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                    <text>MINISTÈRE DE
L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
DE LA RECHERCHE ET DE
L’INNOVATION (MESRSI)
-----------------------------------------------

BURKINA FASO
--------------------------------------La Patrie ou la Mort, nous
Vaincrons

Université Thomas SANKARA (UTS)
----------------------------------------------INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE A DISTANCE (IFOAD)
-----------------------------------------------

MEMOIRE DE FIN DE CYCLE

Pour l’obtention du Master Professionnel en Développement Local et Gestion des
Collectivités Territoriales (M2-DEVLOG)
Promotion 2020-2021

THEME :

Analyse de l’effet de la gouvernance sur l’Exploitation
Minière artisanale (EMA) au Burkina Faso : cas des
communes de Dano et de Méguet.

Présenté et soutenu publiquement par :
TCHIOMBIANO/YARA Jeannine Aïcha

Directrice de Mémoire :
Dr Adeline COULIBALY
Maitre Assistant
Université Thomas Sankara
Mars 2025

Mémoire de Master 2 en DEVLOG

�DÉDICACE

A ma famille

ii

�REMERCIEMENTS
La réalisation de ce mémoire a été possible grâce au concours de plusieurs personnes à qui
je voudrais témoigner toute ma gratitude. Je voudrais commencer par adresser toute ma
reconnaissance à ma Directrice de mémoire, Dr Adeline COULIBALY, enseignante à
l’Université Thomas Sankara de Ouagadougou. Sa disponibilité, sa bienveillance, sa
rigueur académique et ses conseils avisés ont grandement enrichi la qualité de ce travail.
Mes remerciements vont également toute l’équipe de l’Institut de Formation à Distance
(IFOAD) de l’Université Thomas SANKARA (UTS) et des intervenants professionnels
responsables de ma formation, pour avoir assuré la partie théorique de celle-ci.
Mes remerciements chaleureux au Bureau de coopération Suisse à Ouagadougou pour
l’appui financier et pour m’avoir permis d’allier travail professionnel et recherche pour la
réalisation de ce mémoire.
Mes remerciements et encouragements s’adressent aussi aux acteurs du secteur minier
artisanal du Burkina Faso et plus particulièrement ceux des communes de Meguet et Dano,
pour leur collaboration sans faille pendant ma collecte des données.
Je tiens également à remercier les mandataires du projet « orpaillage Responsable »,
Wilfried Lompo, Kabré Saïdou et Klèna Traoré qui ont enrichi mes réflexions et facilité la
collecte des données.
Enfin, je souhaite exprimer ma profonde gratitude à ma famille, mes amis, Dr ZONGO
Tongnoma, SEGDA Catherine et à toutes les personnes qui m'ont d’une façon ou d’une
autre apporté leur appui.

iii

�SOMMAIRE
DÉDICACE ........................................................................................................................ ii
REMERCIEMENTS .......................................................................................................... iii
LISTE DES TABLEAUX................................................................................................... v
LISTE DES FIGURES ....................................................................................................... v
LISTE DES PHOTOS......................................................................................................... v
SIGLES ET ABRÉVIATION ........................................................................................... vii
INTRODUCTION GENERALE ........................................................................................ 1
CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LITTERATURE .................... 7
I.

CADRE CONCEPTUEL ............................................................................................. 7

II. LA REVUE DE LITTERATURE ............................................................................. 10
CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE DE RECHERCHE .... 17
I. LE CADRE DE L’ETUDE............................................................................................ 17
II. LES APPROCHES METHODOLOGIQUES .............................................................. 26
CHAPITRE III : PRESENTATION DES RESULTATS ET ANALYSES ..................... 31
I. LA PRESENTATION DES DONNEES RECUEILLIES............................................. 31
II. L’ANALYSE DES DONNEES ................................................................................... 35
CONCLUSION GENERALE ........................................................................................... 43
BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................ 47
ANNEXES ........................................................................................................................ 51
TABLE DES MATIERES ................................................................................................ 53

iv

�LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Les acteurs et leurs rôles ........................................................................................... 21

Tableau 2 : Analyse des Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces de l’EMA……….35
Tableau 3 : Appréciation des orpailleurs sur les équipements promus par le projet « or
propre »......................................................................................................................................... 41

LISTE DES FIGURES
Figure 1: Ancienneté des artisans miniers enquêtés dans les deux sites de Dano et de
Méguet .............................................................................................................................. 31
Figure 2 : Appréciation des formes de pratiques dans l'activité minière artisanale .......... 32
Figure 3 : Répartition des types de produits chimiques utilisés par les artisans miniers dans
le traitement du minerai .................................................................................................... 33
LISTE DES PHOTOS
Photo 1: Site minier artisanal de Dano ............................................................................. 16
Photo 2 : Broyage du minerai à Meguet ........................................................................... 24
Photo 3 : Système de traitement sans mercure installé à Dano ......................................... 40

v

�RÉSUMÉ
L’Exploitation Minière Artisanale (EMA), bien que pourvoyeuse d’emploi et de revenus
pour la population Burkinabé, semble échapper aux mesures établies par la loi posant ainsi
des défis sociaux, environnementaux, sanitaires et sécuritaires. Son organisation apparaît
donc essentielle pour une exploitation plus responsable. Cette recherche vise à analyser
l’effet de la gouvernance sur l’EMA responsable, en utilisant une méthodologie mixte
combinant la recherche documentaire ainsi que des approches quantitative et qualitative
via des entretiens. Les résultats mettent en évidence les forces de l’EMA, tels que la
réduction du chômage, et le développement local, ainsi que ses faiblesses, notamment la
dégradation environnementale, les risques sanitaires et les conflits. L’analyse des modes
de gestion révèle une volonté étatique d’encadrement face à un secteur largement informel.
Les leçons tirées de deux projets ayant promu des pratiques responsables montrent qu’il
est possible de promouvoir un « or responsable », bien que l’élimination totale des produits
chimiques reste complexe. Cela souligne la nécessité pour les décideurs d’adopter des
mesures renforçant l’encadrement et le respect des droits humains et de l’environnement.
Mots clés : Exploitation Minière Artisanale, gouvernance, exploitation responsable ;
ABSTRACT
Artisanal and Small-Scale Mining (ASM), while providing employment and income for
the Burkinabe population, largely escapes legal regulations, leading to social,
environmental, health, and security challenges. Its organization is therefore essential for
more responsible mining practices. This research aims to analyze the impact of governance
on responsible ASM, using a mixed-method approach that combines documentary research
with both quantitative and qualitative interviews. The findings highlight the strengths of
ASM, such as job creation and local development, as well as its weaknesses, including
environmental degradation, health risks, and conflicts. The analysis of management
practices reveals the state's intent to regulate a largely informal sector. Lessons from two
projects that promoted responsible practices demonstrate that "responsible gold" is
achievable, although the complete elimination of chemical products remains challenging.
This underscores the need for policymakers to adopt measures that strengthen
formalization, and the respect of human rights and environmental standards.
Keywords: Artisanal and Small-Scale Mining, governance, responsible mining
vi

�SIGLES ET ABRÉVIATION
AEA

: Autorisation d'Exploitation Artisanale

AGC

: Artisanal Gold Council

ALT

: Assemblée Législative de Transition

AN

: Assemblée Nationale

ANEEMAS

: Agence Nationale d’Encadrement des Exploitations Minières
Artisanales et Semi-mécanisées

ARM

: Alliance pour une Mine Responsable

BNAF

: Brigade Nationale Anti-Fraude de l'or

BUMIGEB

: Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina

CBMP

: Comptoir burkinabé des Métaux précieux

CGCT

: Code Général des Collectivités Territoriales

CT

: Collectivité Territoriale

DEMAS

: Direction de l’Exploitation Minière Artisanale et Semi-mécanisée

DGCM

: Direction Générale du Cadastre Minier

DGEP

: Direction Générale de l’Economie et de la Planification

DGMG

: Direction Générale des Mines et de la Géologie

ECDPM

: European Centre for Development Policy Management

EMA

: Exploitation Minière Artisanale

EMAPE

: Exploitation Minière Artisanale et à Petite Echelle

FMDL

: Fond Minier de Développement Local

GBM

: Groupe de la Banque Mondiale

INSD

: Institut National de la Statistique et de la Démographie

ITIE

: Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives

OCDE

: Organisation de coopération et de Développement Economique

PARGFM

: Projet d’Appui au Renforcement de la Gestion du Foncier et des Mines

PIB

: Produit Intérieur Brut

PIDESC

: Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels

PAS

: Programme d’Ajustement Structurel

SONASP

: Société Nationale des Substances Précieuses

VMA

: Vision Minière Africaine

vii

�INTRODUCTION GENERALE
Le Burkina Faso est un pays enclavé, dont l’économie repose principalement sur le secteur
primaire. Avec le boom minier de ces quinze dernières années, le Burkina Faso passe d’un
pays à vocation agricole à un pays présentant des potentialités minières aussi importantes
que variées, réparties sur l’ensemble du territoire (SP/ITIE-BF, 2023). Le pays connait
donc un changement de trajectoire de croissance économique qui s’explique d’une part,
par les aléas climatiques (sècheresse) avec ses impacts négatifs sur la production agricole
et d’autre part par le potentiel minier que renferme son sous-sol. En effet, l’or se positionne
comme premier produit d’exportation depuis 2009 du Burkina Faso, détrônant le coton
(Gilles, 2012). Il ressort des conclusions des travaux de conciliation que le secteur extractif
a généré un revenu global net de 589,90 milliards de FCFA en 2022 avec cependant une
baisse de 13,74% du volume d’or industriel produit qui passe de 66,86 tonnes en 2021 à
57,67 tonnes en 2022. Quant à l’or artisanal reporté, on constate une augmentation de 0,214
tonnes passant de 0,27 tonnes en 2021 à 0,484 tonnes en 2022 (ITIE, 2024). Malgré le
contexte sécuritaire difficile que vit le Burkina Faso depuis quelques années, le secteur
extractif occupe une place importante dans son économie. Il contribue à 14,5% du PIB, à
73,3% des exportations du Burkina Faso, et à 20,9% des recettes de l’État et emploie
environ 2,1% de la population active (DGEP, 2024). Au niveau local, le Fond Minier de
Développement (FMD) alimenté par la contribution de 1% du chiffre d’affaires des
compagnies minières et les redevances proportionnelles collectées et perçues par l’État,
s’élève à près de 50 milliards par an est redistribué aux collectivités territoriales.
Le secteur miner au Burkina Faso se caractérise par deux types d’exploitations :
l’Exploitation Minière Industrielle (EMI) et l’Exploitation Minière Artisanale (EMA)
encore appelée « orpaillage ». Pour ce présent travail, nous nous intéresserons à l’EMA.
Les travaux de l’explorateur Binger en 1888 et de l’archéologue Kiethega en 1983 montrent
que l’EMA de l’or est pratiquée au Burkina Faso depuis le XVe siècle. Malgré l’adoption
du code minier en 2003 et révisé en 2015 qui vise à attirer les investisseurs, à renforcer la
protection de l’environnement et à augmenter la contribution des mines au développement
des communautés locales, l’exploitation des sites aurifères estimés à près de 800 selon la
Brigade Nationale Anti-Fraude (BNAF, 2023) reste dominée par l’EMA. Cependant, ce
Mémoire de Master 2 en DEVLOG

�sous-secteur de l’EMA demeure mal connu tant du point de vue du nombre d’emplois que
de celui des quantités d’or produites. Ainsi, Konkobo et Sawadogo (2020) notaient des
disparités entre les estimations faites par l’Assemblée Nationale (AN) et l’Institut National
de la Statistique et de la Démographie (INSD) en 2017. Tandis que l’AN estimait le nombre
d’emplois liés à l’orpaillage à plus d’1 000 000, l’INSD l’établissait à 140 196 orpailleurs.
En 2019, le Ministère des mines estimait à environ deux (02) millions, les personnes qui
pratiquent l’orpaillage pour plus de 800 sites artisanaux (reconnus et non reconnus) et qui
leur procurent des revenus, soit directement, soit indirectement. De même, concernant la
quantité d’or produite par ce secteur, ces auteurs rapportent que la Direction Générale du
Cadastre Minier (DGCM) l’estimait à 0,204 tonnes en 2017 alors que l’INSD l’estimait à
9,5 tonnes, montrant que l’orpaillage générait plus d’emplois et de revenus pour les
populations locales.
Le secteur minier d’une manière générale est réglementé par le code minier, mais l’EMA
semble échapper aux mesures établies par la loi concernant les conditions de production et
de commercialisation. Si l’exploitation industrielle est bien encadrée par la règlementation
minière et la pratique sur le terrain, l’EMA de l’or demeure quant à elle, marquée par une
insuffisance d’organisation et d’encadrement. Présente dans presque toutes les localités du
pays, elle engendre d’énormes défis. En effet sur le plan social et environnemental, l’EMA
entraine des problèmes tels que la prostitution, le travail des enfants, les conflits liés à
l’accès aux ressources et à la consommation de stupéfiants. En outre, elle provoque la
pollution des sols, des eaux et des nappes phréatiques, la déforestation, la destruction des
terres arables et des pâturages (Veiga et al., 2014 ; Bohbot, 2017). D’un point de vue
sanitaire, l’utilisation des produits chimiques tels que le mercure et le cyanure entrainent
des problèmes de santé tandis que les conditions de travail précaires augmentent le risque
d’accidents (Veiga et al., 2014). Ce sous-secteur minier a également des impacts négatifs
sur le plan économique (contrebande de l’or, faible contribution aux budgets de l’État et
aux Collectivités Territoriales, blanchiment d’argent, etc.) et sécuritaire.
L’EMA ayant pris de l’ampleur au fil du temps, le gouvernement burkinabè a décidé de
réguler et contrôler le marché de l'exploitation minière artisanale à travers une entreprise
d’État. Ainsi le Comptoir Burkinabè des Métaux Précieux (CBMP) a été créé et avait le
monopole de la collecte, du traitement et de la commercialisation de l'or (Luning, 2008).
Sous l’égide du CBMP, la production artisanale d'or faisait l'objet d'une tenue systématique

2

�de registres. Des fonctionnaires du CBMP formaient des mineurs à la mise en œuvre de
mesures de sécurité et le CBMP collaborait avec les forces de l’ordre afin de surveiller les
activités artisanales et de poursuivre des infractions (Werthmann, 2017).
En dépit des efforts consentis l’EMA de l’or sera reléguée au second plan, sinon négligée
au profit de l’exploitation industrielle suite aux réformes induites par les différents
Programmes d’Ajustements Structurels (PAS) du Groupe de la Banque Mondiale (GBM)
dans la décennie 90. C’est suite à ces PAS que le CBMP a été démantelé et que les codes
miniers de 1997, 2003, 2015 ont été adoptés (Medinilla et al., 2020). Un nouveau code
minier remplaçant celui de 2015 a été adopté en juillet 2024 avec quelques
adaptations/innovations au profit de l’artisanat minier.
Le sous-secteur de l’EMA est donc resté durant plus d’une décennie sans aucune
surveillance et sans aucun encadrement, ce qui a créé une prolifération de sites sauvages et
tous les problèmes cités plus haut.
Ayant pris conscience de l’importance de l’exploitation artisanale illicite de l’or,
notamment au niveau des pertes fiscales et des enjeux sécuritaires, l’État burkinabè a
décidé de reprendre l’encadrement des EMA qu’il avait abandonné depuis la suppression
du Comptoir burkinabé des Métaux précieux (CBMP) en 1991.
Ainsi, à la faveur de la révision du code minier en 2015, il est créé, l’Agence nationale
d’encadrement des exploitations minières artisanales et semi-mécanisées (ANEEMAS)
avec comme objectif principal, l’encadrement et la surveillance des activités
d’exploitations artisanale et semi-mécanisée de l’or. Cette dernière n’a pas produit les
résultats escomptés en matière d’encadrement et s’est vue mutée en Société nationale des
substances

précieuses

(SONASP)

par

les

décrets

N°2023

1417/PRES-

TRANS/PM/MDICAPE/MEFP/MEMC du 24 octobre 2023 portant création d’une société
d’État dénommée Société Nationale des Substances Précieuses (SONASP), dont les statuts
sont définis par le décret N°2023 1418/PRES-TRANS/PM/MEMC/MEFP/MDICAPE du
24 octobre 2023 portant approbation des statuts de la Société Nationale des Substances
Précieuses (SONASP) qui s’occupera dorénavant de la production, de la commercialisation
et de la transformation de l’or. Les volets encadrement et surveillance des activités
d’exploitations artisanale et semi-mécanisée de l’or reviennent à la Direction Générale des

3

�Mines et de la Géologie (DGMG), à travers la Direction de l’Encadrement des mines
Artisanale et Semi-mécanisée (DEMAS).
Aussi, conscient des effets préjudiciables des produits prohibés dans l'exploitation
artisanale et du grand bénéfice lié à l’organisation des artisans miniers, le MEMC a
entrepris depuis 2019, la mise en place de sites pilotes de traitement mutualisé dans les
communes de Gaoua et de Méguet. Ces sites sont équipés d'unités de traitement
gravimétrique aux normes standards en matière de préservation de l’environnement et
fournissent un environnement sécurisé et adapté aux artisans miniers pour un traitement
efficace et efficient du minerai. En plus de ces sites pilotes initiés par l’agence
gouvernementale, certaines communes telles que Dano, a aussi bénéficié des initiatives de
système de traitement sans mercure avec le soutien des partenaires techniques et financiers
pour promouvoir un « or propre ».
Avec la décentralisation en cours depuis deux décennies, les collectivités territoriales (CT)
à qui revient la gestion des territoires, se trouvent limitées dans la prévention/ gestion des
tensions que l’EMA suscite. En effet, l’implication des CT dans la gestion de l’EMA est
un véritable défi. La dynamique de transfert de certains blocs de compétences aux
collectivités territoriales en cours au Burkina Faso depuis 2009 pour la gestion des affaires
locales n’a pas concerné le secteur de l’extraction aurifère dont la gestion continue de
relever du pouvoir central. La Loi n°055-2004/AN du 21 Décembre 2004 portant Code
Général des Collectivités Territoriales (CGCT), stipule que les collectivités territoriales
disposent d'un domaine foncier propre, constitué par les parties du domaine foncier national
cédées à titre de propriété par l'État. L’article 89 de cette loi dispose que « La commune
urbaine et la commune rurale reçoivent les compétences suivantes : participation à la
protection et à la gestion des ressources en eaux souterraines, en eaux de surface et des
ressources halieutiques, assainissement, lutte contre l’insalubrité, les pollutions et les
nuisances diverses, participation à la conservation et à la gestion de ressources naturelles
renouvelables d’intérêt régional ou national, participation à la protection et à la gestion des
ressources fauniques des forêts classées, protection et gestion des ressources fauniques des
forêts protégées, avis sur l’installation des établissements insalubres, dangereux et
incommodes

de

première

et

deuxième

classes

conformément

au

code

de

l’environnement ».

4

�La faiblesse des prérogatives accordées aux CT dans l’encadrement du secteur de l’EMA
et la faible déconcentration des structures qui détiennent ces prérogatives éloignent les
centres de décision des sites. Les CT sont seulement consultés pour donner des avis sur les
demandes d’Autorisation d’Exploitation Artisanale (AEA) et sont faiblement impliquées
dans la gestion de ce secteur. Néanmoins, le CGCT offre la possibilité aux CT d’élaborer
des documents pouvant contribuer à une gestion apaisée et transparente des ressources sur
leur territoire (ressources naturelles, ressources minières…).
Aussi, le manque d’inclusion de plusieurs acteurs locaux impliqués dans le secteur de
l’EMA (orpailleurs, chefferies traditionnelles, autorités locales, etc.) provoque aussi un
décalage entre les efforts centralisés de l’État et les réalités politiques, sociales et
économiques des zones d’exploitation artisanale. C’est pourquoi, il est essentiel que ce
secteur soit organisé en vue de le rendre « responsable ». D’où la question de recherche :
Quels sont leseffets de la gouvernance sur l’EMA ?
Cette question centrale appelle trois interrogations spécifiques à savoir :
•

Quelles sont les forces et faiblesses de l’EMA au Burkina ?

•

Quels sont les facteurs explicatifs de l’échec de l’encadrement de l’EMA ?

•

Quelles sont les mesures à prendre pour une EMA responsable ?

Pour répondre à ces interrogations, il sied en termes d’objectif global d’analyser l’effet de
la gouvernance sur l’EMA et de façon spécifique, il s’agit de :
•

Examiner les forces et faiblesses de l’EMA au Burkina Faso ;

•

Identifier les facteurs explicatifs de l’échec des tentatives d’encadrement de l’EMA
au Burkina ;

•

Proposer des mesures à prendre pour une EMA responsable

En réponse aux questions de recherche, il a été formulé trois hypothèses secondaires.
Les trois (3) hypothèses secondaires qui en découlent sont les suivantes :
•

Le manque d’inclusion et la non prise en compte des intérêts spécifiques de
plusieurs acteurs locaux impliqués dans le secteur de l’EMA (orpailleurs, chefferies
traditionnelles, autorités locales, etc.), l’informalité, les impacts environnementaux
et sanitaites etc, constituent les faiblesses de l’EMA au Burkina Faso ;
5

�•

L’insuffisance de solutions innovantes aux problèmes causés par l’EMA,
expliquent l’échec des tentatives d’encadrement de l’EMA au Burkina Faso

•

L’amélioration des textes réglementaires en faveur de l’EMA faciliterait son
encadrement.

Ce travail permettra de contribuer aux débats scientifiques sur la problématique de la
gouvernance des ressources minières d’exploitation artisanale au Burkina Faso. Ce
mémoire est structuré en trois chapitres principaux. Le premier chapitre, consacré au cadre
conceptuel et théorique, présente les concepts clés et les théories fondamentales qui soustendent l'exploitation minière artisanale et sa gouvernance, fournissant ainsi une base
analytique pour l'étude. Le deuxième chapitre, dédié à la présentation de l’EMA au Burkina
Faso et à la méthodologie, décrit le contexte géographique de la recherche et détaille les
méthodes employées pour la collecte et l'analyse des données. Le troisième chapitre, enfin,
se concentre sur la présentation des résultats, leur analyse approfondie et la discussion en
lien avec les objectifs de recherche, ainsi que sur des recommandations pratiques
formulées.

6

�CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LITTERATURE
Le présent chapitre sera axé sur la présentation d’un cadre d’analyse des résultats et la
revue de la littérature qui nous permettra d’examiner les auteurs qui se sont déjà intéressés
à notre thématique ou à des thématiques similaires aux fins de voir les différents angles
d’analyses adoptées par ces derniers, les limites observées.
I.CADRE CONCEPTUEL

Le cadre conceptuel fait référence à la clarification des concepts et au cadre théorique
d’analyse des résultats. Afin de lever toute équivoque dans l’interprétation des concepts
utilisés, il s’avère nécessaire de les définir. C'est pourquoi, Durkheim (1986) suggère que
« la première démarche du sociologue doit donc être de définir les choses dont il traite, afin
que l'on sache et qu'il sache bien de quoi il est question ». Vu la pertinence de cette
démarche, les concepts comme Exploitation Minière Artisanale et Exploitation
Responsable de l’or ont été clarifiés y compris le concept de Gouvernance.

I.1

Exploitation minière artisanale (EMA)

L’EMA un terme qui suscite beaucoup de polémiques et d'amalgames du fait de la diversité
des éléments utilisés pour la caractériser. Il revêt ainsi plusieurs définitions selon le
contexte. Il est généralement défini en fonction du nombre d’exploitants, de la capacité de
production, du niveau de mécanisation, du montant des investissements en capital, de la
taille du gisement ou encore bien que de manière plus controversée de la qualité du minerai
extrait (Organisation Internationale du Travail, 1999 ; World Gold Council, 2017).
Tenant compte des réalités du secteur minier burkinabè, au terme de l’article 1er de la loi
N°016-2024/ ALT portant code minier au Burkina Faso, il ressort que : l’exploitation
artisanale de substances de mine est définie comme « l’ensemble des opérations qui
consistent à extraire et concentrer des substances minérales classées en substances de mine
et en récupérer les produits marchands en utilisant des méthodes et procédés manuels et
traditionnels. Toutefois, l’usage d’un minimum de mécanisation (concasseur, broyeur,
concentrateur gravimétrique) et d’énergie électrique est autorisé. Elle n’est pas fondée sur
la mise en évidence préalable d’un gîte ou d’un gisement. »
On distingue deux types d’exploitation dans le domaine de l’artisanat minier : (i)
L’exploitation artisanale dite traditionnelle, qui consiste à extraire et concentrer des
7

�substances minérales et à en récupérer les produits marchands pour en disposer en utilisant
des méthodes et procédés traditionnels et manuels. Elle n’utilise pas d’équipements, ni
d’énergie mécanique et n’est pas fondée sur la mise en évidence d’un gîte ou d’un gisement.
(ii) L’exploitation semi-mécanisée est défini comme toute opération qui consiste à extraire
et concentrer des substances minérales et à en récupérer les produits marchands pour en
disposer en utilisant quelques moyens mécaniques dans la chaîne des opérations.
Dans le cadre de cette étude, nous utiliserons tantôt le concept de l’EMA ou de l’orpaillage
qui renvoient au même contenu. L’EMA regroupe toute forme d’exploitation différente de
l’exploitation industrielle1 et la petite mine2 telles que définies dans le code minier de 2024.
I.2

Exploitation Responsable

Plusieurs termes sont utilisés dans la littérature avec la même perspective. On retrouve des
expressions comme « or propre », « or durable », « or responsable ». Pour Goodland
(2012), le concept de « mine responsable » est basé sur le fait que la mine doit être conçue
pour apporter sur le long-terme un bénéfice net optimal aux populations du pays-hôte avec
un impact social et environnemental minimum.
In (ASIA BRIEF Mars 2013), l’exploitation minière artisanale durable permet de
transformer les ressources minérales en moyen de subsistance pour les populations pauvres
et les générations futures, sans pour autant avoir des conséquences néfastes sur
l’environnement. Ils ajoutent qu’il n’existe pas de définition « officielle » du concept de «
mine responsable ». On peut toutefois considérer que la mine responsable est un ensemble
complet d’activités dans le secteur des minéraux, respectant les droits de toutes les partiesprenantes y compris les communautés locales ; respectueuses de l’environnement ; n’ayant
pas d’effets négatifs sur la santé humaine ; fondées sur les meilleures expériences
internationales ; respectueuses des règles de droit ; et qui contribuent durablement au
bénéfice du pays (Chevrel et al., 2017). Les principes d’une mine responsable comprennent
entre autres, l’assurance d’un engagement de toutes les parties-prenantes, la transparence
et l’ouverture, le soutient à la loi et sa mise en vigueur, la responsabilité de la sécurité des

1

L’exploitation industrielle est définie comme « l’ensemble des opérations qui consistent à extraire et concentrer des
substances minérales et à en récupérer les produits marchants pour en disposer en utilisant des méthodes et procédés
modernes et mécanisées. Elle est fondée sur la mise en évidence d’un gisement ».
2 Exploitation minière de petite taille, fondée sur la justification de l’existence d’un gisement, utilisant selon les règles de
l’art, des procédés semi-industriels ou industriels et dont la production annuelle en régime de croisière n’excède pas un
certain tonnage du produit commercialisable tels que le minerai, le concentré ou le métal

8

�populations et de l’environnement, l’investissement dans le développement futur,
l’assurance d’une productivité fructueuse et efficiente, l’humanité et l’éthique et basés sur
une technologie moderne et avancée.
Pour cette présente recherche, l’exploitation responsable de l’or est une exploitation
réalisée dans le respect de l’environnement, des droits humains et du bien-être des
travailleurs (surtout les femmes et les enfants), qui promeut et utilise des méthodes de
traitements alternatifs à l’utilisation de produits chimiques prohibés (mercure et cyanure)
et offre des retombées pour les localités dans lesquelles elle s’exerce.
I.3

Gouvernance

Le concept de gouvernance s’applique à tous les niveaux d’organisation : privé et public,
local, régional, national, international, mondial. C’est dans ce cadre que la Commission
pour la gouvernance mondiale a défini le concept comme étant « l’ensemble de différents
processus et méthodes à travers lesquels les individus et les institutions publiques et privées
gèrent leurs affaires communes » Milani (1999). Il n’existe pas de modèle unique de
gouvernance qui conviendrait à tous ou à tous les contextes, mais néanmoins les principes
de gouvernance ont une portée universelle. Toutefois, le National Democratic Institute
(2010), stipule que la gouvernance repose sur quatre principes essentiels qui sont : la
responsabilité de tous les acteurs, la transparence dans toutes les actions de développement,
les règles de droit applicables à tous les citoyens et la participation de tous les acteurs.
Pour Isabelle Lacroix et Pier-Olivier St-Arnaud (2012), « La gouvernance est l’ensemble
des règles et des processus collectifs, formalisés ou non, par lequel les acteurs concernés
participent à la décision et à la mise en œuvre des actions publiques. Ces règles et ces
processus, comme les décisions qui en découlent, sont le résultat d’une négociation
constante entre les multiples acteurs impliqués. Cette négociation, en plus d’orienter les
décisions et les actions, facilite le partage de la responsabilité entre l’ensemble des acteurs
impliqués, possédant chacun une certaine forme de pouvoir ». La bonne gouvernance peut
être définie comme le système de valeurs, de politiques, d'institutions grâce auquel une
société organise la prise de décision collective et les actions reliées aux affaires politiques,
économiques, socioculturelles et environnementales à travers l'interaction de l'État, de la
société civile et du secteur privé.

9

�Pour Lacroix et St-Arnaud (2012), l’Organisation des Nations Unies (ONU), par le biais
du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) offre elle aussi une
définition de la gouvernance en anglais, « governance can be seen as the exercise of
economic, political and administrative authority to manage a country's affairs at all levels.
It comprises the mechanisms, processes and institutions through which citizens and groups
articulate their interests, exercise their legal rights, meet their obligations and mediate
their differences». Cette définition traduite en français stipule que « La gouvernance peut
être considérée comme l'exercice de l'autorité économique, politique et administrative
pour gérer les affaires d'un pays à tous les niveaux. Elle comprend les mécanismes, les
processus et les institutions par lesquels les citoyens et les groupes expriment leurs intérêts,
exercent leurs droits légaux, remplissent leurs obligations et règlent leurs différends ».
Dans le cadre de cette étude, la gouvernance est comprise comme l'ensemble des
dispositions et des actions visant à protéger et à améliorer la gestion des ressources minières
aurifères au Burkina Faso par les autorités nationales et locales, en vue d’une gestion
responsable.
II.

REVUE DE LITTERATURE SUR LE LIEN ENTRE LA GOUVERNANCE
ET L’EMA

La problématique de l’exploitation artisanale responsable de l’or a été abordée par plusieurs
auteurs cités par Ouedraogo (2019) qui ont abordé le problème sous l’angle de l’impact sur
l’environnement à travers les problèmes causés par cette activité à savoir : la pollution de
l’air et des cours d’eau, la contribution au réchauffement climatique et les nuisances
sonores. Il faut avouer que beaucoup d’études sont publiées dans le monde sur les impacts
environnementaux et sanitaires de l’utilisation des substances chimiques (mercure et
cyanure) au niveau de l’exploitation minière artisanale (Azapagic, 2004 ; Banchirigah,
2006 ; Kitula, 2006 ; Garvin et al., 2009 ; Aragon and Rud, 2012 ; Arnaldi di Balme and
Lanzano, 2014). Par contre en Afrique de l’Ouest, il n’existe que peu de données,
spécifiquement sur ce thème de l’exploitation responsable de l’Or et la gouvernance.
Toutefois, nous avons pu passer en revue les quelques ouvrages, articles sur le sujet.
Un peu partout en Afrique noire, la gouvernance de l’orpaillage artisanal se caractérise par
des pratiques informelles (Konan, 2022 ; Choquet, 2018). L’importance que revêt ce
secteur dans les économies locales et nationales des pays pauvres, limite toute tentative
10

�tendant à l’endiguer (Medinilla et al., 2020). Bien qu’étant perçue comme illégalité,
l'exploitation minière artisanale ne se fait pas dans un espace vide de gouvernance
(Sangaré et al., 2016). L’orpaillage échappe au contrôle de la législation formelle, poussant
les acteurs à définir des modes de régulation adaptés à la réalité des communautés vivant
autour des sites miniers (Arnaldi di Balme et Lanzano, 2013). Cette adaptation est
aujourd’hui au cœur de la gouvernance de proximité (Gilly et al., 2004) qui,
malheureusement, reste confrontée aux nombreux défis relatifs à sa contribution au
développement local et à la protection des écosystèmes. Par ailleurs, le fait que l’orpaillage
artisanal informel est principalement orienté vers la rentabilité à court terme de quelques
individus rend cette activité dangereuse et précaire au détriment de la durabilité sociale et
environnementale (Kyale et al., 2021 ; Sangaré et al., 2016).

Selon le Secrétariat

international de l’ITIE (2022), une gouvernance transparente et responsable des minéraux
critiques peut contribuer à garantir que les investissements miniers profitent aux citoyens
et à atténuer les impacts environnementaux et socio-économiques. Aussi, la transparence
et le dialogue multipartite peuvent mettre en avant les défis de gouvernance, aider à
identifier des solutions et fournir une plateforme d’action collective dans le secteur des
minéraux critiques.
Selon Ouédraogo (2019), étant donné l’importance de la main d’œuvre qui dépend de
l’orpaillage artisanal, de nombreux auteurs se sont lancés dans la documentation de
plusieurs thématiques liées à cette question. Ces thématiques peuvent être regroupées en
deux catégories. D’une part, les travaux qui décrivent les impacts négatifs liés à ce secteur.
Ceux-ci englobent les effets environnementaux, les effets sociaux, les conflits existant
entre les orpailleurs et les compagnies minières, les conflits entre les communautés locales
et les compagnies minières et les communautés locales et les orpailleurs. D’autre part, les
travaux qui expliquent les impacts positifs tels que la création d’emplois sur les sites
miniers et l’amélioration des conditions de vie des ménages. Au-delà de ces impacts, des
questions diverses telles que la question du genre dans l’extraction artisanale, la durabilité,
les relations entre les différents acteurs (orpailleurs, compagnies minières, communautés
locales et agriculteurs), la responsabilité sociale des compagnies minières et le lien entre
agriculture et extraction artisanale sont abordées.
En effet, Yaro (2013) mentionne que de nombreuses études montrent que l’exploitation
minière à un impact sur l’environnement. Le mercure et le cyanure sont deux produits

11

�chimiques extrêmement dangereux qui ont fait leur apparition sur les sites miniers
artisanaux en Afrique de l’Ouest, particulièrement au Burkina Faso, au Sénégal, au Mali,
ou en Mauritanie. Ces produits constituent non seulement un danger pour les humains, mais
également une source de pollution des cours d’eau, de la faune et de la flore aquatique et
de l’environnement.
Pour Zongo (2020), le caractère volatile du mercure, du cyanure et des acides nitrique et
sulfurique, le manque de maîtrise des réactions chimiques et l’abandon des bacs de
cyanuration sont des facteurs qui amplifient la pollution des eaux, des sols et de l’air soit
par infiltration, ruissellement ou par évaporation. Or le décret

N° 2007-

853/PRES/PM/MCE/MECV/MATD du 26 décembre 2007 portant dispositions
réglementaires environnementales particulières pour l’exercice de l’activité minière au
Burkina Faso détermine les conditions relatives à la protection de l’environnement en
matière de prospection, de recherche et d’exploitation de substances minières. Ce décret
établit que les activités et installations régies par le code minier doivent être conduites dans
le respect de la protection et de la préservation de l’environnement. En ce qui concerne
l’exploitation artisanale de l’or, aucune étude ou notice d’impact environnemental n’est
exigée. Ce manque d’exigence dans l’extraction minière artisanale peut être la cause réelle
de ce manque d’inattention des orpailleurs vis-à-vis de l’environnement. Parmi les risques
pour la santé, l’utilisation généralisée du mercure est la plus connue et la plus redoutée.
Cependant, il existe plusieurs autres problèmes bien méconnus, voire même négligés, tels
que la prévalence de maladies infectieuses et transmissibles, comme le VIH/SIDA, les
fléaux sociaux, la perturbation de la cohésion familiale, la déperdition scolaire, le
banditisme, la prostitution, la criminalité. Aujourd’hui avec les défis d’ordre sécuritaire,
social, environnemental, sanitaire et culturel que posent les activités de l’EMA, il devient
urgent de mettre en place des stratégies adaptées pour prendre en compte ces défis afin de
promouvoir des exploitations responsables. Avec la ratification et l’entrée en vigueur de
la Convention de Minamata, il devient une obligation pour les États de mettre en place des
stratégies de formalisation des EMAPE dans le but de réduire l’utilisation du mercure à
court-terme et de déclarer son interdiction à long terme.
D’un autre point de vue, les travaux de Hien (2019), ont permis de savoir que le secteur
minier constitue depuis ces dernières décennies une composante essentielle dans le
développement économique du Burkina Faso, cela se justifie par le passage de l’or à la

12

�première place des produits d’exportation depuis 2009. L’exploitation minière artisanale
est une source de subsistance directe ou indirecte pour au moins 20% de la population,
Bazillier et Girard (2018) cités dans ECDPM (2020). Il crée de l’emploi (direct, p.ex.
creuseurs, concasseurs etc. ; indirect p.ex. transport etc. ; et induit p.ex. restauration,
coiffure etc.), donne des revenus et stimule l'économie locale. Elle constitue une
opportunité de développement importante qui peut contribuer à améliorer les conditions de
vie et de développement des populations dans les pays miniers d’Afrique de l’Ouest. Bien
qu’il existe de nombreux problèmes sociaux et environnementaux reliés au secteur, il existe
aussi une opportunité réelle de transformer la richesse minérale en développement durable
local, à travers l’application et la mise en œuvre de certaines mesures conservatoires et de
bonnes pratiques qui permettront de minimiser les facteurs de risques, en ce qui concerne
l’hygiène, la santé, la sécurité, la préservation de l’environnement et de bonifier les impacts
socio-économiques positifs attendus.
Zongo (2020), mentionne que de nos jours, le constat sur l’exploitation artisanale de l’or
dans les douze régions du Burkina Faso montre clairement que le bilan de cette activité
n’est pas aussi mauvais que les discours qui l’entourent. Mettre en place une structure
étatique pour la réguler correctement serait une occasion pour booster l’activité, mais
mettre en place un arsenal de mesure pour combattre l’activité d’orpaillage au profit de la
mine industrielle serait contre-productif au Burkina Faso. Même si le secteur minier ne
représente pas le seul poumon de l’économie Burkinabé, la formalisation de l’orpaillage
est une opportunité de taille pour les zones de production. C’est dans ce cadre que Campbell
(2007) estime qu’avec la valorisation des matières premières exploitées, la création de liens
d’entraînements avec les autres secteurs de l’économie peut créer une dynamique de
développement importante.
Au cours des dernières années, une multitude d’initiatives internationales ont été lancées
pour réduire les problèmes sociaux et écologiques ainsi que les violations des droits de
l’homme dans le secteur des matières premières comme le devoir de due diligence, promu
par l’OCDE. Elle propose une définition qui se base sur les "principes directeurs des
Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l'homme", adoptés par l'ONU en
2011, et eux-mêmes rédigés à partir de trois grands piliers que sont l'obligation incombant
à l'État de protéger les droits humains, l'accès par les individus à des mesures de réparation
par des mécanismes judiciaires et non judiciaires et la responsabilité incombant aux

13

�entreprises de respecter les droits humains.Ainsi, le respect des lois nationales et des droits
de l’homme dans tous les processus d’affaires doit être garanti.
En matière de durabilité, il nous apparait important de poser les fondements théoriques de
l’économie des ressources naturelles. Une autre contribution majeure demeure celle de
Hotelling qui développe une théorie sur l’épuisement des ressources naturelles non
renouvelables, Hotelling (1931).
Pour (Impact, 2018), dans de nombreux pays en développement, la capacité des
gouvernements de réglementer le secteur minier artisanal est très restreinte. Un grand
nombre d’exploitantes et d’exploitants miniers artisanaux fonctionnent encore de manière
informelle, faute de cadre juridique ou réglementaire. Ils poursuivent en mentionnant que
plusieurs pays ont mis en place des politiques pour essayer de légaliser et de formaliser
l’activité minière artisanale, mais les résultats sont mitigés.
Pour ECDPM, l’approche du gouvernement vise à transformer le secteur dans son
ensemble, de la formalisation des sites d’extraction minière artisanale à la
commercialisation et à l’exportation de l’or extrait de manière artisanale. D'autres
initiatives ciblent une partie de la chaîne de valeur de l'or artisanal, mais la plupart visent
au moins un des quatre objectifs suivants : (1) la formalisation des opérations artisanales ;
(2) la promotion de nouvelles technologies, moins nuisibles pour l’environnement ; (3)
l’appui à une meilleure gouvernance du secteur artisanal ; et (4) une réorientation de la
commercialisation de l’or artisanal tenant compte des défis fiscaux et sécuritaires du pays.
Selon Zongo (2019), l’émergence vers la fin du XXe siècle des concepts de développement
durable et de responsabilité sociétale a étendu le champ des contraintes liées à
l’approvisionnement en matières premières. Il en résulte une prise de conscience que les
populations locales doivent participer au processus de décisions sur toute activité ayant un
impact potentiel sur la structure sociale, la santé et l’économie et que l’équité
intergénérationnelle doit être prise en compte en matière de production des matières
premières minérales.
La gouvernance locale joue un rôle essentiel dans la capacité de l'EMA à contribuer au
développement durable. Côte (2013) met en évidence l'insuffisance des cadres juridiques
et institutionnels pour réguler le secteur et attire l’attention sur la complexité de la
gouvernance des ressources minérales, situant l’EMA aux marges de l’État, où l’accès à la
14

�richesse minérale est constamment négocié entre un large éventail d’acteurs, y compris les
officiels du gouvernement (local), les mineurs à petite échelle, les communautés d’accueil,
et dans certains cas même les acteurs armés.
Des initiatives ont été menées dans ce sens par le gouvernement Burkinabé en 1986 à
travers la création du comptoir Burkinabé des métaux précieux puis liquidé en 2006 et la
réapparition d’une structure du nom de l’ANEEMAS en 2015. Aujourd’hui, on assiste à la
mutation de l’ANEEMAS en SONASP qui se charge principalement de la
commercialisation, l’encadrement revenant à Direction de l’Encadrement des Mines
Artisanales et Semi-mécanisées. Une stratégie nationale d’encadrement des mines
artisanales est en cours d’élaboration.
En effet, la formalisation de la filière se rapporte à l’acte d’identifier, de répertorier,
d’encadrer et de conduire le secteur minier artisanal à se conformer aux normes
professionnelles d’exploitation et à se doter d’un cadre organisationnel formel et de
structures formelles légales. Ainsi, la formalisation permet le suivi de la filière par l’État
et son intégration appropriée dans l’économie formelle pour une meilleure protection des
droits de toutes les parties-prenantes au processus, y compris les artisans eux-mêmes. Par
ailleurs, selon Zongo (2019), les études réalisées dans beaucoup de pays miniers ouest
africains ont conclu que l’or produit par la filière artisanale manque de traçabilité et de
certification, rendant ainsi difficile la formalisation du secteur. Cette situation justifie et
explique la nécessité de faire évoluer le secteur minier artisanal vers les activités formelles,
selon les normes et formats requis dans les différents pays miniers en Afrique de l’Ouest.

La revue de littérature a montré qu’il existe très peu d’ouvrages abordant spécifiquement
la question des effets de la gouvernance sur l’EMA responsable au Burkina Faso. La revue
de littérature s’est poursuivie durant tout le travail afin de dénicher les nouveaux ouvrages
traitant de ladite thématique.

15

�Photo 1: Site minier artisanal de Dano

Conclusion
Le premier chapitre consacré au cadre conceptuel et à la revue de littérature nous a permis
de définir les concepts clés permettant d’harmoniser leur compréhension et de passer en
revue des ouvrages et articles en lien avec notre thème de recherche. Ce travail de bureau
a été complété par le travail de terrain dans la seconde partie de notre travail de recherche.
En effet, le chapitre II, aborde le cadre de l’étude ainsi que la méthodologie de recherche.

16

�CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE DE RECHERCHE
Le cadre de la recherche est présenté dans ce chapitre à travers un exposé succinct de la
pratique de l’artisanat minier au Burkina Faso ainsi que des textes qui l’encadrent. La
méthodologie de recherche quant à elle, est décomposée en recherche documentaire et en
recherches quantitative/qualitative à travers lesquelles la population à enquêter est
déterminée à partir d’un échantillonnage, les outils de collecte et la technique d’analyse
des données sont fixés.
I. LE CADRE DE L’ETUDE
Le cadre de la recherche est appréhendé à travers la situation actuelle du secteur de
l’exploitation artisanale de l’or au Burkina (cadres juridique et institutionnel) et les acteurs
à tous les maillons de la chaine. Ce cadre physique est abordé en lien avec la problématique
de recherche en mettant en relief notamment la gouvernance de l’EMA.
I.1 Cadre juridique
Le secteur minier artisanal tout comme le secteur minier dans sa globalité est régi par des
textes (engagements internationaux et régionaux et lois nationales). Sur le plan
international, certains engagements internationaux ont été adoptés et ratifiés dans le cadre
de la promotion de la bonne gouvernance dans le secteur des mines et carrières au Burkina
Faso. Il s’agit de : l’adhésion à l’Initiative pour la Transparence dans les Industries
Extractives (ITIE) en 2008, la signature et ratification de la Convention de Minamata sur
le mercure (respectivement le 10 octobre 2013 et le 28 février 2017) et l’adhésion au Pacte
international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) auquel le
Burkina Faso a adhéré le 04 janvier 1999.
Au niveau régional et sous-régional, on peut citer, la Vision Minière Africaine (VMA) de
l’Union Africaine ; la directive n°C/DIR3/05/09 du 27 mai 2009 de la CEDEAO sur
l’harmonisation des principes directeurs et des politiques dans le secteur minier et le
règlement n°18/2003/CM/UEMOA du 22 décembre 2003, portant adoption du Code minier
communautaire de l’UEMOA.
Au plan national, beaucoup de réformes sur le secteur minier en général sont en cours, mais
à ce stade, le sous-secteur de l’artisanat minier est principalement régi par deux lois :
17

�•

La Loi n°016-2024/ALT portant code minier du Burkina Faso. Elle est une fusion
de la Loi n° 036-2015/CNT du 26 juin 2015 portant code minier du Burkina Faso
et son modificatif, la Loi n°012-2023/ALT du 25 juillet 2023 et la Loi n°0282017/AN du 18 mai 2017 portant organisation de la commercialisation de l’or et
des autres substances précieuses.

•

La loi n°051-2017/AN du 23 novembre 2017, portant fixation du régime des
substances explosives à usage civil au Burkina Faso et ses textes d’application.

Ainsi, dans le nouveau code minier, une partie traite des aspects relatifs à l’encadrement
du secteur minier et une autre partie sur la commercialisation de l’or et des autres
substances minérales. Selon le gouvernement, la fusion des deux lois vise à disposer d’un
instrument juridique solide et actualisé pour mieux encadrer le secteur minier et générer
davantage de recettes au profit de l’État. Aussi, l’article 95 impose aux bénéficiaires, le
respect des normes de santé publique, de sécurité au travail et de protection
environnementale, ainsi que l’observation des règles relatives à la commercialisation des
produits miniers pour un développement socio-économique durable.
Au titre des autorisations, le code prévoit l’Autorisation d’Exploitation Artisanale (AEA)
des substances de mines pour les acteurs de ce sous-secteur. Cette autorisation est accordée
sous réserve de droits antérieurs aux sociétés coopératives à participation Burkinabé
majoritaire, intervenant dans le secteur minier. Elle est valable pour une période de deux
(02) ans et renouvelable par période de deux (02) ans dans les 6 mois de validité de l’AEA.
Le code minier de 2024 précise en son article 89 que, des zones dénommées « couloir
d’exploitation artisanale » sont réservées à l’exploitation artisanale de substances minérales
et sont fixés par un arrêté conjoint des ministres chargés des mines, de l’administration
territoriale et de l’environnement de concert avec les autorités des CT dont elles sont du
ressort. Les modalités de création et de gestion de ces zones sont précisées par voie
règlementaire. L’AEA confère des droits, mais aussi des obligations établies par la
règlementation.
À titre de droit par exemple, le code précise que les droits liés aux titres miniers sont
cessibles et transmissibles dans les conditions prévues par les textes en vigueur. L’AEA
donne le droit exclusif d'exploitation artisanale des substances minérales sur la superficie
concédée aux conditions qui y sont définies et jusqu'à une profondeur compatible avec la
18

�sécurité des travailleurs telle qu'établie par la réglementation. En termes d’obligation, le
détenteur d’une AEA est tenu de vendre la totalité de sa production à un comptoir établi
sur le territoire national ou à un organisme public d’achat et de vente d’or, en l’occurrence,
la SONASP.
Il est aussi prévu des cartes d’artisan minier. Elles étaient délivrées par l’ANEEMAS
devenue SONASP. Il en existe quatre (04) types :
-

La carte d’artisan minier « exploitant » qui est délivrée aux personnes physiques
qui désirent travailler à l’extraction, au traitement de minerai, au traitement des
rejets et à la vente de leur production.

-

La carte d’artisan minier « collecteur » qui est délivrée aux personnes physiques
qui désirent collecter l’or ou d’autres substances précieuses sur les sites artisanaux
au profit de la SONASP et des comptoirs agréés.

-

La carte d’artisan minier « intermédiaire » qui est délivrée à toute personne
physique désireuse de gérer un site sous contrôle de la SONASP. Elle permet à son
détenteur de conclure une convention de gestion assortie d’un cahier de charges en
vue de gérer un site.

-

La carte d’artisan minier « fournisseur de service » qui est délivrée aux personnes
physiques désireuses de fournir des services nécessaires à l’extraction, aux
traitements de minerai et de rejets. Elle permet à son détenteur d’accéder à toutes
les zones d’exploitation artisanale et d’offrir tout service inhérent aux activités
d’extraction, de concassage, de transformation de traitement de minerai.

I.2 Cadre institutionnel
Le cadre institutionnel de l’EMA comprend deux (02) types de structures : celles
spécifiques au secteur minier (directions centrales et structures rattachées) et celles
générales de l’Administration publique qui interviennent dans le domaine des mines.
Au titre des structures spécifiques, on peut citer :
•

Direction Générale des Mines et de la Géologie (DGMG) qui abrite la
Direction de l’Encadrement des Mines Artisanales et Semi-mécanisées
(DEMAS)

19

�Elle a pour attributions la conception, l'élaboration, la coordination et l'application de la
politique du ministère dans le domaine des mines et de la géologie. Dans le domaine de
l’exploitation minière artisanale, cette direction s’occupe du suivi des activités
d’exploitation.
•

Direction Générale du Cadastre Minier (DGCM)

Cette direction a pour attributions la conception, l'élaboration, la coordination et
l'application de la politique du ministère en matière de gestion des titres miniers et
autorisations. Dans le domaine spécifique de l’EMA, la DGCM reçoit et traite les
demandes d’octroi, de renouvellement, d’amodiation, de transmission et de renonciation
relatives aux AEA.
•

Brigade Nationale Anti-Fraude de l’or (BNAF)

Elle a pour missions la recherche, la constatation et la poursuite des infractions à la
réglementation relative à la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses.
Au titre des structures rattachées, on note :
•

Société Nationale des Substances Précieuses (SONASP)

Elle a pour mission de commercialiser l’or et les autres substances précieuses, transformer
les substances précieuses, réaliser des opérations d’affinage d’or, mener des activités
d’exploitation de substances précieuses et des opérations de traitement de minerai et de
résidus miniers.
•

Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina (BUMIGEB)

Il participe aux missions de coulée, de pesée et de colisage. Il assure l’analyse des
échantillons et le contrôle qualité et quantité de l’or.
1.1. Les acteurs de la chaine de production de l’EMA
L’organisation de l’EMA met en interactions plusieurs groupes d’acteurs. Dans les sites,
les exploitants sont organisés dans l’exécution de leurs activités de sorte que sur toute la
chaîne, les acteurs qui interviennent perçoivent une part de la rente aurifère.

20

�Tableau 1 : Les acteurs et leurs rôles
Acteurs

Rôles

•
Responsables de sites qui est •
général le détenteur de l’AEA •
•
Propriétaires terriens

•

Négociation des accords avec les responsables des sites
lors de la cession des terres

•

•

Employés par les responsables de sites comme traceurs,
creuseurs, concasseurs, « caleurs» ou techniciens de
soutènement et des dynamiteurs ou « tempeurs ».
Vente de produits de traitement du minerai et
marchandises diverses
Location de matériel

•

Achat de l’or

Exploitants artisanaux
•
Fournisseurs de services
Collecteurs d’or

Détention de moyens financiers
Distribution de l’espace
Fixation les règles de partage du minerai
Fixation les règles de gestion du site

Organisations
corporatives
• Apaisement des tensions
(syndicats)
et
leaders
• Défense des intérêts des membres
d’opinion
• Autorisation ou interdiction de l’exploitation artisanale
Détenteurs de titres miniers
sur le périmètre de son titre
• Veille au respect du cahier de charges
• Achat d’or
Comptoirs
de
• Organisation des sites
commercialisation de l’or
• Détention de capitaux
• Émission des avis sur les demandes d’AEA
• Contribution à l’organisation des sites
Communes
• Sensibilisation des acteurs
• Perception des taxes
Services déconcentrés en • Préservation de l’environnement
charge de la protection de • Répression en cas d’utilisation des produits chimiques
l’environnement et de la
prohibés
sécurité publique
• Maintien de l’ordre public
• Perception d’une commission sur l’exploitation
Les détenteurs de titres
artisanale menée sur le périmètre du titre
miniers
• Autorisation de l’EMA sur leurs sites
Source : collecte de données, novembre 2024
I.3 Description de l’EMA au Burkina Faso
L’inventaire de la cartographie des sites miniers artisanaux sur le territoire national réalisé
par l’ANEEMAS en 2018 a mis en évidence neuf cent cinquante-six (956) sites dont cinq
cent quatre-vingt-dix (590) actifs et trois cent soixante-six (366) inactifs. Les sites
21

�artisanaux sont des lieux de rencontre de plusieurs milliers de personnes venues de divers
horizons. On y trouve des acteurs investis dans la recherche de l’or et d’autres dans des
activités diverses. La forme d’organisation couramment rencontrée sur les sites met en
présence 2 zones (celle de l’extraction, et la zone commerciale confondu à la zone de
traitement et d’habitation) contrairement aux nouveaux textes (décret d’application du code
minier de 2024) qui prévoient quatre (04) zones que sont :
-

La zone d’extraction du minerai qui tient compte de l’emplacement présumé du
filon. On y retrouve des fosses d’extraction souvent très rapprochée (-2 m) avec
des profondeurs pouvant aller à plus de100 m ;

-

La zone de résidence où on retrouve des habitations plutôt précaires ;

-

La zone commerciale où l’on peut se procurer des produits de première nécessité ;
y compris restauration. Ce regroupement fait partie des mesures de sécurité ;

-

La zone de traitement qui est subdivisée en plusieurs hangars appartenant aux
propriétaires de puits. Ces hangars servent pour le stockage, le concassage et le
traitement de son minerai. C’est aussi dans cette zone qu’une place est aménagée
pour l’achat/vente de l’or.

Pour l’extraction, les artisans miniers exploitent surtout les gites primaires formés de
filons depuis la surface du sol, par des puits et tranchés et en profondeur par des galeries.
On note aussi l’exploitation des alluvions et des éluvions qui se fait par grattage et
vannage.
L’exploitation sous-terraine avec des galeries, se fait suivant plusieurs opérations :
-

La dislocation du massif : elle consiste à séparer le minerai de la roche encaissante,
puis l’abattage du minerai recherché à l’aide d’explosifs selon la nature de la
roche ;

-

L’évacuation des stériles et du minerai : il s’agit de les faire sortir des puits par le
système de poulies à l’aide de sacs vides de 50 kg et de morceaux de bidons de 20
et 25l.

-

Le soutènement : c’est l’ensemble des moyens mis en place pour empêcher
l’obstruction ou les éboulements. Cela se fait essentiellement avec du bois et des
câbles.

22

�Le matériel et les outils d’exploitation sont essentiellement des pioches, pics, pelles, sacs
vides, morceaux de bidons, des cordes ; des compresseurs pour fournir de l’oxygène dans
le puits ou forer la roche à l’aide de marteau piqueur et de fleuret, des motopompes pour
faire l’exhaure de l’eau, des poulies pour faciliter la sortie des stériles et minerai. Il
convient de noter que sur presque tous les sites, les équipements de sécurité et de
protection tels que les casques, les bottes, ou chaussures de sécurité, les masques antipoussières n’existent pas.
Pour le traitement, il se faisait manuellement. Le minerai est extrait et transporté sous
des hangars où il est pilé au mortier, écrasé à la meule et lavé à la main. On note cependant
une certaine mécanisation sur certains sites aurifères avec l’utilisation des
concasseurs/broyeurs et des sluices.
La récupération de l’or se fait par amalgamation manuelle avec du mercure ou par l’acide
chlorhydrique.
Depuis quelques années, un nouveau procédé de traitement a été introduit sur les sites
aurifères. Il s’agit du traitement par le cyanure. C’est un procédé moins pénible et plus
rentable mais très polluant. Le taux de récupération est assez élevé de l’ordre de 90% à
95%. Le traitement du minerai par les produits chimiques constitue un réel danger non
seulement pour les orpailleurs mais aussi pour l’environnement.
La commercialisation de l’or se fait sur le site. Il est vendu à des collecteurs (acheteurs)
locaux qui le sèchent avec du gaz (type), le pèsent et l’achètent (au comptant ou à crédit)
après déduction des dépenses contractées entre eux. Les prix sont fixés en fonction du
cours mondial et de la qualité de l’or.

23

�Photo 2 : Broyage du minerai à Meguet

1.4. Présentation des zones d’études
Commune de Meguet
La commune de Méguet est située à 26 km au Nord de Zorgho, chef-lieu de la province du
Ganzourgou dont elle relève et à 112 km de Ziniaré, chef-lieu de la région du Plateau
Central. Elle est constituée de 22 villages administratifs et couvre une superficie de 402
km2. La population de la commune de Méguet était estimée à 52 253 habitants en 2018 et
caractérisée par une extrême jeunesse.

La commune de Méguet est située sur une

pénéplaine parsemée de collines et de bas-fonds. Ces collines sont en réalité des
affleurements de type latéritique qui forment plus ou moins une chaîne autour de la
commune. On rencontre dans le terroir communal trois types de sols. Ce sont les sols
gravillonnaires, argileux et sablonneux. Le climat de la commune est de type Nordsoudanien caractérisé par une longue saison sèche et une courte saison pluvieuse Selon le
fichier village des résultats du RGPH 2006 avec l’application du taux d’accroissement,
donne une population estimée à 52253 en 2018. Outre l’agriculture, l’élevage et le
commerce, la population pratique également l’apiculture et l’artisanat, mais à très faible
échelle. Ces activités sont principalement destinées à la consommation locale. On y
pratique également l’orpaillage sans autorisation. Tambipélsé est un site minier artisanal et
à petite échelle de la commune de Meguet, sur lequel travaillent des femmes et des hommes
à la recherche de meilleures conditions de vie. L’inventaire des puits donne un nombre
estimatif de cinquante (50) puits fonctionnels.
24

�Les activités sur le site minier ont baissé de rythme due aux activités agricoles et à
l’augmentation des coûts de production sur le site. Pendant les périodes de la fièvre de l’or
on peut dénombrer jusqu’à 3000 personnes sur le site. Actuellement le site compte environ
500 personnes dont les 1/5 sont des femmes. Il est difficile de les retrouver en même temps
sur le site. Nous avons compté environ quarante (40) hommes et une dizaine de femmes.
Commune de Dano
Dano est le chef-lieu de la province du Ioba, dans la région du Sud-Ouest du Burkina Faso.
Elle a une superficie de 669 Km2, compte 24 villages et une population de 46 557 habitants.
Elle est située à une distance de 280 km de Ouagadougou. Le relief de la commune est en
général accidenté. Il est fait d’une succession de collines et la topographie laisse apparaître
des ondulations où se dégage un groupe de collines d’une altitude moyenne de 534 m avec
des pentes et des plateaux de 300 m d’altitude.
Le climat est de type soudanien caractérisé par deux (2) saisons : une saison sèche qui dure
de six (6) à sept (7) mois (d’octobre ou novembre en avril ou mai) et une saison pluvieuse
courte.
Le secteur du travail et de l’emploi est dominé par le secteur informel. Les activités
agricoles, d’élevage, le commerce et l’exploitation artisanale de l’or sont les principales
occupations de la population. Autrefois marginal, l’orpaillage constitue aujourd’hui une
activité économique importante des populations de la commune de Dano. En effet, la
commune abrite un site d’exploitation artisanal dans la localité de Gnikpière, un village
situé à 8 km de Dano. Au moment de l’enquête (fin novembre 2024), le site comptait près
de 2624 artisans miniers dont 961 femmes. Parmi eux, 486 détenaient des cartes d’artisans
minier. Le projet « Planète Gold » a collaboré avec la Coopérative SCOOPS
ZEMSTAABA/AMG.

25

�II. LES APPROCHES METHODOLOGIQUES
L’approche méthodologique adoptée consiste en un ensemble de démarches et outils de
collecte et de traitement de données. Il s’agit essentiellement de la recherche documentaire
ainsi que des approches quantitative et qualitative à base d’un questionnaire d’entretiens
par Google formulaire. Une méthode d’analyse qualitative de contenu, associée à une
analyse descriptive, a été employée pour interpréter les données. Ces analyses ont été
complétées par des traitements réalisés sous Excel pour une meilleure structuration des
résultats.
II.1 Champ d’analyse
Ce mémoire, consacré à l’analyse des forces et faiblesses de l’EMA pour une EMA
responsable dans la commune de Meguet et Dano se structure autour de trois axes majeurs:
-

Analyse des forces et faiblesses de l’EMA :

L’analyse des forces et faiblesses permettra d’identifier le potentiel de l’EMA dans sa
contribution à la lutte contre la pauvreté (retombées économiques, population vivant des
retombées etc), mais aussi les difficultés rencontrées y compris les impacts
environnementaux et sanitaires.
-

Analyse des modes de gestion de l’EMA :

Elle consiste en une analyse des modes de gestion traditionnelles de l’EMA à Meguet et
Dano et des stratégies d’encadrement promues par l’Etat. Une analyse du cadre juridique
et institutionnel est nécessaire. Cette analyse vise à évaluer l’efficacité des stratégies
d’encadrement pour une EMA responsable.
-

Analyse des approches d’EMA responsables promues :

Cette partie apprécie les deux expériences de projets mis en œuvre à Meguet et Dano. Elle
analyse les approches développées, les outils/équipements installés, sonde la perception
des orpailleurs et acteurs étatiques. Les principaux défis seront analysés, et des
recommandations seront formulées pour renforcer l’adoption des pratiques responsables.

II.2 La population

26

�La population c’est l’ensemble des individus ou des objets ou des agents ou des groupes
susceptibles d’être concerné par l’enquête. C’est l’entité sur laquelle les informations
collectées par l’enquête doivent être présentées. En effet, dans le cadre de notre étude, nous
avons considéré trois principaux groupes afin de garantir une analyse globale et
multidimensionnelle.
Le premier groupe cible les structures responsables de l’encadrement et de la formalisation
du secteur minier artisanal aux niveaux central et local, incluant des entités telles que la
Direction Générale des Mines et de la Géologie (via sa Direction des Exploitations
Minières Artisanales et Semi-Mécanisées), la Direction Générale du Cadastre Minier, et la
Société Nationale des Substances Précieuses (SONASP), les délégations spéciales, les
forces de défense et de sécurité et les services de l’environnement. Ces institutions
apportent un appui technique et réglementaire crucial pour la formalisation et la gestion
des activités minières artisanales.
Le second groupe est composé des Partenaires Techniques et Financiers, des organisations
non gouvernementales (ONG), des organisations de la société civile (OSC), qui ont
développé des projets visant la « durabilité » dans l’EMA ou qui font du plaidoyer pour
une meilleure prise en compte de l’EMA.
Le troisième groupe est constitué des faîtières d’artisans miniers (l’Union Nationale des
Artisans Miniers du Burkina (UNAAMB), et le Syndicat National des Exploitants Miniers
Artisanaux du Burkina (SYNEMAB)), des responsables des sites miniers artisanaux, des
coopératives et associations locales.
II.2.1 L’échantillonnage
Pour notre présente recherche, nous avons opté pour un échantillonnage par choix raisonné
qui consiste à sélectionner les intervenants les plus enclins à donner des réponses aux
questions de recherche étudiées.
En ce qui concerne la taille de l’échantillon, la littérature suggère que la population
d’enquête devrait permettre d’atteindre le point de saturation, c’est-à-dire lorsqu’un
entretien supplémentaire n’ajoute aucune information supplémentaire aux données
recueillies ; sachant que dans la pratique ce point est atteint avec une taille d’échantillon
variant entre 21 et 26 individus (Luborsky and Rubinstein, 1995 ; Strauss and Corbin, 1998
; Saldana, 2011). En plus, les contraintes de temps ont été prises en compte.
27

�Pour le premier groupe portant sur les acteurs centraux et locaux, au moins un représentant
par structure (ministère des mines et carrières du Burkina Faso, le ministère en charge de
l’environnement, SONASP et le BUMIGEB) ont été interrogés.
Pour le second groupe, nous avons identifié des ONG qui ont mis en œuvre des projets
visant la durabilité des mines artisanales. Pour notre étude, nous en avons retenu deux, dont
les chargés de projets ont été interviewés :
•

L’Alliance pour une Mine Responsable (ARM), avec ses projets « Appui à la
création d’un orpaillage responsable et légal au Burkina Faso » 2019-2021
financé par l’UE et « SANU KURA » 2019-2021

•

Artisanal Gold Council avec son Projet « Planet Gold » 2019-2023)

•

Le Projet d’Appui au Renforcement de la Gestion du Foncier et des Mines
(PARGFM) 2021-2026 financé par le Banque Mondiale et mis en œuvre par une
Unité de gestion de projet.

•

Le projet « Or propre » financé par la Coopération suisse et mis en œuvre par
Eau vive et ARM

Pour le troisième groupe, nous avons retenu les communes d’intervention des deux projets
« planet Gold » et « Or Propre » qui sont respectivement Dano et Méguet. Les entretiens
ont été réalisés avec les responsables des coopératives et faitières travaillant sur ces sites
et qui ont été impliqués dans les projets et des représentants de chaque maillon de la filière
(creuseur, broyeur, acheteur, propriétaire de trou). Aussi les autorité locales (président de
délégation spéciale, agent de l’environnement, force de défense et de Sécurité) ont été
interviewés. Il convient de mentionner que l’enquête quantitative a concernée 69 artisans
miniers sur les deux sites. Ce choix aléatoire de l’échantillonnage se justifie par le fait que
personne ne connait avec exactitude le nombre des orpailleurs dans les zones concernées
par l’étude.

Aussi, la mobilité des orpailleurs ne nous permet pas d’envisager un

échantillonnage probabiliste.
II.2.2 Les outils de collecte
Les outils de collecte utilisés dans le cadre de cette recherche ont été pour la plupart, un
guide d’entretien et le questionnaire. Ces outils ont été conçus pour chaque catégorie
d’enquêtés selon la technique de collecte utilisée et sur la base des rapports et documents
consultés. Les outils de collecte de données ont été adaptés aux questions d’évaluation
28

�globales. Ceux-ci incluent la pertinence, l’efficacité, l’efficience, l’impact et la durabilité
et surtout la question de réplicabilité et de mise à l’échelle du projet.
II.2.3 Les entretiens
Les responsables des projets ciblés ont mis à notre disposition une importante
documentation comprenant les documents de projet et les rapports techniques de suivi
évaluation. Cette documentation riche et variée nous a permis d’avoir suffisamment
d’informations pour une bonne exécution de cette recherche. En plus de la documentation,
des séries d’entretiens ont été réalisées auprès des partenaires pour compléter les
informations contenues dans la documentation. Il convient de mentionner que des focus
group ont été organisés avec les artisans miniers directement impliqués dans les projets.
II.3 La méthode de collecte et technique d’analyse des données
II.3.1

La méthode de collecte et de traitement des données

La méthode de collecte des données adoptée dans ce mémoire repose sur une combinaison
de techniques modernes et traditionnelles. La plateforme google forms a permis de générer
un questionnaire en ligne permettant ainsi de faciliter le processus de collecte auprès des
acteurs ayant accès au numérique. Cela réduit aussi le cout et permet un gain en temps.
WhatsApp a aussi été utilisé. Aussi, des enquêtes de terrain ont été conduites sur les sites
miniers ainsi qu’auprès des acteurs locaux impliqués dans la gestion de l’EMA.
II.3.2 L’aperçu du modèle d’analyse
En ce qui concerne les techniques d’analyse des données, une approche différenciée a été
adoptée pour les données quantitatives et qualitatives. Les données quantitatives, issues des
questionnaires administrés, ont été exportées sous forme de fichier Excel à partir de google
forms. Elles ont ensuite été analysées à l’aide d’outils statistiques, permettant de produire
des graphiques, des tableaux et d’identifier des tendances significatives. Pour les données
qualitatives, les informations recueillies à travers les entretiens et les focus groups ont été
retranscrites. Le traitement des informations s’est basé essentiellement sur l’analyse du
contenu thématique des témoignages recueillis. Ce processus a permis de regrouper les
réponses en fonction des grandes thématiques de recherche. C’est sous ces différentes
catégories qu’ont été ensuite rangés les contenus des différentes expressions enquêtés, sous
forme d’unité d’information correspondant à des mots, des phrases ou des idées générales

29

�issus des discours transcrits qui sont présentés comme résultats de notre travail en lien avec
les objectifs du mémoire.

Le second chapitre consacré au cadre de l’étude et méthodologique de recherche nous a
permis de circonscrire notre travail de recherche à savoir définir le cadre juridique et
institutionnel de l’EMA, les zones d’étude. Également, les aspects liés à la méthode de
collecte et d’analyse des données de terrain ont été abordés. Ce travail de bureau sera
complété par le travail de terrain dans la seconde partie de notre travail de recherche.
Le troisième chapitre mettra l’accent sur la présentation des résultats et discussions.

30

�CHAPITRE III : PRESENTATION DES RESULTATS ET ANALYSES
Ce chapitre présente les résultats issus de l’analyse des données collectées, mettant en
lumière la gouvernance de l’EMA au Burkina Faso. L’analyse des résultats repose sur les
outils méthodologiques définis précédemment, avec un focus particulier sur les forces et
faiblesses de l’EMA et les mesures à prendre pour une EMA responsable au Burkina Faso.
La première partie expose les principaux résultats, illustrés par des graphiques et tableaux
pour une compréhension claire. La seconde partie offre une interprétation approfondie, en
identifiant les forces, faiblesses, opportunités et menaces pour une exploitation minière
artisanale responsable. Enfin, le chapitre propose des recommandations concrètes pour une
EMA responsable au Burkina Faso et une bonne gouvernance.
I. LA PRESENTATION DES DONNEES RECUEILLIES ET ANALYSES
I.1 La perception de l’EMA telle que pratiquée au Burkina Faso
Les données collectées mettent à nu la problématique de l’exploitation artisanale de l’or
dans ces deux communes du Burkina Faso. Concernant l’ancienneté, il ressort que la
majorité à plus de 20 ans d’ancienneté sur les deux sites d’étude.
I.1.1 Répartition des enquêtés selon leur ancienneté dans l’EMA
Figure 1: Ancienneté des artisans miniers enquêtés dans les deux sites de Dano et de
Méguet
Ancienneté dans l'orpaillage
70,00%
60,00%
50,00%
40,00%
30,00%
20,00%
10,00%

0,00%
depuis plus de 20 ans

entre 15 à 20 ans

moins de 15 ans

Source : données d’enquête terrain, novembre 2024

31

�La figure n° 1 montre que des 69 creuseurs d’or rencontrés, 66,18% pratiquent l’extraction
artisanale de l’or depuis plus de 20 ans, 22,47% entre 15 et 20 ans et 7,35% moins de 15
ans. L’exploitation artisanale est perçue comme une activité génératrice de revenus par les
artisans miniers et certains d’entre eux (59,42%) la considèrent comme une bonne pratique
comme l’indique la figure n°2. Ce qui pourrait expliquer l’engagement de nombreuses
personnes dans l’activité malgré les risques.
I.1.2. Répartition des enquêtés selon leur appréciation des pratiques de l’EMA
Figure 2 : Appréciation des pratiques dans l'activité minière artisanale

Appréciation des différentes pratiques de l’orpaillage dans les
sites miniers artisanaux
20,01
8,07
59,42

12,5

bien

mauvais

ne peux pas apprécier

autre

Source : données d’enquête terrain, novembre 2024
La majorité des acteurs interviewés reconnaissent que l’EMA est l’un des premiers moteurs
du développement de notre pays avec des millions de personnes qui y bénéficient. Elle
participe à la résilience des populations et à la réduction du chômage des jeunes, cependant,
elle est caractérisée par son informalité de laquelle découle plusieurs autres problèmes. Les
données collectées révèlent en outre que les artisans miniers continuent d’utiliser des
produits chimiques dans le traitement du minerai en vue de l’extraction de l’or.
Un élu local de Méguet rencontré relève que « la circulation des produits chimiques est
interdite par la loi, mais ils sont toujours utilisés de façon frauduleuse par les artisans
miniers de la province du Ganzourgou ». En effet, les creuseurs ayant participé à l’étude
reconnaissent qu’ils utilisent les produits chimiques dans le traitement du minerai.

32

�I.1.3. Répartition des types de produits chimiques utilisés par les artisans miniers
dans le traitement du minerai
Figure 3 : Répartition des types de produits chimiques utilisés par les artisans miniers
dans le traitement du minerai

Répartition des produits que les orpailleurs continuent d'utiliser
dans le traitement de l'or

38%

56%

34%

Mercure

cyanure

autres

Source : données d’enquête terrain, novembre 2024
Selon l’étude réalisée sur le sujet par le SP/CONEDD (2013), l’économie burkinabè perd
chaque année 15,1 milliards de dollars (soit 19,2% du PIB) du fait de l’utilisation des
produits chimiques dans le secteur minier. Les coûts les plus importants relèvent de la santé
humaine et atteignent respectivement 2,1% (production de coton) et 13,6% (extraction de
l’or) du PIB et des dommages causés au capital naturel, notamment le sol et l’eau (6,1%
du PIB).
I.2. L’appréciation du cadre légal régissant l’EMA au Burkina Faso
L’exploitation minière au Burkina Faso, est encadrée par le Code minier et ses textes
d'application en cours d’élaboration/adoption. Le dernier en date a été a été adopté le 18
juillet 2024 par l’Assemblée législative de transition (ALT). Il s’agit de la Loi n°0162024/ALT portant code minier du Burkina Faso. Ce code établit les principes
fondamentaux régissant l'exploitation minière artisanale de substances de mines. Il
distingue deux types de titres miniers et autorisations : l'Autorisation d'Exploitation
Artisanale (AEA), destinée aux coopératives et aux particuliers burkinabè, et le Permis
d'Exploitation Semi-Mécanisée (PESM), réservé aux sociétés de droit burkinabè. Bien que
ces deux titres et autorisations soient distincts le code minier (article 90), prévoit qu’un
33

�titulaire d'une AEA puisse demander un PESM, sous réserve de respecter la réglementation
en vigueur. Cela permet aux exploitants de progresser vers une exploitation plus mécanisée
tout en restant dans le cadre légal. Cependant, l'AEA n'exclut pas les activités de recherche
sur la même surface qu'elle couvre. Si cette superficie est octroyée sous un permis de
recherche, le renouvellement de l'AEA nécessite l'autorisation du titulaire du permis. De
plus, en cas d'attribution d'un permis d'exploitation industrielle pour la même zone, l'AEA
ne peut être renouvelée. Dans un tel cas, le Code minier offre au bénéficiaire de l'AEA
deux options : soit entrer dans le capital social de la société exploitante à hauteur d'au moins
10 %, soit percevoir une indemnisation.
Pour la commercialisation, les détenteurs d’AEA sont tenus de vendre la totalité de leur
production à un comptoir établi sur le territoire national ou à l’organisme public d’achat et
vente d’or qu’est la SONASP.
En termes d’encadrement, il existe aussi un dispositif national dont le mandat repose sur le
suivi-contrôle des activités de la mine artisanale, la sensibilisation, formation/information
des acteurs, l’appui à l’organisation et à la formalisation, mais ces derniers peinent à
réglementer le secteur. Le nouveau code met l’accent sur la formalisation de l’EMA qui
est informelle et non régulée. Cela permettrait de mieux encadrer les pratiques, d'assurer la
sécurité des mineurs et de protéger l'environnement.
Le cadre légal est diversement apprécié par les acteurs rencontrés. Les artisans miniers
trouvent que le cadre légal n’est pas en leur faveur. La mine industrielle est privilégiée par
rapport à la mine artisanale, ce qui entraine des conflits en cas de présence d’artisans
miniers sur un permis de recherche ou d’exploitation. Aussi, les artisans miniers disent ne
pas obtenir de soutien de la part des autorités.
Pour les autres acteurs interviewés (cadres du MEMC, autorités locales), le cadre législatif
est insuffisant, parfois mal interprété ou méconnu, mais des améliorations sont constatées
dans le nouveau code avec par exemple, la disposition en l’article 89 du code minier de
créer des « couloirs d'exploitation artisanale » et les acteurs attendent sa mise en œuvre
pratique sur le terrain. On constate aussi une volonté clairement affichée de l’État
d’encadrer ce secteur sous toutes ses formes d’exploitation.
En somme, le code minier de 2024 pourrait représenter une opportunité pour améliorer la
situation des mineurs artisanaux au Burkina Faso, tout en veillant à la durabilité
34

�environnementale et au développement économique local. Toutefois, son succès dépendra
de l'engagement des autorités et de la coopération des acteurs concernés.
I.3. Les contraintes et défis liés à l’organisation du secteur de la mine artisanale
L’informalité des sites visités n’est pas ainsi due à la passivité des acteurs, mais à plusieurs
facteurs, dont la priorisation des exploitations à grande échelle au mépris des petits
exploitants qui se voient refuser les AEA sur des permis d’exploration ou des permis
industriels, (Geenen, 2012).
Du point de vue des acteurs interviewés, les contraintes et défis liés à l’organisation du
secteur de la mine artisanale sont énormes. Ceux-ci vont de la faible volonté des artisans
miniers à se déclarer et à l’insuffisances des ressources des administrations à couvrir tout
le territoire national. En effet, les artisans miniers sont réticents à se déclarer et organiser
leurs activités car cela sous-entend pour eux de payer des taxes à l’État alors que selon eux,
l’État ne les soutient pas, ne leur apporte pas l’appui financier et technique nécessaire au
développement de leur activité. L’État leur impose aussi de vendre leur production aux
comptoirs agrées ou à la SONASP alors qu’ils sont redevables vis-à-vis de ceux qui
préfinancent l’activité. Aussi, les longues procédures pour la formalisation, le coût de
l’AEA, l’éloignement de l'administration des mines avec les sites MAPE, la corruption ne
sont pas de nature à faciliter la formalisation.
Le code pourrait inclure des dispositions pour garantir les droits des mineurs artisanaux,
leur offrant un cadre légal pour exercer leur activité. Cela pourrait également inclure des
mesures de protection sociale et environnementale et des formations pour améliorer leurs
compétences. Le code pourrait également aborder la question du partage des ressources
entre les grandes entreprises minières et les mineurs artisanaux, favorisant une coexistence
plus harmonieuse et équitable.
Aussi, les insuffisances du cadre institutionnel et réglementaire, le nombre élevé d’acteurs
et de sites disséminés sur tout le territoire, l'aspect dynamique et anarchique des
exploitations minières artisanales, aggravé par l'insuffisance de personnel pour
l'encadrement des activités sur les sites sont de véritables contraintes à une bonne
gouvernance de l’EMA.
II. L’ANALYSE DES DONNEES
II.1. Analyse des forces et faiblesses de l’EMA
35

�Pour cette analyse l’outil FFOM a été utilisée
Tableau 2 : Analyse des Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces de l’EMA
Forces :
•

•
•

Faiblesses :

Capacité à lutter contre le chômage •

Caractère informel de la majorité des

(Selon Zongo (2020), les estimations

sites ;

de la direction des Mines du Burkina •

Nombre élevé et inaccessibilité de

Faso donnent à l’orpaillage 80% de

certains

taux d’insertion des jeunes au moment

publique ;

où ceux de de l’État seraient de l’ordre •

Destruction

de 1 à 10%) ;

l'environnement, l’air et l’eau ;

Importante source de revenus (entre •

Commercialisation frauduleuse ;

150 000 et 2 000 000 fcfa/ mois) ;

Faible voire non contribution aux

Contribution

à

la

résilience

•
des

populations ;

sites

par
et

l’administration
pollution

de

budgets des collectivités territoriales ;
•

Rivalité accrue entre artisans miniers

•

Contribution au développement local ;

•

Existence de textes législatifs ;

•

Existence d’une structure de tutelle ;

orpailleurs ;

•

Existence de faitières d’organisation •

Méconnaissance de la règlementation

défendant les intérêts des orpailleurs ;

accompagnée de son faible respect par

Existence de sites à grand potentiel.

la majorité des acteurs ;

•

pour l'accès à la ressource ;
•

•

Conflits récurrents ou latents entre

Faible application des textes par les
autorités ;

•

Source de problèmes de santé du fait de
la faible protection et de l’inhalation
des produits chimiques utilisés ;

•
Opportunités :
•

Existence

Exploitation des femmes et des enfants.

Menaces :
d’un

soutien

important actuellement

politique •

Concurrence

avec

les

mines

industrielles qui ont plus de pouvoir et
de ressources

36

�•

Nouveau code minier de juillet 2024 •

Règlementations

avec des dispositions plus favorables à

strictes vis-à-vis de l’EMA

l’EMA
•

•

Existence de programmes de formation •

nationales

trop

Conflits/insécurité
Instabilité politique

au profit des artisans miniers
•

Augmentation de la demande en or au
niveau national et international

•

Cours mondiale élevé de l’or

II.2. Les facteurs limitant l’encadrement de l’EMA
Il faut noter qu’environ 2% des sites miniers artisanaux sont officiellement couverts par
des autorisations administratives. La grande majorité des exploitations minières artisanales
ne sont pas couvertes par des Autorisations d’Exploitation Artisanales (AEA) et des
conventions de gestion signés sous l’ancien code minier. Cela contredit le régime de
l’autorisation préalable prévu par l’article 8 du Code minier. Le défaut de formalisation
relevé ci-dessus, fait que les autres dispositions d’encadrement de l’EMAPE prévues dans
le Code minier et ses textes règlementaires ne sont pas respectées par les artisans miniers.
En plus, très peu d’exploitants artisanaux, environ 10 000 sur une estimation de 2 000 000
(SONASP, 2024) sont immatriculés par l’Administration des mines.
L’étude d’identification des meilleures options pour une exploitation minière artisanale et
à petite échelle responsable au Burkina Faso (CAERD, 2021) mentionne les aspects de la
règlementation en déphasage avec les pratiques de l’EMA. L’analyse montre que la crise
de confiance entre les acteurs des mines artisanales et les autorités ou les collectivités
territoriales est née de la réglementation instaurée dans ce secteur, notamment l’interdiction
de l’utilisation de produits chimiques et d’énergie mécanique, l’exigence de l’autorisation
préalable et la formalisation de la pratique n’ont pas été favorablement accueillies par les
artisans miniers. En effet, A Medinilla, P Karkare et T Zongo, (2020), rapportent que selon
les artisans miniers, la règlementation relative à l’organisation de la commercialisation de
l’or serait inadaptée, car élaborée sans tenir compte de la réalité de l’exploitation artisanale.

37

�Selon le CAERD, l’ensemble de ces défauts de formalisation a également entrainé le nonrespect des autres dispositions d’encadrement de l’EMAPE prévues dans le Code minier.
En effet, il ressort que le besoin de contrôle des revenus liés à l’extraction artisanale de l’or
avait conduit à des dérives de la part des comptoirs durant des années, entraînant des
difficultés dans l’exercice du métier d’orpailleur.
On note aussi une concentration des différentes directions du Ministère de l’Energie, des
Mines et des Carrières (MEMC) à Ouagadougou démontrant la faible présence de l’État
sur le terrain. Le MEMC ne dispose que de directions régionales récemment installées
(2023) sans personnel ni infrastructures (seul un directeur régional nommé) et est donc
faiblement représentée auprès des artisans miniers sur le terrain à l’exception de
l’ANEEMAS qui disposait d’une dizaine de bureaux d’encadrement délocalisés et qui
n’existe plus aujourd’hui. Cette situation ne facilite pas le rapprochement et le
renforcement du climat de confiance entre les acteurs de l’EMA et le MEMC. Une des
conséquences de cette absence de l’État est le manque d’accompagnement formel des
orpailleurs au plan financier pour la professionnalisation de la filière.
La concrétisation de l’appui technique de l’État pourrait inciter les acteurs à la
formalisation. Selon les orpailleurs interviewés, l’approche de l’agence pour
l’établissement des documents de propriété est mauvaise. Au lieu de proposer d’abord des
sources de financement, elle impose la manière dont elle achète l’or que les orpailleurs ont
extrait à l’aide de crédits obtenus auprès de leurs patrons.
Le cadre légal devrait plus prendre en compte les réalités actuelles du secteur minier
artisanal et avec une forte volonté politique pour son application. Les insuffisances liées à
la régulation de l’orpaillage résultent de l’État qui n’arrive pas à faire appliquer ses propres
textes et du manque de transparence grandiose dans le secteur de la mine artisanale.
Mettre en place une structure étatique pour la réguler correctement serait une occasion pour
booster l’activité, mais mettre en place un arsenal de mesure pour combattre l’activité
orpaillage au profit de la mine industrielle serait contre-productif au Burkina Faso. Même
si le secteur minier ne représente pas le seul poumon de l’économie Burkinabé, la
formalisation de l’orpaillage est une opportunité de taille pour les zones de production.
C’est dans ce cadre que Campbell (2007) estime qu’avec la valorisation des matières

38

�premières exploitées, la création de liens d’entraînements avec les autres secteurs de
l’économie peut créer une dynamique de développement importante.
Le nouveau code minier de 2024 se veut plus rassurant quant à la ferme volonté des
autorités d’encadrer le secteur plutôt que de l’interdire selon une approche co-construite
par l’ensemble des acteurs.
II.3. Analyse des approches d’EMA responsables promues
Dans le but d’atténuer les impacts négatifs de l’EMAPE et d’accroître sa part contributive
au développement durable, des initiatives pour une exploitation minière artisanale
organisée, encadrée et respectueuse des droits humains au Burkina Faso ont été relevées.
Nous avons retenu 2 projets comme annoncé dans la méthodologie.
•

Planet Gold, 2019-2023

•

Le Projet « Or propre » 2018-2020

II.3.1 Le projet Planet GOLD
Le projet Planet GOLD Burkina Faso (dont le titre complet est : « GEF GOLD :
contribution

à

l’élimination

du

mercure

et

à

l’amélioration

de

la

chaîne

d’approvisionnement en or dans le secteur de l’orpaillage) est mis en œuvre par deux
principaux partenaires que sont l’ONUDI — agence en charge de la mise en œuvre du
projet pour le FEM — et l’organisation de la société civile Artisanal Gold Council (AGC)
— agence en charge de l’exécution du projet pour le FEM. Ces deux partenaires ont
collaboré pour démontrer une approche opérationnelle de l’extraction d’or propre par de
petits entrepreneurs locaux, en combinant la construction d’un site pilote pour l’extraction
d’or sans mercure avec un programme de formation pour les artisans miniers actifs ou
nouvellement installés, ainsi qu’un accès facilité au crédit formalisé pour ces entrepreneurs.
Le site pilote est dans la commune de Dano dans la région du Sud-Ouest, une région où
l’orpaillage mécanisé est en plein essor, et où les problèmes d’insécurité sont moins
présents que dans d’autres régions du pays.

39

�Photo 3 : Système de traitement sans mercure installé à Dano

Source : auteure, collecte des données, novembre 2024
II.3.2 Le projet pilote « or propre »
Le projet pilote « or propre » est une expérimentation technique et sociale d’organisation
de la filière artisanale de l’exploitation aurifère réalisée dans trois communes (Zorgho,
Boudri et Meguet) situées dans la province du Ganzourgou (Burkina Faso) depuis 2018.
Elle consiste notamment à l’expérimentation d’un outil de traitement de l’or par la méthode
gravimétrique. Eau Vive Internationale a bénéficié du concours financier de partenaires
(Grand Reims en France, de l’Ambassade de France au Burkina Faso ainsi que de la
Coopération Suisse) pour conduire ce projet pilote de promotion de pratiques vertueuses
dans l’exploitation artisanale de l’or.
La majorité des artisans miniers qui ont participé aux entrevues ont souligné que les projets
« Or propre » et « Planet Gold » sont pertinents et souhaitent qu’ils soient maintenus sur
les sites d’orpaillage. Un artisan minier de Dano souligne : « le projet tel que je le
comprends est bien. Il répond à nos attentes par rapport à la protection de notre santé, celle
de nos animaux et de l’environnement. Il résout également le problème de la pénibilité du
traitement du minerai et le risque de blessures ».
Il ressort que le projet pilote “Or propre” qui vise l’accompagnement des communes à la
structuration du secteur minier artisanal, à l’organisation des artisans miniers et à la gestion
40

�participative, intégrée de l’exploitation aurifère artisanale cadre avec les priorités des
communes. De plus, le projet “Or propre”, en proposant la centrifugeuse à la place des
produits chimiques pour le traitement du minerai, est soucieux de la santé des populations
et de l’environnement et met l’accent sur la gestion durable des ressources naturelles dans
les communes ciblées pour une amélioration des conditions de vie des artisans miniers et
des populations environnantes.
Cependant, le constat est que malgré l’appréciation positive des deux projets, les mauvaises
pratiques persistent, c’est-à-dire l’usage combiné de la centrifugeuse et des produits
chimiques prohibés. La majorité des acteurs, jusqu’à 75% des creuseurs pensent que la
centrifugeuse ne capte pas tout l’or et 7% d’entre eux n’ont pas du tout confiance à la
machine, et quelque uns n’ont pas accepté ces projets car ils estiment que l’or de la
centrifugeuse est très fin et volatile comparativement à l’or traité avec le mercure qui est
sous forme de boule.
On peut donc en conclure que les artisans miniers apprécient bien la centrifugeuse, mais
préfèrent l’associer aux produits chimiques notamment le cyanure pour la granulation du
métal.
Tableau 3 : Appréciation des orpailleurs sur les équipements promus par le projet « or
propre »
Élément d’appréciation

Proportion des creuseurs

Augmentation des rendements de production versus les 88%
procédés traditionnels
Augmentation probable des revenus
54%
Réduction de l’utilisation du mercure et du cyanure

23%

Réduction du temps et de la pénibilité du travail

94%

Santé humaine et animale ; protection de l’environnement 75%
Effets sur les femmes et les enfants

16%

Réduction des conflits

68%

Source : rapport d’évaluation finale projet OR Propre
Plusieurs leçons ont été tirées de ces expériences pour une mise en œuvre réussie à savoir
la nécessité de maintenir une bonne communication et sensibilisation durant tout le
processus du projet afin d’obtenir

la confiance des artisans miniers, l’application
41

�des « sanctions » contre la vente et/ou l’achat de tout produit chimique (mercure et
cyanure), la mise en place d’un comité de suivi représentatif de toutes les couches sociales
(hommes, femmes, jeunes, personnes âgées ; leaders religieux et coutumiers, élus locaux,
OSC, etc.) afin d’assurer un suivi participatif du processus et pour plus de transparence et
pour renforcer la confiance des bénéficiaires, la prise en compte du genre et la mise à
disposition d’outils de traitement avec des taux de rendements significativement supérieurs
aux procédés traditionnels rendant superflus toute tentative postérieure de traitement avec
le mercure. Des propos des parties prenantes, la communication, la sécurité et la motivation
sont les clés de réussite d’un projet œuvrant pour une « EMA responsable ».
En termes de conclusion partielle, ce troisième chapitre nous a permis d’apprécier les forces
et les faiblesses et l’EMA qui montrent que malgré ses impacts négatifs, ses retombées
économiques sont énormes, d’où la nécessité de l’encadrer plutôt que de réprimer. Le
cadre réglementaire devrait favoriser l’encadrement, la réglementation de l’EMA sans que
les orpailleurs ne le vivent comme la volonté de l’Etat de les contrôler. Des pilotes de
projets promouvant des technologies alternatives à l’utilisation des produits chimiques ont
été mis en œuvre avec des résultats satisfaisants, reste à l’Etat de s’en approprier et
améliorer le processus.

42

�CONCLUSION GENERALE
Ce présent mémoire a exploré les effets de la gouvernance sur l’EMA au Burkina Faso en
se concentrant sur les communes de Dano et Meguet. L’objectif global de cette recherche
d’analyser l’effet de la gouvernance sur l’EMA et de façon spécifique, i. Examiner les
forces et faiblesses de l’EMA au Burkina Faso ; ii. Identifier les facteurs explicatifs de
l’échec des tentatives d’encadrement de l’EMA au Burkina et iii. Proposer des mesures à
prendre pour une EMA responsable. A travers une méthodologie adaptée, ce travail a mis
en relief des résultats significatifs, notamment les forces et faiblesses de l’EMA, les
facteurs explicatifs des échecs des tentatives d’encadrement mais a aussi permis
d’identifier des mesures pour une EMA responsable.
Les analyses montrent que l’EMA, bien qu’informelle présente un potentielle énorme en
termes de contribution au développement local, réduction du chômage, pour peu qu’elle
bénéficie d’un accompagnement conséquent de la part des autorités, d’une bonne
gouvernance. On voit bien que les faiblesses de l’EMA sont fortement liées à la faiblesse
de la gouvernance du secteur par les autorités, cela ayant entrainé son développement
anarchique. Ce point nous permet de faire le lien avec nos hypothèses formulées au départ,
qui pour l’ensemble, se confirment.
Concernant l’hypothèse 1 qui affirme que le manque d’inclusion et la non prise en compte
des intérêts spécifiques de plusieurs acteurs locaux impliqués dans le secteur de l’EMA
(orpailleurs, chefferies traditionnelles, autorités locales, etc.), l’informalité, les impacts
environnementaux et sanitaires etc, constituent les faiblesses de l’EMA au Burkina Faso,
corrobore avec les résultats de nos travaux.
Pour l’hypothèse 2, qui affirme que l’insuffisance de solutions innovantes aux problèmes
causés par l’EMA, expliquent l’échec des tentatives d’encadrement de l’EMA au Burkina
Faso, elle se confirme partiellement à travers l’analyse des deux projets promouvant un
« Or responsable ». Cependant, il faudrait noter aussi que, l’ignorance des orpailleurs qui
ne connaissent que ce qu’ils ont toujours vu faire, utiliser le mercure pour l’amalgamation
et pratiquer la cyanuration pour extraire le maximum d’or.
Enfin, l’hypothèse 3 affirmait que l’amélioration des textes réglementaires en faveur de
l’EMA faciliterait son encadrement est aussi partiellement vérifiée, car nous avons vu

43

�qu’au-delà des textes, le préfinancement de l’activité est nécessaire pour maitriser toute la
chaine, de l’extraction à la commercialisation.
Pour améliorer l’EMA, nous formulons les implications de politiques économiques cidessous.
Implications de politiques économiques
Dans le cadre de la politique minière du Burkina, le pays a fait l’option de la formalisation
des sites miniers artisanaux informels à travers l’octroi d’autorisation ou de permis
d’exploitation en témoigne les innovations du nouveau code minier de 2024. Aussi une
stratégie nationale d’encadrement du sous-secteur est en cours d’élaboration. Ces nouvelles
orientations sont perçues comme une opportunité de soutien politique permettant de
règlementer le sous-secteur. L’approche du gouvernement vise à transformer le secteur
dans son ensemble, de la formalisation des sites d’extraction minière artisanale à la
commercialisation et à l’exportation de l’or extrait de manière artisanale. Suite à notre
recherche nous pouvons formuler plusieurs recommandations dans le sens d’améliorer la
gouvernance pour une EMAPE responsable sur 4 axes repris ci-dessous.
Sur la formalisation des sites qui est la première étape pour intégrer les activités minières
artisanales dans l'économie, elle est loin d’être une solution miracle. Elle doit tenir compte
de la dynamique de pouvoir existante dans et autour d’un site minier. Pour qu'un groupe
de mineurs puisse s'organiser durablement en coopérative, des incitations commerciales et
sectorielles sont donc nécessaires. Les procédures de formalisation doivent être allégées et
suffisamment communiquées aux acteurs.
Sur les alternatives technologiques, il ressort qu’à ce stade, il n’existe pas de solution
parfaite pour remplacer l’utilisation du mercure et / ou du cyanure dans les mines
artisanales. Le concentrateur centrifuge a montré des résultats prometteurs (jusqu’à 6070%) mais Il n’existe pas non plus de solution pour extraire les 30-40% restants sans
traitement chimique, ce qui signifie qu’après le traitement centrifuge, des produits
chimiques seraient toujours appliqués sur le résidu afin d’en extraire la plus grande quantité
possible. D’où la nécessité de contrôler avec la mise en place de centres de traitement
mutualisés qui au-delà des aspects technologiques doivent prendre en compte la
cyanuration contrôlée, mais également présenter une analyse de rentabilisation adaptée et
établir une relation de confiance avec les mineurs, les communautés et les autorités.

44

�Sur la gouvernance du sous-secteur, nous avons vu des tentatives précédentes
d’encadrement de l’Etat (ANEEMAS) que l’éloignement des sites miniers des centres de
décision ne facilite pas l’encadrement de l’activité au vu de la façon dont l’activité s’est
développée. Alors que l'exploitation minière a lieu au niveau local, l'approche adoptée par
l'État est fondamentalement centralisée, avec une implication minimale des collectivités
territoriales, ce qui constitue une lacune importante dans la vision du gouvernement sur
l'exploitation minière. La vaste étendue de l'exploitation minière artisanale dans le pays
signifie qu'une solution rapide est impossible. Pour transformer le secteur, il est nécessaire
d'adopter une approche « bottom-up » commençant au niveau local, qui évoluera d'un cas
à l'autre en fonction des facteurs de l'économie et de la communauté locale (relations avec
les autorités locales, rôle des chefs traditionnels, etc.) ; une approche qui lie les efforts de
formalisation aux objectifs de développement local et rural, ainsi que le renforcement de
la gouvernance locale dans les zones concernées par l'exploitation minière. En considérant
le secteur artisanal, pas simplement comme un problème, mais comme une activité
économique viable dans les zones rurales, des opportunités se présentent pour redéfinir le
secteur de manière à répondre aux défis du développement local. Ceci comprend : - le
réinvestissement des revenus miniers dans les activités économiques locales et le
développement rural - le développement et la promotion de nouvelles formes de services
essentiels aux activités minières artisanales - le renforcement de la gouvernance locale de
l'exploitation minière, y compris la surveillance de l'environnement, les mesures de sécurité
et la fiscalité locale - l’établissement de couloirs d’artisanat minier avec un accès sécurisé
et à long terme - l’appui à une commercialisation à la fois rentable et équitable. La
gouvernance locale est une lacune majeure dans la manière dont la question de
l’exploitation de l'or est abordée au Burkina Faso. Une approche inclusive (bottom-up) est
nécessaire pour habiliter légitimement les autorités locales à jouer un nouveau rôle dans et
autour des opérations artisanales.
Concernant la commercialisation les dernières décisions de l’autorité (reprises dans le
code minier de 2024) sur l’interdiction d’exportation de l’or et l’obligation de vente aux
comptoirs agrées ou à la SONASP est une bonne chose. Seulement, elles doivent
s’accompagner de mesures incitatives (préfinancement de l’extraction, prix d’achat
incitateur supérieur à celui de la contrebande) pour l’orpailleur.

45

�L'exploitation minière artisanale est également un problème fondamentalement régional.
Les frontières poreuses dans la sous-région font que l'or passe d'un pays à l'autre sans trop
d'effort. Les chiffres des importations et des exportations montrent que le commerce de l'or
en Afrique de l'Ouest est aussi opaque qu’élevé. Une harmonisation des politiques dans les
pays de la région sera déterminante pour résoudre le problème de la contrebande.
Pour relever le défi de mettre en place une EMA responsable au Burkina Faso, il est
nécessaire d’adopter et de promouvoir les meilleures pratiques dans les domaines de
l’encadrement, de la formalisation, du respect des droits humains et de l’environnement.
Pour cela, une synergie des actions de l’ensemble des acteurs et parties prenantes dans le
processus d’octroi des autorisations et le suivi de l’EMAPE est nécessaire. Toute tentative
visant à transformer durablement le secteur de l'or nécessitera de prendre en compte les
intérêts, enjeux et les motivations des différents acteurs de la filière.

46

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49

�Zongo, T. (2020). Les techniques d’exploitation artisanale de l’or dans le Sanmatenga au
Burkina Faso. Innovations, enjeux politiques et environnementaux, 419-431.

50

�ANNEXES
I°) Guide d’entretien acteurs étatiques au niveau central : DGMG/DGCM
/DEMAS/DGPE
1. Quelles sont les principales missions et responsabilités de votre institution ou service en
lien avec l’artisanat minier ?
2.1 Que pensez-vous de l’Exploitation Minière Artisanale (EMA) telle que pratiquée au
Burkina ? (Énumérez les forces)
2.2. Que pensez-vous de l’Exploitation Minière Artisanale (EMA) telle que pratiquée au
Burkina ? (Énumérez les faiblesses/difficultés)
3. Quelle appréciation faites-vous du cadre légal qui régit les activités minières, en
particulier celui de la mine artisanale ?
4. Quelles sont les contraintes liées à l’organisation du secteur de la mine artisanale ?
5. Quels sont les principaux défis et contraintes auxquels vous êtes confrontés dans
l’exercice de vos attributions, notamment en matière d’encadrement et de délivrance des
titres liés à l’artisanat minier ?
6. De quels moyens d’action disposez-vous pour le respect de la convention de Minamata
dans le secteur minier artisanal de l’or ?
7. Qu’est ce qui doit être fait pour que l’EMA devienne respectueuse de la convention de
Minamata de façon spécifique et globalement de l’environnement ?
8. Quelles propositions d’actions faites-vous pour une meilleure organisation des
exploitants mineurs et du secteur de la mine artisanale ?
9. Quelles propositions pour une meilleure gouvernance du secteur minier artisanal ?
II°) Guide adressé aux acteurs locaux de la commune (Président de délégation
spéciale, Haut-commissaire, service de sécurité police/gendarmerie, agent de
l’environnement)
1. Quelles sont vos attributions spécifiques dans le cadre de l’exploitation minière
artisanale ?
2. Pouvez-vous nous parler de l’exploitation minière artisanale de l’or dans votre
localité ? (ampleur, forces, faiblesses)
3. Quelle appréciation faites-vous du cadre légal qui régit les activités minières, en
particulier celle de la mine artisanale ?
4.

Quelles sont les contraintes liées à l’organisation du secteur de la mine artisanale ?

5. Quels sont les défis et les contraintes spécifiques que vous rencontrés dans le cadre de
vos attributions ?
51

�6.
Quelles propositions d’actions faites-vous pour une meilleure organisation des
exploitants mineurs et du secteur de la mine artisanale ?
7. Quelles propositions pour une meilleure gouvernance du secteur minier artisanal ?
III°) Questionnaire adressé aux artisans miniers et faitières d’artisans miniers
1. Quelle est votre ancienneté dans l’exploitation minière artisanale ?
/__/ 0 à 5 ans
/__/ 5 à 10 ans
/__/ 10 à 15 ans
/__/ 15 à 20 ans
/__/ Plus de 20 ans
2. Êtes -vous légalement reconnu ? (AEA ? Carte d’artisan minier ou autre ?)
/__/ Autorisation d'exploitation artisanale (AEA)
/__/ Carte d'artisan minier
/__/ Carte de fournisseurs de service
/__/ Carte de collecteur d'or
/__/ Autre :
3. Quelles sont les faitières d'artisans miniers présentes sur le site ainsi que les
coopératives ?
4. Quelle activité faites-vous sur le site ?
/__/ Creuseur
/__/ Propriétaire de trou
/__/ Concassage de minerai
/__/ Broyeur de minerai
/__/ Responsable du site
/__/ Collecteur d'or
/__/ Autre :
5. Que pensez-vous de votre activité ?
6. Quel est votre revenu moyen mensuel (responsable du site, propriétaire du trou, creuseur,
broyeur, concasseur, laveur et dynamiteur) ?
7. Quelle appréciation faites-vous du cadre légal qui régit votre activité ?
8. Quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez dans vos activités ?
9. Quelles sont vos attentes et vos besoins en matière d’accompagnement, de formation,
de financement, etc.
10. Y a-t-il d'autres informations pertinentes que la faitière souhaite partager concernant
ce sujet ?

52

�TABLE DES MATIERES
DÉDICACE ......................................................................................................................................... ii
REMERCIEMENTS ............................................................................................................................ iii
LISTE DES TABLEAUX ........................................................................................................................ v
LISTE DES FIGURES ........................................................................................................................... v
LISTE DES PHOTOS ........................................................................................................................... v
SIGLES ET ABRÉVIATION .................................................................................................................vii
INTRODUCTION GENERALE .............................................................................................................. 1
CHAPITRE I : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LITTERATURE ....................................................... 7
I.

II.

CADRE CONCEPTUEL ................................................................................................................ 7
I.1

Exploitation minière artisanale (EMA) ............................................................................. 7

I.2

Exploitation Responsable................................................................................................. 8

I.3

Gouvernance.................................................................................................................... 9

REVUE DE LITTERATURE SUR LE LIEN ENTRE LA GOUVERNANCE ET L’EMA .......................... 10

CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE DE RECHERCHE ........................................ 17
I. LE CADRE DE L’ETUDE ................................................................................................................. 17
I.1 Cadre juridique ..................................................................................................................... 17
I.2 Cadre institutionnel .............................................................................................................. 19
I.3 Description de l’EMA au Burkina Faso .................................................................................. 21
1.4. Présentation des zones d’études ........................................................................................ 24
II. LES APPROCHES METHODOLOGIQUES ...................................................................................... 26
II.1

Champ d’analyse ............................................................................................................ 26

II.2

La population ................................................................................................................. 26

II.2.1

L’échantillonnage ................................................................................................... 27

II.2.2

Les outils de collecte .............................................................................................. 28

II.2.3

Les entretiens......................................................................................................... 29

II.3

La méthode de collecte et technique d’analyse des données ....................................... 29

II.3.1

La méthode de collecte et de traitement des données ......................................... 29

II.3.2

L’aperçu du modèle d’analyse ............................................................................... 29

CHAPITRE III : PRESENTATION DES RESULTATS ET ANALYSES ....................................................... 31
I. LA PRESENTATION DES DONNEES RECUEILLIES ET ANALYSES.................................................... 31
I.1 La perception de l’EMA telle que pratiquée au Burkina Faso .............................................. 31
I.1.1 Répartition des enquêtés selon leur ancienneté dans l’EMA............................................ 31
I.1.2. Répartition des enquêtés selon leur appréciation des pratiques de l’EMA ..................... 32
I.1.3. Répartition des types de produits chimiques utilisés par les artisans miniers dans le
traitement du minerai ............................................................................................................... 33
53

�I.2. L’appréciation du cadre légal régissant l’EMA au Burkina Faso .......................................... 33
I.3. Les contraintes et défis liés à l’organisation du secteur de la mine artisanale ................... 35
II. L’ANALYSE DES DONNEES .......................................................................................................... 35
II.1. Analyse des forces et faiblesses de l’EMA .......................................................................... 35
II.2. Les facteurs limitant l’encadrement de l’EMA.................................................................... 37
II.3. Analyse des approches d’EMA responsables promues ...................................................... 39
II.3.1

Le projet Planet GOLD............................................................................................ 39

II.3.2

Le projet pilote « or propre » ................................................................................ 40

CONCLUSION GENERALE................................................................................................................ 43
BIBLIOGRAPHIE .............................................................................................................................. 47
ANNEXES ........................................................................................................................................ 51
TABLE DES MATIERES..................................................................................................................... 53

54

�</text>
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                </elementTextContainer>
              </element>
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                <text>Analyse de l’effet de la gouvernance sur l’Exploitation &#13;
Minière artisanale (EMA) au Burkina Faso : cas des communes de Dano et de Méguet.</text>
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                <text>L’Exploitation Minière Artisanale (EMA), bien que pourvoyeuse d’emploi et de revenus pour la population Burkinabé, semble échapper aux mesures établies par la loi posant ainsi des défis sociaux, environnementaux, sanitaires et sécuritaires. Son organisation apparaît donc essentielle pour une exploitation plus responsable. Cette recherche vise à analyser l’effet de la gouvernance sur l’EMA responsable, en utilisant une méthodologie mixte combinant la recherche documentaire ainsi que des approches quantitative et qualitative via des entretiens. Les résultats mettent en évidence les forces de l’EMA, tels que la réduction du chômage, et le développement local, ainsi que ses faiblesses, notamment la dégradation environnementale, les risques sanitaires et les conflits. L’analyse des modes de gestion révèle une volonté étatique d’encadrement face à un secteur largement informel. Les leçons tirées de deux projets ayant promu des pratiques responsables montrent qu’il est possible de promouvoir un « or responsable », bien que l’élimination totale des produits chimiques reste complexe. Cela souligne la nécessité pour les décideurs d’adopter des mesures renforçant l’encadrement et le respect des droits humains et de l’environnement.</text>
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                <text>Analyse de l’impact des écoles d’entrepreneuriat agricoles (FBS) sur la gestion des exploitations agricoles : cas des producteurs de cacao biologique au Togo</text>
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                <text>Dans le but de renforcer les capacités des agriculteurs de cacao biologique en les dotant de compétences en gestion technico-économique et en entrepreneuriat, l’approche Farmers Business School (FS) a été adaptée à la filière cacao biologique et administrée aux producteurs agricoles de la région des plateaux. Après 7 ans d’accompagnement des producteurs de cacao biologique à leur professionnalisation en tant qu’entrepreneur avec l’approche FBS, il est indispensable d’évaluer son impact sur la gestion de leurs exploitations. Cette recherche vise ainsi à analyser l’impact du Farmers Business School sur la gestion et le revenu des exploitations de cacao biologique. Les données primaires ont été collectées au moyen d’entretiens individuels, à l’aide d’un questionnaire bien structuré auprès de 405 cacaoculteurs sélectionnés de manière aléatoire. Les données collectées ont été traitées et analysées à l’aide du tableur Excel et du logiciel STATA. La méthode d’évaluation utilisée est l'appariement par score de propension (PSM). Les résultats des estimations de l’effet de l’approche FBS sur l’adoption des outils de gestion, par le test de différence de proportion et l’analyse du niveau d’adoption de chaque outil pour chacun des groupes (participants et non participants), montre une meilleure utilisation des outils de gestion par les participants à la formation comparativement aux non participants. De même, les résultats des estimations de l’effet du FBS sur le revenu agricole montrent par la technique de Kernel, une augmentation du revenu de 315.000 F CFA par an. L’analyse des résultats permet de suggérer aux décideurs et promoteurs de l’approche, de mettre en place un dispositif de suivi post formation pour garantir une bonne gestion des exploitations et l’amélioration du revenu.</text>
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                <text>Analyse de l’impact économique de l’agriculture biologique dans le maraîchage au Nord du Bénin.</text>
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                <text>Cette recherche évalue l’impact économique de l’agriculture biologique (AB) dans le maraîchage au Nord du Bénin, face aux limites de l’agriculture conventionnelle et à la demande croissante en produits sains. L’étude analyse les déterminants de l’adoption, ses effets sur les revenus et les perceptions des producteurs. Sur la base d’une enquête menée auprès de 300 maraîchers, dont 136 adoptants et 164 non-adoptants, les résultats montrent que l’appartenance &#13;
à une coopérative, la formation et la disponibilité des intrants biologiques favorisent l’adoption.&#13;
Sur le plan économique, l’AB améliore significativement les revenus des maraîchers, générant &#13;
un gain net annuel compris entre 54 000 et 107 000 FCFA par producteur. Ces bénéfices s’expliquent par la réduction des coûts en intrants chimiques et l’accès à des marchés plus rémunérateurs, malgré les contraintes liées à la certification, à la disponibilité des intrants et à l’intensité en main-d’œuvre. Les perceptions des producteurs apparaissent contrastées : une majorité reconnaît les avantages économiques, sanitaires et environnementaux, tandis qu’une &#13;
minorité reste réticente, invoquant la crainte de faibles rendements et un manque de confiance &#13;
dans la certification. En définitive, l’agriculture biologique constitue une alternative durable et rentable. Son essor nécessite des politiques incitatives, un renforcement des coopératives, un meilleur accès aux intrants biologiques et un accompagnement technique adapté.</text>
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                  <text>La collection Éducation et formation (EF) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières éducation et formation.</text>
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        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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                <text>Analyse de l’implémentation de l’enseignement en ligne dans les universités publiques du Burkina Faso : cas de l’adaptabilité des étudiants de l’Université Virtuelle</text>
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                <text>L’objectif de notre recherche est d’étudier les facteurs qui influencent l’adaptabilité des étudiants de l’université virtuelle dans le processus de l’enseignement en ligne. Cela nous a amené à étudier les facteurs individuels, les facteurs contextuels, les besoins spécifiques à prendre en compte, ainsi que les difficultés auxquelles les étudiants font face dans leur processus d’apprentissage et d’adaptation à l’enseignement en ligne. L’étude a été construite autour des concepts des théories de l’apprentissage. Ces &#13;
théories fournissent un cadre conceptuel pour l’interprétation de ce que nous observons &#13;
et elles offrent des orientations pour trouver des solutions aux problèmes rencontrés lors &#13;
du processus d’apprentissage en ligne.&#13;
Nous avons opté pour une approche mixte afin d’optimiser la compréhension des &#13;
questions de recherche et de renforcer la pertinence ainsi que la validité de notre étude. &#13;
Nous avons construit notre stratégie d’analyse des données en nous basant sur les &#13;
approches quantitatives et qualitatives. &#13;
Au terme d’une collecte de données auprès de 427 étudiants, de 4 délégués de &#13;
promotion, de 7 enseignants et de 3 membres du personnel administratif de l’université &#13;
virtuelle, nos résultats montrent que les facteurs influençant l’adaptation des étudiants &#13;
sont d’ordre individuel (la motivation, l’auto-discipline, les compétences numériques, le &#13;
style d’apprentissage) et contextuel (l’environnement d’apprentissage, la facilité d’accès &#13;
aux ressources pédagogiques, les interactions avec les enseignants). En outre, l’étude &#13;
démontre que les étudiants ont des besoins spécifiques (pédagogiques et techniques) &#13;
dont la satisfaction aide à une meilleure adaptation. &#13;
Au regard des difficultés et des besoins spécifiques des étudiants, l’étude est parvenue &#13;
à la conclusion que la forme hybride c’est-à-dire l’association du présentiel et du virtuel &#13;
en début de formation serait plus aisé avant de basculer complètement dans un système &#13;
typiquement virtuel. </text>
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                <text>Mémoire de master</text>
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                <text>Analyse de la gestion des structures éducatives du postprimaire&#13;
et du secondaire dans un contexte de crise sécuritaire&#13;
dans la province du Kénédougou : état des lieux et perspectives.</text>
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                <text>Ce mémoire porte sur l’analyse de la gestion des structures éducatives du post-primaire et du secondaire dans un contexte de crise sécuritaire dans la province du Kénédougou. Le Burkina Faso est confronté depuis plusieurs années à une insécurité croissante marquée par les attaques de groupes armés, entraînant la fermeture d’écoles, le déplacement massif d’élèves et d’enseignants, ainsi qu’une désorganisation profonde du système éducatif. Dans ce contexte, la gestion des établissements scolaires constitue un défi majeur pour les acteurs éducatifs, qui doivent concilier continuité pédagogique et impératifs sécuritaires. L’objectif principal de cette recherche est de dresser un état des lieux des difficultés rencontrées par les structures éducatives du Kénédougou face à la crise sécuritaire, tout en identifiant les stratégies d’adaptation mises en oeuvre. Sur le plan méthodologique, une approche mixte a été mobilisée : des enquêtes quantitatives par questionnaires auprès des enseignants, élèves déplacés et parents d’élèves, ainsi que des entretiens qualitatifs avec les chefs d’établissement, encadreurs pédagogiques et responsables administratifs. À ces outils s’est ajoutée une analyse documentaire des rapports officiels et statistiques scolaires afin de trianguler les données. Les résultats révèlent que l’insécurité constitue la principale entrave au bon fonctionnement des établissements scolaires. Environ 92 % des acteurs interrogés pointent les menaces sécuritaires comme facteur majeur de perturbation, se traduisant par des menaces directes adressées aux enseignants (63 %), des fermetures d’écoles (57 %), le déplacement des élèves (54 %) et des attaques à proximité des établissements (43 %). Les chefs d’établissement, quant à eux, soulignent les difficultés de gestion administrative, la baisse du rendement scolaire et la fragilisation du climat éducatif. Toutefois, des stratégies de résilience émergent : regroupements pédagogiques, recours à la radio éducative, soutien communautaire et accompagnement psychologique des élèves.</text>
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        <name>stratégies de résilience</name>
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                <text>Analyse de la qualité du dispositif de formation à distance : cas de l’Institut de Formation Ouverte A Distance de l’Université Thomas SANKARA</text>
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                <text>Cette recherche scientifique repose sur l'analyse de la qualité du dispositif de l'Institut de Formation Ouverte A Distance de l’UTS. Le travail a consisté en l’examen de l'efficience et du rendement des modules d'apprentissages transmis aux apprenants à distance par l'IFOAD. Pour atteindre cet objectif, une approche méthodologique mixte a été utilisée, avec une série d'enquêtes effectuées auprès des apprenants et des entretiens avec les responsables de l’IFOAD pour la collecte des données. Les résultats montrent que la majorité des apprenants de l'IFOAD trouvent satisfaction à leurs attentes malgré la rencontre de certaines difficultés notamment l'interaction limitée entre les enseignants et les apprenants et les complications relatives à l'autonomie tout au long du cursus d’apprentissage. Les résultats impliquent en termes de suggestions, un renforcement de l’accompagnement et une amélioration des outils numériques et des supports pédagogiques en vue d’une adaptation des contenus au besoin du marché.&#13;
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                    <text>MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT
SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE
ET DE L’INNOVATION

BURKINA FASO
La Patrie ou la Mort,
nous Vaincrons

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UNIVERSITE THOMAS SANKARA
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INSTITUT DE FORMATION
OUVERTE A DISTANCE
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Pour l’obtention du master pro Développement Local et Gestion des
Collectivités Territoriales (DEVLOG)
Promotion 2021 – 2022
THEME

ANALYSE DES FACTEURS LIMITANT LA
PARTICIPATION CITOYENNE DANS LA
GESTION DE LA COMMUNE DE PÔ
Présenté par :
SAKANDE Hamado

DIRECTEUR DE MEMOIRE :
Dr Alima Paule Ariane SOUMAÏLA/NAPON
DECEMBRE 2024

�DEDICACE

À ma famille pour leur soutien inconditionnel et leur amour sans limite.

i

�REMERCIEMENTS
« Merci est un petit mot, mais il ne sort de la bouche que sous l’effet d’un acte qui inspire
la gratitude » disait Amadou Hampâté Bâ. Au terme de ce travail, je voudrais exprimer
ma profonde gratitude à toutes celles et tous ceux qui ont contribué à la réussite de notre
formation. Nous voudrions nous garder de les citer de peur d’en oublier. Néanmoins, nous
sollicitons la compréhension de toutes et de tous pour traduire nos sincères
remerciements à :
-

Docteur Alima Paule Ariane SOUMAÏLA/NAPON, notre directrice de mémoire
pour l’encadrement et pour nous avoir inculqué l’amour de la recherche ;

-

Monsieur Valérie BAMA, Préfet, Président de la Délégation spéciale de la
Commune de Pô ;

-

Monsieur Hamidou ZONGO, secrétaire général de la mairie de Pô, notre maitre
de stage, pour sa précieuse assistance ;

-

Docteur Benjamin SIA, responsable administratif / IFOAD-Université Thomas
SANKARA ;

-

L’ensemble du personnel de la mairie de Pô pour l’accueil chaleureux et les
encouragements ;

-

Tout le personnel et le corps professoral de l’IFOAD-Université Thomas
SANKARA qui n’ont ménagé aucun effort pour nous assurer une formation de
qualité et leur disponibilité ;

-

Tout le personnel de l’AUF/BURKINA FASO pour leur disponibilité à nous
accueillir dans leurs locaux lors de nos passages à Ouagadougou ;

-

Tous les apprenants en DEVLOG de la promotion 2020-2022 pour la bonne
collaboration, l’esprit de camaraderie et pour leur disponibilité ;

-

Tous les enquêtés pour leur disponibilité et leurs contributions combien
importantes dans la collecte des données pour la rédaction de ce mémoire ;

-

Nos parents et amis qui nous ont toujours soutenus et encouragés dans notre
parcours académique et professionnel ;

A tous, daignez trouver en ces mots toute mon admiration et ma reconnaissance.

ii

�SIGLES ET ABREVIATIONS
AN

: Assemblée Nationale

AUF

: Agence Universitaire de la Francophonie

CADHP

: Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples

CADEG

: Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance

CCCO

: Cadre de Concertation Communale

CGCT

: Code Général des Collectivités Territoriales

CGLU

: Cités et Gouvernements Locaux Unis

CPO

: Commune de Pô

COVED

: Comité de Veille et de Développement

CVD

: Conseil Villageois de Développement

CT

: Collectivité Territoriale

DS

: Délégation Spéciale

DUDH

: Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

ENAM

: Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature

ENAREF

: Ecole Nationale des Régies Financières

IFOAD

: Institut de Formation Ouverte A Distance

MATD

: Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation

MEF

: Ministère de l’Economie et des Finances

MESRI

: Ministère des Enseignements Supérieurs de la Recherche et de l’Innovation

NMP

: Nouveau Management Public

OSC

: Organisation de la Société Civile

ONG

: Organisation Non Gouvernementale

PACT

: Programme d’Appui aux Collectivités Territoriales

PCD

: Plan Communal de Développement

PDS

: Président de la Délégation Spéciale

PM

: Premier Ministère

PNKT

: Parc National Kaboré Tambi

RCSD

: Région du Centre Sud

SG

: Secrétariat Général

UTS

: Université Thomas SANKARA

iii

�LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1: Echelle de la participation de Sherry Arnstrein (1969) ................................. 13
Tableau 2 : Présentation de la taille de l’échantillon ...................................................... 26
Tableau 3 : Récapitulatif de l’échantillon d’enquête réalisé ........................................... 30
Tableau 4 : Répartition des enquêtés selon le sexe ......................................................... 33
Tableau 5 : Répartition des enquêtés selon l’âge ............................................................ 33
Tableau 6 : Répartition des enquêtés selon le niveau d’instruction ................................ 34
Tableau 7 : Opinion des répondants sur l’existence des outils/mécanismes institutionnels
facilitant la participation des citoyens à la gestion des collectivités territoriales. .......... 35
Tableau 8 : Opinion des répondants sur l’élaboration du budget communal ................. 36
Tableau 9 : Opinion des interviewés sur l’accessibilité du budget et des comptes
administratifs et de gestion de la commune.................................................................... 37
Tableau 10 : Opinion des répondants sur la participation des citoyens aux sessions du
conseil municipal ............................................................................................................ 37
Tableau 11 : Point de vue des citoyens sur la publication des délibérations et des actes des
autorités communales relatifs au budget ........................................................................ 38
Tableau 12 : Publication du bilan annuel des activités du conseil municipal ................. 39
Tableau 13 : Connaissance des citoyens sur l’existence d’un cadre de concertation
communal (CCCO) fonctionnel ..................................................................................... 40
Tableau 14 : Avis des enquêtés sur l’existence d’autres cadres de concertations ........... 41
Tableau 15 : Appréciation des citoyens de la gestion des autorités communales ........... 41

iv

�LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Participation des citoyens aux débats publics sur les projets et programmes de
la commune .................................................................................................................... 36
Figure 2 : Canaux d’information des activités de la commune aux populations par les
autorités communales ..................................................................................................... 39
Figure 3 : Perceptions des citoyens sur les avantages de la participation citoyenne à la
gestion de la commune ................................................................................................... 42
Figure 4 : Perception des citoyens sur les obstacles qui entravent la participation
citoyenne à la gestion de la commune de Pô .................................................................. 43
Figure 5 : Suggestions pour une réelle participation citoyenne à la gouvernance locale
dans la commune ............................................................................................................ 45

v

�SOMMAIRE
DEDICACE ....................................................................................................................... i
REMERCIEMENTS ........................................................................................................ ii
SIGLES ET ABREVIATIONS ........................................................................................ iii
LISTE DES TABLEAUX................................................................................................ iv
LISTE DES FIGURES ..................................................................................................... v
SOMMAIRE.................................................................................................................... vi
RESUME ........................................................................................................................ vii
ABSTRACT ................................................................................................................... vii
INTRODUCTION ............................................................................................................ 1
CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LITTERATURE ...................... 6
I.1 CADRE THEORIQUE ............................................................................................... 6
I.2. REVUE DE LITTÉRATURE SUR LA PARTICIPATION CITOYENNE À LA
GESTION DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES ............................................... 14
CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE .................................. 18
II.1. PRESENTATION DU CADRE DE L’ETUDE ...................................................... 18
II.2. METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE ........................................................... 22
CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS ET DISCUSSION ............................. 33
III.1. PRESENTATION, ANALYSE ET DISCUSSION DES RESULTATS ................. 33
III.2. SUGGESTIONS .................................................................................................... 47
CONCLUSION .............................................................................................................. 50
IBLIOGRAPHIE ............................................................................................................ 52
ANNEXES ..................................................................................................................... 57
TABLE DE MATIÈRE ................................................................................................... 67

vi

�RESUME
La participation citoyenne est un facteur clé à la réussite de la mise en œuvre de la
politique de décentralisation adoptée par le Burkina Faso. Cependant, après plus d’une
quinzaine d’années après la communalisation intégrale, la problématique de la
participation citoyenne se pose avec acuité dans les collectivités territoriales. C’est dans
ce sens que l’objectif général de cette recherche a consisté à analyser les facteurs limitant
la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô. À travers une approche
mixte combinant méthodes qualitatives et quantitatives, les résultats de la présente
recherche a fait ressortir que plusieurs facteurs tels que la non exploitation effective des
mécanismes de participation, le déficit de communication et l’analphabétisme limitent la
participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô. Face à cela, la mise en place
d’un cadre de concertation communal fonctionnel, l’instauration d’une culture du devoir
de redevabilité et la mise en œuvre d’une stratégie de communication permettront de
garantir une participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô.
Mots clés : participation citoyenne, décentralisation, développement local, collectivité
territoriale, communalisation intégrale et Pô.
ABSTRACT
Citizen participation is a key factor in the successful implementation of the
decentralization policy adopted by Burkina Faso. However, more than fifteen years after
full municipalization, the problem of citizen participation arises acutely in local
authorities. It is in this sense that the general objective of this research consisted of
analyzing the factors limiting citizen participation in the management of the municipality
of Pô. Through a mixed approach combining qualitative and quantitative methods, the
results of this research showed that several factors such as the effective non-exploitation
of participation mechanisms, the communication deficit and illiteracy limit citizen
participation in the management of the commune of Po. Faced with this, the establishment
of a functional municipal consultation framework, the establishment of a culture of duty
of accountability and the implementation of a communication strategy will make it
possible to guarantee citizen participation in the management of the commune of Po.
Keywords: citizen participation, decentralization, local development, territorial
collectivity, integral communalization and Pô

vii

�INTRODUCTION
Au lendemain de l’accession à l’indépendance des pays de l’Afrique subsaharienne, la
majeure partie hérite des frontières de la colonisation et s’engage vers l’édification d’un
État unitaire qui concentre la plus grande partie du pouvoir décisionnel. Ce mode de
gouvernance qui a prévalu pendant les années qui suivirent les indépendances dans
nombre de pays ouest-africains, dont le Burkina Faso, a très vite révélé des limites,
notamment l’absence de participation des populations aux processus de prise de décision
et la non prise en compte de leurs préoccupations réelles. Au regard de cette situation et
à la faveur de l’avènement du mouvement de démocratisation dans les années 1990, il
s’est avéré nécessaire pour les autorités burkinabè de repenser la gouvernance. La
nouvelle constitution adoptée par référendum le 02 juin 1991, outre qu’elle organise les
pouvoirs publics constitutionnels et garantit les droits fondamentaux de la personne
humaine, consacre la décentralisation territoriale comme mode d’organisation du
territoire. En effet, l’article 143 dispose que « le Burkina Faso est organisé en collectivité
territoriale ».
Aussi, pour permettre la participation démocratique des citoyens à la libre administration
des collectivités territoriales telle que prévue par l’article 145 de la constitution du 02 juin
1991, le législateur a adopté la loi n° 055-2004/AN du 21 décembre 2004 portant code
général des collectivités territoriales au Burkina Faso qui détermine l’orientation de la
décentralisation, les compétences et les moyens d’action, les organes et l’administration
des collectivités territoriales au Burkina Faso. L’article 2 dudit code définit la
décentralisation comme étant « le droit des collectivités territoriales à s’administrer
librement et à gérer des affaires propres en vue de promouvoir le développement à la base
et de renforcer la gouvernance locale ». La décentralisation implique une gouvernance
locale participative et exige que le citoyen soit l’acteur de son propre développement.
C’est dans ce sens que le ministère de l’Administration territoriale souligne : « Il faut
cultiver la dimension participative et citoyenne sous peine de perdre en partie ce qui la
fonde, à savoir, l’implication de la population dans le processus décisionnel1».
La participation citoyenne à la gouvernance est encadrée par des instruments
internationaux et nationaux. Au niveau international, il y a la Déclaration universelle des
BURKINA FASO Ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation : État des lieux de la
décentralisation au Burkina Faso 2006-2010 P.51
1

1

�droits de l’Homme, la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, la Charte
africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.
La Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948, en son article 21,
traite de la question de la participation citoyenne. Selon l'alinéa 3 de cette disposition, «
la volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ».
Pour la Charte africaine des droits de l'homme et du peuple, c'est l'article 13 qui traite de
cette question de participation. Son alinéa 1 dispose que « tous les citoyens ont le droit
de participer librement à la direction des affaires publiques de leur pays, soit directement,
soit par l'intermédiaire des représentants librement choisis, ce conformément aux règles
édictées par la loi ».
Quant à la Charte Africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, elle vient
renforcer le dispositif juridique qui encadre la participation des citoyens à la gestion des
affaires publiques. L’alinéa 10 de l’article 2 dispose que « la présente charte a pour
objectif de promouvoir la création des conditions nécessaires pour faciliter la
participation des citoyens, la transparence, l’accès à l’information, la liberté de presse et
l’obligation de rendre compte de la gestion des affaires publiques ».
Au plan national, la participation citoyenne est garantie par la Constitution du 02 juin
1991 et le Code général des collectivités territoriales.
La constitution dispose en son article 12 que « tous les Burkinabè sans distinction aucune
ont le droit de participer à la gestion des affaires de l’État et de la société. » À ce titre, ils
sont électeurs et éligibles dans les conditions prévues par la loi. Et l'article 145 d'ajouter
que « la loi organise la participation démocratique des populations à la libre
administration des collectivités territoriales ».
L'Article 11 du code général des collectivités territoriales confère aux citoyens un droit
de regard sur la conduite des affaires locales. Selon cet article, « les habitants de la
collectivité territoriale ont droit à l'information sur la gestion des affaires locales ». Ce
droit s'exerce par :
-

Leur participation aux débats publics sur les projets et programmes locaux de
développement et sur les grandes orientations du budget local ;

-

La mise à la disposition des personnes physiques ou morales du budget et des
comptes des collectivités territoriales ;
2

�-

L’accès du public aux séances des conseils des collectivités territoriales, à
l’exception de celles tenues à huis clos ;

-

La publication des délibérations du conseil et des actes des autorités locales
relatives au budget ;

-

La publication du bilan annuel d'activités du conseil de la collectivité.

En effet, le droit à l'information des habitants sur les affaires locales s'exerce sous réserve
des dispositions en vigueur relatives notamment à la publicité des actes des autorités
locales et à la liberté d'accès aux documents administratifs.
Malheureusement, après plus d’une quinzaine d’années après la communalisation
intégrale, force est de constater que la problématique de la participation citoyenne se pose
avec acuité dans les collectivités territoriales. En effet, le bilan de la mise en œuvre de la
décentralisation des cycles I et II fait ressortir une mauvaise qualité de la gouvernance
locale et un désintéressement des citoyens à la gestion des affaires locales. Il ressort que
dans la fourniture des services publics, les élus locaux, dans leur majorité, n’informent
pas suffisamment les citoyens et ne les impliquent pas convenablement dans
l’élaboration, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des projets et programmes de
développement local. Ces élus ne se sentent pas redevables envers la population et rendent
donc très peu compte à cette dernière. Parallèlement, les citoyens ne réclament pas leur
participation, ils accordent peu de crédibilité à l’action des élus et paraissent indifférents
aux biens et à l’action publique. Pour le cas spécifique de la commune de Pô, une analyse
des rapports du maire sur l’exécution des activités de la mairie de 2019, 2020, 2021, 2022
et 2023 relèves qu’aucun débat public sur les projets et programmes locaux de
développement et sur les grandes orientations du budget de la commune n’ont été
organisé. Aussi, dans la même période, une analyse des listes de présence aux sessions du
conseil municipal laisse percevoir qu’il n’existe pas de liste de présence de citoyens qui
ont pris part à des sessions de façon volontaire. Cette triste réalité caractérise une faible
participation des citoyens à la gestion des affaires locales.
Pourtant, selon OUEDRAOGO (2016), la participation citoyenne revêt une grande
importance, car les citoyens jouent un rôle primordial dans toute vision ou politique de
développement local et surtout dans un système décentralisé. Dans sa recherche, il met
en exergue les cadres normatifs et institutionnels de la participation citoyenne et note
comme insuffisances les divergences politiques, la faible participation aux prises de
3

�décision, le défi de rendre compte aux citoyens, la faible implication des citoyens aux
sessions du conseil municipal.
Aussi, YAMBRESSINGA (2022), relève que « l’implication des populations à la prise de
décisions reste encore limitée par des obstacles qui sont imputables à l’attitude de la
population qui s’intéresse très peu à la gestion de la chose municipale, mais également au
cadre juridique qui donne peu de marge de manœuvre aux citoyens pour intervenir dans
les instances décisionnelles communales ». Par ailleurs, il note que les mécanismes de
communication et de mobilisation élaborés par les autorités communales pour enclencher
la participation citoyenne n’ont pas donné les résultats escomptés, puisque n’étant pas
adaptés aux diverses réalités des populations.
La question principale de recherche est alors la suivante : « Quels sont les déterminants
de la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô ? ».
De cette question principale se dégagent les questions spécifiques suivantes :
•

Quelle influence les citoyens peuvent-ils exercer sur la gestion des autorités de la
commune de Pô ?

•

Les mécanismes institutionnels facilitant la participation citoyenne à la gestion
des affaires locales sont-ils exploités dans la commune de Pô ?

•

Quels sont les obstacles à la participation citoyenne dans la gestion de la commune
de Pô ?

Partant du postulat que la décentralisation est un processus irréversible et que la
participation citoyenne est un facteur clé pour sa réussite, la présente recherche se fixe
comme objectif général d’analyser les facteurs limitant la participation citoyenne à la
gestion de la commune de Pô. De manière spécifique, il s’agit de :
•

Mettre en exergue l’influence des citoyens sur la gestion des autorités de la
commune de Pô ;

•

Analyser l’effectivité des mécanismes institutionnels facilitant la participation
citoyenne à la gestion des affaires locales dans la commune de Pô ;

•

Identifier les obstacles à la participation citoyenne dans la gestion de la commune
de Pô.

4

�Pour atteindre les objectifs poursuivis par cette recherche et exploiter toute la
problématique soulevée, les hypothèses suivantes sont émises :
H1 : Les citoyens exercent une influence positive sur la gestion des autorités de la
commune de Pô dans le sens de contribuer à une gouvernance plus inclusive des affaires
locales ;
H2 : Les facteurs institutionnels facilitant la participation citoyenne à la gestion des
affaires locales ne sont pas effectivement exploités dans la commune de Pô ;
H3 : l’ignorance, l’analphabétisme, l’absence d’un plan de communication, le non
fonctionnement des cadres de concertation communal limitent la participation citoyenne
dans la gestion de la commune de Pô.
L’intérêt de cette recherche se situe au triple plan académique, personnel et professionnel.
Sur le plan académique, elle renforcera les connaissances théoriques et pratiques sur la
participation citoyenne, le développement local et la gestion des collectivités territoriales.
Sur le plan personnel, cette recherche constituerait un cadre expérimental de renforcement
de nos capacités professionnelles en tant qu’administrateur civil et ayant travaillé ces dix
dernières années dans les collectivités territoriales.
Sur le plan professionnel, les recommandations permettront d’une part aux autorités
municipales d’adapter les objectifs et la mise en œuvre des politiques publiques aux
besoins des citoyens et à l’intérêt général, et d’autre part d’identifier les
dysfonctionnements et les points d’amélioration des mécanismes de mise en œuvre du
droit à l’information des citoyens et d’aller vers une gouvernance plus inclusive.
Cette recherche se limite à l’analyse des déterminants de la participation citoyenne dans
la gestion de la commune de Pô avec un accent particulier sur les facteurs limitatifs de la
participation citoyenne. Elle s’évertue à mettre en évidence les facteurs limitatifs et
propose des pistes de solutions. Ainsi, elle ne prend pas en compte la participation des
citoyens à la désignation de leurs représentants aux sphères décisionnels ni leur
participation financière à la gestion de la commune.
La suite de la recherche s’articule autour de trois (03) chapitres. Le premier chapitre
présente le cadre théorique et la revue de littérature, le deuxième chapitre fait cas du cadre
de l’étude et de la méthodologie et le dernier chapitre s’appesantit sur l’analyse et la
discussion des résultats.
5

�CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LITTERATURE
La rédaction d'un travail scientifique a plusieurs exigences, parmi lesquelles la description
d’un cadre théorique et la revue de littérature. Le premier exercice se veut important dans
la mesure où il permet de fournir une base conceptuelle et analytique pour la recherche.
La revue de littérature, pour sa part, sert de référence scientifique pour la recherche, en
ce sens qu’elle permet de situer la recherche dans le contexte des travaux antérieurs,
aidant à comprendre ce qui a déjà été fait et où se trouvent les zones qui nécessitent
davantage d'investigation.
I.1 CADRE THEORIQUE
Cette partie présente la définition de quelques concepts en lien avec la participation
citoyenne dans la gestion des collectivités territoriales.
I.1.1. Clarification de quelques concepts
Cette partie définit les concepts clés de la thématique. Elle donne une explication des
terminologies suivantes : décentralisation, mécanisme de participation citoyenne,
gouvernance locale, collectivité territoriale et gestion de collectivité territoriale.
Décentralisation
Le terme décentralisation est souvent utilisé de manière générique pour désigner une série
de processus qui, selon les lieux, présentent des traits relativement différents
(déconcentration, territorialisation, dévolution, communalisation, décentralisation,
municipalisation, etc.). C’est dans cette optique que ROCHEGUDE (2001) caractérise la
décentralisation comme un mode d’organisation de l’État consistant à identifier
juridiquement des collectivités territoriales comme personnes morales autonomes,
susceptibles d’exercer des compétences, notamment locales. Ce processus inclut donc
une caractérisation des collectivités territoriales susceptibles d’être reconnues comme
personnes morales de droit public, une énumération des compétences qui leur sont
propres, et la délimitation du territoire d’exercice de ces compétences.
BARA (2005) note que la décentralisation est un système de dévolution du pouvoir de
l’État central vers des structures situées à des échelons inférieurs. Elle constitue un
instrument de renforcement de la démocratie et de la participation citoyenne à la gestion
des affaires locales. Mais avant lui, ROIG (1966) avait été plus clair sur le concept en
soulignant que la notion de décentralisation s’applique à un phénomène général, celui de
6

�la répartition ou de la distribution des compétences et des pouvoirs entre un organe central
ou national et des organes non centraux ou périphériques des collectivités territoriales.
Dans le même sens, SAWADOGO (2001), OLADE ET AL. (2003), TOTTÉ (2003), Y.
OUEDRAOGO (2007) pensent que « la décentralisation est perçue comme un processus
qui consacre le droit des collectivités territoriales à s'administrer librement et à gérer des
affaires propres en vue de promouvoir le développement à la base et de renforcer la
gouvernance locale. » Cette définition a été reprise par l’article 2 de la loi n°055-2004/
AN du 21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales au Burkina
Faso.
En outre, la décentralisation qui est vue comme un déclic du développement de la plupart
des pays de l’Afrique de l’Ouest est confrontée à des difficultés. OUATTARA (2023) note
que « le phénomène du terrorisme a freiné le processus de décentralisation et les efforts
endogènes de développement des communautés de base : les communes sous pression
ont vu l’anéantissement de leurs efforts en matière de gouvernance et d’initiatives pour la
mobilisation des ressources en vue de l’amélioration des conditions et cadres de vie des
populations ». En guise de solution, OUATTARA (2023) estime que « pour une
gouvernance adaptée aux réalités locales et tenant compte de nouvelles aspirations des
populations, il faut aller plus loin dans les principes actuels de définition des collectivités
territoriales et des attributions des représentants de l’État dans les circonscriptions
administratives ».
Citoyen
Selon ROQUEFORT-COOK (2015), le citoyen peut être défini comme toute personne
qui, en plus des droits civils et politiques dont il jouit, participe à la vie de la cité et fait
d’une entité plus grande que lui (État, collectivité territoriale) une priorité devant ses
intérêts particuliers. CONTOGEORGIS (2000) précise que le concept de citoyen désigne
avant tout une origine et un statut, qui déterminent la nature de la relation inscrivant
l’individu dans une entité sociale concrète. La référence à la cité implique que la qualité
de citoyen n’est compatible qu’avec un type de société dont l’existence et l’assise
dépendent de l’individu, lequel est reconnu comme son constituant immédiat et son
hétairos. C'est dans cette logique qu'on peut parler de citoyenneté. Elle renvoie à la
participation citoyenne.

7

�Dans le cadre de cette recherche, le citoyen est un habitant de la cité qui est en règle visà-vis de ses devoirs civiques, c'est-à-dire celui qui paye ses taxes et qui prend part aux
votes. C’est aussi celui qui participe pleinement aux actions de développement de sa
commune. Dans ces conditions, le citoyen n’est pas simplement celui qui dispose de sa
pièce d’identité ou qui réside dans une commune, mais surtout celui qui a un
comportement exemplaire et participe activement à la vie de la société.
Participation citoyenne
Étymologiquement, le mot participation vient du latin participare, qui signifie «
participer, prendre part à, avoir sa part de, partager, répartir ».2 Le concept de participation
citoyenne est pluridisciplinaire. Mais, pour cette étude, il s’inscrit dans le cadre précis de
la gestion des collectivités territoriales. Ainsi, selon FOX et MEYER (1995), la
participation citoyenne/communautaire est « la participation des citoyens à toute une série
d’activités dans la formulation des politiques administratives, y compris la détermination
des niveaux de service, des priorités budgétaires et l’acceptabilité des projets de
construction matériels afin d’axer les programmes du gouvernement sur les besoins de la
communauté, de renforcer l’adhésion du public et d’encourager un sentiment de cohésion
au sein de la société ». BRYNARD (1996) voit la participation citoyenne comme « un
processus dans lequel les amateurs communs d’une communauté influencent les décisions
liées aux affaires générales d’une communauté ». Selon SISSOKO (2008), si elle est
pratiquée correctement, elle permet de juguler les effets néfastes de la démocratie
représentative et le fonctionnement de l’État providence, car les conditions de réalisation
d’une bonne gouvernance locale dans le cadre de la décentralisation dépendent du degré
d’appropriation du processus par les populations et, surtout, la bonne gestion des
instances décentralisées ne saurait prospérer sans cette participation.
Collectivités territoriales
Selon DANTONEL-COR (2020), une collectivité territoriale est une personne morale de
droit public qui exerce des compétences générales sur un territoire donné. Les
collectivités territoriales possèdent un patrimoine, votent des budgets et recrutent des
agents afin d’assurer leurs différentes missions. Les collectivités territoriales se
caractérisent par la détention de prérogatives de puissance publique. Elles ont la
possibilité d’édicter des actes administratifs unilatéraux qui s’imposent aux personnes à

2

https://www.toupie.org/Dictionnaire/Participation.htm

8

�qui ils s’adressent. Elles peuvent ester en justice, signer des contrats et voir leur
responsabilité engagée.
L’article 8 de la loi n°055-2004/AN portant code général des collectivités territoriales au
Burkina Faso, définit la collectivité territoriale comme une subdivision du territoire dotée
de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Elle constitue une entité
d’organisation et de coordination du développement. Les collectivités territoriales sont :
la région et la commune.
Gestion de collectivité territoriale
Étymologiquement, « gestion » vient du latin gestio, ce qui veut dire « action de gérer ».
La gestion correspond, à l'origine, à l'administration des organisations. Elle s'est
développée dans les années 1950 pour englober les questions de management et de
direction. La gestion renvoie à la conduite des organisations : « c'est l'action ou la manière
de gérer, d'administrer, d'organiser quelque chose ».3
DANTONEL-COR4 précise que la gestion des collectivités territoriales repose sur la mise
en œuvre de la décentralisation, permettant aux territoires de bénéficier de services
publics équivalents et de garantir l’égalité des citoyens. Cette définition met en exergue
l’importance de la participation citoyenne dans la gestion des collectivités territoriales.
NADOU ET AL (2020)5 expliquent que la gestion des collectivités territoriales implique
la coordination et la coopération entre divers acteurs territoriaux (publics, privés,
associatifs, citoyens) pour développer des interdépendances stratégiques et génératrices
de développement.
I.1.2. Modèles théoriques de la participation citoyenne
Dans l’optique de mieux cerner les facteurs limitant la participation citoyenne à la
gouvernance locale, la recherche a accordé une importance particulière à la théorie de
l’empowerment, la théorie de la démocratie délibérative, la théorie de la démocratie
directe et la théorie de la participation citoyenne.

3

Introduction à la gestion : qu'est-ce que la gestion ? (aunege.fr) consulté le 18 janvier 2024

Article de revue, L’évolution de la notion de collectivité territoriale au prisme de la recomposition des
territoires locaux, 2018, pages 281 à 297
5
Article de revue, introduction Le Management des territoires, nouvelles alliances et stratégies entre
acteurs, 2020, pages 573 à 590
4

9

�La théorie de l’empowerment
La théorie de l'empowerment, également connue sous le nom de théorie de
l'autonomisation, se concentre sur le processus par lequel les individus ou les groupes
augmentent leur pouvoir, leur contrôle sur leurs propres vies, et leur capacité à prendre
des décisions influençant leur situation personnelle et collective. Selon Simon (1994)
l’empowerment renvoie à des principes, telles que la capacité des individus et des
collectivités à agir pour assurer leur bien-être ou leur droit de participer aux décisions les
concernant, qui guident la recherche et l’intervention sociale auprès des populations
marginalisées et pauvres depuis plusieurs décennies aux États-Unis. Le but principal de
l'empowerment est de permettre aux individus de prendre des décisions autonomes et de
diriger leur propre vie. Cela signifie développer les compétences et les connaissances
nécessaires pour prendre des décisions éclairées. Dans son document, “ pédagogie des
opprimés”, une véritable référence pour l’empowerment, FREIRE (2021) met en lumière
l'importance de l'éducation comme moyen d'autonomisation et de transformation sociale.
Dans cette recherche, la théorie de l’empowerment permet de comprendre l’importance
de l’autonomisation des citoyens.
La théorie de la démocratie délibérative
La théorie de la démocratie délibérative est une approche de la démocratie qui met l'accent
sur la délibération et le dialogue public comme principaux moyens de prise de décision
collective. Dans la démocratie délibérative, les discussions publiques ouvertes et
inclusives sont privilégiées, offrant la possibilité à tous les citoyens de s'impliquer et de
faire entendre leur voix. Jürgen Habermas est l'un des principaux théoriciens de la
démocratie délibérative. Il a développé le concept de "sphère publique" où les citoyens
peuvent discuter librement et rationnellement des affaires publiques. Dans son ouvrage
"Espace public et démocratie délibérative : un tournant" publié en 2023, Habermas
explore comment les discussions publiques sur des questions d'intérêt général peuvent
légitimer les décisions politiques. Aussi, John Rawls dans son ouvrage "Théorie de la
justice" publié en 1971, propose que la légitimité des décisions politiques repose sur un
consensus obtenu par la délibération publique. Pour Rawls, la délibération permet aux
citoyens de parvenir à un accord sur des principes de justice qui régissent la structure de
base de la société. En questionnant la théorie de la démocratie délibérative dans cette
recherche, on peut mieux comprendre comment créer des processus décisionnels plus
inclusifs, qui renforcent la légitimité et la qualité des décisions prises au niveau local.
10

�La théorie de la démocratie directe
La théorie de la démocratie directe repose sur l'idée que les citoyens doivent avoir un
contrôle direct sur les décisions politiques, sans intermédiaires ou représentants. “La
démocratie directe trouve ses racines dans l'Antiquité, notamment à Athènes au VIe siècle
avant Jésus Christ. Les citoyens athéniens participaient directement aux assemblées et
aux décisions politiques, ce qui en faisait l'un des premiers exemples de démocratie
directe6”. HELD (1987) décrit la démocratie directe comme une forme de démocratie où
les citoyens exercent un contrôle direct et continu sur la prise de décision.
Dans son ouvrage "Du Contrat Social" publié en 1762, Jean Jacques ROUSSEAU explore
les principes de la souveraineté populaire et argue que la démocratie directe est la forme
de gouvernement la plus légitime, où le pouvoir politique réside directement dans les
mains du peuple. En effet, Rousseau estime que la démocratie ne peut être que directe en
se fondant sur les droits naturels des êtres humains et sur le pacte social qui les unit.
Cependant, au XVIIe et au XVIIIe siècles, de nombreux penseurs considèrent que la
démocratie directe n'est applicable que dans de petits pays, avec peu d'habitants et ayant
une structure sociale homogène.
Dans le cadre de cette recherche, la théorie de la démocratie directe offre un cadre pour
apprécier l’importance de la participation citoyenne. Les caractéristiques principales de
la démocratie directe peuvent être appréhendé comme des mécanismes de participation
citoyenne dans le contexte de la gouvernance des collectivités territoriales.
La théorie de la participation citoyenne
La théorie de la participation citoyenne se concentre sur l'implication active des citoyens
dans les processus décisionnels et la gestion des affaires publiques. Pour parler de
participation citoyenne effective, il est important de considérer le degré d’implication des
citoyens. La mesure de ce degré d’implication se fait à travers des échelles. Sherry
Arnstein établit, dans son article “A Ladder of Citizen Participation” publié dans Journal
of the American Institute of Planners en 1969, une échelle de participation. Elle y précise
ce qui peut être considéré comme relevant de la participation et ce qui n’en est pas. Plus
de cinquante ans après sa publication, il est encore cité et discuté comme une pierre

6

Démocratie directe – Wikipédia

11

�angulaire des réflexions sur la participation citoyenne. Elle est l’échelle « théorique » la
plus reconnue dans le monde.
L’échelle d’Arnstein classe huit niveaux d’implication qu’elle répartit en trois catégories.
Chaque échelon mesure le pouvoir du citoyen et sa propension à influencer la décision
finale. Les deux premiers échelons sont définis comme étant de la « non-participation »,
ils sont situés respectivement en bas de l’échelle et correspondent à la manipulation et à
la thérapie. La manipulation consiste en une information biaisée utilisée pour « éduquer
» les citoyens en leur donnant l’illusion qu’ils sont impliqués dans le processus de
décision. La thérapie porte sur un traitement annexe des problèmes rencontrés par les
habitants sans aborder les vrais enjeux. Les échelons trois à cinq relèvent de la «
coopération symbolique », c’est-à-dire l’information, la consultation et la réassurance.
L’information et la consultation (3e et 4e niveau) permettent aux citoyens d’entendre,
c’est-à-dire d’avoir accès à l’information, mais sans pouvoir donner leur avis et de se faire
entendre lorsqu’ils sont consultés pour exprimer leur opinion sur les projets prévus. À
travers la réassurance (5e niveau), quelques citoyens sont invités dans les organes de
décision pour y donner des conseils, mais seules les autorités qui ont le pouvoir
conservent le droit inaliénable de décider.
Les trois derniers échelons constituent le « pouvoir effectif des citoyens ». Le premier est
le partenariat. C’est le premier niveau d’implication qui suppose que la prise de décision
se fait au travers d’une négociation entre les pouvoirs publics et les citoyens. La
délégation de pouvoir (7e niveau) part du même principe que le partenariat, à la différence
que les citoyens sont soit en majorité au sein du comité, soit ils bénéficient d’un droit de
veto. Enfin, le dernier niveau de l’échelle est le contrôle citoyen. À ce niveau de l’échelle,
les citoyens ont la responsabilité politique et managériale d’un programme ou d’une
institution.

12

�Tableau 1: Echelle de la participation de Sherry Arnstrein (1969)
8

Contrôle de citoyen

7

Délégation de pouvoir

6

Partenariat

5

Réassurance

4

Consultation

3

Information

2

Thérapie

1

Manipulation

Pouvoir effectif du citoyen

Coopération symbolique

Non-participation

Source : Sherry Arnstein, 1969
Après Sherry ARNSTEIN, THIBAULT, LEQUIN et TREMBLAY (2006) reprennent un
modèle à six échelons pour illustrer la consultation qui se pratique à Montréal au Québec.
Le premier échelon est le niveau passif où les individus sont peu impliqués et délèguent
principalement le pouvoir à d’autres. Le deuxième échelon est le niveau consultatif. À ce
niveau, les individus sont consultés sur les décisions, mais celles-ci restent prises par les
autorités. Le troisième échelon est le niveau collaboratif. Les citoyens collaborent avec
les autorités pour résoudre les problèmes et prendre les décisions. Le quatrième échelon
est le niveau d’engagement. À cette étape, les citoyens sont activement impliqués dans
les processus décisionnels et ont un pouvoir de proposition. Le cinquième échelon est le
niveau de cogestion. Les citoyens participent à la gestion des affaires publiques en
collaboration avec les autorités. Le dernier échelon est le niveau d’autogestion. Les
citoyens prennent en charge la gestion des affaires publiques de manière autonome sans
intervention extérieure majeure.
Cette recherche s'appuie sur la théorie de la participation citoyenne pour analyser la
participation citoyenne à la gouvernance locale. Cette théorie met en avant l'importance
de l'engagement direct des citoyens et leur implication active dans les décisions qui les
concernent, y compris par des mécanismes tels que les consultations publiques, les
budgets participatifs et les assemblées citoyennes dans les processus de décision, au-delà
de la simple participation électorale. En s'appuyant sur la théorie de la participation
citoyenne, cette recherche vise à explorer et à comprendre les logiques citoyennes de
participation ou de refus à la gouvernance locale. La théorie de la participation citoyenne
13

�telle que développée par Sherry Arnstein est pertinent pour comprendre comment les
citoyens peuvent influencer les décisions locales et contribuer à une gouvernance plus
inclusive et efficace. Cette approche théorique fournit un cadre solide pour analyser le
fonctionnement des mécanismes de participation citoyenne et pour identifier les moyens
de renforcer l'implication des citoyens dans les processus décisionnels.
I.2. REVUE DE LITTÉRATURE SUR LA PARTICIPATION CITOYENNE À LA
GESTION DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES
Dans le champ de recherche sur la participation citoyenne, plusieurs recherches ont déjà
été faites. Les travaux suivants ont été passés en revue.
Les populations regroupées au sein de la société civile jouent un rôle capital dans
l’émergence d’une nouvelle citoyenneté dans les collectivités territoriales. Selon
OUATTARA (2007), le processus de décentralisation amorcé au Burkina Faso est un
chantier dont la mise en œuvre connait un nombre de défis dont la méconnaissance des
règles et des rôles par les différents acteurs ainsi que l’insuffisance des capacités. Une
situation qui offre à la société civile l’occasion de marquer sa présence auprès des citoyens
en les sensibilisant par des actions d’éducation à une participation citoyenne effective.
Dans le même centre d’intérêt, SAWADOGO (2008) a mis en exergue le rôle du citoyen
en tant qu'acteur dans le processus de développement de la commune rurale de Sabcé. Il
a fait ressortir le degré de participation des citoyens à l'effort de développement (au niveau
de la mise en œuvre des projets et programmes, au niveau du civisme, dans
l'accompagnement des élus locaux...). Ensuite, il a répertorié les éventuels goulots
d'étranglement à l'expression de la participation citoyenne et proposer des perspectives
d'amélioration de la participation citoyenne. La présente étude s’intéresse également aux
goulots d’étranglement à l’implication des citoyens dans la gestion de leur cité.
Ainsi, MACLEAN (2003) met en exergue l’importance des mécanismes de participation
citoyenne en soutenant que l’exercice effectif de la participation doit s’appuyer sur des
mécanismes opérationnels qui permettent aux citoyens de contrôler effectivement la mise
en œuvre des programmes de décentralisation. Aujourd’hui tous les programmes qui
interviennent dans la promotion de la gouvernance locale sont unanimes à reconnaître
que ces mécanismes de participation conditionnent en grande partie l’impact des
programmes de décentralisation ajoute-t-il dans sa recherche.

14

�Par ailleurs, GUILGA (2022) apporte plus de précision en soulignant que la participation
citoyenne renvoie aux actions, mécanismes et processus mis en place par les citoyens à
titre individuel ou collectif en vue de prendre part à la vie de leur collectivité aux cotés
des élus. Elle ne se limite pas à l’exercice des droits de vote, d’éligibilité et à
l’accomplissement des obligations fiscales, elle se veut surtout une implication effective
des citoyens aux processus décisionnels concernant les affaires locales. L’auteur souligne
qu’à Ouagadougou, cette forme de participation citoyenne tant attendue dans le contexte
de la décentralisation relancée avec les élections municipales du 12 février 1995, ne s’est
pas matérialisée sur le terrain. Les populations ont développé diverses formes de
participation telles que les contributions physiques, financières et matérielles mais dans
l’ensemble elles furent tenues en marge des instances décisionnelles communales en
raison de nombreux obstacles imputables à la législation, aux autorités municipales et aux
populations.
Aussi, ZOUNDI (2016) note que la décentralisation est un instrument de la participation
des citoyens à la gestion des affaires locales et au renforcement de la démocratie. Dans la
démarche méthodologique de sa recherche, l’auteur a fait une analyse de la participation
citoyenne et des recommandations pour une participation plus active de la population de
Koubri. En somme, l’auteur s’est limité à décrire les mécanismes de participation et non
d’analyser les facteurs limitant leur exploitation effective.
C’est aussi le cas de YAMEOGO (2017) qui après avoir noté que la réussite de la
décentralisation passe nécessairement par l’adhésion de tous les citoyens aux projets et
programmes de développement mis en œuvre par l’État et les collectivités territoriales
relève que la décentralisation connait des difficultés liées au bon fonctionnement des
mécanismes de participation citoyenne et de redevabilité prévus par le code général des
collectivités territoriales. Il y a une faible participation des citoyens aux projets de
développement locaux. Il note en conclusion qu’il y a une méconnaissance des
mécanismes de participation citoyenne et de redevabilité, une absence de culture de la
participation citoyenne, l’existence de conflits politiques et d’obstacles à la participation
citoyenne. La présente recherche met à nu les goulots d’étranglements entravant la
participation soulevée par son étude.
En plus, il convient de noter que la faible participation citoyenne dans la gestion des
collectivités territoriale est une réalité hors du Burkina Faso. Selon GUIRIOBE (2018),
la participation citoyenne à la gestion des municipalités en Côte d’Ivoire est faible et
15

�occasionne des effets négatifs sur la politique de décentralisation, la gouvernance locale
et le développement local.
Cependant, il convient de souligner que l’implication des citoyens dans la gestion de leur
cité n’a pas seulement que des avantages mais aussi des déconvenues. ROMBA (2006)
note que la mise en pratique de la participation citoyenne peut entrainer des conséquences
négatives pour les citoyens d’abord et pour les responsables des collectivités. Toutefois,
il relève des avantages qui semblent intéressés le champ d’étude de cette recherche.
Afin de susciter plus de participation des populations à la gestion de la commune de
Pabré, OUEDRAOGO (2016) après avoir fait un état des lieux de la participation
citoyenne dans ladite commune, a suggéré le renforcement des capacités locales à travers
l’amélioration des services sociaux de base, le renforcement des capacités des acteurs
locaux, l’instauration de mécanisme participatif de choix et de gestion participative. En
somme, il convient de noter avec l’auteur que la faible participation des citoyens n’est
pas seulement liée à l’ineffectivités des mécanismes de participation citoyenne mais à
d’autres facteurs tels que les pesanteurs socio-culturelles, la persistance du manque
d’intérêt pour la gestion de la chose publique, la non appropriation des textes. Cela
constitue une ouverture pour cette recherche.
Pour trouver une nouvelle légitimité à l’action publique contemporaine au regard de
l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, ZAZA
(2016) relève que l’entrée du numérique pour l’accompagnement des dispositifs de
participation citoyenne réaffirme le basculement d’un gouvernement à un système de
gouvernance, en provoquant des nouvelles imbrications entre les dimensions spatiale et
politique de la transformation urbaine dans les collectivités territoriales. La présente
recherche s’intéressera au numérique en guise de recommandation.
De la revue de littérature réalisée, il est important de retenir que certains aspects du champ
d’étude de cette recherche ont déjà été éclairées. De fait, la revue fait ressortir
l’importance de la participation citoyenne à la gestion des collectivités territoriales.
Aussi, elle met en exergue les difficultés liées à la non-participation citoyenne à la gestion
de la chose publique nécessaire pour une bonne marche des collectivités territoriale. Cela
est dû par moment à la méconnaissance par les citoyens de l’existence des mécanismes
de participation citoyenne et d’autres facteurs socioculturels.

16

�Tout compte fait, il est nécessaire de remarquer que cette revue de littérature a mis en
exergue les avancées significatives dans la compréhension de l’importance de la
participation citoyenne dans la gestion des collectivités territoriales. Malgré ce progrès,
plusieurs lacunes demeurent notamment l’identification des obstacles qui freinent la
participation des citoyens dans la gestion de leur commune. Aussi, il reste beaucoup à
découvrir dans ce domaine qui est un facteur clé pour la réussite de la décentralisation au
Burkina Faso.
En définitive, ce chapitre a servi de cadre pour éclairer certains concepts ainsi que le cadre
théorique de la recherche. Il a permis également de passer en revue les travaux antérieurs
sur la participation citoyenne dans la gestion des collectivités territoriales.

17

�CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE
Toute recherche scientifique se déroule dans un cadre d’étude choisie suivant une
démarche méthodologique. Ce chapitre comporte deux grands points. Le premier présente
le cadre de l’étude et le second fait cas de la méthodologie de recherche utilisée pour
traiter le thème.
II.1. PRESENTATION DU CADRE DE L’ETUDE
Le cadre de l'étude définit les limites et le contexte dans lesquels la recherche est menée.
Il inclut les éléments tels que le contexte géographique et temporel.
II.1.1. Contexte géographique
Le contexte géographique décrit la zone géographique où l'étude est réalisée. La présente
étude se déroule dans la commune de Pô, province du Nahouri, région du Centre sud.
Ainsi, la commune est présentée à travers son aspect géographique et son évolution
administrative, son aspect économique ainsi que son organisation administrative.
II.1.1.1. Aspect géographique et évolution administrative
Cette partie fait cas de l’aspect géographique et de l’évolution administrative de la
commune de Pô.
Aspect géographique
La commune urbaine de Pô fait partie des cinq communes de la province du Nahouri. Elle
est le chef-lieu de la province du Nahouri. Elle est située au centre de la région du Centre
sud, à 90 km environ de Manga et à 145 km de Ouagadougou sur la route nationale n°5.
D’une superficie de 1642km², la commune de Pô est limitée au Nord par le parc national
Kaboré Tambi (PNKT), à l’Est par les communes de Tiébélé et de Gombousgou, à l’Ouest
par la commune de Guiaro et au sud par la République du Ghana. (voir carte
administrative de la commune de Pô en annexe)
Evolution administrative
Plusieurs dates marquent l’évolution administrative de l’actuelle commune de Pô :
-

Le 06 août 1921, Pô acquit le statut de subdivision et est placé sous l’autorité d’un
chef de subdivision cumulativement avec Léo ;

-

Le 19 aout 1922, Pô fut rattachée au cercle de Ouagadougou ;

18

�-

Le 31 décembre 1956, Pô devint cercle plein par arrêté ministériel n° 11200/API
du 31/12/1956 ;

-

Le 02 juillet 1974, Pô fut érigée en sous-préfecture à la faveur de l’ordonnance
n° 74/045 PRESS/IS/D/ du 2 juillet 1974 ;

-

En 1984, Pô devint chef-lieu de province par ordonnance n° 84/055 CNR/PRESS
du 15 août 1984 ;

-

Enfin, depuis 1995, Pô est une commune de plein exercice gérée par un conseil
municipal. Elle compte administrativement 25 villages et huit secteurs.

Selon les résultats préliminaires du cinquième Recensement général de la population et
de l’habitat (RGPH) publié en 2019, la population de la commune de Pô était estimée à
trente-neuf mille cent neuf (39 109) habitants. À la faveur de la dissolution des conseils
des collectivités territoriales suite au coup d’Etat militaire intervenu en janvier 2022, la
commune est dirigée par une délégation spéciale qui est un organe délibérant de vingt
membres (20) membres et un organe exécutif qui est le président de la délégation spéciale.
Le président est assisté dans sa tâche par un bureau de la délégation spéciale constitué de
deux vice-Présidents et de quatre (04) présidents de commissions permanentes.
II.1.1.2. Aspects économiques
Les principaux leviers de l’économie de la commune de Pô développés dans cette partie
sont l’agriculture, l’élevage et les activités commerciales.
Agriculture
L’agriculture, principale activité des populations de la commune de Pô demeure une
agriculture de subsistance et constitue la base de l’économie. C’est une agriculture encore
pluviale malgré le potentiel hydrographique de la commune et donc une agriculture
tributaire des aléas climatiques.
La production agricole est dominée par les cultures céréalières, auxquelles s’ajoutent les
cultures de rentes et d’autres cultures vivrières. L’agriculture pratiquée est extensive et
consommatrice de l’espace. Il faut dire que, comme dans l’ensemble du pays, le secteur
agricole occupe la grande majorité de la population active. Les sols sont continuellement
cultivés, car la jachère n'est plus pratiquée. Cette surexploitation entraîne un
appauvrissement du sol qui est rarement compensé par l’apport d’éléments fertilisants,

19

�organiques ou chimiques. Les principales cultures saisonnières sont : le maïs, la tomate,
le manioc, le niébé, l’arachide, le coton, le piment, le sorgho et le riz.7
Elevage
L’élevage est une activité qui est associée à l’agriculture à des niveaux divers. L’activité
pastorale est du mode traditionnel extensif avec une dépendance alimentaire liée au
pâturage naturel. Le cheptel est essentiellement constitué de bovins, d’ovins, de caprins,
de porcins, d’asins et de volaille. L’alimentation est essentiellement constituée du
pâturage naturel et des résidus des récoltes. Les filières telles que la pisciculture et
l’apiculture sont aussi pratiquées dans la commune, mais restent embryonnaires alors
qu’elles sont pourvoyeuses d’emploi. La commune compte quinze (15) coopératives des
ressources animales réparties comme suit : huit (8) dans la filière volaille, cinq (5) dans
la filière embouche (bovine, ovine), une (1) dans la filière miel et une (1) dans la
production laitière.8
Activités commerciales
Ce secteur qui était florissant est en nette régression, probablement du fait du transfert du
poste de contrôle de la douane à Dakola, avec pour conséquence la diminution progressive
de nombreux bureaux de transit et de commerce. L’activité commerciale est structurée
autour des principales branches suivantes :
-

Le commerce général, organisé autour de la vente de produits manufacturés
comme les matériaux de construction, les fournitures de bureau, les cycles et
pièces de rechanges, l’alimentation générale, le carburant et les lubrifiants, les
tissus et confections, etc ;

-

Le commerce des produits de l’élevage : la commune dispose d’un marché à bétail
et d’un abattoir de type « traditionnel » ;

-

Le commerce des produits céréaliers et maraîchers : le commerce des céréales est
beaucoup plus pratiqué dans tous les marchés, par contre celui des produits
maraîchers est encore à un stade embryonnaire ;

-

Le commerce des produits de l’artisanat (articles de maroquinerie, de teinture, de
tissage et de la forge) s’effectue sur les marchés locaux.9

7

PCD, Commune de Pô
8
PCD, Commune de Pô
9
PCD, Commune de Pô

20

�II.1.1.3. Organisation administrative de la Commune
L’organisation administrative est présentée à travers une description des organes
communaux et des services de la mairie.
Organes de la commune
Au terme de l’article 219 de la loi 055/2004/AN du 21 décembre 2004 portant code
général des collectivités territoriales (CGCT), les organes de la commune sont le conseil
municipal qui est l’organe délibérant et le maire qui est l’organe exécutif.
Le conseil municipal élit en son sein le maire et les adjoints au maire. Il institue quatre
commissions permanentes, à savoir une commission « Affaires générales, sociales et
culturelles », une commission « Affaires économiques et financières », une commission
« Environnement et développement local » et une commission « Aménagement du
territoire et gestion foncière ». À la faveur de la dissolution des conseils des collectivités
territoriales suite au coup d’État militaire intervenu en janvier 2022, la commune est
dirigée par une délégation spéciale. Elle a les mêmes attributions que le Conseil
municipal. Le tableau suivant donne une description de la Délégation spéciale. (Voir
tableau organisation des structures composant la délégation spéciale de la commune de
Pô avec leurs attributions en annexe)
Organisation de la Mairie
L’organisation de la mairie de Pô est régie par l’arrêté n° 2019- 38 /RCSD/CPO/SG du
18 novembre 2019 portant organisation de la Mairie de Pô. Aux termes de l’article 3 dudit
arrêté, la mairie de Pô est structurée comme suit : les services placés sous l’autorité directe
du maire et les services rattachés au secrétariat général.
Les services placés sous l’autorité du maire sont :
-

Le secrétariat particulier ;

-

Le bureau du protocole ;

-

Le service de la communication et des relations publiques ;

-

La direction de la police municipale ;

-

La personne responsable des marchés publics.

Le Secrétariat Général comprend les services essentiels suivants :
-

Les services du secrétariat général ;

-

La direction des affaires administratives ;
21

�-

La direction des affaires budgétaires et financières ;

-

La direction de l’état civil et du recensement ;

-

La direction de l’informatique et des statistiques ;

-

La direction des matières transférées ;

-

La direction des affaires domaniales et foncières ;

-

La direction de l’action économique ;

-

La direction des services techniques municipaux

Chaque direction est structurée en service et offre diverses prestations aux habitants de la
commune conformément aux attributions qui sont les leurs.
La mairie joue le rôle de maitre d’ouvrage communal. Sur la base d’un plan communal
de développement élaboré chaque quinquennat, la mairie définit sa stratégie
d’intervention. Ce plan communal de développement est décliné en plan annuel
d’investissement et porté à la connaissance des conseillers lors des sessions.
II.1.2. Contexte temporel
La période couverte par cette recherche correspond aux mois d’octobre 2023 à aout 2024.
Le contexte temporel a facilité la planification et la structuration de la recherche, en tenant
compte des périodes de collecte de données et des délais d'analyse. Ainsi, les données ont
été récoltées pendant le mois d’avril 2024, une période pendant laquelle la population
cible est disponible. Le contexte temporel a pris en compte les quatre trimestres à travers
lequel les membres du conseil de la collectivité sont tenus de se réunir en session ordinaire
et a donc permis d’observer le comportement des autorités communales et des citoyens
de la commune.
II.2. METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE
Cette partie décrit l’univers de la recherche et le dispositif mis en place pour collecter les
données devant servir à la vérification des hypothèses de la recherche ainsi que les
difficultés rencontrées.
II.2.1. Déroulement de l’étude
L’étude se déroule en trois phases principales à savoir la phase préparatoire, la phase
exploratoire et la phase de collecte des données et d’analyse des résultats.

22

�II.2.1.1. Phase préparatoire
La phase préparatoire a débuté par une revue de la littérature existante comprenant des
thèses, des mémoires, articles et ouvrages portant sur la participation citoyenne dans la
gestion des collectivités territoriales, la décentralisation, la gouvernance locale et le
développement local. Cette analyse approfondie a permis de faire le bilan des recherches
antérieures et d’identifier les domaines peu encore explorés. Sur cette base, les objectifs
de l’étude ont été formulés, les hypothèses définies et la démarche méthodologique
élaborée.
II.2.1.2. Phase exploratoire
La phase exploratoire a consisté en une prise de contact avec les autorités communales,
des présidents de conseils villageois de développement et des agents de la commune.
L’entretien avec les autorités administratives et les agents communaux a contribué à la
redéfinition des objectifs et hypothèse en fonction des observations faites sur le terrain.
La phase exploratoire a permis d’approfondir la compréhension de la problématique. Les
échanges avec les acteurs clés ont non seulement facilité la définition des angles d’étude
et la sélection de l’échantillon à enquêter mais ont également conduit à l’élaboration des
instruments de mesure tels que le questionnaire et le guide d’entretien.
II.2.1.3. Phase de collecte des données et d’analyse des résultats
Les enquêtes terrains se sont déroulées pendant le mois d’avril 2024. Cette phase a
concerné la collecte des données pour tester les hypothèses, à l’aide des questionnaires
finalisés à l’issue de la phase exploratoire. Cette étape a été complété par l’observation
participante et les entretiens réalisés pendant notre stage pratique à la mairie de Pô
pendant la période du 04 juillet au 31 octobre 2022 pour recueillir des informations
qualitatives, cruciales pour approfondir la compréhension de certains aspects du
questionnaire. Les données collectées ont été traitées et analysées permettant la rédaction
du document final.
II.2.2. Population d’étude et échantillonnage
Cette partie met l’accent sur la population d’étude et la méthode d’échantillonnage
utilisée pour déterminer l’échantillon pris en compte.

23

�II.2.2.1. Population d’étude
La population d’étude est un concept clé en statistique descriptive. Selon CRESWELL
(2014) : « la population de l’étude se réfère à l’ensemble des individus ou des objets qui
possèdent les caractéristiques que le chercheur souhaite étudier. Elle constitue le groupe
cible à partir duquel des échantillons peuvent être tirés pour la recherche ». Le public
cible dans le cadre de cette étude est constitué de cinq (05) catégories d'acteurs, à savoir:
-

Les responsables administratifs et politiques de la commune (président de la
délégation spéciale, les adjoints au président de la délégation spéciale, le
secrétaire général, les chefs de services communaux) ;

-

Les personnes ressources (l’ex-maire, les ex-adjoints au maire, les chefs de
services techniques déconcentrés, les partenaires) ;

-

L’autorité de tutelle (le haut-commissaire de la province du Nahouri) ;

-

Les bénéficiaires des actions constitués essentiellement des populations vivant
dans le ressort communal ;

-

Les acteurs chargés de la mise en œuvre du développement local, à savoir les
CVD, les ONG, les associations, les autorités religieuses et coutumières.

Ce choix du public cible répond au souci d'avoir des avis et des opinions assez variés des
acteurs.
II.2.2.2. L’échantillonnage
L’échantillonnage est utilisé pour faciliter la collecte de données et permettre aux
chercheurs d’obtenir des résultats significatifs sans avoir à étudier l’ensemble de la
population. C’est dans ce sens que LANDSHEERE (1978), définit l'échantillonnage
comme étant « le choix d'un nombre limité d'individus ou d'événements dont
l'observation permet de tirer des conclusions (inférences) applicables à la population
entière (univers) à l'intérieur de laquelle le choix a été défini ».
Par principe, la détermination de la taille réelle d’un échantillon d’enquête dépend
essentiellement du niveau de précision recherchée et des contraintes opérationnelles,
comme le temps disponible, les ressources financières etc. Pour atteindre un certain degré
de précision, la taille de l’échantillon doit se fonder sur des facteurs tels que la variabilité
des caractères à étudier, les méthodes d'échantillonnage ou d'estimation et surtout la taille
de la population cible. Dans le cadre de cette recherche, la méthode du choix raisonné et
la méthode de l’échantillonnage aléatoire sont utilisées.
24

�II.2.2.2.1. Méthode du choix raisonné
Cette méthode a été utilisée pour l’identification des autorités communales, les leaders
d’opinion au niveau des villages que sont les chefs de villages et les présidents des
Conseils villageois de développement (CVD). Au niveau des autorités communales il
s’est agi de l’ex maire, du président de la délégation spéciale et du secrétaire général de
la mairie. Le choix de ces personnes se justifient par le rôle qu’elles jouent dans la
gouvernance locale et partant leur implication sur le sujet de la recherche.
II.2.2.2.2. Méthode du choix aléatoire
La méthode aléatoire est employée pour le choix des autres enquêtés en dehors de ceux
identifiés par choix raisonné. Il s’agi dans chaque village du chef du village, des deux
derniers ex conseillers municipaux et du président CVD.
II.2.2.3. Taille de l’échantillon
Dans le cadre de cette recherche, l’enquête se fait sur la base d’un échantillon de 243
personnes pris parmi la population des deux sexes dont l'âge est supérieur ou égal à 18
ans. Ainsi pour assurer une certaine représentativité, les enquêtés sélectionnés sont
repartis dans 10 villages et 8 secteurs avec 10 personnes par village et par secteur de la
commune de Pô. Ils sont composés des leaders d’opinion, des responsables d’OSC, des
présidents CVD, des ex conseillers municipaux, des fonctionnaires municipaux et des
membres de la délégation spéciale de Pô. Des entretiens sont prévus se réaliser auprès du
Président de la délégation spéciale, de l’ex maire et des ex adjoints au maire, du secrétaire
général de la Mairie de Pô, du directeur de la radio communautaire Gulu, du Secrétaire
Général de la province du Nahouri et du haut-commissaire de la province du Nahouri.
(Voir tableau 3 ci-dessous).
Cette approche permet de capturer une diversité géographique et socioéconomique,
garantissant ainsi que les résultats de notre recherche soient équilibrés et comparables
entre les différentes localités. De plus, ce choix de taille de l’échantillon correspond aux
ressources disponibles, au temps impartis pour la recherche et permet d’obtenir des
résultats précis de notre analyse.

25

�Tableau 2 : Présentation de la taille de l’échantillon
Population de l’étude

Le nombre total de sujet par
catégorie

Haut-commissaire de la province du Nahouri

01

Secrétaire général de la province du Nahouri

01

Président de la délégation spéciale

01

Secrétaire général de la mairie de Pô

01

Ex maire de la commune de Pô

01

Adjoint à l’ex maire

02

Leader d’opinion (Chef de village)

10

Responsable d’OSC

05

Président CVD

10

Fonctionnaire municipal

15

Membre de la délégation spéciale

15

Population de la commune de Pô

180

Radio Gulu

01

Total

243

Source : auteur, 2024
II.2.3. Techniques et outils de collecte des données
La technique est une procédure qui est suivie en vue d’atteindre un objectif donné. Parmi
les méthodes les plus couramment utilisées figurent la revue documentaire, l’observation
participante, les entretiens et les enquêtes par questionnaire. Ces techniques sont
accompagnées d’outils tels que la fiche de lecture, la grille d’observation les guides
d’entretien et le questionnaire.
II.2.3.1. Techniques de collecte de données
Cette recherche a utilisé comme techniques de collecte de données, une revue
documentaire et des recherches sur Internet, l’observation participante et une recherche
empirique en adoptant une méthode mixte, c'est-à-dire qualitative et quantitative à la fois.

26

�Revue documentaire
La recherche documentaire est une opération continue qui a couvert toutes les étapes de
l’étude à travers la lecture de quelques ouvrages sur la gouvernance locale, la participation
citoyenne et l’action publique, la décentralisation et le développement local. Il était
question de capitaliser les connaissances théoriques précises pour l’orientation,
l’élaboration et l’exécution de l’étude. Des mémoires, des thèses et des articles en rapport
avec le thème d’étude ont été exploités dans plusieurs centres de documentation
fréquentés au fur et à mesure que se déroulait l’étude. Ainsi, la bibliothèque de
l’Université Joseph KI-ZERBO, la bibliothèque de l’Université Thomas SANKARA, la
bibliothèque de l’École Nationale des Régies Financières (ENAREF) et la bibliothèque
de l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) ont été visitées. La
recherche sur Internet, notamment sur Google Scholar et autres sites, a été d’une grande
contribution.
Observation participante
Selon MALINOWSKI (1922)10 « l'observation participante est une méthode d'étude par
laquelle le chercheur s'immerge dans la communauté qu'il souhaite étudier, partageant
leur vie quotidienne, pour observer directement leurs pratiques et comprendre leur culture
de l'intérieur ». Dans le cadre de cette étude, la période du stage à la mairie a permis
d’observer le comportement des autorités et des citoyens par rapport à la gestion de la
commune.
Questionnaire
D’après SELLTIG (1977), « le questionnaire convient spécialement à l’obtention des
renseignements sur ce que les personnes savent, croient, ressent, attendent, désirent,
projettent ou sur les explications et les motifs qu’ils invoquent à l’appui de chacune des
attitudes qu’ils adoptent ».11 Ainsi persuadé que l’opinion de la population est importante
pour se faire une idée de leur participation dans la gestion de la commune, nous lui avons

10

Bronislaw Malinowski (1884-1942), l'un des pères fondateurs de l'anthropologie moderne, est l'auteur du

célèbre Argonauts of the Western Pacific (1922), ouvrage phare qui fait de l'observation participante un
impératif méthodologique et réinvente l'ethnographie en tant que genre littéraire.
11

Claire SELLTIG, lawrence s. Wrightsman, George I. Balch, Stuart W. Cook, méthodologie de recherche

en sciences sociales, édition HRW, montréal, 1977, P 295.

27

�soumis un questionnaire composé de questions fermées et ouvertes. Le questionnaire a
été élaboré et administré face à face avec les enquêtés pendant le mois d’avril 2024.
Entretien
Quant à l’entretien, il a été fait sous forme d’entrevue semi structurée pour permettre une
certaine flexibilité tout en assurant une certaine structure afin que les données nécessaires
soient recueillies.
Les entretiens ont été réalisés auprès du président de la délégation spéciale, du secrétaire
général de la mairie de Pô, du Haut-commissaire de la province du Nahouri et du
secrétaire général de la province du Nahouri, du directeur de la radio communautaire
Gulu, de l’ex maire et les deux ex adjoints au maire.
II.2.3.2. Outils de collecte de données
Les outils de collecte de données représentent les moyens utilisés pour recueillir les
informations nécessaires à cette recherche. Pour la collecte de données du présent travail,
une grille de lecture, une grille d’observation, des questionnaires et des guides
d’entretiens ont été utilisés.
Grille de lecture
La grille de lecture a été un outil essentiel dans le cadre de la revue documentaire de cette
étude. Elle a permis de consigner les éléments pertinents et les passages des ouvrages
consultés, organisés par catégorie d’acteurs. Cette approche a facilité la référence et
l’exploitation ultérieure de ces informations lors la rédaction du mémoire. La grille de
lecture a permis d’exploiter au mieux la littérature existante sur la participation citoyenne
à la gestion des collectivités territoriales et d’orienter la recherche.
Grille d’observation
Une grille d’observation est selon GUIKAS et AL (2016)12 « un outil méthodologique qui
permet de décrire une situation avec une certaine objectivité en mesurant les
comportements observés. Elle est développée pour analyser les interactions et les
comportements dans un contexte spécifique, comme le milieu scolaire ». La méthode
d’observation adoptée dans cette recherche est l’observation participante, un processus

Guikas, I., Morin, D. &amp; Bigras, M. (2016). Développement d’une grille d’observation : considérations
théoriques et méthodologiques. Revue francophone de la déficience intellectuelle, 27, 163–178.
https://doi.org/10.7202/1043131ar
12

28

�par lequel le chercheur s’immerge dans le contexte de la recherche et participe activement
aux activités et interaction des sujets observés. Pendant, notre stage à la mairie de Pô, une
grille d’observation a été élaborée afin de recueillir systématiquement des informations
sur le comportement des sujets étudiés.
Questionnaire d’enquête
Le questionnaire a été utilisé pour recueillir des données quantitatives sur les mécanismes
de participation citoyenne à la gestion des collectivités territoriales. L’objectif était de
mesurer le niveau de réalisation des hypothèses de recherches en fonction des objectifs
spécifiques fixés dans le cadre de la recherche. Le questionnaire comporte des questions
à choix multiples et des questions fermées. Il a été élaboré et administré face à face avec
les enquêtés.
Guide d’entretien
Des guides d’entretiens ont été conçus pour interviewer les autorités locales, l’autorité de
tutelle rapprochés, les leaders d’opinions et les personnes ressources. Le guide d’entretien
et l’entretien semi -direct pour mieux centrer le discours des personnes interrogées. Le
guide d’entretien est unique mais les différents points ont été abordés lors des entretiens
en fonction du profil de l’interviewé.
II.2.3.3. Déroulement de l’enquête
À l’issue de l’élaboration des questionnaires et des guides d’entretien, nous nous sommes
rendus sur le terrain pour collecter les données en vue de vérifier les hypothèses
précédemment émises auprès des populations et procéder à l’organisation proprement dite
du travail. Ces sorties terrain ont permis d'avoir une appréciation globale de la
participation des citoyens dans la gestion de leur commune. Le nombre total de personnes
touchées lors de l’enquête terrain se répartit conformément aux indications contenues
dans le tableau ci-dessous :

29

�Tableau 3 : Récapitulatif de l’échantillon d’enquête réalisé
Population de l’étude

Echantillons Echantillons
prévus
réalisé

Taux de
réalisation

Haut-commissaire de la province
du Nahouri

01

01

100%

Secrétaire général de la province
du Nahouri

01

01

100%

Président de la délégation spéciale

01

01

100%

Secrétaire général de la mairie de
Pô

01

01

100%

Ex maire

01

01

100%

Adjoints à l’ex maire

02

02

100%

Leader d’opinion (Chef de village)

10

10

100%

Responsable d’OSC

05

05

100%

Président CVD

10

10

100%

Fonctionnaire municipal

15

10

66,66%

Membre de la délégation spéciale

15

10

66,66%

Population de la commune de Pô

180

180

100%

Radio Gulu

01

01

100%

Total

243

233

95,88%

Source : auteur, 2024
À l'analyse du tableau 4, il ressort que toutes les catégories de la population d’étude ont
été rencontrés excepté au niveau des fonctionnaires municipaux et des membres de la
délégation spéciale. Nous n’avons pas pu rencontrer ces acteurs en raison de leur
calendrier très chargé et presque toujours en mission.
En somme, deux cent trente trois (233) personnes ont sacrifié de leur temps à nos
entretiens et seulement dix (10) personnes n’ont pas été disponibles. Parmi les personnes
enquêtées, cinquante six (56) femmes ont été enregistrées. De façon globale, sur une
prévision de deux cent quarante trois (243) personnes à enquêter, deux cent trente trois
(233) ont été touchées, soit un taux de réalisation de 95,88 %.
30

�II.2.4. Analyse des données
L’analyse des données est le processus d’application de techniques statistiques et logiques
pour décrire, résumer et évaluer les données collectées au cours d’une recherche. Elle vise
à transformer des données brutes en informations utiles qui peuvent être interprétées et
appliquées pour comprendre des phénomènes13.

Ainsi l’analyse des informations

qualitatives et quantitatives recueillies a démarré par le dépouillement et la saisie des
données recueillies auprès des enquêtés sur le logiciel Sphinx V5 sans interpréter ni
changer le contenu des réponses. Ainsi, le traitement des réponses s’est fait
automatiquement, question par question et les réponses données à chacune des variables
sont affichées en pourcentage. Ceci a beaucoup facilité la présentation et la discussion
des résultats dans le chapitre suivant. Ensuite, il a été procédé à une exportation des
résultats sous forme de tableaux et de graphiques. Il y a eu enfin une mise en évidence ou
une interprétation des principaux résultats par thématique. Il s’est agi alors de replacer les
observations dans le contexte des hypothèses de départ et de chercher des explications
pour comprendre les facteurs limitant la participation des citoyens à la gestion de la
commune de Pô.
II.2.5. Considérations éthiques
Pour garantir une conduite responsable et respectueuse de la recherche, une importance
capitale a été accordée aux consentements éclairés, à la confidentialité et au respect de la
dignité au cours de la collecte des données sur le terrain. Ces principes ont constitué le
socle de l’interaction avec les personnes ayant accordées un intérêt à l’enquête. Pour
rassurer les participants qu’ils ne courent aucun risque en participant à l’enquête, nous
commençons toujours par décliner notre identité complète ainsi que nos coordonnées.
Ensuite, nous leur donnons une explication claire de la nature de la recherche, des
objectifs et des procédures. Ils ont été également informés qu'ils participent
volontairement et qu'ils peuvent se retirer de la recherche à tout moment sans
conséquence. Aussi, pour protéger l’identité des participants et éviter toute atteinte à leur
vie privée, Les informations recueillies et même les citations ont été anonymisées autant
que possible.

13

Earl Babbie, the practice of social research, 2010, 12 ème édition, 530 pages

31

�II.2.6. Difficultés rencontrées
Comme la plupart des recherches en sciences sociales, la conduite de cette recherche n'a
pas été sans difficultés. En effet, nous avons été confronté à une catégorie de personne ne
parlant que le “kassena14”. Ce qui nous a amené à recourir à des facilitateurs dont la
plupart des cas ont été les présidents des conseils villageois de développement.
. Une autre difficulté est l’indisponibilité de certaines autorités (administratives et locales)
presque toujours en déplacement pour des raisons de service.
Cependant, ces difficultés rencontrées n’ont nullement impacté notre détermination à
mener à bien la recherche et les informations ont été bien collectées.
En résumé, ce chapitre a présenté le cadre de l'étude et la méthodologie adoptée pour cette
recherche. Le contexte géographique et temporel de la recherche a été défini. La
méthodologie de recherche a été détaillée, incluant les méthodes de collecte de données,
les techniques d'échantillonnage, et les outils d'analyse utilisés. Une approche mixte,
combinant des méthodes quantitatives et qualitatives pour obtenir une compréhension
approfondie et nuancée du phénomène étudié a été adoptée. Cela permet d’aborder dans
le chapitre suivant la présentation, l’analyse des données collectées et la discussion.

14

Une langue locale parlée par la famille gourounsi de Pô.

32

�CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS ET DISCUSSION
Dans ce chapitre, il serait question d’analyser et de discuter les données collectées auprès
de l’échantillon de la recherche sous forme de tableau ou graphiques selon les types de
données.
III.1. PRESENTATION, ANALYSE ET DISCUSSION DES RESULTATS
Cette section présente les caractéristiques des enquêtés puis analyse et interprète les
données collectées.
III.1.1. Caractéristiques des enquêtés
Les caractéristiques des enquêtés mis en évidence concerne le sexe, l’âge, et le niveau
d’instruction
Tableau 4 : Répartition des enquêtés selon le sexe
Sexe
Masculin (M)

Effectif
169

Pourcentage
75, 11%

Féminin (F)
Total

56
225

24, 89 %
100%

Source : Enquête terrain, avril 2024
Il ressort du tableau 4 que 169 personnes soit 75, 11 % de nos enquêtés sont du sexe
masculin contre 56 personnes soit 24,89 % du sexe féminin. L’échantillonnage avait prévu
une parité au niveau de la population. Les femmes n’ont pas voulu s’exprimer sur la
gestion de la commune pour ne pas dire qu’elles s’intéressent peu aux questions de
gouvernance dans la commune. Par moment, il a fallu que certains Présidents de conseils
villageois de développement (CVD) qui nos facilitateurs interviennent pour qu’elles
s’expriment.
Tableau 5 : Répartition des enquêtés selon l’âge
Tranche d’âge

Effectif

Pourcentage

15 – 24 jeune adultes
25 – 34 (adultes en âge de travail)

7
33

3, 11%
13, 04%

35 – 44 ans (personnes âgées)
45 – 54

77
89

34,78%
39, 55%

55 et plus
Total

19
225

8, 70%
100%

Source : enquête terrain, avril 2024
33

�Le tableau 5 présente une disparité du nombre des enquêtés suivant les différentes
tranches d’âges. En effet, sur 225 personnes enquêtées, 89 personnes, soit 39,55 %, ont
l'âge situé entre 45 et 54 ans ; 77 personnes, soit 34,78 %, entre 35 et 44 ans ; 33 personnes,
soit 13,04 %, entre 25 et 34 ans ; 7 personnes, soit 3,11 %, entre 15 et 24 ans, tandis que
19 personnes, soit 8,44 %, sont situées entre 55 ans et plus.
Au regard de ces résultats, il s’observe que les citoyens jeunes adultes qui ont l’âge
compris entre 15 et 34 ans et les personnes âgées (55 ans et plus) s’intéressent peu à la
gestion de la commune. Par contre, les adultes en âge de travailler dont l’âge se situe entre
35 et 54 ans manifestent plus d’intérêt pour la gouvernance de la commune.
Tableau 6 : Répartition des enquêtés selon le niveau d’instruction
Niveau d’instruction

Effectif

Pourcentage

Non alphabétisé

50

22,22

Alphabétisé

60

26,66

Primaire

70

31,11

Secondaire

32

14, 22

Supérieure

13

5,77

Total

225

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 6 fait ressortir que sur 225 répondants, 50 répondants soit 22,22 % sont non
alphabétisés, 60 personnes soit 26,66 % sont alphabétisées ; 70 répondants soit 31,11 ont
un niveau primaire, 32 répondants soit 14,22 % ont un niveau secondaire et 13 personnes
soit 5,77 % ont fait l’université.
Ces résultats montrent un taux significatif de citoyens non alphabétisés. Ce qui peut être
à l’origine d’une faible estime de soi et d’un isolement social entraînant, de ce fait, une
faible participation des citoyens à la gestion des affaires locales, réduisant ainsi la
transparence et la responsabilité des autorités communales. Selon une enquêtée, « La
gestion des affaires locales appartient à ceux qui sont allés à l’école. Je n’y suis pas allé
et je ne pourrai pas apporter grand-chose, même si je voulais ».

34

�III.1.2. Analyses et interprétations de l’exploitation des outils/mécanismes
institutionnels facilitant la participation citoyenne
La gouvernance locale implique nécessairement la participation des populations aux
processus de prise de décision. Pour ce faire, les habitants de la collectivité territoriale
ont droit à l’information sur la gestion des affaires locales. Ce droit s’opérationnalise à
travers la mise en œuvre d’un certain nombre de mécanismes et/ou d’outils prévus par le
législateur.
Tableau 7 : Opinion des répondants sur l’existence des outils/mécanismes institutionnels
facilitant la participation des citoyens à la gestion des collectivités territoriales.
Réponse
Oui

Effectifs
18

Pourcentage
8%

Non
Total

207
225

92%
100%

Source : enquête terrain, avril 2024
De l’analyse du tableau 7, il ressort que 207 interviewés, soit 92 %, ignorent l’existence
des outils/mécanismes institutionnels facilitant la participation des citoyens à la gestion
de la commune, tandis que 18 interviewés, soit 8 %, affirment connaitre lesdits
outils/mécanismes. Cela indique un manque évident de sensibilisation et de
communication de la part des autorités locales. Les efforts de diffusion de l'information
sur ces mécanismes semblent insuffisants. Aussi, cette faible connaissance peut expliquer
une faible participation citoyenne dans la gestion communale. Si les citoyens ne sont pas
informés de l'existence de ces mécanismes, ils ne peuvent pas y participer efficacement.
III.1.3. Implication des citoyens dans la gestion de la commune
Le processus de décentralisation dans lequel s’est inscrit le Burkina Faso met le citoyen
au cœur de la gouvernance locale. Il n’est pas seulement un contribuable passif, mais
aussi un acteur actif. Ainsi, son rôle ne se limite pas à participer aux élections pour le
choix des dirigeants, mais aussi à s’impliquer dans la vie locale en participant aux débats,
en proposant des idées, en assistant aux réunions publiques et en faisant entendre sa voix
sur les enjeux qui touchent son ressort territorial. Pour ce faire, les citoyens doivent
exercer un droit de regard, d’évaluation et de sanction sur la gestion politique,
administrative, économique et financière des autorités communales. Ce pouvoir
d’influencer la gestion communale se réalise lorsque certains cadres et organes
fonctionnent pleinement.
35

�Figure 1 : Participation des citoyens aux débats publics sur les projets et programmes
de la commune

2,23%
14,22%
83,55%

Pourcentage

5

Effectifs

0

32

20

40

188
60

80
Souvent

100
Parfois

120
Jamais

140

160

180

200

Source : enquête terrain, avril 2024
La figure 1 fait remarquer que 188 personnes, soit 83,55 %, disent n’avoir jamais eu
l’occasion de participer à un débat sur les projets et programmes. 32 personnes soit 14,
22 % affirment y participer quelques fois et 5 personnes soit 2, 23 % déclarent participer
régulièrement. De ce fait, cela signifie que la population ne joue qu’un rôle limité dans la
mise en œuvre des projets et programmes de développement communaux. Pourtant,
l’implication des populations dans l’élaboration des projets et programmes permet
d’accroitre l’acceptation de ceux-ci, de réussir sa mise en œuvre dans la mesure où elle
alimente chez le citoyen le sentiment que la décision lui appartient en propre.
Tableau 8 : Opinion des répondants sur l’élaboration du budget communal15
Réponse

Effectifs

Pourcentage

Oui
Non

08
197

4%
96%

Total

205

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 8 montre qu’une majorité (96 %) estime ne pas être impliquée dans
l’élaboration des budgets, tandis qu’une minorité (4 %) déclare être impliquée. Il est donc
évident que la population participe faiblement à l’élaboration et à l’exécution du budget
communal. Or, c’est à ce niveau que se prennent les décisions concernant les grands axes

L’échantillon ne prend pas en compte le personnel administratif et les membres de la délégation
spéciale
15

36

�de développement par ordre de priorité des besoins pour l’année. Selon l’ex-maire :«
Impliquer les citoyens dans l’élaboration du budget communal revient à mettre en œuvre
le budget participatif, un mécanisme fastidieux et qui nécessite beaucoup de temps et de
moyens ». Une affirmation qui est du reste partagée par le président de la délégation
spéciale et le secrétaire général de la mairie.
Tableau 9 : Opinion des interviewés sur l’accessibilité du budget et des comptes
administratifs et de gestion de la commune16
Réponse

Effectif

Pourcentage

Oui

21

10, 24%

Non

184

89,75%

Total

205

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
À l’analyse du tableau 9, il ressort que 184 répondants, soit 89,75 % des interviewés,
disent ne pas avoir accès au budget et au compte administratif et de gestion de la
commune, tandis que 21 répondants, soit 10,24 % des interviewés, déclarent avoir accès.
En effet, plusieurs citoyens ne savent pas qu’ils peuvent avoir accès à ces documents. Un
responsable d’OSC déclare : « Nous sommes parfois conviés aux sessions du conseil et,
à la fin, nous avons accès aux documents budgétaires ». Le président de la délégation
spéciale a relevé que « les documents budgétaires sont volumineux et ne peuvent pas être
affichés ; malheureusement, les citoyens demandent rarement des copies ou à les
consulter ».
Tableau 10 : Opinion des répondants sur la participation des citoyens aux sessions du
conseil municipal
Réponse

Effectif

Pourcentage

Oui
Non

13
192

6,34%
93,66%

Total

205

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 10 montre que 192 interviewés, soit 93, 66 %, disent n’avoir jamais pris part
à une session du conseil de la commune contre 13 interviewés, soit 6,34 %, qui affirment
avoir déjà participé à une session du conseil de la commune. Parmi ce lot, 70,31 %
16

L’échantillon ne prend pas en compte le personnel administratif et les membres de la délégation
spéciale

37

�ignorent que les sessions du conseil de la collectivité sont ouvertes au public et qu'elles
peuvent prendre part contre, 29, 69 % qui disent ne pas ignorer ce droit. Dans ce groupe,
37 personnes évoquent l’absence de possibilité de prendre la parole lors des délibérations
du conseil, 11 personnes posent le problème de l'éloignement du chef-lieu du département
de certains villages. Quant aux 09 autres restants, ils pointent du doigt le manque de temps
pour assister aux travaux des sessions. Selon eux, ils n’envisagent pas de laisser leurs
travaux quotidiens pour suivre une session à laquelle ils n'auront aucune motivation
financière. Pour eux, c'est une perte de temps et un manque à gagner en termes de revenu
pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Ces résultats révèlent une très faible participation, voire une quasi-absence des citoyens
lors des sessions du conseil municipal, alors que l’article 240 de la loi n°055-2004/AN du
21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales dispose que « Les
séances du conseil municipal sont publiques ». Les sessions sont des espaces où des
décisions importantes sur la vie de la collectivité sont communiquées et discutées. C’est
lors des sessions que les élus locaux débattent et adoptent les grandes décisions
concernant la vie de la commune. Par conséquent, il est donc indiqué que les citoyens y
soient pour avoir les informations nécessaires sur les sujets inscrits à l’ordre du jour.
Tableau 11 : Point de vue des citoyens sur la publication des délibérations et des actes
des autorités communales relatifs au budget
Réponse

Effectif

Pourcentage

Oui
Non

12
213

5,33%
94,67%

Total

225

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 11 fait constater que 213 répondants, soit 94,67 %, affirment que les
délibérations du conseil communal et les actes des autorités relatifs au budget ne sont pas
portés à leur connaissance, contre 12 répondants, soit 5,33 %, qui disent être informés.
En effet, cette faible diffusion d'information peut décourager la participation citoyenne et
générer un sentiment de méfiance ou d'exclusion parmi la population. Sans accès aux
informations budgétaires, les citoyens ne peuvent pas s'engager de manière significative
dans les processus décisionnels locaux. Aussi, un manque de transparence peut nuire à la

38

�confiance des citoyens envers leurs dirigeants et compromettre la légitimité des autorités
communales.
Tableau 12 : Publication du bilan annuel des activités du conseil municipal
Réponse

Effectifs

Pourcentage

Oui
Non

18
207

8%
92%

Total

225

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Il ressort du tableau 12 que 207 personnes, soit 92 % des répondants estiment que le bilan
d’activités du conseil de la commune n’est pas porté à la connaissance du public, tandis
que 18 répondants soit 8% affirment que le public a connaissance du bilan d’activités du
conseil de la commune.
La diffusion régulière des bilans d'activités favorise un engagement citoyen plus actif et
informé. Cela permet également aux citoyens de mieux comprendre les actions du conseil
et de participer de manière plus significative aux processus décisionnels.
Malheureusement le manque d'information accessible peut réduire la confiance des
citoyens en leurs autorités locales et engendrer un sentiment de distance ou de désintérêt
vis-à-vis de la gouvernance locale
Figure 2 : Canaux d’information des activités de la commune aux populations par les
autorités communales
120
100

48%

80
60

108

25,33%

40
57

20

14,67%

12%

33

27

Crieurs public

Création d’un service de
communication

0
Affichage

Diffusion à la radio
Effectifs

Pourcentage

Source : enquête terrain, avril 2024

39

�La figure 2 montre que 108 personnes, soit 48 %, indiquent l’affichage comme disposition
prise par les autorités pour informer les populations des activités de la commune. 57
personnes, soit 25,3 %, citent la diffusion à la radio. 33 personnes, soit 14,66 %, nomment
le crieur public et 27 personnes, soit 12 %, mentionnent la création d’un service de
communication.
Ces résultats illustrent que les autorités communales utilisent plus l’affichage pour
informer les populations des activités de la commune. Aussi lors de l’entretien avec le
président de la délégation spéciale celui ci affirme : « Nous avons privilégié l’affichage
pour la publication des délibérations du conseil de la délégation, des actes administratifs
et pour informer les citoyens de certaines activités ». En fait, ce choix du Président de la
délégation spéciale est en phase avec l’article 247 de la loi 055-2004/AN du 21 décembre
2004 qui dispose que « les délibérations du conseil municipal sont portées à la
connaissance du public par voie d’affichage dans les locaux de la mairie et en tout autre
lieu approprié ». Mais au regard du taux élevé de l’analphabétisme, il serait judicieux de
prioriser la diffusion à la radio et le crieur public.
Tableau 13 : Connaissance des citoyens sur l’existence d’un cadre de concertation
communal (CCCO) fonctionnel
Réponse

Effectifs

Pourcentage

Oui
Non

114
111

50, 67%
49, 33%

Total

225

100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 13 indique que 114 interviewés, soit 50,67 %, déclarent qu’il existe un cadre
de concertation communal fonctionnel, tandis que 111 interviewés, soit 49,33 %,
soutiennent le contraire.
En plus de ces résultats, lors de l’entrevue avec le président de la délégation spéciale et
le secrétaire général de la maire, ces derniers ont affirmé l’existence d’un cadre de
concertation institué par un arrêté du maire. Malheureusement, il n’est pas fonctionnel en
raison de la faiblesse des ressources financières. Selon l’ex-maire, « Nous avons pu tenir
souvent des sessions avec l’accompagnement de certains partenaires tels que le PACT et
le labo citoyenneté ».

40

�Tableau 14 : Avis des enquêtés sur l’existence d’autres cadres de concertations
Réponse
Oui
Non
Total

Effectifs
27
198
225

Pourcentage
12%
88%
100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Il ressort des résultats du tableau 14 que 27 enquêtés, soit 12 %, affirment que les autorités
communales ont institué d’autres organes de concertation en dehors des CCCO, tandis
que 198 enquêtés, soit 88,8 %, disent n’avoir pas connaissance de l’existence d’autres
organes institués par les autorités communales outre les CCCO. En effet, au regard de
l’importance de la concertation, le législateur a prévu au niveau de l’article 12 de la loi
055-2004 du 21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales que «
Le conseil de la collectivité territoriale peut créer des organes de concertation sur toute
question d’intérêt local ». Il s’agit ici, d’autres cadres en dehors des CCCO.
Malheureusement, les résultats montrent que les autorités communales n’exploitent pas
cette opportunité offerte par le législateur pour élargir la concertation dans la commune.
Tableau 15 : Appréciation des citoyens de la gestion des autorités communales
Réponse

Effectifs

Pourcentage

Oui

97

43,11%

Non
Total

128
225

56,89%
100%

Source : enquête terrain, avril 2024
Le tableau 15 montre que 97 personnes, soit 43, 11 %, disent que les autorités
communales rendent compte à la population à travers des journées de redevabilité, alors
que 128 personnes, soit 56, 89 %, énoncent que les autorités communales n’organisent
pas des journées de redevabilité pour rendre compte de leur gestion à la population.
Pourtant, l’organisation des journées de redevabilité est un moyen qui permet à la
population de participer à la gestion de leur commune. Elle renforce les liens entre
autorités communales et citoyens en créant un espace où les administrés peuvent poser
des questions. Aussi, elle permet aux autorités communales de faire le bilan des actions
réalisées dans les domaines de compétences transférées (l’éducation, la santé, l’eau et
l’assainissement, etc). Cela permet aux citoyens de comprendre l’impact réel de la gestion
communale sur leur quotidien. Le dernier alinéa de l’article 250 de la loi 055-2004 du 21
41

�décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales dispose : « … le conseil
municipal a obligation de rendre régulièrement compte aux populations de ses activités
et de la vie de la commune ».
III.1.4. Avantages de la participation citoyenne dans la gestion de la commune de
Pô
La participation citoyenne joue un rôle fondamental dans la gouvernance locale. En
permettant aux citoyens de s’impliquer activement dans les décisions qui les concernent,
les autorités communales peuvent améliorer la transparence et renforcer la confiance et
la cohésion sociale. Dans ce contexte, il est crucial de reconnaître et de promouvoir les
avantages de la participation citoyenne pour construire des communautés résilientes et
prospères. De l’avis des enquêtés dans le cadre cette recherche, les bénéfices de cette
participation sont nombreux et variés, allant du renforcement de la démocratie locale à
l’émergence des solutions innovantes pour les défis communaux.
Figure 3 : Perceptions des citoyens sur les avantages de la participation citoyenne à la
gestion de la commune

23,55%
53

22,66%
51

29,33%

24,44%

66

MIEUX
COMPRENDREFACILITE LA PRISE PERMET AUX
DE DÉCISION PAR
LES BESOINS DES
CITOYENS
POPULATIONS LES AUTORITÉS D’INFLUENCER LA
COMMUNALES
GESTION
COMMUNALE
Effectifs

55

RENFORCE LA
DÉMOCRATIE
LOCALE

Pourcentage

Source : enquête terrain, avril 2024
La figure 3 renseigne que parmi les éléments qui illustrent les avantages de la
participation citoyenne à la gestion des communes, 66 personnes soit 29,33 % pensent à
l’influence de la gestion communale par les citoyens, 55 personnes soit 24,44 % indiquent
le renforcement de la démocratie locale, 53 personnes soit 23,55 % soulignent le fait de
mieux comprendre les besoins des populations et 51 personnes soit 22,66 % pointent du
doigt la facilitation de la prise de décision par les autorités communales.

42

�III.1.5. Obstacles entravant la participation citoyenne et suggestions pour une réelle
participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô
Après plus de deux décennies de mise en œuvre de la décentralisation, plusieurs éléments
d’ordre culturel, comportemental, institutionnel limitent la participation des citoyens à la
gestion de leur commune. Dans le cadre de cette recherche, l’avis des interviewés requis
a concerné les facteurs tels que le déficit de communication, l’analphabétisme et
l’ignorance, la pauvreté, l’absence de cadre de concertation et les divergences politiques.
Aussi, ils ont fait des suggestions dans l’objectif de renforcer la participation des citoyens
dans la gestion de leur commune.
Figure 4 : Perception des citoyens sur les obstacles qui entravent la participation
citoyenne à la gestion de la commune de Pô
3,11%
9,33%

Le déficit de communication

24,44%
Absence de cadres de concertation
fonctionnels

22, 60%

L’analphabétisme et l’ignorance

14, 22%

La pauvreté

Les divergences politiques

28%
Autres à préciser

Source : enquête terrain, avril 2024
La figure 4 indique que 63 répondants, soit 28 % des enquêtés, montrent l’analphabétisme
et l’ignorance comme facteurs entravant la participation des citoyens à la gestion de la
commune. 55 répondants soit 24,44 % des enquêtés pointent du doigt le déficit de
communication, 47 répondants soit 22,60 % indiquent la pauvreté, 32 répondants soit
14,22 % citent l’absence de cadres de concertation fonctionnels, 21 répondants soit 9,33
% accusent les divergences politiques, tandis que 7 répondants soit 3,11 % pensent à
autres choses. Ils ont précisé le manque d’intérêt.
Par rapport au déficit de communication, il convient de noter que la communication est
importante dans la gouvernance locale. Elle est un droit accordé au citoyen par le Code
général des collectivités territoriales en son article 11 et non une faveur accordée par les
43

�autorités communales. Selon Michel Le NET17, « la communication constitue pour
l'individu une excellente motivation en ce sens qu'elle suscite chez lui un sentiment
d'appartenance, d'être aimé, d'être écouté, d'être compris et de faire partie d'un groupe,
celui de la communauté ou de la collectivité ». À l’analyse des résultats, il ressort que
dans la commune de Pô, le déficit de communication est réel. C’est d’ailleurs ce que
soutient un interviewé, lorsqu’il dit : « S’ils ne nous disent pas ce qu’ils font comme
activité, il est difficile de s’y intéresser et d’apporter notre contribution ».
Concernant l’analphabétisme et l’ignorance, il est évident qu’ils constituent un frein à la
pleine participation des citoyens à la gestion de la commune. En plus des résultats illustrés
par la présente figure, l’échantillon laisse percevoir un fort taux (28 %) d’analphabétisme.
Nous pouvons en déduire que cela constitue une barrière dans la mesure où le français est
considéré comme la langue de travail. En effet, les résultats de l’enquête.
Quant à la pauvreté, elle peut avoir un impact significatif sur la participation citoyenne à
la gestion des affaires communales. Un nombre significatif des répondants (20,88 %)
affirment que la pauvreté constitue un handicap majeur à la participation des citoyens à
la gestion de la commune. Parmi eux, certains ont confié que le plus important pour eux,
c’est de chercher à améliorer leur condition de vie en cherchant leur gagne-pain que de
vouloir s’impliquer dans la gestion des affaires de la commune.
Pour la divergence politique, au lieu d’être un facteur limitant la participation citoyenne,
elle devrait plutôt les embrasser comme une opportunité d’enrichir la démocratie locale.
Dans la commune de Pô, le jeu politique est agissant. Le conseil municipal dissout était
animé par quatre (4) partis politiques dont le MPP (34 conseillers), l’ADF/RDA (18
conseillers), le CDP (11 conseillers) et l’UPC (06 conseillers). 9,3 % des interviewés
soutiennent que la divergence politique est un facteur limitant la participation des citoyens
à la gestion des affaires communales. Cependant, ils apprécient positivement la gestion
de la commune par la délégation spéciale. Cela traduise une crise de confiance entre
gouvernant et gouverné
Relativement à l’absence de cadres de concertation, il convient de noter que les cadres de
concertation constituent des occasions de partage d’information, d’échanges sur des
questions de développement de la commune. Les cadres de concertations au Burkina Faso

Cité par NUTSUGAN (1998), la communication comme moteur du développement de la future
commune de Comè. ENAM/ UAC
17

44

�sont encadrés par le décret n° 2009-838/PRES/PM/MEF/MATD du 18 décembre 2009
portant création, attributions, composition et fonctionnement de cadres de concertation
pour le développement rural décentralisé. Le cadre de concertation communal se réunit
trois (3) fois par an en session ordinaire sur convocation de son président. Au niveau
communal, le cadre de concertation est constaté par un arrêté du maire. Dans le cas de la
commune de Pô, l’arrêté existe, mais le cadre n’est pas fonctionnel. La non fonctionnalité
tient à l’irrégularité des sessions. La mairie n’arrive pas à tenir au moins deux sessions
par an.
Au-delà des éléments susmentionnés, une minorité de répondant (3,7 %) des interviewés
ont indiqué tout simplement n’avoir pas d’intérêt à participer à la gestion des affaires de
la commune. De fait, les citoyens peuvent ressentir une méfiance ou une désillusion
envers les autorités estimant que leur participation n’aura aucun impact réel sur les
décisions prises. Face à cela, la recherche a requis l’avis des répondants sur un certain
nombre de suggestions.
Figure 5 : Suggestions pour une réelle participation citoyenne à la gouvernance locale
dans la commune
6,22%
36,44%
30,22%
27,11%

Pourcentage

14
82

Effectif

68
61
0

10

20

30

40

50

60

70

80

90

Autre à préciser
La culture du devoir de redevabilité
La mise en place de cadres de concertation
L’instauration d’une stratégie de communication

Source : enquête terrain, avril 2024
La figure 5 indique que 82 interviewés, soit 36, 44 %, proposent la culture du devoir de
redevabilité, alors que 68 interviewés, soit 30, 22 %, suggèrent l’opérationnalisation des
cadres de concertation. 61 interviewés, soit 27,11 %, pensent à l’instauration d’une
stratégie de communication, tandis que 14 interviewés, soit 6,22 %, préconisent autres
choses.
45

�Ces résultats montrent une diversité d'opinions des citoyens sur les moyens d'améliorer
la participation et la gestion des affaires communales. La majorité se concentre sur la
redevabilité, les cadres de concertation et la communication, soulignant l'importance de
la transparence, de l'interaction citoyenne et de l'information pour une gouvernance locale
efficace et inclusive.
En somme, l'analyse des résultats obtenus à travers cette recherche révèle plusieurs
tendances significatives concernant la participation citoyenne dans la gestion des affaires
communales. Il apparaît que la majorité des citoyens ne sont pas informés des outils et
mécanismes institutionnels existants, ce qui pose un défi majeur à la transparence et à
l'engagement citoyen. En outre, les données montrent que la communication des décisions
budgétaires et des bilans d'activités du conseil communal est largement insuffisante, ce
qui pourrait expliquer le faible niveau de participation des citoyens. Ces résultats sont en
lignes avec les observations faites par YAMEOGO (2017) qui relève que la
décentralisation connait des difficultés liées au bon fonctionnement des mécanismes de
participation citoyenne et de redevabilité prévus par le code général des collectivités
territoriales. Cependant, lesdits résultats diffèrent de ceux auxquels sont parvenus
RAYAWENDE (2016) dans une recherche sur la participation citoyenne dans la gestion
de la commune de Pouytenga. Selon lui, les mécanismes de participation citoyenne sont
effectivement exploités. Ainsi, notre deuxième hypothèse selon laquelle les facteurs
institutionnels facilitant la participation citoyenne à la gestion des affaires locales ne sont
pas exploités dans la commune de Pô est donc confirmée.
Par ailleurs, les résultats montrent que les cadres et les organes à travers lesquels les
citoyens peuvent participer et influencer la gouvernance des autorités ne fonctionnement
pas pleinement. Ces résultats rejoignent ceux de OUEDRAOGO (2016) qui avait conclu
dans une recherche sur la participation citoyenne à la gestion de la commune de Pabré
que le contrôle citoyen de l’action des autorités locales n’est pas effectif. C’est aussi la
même conclusion au quelle est parvenue ZOUNDI (2016) dans une recherche sur la même
thématique concernant la commune de Koubri. Ainsi, la première hypothèse qui affirme
que les citoyens exercent une influence positive sur la gestion des autorités de la
commune de Pô dans le sens de contribuer à une gouvernance plus inclusive des affaires
locales est infirmée.
Également, les résultats confirment qu’il existe effectivement des obstacles qui limitent
la participation des citoyens de Pô dans la gestion de leur commune. Ces obstacles ont
46

�été relevés par GUILGA (2022) dans une recherche sur la participation citoyenne à la
gouvernance locale dans la commune de Ouagadougou, de ROMBA (2006) sur la
participation des citoyens au développement des collectivités territoriales et de ZANGRE
(2013) sur la problématique de la participation citoyenne à la gouvernance locale : cas de
l'arrondissement de Bogodogo. Cela confirme notre troisième hypothèse.
III.2. SUGGESTIONS
Pour venir à bout des facteurs limitant la participation citoyenne à la gestion de la
commune de Pô, nous proposons en plus des suggestions sur lesquelles les enquêtés se
sont prononcés, le renforcement des mécanismes de mise en œuvre du droit à
l’information des citoyens, l’introduction de nouveaux mécanismes de participation
citoyenne et le renforcement du dispositif juridique.
III.2.1. Renforcement des organes de participation citoyenne et des mécanismes de
mise en œuvre du droit à l’information des citoyens
Le développement à la base ne peut se faire sans une participation entière des citoyens à
la gouvernance locale. Ainsi, dans le cadre de la gestion des collectivités territoriales, les
citoyens sont les principaux acteurs et bénéficiaires des actions de développement, par
conséquent, ils doivent s’impliquer activement pour jouer pleinement le rôle qui est le
leur. Encore faut-il qu’ils aient l’information pour pouvoir le faire. Ainsi, il parait indiqué
d’adopter une stratégie de communication pour communiquer efficacement avec les
populations ou diffuser à grande échelle l’information auprès du public.
Ensuite, il faudrait utiliser les médias pour faire passer les informations concernant la vie
de la commune. Le service de la communication de la mairie et les médias de masse tels
que la radio Gulu, les réseaux sociaux peuvent être utilisés pour transmettre les
informations aux citoyens et ainsi les inviter à participer aux actions de développement.
Par ailleurs, ces mêmes outils peuvent être mis à contribution pour construire une belle
image de la commune concernant la participation citoyenne.
III.2.2. Renforcement du dispositif juridique de participation citoyenne
Le Code général des collectivités territoriales dispose que les sessions du conseil
municipal sont ouvertes au public. Malheureusement, ces derniers n’ont pas droit à la
parole. Aussi, il reconnait au public le droit de recours contre les délibérations du conseil
municipal sans leur donner le pouvoir de délibérer ou de donner leur avis sur les grandes
décisions de la vie de la commune. En outre, la loi oblige le conseil municipal à rendre
47

�régulièrement compte aux populations de ses activités et de la vie de la commune, sans
préciser les modalités de cet exercice. Pour ce faire, il serait judicieux de permettre aux
citoyens de pouvoir présenter des pétitions pour la tenue d’une session ou de soumettre
directement un projet de délibération au conseil communal qu’il examinera lors d’une
session. À cela, il faut ajouter l’institution d’un référendum local pour contraindre
l’exécutif local à consulter la population sur les projets de grands intérêts pour la
commune. Également, le législateur pourrait préciser les modalités de la reddition des
comptes aux populations, comme se fait la tenue des sessions du conseil municipal.
II.2.3. Renforcement des capacités des citoyens
L’analphabétisme et la pauvreté constituent aussi des facteurs limitant la participation des
citoyens à la gestion de leur commune. Face à cela, la commune gagnerait à mettre en
place des programmes spécifiques pour favoriser leur accès à l’éducation. Cela peut
inclure des cours adaptés à leur culture, des cours d’éducation civique et la réalisation
d’infrastructures éducatives proches de leurs cadres de vie. L’éducation civique peut se
traduire par la publication de manuels expliquant la décentralisation, la citoyenneté, la
gouvernance locale, le développement local et leur traduction dans les langues locales.
Aussi, comme l’ont relevé les résultats de l’enquête, la pauvreté a des répercussions
profondes sur la gestion de la commune. Selon le professeur LOADA (2014), « la qualité
des conditions de vie des citoyens a un impact sur leur engouement pour tout processus
de décentralisation, par ricochet sur leur implication dans la gestion des affaires locales
». Mais pour atténuer ces effets et favoriser un développement endogène, la commune de
Pô pourrait réaliser des sites maraichers modernes dans chaque village de la commune
pour développer les cultures de contre-saison.
En plus, il est souhaitable que la commune mette l’accent sur la réalisation des
infrastructures marchandes et accompagnent les bénéficiaires avec des microcrédits pour
leur permettre de booster leurs activités commerciales. Aussi, la commune pourrait initier
des formations métiers, telles que la réparation des téléphones portables, la couture, la
mécanique auto, etc. au profit des jeunes et femmes désœuvrés. Ces activités généreront
des revenus et aideront les citoyens à améliorer leur qualité de vie, et partant, susciteront
leur participation à la gestion de la commune.

48

�III.2.4. Institutions de nouveaux mécanismes de participation citoyenne
En plus de l’exploitation effective des mécanismes de participation institués par le
législateur, la commune de Pô pourrait envisager la mise en œuvre d’autres mécanismes
pour impliquer au mieux les citoyens dans la gestion de la commune pour un
développement harmonieux. Ainsi, les autorités communales devraient accélérer la mise
en place des comités de veille et de développement dans les villages et secteurs. En effet,
le législateur a institué, en abrogation des articles 222 et 223 de la loi n°055-2004/AN du
21 décembre 2004 portant code général des collectivités territoriales, la loi n°0032023/ALT du 25 mars 2023 portant institution de comités de veille et de développement
(COVED). En matière de participation citoyenne, les COVED ont pour rôle d’élargir
l’accès à l’information au profit des populations et de favoriser leur implication à
l’identification, à la planification et à l’exécution des projets publics de développement
dans les quartiers et villages. Il vise l’appropriation par les habitants des questions de leur
propre développement par la concertation citoyenne à la base, au niveau des quartiers et
des villages.
Aussi, les autorités de la commune de Pô gagneraient à instituer un cadre d’échanges
entre le conseil de la collectivité et les organisations de la société civile de la commune
dans l’objectif de les associer à la gestion de la commune. Les organisations de la société
civile (OSC) sont des acteurs engagés dans divers domaines (culture, environnement,
Droits humains, etc.). Elles ont des expertises spécifiques et une connaissance fine des
réalités locales. L’institution d’un cadre de concertation crée un espace de dialogue, de
collaboration et de co-construction entre le conseil communal et les OSC. C’est un levier
puissant pour un développement local inclusif et durable.
En définitive, ce chapitre a permis de présenter les résultats obtenus à partir des données
collectées et de les analyser en profondeur. En confrontant les résultats de l’étude avec
celles précédentes, des points de convergence ainsi que des divergences ont pu été
identifiés. Aussi, des pistes d'action concrètes ont été proposées pour une meilleure
participation des citoyens dans la gestion de la commune de Pô.

49

�CONCLUSION
Le Gouvernement burkinabè a adopté la décentralisation comme mécanisme de
développement à la base, pour que les populations puissent définir, planifier et exécuter
des actions pour satisfaire leurs besoins essentiels. Cette stratégie a permis l'effectivité de
la communalisation intégrale, le transfert de compétences aux collectivités territoriales et
l'accompagnement des entités décentralisées par une déconcentration des services de
l'administration centrale.
Une décentralisation efficace conduit inéluctablement à la transformation des
communautés de base en modèles performants de démocratie et de développement
endogène. Lorsque les populations élisent elles-mêmes des responsables qu’elles jugent
dignes de les représenter, participent à la définition et à la mise en œuvre des projets et
programmes de développement, il ne fait aucun doute qu’il s’agit là d’un véritable
processus de développement qui est enclenché. Mais après plus de deux décennies
d'expérience, le constat est que la problématique de la participation citoyenne à la
gouvernance locale est toujours d'actualité dans la commune de Pô. En effet, les citoyens
ne participent pas assez à la gestion des collectivités territoriales au côté des élus locaux.
Cette triste réalité explique la recherche sur les facteurs limitant la participation citoyenne
dans la gestion de la commune de Pô.
L’analyse du thème a permis de mettre en évidence les déterminants de la participation
citoyenne dans la gestion de la commune de Pô. De façon spécifique, il a été question de
mettre en exergue l’influence des citoyens sur la gestion des autorités de la commune de
Pô, d’analyser l’effectivité des facteurs institutionnels facilitant la participation citoyenne
à la gestion des affaires locales dans la commune de Pô et d’identifier les obstacles qui
entravent la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô.
La démarche méthodologique adoptée a permis de constater que la majorité des citoyens
ne savent pas qu’ils ont les prérogatives de juger ou de demander simplement des comptes
aux autorités communales qu’ils ont donné mandat de les représenter. Cela a pour
conséquence de réduire leur implication dans la gestion des affaires locales, de restreindre
leur pouvoir d’intervention auprès des autorités locales et d’influencer positivement la
gestion des affaires de la commune.
Aussi, elle a révélé que les mécanismes de mise en œuvre du droit à l’information des
citoyens ne sont pas efficacement enclenchés par les autorités communales pour qu’ils
50

�servent au mieux la gouvernance locale. Les citoyens n'exploitent pas les mécanismes
dont ils disposent pour participer à la gestion de leur commune. Ils ne s'informent pas en
consultant les affiches ou les documents administratifs et ne participent pas aux sessions
du conseil de la commune.
Par ailleurs, elle a confirmé l’existence d’obstacles qui limitent la participation des
citoyens à la gestion de leur commune tels que le déficit de communication,
l’analphabétisme, l’ignorance, la pauvreté, l’absence de cadre de concertation et les
divergences politiques.
À terme, la recherche a permis de comprendre l’importance de la participation citoyenne
dans la gestion de la commune de Pô. De nombreux facteurs limitent véritablement la
participation des citoyens de Pô à la gestion de leur commune. Pour améliorer cette
situation, il serait judicieux pour les autorités communales de Pô de mettre l’accent sur
l’implication des populations dans les organes de participation et d’opérationnaliser les
mécanismes de mise en œuvre du droit à l’information des citoyens en vue d’assurer une
participation citoyenne indispensable à la bonne gouvernance locale.
En analysant les facteurs limitant la participation citoyenne dans la gestion de la commune
de Pô, la recherche n’a pas pu aborder tous les aspects de ces différents problèmes. Dans
une certaine mesure, elle aurait pu étudier la problématique de la participation des
citoyens au choix de leurs mandataires dans le contexte de la gouvernance locale. Aussi,
elle aurait pu s’intéresser aux mécanismes mis en place par les citoyens pour participer à
la gestion de leur cité. Toutes ces interrogations pourraient constituer des pistes de
réflexions que notre recherche n’a pas prises en compte de façon précise. Tout compte
fait, nous espérons, à travers cette recherche, avoir participé à la réflexion d’une
thématique dont l’importance s’avère plus que nécessaire et que d’autres recherches
pourraient approfondir davantage.

51

�IBLIOGRAPHIE
I.

Ouvrages

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OUEDREAGO Lamoussa, La participation des citoyens dans la gestion des Collectivités
territoriales : cas de la commune de Pabré, 2016, mémoire A.G ENAM 59 pages ;
OUEDREAGO Rayawendé Ernest, Participation citoyenne et développement local : cas
de la commune de Pouytenga, 2016, mémoire A.G - ENAM 54 pages ;

53

�ROMBA Abdoul Gafard, Réflexion sur la participation des citoyens au développement
des collectivités territoriales, ENAM, Ouagadougou, 2006, 59 pages ;
SAWADOGO Sayouba, La participation citoyenne au développement local dans le
contexte de la communalisation intégrale : cas de la commune rurale de Sabcé dans la
Province du Barn, OUAGADOUGOU : 2008 - Mémoire A. G- ENAM 61 pages ;
YAMEOGO Wendlassida Josias, Participation citoyenne à la gouvernance locale et
développement des collectivités Territoriales : cas de la région du Centre-Est du Burkina
Faso, 2017, mémoire 2IE, 77 pages ;
ZANGRE Aboulaye, La problématique de la participation citoyenne à la gouvernance
locale : cas de l'arrondissement de Bogodogo -OUAGADOUGOU : 2013. Mémoire A.
G-ENAM 59 pages ;
ZAZA Ornella, La participation citoyenne numérique pour le projet urbain : figures et
pratiques d’un imaginaire, ECLIPS - Participation citoyenne : Expériences et limites d’un
idéal de démocratie, Jun 2016, Tours, France ;
ZOUNDI Landrine 2ème Jumelle, La participation Citoyenne à la gestion des affaires
locales : cas de la commune rurale de Koubri – OUAGADOUGOU : 2016. Mémoire AG
- ENAM 58 pages ;
III.

Articles, Etudes et rapports scientifiques

BREUX Sandra, Les dimensions territoriales de la démocratie participative, Sciences de
la Société, n°69, 2006, pp. 71-85 ;
CGD Info : Participation citoyenne et gouvernance locale, numéro 1-2011, 4 pages ;
CGD Info : La qualité du travail des autorités locales au Burkina Faso, 2010, 7 pages ;
CGD : La gouvernance au Burkina Faso perceptions globales des burkinabé et
expérience concrète dans la commune de Pô, 2009, 34pages ;
ROIG Charles, théorie et réalité de la décentralisation, Revue française de science
politique, 16ᵉ année, n°3, 1966. pp. 445-471.
GUIRIOBE Paumahoulou Jean-Arsène, La faible participation citoyenne à la gestion des
collectivités territoriales en côte d’ivoire : cas de la commune de Bouaké, 2018, Revue
Ivoirienne d’Anthropologie et de Sociologie ;

54

�LAMY Pascal, La gouvernance, utopie ou chimère ? Dans Études 2005/2 (Tome 402),
pages 153 à 162 ;
MacLean, Melissa, Elaboration d’un programme de recherche sur les dimensions genre
de la décentralisation, 2003, CRDI
SCOGNAMIGLIO Typhanie, et CARREL Marion Carrel (Entretien) : la participation :
définitions, méthodologies et état des lieux ;
YAMBRESSINGA Guilga François de Paule, Analyse de la participation citoyenne à la
gouvernance locale dans la commune de Ouagadougou (BURKINA FASO) Juillet 2022,
Université Joseph KI ZERBO Ouagadougou, Burkina Faso p. 400 – 415 ;
IV.

Constitution, textes législatifs et règlementaires

Arrêté 11°2019-203/CO/M/SG/DGR/DRH du 25 septembre 2019 portant organisation
des services des mairies d'arrondissement de la commune de Ouagadougou ;
Constitution du Burkina Faso du 11 juin 1991, édition d'avril 2002, 62 pages ;
Décret n°2022-004/PRES/MPSR du 1er février 2022 portant dissolution des conseils des
collectivités territoriales.
Décret n°2009-838/PRES/PM/MEF/MATD du 18

décembre

2009 portant création,

attributions, composition et fonctionnement de cadres de concertation pour le
développement rural décentralisé ;
Loi n° 055-2004/AN du 21 décembre 2004 portant code général des collectivités
territoriales, promulguée par le décret n° 2005-227 /PRES du 14 avril 2005, y compris
ses différents modificatifs ;
V.

Autres ouvrages

ACT-Consults. 2000. Comment mieux articuler les appuis aux initiatives de
développement à la base et les appuis à la décentralisation ? Paris : Ministère des Affaires
étrangères ;
BURKINA FASO (gouvernement), ministère de l’administration territoriale et de la
décentralisation, 2015 : Citoyenneté et participation citoyenne, Ouagadougou, 70 pages ;
BURKINA FASO. Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation,
décembre 2008. Citoyenneté et Participation citoyenne, réalisé avec l’appui technique et
financier du projet ADEPAC/PNUD, Altesse Burkina Sarl, 70 pages ;
55

�Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (CADHP) du 17 juin 1981 ;
La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH) du 10 décembre 1948 ;
La participation citoyenne : Cahier du Labo'M21. Gironde conseil général, sept. 2014.
La Politique nationale de la bonne gouvernance 2005-2015 ;
La Politique Nationale de la Décentralisation au Burkina Faso : document d’orientation
de la décentralisation ;
Le Lexique des termes juridiques 14e édition DALLOZ ;
L'éveil de conscience des citoyens de la région du plateau Central : secret de la
performance communale de Inades-Formation Burkina ;
Ministère de l'Administration Territoriale et de la Décentralisation : état des lieux de la
décentralisation au Burkina Faso ;
Quels sont mes droits et mes devoirs en tant que citoyens d'une commune ? Guide
d'information et de sensibilisation sur les droits et les devoirs du citoyen dans la commune
de Inades-Formation Burkina ;
Société civile et participation citoyenne ; le combat des organisations civiles de quatre
régions : Centre, Centre-Nord, Centre-Sud et Plateau Central de Inades-Formation
Burkina.
VI.

Sites internet

André, P. avec la collaboration de P. Martin et G. Lanmafankpotin (2012). « Participation
citoyenne », dans L. Côté et J.-F. Savard (dir.), Le Dictionnaire encyclopédique de
l’administration publique, [en ligne] ;
Introduction à la gestion : qu'est-ce que la gestion ? (aunege.fr) consulté le 18 janvier
2024 ;

56

�ANNEXES
ANNEXE 1 : QUESTIONNAIRE ADRESSE A L’EX MAIRE, AU PDS, AUX
VICES PDS, AUX EX CONSEILLERS ET PERSONNES RESSOURCES DE LA
COMMUNE DE PO.
Je réponds au nom de Hamado SAKANDE, je suis apprenant à l’Institut de Formation
Ouverte à distance/Université Thomas SANKARA. Mes contacts sont : 76 71 71 93/ 70
04 44 05 ; sakandefils@gmail.com
Ce questionnaire est élaboré dans le cadre de la rédaction de notre mémoire de fin de
formation pour l’obtention du master en développement local et gestion des collectivités
à l’IFOAD/Université Thomas SANKARA. Le thème est intitulé : « analyse des facteurs
limitant la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô ». Votre
participation nous sera d’une grande utilité dans le cadre de cette recherche. Vos réponses
seront traitées dans le strict respect de l’anonymat et ne seront exploitées qu’à des fins
académiques.
Merci de votre disponibilité
N° :…………..
I.

Date : …………………..
IDENTITE DU REPONDANT

Nom et prénom : ……………………………………………………………….………..
Sexe : …………………………………………………………………………………….
Niveau d’étude : ………………………………………………………………………….
Profession : …………………………………………………………………………….…
Structure : ………………………………………………………………………………..
Contact : ………………………………………………………………………….………
II.

FONCTIONNEMENT DES FACTEURS INSTITUTIONNELS
FACILITANT LA PARTICIPATION CITOYENNE A LA
GESTION DE LA COMMUNE DE PO

1. Avez-vous connaissances des outils/mécanismes institutionnels facilitant la
participation des citoyens à la gestion de la commune ?
OUI : ☐

Non : ☐

Si Oui citez les ………………………………………………………………….………..

57

�III.

IMPLICATION DES CITOYENS DANS LA GESTION DE LA COMMUNE
2. Avez-vous l'occasion de participer aux débats publics sur les projets et
programmes dans votre commune ?

Jamais ☐
Parfois ☐
Souvent ☐
3. En tant que citoyen, êtes-vous impliqué dans l'élaboration du budget
communal ?
OUI : ☐

Non : ☐

4. Avez-vous accès au budget et compte administratif et de gestion de la
commune ?
OUI : ☐

Non : ☐

Sinon pourquoi ? …………………………………………………………………………
5. Avez-vous déjà participé à une session du conseil de la commune ?
OUI : ☐

Non : ☐

Sinon pourquoi …………………………………………………………………………..
6. Les délibérations du conseil et les actes administratifs des autorités
communales relatives au budget sont-ils portés à votre connaissance ?
OUI : ☐

Non : ☐

7. Les autorités de la commune vous rendent ils comptent de leur gestion à
travers l’organisation de journée de redevabilité ?
Jamais ☐
Parfois ☐
Souvent ☐
8. Le bilan annuel d'activités du conseil de la commune est-il porté à la
connaissance du public ?
OUI : ☐

Non : ☐

9. Quelles dispositions les autorités communales ont-elles prises pour informer
les populations des activités de la commune ?
Affichage ☐
Diffusion à la radio ☐
Crieur public ☐
58

�Création d’un service de communication ☐
10. Les autorités de la commune vous rendent il compte régulièrement de leur
gestion à la population à travers l’organisation de journées de redevabilité ?
OUI : ☐

Non : ☐

11. Existe-t-il un cadre de concertation communal (CCCO) fonctionnel ?
OUI : ☐

Non : ☐

12. Existe-t-il d'autres organes de concertation institués dans la commune en
dehors du CCCO ?
OUI : ☐

Non : ☐

13. Selon vous, quels sont les avantages de la participation des citoyens à la
gestion des affaires de la commune ?
Mieux comprendre les besoins des populations ☐
Facilite la prise de décision par les autorités communales ☐
Permet aux citoyens d’influencer la gestion communale ☐
Renforce la démocratie locale ☒
14. Selon vous, quels sont les obstacles qui entravent la participation des citoyens
à la gestion de la commune ?
Le déficit de communication ☐
Absence de cadres de concertation fonctionnels ☐
L’analphabétisme et l’ignorance ☐
La pauvreté ☐
Les divergences politiques ☐
Autres à préciser ☐
15. De façon générale, que proposez-vous pour une réelle participation citoyenne
à la gouvernance locale dans la commune ?
L’instauration d’une stratégie de communication ☐
La mise en place de cadres de concertation ☐
La culture du devoir de redevabilité ☐
Autre à préciser ☐

59

�ANNEXE 2 : GUIDE D’ENTRETIEN ADRESSE A L’EX MAIRE, AU PDS, AUX
VICES PDS, AUX EX CONSEILLERS ET PERSONNES RESSOURCES DE LA
COMMUNE DE PO.
Je réponds au nom de Hamado SAKANDE, je suis apprenant à l’Institut de Formation
Ouverte à distance/Université Thomas SANKARA. Mes contacts sont : 76 71 71 93/ 70
04 44 05 ; sakandefils@gmail.com
Ce guide d’entretien est élaboré dans le cadre de la rédaction de notre mémoire de fin de
formation pour l’obtention du master en développement local et gestion des collectivités
à l’IFOAD/Université Thomas SANKARA. Le thème est intitulé : « analyse des facteurs
limitant la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô ». Votre
participation nous sera d’une grande utilité dans le cadre de cette recherche. Vos réponses
seront traitées dans le strict respect de l’anonymat et ne seront exploitées qu’à des fins
académiques.
Merci de votre disponibilité
N° :…………..
I.

Date : …………………..
IDENTITE DU REPONDANT

Nom et prénom : …………………………………………………………….…..………..
Sexe : …………………………………………………………………………………….
Niveau d’étude : ………………………………………………………………………….
Profession : …………………………………………………………………………….…
Structure : ………………………………………………………………………………..
Contact : ………………………………………………………………………….………
II.

FONCTIONNEMENT DES FACTEURS INSTITUTIONNELS
FACILITANT LA PARTICIPATION CITOYENNE A LA
GESTION DE LA COMMUNE DE PO

1. Par quels mécanismes les citoyens sont-ils informés de la conduite des affaires
de la commune ?
……………………………………………………………………………………………
III.

IMPLICATION DES CITOYENS DANS LA GESTION DE LA
COMMUNE
2. Les citoyens participent-ils aux débats publics sur les projets et programmes dans votre
commune ?
60

�……………………………………………………………………………………………………..

3. Par quels mécanismes impliquez-vous les citoyens dans l’élaboration des budgets
de la commune ?
…………………………………………………………………………………………….
4. Les délibérations du conseil et les actes administratifs relatif au budget sont-ils
portés à la connaissance des citoyens ?
…………………………………………………………………………………………….
5. Les citoyens participent ils aux sessions du conseil municipal/délégation
spéciale ?
……………………………………………………………………………………………
6. Par quels moyens les populations sont-elles informées des activités de la
commune ?
……………………………………………………………………………………………
7. Des journées de redevabilité sont-elles organisées régulièrement pour rendre
compte de la gestion de la commune à la population ?
…………………………………………………………………………………………….
8. Existe-t-il un cadre de concertation communal fonctionnel ?
…………………………………………………………………………………………….
9. Si oui combien de sessions sont tenues par année ?
…………………………………………………………………………………………….
10. Existe-t-il d’autres organes de concertation institués dans la commune en dehors
du CCCO ?
…………………………………………………………………………………………….
IV.

AVANTAGES,

OBSTACLES

EN

MATIERS

DE

PARTICIPATION DES CITOYENS A LA GESTION DE LA
COMMUNE ET SUGGESTION
11. Selon vous, quels sont les avantages de la participation des citoyens à la gestion
des affaires de la commune ?
…………………………………………………………………………………………….
12. Quels sont les obstacles au bon fonctionnement des cadres de concertation dans
la commune ?
……………………………………………………………………………………………
61

�13. Selon vous, quels sont les obstacles qui entravent la participation des citoyens à
la gestion de la commune
…………………………………………………………………………………………
14. Quelles suggestions pouvez-vous faire pour un meilleur fonctionnement des
organes de concertation dans la commune ?
………………………………………………………………………………………
15. De façon générale, que proposez-vous pour une réelle participation citoyenne à la
gestion de la commune ?
……………………………………………………………………………………………
Merci pour votre disponibilité !

62

�Annexe 3 : Carte administrative de la commune de la Pô

Source : PCD commune de Pô

63

�Annexe 4 : Tableau portant Organisation des structures composant la délégation
spéciale de la commune de Pô avec leurs attributions
Structures

Composition

Attributions/missions

Organe

Définir les grandes orientations en matière de

délibérant de la

développement de la commune ;

délégation

Contrôler l’action du PDS ;
Adopter du Plan communal de développement ;
20

Donner des avis sur les questions soumises par l’Etat
central ;
Délibérer sur les affaires de la commune.

Organe

Le Président de

exécutif

la Délégation

Organiser des concertations sur les affaires de la
commune ;

Spéciale (PDS),

Préparer les ordres du jour de la session de la délégation

le 1er et le 2ème

spéciale ;

vice-président

Exécuter les délibérations ;

au PDS

Diriger l’administration communale.

Commission

Elle est compétente pour toutes les questions relatives

Affaires

aux affaires administratives, à la politique de la

générales,

commune en matière de communication, de formation,

sociales

et

05

de participation des populations aux activités sociales et

culturelles

culturelles et à la sécurité publique.

Commission

Elle est compétente sur toutes les questions qui ont trait

Affaires

aux grandes questions de développement économique

économiques

de la commune (planification économique, capacités

et financières

économiques, lutte contre la pauvreté (affaires
05

économiques) et de tout ce qui est propre à
l’amélioration des capacités financières de la commune
(affaires financières)

64

�Commission

Elle est compétente pour toutes les questions relatives à

Environnement

l’amélioration du cadre de vie, à la politique de la

et

05

commune en matière de voirie, d’assainissement,

développement

d’hygiène, d’inhumation, de santé communautaire et du

local

développement local. Pour ce faire, elle examine et
émet des avis écrits et motivés sur les projets et
programmes relevant de sa compétence.

Commission

Elle traite des questions relatives à l’aménagement du

Aménagement

territoire communal et des questions foncières. Pour ce

du territoire et

faire, elle examine et émet des avis écrits et motivés sur

gestion

05

les projets et programmes relevant de sa compétence.

foncière
Source : auteur, 2024

65

�ANNEXE 5 : photos des membres de la délégation spéciale de Pô lors de la
première session tenue les 27 et 28 mars 2024
Photo 1 : Présidium composé du PDS au milieu, respectivement du 1er et 2ème vice
président à gauche du PDS et du secrétaire général à droite

Source : archives de la mairie

Photo 2 : les membres de la délégation spéciale de Pô

Source : archive de la mairie
66

�TABLE DE MATIÈRE
DEDICACE ....................................................................................................................... i
REMERCIEMENTS ........................................................................................................ ii
SIGLES ET ABREVIATIONS ........................................................................................ iii
LISTE DES TABLEAUX................................................................................................ iv
LISTE DES FIGURES ..................................................................................................... v
SOMMAIRE.................................................................................................................... vi
RESUME ........................................................................................................................ vii
ABSTRACT ................................................................................................................... vii
INTRODUCTION ............................................................................................................ 1
CHAPITRE I : CADRE THEORIQUE ET REVUE DE LITTERATURE ...................... 6
I.1 CADRE THEORIQUE ............................................................................................... 6
I.1.1. Clarification de quelques concepts ...................................................................... 6
I.1.2. Modèles théoriques de la participation citoyenne ............................................... 9
I.2. REVUE DE LITTÉRATURE SUR LA PARTICIPATION CITOYENNE À LA
GESTION DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES ............................................... 14
CHAPITRE II : CADRE DE L’ETUDE ET METHODOLOGIE .................................. 18
II.1. PRESENTATION DU CADRE DE L’ETUDE ...................................................... 18
II.1.1. Contexte géographique..................................................................................... 18
II.1.1.1. Aspect géographique et évolution administrative ......................................... 18
II.1.1.2. Aspects économiques .................................................................................... 19
II.1.1.3. Organisation administrative de la Commune ................................................ 21
II.1.2. Contexte temporel ............................................................................................ 22
II.2. METHODOLOGIE DE LA RECHERCHE ........................................................... 22
II.2.1. Déroulement de l’étude .................................................................................... 22
II.2.1.1. Phase préparatoire ......................................................................................... 23
II.2.1.2. Phase exploratoire ......................................................................................... 23
II.2.1.3. Phase de collecte des données et d’analyse des résultats .............................. 23
II.2.2. Population d’étude et échantillonnage ............................................................. 23
II.2.2.1. Population d’étude......................................................................................... 24
II.2.2.2. L’échantillonnage .......................................................................................... 24
II.2.2.2.1. Méthode du choix raisonné ........................................................................ 25
II.2.2.2.2. Méthode du choix aléatoire ........................................................................ 25
II.2.2.3. Taille de l’échantillon .................................................................................... 25
67

�II.2.3. Techniques et outils de collecte des données ................................................... 26
II.2.3.1. Techniques de collecte de données ................................................................ 26
II.2.3.2. Outils de collecte de données ........................................................................ 28
II.2.3.3. Déroulement de l’enquête ............................................................................. 29
II.2.4. Analyse des données ........................................................................................ 31
II.2.5. Considérations éthiques ................................................................................... 31
II.2.6. Difficultés rencontrées ..................................................................................... 32
CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS ET DISCUSSION ............................. 33
III.1. PRESENTATION, ANALYSE ET DISCUSSION DES RESULTATS ................. 33
III.1.1. Caractéristiques des enquêtés ......................................................................... 33
III.1.2. Analyses et interprétations de l’exploitation des outils/mécanismes
institutionnels facilitant la participation citoyenne ..................................................... 35
III.1.3. Implication des citoyens dans la gestion de la commune ............................... 35
III.1.4. Avantages de la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô
.................................................................................................................................... 42
III.1.5. Obstacles entravant la participation citoyenne et suggestions pour une réelle
participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô.................................... 43
III.2. SUGGESTIONS .................................................................................................... 47
III.2.1. Renforcement des organes de participation citoyenne et des mécanismes de
mise en œuvre du droit à l’information des citoyens .................................................. 47
III.2.2. Renforcement du dispositif juridique de participation citoyenne ................... 47
II.2.3. Renforcement des capacités des citoyens......................................................... 48
III.2.4. Institutions de nouveaux mécanismes de participation citoyenne .................. 49
CONCLUSION .............................................................................................................. 50
IBLIOGRAPHIE ............................................................................................................ 52
ANNEXES ..................................................................................................................... 57
TABLE DE MATIÈRE ................................................................................................... 67

68

�</text>
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          <name>Dublin Core</name>
          <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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              <description>A name given to the resource</description>
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                  <text>DROIT - ÉCONOMIE -  GESTION</text>
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                  <text>ÉCONOMIE - DROIT - GESTION</text>
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              <description>An account of the resource</description>
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                  <text>La collection Droit économie et gestion (DEG) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières droit, économie et gestion.</text>
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        <name>Dublin Core</name>
        <description>The Dublin Core metadata element set is common to all Omeka records, including items, files, and collections. For more information see, http://dublincore.org/documents/dces/.</description>
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            <name>Title</name>
            <description>A name given to the resource</description>
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              <elementText elementTextId="54">
                <text>Analyse des facteurs limitant la participation citoyenne dans la gestion de la commune de Pô</text>
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            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
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              <elementText elementTextId="55">
                <text>SAKANDE Amado</text>
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            <name>Date</name>
            <description>A point or period of time associated with an event in the lifecycle of the resource</description>
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              <elementText elementTextId="56">
                <text>2024</text>
              </elementText>
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          <element elementId="51">
            <name>Type</name>
            <description>The nature or genre of the resource</description>
            <elementTextContainer>
              <elementText elementTextId="74">
                <text>Mémoire de master</text>
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                    <text>BURKINA FASO
La Patrie ou la Mort, nous Vaincrons

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UNIVERSITE THOMAS SANKARA

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Promotion 2021 - 2023
Mémoire pour l’obtention du diplôme de Master Professionnel en
Analyse et Suivi-Evaluation des Politiques Agricoles et Alimentaires

DETERMINANTS DE LA PERFORMANCE DE
REMBOURSEMENT DES CREDITS DE CAMPAGNE
AGRICOLE DANS LES ORGANISATIONS
PAYSANNES :
CAS DU PROJET PARTAM AU TOGO
Présenté et soutenu ce mardi 27 Mai 2025 par :
Kokou Mawunya GUIDIGAN

Sous la direction
Dr. Aïchatou MOURFOU épouse NAGANDA, EnseignanteChercheure/ Université THOMAS SANKARA (Burkina Faso)
JURY
Président : Pr. Idrissa OUIMINGA
Rapporteur : Dr. Yirviel Janvier METOUOLE MEDA

Année universitaire 2024-2025

�DEDICACE
Je dédie ce mémoire à ma famille.

i

�REMERCIEMENTS
Au terme de ce travail de recherche, nous tenons à exprimer notre profonde gratitude envers
toutes les personnes qui ont contribué à sa réalisation et à notre épanouissement tout au long de
ce parcours.
Nos sincères remerciements vont tout d'abord au premier responsable de l'Université Thomas
SANKARA, Professeur Pam ZAHONOGO pour son engagement en faveur de l'excellence
académique, ainsi qu'à Monsieur le Directeur de l’Institut de Formation Ouverte à Distance
(IFOAD), Docteur Marie Bernardin OUEDRAOGO dont les orientations ont été déterminantes
pour l'avancement de nos travaux.
Nous témoignons également toute notre reconnaissance à notre Directrice de mémoire, Docteur
Aichatou MOURFOU épouse NAGANDA, pour sa disponibilité, ses conseils précieux et son
accompagnement constant.
Nos remerciements s'adressent également aux élites et imminents enseignants de l'Université
Thomas SANKARA, qui, par leurs enseignements, ont contribué à enrichir nos connaissances
et à développer nos compétences.
Nous exprimons notre profonde gratitude à Monsieur le Ministre de l'Agriculture, du
Développement Rural et de l'Hydraulique Villageoise, ainsi qu'à Monsieur le Ministre de la
Réforme du Service Public, du Travail et du Dialogue Social, pour leur soutien qui s’est
matérialisé par l’octroi d’un congé de formation, nous permettant ainsi de poursuivre ce
parcours académique. Nous adressons également nos sincères remerciements à la hiérarchie de
l’Institut de Conseil et d'Appui Technique (ICAT), au personnel du projet PARTAM, au
personnel de la FUCEC, au président CGP ainsi qu’à tous les producteurs des OP pour leur
appui et soutiens constants tout au long de ce processus.
Sur un plan plus personnel, nous exprimons notre profonde gratitude à notre chère épouse
KOKOE, pour son soutien indéfectible, sa patience et sa compréhension tout au long de cette
aventure académique.
Aux collègues de parcours : AGODE Kokouvi TOUMOUDAGOU Pénagui épouse
AMEWOUAME, ADESSOU Afi Ruth et autres, qu’ils trouvent ici nos reconnaissances pour
l’esprit de collaboration et de vivre ensemble qui a régné durant ce parcours.
Enfin, nous remercions chaleureusement nos parents, et tout particulièrement mes grands frères
Professeur AKPAGANA Koffi, Docteur GUIDIGAN Kodjo Firmin, mes mères, Wono, Afi et
Dali, pour leur amour inconditionnel, leurs sacrifices et leurs encouragements, qui ont toujours
été une source de motivation et d'inspiration.

ii

�SOMMAIRE
INTRODUCTION GENERALE................................................................................................ 1
CHAPITRE 1 : CADRE DE REFERENCES CONCEPTUELLES ET THEORIQUES .......... 4
I. Définitions des concepts ......................................................................................................... 5
II. Les théories ............................................................................................................................ 8
III. Revue empirique ................................................................................................................ 10
CHAPITRE 2. CADRE ORGANISATIONNEL ET METHODOLOGIE .............................. 16
I. Cadre organisationnel ........................................................................................................... 16
II. Cadre méthodologique ......................................................................................................... 18
CHAPITRE 3. CADRE ANALYTIQUE ................................................................................. 24
I. Caractéristiques des coopératives étudiées ........................................................................... 24
II. Analyse des crédits alloués aux coopératives agricoles ...................................................... 26
III. Performance de remboursement des coopératives ............................................................. 27
IV. Facteurs influençant la performance de remboursement ................................................... 28
V. Discussion ........................................................................................................................... 39
VI. Vérification des hypothèses ............................................................................................... 44
VII. Les recommandations ....................................................................................................... 46
CONCLUSION GENERALE .................................................................................................. 48

iii

�SIGLES ET ABREVIATIONS
ACM

: Analyse de Correspondance Multiple

AGO

: Assemblée Générale Ordinaire

AGR

: Activités Génératrices de Revenus

BADEA

: Banque Arabe Pour le Développement Economique en Afrique

BM

: Banque Mondiale

BOAD

: Banque Ouest-Africaine de Développement

CG

: Comité de Gestion

CGC

: Comité de Gestion de Crédits

CGP

: Comité de Gestion du Périmètre

CNCA

: Caisse Nationale de Crédits Agricoles

CRZ

: Centre Rizicole de la vallée de Zio

CS

: Commission de Surveillance

DID

: Développement International des Jardins

FAO

: Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture

FUCEC

: Faitière des Unions des Coopératives d’Epargne et Crédits

ICAT

: Institut de Conseil et d’Appui Technique

ICRA

: Institut de Conseil et d'Appui aux Actions de Développement

IFOAD

: Institut de Formation Ouverte à Distance

IMF

: Institut de Microfinance

OHADA

: Organisation et Harmonisation de Droits des Affaires

OP

: Organisation des Producteurs

PARTAM

: Projet d’Aménagement et de Réhabilitation des Terres Agricoles de MissionTové

PIB

: Produits Intérieurs Bruts

SCOOPS

: Société Coopérative Simplifiée

SDF

: Structure Décentralisée de Financement

UEMOA

: Union Economique Monétaire Ouest Africaine

UEP

: Unité d’Exécution du Projet

iv

�LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1 : Opérationnalisation des variables .......................................................................... 19
Tableau 2 : Type de variables et la méthode d’analyse ............................................................ 20
Tableau 3 : résumé des statistiques descriptives de la population des coopératives ................ 24
Tableau 4 : Comparaison des moyennes des hommes et des femmes par coopérative............ 25
Tableau 5 : Récapitulatif de proportion de femmes dans les SCOOPS ................................... 26
Tableau 6 : Répartition des crédits par catégorie ..................................................................... 26
Tableau 7 : récapitulatif des statistiques descriptives des crédits alloués aux
60 coopératives ......................................................................................................................... 27
Tableau 8 : Récapitulatif de la répartition des Coopératives Agricoles selon le Taux de
Remboursement et la Performance Associée ........................................................................... 28
Tableau 9 : test statistique de Spearman et de Fisher ............................................................... 28
Tableau 10 : Contingence par Catégorie de Femmes ............................................................... 29
Tableau 11 : Distribution des Performances par Catégorie ...................................................... 29
Tableau 12 : fréquence de la tenue des réunions des coopératives .......................................... 30
Tableau 13 : Situation de la tenue des AGO ............................................................................ 31
Tableau 14 : Relation entre performance de remboursement et payement
de droit d’adhésion ................................................................................................................... 32
Tableau 15 : Résultats des Tests Statistiques ........................................................................... 33
Tableau 16 : Synthèse des scores d'instruction par niveau de performance ............................. 37
Tableau 17 : tests statistiques de Kruskal-Wallis ..................................................................... 37
Tableau 18: Tests statistiques de Sperman ............................................................................... 37

v

�FIGURES ET GRAPHIQUES
Figure 1: Modèle de recherche...............................................................................................................5

Figure 2: Une vue sur le périmètre rizicole .............................................................................. 18
Figure 3: La répartition des coopératives selon l’effectif (en pourcentage et en nombre) ....... 25
Figure 4: Graphique montrant la proportion de femmes dans les OP et performance de
remboursement ......................................................................................................................... 29
Figure 5: Graphique : Relation entre tenue des réunions et performance de remboursement . 31
Figure 6: Graphique : tenue des AGO et performance de remboursement des coopératives .. 32
Figure 7: Graphique en barres empilées montrant la distribution des niveaux de payement
d’adhésion par rapport aux performances de remboursement ................................................. 33
Figure 8 : Analyse de correspondance multiple entre le payement de droit d’adhésion et
performance de remboursement ............................................................................................... 34
Figure 9: Modalité de fonctionnement des organes de contrôle et de gestion ......................... 35
Figure 10: graphique montrant la situation de remboursement avec la disposition du CGC... 35
Figure 11 : Correspondance multiple entre la performance de remboursement et la disposition
de CGC ..................................................................................................................................... 36
Figure 12: Distribution des scores d’instruction des membres des organes (Comité de Gestion,
CG) ........................................................................................................................................... 38
Figure 13: distribution des scores d’instruction de la commission de surveillance (CS)......... 39

vi

�RESUME
Cette recherche s’intéresse aux déterminants des impayés des crédits de campagne agricole
dans le cadre du Projet de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission-Tové (PARTAM) au
Togo. Le projet, initié pour renforcer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté à travers le
développement de la riziculture, a permis d’octroyer des crédits agricoles aux coopératives via
des mécanismes de microfinance. Cependant, l’augmentation des taux d’impayés, passés de 13
% en 2012 à 25 % en 2016, a conduit à la suspension des crédits, mettant en péril la viabilité
du projet.
L’objectif principal de cette étude est d’identifier les facteurs organisationnels et fonctionnels
des coopératives influençant leur capacité de remboursement. En s’appuyant sur une
méthodologie mixte, les données ont été collectées auprès de soixante (60) coopératives
bénéficiaires choisies de manière aléatoire sur les cent-vingt (120) et analysées à l’aide des
logiciels Excel et R, selon des approches statistiques robustes (corrélations de Spearman, tests
de Fisher).
Les résultats clés révèlent que la forte proportion de femmes dans les groupes à caution solidaire
améliore significativement les performances de remboursement, soulignant leur rôle central
dans la discipline financière. Le paiement des droits d’adhésion par les membres apparaît
comme un indicateur fiable de la capacité organisationnelle et de la performance des groupes.
Mots clés :
Crédits de campagne agricole, Impayés, performance de remboursement, coopérative
agricole et gestion de crédits.

vi

�ABSTRACT
This research focuses on the determinants of loan defaults in agricultural campaign credits
under the Agricultural Land Rehabilitation Project of Mission-Tové (PARTAM) in Togo. The
project, initiated to strengthen food security and reduce poverty through the development of
rice farming, enabled the provision of agricultural loans to cooperatives through microfinance
mechanisms. However, the increase in default rates, which rose from 13% in 2012 to 25% in
2016, led to the suspension of credit disbursements, thereby jeopardizing the project's viability.
The main objective of this study is to identify the organizational and functional factors within
cooperatives that influence their repayment capacity. Based on a mixed-methods approach, data
were collected from sixty (60) randomly selected beneficiary cooperatives out of a total of one
hundred and twenty (120), and analyzed using Excel and R software through robust statistical
methods (Spearman correlations, Fisher's exact tests).
Key findings reveal that a high proportion of women in joint liability groups significantly
improves repayment performance, highlighting their central role in financial discipline. The
payment of membership fees by members emerges as a reliable indicator of organizational
capacity and group performance.
Keywords:
Agricultural campaign credits, Loan defaults, Repayment performance, Agricultural
cooperatives, Credit management.

viii

�INTRODUCTION GENERALE
Le Togo est un pays en développement dont l’économie repose essentiellement sur la production
agricole. Ce secteur, à lui seul, contribue à près de 40 % au PIB et occupe presque 80 % de la
population active (BM, 2018). S’il est avéré que le secteur agricole joue un rôle important dans
le renforcement du tissu économique des pays du Sud, les contraintes à son développement
demeurent énormes. Les aléas naturels et climatiques s’intensifient ; les marchés agricoles restent
incertains et fortement asymétriques ; la compétition sur les ressources se renforce ; la
structuration des agriculteurs demeure insuffisante ; et les politiques agricoles rénovées peinent
à se mettre en place. Ces contraintes affectent considérablement la productivité agricole et, par
conséquent, compromettent gravement la sécurité alimentaire.
Face à ces défis, les pays africains doivent renforcer la résilience des populations rurales face aux
aléas socio-économiques et climatiques. Parmi les mesures envisagées figure le financement des
exploitations agricoles. Les agriculteurs, en particulier les petits exploitants, ont besoin d’investir
pour faire face aux exigences de la production, notamment l’achat d’intrants et d’équipements.
Or, il est à noter qu’aujourd’hui, les services financiers et l’offre de crédit en particulier
demeurent défaillants face à la demande croissante des agricultures familiales. Les banques se
sont tenues à l’écart de l’agriculture, car elles la considèrent comme une activité faiblement
rentable, risquée, et avec des garanties difficiles à obtenir. Les Services Décentralisés de
Financement (SDF), communément appelés institutions de microfinance (IMF), se sont engagés
dans le financement des producteurs, mais à des taux d’intérêt peu compatibles avec les réalités
du secteur (Grain de sel, janvier – juin 2016).
Conscients de la nécessité du financement agricole, et en particulier de l’octroi de crédits aux
agriculteurs, les pays en développement ont commencé à mettre en œuvre des programmes et
projets comportant des lignes de financement destinées aux producteurs pour couvrir les coûts de
production. Ainsi, dans les années 1960 et 1970, les pays ouest-africains ont adopté plusieurs
politiques visant à faciliter l’accès des agriculteurs au financement. Par exemple, ils ont fixé des
taux d’intérêt relativement bas et imposé aux banques des quotas de prêts obligatoires. Par
ailleurs, ils ont créé des banques ou des caisses de développement agricole (ex. : Caisse Nationale
de Crédit Agricole – CNCA – au Togo), chargées de financer les agriculteurs.
Cependant, ces programmes ont souvent été mal gérés, ce qui a conduit à plusieurs problèmes.
Tout d’abord, ils ne parvenaient pas à atteindre les agriculteurs les plus pauvres. De plus, les
pouvoirs publics ont fréquemment imposé des annulations de dettes, créant une certaine
confusion chez les agriculteurs entre dons et prêts. En outre, les faibles taux de recouvrement des
prêts et les remises de dettes répétées ont rendu ces politiques difficilement viables. Depuis lors,
le principal problème rencontré par ces mécanismes de financement – qu’ils soient mis en œuvre
1

�par des projets de développement ou par des banques/SDF – reste le non-remboursement des
crédits octroyés. Cette situation, observée dans presque tous les programmes et projets de
développement agricole, compromet dangereusement l’accès au financement des producteurs et,
de ce fait, la capacité de production des systèmes agricoles.
Le Projet de Réhabilitation et d’Aménagement des Terres Agricoles de Mission-Tové
(PARTAM), initié par le gouvernement togolais pour améliorer les conditions de vie des
populations de la vallée du Zio à travers le développement de la riziculture, a connu une
expérience difficile en matière de remboursement de crédits. En effet, entre 2012 (année du
démarrage du financement) et 2016 (année de suspension du crédit), le taux des impayés est passé
de 13 % à plus de 25 %, mettant en péril la viabilité de ce mécanisme de financement.
Ces difficultés de remboursement soulèvent des questions cruciales quant aux facteurs sousjacents qui pourraient expliquer une telle situation. La capacité organisationnelle et fonctionnelle
des coopératives agricoles, notamment celles structurées en groupes à caution solidaire, constitue
une série de variables qui nécessitent une analyse approfondie. Il est essentiel de comprendre
pourquoi certaines coopératives parviennent à honorer leurs engagements financiers, tandis que
d’autres échouent. Afin de proposer des solutions susceptibles d’orienter les politiques de relance
du financement agricole dans la région, cette étude s’interroge sur des aspects tels que la présence
des femmes au sein des coopératives, la tenue régulière des réunions et des Assemblées Générales
Ordinaires (AGO), le paiement des droits d’adhésion par les membres, la mise en place des
organes de gestion et de contrôle, ainsi que le niveau d’instruction des membres de ces organes.
Les réponses à ces interrogations permettront de revisiter les différentes étapes du processus
d’octroi de crédit et d’analyser l’émergence des causes de non-remboursement dans le cadre de
ce projet. Cela permettra également de mieux appréhender les conséquences qui en découlent,
afin de proposer des pistes de solutions.
En effet, cerner les facteurs qui déterminent les impayés dans le cadre de ce projet de
développement rizicole à Mission-Tové peut contribuer à la mise en place de mécanismes de
crédit durables et adaptés, capables de garantir la stabilité du financement et le développement
des exploitations agricoles.
La présente recherche s’articule autour de la question centrale suivante : Quelle est l’influence
de la performance organisationnelle, structurelle et fonctionnelle des coopératives agricoles sur
leur capacité de remboursement des crédits. ? Pour y répondre, l’étude met un accent particulier
sur plusieurs dimensions clés du fonctionnement coopératif, donnant lieu aux interrogations
spécifiques suivantes : Dans quelle mesure l’inclusion des femmes au sein des coopératives
contribue-t-elle à améliorer la discipline de remboursement ? Quel est l’effet de la régularité des

2

�réunions et des assemblées générales ordinaires sur la gouvernance et la responsabilité financière
des membres ? En quoi le paiement des droits d’adhésion constitue-t-il un indicateur
d’engagement et de fiabilité financière ? Comment la mise en place d’organes de gestion
structurés et aussi le niveau d’instruction des membres des dits organes impactent-t-ils le suivi et
la performance des crédits ?
Ceci étant, ce travail de recherche abordera trois chapitres qui respectivement vont traiter le cadre
de références conceptuelles et théoriques, le cadre organisationnel et méthodologique et le cadre
analytique suivi de discussions.

3

�CHAPITRE 1 : CADRE THEORIQUE ET DE REFERENCES
CONCEPTUELLES
Ce premier chapitre décrit le cadre général, théorique et conceptuel avec une présentation de
revue critique sur la question de remboursement de crédit en général et sur le crédit agricole en
particulier. Il sera particulièrement question de faire ressortir l’objectif de l’étude, les hypothèses,
certains concepts clés, les théories économiques et les études empiriques liées à la problématique
de remboursement de crédits de campagne agricole.
I. Cadre général de l’étude
Il sera question de faire ressortir dans la section suivante, l’objectif général et spécifique ainsi
que les hypothèses de l’étude.

1. Objectif général
L'objectif principal de ce mémoire est d’identifier les déterminants des difficultés de
remboursement des crédits de campagne agricole liés à des caractéristiques organisationnelles,
structurelles et fonctionnelles des groupes à caution solidaire dans le cadre du projet PARTAM.
1.2. Objectifs spécifiques
Spécifiquement, il s’agit de :
➢ Évaluer l’effet de la proportion de femmes au sein des coopératives sur leur capacité de
remboursement des crédits agricoles ;
➢ Analyser l’effet de la tenue régulière des réunions et des assemblées générales ordinaires
sur la performance de remboursement des crédits ;
➢ Examiner le lien entre le paiement des droits d’adhésion et la capacité de remboursement
des coopératives agricoles ;
➢ Étudier l’influence des organes de contrôle et de gestion ;
➢ Apprécier l’effet du niveau d’instruction des membres des organes de gestion et de
contrôle sur la performance de remboursement des crédits agricoles.

2. Hypothèse générale
Les caractéristiques organisationnelles, structurelles et fonctionnelles des coopératives
déterminent la capacité de remboursement des coopératives agricoles.

4

�2.1. Hypothèses spécifiques
➢ La proportion des femmes au sein des coopératives influence positivement la capacité de
remboursement ;
➢ La Tenue régulière des réunions ainsi que des AGO favorise le remboursement ;
➢ Le paiement de droit d’adhésion agit positivement sur la capacité de remboursement ;
➢ La mise en place des organes de contrôle et de gestion agit positivement sur la
performance de remboursement ;
➢ Le niveau d’instruction des membres de ces organes a un effet améliorateur sur la capacité
de remboursement des coopératives.
Figure 1 : Modèle de recherche
Source : conçu par l’auteur du document

II. Cadre conceptuel
Il sera question ici de définir quelques concepts qui ont trais à la problématique de remboursement
de crédit en général et sur le crédit agricole en particulier.

1. Coopératives agricoles
Les coopératives agricoles, formes structurées d’organisations paysannes (OP), sont des
regroupements de producteurs qui visent à améliorer collectivement leurs conditions de
production, de commercialisation, d’accès aux intrants et au financement. Fondées sur les
principes de solidarité, de gestion démocratique et de mutualisation des ressources (Birchall &amp;
Ketilson, 2009), ces organisations jouent un rôle central dans les systèmes de crédit agricole.

5

�Dans l’espace UEMOA, le fonctionnement des coopératives agricoles est encadré par les actes
uniformes de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA),
qui définissent les règles de gouvernance, de transparence, et de responsabilité dans leur gestion.
Ces normes influencent directement la capacité des coopératives à gérer efficacement les
ressources financières mises à leur disposition.
Dans le cadre du Projet d’Aménagement et de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission
Tové (PARTAM), l’accès au crédit de campagne par les OP repose fortement sur leur
performance organisationnelle et leur discipline financière. Ainsi, la capacité de remboursement
des coopératives agricoles constitue un levier stratégique de viabilité et de pérennité du
mécanisme de financement mis en place. Or, cette capacité dépend non seulement de facteurs
économiques et climatiques, mais aussi de facteurs internes tels que la structuration des organes
de gestion, la régularité des assemblées générales, la participation des membres et la transparence
des décisions.
Ce mémoire s’inscrit dans cette dynamique en cherchant à analyser les déterminants
organisationnels, sociaux et économiques qui influencent la performance de remboursement des
crédits de campagne agricole par les OP, à travers une étude de cas centrée sur les coopératives
bénéficiaires du projet PARTAM au Togo.

2. Le crédit agricole
Le crédit agricole est un levier essentiel pour le développement du secteur agricole, en particulier
dans les contextes où les exploitants font face à des contraintes de liquidité. D’après Ghatak et
Guinnane (1999), il s’agit d’un mécanisme de financement conçu pour couvrir les besoins en
capital des producteurs agricoles, notamment pour l’achat d’intrants, l’acquisition
d’équipements, le paiement de la main-d'œuvre ou encore les travaux d’aménagement. Ce crédit
peut être octroyé à court, moyen ou long terme, en fonction des cycles de production et du type
d’exploitation.
Dans le cadre du Projet d’Aménagement et de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission
Tové (PARTAM), le crédit agricole est au cœur du dispositif de relance des activités agricoles.
Il constitue le principal moyen par lequel les organisations paysannes (OP), notamment les
coopératives agricoles, financent leurs campagnes agricoles, dans une logique de dynamisation
de la production et d’amélioration des revenus des exploitants.
Toutefois, la réussite de cette approche dépend largement de la capacité des OP à rembourser les
crédits octroyés. Les difficultés de remboursement peuvent mettre en péril la pérennité du
mécanisme financier mis en place et limiter l’impact global du projet. Ainsi, ce mémoire vise à
6

�analyser les facteurs organisationnels, sociaux et économiques qui influencent la performance de
remboursement des crédits de campagne agricole au sein des OP bénéficiaires du PARTAM, afin
de proposer des pistes d’amélioration pour la gestion du crédit rural dans un contexte de
développement agricole.

3. Impayés
Selon Azokly (2010), la notion d’impayé est un terme général qui est utilisé sous différent aspect
de non remboursement de crédit. Il existe donc plusieurs types d’impayés suivant l’âge ou le
stade où l’on se trouve en matière de recouvrement. En microfinance, un crédit est considéré
comme étant impayé lorsque :
-

Le montant d’une des échéances n’est partiellement pas payé à la date de l’échéance ;

-

Le montant d’une des échéances est payé avec retard ;

-

Le montant d’une des échéances n’est pas du tout payé.

4. Risques des impayés
Le risque de crédit tient au fait que l’exploitant agricole qui contracte un prêt peut être dans
l’incapacité de le rembourser, pour diverses raisons. Le non-remboursement d’un prêt est
éventuellement imputable aux compétences techniques, à la santé, la moralité ou la personnalité
de l’agriculteur et de sa famille. Les risques peuvent provenir également des intrants
(disponibilité, qualité, prix), ainsi que des dommages infligés à la production par des aléas
climatiques (sécheresse, inondation, température) ou des maladies des plantes et des animaux. A
cette liste s’ajoutent les risques liés à la commercialisation de la production, les risques
règlementaires, les risques sociaux, etc. (Holonkou 2001). Les risques de crédit sont donc
particulièrement nombreux en agriculture. Ils sont difficiles à cerner et assurément plus
imprévisibles que les risques de crédit associés à des particuliers ou à des entreprises d’autres
secteurs. C’est la principale raison pour laquelle les banques ont toujours eu une grande réticence
à financer l’activité agricole.

5. Capacité de remboursement
La capacité de remboursement désigne la faculté d'une coopérative ou d'un producteur agricole
à honorer ses engagements financiers en temps voulu. Elle dépend des revenus générés par
l’activité agricole, la gestion des risques et des aléas climatiques (Stiglitz, J. E., &amp; Weiss, A.
1981).

7

�6. Taux de remboursement
Le taux de remboursement selon Zeller, M., et al. (1997), représente la proportion des prêts
remboursés dans les délais convenus. Un taux élevé reflète la solvabilité des emprunteurs, tandis
qu'un taux faible est souvent le signe d’une mauvaise gestion ou de difficultés économiques.

7. Caution solidaire
Pour Giné, X., &amp; Karlan, D. (2014), le mécanisme de caution solidaire implique que les membres
d'une coopérative ou d'un groupe d’emprunteurs partagent la responsabilité du remboursement.
Ce système crée une pression collective qui peut améliorer les taux de remboursement mais
expose aussi les membres à des risques partagés. Pour Stiglitz (1990) et Zeller (1998), dans les
crédits de groupe, chaque emprunteur est responsable du paiement des crédits de ses pairs ; les
crédits subséquents ne seront obtenus qu'à la seule condition que le crédit antérieur soit
entièrement payé. Cette forme de garantie, bâtie sur la solidarité communautaire et sur le contrôle
mutuel par les pairs a été contestée par certains auteurs. Au Bénin par exemple, selon une étude,
rapportée par Holonkou et al. (2001), cette forme de garantie a conduit à des taux d'impayés de
40% dans une caisse locale en 1999.

8. Formation en gestion financière
La formation des membres de coopératives en gestion financière, en gestion des risques, et en
production agricole est cruciale pour améliorer leur performance. Elle favorise la maîtrise des
outils nécessaires à la gestion efficace des crédits et des activités économiques, (Bingen, J.,
Serrano, A., &amp; Howard, J. 2003).

III. Les théories
Afin de mieux appréhender la problématique du remboursement des crédits de campagne agricole
par les coopératives, il est essentiel de s’appuyer sur un cadre théorique solide. Cette section vise
à présenter les principales théories et approches conceptuelles mobilisées dans le cadre de cette
étude. Elles permettront de mieux comprendre les comportements des acteurs, les dynamiques
organisationnelles des coopératives et les mécanismes économiques liés à l’accès et au
remboursement du crédit agricole.

1. Théorie du crédit rural
Cette théorie met en avant l’importance de l’accès au crédit pour stimuler la productivité agricole
et réduire la pauvreté en milieu rural. Les auteurs tels que Von (1991) affirment que l’accès au
8

�crédit rural peut renforcer les capacités productives des agriculteurs. Cependant, l'accès au crédit
nécessite des mécanismes institutionnels solides pour garantir le remboursement.

2. Théorie de l'agence
Proposée par Jensen et Meckling (1976), cette théorie explique la relation entre les prêteurs
(principaux) et les emprunteurs (agents). Dans le cadre des coopératives agricoles, les asymétries
d'information peuvent engendrer des problèmes d'aléa moral et d'antisélection. La gestion
financière efficace au sein des coopératives peut réduire ces asymétries en assurant une
transparence des comptes et des transactions.

3. Théorie de la microfinance
La microfinance est largement utilisée pour financer des petits agriculteurs et des coopératives
dans les pays en développement. Dans le cadre de ce projet PARTAM, l’état a mis un fonds de
garantie à la disposition de FUCEC, institut de microfinance chargée d’assurer le financement
des agriculteurs organisés en coopératives.
Selon Yunus (1999), les groupes de caution solidaire (comme les coopératives) permettent de
mutualiser les risques et de garantir le remboursement. Les pratiques organisationnelles (tenue
des réunions, AGO, gestion financière) renforcent la cohésion du groupe et la discipline dans le
remboursement des prêts.

4. Théorie de la gouvernance coopérative
Cette théorie, développée par Hansmann (1996), met l’accent sur la structure de gouvernance des
coopératives et l’importance de la participation des membres dans les processus décisionnels.
L’efficacité de la gouvernance, notamment la tenue des réunions régulières et des assemblées
générales, joue un rôle crucial dans la transparence et la prise de décision collective, ce qui
influence la capacité des membres à rembourser leurs prêts.

5. Théorie du capital social
Le capital social est un concept développé par Bourdieu (1986) et Putnam (1993), qui souligne
que la coopération et la confiance entre les membres d'une coopérative favorisent la mise en
commun des ressources et la coordination des actions collectives. Dans les coopératives
agricoles, les réunions régulières et les assemblées générales renforcent le capital social,
augmentant ainsi la probabilité de remboursement du crédit par la cohésion du groupe.

9

�6. Théorie de la gestion financière
Selon Ross, Westfield et Jordan (2008), la gestion financière concerne l’utilisation efficace et
transparente des ressources financières dans une organisation. Dans le contexte des coopératives
agricoles, une gestion financière rigoureuse, avec une tenue régulière des documents comptables,
permet de surveiller les flux de trésorerie, les dépenses et les revenus, garantissant ainsi la
solvabilité.
7. Théorie du contrôle de gestion
La théorie du contrôle de gestion de Anthony et Govinda Rajan (2004) met en lumière
l'importance de la mise en place d'outils de suivi financier (documents comptables et financiers)
pour améliorer les performances des organisations. Le suivi régulier des documents comptables
permet de repérer rapidement les écarts et d'ajuster les pratiques pour garantir la capacité de
remboursement des coopératives.

IV. Revue empirique
Pour une revue empirique sur la capacité de remboursement des coopératives agricoles, il est
essentiel d'explorer des études qui ont analysé les facteurs influençant le remboursement de crédit
par les coopératives, en se concentrant sur les aspects de gestion financière, gouvernance,
pratiques organisationnelles et la nature du crédit. Voici une proposition de revue empirique, en
s'appuyant sur des études pertinentes à travers plusieurs contextes.

1. L’importance et les difficultés liées au crédit agricole
Selon un rapport de la DID en 2010, pour la majorité des pays en développement dont le PIB
dépend fortement de la production agricole, le crédit d’exploitation constitue l’outil de base pour
améliorer la productivité de l’agriculture. Selon Ouédraogo et al (2008), chaque pauvre, grâce au
crédit, pourrait se transformer en micro-entrepreneur et enclencher un processus d’accumulation
et de réussite économique.
Mais, malgré les initiatives d’amélioration des conditions de financement, la capacité de prendre
correctement en charge les besoins de l’agriculture est fortement questionnée. L’accès au crédit
reste limité et contraignant pour les exploitations agricoles. Cette situation est inquiétante
d’autant plus que l’accès au crédit est supposé avoir des répercussions positives sur l’adoption de
nouvelles technologies, de respect des normes de bonne production, et de façon générale sur la
performance et le bien-être des producteurs (Fall, 2006). Il est reconnu que sans un bon
fonctionnement du marché financier, il y a peu de perspectives d’amélioration de la productivité
agricole et du niveau de vie des populations rurales africaines de façon substantielle et
10

�significative (Diagne, 1999). En effet, l’accès difficile au crédit reste une contrainte principale au
développement de l’agriculture familiale qui a besoin de ressources pour son intensification et sa
modernisation Wampfler et al, (2003).
2. Taux de remboursement
Plusieurs études ont démontré que le taux d'intérêt appliqué aux crédits agricoles influence
significativement la capacité de remboursement des bénéficiaires. Une analyse menée par Zeller
et al. (1997) montre que des taux d'intérêt trop élevés peuvent entraîner des défaillances de
remboursement, notamment pour les petits producteurs agricoles ayant des marges bénéficiaires
limitées.

3. Délai d’étude de dossier et libération des fonds
Les retards dans le traitement des dossiers de crédit et la libération tardive des fonds ont
également été identifiés comme des facteurs critiques pour la réussite ou l’échec des campagnes
agricoles. Une étude menée par Khandker (2005) sur les programmes de microfinance en Asie
du Sud-Est a montré que des retards dans la libération des fonds peuvent empêcher les
agriculteurs d'investir à temps dans les intrants, ce qui affecte directement les rendements
agricoles et, par conséquent, leur capacité à rembourser.
Le timing est crucial : les producteurs ont besoin d’accéder aux fonds avant le début de la
campagne agricole. Des processus plus rapides pour l’approbation et la libération des crédits sont
liés à de meilleures performances de remboursement.

4. Echéance de remboursement
Le mode et la fréquence des remboursements peuvent avoir un impact sur le taux de
remboursement des prêts. Une étude menée par Giné et Karlan (2014) dans les programmes de
crédit agricole en Afrique subsaharienne a comparé les effets des échéances de remboursement à
court terme (mensuelles) par rapport à celles à long terme (annuelles ou semi-annuelles). Il a été
constaté que des échéances mieux adaptées aux cycles de production agricole permettent aux
emprunteurs de mieux gérer leurs flux de trésorerie et de limiter les défaillances.
Les échéances alignées sur le cycle agricole (après récolte) réduisent les défauts de paiement, car
elles permettent aux producteurs de rembourser après la commercialisation de leurs produits.

5. Impact des délais de crédit sur la performance des coopératives agricoles
Moutari et al. (2020) ont mené une étude sur le financement des coopératives rizicoles au Niger,
où ils ont trouvé que des crédits à court terme avec des conditions de remboursement flexibles
11

�ont un impact positif sur la solvabilité des coopératives. Le délai d'étude des dossiers et la
libération rapide des fonds ont été essentiels pour maximiser les rendements agricoles.
Les coopératives ayant reçu des crédits avec des conditions flexibles de remboursement (adaptées
aux cycles de production) ont présenté des taux de remboursement plus élevés, améliorant ainsi
leur accès à des financements futurs.

6. Bonne gouvernance des coopératives
La FAO (2017) a réalisé une étude sur les performances des coopératives agricoles au Togo,
soulignant que l'absence d'assemblées générales ordinaires (AGO) et la faible participation des
membres aux réunions sont des facteurs de dysfonctionnement. Les coopératives qui
maintiennent une bonne gouvernance avec l’organisation régulière des AGO et des réunions
fréquentes présentent un meilleur comportement de remboursement des crédits.
Les bonnes pratiques de gouvernance, telles que la tenue d’AGO, favorisent la transparence et la
discipline financière, améliorant ainsi la solvabilité des coopératives.

7. Risques agricoles
L’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) a mené des études qui se sont
intéressées à la gestion des risques agricoles au Togo. Elle a constaté que les coopératives
agricoles exposées à des risques climatiques élevés avaient des difficultés à rembourser leurs
crédits, en raison des fluctuations importantes des rendements agricoles. Les coopératives qui ont
mis en place des stratégies de diversification de production et des mécanismes d’assurance
agricole ont cependant enregistré de meilleurs résultats en matière de remboursement (UEMOA
2016)
La gestion des risques agricoles, notamment climatiques, est un facteur critique qui influence la
solvabilité des coopératives agricoles au Togo.

8. Formation en gestion de crédits et innovations techniques
L'Institut de Conseil et d'Appui aux Actions de Développement, ICRA (2020) a conduit une étude
approfondie sur l'efficacité des systèmes de financement agricole dans la chaine de valeur riz au
Togo. Le rapport indique que les coopératives qui ont accès à des formations continues sur la
gestion des crédits et des financements agricoles ont significativement amélioré leur performance
en matière de remboursement. L'étude révèle également que l'adoption de technologies agricoles
(telles que RiceAdvice Smart Valleys..) améliore la productivité, ce qui facilite le
remboursement.
12

�L'accès aux technologies agricoles et à la formation en gestion financière sont des leviers
importants pour améliorer la solvabilité des coopératives.
Le crédit agricole est un levier essentiel pour améliorer la productivité et les revenus des
agriculteurs, notamment dans les pays en développement où il constitue une ressource clé pour
l’achat d’intrants et l’investissement dans les exploitations (DID, 2010 ; Ouédraogo et al., (2008).
Toutefois, malgré son importance, plusieurs contraintes limitent son efficacité et sa viabilité. Les
taux d’intérêt appliqués influencent fortement la capacité des agriculteurs à rembourser leurs
prêts. Des taux élevés augmentent les risques de défaut, surtout pour les petits producteurs dont
les marges bénéficiaires sont faibles Zeller et al., (1997). Les retards dans le traitement et la mise
à disposition des financements pénalisent les agriculteurs en les empêchant d’investir à temps
dans les intrants, ce qui réduit leurs rendements et leur capacité de remboursement (Khandker,
2005). L’adéquation des échéanciers avec le cycle agricole est un facteur clé de la solvabilité des
producteurs. Les échéances adaptées aux récoltes permettent aux emprunteurs d’avoir les
ressources nécessaires pour honorer leurs engagements Giné &amp; Karlan, (2014). La performance
des coopératives agricoles est influencée par la qualité de leur gouvernance. Une gestion
rigoureuse avec des réunions régulières et des organes de contrôle efficaces favorise un meilleur
remboursement des crédits FAO, (2017). Les chocs climatiques et la volatilité des rendements
sont des menaces majeures. Les coopératives qui mettent en place des stratégies d’assurance ou
de diversification de production améliorent leur stabilité financière et leur taux de remboursement
(UEMOA, 2016). L'accès à des formations sur la gestion des crédits et l’adoption de technologies
agricoles modernes augmentent la productivité et la solvabilité des agriculteurs (ICRA, 2020).

9. Détournement de crédits
Edmond (1994) considère « qu’une trop grande socialisation du crédit pour les campagnes
Agricoles et la non-couverture des besoins financiers par les acteurs socio-économiques
entrainent le détournement des crédits de la part des clients ». En revanche, Chao-Beroff (1999)
fait remarquer que « la période où le prêt est octroyé est un facteur à prendre en considération,
car elle pourrait affecter le remboursement ». En effet, estime-t-il « si l’IMF tarde à accorder le
prêt à cause des formalités administratives trop contraignantes, le crédit peut être accordé à un
moment où le client n’en manifestera plus le besoin réel. Le crédit serait ainsi inefficacement
utilisé ; ce qui pourra occasionner d’éventuels impayés ».

13

�10. Caractéristiques des offreurs et des demandeurs
Une étude faite par Honlonkou et al. (2001) a eu pour but d'identifier les facteurs explicatifs du
remboursement des crédits dans les IMF au Bénin. Au moyen de deux modèles Tobit, les auteurs
ont abouti aux résultats selon lesquels la performance des IMF en matière de remboursement est
liée aussi bien aux caractéristiques des caisses (caractéristiques du gérant, supervision adéquate
après l’obtention du crédit, aux activités financières) qu’aux caractéristiques des clients (sexe,
proximité géographique de la caisse, type de garantie, volume d’activités, l’expertise accumulée
dans l’activité à financer et la taille de l’emprunt). Ces mêmes résultats permettent entre autres
de conclure « que les garanties immatérielles ont plus d’influence positive sur les taux de
remboursement que celles matérielles ». L’étude recommande donc que « les IMF accordent plus
d’importance aux facteurs de motivation de l’emprunteur dans l’octroi des crédits ».
Parallèlement à leur analyse, les travaux de Wampfler (2001) visent la défaillance du système de
gouvernance comme déterminante des situations critiques dans le secteur de la microfinance. «
Cette défaillance est souvent manifestée par le manque de clarté dans la responsabilité des
différentes parties prenantes, le manque de responsabilisation de l'opérateur extérieur, le conflit
entre opérateurs extérieurs et la fédération, la propriété de réseau non clairement définie ». Dans
le prolongement de son analyse, il indique que l’une des méthodes de réduction des créances en
souffrance est l’étude minutieuse des dossiers de prêt avant l’octroi de crédit. Pour finir, il suggère
qu’un suivi régulier des crédits octroyés soit instauré dans les procédures phares de ces
institutions.
Ahouangbo (2006), estime quant à lui, que l’IMF (Institution de Micro Finance) est la première
personne responsable des impayés même si parfois la cause semble être externe. D’après lui, du
moment où c’est l’IMF elle-même qui fixe ses principes, qui génère sa culture de remboursement,
qui inculque la discipline de crédit à ses employés et ses clients, elle doit pouvoir prévoir les
évènements qu’elle ne put contrôler. Les causes des impayés, selon lui sont d’abord liées à
l’institution, et dans une moindre mesure, imputables à l’emprunteur et à d’autres paramètres
externes. Pour lui, les causes liées à l’institution sont de plusieurs ordres, à savoir : le retard de
déblocage des crédits, les dossiers de prêt mal étudiés (montant surévalué ou sous-évalué),
l’insuffisance ou le manque de suivi, le non-respect des procédures de mise en place du crédit par
certains agents de crédit. Les causes liées à l’emprunteur peuvent être, selon lui :
l’incompréhension du contrat de prêt, la mauvaise foi, la mauvaise gestion, le détournement de
l’objet du crédit, le manque de caution solidaire ou le manque de solidarité. L’auteur identifie
comme causes probables externes : les aléas climatiques (sécheresse, cataclysme naturel,
incendie) et les mesures de répression à l’encontre des vendeurs de rue. Dans une analyse plus

14

�restrictive et descriptive, et analysant la situation des impayés au PADME-Bénin, Adjimavo
(2000) trouve que celle-ci (situation des impayés) est liée non seulement à la mauvaise gestion,
mais aussi au manque de professionnalisme des administrateurs des IMF et à la mauvaise volonté
des clients. Selon lui, les retards pénalisent l’institution, puisque les montants restent immobilisés
dans la main des clients, ce qui influence négativement la trésorerie de l’IMF. Tout en abondant
dans le même sens que Ahouangbo (2006), Azocly (2010) dans ses analyses, a aussi regroupé les
causes des impayés en trois catégories : les causes liées à l’institution (l’insuffisance ou manque
de suivi des clients financés, dossiers de prêts mal étudiés, violation par le staff des politiques et
procédures de mise en place de crédit, fraude des agents) ; les causes liées à l’emprunteur
(mauvaise gestion de l’entreprise, le non investissement du crédit dans l’entreprise, mauvaise
foi); les causes externes (les catastrophes naturelles telles que les inondations, la sécheresse,
l’invasion des criquets migrateurs, le tremblement de terre, maladie du client débiteur ou de ses
proches, décès d’un proche du client ou de lui-même).

11. Garantie et caution
Le problème de garantie a été évoqué par Hudon et Ouro-Koura (2007) dans une étude menée au
Togo sur les facteurs contingents du taux de remboursement au sein des IMF. Les auteurs ont
trouvé que « les crédits en caution solidaire ont de faible chance d’échec alors que les crédits
soutenus par des garanties réelles donnent lieu à plus de défaillance que les autres ». Hudon et
Ouro-Koura (2007) indiquent par ailleurs que les variables explicatives tels que le rang du crédit,
l’objet du prêt, le lieu de résidence de l’emprunteur et l’âge de l’emprunteur ont une influence
significative sur le taux de remboursement de crédit.
Ces enseignements, bien que riches, révèlent également des lacunes spécifiques au contexte
togolais, notamment l’absence d’analyses approfondies sur le rôle des mécanismes de caution
solidaire et sur l’impact des contraintes structurelles et organisationnelles locales. Peu d’études
approfondissent l’impact de la gouvernance interne (participation des femmes, tenue des
assemblées générales, existence d’organes de contrôle) sur la solvabilité des emprunteurs.
En tenant compte de ces limites, cette étude vise à apporter une contribution originale en
s’appuyant sur les questions de recherche et hypothèses.
L’étude adoptera une approche spécifique au Togo, en analysant les déterminants des impayés
au sein des coopératives bénéficiaires du projet PARTAM en mettant en évidence l’impact des
caractéristiques organisationnelles et fonctionnelles des coopératives sur la capacité de
remboursement.

15

�Cette étude s’inscrit donc dans une démarche de complémentarité en s’appuyant sur ces bases
théoriques et empiriques pour explorer les déterminants du remboursement des crédits agricoles
dans le cadre du projet PARTAM. Elle vise à fournir des pistes d’amélioration pragmatiques pour
renforcer la durabilité des initiatives similaires à l’avenir.

16

�CHAPITRE 2. CADRE ORGANISATIONNEL ET
METHODOLOGIE
Le deuxième chapitre de ce travail de recherche s’intéresse tout abord à une présentation du projet
PARTAM dans sa globalité avec un focus sur l’aspect octroi de crédits de campagne agricole et
enfin, abordera la méthodologie utilisée depuis l’identification du public cible, la collecte et
l’analyse des données pour aboutir à la validation ou non des hypothèses avancées pour apprécier
la capacité de remboursement des coopératives.

I. Cadre organisationnel
1. Cadre physique et institutionnel de l’étude
Il s’agit ici de présenter le projet PARTAM dans sa constitution et sa localisation.
1.1 Contexte du projet PARTAM
PARTAM (Projet d’Aménagement et de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission tové a
été initié par le gouvernement togolais dans un contexte où le Togo, en matière de consommation
du riz, dépend fortement de l’extérieur. La production locale n’atteint pas 50%. Cette situation
occasionne d’importantes sorties de devises environ quatre (04) milliards de francs CFA par an.
Or, le pays dispose des sites propices à la production de cette denrée parmi lesquels se trouve la
vallée de Zio.
Ainsi, il est prévu l’aménagement des bas-fonds puis des terres en aval des barrages des points
d’eau de même que la réhabilitation des anciens périmètres hydro – agricoles en vue de limiter
ces importations. C’est dans ce cadre que l’attention est tournée sur la vallée de Zio où les Chinois
avaient aménagé un périmètre irrigué de 360 Ha depuis les années 60 et 70 et l’aménagement
d’un nouveau périmètre de 300 Ha. Il s’agit d’un système d’irrigation gravitaire. Un cours d’eau
de régime presque permanant (Zio), sert d’eau d’irrigation du site aménagé. Un point surélevé de
ce cours d’eau est relié au périmètre aménagé par un canal principal qui arrose l’ensemble du
périmètre à l’aide des canaux secondaire et tertiaires.
Le projet a été cofinancé financé par le gouvernement du Togo et les partenaires financiers que
sont : Fonds Saoudien de Développement (FSD), Banque Arabe de Développement en Afrique
(BADEA) et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD).

1.2. Objectif du projet PARTAM
L’objectif global du projet est de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire et à la
réduction de la pauvreté des populations rurales vivant dans la vallée du zio qui polarise quatre
16

�cantons (Mission Tové, Kovié, Ziohonou, Bolou) et un village autonome (Assomé). Plus
spécifiquement, ce projet vise à (i) accroitre la production agricole, notamment du riz à 5.500
tonnes de riz paddy à l’hectare, (ii) contribuer à l’amélioration des revenus et des conditions de
vie des populations bénéficiaires. Les travaux du projet ont été menés de concert avec les
partenaires techniques et financiers.
1.3. Réalisations du projet
La mise en œuvre de ce projet a permis d’engranger les résultats suivants :
➢ Un périmètre irrigué de 360 ha existant est réhabilité ;
➢ Un nouveau périmètre de 300 ha est aménagé ;
➢ 15 magasins de stockage avec aires de séchage sont construits ;
➢ 18 km de pistes de désenclavement sont réhabilités ;
➢ 32,5 km de pistes sont construits ;
➢ Un matériel et équipements agricoles constitués de 15 motoculteurs avec accessoires, 12
batteuses, 10 vanneuses de riz paddy et 8 décortiqueuses acquis ;
➢ Amenée de ligne électrique dans la zone du projet ;
➢ Une ligne de crédit de campagne agricole d’un montant de 508.000. 000 de FCFA mise
en place pour le financement des activités agricoles au profit des producteurs de la zone
du projet organisés en coopératives ;
➢ Une ligne de crédit d’un montant de 75 millions mise en place pour les Activités
Génératrices de Revenus (AGR) ;
➢ 300 producteurs alphabétisés ;
➢ L’ancien Centre Rizicole du Zio (CRZ) construit dans les années 70 est réhabilité pour
servir du siège du Projet (bureaux et logements du personnel) ;
➢ Appui Accompagnement-Organisation et Formation des Producteurs pour suivis ;
➢ Une mini adduction d’eau potable composée de deux forages un château d’eau de 250 m3
et 6 bornes fontaines est mise en place.
Parmi les activités menées dans le cadre de la mise en œuvre du projet, notre recherche s’est plus
intéressée à l’aspect de l’octroi de crédit de campagne agricole. En effet, 408 865 550 FCFA ont
été débloqués pour 120 Coopératives pour un total de 953 membres dont 396 Femmes. La gestion
de cette forme d’activité a été l’apanage des organes et partenaires suivants: UEP (Unité
d’Exécution du Projet), FUCEC institution de microfinances où les fonds sont disponibilisés pour
assurer le financement (crédits) aux producteurs, ICAT (Institut de Conseil et d’Appui
Technique) qui est une institution d’état de services et de vulgarisation agricole. L’ICAT est le

17

�partenaire technique qui assure l’appui technique et formatif en termes d’organisation et de
renforcement de capacité technique des producteurs, CGP (Comité de Gestion du Périmètre), est
un organe facilitateur entre les producteurs bénéficiaires et les autres partenaires impliqués
directement dans la mise en œuvre du projet.
1.4. Situation géographique du site du projet.
Le projet PARTAM se situe dans la partie un peu sud-ouest de la région maritime. Le projet
couvre quatre cantons et un village autonome (Mission Tové, Kovié, Bolou Ewli et Assomé).
Figure 1: une vue sur le périmètre rizicole
Source : Document projet de l’UEP

II. Cadre méthodologique
Le cadre méthodologique vise à décrire les étapes et les outils utilisés pour répondre à la
problématique du remboursement des crédits de campagne agricole au sein des coopératives
bénéficiaires du projet PARTAM. L’objectif est d’identifier les facteurs influençant la capacité
des coopératives à rembourser les crédits accordés et de proposer des solutions adaptées.

1. Opérationnalisation des variables
Cette étude s’intéressera à deux types de variables à savoir une variable expliquée, dépendante
qui est binaire et elle permet de voir si le crédit est totalement remboursé ou pas. Elle est notée
STUA.REMB. Cette variable endogène sera expliquée par des variables explicatives comme : la
proportion de femmes dans les coopératives PRO.FEM la capacité organisationnelle des
coopérative CAP.ORG (le paiement des droits d’adhésion, la tenue des réunions et des AGO, la
disposition et le fonctionnement des organes de gestion et de contrôle, et le niveau d’instruction
des membres des organes de gestion et de contrôle).

18

�Tableau 1 : Opérationnalisation des variables
Types de variables

Code

Items

STUA.REMB 1. Crédit remboursé
2. Crédit non remboursé

Situation de remboursement
Proportion de femmes au sein des coopératives

PRO.FEM

Tenue de réunion

REU.

Tenue des AGO

AGO

Payement de droit d’adhésion

DHAD

Disposition des organes de gestion et de contrôle
(CG, CS et CGC
Niveau d’instruction des membres des organes élus

ORGG
NIV.

Homme = 1
Femme = 2
Pas du tout=0
Hebdomadaire=1
Mensuelle=2
Trimestrielle=3
Tenue =1
Pas tenue= 0
Mauvais = 1
Passable = 2
Assez-bon = 3
Très bon = 4
Oui = 1
Non = 0
Primaire =1
Secondaire1 = 2
Secondaire2= 3
Supérieur = 4

Source : Réalisé par l’auteur
2. Type de recherche
L'étude est de nature mixte, combinant des méthodes comme :
•

Quantitatives : Pour collecter et analyser des données chiffrées sur les taux de
remboursement, le montant de crédit octroyé à des coopératives et d'autres variables
économiques.

•

Qualitatives : Pour explorer les perceptions, et les dynamiques sociales et
organisationnelles des coopératives.

Le tableau (2) suivant fait état de type de variable avec la méthode d’analyse utilisée au niveau
de chacune d’elles.

19

�Tableau 2 : Type de variables et la méthode d’analyse
Variables étudiées
Effectif des coopératives

Type de variable
Quantitative
(discrète)

Répartition hommes/femmes
dans les coopératives
Proportion de femmes dans
les coopératives
Montant des crédits alloués
aux coopératives
Performance de
remboursement des crédits
Fréquence des réunions des
coopératives
Tenue des AGO (Assemblées
Générales Ordinaires)

Quantitative
(discrète)
Quantitative
(continue)
Quantitative
(continue)
Qualitative
(ordinale)
Qualitative
(nominale)
Qualitative
(binaire :
Oui/Non)
Qualitative
(ordinale)

Paiement des droits
d’adhésion par les membres
Présence et fonctionnement
des organes de gestion
Niveau d’instruction des
membres des organes de
gestion
Source : Conçu par l’auteur

Méthodes d'analyse
Statistiques descriptives : moyenne,
médiane, écart-type, intervalles de
confiance
Comparaison des moyennes (test de
Welch), ratios, statistiques descriptives
Test de corrélation (Spearman), test de
Fisher, graphique de dispersion
Statistiques descriptives : moyenne,
médiane, écart-type, quartiles
Catégorisation en six niveaux de
performance
Analyse descriptive et relationnelle avec
la performance
Analyse descriptive et relationnelle avec
la performance
Tests statistiques (Spearman, Fisher),
analyse descriptive, graphique en barres
empilées, ACM
Analyse descriptive et relationnelle avec
la performance

Qualitative
(binaire :
Oui/Non)
Quantitative
(continue)

Tests statistiques (Kruskal-Wallis),
corrélations (Spearman), analyse
descriptive

3. Zone d’étude
La zone d’étude est centrée sur la vallée du Zio, avec un focus particulier sur les localités
impliquées dans le projet PARTAM, (Mission Tové, Kovié, Bolou, Ewli et Assomé). Cette zone
a été choisie en raison de sa contribution à la riziculture grâce au périmètre irrigué aménagé et de
l’implication des coopératives agricoles dans le projet.

4. Population cible
Le projet a visé essentiellement les producteurs organisés en coopératives agricoles. Un
regroupement d’au moins 5 producteurs de riz, peut bénéficier de l’appui du projet après avoir
constitué un dossier de prêt soumis et bien étudié par l’équipe de crédit de FUCEC. Les
producteurs se font accompagner dans le montage de leurs dossiers de crédits par les agents de
20

�vulgarisation de l’ICAT. Des coopératives ayant contracté de crédits de campagne agricole entre
2012 et 2016 ont fait l’objet de critère de sélection.

5. Méthodes de collecte de données
5.1. Données primaires
➢ Enquêtes par questionnaire :
• Collecte des informations sur la capacité organisationnelle et fonctionnelle des coopératives
agricoles. Cette enquête est faite auprès des membres coopérateurs des coopératives
échantillons et plus précisément les membres des organes élus des dites coopératives.
➢ Entretiens semi-structurés :
• Discussions approfondies avec les responsables de coopératives, les responsables de
l’institution de microfinance (FUCEC), les responsables de l’unité d’exécution du projet
(UEP) et des agents de vulgarisation agricole (ICAT), partenaire technique du projet.
➢ Focus groups :
• Groupes de discussion avec les membres des coopératives en particulier les membres des
organes dirigeants pour comprendre les dynamiques internes et les problèmes liés au
remboursement.
5.2. Données secondaires
D’autres informations recueillies dans les différents rapports du projet PARTAM, les données
financières fournies par la FUCEC et celles glanées dans les rapports du ministère en charge du
développement agricole ont soutenu le présent travail de recherche.

6. Méthode d’échantillonnage
Sur les 120 coopératives bénéficiaires des formes de crédits de campagne agricole sur la période
de 2012 à 2016, une sélection aléatoire de 60 coopératives représentant 50 % de la population
totale a été faite pour la conduite des travaux. Cette sélection a été faite à partir d’une liste de
toutes les coopératives bénéficiaires du projet ; à chacune de ces coopératives était attribuée un
numéro et à partir de la fonction RAND en Excel qui génère automatiquement des nombres
aléatoires, les 60 premières des coopératives ont été prises comme groupe de traitement. Ces
coopératives ont une performance variée en termes de remboursement.

21

�6.1. Analyse quantitative
Les données recueillies dans le cadre de cette étude ont été analysées à l’aide du logiciel d’analyse
des données, R version 4.2 et de Microsoft Excel 2013.
Des statistiques descriptives telles que la moyenne, les fréquences, médianes et des intervalles de
confiance à 95% ont été calculées pour les variables quantitatives.
Nous avons défini une échelle de performance de remboursement selon l’approche courante en
microfinance et l’évaluation de risques en microcrédits de la Faitière des Unités Coopératives
d’Epargne et de Crédit(FUCEC) liée au taux de remboursement, allant de « Mauvaise
performance » (taux de remboursement &lt;25%), « Performance faible » (taux de remboursement
compris entre 25-&lt;50%) ; « performance moyenne » (taux de remboursement&gt;50%-&lt;65%) ; «
Assez bonne performance » (Taux de remboursement compris entre 65-75%) ; « Bonne
performance » (Taux de remboursement comprise entre 75-99,99%) ; et « Très bonne
performance » (recouvrement à 100%).
Nous avons aussi étudié les liens de corrélation entre la variable expliquée (dépendante) qui est
le niveau de performance de remboursement et d’autres variables explicatives (variables
indépendantes) telles que : la proportion des femmes dans les coopératives, la tenue régulière des
réunions et des AGO, la mise en place des organes de gestion et de contrôle ainsi que le niveau
d’instruction des membres desdits organes.
Cette étude de corrélation a été réalisée à l’aide des tests statistiques comme : Tests statistiques
de (Kruskal-Wallis), corrélations (Spearman), analyse descriptive et relation avec les
performances.
Nous avons construit des graphiques de visualisation et des tableaux à l’aide desdits logiciel
permettant de comprendre les déterminants de remboursement dans le cadre du projet. La
régression multiple est utilisée pour identifier les facteurs explicatifs des défauts de
remboursement.
6.2. Analyse qualitative
Les données qualitatives recueillies dans le cadre de cette étude ont été codées et ont permis
d’identifier les thèmes récurrents relatifs à la capacité organisationnelle et fonctionnelle des
coopératives agricoles.
Le cadre organisationnel et méthodologique de cette étude a permis de poser les bases d’une
analyse approfondie de la problématique du remboursement des crédits agricoles au sein des
coopératives bénéficiaires du projet PARTAM. Ce projet, en réponse à la dépendance du Togo
aux importations de riz, a favorisé la réhabilitation et l’aménagement des périmètres rizicoles

22

�dans la vallée du Zio, tout en offrant des crédits de campagne agricole pour stimuler la production.
L’approche méthodologique, combinant des données quantitatives et qualitatives, a permis
d’explorer les dynamiques organisationnelles des coopératives et les facteurs influençant leur
performance de remboursement. Malgré les défis liés à la collecte des données, notamment la
réticence des bénéficiaires et les contraintes logistiques, les résultats escomptés visent à éclairer
les stratégies pour améliorer la gestion des crédits et renforcer la viabilité des coopératives
agricoles.

23

�CHAPITRE 3. CADRE ANALYTIQUE
Dans ce chapitre, il sera question d’analyser les données collectées et de faire ressortir des
résultats qui permettent de confirmer ou d’infirmer les hypothèses de la recherche.
Cette section présente l’analyse des données recueillies en vue de répondre aux questions de
recherche et de vérifier les hypothèses formulées
I. Caractéristiques des coopératives étudiées
1. Composition et taille des coopératives
L'étude a porté sur un échantillon de 60 coopératives agricoles, totalisant 763 membres dont 379
sont touchés par nos enquêtes. La taille moyenne des coopératives est de 12,72 membres (IC 95%
: [11,59 - 13,84]), comme indiqué dans le Tableau 3.
Tableau 3 : résumé des statistiques descriptives de la population des coopératives
Indicateur
Valeur
% et IC à 95%
Total hommes

422

55.32% -

Total femmes

341

44.68% -

Total membres

763

100% -

Ratio Hommes/Femmes

1.24

-

Moyenne hommes par coopérative

7.03

[6.23, 7.84]

Moyenne femmes par coopérative

5.68

[5.10, 6.27]

Taille moyenne des coopératives
12.72
[11.59, 13.84]
Source : réalisé par l’auteur à partir données des enquêtes collectées dans le courant de
décembre 2024
La distribution des coopératives selon leur effectif se présente comme suit :
•

1-10 membres : 38,33% (23 coopératives)

•

11-15 membres : 41,67% (25 coopératives)

•

16-20 membres : 11,67% (7 coopératives)

•

Plus de 20 membres : 8,33% (5 coopératives)

Cette répartition montre une concentration des coopératives (80%) dans la fourchette de 1 à 15
membres, suggérant une prédominance des petites structures dans l'échantillon.

24

�Figure 2: La répartition des coopératives selon l’effectif (en pourcentage et en nombre)
Source : réalisée à partir des données d’enquête par l’auteur

7; 12%

5; 8%
23; 38%

25; 42%

1 à 10

11à 15

16 à 20

&lt;20

2. Répartition hommes/femmes
L'analyse de la composition genrée des coopératives révèle
•

Total hommes : 422 (55,32%)

•

Total femmes : 341 (44,68%)

•

Ratio Hommes/Femmes : 1,24

En moyenne, on compte 7,03 hommes (IC 95% : [6,23 - 7,84]) et 5,68 femmes (IC 95% : [5,10 6,27]) par coopérative. Un test de Welch montre une différence significative entre ces moyennes
(t = 2,7217, p = 0,007575), confirmant une légère prédominance masculine dans les coopératives.
Tableau 4 : Comparaison des moyennes des hommes et des femmes par coopérative
Indicateur
Statistique t
Degrés de liberté (df)
p-value
Hypothèse alternative
Intervalle de confiance à 95%
Moyenne des hommes (mean of x)
Moyenne des femmes (mean of y)
Différence moyenne estimée
Conclusion

Valeur
2.7217
107.73
0.007575
La différence entre les moyennes n'est pas égale à 0
[0.37, 2.33]
7.03
5.68
1.35 (en faveur des hommes)
Différence statistiquement significative entre les
moyennes des hommes et des femmes au sein des
coopératives
25

�Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête
La répartition des coopératives selon la proportion de femmes est la suivante :
•

25-50% de femmes : 61,67% des coopératives

•

51-75% de femmes : 38,33% des coopératives

Cette répartition indique une représentation féminine substantielle, bien que légèrement
inférieure à celle des hommes dans la majorité des coopératives.
Tableau 5 : Récapitulatif de proportion de femmes dans les SCOOPS
Catégorie % F
Nombre de coopératives
Pourcentage (%)
25-50%
37
61.67%
51-75%
23
38.33%
Total
60
100%
Source : réalisé à partir des données de nos enquêtes

II. Analyse des crédits alloués aux coopératives agricoles
1. Répartition des crédits par catégorie
•

L'analyse des crédits alloués aux 60 coopératives étudiées, révèle la distribution suivante
40% des coopératives ont reçu un crédit entre 1.500.000 et 2.500.000 FCFA

•

35% ont reçu entre 2.500.001 et 3.500.000 FCFA

•

13,33% ont reçu entre 3.500.001 et 4.500.000 FCFA

•

8,33% ont reçu plus de 4.500.001 FCFA

•

Seulement 3,33% ont reçu moins de 1.500.000 FCFA

Tableau 6 : Répartition des crédits par catégorie
Catégorie de Crédits (Million (M) FCFA) Nombre de coopératives Pourcentage (%)
&lt; 2M

9

15%

2M - 3M

21

35%

3M - 4M

15

25%

4M - 5M

13

21.67%

&gt; 5M

2

3.33%

Total crédits alloués

186 200 000

100%

Crédit moyen par coopérative

3 103 333

-

Source : conçu par l’auteur à partir des données d’enquête
Cette répartition montre une concentration des crédits (75% des coopératives) dans la fourchette
de 1.500.000 à 3.500.000 FCFA, suggérant une certaine standardisation des montants alloués.
26

�2. Statistiques descriptives des crédits
L'analyse approfondie des données de crédit révèle :
•

Montant total alloué : 186.200.000 FCFA

•

Crédit moyen : 3.103.333 FCFA (IC 95% : [2.833.936, 3.372.730])

•

Médiane : 3.062.500 FCFA

•

Écart-type : 1.064.662 FCFA

•

Minimum : 1.225.000 FCFA

•

Maximum : 5.600.000 FCFA

La légère différence entre la moyenne et la médiane (3.103.333 vs 3.062.500 FCFA) indique une
distribution relativement symétrique des crédits. L'écart-type important (1.064.662 FCFA)
souligne néanmoins une variabilité non négligeable dans les montants alloués.
Tableau 7 : Récapitulatif des statistiques descriptives des crédits alloués aux 60
coopératives
Statistique
Valeur
IC à 95%
Moyenne
3 103 333 FCFA
[2 833 936, 3 372 730] FCFA
Médiane
3 062 500 FCFA
Mode
4 200 000 FCFA
Écart type
1 064 662
Variance
1,11461E+12
Minimum
1 225 000 FCFA
Maximum
5 600 000 FCFA
Premier quartile (Q1)
2 231 250 FCFA
Deuxième quartile (Q2 ou médiane)
3 062 500 FCFA
Troisième quartile (Q3)
3 937 500 FCFA
Source : réalisé à partir des données d’enquête
III. Performance de remboursement des coopératives
1. Catégorisation des taux de remboursement
L'analyse des performances de remboursement des 60 coopératives étudiées révèle une
distribution variée selon l’approche de l’IMF offreuse du crédit :
•

Mauvaise performance (&lt;25% de remboursement) : 19 coopératives (31,7%)

•

Faible performance (25-50% de remboursement) : 13 coopératives (21,7%)

•

Performance moyenne (50-65% de remboursement) : 6 coopératives (10%)

•

Assez bonne performance (65-75% de remboursement) : 10 coopératives (16,6%)

•

Bonne performance (75-99,99% de remboursement) : 3 coopératives (5%)

•

Très bonne performance (100% de remboursement) : 9 coopératives (15%)

27

�Tableau 8 : Récapitulatif de la répartition des Coopératives Agricoles selon le Taux de
Remboursement et la Performance Associée
% de
Effectifs des
Performance de
Effectif en %
Remboursement Coopératives
Remboursement
&lt;25%
19
31,7
Mauvaise performance
Faible performance
25-50%
13
21,7
50-65%
65-75%

6
10

10
16,6

75-&lt;100%

3

5

100%
9
15
Total
60
100
Source : Réalisé à partir des données d’enquête

Performance moyenne
Assez bonne performance
Bonne performance
Très bonne performance

Cette répartition indique que plus de la moitié des coopératives (53,4%) ont des performances de
remboursement faibles ou mauvaises, tandis que seulement 20% atteignent de bonnes ou très
bonnes performances.

IV. Facteurs influençant la performance de remboursement
Plusieurs facteurs organisationnels et fonctionnels semblent influencer la capacité de
remboursement des coopératives. L’étude tentera de croiser différentes variables avec la capacité
de remboursement de l’échantillon.
1. Effets des caractéristiques organisationnelles sur le remboursement
1.1. Proportion de femmes dans les coopératives
L'analyse des données révèle une corrélation positive significative entre la proportion de femmes
dans les coopératives et la performance de remboursement des crédits. Le coefficient de
corrélation de Spearman (ρ = 0,1334, p &lt; 0,001) indique une relation faible mais statistiquement
significative avec le test de Fisher (confer Tableau 9).
Tableau 9 : test statistique de Spearman et de Fisher
Indicateur
Valeur
Interprétation
Corrélation de Spearman

0,1334146

Test de Fisher (p-value)
9,999e-05
Source : Réalisé à partir des données d’enquête

Corrélation positive faible
Association très significative

Selon la (figure 4) qui suit, la progression est claire.
•

La répartition des performances selon le pourcentage de femmes montre une progression
claire Une concentration des points de mauvaise performance (bleu) dans la zone 0-25%

•

Une transition vers des performances faible (rouge) dans la zone médiane

•

Une concentration des très bonnes performances (violet) dans la zone 75-100%
28

�•

Une progression ascendante claire des performances avec l'augmentation du pourcentage
de femmes

Figure 3: Graphique montrant la proportion de femmes dans les OP et performance de
remboursement
Source : Réalisé à partir des données d’enquête
20

Catégories de SCOOP

18
16
14
12
10
8
6
4

2
0

Mauvaise

Faible

Moyenne

Assez bonne

Bonne

Très bonne

Performance de remborsement
0-25%

26-50%

51-75%

Tableau 10 : Contingence par Catégorie de Femmes
% de Femmes
Mauvaise Faible Moyenne

76-100%

Assez bonne

Bonne

Très bonne

0-25%

19

4

0

0

0

0

26-50%

0

9

4

0

0

0

51-75%

0

0

2

7

3

0

0

3

9

76-100%
0
0
0
Source : Réalisé à partir des données d’enquête

Tableau 11 : Distribution des Performances par Catégorie
% de Femmes
Total Observations
Performance Dominante
0-25%
23
Mauvaise (82,6%)
26-50%
13
Faible (69,2%)
51-75%
12
Assez bonne (58,3%)
76-100%
12
Très bonne (75%)
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de
décembre 20024
L'ensemble des analyses démontre une relation positive et significative entre le pourcentage de
femmes et la performance de remboursement :
•

Plus le pourcentage de femmes augmente, meilleures sont les performances
29

�•

Les coopératives avec plus de 75% de femmes montrent les meilleures performances

•

Les groupes avec moins de 25% de femmes présentent les plus mauvaises performances

•

La transition est progressive et constante entre ces extrêmes

Ces résultats suggèrent que l'inclusion des femmes dans les coopératives est un facteur
déterminant pour la réussite des programmes de crédit.
1.2. Fréquence des réunions et tenue des AGO
La fréquence des réunions et la tenue régulière des Assemblées Générales Ordinaires (AGO) ont
un impact positif sur la performance de remboursement.
Sur les 60 coopératives :
•

17 coopératives (28,33%), tenaient des réunions hebdomadaires ;

•

08 coopératives (13,33%), tenaient des réunions mensuelles ;

•

08 coopératives (13,33%), tenaient des réunions trimestrielles ;

•

27 coopératives (45%), ne tenaient aucune réunion.

Les données montrent une large proportion de coopératives ne respectant pas une fréquence
régulière (mensuelle ou plus). Le fait que 45% des coopératives ne se réunissent jamais est
alarmant et pourrait expliquer des dysfonctionnements dans la gestion collective, notamment en
matière de remboursement des crédits.
L’analyse de la figure 5 complète les constats et démontre que :
•

La tenue des Réunions hebdomadaires ou mensuelles est associée aux meilleures
performances de remboursement (assez bonne, très bonne et bonne) ;

•

L’absence de réunions régulières est corrélée à des performances faibles ou médiocres

Concernant les AGO, nous notons que :
•

Les catégories "Bonne" et "Très bonne" performance ont concernées100% des
coopératives qui tenaient des AGO annuelles ;

•

La catégorie "Mauvaise" performance a concerné 100% des coopératives qui ne tenaient
pas d'AGO.

Tableau 12 : fréquence de la tenue des réunions des coopératives
Performance de Remboursement
Hebdomadaire Mensuel
Trimestre
Pas du tout
Mauvaise
0
0
3
16
Faible
0
2
3
8
Moyenne
0
1
2
3
Assez bonne
6
4
0
0
Bonne
3
0
0
0
Très bonne
8
1
0
0
30

Total
19
13
6
10
3
9

�Total
17
8
8
27
60
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de
décembre 20024
Tableau 13 : Situation de la tenue des AGO
Catégorie de performance
Chaque année
Pas du tout
Total
Mauvaise
0
19
19
Faible
1
12
13
Moyenne
2
4
6
Assez bonne
8
2
10
Bonne
3
0
3
Très bonne
9
0
9
Total
23
37
60
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de
décembre 20024
Figure 4: Graphique : Relation entre tenue des réunions et performance de
remboursement
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de

proportion de coopératives

décembre 20024
120%
100%
80%
60%
40%

20%
0%

Mauvaise

Faible

Mauvaise

Moyenne

Assez
Bonne
bonne
Performance de remboursement
Passable

Assez-bien

31

Très bien

Très bonne

�Figure 5: Graphique : tenue des AGO et performance de remboursement des coopératives
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête recueillies courant du mois de

Nombre de coopératives

décembre 20024
20
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0

19

12
9
AGO tenue

6
4
0
Mausaise

4
2

1

AGO non tenue

3
0

Faible

Moyenne

Assez
bonne

Bonne

0
Très bonne

Performance de remboursement

Ces données soulignent l'importance de la gouvernance et de la communication régulière au sein
des coopératives pour assurer de bonnes performances de remboursement.
1.3. Paiement des droits d'adhésion
L'analyse montre une forte corrélation entre le niveau de paiement des droits d'adhésion et la
performance de remboursement (ρ = 0,8985, p &lt; 0,001). Les résultats indiquent :
•

Les mauvaises performances étaient exclusivement associées à un mauvais niveau de
paiement des droits d'adhésion,

•

Les Bonnes et très bonnes performances étaient fortement associées aux niveaux assez
bon et très bon de paiement des droits d'adhésion.

Tableau 14 : Relation entre performance de remboursement et payement de droit
d’adhésion
Performance_
Niveau de payement Adhésion
Remboursement
Mauvais
Passable
Assez bon
Très bon
Mauvaise
19
0
0
0
Faible
7
3
3
0
Moyenne
1
3
2
0
Assez bonne
0
1
6
0
Bonne
0
0
4
2
Très bonne
0
0
1
8

32

�Source : réalisé par l’auteur à partir des données collectées dans le courant du mois de
décembre 2024
Tableau 15 : Résultats des Tests Statistiques
Test

Valeur

P-value

Corrélation de Spearman

0,8985

&lt; 2.2e-16

Gamma de Goodman-Kruskal

0,9617

-

Test exact de Fisher

-

0,0005

Source : réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête
Le graphique en barres empilées (Figure 7 ci-dessous) confirme visuellement cette forte
association, montrant une progression claire des niveaux de payement des droits d'adhésion avec
l'amélioration des performances de remboursement.
L'Analyse des Correspondances Multiples (Figure 8) montre également une structure claire avec
un regroupement des modalités similaires, confirmant la forte association entre les deux
variables.

proportion de coopératives

Figure 6: Graphique en barres empilées montrant la distribution des niveaux de payement
d’adhésion par rapport aux performances de remboursement
Source : réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête collectées dans le courant de
décembre 2024
120%
100%
80%

60%
40%
20%
0%
Mauvaise

Faible

Mauvaise

Moyenne

Assez
Bonne
bonne
Performance de remboursement
Passable

Assez-bien

33

Très bien

Très bonne

�Figure 7 : Analyse de correspondance multiple entre le payement de droit d’adhésion et
performance de remboursement
Source : Réalisé par l’auteur à partir de données collectées dans le courant de décembre
2024

Cette relation suggère que le paiement des droits d'adhésion est un indicateur fiable de la
discipline financière et de l'engagement des membres envers leur coopérative.
1.4. Présence et fonctionnement des organes de gestion
➢ Analyse des organes de gestion
Les organes disponibles sont :
➢ CG : Comité de Gestion
➢ CS : Commission de Surveillance
➢ CGC : Commission de Gestion de Crédit

34

�Figure 8: Modalité de fonctionnement des organes de contrôle et de gestion
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête collectées dans le courant de
décembre 2024
70
60

60

60
50

45

40
30
20

15

10
0

0

0

CG

CS
Oui

CGC
Non

La figure 10 montre que 100% des coopératives ont mis en place les organes comme : CG et CS.
Pour le CGC, seulement 25% (15 coopératives) ont cet organe, contre 75% (45 coopératives) qui
n’en ont pas.

Nombre de coopératives

Figure 9: graphique montrant la situation de remboursement avec la disposition du CGC
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données collectées en décembre 2024
20
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0

19

10
7

6
4
0
Mauvaise

0
Faible

1

0
Moyenne

Assez bonne

Performance de remboursement
Oui

Non

35

2
0
Bonne

0
Très bonne

�Figure 10 : Correspondance multiple entre la performance de remboursement et la
disposition de CGC
Source : Réalisé par l’auteur à partir des données collectées en décembre 2024

L’analyse des figures 10 et 11 montre que la présence de CGC n'est pas systématiquement
associée à de meilleures performances. Les très bonnes performances existent dans les deux
groupes (avec et sans CGC). Les mauvaises performances sont proportionnellement plus
nombreuses dans les coopératives sans CGC.
La présence d'un Comité de Gestion de Crédit (CGC) semble avoir un effet modéré sur la
performance de remboursement :
•

25% des coopératives disposent d’un Comité de Gestion de Crédits (CGC) ;

•

La présence d’une CGC est associée à une légère amélioration des performances, mais
n'est pas un facteur déterminant à elle seule.

Ces résultats indiquent que la mise en place d'organes de gestion spécifiques peut contribuer à
améliorer les performances de remboursement, mais doit être accompagnée d'autres facteurs
organisationnels pour être pleinement efficace.
➢ Influence du niveau d'instruction des membres des organes de gestion
L'analyse de la relation entre le niveau d'instruction des membres des organes de gestion et la
performance de remboursement des coopératives révèle une corrélation forte et significative.
Les tests statistiques de Kruskal-Wallis (Tableau 22) montrent des différences significatives entre
les niveaux de performance pour les scores d'instruction du Comité de Gestion (CG) (χ² = 40.592,
p &lt; 0.001) et de la Commission de Surveillance (CS) (χ² = 41.037, p &lt; 0.001).
36

�Les corrélations de Spearman confirment une forte association positive entre la performance et
les scores d'instruction du CG (ρ = 0.821, p &lt; 0.001) et de la CS (ρ = 0.827, p &lt; 0.001) (Tableau
16).
Tableau 16 : Synthèse des scores d'instruction par niveau de performance
Score CG
Score CS
Performance

Moyenne

Médiane

Écart-type

Moyenne

Médiane

Écart-type

Mauvaise

1.21(±0.42)

1.00

0.42

1.21 (±0.42)

1.00

0.42

Faible

2.46 (±1.51)

2.00

1.51

2.46 (±1.51)

2.00

1.51

Moyenne

3.33 (±1.75)

3.50

1.75

3.33 (±1.75)

3.50

1.75

Assez bonne

4.29 (±1.11)

4.00

1.11

4.14 (±1.11)

4.00

0.90

Bonne

5.50 (±1.38)

5.50

1.38

5.50 (±1.38)

5.50

1.38

Très bonne

5.11 (±0.60)

5.00

0.60

5.22 (±0.60)

5.00

0.67

Source : réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête collectées dans le courant de
décembre 2024
Tableau 17 : tests statistiques de Kruskal-Wallis
Variable
Chi-carré
Degrés de liberté

P-value

Score CG

40.592

5

1.134e-07

Score CS

41.037

5

9.224e-08

Source : réalisé à partir des données d’enquête par l’auteur dans le courant de décembre
2024
Tableau 18: Tests statistiques de Sperman
Relation

Coefficient rho

P-value

Performance - Score CG

0.821

1.015e-15

Performance - Score CS

0.827

3.793e-16

Source : réalisé à partir des données d’enquête par l’auteur dans le courant de décembre
2024
L'analyse des distributions révèle une progression claire des scores moyens d'instruction avec
l'amélioration du niveau de performance :
•

Les coopératives avec une mauvaise performance ont des scores d'instruction bas
(moyenne de 1.21) et homogènes.

•

Les niveaux de performance intermédiaires montrent une progression régulière des scores
d'instruction.

37

�•

Les coopératives avec une très bonne performance ont des scores d'instruction élevés (&gt;
5) et peu dispersés.

On observe également une similarité des scores entre le CG et la CS pour chaque niveau de
performance, suggérant une cohérence dans la composition des organes de gestion.
Figure 11: Distribution des scores d’instruction des membres des organes (Comité de
Gestion, CG)
Source : réalisé à partir des données d’enquête par l’auteur dans le courant de décembre
2024
6

SCORES NIVEAU INSTRUCTION

5
4
3
2
1
0
Mauvaise

Faible

Moyenne

Assez bonne

-1
-2

PERFORMANCE DE REMBOURSEMENT
Pri

Second1

Second2

38

Supéri

Bonne

Très bonne

�Figure 12: distribution des scores d’instruction de la commission de surveillance (CS)
Source : réalisé par l’auteur à partir des données d’enquête collectées dans le courant de
décembre 2024

2,5

4,5
4

2

3,5
3

1,5

2,5
2

1

1,5
1

0,5

0,5
0

0
Mauvaise

Faible

Moyenne

Pri

Second1

Assez bonne

Second2

Bonne

Très bonne

Supéri

Ces résultats démontrent que la présence de membres plus instruits dans les organes de gestion
favorise significativement une meilleure performance de remboursement des coopératives. Plus
le niveau augmente plus la performance s’améliore. Cela peut s'expliquer par une meilleure
compréhension des enjeux financiers, une capacité accrue à gérer efficacement les ressources, et
une aptitude à sensibiliser et former les autres membres sur l'importance du remboursement des
crédits permettent une bonne gestion et la performance de remboursement des coopératives.
V. Discussion
La présente section a pour objectif d’interpréter les résultats obtenus à la lumière des hypothèses
de départ, des objectifs de l’étude et des connaissances issues de la littérature. Il s’agit d’analyser
les principales tendances observées, d’identifier les facteurs explicatifs des performances de
remboursement des crédits dans les organisations paysannes, et de confronter ces observations
aux travaux antérieurs. Cette discussion permet ainsi de mieux situer les implications pratiques
des résultats pour le renforcement de la gestion financière au sein des OP, notamment en lien
avec l’inclusion des femmes, la structuration des organes de gestion, la participation aux instances
et le paiement des droits d’adhésion.

39

�1. Les facteurs susceptibles d’influencer la performance de remboursement
1.1. Inclusion des femmes dans les organisations paysannes (OP) et capacité de
remboursement
Les résultats de cette étude montrent une corrélation positive significative entre la proportion de
femmes dans les groupes à caution solidaire et la performance de remboursement des crédits. La
corrélation de Spearman (ρ = 0,1334, p = 9,999e-05) indique une relation positive bien que faible,
mais statistiquement significative. Cela confirme l’hypothèse initiale selon laquelle une plus
grande inclusion des femmes dans les coopératives améliore la capacité de remboursement.
Ces résultats corroborent les travaux de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et
l’Agriculture (FAO), qui soulignent que les femmes, lorsqu’elles sont impliquées dans des
activités économiques et organisées dans des structures collectives, tendent à adopter des
pratiques plus rigoureuses en matière de gestion financière. De plus, une étude de Karlan et al.
(2011) révèle que les groupes mixtes avec une forte proportion de femmes sont plus susceptibles
de respecter leurs obligations financières en raison de leur tendance à prioriser les engagements
collectifs. Dans leur ouvrage intitulé « the Economics of Microfinance », explorant en profondeur
les mécanismes de la microfinance, Armendáriz &amp; Morduch (2010) montrent que les femmes
ont des taux de remboursement plus élevés dans les programmes de microfinance, et qu’elles sont
généralement plus fiables financièrement. Toujours dans le même sens, D’Espallier, B., Guérin,
I., &amp; Mersland, R. (2011), ont fait une analyse empirique portant sur plus de 350 institutions de
microfinance dans 70 pays. Celle-ci confirme que les institutions ciblant les femmes affichent de
meilleures performances de remboursement, surtout lorsque les femmes participent à la
gouvernance.
S’il est avéré que l’inclusion des femmes ont une corrélation positive et forte avec la capacité de
remboursement selon les auteurs susmentionnés, d’autres travaux ont nuancé ou infirmé
l’hypothèse. C’est ainsi que Goetz &amp; Gupta (1996) soulignent que la simple inclusion des femmes
ne garantit pas leur autonomie dans la gestion des crédits. Dans certains cas, les hommes prennent
le contrôle du prêt, ce qui peut affecter les résultats attendus en matière de remboursement. En
outre, Kevane &amp; Wydick (2001) bien que reconnaissant que les femmes sont généralement de
bonnes emprunteuses, ils questionnent l'efficacité économique à long terme de privilégier
uniquement les femmes dans les programmes de crédit, en soulignant les limites de croissance
des entreprises dirigées par des femmes en contexte rural.
Ainsi, ces résultats invitent à promouvoir davantage la participation des femmes dans les OP,
notamment par des politiques d’incitation et des actions de sensibilisation pour une meilleure
représentation.

40

�1.2. Payement des droits d’adhésion
L’analyse des données révèle une corrélation hautement significative entre le paiement des droits
d’adhésion et la capacité de remboursement des crédits (ρ avec p &lt; 2.2e-16). Cette relation semble
indiquer que les coopératives dont les membres s’acquittent volontairement des obligations
initiales – telles que les droits d’adhésion – présentent une performance financière plus fiable. Ce
résultat appuie l’idée selon laquelle l’engagement précoce constitue un signal crédible de
discipline financière, et rejoint les conclusions de Ghatak et Guinane (1999), pour qui l’adhésion
volontaire, assortie de conditions minimales, joue un rôle de filtre endogène, permettant de
sélectionner les membres les plus engagés.
Des travaux complémentaires (Besley &amp; Coate, 1995 ; Zeller, 1998) soulignent également que le
respect des engagements financiers dès l’entrée, comme les contributions initiales, renforce les
incitations à la régularité dans les remboursements en créant un effet de responsabilisation et de
collatéral social. Ainsi, le paiement des droits d’adhésion peut être interprété comme un
indicateur ex-ante de fiabilité, particulièrement utile pour les institutions de microfinance opérant
en milieu rural.
Cependant, cette hypothèse mérite d’être nuancée. D’une part, la corrélation observée ne prouve
pas nécessairement une causalité directe : il est possible que le paiement des droits d’entrée reflète
avant tout des caractéristiques socio-économiques préexistantes – comme le niveau de revenu,
l’alphabétisation ou l’accès aux réseaux – plutôt que l’engagement réel. Van Tassel (1999) met
en garde contre ce biais de sélection, qui peut fausser l’interprétation des performances des
groupes.
D’autre part, certains travaux critiques insistent sur le risque d’exclusion induit par ces
mécanismes. L’imposition systématique de droits d’adhésion peut empêcher les populations les
plus vulnérables – notamment les femmes, les jeunes ou les travailleurs informels – de rejoindre
les organisations, malgré leur forte motivation ou leur potentiel d’implication. Bateman et Chang
(2012) remettent en question cette approche fondée sur l’engagement financier, qu’ils jugent
potentiellement inéquitable et contraire à la logique inclusive de la finance solidaire.
Enfin, il convient de souligner que le paiement des droits ne garantit pas nécessairement une
participation active ou durable. Dans certains contextes, il devient une formalité administrative
déconnectée de l’implication réelle des membres. Cela plaide pour une lecture contextualisée et
prudente de cet indicateur, et pour son intégration dans une approche combinée, articulant critères
financiers, évaluations qualitatives, et dispositifs d’accompagnement social.

41

�En somme, si le paiement des droits d’adhésion peut jouer un rôle pertinent dans l’identification
des membres fiables, il ne saurait se substituer à une stratégie plus globale de sélection,
d’inclusion et de fidélisation des membres au sein des coopératives rurales.
1.3. Tenue Régulière des Réunions et Organisation des AGO
L’analyse des données révèle que les coopératives organisant régulièrement des réunions de
membres et tenant leurs Assemblées Générales Ordinaires (AGO) affichent une performance de
remboursement nettement supérieure. Ces pratiques sont fréquemment associées à une
gouvernance interne renforcée, à une transparence accrue, ainsi qu’à une meilleure inclusion des
membres dans les décisions stratégiques. Elles permettent en particulier une meilleure
appropriation des règles collectives, une circulation fluide de l’information, et une
responsabilisation collective autour des obligations financières.
Ces constats rejoignent les travaux de Armendáriz de Aghion et Morduch (2010), qui soulignent
que la participation active des membres aux processus décisionnels constitue un levier essentiel
de performance, notamment dans les systèmes de crédit communautaire. De même, Ostrom
(1990) montre que la gestion efficace des ressources communes repose sur l’élaboration conjointe
de règles, leur respect mutuel et un mécanisme de contrôle social interne. Dans ce cadre, les
réunions régulières et les AGO contribuent à instaurer une dynamique d’autocontrôle qui favorise
la régularité des remboursements.
Toutefois, cette relation mérite d’être analysée avec nuance. D’abord, la qualité des réunions
importe autant que leur fréquence. Dans certaines coopératives, les AGO se réduisent à des
exercices formels, voire symboliques, avec peu d’échanges véritables. La simple organisation
d’une réunion ne garantit pas une participation effective ni une influence réelle des membres sur
les décisions. Ce biais est particulièrement marqué dans les contextes de faible niveau
d’alphabétisation, ou lorsque des logiques hiérarchiques ou de genre entravent la prise de parole
de certaines catégories de membres.
En outre, la valorisation des réunions comme outils de gouvernance repose sur l’hypothèse d’une
base sociale homogène et stable. Or, dans de nombreuses coopératives rurales, la diversité des
intérêts entre producteurs, la mobilité des membres, ou encore la faible culture de la délibération
peuvent limiter les effets attendus. Des auteurs comme Cook (1995) et Francesconi &amp; Ruben
(2007) rappellent que des réunions trop fréquentes ou mal gérées peuvent générer de la fatigue
institutionnelle, une désaffection progressive des membres, voire des tensions internes. L'effet
recherché d'amélioration de la performance peut alors s'inverser, notamment si les réunions
deviennent sources de divisions ou de surcharge administrative.

42

�Enfin, certains auteurs, dans une perspective plus critique, questionnent la capacité réelle des
AGO à transformer la gouvernance des organisations paysannes lorsque les enjeux économiques
majeurs sont contrôlés par un petit noyau dirigeant. Le modèle participatif formel peut masquer
une gouvernance de façade, sans redistribution effective du pouvoir. Cette critique invite à
articuler les réunions et AGO à d'autres outils de contrôle démocratique (commissions de
surveillance, audits internes, alternance des mandats, etc.).
Ainsi, si la tenue régulière des réunions et des AGO constitue un levier important de gouvernance
et de performance financière, leur efficacité dépend de plusieurs facteurs : la qualité de
l’animation, l’environnement institutionnel, le niveau de formation des membres, et l’existence
de mécanismes complémentaires d’inclusion. Dans une perspective de renforcement durable des
coopératives, ces pratiques doivent donc être pensées comme des composantes d’un système
global de gouvernance participative, et non comme des garanties isolées de succès.
1.4. Disposition des organes de gestion et de contrôle
L’étude a identifié un effet modéré mais significatif de la présence d’un comité de gestion de
crédits (CGC) sur la performance de remboursement. Ce résultat met en évidence l’importance
d’une gestion formelle et structurée au sein des OP pour assurer une utilisation et un
remboursement optimaux des crédits. Selon Armendáriz de Aghion et Morduch (2010), des
organes de contrôle bien organisés augmentent la responsabilité mutuelle au sein des groupes et
améliorent les performances financières.
1.5. Niveau d’instruction des membres des organes de gestion
Ces résultats confirment les conclusions de Khandker et Pitt (1998), dans leur étude intitulée The
Impact of Group-Based Credit Programs on Poor Households in Bangladesh: Does the Gender
of Participants Matter?, qui souligne que les coopératives disposant de dirigeants instruits sont
mieux outillées pour analyser les risques, assurer une allocation optimale des crédits et garantir
un meilleur suivi des remboursements. De manière similaire, Yunus (2007), dans Creating a
World Without Poverty: Social Business and the Future of Capitalism, met en évidence le rôle
crucial que joue l’instruction des leaders dans les structures de microfinance pour garantir la
viabilité à long terme des services offerts.
En outre, Ledgerwood (1999) dans son ouvrage Microfinance Handbook: An Institutional and
Financial Perspective, note que le niveau d’éducation des responsables est un facteur déterminant
dans la mise en œuvre des principes de bonne gouvernance, de transparence comptable et de
gestion des risques liés au crédit.

43

�Cependant, plusieurs auteurs invitent à une lecture nuancée de cette corrélation. Besley et Coate
(1995), dans Group Lending, Repayment Incentives and Social Collateral, rappellent que si
l’instruction peut favoriser une gestion plus rationnelle, elle n’est pas une condition suffisante de
performance. Ils mettent en garde contre la surévaluation du capital humain formel, en soulignant
que d’autres dimensions – telles que l’expérience, la connaissance locale, ou le capital social –
jouent aussi un rôle crucial dans la gestion des ressources collectives.
De même, Ostrom (1990), dans Governing the Commons : The Evolution of Institutions for
Collective Action, insiste sur l’importance des normes sociales, de la confiance mutuelle et de la
surveillance communautaire dans le succès des organisations locales. Pour elle, des dirigeants
peu instruits mais enracinés dans les réseaux sociaux locaux peuvent parfois faire preuve d’une
efficacité équivalente, voire supérieure, à des gestionnaires formellement éduqués mais
déconnectés du terrain.
Par ailleurs, Brett (2003), dans Participation and Accountability in Development Management,
souligne que l’instruction seule ne garantit pas l'intégrité ni la redevabilité des dirigeants. Il met
en évidence des cas où des membres instruits captent les bénéfices de la coopérative au détriment
du collectif, introduisant un risque de technocratisation ou de gouvernance élitiste.
Le niveau d’instruction des membres des organes de gestion est fortement corrélé à la
performance de remboursement, confirmant ainsi l’idée que des compétences techniques et une
bonne littératie financière jouent un rôle crucial. Ces résultats convergent avec ceux de Khandker
et Pitt (1998), qui montrent que les coopératives ayant des dirigeants éduqués gèrent mieux les
ressources collectives et réduisent les risques de défaillance.

VI. Vérification des hypothèses
Sur la base des résultats obtenus à partir des données collectées et analysées, les hypothèses
formulées dans le cadre de ce travail de recherche seront validées ou infirmées.
1. Hypothèse 1 : la proportion des femmes dans les OP améliore la capacité de
remboursement des coopératives.
Plus il y a une inclusion de femmes au sein des groupes à caution solidaire mieux est la
performance de remboursement. Dans cette étude, nous avons cherché à vérifier la validité de
cette supposition en corrélant les données recueillies au sein de l’échantillon avec leur niveau de
remboursement.
Avec la corrélation de Spearman 0,1334146, corrélation positive faible et le test de Fisher (Pvalue = 9,999e-05), on constate une relation significative entre le pourcentage de femmes dans
les coopératives et la performance de remboursement des crédits. Autrement dit, plus la

44

�proportion des femmes augmente dans les groupes à caution solidaire meilleures sont les
performances de remboursement.
Au vu de cette analyse, l’hypothèse selon laquelle, la proportion des femmes dans les OP améliore
la capacité de remboursement des coopératives est validée.

2. Hypothèse 2. Tenue régulière des réunions ainsi que des AGO favorise le
remboursement.
Le tableau n°15 montre que les coopératives avec une fréquence de réunions élevée
(hebdomadaire ou mensuelle) affichent de meilleures performances de remboursement.
À l'inverse, l'absence de réunions régulières est associée à des performances faibles ou médiocres.
Le tableau 16 ainsi que le graphique montrent un impact positif que l’organisation régulière des
AGO a sur la capacité de remboursement des coopératives.
Cette hypothèse est validée.

3. Hypothèse 3 Payement de droit d’adhésion agit positivement sur la capacité de
remboursement.
Pour analyser le lien entre le payement des droits d’adhésion et la capacité de remboursement,
l’étude a utilisé les approches complémentaires notamment le tableau des données brutes, le
Mosaic pot fournissant une vue d’ensemble des relations et le graphique en barres empilées pour
analyser en détail des proportions. Cette combinaison permet une analyse complète et robuste de
la relation entre les deux variables.
La significativité statistique constatée avec le Test de Fisher à (P = 0,0005), et la corrélation de
Spearman hautement significative (P&lt;2.2e-16) rejette l’hypothèse entre les variables.
Cette analyse suggère que le niveau de paiement d'adhésion est un indicateur très fiable de la
performance de remboursement des crédits dans les coopératives.

4. Hypothèse 4 : La mise en place des organes de contrôle et de gestion améliore la
performance de remboursement des coopératives.
En ce qui concerne la disposition des organes de gestion et de contrôle (Comité de Gestion,
Commission de Surveillance et le Comité de Gestion de Crédit) au sein des OP, les corrélations
montrent que la mise en place d’un comité de gestion de crédits (CGC) semble être un indicateur
à effet modéré sur la capacité de remboursement des coopératives.

45

�5. Hypothèse 5 : Le niveau d’instruction des membres des organes de gestion et de
contrôle agit positivement sur la performance de remboursement.
L’étude a révélé a une relation forte et significative entre le niveau d’instruction des membres
des organes et la performance de remboursement.

VII. Les recommandations
À partir de l’analyse des résultats et des discussions présentées dans le document, plusieurs
recommandations pratiques émergent pour améliorer la performance de remboursement des
crédits au sein des organisations paysannes (OP). Ces recommandations qui vont à l’endroit des
politiques, des offreurs de crédits, des structures de vulgarisation agricole et des organisations
des producteurs s’articulent autour de cinq axes principaux :

1. Renforcer l’inclusion des femmes dans les organisations paysannes
Promouvoir activement la participation des femmes dans les groupes à caution solidaire, non
seulement en tant que membres, mais aussi dans les instances de gouvernance.
Mettre en place des politiques incitatives et des actions de sensibilisation pour augmenter la
représentation féminine, car une plus grande proportion de femmes est associée à de meilleures
performances de remboursement et à une gestion financière plus rigoureuse.
Veiller à ce que l’inclusion des femmes s’accompagne d’une réelle autonomie dans la gestion des
crédits, afin d’éviter que leur présence soit seulement formelle.

2. Encourager le paiement effectif des droits d’adhésion, tout en veillant à l’inclusion
Maintenir l’exigence du paiement des droits d’adhésion comme signal d’engagement et de
discipline financière, car cela constitue un indicateur de fiabilité des membres.
Prendre en compte les risques d’exclusion des populations vulnérables (femmes, jeunes,
travailleurs informels) : adapter les modalités de paiement ou prévoir des dispositifs
d’accompagnement pour garantir l’accès de tous, sans discrimination.
Compléter ce critère financier par des évaluations qualitatives et des dispositifs
d’accompagnement social pour une sélection plus juste et inclusive des membres.

3. Instaurer et valoriser la tenue régulière des réunions et des Assemblées Générales
Ordinaires (AGO)
Organiser systématiquement des réunions périodiques et des AGO pour renforcer la gouvernance
interne, la transparence et la responsabilisation collective autour des obligations financières.
46

�S’assurer que ces réunions soient de qualité, participatives et inclusives, en luttant contre les
pratiques formelles ou symboliques qui limitent l’implication réelle des membres.
Associer les réunions à d’autres outils de contrôle démocratique (commissions de surveillance,
audits internes, alternance des mandats) afin de garantir l’effectivité du pouvoir collectif.

4. Structurer et dynamiser les organes de gestion et de contrôle
Mettre en place des comités de gestion de crédits (CGC) et des organes de contrôle bien organisés
pour assurer une gestion formelle et efficace des crédits.
Renforcer la responsabilité mutuelle et l’auto-contrôle au sein des groupes, ce qui améliore la
performance financière des OP.

5. Améliorer le niveau d’instruction et de formation des membres des organes de
gestion
Investir dans la formation et l’éducation des responsables des coopératives pour renforcer leurs
compétences en gestion, analyse des risques et suivi des remboursements.
Veiller à ce que la valorisation du capital humain ne se fasse pas au détriment de l’expérience, de
la connaissance locale et du capital social : privilégier un équilibre entre compétences techniques
et enracinement communautaire.
Mettre en place des programmes de formation continue pour garantir la viabilité à long terme des
services financiers offerts par les OP.
En synthèse, l’étude recommande une approche intégrée, combinant l’inclusion effective des
femmes, l’engagement financier raisonné, la gouvernance participative, la structuration des
organes de gestion, et le renforcement des capacités des responsables pour améliorer durablement
la performance de remboursement dans les organisations paysannes. Ces recommandations
doivent être adaptées au contexte local, en tenant compte des spécificités socio-économiques et
culturelles des membres et des communautés concernées

47

�CONCLUSION GENERALE
Le secteur agricole demeure le secteur prioritaire pour assurer le décollage économique dans les
pays en développement et ce, surtout dans les pays d’Afrique subsaharienne. Cette agriculture de
par sa nature, pour jouer pleinement ce rôle, a besoin de financement. Ce dernier qui fait défaut
dans sa quasi-totalité à cause des risques et incertitudes liés à des aléas d’ordre divers se trouvant
dans le secteur agricole, doit être renforcé à partir de l’analyse des résultats des études réalisées
sur les projets/programmes ayant fait l’objet d’une forme de mécanisme de financement. Parmi
les risques, se trouve celui du remboursement des crédits qui demeure l’aspect essentiel qui assure
la survie voire la pérennité des actions d’octroi de crédits aux agriculteurs. Dès lors que le risque
de remboursement est perceptible sur le projet PARTAM, il s’avère nécessaire que les
déterminants qui s’y rapportent soient connus et maîtrisés. C’est à ce titre que la présente
recherche a tenté d’identifier les principaux déterminants des impayés sur cet aspect du projet.
Pour atteindre cet objectif, nous avons choisi comme démarche méthodologique d’enquêter sur
un échantillon de soixante (60) sociétés coopératives agricoles sur les cent-vingt (120) ayant
bénéficié les crédits de campagne.
Ce travail de recherche a connu des difficultés surtout en matière de collecte des renseignements
auprès des bénéficiaires. Les producteurs regroupés en des OP ont été un peu réticents de fournir
les informations lors de l’administration des questionnaires. La plupart d’entre eux, par peur
d’être traduit devant la loi à cause des impayés et aussi d’être mal vu par les autres membres n’ont
pas voulu se laisser enquêter. Cette difficulté est parvenue quand même à cause du rôle de
facilitation que le CGP a joué en intervenant auprès des OP bénéficiaires surtout chez les
membres des organes de gestion et de fonctionnement. En outre, les villages bénéficiaires du
projet sont distants l’uns des autres. La collecte des données dans ces localités et aussi au niveau
des autres partenaires a demandé un peu d’investissement en termes d’argent pour le
déplacement. Le mauvais fonctionnement de certaines de ces organisations n’a pas favorisé la
rencontre de leurs premiers responsables. La suspension de l’activité de crédit due à la
délinquance a suscité le mécontentement de certains bénéficiaires qui ont honoré leur engagement
au sein du groupe à caution solidaire.
Malgré tout, cette étude a permis d’analyser les causes des impayés des crédits de campagne
agricole au sein du projet PARTAM, en mettant un accent particulier sur les caractéristiques
organisationnelles et fonctionnelles des coopératives. Grâce à une analyse rigoureuse des données
collectées, réalisée à l’aide des logiciels Excel et R, les hypothèses de recherche ont été évaluées
pour mieux comprendre les facteurs influençant la capacité de remboursement des coopératives
agricoles sur le dit projet.

48

�Les résultats obtenus confirment que la performance des coopératives en matière de
remboursement des crédits est déterminée par plusieurs facteurs interdépendants liés à leur
organisation et à leur fonctionnement.
La relation positive et significative a été établie entre la proportion des femmes dans les
organisations paysannes (OP) et la performance de remboursement. Ces résultats valident
l’hypothèse selon laquelle l’inclusion des femmes, reconnues pour leur discipline financière et
leur engagement, améliore la gestion collective des crédits.
Le paiement des droits d’adhésion a émergé comme un indicateur clé de la discipline
organisationnelle. Les coopératives où les membres s’acquittent régulièrement de leurs
obligations financières présentent de meilleures performances de remboursement, ce qui reflète
un niveau d’engagement élevé et une gouvernance interne efficace. La mise en place et le bon
fonctionnement des organes de gestion, tels que les comités de gestion des crédits (CGC), jouent
un rôle modéré dans l’amélioration des performances de remboursement. Cependant, leur
efficacité est fortement influencée par le niveau d’éducation et les compétences des membres des
organes de gestion.
La tenue régulière des réunions et des Assemblées Générales Ordinaires (AGO) renforce la
transparence, la redevabilité et la cohésion des membres, contribuant ainsi à une meilleure
discipline collective
Une Corrélation a été constatée entre le niveau d’éducation des membres des organes de gestion
et la capacité de remboursement des crédits. Les membres instruits sont mieux à même de
comprendre les conditions des crédits, de planifier leur gestion financière et de sensibiliser les
autres membres.
Ces résultats soulignent l’importance de renforcer les capacités organisationnelles et
fonctionnelles des coopératives pour améliorer leur performance de remboursement. Des efforts
doivent être déployés pour encourager l’inclusion des femmes dans les coopératives, instaurer
des formations ciblées sur la gestion financière et la gouvernance coopérative, rendre obligatoire
la tenue régulière des AGO et des réunions et promouvoir des mécanismes d’incitation pour le
respect des obligations financières des membres.
En résumé, une gestion plus inclusive et disciplinée des coopératives, associée à un renforcement
des capacités des membres, représentent une voie durable pour orienter les politiques afin de
réduire les impayés dans le cadre du projet PARTAM et améliorer son impact sur le
développement agricole local. Ces conclusions offrent également une base pour des recherches
futures sur l’optimisation des modèles de microcrédit dans les zones rurales.

49

�Toutefois, cette étude s’est intéressée seulement qu’aux déterminants de remboursement de
crédits de campagne en se basant sur certains aspects des caractéristiques organisationnelles et
fonctionnelles des coopératives bénéficiaires (proportion de femmes, tenue des réunions et des
AGO, mise en place des organes de gestion et de contrôle et le niveau d’instruction des membres
des organes élus). Il serait souhaitable que d’autres travaux de recherche puissent accorder
d’importance à d’autres variables explicatives comme : la capacité technique de production des
producteurs, la disponibilité des marchés, l’éducation financière, etc. dans l’explication du
remboursement de crédits de campagne agricole sur le dit projet.

50

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practice. Journal of Development Economics, 60(1), 195–228. https://doi.org/10.1016/S03043878(99)00041-3
Pitt, M. M., &amp; Khandker, S. R. (1998). The impact of group-based credit programs on poor
households in Bangladesh : Does the gender of participants matter? Journal of Political Economy,
106(5), 958–996. https://doi.org/10.1086/250037.

53

�ANNEXES
Annexe 1
Questionnaire d’enquête auprès des coopératives pour déterminer les
déterminants des impayés de crédits de campagne agricole sur le projet
PARTAM
A : Informations générales sur la coopérative agricole
1. Nom de la coopérative : _______________
2. Localisation (Village/Commune) : _______________
3. Année de création de la coopérative : _______________
4. Nombre total de membres actifs : _______________
Hommes : …………………………….
Femmes : ………………………………
5. Principales cultures pratiquées :
O Riz
O Maïs
O Autres (précisez) : _______________
B : Capacité organisationnelle de la coopérative
Quels organes de gestion et de contrôle dispose votre coopérative ?
 CG
 CS
 CGC
Quel est le niveau d’instruction des membres de ces organes ?
Organes

Primaire Secondaire 1

Secondaire 2

Supérieur Non instruit

CG
CS
CGC
NB. Inscrivez le nombre de personnes de chaque organe correspondant à chaque niveau
d’instruction.
IX

�Avez-vous tenu l’AGC
O Oui
O Non
Quels documents juridiques et règlementaires disposez-vous ?
 Statut
 Règlement Intérieure
 Agrément
 Immatriculation
 Autre (précisez) : _______________
A quelle fréquence tenez-vous vos réunions ?
o Une fois par semaine
o Une fois par mois
o Au-delà
o Pas du tout
Tenez-vous les AGO
O Oui
O Non
Si oui à quelle fréquence ?
O Annuellement
O Rarement
Capacité financière de la coopérative
Tous les membres ont-ils payé leur droit d’adhésion ?
O Oui
O Non
Parts sociales
O Libérées entièrement
O Libérées partiellement
O Pas du tout libérées
X

�Avez-vous d’autres sources de financement ?
O Oui
O Non
Si oui la ou les quelle ?
B : Conditions du crédit et accès au financement
7. Avez-vous bénéficié du crédit de campagne agricole dans le cadre du projet
PARTAM ?
O Oui
O Non
8. Montant du crédit obtenu (en FCFA) :
En 2012…………… En 2013 ………………………. En 20214 ……………….
En 2015 ………………. En 2016 ……………………
9. Le crédit octroyé était-il suffisant pour couvrir vos besoins de production ?
O Oui
O Non
Si
non,
pourquoi
?
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………
………………………………………………………
10. Le taux d'intérêt du crédit était-il jugé raisonnable ?
O Oui
O Non
Si non, précisez pourquoi : _______________
11. La durée de remboursement était-elle suffisante par rapport au cycle de
production agricole ?
O Oui
O Non
Si non, quelles sont les difficultés rencontrées ? _______________

XI

�C : Utilisation du crédit
12. Le crédit a-t-il été utilisé uniquement pour les activités agricoles ?
O Oui
O Non
Si non, précisez l'autre usage : _______________
13. Quels types d'intrants ou services ont été financés par le crédit ?
☐ Semences
☐ Engrais
☐ Main d'œuvre
☐ Matériel agricole
☐ Autre (précisez) : _______________
14. Avez-vous rencontré des difficultés pour accéder aux intrants agricoles ?
O Oui
O Non
Si oui, précisez lesquelles : _______________

D : Production et commercialisation
15. Quel était le rendement (kg/ha) attendu pour la culture financée par le crédit ?
_______________
16. Quel rendement réel avez-vous obtenu (tonnes/ha) ?

_______________

17. Avez-vous rencontré des problèmes durant la production ?
O Oui
O Non
Si oui, lesquels
_______________

?

(ex.

inondation,

maladies,

18. Comment écoulez-vous habituellement votre production ?
☐ Vente sur les marchés locaux
☐ Vente directe aux intermédiaires
XII

sécheresse,

etc.):

�☐ Autre (précisez) : _______________
19. Le prix de vente de votre produit a-t-il fluctué au cours de la période de
remboursement du crédit ?
O Oui
O

Non

Si oui, comment cela a-t-il affecté votre capacité de remboursement ?
_______________

E : Capacité de gestion de la coopérative
20. La coopérative dispose-t-elle d'une équipe de gestion financière compétente ?
O Oui
O Non
21. Des formations en gestion financière ou en gestion de crédit ont-elles été
dispensées aux membres de la coopérative ?
O Oui
O Non
22. Les membres de la coopérative participent-ils aux décisions financières (ex.
utilisation du crédit) ?
O Oui
O Non
Si non, qui prend les décisions ? _______________
23. Y a-t-il des conflits internes au sein de la coopérative ?
O Oui
O Non
Si oui, précisez : _______________

F : Difficultés de remboursement
24. Avez-vous rencontré des difficultés pour rembourser le crédit ?
O Oui
XIII

�O Non
25. Si oui, quelles sont les principales raisons des difficultés de remboursement ?
☐ Faible rendement agricole
☐ Fluctuations des prix sur le marché
☐ Mauvaise gestion financière de la coopérative
☐ Conditions climatiques défavorables
☐ Autre (précisez) : _______________
26. Quel pourcentage du crédit avez-vous pu rembourser à temps ?
2012

2013

2014

2015

2016

0-25%
26-50%
51-75%
76-100%
100%

G : Suggestions et recommandations
27. Que recommanderiez-vous pour améliorer la capacité de remboursement des
coopératives ?
☐ Réduction du taux d'intérêt
☐ Allongement de la durée de remboursement
☐ Formation des membres en gestion financière
☐ Meilleur accès aux intrants agricoles
☐ Mise en place d'une assurance agricole
 Renforcement de la capacité organisationnelle des OP
 Souscription à une assurance agricole
☐ Autres (précisez) : _______________

XIV

�Annexe 2 ORGANIGRAMME DU PROJET PARTAM
Ministères partenaires

Ministère de l’Agriculture

Comité de pilotage du
projet
Unité d’exécution du projet
Service administratif et
financier

Cellule Génie rural

Cellule Suivi-évaluation

Cellule Agroéconomie

Cellule Production
végétale et animale
Institut de microfinance
(FUCEC)

Service de vulgarisation
(ICAT
Organisation des
producteurs

Source : Document projet

XV

�Annexe 3 Quelques vues de réalisation du projet

Motoculteur offert par le projet en activité

Une piste et une digue réalisées par le projet

Canal principal d’irrigation réhabilité par le projet

Vue sur le périmètre d’exploitation

XVI

�Annexe 4 Carte de la zone du projet.

XVII

�TABLE DES MATIERES
DEDICACE ................................................................................................................................. I
REMERCIEMENTS ................................................................................................................. II
SOMMAIRE ............................................................................................................................ III
SIGLES ET ABREVIATIONS ................................................................................................ IV
LISTE DES TABLEAUX ......................................................................................................... V
FIGURES ET GRAPHIQUES ................................................................................................. VI
RESUME .................................................................................................................................. VI
ABSTRACT .......................................................................................................................... VIII
INTRODUCTION GENERALE................................................................................................ 1
1. Objectif général .......................................................................... Erreur ! Signet non défini.
2. Objectifs spécifiques ................................................................... Erreur ! Signet non défini.
3. Hypothèse générale ..................................................................... Erreur ! Signet non défini.
4. Hypothèses spécifiques ............................................................... Erreur ! Signet non défini.
CHAPITRE 1 : CADRE DE REFERENCES CONCEPTUELLES ET THEORIQUES .......... 4
I. Définitions des concepts ......................................................................................................... 5
1.

Coopératives agricoles .................................................................................................... 5

2. Le crédit agricole ............................................................................................................... 6
3. Impayés ............................................................................................................................... 7
4. Risques des impayés ........................................................................................................... 7
5. Capacité de remboursement................................................................................................ 7
6. Taux de remboursement ..................................................................................................... 8
7. Caution solidaire ................................................................................................................. 8
8. Formation en gestion financière ......................................................................................... 8
II. Les théories ............................................................................................................................ 8
1. Théorie du crédit rural ........................................................................................................ 8
2. Théorie de l'agence ............................................................................................................. 9
3. Théorie de la microfinance ................................................................................................. 9
4. Théorie de la gouvernance coopérative .............................................................................. 9
5. Théorie du capital social ..................................................................................................... 9
6. Théorie de la gestion financière ........................................................................................ 10
XVIII

�7. Théorie du contrôle de gestion ......................................................................................... 10
III. Revue empirique ................................................................................................................ 10
1. L’importance et les difficultés liées au crédit agricole ..................................................... 10
2. Taux de remboursement .................................................................................................. 11
3. Délai d’étude de dossier et libération des fonds ............................................................... 11
4. Echéance de remboursement ............................................................................................ 11
5. Impact des délais de crédit sur la performance des coopératives agricoles ...................... 11
6. Bonne gouvernance des coopératives ............................................................................... 12
7. Risques agricoles .............................................................................................................. 12
8. Formation en gestion de crédits et innovations techniques .............................................. 12
9. Détournement de crédits ................................................................................................... 13
10. Caractéristiques des offreurs et des demandeurs ............................................................ 14
11. Garantie et caution .......................................................................................................... 15
CHAPITRE 2. CADRE ORGANISATIONNEL ET METHODOLOGIE .............................. 16
I. Cadre organisationnel ........................................................................................................... 16
1. Cadre physique et institutionnel de l’étude ...................................................................... 16
1.1 Contexte du projet PARTAM ..................................................................................... 16
1.2. Objectif du projet PARTAM ..................................................................................... 16
1.3. Réalisations du projet ................................................................................................. 17
1.4. Situation géographique du site du projet. .................................................................. 18
II. Cadre méthodologique ......................................................................................................... 18
1. Opérationnalisation des variables ..................................................................................... 18
2. Type de recherche ............................................................................................................. 19
3. Zone d’étude ..................................................................................................................... 20
4. Population cible ................................................................................................................ 20
5. Méthodes de collecte de données ..................................................................................... 21
5.1. Données primaires ..................................................................................................... 21
5.2. Données secondaires .................................................................................................. 21
6. Méthode d’échantillonnage .............................................................................................. 21
6.1. Analyse quantitative ................................................................................................... 22
6.2. Analyse qualitative ..................................................................................................... 22
CHAPITRE 3. CADRE ANALYTIQUE ................................................................................. 24

XIX

�I. Caractéristiques des coopératives étudiées ........................................................................... 24
1. Composition et taille des coopératives ............................................................................. 24
2. Répartition hommes/femmes ............................................................................................ 25
II. Analyse des crédits alloués aux coopératives agricoles ...................................................... 26
1. Répartition des crédits par catégorie ................................................................................ 26
2. Statistiques descriptives des crédits .................................................................................. 27
III. Performance de remboursement des coopératives ............................................................. 27
1. Catégorisation des taux de remboursement ...................................................................... 27
IV. Facteurs influençant la performance de remboursement ................................................... 28
1. Effets des caractéristiques organisationnelles sur le remboursement .............................. 28
1.1. Proportion de femmes dans les coopératives ............................................................. 28
1.2. Fréquence des réunions et tenue des AGO ................................................................ 30
1.3. Paiement des droits d'adhésion .................................................................................. 32
1.4. Présence et fonctionnement des organes de gestion .................................................. 34
V. Discussion ........................................................................................................................... 39
1. Les facteurs susceptibles d’influencer la performance de remboursement ...................... 40
1.1. Inclusion des femmes dans les organisations paysannes (OP) et capacité de
remboursement .................................................................................................................. 40
1.2. Payement des droits d’adhésion ................................................................................. 41
1.3. Tenue Régulière des Réunions et Organisation des AGO ......................................... 42
1.4. Disposition des organes de gestion et de contrôle ..................................................... 43
1.5. Niveau d’instruction des membres des organes de gestion........................................ 43
VI. Vérification des hypothèses ............................................................................................... 44
1. Hypothèse 1 : la proportion des femmes dans les OP améliore la capacité de
remboursement des coopératives. ......................................................................................... 44
2. Hypothèse 2. Tenue régulière des réunions ainsi que des AGO favorise le
remboursement. .................................................................................................................... 45
3. Hypothèse 3 Payement de droit d’adhésion agit positivement sur la capacité de
remboursement. .................................................................................................................... 45

XX

�4. Hypothèse 4 : La mise en place des organes de contrôle et de gestion ainsi que le niveau
d’instruction des membres de ces organes améliorent la performance de remboursement des
coopératives. ......................................................................................................................... 45
VII. Les recommandations ....................................................................................................... 46
1. Renforcer l’inclusion des femmes dans les organisations paysannes ............................... 46
2. Encourager le paiement effectif des droits d’adhésion, tout en veillant à l’inclusion ...... 46
3. Instaurer et valoriser la tenue régulière des réunions et des Assemblées Générales
Ordinaires (AGO) ................................................................................................................. 46
4. Structurer et dynamiser les organes de gestion et de contrôle .......................................... 47
5. Améliorer le niveau d’instruction et de formation des membres des organes de gestion 47
CONCLUSION GENERALE .................................................................................................. 48
BIOGRAPHIE .......................................................................................................................... 51
ANNEXES ............................................................................................................................... IX
TABLE DES MATIERES ................................................................................................. XVIII

XXI

�</text>
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          <name>Dublin Core</name>
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                  <text>DROIT - ÉCONOMIE -  GESTION</text>
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                  <text>ÉCONOMIE - DROIT - GESTION</text>
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                  <text>La collection Droit économie et gestion (DEG) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières droit, économie et gestion.</text>
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                <text>Déterminants de la performance de remboursement des crédits de campagne agricole dans les organisations paysannes : cas du projet PARTAM au Togo</text>
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            <description>An account of the resource</description>
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                <text>Cette recherche s’intéresse aux déterminants des impayés des crédits de campagne agricole dans le cadre du Projet de Réhabilitation des Terres Agricoles de Mission-Tové (PARTAM) au &#13;
Togo. Le projet, initié pour renforcer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté à travers le développement de la riziculture, a permis d’octroyer des crédits agricoles aux coopératives via des mécanismes de microfinance. Cependant, l’augmentation des taux d’impayés, passés de 13 % en 2012 à 25 % en 2016, a conduit à la suspension des crédits, mettant en péril la viabilité &#13;
du projet. L’objectif principal de cette étude est d’identifier les facteurs organisationnels et fonctionnels des coopératives influençant leur capacité de remboursement. En s’appuyant sur une méthodologie mixte, les données ont été collectées auprès de soixante (60) coopératives bénéficiaires choisies de manière aléatoire sur les cent-vingt (120) et analysées à l’aide des &#13;
logiciels Excel et R, selon des approches statistiques robustes (corrélations de Spearman, tests de Fisher). Les résultats clés révèlent que la forte proportion de femmes dans les groupes à caution solidaire améliore significativement les performances de remboursement, soulignant leur rôle central dans la discipline financière. Le paiement des droits d’adhésion par les membres apparaît comme un indicateur fiable de la capacité organisationnelle et de la performance des groupes. </text>
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                <text>GUIDIGAN Kokou Mawunya </text>
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                  <text>ÉCONOMIE - DROIT - GESTION</text>
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                  <text>La collection Droit économie et gestion (DEG) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières droit, économie et gestion.</text>
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                <text>Cette recherche a consisté à analyser les effets de la mise en œuvre du Paquet d’Interventions à Haut Impact au niveau Communautaire (PIHI-Com), par BUPDOS-ONG sous financement &#13;
USAID, sur les conditions socio-sanitaires des ménages du département du Mono au Bénin. Elle a utilisé la méthode d’analyse avant-après afin de ressortir l’atteinte réelle des indicateurs &#13;
de projet sur la période évaluée et les progrès réalisés. La recherche documentaire et une enquête auprès des bénéficiaires du projet ont permis de ressortir que le projet a atteint toutes &#13;
ses cibles en matière d’indicateurs d’effets et a contribué à la baisse du taux d’incidence des maladies diarrhéiques et du taux de létalité lié au paludisme chez les enfants de moins de 5 ans entre 2020 et 2022 dans le département du Mono. Néanmoins, le projet n’a pas pu atteindre la cible visée dans les indicateurs de processus et d’intrants et la qualité de l’eau de boisson des ménages et l’utilisation des Moustiquaires Imprégnées d’Insecticides à Longue Durée d’Action (MIILD) par les ménages restent des domaines à explorer pour permettre le maintien des résultats observés dans le temps.</text>
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            <description>An entity primarily responsible for making the resource</description>
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                <text>AZOGAN Stéphane Lonoudé</text>
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                  <text>La collection Droit économie et gestion (DEG) rassemble tous les documents qui s'identifient aux filières droit, économie et gestion.</text>
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                <text>Effets des zones d'amenagements agricoles planifiées sur la sécurité alimentaire au Togo</text>
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                <text>La situation d’insécurité alimentaire observée au Togo, est le plus souvent dû à des facteurs structurels notamment la pauvreté généralisée (PAM, 2021). Ainsi que le gouvernement a initié la projet un canton, une ZAAP pour la mise en place et l’opérationnalisation des zones d’aménagements agricoles planifiées (ZAAP) comme un outil majeur pour booster la production agricole et lutter contre l’insécurité alimentaire au Togo. C’est ainsi que notre étude portant sur les effets des zones d’aménagement agricole sur la sécurité alimentaire cherche à mesurer l’effet des ZAAP sur la disponibilité et la diversité alimentaire dans la région maritime au Togo. L’objectif général de notre étude est d’analyser la contribution des zones d’aménagement agricoles planifiées (ZAAP) à la sécurité alimentaire de la population dans la région maritime au Togo. Le modèle logistique binaire et la méthode d’utilisation du Score de Diversité Alimentaire des Ménages (SDAM) nous a permis de mesurer les effets des ZAAP sur la sécurité alimentaire. Nos résultats montrent que la mise en oeuvre des zones d’aménagement agricoles planifiées entraine une augmentation de la production agricole (disponibilité alimentaire) et la réduction de l’insécurité alimentaire au Togo. Il urge que l’Etat Togolais, les organisations et les structures du secteur agricole prennent des mesures pour promouvoir à long terme les ZAAP et afin d’assurer à la population une sécurité alimentaire totale.</text>
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