les résultats obtenus sont présentés, analysés et discutés.

45

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

CHAPITRE 1 : RESTITUTION, ANALYSE ET DISCUSSION DES
RÉSULTATS
Les résultats sont détaillés en fonction des variables de l'enquête et visualisés au moyen de
graphiques. La présentation et l’analyse des résultats seront réalisées en fonction des hypothèses
formulées, permettant ainsi de confirmer ou d’infirmer ces hypothèses.

1. Présentation et analyse des résultats de la recherche
1.1 Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés
1.1.1 Élèves
L’enquête a permis d’interviewer quatre-vingt (84) élèves de l’École Émilie Villeneuve de
Parakou, qui ont répondu aux questions posées. Ils étaient âgés de 8 à 12 ans ; l’âge le plus
représenté était 10 ans (58,3%) et celui le moins représenté, 12 ans (1,2%). Ils étaient à 64,3%
de sexe féminin contre 35,7% de sexe masculin, 52,4% d’eux étaient en classe de CM2 et 47,6%
au CM1. Le tableau 3 (ci-dessous) présente la distribution de l’échantillon selon les
caractéristiques sociodémographiques des enquêtés.
Tableau III: Caractéristiques sociodémographiques des élèves enquêtés

Variables

Effectif (N=84)

Pourcentage (%)

8

4

4,76

9

22

26,19

10

49

58,33

11

8

9,52

12

1

1,19

Masculin

30

35,71

Féminin

54

64,29

CM1

40

47,62

CM2

44

52,38

Age (années)

Sexe

Niveau d'étude

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

46

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

1.1.2 Enseignants
Les enseignants impliqués dans la présente étude étaient au nombre de seize (16) et
appartenaient majoritairement 50% à la tranche d’âge comprise entre trente (30) et quarante
(40) ans. Ils étaient à 31,3% des hommes contre 68,7% de femmes. Ils étaient répartis dans les
trois arrondissements de Parakou avec 68,7% dans le 3e arrondissement et dans dix (10)
quartiers avec 18,7% dans Zongo I puis dans Zongo II. Le tableau 4 récapitule les
caractéristiques sociodémographiques des enseignants.
Tableau IV: Caractéristiques sociodémographiques des enseignants enquêtés

Variables

Effectif (N=16)

Pourcentage (%)

30-40

8

50,00

41-51

1

6,25

52-62

1

6,25

&gt;62

6

37,5

Masculin

5

31,25

Féminin

11

68,75

1er

3

18,75

2eme

2

12,50

3eme

11

68,75

Zongo I

3

18,75

Wansirou

1

6,25

Nima

2

12,5

Nouveau quartier

1

6,25

Zongo II

3

18,75

Okédama

1

6,25

Amanwignon

1

6,25

Yokossi

1

6,25

Albarika

2

12,5

Ganou

1

6,25

Age (années)

Sexe

Arrondissement

Quartier

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

47

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

1.1.3 Parents d’élèves
Les parents d’élèves enquêtés étaient au nombre de trente (35). Ils avaient pour la plupart 51,4%
entre trente un (31) et quarante un (41) an et étaient à 57,1% des hommes contre 42,9% de
femmes. La majorité des parents d’élèves 48,6% travaillaient dans le secteur privé 25,7% et
22,9%, respectivement cadres et agents de l’administration privée. Les entreprises privées
28,6% ; la fonction publique 20% et le secteur libéral 20% sont les principales structures dans
lesquelles interviennent ces parents d’élèves. Le tableau 5 présente la répartition des parents
d’élèves selon leurs caractéristiques socio-démographiques.
Tableau V: Répartition des parents d’élèves selon leurs caractéristiques socio-démographiques

Variables

Effectif (N=35)

Pourcentage (%)

20-30

3

8,57

31-41

18

51,43

42-52

8

22,86

&gt;52

6

17,14

Masculin

20

57,14

Féminin

15

42,86

Cadre Administration Publique

4

11,43

Cadre Administration Privée

9

25,71

Agent Administration Publique

6

17,14

Agent Administration Privée

8

22,86

Étudiant

3

8,57

Ouvrier

5

14,29

ONG

3

8,57

Projets

1

2,86

Fonction Publique

7

20,00

Université

5

14,29

Libéral

7

20,00

Entreprise Privée

10

28,57

Collectivité Locale

2

5,71

Age (années)

Genre

Fonction

Structure

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

48

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

1.2 Pratiques de motivation et réussite scolaire
1.2.1 Motivation autodéterminée et réussite scolaire
En ce qui concerne l’incitation des élèves par la motivation autodéterminée, les résultats de
l’étude révèlent que trois élèves sur quatre se sentent responsables dans l’exercice de leurs
activités (figure 3) et environ 71% des élèves ont le sentiment de faire librement leurs choix
(figure 4). Il faut noter que la liberté de choix dans la prise de décision chez ces élèves n’est
pas totale. En effet, 76,2% des élèves reconnaissent avoir la liberté de choix dans leurs prises
de décisions contre 23,8% qui déclarent n’avoir jamais eu cette liberté de choix (figure 5). Par
ailleurs, tous les élèves 100% déclarent que les enseignements suscitent en eux le sentiment de
plaisir et de satisfaction, et tous les élèves enquêtés 100% éprouvent du plaisir dans l’activité
engagée.
Très souvent

33,33

Souvent

42,86

Jamais

23,81

Responsables dans l’exercice des activités
Figure 3: Distribution des élèves selon leurs responsabilités dans l’exercice de leur activité (n=84)
Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

Très souvent

23,81

Souvent

47,62

Jamais

28,57

Sentiment de libre choisir
Figure 4: Distribution des élèves selon leurs sentiments de libre choisir (n=84)
Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

Très souvent

13,1

Souvent
Jamais

63,1
23,81

Liberté de choix dans la prise de décision
Figure 5: Distribution des élèves selon leur liberté de choix dans la prise de décision (n=84)
Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

49

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

Pour ce qui est de la relation entre la motivation autodéterminée et la réussite scolaire (tableau
6), 78,6% des élèves enquêtés, affirment que la responsabilité dans l’exercice des activités, le
sentiment de libre choix et la liberté de choix dans la prise de décision favorisent leur réussite
scolaire.
Tableau VI: Relation entre la motivation autodéterminée et la réussite scolaire

Variable

Effectif (N=84)

Pourcentage (%)

Responsabilité dans l’exercice des activités, sentiment de libre choix et liberté de choix dans la
prise de décision favorisent la réussite scolaire
Jamais

18

21,43

Souvent

5

5,95

Très souvent

61

72,62

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

1.2.2 Style de motivation par la communication et réussite scolaire
1.2.2.1 Enseignants
Du point de vue du style de motivation par la communication, les enseignants enquêtés
partagent la parole et écoutent leurs élèves, très souvent 93,7% ou souvent 6,3%. Ils veillent
souvent 87,5% ou très souvent 12,5% à l’appropriation des principes de l'APC par les élèves à
travers les occasions accordées aux élèves d’exprimer leurs prérequis sur chaque thématique
abordée avec eux en classe. Plus de huit enseignants sur dix offrent des cadeaux à leurs élèves.
Mais à côté, 93,7% des enseignants enquêtés passent souvent aux mesures punitives ; sans plus
de précision sur la nature de ces mesures. Le tableau 7 suivant présente les résultats sur le style
de motivation par la communication adoptée chez les enseignants.
Tableau VII: Style de motivation par la communication relative aux enseignants

Variables

Effectif (N=16)

Pourcentage (%)

Jamais

0

0,00

Souvent

1

6,25

Très souvent

15

93,75

Partage de la parole et écoute des élèves

Veille pour appropriation des principes de l'APC (expression des prérequis) par les élèves
Jamais

0

0,00

Souvent

14

87,5

Très souvent

2

12,5

50

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats
Variables

Effectif (N=16)

Pourcentage (%)

Jamais

3

18,75

Souvent

10

62,5

Très souvent

3

18,75

Jamais

1

6,25

Souvent

15

93,75

Très souvent

0

0,00

Offrande de cadeaux aux élèves méritants

Passage aux mesures punitives

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

Les résultats présentés dans le tableau 8 révèlent qu’en terme de relation entre le style de
motivation par la communication relatif aux enseignants et la réussite scolaire, 93,7% des
enseignants soulignent que le partage de la parole et l’écoute des élèves; la veille pour
l’appropriation des principes de l'APC à travers les occasions accordées aux élèves d’exprimer
leurs prérequis sur chaque thématique abordée avec eux en classe, l’offrande de cadeaux aux
élèves méritants, et le passage aux mesures punitives contribuent à la réussite scolaire de leurs
élèves.
Tableau VIII: Relation entre le style de motivation par la communication relative aux enseignants et la réussite
scolaire

Variables

Effectif (N=16)

Pourcentage (%)

Partage de la parole et écoute des élèves ; veille pour appropriation des principes de l'APC
(expression des prérequis) par les élèves, offrande de cadeaux aux élèves méritants, passage aux
mesures punitives contribuent à la réussite scolaire de vos élèves
Jamais

1

6,25

Souvent

11

68,75

Très souvent

4

25,00

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

1.2.2.2 Parents d’élèves
Pour ce qui est du style de motivation par la communication relative aux parents (tableau 9), la
quasi-totalité de ces derniers 97,1% organisent des sorties de détente avec leurs enfants.
L’ensemble des parents 100% font des promesses de vacances et de cadeaux à leurs enfants
méritants. Ils accordent à 91,4%, des primes à leurs enfants ayant les meilleurs résultats.

51

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

Néanmoins, 36,1% de ces parents punissent leurs enfants ayant obtenu de mauvais résultats à
l’école.
Tableau IX: Style de motivation par la communication relative aux parents

Variables

Effectif (N=35)

Pourcentage (%)

Jamais

1

2,86

Souvent

24

68,57

Très souvent

10

28,57

Jamais

0

0,00

Souvent

15

42,86

Très souvent

20

57,14

Jamais

3

8,57

Souvent

20

57,14

Très souvent

12

34,29

Jamais

22

62,86

Souvent

9

25,71

Très souvent

4

11,43

Organisation des sorties détente avec votre enfant

Promesse de vacances et de cadeaux aux enfants méritants

Prime à l'enfant ayant le meilleur résultat

Punition des enfants ayant obtenu de mauvais résultats

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

De l’analyse du tableau 10, il ressort que pour 82,9% des parents d’élèves, l’organisation des
sorties de détente avec les enfants, les promesses de vacances et de cadeaux aux enfants
méritants, les primes aux enfants ayant les meilleurs résultats, ainsi que la punition des enfants
ayant obtenu de mauvais résultats à l’école, favorisent la réussite scolaire de leurs enfants.
Tableau X: Relation entre le style de motivation par la communication relative aux parents d’élèves et la réussite
scolaire

Variables

Effectif (N=35)

Pourcentage (%)

Organisation des sorties détente avec votre enfant ; promesse de vacances et de cadeaux aux enfants
méritants, prime à l'enfant ayant le meilleur résultat, punition des enfants ayant obtenu de mauvais
résultats influencent la réussite scolaire de vos enfants
Jamais

6

17,14

Souvent

13

37,14

Très souvent

16

45,72

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

52

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

1.2.3 Stratégie d’apprentissage et réussite scolaire
Quant aux stratégies d’apprentissage, les résultats de l’enquête présentés dans le tableau 11
indiquent que 94,0% des élèves apprennent quotidiennement leurs leçons, 95,2% d’eux font
chaque soir, leurs exercices de maison et 92,9% de ces élèves disposent d’un emploi de temps
personnel à la maison pour faire les exercices et apprendre les leçons. On note également que
90,5% des élèves enquêtés jouissent à la maison, de conditions favorisant l’apprentissage.
Enfin, 70,2% de ces élèves aiment la lecture.
Tableau XI: Stratégie d’apprentissage des élèves

Variables

Effectif (N=84)

Pourcentage (%)

Jamais

5

5,95

Souvent

53

63,10

Très souvent

26

30,95

Jamais

4

4,76

Souvent

56

66,67

Très souvent

24

28,57

Apprentissage quotidien des leçons

Exercices de maison chaque soir

Emploi de temps personnel à la maison pour faire les exercices et apprendre les leçons
Jamais

6

7,14

Souvent

30

35,72

Très souvent

48

57,14

Jamais

8

9,52

Souvent

20

23,81

Très souvent

56

66,67

Jamais

25

29,76

Souvent

21

25,00

Très souvent

38

45,24

Conditions favorisant l’apprentissage à la maison

Amour de la lecture

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

53

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

Opinant sur la relation entre les stratégies d’apprentissage et la réussite scolaire (tableau 12),
92,9% des élèves affirment que l’apprentissage quotidien des leçons ; les exercices de maison
faits chaque soir ; la possession d’un emploi de temps personnel à la maison pour faire les
exercices et apprendre les leçons ; des conditions favorisant l’apprentissage à la maison et
l’amour de la lecture, participent à leur réussite scolaire.
Tableau XII: Relation entre stratégie d’apprentissage et réussite scolaire

Variables

Effectif (N=84)

Pourcentage (%)

Apprentissage quotidien des leçons ; exercices de maison chaque soir ; amour de la lecture ; emploi
de temps personnel à la maison pour faire les exercices et apprendre les leçons ; conditions
favorisant l’apprentissage à la maison participent à la réussite scolaire
Jamais

6

7,14

Souvent

29

34,53

Très souvent

49

58,33

Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

1.3 Types de motivations et réussite scolaire des élèves
Les résultats de l’analyse sur le type de motivation aboutissant à la réussite scolaire suivant le
niveau d’étude des élèves enquêtés, indiquent qu’il n’existe aucune différence significative au
seuil de 5% entre les niveaux d’étude des élèves lorsqu’on considère les types motivations
aboutissant à la réussite scolaire (χ2 = 3,31 ; P = 0,192). En effet, les élèves enquêtés affirment
que ce sont les motivations intrinsèques 15,5% ; extrinsèques 28,5% et la combinaison des deux
56% qui leur permet d’aboutir à une réussite scolaire (tableau 13).
Tableau XIII: Type de motivation aboutissant à la réussite scolaire suivant le niveau d’étude des élèves enquêtés

Type de motivation aboutissant à la réussite scolaire
Variables
Intrinsèque

Extrinsèque

Intrinsèque + Extrinsèque

Niveau d’étude
CM1 (n=40)

15,0

27,5

57,5

CM2 (n=44)

15,9

29,5

54,5

Moyenne

15,5

28,5

56,0

Ddl

2

χ2

3,31

P

0,192

ddl = degré de liberté, χ2 = Chi carré, P &lt; 0,05 indique qu’il existe une différence significative.
Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

54

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

1.4 Châtiment corporel et réussite scolaire des élèves
Des résultats de l’analyse sur l’effet du niveau de châtiment corporel sur la réussite scolaire
suivant le niveau d’étude des élèves enquêtés, il ressort qu’il n’existe aucune différence
significative au seuil de 5% entre les niveaux d’étude des élèves lorsqu’on considère l’effet du
niveau de châtiment corporel sur la réussite scolaire (χ2 = 0,04 ; P = 0,972). En effet, la majorité
des élèves enquêtés 86,9% soulignent que l’absence de châtiment corporel assure la réussite
scolaire, contrairement à 10,7% et 2,4% respectivement, qui pensent qu’il faudrait un peu ou
beaucoup de châtiment corporel pour garantir leur réussite scolaire (tableau 14).

Tableau XIV: Effet du niveau châtiment corporel sur la réussite scolaire suivant le niveau d’étude des élèves
enquêtés

Réussite scolaire conditionnée par le niveau de châtiment corporel
Variables
Aucun

Un peu

Beaucoup

CM1 (n=40)

87,5

10,0

2,5

CM2 (n=44)

86,4

11,4

2,3

Moyenne

86,9

10,7

2,4

Niveau d’étude

Ddl

2

χ2

0,04

P

0,978
ddl = degré de liberté, χ2 = Chi carré, P &lt; 0,05 indique qu’il existe une différence significative.
Source : Résultats issus de nos analyses, avril 2024

2. Discours des résultats
Trois élèves sur quatre se sentent responsables dans l’exercice de leurs activités et environ 71%
des élèves ont le sentiment de faire librement leurs choix. Aussi, 76,2% des élèves reconnaissent
avoir la liberté de choix dans leurs prises de décisions. Enfin, pour 78,57% des élèves enquêtés,
la responsabilité dans l’exercice des activités, le sentiment de libre choix et la liberté de choix
dans la prise de décision favorisent leur réussite scolaire. Ainsi, sachant que la responsabilité
dans l’exercice des activités, le sentiment de libre choix et la liberté de choix dans la prise de
décision sont des caractéristiques de la motivation autodéterminée, il apparait que l’incitation
des élèves par la motivation autodéterminée favorise la réussite scolaire. En effet, selon Lieury

55

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

&amp; Fenouillet, (2013), l’autodétermination est le sentiment de choisir, ou libre arbitre, et
s’oppose à la contrainte, la pression sociale, la situation d’évaluation. De plus, pour Pelletier et
Vallerand. (1993), la liberté de choix dans la prise de décision, d’action suscite le sentiment de
plaisir et de satisfaction chez l’acteur. Or Glandais (2016) révèle que plus la motivation des
élèves est autodéterminée, plus ils sont attentifs, persévérants et ont du plaisir à réaliser
l’activité sur le long terme. Ce type de motivation favorise donc l’implication de l’élève en
classe. De même, Ryan et Deci (2000) puis Reeve (2002) ont montré que les formes de
motivations les plus autodéterminées avaient un impact positif sur l’élève alors que les moins
autodéterminées avaient des conséquences négatives. Ainsi, ce type de motivation implique
davantage les élèves et contribue à leur réussite. L’autonomie est donc considérée comme la
finalité de l’éducation (Patry, 2018).
Les résultats indiquent que tous les enseignants enquêtés (100%) partagent la parole et écoutent
leurs élèves, ils veillent aussi à l’appropriation des principes de l'APC par les élèves à travers
les occasions accordées aux élèves d’exprimer leurs prérequis sur chaque thématique abordée
avec eux en classe. Plus de huit enseignants sur dix offrent des cadeaux à leurs élèves mais
93,7% d’eux passent aux mesures punitives ; sans plus de précision sur la nature de ces mesures.
De plus, 93,7% des enseignants soulignent que le partage de la parole et l’écoute des élèves ; la
veille pour l’appropriation des principes de l'APC à travers les occasions accordées aux élèves
d’exprimer leurs prérequis sur chaque thématique abordée avec eux en classe, l’offrande de
cadeaux aux élèves méritants, et le passage aux mesures punitives qui sont des formes de
communication, contribuent à la réussite scolaire de leurs élèves. Ces différents styles
motivationnels par la communication cadrent avec les résultats des travaux de Reeve (2002 ;
2009) rapportés par Leroy et al. (2013), qui distinguent deux styles motivationnels à savoir : le
« style soutenant l’autonomie » et le « style contrôlant ». En effet, pour ces auteurs, le « style
soutenant l’autonomie », présente un enseignement qui a pour objectif de combler les besoins
motivationnels des élèves. Les pratiques enseignantes de ce style se manifestent par des
opportunités laissées aux élèves de décider, de s’exprimer et de faire des choix. Dans ce sens,
l’enseignant encourage et exerce des feedbacks positifs (retours positifs) ; il est à l’écoute de
ses élèves. En revanche, selon Deci et Ryan (1987), le style contrôlant est caractérisé par « un
ensemble de pratiques accentuant le poids des pressions et ayant pour but d’inciter les élèves à
agir d’une façon spécifique. Ce style ne permet donc pas de satisfaire les besoins des élèves
mais développe plutôt de la motivation extrinsèque voire l’amotivation. Ici, l’enseignant ne
partage pas la parole, il la monopolise, n’accorde pas assez de temps à ses élèves pour terminer

56

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

leur travail, usant fréquemment de récompenses/punitions et utilisant un langage plus directif ;
une communication contraignante.
Il résulte de l’enquête que 94,0% des élèves apprennent quotidiennement leurs leçons, 95,2%
d’eux font chaque soir, leurs exercices de maison et 92,9% de ces élèves disposent d’un emploi
de temps personnel à la maison pour faire les exercices et apprendre les leçons. Aussi, 90,5%
des élèves enquêtés jouissent à la maison, de conditions favorisant l’apprentissage et 70,2%
d’eux aiment la lecture. De plus, 92,9% des élèves affirment que l’apprentissage quotidien des
leçons ; les exercices de maison faits chaque soir ; la possession d’un emploi de temps personnel
à la maison pour faire les exercices et apprendre les leçons ; des conditions favorisant
l’apprentissage à la maison et l’amour de la lecture, participent à leur réussite scolaire. Sachant
que la stratégie d’apprentissage inclue l’apprentissage quotidien des leçons ; les exercices de
maison faits chaque soir ; la possession d’un emploi de temps personnel à la maison pour faire
les exercices et apprendre les leçons ; des conditions favorisant l’apprentissage à la maison et
l’amour de la lecture, on en déduit donc que la stratégie d’apprentissage participe à la réussite
scolaire. Ces résultats corroborent ceux de divers auteurs. En effet, selon Viau (2008), les élèves
font usage de divers moyens pour acquérir des connaissances et compétences et mieux contrôler
leur démarche d’apprentissage. Ces stratégies développées par les élèves pour tenter de réussir
une activité, s’entendent comme une stratégie d’apprentissage.
Durant l’étude, les élèves enquêtés affirment que ce sont les motivations intrinsèques 15,5% ;
extrinsèques 28,5% et la combinaison des deux 56% qui leur permet d’aboutir à une réussite
scolaire. En effet, la motivation extrinsèque est une forme d’adaptation de comportement face
à des exigences du contexte duquel l’individu dépend. C’est-à-dire, il se met dans des
contraintes et doit changer ses façons de se comporter afin d’éviter des sanctions ou de gagner
des récompenses de l’activité. Quant à la motivation intrinsèque, elle est une forme de
motivation émanant de l’individu lui-même. Elle correspond à l’intérêt, à la curiosité, c’est-àdire au sens courant de la motivation. Un élève qui s’engage spontanément dans un exercice de
résolution de problèmes est le signe que cette activité revêt de l’intérêt pour lui et qu’il aime en
résoudre. La motivation intrinsèque renvoie donc à l’autodétermination et la compétence perçue
Lieury et Fenouillet, (2013).
La majorité des élèves enquêtés 86,9% soulignent que l’absence de châtiment corporel assure
la réussite scolaire. Ces résultats sont en adéquation avec ceux de divers auteurs. En effet, selon
Soré et Moyenga (2019), la sanction à l’école serait un facteur de terreur qui installe une
distance handicapante entre l’enseignant et l’élève, réduisant la participation à partir du moment
où se tromper constitue un motif valable de sanction. Elle représenterait également un facteur
57

�Chapitre 1 : Restitution, analyse et discussion des résultats

de déperdition scolaire, des enfants abandonnant l’école par crainte de sévices corporels ou à
l’issue de traitements jugés dégradants. Pour preuve, les résultats des travaux de Debarbieux
(2006) révèlent que le châtiment corporel à l’école n’est pas efficace au niveau des
apprentissages, car les établissements pratiquant le moins ce type de punition ont les meilleurs
résultats académiques. De ce fait, le recours aux différentes pratiques de motivation sans
châtiment corporel dans les établissements scolaires améliorerait donc la réussite scolaire des
écoliers au Bénin.

58

�Chapitre 2 : De la validation des hypothèses aux suggestions

CHAPITRE 2 : DE LA VALIDATION DES HYPOTHÈSES AUX
SUGGESTIONS
Ce dernier chapitre est consacré à la vérification des hypothèses et aux suggestions.

1. Vérification des hypothèses
La confrontation ou l’appréciation du degré de validation des hypothèses émises, à partir de
l’analyse des données de l’enquête permettront la confirmation ou l’infirmation des hypothèses.
Ainsi, les hypothèses seront vérifiées, une par une.

1.1 Hypothèse 1 : L’incitation des élèves par la motivation autodéterminée
favorise la réussite scolaire
La première hypothèse de la présente étude stipule que l’incitation des élèves par la motivation
autodéterminée favorise la réussite scolaire. Ainsi, sachant que la responsabilité dans l’exercice
des activités, le sentiment de libre choix et la liberté de choix dans la prise de décision sont des
caractéristiques de la motivation autodéterminée, nous pouvons donc conclure que l’hypothèse
1 selon laquelle l’incitation des élèves par la motivation autodéterminée favorise la réussite
scolaire est confirmée.

1.2 Hypothèse 2 : Le style de motivation par la communication de l’enseignant
du primaire détermine les résultats scolaires ou le rendement scolaire
La deuxième hypothèse de cette étude stipule que le style de motivation par la communication
détermine les résultats scolaires. Des résultats de l’étude, il ressort que tous les enseignants
enquêtés (100%) partagent la parole et écoutent leurs élèves, ils veillent aussi à l’appropriation
des principes de l'APC par les élèves à travers les occasions accordées aux élèves d’exprimer
leurs prérequis sur chaque thématique abordée avec eux en classe. Plus de huit enseignants sur
dix offrent des cadeaux à leurs élèves mais 93,7% d’eux passent aux mesures punitives ; sans
plus de précision sur la nature de ces mesures. De plus, 93,7% des enseignants soulignent que
le partage de la parole et l’écoute des élèves ; la veille pour l’appropriation des principes de
l'APC à travers les occasions accordées aux élèves d’exprimer leurs prérequis sur chaque
thématique abordée avec eux en classe, l’offrande de cadeaux aux élèves méritants, et le passage
aux mesures punitives qui sont des formes de communication, contribuent à la réussite scolaire
de leurs élèves.
Au niveau des parents, 97,1% d’eux organisent des sorties de détente avec leurs enfants ; tous
(100%) font des promesses de vacances et de cadeaux à leurs enfants méritants et 91,4%
accordent des primes à leurs enfants ayant les meilleurs résultats. Néanmoins, 36,1% de ces
59

�Chapitre 2 : De la validation des hypothèses aux suggestions

parents punissent leurs enfants ayant obtenu de mauvais résultats à l’école. Aussi, les formes
de communication que sont l’organisation des sorties de détente avec les enfants, les promesses
de vacances et de cadeaux aux enfants méritants, les primes aux enfants ayant les meilleurs
résultats, ainsi que la punition des enfants ayant obtenu de mauvais résultats à l’école, favorisent
selon 82,9% des parents d’élèves, la réussite scolaire de leurs enfants. On pourrait donc déduire
que le style de motivation par la communication détermine les résultats scolaires. Ainsi,
l’hypothèse 2 est confirmée.

1.3 Hypothèse 3 : la stratégie d’apprentissage explique la réussite scolaire
La troisième hypothèse de cette recherche stipule que la stratégie d’apprentissage influence la
réussite scolaire.
Il résulte de l’enquête que 94,0% des élèves apprennent quotidiennement leurs leçons, 95,2%
d’eux font chaque soir, leurs exercices de maison et 92,9% de ces élèves disposent d’un emploi
de temps personnel à la maison pour faire les exercices et apprendre les leçons. Aussi, 90,5%
des élèves enquêtés jouissent à la maison, de conditions favorisant l’apprentissage et 70,2%
d’eux aiment la lecture. De plus, 92,9% des élèves affirment que l’apprentissage quotidien des
leçons ; les exercices de maison faits chaque soir ; la possession d’un emploi de temps personnel
à la maison pour faire les exercices et apprendre les leçons ; des conditions favorisant
l’apprentissage à la maison et l’amour de la lecture, participent à leur réussite scolaire. Sachant
que la stratégie d’apprentissage inclue l’apprentissage quotidien des leçons ; les exercices de
maison faits chaque soir ; la possession d’un emploi de temps personnel à la maison pour faire
les exercices et apprendre les leçons ; des conditions favorisant l’apprentissage à la maison et
l’amour de la lecture, on en déduit donc que la stratégie d’apprentissage participe à la réussite
scolaire. Ainsi, l’hypothèse 3 est confirmée.

2. Suggestions
2.1 Suggestions à l’endroit des élèves
Les élèves doivent avoir une motivation intrinsèque pour pourvoir réussir dans leurs études. Ils
doivent avoir aussi la motivation extrinsèque car seule la motivation intrinsèque ne suffit pas
pour réussir ; ce qui les aidera à :
-

avoir un emploi de temps personnel à la maison pour faire les exercices et apprendre
les leçons; Apprendre quotidiennement leurs leçons;

-

faire leurs exercices de maison chaque soir;

-

être amoureux de la lecture;

60

�Chapitre 2 : De la validation des hypothèses aux suggestions

Telles sont quelques conditions favorisant la réussite scolaire

2.2 Suggestions à l’endroit des enseignants
La communication est l'élément le plus important dans le processus d'enseignementapprentissage puisqu'il s'agit d'un processus interactif. « Il apparaît évident que les
communications constituent un chaînon essentiel des relations humaines dans l'école [...].
(Elles) constitue(nt) un élément non négligeable de paix scolaire » Delaire, (1986). Ce qui
implique à :
-

partager la parole et à écouter l’élèves ;

-

veiller à l’appropriation des principes de l'APC (expression des prérequis) par les
élèves ;

-

offrir de cadeaux aux élèves méritants ;

-

passer aux mesures punitives.

2.3 Suggestions à l’endroit des parents d’élève
Les parents devront témoigner, à l'égard de leurs enfants, de l'affection. Ils doivent jouer le rôle
d'éducation de base qui leur est dévolu et confié. L'étude menée par Bakali (1997) dans le cadre
de son mémoire de Maîtrise a confirmé le fait que les élèves placés dans un foyer instable sont
plus enclins à manifester des comportements répréhensibles, ce qui suscite la colère des
enseignants qui n'hésitent pas à utiliser les punitions corporelles. Cela voudra dire que
l'affection, l'amour et la rigueur sont des attitudes, des choix nécessaires au bon développement
de l'enfant.
Les parents, par la combinaison de la tendresse, de la sympathie et de la rigueur, pourront
amener les enfants à une bonne réussite scolaire.

2.4 Suggestions à l’endroit des décideurs politiques
L'agent de confection et de réalisation des politiques scolaires. [...] La tâche confiée aux
enseignants est celle de l'accomplissement ou de la réalisation de la mission de socialisation.
Les résultats de leur travail pédagogique devraient converger aux objectifs poursuivis par l'Etat,
la pratique de formation à donner aux enseignants est de la même importance que celui des
élèves. Amuzu-Glikpa, (2009 :4). Former les agents de l’éducation à allier l’éducation moderne
et l’éducation traditionnelle au Bénin. Déterminer quel type de punition peut-on admettre aux
élèves pour les inciter au travail. Associer la motivation intrinsèque et la motivation
extrinsèque.

61

�Conclusion

CONCLUSION
Cette recherche porte sur la gestion de la motivation des écoliers dans les établissements privés
et réussite scolaire, avec une attention particulière au cas de l’école primaire Émilie de
Villeneuve de Parakou/Bénin. La problématique de l’amélioration de la réussite scolaire au
niveau des écoliers sans le châtiment corporel, a intéressé les contemporains, les chercheurs et
les praticiens. C’est pour cette raison que plusieurs études ont été menées pour découvrir les
atouts d’un apprentissage des écoliers sans le châtiment corporel. Les recherches sur cette
préoccupation n’ont pas abouti à la même conclusion.
Les résultats de l’étude réalisée par Soré et Moyenga sur la sanction à l’école : entre
interdiction, survivance et innovation en 2019 ont révélé que la sanction à l’école serait un
facteur de terreur qui installe une distance handicapante entre l’enseignant et l’élève, réduisant
la participation à partir du moment où se tromper constitue un motif valable de sanction. Elle
représenterait également un facteur de déperdition scolaire, des enfants abandonnant l’école par
crainte de sévices corporels ou à l’issue de traitements jugés dégradants. Allant dans la même
perspective, les chercheurs comme Twum-Danso (2010) ; Taylor, Hamvas, Rice, Newman et
DeJong (2011) ; Gershoff (2013) ; UNICEF (2014) ; Gershoff (2017) ont révélé à travers leurs
résultats l’existence d’effets particulièrement nocifs sur les enfants qui subissent les châtiments
corporels. Parmi eux, cette stratégie motivationnelle à des conséquences négatives sur la santé
aussi bien mentale que physique de l’enfant.
Toutefois, cette posture ne fait pas l’unanimité dans la sphère scientifique sur la punition
corporelle. Des chercheurs comme Cowan (2002), Larzelere et Kuhn (2005), Larzelere et
Baumrind (2010), ont montré à travers leurs résultats que, certaines formes de châtiments
corporels peuvent être utiles dans le cas d’un « usage modéré » et ne seraient dangereuses que
si elles deviennent abusives.
En revanche, Antonowicz (2010), dans ses écrits, souligne que les châtiments corporels restent
une forme de violence encore perçue comme un moyen légitime de corriger les comportements
indésirables de l’enfant à la maison et mais également de l’écolier par son enseignant. De même,
une enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS) conduite par l’ANSD et l’UNICEF
(2016) a confirmé la persistance du recours aux châtiments corporels dans les familles comme
dans les écoles. Mais, Debarbieux (2006) à travers les résultats de ses travaux, refuse cette thèse
et révèle que le châtiment corporel à l’école n’est pas efficace au niveau des apprentissages, car
la plupart des établissements pratiquant le moins ce type de punition ont les meilleurs résultats
académiques.
62

�Conclusion

Ces études empiriques soulèvent encore le débat sur la stratégie motivationnelle
d’apprentissage des écoliers. Peu de recherches semblent s’être intéressées à la pratique en
milieu familial plus que scolaire Gershoff (2017), dans les écoles des régions du Bénin
notamment dans les communes du Borgou.
Cette recherche s’inscrit dans cette perspective en examinant les stratégies motivationnelles
d’apprentissage les plus efficaces pouvant contribuer à l’amélioration des rendements scolaires.
Elle avait pour objectif principal d’appréhender l’effet des pratiques de motivation sans
châtiment corporel dans les établissements sur la réussite scolaire des écoliers. Plus
précisément, cette recherche a essayé de répondre à la préoccupation principale suivante : A
quelles conditions le recours aux pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les
établissements améliore-t-elle la réussite scolaire des écoliers au Bénin ? Pour régler cette
question centrale, plusieurs préoccupations intermédiaires ont été d’abord résolues. Ces
préoccupations intermédiaires sont relatives aux objectifs spécifiques. Il s’agit d’abord,
d’identifier les pratiques de motivation des apprenants des établissements primaires au Bénin,
Ensuite de déterminer l’effet de l’usage du style de motivation par la communication par
l’enseignant sur la réussite scolaire. Finalement, il est procédé à évaluation de l’influence de la
stratégie d’apprentissage de l’enseignant sur le niveau de la réussite scolaire au Bénin.
Pour mener à bien cette recherche dans le but d’atteindre ces différents objectifs, une
méthodologie rigoureuse a été adoptée. D’abord, au regard de la littérature, cette recherche a
examiné les contours des concepts de motivation sans châtiments corporels et de réussite
scolaire et la relation qui existe entre ces deux concepts. Cette analyse de la littérature a permis
d’observer que la stratégie motivationnelle d’apprentissage des écoliers dans les établissements
du primaire peut affecter positivement ou négativement le niveau de réussite scolaire. En plus,
une revue de littérature approfondie a été réalisée, en mobilisant les travaux de chercheurs tels
que Soré et Moyenga, Gershoff E. T., Debarbieux, etc. La revue de littérature réalisée a permis
de recenser les travaux antérieurs sur les pratiques de motivation sans châtiments corporels et
leur influence sur la réussite scolaire sociale.
Ensuite, la démarche hypothético-déductive est adoptée avec une approche quantitative et de
l’approche qualitative. L’étude empirique a été réalisée sur un échantillon de convenance de 84
écoliers (CM1 et CM2), 16 enseignants et 35 parents d’élève.
Enfin, une fois les données collectées par le biais d’un questionnaire, elles ont fait objet de
traitement Grâce à des analyses statistiques à l'aide du logiciel R 4.1.1. Cette démarche
méthodologique telle qu’évoquée plus haut a permis d’atteindre les objectifs de la recherche à
partir des résultats auxquels nous sommes parvenus.
63

�Conclusion

Les résultats de cette recherche révèlent que la majorité des élèves enquêtés soulignent que
l’absence de châtiment corporel assure la réussite scolaire. Car, les établissements pratiquant le
moins ce type de punition ont les meilleurs résultats académiques. De ce fait, le recours aux
différentes pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les établissements scolaires
améliorerait donc la réussite scolaire des écoliers au Bénin.
Comme toute recherche, celle-ci comporte des limites relatives au non utilisation d’approche
qualitative. Certes, l'utilisation d'une étude quantitative permet de mieux comprendre le
phénomène de la recherche. Néanmoins, les études de cas nécessitent un examen attentif du
sujet de recherche. L’autre limite majeure de cette recherche est le fait que nos résultats
quantitatifs ont été obtenus à partir de l’analyse des données recueillies par le questionnaire
dans une seule région (département). Cette situation nous interdit toute généralisation des
résultats en dehors de l’univers restreint que constitue l’échantillon de la recherche. Ainsi, en
dépit de ces limites qui n’entravent en rien la pertinence des résultats, cette recherche ouvre la
voie à d’autres recherches du même domaine en contexte béninois. A cet effet, de futurs travaux
de recherche peuvent chercher à analyser l’impact du cadre normatif et trop formel des
châtiments corporels sur la performance scolaire. Ce n’est donc qu’en complétant cette
recherche par d’autres que l’on peut faire des progrès sur cette thématique.

64

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LXIX

�Annexes

ANNEXES
Annexe 1. Questionnaire : Écoliers
Pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les établissements sur la réussite scolaire
des écoliers
Question Libellé

Modalités

Age
1. CM 1
Niveau d’étude

2. CM 2
1. Masculin

Genre

2. Féminin

Section 0 : Données démographiques
Section 1 : Pratiques de motivation
1.1. Incitation par la motivation autodéterminée
Échelle de type Likert à trois points variant de 1 à 3: « Jamais », « Souvent » et «Très souvent ».
Veuillez attribuer une note de 1 (jamais) à 3 (très souvent) pour chaque proposition.
1 - Jamais
Question

2 - Souvent

3 - Très souvent

Libellé

Modalités
1

2

3

Êtes-vous responsable dans l’exercice de vos activités ?
Avez-vous le sentiment de libre choisir ?
Avez-vous la liberté de choix dans la prise de décision ?
L’enseignant suscite-t-il le sentiment de plaisir et de
satisfaction en vous ?
Éprouvez-vous de l’intérêt et du plaisir dans l’activité
engagée ?

LXX

�Annexes

Section 2 : Réussite scolaire
1.1.

Utilisation par l'élève des techniques appropriées

Echelle de type Likert à trois points variant de 1 à 3 : « Jamais », « Souvent » et « Très souvent
».
Veuillez attribuer une note de 1 (Jamais) à 3 (très souvent) pour chaque proposition.
1 – Jamais
Question

2 – Souvent

3 – Très souvent

Libellé

Modalités
1

2

3

As-tu un emploi de temps personnel à la maison ?
Apprends-tu tes leçons tous les soirs ?
Traites-tu tes exercices au quotidien ?
Aimes-tu la lecture ?
Trouvez-vous du plaisir à être parmi les meilleurs ?
L’enseignant par son comportement vous pousse-t-il à bien
travailler ?
Les sentiments de joie et de satisfaction vous animent-ils
lorsque vous travaillez bien en classe ?

LXXI

�Annexes

Annexe 2. Questionnaire des enseignants
Pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les établissements sur la réussite scolaire
des écoliers
Section 0 : Données démographiques
Identifiant
Département : ………………………………………………….
Commune : …………………………………………………………
Arrondissement : …………………………………………………
Quartier : ……………………………………………………………….
Section 1 : Pratiques de motivation
1.2.Style de motivation par la communication
Question Libellé

Modalités

Age
Nature du répondant

Enseignant
1. Masculin

Genre

2. Féminin

Échelle de type Likert à trois points variant de 1 à 3 : « Jamais », « Souvent » et « Très souvent ».
Veuillez attribuer une note de 1 (Jamais) à 3 (très souvent) pour chaque proposition.
1 – Jamais
Question

2 – Souvent

5 –Très souvent

Libellé

Modalités
1

2

3

Le sensibilisez-vous en lui montrant les effets de l’assiduité
au travail ?
Veillez-vous à l’appropriation des principes de l’APC par
les élèves ?
Offrez-vous des cadeaux à votre élève ?
Est-ce que vous passez aux mesures punitives ?

LXXII

�Annexes

Section 2 : Réussite scolaire
Méthode et stratégie d’enseignement

1.2.

Échelle de type Likert à trois points variant de 1 à 3: «Jamais», « Souvent » et « Très souvent ».
Veuillez attribuer une note de 1 (jamais) à 3 (très souvent) pour chaque proposition.
1 – Jamais
Question

2 – Souvent

3– Très souvent

Libellé

Modalités
1

2

3

Utilisez-vous des moyens pouvant inciter l’élève à bien
travailler en classe ?
Appliquez-vous au mieux les techniques de l’APC ?
Amenez-vous les élèves à suivre l’exemple des meilleurs ?

LXXIII

�Annexes

Annexe 3. Questionnaire / Parents
Pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les établissements sur la réussite scolaire
des écoliers
Section 0 : Données démographiques
Identifiant
Département : ………………………………………………….
Commune : …………………………………………………………
Arrondissement : …………………………………………………
Quartier : ……………………………………………………………….
Question Libellé

Modalités

Age
Parent d’élève
Nature du répondant
3. Masculin
Genre

4. Féminin

Fonction des parents
Structure des parents
Section 1 : Pratiques de motivation

1.3.Stratégie d’apprentissage
Echelle de type Likert à trois points variant de 1 à 3 : « Jamais », « Souvent » et
«Très souvent».
Veuillez attribuer une note de 1 (Jamais) à 3 (Très souvent) pour chaque proposition.
1 – « Jamais »
Question

2 – « Souvent »

3 – « Très souvent »

Libellé

Modalités
1

2

3

Faite-vous tout pour que votre enfant sache que vous suivez
son travail avec lui ?
Répondez-vous avec exactitude aux questions de l’enfant ?
Organisez-vous des sorties détentes avec votre enfant ?

LXXIV

�Annexes

Faite-vous des promesses de vacances dans une autre ville,
de cadeaux : vélo, habit, repas qu’il aime ?
Faite vous tout pour avoir le même langage que son
enseignant à l’école ?
Primez-vous l’enfant qui a le meilleur résultat dans la
famille ?
Est-ce que vous frappez ceux qui ne travaillent pas ?
Section 2 : Réussite scolaire
1.3.

Détermination des parents

Échelle de type Likert à trois points variant de 1 à 3 : « Jamais », « Souvent » et
Très souvent».

«

Veuillez attribuer une note de 1 (jamais) à 3 (très souvent) pour chaque proposition.
1 –Jamais
Question

2 – Souvent

3 – Très souvent

Libellé

Modalités
1

2

3

Développez-vous des moyens que vous mettez en place
pour le suivi du travail de l’enfant ?
Initiez-vous des échanges pouvant motiver votre élève à un
bon résultat scolaire ?
Recherchez-vous une adéquation entre le langage éducatif
et celui du maître de l’enfant ?

LXXV

�Table des matières

TABLE DES MATIÈRES
DÉDICACE ________________________________________________________________I
IN MEMORIUM ___________________________________________________________ II
REMERCIEMENTS _______________________________________________________ III
SIGLES ET ACRONYMES __________________________________________________ IV
LISTE DES TABLEAUX ____________________________________________________ V
LISTE DES FIGURES ______________________________________________________ VI
RÉSUMÉ _______________________________________________________________ VII
ABSTRACT _____________________________________________________________ VII
SOMMAIRE _____________________________________________________________ VIII
INTRODUCTION __________________________________________________________ 9
PREMIÈRE PARTIE : CADRE THÉORIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE ____________ 13
CHAPITRE 1 : LA PROBLÉMATIQUE ____________________________________________ 14
1.

Contexte et justification de la recherche ______________________________________________ 14

2.

Le problème de la recherche_______________________________________________________ 15
2.1

3.

4.

5.

Question de la recherche _______________________________________________________ 16

2.1.1

Question principale ______________________________________________________ 16

2.1.2

Questions secondaires ____________________________________________________ 16

Objectifs de la recherche _________________________________________________________ 16
3.1

Objectif général ______________________________________________________________ 16

3.2

Objectifs spécifiques __________________________________________________________ 17

Hypothèse de recherche __________________________________________________________ 17
4.1

Hypothèse principale __________________________________________________________ 17

4.2

Hypothèse secondaire _________________________________________________________ 17

Présentation de la zone d’étude : cas de l’école catholique primaire Émilie de Villeneuve de Parakou
_____________________________________________________________________________ 17
5.1 Situation géographique et historique de l’École Catholique Primaire Émilie De Villeneuve de
Parakou _________________________________________________________________________ 17
5.2 L’École Catholique Maternelle et Primaire Émilie de Villeneuve dans l’éducation béninoise et sous
régionale ________________________________________________________________________ 18
5.3

Présentation du personnel de l’école ______________________________________________ 18

5.4

La politique générale __________________________________________________________ 19

CHAPITRE 2 : LE CADRE THÉORIQUE, CONCEPTUEL ET MÉTHODOLOGIQUE ______ 20
1.

2.

La revue de littérature ____________________________________________________________ 20
1.1

Les facteurs socioculturels ______________________________________________________ 20

1.2

Les facteurs psychologiques ____________________________________________________ 21

1.3

Les facteurs psychopédagogiques ________________________________________________ 21

Cadre théorique et conceptuel _____________________________________________________ 22
2.1

État de l’art sur la clarification des concepts ________________________________________ 22

LXXVI

�Table des matières
2.2 Des Fondements théoriques aux recensions empiriques en passant par les modèles théoriques de la
recherche ________________________________________________________________________ 25
2.2.1

Les assises théoriques de la recherche ________________________________________ 25

2.2.1.1

2.2.1.1.1

Motivation extrinsèque _____________________________________________ 25

2.2.1.1.2

Motivation intrinsèque _____________________________________________ 26

2.2.1.1.3

Amotivation _____________________________________________________ 27

2.2.1.2
2.2.2

La théorie de l’autodétermination RYAN, Richard M., et E.L. DECI (2000) _______ 25

La théorie des attentes et de la valeur Wigfield, Allan, et J. Eccles (2000). ________ 27

Modèles théoriques de la recherche __________________________________________ 28

2.2.2.1

Le modèle de BARBEAU Denise (1994). __________________________________ 28

2.2.2.2

Le modèle de Viau Rolland (2009) _______________________________________ 28

2.2.2.3 Recensions empiriques sur les pratiques de motivation sans le châtiment corporel et la
réussite scolaire ______________________________________________________________ 28
2.2.2.4 Point des études empiriques sur la perception des acteurs clés sur les pratiques
motivationnelles par le châtiment corporel en milieu scolaire___________________________ 29
2.2.2.5

Synthèse des travaux empiriques sur la réussite scolaire _______________________ 30

2.2.2.6 Synthèse des travaux empiriques sur l’influence des pratiques de motivation sans le
châtiment corporel sur la réussite scolaire __________________________________________ 31
2.3

Modèle conceptuel de la recherche _______________________________________________ 31

2.3.1

Points de la littérature sur les variables de la recherche ___________________________ 32

2.3.1.1 Point de la littérature sur la motivation autodéterminée et la réussite scolaire ou le
rendement scolaire ____________________________________________________________ 32
2.3.1.2 Point de la littérature sur le style communicationnel de l’enseignant du primaire et la
réussite scolaire ______________________________________________________________ 33
2.3.1.3 Point de la littérature sur la stratégie d’apprentissage et la réussite scolaire ou le rendement
scolaire ___________________________________________________________________ 34

3.

2.3.2

Modèle conceptuel de recherche ____________________________________________ 35

2.3.3

Définition et opérationnalisation des variables de recherche _______________________ 36

Cadre méthodologique ___________________________________________________________ 36
3.1

Opérationnalisation des variables retenues _________________________________________ 36

3.2

Démarche méthodologique de la recherche _________________________________________ 37

3.2.1

Choix de la méthode utilisée _______________________________________________ 37

3.2.1.1

Les méthodes qualitatives ______________________________________________ 38

3.2.1.2

Les méthodes quantitatives _____________________________________________ 38

3.2.1.3

Les méthodes mixtes __________________________________________________ 38

3.2.2

Justification de la méthode utilisée __________________________________________ 39

3.2.3

Approche méthodologique _________________________________________________ 39

3.2.4

Outils de collectes de données et instruments de mesures _________________________ 40

3.2.5

Approche empirique de l'étude ______________________________________________ 41

3.2.5.1

Technique de traitement des données quantitatives ___________________________ 41

3.2.5.2

Type d’échantillonnage et taille de l’échantillon _____________________________ 42

3.2.5.2.1

Type d’échantillonnage ____________________________________________ 42

3.2.5.2.2

Échantillon ______________________________________________________ 43

3.2.5.2.3

Difficultés rencontrées _____________________________________________ 44

LXXVII

�Table des matières

DEUXIÈME PARTIE : RÉSULTATS ET DISCUSSIONS _________________________ 45
CHAPITRE 1 : RESTITUTION, ANALYSE ET DISCUSSION DES RÉSULTATS __________ 46
1.

Présentation et analyse des résultats de la recherche ____________________________________ 46
1.1

Caractéristiques sociodémographiques des enquêtés __________________________________ 46

1.1.1

Élèves _________________________________________________________________ 46

1.1.2

Enseignants ____________________________________________________________ 47

1.1.3

Parents d’élèves _________________________________________________________ 48

1.2

Pratiques de motivation et réussite scolaire _________________________________________ 49

1.2.1

Motivation autodéterminée et réussite scolaire _________________________________ 49

1.2.2

Style de motivation par la communication et réussite scolaire _____________________ 50

1.2.2.1

Enseignants _________________________________________________________ 50

1.2.2.2

Parents d’élèves ______________________________________________________ 51

1.2.3

2.

Stratégie d’apprentissage et réussite scolaire ___________________________________ 53

1.3

Types de motivations et réussite scolaire des élèves __________________________________ 54

1.4

Châtiment corporel et réussite scolaire des élèves ____________________________________ 55

Discours des résultats ____________________________________________________________ 55

CHAPITRE 2 : DE LA VALIDATION DES HYPOTHÈSES AUX SUGGESTIONS _________ 59
1.

Vérification des hypothèses _______________________________________________________ 59
1.1

Hypothèse 1 : L’incitation des élèves par la motivation autodéterminée favorise la réussite scolaire
___________________________________________________________________________ 59

1.2 Hypothèse 2 : Le style de motivation par la communication de l’enseignant du primaire détermine
les résultats scolaires ou le rendement scolaire ___________________________________________ 59
1.3
2.

Hypothèse 3 : la stratégie d’apprentissage explique la réussite scolaire ___________________ 60

Suggestions____________________________________________________________________ 60
2.1

Suggestions à l’endroit des élèves ________________________________________________ 60

2.2

Suggestions à l’endroit des enseignants ____________________________________________ 61

2.3

Suggestions à l’endroit des parents d’élève _________________________________________ 61

2.4

Suggestions à l’endroit des décideurs politiques _____________________________________ 61

CONCLUSION ___________________________________________________________ 62
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES ______________________________________ LXV
ANNEXES _____________________________________________________________ LXX
TABLE DES MATIÈRES _______________________________________________ LXXVI

LXXVIII

�</text>
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                  <text>La collection Éducation et formation (EF) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières éducation et formation.</text>
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                <text>Gestion de la motivation des écoliers dans les établissements privés et réussite scolaire : cas de l’école primaire Émilie de Villeneuve de Parakou /Bénin</text>
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                <text>Mémoire de master</text>
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                <text>Cette recherche vise à appréhender l’effet des pratiques de motivation sans châtiment corporel dans les établissements sur la réussite scolaire des écoliers au Bénin. &#13;
Pour conduire à bien cette recherche, la démarche hypothético-déductive est adoptée avec une approche quantitative. Les données quantitatives collectées grâce aux questionnaires, ont été codées et soumises à des analyses statistiques à l'aide du logiciel R 4.1.1. Dans le but d’analyser les relations entre les variables, des tests de contingence de Chi2 suivis d’un Test t de Student ont été effectués. L’étude empirique a été réalisée sur un échantillon de convenance de quatre-vingt-cinq (84) écoliers (CM1 et CM2), 16 enseignants et trente-cinq (35) parents d’élève. Les résultats de cette recherche révèlent que la majorité des élèves enquêtés soulignent que l’absence de châtiment corporel favorise la réussite scolaire. Car, les établissements pratiquant le moins ce type de punition ont les meilleurs résultats académiques ; même s’il n’est pas exclu que d’autres facteurs positifs expliquent les taux de succès enregistrés dans ces établissements. De ce fait, le recours aux différentes pratiques de motivation sans châtiments corporels dans les établissements scolaires améliorerait donc la réussite scolaire des écoliers au Bénin. Toutefois, les résultats révèlent également qu’un, « usage modéré des punitions corporelles » conduirait aussi à un accroissement de la réussite scolaire. Ceci pose donc la question de la pertinence et de l’efficacité de l’usage des punitions corporelles sur la qualité du rendement intellectuel et humain des apprenants.&#13;
Mots clés : Pratiques de motivation - châtiment corporel - réussite scolaire - écoliers.</text>
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                  <text>La collection Droit économie et gestion (DEG) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières droit, économie et gestion.</text>
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                <text>Effets des zones d'amenagements agricoles planifiées sur la sécurité alimentaire au Togo</text>
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                <text>La situation d’insécurité alimentaire observée au Togo, est le plus souvent dû à des facteurs structurels notamment la pauvreté généralisée (PAM, 2021). Ainsi que le gouvernement a initié la projet un canton, une ZAAP pour la mise en place et l’opérationnalisation des zones d’aménagements agricoles planifiées (ZAAP) comme un outil majeur pour booster la production agricole et lutter contre l’insécurité alimentaire au Togo. C’est ainsi que notre étude portant sur les effets des zones d’aménagement agricole sur la sécurité alimentaire cherche à mesurer l’effet des ZAAP sur la disponibilité et la diversité alimentaire dans la région maritime au Togo. L’objectif général de notre étude est d’analyser la contribution des zones d’aménagement agricoles planifiées (ZAAP) à la sécurité alimentaire de la population dans la région maritime au Togo. Le modèle logistique binaire et la méthode d’utilisation du Score de Diversité Alimentaire des Ménages (SDAM) nous a permis de mesurer les effets des ZAAP sur la sécurité alimentaire. Nos résultats montrent que la mise en oeuvre des zones d’aménagement agricoles planifiées entraine une augmentation de la production agricole (disponibilité alimentaire) et la réduction de l’insécurité alimentaire au Togo. Il urge que l’Etat Togolais, les organisations et les structures du secteur agricole prennent des mesures pour promouvoir à long terme les ZAAP et afin d’assurer à la population une sécurité alimentaire totale.</text>
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                  <text>La collection Droit économie et gestion (DEG) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières droit, économie et gestion.</text>
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                <text>Effets de la mise en œuvre du Paquet d’Interventions à Haut Impact au niveau Communautaire (PIHI-Com) sur les conditions socio-sanitaires des ménages : Cas du département du Mono au Bénin</text>
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                <text>Cette recherche a consisté à analyser les effets de la mise en œuvre du Paquet d’Interventions à Haut Impact au niveau Communautaire (PIHI-Com), par BUPDOS-ONG sous financement &#13;
USAID, sur les conditions socio-sanitaires des ménages du département du Mono au Bénin. Elle a utilisé la méthode d’analyse avant-après afin de ressortir l’atteinte réelle des indicateurs &#13;
de projet sur la période évaluée et les progrès réalisés. La recherche documentaire et une enquête auprès des bénéficiaires du projet ont permis de ressortir que le projet a atteint toutes &#13;
ses cibles en matière d’indicateurs d’effets et a contribué à la baisse du taux d’incidence des maladies diarrhéiques et du taux de létalité lié au paludisme chez les enfants de moins de 5 ans entre 2020 et 2022 dans le département du Mono. Néanmoins, le projet n’a pas pu atteindre la cible visée dans les indicateurs de processus et d’intrants et la qualité de l’eau de boisson des ménages et l’utilisation des Moustiquaires Imprégnées d’Insecticides à Longue Durée d’Action (MIILD) par les ménages restent des domaines à explorer pour permettre le maintien des résultats observés dans le temps.</text>
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                <text>AZOGAN Stéphane Lonoudé</text>
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                    <text>BURKINA FASO
La Patrie ou la Mort, nous Vaincrons

*****************

UNIVERSITE THOMAS SANKARA

*****************

Promotion 2021 - 2023
Mémoire pour l’obtention du diplôme de Master Professionnel en
Analyse et Suivi-Evaluation des Politiques Agricoles et Alimentaires

DETERMINANTS DE LA PERFORMANCE DE
REMBOURSEMENT DES CREDITS DE CAMPAGNE
AGRICOLE DANS LES ORGANISATIONS
PAYSANNES :
CAS DU PROJET PARTAM AU TOGO
Présenté et soutenu ce mardi 27 Mai 2025 par :
Kokou Mawunya GUIDIGAN

Sous la direction
Dr. Aïchatou MOURFOU épouse NAGANDA, EnseignanteChercheure/ Université THOMAS SANKARA (Burkina Faso)
JURY
Président : Pr. Idrissa OUIMINGA
Rapporteur : Dr. Yirviel Janvier METOUOLE MEDA

Année universitaire 2024-2025

�DEDICACE
Je dédie ce mémoire à ma famille.

i

�REMERCIEMENTS
Au terme de ce travail de recherche, nous tenons à exprimer notre profonde gratitude envers
toutes les personnes qui ont contribué à sa réalisation et à notre épanouissement tout au long de
ce parcours.
Nos sincères remerciements vont tout d'abord au premier responsable de l'Université Thomas
SANKARA, Professeur Pam ZAHONOGO pour son engagement en faveur de l'excellence
académique, ainsi qu'à Monsieur le Directeur de l’Institut de Formation Ouverte à Distance
(IFOAD), Docteur Marie Bernardin OUEDRAOGO dont les orientations ont été déterminantes
pour l'avancement de nos travaux.
Nous témoignons également toute notre reconnaissance à notre Directrice de mémoire, Docteur
Aichatou MOURFOU épouse NAGANDA, pour sa disponibilité, ses conseils précieux et son
accompagnement constant.
Nos remerciements s'adressent également aux élites et imminents enseignants de l'Université
Thomas SANKARA, qui, par leurs enseignements, ont contribué à enrichir nos connaissances
et à développer nos compétences.
Nous exprimons notre profonde gratitude à Monsieur le Ministre de l'Agriculture, du
Développement Rural et de l'Hydraulique Villageoise, ainsi qu'à Monsieur le Ministre de la
Réforme du Service Public, du Travail et du Dialogue Social, pour leur soutien qui s’est
matérialisé par l’octroi d’un congé de formation, nous permettant ainsi de poursuivre ce
parcours académique. Nous adressons également nos sincères remerciements à la hiérarchie de
l’Institut de Conseil et d'Appui Technique (ICAT), au personnel du projet PARTAM, au
personnel de la FUCEC, au président CGP ainsi qu’à tous les producteurs des OP pour leur
appui et soutiens constants tout au long de ce processus.
Sur un plan plus personnel, nous exprimons notre profonde gratitude à notre chère épouse
KOKOE, pour son soutien indéfectible, sa patience et sa compréhension tout au long de cette
aventure académique.
Aux collègues de parcours : AGODE Kokouvi TOUMOUDAGOU Pénagui épouse
AMEWOUAME, ADESSOU Afi Ruth et autres, qu’ils trouvent ici nos reconnaissances pour
l’esprit de collaboration et de vivre ensemble qui a régné durant ce parcours.
Enfin, nous remercions chaleureusement nos parents, et tout particulièrement mes grands frères
Professeur AKPAGANA Koffi, Docteur GUIDIGAN Kodjo Firmin, mes mères, Wono, Afi et
Dali, pour leur amour inconditionnel, leurs sacrifices et leurs encouragements, qui ont toujours
été une source de motivation et d'inspiration.

ii

�SOMMAIRE
INTRODUCTION GENERALE................................................................................................ 1
CHAPITRE 1 : CADRE DE REFERENCES CONCEPTUELLES ET THEORIQUES .......... 4
I. Définitions des concepts ......................................................................................................... 5
II. Les théories ............................................................................................................................ 8
III. Revue empirique ................................................................................................................ 10
CHAPITRE 2. CADRE ORGANISATIONNEL ET METHODOLOGIE .............................. 16
I. Cadre organisationnel ........................................................................................................... 16
II. Cadre méthodologique ......................................................................................................... 18
CHAPITRE 3. CADRE ANALYTIQUE ................................................................................. 24
I. Caractéristiques des coopératives étudiées ........................................................................... 24
II. Analyse des crédits alloués aux coopératives agricoles ...................................................... 26
III. Performance de remboursement des coopératives ............................................................. 27
IV. Facteurs influençant la performance de remboursement ................................................... 28
V. Discussion ........................................................................................................................... 39
VI. Vérification des hypothèses ............................................................................................... 44
VII. Les recommandations ....................................................................................................... 46
CONCLUSION GENERALE .................................................................................................. 48

iii

�SIGLES ET ABREVIATIONS
ACM

: Analyse de Correspondance Multiple

AGO

: Assemblée Générale Ordinaire

AGR

: Activités Génératrices de Revenus

BADEA

: Banque Arabe Pour le Développement Economique en Afrique

BM

: Banque Mondiale

BOAD

: Banque Ouest-Africaine de Développement

CG

: Comité de Gestion

CGC

: Comité de Gestion de Crédits

CGP

: Comité de Gestion du Périmètre

CNCA

: Caisse Nationale de Crédits Agricoles

CRZ

: Centre Rizicole de la vallée de Zio

CS

: Commission de Surveillance

DID

: Développement International des Jardins

FAO

: Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture

FUCEC

: Faitière des Unions des Coopératives d’Epargne et Crédits

ICAT

: Institut de Conseil et d’Appui Technique

ICRA

: Institut de Conseil et d'Appui aux Actions de Développement

IFOAD

: Institut de Formation Ouverte à Distance

IMF

: Institut de Microfinance

OHADA

: Organisation et Harmonisation de Droits des Affaires

OP

: Organisation des Producteurs

PARTAM

: Projet d’Aménagement et de Réhabilitation des Terres Agricoles de MissionTové

PIB

: Produits Intérieurs Bruts

SCOOPS

: Société Coopérative Simplifiée

SDF

: Structure Décentralisée de Financement

UEMOA

: Union Economique Monétaire Ouest Africaine

UEP

: Unité d’Exécution du Projet

iv

�LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Opérationnalisation des variables .......................................................................... 19
Tableau 2 : Type de variables et la méthode d’analyse ............................................................ 20
Tableau 3 : résumé des statistiques descriptives de la population des coopératives ................ 24
Tableau 4 : Comparaison des moyennes des hommes et des femmes par coopérative............ 25
Tableau 5 : Récapitulatif de proportion de femmes dans les SCOOPS ................................... 26
Tableau 6 : Répartition des crédits par catégorie ..................................................................... 26
Tableau 7 : récapitulatif des statistiques descriptives des crédits alloués aux
60 coopératives ......................................................................................................................... 27
Tableau 8 : Récapitulatif de la répartition des Coopératives Agricoles selon le Taux de
Remboursement et la Performance Associée ........................................................................... 28
Tableau 9 : test statistique de Spearman et de Fisher ............................................................... 28
Tableau 10 : Contingence par Catégorie de Femmes ............................................................... 29
Tableau 11 : Distribution des Performances par Catégorie ...................................................... 29
Tableau 12 : fréquence de la tenue des réunions des coopératives .......................................... 30
Tableau 13 : Situation de la tenue des AGO ............................................................................ 31
Tableau 14 : Relation entre performance de remboursement et payement
de droit d’adhésion ................................................................................................................... 32
Tableau 15 : Résultats des Tests Statistiques ........................................................................... 33
Tableau 16 : Synthèse des scores d'instruction par niveau de performance ............................. 37
Tableau 17 : tests statistiques de Kruskal-Wallis ..................................................................... 37
Tableau 18: Tests statistiques de Sperman ............................................................................... 37

v

�FIGURES ET GRAPHIQUES
Figure 1: Modèle de recherche...............................................................................................................5

Figure 2: Une vue sur le périmètre rizicole .............................................................................. 18
Figure 3: La répartition des coopératives selon l’effectif (en pourcentage et en nombre) ....... 25
Figure 4: Graphique montrant la proportion de femmes dans les OP et performance de
remboursement ......................................................................................................................... 29
Figure 5: Graphique : Relation entre tenue des réunions et performance de remboursement . 31
Figure 6: Graphique : tenue des AGO et performance de remboursement des coopératives .. 32
Figure 7: Graphique en barres empilées montrant la distribution des niveaux de payement
d’adhésion par rapport aux performances de remboursement ................................................. 33
Figure 8 : Analyse de correspondance multiple entre le payement de droit d’adhésion et
performance de remboursement ............................................................................................... 34
Figure 9: Modalité de fonctionnement des organes de contrôle et de gestion ......................... 35
Figure 10: graphique montrant la situation de remboursement avec la disposition du CGC... 35
Figure 11 : Correspondance multiple entre la performance de remboursement et la disposition
de CGC ..................................................................................................................................... 36
Figure 12: Distribution des scores d’instruction des membres des organes (Comité de Gestion,
CG) ........................................................................................................................................... 38
Figure 13: distribution des scores d’instruction de la commission de surveillance (CS)......... 39

vi

�RESUME
Cette recherche s’intéresse aux déterminants des impayés des crédits de campagne agricole
dans le cadre du Projet de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission-Tové (PARTAM) au
Togo. Le projet, initié pour renforcer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté à travers le
développement de la riziculture, a permis d’octroyer des crédits agricoles aux coopératives via
des mécanismes de microfinance. Cependant, l’augmentation des taux d’impayés, passés de 13
% en 2012 à 25 % en 2016, a conduit à la suspension des crédits, mettant en péril la viabilité
du projet.
L’objectif principal de cette étude est d’identifier les facteurs organisationnels et fonctionnels
des coopératives influençant leur capacité de remboursement. En s’appuyant sur une
méthodologie mixte, les données ont été collectées auprès de soixante (60) coopératives
bénéficiaires choisies de manière aléatoire sur les cent-vingt (120) et analysées à l’aide des
logiciels Excel et R, selon des approches statistiques robustes (corrélations de Spearman, tests
de Fisher).
Les résultats clés révèlent que la forte proportion de femmes dans les groupes à caution solidaire
améliore significativement les performances de remboursement, soulignant leur rôle central
dans la discipline financière. Le paiement des droits d’adhésion par les membres apparaît
comme un indicateur fiable de la capacité organisationnelle et de la performance des groupes.
Mots clés :
Crédits de campagne agricole, Impayés, performance de remboursement, coopérative
agricole et gestion de crédits.

vi

�ABSTRACT
This research focuses on the determinants of loan defaults in agricultural campaign credits
under the Agricultural Land Rehabilitation Project of Mission-Tové (PARTAM) in Togo. The
project, initiated to strengthen food security and reduce poverty through the development of
rice farming, enabled the provision of agricultural loans to cooperatives through microfinance
mechanisms. However, the increase in default rates, which rose from 13% in 2012 to 25% in
2016, led to the suspension of credit disbursements, thereby jeopardizing the project's viability.
The main objective of this study is to identify the organizational and functional factors within
cooperatives that influence their repayment capacity. Based on a mixed-methods approach, data
were collected from sixty (60) randomly selected beneficiary cooperatives out of a total of one
hundred and twenty (120), and analyzed using Excel and R software through robust statistical
methods (Spearman correlations, Fisher's exact tests).
Key findings reveal that a high proportion of women in joint liability groups significantly
improves repayment performance, highlighting their central role in financial discipline. The
payment of membership fees by members emerges as a reliable indicator of organizational
capacity and group performance.
Keywords:
Agricultural campaign credits, Loan defaults, Repayment performance, Agricultural
cooperatives, Credit management.

viii

�INTRODUCTION GENERALE
Le Togo est un pays en développement dont l’économie repose essentiellement sur la production
agricole. Ce secteur, à lui seul, contribue à près de 40 % au PIB et occupe presque 80 % de la
population active (BM, 2018). S’il est avéré que le secteur agricole joue un rôle important dans
le renforcement du tissu économique des pays du Sud, les contraintes à son développement
demeurent énormes. Les aléas naturels et climatiques s’intensifient ; les marchés agricoles restent
incertains et fortement asymétriques ; la compétition sur les ressources se renforce ; la
structuration des agriculteurs demeure insuffisante ; et les politiques agricoles rénovées peinent
à se mettre en place. Ces contraintes affectent considérablement la productivité agricole et, par
conséquent, compromettent gravement la sécurité alimentaire.
Face à ces défis, les pays africains doivent renforcer la résilience des populations rurales face aux
aléas socio-économiques et climatiques. Parmi les mesures envisagées figure le financement des
exploitations agricoles. Les agriculteurs, en particulier les petits exploitants, ont besoin d’investir
pour faire face aux exigences de la production, notamment l’achat d’intrants et d’équipements.
Or, il est à noter qu’aujourd’hui, les services financiers et l’offre de crédit en particulier
demeurent défaillants face à la demande croissante des agricultures familiales. Les banques se
sont tenues à l’écart de l’agriculture, car elles la considèrent comme une activité faiblement
rentable, risquée, et avec des garanties difficiles à obtenir. Les Services Décentralisés de
Financement (SDF), communément appelés institutions de microfinance (IMF), se sont engagés
dans le financement des producteurs, mais à des taux d’intérêt peu compatibles avec les réalités
du secteur (Grain de sel, janvier – juin 2016).
Conscients de la nécessité du financement agricole, et en particulier de l’octroi de crédits aux
agriculteurs, les pays en développement ont commencé à mettre en œuvre des programmes et
projets comportant des lignes de financement destinées aux producteurs pour couvrir les coûts de
production. Ainsi, dans les années 1960 et 1970, les pays ouest-africains ont adopté plusieurs
politiques visant à faciliter l’accès des agriculteurs au financement. Par exemple, ils ont fixé des
taux d’intérêt relativement bas et imposé aux banques des quotas de prêts obligatoires. Par
ailleurs, ils ont créé des banques ou des caisses de développement agricole (ex. : Caisse Nationale
de Crédit Agricole – CNCA – au Togo), chargées de financer les agriculteurs.
Cependant, ces programmes ont souvent été mal gérés, ce qui a conduit à plusieurs problèmes.
Tout d’abord, ils ne parvenaient pas à atteindre les agriculteurs les plus pauvres. De plus, les
pouvoirs publics ont fréquemment imposé des annulations de dettes, créant une certaine
confusion chez les agriculteurs entre dons et prêts. En outre, les faibles taux de recouvrement des
prêts et les remises de dettes répétées ont rendu ces politiques difficilement viables. Depuis lors,
le principal problème rencontré par ces mécanismes de financement – qu’ils soient mis en œuvre
1

�par des projets de développement ou par des banques/SDF – reste le non-remboursement des
crédits octroyés. Cette situation, observée dans presque tous les programmes et projets de
développement agricole, compromet dangereusement l’accès au financement des producteurs et,
de ce fait, la capacité de production des systèmes agricoles.
Le Projet de Réhabilitation et d’Aménagement des Terres Agricoles de Mission-Tové
(PARTAM), initié par le gouvernement togolais pour améliorer les conditions de vie des
populations de la vallée du Zio à travers le développement de la riziculture, a connu une
expérience difficile en matière de remboursement de crédits. En effet, entre 2012 (année du
démarrage du financement) et 2016 (année de suspension du crédit), le taux des impayés est passé
de 13 % à plus de 25 %, mettant en péril la viabilité de ce mécanisme de financement.
Ces difficultés de remboursement soulèvent des questions cruciales quant aux facteurs sousjacents qui pourraient expliquer une telle situation. La capacité organisationnelle et fonctionnelle
des coopératives agricoles, notamment celles structurées en groupes à caution solidaire, constitue
une série de variables qui nécessitent une analyse approfondie. Il est essentiel de comprendre
pourquoi certaines coopératives parviennent à honorer leurs engagements financiers, tandis que
d’autres échouent. Afin de proposer des solutions susceptibles d’orienter les politiques de relance
du financement agricole dans la région, cette étude s’interroge sur des aspects tels que la présence
des femmes au sein des coopératives, la tenue régulière des réunions et des Assemblées Générales
Ordinaires (AGO), le paiement des droits d’adhésion par les membres, la mise en place des
organes de gestion et de contrôle, ainsi que le niveau d’instruction des membres de ces organes.
Les réponses à ces interrogations permettront de revisiter les différentes étapes du processus
d’octroi de crédit et d’analyser l’émergence des causes de non-remboursement dans le cadre de
ce projet. Cela permettra également de mieux appréhender les conséquences qui en découlent,
afin de proposer des pistes de solutions.
En effet, cerner les facteurs qui déterminent les impayés dans le cadre de ce projet de
développement rizicole à Mission-Tové peut contribuer à la mise en place de mécanismes de
crédit durables et adaptés, capables de garantir la stabilité du financement et le développement
des exploitations agricoles.
La présente recherche s’articule autour de la question centrale suivante : Quelle est l’influence
de la performance organisationnelle, structurelle et fonctionnelle des coopératives agricoles sur
leur capacité de remboursement des crédits. ? Pour y répondre, l’étude met un accent particulier
sur plusieurs dimensions clés du fonctionnement coopératif, donnant lieu aux interrogations
spécifiques suivantes : Dans quelle mesure l’inclusion des femmes au sein des coopératives
contribue-t-elle à améliorer la discipline de remboursement ? Quel est l’effet de la régularité des

2

�réunions et des assemblées générales ordinaires sur la gouvernance et la responsabilité financière
des membres ? En quoi le paiement des droits d’adhésion constitue-t-il un indicateur
d’engagement et de fiabilité financière ? Comment la mise en place d’organes de gestion
structurés et aussi le niveau d’instruction des membres des dits organes impactent-t-ils le suivi et
la performance des crédits ?
Ceci étant, ce travail de recherche abordera trois chapitres qui respectivement vont traiter le cadre
de références conceptuelles et théoriques, le cadre organisationnel et méthodologique et le cadre
analytique suivi de discussions.

3

�CHAPITRE 1 : CADRE THEORIQUE ET DE REFERENCES
CONCEPTUELLES
Ce premier chapitre décrit le cadre général, théorique et conceptuel avec une présentation de
revue critique sur la question de remboursement de crédit en général et sur le crédit agricole en
particulier. Il sera particulièrement question de faire ressortir l’objectif de l’étude, les hypothèses,
certains concepts clés, les théories économiques et les études empiriques liées à la problématique
de remboursement de crédits de campagne agricole.
I. Cadre général de l’étude
Il sera question de faire ressortir dans la section suivante, l’objectif général et spécifique ainsi
que les hypothèses de l’étude.

1. Objectif général
L'objectif principal de ce mémoire est d’identifier les déterminants des difficultés de
remboursement des crédits de campagne agricole liés à des caractéristiques organisationnelles,
structurelles et fonctionnelles des groupes à caution solidaire dans le cadre du projet PARTAM.
1.2. Objectifs spécifiques
Spécifiquement, il s’agit de :
➢ Évaluer l’effet de la proportion de femmes au sein des coopératives sur leur capacité de
remboursement des crédits agricoles ;
➢ Analyser l’effet de la tenue régulière des réunions et des assemblées générales ordinaires
sur la performance de remboursement des crédits ;
➢ Examiner le lien entre le paiement des droits d’adhésion et la capacité de remboursement
des coopératives agricoles ;
➢ Étudier l’influence des organes de contrôle et de gestion ;
➢ Apprécier l’effet du niveau d’instruction des membres des organes de gestion et de
contrôle sur la performance de remboursement des crédits agricoles.

2. Hypothèse générale
Les caractéristiques organisationnelles, structurelles et fonctionnelles des coopératives
déterminent la capacité de remboursement des coopératives agricoles.

4

�2.1. Hypothèses spécifiques
➢ La proportion des femmes au sein des coopératives influence positivement la capacité de
remboursement ;
➢ La Tenue régulière des réunions ainsi que des AGO favorise le remboursement ;
➢ Le paiement de droit d’adhésion agit positivement sur la capacité de remboursement ;
➢ La mise en place des organes de contrôle et de gestion agit positivement sur la
performance de remboursement ;
➢ Le niveau d’instruction des membres de ces organes a un effet améliorateur sur la capacité
de remboursement des coopératives.
Figure 1 : Modèle de recherche
Source : conçu par l’auteur du document

II. Cadre conceptuel
Il sera question ici de définir quelques concepts qui ont trais à la problématique de remboursement
de crédit en général et sur le crédit agricole en particulier.

1. Coopératives agricoles
Les coopératives agricoles, formes structurées d’organisations paysannes (OP), sont des
regroupements de producteurs qui visent à améliorer collectivement leurs conditions de
production, de commercialisation, d’accès aux intrants et au financement. Fondées sur les
principes de solidarité, de gestion démocratique et de mutualisation des ressources (Birchall &amp;
Ketilson, 2009), ces organisations jouent un rôle central dans les systèmes de crédit agricole.

5

�Dans l’espace UEMOA, le fonctionnement des coopératives agricoles est encadré par les actes
uniformes de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA),
qui définissent les règles de gouvernance, de transparence, et de responsabilité dans leur gestion.
Ces normes influencent directement la capacité des coopératives à gérer efficacement les
ressources financières mises à leur disposition.
Dans le cadre du Projet d’Aménagement et de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission
Tové (PARTAM), l’accès au crédit de campagne par les OP repose fortement sur leur
performance organisationnelle et leur discipline financière. Ainsi, la capacité de remboursement
des coopératives agricoles constitue un levier stratégique de viabilité et de pérennité du
mécanisme de financement mis en place. Or, cette capacité dépend non seulement de facteurs
économiques et climatiques, mais aussi de facteurs internes tels que la structuration des organes
de gestion, la régularité des assemblées générales, la participation des membres et la transparence
des décisions.
Ce mémoire s’inscrit dans cette dynamique en cherchant à analyser les déterminants
organisationnels, sociaux et économiques qui influencent la performance de remboursement des
crédits de campagne agricole par les OP, à travers une étude de cas centrée sur les coopératives
bénéficiaires du projet PARTAM au Togo.

2. Le crédit agricole
Le crédit agricole est un levier essentiel pour le développement du secteur agricole, en particulier
dans les contextes où les exploitants font face à des contraintes de liquidité. D’après Ghatak et
Guinnane (1999), il s’agit d’un mécanisme de financement conçu pour couvrir les besoins en
capital des producteurs agricoles, notamment pour l’achat d’intrants, l’acquisition
d’équipements, le paiement de la main-d'œuvre ou encore les travaux d’aménagement. Ce crédit
peut être octroyé à court, moyen ou long terme, en fonction des cycles de production et du type
d’exploitation.
Dans le cadre du Projet d’Aménagement et de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission
Tové (PARTAM), le crédit agricole est au cœur du dispositif de relance des activités agricoles.
Il constitue le principal moyen par lequel les organisations paysannes (OP), notamment les
coopératives agricoles, financent leurs campagnes agricoles, dans une logique de dynamisation
de la production et d’amélioration des revenus des exploitants.
Toutefois, la réussite de cette approche dépend largement de la capacité des OP à rembourser les
crédits octroyés. Les difficultés de remboursement peuvent mettre en péril la pérennité du
mécanisme financier mis en place et limiter l’impact global du projet. Ainsi, ce mémoire vise à
6

�analyser les facteurs organisationnels, sociaux et économiques qui influencent la performance de
remboursement des crédits de campagne agricole au sein des OP bénéficiaires du PARTAM, afin
de proposer des pistes d’amélioration pour la gestion du crédit rural dans un contexte de
développement agricole.

3. Impayés
Selon Azokly (2010), la notion d’impayé est un terme général qui est utilisé sous différent aspect
de non remboursement de crédit. Il existe donc plusieurs types d’impayés suivant l’âge ou le
stade où l’on se trouve en matière de recouvrement. En microfinance, un crédit est considéré
comme étant impayé lorsque :
-

Le montant d’une des échéances n’est partiellement pas payé à la date de l’échéance ;

-

Le montant d’une des échéances est payé avec retard ;

-

Le montant d’une des échéances n’est pas du tout payé.

4. Risques des impayés
Le risque de crédit tient au fait que l’exploitant agricole qui contracte un prêt peut être dans
l’incapacité de le rembourser, pour diverses raisons. Le non-remboursement d’un prêt est
éventuellement imputable aux compétences techniques, à la santé, la moralité ou la personnalité
de l’agriculteur et de sa famille. Les risques peuvent provenir également des intrants
(disponibilité, qualité, prix), ainsi que des dommages infligés à la production par des aléas
climatiques (sécheresse, inondation, température) ou des maladies des plantes et des animaux. A
cette liste s’ajoutent les risques liés à la commercialisation de la production, les risques
règlementaires, les risques sociaux, etc. (Holonkou 2001). Les risques de crédit sont donc
particulièrement nombreux en agriculture. Ils sont difficiles à cerner et assurément plus
imprévisibles que les risques de crédit associés à des particuliers ou à des entreprises d’autres
secteurs. C’est la principale raison pour laquelle les banques ont toujours eu une grande réticence
à financer l’activité agricole.

5. Capacité de remboursement
La capacité de remboursement désigne la faculté d'une coopérative ou d'un producteur agricole
à honorer ses engagements financiers en temps voulu. Elle dépend des revenus générés par
l’activité agricole, la gestion des risques et des aléas climatiques (Stiglitz, J. E., &amp; Weiss, A.
1981).

7

�6. Taux de remboursement
Le taux de remboursement selon Zeller, M., et al. (1997), représente la proportion des prêts
remboursés dans les délais convenus. Un taux élevé reflète la solvabilité des emprunteurs, tandis
qu'un taux faible est souvent le signe d’une mauvaise gestion ou de difficultés économiques.

7. Caution solidaire
Pour Giné, X., &amp; Karlan, D. (2014), le mécanisme de caution solidaire implique que les membres
d'une coopérative ou d'un groupe d’emprunteurs partagent la responsabilité du remboursement.
Ce système crée une pression collective qui peut améliorer les taux de remboursement mais
expose aussi les membres à des risques partagés. Pour Stiglitz (1990) et Zeller (1998), dans les
crédits de groupe, chaque emprunteur est responsable du paiement des crédits de ses pairs ; les
crédits subséquents ne seront obtenus qu'à la seule condition que le crédit antérieur soit
entièrement payé. Cette forme de garantie, bâtie sur la solidarité communautaire et sur le contrôle
mutuel par les pairs a été contestée par certains auteurs. Au Bénin par exemple, selon une étude,
rapportée par Holonkou et al. (2001), cette forme de garantie a conduit à des taux d'impayés de
40% dans une caisse locale en 1999.

8. Formation en gestion financière
La formation des membres de coopératives en gestion financière, en gestion des risques, et en
production agricole est cruciale pour améliorer leur performance. Elle favorise la maîtrise des
outils nécessaires à la gestion efficace des crédits et des activités économiques, (Bingen, J.,
Serrano, A., &amp; Howard, J. 2003).

III. Les théories
Afin de mieux appréhender la problématique du remboursement des crédits de campagne agricole
par les coopératives, il est essentiel de s’appuyer sur un cadre théorique solide. Cette section vise
à présenter les principales théories et approches conceptuelles mobilisées dans le cadre de cette
étude. Elles permettront de mieux comprendre les comportements des acteurs, les dynamiques
organisationnelles des coopératives et les mécanismes économiques liés à l’accès et au
remboursement du crédit agricole.

1. Théorie du crédit rural
Cette théorie met en avant l’importance de l’accès au crédit pour stimuler la productivité agricole
et réduire la pauvreté en milieu rural. Les auteurs tels que Von (1991) affirment que l’accès au
8

�crédit rural peut renforcer les capacités productives des agriculteurs. Cependant, l'accès au crédit
nécessite des mécanismes institutionnels solides pour garantir le remboursement.

2. Théorie de l'agence
Proposée par Jensen et Meckling (1976), cette théorie explique la relation entre les prêteurs
(principaux) et les emprunteurs (agents). Dans le cadre des coopératives agricoles, les asymétries
d'information peuvent engendrer des problèmes d'aléa moral et d'antisélection. La gestion
financière efficace au sein des coopératives peut réduire ces asymétries en assurant une
transparence des comptes et des transactions.

3. Théorie de la microfinance
La microfinance est largement utilisée pour financer des petits agriculteurs et des coopératives
dans les pays en développement. Dans le cadre de ce projet PARTAM, l’état a mis un fonds de
garantie à la disposition de FUCEC, institut de microfinance chargée d’assurer le financement
des agriculteurs organisés en coopératives.
Selon Yunus (1999), les groupes de caution solidaire (comme les coopératives) permettent de
mutualiser les risques et de garantir le remboursement. Les pratiques organisationnelles (tenue
des réunions, AGO, gestion financière) renforcent la cohésion du groupe et la discipline dans le
remboursement des prêts.

4. Théorie de la gouvernance coopérative
Cette théorie, développée par Hansmann (1996), met l’accent sur la structure de gouvernance des
coopératives et l’importance de la participation des membres dans les processus décisionnels.
L’efficacité de la gouvernance, notamment la tenue des réunions régulières et des assemblées
générales, joue un rôle crucial dans la transparence et la prise de décision collective, ce qui
influence la capacité des membres à rembourser leurs prêts.

5. Théorie du capital social
Le capital social est un concept développé par Bourdieu (1986) et Putnam (1993), qui souligne
que la coopération et la confiance entre les membres d'une coopérative favorisent la mise en
commun des ressources et la coordination des actions collectives. Dans les coopératives
agricoles, les réunions régulières et les assemblées générales renforcent le capital social,
augmentant ainsi la probabilité de remboursement du crédit par la cohésion du groupe.

9

�6. Théorie de la gestion financière
Selon Ross, Westfield et Jordan (2008), la gestion financière concerne l’utilisation efficace et
transparente des ressources financières dans une organisation. Dans le contexte des coopératives
agricoles, une gestion financière rigoureuse, avec une tenue régulière des documents comptables,
permet de surveiller les flux de trésorerie, les dépenses et les revenus, garantissant ainsi la
solvabilité.
7. Théorie du contrôle de gestion
La théorie du contrôle de gestion de Anthony et Govinda Rajan (2004) met en lumière
l'importance de la mise en place d'outils de suivi financier (documents comptables et financiers)
pour améliorer les performances des organisations. Le suivi régulier des documents comptables
permet de repérer rapidement les écarts et d'ajuster les pratiques pour garantir la capacité de
remboursement des coopératives.

IV. Revue empirique
Pour une revue empirique sur la capacité de remboursement des coopératives agricoles, il est
essentiel d'explorer des études qui ont analysé les facteurs influençant le remboursement de crédit
par les coopératives, en se concentrant sur les aspects de gestion financière, gouvernance,
pratiques organisationnelles et la nature du crédit. Voici une proposition de revue empirique, en
s'appuyant sur des études pertinentes à travers plusieurs contextes.

1. L’importance et les difficultés liées au crédit agricole
Selon un rapport de la DID en 2010, pour la majorité des pays en développement dont le PIB
dépend fortement de la production agricole, le crédit d’exploitation constitue l’outil de base pour
améliorer la productivité de l’agriculture. Selon Ouédraogo et al (2008), chaque pauvre, grâce au
crédit, pourrait se transformer en micro-entrepreneur et enclencher un processus d’accumulation
et de réussite économique.
Mais, malgré les initiatives d’amélioration des conditions de financement, la capacité de prendre
correctement en charge les besoins de l’agriculture est fortement questionnée. L’accès au crédit
reste limité et contraignant pour les exploitations agricoles. Cette situation est inquiétante
d’autant plus que l’accès au crédit est supposé avoir des répercussions positives sur l’adoption de
nouvelles technologies, de respect des normes de bonne production, et de façon générale sur la
performance et le bien-être des producteurs (Fall, 2006). Il est reconnu que sans un bon
fonctionnement du marché financier, il y a peu de perspectives d’amélioration de la productivité
agricole et du niveau de vie des populations rurales africaines de façon substantielle et
10

�significative (Diagne, 1999). En effet, l’accès difficile au crédit reste une contrainte principale au
développement de l’agriculture familiale qui a besoin de ressources pour son intensification et sa
modernisation Wampfler et al, (2003).
2. Taux de remboursement
Plusieurs études ont démontré que le taux d'intérêt appliqué aux crédits agricoles influence
significativement la capacité de remboursement des bénéficiaires. Une analyse menée par Zeller
et al. (1997) montre que des taux d'intérêt trop élevés peuvent entraîner des défaillances de
remboursement, notamment pour les petits producteurs agricoles ayant des marges bénéficiaires
limitées.

3. Délai d’étude de dossier et libération des fonds
Les retards dans le traitement des dossiers de crédit et la libération tardive des fonds ont
également été identifiés comme des facteurs critiques pour la réussite ou l’échec des campagnes
agricoles. Une étude menée par Khandker (2005) sur les programmes de microfinance en Asie
du Sud-Est a montré que des retards dans la libération des fonds peuvent empêcher les
agriculteurs d'investir à temps dans les intrants, ce qui affecte directement les rendements
agricoles et, par conséquent, leur capacité à rembourser.
Le timing est crucial : les producteurs ont besoin d’accéder aux fonds avant le début de la
campagne agricole. Des processus plus rapides pour l’approbation et la libération des crédits sont
liés à de meilleures performances de remboursement.

4. Echéance de remboursement
Le mode et la fréquence des remboursements peuvent avoir un impact sur le taux de
remboursement des prêts. Une étude menée par Giné et Karlan (2014) dans les programmes de
crédit agricole en Afrique subsaharienne a comparé les effets des échéances de remboursement à
court terme (mensuelles) par rapport à celles à long terme (annuelles ou semi-annuelles). Il a été
constaté que des échéances mieux adaptées aux cycles de production agricole permettent aux
emprunteurs de mieux gérer leurs flux de trésorerie et de limiter les défaillances.
Les échéances alignées sur le cycle agricole (après récolte) réduisent les défauts de paiement, car
elles permettent aux producteurs de rembourser après la commercialisation de leurs produits.

5. Impact des délais de crédit sur la performance des coopératives agricoles
Moutari et al. (2020) ont mené une étude sur le financement des coopératives rizicoles au Niger,
où ils ont trouvé que des crédits à court terme avec des conditions de remboursement flexibles
11

�ont un impact positif sur la solvabilité des coopératives. Le délai d'étude des dossiers et la
libération rapide des fonds ont été essentiels pour maximiser les rendements agricoles.
Les coopératives ayant reçu des crédits avec des conditions flexibles de remboursement (adaptées
aux cycles de production) ont présenté des taux de remboursement plus élevés, améliorant ainsi
leur accès à des financements futurs.

6. Bonne gouvernance des coopératives
La FAO (2017) a réalisé une étude sur les performances des coopératives agricoles au Togo,
soulignant que l'absence d'assemblées générales ordinaires (AGO) et la faible participation des
membres aux réunions sont des facteurs de dysfonctionnement. Les coopératives qui
maintiennent une bonne gouvernance avec l’organisation régulière des AGO et des réunions
fréquentes présentent un meilleur comportement de remboursement des crédits.
Les bonnes pratiques de gouvernance, telles que la tenue d’AGO, favorisent la transparence et la
discipline financière, améliorant ainsi la solvabilité des coopératives.

7. Risques agricoles
L’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) a mené des études qui se sont
intéressées à la gestion des risques agricoles au Togo. Elle a constaté que les coopératives
agricoles exposées à des risques climatiques élevés avaient des difficultés à rembourser leurs
crédits, en raison des fluctuations importantes des rendements agricoles. Les coopératives qui ont
mis en place des stratégies de diversification de production et des mécanismes d’assurance
agricole ont cependant enregistré de meilleurs résultats en matière de remboursement (UEMOA
2016)
La gestion des risques agricoles, notamment climatiques, est un facteur critique qui influence la
solvabilité des coopératives agricoles au Togo.

8. Formation en gestion de crédits et innovations techniques
L'Institut de Conseil et d'Appui aux Actions de Développement, ICRA (2020) a conduit une étude
approfondie sur l'efficacité des systèmes de financement agricole dans la chaine de valeur riz au
Togo. Le rapport indique que les coopératives qui ont accès à des formations continues sur la
gestion des crédits et des financements agricoles ont significativement amélioré leur performance
en matière de remboursement. L'étude révèle également que l'adoption de technologies agricoles
(telles que RiceAdvice Smart Valleys..) améliore la productivité, ce qui facilite le
remboursement.
12

�L'accès aux technologies agricoles et à la formation en gestion financière sont des leviers
importants pour améliorer la solvabilité des coopératives.
Le crédit agricole est un levier essentiel pour améliorer la productivité et les revenus des
agriculteurs, notamment dans les pays en développement où il constitue une ressource clé pour
l’achat d’intrants et l’investissement dans les exploitations (DID, 2010 ; Ouédraogo et al., (2008).
Toutefois, malgré son importance, plusieurs contraintes limitent son efficacité et sa viabilité. Les
taux d’intérêt appliqués influencent fortement la capacité des agriculteurs à rembourser leurs
prêts. Des taux élevés augmentent les risques de défaut, surtout pour les petits producteurs dont
les marges bénéficiaires sont faibles Zeller et al., (1997). Les retards dans le traitement et la mise
à disposition des financements pénalisent les agriculteurs en les empêchant d’investir à temps
dans les intrants, ce qui réduit leurs rendements et leur capacité de remboursement (Khandker,
2005). L’adéquation des échéanciers avec le cycle agricole est un facteur clé de la solvabilité des
producteurs. Les échéances adaptées aux récoltes permettent aux emprunteurs d’avoir les
ressources nécessaires pour honorer leurs engagements Giné &amp; Karlan, (2014). La performance
des coopératives agricoles est influencée par la qualité de leur gouvernance. Une gestion
rigoureuse avec des réunions régulières et des organes de contrôle efficaces favorise un meilleur
remboursement des crédits FAO, (2017). Les chocs climatiques et la volatilité des rendements
sont des menaces majeures. Les coopératives qui mettent en place des stratégies d’assurance ou
de diversification de production améliorent leur stabilité financière et leur taux de remboursement
(UEMOA, 2016). L'accès à des formations sur la gestion des crédits et l’adoption de technologies
agricoles modernes augmentent la productivité et la solvabilité des agriculteurs (ICRA, 2020).

9. Détournement de crédits
Edmond (1994) considère « qu’une trop grande socialisation du crédit pour les campagnes
Agricoles et la non-couverture des besoins financiers par les acteurs socio-économiques
entrainent le détournement des crédits de la part des clients ». En revanche, Chao-Beroff (1999)
fait remarquer que « la période où le prêt est octroyé est un facteur à prendre en considération,
car elle pourrait affecter le remboursement ». En effet, estime-t-il « si l’IMF tarde à accorder le
prêt à cause des formalités administratives trop contraignantes, le crédit peut être accordé à un
moment où le client n’en manifestera plus le besoin réel. Le crédit serait ainsi inefficacement
utilisé ; ce qui pourra occasionner d’éventuels impayés ».

13

�10. Caractéristiques des offreurs et des demandeurs
Une étude faite par Honlonkou et al. (2001) a eu pour but d'identifier les facteurs explicatifs du
remboursement des crédits dans les IMF au Bénin. Au moyen de deux modèles Tobit, les auteurs
ont abouti aux résultats selon lesquels la performance des IMF en matière de remboursement est
liée aussi bien aux caractéristiques des caisses (caractéristiques du gérant, supervision adéquate
après l’obtention du crédit, aux activités financières) qu’aux caractéristiques des clients (sexe,
proximité géographique de la caisse, type de garantie, volume d’activités, l’expertise accumulée
dans l’activité à financer et la taille de l’emprunt). Ces mêmes résultats permettent entre autres
de conclure « que les garanties immatérielles ont plus d’influence positive sur les taux de
remboursement que celles matérielles ». L’étude recommande donc que « les IMF accordent plus
d’importance aux facteurs de motivation de l’emprunteur dans l’octroi des crédits ».
Parallèlement à leur analyse, les travaux de Wampfler (2001) visent la défaillance du système de
gouvernance comme déterminante des situations critiques dans le secteur de la microfinance. «
Cette défaillance est souvent manifestée par le manque de clarté dans la responsabilité des
différentes parties prenantes, le manque de responsabilisation de l'opérateur extérieur, le conflit
entre opérateurs extérieurs et la fédération, la propriété de réseau non clairement définie ». Dans
le prolongement de son analyse, il indique que l’une des méthodes de réduction des créances en
souffrance est l’étude minutieuse des dossiers de prêt avant l’octroi de crédit. Pour finir, il suggère
qu’un suivi régulier des crédits octroyés soit instauré dans les procédures phares de ces
institutions.
Ahouangbo (2006), estime quant à lui, que l’IMF (Institution de Micro Finance) est la première
personne responsable des impayés même si parfois la cause semble être externe. D’après lui, du
moment où c’est l’IMF elle-même qui fixe ses principes, qui génère sa culture de remboursement,
qui inculque la discipline de crédit à ses employés et ses clients, elle doit pouvoir prévoir les
évènements qu’elle ne put contrôler. Les causes des impayés, selon lui sont d’abord liées à
l’institution, et dans une moindre mesure, imputables à l’emprunteur et à d’autres paramètres
externes. Pour lui, les causes liées à l’institution sont de plusieurs ordres, à savoir : le retard de
déblocage des crédits, les dossiers de prêt mal étudiés (montant surévalué ou sous-évalué),
l’insuffisance ou le manque de suivi, le non-respect des procédures de mise en place du crédit par
certains agents de crédit. Les causes liées à l’emprunteur peuvent être, selon lui :
l’incompréhension du contrat de prêt, la mauvaise foi, la mauvaise gestion, le détournement de
l’objet du crédit, le manque de caution solidaire ou le manque de solidarité. L’auteur identifie
comme causes probables externes : les aléas climatiques (sécheresse, cataclysme naturel,
incendie) et les mesures de répression à l’encontre des vendeurs de rue. Dans une analyse plus

14

�restrictive et descriptive, et analysant la situation des impayés au PADME-Bénin, Adjimavo
(2000) trouve que celle-ci (situation des impayés) est liée non seulement à la mauvaise gestion,
mais aussi au manque de professionnalisme des administrateurs des IMF et à la mauvaise volonté
des clients. Selon lui, les retards pénalisent l’institution, puisque les montants restent immobilisés
dans la main des clients, ce qui influence négativement la trésorerie de l’IMF. Tout en abondant
dans le même sens que Ahouangbo (2006), Azocly (2010) dans ses analyses, a aussi regroupé les
causes des impayés en trois catégories : les causes liées à l’institution (l’insuffisance ou manque
de suivi des clients financés, dossiers de prêts mal étudiés, violation par le staff des politiques et
procédures de mise en place de crédit, fraude des agents) ; les causes liées à l’emprunteur
(mauvaise gestion de l’entreprise, le non investissement du crédit dans l’entreprise, mauvaise
foi); les causes externes (les catastrophes naturelles telles que les inondations, la sécheresse,
l’invasion des criquets migrateurs, le tremblement de terre, maladie du client débiteur ou de ses
proches, décès d’un proche du client ou de lui-même).

11. Garantie et caution
Le problème de garantie a été évoqué par Hudon et Ouro-Koura (2007) dans une étude menée au
Togo sur les facteurs contingents du taux de remboursement au sein des IMF. Les auteurs ont
trouvé que « les crédits en caution solidaire ont de faible chance d’échec alors que les crédits
soutenus par des garanties réelles donnent lieu à plus de défaillance que les autres ». Hudon et
Ouro-Koura (2007) indiquent par ailleurs que les variables explicatives tels que le rang du crédit,
l’objet du prêt, le lieu de résidence de l’emprunteur et l’âge de l’emprunteur ont une influence
significative sur le taux de remboursement de crédit.
Ces enseignements, bien que riches, révèlent également des lacunes spécifiques au contexte
togolais, notamment l’absence d’analyses approfondies sur le rôle des mécanismes de caution
solidaire et sur l’impact des contraintes structurelles et organisationnelles locales. Peu d’études
approfondissent l’impact de la gouvernance interne (participation des femmes, tenue des
assemblées générales, existence d’organes de contrôle) sur la solvabilité des emprunteurs.
En tenant compte de ces limites, cette étude vise à apporter une contribution originale en
s’appuyant sur les questions de recherche et hypothèses.
L’étude adoptera une approche spécifique au Togo, en analysant les déterminants des impayés
au sein des coopératives bénéficiaires du projet PARTAM en mettant en évidence l’impact des
caractéristiques organisationnelles et fonctionnelles des coopératives sur la capacité de
remboursement.

15

�Cette étude s’inscrit donc dans une démarche de complémentarité en s’appuyant sur ces bases
théoriques et empiriques pour explorer les déterminants du remboursement des crédits agricoles
dans le cadre du projet PARTAM. Elle vise à fournir des pistes d’amélioration pragmatiques pour
renforcer la durabilité des initiatives similaires à l’avenir.

16

�CHAPITRE 2. CADRE ORGANISATIONNEL ET
METHODOLOGIE
Le deuxième chapitre de ce travail de recherche s’intéresse tout abord à une présentation du projet
PARTAM dans sa globalité avec un focus sur l’aspect octroi de crédits de campagne agricole et
enfin, abordera la méthodologie utilisée depuis l’identification du public cible, la collecte et
l’analyse des données pour aboutir à la validation ou non des hypothèses avancées pour apprécier
la capacité de remboursement des coopératives.

I. Cadre organisationnel
1. Cadre physique et institutionnel de l’étude
Il s’agit ici de présenter le projet PARTAM dans sa constitution et sa localisation.
1.1 Contexte du projet PARTAM
PARTAM (Projet d’Aménagement et de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission tové a
été initié par le gouvernement togolais dans un contexte où le Togo, en matière de consommation
du riz, dépend fortement de l’extérieur. La production locale n’atteint pas 50%. Cette situation
occasionne d’importantes sorties de devises environ quatre (04) milliards de francs CFA par an.
Or, le pays dispose des sites propices à la production de cette denrée parmi lesquels se trouve la
vallée de Zio.
Ainsi, il est prévu l’aménagement des bas-fonds puis des terres en aval des barrages des points
d’eau de même que la réhabilitation des anciens périmètres hydro – agricoles en vue de limiter
ces importations. C’est dans ce cadre que l’attention est tournée sur la vallée de Zio où les Chinois
avaient aménagé un périmètre irrigué de 360 Ha depuis les années 60 et 70 et l’aménagement
d’un nouveau périmètre de 300 Ha. Il s’agit d’un système d’irrigation gravitaire. Un cours d’eau
de régime presque permanant (Zio), sert d’eau d’irrigation du site aménagé. Un point surélevé de
ce cours d’eau est relié au périmètre aménagé par un canal principal qui arrose l’ensemble du
périmètre à l’aide des canaux secondaire et tertiaires.
Le projet a été cofinancé financé par le gouvernement du Togo et les partenaires financiers que
sont : Fonds Saoudien de Développement (FSD), Banque Arabe de Développement en Afrique
(BADEA) et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD).

1.2. Objectif du projet PARTAM
L’objectif global du projet est de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et à la
réduction de la pauvreté des populations rurales vivant dans la vallée du zio qui polarise quatre
16

�cantons (Mission Tové, Kovié, Ziohonou, Bolou) et un village autonome (Assomé). Plus
spécifiquement, ce projet vise à (i) accroitre la production agricole, notamment du riz à 5.500
tonnes de riz paddy à l’hectare, (ii) contribuer à l’amélioration des revenus et des conditions de
vie des populations bénéficiaires. Les travaux du projet ont été menés de concert avec les
partenaires techniques et financiers.
1.3. Réalisations du projet
La mise en œuvre de ce projet a permis d’engranger les résultats suivants :
➢ Un périmètre irrigué de 360 ha existant est réhabilité ;
➢ Un nouveau périmètre de 300 ha est aménagé ;
➢ 15 magasins de stockage avec aires de séchage sont construits ;
➢ 18 km de pistes de désenclavement sont réhabilités ;
➢ 32,5 km de pistes sont construits ;
➢ Un matériel et équipements agricoles constitués de 15 motoculteurs avec accessoires, 12
batteuses, 10 vanneuses de riz paddy et 8 décortiqueuses acquis ;
➢ Amenée de ligne électrique dans la zone du projet ;
➢ Une ligne de crédit de campagne agricole d’un montant de 508.000. 000 de FCFA mise
en place pour le financement des activités agricoles au profit des producteurs de la zone
du projet organisés en coopératives ;
➢ Une ligne de crédit d’un montant de 75 millions mise en place pour les Activités
Génératrices de Revenus (AGR) ;
➢ 300 producteurs alphabétisés ;
➢ L’ancien Centre Rizicole du Zio (CRZ) construit dans les années 70 est réhabilité pour
servir du siège du Projet (bureaux et logements du personnel) ;
➢ Appui Accompagnement-Organisation et Formation des Producteurs pour suivis ;
➢ Une mini adduction d’eau potable composée de deux forages un château d’eau de 250 m3
et 6 bornes fontaines est mise en place.
Parmi les activités menées dans le cadre de la mise en œuvre du projet, notre recherche s’est plus
intéressée à l’aspect de l’octroi de crédit de campagne agricole. En effet, 408 865 550 FCFA ont
été débloqués pour 120 Coopératives pour un total de 953 membres dont 396 Femmes. La gestion
de cette forme d’activité a été l’apanage des organes et partenaires suivants: UEP (Unité
d’Exécution du Projet), FUCEC institution de microfinances où les fonds sont disponibilisés pour
assurer le financement (crédits) aux producteurs, ICAT (Institut de Conseil et d’Appui
Technique) qui est une institution d’état de services et de vulgarisation agricole. L’ICAT est le

17

�partenaire technique qui assure l’appui technique et formatif en termes d’organisation et de
renforcement de capacité technique des producteurs, CGP (Comité de Gestion du Périmètre), est
un organe facilitateur entre les producteurs bénéficiaires et les autres partenaires impliqués
directement dans la mise en œuvre du projet.
1.4. Situation géographique du site du projet.
Le projet PARTAM se situe dans la partie un peu sud-ouest de la région maritime. Le projet
couvre quatre cantons et un village autonome (Mission Tové, Kovié, Bolou Ewli et Assomé).
Figure 1: une vue sur le périmètre rizicole
Source : Document projet de l’UEP

II. Cadre méthodologique
Le cadre méthodologique vise à décrire les étapes et les outils utilisés pour répondre à la
problématique du remboursement des crédits de campagne agricole au sein des coopératives
bénéficiaires du projet PARTAM. L’objectif est d’identifier les facteurs influençant la capacité
des coopératives à rembourser les crédits accordés et de proposer des solutions adaptées.

1. Opérationnalisation des variables
Cette étude s’intéressera à deux types de variables à savoir une variable expliquée, dépendante
qui est binaire et elle permet de voir si le crédit est totalement remboursé ou pas. Elle est notée
STUA.REMB. Cette variable endogène sera expliquée par des variables explicatives comme : la
proportion de femmes dans les coopératives PRO.FEM la capacité organisationnelle des
coopérative CAP.ORG (le paiement des droits d’adhésion, la tenue des réunions et des AGO, la
disposition et le fonctionnement des organes de gestion et de contrôle, et le niveau d’instruction
des membres des organes de gestion et de contrôle).

18

�Tableau 1 : Opérationnalisation des variables
Types de variables

Code

Items

STUA.REMB 1. Crédit remboursé
2. Crédit non remboursé

Situation de remboursement
Proportion de femmes au sein des coopératives

PRO.FEM

Tenue de réunion

REU.

Tenue des AGO

AGO

Payement de droit d’adhésion

DHAD

Disposition des organes de gestion et de contrôle
(CG, CS et CGC
Niveau d’instruction des membres des organes élus

ORGG
NIV.

Homme = 1
Femme = 2
Pas du tout=0
Hebdomadaire=1
Mensuelle=2
Trimestrielle=3
Tenue =1
Pas tenue= 0
Mauvais = 1
Passable = 2
Assez-bon = 3
Très bon = 4
Oui = 1
Non = 0
Primaire =1
Secondaire1 = 2
Secondaire2= 3
Supérieur = 4

Source : Réalisé par l’auteur
2. Type de recherche
L'étude est de nature mixte, combinant des méthodes comme :
•

Quantitatives : Pour collecter et analyser des données chiffrées sur les taux de
remboursement, le montant de crédit octroyé à des coopératives et d'autres variables
économiques.

•

Qualitatives : Pour explorer les perceptions, et les dynamiques sociales et
organisationnelles des coopératives.

Le tableau (2) suivant fait état de type de variable avec la méthode d’analyse utilisée au niveau
de chacune d’elles.

19

�Tableau 2 : Type de variables et la méthode d’analyse
Variables étudiées
Effectif des coopératives

Type de variable
Quantitative
(discrète)

Répartition hommes/femmes
dans les coopératives
Proportion de femmes dans
les coopératives
Montant des crédits alloués
aux coopératives
Performance de
remboursement des crédits
Fréquence des réunions des
coopératives
Tenue des AGO (Assemblées
Générales Ordinaires)

Quantitative
(discrète)
Quantitative
(continue)
Quantitative
(continue)
Qualitative
(ordinale)
Qualitative
(nominale)
Qualitative
(binaire :
Oui/Non)
Qualitative
(ordinale)

Paiement des droits
d’adhésion par les membres
Présence et fonctionnement
des organes de gestion
Niveau d’instruction des
membres des organes de
gestion
Source : Conçu par l’auteur

Méthodes d'analyse
Statistiques descriptives : moyenne,
médiane, écart-type, intervalles de
confiance
Comparaison des moyennes (test de
Welch), ratios, statistiques descriptives
Test de corrélation (Spearman), test de
Fisher, graphique de dispersion
Statistiques descriptives : moyenne,
médiane, écart-type, quartiles
Catégorisation en six niveaux de
performance
Analyse descriptive et relationnelle avec
la performance
Analyse descriptive et relationnelle avec
la performance
Tests statistiques (Spearman, Fisher),
analyse descriptive, graphique en barres
empilées, ACM
Analyse descriptive et relationnelle avec
la performance

Qualitative
(binaire :
Oui/Non)
Quantitative
(continue)

Tests statistiques (Kruskal-Wallis),
corrélations (Spearman), analyse
descriptive

3. Zone d’étude
La zone d’étude est centrée sur la vallée du Zio, avec un focus particulier sur les localités
impliquées dans le projet PARTAM, (Mission Tové, Kovié, Bolou, Ewli et Assomé). Cette zone
a été choisie en raison de sa contribution à la riziculture grâce au périmètre irrigué aménagé et de
l’implication des coopératives agricoles dans le projet.

4. Population cible
Le projet a visé essentiellement les producteurs organisés en coopératives agricoles. Un
regroupement d’au moins 5 producteurs de riz, peut bénéficier de l’appui du projet après avoir
constitué un dossier de prêt soumis et bien étudié par l’équipe de crédit de FUCEC. Les
producteurs se font accompagner dans le montage de leurs dossiers de crédits par les agents de
20

�vulgarisation de l’ICAT. Des coopératives ayant contracté de crédits de campagne agricole entre
2012 et 2016 ont fait l’objet de critère de sélection.

5. Méthodes de collecte de données
5.1. Données primaires
➢ Enquêtes par questionnaire :
• Collecte des informations sur la capacité organisationnelle et fonctionnelle des coopératives
agricoles. Cette enquête est faite auprès des membres coopérateurs des coopératives
échantillons et plus précisément les membres des organes élus des dites coopératives.
➢ Entretiens semi-structurés :
• Discussions approfondies avec les responsables de coopératives, les responsables de
l’institution de microfinance (FUCEC), les responsables de l’unité d’exécution du projet
(UEP) et des agents de vulgarisation agricole (ICAT), partenaire technique du projet.
➢ Focus groups :
• Groupes de discussion avec les membres des coopératives en particulier les membres des
organes dirigeants pour comprendre les dynamiques internes et les problèmes liés au
remboursement.
5.2. Données secondaires
D’autres informations recueillies dans les différents rapports du projet PARTAM, les données
financières fournies par la FUCEC et celles glanées dans les rapports du ministère en charge du
développement agricole ont soutenu le présent travail de recherche.

6. Méthode d’échantillonnage
Sur les 120 coopératives bénéficiaires des formes de crédits de campagne agricole sur la période
de 2012 à 2016, une sélection aléatoire de 60 coopératives représentant 50 % de la population
totale a été faite pour la conduite des travaux. Cette sélection a été faite à partir d’une liste de
toutes les coopératives bénéficiaires du projet ; à chacune de ces coopératives était attribuée un
numéro et à partir de la fonction RAND en Excel qui génère automatiquement des nombres
aléatoires, les 60 premières des coopératives ont été prises comme groupe de traitement. Ces
coopératives ont une performance variée en termes de remboursement.

21

�6.1. Analyse quantitative
Les données recueillies dans le cadre de cette étude ont été analysées à l’aide du logiciel d’analyse
des données, R version 4.2 et de Microsoft Excel 2013.
Des statistiques descriptives telles que la moyenne, les fréquences, médianes et des intervalles de
confiance à 95% ont été calculées pour les variables quantitatives.
Nous avons défini une échelle de performance de remboursement selon l’approche courante en
microfinance et l’évaluation de risques en microcrédits de la Faitière des Unités Coopératives
d’Epargne et de Crédit(FUCEC) liée au taux de remboursement, allant de « Mauvaise
performance » (taux de remboursement &lt;25%), « Performance faible » (taux de remboursement
compris entre 25-&lt;50%) ; « performance moyenne » (taux de remboursement&gt;50%-&lt;65%) ; «
Assez bonne performance » (Taux de remboursement compris entre 65-75%) ; « Bonne
performance » (Taux de remboursement comprise entre 75-99,99%) ; et « Très bonne
performance » (recouvrement à 100%).
Nous avons aussi étudié les liens de corrélation entre la variable expliquée (dépendante) qui est
le niveau de performance de remboursement et d’autres variables explicatives (variables
indépendantes) telles que : la proportion des femmes dans les coopératives, la tenue régulière des
réunions et des AGO, la mise en place des organes de gestion et de contrôle ainsi que le niveau
d’instruction des membres desdits organes.
Cette étude de corrélation a été réalisée à l’aide des tests statistiques comme : Tests statistiques
de (Kruskal-Wallis), corrélations (Spearman), analyse descriptive et relation avec les
performances.
Nous avons construit des graphiques de visualisation et des tableaux à l’aide desdits logiciel
permettant de comprendre les déterminants de remboursement dans le cadre du projet. La
régression multiple est utilisée pour identifier les facteurs explicatifs des défauts de
remboursement.
6.2. Analyse qualitative
Les données qualitatives recueillies dans le cadre de cette étude ont été codées et ont permis
d’identifier les thèmes récurrents relatifs à la capacité organisationnelle et fonctionnelle des
coopératives agricoles.
Le cadre organisationnel et méthodologique de cette étude a permis de poser les bases d’une
analyse approfondie de la problématique du remboursement des crédits agricoles au sein des
coopératives bénéficiaires du projet PARTAM. Ce projet, en réponse à la dépendance du Togo
aux importations de riz, a favorisé la réhabilitation et l’aménagement des périmètres rizicoles

22

�dans la vallée du Zio, tout en offrant des crédits de campagne agricole pour stimuler la production.
L’approche méthodologique, combinant des données quantitatives et qualitatives, a permis
d’explorer les dynamiques organisationnelles des coopératives et les facteurs influençant leur
performance de remboursement. Malgré les défis liés à la collecte des données, notamment la
réticence des bénéficiaires et les contraintes logistiques, les résultats escomptés visent à éclairer
les stratégies pour améliorer la gestion des crédits et renforcer la viabilité des coopératives
agricoles.

23

�CHAPITRE 3. CADRE ANALYTIQUE
Dans ce chapitre, il sera question d’analyser les données collectées et de faire ressortir des
résultats qui permettent de confirmer ou d’infirmer les hypothèses de la recherche.
Cette section présente l’analyse des données recueillies en vue de répondre aux questions de
recherche et de vérifier les hypothèses formulées
I. Caractéristiques des coopératives étudiées
1. Composition et taille des coopératives
L'étude a porté sur un échantillon de 60 coopératives agricoles, totalisant 763 membres dont 379
sont touchés par nos enquêtes. La taille moyenne des coopératives est de 12,72 membres (IC 95%
: [11,59 - 13,84]), comme indiqué dans le Tableau 3.
Tableau 3 : résumé des statistiques descriptives de la population des coopératives
Indicateur
Valeur
% et IC à 95%
Total hommes

422

55.32% -

Total femmes

341

44.68% -

Total membres

763

100% -

Ratio Hommes/Femmes

1.24

-

Moyenne hommes par coopérative

7.03

[6.23, 7.84]

Moyenne femmes par coopérative

5.68

[5.10, 6.27]

Taille moyenne des coopératives
12.72
[11.59, 13.84]
Source : réalisé par l’auteur à partir données des enquêtes collectées dans le courant de
décembre 2024
La distribution des coopératives selon leur effectif se présente comme suit :
•

1-10 membres : 38,33% (23 coopératives)

•

11-15 membres : 41,67% (25 coopératives)

•

16-20 membres : 11,67% (7 coopératives)

•

Plus de 20 membres : 8,33% (5 coopératives)

Cette répartition montre une concentration des coopératives (80%) dans la fourchette de 1 à 15
membres, suggérant une prédominance des petites structures dans l'échantillon.

24

�Figure 2: La répartition des coopératives selon l’effectif (en pourcentage et en nombre)
Source : réalisée à partir des données d’enquête par l’auteur

7; 12%

5; 8%
23; 38%

25; 42%

1 à 10

11à 15

16 à 20

&lt;20

2. Répartition hommes/femmes
L'analyse de la composition genrée des coopératives révèle
•

Total hommes : 422 (55,32%)

•

Total femmes : 341 (44,68%)

•

Ratio Hommes/Femmes : 1,24

En moyenne, on compte 7,03 hommes (IC 95% : [6,23 - 7,84]) et 5,68 femmes (IC 95% : [5,10 6,27]) par coopérative. Un test de Welch montre une différence significative entre ces moyennes
(t = 2,7217, p = 0,007575), confirmant une légère prédominance masculine dans les coopératives.
Tableau 4 : Comparaison des moyennes des hommes et des femmes par coopérative
Indicateur
Statistique t
Degrés de liberté (df)
p-value
Hypothèse alternative
Intervalle de confiance à 95%
Moyenne des hommes (mean of x)
Moyenne des femmes (mean of y)
Différence moyenne estimée
Conclusion

Valeur
2.7217
107.73
0.007575
La différence entre les moyennes n'est pas égale à 0
[0.37, 2.33]
7.03
5.68
1.35 (en faveur des hommes)
Différence statistiquement significative entre les
moyennes des hommes et des femmes au sein des
coopératives
25

�Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête
La répartition des coopératives selon la proportion de femmes est la suivante :
•

25-50% de femmes : 61,67% des coopératives

•

51-75% de femmes : 38,33% des coopératives

Cette répartition indique une représentation féminine substantielle, bien que légèrement
inférieure à celle des hommes dans la majorité des coopératives.
Tableau 5 : Récapitulatif de proportion de femmes dans les SCOOPS
Catégorie % F
Nombre de coopératives
Pourcentage (%)
25-50%
37
61.67%
51-75%
23
38.33%
Total
60
100%
Source : réalisé à partir des données de nos enquêtes

II. Analyse des crédits alloués aux coopératives agricoles
1. Répartition des crédits par catégorie
•

L'analyse des crédits alloués aux 60 coopératives étudiées, révèle la distribution suivante
40% des coopératives ont reçu un crédit entre 1.500.000 et 2.500.000 FCFA

•

35% ont reçu entre 2.500.001 et 3.500.000 FCFA

•

13,33% ont reçu entre 3.500.001 et 4.500.000 FCFA

•

8,33% ont reçu plus de 4.500.001 FCFA

•

Seulement 3,33% ont reçu moins de 1.500.000 FCFA

Tableau 6 : Répartition des crédits par catégorie
Catégorie de Crédits (Million (M) FCFA) Nombre de coopératives Pourcentage (%)
&lt; 2M

9

15%

2M - 3M

21

35%

3M - 4M

15

25%

4M - 5M

13

21.67%

&gt; 5M

2

3.33%

Total crédits alloués

186 200 000

100%

Crédit moyen par coopérative

3 103 333

-

Source : conçu par l’auteur à partir des données d’enquête
Cette répartition montre une concentration des crédits (75% des coopératives) dans la fourchette
de 1.500.000 à 3.500.000 FCFA, suggérant une certaine standardisation des montants alloués.
26

�2. Statistiques descriptives des crédits
L'analyse approfondie des données de crédit révèle :
•

Montant total alloué : 186.200.000 FCFA

•

Crédit moyen : 3.103.333 FCFA (IC 95% : [2.833.936, 3.372.730])

•

Médiane : 3.062.500 FCFA

•

Écart-type : 1.064.662 FCFA

•

Minimum : 1.225.000 FCFA

•

Maximum : 5.600.000 FCFA

La légère différence entre la moyenne et la médiane (3.103.333 vs 3.062.500 FCFA) indique une
distribution relativement symétrique des crédits. L'écart-type important (1.064.662 FCFA)
souligne néanmoins une variabilité non négligeable dans les montants alloués.
Tableau 7 : Récapitulatif des statistiques descriptives des crédits alloués aux 60
coopératives
Statistique
Valeur
IC à 95%
Moyenne
3 103 333 FCFA
[2 833 936, 3 372 730] FCFA
Médiane
3 062 500 FCFA
Mode
4 200 000 FCFA
Écart type
1 064 662
Variance
1,11461E+12
Minimum
1 225 000 FCFA
Maximum
5 600 000 FCFA
Premier quartile (Q1)
2 231 250 FCFA
Deuxième quartile (Q2 ou médiane)
3 062 500 FCFA
Troisième quartile (Q3)
3 937 500 FCFA
Source : réalisé à partir des données d’enquête
III. Performance de remboursement des coopératives
1. Catégorisation des taux de remboursement
L'analyse des performances de remboursement des 60 coopératives étudiées révèle une
distribution variée selon l’approche de l’IMF offreuse du crédit :
•

Mauvaise performance (&lt;25% de remboursement) : 19 coopératives (31,7%)

•

Faible performance (25-50% de remboursement) : 13 coopératives (21,7%)

•

Performance moyenne (50-65% de remboursement) : 6 coopératives (10%)

•

Assez bonne performance (65-75% de remboursement) : 10 coopératives (16,6%)

•

Bonne performance (75-99,99% de remboursement) : 3 coopératives (5%)

•

Très bonne performance (100% de remboursement) : 9 coopératives (15%)

27

�Tableau 8 : Récapitulatif de la répartition des Coopératives Agricoles selon le Taux de
Remboursement et la Performance Associée
% de
Effectifs des
Performance de
Effectif en %
Remboursement Coopératives
Remboursement
&lt;25%
19
31,7
Mauvaise performance
Faible performance
25-50%
13
21,7
50-65%
65-75%

6
10

10
16,6

75-&lt;100%

3

5

100%
9
15
Total
60
100
Source : Réalisé à partir des données d’enquête

Performance moyenne
Assez bonne performance
Bonne performance
Très bonne performance

Cette répartition indique que plus de la moitié des coopératives (53,4%) ont des performances de
remboursement faibles ou mauvaises, tandis que seulement 20% atteignent de bonnes ou très
bonnes performances.

IV. Facteurs influençant la performance de remboursement
Plusieurs facteurs organisationnels et fonctionnels semblent influencer la capacité de
remboursement des coopératives. L’étude tentera de croiser différentes variables avec la capacité
de remboursement de l’échantillon.
1. Effets des caractéristiques organisationnelles sur le remboursement
1.1. Proportion de femmes dans les coopératives
L'analyse des données révèle une corrélation positive significative entre la proportion de femmes
dans les coopératives et la performance de remboursement des crédits. Le coefficient de
corrélation de Spearman (ρ = 0,1334, p &lt; 0,001) indique une relation faible mais statistiquement
significative avec le test de Fisher (confer Tableau 9).
Tableau 9 : test statistique de Spearman et de Fisher
Indicateur
Valeur
Interprétation
Corrélation de Spearman

0,1334146

Test de Fisher (p-value)
9,999e-05
Source : Réalisé à partir des données d’enquête

Corrélation positive faible
Association très significative

Selon la (figure 4) qui suit, la progression est claire.
•

La répartition des performances selon le pourcentage de femmes montre une progression
claire Une concentration des points de mauvaise performance (bleu) dans la zone 0-25%

•

Une transition vers des performances faible (rouge) dans la zone médiane

•

Une concentration des très bonnes performances (violet) dans la zone 75-100%
28

�•

Une progression ascendante claire des performances avec l'augmentation du pourcentage
de femmes

Figure 3: Graphique montrant la proportion de femmes dans les OP et performance de
remboursement
Source : Réalisé à partir des données d’enquête
20

Catégories de SCOOP

18
16
14
12
10
8
6
4

2
0

Mauvaise

Faible

Moyenne

Assez bonne

Bonne

Très bonne

Performance de remborsement
0-25%

26-50%

51-75%

Tableau 10 : Contingence par Catégorie de Femmes
% de Femmes
Mauvaise Faible Moyenne

76-100%

Assez bonne

Bonne

Très bonne

0-25%

19

4

0

0

0

0

26-50%

0

9

4

0

0

0

51-75%

0

0

2

7

3

0

0

3

9

76-100%
0
0
0
Source : Réalisé à partir des données d’enquête

Tableau 11 : Distribution des Performances par Catégorie
% de Femmes
Total Observations
Performance Dominante
0-25%
23
Mauvaise (82,6%)
26-50%
13
Faible (69,2%)
51-75%
12
Assez bonne (58,3%)
76-100%
12
Très bonne (75%)
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de
décembre 20024
L'ensemble des analyses démontre une relation positive et significative entre le pourcentage de
femmes et la performance de remboursement :
•

Plus le pourcentage de femmes augmente, meilleures sont les performances
29

�•

Les coopératives avec plus de 75% de femmes montrent les meilleures performances

•

Les groupes avec moins de 25% de femmes présentent les plus mauvaises performances

•

La transition est progressive et constante entre ces extrêmes

Ces résultats suggèrent que l'inclusion des femmes dans les coopératives est un facteur
déterminant pour la réussite des programmes de crédit.
1.2. Fréquence des réunions et tenue des AGO
La fréquence des réunions et la tenue régulière des Assemblées Générales Ordinaires (AGO) ont
un impact positif sur la performance de remboursement.
Sur les 60 coopératives :
•

17 coopératives (28,33%), tenaient des réunions hebdomadaires ;

•

08 coopératives (13,33%), tenaient des réunions mensuelles ;

•

08 coopératives (13,33%), tenaient des réunions trimestrielles ;

•

27 coopératives (45%), ne tenaient aucune réunion.

Les données montrent une large proportion de coopératives ne respectant pas une fréquence
régulière (mensuelle ou plus). Le fait que 45% des coopératives ne se réunissent jamais est
alarmant et pourrait expliquer des dysfonctionnements dans la gestion collective, notamment en
matière de remboursement des crédits.
L’analyse de la figure 5 complète les constats et démontre que :
•

La tenue des Réunions hebdomadaires ou mensuelles est associée aux meilleures
performances de remboursement (assez bonne, très bonne et bonne) ;

•

L’absence de réunions régulières est corrélée à des performances faibles ou médiocres

Concernant les AGO, nous notons que :
•

Les catégories "Bonne" et "Très bonne" performance ont concernées100% des
coopératives qui tenaient des AGO annuelles ;

•

La catégorie "Mauvaise" performance a concerné 100% des coopératives qui ne tenaient
pas d'AGO.

Tableau 12 : fréquence de la tenue des réunions des coopératives
Performance de Remboursement
Hebdomadaire Mensuel
Trimestre
Pas du tout
Mauvaise
0
0
3
16
Faible
0
2
3
8
Moyenne
0
1
2
3
Assez bonne
6
4
0
0
Bonne
3
0
0
0
Très bonne
8
1
0
0
30

Total
19
13
6
10
3
9

�Total
17
8
8
27
60
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de
décembre 20024
Tableau 13 : Situation de la tenue des AGO
Catégorie de performance
Chaque année
Pas du tout
Total
Mauvaise
0
19
19
Faible
1
12
13
Moyenne
2
4
6
Assez bonne
8
2
10
Bonne
3
0
3
Très bonne
9
0
9
Total
23
37
60
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de
décembre 20024
Figure 4: Graphique : Relation entre tenue des réunions et performance de
remboursement
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de

proportion de coopératives

décembre 20024
120%
100%
80%
60%
40%

20%
0%

Mauvaise

Faible

Mauvaise

Moyenne

Assez
Bonne
bonne
Performance de remboursement
Passable

Assez-bien

31

Très bien

Très bonne

�Figure 5: Graphique : tenue des AGO et performance de remboursement des coopératives
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de

Nombre de coopératives

décembre 20024
20
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0

19

12
9
AGO tenue

6
4
0
Mausaise

4
2

1

AGO non tenue

3
0

Faible

Moyenne

Assez
bonne

Bonne

0
Très bonne

Performance de remboursement

Ces données soulignent l'importance de la gouvernance et de la communication régulière au sein
des coopératives pour assurer de bonnes performances de remboursement.
1.3. Paiement des droits d'adhésion
L'analyse montre une forte corrélation entre le niveau de paiement des droits d'adhésion et la
performance de remboursement (ρ = 0,8985, p &lt; 0,001). Les résultats indiquent :
•

Les mauvaises performances étaient exclusivement associées à un mauvais niveau de
paiement des droits d'adhésion,

•

Les Bonnes et très bonnes performances étaient fortement associées aux niveaux assez
bon et très bon de paiement des droits d'adhésion.

Tableau 14 : Relation entre performance de remboursement et payement de droit
d’adhésion
Performance_
Niveau de payement Adhésion
Remboursement
Mauvais
Passable
Assez bon
Très bon
Mauvaise
19
0
0
0
Faible
7
3
3
0
Moyenne
1
3
2
0
Assez bonne
0
1
6
0
Bonne
0
0
4
2
Très bonne
0
0
1
8

32

�Source : réalisé par l’auteur à partir des données collectées dans le courant du mois de
décembre 2024
Tableau 15 : Résultats des Tests Statistiques
Test

Valeur

P-value

Corrélation de Spearman

0,8985

&lt; 2.2e-16

Gamma de Goodman-Kruskal

0,9617

-

Test exact de Fisher

-

0,0005

Source : réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête
Le graphique en barres empilées (Figure 7 ci-dessous) confirme visuellement cette forte
association, montrant une progression claire des niveaux de payement des droits d'adhésion avec
l'amélioration des performances de remboursement.
L'Analyse des Correspondances Multiples (Figure 8) montre également une structure claire avec
un regroupement des modalités similaires, confirmant la forte association entre les deux
variables.

proportion de coopératives

Figure 6: Graphique en barres empilées montrant la distribution des niveaux de payement
d’adhésion par rapport aux performances de remboursement
Source : réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête collectées dans le courant de
décembre 2024
120%
100%
80%

60%
40%
20%
0%
Mauvaise

Faible

Mauvaise

Moyenne

Assez
Bonne
bonne
Performance de remboursement
Passable

Assez-bien

33

Très bien

Très bonne

�Figure 7 : Analyse de correspondance multiple entre le payement de droit d’adhésion et
performance de remboursement
Source : Réalisé par l’auteur à partir de données collectées dans le courant de décembre
2024

Cette relation suggère que le paiement des droits d'adhésion est un indicateur fiable de la
discipline financière et de l'engagement des membres envers leur coopérative.
1.4. Présence et fonctionnement des organes de gestion
➢ Analyse des organes de gestion
Les organes disponibles sont :
➢ CG : Comité de Gestion
➢ CS : Commission de Surveillance
➢ CGC : Commission de Gestion de Crédit

34

�Figure 8: Modalité de fonctionnement des organes de contrôle et de gestion
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête collectées dans le courant de
décembre 2024
70
60

60

60
50

45

40
30
20

15

10
0

0

0

CG

CS
Oui

CGC
Non

La figure 10 montre que 100% des coopératives ont mis en place les organes comme : CG et CS.
Pour le CGC, seulement 25% (15 coopératives) ont cet organe, contre 75% (45 coopératives) qui
n’en ont pas.

Nombre de coopératives

Figure 9: graphique montrant la situation de remboursement avec la disposition du CGC
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données collectées en décembre 2024
20
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0

19

10
7

6
4
0
Mauvaise

0
Faible

1

0
Moyenne

Assez bonne

Performance de remboursement
Oui

Non

35

2
0
Bonne

0
Très bonne

�Figure 10 : Correspondance multiple entre la performance de remboursement et la
disposition de CGC
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données collectées en décembre 2024

L’analyse des figures 10 et 11 montre que la présence de CGC n'est pas systématiquement
associée à de meilleures performances. Les très bonnes performances existent dans les deux
groupes (avec et sans CGC). Les mauvaises performances sont proportionnellement plus
nombreuses dans les coopératives sans CGC.
La présence d'un Comité de Gestion de Crédit (CGC) semble avoir un effet modéré sur la
performance de remboursement :
•

25% des coopératives disposent d’un Comité de Gestion de Crédits (CGC) ;

•

La présence d’une CGC est associée à une légère amélioration des performances, mais
n'est pas un facteur déterminant à elle seule.

Ces résultats indiquent que la mise en place d'organes de gestion spécifiques peut contribuer à
améliorer les performances de remboursement, mais doit être accompagnée d'autres facteurs
organisationnels pour être pleinement efficace.
➢ Influence du niveau d'instruction des membres des organes de gestion
L'analyse de la relation entre le niveau d'instruction des membres des organes de gestion et la
performance de remboursement des coopératives révèle une corrélation forte et significative.
Les tests statistiques de Kruskal-Wallis (Tableau 22) montrent des différences significatives entre
les niveaux de performance pour les scores d'instruction du Comité de Gestion (CG) (χ² = 40.592,
p &lt; 0.001) et de la Commission de Surveillance (CS) (χ² = 41.037, p &lt; 0.001).
36

�Les corrélations de Spearman confirment une forte association positive entre la performance et
les scores d'instruction du CG (ρ = 0.821, p &lt; 0.001) et de la CS (ρ = 0.827, p &lt; 0.001) (Tableau
16).
Tableau 16 : Synthèse des scores d'instruction par niveau de performance
Score CG
Score CS
Performance

Moyenne

Médiane

Écart-type

Moyenne

Médiane

Écart-type

Mauvaise

1.21(±0.42)

1.00

0.42

1.21 (±0.42)

1.00

0.42

Faible

2.46 (±1.51)

2.00

1.51

2.46 (±1.51)

2.00

1.51

Moyenne

3.33 (±1.75)

3.50

1.75

3.33 (±1.75)

3.50

1.75

Assez bonne

4.29 (±1.11)

4.00

1.11

4.14 (±1.11)

4.00

0.90

Bonne

5.50 (±1.38)

5.50

1.38

5.50 (±1.38)

5.50

1.38

Très bonne

5.11 (±0.60)

5.00

0.60

5.22 (±0.60)

5.00

0.67

Source : réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête collectées dans le courant de
décembre 2024
Tableau 17 : tests statistiques de Kruskal-Wallis
Variable
Chi-carré
Degrés de liberté

P-value

Score CG

40.592

5

1.134e-07

Score CS

41.037

5

9.224e-08

Source : réalisé à partir des données d’enquête par l’auteur dans le courant de décembre
2024
Tableau 18: Tests statistiques de Sperman
Relation

Coefficient rho

P-value

Performance - Score CG

0.821

1.015e-15

Performance - Score CS

0.827

3.793e-16

Source : réalisé à partir des données d’enquête par l’auteur dans le courant de décembre
2024
L'analyse des distributions révèle une progression claire des scores moyens d'instruction avec
l'amélioration du niveau de performance :
•

Les coopératives avec une mauvaise performance ont des scores d'instruction bas
(moyenne de 1.21) et homogènes.

•

Les niveaux de performance intermédiaires montrent une progression régulière des scores
d'instruction.

37

�•

Les coopératives avec une très bonne performance ont des scores d'instruction élevés (&gt;
5) et peu dispersés.

On observe également une similarité des scores entre le CG et la CS pour chaque niveau de
performance, suggérant une cohérence dans la composition des organes de gestion.
Figure 11: Distribution des scores d’instruction des membres des organes (Comité de
Gestion, CG)
Source : réalisé à partir des données d’enquête par l’auteur dans le courant de décembre
2024
6

SCORES NIVEAU INSTRUCTION

5
4
3
2
1
0
Mauvaise

Faible

Moyenne

Assez bonne

-1
-2

PERFORMANCE DE REMBOURSEMENT
Pri

Second1

Second2

38

Supéri

Bonne

Très bonne

�Figure 12: distribution des scores d’instruction de la commission de surveillance (CS)
Source : réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête collectées dans le courant de
décembre 2024

2,5

4,5
4

2

3,5
3

1,5

2,5
2

1

1,5
1

0,5

0,5
0

0
Mauvaise

Faible

Moyenne

Pri

Second1

Assez bonne

Second2

Bonne

Très bonne

Supéri

Ces résultats démontrent que la présence de membres plus instruits dans les organes de gestion
favorise significativement une meilleure performance de remboursement des coopératives. Plus
le niveau augmente plus la performance s’améliore. Cela peut s'expliquer par une meilleure
compréhension des enjeux financiers, une capacité accrue à gérer efficacement les ressources, et
une aptitude à sensibiliser et former les autres membres sur l'importance du remboursement des
crédits permettent une bonne gestion et la performance de remboursement des coopératives.
V. Discussion
La présente section a pour objectif d’interpréter les résultats obtenus à la lumière des hypothèses
de départ, des objectifs de l’étude et des connaissances issues de la littérature. Il s’agit d’analyser
les principales tendances observées, d’identifier les facteurs explicatifs des performances de
remboursement des crédits dans les organisations paysannes, et de confronter ces observations
aux travaux antérieurs. Cette discussion permet ainsi de mieux situer les implications pratiques
des résultats pour le renforcement de la gestion financière au sein des OP, notamment en lien
avec l’inclusion des femmes, la structuration des organes de gestion, la participation aux instances
et le paiement des droits d’adhésion.

39

�1. Les facteurs susceptibles d’influencer la performance de remboursement
1.1. Inclusion des femmes dans les organisations paysannes (OP) et capacité de
remboursement
Les résultats de cette étude montrent une corrélation positive significative entre la proportion de
femmes dans les groupes à caution solidaire et la performance de remboursement des crédits. La
corrélation de Spearman (ρ = 0,1334, p = 9,999e-05) indique une relation positive bien que faible,
mais statistiquement significative. Cela confirme l’hypothèse initiale selon laquelle une plus
grande inclusion des femmes dans les coopératives améliore la capacité de remboursement.
Ces résultats corroborent les travaux de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et
l’Agriculture (FAO), qui soulignent que les femmes, lorsqu’elles sont impliquées dans des
activités économiques et organisées dans des structures collectives, tendent à adopter des
pratiques plus rigoureuses en matière de gestion financière. De plus, une étude de Karlan et al.
(2011) révèle que les groupes mixtes avec une forte proportion de femmes sont plus susceptibles
de respecter leurs obligations financières en raison de leur tendance à prioriser les engagements
collectifs. Dans leur ouvrage intitulé « the Economics of Microfinance », explorant en profondeur
les mécanismes de la microfinance, Armendáriz &amp; Morduch (2010) montrent que les femmes
ont des taux de remboursement plus élevés dans les programmes de microfinance, et qu’elles sont
généralement plus fiables financièrement. Toujours dans le même sens, D’Espallier, B., Guérin,
I., &amp; Mersland, R. (2011), ont fait une analyse empirique portant sur plus de 350 institutions de
microfinance dans 70 pays. Celle-ci confirme que les institutions ciblant les femmes affichent de
meilleures performances de remboursement, surtout lorsque les femmes participent à la
gouvernance.
S’il est avéré que l’inclusion des femmes ont une corrélation positive et forte avec la capacité de
remboursement selon les auteurs susmentionnés, d’autres travaux ont nuancé ou infirmé
l’hypothèse. C’est ainsi que Goetz &amp; Gupta (1996) soulignent que la simple inclusion des femmes
ne garantit pas leur autonomie dans la gestion des crédits. Dans certains cas, les hommes prennent
le contrôle du prêt, ce qui peut affecter les résultats attendus en matière de remboursement. En
outre, Kevane &amp; Wydick (2001) bien que reconnaissant que les femmes sont généralement de
bonnes emprunteuses, ils questionnent l'efficacité économique à long terme de privilégier
uniquement les femmes dans les programmes de crédit, en soulignant les limites de croissance
des entreprises dirigées par des femmes en contexte rural.
Ainsi, ces résultats invitent à promouvoir davantage la participation des femmes dans les OP,
notamment par des politiques d’incitation et des actions de sensibilisation pour une meilleure
représentation.

40

�1.2. Payement des droits d’adhésion
L’analyse des données révèle une corrélation hautement significative entre le paiement des droits
d’adhésion et la capacité de remboursement des crédits (ρ avec p &lt; 2.2e-16). Cette relation semble
indiquer que les coopératives dont les membres s’acquittent volontairement des obligations
initiales – telles que les droits d’adhésion – présentent une performance financière plus fiable. Ce
résultat appuie l’idée selon laquelle l’engagement précoce constitue un signal crédible de
discipline financière, et rejoint les conclusions de Ghatak et Guinane (1999), pour qui l’adhésion
volontaire, assortie de conditions minimales, joue un rôle de filtre endogène, permettant de
sélectionner les membres les plus engagés.
Des travaux complémentaires (Besley &amp; Coate, 1995 ; Zeller, 1998) soulignent également que le
respect des engagements financiers dès l’entrée, comme les contributions initiales, renforce les
incitations à la régularité dans les remboursements en créant un effet de responsabilisation et de
collatéral social. Ainsi, le paiement des droits d’adhésion peut être interprété comme un
indicateur ex-ante de fiabilité, particulièrement utile pour les institutions de microfinance opérant
en milieu rural.
Cependant, cette hypothèse mérite d’être nuancée. D’une part, la corrélation observée ne prouve
pas nécessairement une causalité directe : il est possible que le paiement des droits d’entrée reflète
avant tout des caractéristiques socio-économiques préexistantes – comme le niveau de revenu,
l’alphabétisation ou l’accès aux réseaux – plutôt que l’engagement réel. Van Tassel (1999) met
en garde contre ce biais de sélection, qui peut fausser l’interprétation des performances des
groupes.
D’autre part, certains travaux critiques insistent sur le risque d’exclusion induit par ces
mécanismes. L’imposition systématique de droits d’adhésion peut empêcher les populations les
plus vulnérables – notamment les femmes, les jeunes ou les travailleurs informels – de rejoindre
les organisations, malgré leur forte motivation ou leur potentiel d’implication. Bateman et Chang
(2012) remettent en question cette approche fondée sur l’engagement financier, qu’ils jugent
potentiellement inéquitable et contraire à la logique inclusive de la finance solidaire.
Enfin, il convient de souligner que le paiement des droits ne garantit pas nécessairement une
participation active ou durable. Dans certains contextes, il devient une formalité administrative
déconnectée de l’implication réelle des membres. Cela plaide pour une lecture contextualisée et
prudente de cet indicateur, et pour son intégration dans une approche combinée, articulant critères
financiers, évaluations qualitatives, et dispositifs d’accompagnement social.

41

�En somme, si le paiement des droits d’adhésion peut jouer un rôle pertinent dans l’identification
des membres fiables, il ne saurait se substituer à une stratégie plus globale de sélection,
d’inclusion et de fidélisation des membres au sein des coopératives rurales.
1.3. Tenue Régulière des Réunions et Organisation des AGO
L’analyse des données révèle que les coopératives organisant régulièrement des réunions de
membres et tenant leurs Assemblées Générales Ordinaires (AGO) affichent une performance de
remboursement nettement supérieure. Ces pratiques sont fréquemment associées à une
gouvernance interne renforcée, à une transparence accrue, ainsi qu’à une meilleure inclusion des
membres dans les décisions stratégiques. Elles permettent en particulier une meilleure
appropriation des règles collectives, une circulation fluide de l’information, et une
responsabilisation collective autour des obligations financières.
Ces constats rejoignent les travaux de Armendáriz de Aghion et Morduch (2010), qui soulignent
que la participation active des membres aux processus décisionnels constitue un levier essentiel
de performance, notamment dans les systèmes de crédit communautaire. De même, Ostrom
(1990) montre que la gestion efficace des ressources communes repose sur l’élaboration conjointe
de règles, leur respect mutuel et un mécanisme de contrôle social interne. Dans ce cadre, les
réunions régulières et les AGO contribuent à instaurer une dynamique d’autocontrôle qui favorise
la régularité des remboursements.
Toutefois, cette relation mérite d’être analysée avec nuance. D’abord, la qualité des réunions
importe autant que leur fréquence. Dans certaines coopératives, les AGO se réduisent à des
exercices formels, voire symboliques, avec peu d’échanges véritables. La simple organisation
d’une réunion ne garantit pas une participation effective ni une influence réelle des membres sur
les décisions. Ce biais est particulièrement marqué dans les contextes de faible niveau
d’alphabétisation, ou lorsque des logiques hiérarchiques ou de genre entravent la prise de parole
de certaines catégories de membres.
En outre, la valorisation des réunions comme outils de gouvernance repose sur l’hypothèse d’une
base sociale homogène et stable. Or, dans de nombreuses coopératives rurales, la diversité des
intérêts entre producteurs, la mobilité des membres, ou encore la faible culture de la délibération
peuvent limiter les effets attendus. Des auteurs comme Cook (1995) et Francesconi &amp; Ruben
(2007) rappellent que des réunions trop fréquentes ou mal gérées peuvent générer de la fatigue
institutionnelle, une désaffection progressive des membres, voire des tensions internes. L'effet
recherché d'amélioration de la performance peut alors s'inverser, notamment si les réunions
deviennent sources de divisions ou de surcharge administrative.

42

�Enfin, certains auteurs, dans une perspective plus critique, questionnent la capacité réelle des
AGO à transformer la gouvernance des organisations paysannes lorsque les enjeux économiques
majeurs sont contrôlés par un petit noyau dirigeant. Le modèle participatif formel peut masquer
une gouvernance de façade, sans redistribution effective du pouvoir. Cette critique invite à
articuler les réunions et AGO à d'autres outils de contrôle démocratique (commissions de
surveillance, audits internes, alternance des mandats, etc.).
Ainsi, si la tenue régulière des réunions et des AGO constitue un levier important de gouvernance
et de performance financière, leur efficacité dépend de plusieurs facteurs : la qualité de
l’animation, l’environnement institutionnel, le niveau de formation des membres, et l’existence
de mécanismes complémentaires d’inclusion. Dans une perspective de renforcement durable des
coopératives, ces pratiques doivent donc être pensées comme des composantes d’un système
global de gouvernance participative, et non comme des garanties isolées de succès.
1.4. Disposition des organes de gestion et de contrôle
L’étude a identifié un effet modéré mais significatif de la présence d’un comité de gestion de
crédits (CGC) sur la performance de remboursement. Ce résultat met en évidence l’importance
d’une gestion formelle et structurée au sein des OP pour assurer une utilisation et un
remboursement optimaux des crédits. Selon Armendáriz de Aghion et Morduch (2010), des
organes de contrôle bien organisés augmentent la responsabilité mutuelle au sein des groupes et
améliorent les performances financières.
1.5. Niveau d’instruction des membres des organes de gestion
Ces résultats confirment les conclusions de Khandker et Pitt (1998), dans leur étude intitulée The
Impact of Group-Based Credit Programs on Poor Households in Bangladesh: Does the Gender
of Participants Matter?, qui souligne que les coopératives disposant de dirigeants instruits sont
mieux outillées pour analyser les risques, assurer une allocation optimale des crédits et garantir
un meilleur suivi des remboursements. De manière similaire, Yunus (2007), dans Creating a
World Without Poverty: Social Business and the Future of Capitalism, met en évidence le rôle
crucial que joue l’instruction des leaders dans les structures de microfinance pour garantir la
viabilité à long terme des services offerts.
En outre, Ledgerwood (1999) dans son ouvrage Microfinance Handbook: An Institutional and
Financial Perspective, note que le niveau d’éducation des responsables est un facteur déterminant
dans la mise en œuvre des principes de bonne gouvernance, de transparence comptable et de
gestion des risques liés au crédit.

43

�Cependant, plusieurs auteurs invitent à une lecture nuancée de cette corrélation. Besley et Coate
(1995), dans Group Lending, Repayment Incentives and Social Collateral, rappellent que si
l’instruction peut favoriser une gestion plus rationnelle, elle n’est pas une condition suffisante de
performance. Ils mettent en garde contre la surévaluation du capital humain formel, en soulignant
que d’autres dimensions – telles que l’expérience, la connaissance locale, ou le capital social –
jouent aussi un rôle crucial dans la gestion des ressources collectives.
De même, Ostrom (1990), dans Governing the Commons : The Evolution of Institutions for
Collective Action, insiste sur l’importance des normes sociales, de la confiance mutuelle et de la
surveillance communautaire dans le succès des organisations locales. Pour elle, des dirigeants
peu instruits mais enracinés dans les réseaux sociaux locaux peuvent parfois faire preuve d’une
efficacité équivalente, voire supérieure, à des gestionnaires formellement éduqués mais
déconnectés du terrain.
Par ailleurs, Brett (2003), dans Participation and Accountability in Development Management,
souligne que l’instruction seule ne garantit pas l'intégrité ni la redevabilité des dirigeants. Il met
en évidence des cas où des membres instruits captent les bénéfices de la coopérative au détriment
du collectif, introduisant un risque de technocratisation ou de gouvernance élitiste.
Le niveau d’instruction des membres des organes de gestion est fortement corrélé à la
performance de remboursement, confirmant ainsi l’idée que des compétences techniques et une
bonne littératie financière jouent un rôle crucial. Ces résultats convergent avec ceux de Khandker
et Pitt (1998), qui montrent que les coopératives ayant des dirigeants éduqués gèrent mieux les
ressources collectives et réduisent les risques de défaillance.

VI. Vérification des hypothèses
Sur la base des résultats obtenus à partir des données collectées et analysées, les hypothèses
formulées dans le cadre de ce travail de recherche seront validées ou infirmées.
1. Hypothèse 1 : la proportion des femmes dans les OP améliore la capacité de
remboursement des coopératives.
Plus il y a une inclusion de femmes au sein des groupes à caution solidaire mieux est la
performance de remboursement. Dans cette étude, nous avons cherché à vérifier la validité de
cette supposition en corrélant les données recueillies au sein de l’échantillon avec leur niveau de
remboursement.
Avec la corrélation de Spearman 0,1334146, corrélation positive faible et le test de Fisher (Pvalue = 9,999e-05), on constate une relation significative entre le pourcentage de femmes dans
les coopératives et la performance de remboursement des crédits. Autrement dit, plus la

44

�proportion des femmes augmente dans les groupes à caution solidaire meilleures sont les
performances de remboursement.
Au vu de cette analyse, l’hypothèse selon laquelle, la proportion des femmes dans les OP améliore
la capacité de remboursement des coopératives est validée.

2. Hypothèse 2. Tenue régulière des réunions ainsi que des AGO favorise le
remboursement.
Le tableau n°15 montre que les coopératives avec une fréquence de réunions élevée
(hebdomadaire ou mensuelle) affichent de meilleures performances de remboursement.
À l'inverse, l'absence de réunions régulières est associée à des performances faibles ou médiocres.
Le tableau 16 ainsi que le graphique montrent un impact positif que l’organisation régulière des
AGO a sur la capacité de remboursement des coopératives.
Cette hypothèse est validée.

3. Hypothèse 3 Payement de droit d’adhésion agit positivement sur la capacité de
remboursement.
Pour analyser le lien entre le payement des droits d’adhésion et la capacité de remboursement,
l’étude a utilisé les approches complémentaires notamment le tableau des données brutes, le
Mosaic pot fournissant une vue d’ensemble des relations et le graphique en barres empilées pour
analyser en détail des proportions. Cette combinaison permet une analyse complète et robuste de
la relation entre les deux variables.
La significativité statistique constatée avec le Test de Fisher à (P = 0,0005), et la corrélation de
Spearman hautement significative (P&lt;2.2e-16) rejette l’hypothèse entre les variables.
Cette analyse suggère que le niveau de paiement d'adhésion est un indicateur très fiable de la
performance de remboursement des crédits dans les coopératives.

4. Hypothèse 4 : La mise en place des organes de contrôle et de gestion améliore la
performance de remboursement des coopératives.
En ce qui concerne la disposition des organes de gestion et de contrôle (Comité de Gestion,
Commission de Surveillance et le Comité de Gestion de Crédit) au sein des OP, les corrélations
montrent que la mise en place d’un comité de gestion de crédits (CGC) semble être un indicateur
à effet modéré sur la capacité de remboursement des coopératives.

45

�5. Hypothèse 5 : Le niveau d’instruction des membres des organes de gestion et de
contrôle agit positivement sur la performance de remboursement.
L’étude a révélé a une relation forte et significative entre le niveau d’instruction des membres
des organes et la performance de remboursement.

VII. Les recommandations
À partir de l’analyse des résultats et des discussions présentées dans le document, plusieurs
recommandations pratiques émergent pour améliorer la performance de remboursement des
crédits au sein des organisations paysannes (OP). Ces recommandations qui vont à l’endroit des
politiques, des offreurs de crédits, des structures de vulgarisation agricole et des organisations
des producteurs s’articulent autour de cinq axes principaux :

1. Renforcer l’inclusion des femmes dans les organisations paysannes
Promouvoir activement la participation des femmes dans les groupes à caution solidaire, non
seulement en tant que membres, mais aussi dans les instances de gouvernance.
Mettre en place des politiques incitatives et des actions de sensibilisation pour augmenter la
représentation féminine, car une plus grande proportion de femmes est associée à de meilleures
performances de remboursement et à une gestion financière plus rigoureuse.
Veiller à ce que l’inclusion des femmes s’accompagne d’une réelle autonomie dans la gestion des
crédits, afin d’éviter que leur présence soit seulement formelle.

2. Encourager le paiement effectif des droits d’adhésion, tout en veillant à l’inclusion
Maintenir l’exigence du paiement des droits d’adhésion comme signal d’engagement et de
discipline financière, car cela constitue un indicateur de fiabilité des membres.
Prendre en compte les risques d’exclusion des populations vulnérables (femmes, jeunes,
travailleurs informels) : adapter les modalités de paiement ou prévoir des dispositifs
d’accompagnement pour garantir l’accès de tous, sans discrimination.
Compléter ce critère financier par des évaluations qualitatives et des dispositifs
d’accompagnement social pour une sélection plus juste et inclusive des membres.

3. Instaurer et valoriser la tenue régulière des réunions et des Assemblées Générales
Ordinaires (AGO)
Organiser systématiquement des réunions périodiques et des AGO pour renforcer la gouvernance
interne, la transparence et la responsabilisation collective autour des obligations financières.
46

�S’assurer que ces réunions soient de qualité, participatives et inclusives, en luttant contre les
pratiques formelles ou symboliques qui limitent l’implication réelle des membres.
Associer les réunions à d’autres outils de contrôle démocratique (commissions de surveillance,
audits internes, alternance des mandats) afin de garantir l’effectivité du pouvoir collectif.

4. Structurer et dynamiser les organes de gestion et de contrôle
Mettre en place des comités de gestion de crédits (CGC) et des organes de contrôle bien organisés
pour assurer une gestion formelle et efficace des crédits.
Renforcer la responsabilité mutuelle et l’auto-contrôle au sein des groupes, ce qui améliore la
performance financière des OP.

5. Améliorer le niveau d’instruction et de formation des membres des organes de
gestion
Investir dans la formation et l’éducation des responsables des coopératives pour renforcer leurs
compétences en gestion, analyse des risques et suivi des remboursements.
Veiller à ce que la valorisation du capital humain ne se fasse pas au détriment de l’expérience, de
la connaissance locale et du capital social : privilégier un équilibre entre compétences techniques
et enracinement communautaire.
Mettre en place des programmes de formation continue pour garantir la viabilité à long terme des
services financiers offerts par les OP.
En synthèse, l’étude recommande une approche intégrée, combinant l’inclusion effective des
femmes, l’engagement financier raisonné, la gouvernance participative, la structuration des
organes de gestion, et le renforcement des capacités des responsables pour améliorer durablement
la performance de remboursement dans les organisations paysannes. Ces recommandations
doivent être adaptées au contexte local, en tenant compte des spécificités socio-économiques et
culturelles des membres et des communautés concernées

47

�CONCLUSION GENERALE
Le secteur agricole demeure le secteur prioritaire pour assurer le décollage économique dans les
pays en développement et ce, surtout dans les pays d’Afrique subsaharienne. Cette agriculture de
par sa nature, pour jouer pleinement ce rôle, a besoin de financement. Ce dernier qui fait défaut
dans sa quasi-totalité à cause des risques et incertitudes liés à des aléas d’ordre divers se trouvant
dans le secteur agricole, doit être renforcé à partir de l’analyse des résultats des études réalisées
sur les projets/programmes ayant fait l’objet d’une forme de mécanisme de financement. Parmi
les risques, se trouve celui du remboursement des crédits qui demeure l’aspect essentiel qui assure
la survie voire la pérennité des actions d’octroi de crédits aux agriculteurs. Dès lors que le risque
de remboursement est perceptible sur le projet PARTAM, il s’avère nécessaire que les
déterminants qui s’y rapportent soient connus et maîtrisés. C’est à ce titre que la présente
recherche a tenté d’identifier les principaux déterminants des impayés sur cet aspect du projet.
Pour atteindre cet objectif, nous avons choisi comme démarche méthodologique d’enquêter sur
un échantillon de soixante (60) sociétés coopératives agricoles sur les cent-vingt (120) ayant
bénéficié les crédits de campagne.
Ce travail de recherche a connu des difficultés surtout en matière de collecte des renseignements
auprès des bénéficiaires. Les producteurs regroupés en des OP ont été un peu réticents de fournir
les informations lors de l’administration des questionnaires. La plupart d’entre eux, par peur
d’être traduit devant la loi à cause des impayés et aussi d’être mal vu par les autres membres n’ont
pas voulu se laisser enquêter. Cette difficulté est parvenue quand même à cause du rôle de
facilitation que le CGP a joué en intervenant auprès des OP bénéficiaires surtout chez les
membres des organes de gestion et de fonctionnement. En outre, les villages bénéficiaires du
projet sont distants l’uns des autres. La collecte des données dans ces localités et aussi au niveau
des autres partenaires a demandé un peu d’investissement en termes d’argent pour le
déplacement. Le mauvais fonctionnement de certaines de ces organisations n’a pas favorisé la
rencontre de leurs premiers responsables. La suspension de l’activité de crédit due à la
délinquance a suscité le mécontentement de certains bénéficiaires qui ont honoré leur engagement
au sein du groupe à caution solidaire.
Malgré tout, cette étude a permis d’analyser les causes des impayés des crédits de campagne
agricole au sein du projet PARTAM, en mettant un accent particulier sur les caractéristiques
organisationnelles et fonctionnelles des coopératives. Grâce à une analyse rigoureuse des données
collectées, réalisée à l’aide des logiciels Excel et R, les hypothèses de recherche ont été évaluées
pour mieux comprendre les facteurs influençant la capacité de remboursement des coopératives
agricoles sur le dit projet.

48

�Les résultats obtenus confirment que la performance des coopératives en matière de
remboursement des crédits est déterminée par plusieurs facteurs interdépendants liés à leur
organisation et à leur fonctionnement.
La relation positive et significative a été établie entre la proportion des femmes dans les
organisations paysannes (OP) et la performance de remboursement. Ces résultats valident
l’hypothèse selon laquelle l’inclusion des femmes, reconnues pour leur discipline financière et
leur engagement, améliore la gestion collective des crédits.
Le paiement des droits d’adhésion a émergé comme un indicateur clé de la discipline
organisationnelle. Les coopératives où les membres s’acquittent régulièrement de leurs
obligations financières présentent de meilleures performances de remboursement, ce qui reflète
un niveau d’engagement élevé et une gouvernance interne efficace. La mise en place et le bon
fonctionnement des organes de gestion, tels que les comités de gestion des crédits (CGC), jouent
un rôle modéré dans l’amélioration des performances de remboursement. Cependant, leur
efficacité est fortement influencée par le niveau d’éducation et les compétences des membres des
organes de gestion.
La tenue régulière des réunions et des Assemblées Générales Ordinaires (AGO) renforce la
transparence, la redevabilité et la cohésion des membres, contribuant ainsi à une meilleure
discipline collective
Une Corrélation a été constatée entre le niveau d’éducation des membres des organes de gestion
et la capacité de remboursement des crédits. Les membres instruits sont mieux à même de
comprendre les conditions des crédits, de planifier leur gestion financière et de sensibiliser les
autres membres.
Ces résultats soulignent l’importance de renforcer les capacités organisationnelles et
fonctionnelles des coopératives pour améliorer leur performance de remboursement. Des efforts
doivent être déployés pour encourager l’inclusion des femmes dans les coopératives, instaurer
des formations ciblées sur la gestion financière et la gouvernance coopérative, rendre obligatoire
la tenue régulière des AGO et des réunions et promouvoir des mécanismes d’incitation pour le
respect des obligations financières des membres.
En résumé, une gestion plus inclusive et disciplinée des coopératives, associée à un renforcement
des capacités des membres, représentent une voie durable pour orienter les politiques afin de
réduire les impayés dans le cadre du projet PARTAM et améliorer son impact sur le
développement agricole local. Ces conclusions offrent également une base pour des recherches
futures sur l’optimisation des modèles de microcrédit dans les zones rurales.

49

�Toutefois, cette étude s’est intéressée seulement qu’aux déterminants de remboursement de
crédits de campagne en se basant sur certains aspects des caractéristiques organisationnelles et
fonctionnelles des coopératives bénéficiaires (proportion de femmes, tenue des réunions et des
AGO, mise en place des organes de gestion et de contrôle et le niveau d’instruction des membres
des organes élus). Il serait souhaitable que d’autres travaux de recherche puissent accorder
d’importance à d’autres variables explicatives comme : la capacité technique de production des
producteurs, la disponibilité des marchés, l’éducation financière, etc. dans l’explication du
remboursement de crédits de campagne agricole sur le dit projet.

50

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53

�ANNEXES
Annexe 1
Questionnaire d’enquête auprès des coopératives pour déterminer les
déterminants des impayés de crédits de campagne agricole sur le projet
PARTAM
A : Informations générales sur la coopérative agricole
1. Nom de la coopérative : _______________
2. Localisation (Village/Commune) : _______________
3. Année de création de la coopérative : _______________
4. Nombre total de membres actifs : _______________
Hommes : …………………………….
Femmes : ………………………………
5. Principales cultures pratiquées :
O Riz
O Maïs
O Autres (précisez) : _______________
B : Capacité organisationnelle de la coopérative
Quels organes de gestion et de contrôle dispose votre coopérative ?
 CG
 CS
 CGC
Quel est le niveau d’instruction des membres de ces organes ?
Organes

Primaire Secondaire 1

Secondaire 2

Supérieur Non instruit

CG
CS
CGC
NB. Inscrivez le nombre de personnes de chaque organe correspondant à chaque niveau
d’instruction.
IX

�Avez-vous tenu l’AGC
O Oui
O Non
Quels documents juridiques et règlementaires disposez-vous ?
 Statut
 Règlement Intérieure
 Agrément
 Immatriculation
 Autre (précisez) : _______________
A quelle fréquence tenez-vous vos réunions ?
o Une fois par semaine
o Une fois par mois
o Au-delà
o Pas du tout
Tenez-vous les AGO
O Oui
O Non
Si oui à quelle fréquence ?
O Annuellement
O Rarement
Capacité financière de la coopérative
Tous les membres ont-ils payé leur droit d’adhésion ?
O Oui
O Non
Parts sociales
O Libérées entièrement
O Libérées partiellement
O Pas du tout libérées
X

�Avez-vous d’autres sources de financement ?
O Oui
O Non
Si oui la ou les quelle ?
B : Conditions du crédit et accès au financement
7. Avez-vous bénéficié du crédit de campagne agricole dans le cadre du projet
PARTAM ?
O Oui
O Non
8. Montant du crédit obtenu (en FCFA) :
En 2012…………… En 2013 ………………………. En 20214 ……………….
En 2015 ………………. En 2016 ……………………
9. Le crédit octroyé était-il suffisant pour couvrir vos besoins de production ?
O Oui
O Non
Si
non,
pourquoi
?
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
………………………………………………………
10. Le taux d'intérêt du crédit était-il jugé raisonnable ?
O Oui
O Non
Si non, précisez pourquoi : _______________
11. La durée de remboursement était-elle suffisante par rapport au cycle de
production agricole ?
O Oui
O Non
Si non, quelles sont les difficultés rencontrées ? _______________

XI

�C : Utilisation du crédit
12. Le crédit a-t-il été utilisé uniquement pour les activités agricoles ?
O Oui
O Non
Si non, précisez l'autre usage : _______________
13. Quels types d'intrants ou services ont été financés par le crédit ?
☐ Semences
☐ Engrais
☐ Main d'œuvre
☐ Matériel agricole
☐ Autre (précisez) : _______________
14. Avez-vous rencontré des difficultés pour accéder aux intrants agricoles ?
O Oui
O Non
Si oui, précisez lesquelles : _______________

D : Production et commercialisation
15. Quel était le rendement (kg/ha) attendu pour la culture financée par le crédit ?
_______________
16. Quel rendement réel avez-vous obtenu (tonnes/ha) ?

_______________

17. Avez-vous rencontré des problèmes durant la production ?
O Oui
O Non
Si oui, lesquels
_______________

?

(ex.

inondation,

maladies,

18. Comment écoulez-vous habituellement votre production ?
☐ Vente sur les marchés locaux
☐ Vente directe aux intermédiaires
XII

sécheresse,

etc.):

�☐ Autre (précisez) : _______________
19. Le prix de vente de votre produit a-t-il fluctué au cours de la période de
remboursement du crédit ?
O Oui
O

Non

Si oui, comment cela a-t-il affecté votre capacité de remboursement ?
_______________

E : Capacité de gestion de la coopérative
20. La coopérative dispose-t-elle d'une équipe de gestion financière compétente ?
O Oui
O Non
21. Des formations en gestion financière ou en gestion de crédit ont-elles été
dispensées aux membres de la coopérative ?
O Oui
O Non
22. Les membres de la coopérative participent-ils aux décisions financières (ex.
utilisation du crédit) ?
O Oui
O Non
Si non, qui prend les décisions ? _______________
23. Y a-t-il des conflits internes au sein de la coopérative ?
O Oui
O Non
Si oui, précisez : _______________

F : Difficultés de remboursement
24. Avez-vous rencontré des difficultés pour rembourser le crédit ?
O Oui
XIII

�O Non
25. Si oui, quelles sont les principales raisons des difficultés de remboursement ?
☐ Faible rendement agricole
☐ Fluctuations des prix sur le marché
☐ Mauvaise gestion financière de la coopérative
☐ Conditions climatiques défavorables
☐ Autre (précisez) : _______________
26. Quel pourcentage du crédit avez-vous pu rembourser à temps ?
2012

2013

2014

2015

2016

0-25%
26-50%
51-75%
76-100%
100%

G : Suggestions et recommandations
27. Que recommanderiez-vous pour améliorer la capacité de remboursement des
coopératives ?
☐ Réduction du taux d'intérêt
☐ Allongement de la durée de remboursement
☐ Formation des membres en gestion financière
☐ Meilleur accès aux intrants agricoles
☐ Mise en place d'une assurance agricole
 Renforcement de la capacité organisationnelle des OP
 Souscription à une assurance agricole
☐ Autres (précisez) : _______________

XIV

�Annexe 2 ORGANIGRAMME DU PROJET PARTAM
Ministères partenaires

Ministère de l’Agriculture

Comité de pilotage du
projet
Unité d’exécution du projet
Service administratif et
financier

Cellule Génie rural

Cellule Suivi-évaluation

Cellule Agroéconomie

Cellule Production
végétale et animale
Institut de microfinance
(FUCEC)

Service de vulgarisation
(ICAT
Organisation des
producteurs

Source : Document projet

XV

�Annexe 3 Quelques vues de réalisation du projet

Motoculteur offert par le projet en activité

Une piste et une digue réalisées par le projet

Canal principal d’irrigation réhabilité par le projet

Vue sur le périmètre d’exploitation

XVI

�Annexe 4 Carte de la zone du projet.

XVII

�TABLE DES MATIERES
DEDICACE ................................................................................................................................. I
REMERCIEMENTS ................................................................................................................. II
SOMMAIRE ............................................................................................................................ III
SIGLES ET ABREVIATIONS ................................................................................................ IV
LISTE DES TABLEAUX ......................................................................................................... V
FIGURES ET GRAPHIQUES ................................................................................................. VI
RESUME .................................................................................................................................. VI
ABSTRACT .......................................................................................................................... VIII
INTRODUCTION GENERALE................................................................................................ 1
1. Objectif général .......................................................................... Erreur ! Signet non défini.
2. Objectifs spécifiques ................................................................... Erreur ! Signet non défini.
3. Hypothèse générale ..................................................................... Erreur ! Signet non défini.
4. Hypothèses spécifiques ............................................................... Erreur ! Signet non défini.
CHAPITRE 1 : CADRE DE REFERENCES CONCEPTUELLES ET THEORIQUES .......... 4
I. Définitions des concepts ......................................................................................................... 5
1.

Coopératives agricoles .................................................................................................... 5

2. Le crédit agricole ............................................................................................................... 6
3. Impayés ............................................................................................................................... 7
4. Risques des impayés ........................................................................................................... 7
5. Capacité de remboursement................................................................................................ 7
6. Taux de remboursement ..................................................................................................... 8
7. Caution solidaire ................................................................................................................. 8
8. Formation en gestion financière ......................................................................................... 8
II. Les théories ............................................................................................................................ 8
1. Théorie du crédit rural ........................................................................................................ 8
2. Théorie de l'agence ............................................................................................................. 9
3. Théorie de la microfinance ................................................................................................. 9
4. Théorie de la gouvernance coopérative .............................................................................. 9
5. Théorie du capital social ..................................................................................................... 9
6. Théorie de la gestion financière ........................................................................................ 10
XVIII

�7. Théorie du contrôle de gestion ......................................................................................... 10
III. Revue empirique ................................................................................................................ 10
1. L’importance et les difficultés liées au crédit agricole ..................................................... 10
2. Taux de remboursement .................................................................................................. 11
3. Délai d’étude de dossier et libération des fonds ............................................................... 11
4. Echéance de remboursement ............................................................................................ 11
5. Impact des délais de crédit sur la performance des coopératives agricoles ...................... 11
6. Bonne gouvernance des coopératives ............................................................................... 12
7. Risques agricoles .............................................................................................................. 12
8. Formation en gestion de crédits et innovations techniques .............................................. 12
9. Détournement de crédits ................................................................................................... 13
10. Caractéristiques des offreurs et des demandeurs ............................................................ 14
11. Garantie et caution .......................................................................................................... 15
CHAPITRE 2. CADRE ORGANISATIONNEL ET METHODOLOGIE .............................. 16
I. Cadre organisationnel ........................................................................................................... 16
1. Cadre physique et institutionnel de l’étude ...................................................................... 16
1.1 Contexte du projet PARTAM ..................................................................................... 16
1.2. Objectif du projet PARTAM ..................................................................................... 16
1.3. Réalisations du projet ................................................................................................. 17
1.4. Situation géographique du site du projet. .................................................................. 18
II. Cadre méthodologique ......................................................................................................... 18
1. Opérationnalisation des variables ..................................................................................... 18
2. Type de recherche ............................................................................................................. 19
3. Zone d’étude ..................................................................................................................... 20
4. Population cible ................................................................................................................ 20
5. Méthodes de collecte de données ..................................................................................... 21
5.1. Données primaires ..................................................................................................... 21
5.2. Données secondaires .................................................................................................. 21
6. Méthode d’échantillonnage .............................................................................................. 21
6.1. Analyse quantitative ................................................................................................... 22
6.2. Analyse qualitative ..................................................................................................... 22
CHAPITRE 3. CADRE ANALYTIQUE ................................................................................. 24

XIX

�I. Caractéristiques des coopératives étudiées ........................................................................... 24
1. Composition et taille des coopératives ............................................................................. 24
2. Répartition hommes/femmes ............................................................................................ 25
II. Analyse des crédits alloués aux coopératives agricoles ...................................................... 26
1. Répartition des crédits par catégorie ................................................................................ 26
2. Statistiques descriptives des crédits .................................................................................. 27
III. Performance de remboursement des coopératives ............................................................. 27
1. Catégorisation des taux de remboursement ...................................................................... 27
IV. Facteurs influençant la performance de remboursement ................................................... 28
1. Effets des caractéristiques organisationnelles sur le remboursement .............................. 28
1.1. Proportion de femmes dans les coopératives ............................................................. 28
1.2. Fréquence des réunions et tenue des AGO ................................................................ 30
1.3. Paiement des droits d'adhésion .................................................................................. 32
1.4. Présence et fonctionnement des organes de gestion .................................................. 34
V. Discussion ........................................................................................................................... 39
1. Les facteurs susceptibles d’influencer la performance de remboursement ...................... 40
1.1. Inclusion des femmes dans les organisations paysannes (OP) et capacité de
remboursement .................................................................................................................. 40
1.2. Payement des droits d’adhésion ................................................................................. 41
1.3. Tenue Régulière des Réunions et Organisation des AGO ......................................... 42
1.4. Disposition des organes de gestion et de contrôle ..................................................... 43
1.5. Niveau d’instruction des membres des organes de gestion........................................ 43
VI. Vérification des hypothèses ............................................................................................... 44
1. Hypothèse 1 : la proportion des femmes dans les OP améliore la capacité de
remboursement des coopératives. ......................................................................................... 44
2. Hypothèse 2. Tenue régulière des réunions ainsi que des AGO favorise le
remboursement. .................................................................................................................... 45
3. Hypothèse 3 Payement de droit d’adhésion agit positivement sur la capacité de
remboursement. .................................................................................................................... 45

XX

�4. Hypothèse 4 : La mise en place des organes de contrôle et de gestion ainsi que le niveau
d’instruction des membres de ces organes améliorent la performance de remboursement des
coopératives. ......................................................................................................................... 45
VII. Les recommandations ....................................................................................................... 46
1. Renforcer l’inclusion des femmes dans les organisations paysannes ............................... 46
2. Encourager le paiement effectif des droits d’adhésion, tout en veillant à l’inclusion ...... 46
3. Instaurer et valoriser la tenue régulière des réunions et des Assemblées Générales
Ordinaires (AGO) ................................................................................................................. 46
4. Structurer et dynamiser les organes de gestion et de contrôle .......................................... 47
5. Améliorer le niveau d’instruction et de formation des membres des organes de gestion 47
CONCLUSION GENERALE .................................................................................................. 48
BIOGRAPHIE .......................................................................................................................... 51
ANNEXES ............................................................................................................................... IX
TABLE DES MATIERES ................................................................................................. XVIII

XXI

�</text>
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          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>DROIT - ÉCONOMIE -  GESTION</text>
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                  <text>La collection Droit économie et gestion (DEG) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières droit, économie et gestion.</text>
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                <text>Déterminants de la performance de remboursement des crédits de campagne agricole dans les organisations paysannes : cas du projet PARTAM au Togo</text>
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                <text>Cette recherche s’intéresse aux déterminants des impayés des crédits de campagne agricole dans le cadre du Projet de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission-Tové (PARTAM) au &#13;
Togo. Le projet, initié pour renforcer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté à travers le développement de la riziculture, a permis d’octroyer des crédits agricoles aux coopératives via des mécanismes de microfinance. Cependant, l’augmentation des taux d’impayés, passés de 13 % en 2012 à 25 % en 2016, a conduit à la suspension des crédits, mettant en péril la viabilité &#13;
du projet. L’objectif principal de cette étude est d’identifier les facteurs organisationnels et fonctionnels des coopératives influençant leur capacité de remboursement. En s’appuyant sur une méthodologie mixte, les données ont été collectées auprès de soixante (60) coopératives bénéficiaires choisies de manière aléatoire sur les cent-vingt (120) et analysées à l’aide des &#13;
logiciels Excel et R, selon des approches statistiques robustes (corrélations de Spearman, tests de Fisher). Les résultats clés révèlent que la forte proportion de femmes dans les groupes à caution solidaire améliore significativement les performances de remboursement, soulignant leur rôle central dans la discipline financière. Le paiement des droits d’adhésion par les membres apparaît comme un indicateur fiable de la capacité organisationnelle et de la performance des groupes. </text>
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                <text>GUIDIGAN Kokou Mawunya </text>
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            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
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                <text>Mémoire de master</text>
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        <name>Coopérative agricole</name>
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        <name>Crédits de campagne agricole</name>
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        <name>Performance de remboursement</name>
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                    <text>MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE
ET DE L’INNOVATION

BURKINA FASO
La Patrie ou la Mort,
nous Vaincrons

=-=-=-=-=-=-=-=-=

UNIVERSITE THOMAS SANKARA
=-=-=-=-=-=-=-=-=
INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE A DISTANCE
=-=-=-=-=-=-=-=-=

Pour l’obtention du master pro Développement Local et Gestion des
Collectivités Territoriales (DEVLOG)
Promotion 2021 – 2022
THEME

ANALYSE DES FACTEURS LIMITANT LA
PARTICIPATION CITOYENNE DANS LA
GESTION DE LA COMMUNE DE PÔ
Présenté par :
SAKANDE Hamado

DIRECTEUR DE MEMOIRE :
Dr Alima Paule Ariane SOUMAÏLA/NAPON
DECEMBRE 2024

�DEDICACE

À ma famille pour leur soutien inconditionnel et leur amour sans limite.

i

�REMERCIEMENTS
« Merci est un petit mot, mais il ne sort de la bouche que sous l’effet d’un acte qui inspire
la gratitude » disait Amadou Hampâté Bâ. Au terme de ce travail, je voudrais exprimer
ma profonde gratitude à toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la réussite de notre
formation. Nous voudrions nous garder de les citer de peur d’en oublier. Néanmoins, nous
sollicitons la compréhension de toutes et de tous pour traduire nos sincères
remerciements à :
-

Docteur Alima Paule Ariane SOUMAÏLA/NAPON, notre directrice de mémoire
pour l’encadrement et pour nous avoir inculqué l’amour de la recherche ;

-

Monsieur Valérie BAMA, Préfet, Président de la Délégation spéciale de la
Commune de Pô ;

-

Monsieur Hamidou ZONGO, secrétaire général de la mairie de Pô, notre maitre
de stage, pour sa précieuse assistance ;

-

Docteur Benjamin SIA, responsable administratif / IFOAD-Université Thomas
SANKARA ;

-

L’ensemble du personnel de la mairie de Pô pour l’accueil chaleureux et les
encouragements ;

-

Tout le personnel et le corps professoral de l’IFOAD-Université Thomas
SANKARA qui n’ont ménagé aucun effort pour nous assurer une formation de
qualité et leur disponibilité ;

-

Tout le personnel de l’AUF/BURKINA FASO pour leur disponibilité à nous
accueillir dans leurs locaux lors de nos passages à Ouagadougou ;

-

Tous les apprenants en DEVLOG de la promotion 2020-2022 pour la bonne
collaboration, l’esprit de camaraderie et pour leur disponibilité ;

-

Tous les enquêtés pour leur disponibilité et leurs contributions combien
importantes dans la collecte des données pour la rédaction de ce mémoire ;

-

Nos parents et amis qui nous ont toujours soutenus et encouragés dans notre
parcours académique et professionnel ;

A tous, daignez trouver en ces mots toute mon admiration et ma reconnaissance.

ii

�SIGLES ET ABREVIATIONS
AN

: Assemblée Nationale

AUF

: Agence Universitaire de la Francophonie

CADHP

: Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples

CADEG

: Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance

CCCO

: Cadre de Concertation Communale

CGCT

: Code Général des Collectivités Territoriales

CGLU

: Cités et Gouvernements Locaux Unis

CPO

: Commune de Pô

COVED

: Comité de Veille et de Développement

CVD

: Conseil Villageois de Développement

CT

: Collectivité Territoriale

DS

: Délégation Spéciale

DUDH

: Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

ENAM

: Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature

ENAREF

: Ecole Nationale des Régies Financières

IFOAD

: Institut de Formation Ouverte A Distance

MATD

: Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation

MEF

: Ministère de l’Economie et des Finances

MESRI

: Ministère des Enseignements Supérieurs de la Recherche et de l’Innovation

NMP

: Nouveau Management Public

OSC

: Organisation de la Société Civile

ONG

: Organisation Non Gouvernementale

PACT

: Programme d’Appui aux Collectivités Territoriales

PCD

: Plan Communal de Développement

PDS

: Président de la Délégation Spéciale

PM

: Premier Ministère

PNKT

: Parc National Kaboré Tambi

RCSD

: Région du Centre Sud

SG

: Secrétariat Général

UTS

: Université Thomas SANKARA

iii

�LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1: Echelle de la participation de Sherry Arnstrein (1969) ................................. 13
Tableau 2 : Présentation de la taille de l’échantillon ...................................................... 26
Tableau 3 : Récapitulatif de l’échantillon d’enquête réalisé ........................................... 30
Tableau 4 : Répartition des enquêtés selon le sexe ......................................................... 33
Tableau 5 : Répartition des enquêtés selon l’âge ............................................................ 33
Tableau 6 : Répartition des enquêtés selon le niveau d’instruction ................................ 34
Tableau 7 : Opinion des répondants sur l’existence des outils/mécanismes institutionnels
facilitant la participation des citoyens à la gestion des collectivités territoriales. .......... 35
Tableau 8 : Opinion des répondants sur l’élaboration du budget communal ................. 36
Tableau 9 : Opinion des interviewés sur l’accessibilité du budget et des comptes
administratifs et de gestion de la commune.................................................................... 37
Tableau 10 : Opinion des répondants sur la participation des citoyens aux sessions du
conseil municipal ............................................................................................................ 37
Tableau 11 : Point de vue des citoyens sur la publication des délibérations et des actes des
autorités communales relatifs au budget ........................................................................ 38
Tableau 12 : Publication du bilan annuel des activités du conseil municipal ................. 39
Tableau 13 : Connaissance des citoyens sur l’existence d’un cadre de concertation
communal (CCCO) fonctionnel ..................................................................................... 40
Tableau 14 : Avis des enquêtés sur l’existence d’autres cadres de concertations ........... 41
Tableau 15 : Appréciation des citoyens de la gestion des autorités communales ........... 41

iv

�LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Participation des citoyens aux débats publics sur les projets et programmes de
la commune .................................................................................................................... 36
Figure 2 : Canaux d’information des activités de la commune aux populations par les
autorités communales ..................................................................................................... 39
Figure 3 : Perceptions des citoyens sur les avantages de la participation citoyenne à la
gestion de la commune ................................................................................................... 42
Figure 4 : Perception des citoyens sur les obstacles qui entravent la participation
citoyenne à la gestion de la commune de Pô .................................................................. 43
Figure 5 : Suggestions pour une réelle participation citoyenne à la gouvernance locale
dans la commune ............................................................................................................ 45

v

�SOMMAIRE
DEDICACE ....................................................................................................................... i
REMERCIEMENTS ........................................................................................................ ii
SIGLES ET ABREVIATIONS ........................................................................................ iii
LISTE DES TABLEAUX................................................................................................ iv
LISTE DES FIGURES ..................................................................................................... v
SOMMAIRE.................................................................................................................... vi
RESUME ........................................................................................................................ vii
ABSTRACT ................................................................................................................... vii
INTRODUCTION ............................................................................................................ 1
CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LITTERATURE ...................... 6
I.1 CADRE THEORIQUE ............................................................................................... 6
I.2. REVUE DE LITTÉRATURE SUR LA PARTICIPATION CITOYENNE À LA
GESTION DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES ............................................... 14
CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE .................................. 18
II.1. PRESENTATION DU CADRE DE L’ETUDE ...................................................... 18
II.2. METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE ........................................................... 22
CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS ET DISCUSSION ............................. 33
III.1. PRESENTATION, ANALYSE ET DISCUSSION DES RESULTATS ................. 33
III.2. SUGGESTIONS .................................................................................................... 47
CONCLUSION .............................................................................................................. 50
IBLIOGRAPHIE ............................................................................................................ 52
ANNEXES ..................................................................................................................... 57
TABLE DE MATIÈRE ................................................................................................... 67

vi

�RESUME
La participation citoyenne est un facteur clé à la réussite de la mise en œuvre de la
politique de décentralisation adoptée par le Burkina Faso. Cependant, après plus d’une
quinzaine d’années après la communalisation intégrale, la problématique de la
participation citoyenne se pose avec acuité dans les collectivités territoriales. C’est dans
ce sens que l’objectif général de cette recherche a consisté à analyser les facteurs limitant
la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô. À travers une approche
mixte combinant méthodes qualitatives et quantitatives, les résultats de la présente
recherche a fait ressortir que plusieurs facteurs tels que la non exploitation effective des
mécanismes de participation, le déficit de communication et l’analphabétisme limitent la
participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô. Face à cela, la mise en place
d’un cadre de concertation communal fonctionnel, l’instauration d’une culture du devoir
de redevabilité et la mise en œuvre d’une stratégie de communication permettront de
garantir une participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô.
Mots clés : participation citoyenne, décentralisation, développement local, collectivité
territoriale, communalisation intégrale et Pô.
ABSTRACT
Citizen participation is a key factor in the successful implementation of the
decentralization policy adopted by Burkina Faso. However, more than fifteen years after
full municipalization, the problem of citizen participation arises acutely in local
authorities. It is in this sense that the general objective of this research consisted of
analyzing the factors limiting citizen participation in the management of the municipality
of Pô. Through a mixed approach combining qualitative and quantitative methods, the
results of this research showed that several factors such as the effective non-exploitation
of participation mechanisms, the communication deficit and illiteracy limit citizen
participation in the management of the commune of Po. Faced with this, the establishment
of a functional municipal consultation framework, the establishment of a culture of duty
of accountability and the implementation of a communication strategy will make it
possible to guarantee citizen participation in the management of the commune of Po.
Keywords: citizen participation, decentralization, local development, territorial
collectivity, integral communalization and Pô

vii

�INTRODUCTION
Au lendemain de l’accession à l’indépendance des pays de l’Afrique subsaharienne, la
majeure partie hérite des frontières de la colonisation et s’engage vers l’édification d’un
État unitaire qui concentre la plus grande partie du pouvoir décisionnel. Ce mode de
gouvernance qui a prévalu pendant les années qui suivirent les indépendances dans
nombre de pays ouest-africains, dont le Burkina Faso, a très vite révélé des limites,
notamment l’absence de participation des populations aux processus de prise de décision
et la non prise en compte de leurs préoccupations réelles. Au regard de cette situation et
à la faveur de l’avènement du mouvement de démocratisation dans les années 1990, il
s’est avéré nécessaire pour les autorités burkinabè de repenser la gouvernance. La
nouvelle constitution adoptée par référendum le 02 juin 1991, outre qu’elle organise les
pouvoirs publics constitutionnels et garantit les droits fondamentaux de la personne
humaine, consacre la décentralisation territoriale comme mode d’organisation du
territoire. En effet, l’article 143 dispose que « le Burkina Faso est organisé en collectivité
territoriale ».
Aussi, pour permettre la participation démocratique des citoyens à la libre administration
des collectivités territoriales telle que prévue par l’article 145 de la constitution du 02 juin
1991, le législateur a adopté la loi n° 055-2004/AN du 21 décembre 2004 portant code
général des collectivités territoriales au Burkina Faso qui détermine l’orientation de la
décentralisation, les compétences et les moyens d’action, les organes et l’administration
des collectivités territoriales au Burkina Faso. L’article 2 dudit code définit la
décentralisation comme étant « le droit des collectivités territoriales à s’administrer
librement et à gérer des affaires propres en vue de promouvoir le développement à la base
et de renforcer la gouvernance locale ». La décentralisation implique une gouvernance
locale participative et exige que le citoyen soit l’acteur de son propre développement.
C’est dans ce sens que le ministère de l’Administration territoriale souligne : « Il faut
cultiver la dimension participative et citoyenne sous peine de perdre en partie ce qui la
fonde, à savoir, l’implication de la population dans le processus décisionnel1».
La participation citoyenne à la gouvernance est encadrée par des instruments
internationaux et nationaux. Au niveau international, il y a la Déclaration universelle des
BURKINA FASO Ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation : État des lieux de la
décentralisation au Burkina Faso 2006-2010 P.51
1

1

�droits de l’Homme, la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, la Charte
africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.
La Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948, en son article 21,
traite de la question de la participation citoyenne. Selon l'alinéa 3 de cette disposition, «
la volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ».
Pour la Charte africaine des droits de l'homme et du peuple, c'est l'article 13 qui traite de
cette question de participation. Son alinéa 1 dispose que « tous les citoyens ont le droit
de participer librement à la direction des affaires publiques de leur pays, soit directement,
soit par l'intermédiaire des représentants librement choisis, ce conformément aux règles
édictées par la loi ».
Quant à la Charte Africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, elle vient
renforcer le dispositif juridique qui encadre la participation des citoyens à la gestion des
affaires publiques. L’alinéa 10 de l’article 2 dispose que « la présente charte a pour
objectif de promouvoir la création des conditions nécessaires pour faciliter la
participation des citoyens, la transparence, l’accès à l’information, la liberté de presse et
l’obligation de rendre compte de la gestion des affaires publiques ».
Au plan national, la participation citoyenne est garantie par la Constitution du 02 juin
1991 et le Code général des collectivités territoriales.
La constitution dispose en son article 12 que « tous les Burkinabè sans distinction aucune
ont le droit de participer à la gestion des affaires de l’État et de la société. » À ce titre, ils
sont électeurs et éligibles dans les conditions prévues par la loi. Et l'article 145 d'ajouter
que « la loi organise la participation démocratique des populations à la libre
administration des collectivités territoriales ».
L'Article 11 du code général des collectivités territoriales confère aux citoyens un droit
de regard sur la conduite des affaires locales. Selon cet article, « les habitants de la
collectivité territoriale ont droit à l'information sur la gestion des affaires locales ». Ce
droit s'exerce par :
-

Leur participation aux débats publics sur les projets et programmes locaux de
développement et sur les grandes orientations du budget local ;

-

La mise à la disposition des personnes physiques ou morales du budget et des
comptes des collectivités territoriales ;
2

�-

L’accès du public aux séances des conseils des collectivités territoriales, à
l’exception de celles tenues à huis clos ;

-

La publication des délibérations du conseil et des actes des autorités locales
relatives au budget ;

-

La publication du bilan annuel d'activités du conseil de la collectivité.

En effet, le droit à l'information des habitants sur les affaires locales s'exerce sous réserve
des dispositions en vigueur relatives notamment à la publicité des actes des autorités
locales et à la liberté d'accès aux documents administratifs.
Malheureusement, après plus d’une quinzaine d’années après la communalisation
intégrale, force est de constater que la problématique de la participation citoyenne se pose
avec acuité dans les collectivités territoriales. En effet, le bilan de la mise en œuvre de la
décentralisation des cycles I et II fait ressortir une mauvaise qualité de la gouvernance
locale et un désintéressement des citoyens à la gestion des affaires locales. Il ressort que
dans la fourniture des services publics, les élus locaux, dans leur majorité, n’informent
pas suffisamment les citoyens et ne les impliquent pas convenablement dans
l’élaboration, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des projets et programmes de
développement local. Ces élus ne se sentent pas redevables envers la population et rendent
donc très peu compte à cette dernière. Parallèlement, les citoyens ne réclament pas leur
participation, ils accordent peu de crédibilité à l’action des élus et paraissent indifférents
aux biens et à l’action publique. Pour le cas spécifique de la commune de Pô, une analyse
des rapports du maire sur l’exécution des activités de la mairie de 2019, 2020, 2021, 2022
et 2023 relèves qu’aucun débat public sur les projets et programmes locaux de
développement et sur les grandes orientations du budget de la commune n’ont été
organisé. Aussi, dans la même période, une analyse des listes de présence aux sessions du
conseil municipal laisse percevoir qu’il n’existe pas de liste de présence de citoyens qui
ont pris part à des sessions de façon volontaire. Cette triste réalité caractérise une faible
participation des citoyens à la gestion des affaires locales.
Pourtant, selon OUEDRAOGO (2016), la participation citoyenne revêt une grande
importance, car les citoyens jouent un rôle primordial dans toute vision ou politique de
développement local et surtout dans un système décentralisé. Dans sa recherche, il met
en exergue les cadres normatifs et institutionnels de la participation citoyenne et note
comme insuffisances les divergences politiques, la faible participation aux prises de
3

�décision, le défi de rendre compte aux citoyens, la faible implication des citoyens aux
sessions du conseil municipal.
Aussi, YAMBRESSINGA (2022), relève que « l’implication des populations à la prise de
décisions reste encore limitée par des obstacles qui sont imputables à l’attitude de la
population qui s’intéresse très peu à la gestion de la chose municipale, mais également au
cadre juridique qui donne peu de marge de manœuvre aux citoyens pour intervenir dans
les instances décisionnelles communales ». Par ailleurs, il note que les mécanismes de
communication et de mobilisation élaborés par les autorités communales pour enclencher
la participation citoyenne n’ont pas donné les résultats escomptés, puisque n’étant pas
adaptés aux diverses réalités des populations.
La question principale de recherche est alors la suivante : « Quels sont les déterminants
de la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô ? ».
De cette question principale se dégagent les questions spécifiques suivantes :
•

Quelle influence les citoyens peuvent-ils exercer sur la gestion des autorités de la
commune de Pô ?

•

Les mécanismes institutionnels facilitant la participation citoyenne à la gestion
des affaires locales sont-ils exploités dans la commune de Pô ?

•

Quels sont les obstacles à la participation citoyenne dans la gestion de la commune
de Pô ?

Partant du postulat que la décentralisation est un processus irréversible et que la
participation citoyenne est un facteur clé pour sa réussite, la présente recherche se fixe
comme objectif général d’analyser les facteurs limitant la participation citoyenne à la
gestion de la commune de Pô. De manière spécifique, il s’agit de :
•

Mettre en exergue l’influence des citoyens sur la gestion des autorités de la
commune de Pô ;

•

Analyser l’effectivité des mécanismes institutionnels facilitant la participation
citoyenne à la gestion des affaires locales dans la commune de Pô ;

•

Identifier les obstacles à la participation citoyenne dans la gestion de la commune
de Pô.

4

�Pour atteindre les objectifs poursuivis par cette recherche et exploiter toute la
problématique soulevée, les hypothèses suivantes sont émises :
H1 : Les citoyens exercent une influence positive sur la gestion des autorités de la
commune de Pô dans le sens de contribuer à une gouvernance plus inclusive des affaires
locales ;
H2 : Les facteurs institutionnels facilitant la participation citoyenne à la gestion des
affaires locales ne sont pas effectivement exploités dans la commune de Pô ;
H3 : l’ignorance, l’analphabétisme, l’absence d’un plan de communication, le non
fonctionnement des cadres de concertation communal limitent la participation citoyenne
dans la gestion de la commune de Pô.
L’intérêt de cette recherche se situe au triple plan académique, personnel et professionnel.
Sur le plan académique, elle renforcera les connaissances théoriques et pratiques sur la
participation citoyenne, le développement local et la gestion des collectivités territoriales.
Sur le plan personnel, cette recherche constituerait un cadre expérimental de renforcement
de nos capacités professionnelles en tant qu’administrateur civil et ayant travaillé ces dix
dernières années dans les collectivités territoriales.
Sur le plan professionnel, les recommandations permettront d’une part aux autorités
municipales d’adapter les objectifs et la mise en œuvre des politiques publiques aux
besoins des citoyens et à l’intérêt général, et d’autre part d’identifier les
dysfonctionnements et les points d’amélioration des mécanismes de mise en œuvre du
droit à l’information des citoyens et d’aller vers une gouvernance plus inclusive.
Cette recherche se limite à l’analyse des déterminants de la participation citoyenne dans
la gestion de la commune de Pô avec un accent particulier sur les facteurs limitatifs de la
participation citoyenne. Elle s’évertue à mettre en évidence les facteurs limitatifs et
propose des pistes de solutions. Ainsi, elle ne prend pas en compte la participation des
citoyens à la désignation de leurs représentants aux sphères décisionnels ni leur
participation financière à la gestion de la commune.
La suite de la recherche s’articule autour de trois (03) chapitres. Le premier chapitre
présente le cadre théorique et la revue de littérature, le deuxième chapitre fait cas du cadre
de l’étude et de la méthodologie et le dernier chapitre s’appesantit sur l’analyse et la
discussion des résultats.
5

�CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LITTERATURE
La rédaction d'un travail scientifique a plusieurs exigences, parmi lesquelles la description
d’un cadre théorique et la revue de littérature. Le premier exercice se veut important dans
la mesure où il permet de fournir une base conceptuelle et analytique pour la recherche.
La revue de littérature, pour sa part, sert de référence scientifique pour la recherche, en
ce sens qu’elle permet de situer la recherche dans le contexte des travaux antérieurs,
aidant à comprendre ce qui a déjà été fait et où se trouvent les zones qui nécessitent
davantage d'investigation.
I.1 CADRE THEORIQUE
Cette partie présente la définition de quelques concepts en lien avec la participation
citoyenne dans la gestion des collectivités territoriales.
I.1.1. Clarification de quelques concepts
Cette partie définit les concepts clés de la thématique. Elle donne une explication des
terminologies suivantes : décentralisation, mécanisme de participation citoyenne,
gouvernance locale, collectivité territoriale et gestion de collectivité territoriale.
Décentralisation
Le terme décentralisation est souvent utilisé de manière générique pour désigner une série
de processus qui, selon les lieux, présentent des traits relativement différents
(déconcentration, territorialisation, dévolution, communalisation, décentralisation,
municipalisation, etc.). C’est dans cette optique que ROCHEGUDE (2001) caractérise la
décentralisation comme un mode d’organisation de l’État consistant à identifier
juridiquement des collectivités territoriales comme personnes morales autonomes,
susceptibles d’exercer des compétences, notamment locales. Ce processus inclut donc
une caractérisation des collectivités territoriales susceptibles d’être reconnues comme
personnes morales de droit public, une énumération des compétences qui leur sont
propres, et la délimitation du territoire d’exercice de ces compétences.
BARA (2005) note que la décentralisation est un système de dévolution du pouvoir de
l’État central vers des structures situées à des échelons inférieurs. Elle constitue un
instrument de renforcement de la démocratie et de la participation citoyenne à la gestion
des affaires locales. Mais avant lui, ROIG (1966) avait été plus clair sur le concept en
soulignant que la notion de décentralisation s’applique à un phénomène général, celui de
6

�la répartition ou de la distribution des compétences et des pouvoirs entre un organe central
ou national et des organes non centraux ou périphériques des collectivités territoriales.
Dans le même sens, SAWADOGO (2001), OLADE ET AL. (2003), TOTTÉ (2003), Y.
OUEDRAOGO (2007) pensent que « la décentralisation est perçue comme un processus
qui consacre le droit des collectivités territoriales à s'administrer librement et à gérer des
affaires propres en vue de promouvoir le développement à la base et de renforcer la
gouvernance locale. » Cette définition a été reprise par l’article 2 de la loi n°055-2004/
AN du 21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales au Burkina
Faso.
En outre, la décentralisation qui est vue comme un déclic du développement de la plupart
des pays de l’Afrique de l’Ouest est confrontée à des difficultés. OUATTARA (2023) note
que « le phénomène du terrorisme a freiné le processus de décentralisation et les efforts
endogènes de développement des communautés de base : les communes sous pression
ont vu l’anéantissement de leurs efforts en matière de gouvernance et d’initiatives pour la
mobilisation des ressources en vue de l’amélioration des conditions et cadres de vie des
populations ». En guise de solution, OUATTARA (2023) estime que « pour une
gouvernance adaptée aux réalités locales et tenant compte de nouvelles aspirations des
populations, il faut aller plus loin dans les principes actuels de définition des collectivités
territoriales et des attributions des représentants de l’État dans les circonscriptions
administratives ».
Citoyen
Selon ROQUEFORT-COOK (2015), le citoyen peut être défini comme toute personne
qui, en plus des droits civils et politiques dont il jouit, participe à la vie de la cité et fait
d’une entité plus grande que lui (État, collectivité territoriale) une priorité devant ses
intérêts particuliers. CONTOGEORGIS (2000) précise que le concept de citoyen désigne
avant tout une origine et un statut, qui déterminent la nature de la relation inscrivant
l’individu dans une entité sociale concrète. La référence à la cité implique que la qualité
de citoyen n’est compatible qu’avec un type de société dont l’existence et l’assise
dépendent de l’individu, lequel est reconnu comme son constituant immédiat et son
hétairos. C'est dans cette logique qu'on peut parler de citoyenneté. Elle renvoie à la
participation citoyenne.

7

�Dans le cadre de cette recherche, le citoyen est un habitant de la cité qui est en règle visà-vis de ses devoirs civiques, c'est-à-dire celui qui paye ses taxes et qui prend part aux
votes. C’est aussi celui qui participe pleinement aux actions de développement de sa
commune. Dans ces conditions, le citoyen n’est pas simplement celui qui dispose de sa
pièce d’identité ou qui réside dans une commune, mais surtout celui qui a un
comportement exemplaire et participe activement à la vie de la société.
Participation citoyenne
Étymologiquement, le mot participation vient du latin participare, qui signifie «
participer, prendre part à, avoir sa part de, partager, répartir ».2 Le concept de participation
citoyenne est pluridisciplinaire. Mais, pour cette étude, il s’inscrit dans le cadre précis de
la gestion des collectivités territoriales. Ainsi, selon FOX et MEYER (1995), la
participation citoyenne/communautaire est « la participation des citoyens à toute une série
d’activités dans la formulation des politiques administratives, y compris la détermination
des niveaux de service, des priorités budgétaires et l’acceptabilité des projets de
construction matériels afin d’axer les programmes du gouvernement sur les besoins de la
communauté, de renforcer l’adhésion du public et d’encourager un sentiment de cohésion
au sein de la société ». BRYNARD (1996) voit la participation citoyenne comme « un
processus dans lequel les amateurs communs d’une communauté influencent les décisions
liées aux affaires générales d’une communauté ». Selon SISSOKO (2008), si elle est
pratiquée correctement, elle permet de juguler les effets néfastes de la démocratie
représentative et le fonctionnement de l’État providence, car les conditions de réalisation
d’une bonne gouvernance locale dans le cadre de la décentralisation dépendent du degré
d’appropriation du processus par les populations et, surtout, la bonne gestion des
instances décentralisées ne saurait prospérer sans cette participation.
Collectivités territoriales
Selon DANTONEL-COR (2020), une collectivité territoriale est une personne morale de
droit public qui exerce des compétences générales sur un territoire donné. Les
collectivités territoriales possèdent un patrimoine, votent des budgets et recrutent des
agents afin d’assurer leurs différentes missions. Les collectivités territoriales se
caractérisent par la détention de prérogatives de puissance publique. Elles ont la
possibilité d’édicter des actes administratifs unilatéraux qui s’imposent aux personnes à

2

https://www.toupie.org/Dictionnaire/Participation.htm

8

�qui ils s’adressent. Elles peuvent ester en justice, signer des contrats et voir leur
responsabilité engagée.
L’article 8 de la loi n°055-2004/AN portant code général des collectivités territoriales au
Burkina Faso, définit la collectivité territoriale comme une subdivision du territoire dotée
de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Elle constitue une entité
d’organisation et de coordination du développement. Les collectivités territoriales sont :
la région et la commune.
Gestion de collectivité territoriale
Étymologiquement, « gestion » vient du latin gestio, ce qui veut dire « action de gérer ».
La gestion correspond, à l'origine, à l'administration des organisations. Elle s'est
développée dans les années 1950 pour englober les questions de management et de
direction. La gestion renvoie à la conduite des organisations : « c'est l'action ou la manière
de gérer, d'administrer, d'organiser quelque chose ».3
DANTONEL-COR4 précise que la gestion des collectivités territoriales repose sur la mise
en œuvre de la décentralisation, permettant aux territoires de bénéficier de services
publics équivalents et de garantir l’égalité des citoyens. Cette définition met en exergue
l’importance de la participation citoyenne dans la gestion des collectivités territoriales.
NADOU ET AL (2020)5 expliquent que la gestion des collectivités territoriales implique
la coordination et la coopération entre divers acteurs territoriaux (publics, privés,
associatifs, citoyens) pour développer des interdépendances stratégiques et génératrices
de développement.
I.1.2. Modèles théoriques de la participation citoyenne
Dans l’optique de mieux cerner les facteurs limitant la participation citoyenne à la
gouvernance locale, la recherche a accordé une importance particulière à la théorie de
l’empowerment, la théorie de la démocratie délibérative, la théorie de la démocratie
directe et la théorie de la participation citoyenne.

3

Introduction à la gestion : qu'est-ce que la gestion ? (aunege.fr) consulté le 18 janvier 2024

Article de revue, L’évolution de la notion de collectivité territoriale au prisme de la recomposition des
territoires locaux, 2018, pages 281 à 297
5
Article de revue, introduction Le Management des territoires, nouvelles alliances et stratégies entre
acteurs, 2020, pages 573 à 590
4

9

�La théorie de l’empowerment
La théorie de l'empowerment, également connue sous le nom de théorie de
l'autonomisation, se concentre sur le processus par lequel les individus ou les groupes
augmentent leur pouvoir, leur contrôle sur leurs propres vies, et leur capacité à prendre
des décisions influençant leur situation personnelle et collective. Selon Simon (1994)
l’empowerment renvoie à des principes, telles que la capacité des individus et des
collectivités à agir pour assurer leur bien-être ou leur droit de participer aux décisions les
concernant, qui guident la recherche et l’intervention sociale auprès des populations
marginalisées et pauvres depuis plusieurs décennies aux États-Unis. Le but principal de
l'empowerment est de permettre aux individus de prendre des décisions autonomes et de
diriger leur propre vie. Cela signifie développer les compétences et les connaissances
nécessaires pour prendre des décisions éclairées. Dans son document, “ pédagogie des
opprimés”, une véritable référence pour l’empowerment, FREIRE (2021) met en lumière
l'importance de l'éducation comme moyen d'autonomisation et de transformation sociale.
Dans cette recherche, la théorie de l’empowerment permet de comprendre l’importance
de l’autonomisation des citoyens.
La théorie de la démocratie délibérative
La théorie de la démocratie délibérative est une approche de la démocratie qui met l'accent
sur la délibération et le dialogue public comme principaux moyens de prise de décision
collective. Dans la démocratie délibérative, les discussions publiques ouvertes et
inclusives sont privilégiées, offrant la possibilité à tous les citoyens de s'impliquer et de
faire entendre leur voix. Jürgen Habermas est l'un des principaux théoriciens de la
démocratie délibérative. Il a développé le concept de "sphère publique" où les citoyens
peuvent discuter librement et rationnellement des affaires publiques. Dans son ouvrage
"Espace public et démocratie délibérative : un tournant" publié en 2023, Habermas
explore comment les discussions publiques sur des questions d'intérêt général peuvent
légitimer les décisions politiques. Aussi, John Rawls dans son ouvrage "Théorie de la
justice" publié en 1971, propose que la légitimité des décisions politiques repose sur un
consensus obtenu par la délibération publique. Pour Rawls, la délibération permet aux
citoyens de parvenir à un accord sur des principes de justice qui régissent la structure de
base de la société. En questionnant la théorie de la démocratie délibérative dans cette
recherche, on peut mieux comprendre comment créer des processus décisionnels plus
inclusifs, qui renforcent la légitimité et la qualité des décisions prises au niveau local.
10

�La théorie de la démocratie directe
La théorie de la démocratie directe repose sur l'idée que les citoyens doivent avoir un
contrôle direct sur les décisions politiques, sans intermédiaires ou représentants. “La
démocratie directe trouve ses racines dans l'Antiquité, notamment à Athènes au VIe siècle
avant Jésus Christ. Les citoyens athéniens participaient directement aux assemblées et
aux décisions politiques, ce qui en faisait l'un des premiers exemples de démocratie
directe6”. HELD (1987) décrit la démocratie directe comme une forme de démocratie où
les citoyens exercent un contrôle direct et continu sur la prise de décision.
Dans son ouvrage "Du Contrat Social" publié en 1762, Jean Jacques ROUSSEAU explore
les principes de la souveraineté populaire et argue que la démocratie directe est la forme
de gouvernement la plus légitime, où le pouvoir politique réside directement dans les
mains du peuple. En effet, Rousseau estime que la démocratie ne peut être que directe en
se fondant sur les droits naturels des êtres humains et sur le pacte social qui les unit.
Cependant, au XVIIe et au XVIIIe siècles, de nombreux penseurs considèrent que la
démocratie directe n'est applicable que dans de petits pays, avec peu d'habitants et ayant
une structure sociale homogène.
Dans le cadre de cette recherche, la théorie de la démocratie directe offre un cadre pour
apprécier l’importance de la participation citoyenne. Les caractéristiques principales de
la démocratie directe peuvent être appréhendé comme des mécanismes de participation
citoyenne dans le contexte de la gouvernance des collectivités territoriales.
La théorie de la participation citoyenne
La théorie de la participation citoyenne se concentre sur l'implication active des citoyens
dans les processus décisionnels et la gestion des affaires publiques. Pour parler de
participation citoyenne effective, il est important de considérer le degré d’implication des
citoyens. La mesure de ce degré d’implication se fait à travers des échelles. Sherry
Arnstein établit, dans son article “A Ladder of Citizen Participation” publié dans Journal
of the American Institute of Planners en 1969, une échelle de participation. Elle y précise
ce qui peut être considéré comme relevant de la participation et ce qui n’en est pas. Plus
de cinquante ans après sa publication, il est encore cité et discuté comme une pierre

6

Démocratie directe – Wikipédia

11

�angulaire des réflexions sur la participation citoyenne. Elle est l’échelle « théorique » la
plus reconnue dans le monde.
L’échelle d’Arnstein classe huit niveaux d’implication qu’elle répartit en trois catégories.
Chaque échelon mesure le pouvoir du citoyen et sa propension à influencer la décision
finale. Les deux premiers échelons sont définis comme étant de la « non-participation »,
ils sont situés respectivement en bas de l’échelle et correspondent à la manipulation et à
la thérapie. La manipulation consiste en une information biaisée utilisée pour « éduquer
» les citoyens en leur donnant l’illusion qu’ils sont impliqués dans le processus de
décision. La thérapie porte sur un traitement annexe des problèmes rencontrés par les
habitants sans aborder les vrais enjeux. Les échelons trois à cinq relèvent de la «
coopération symbolique », c’est-à-dire l’information, la consultation et la réassurance.
L’information et la consultation (3e et 4e niveau) permettent aux citoyens d’entendre,
c’est-à-dire d’avoir accès à l’information, mais sans pouvoir donner leur avis et de se faire
entendre lorsqu’ils sont consultés pour exprimer leur opinion sur les projets prévus. À
travers la réassurance (5e niveau), quelques citoyens sont invités dans les organes de
décision pour y donner des conseils, mais seules les autorités qui ont le pouvoir
conservent le droit inaliénable de décider.
Les trois derniers échelons constituent le « pouvoir effectif des citoyens ». Le premier est
le partenariat. C’est le premier niveau d’implication qui suppose que la prise de décision
se fait au travers d’une négociation entre les pouvoirs publics et les citoyens. La
délégation de pouvoir (7e niveau) part du même principe que le partenariat, à la différence
que les citoyens sont soit en majorité au sein du comité, soit ils bénéficient d’un droit de
veto. Enfin, le dernier niveau de l’échelle est le contrôle citoyen. À ce niveau de l’échelle,
les citoyens ont la responsabilité politique et managériale d’un programme ou d’une
institution.

12

�Tableau 1: Echelle de la participation de Sherry Arnstrein (1969)
8

Contrôle de citoyen

7

Délégation de pouvoir

6

Partenariat

5

Réassurance

4

Consultation

3

Information

2

Thérapie

1

Manipulation

Pouvoir effectif du citoyen

Coopération symbolique

Non-participation

Source : Sherry Arnstein, 1969
Après Sherry ARNSTEIN, THIBAULT, LEQUIN et TREMBLAY (2006) reprennent un
modèle à six échelons pour illustrer la consultation qui se pratique à Montréal au Québec.
Le premier échelon est le niveau passif où les individus sont peu impliqués et délèguent
principalement le pouvoir à d’autres. Le deuxième échelon est le niveau consultatif. À ce
niveau, les individus sont consultés sur les décisions, mais celles-ci restent prises par les
autorités. Le troisième échelon est le niveau collaboratif. Les citoyens collaborent avec
les autorités pour résoudre les problèmes et prendre les décisions. Le quatrième échelon
est le niveau d’engagement. À cette étape, les citoyens sont activement impliqués dans
les processus décisionnels et ont un pouvoir de proposition. Le cinquième échelon est le
niveau de cogestion. Les citoyens participent à la gestion des affaires publiques en
collaboration avec les autorités. Le dernier échelon est le niveau d’autogestion. Les
citoyens prennent en charge la gestion des affaires publiques de manière autonome sans
intervention extérieure majeure.
Cette recherche s'appuie sur la théorie de la participation citoyenne pour analyser la
participation citoyenne à la gouvernance locale. Cette théorie met en avant l'importance
de l'engagement direct des citoyens et leur implication active dans les décisions qui les
concernent, y compris par des mécanismes tels que les consultations publiques, les
budgets participatifs et les assemblées citoyennes dans les processus de décision, au-delà
de la simple participation électorale. En s'appuyant sur la théorie de la participation
citoyenne, cette recherche vise à explorer et à comprendre les logiques citoyennes de
participation ou de refus à la gouvernance locale. La théorie de la participation citoyenne
13

�telle que développée par Sherry Arnstein est pertinent pour comprendre comment les
citoyens peuvent influencer les décisions locales et contribuer à une gouvernance plus
inclusive et efficace. Cette approche théorique fournit un cadre solide pour analyser le
fonctionnement des mécanismes de participation citoyenne et pour identifier les moyens
de renforcer l'implication des citoyens dans les processus décisionnels.
I.2. REVUE DE LITTÉRATURE SUR LA PARTICIPATION CITOYENNE À LA
GESTION DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES
Dans le champ de recherche sur la participation citoyenne, plusieurs recherches ont déjà
été faites. Les travaux suivants ont été passés en revue.
Les populations regroupées au sein de la société civile jouent un rôle capital dans
l’émergence d’une nouvelle citoyenneté dans les collectivités territoriales. Selon
OUATTARA (2007), le processus de décentralisation amorcé au Burkina Faso est un
chantier dont la mise en œuvre connait un nombre de défis dont la méconnaissance des
règles et des rôles par les différents acteurs ainsi que l’insuffisance des capacités. Une
situation qui offre à la société civile l’occasion de marquer sa présence auprès des citoyens
en les sensibilisant par des actions d’éducation à une participation citoyenne effective.
Dans le même centre d’intérêt, SAWADOGO (2008) a mis en exergue le rôle du citoyen
en tant qu'acteur dans le processus de développement de la commune rurale de Sabcé. Il
a fait ressortir le degré de participation des citoyens à l'effort de développement (au niveau
de la mise en œuvre des projets et programmes, au niveau du civisme, dans
l'accompagnement des élus locaux...). Ensuite, il a répertorié les éventuels goulots
d'étranglement à l'expression de la participation citoyenne et proposer des perspectives
d'amélioration de la participation citoyenne. La présente étude s’intéresse également aux
goulots d’étranglement à l’implication des citoyens dans la gestion de leur cité.
Ainsi, MACLEAN (2003) met en exergue l’importance des mécanismes de participation
citoyenne en soutenant que l’exercice effectif de la participation doit s’appuyer sur des
mécanismes opérationnels qui permettent aux citoyens de contrôler effectivement la mise
en œuvre des programmes de décentralisation. Aujourd’hui tous les programmes qui
interviennent dans la promotion de la gouvernance locale sont unanimes à reconnaître
que ces mécanismes de participation conditionnent en grande partie l’impact des
programmes de décentralisation ajoute-t-il dans sa recherche.

14

�Par ailleurs, GUILGA (2022) apporte plus de précision en soulignant que la participation
citoyenne renvoie aux actions, mécanismes et processus mis en place par les citoyens à
titre individuel ou collectif en vue de prendre part à la vie de leur collectivité aux cotés
des élus. Elle ne se limite pas à l’exercice des droits de vote, d’éligibilité et à
l’accomplissement des obligations fiscales, elle se veut surtout une implication effective
des citoyens aux processus décisionnels concernant les affaires locales. L’auteur souligne
qu’à Ouagadougou, cette forme de participation citoyenne tant attendue dans le contexte
de la décentralisation relancée avec les élections municipales du 12 février 1995, ne s’est
pas matérialisée sur le terrain. Les populations ont développé diverses formes de
participation telles que les contributions physiques, financières et matérielles mais dans
l’ensemble elles furent tenues en marge des instances décisionnelles communales en
raison de nombreux obstacles imputables à la législation, aux autorités municipales et aux
populations.
Aussi, ZOUNDI (2016) note que la décentralisation est un instrument de la participation
des citoyens à la gestion des affaires locales et au renforcement de la démocratie. Dans la
démarche méthodologique de sa recherche, l’auteur a fait une analyse de la participation
citoyenne et des recommandations pour une participation plus active de la population de
Koubri. En somme, l’auteur s’est limité à décrire les mécanismes de participation et non
d’analyser les facteurs limitant leur exploitation effective.
C’est aussi le cas de YAMEOGO (2017) qui après avoir noté que la réussite de la
décentralisation passe nécessairement par l’adhésion de tous les citoyens aux projets et
programmes de développement mis en œuvre par l’État et les collectivités territoriales
relève que la décentralisation connait des difficultés liées au bon fonctionnement des
mécanismes de participation citoyenne et de redevabilité prévus par le code général des
collectivités territoriales. Il y a une faible participation des citoyens aux projets de
développement locaux. Il note en conclusion qu’il y a une méconnaissance des
mécanismes de participation citoyenne et de redevabilité, une absence de culture de la
participation citoyenne, l’existence de conflits politiques et d’obstacles à la participation
citoyenne. La présente recherche met à nu les goulots d’étranglements entravant la
participation soulevée par son étude.
En plus, il convient de noter que la faible participation citoyenne dans la gestion des
collectivités territoriale est une réalité hors du Burkina Faso. Selon GUIRIOBE (2018),
la participation citoyenne à la gestion des municipalités en Côte d’Ivoire est faible et
15

�occasionne des effets négatifs sur la politique de décentralisation, la gouvernance locale
et le développement local.
Cependant, il convient de souligner que l’implication des citoyens dans la gestion de leur
cité n’a pas seulement que des avantages mais aussi des déconvenues. ROMBA (2006)
note que la mise en pratique de la participation citoyenne peut entrainer des conséquences
négatives pour les citoyens d’abord et pour les responsables des collectivités. Toutefois,
il relève des avantages qui semblent intéressés le champ d’étude de cette recherche.
Afin de susciter plus de participation des populations à la gestion de la commune de
Pabré, OUEDRAOGO (2016) après avoir fait un état des lieux de la participation
citoyenne dans ladite commune, a suggéré le renforcement des capacités locales à travers
l’amélioration des services sociaux de base, le renforcement des capacités des acteurs
locaux, l’instauration de mécanisme participatif de choix et de gestion participative. En
somme, il convient de noter avec l’auteur que la faible participation des citoyens n’est
pas seulement liée à l’ineffectivités des mécanismes de participation citoyenne mais à
d’autres facteurs tels que les pesanteurs socio-culturelles, la persistance du manque
d’intérêt pour la gestion de la chose publique, la non appropriation des textes. Cela
constitue une ouverture pour cette recherche.
Pour trouver une nouvelle légitimité à l’action publique contemporaine au regard de
l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, ZAZA
(2016) relève que l’entrée du numérique pour l’accompagnement des dispositifs de
participation citoyenne réaffirme le basculement d’un gouvernement à un système de
gouvernance, en provoquant des nouvelles imbrications entre les dimensions spatiale et
politique de la transformation urbaine dans les collectivités territoriales. La présente
recherche s’intéressera au numérique en guise de recommandation.
De la revue de littérature réalisée, il est important de retenir que certains aspects du champ
d’étude de cette recherche ont déjà été éclairées. De fait, la revue fait ressortir
l’importance de la participation citoyenne à la gestion des collectivités territoriales.
Aussi, elle met en exergue les difficultés liées à la non-participation citoyenne à la gestion
de la chose publique nécessaire pour une bonne marche des collectivités territoriale. Cela
est dû par moment à la méconnaissance par les citoyens de l’existence des mécanismes
de participation citoyenne et d’autres facteurs socioculturels.

16

�Tout compte fait, il est nécessaire de remarquer que cette revue de littérature a mis en
exergue les avancées significatives dans la compréhension de l’importance de la
participation citoyenne dans la gestion des collectivités territoriales. Malgré ce progrès,
plusieurs lacunes demeurent notamment l’identification des obstacles qui freinent la
participation des citoyens dans la gestion de leur commune. Aussi, il reste beaucoup à
découvrir dans ce domaine qui est un facteur clé pour la réussite de la décentralisation au
Burkina Faso.
En définitive, ce chapitre a servi de cadre pour éclairer certains concepts ainsi que le cadre
théorique de la recherche. Il a permis également de passer en revue les travaux antérieurs
sur la participation citoyenne dans la gestion des collectivités territoriales.

17

�CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE
Toute recherche scientifique se déroule dans un cadre d’étude choisie suivant une
démarche méthodologique. Ce chapitre comporte deux grands points. Le premier présente
le cadre de l’étude et le second fait cas de la méthodologie de recherche utilisée pour
traiter le thème.
II.1. PRESENTATION DU CADRE DE L’ETUDE
Le cadre de l'étude définit les limites et le contexte dans lesquels la recherche est menée.
Il inclut les éléments tels que le contexte géographique et temporel.
II.1.1. Contexte géographique
Le contexte géographique décrit la zone géographique où l'étude est réalisée. La présente
étude se déroule dans la commune de Pô, province du Nahouri, région du Centre sud.
Ainsi, la commune est présentée à travers son aspect géographique et son évolution
administrative, son aspect économique ainsi que son organisation administrative.
II.1.1.1. Aspect géographique et évolution administrative
Cette partie fait cas de l’aspect géographique et de l’évolution administrative de la
commune de Pô.
Aspect géographique
La commune urbaine de Pô fait partie des cinq communes de la province du Nahouri. Elle
est le chef-lieu de la province du Nahouri. Elle est située au centre de la région du Centre
sud, à 90 km environ de Manga et à 145 km de Ouagadougou sur la route nationale n°5.
D’une superficie de 1642km², la commune de Pô est limitée au Nord par le parc national
Kaboré Tambi (PNKT), à l’Est par les communes de Tiébélé et de Gombousgou, à l’Ouest
par la commune de Guiaro et au sud par la République du Ghana. (voir carte
administrative de la commune de Pô en annexe)
Evolution administrative
Plusieurs dates marquent l’évolution administrative de l’actuelle commune de Pô :
-

Le 06 août 1921, Pô acquit le statut de subdivision et est placé sous l’autorité d’un
chef de subdivision cumulativement avec Léo ;

-

Le 19 aout 1922, Pô fut rattachée au cercle de Ouagadougou ;

18

�-

Le 31 décembre 1956, Pô devint cercle plein par arrêté ministériel n° 11200/API
du 31/12/1956 ;

-

Le 02 juillet 1974, Pô fut érigée en sous-préfecture à la faveur de l’ordonnance
n° 74/045 PRESS/IS/D/ du 2 juillet 1974 ;

-

En 1984, Pô devint chef-lieu de province par ordonnance n° 84/055 CNR/PRESS
du 15 août 1984 ;

-

Enfin, depuis 1995, Pô est une commune de plein exercice gérée par un conseil
municipal. Elle compte administrativement 25 villages et huit secteurs.

Selon les résultats préliminaires du cinquième Recensement général de la population et
de l’habitat (RGPH) publié en 2019, la population de la commune de Pô était estimée à
trente-neuf mille cent neuf (39 109) habitants. À la faveur de la dissolution des conseils
des collectivités territoriales suite au coup d’Etat militaire intervenu en janvier 2022, la
commune est dirigée par une délégation spéciale qui est un organe délibérant de vingt
membres (20) membres et un organe exécutif qui est le président de la délégation spéciale.
Le président est assisté dans sa tâche par un bureau de la délégation spéciale constitué de
deux vice-Présidents et de quatre (04) présidents de commissions permanentes.
II.1.1.2. Aspects économiques
Les principaux leviers de l’économie de la commune de Pô développés dans cette partie
sont l’agriculture, l’élevage et les activités commerciales.
Agriculture
L’agriculture, principale activité des populations de la commune de Pô demeure une
agriculture de subsistance et constitue la base de l’économie. C’est une agriculture encore
pluviale malgré le potentiel hydrographique de la commune et donc une agriculture
tributaire des aléas climatiques.
La production agricole est dominée par les cultures céréalières, auxquelles s’ajoutent les
cultures de rentes et d’autres cultures vivrières. L’agriculture pratiquée est extensive et
consommatrice de l’espace. Il faut dire que, comme dans l’ensemble du pays, le secteur
agricole occupe la grande majorité de la population active. Les sols sont continuellement
cultivés, car la jachère n'est plus pratiquée. Cette surexploitation entraîne un
appauvrissement du sol qui est rarement compensé par l’apport d’éléments fertilisants,

19

�organiques ou chimiques. Les principales cultures saisonnières sont : le maïs, la tomate,
le manioc, le niébé, l’arachide, le coton, le piment, le sorgho et le riz.7
Elevage
L’élevage est une activité qui est associée à l’agriculture à des niveaux divers. L’activité
pastorale est du mode traditionnel extensif avec une dépendance alimentaire liée au
pâturage naturel. Le cheptel est essentiellement constitué de bovins, d’ovins, de caprins,
de porcins, d’asins et de volaille. L’alimentation est essentiellement constituée du
pâturage naturel et des résidus des récoltes. Les filières telles que la pisciculture et
l’apiculture sont aussi pratiquées dans la commune, mais restent embryonnaires alors
qu’elles sont pourvoyeuses d’emploi. La commune compte quinze (15) coopératives des
ressources animales réparties comme suit : huit (8) dans la filière volaille, cinq (5) dans
la filière embouche (bovine, ovine), une (1) dans la filière miel et une (1) dans la
production laitière.8
Activités commerciales
Ce secteur qui était florissant est en nette régression, probablement du fait du transfert du
poste de contrôle de la douane à Dakola, avec pour conséquence la diminution progressive
de nombreux bureaux de transit et de commerce. L’activité commerciale est structurée
autour des principales branches suivantes :
-

Le commerce général, organisé autour de la vente de produits manufacturés
comme les matériaux de construction, les fournitures de bureau, les cycles et
pièces de rechanges, l’alimentation générale, le carburant et les lubrifiants, les
tissus et confections, etc ;

-

Le commerce des produits de l’élevage : la commune dispose d’un marché à bétail
et d’un abattoir de type « traditionnel » ;

-

Le commerce des produits céréaliers et maraîchers : le commerce des céréales est
beaucoup plus pratiqué dans tous les marchés, par contre celui des produits
maraîchers est encore à un stade embryonnaire ;

-

Le commerce des produits de l’artisanat (articles de maroquinerie, de teinture, de
tissage et de la forge) s’effectue sur les marchés locaux.9

7

PCD, Commune de Pô
8
PCD, Commune de Pô
9
PCD, Commune de Pô

20

�II.1.1.3. Organisation administrative de la Commune
L’organisation administrative est présentée à travers une description des organes
communaux et des services de la mairie.
Organes de la commune
Au terme de l’article 219 de la loi 055/2004/AN du 21 décembre 2004 portant code
général des collectivités territoriales (CGCT), les organes de la commune sont le conseil
municipal qui est l’organe délibérant et le maire qui est l’organe exécutif.
Le conseil municipal élit en son sein le maire et les adjoints au maire. Il institue quatre
commissions permanentes, à savoir une commission « Affaires générales, sociales et
culturelles », une commission « Affaires économiques et financières », une commission
« Environnement et développement local » et une commission « Aménagement du
territoire et gestion foncière ». À la faveur de la dissolution des conseils des collectivités
territoriales suite au coup d’État militaire intervenu en janvier 2022, la commune est
dirigée par une délégation spéciale. Elle a les mêmes attributions que le Conseil
municipal. Le tableau suivant donne une description de la Délégation spéciale. (Voir
tableau organisation des structures composant la délégation spéciale de la commune de
Pô avec leurs attributions en annexe)
Organisation de la Mairie
L’organisation de la mairie de Pô est régie par l’arrêté n° 2019- 38 /RCSD/CPO/SG du
18 novembre 2019 portant organisation de la Mairie de Pô. Aux termes de l’article 3 dudit
arrêté, la mairie de Pô est structurée comme suit : les services placés sous l’autorité directe
du maire et les services rattachés au secrétariat général.
Les services placés sous l’autorité du maire sont :
-

Le secrétariat particulier ;

-

Le bureau du protocole ;

-

Le service de la communication et des relations publiques ;

-

La direction de la police municipale ;

-

La personne responsable des marchés publics.

Le Secrétariat Général comprend les services essentiels suivants :
-

Les services du secrétariat général ;

-

La direction des affaires administratives ;
21

�-

La direction des affaires budgétaires et financières ;

-

La direction de l’état civil et du recensement ;

-

La direction de l’informatique et des statistiques ;

-

La direction des matières transférées ;

-

La direction des affaires domaniales et foncières ;

-

La direction de l’action économique ;

-

La direction des services techniques municipaux

Chaque direction est structurée en service et offre diverses prestations aux habitants de la
commune conformément aux attributions qui sont les leurs.
La mairie joue le rôle de maitre d’ouvrage communal. Sur la base d’un plan communal
de développement élaboré chaque quinquennat, la mairie définit sa stratégie
d’intervention. Ce plan communal de développement est décliné en plan annuel
d’investissement et porté à la connaissance des conseillers lors des sessions.
II.1.2. Contexte temporel
La période couverte par cette recherche correspond aux mois d’octobre 2023 à aout 2024.
Le contexte temporel a facilité la planification et la structuration de la recherche, en tenant
compte des périodes de collecte de données et des délais d'analyse. Ainsi, les données ont
été récoltées pendant le mois d’avril 2024, une période pendant laquelle la population
cible est disponible. Le contexte temporel a pris en compte les quatre trimestres à travers
lequel les membres du conseil de la collectivité sont tenus de se réunir en session ordinaire
et a donc permis d’observer le comportement des autorités communales et des citoyens
de la commune.
II.2. METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
Cette partie décrit l’univers de la recherche et le dispositif mis en place pour collecter les
données devant servir à la vérification des hypothèses de la recherche ainsi que les
difficultés rencontrées.
II.2.1. Déroulement de l’étude
L’étude se déroule en trois phases principales à savoir la phase préparatoire, la phase
exploratoire et la phase de collecte des données et d’analyse des résultats.

22

�II.2.1.1. Phase préparatoire
La phase préparatoire a débuté par une revue de la littérature existante comprenant des
thèses, des mémoires, articles et ouvrages portant sur la participation citoyenne dans la
gestion des collectivités territoriales, la décentralisation, la gouvernance locale et le
développement local. Cette analyse approfondie a permis de faire le bilan des recherches
antérieures et d’identifier les domaines peu encore explorés. Sur cette base, les objectifs
de l’étude ont été formulés, les hypothèses définies et la démarche méthodologique
élaborée.
II.2.1.2. Phase exploratoire
La phase exploratoire a consisté en une prise de contact avec les autorités communales,
des présidents de conseils villageois de développement et des agents de la commune.
L’entretien avec les autorités administratives et les agents communaux a contribué à la
redéfinition des objectifs et hypothèse en fonction des observations faites sur le terrain.
La phase exploratoire a permis d’approfondir la compréhension de la problématique. Les
échanges avec les acteurs clés ont non seulement facilité la définition des angles d’étude
et la sélection de l’échantillon à enquêter mais ont également conduit à l’élaboration des
instruments de mesure tels que le questionnaire et le guide d’entretien.
II.2.1.3. Phase de collecte des données et d’analyse des résultats
Les enquêtes terrains se sont déroulées pendant le mois d’avril 2024. Cette phase a
concerné la collecte des données pour tester les hypothèses, à l’aide des questionnaires
finalisés à l’issue de la phase exploratoire. Cette étape a été complété par l’observation
participante et les entretiens réalisés pendant notre stage pratique à la mairie de Pô
pendant la période du 04 juillet au 31 octobre 2022 pour recueillir des informations
qualitatives, cruciales pour approfondir la compréhension de certains aspects du
questionnaire. Les données collectées ont été traitées et analysées permettant la rédaction
du document final.
II.2.2. Population d’étude et échantillonnage
Cette partie met l’accent sur la population d’étude et la méthode d’échantillonnage
utilisée pour déterminer l’échantillon pris en compte.

23

�II.2.2.1. Population d’étude
La population d’étude est un concept clé en statistique descriptive. Selon CRESWELL
(2014) : « la population de l’étude se réfère à l’ensemble des individus ou des objets qui
possèdent les caractéristiques que le chercheur souhaite étudier. Elle constitue le groupe
cible à partir duquel des échantillons peuvent être tirés pour la recherche ». Le public
cible dans le cadre de cette étude est constitué de cinq (05) catégories d'acteurs, à savoir:
-

Les responsables administratifs et politiques de la commune (président de la
délégation spéciale, les adjoints au président de la délégation spéciale, le
secrétaire général, les chefs de services communaux) ;

-

Les personnes ressources (l’ex-maire, les ex-adjoints au maire, les chefs de
services techniques déconcentrés, les partenaires) ;

-

L’autorité de tutelle (le haut-commissaire de la province du Nahouri) ;

-

Les bénéficiaires des actions constitués essentiellement des populations vivant
dans le ressort communal ;

-

Les acteurs chargés de la mise en œuvre du développement local, à savoir les
CVD, les ONG, les associations, les autorités religieuses et coutumières.

Ce choix du public cible répond au souci d'avoir des avis et des opinions assez variés des
acteurs.
II.2.2.2. L’échantillonnage
L’échantillonnage est utilisé pour faciliter la collecte de données et permettre aux
chercheurs d’obtenir des résultats significatifs sans avoir à étudier l’ensemble de la
population. C’est dans ce sens que LANDSHEERE (1978), définit l'échantillonnage
comme étant « le choix d'un nombre limité d'individus ou d'événements dont
l'observation permet de tirer des conclusions (inférences) applicables à la population
entière (univers) à l'intérieur de laquelle le choix a été défini ».
Par principe, la détermination de la taille réelle d’un échantillon d’enquête dépend
essentiellement du niveau de précision recherchée et des contraintes opérationnelles,
comme le temps disponible, les ressources financières etc. Pour atteindre un certain degré
de précision, la taille de l’échantillon doit se fonder sur des facteurs tels que la variabilité
des caractères à étudier, les méthodes d'échantillonnage ou d'estimation et surtout la taille
de la population cible. Dans le cadre de cette recherche, la méthode du choix raisonné et
la méthode de l’échantillonnage aléatoire sont utilisées.
24

�II.2.2.2.1. Méthode du choix raisonné
Cette méthode a été utilisée pour l’identification des autorités communales, les leaders
d’opinion au niveau des villages que sont les chefs de villages et les présidents des
Conseils villageois de développement (CVD). Au niveau des autorités communales il
s’est agi de l’ex maire, du président de la délégation spéciale et du secrétaire général de
la mairie. Le choix de ces personnes se justifient par le rôle qu’elles jouent dans la
gouvernance locale et partant leur implication sur le sujet de la recherche.
II.2.2.2.2. Méthode du choix aléatoire
La méthode aléatoire est employée pour le choix des autres enquêtés en dehors de ceux
identifiés par choix raisonné. Il s’agi dans chaque village du chef du village, des deux
derniers ex conseillers municipaux et du président CVD.
II.2.2.3. Taille de l’échantillon
Dans le cadre de cette recherche, l’enquête se fait sur la base d’un échantillon de 243
personnes pris parmi la population des deux sexes dont l'âge est supérieur ou égal à 18
ans. Ainsi pour assurer une certaine représentativité, les enquêtés sélectionnés sont
repartis dans 10 villages et 8 secteurs avec 10 personnes par village et par secteur de la
commune de Pô. Ils sont composés des leaders d’opinion, des responsables d’OSC, des
présidents CVD, des ex conseillers municipaux, des fonctionnaires municipaux et des
membres de la délégation spéciale de Pô. Des entretiens sont prévus se réaliser auprès du
Président de la délégation spéciale, de l’ex maire et des ex adjoints au maire, du secrétaire
général de la Mairie de Pô, du directeur de la radio communautaire Gulu, du Secrétaire
Général de la province du Nahouri et du haut-commissaire de la province du Nahouri.
(Voir tableau 3 ci-dessous).
Cette approche permet de capturer une diversité géographique et socioéconomique,
garantissant ainsi que les résultats de notre recherche soient équilibrés et comparables
entre les différentes localités. De plus, ce choix de taille de l’échantillon correspond aux
ressources disponibles, au temps impartis pour la recherche et permet d’obtenir des
résultats précis de notre analyse.

25

�Tableau 2 : Présentation de la taille de l’échantillon
Population de l’étude

Le nombre total de sujet par
catégorie

Haut-commissaire de la province du Nahouri

01

Secrétaire général de la province du Nahouri

01

Président de la délégation spéciale

01

Secrétaire général de la mairie de Pô

01

Ex maire de la commune de Pô

01

Adjoint à l’ex maire

02

Leader d’opinion (Chef de village)

10

Responsable d’OSC

05

Président CVD

10

Fonctionnaire municipal

15

Membre de la délégation spéciale

15

Population de la commune de Pô

180

Radio Gulu

01

Total

243

Source : auteur, 2024
II.2.3. Techniques et outils de collecte des données
La technique est une procédure qui est suivie en vue d’atteindre un objectif donné. Parmi
les méthodes les plus couramment utilisées figurent la revue documentaire, l’observation
participante, les entretiens et les enquêtes par questionnaire. Ces techniques sont
accompagnées d’outils tels que la fiche de lecture, la grille d’observation les guides
d’entretien et le questionnaire.
II.2.3.1. Techniques de collecte de données
Cette recherche a utilisé comme techniques de collecte de données, une revue
documentaire et des recherches sur Internet, l’observation participante et une recherche
empirique en adoptant une méthode mixte, c'est-à-dire qualitative et quantitative à la fois.

26

�Revue documentaire
La recherche documentaire est une opération continue qui a couvert toutes les étapes de
l’étude à travers la lecture de quelques ouvrages sur la gouvernance locale, la participation
citoyenne et l’action publique, la décentralisation et le développement local. Il était
question de capitaliser les connaissances théoriques précises pour l’orientation,
l’élaboration et l’exécution de l’étude. Des mémoires, des thèses et des articles en rapport
avec le thème d’étude ont été exploités dans plusieurs centres de documentation
fréquentés au fur et à mesure que se déroulait l’étude. Ainsi, la bibliothèque de
l’Université Joseph KI-ZERBO, la bibliothèque de l’Université Thomas SANKARA, la
bibliothèque de l’École Nationale des Régies Financières (ENAREF) et la bibliothèque
de l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) ont été visitées. La
recherche sur Internet, notamment sur Google Scholar et autres sites, a été d’une grande
contribution.
Observation participante
Selon MALINOWSKI (1922)10 « l'observation participante est une méthode d'étude par
laquelle le chercheur s'immerge dans la communauté qu'il souhaite étudier, partageant
leur vie quotidienne, pour observer directement leurs pratiques et comprendre leur culture
de l'intérieur ». Dans le cadre de cette étude, la période du stage à la mairie a permis
d’observer le comportement des autorités et des citoyens par rapport à la gestion de la
commune.
Questionnaire
D’après SELLTIG (1977), « le questionnaire convient spécialement à l’obtention des
renseignements sur ce que les personnes savent, croient, ressent, attendent, désirent,
projettent ou sur les explications et les motifs qu’ils invoquent à l’appui de chacune des
attitudes qu’ils adoptent ».11 Ainsi persuadé que l’opinion de la population est importante
pour se faire une idée de leur participation dans la gestion de la commune, nous lui avons

10

Bronislaw Malinowski (1884-1942), l'un des pères fondateurs de l'anthropologie moderne, est l'auteur du

célèbre Argonauts of the Western Pacific (1922), ouvrage phare qui fait de l'observation participante un
impératif méthodologique et réinvente l'ethnographie en tant que genre littéraire.
11

Claire SELLTIG, lawrence s. Wrightsman, George I. Balch, Stuart W. Cook, méthodologie de recherche

en sciences sociales, édition HRW, montréal, 1977, P 295.

27

�soumis un questionnaire composé de questions fermées et ouvertes. Le questionnaire a
été élaboré et administré face à face avec les enquêtés pendant le mois d’avril 2024.
Entretien
Quant à l’entretien, il a été fait sous forme d’entrevue semi structurée pour permettre une
certaine flexibilité tout en assurant une certaine structure afin que les données nécessaires
soient recueillies.
Les entretiens ont été réalisés auprès du président de la délégation spéciale, du secrétaire
général de la mairie de Pô, du Haut-commissaire de la province du Nahouri et du
secrétaire général de la province du Nahouri, du directeur de la radio communautaire
Gulu, de l’ex maire et les deux ex adjoints au maire.
II.2.3.2. Outils de collecte de données
Les outils de collecte de données représentent les moyens utilisés pour recueillir les
informations nécessaires à cette recherche. Pour la collecte de données du présent travail,
une grille de lecture, une grille d’observation, des questionnaires et des guides
d’entretiens ont été utilisés.
Grille de lecture
La grille de lecture a été un outil essentiel dans le cadre de la revue documentaire de cette
étude. Elle a permis de consigner les éléments pertinents et les passages des ouvrages
consultés, organisés par catégorie d’acteurs. Cette approche a facilité la référence et
l’exploitation ultérieure de ces informations lors la rédaction du mémoire. La grille de
lecture a permis d’exploiter au mieux la littérature existante sur la participation citoyenne
à la gestion des collectivités territoriales et d’orienter la recherche.
Grille d’observation
Une grille d’observation est selon GUIKAS et AL (2016)12 « un outil méthodologique qui
permet de décrire une situation avec une certaine objectivité en mesurant les
comportements observés. Elle est développée pour analyser les interactions et les
comportements dans un contexte spécifique, comme le milieu scolaire ». La méthode
d’observation adoptée dans cette recherche est l’observation participante, un processus

Guikas, I., Morin, D. &amp; Bigras, M. (2016). Développement d’une grille d’observation : considérations
théoriques et méthodologiques. Revue francophone de la déficience intellectuelle, 27, 163–178.
https://doi.org/10.7202/1043131ar
12

28

�par lequel le chercheur s’immerge dans le contexte de la recherche et participe activement
aux activités et interaction des sujets observés. Pendant, notre stage à la mairie de Pô, une
grille d’observation a été élaborée afin de recueillir systématiquement des informations
sur le comportement des sujets étudiés.
Questionnaire d’enquête
Le questionnaire a été utilisé pour recueillir des données quantitatives sur les mécanismes
de participation citoyenne à la gestion des collectivités territoriales. L’objectif était de
mesurer le niveau de réalisation des hypothèses de recherches en fonction des objectifs
spécifiques fixés dans le cadre de la recherche. Le questionnaire comporte des questions
à choix multiples et des questions fermées. Il a été élaboré et administré face à face avec
les enquêtés.
Guide d’entretien
Des guides d’entretiens ont été conçus pour interviewer les autorités locales, l’autorité de
tutelle rapprochés, les leaders d’opinions et les personnes ressources. Le guide d’entretien
et l’entretien semi -direct pour mieux centrer le discours des personnes interrogées. Le
guide d’entretien est unique mais les différents points ont été abordés lors des entretiens
en fonction du profil de l’interviewé.
II.2.3.3. Déroulement de l’enquête
À l’issue de l’élaboration des questionnaires et des guides d’entretien, nous nous sommes
rendus sur le terrain pour collecter les données en vue de vérifier les hypothèses
précédemment émises auprès des populations et procéder à l’organisation proprement dite
du travail. Ces sorties terrain ont permis d'avoir une appréciation globale de la
participation des citoyens dans la gestion de leur commune. Le nombre total de personnes
touchées lors de l’enquête terrain se répartit conformément aux indications contenues
dans le tableau ci-dessous :

29

�Tableau 3 : Récapitulatif de l’échantillon d’enquête réalisé
Population de l’étude

Echantillons Echantillons
prévus
réalisé

Taux de
réalisation

Haut-commissaire de la province
du Nahouri

01

01

100%

Secrétaire général de la province
du Nahouri

01

01

100%

Président de la délégation spéciale

01

01

100%

Secrétaire général de la mairie de
Pô

01

01

100%

Ex maire

01

01

100%

Adjoints à l’ex maire

02

02

100%

Leader d’opinion (Chef de village)

10

10

100%

Responsable d’OSC

05

05

100%

Président CVD

10

10

100%

Fonctionnaire municipal

15

10

66,66%

Membre de la délégation spéciale

15

10

66,66%

Population de la commune de Pô

180

180

100%

Radio Gulu

01

01

100%

Total

243

233

95,88%

Source : auteur, 2024
À l'analyse du tableau 4, il ressort que toutes les catégories de la population d’étude ont
été rencontrés excepté au niveau des fonctionnaires municipaux et des membres de la
délégation spéciale. Nous n’avons pas pu rencontrer ces acteurs en raison de leur
calendrier très chargé et presque toujours en mission.
En somme, deux cent trente trois (233) personnes ont sacrifié de leur temps à nos
entretiens et seulement dix (10) personnes n’ont pas été disponibles. Parmi les personnes
enquêtées, cinquante six (56) femmes ont été enregistrées. De façon globale, sur une
prévision de deux cent quarante trois (243) personnes à enquêter, deux cent trente trois
(233) ont été touchées, soit un taux de réalisation de 95,88 %.
30

�II.2.4. Analyse des données
L’analyse des données est le processus d’application de techniques statistiques et logiques
pour décrire, résumer et évaluer les données collectées au cours d’une recherche. Elle vise
à transformer des données brutes en informations utiles qui peuvent être interprétées et
appliquées pour comprendre des phénomènes13.

Ainsi l’analyse des informations

qualitatives et quantitatives recueillies a démarré par le dépouillement et la saisie des
données recueillies auprès des enquêtés sur le logiciel Sphinx V5 sans interpréter ni
changer le contenu des réponses. Ainsi, le traitement des réponses s’est fait
automatiquement, question par question et les réponses données à chacune des variables
sont affichées en pourcentage. Ceci a beaucoup facilité la présentation et la discussion
des résultats dans le chapitre suivant. Ensuite, il a été procédé à une exportation des
résultats sous forme de tableaux et de graphiques. Il y a eu enfin une mise en évidence ou
une interprétation des principaux résultats par thématique. Il s’est agi alors de replacer les
observations dans le contexte des hypothèses de départ et de chercher des explications
pour comprendre les facteurs limitant la participation des citoyens à la gestion de la
commune de Pô.
II.2.5. Considérations éthiques
Pour garantir une conduite responsable et respectueuse de la recherche, une importance
capitale a été accordée aux consentements éclairés, à la confidentialité et au respect de la
dignité au cours de la collecte des données sur le terrain. Ces principes ont constitué le
socle de l’interaction avec les personnes ayant accordées un intérêt à l’enquête. Pour
rassurer les participants qu’ils ne courent aucun risque en participant à l’enquête, nous
commençons toujours par décliner notre identité complète ainsi que nos coordonnées.
Ensuite, nous leur donnons une explication claire de la nature de la recherche, des
objectifs et des procédures. Ils ont été également informés qu'ils participent
volontairement et qu'ils peuvent se retirer de la recherche à tout moment sans
conséquence. Aussi, pour protéger l’identité des participants et éviter toute atteinte à leur
vie privée, Les informations recueillies et même les citations ont été anonymisées autant
que possible.

13

Earl Babbie, the practice of social research, 2010, 12 ème édition, 530 pages

31

�II.2.6. Difficultés rencontrées
Comme la plupart des recherches en sciences sociales, la conduite de cette recherche n'a
pas été sans difficultés. En effet, nous avons été confronté à une catégorie de personne ne
parlant que le “kassena14”. Ce qui nous a amené à recourir à des facilitateurs dont la
plupart des cas ont été les présidents des conseils villageois de développement.
. Une autre difficulté est l’indisponibilité de certaines autorités (administratives et locales)
presque toujours en déplacement pour des raisons de service.
Cependant, ces difficultés rencontrées n’ont nullement impacté notre détermination à
mener à bien la recherche et les informations ont été bien collectées.
En résumé, ce chapitre a présenté le cadre de l'étude et la méthodologie adoptée pour cette
recherche. Le contexte géographique et temporel de la recherche a été défini. La
méthodologie de recherche a été détaillée, incluant les méthodes de collecte de données,
les techniques d'échantillonnage, et les outils d'analyse utilisés. Une approche mixte,
combinant des méthodes quantitatives et qualitatives pour obtenir une compréhension
approfondie et nuancée du phénomène étudié a été adoptée. Cela permet d’aborder dans
le chapitre suivant la présentation, l’analyse des données collectées et la discussion.

14

Une langue locale parlée par la famille gourounsi de Pô.

32

�CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS ET DISCUSSION
Dans ce chapitre, il serait question d’analyser et de discuter les données collectées auprès
de l’échantillon de la recherche sous forme de tableau ou graphiques selon les types de
données.
III.1. PRESENTATION, ANALYSE ET DISCUSSION DES RESULTATS
Cette section présente les caractéristiques des enquêtés puis analyse et interprète les
données collectées.
III.1.1. Caractéristiques des enquêtés
Les caractéristiques des enquêtés mis en évidence concerne le sexe, l’âge, et le niveau
d’instruction
Tableau 4 : Répartition des enquêtés selon le sexe
Sexe
Masculin (M)

Effectif
169

Pourcentage
75, 11%

Féminin (F)
Total

56
225

24, 89 %
100%

Source : Enquête terrain, avril 2024
Il ressort du tableau 4 que 169 personnes soit 75, 11 % de nos enquêtés sont du sexe
masculin contre 56 personnes soit 24,89 % du sexe féminin. L’échantillonnage avait prévu
une parité au niveau de la population. Les femmes n’ont pas voulu s’exprimer sur la
gestion de la commune pour ne pas dire qu’elles s’intéressent peu aux questions de
gouvernance dans la commune. Par moment, il a fallu que certains Présidents de conseils
villageois de développement (CVD) qui nos facilitateurs interviennent pour qu’elles
s’expriment.
Tableau 5 : Répartition des enquêtés selon l’âge
Tranche d’âge

Effectif

Pourcentage

15 – 24 jeune adultes
25 – 34 (adultes en âge de travail)

7
33

3, 11%
13, 04%

35 – 44 ans (personnes âgées)
45 – 54

77
89

34,78%
39, 55%

55 et plus
Total

19
225

8, 70%
100%

Source : enquête terrain, avril 2024
33

�Le tableau 5 présente une disparité du nombre des enquêtés suivant les différentes
tranches d’âges. En effet, sur 225 personnes enquêtées, 89 personnes, soit 39,55 %, ont
l'âge situé entre 45 et 54 ans ; 77 personnes, soit 34,78 %, entre 35 et 44 ans ; 33 personnes,
soit 13,04 %, entre 25 et 34 ans ; 7 personnes, soit 3,11 %, entre 15 et 24 ans, tandis que
19 personnes, soit 8,44 %, sont situées entre 55 ans et plus.
Au regard de ces résultats, il s’observe que les citoyens jeunes adultes qui ont l’âge
compris entre 15 et 34 ans et les personnes âgées (55 ans et plus) s’intéressent peu à la
gestion de la commune. Par contre, les adultes en âge de travailler dont l’âge se situe entre
35 et 54 ans manifestent plus d’intérêt pour la gouvernance de la commune.
Tableau 6 : Répartition des enquêtés selon le niveau d’instruction
Niveau d’instruction

Effectif

Pourcentage

Non alphabétisé

50

22,22

Alphabétisé

60

26,66

Primaire

70

31,11

Secondaire

32

14, 22

Supérieure

13

5,77

Total

225

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 6 fait ressortir que sur 225 répondants, 50 répondants soit 22,22 % sont non
alphabétisés, 60 personnes soit 26,66 % sont alphabétisées ; 70 répondants soit 31,11 ont
un niveau primaire, 32 répondants soit 14,22 % ont un niveau secondaire et 13 personnes
soit 5,77 % ont fait l’université.
Ces résultats montrent un taux significatif de citoyens non alphabétisés. Ce qui peut être
à l’origine d’une faible estime de soi et d’un isolement social entraînant, de ce fait, une
faible participation des citoyens à la gestion des affaires locales, réduisant ainsi la
transparence et la responsabilité des autorités communales. Selon une enquêtée, « La
gestion des affaires locales appartient à ceux qui sont allés à l’école. Je n’y suis pas allé
et je ne pourrai pas apporter grand-chose, même si je voulais ».

34

�III.1.2. Analyses et interprétations de l’exploitation des outils/mécanismes
institutionnels facilitant la participation citoyenne
La gouvernance locale implique nécessairement la participation des populations aux
processus de prise de décision. Pour ce faire, les habitants de la collectivité territoriale
ont droit à l’information sur la gestion des affaires locales. Ce droit s’opérationnalise à
travers la mise en œuvre d’un certain nombre de mécanismes et/ou d’outils prévus par le
législateur.
Tableau 7 : Opinion des répondants sur l’existence des outils/mécanismes institutionnels
facilitant la participation des citoyens à la gestion des collectivités territoriales.
Réponse
Oui

Effectifs
18

Pourcentage
8%

Non
Total

207
225

92%
100%

Source : enquête terrain, avril 2024
De l’analyse du tableau 7, il ressort que 207 interviewés, soit 92 %, ignorent l’existence
des outils/mécanismes institutionnels facilitant la participation des citoyens à la gestion
de la commune, tandis que 18 interviewés, soit 8 %, affirment connaitre lesdits
outils/mécanismes. Cela indique un manque évident de sensibilisation et de
communication de la part des autorités locales. Les efforts de diffusion de l'information
sur ces mécanismes semblent insuffisants. Aussi, cette faible connaissance peut expliquer
une faible participation citoyenne dans la gestion communale. Si les citoyens ne sont pas
informés de l'existence de ces mécanismes, ils ne peuvent pas y participer efficacement.
III.1.3. Implication des citoyens dans la gestion de la commune
Le processus de décentralisation dans lequel s’est inscrit le Burkina Faso met le citoyen
au cœur de la gouvernance locale. Il n’est pas seulement un contribuable passif, mais
aussi un acteur actif. Ainsi, son rôle ne se limite pas à participer aux élections pour le
choix des dirigeants, mais aussi à s’impliquer dans la vie locale en participant aux débats,
en proposant des idées, en assistant aux réunions publiques et en faisant entendre sa voix
sur les enjeux qui touchent son ressort territorial. Pour ce faire, les citoyens doivent
exercer un droit de regard, d’évaluation et de sanction sur la gestion politique,
administrative, économique et financière des autorités communales. Ce pouvoir
d’influencer la gestion communale se réalise lorsque certains cadres et organes
fonctionnent pleinement.
35

�Figure 1 : Participation des citoyens aux débats publics sur les projets et programmes
de la commune

2,23%
14,22%
83,55%

Pourcentage

5

Effectifs

0

32

20

40

188
60

80
Souvent

100
Parfois

120
Jamais

140

160

180

200

Source : enquête terrain, avril 2024
La figure 1 fait remarquer que 188 personnes, soit 83,55 %, disent n’avoir jamais eu
l’occasion de participer à un débat sur les projets et programmes. 32 personnes soit 14,
22 % affirment y participer quelques fois et 5 personnes soit 2, 23 % déclarent participer
régulièrement. De ce fait, cela signifie que la population ne joue qu’un rôle limité dans la
mise en œuvre des projets et programmes de développement communaux. Pourtant,
l’implication des populations dans l’élaboration des projets et programmes permet
d’accroitre l’acceptation de ceux-ci, de réussir sa mise en œuvre dans la mesure où elle
alimente chez le citoyen le sentiment que la décision lui appartient en propre.
Tableau 8 : Opinion des répondants sur l’élaboration du budget communal15
Réponse

Effectifs

Pourcentage

Oui
Non

08
197

4%
96%

Total

205

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 8 montre qu’une majorité (96 %) estime ne pas être impliquée dans
l’élaboration des budgets, tandis qu’une minorité (4 %) déclare être impliquée. Il est donc
évident que la population participe faiblement à l’élaboration et à l’exécution du budget
communal. Or, c’est à ce niveau que se prennent les décisions concernant les grands axes

L’échantillon ne prend pas en compte le personnel administratif et les membres de la délégation
spéciale
15

36

�de développement par ordre de priorité des besoins pour l’année. Selon l’ex-maire :«
Impliquer les citoyens dans l’élaboration du budget communal revient à mettre en œuvre
le budget participatif, un mécanisme fastidieux et qui nécessite beaucoup de temps et de
moyens ». Une affirmation qui est du reste partagée par le président de la délégation
spéciale et le secrétaire général de la mairie.
Tableau 9 : Opinion des interviewés sur l’accessibilité du budget et des comptes
administratifs et de gestion de la commune16
Réponse

Effectif

Pourcentage

Oui

21

10, 24%

Non

184

89,75%

Total

205

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
À l’analyse du tableau 9, il ressort que 184 répondants, soit 89,75 % des interviewés,
disent ne pas avoir accès au budget et au compte administratif et de gestion de la
commune, tandis que 21 répondants, soit 10,24 % des interviewés, déclarent avoir accès.
En effet, plusieurs citoyens ne savent pas qu’ils peuvent avoir accès à ces documents. Un
responsable d’OSC déclare : « Nous sommes parfois conviés aux sessions du conseil et,
à la fin, nous avons accès aux documents budgétaires ». Le président de la délégation
spéciale a relevé que « les documents budgétaires sont volumineux et ne peuvent pas être
affichés ; malheureusement, les citoyens demandent rarement des copies ou à les
consulter ».
Tableau 10 : Opinion des répondants sur la participation des citoyens aux sessions du
conseil municipal
Réponse

Effectif

Pourcentage

Oui
Non

13
192

6,34%
93,66%

Total

205

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 10 montre que 192 interviewés, soit 93, 66 %, disent n’avoir jamais pris part
à une session du conseil de la commune contre 13 interviewés, soit 6,34 %, qui affirment
avoir déjà participé à une session du conseil de la commune. Parmi ce lot, 70,31 %
16

L’échantillon ne prend pas en compte le personnel administratif et les membres de la délégation
spéciale

37

�ignorent que les sessions du conseil de la collectivité sont ouvertes au public et qu'elles
peuvent prendre part contre, 29, 69 % qui disent ne pas ignorer ce droit. Dans ce groupe,
37 personnes évoquent l’absence de possibilité de prendre la parole lors des délibérations
du conseil, 11 personnes posent le problème de l'éloignement du chef-lieu du département
de certains villages. Quant aux 09 autres restants, ils pointent du doigt le manque de temps
pour assister aux travaux des sessions. Selon eux, ils n’envisagent pas de laisser leurs
travaux quotidiens pour suivre une session à laquelle ils n'auront aucune motivation
financière. Pour eux, c'est une perte de temps et un manque à gagner en termes de revenu
pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Ces résultats révèlent une très faible participation, voire une quasi-absence des citoyens
lors des sessions du conseil municipal, alors que l’article 240 de la loi n°055-2004/AN du
21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales dispose que « Les
séances du conseil municipal sont publiques ». Les sessions sont des espaces où des
décisions importantes sur la vie de la collectivité sont communiquées et discutées. C’est
lors des sessions que les élus locaux débattent et adoptent les grandes décisions
concernant la vie de la commune. Par conséquent, il est donc indiqué que les citoyens y
soient pour avoir les informations nécessaires sur les sujets inscrits à l’ordre du jour.
Tableau 11 : Point de vue des citoyens sur la publication des délibérations et des actes
des autorités communales relatifs au budget
Réponse

Effectif

Pourcentage

Oui
Non

12
213

5,33%
94,67%

Total

225

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 11 fait constater que 213 répondants, soit 94,67 %, affirment que les
délibérations du conseil communal et les actes des autorités relatifs au budget ne sont pas
portés à leur connaissance, contre 12 répondants, soit 5,33 %, qui disent être informés.
En effet, cette faible diffusion d'information peut décourager la participation citoyenne et
générer un sentiment de méfiance ou d'exclusion parmi la population. Sans accès aux
informations budgétaires, les citoyens ne peuvent pas s'engager de manière significative
dans les processus décisionnels locaux. Aussi, un manque de transparence peut nuire à la

38

�confiance des citoyens envers leurs dirigeants et compromettre la légitimité des autorités
communales.
Tableau 12 : Publication du bilan annuel des activités du conseil municipal
Réponse

Effectifs

Pourcentage

Oui
Non

18
207

8%
92%

Total

225

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Il ressort du tableau 12 que 207 personnes, soit 92 % des répondants estiment que le bilan
d’activités du conseil de la commune n’est pas porté à la connaissance du public, tandis
que 18 répondants soit 8% affirment que le public a connaissance du bilan d’activités du
conseil de la commune.
La diffusion régulière des bilans d'activités favorise un engagement citoyen plus actif et
informé. Cela permet également aux citoyens de mieux comprendre les actions du conseil
et de participer de manière plus significative aux processus décisionnels.
Malheureusement le manque d'information accessible peut réduire la confiance des
citoyens en leurs autorités locales et engendrer un sentiment de distance ou de désintérêt
vis-à-vis de la gouvernance locale
Figure 2 : Canaux d’information des activités de la commune aux populations par les
autorités communales
120
100

48%

80
60

108

25,33%

40
57

20

14,67%

12%

33

27

Crieurs public

Création d’un service de
communication

0
Affichage

Diffusion à la radio
Effectifs

Pourcentage

Source : enquête terrain, avril 2024

39

�La figure 2 montre que 108 personnes, soit 48 %, indiquent l’affichage comme disposition
prise par les autorités pour informer les populations des activités de la commune. 57
personnes, soit 25,3 %, citent la diffusion à la radio. 33 personnes, soit 14,66 %, nomment
le crieur public et 27 personnes, soit 12 %, mentionnent la création d’un service de
communication.
Ces résultats illustrent que les autorités communales utilisent plus l’affichage pour
informer les populations des activités de la commune. Aussi lors de l’entretien avec le
président de la délégation spéciale celui ci affirme : « Nous avons privilégié l’affichage
pour la publication des délibérations du conseil de la délégation, des actes administratifs
et pour informer les citoyens de certaines activités ». En fait, ce choix du Président de la
délégation spéciale est en phase avec l’article 247 de la loi 055-2004/AN du 21 décembre
2004 qui dispose que « les délibérations du conseil municipal sont portées à la
connaissance du public par voie d’affichage dans les locaux de la mairie et en tout autre
lieu approprié ». Mais au regard du taux élevé de l’analphabétisme, il serait judicieux de
prioriser la diffusion à la radio et le crieur public.
Tableau 13 : Connaissance des citoyens sur l’existence d’un cadre de concertation
communal (CCCO) fonctionnel
Réponse

Effectifs

Pourcentage

Oui
Non

114
111

50, 67%
49, 33%

Total

225

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 13 indique que 114 interviewés, soit 50,67 %, déclarent qu’il existe un cadre
de concertation communal fonctionnel, tandis que 111 interviewés, soit 49,33 %,
soutiennent le contraire.
En plus de ces résultats, lors de l’entrevue avec le président de la délégation spéciale et
le secrétaire général de la maire, ces derniers ont affirmé l’existence d’un cadre de
concertation institué par un arrêté du maire. Malheureusement, il n’est pas fonctionnel en
raison de la faiblesse des ressources financières. Selon l’ex-maire, « Nous avons pu tenir
souvent des sessions avec l’accompagnement de certains partenaires tels que le PACT et
le labo citoyenneté ».

40

�Tableau 14 : Avis des enquêtés sur l’existence d’autres cadres de concertations
Réponse
Oui
Non
Total

Effectifs
27
198
225

Pourcentage
12%
88%
100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Il ressort des résultats du tableau 14 que 27 enquêtés, soit 12 %, affirment que les autorités
communales ont institué d’autres organes de concertation en dehors des CCCO, tandis
que 198 enquêtés, soit 88,8 %, disent n’avoir pas connaissance de l’existence d’autres
organes institués par les autorités communales outre les CCCO. En effet, au regard de
l’importance de la concertation, le législateur a prévu au niveau de l’article 12 de la loi
055-2004 du 21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales que «
Le conseil de la collectivité territoriale peut créer des organes de concertation sur toute
question d’intérêt local ». Il s’agit ici, d’autres cadres en dehors des CCCO.
Malheureusement, les résultats montrent que les autorités communales n’exploitent pas
cette opportunité offerte par le législateur pour élargir la concertation dans la commune.
Tableau 15 : Appréciation des citoyens de la gestion des autorités communales
Réponse

Effectifs

Pourcentage

Oui

97

43,11%

Non
Total

128
225

56,89%
100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 15 montre que 97 personnes, soit 43, 11 %, disent que les autorités
communales rendent compte à la population à travers des journées de redevabilité, alors
que 128 personnes, soit 56, 89 %, énoncent que les autorités communales n’organisent
pas des journées de redevabilité pour rendre compte de leur gestion à la population.
Pourtant, l’organisation des journées de redevabilité est un moyen qui permet à la
population de participer à la gestion de leur commune. Elle renforce les liens entre
autorités communales et citoyens en créant un espace où les administrés peuvent poser
des questions. Aussi, elle permet aux autorités communales de faire le bilan des actions
réalisées dans les domaines de compétences transférées (l’éducation, la santé, l’eau et
l’assainissement, etc). Cela permet aux citoyens de comprendre l’impact réel de la gestion
communale sur leur quotidien. Le dernier alinéa de l’article 250 de la loi 055-2004 du 21
41

�décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales dispose : « … le conseil
municipal a obligation de rendre régulièrement compte aux populations de ses activités
et de la vie de la commune ».
III.1.4. Avantages de la participation citoyenne dans la gestion de la commune de
Pô
La participation citoyenne joue un rôle fondamental dans la gouvernance locale. En
permettant aux citoyens de s’impliquer activement dans les décisions qui les concernent,
les autorités communales peuvent améliorer la transparence et renforcer la confiance et
la cohésion sociale. Dans ce contexte, il est crucial de reconnaître et de promouvoir les
avantages de la participation citoyenne pour construire des communautés résilientes et
prospères. De l’avis des enquêtés dans le cadre cette recherche, les bénéfices de cette
participation sont nombreux et variés, allant du renforcement de la démocratie locale à
l’émergence des solutions innovantes pour les défis communaux.
Figure 3 : Perceptions des citoyens sur les avantages de la participation citoyenne à la
gestion de la commune

23,55%
53

22,66%
51

29,33%

24,44%

66

MIEUX
COMPRENDREFACILITE LA PRISE PERMET AUX
DE DÉCISION PAR
LES BESOINS DES
CITOYENS
POPULATIONS LES AUTORITÉS D’INFLUENCER LA
COMMUNALES
GESTION
COMMUNALE
Effectifs

55

RENFORCE LA
DÉMOCRATIE
LOCALE

Pourcentage

Source : enquête terrain, avril 2024
La figure 3 renseigne que parmi les éléments qui illustrent les avantages de la
participation citoyenne à la gestion des communes, 66 personnes soit 29,33 % pensent à
l’influence de la gestion communale par les citoyens, 55 personnes soit 24,44 % indiquent
le renforcement de la démocratie locale, 53 personnes soit 23,55 % soulignent le fait de
mieux comprendre les besoins des populations et 51 personnes soit 22,66 % pointent du
doigt la facilitation de la prise de décision par les autorités communales.

42

�III.1.5. Obstacles entravant la participation citoyenne et suggestions pour une réelle
participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô
Après plus de deux décennies de mise en œuvre de la décentralisation, plusieurs éléments
d’ordre culturel, comportemental, institutionnel limitent la participation des citoyens à la
gestion de leur commune. Dans le cadre de cette recherche, l’avis des interviewés requis
a concerné les facteurs tels que le déficit de communication, l’analphabétisme et
l’ignorance, la pauvreté, l’absence de cadre de concertation et les divergences politiques.
Aussi, ils ont fait des suggestions dans l’objectif de renforcer la participation des citoyens
dans la gestion de leur commune.
Figure 4 : Perception des citoyens sur les obstacles qui entravent la participation
citoyenne à la gestion de la commune de Pô
3,11%
9,33%

Le déficit de communication

24,44%
Absence de cadres de concertation
fonctionnels

22, 60%

L’analphabétisme et l’ignorance

14, 22%

La pauvreté

Les divergences politiques

28%
Autres à préciser

Source : enquête terrain, avril 2024
La figure 4 indique que 63 répondants, soit 28 % des enquêtés, montrent l’analphabétisme
et l’ignorance comme facteurs entravant la participation des citoyens à la gestion de la
commune. 55 répondants soit 24,44 % des enquêtés pointent du doigt le déficit de
communication, 47 répondants soit 22,60 % indiquent la pauvreté, 32 répondants soit
14,22 % citent l’absence de cadres de concertation fonctionnels, 21 répondants soit 9,33
% accusent les divergences politiques, tandis que 7 répondants soit 3,11 % pensent à
autres choses. Ils ont précisé le manque d’intérêt.
Par rapport au déficit de communication, il convient de noter que la communication est
importante dans la gouvernance locale. Elle est un droit accordé au citoyen par le Code
général des collectivités territoriales en son article 11 et non une faveur accordée par les
43

�autorités communales. Selon Michel Le NET17, « la communication constitue pour
l'individu une excellente motivation en ce sens qu'elle suscite chez lui un sentiment
d'appartenance, d'être aimé, d'être écouté, d'être compris et de faire partie d'un groupe,
celui de la communauté ou de la collectivité ». À l’analyse des résultats, il ressort que
dans la commune de Pô, le déficit de communication est réel. C’est d’ailleurs ce que
soutient un interviewé, lorsqu’il dit : « S’ils ne nous disent pas ce qu’ils font comme
activité, il est difficile de s’y intéresser et d’apporter notre contribution ».
Concernant l’analphabétisme et l’ignorance, il est évident qu’ils constituent un frein à la
pleine participation des citoyens à la gestion de la commune. En plus des résultats illustrés
par la présente figure, l’échantillon laisse percevoir un fort taux (28 %) d’analphabétisme.
Nous pouvons en déduire que cela constitue une barrière dans la mesure où le français est
considéré comme la langue de travail. En effet, les résultats de l’enquête.
Quant à la pauvreté, elle peut avoir un impact significatif sur la participation citoyenne à
la gestion des affaires communales. Un nombre significatif des répondants (20,88 %)
affirment que la pauvreté constitue un handicap majeur à la participation des citoyens à
la gestion de la commune. Parmi eux, certains ont confié que le plus important pour eux,
c’est de chercher à améliorer leur condition de vie en cherchant leur gagne-pain que de
vouloir s’impliquer dans la gestion des affaires de la commune.
Pour la divergence politique, au lieu d’être un facteur limitant la participation citoyenne,
elle devrait plutôt les embrasser comme une opportunité d’enrichir la démocratie locale.
Dans la commune de Pô, le jeu politique est agissant. Le conseil municipal dissout était
animé par quatre (4) partis politiques dont le MPP (34 conseillers), l’ADF/RDA (18
conseillers), le CDP (11 conseillers) et l’UPC (06 conseillers). 9,3 % des interviewés
soutiennent que la divergence politique est un facteur limitant la participation des citoyens
à la gestion des affaires communales. Cependant, ils apprécient positivement la gestion
de la commune par la délégation spéciale. Cela traduise une crise de confiance entre
gouvernant et gouverné
Relativement à l’absence de cadres de concertation, il convient de noter que les cadres de
concertation constituent des occasions de partage d’information, d’échanges sur des
questions de développement de la commune. Les cadres de concertations au Burkina Faso

Cité par NUTSUGAN (1998), la communication comme moteur du développement de la future
commune de Comè. ENAM/ UAC
17

44

�sont encadrés par le décret n° 2009-838/PRES/PM/MEF/MATD du 18 décembre 2009
portant création, attributions, composition et fonctionnement de cadres de concertation
pour le développement rural décentralisé. Le cadre de concertation communal se réunit
trois (3) fois par an en session ordinaire sur convocation de son président. Au niveau
communal, le cadre de concertation est constaté par un arrêté du maire. Dans le cas de la
commune de Pô, l’arrêté existe, mais le cadre n’est pas fonctionnel. La non fonctionnalité
tient à l’irrégularité des sessions. La mairie n’arrive pas à tenir au moins deux sessions
par an.
Au-delà des éléments susmentionnés, une minorité de répondant (3,7 %) des interviewés
ont indiqué tout simplement n’avoir pas d’intérêt à participer à la gestion des affaires de
la commune. De fait, les citoyens peuvent ressentir une méfiance ou une désillusion
envers les autorités estimant que leur participation n’aura aucun impact réel sur les
décisions prises. Face à cela, la recherche a requis l’avis des répondants sur un certain
nombre de suggestions.
Figure 5 : Suggestions pour une réelle participation citoyenne à la gouvernance locale
dans la commune
6,22%
36,44%
30,22%
27,11%

Pourcentage

14
82

Effectif

68
61
0

10

20

30

40

50

60

70

80

90

Autre à préciser
La culture du devoir de redevabilité
La mise en place de cadres de concertation
L’instauration d’une stratégie de communication

Source : enquête terrain, avril 2024
La figure 5 indique que 82 interviewés, soit 36, 44 %, proposent la culture du devoir de
redevabilité, alors que 68 interviewés, soit 30, 22 %, suggèrent l’opérationnalisation des
cadres de concertation. 61 interviewés, soit 27,11 %, pensent à l’instauration d’une
stratégie de communication, tandis que 14 interviewés, soit 6,22 %, préconisent autres
choses.
45

�Ces résultats montrent une diversité d'opinions des citoyens sur les moyens d'améliorer
la participation et la gestion des affaires communales. La majorité se concentre sur la
redevabilité, les cadres de concertation et la communication, soulignant l'importance de
la transparence, de l'interaction citoyenne et de l'information pour une gouvernance locale
efficace et inclusive.
En somme, l'analyse des résultats obtenus à travers cette recherche révèle plusieurs
tendances significatives concernant la participation citoyenne dans la gestion des affaires
communales. Il apparaît que la majorité des citoyens ne sont pas informés des outils et
mécanismes institutionnels existants, ce qui pose un défi majeur à la transparence et à
l'engagement citoyen. En outre, les données montrent que la communication des décisions
budgétaires et des bilans d'activités du conseil communal est largement insuffisante, ce
qui pourrait expliquer le faible niveau de participation des citoyens. Ces résultats sont en
lignes avec les observations faites par YAMEOGO (2017) qui relève que la
décentralisation connait des difficultés liées au bon fonctionnement des mécanismes de
participation citoyenne et de redevabilité prévus par le code général des collectivités
territoriales. Cependant, lesdits résultats diffèrent de ceux auxquels sont parvenus
RAYAWENDE (2016) dans une recherche sur la participation citoyenne dans la gestion
de la commune de Pouytenga. Selon lui, les mécanismes de participation citoyenne sont
effectivement exploités. Ainsi, notre deuxième hypothèse selon laquelle les facteurs
institutionnels facilitant la participation citoyenne à la gestion des affaires locales ne sont
pas exploités dans la commune de Pô est donc confirmée.
Par ailleurs, les résultats montrent que les cadres et les organes à travers lesquels les
citoyens peuvent participer et influencer la gouvernance des autorités ne fonctionnement
pas pleinement. Ces résultats rejoignent ceux de OUEDRAOGO (2016) qui avait conclu
dans une recherche sur la participation citoyenne à la gestion de la commune de Pabré
que le contrôle citoyen de l’action des autorités locales n’est pas effectif. C’est aussi la
même conclusion au quelle est parvenue ZOUNDI (2016) dans une recherche sur la même
thématique concernant la commune de Koubri. Ainsi, la première hypothèse qui affirme
que les citoyens exercent une influence positive sur la gestion des autorités de la
commune de Pô dans le sens de contribuer à une gouvernance plus inclusive des affaires
locales est infirmée.
Également, les résultats confirment qu’il existe effectivement des obstacles qui limitent
la participation des citoyens de Pô dans la gestion de leur commune. Ces obstacles ont
46

�été relevés par GUILGA (2022) dans une recherche sur la participation citoyenne à la
gouvernance locale dans la commune de Ouagadougou, de ROMBA (2006) sur la
participation des citoyens au développement des collectivités territoriales et de ZANGRE
(2013) sur la problématique de la participation citoyenne à la gouvernance locale : cas de
l'arrondissement de Bogodogo. Cela confirme notre troisième hypothèse.
III.2. SUGGESTIONS
Pour venir à bout des facteurs limitant la participation citoyenne à la gestion de la
commune de Pô, nous proposons en plus des suggestions sur lesquelles les enquêtés se
sont prononcés, le renforcement des mécanismes de mise en œuvre du droit à
l’information des citoyens, l’introduction de nouveaux mécanismes de participation
citoyenne et le renforcement du dispositif juridique.
III.2.1. Renforcement des organes de participation citoyenne et des mécanismes de
mise en œuvre du droit à l’information des citoyens
Le développement à la base ne peut se faire sans une participation entière des citoyens à
la gouvernance locale. Ainsi, dans le cadre de la gestion des collectivités territoriales, les
citoyens sont les principaux acteurs et bénéficiaires des actions de développement, par
conséquent, ils doivent s’impliquer activement pour jouer pleinement le rôle qui est le
leur. Encore faut-il qu’ils aient l’information pour pouvoir le faire. Ainsi, il parait indiqué
d’adopter une stratégie de communication pour communiquer efficacement avec les
populations ou diffuser à grande échelle l’information auprès du public.
Ensuite, il faudrait utiliser les médias pour faire passer les informations concernant la vie
de la commune. Le service de la communication de la mairie et les médias de masse tels
que la radio Gulu, les réseaux sociaux peuvent être utilisés pour transmettre les
informations aux citoyens et ainsi les inviter à participer aux actions de développement.
Par ailleurs, ces mêmes outils peuvent être mis à contribution pour construire une belle
image de la commune concernant la participation citoyenne.
III.2.2. Renforcement du dispositif juridique de participation citoyenne
Le Code général des collectivités territoriales dispose que les sessions du conseil
municipal sont ouvertes au public. Malheureusement, ces derniers n’ont pas droit à la
parole. Aussi, il reconnait au public le droit de recours contre les délibérations du conseil
municipal sans leur donner le pouvoir de délibérer ou de donner leur avis sur les grandes
décisions de la vie de la commune. En outre, la loi oblige le conseil municipal à rendre
47

�régulièrement compte aux populations de ses activités et de la vie de la commune, sans
préciser les modalités de cet exercice. Pour ce faire, il serait judicieux de permettre aux
citoyens de pouvoir présenter des pétitions pour la tenue d’une session ou de soumettre
directement un projet de délibération au conseil communal qu’il examinera lors d’une
session. À cela, il faut ajouter l’institution d’un référendum local pour contraindre
l’exécutif local à consulter la population sur les projets de grands intérêts pour la
commune. Également, le législateur pourrait préciser les modalités de la reddition des
comptes aux populations, comme se fait la tenue des sessions du conseil municipal.
II.2.3. Renforcement des capacités des citoyens
L’analphabétisme et la pauvreté constituent aussi des facteurs limitant la participation des
citoyens à la gestion de leur commune. Face à cela, la commune gagnerait à mettre en
place des programmes spécifiques pour favoriser leur accès à l’éducation. Cela peut
inclure des cours adaptés à leur culture, des cours d’éducation civique et la réalisation
d’infrastructures éducatives proches de leurs cadres de vie. L’éducation civique peut se
traduire par la publication de manuels expliquant la décentralisation, la citoyenneté, la
gouvernance locale, le développement local et leur traduction dans les langues locales.
Aussi, comme l’ont relevé les résultats de l’enquête, la pauvreté a des répercussions
profondes sur la gestion de la commune. Selon le professeur LOADA (2014), « la qualité
des conditions de vie des citoyens a un impact sur leur engouement pour tout processus
de décentralisation, par ricochet sur leur implication dans la gestion des affaires locales
». Mais pour atténuer ces effets et favoriser un développement endogène, la commune de
Pô pourrait réaliser des sites maraichers modernes dans chaque village de la commune
pour développer les cultures de contre-saison.
En plus, il est souhaitable que la commune mette l’accent sur la réalisation des
infrastructures marchandes et accompagnent les bénéficiaires avec des microcrédits pour
leur permettre de booster leurs activités commerciales. Aussi, la commune pourrait initier
des formations métiers, telles que la réparation des téléphones portables, la couture, la
mécanique auto, etc. au profit des jeunes et femmes désœuvrés. Ces activités généreront
des revenus et aideront les citoyens à améliorer leur qualité de vie, et partant, susciteront
leur participation à la gestion de la commune.

48

�III.2.4. Institutions de nouveaux mécanismes de participation citoyenne
En plus de l’exploitation effective des mécanismes de participation institués par le
législateur, la commune de Pô pourrait envisager la mise en œuvre d’autres mécanismes
pour impliquer au mieux les citoyens dans la gestion de la commune pour un
développement harmonieux. Ainsi, les autorités communales devraient accélérer la mise
en place des comités de veille et de développement dans les villages et secteurs. En effet,
le législateur a institué, en abrogation des articles 222 et 223 de la loi n°055-2004/AN du
21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales, la loi n°0032023/ALT du 25 mars 2023 portant institution de comités de veille et de développement
(COVED). En matière de participation citoyenne, les COVED ont pour rôle d’élargir
l’accès à l’information au profit des populations et de favoriser leur implication à
l’identification, à la planification et à l’exécution des projets publics de développement
dans les quartiers et villages. Il vise l’appropriation par les habitants des questions de leur
propre développement par la concertation citoyenne à la base, au niveau des quartiers et
des villages.
Aussi, les autorités de la commune de Pô gagneraient à instituer un cadre d’échanges
entre le conseil de la collectivité et les organisations de la société civile de la commune
dans l’objectif de les associer à la gestion de la commune. Les organisations de la société
civile (OSC) sont des acteurs engagés dans divers domaines (culture, environnement,
Droits humains, etc.). Elles ont des expertises spécifiques et une connaissance fine des
réalités locales. L’institution d’un cadre de concertation crée un espace de dialogue, de
collaboration et de co-construction entre le conseil communal et les OSC. C’est un levier
puissant pour un développement local inclusif et durable.
En définitive, ce chapitre a permis de présenter les résultats obtenus à partir des données
collectées et de les analyser en profondeur. En confrontant les résultats de l’étude avec
celles précédentes, des points de convergence ainsi que des divergences ont pu été
identifiés. Aussi, des pistes d'action concrètes ont été proposées pour une meilleure
participation des citoyens dans la gestion de la commune de Pô.

49

�CONCLUSION
Le Gouvernement burkinabè a adopté la décentralisation comme mécanisme de
développement à la base, pour que les populations puissent définir, planifier et exécuter
des actions pour satisfaire leurs besoins essentiels. Cette stratégie a permis l'effectivité de
la communalisation intégrale, le transfert de compétences aux collectivités territoriales et
l'accompagnement des entités décentralisées par une déconcentration des services de
l'administration centrale.
Une décentralisation efficace conduit inéluctablement à la transformation des
communautés de base en modèles performants de démocratie et de développement
endogène. Lorsque les populations élisent elles-mêmes des responsables qu’elles jugent
dignes de les représenter, participent à la définition et à la mise en œuvre des projets et
programmes de développement, il ne fait aucun doute qu’il s’agit là d’un véritable
processus de développement qui est enclenché. Mais après plus de deux décennies
d'expérience, le constat est que la problématique de la participation citoyenne à la
gouvernance locale est toujours d'actualité dans la commune de Pô. En effet, les citoyens
ne participent pas assez à la gestion des collectivités territoriales au côté des élus locaux.
Cette triste réalité explique la recherche sur les facteurs limitant la participation citoyenne
dans la gestion de la commune de Pô.
L’analyse du thème a permis de mettre en évidence les déterminants de la participation
citoyenne dans la gestion de la commune de Pô. De façon spécifique, il a été question de
mettre en exergue l’influence des citoyens sur la gestion des autorités de la commune de
Pô, d’analyser l’effectivité des facteurs institutionnels facilitant la participation citoyenne
à la gestion des affaires locales dans la commune de Pô et d’identifier les obstacles qui
entravent la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô.
La démarche méthodologique adoptée a permis de constater que la majorité des citoyens
ne savent pas qu’ils ont les prérogatives de juger ou de demander simplement des comptes
aux autorités communales qu’ils ont donné mandat de les représenter. Cela a pour
conséquence de réduire leur implication dans la gestion des affaires locales, de restreindre
leur pouvoir d’intervention auprès des autorités locales et d’influencer positivement la
gestion des affaires de la commune.
Aussi, elle a révélé que les mécanismes de mise en œuvre du droit à l’information des
citoyens ne sont pas efficacement enclenchés par les autorités communales pour qu’ils
50

�servent au mieux la gouvernance locale. Les citoyens n'exploitent pas les mécanismes
dont ils disposent pour participer à la gestion de leur commune. Ils ne s'informent pas en
consultant les affiches ou les documents administratifs et ne participent pas aux sessions
du conseil de la commune.
Par ailleurs, elle a confirmé l’existence d’obstacles qui limitent la participation des
citoyens à la gestion de leur commune tels que le déficit de communication,
l’analphabétisme, l’ignorance, la pauvreté, l’absence de cadre de concertation et les
divergences politiques.
À terme, la recherche a permis de comprendre l’importance de la participation citoyenne
dans la gestion de la commune de Pô. De nombreux facteurs limitent véritablement la
participation des citoyens de Pô à la gestion de leur commune. Pour améliorer cette
situation, il serait judicieux pour les autorités communales de Pô de mettre l’accent sur
l’implication des populations dans les organes de participation et d’opérationnaliser les
mécanismes de mise en œuvre du droit à l’information des citoyens en vue d’assurer une
participation citoyenne indispensable à la bonne gouvernance locale.
En analysant les facteurs limitant la participation citoyenne dans la gestion de la commune
de Pô, la recherche n’a pas pu aborder tous les aspects de ces différents problèmes. Dans
une certaine mesure, elle aurait pu étudier la problématique de la participation des
citoyens au choix de leurs mandataires dans le contexte de la gouvernance locale. Aussi,
elle aurait pu s’intéresser aux mécanismes mis en place par les citoyens pour participer à
la gestion de leur cité. Toutes ces interrogations pourraient constituer des pistes de
réflexions que notre recherche n’a pas prises en compte de façon précise. Tout compte
fait, nous espérons, à travers cette recherche, avoir participé à la réflexion d’une
thématique dont l’importance s’avère plus que nécessaire et que d’autres recherches
pourraient approfondir davantage.

51

�IBLIOGRAPHIE
I.

Ouvrages

BARA Guèye, Décentralisation et participation citoyenne, mars 2005, 37 pages ;
CRESWELL W John, "Research Design : Qualitative, Quantitative, and Mixed Methods
Approaches", 4e édition, 2014, 41 pages ;
DANTONEL-COR Nadine, Fiches d'Institutions administratives, Ellipes, 2020, 240
pages ;
FREIRE Paulo, la Pédagogie des opprimés, Marseille, Agone, coll. « Contre-feux »,
2021, 298 p., préface d'Irène Pereira, traduit du portugais par Élodie Dupau et Melenn
Kerhoas, 1re éd. 1968, ISBN : 978-2-7489-0452-9.
GRAWITZ Madéleine, Lexique des sciences sociales, 8e édition, Paris, 2004, 421 pages ;
JOUMART Robert, Le concept de gouvernance, 2009, pp.52
LANDSHEERE Viviane, définir les objectifs de l’éducation, 3e édition revue et
augmentée, 1978, 307 pages ;
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l’espace public politique, Paris, Karthala, GEMDEV, 2006, 240 pages ;
MALINOWSKI Bronislaw, Argonauts of the Western Pacific, 1922, 584 pages
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OUEDRAOGO Moussa, La communalisation en milieu rural : les élus locaux peuventils relever le défi : analyse de l'expérience du Burkina Faso Harmattan, 2007 - 108 pages
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52

�ROQUEFORT-COOK Katline, la participation des usagers aux politiques publiques
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SAWADOGO Hassane, la gestion administrative communale à l’aune des changements.
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sur la tête, Editions Karthala, Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, 2001, 278 pages ;
TOTTE Marc, La décentralisation en Afrique de l'ouest : entre politique et
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II.

Thèses et mémoires

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thèse de doctorat Géographie. Université Paul Valéry - Montpellier III, 2014, 343 pages ;
OUATTARA Youssouf, Rôle de la société civile dans l'émergence d'une nouvelle
citoyenneté dans les collectivités locales - OUAGADOUGOU : 2007 - Mémoire - A. GENAM 59 pages ;
OUEDRAOGO Moussa, Décentralisation et dynamiques locales de développement
durable au Burkina Faso Etude de cas dans les communes rurales dans la Région de la
Boucle du Mouhoun dans la partie nord-ouest du pays, 2016, thèse, Université Bretagne
Loire/université de Maine, 341 pages ;
OUEDRAOGO Sibiri de Issa, L'implication des citoyens dans la gestion des collectivités
territoriales : cas des communes de Manga et de Kombissiri, OUAGADOUGOU ; 2007
- Mémoire A. G - ENAM – 50 pages ;
OUEDREAGO Lamoussa, La participation des citoyens dans la gestion des Collectivités
territoriales : cas de la commune de Pabré, 2016, mémoire A.G ENAM 59 pages ;
OUEDREAGO Rayawendé Ernest, Participation citoyenne et développement local : cas
de la commune de Pouytenga, 2016, mémoire A.G - ENAM 54 pages ;

53

�ROMBA Abdoul Gafard, Réflexion sur la participation des citoyens au développement
des collectivités territoriales, ENAM, Ouagadougou, 2006, 59 pages ;
SAWADOGO Sayouba, La participation citoyenne au développement local dans le
contexte de la communalisation intégrale : cas de la commune rurale de Sabcé dans la
Province du Barn, OUAGADOUGOU : 2008 - Mémoire A. G- ENAM 61 pages ;
YAMEOGO Wendlassida Josias, Participation citoyenne à la gouvernance locale et
développement des collectivités Territoriales : cas de la région du Centre-Est du Burkina
Faso, 2017, mémoire 2IE, 77 pages ;
ZANGRE Aboulaye, La problématique de la participation citoyenne à la gouvernance
locale : cas de l'arrondissement de Bogodogo -OUAGADOUGOU : 2013. Mémoire A.
G-ENAM 59 pages ;
ZAZA Ornella, La participation citoyenne numérique pour le projet urbain : figures et
pratiques d’un imaginaire, ECLIPS - Participation citoyenne : Expériences et limites d’un
idéal de démocratie, Jun 2016, Tours, France ;
ZOUNDI Landrine 2ème Jumelle, La participation Citoyenne à la gestion des affaires
locales : cas de la commune rurale de Koubri – OUAGADOUGOU : 2016. Mémoire AG
- ENAM 58 pages ;
III.

Articles, Etudes et rapports scientifiques

BREUX Sandra, Les dimensions territoriales de la démocratie participative, Sciences de
la Société, n°69, 2006, pp. 71-85 ;
CGD Info : Participation citoyenne et gouvernance locale, numéro 1-2011, 4 pages ;
CGD Info : La qualité du travail des autorités locales au Burkina Faso, 2010, 7 pages ;
CGD : La gouvernance au Burkina Faso perceptions globales des burkinabé et
expérience concrète dans la commune de Pô, 2009, 34pages ;
ROIG Charles, théorie et réalité de la décentralisation, Revue française de science
politique, 16ᵉ année, n°3, 1966. pp. 445-471.
GUIRIOBE Paumahoulou Jean-Arsène, La faible participation citoyenne à la gestion des
collectivités territoriales en côte d’ivoire : cas de la commune de Bouaké, 2018, Revue
Ivoirienne d’Anthropologie et de Sociologie ;

54

�LAMY Pascal, La gouvernance, utopie ou chimère ? Dans Études 2005/2 (Tome 402),
pages 153 à 162 ;
MacLean, Melissa, Elaboration d’un programme de recherche sur les dimensions genre
de la décentralisation, 2003, CRDI
SCOGNAMIGLIO Typhanie, et CARREL Marion Carrel (Entretien) : la participation :
définitions, méthodologies et état des lieux ;
YAMBRESSINGA Guilga François de Paule, Analyse de la participation citoyenne à la
gouvernance locale dans la commune de Ouagadougou (BURKINA FASO) Juillet 2022,
Université Joseph KI ZERBO Ouagadougou, Burkina Faso p. 400 – 415 ;
IV.

Constitution, textes législatifs et règlementaires

Arrêté 11°2019-203/CO/M/SG/DGR/DRH du 25 septembre 2019 portant organisation
des services des mairies d'arrondissement de la commune de Ouagadougou ;
Constitution du Burkina Faso du 11 juin 1991, édition d'avril 2002, 62 pages ;
Décret n°2022-004/PRES/MPSR du 1er février 2022 portant dissolution des conseils des
collectivités territoriales.
Décret n°2009-838/PRES/PM/MEF/MATD du 18

décembre

2009 portant création,

attributions, composition et fonctionnement de cadres de concertation pour le
développement rural décentralisé ;
Loi n° 055-2004/AN du 21 décembre 2004 portant code général des collectivités
territoriales, promulguée par le décret n° 2005-227 /PRES du 14 avril 2005, y compris
ses différents modificatifs ;
V.

Autres ouvrages

ACT-Consults. 2000. Comment mieux articuler les appuis aux initiatives de
développement à la base et les appuis à la décentralisation ? Paris : Ministère des Affaires
étrangères ;
BURKINA FASO (gouvernement), ministère de l’administration territoriale et de la
décentralisation, 2015 : Citoyenneté et participation citoyenne, Ouagadougou, 70 pages ;
BURKINA FASO. Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation,
décembre 2008. Citoyenneté et Participation citoyenne, réalisé avec l’appui technique et
financier du projet ADEPAC/PNUD, Altesse Burkina Sarl, 70 pages ;
55

�Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (CADHP) du 17 juin 1981 ;
La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH) du 10 décembre 1948 ;
La participation citoyenne : Cahier du Labo'M21. Gironde conseil général, sept. 2014.
La Politique nationale de la bonne gouvernance 2005-2015 ;
La Politique Nationale de la Décentralisation au Burkina Faso : document d’orientation
de la décentralisation ;
Le Lexique des termes juridiques 14e édition DALLOZ ;
L'éveil de conscience des citoyens de la région du plateau Central : secret de la
performance communale de Inades-Formation Burkina ;
Ministère de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation : état des lieux de la
décentralisation au Burkina Faso ;
Quels sont mes droits et mes devoirs en tant que citoyens d'une commune ? Guide
d'information et de sensibilisation sur les droits et les devoirs du citoyen dans la commune
de Inades-Formation Burkina ;
Société civile et participation citoyenne ; le combat des organisations civiles de quatre
régions : Centre, Centre-Nord, Centre-Sud et Plateau Central de Inades-Formation
Burkina.
VI.

Sites internet

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citoyenne », dans L. Côté et J.-F. Savard (dir.), Le Dictionnaire encyclopédique de
l’administration publique, [en ligne] ;
Introduction à la gestion : qu'est-ce que la gestion ? (aunege.fr) consulté le 18 janvier
2024 ;

56

�ANNEXES
ANNEXE 1 : QUESTIONNAIRE ADRESSE A L’EX MAIRE, AU PDS, AUX
VICES PDS, AUX EX CONSEILLERS ET PERSONNES RESSOURCES DE LA
COMMUNE DE PO.
Je réponds au nom de Hamado SAKANDE, je suis apprenant à l’Institut de Formation
Ouverte à distance/Université Thomas SANKARA. Mes contacts sont : 76 71 71 93/ 70
04 44 05 ; sakandefils@gmail.com
Ce questionnaire est élaboré dans le cadre de la rédaction de notre mémoire de fin de
formation pour l’obtention du master en développement local et gestion des collectivités
à l’IFOAD/Université Thomas SANKARA. Le thème est intitulé : « analyse des facteurs
limitant la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô ». Votre
participation nous sera d’une grande utilité dans le cadre de cette recherche. Vos réponses
seront traitées dans le strict respect de l’anonymat et ne seront exploitées qu’à des fins
académiques.
Merci de votre disponibilité
N° :…………..
I.

Date : …………………..
IDENTITE DU REPONDANT

Nom et prénom : ……………………………………………………………….………..
Sexe : …………………………………………………………………………………….
Niveau d’étude : ………………………………………………………………………….
Profession : …………………………………………………………………………….…
Structure : ………………………………………………………………………………..
Contact : ………………………………………………………………………….………
II.

FONCTIONNEMENT DES FACTEURS INSTITUTIONNELS
FACILITANT LA PARTICIPATION CITOYENNE A LA
GESTION DE LA COMMUNE DE PO

1. Avez-vous connaissances des outils/mécanismes institutionnels facilitant la
participation des citoyens à la gestion de la commune ?
OUI : ☐

Non : ☐

Si Oui citez les ………………………………………………………………….………..

57

�III.

IMPLICATION DES CITOYENS DANS LA GESTION DE LA COMMUNE
2. Avez-vous l'occasion de participer aux débats publics sur les projets et
programmes dans votre commune ?

Jamais ☐
Parfois ☐
Souvent ☐
3. En tant que citoyen, êtes-vous impliqué dans l'élaboration du budget
communal ?
OUI : ☐

Non : ☐

4. Avez-vous accès au budget et compte administratif et de gestion de la
commune ?
OUI : ☐

Non : ☐

Sinon pourquoi ? …………………………………………………………………………
5. Avez-vous déjà participé à une session du conseil de la commune ?
OUI : ☐

Non : ☐

Sinon pourquoi …………………………………………………………………………..
6. Les délibérations du conseil et les actes administratifs des autorités
communales relatives au budget sont-ils portés à votre connaissance ?
OUI : ☐

Non : ☐

7. Les autorités de la commune vous rendent ils comptent de leur gestion à
travers l’organisation de journée de redevabilité ?
Jamais ☐
Parfois ☐
Souvent ☐
8. Le bilan annuel d'activités du conseil de la commune est-il porté à la
connaissance du public ?
OUI : ☐

Non : ☐

9. Quelles dispositions les autorités communales ont-elles prises pour informer
les populations des activités de la commune ?
Affichage ☐
Diffusion à la radio ☐
Crieur public ☐
58

�Création d’un service de communication ☐
10. Les autorités de la commune vous rendent il compte régulièrement de leur
gestion à la population à travers l’organisation de journées de redevabilité ?
OUI : ☐

Non : ☐

11. Existe-t-il un cadre de concertation communal (CCCO) fonctionnel ?
OUI : ☐

Non : ☐

12. Existe-t-il d'autres organes de concertation institués dans la commune en
dehors du CCCO ?
OUI : ☐

Non : ☐

13. Selon vous, quels sont les avantages de la participation des citoyens à la
gestion des affaires de la commune ?
Mieux comprendre les besoins des populations ☐
Facilite la prise de décision par les autorités communales ☐
Permet aux citoyens d’influencer la gestion communale ☐
Renforce la démocratie locale ☒
14. Selon vous, quels sont les obstacles qui entravent la participation des citoyens
à la gestion de la commune ?
Le déficit de communication ☐
Absence de cadres de concertation fonctionnels ☐
L’analphabétisme et l’ignorance ☐
La pauvreté ☐
Les divergences politiques ☐
Autres à préciser ☐
15. De façon générale, que proposez-vous pour une réelle participation citoyenne
à la gouvernance locale dans la commune ?
L’instauration d’une stratégie de communication ☐
La mise en place de cadres de concertation ☐
La culture du devoir de redevabilité ☐
Autre à préciser ☐

59

�ANNEXE 2 : GUIDE D’ENTRETIEN ADRESSE A L’EX MAIRE, AU PDS, AUX
VICES PDS, AUX EX CONSEILLERS ET PERSONNES RESSOURCES DE LA
COMMUNE DE PO.
Je réponds au nom de Hamado SAKANDE, je suis apprenant à l’Institut de Formation
Ouverte à distance/Université Thomas SANKARA. Mes contacts sont : 76 71 71 93/ 70
04 44 05 ; sakandefils@gmail.com
Ce guide d’entretien est élaboré dans le cadre de la rédaction de notre mémoire de fin de
formation pour l’obtention du master en développement local et gestion des collectivités
à l’IFOAD/Université Thomas SANKARA. Le thème est intitulé : « analyse des facteurs
limitant la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô ». Votre
participation nous sera d’une grande utilité dans le cadre de cette recherche. Vos réponses
seront traitées dans le strict respect de l’anonymat et ne seront exploitées qu’à des fins
académiques.
Merci de votre disponibilité
N° :…………..
I.

Date : …………………..
IDENTITE DU REPONDANT

Nom et prénom : …………………………………………………………….…..………..
Sexe : …………………………………………………………………………………….
Niveau d’étude : ………………………………………………………………………….
Profession : …………………………………………………………………………….…
Structure : ………………………………………………………………………………..
Contact : ………………………………………………………………………….………
II.

FONCTIONNEMENT DES FACTEURS INSTITUTIONNELS
FACILITANT LA PARTICIPATION CITOYENNE A LA
GESTION DE LA COMMUNE DE PO

1. Par quels mécanismes les citoyens sont-ils informés de la conduite des affaires
de la commune ?
……………………………………………………………………………………………
III.

IMPLICATION DES CITOYENS DANS LA GESTION DE LA
COMMUNE
2. Les citoyens participent-ils aux débats publics sur les projets et programmes dans votre
commune ?
60

�……………………………………………………………………………………………………..

3. Par quels mécanismes impliquez-vous les citoyens dans l’élaboration des budgets
de la commune ?
…………………………………………………………………………………………….
4. Les délibérations du conseil et les actes administratifs relatif au budget sont-ils
portés à la connaissance des citoyens ?
…………………………………………………………………………………………….
5. Les citoyens participent ils aux sessions du conseil municipal/délégation
spéciale ?
……………………………………………………………………………………………
6. Par quels moyens les populations sont-elles informées des activités de la
commune ?
……………………………………………………………………………………………
7. Des journées de redevabilité sont-elles organisées régulièrement pour rendre
compte de la gestion de la commune à la population ?
…………………………………………………………………………………………….
8. Existe-t-il un cadre de concertation communal fonctionnel ?
…………………………………………………………………………………………….
9. Si oui combien de sessions sont tenues par année ?
…………………………………………………………………………………………….
10. Existe-t-il d’autres organes de concertation institués dans la commune en dehors
du CCCO ?
…………………………………………………………………………………………….
IV.

AVANTAGES,

OBSTACLES

EN

MATIERS

DE

PARTICIPATION DES CITOYENS A LA GESTION DE LA
COMMUNE ET SUGGESTION
11. Selon vous, quels sont les avantages de la participation des citoyens à la gestion
des affaires de la commune ?
…………………………………………………………………………………………….
12. Quels sont les obstacles au bon fonctionnement des cadres de concertation dans
la commune ?
……………………………………………………………………………………………
61

�13. Selon vous, quels sont les obstacles qui entravent la participation des citoyens à
la gestion de la commune
…………………………………………………………………………………………
14. Quelles suggestions pouvez-vous faire pour un meilleur fonctionnement des
organes de concertation dans la commune ?
………………………………………………………………………………………
15. De façon générale, que proposez-vous pour une réelle participation citoyenne à la
gestion de la commune ?
……………………………………………………………………………………………
Merci pour votre disponibilité !

62

�Annexe 3 : Carte administrative de la commune de la Pô

Source : PCD commune de Pô

63

�Annexe 4 : Tableau portant Organisation des structures composant la délégation
spéciale de la commune de Pô avec leurs attributions
Structures

Composition

Attributions/missions

Organe

Définir les grandes orientations en matière de

délibérant de la

développement de la commune ;

délégation

Contrôler l’action du PDS ;
Adopter du Plan communal de développement ;
20

Donner des avis sur les questions soumises par l’Etat
central ;
Délibérer sur les affaires de la commune.

Organe

Le Président de

exécutif

la Délégation

Organiser des concertations sur les affaires de la
commune ;

Spéciale (PDS),

Préparer les ordres du jour de la session de la délégation

le 1er et le 2ème

spéciale ;

vice-président

Exécuter les délibérations ;

au PDS

Diriger l’administration communale.

Commission

Elle est compétente pour toutes les questions relatives

Affaires

aux affaires administratives, à la politique de la

générales,

commune en matière de communication, de formation,

sociales

et

05

de participation des populations aux activités sociales et

culturelles

culturelles et à la sécurité publique.

Commission

Elle est compétente sur toutes les questions qui ont trait

Affaires

aux grandes questions de développement économique

économiques

de la commune (planification économique, capacités

et financières

économiques, lutte contre la pauvreté (affaires
05

économiques) et de tout ce qui est propre à
l’amélioration des capacités financières de la commune
(affaires financières)

64

�Commission

Elle est compétente pour toutes les questions relatives à

Environnement

l’amélioration du cadre de vie, à la politique de la

et

05

commune en matière de voirie, d’assainissement,

développement

d’hygiène, d’inhumation, de santé communautaire et du

local

développement local. Pour ce faire, elle examine et
émet des avis écrits et motivés sur les projets et
programmes relevant de sa compétence.

Commission

Elle traite des questions relatives à l’aménagement du

Aménagement

territoire communal et des questions foncières. Pour ce

du territoire et

faire, elle examine et émet des avis écrits et motivés sur

gestion

05

les projets et programmes relevant de sa compétence.

foncière
Source : auteur, 2024

65

�ANNEXE 5 : photos des membres de la délégation spéciale de Pô lors de la
première session tenue les 27 et 28 mars 2024
Photo 1 : Présidium composé du PDS au milieu, respectivement du 1er et 2ème vice
président à gauche du PDS et du secrétaire général à droite

Source : archives de la mairie

Photo 2 : les membres de la délégation spéciale de Pô

Source : archive de la mairie
66

�TABLE DE MATIÈRE
DEDICACE ....................................................................................................................... i
REMERCIEMENTS ........................................................................................................ ii
SIGLES ET ABREVIATIONS ........................................................................................ iii
LISTE DES TABLEAUX................................................................................................ iv
LISTE DES FIGURES ..................................................................................................... v
SOMMAIRE.................................................................................................................... vi
RESUME ........................................................................................................................ vii
ABSTRACT ................................................................................................................... vii
INTRODUCTION ............................................................................................................ 1
CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LITTERATURE ...................... 6
I.1 CADRE THEORIQUE ............................................................................................... 6
I.1.1. Clarification de quelques concepts ...................................................................... 6
I.1.2. Modèles théoriques de la participation citoyenne ............................................... 9
I.2. REVUE DE LITTÉRATURE SUR LA PARTICIPATION CITOYENNE À LA
GESTION DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES ............................................... 14
CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE .................................. 18
II.1. PRESENTATION DU CADRE DE L’ETUDE ...................................................... 18
II.1.1. Contexte géographique..................................................................................... 18
II.1.1.1. Aspect géographique et évolution administrative ......................................... 18
II.1.1.2. Aspects économiques .................................................................................... 19
II.1.1.3. Organisation administrative de la Commune ................................................ 21
II.1.2. Contexte temporel ............................................................................................ 22
II.2. METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE ........................................................... 22
II.2.1. Déroulement de l’étude .................................................................................... 22
II.2.1.1. Phase préparatoire ......................................................................................... 23
II.2.1.2. Phase exploratoire ......................................................................................... 23
II.2.1.3. Phase de collecte des données et d’analyse des résultats .............................. 23
II.2.2. Population d’étude et échantillonnage ............................................................. 23
II.2.2.1. Population d’étude......................................................................................... 24
II.2.2.2. L’échantillonnage .......................................................................................... 24
II.2.2.2.1. Méthode du choix raisonné ........................................................................ 25
II.2.2.2.2. Méthode du choix aléatoire ........................................................................ 25
II.2.2.3. Taille de l’échantillon .................................................................................... 25
67

�II.2.3. Techniques et outils de collecte des données ................................................... 26
II.2.3.1. Techniques de collecte de données ................................................................ 26
II.2.3.2. Outils de collecte de données ........................................................................ 28
II.2.3.3. Déroulement de l’enquête ............................................................................. 29
II.2.4. Analyse des données ........................................................................................ 31
II.2.5. Considérations éthiques ................................................................................... 31
II.2.6. Difficultés rencontrées ..................................................................................... 32
CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS ET DISCUSSION ............................. 33
III.1. PRESENTATION, ANALYSE ET DISCUSSION DES RESULTATS ................. 33
III.1.1. Caractéristiques des enquêtés ......................................................................... 33
III.1.2. Analyses et interprétations de l’exploitation des outils/mécanismes
institutionnels facilitant la participation citoyenne ..................................................... 35
III.1.3. Implication des citoyens dans la gestion de la commune ............................... 35
III.1.4. Avantages de la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô
.................................................................................................................................... 42
III.1.5. Obstacles entravant la participation citoyenne et suggestions pour une réelle
participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô.................................... 43
III.2. SUGGESTIONS .................................................................................................... 47
III.2.1. Renforcement des organes de participation citoyenne et des mécanismes de
mise en œuvre du droit à l’information des citoyens .................................................. 47
III.2.2. Renforcement du dispositif juridique de participation citoyenne ................... 47
II.2.3. Renforcement des capacités des citoyens......................................................... 48
III.2.4. Institutions de nouveaux mécanismes de participation citoyenne .................. 49
CONCLUSION .............................................................................................................. 50
IBLIOGRAPHIE ............................................................................................................ 52
ANNEXES ..................................................................................................................... 57
TABLE DE MATIÈRE ................................................................................................... 67

68

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          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                  <text>La collection Droit économie et gestion (DEG) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières droit, économie et gestion.</text>
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                <text>Analyse des facteurs limitant la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô</text>
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